Truman Capote

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Truman Capote
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Truman Capote
Truman Capote en 1959.
Truman Capote en 1959.

Nom de naissance Truman Streckfus Persons
Activités romancier
Naissance 30 septembre 1924
Nouvelle-Orléans
D√©c√®s 25 ao√Ľt 1984
Los Angeles
Langue d'écriture anglais
Ňíuvres principales

Truman Garcia Capote (nom de naissance Truman Streckfus Persons), n√© le 30 septembre 1924 √† la Nouvelle-Orl√©ans, mort le 25 ao√Ľt 1984 √† Los Angeles, est un √©crivain am√©ricain auteur de romans, nouvelles, reportages, portraits, r√©cits de voyages, souvenirs d'enfance, ainsi que de deux adaptations th√©√Ętrales d'√©crits ant√©rieurs et de deux sc√©narios de films.

Sommaire

Biographie

Les années de formation

Ses parents, Arch Persons et Lillie Mae, se s√©parent quelques ann√©es apr√®s leur mariage. Sa jeune m√®re le confie √† ceux-l√† m√™me qui l'avaient recueillie orpheline : il est √©lev√© √† Monroeville en Alabama par ses trois cousines et leur fr√®re, tous quatre c√©libataires. Son enfance est heureuse mais il ressentit toujours douloureusement cet abandon par ses parents. A Monroeville, il a pour amie d'enfance Harper Lee qui le d√©crira dans son roman To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur) comme un ¬ę Merlin l'enchanteur de poche ¬Ľ, sous les traits du personnage de Dill. En 1932, sa m√®re qui s'est remari√©e √† un Cubain, Joseph Capote, l'emm√®ne vivre √† New York. Son beau-p√®re l'adopte l√©galement et Truman Persons devient Truman Capote.

Il fait ses √©tudes √† la Dwight School √† New York ainsi qu'√† la Greenwich High School √† Greenwich dans le Connecticut o√Ļ un de ses professeurs, Catherine Wood, l'encourage √† √©crire. Dipl√īm√© d'un coll√®ge priv√© du West Side, il quitte d√©finitivement √† 17 ans le syst√®me scolaire et travaille de 1941 √† 1944 comme ¬ę copyboy ¬Ľ au New Yorker. Ce sont deux magazines f√©minins, Harper's Bazaar et Mademoiselle qui publient ses premi√®res nouvelles, le New-Yorker les trouvant trop audacieuses. Les directeurs litt√©raires de ces magazines (Mary Louise Aswell pour Harper's Bazaar et George Davis pour Mademoiselle), des personnages influents de l'√©poque, d√©tect√®rent avant tous les autres le talent exceptionnel du jeune homme.

La vie de famille chez les Capote est orageuse, les crises d'√©thylisme de sa m√®re sont fr√©quentes et violentes. En 1946, le jeune homme trouve refuge √† Yaddo, une r√©sidence qui accueille √©crivains, musiciens et artistes, dans l'√Čtat de New-York. Il y rencontre Newton Arvin, un professeur de lettres de grande valeur. Pendant les deux ans que dure leur liaison, il passe chaque week-end aupr√®s de celui qui lui donnera la formation qu'il n'avait pas re√ßue √† l'universit√©. Il lui rendra plus tard hommage en disant qu'¬ę Arvin a √©t√© [son] Harvard ¬Ľ.

Les premiers succès

Portrait par Carl van Vechten en 1948.

Dans toute sa vie d'√©crivain, Truman Capote n'√©crit qu'une quinzaine de nouvelles. Leur charme particulier doit beaucoup au caract√®re merveilleux ou fantastique de leurs histoires, √† leur ironie l√©g√®re et, pour certaines d'entre elles, au don d'enfance de leur auteur. Leur style po√©tique foisonne d'images originales (¬ę [...] glissant quelques sucreries dans le vinaigre de sa voix... ¬Ľ, ¬ę Miss Sook, sensible comme une capillaire... ¬Ľ, ¬ę Tico Feo [...] chantait une chanson aussi gaie que des sous que l'on remue ¬Ľ). Ses personnages, m√™mes ceux qui ont un r√īle secondaire restent dans la m√©moire du lecteur : ¬ę L'homme qui avait parl√© √©tait petit, taill√© en barrique, et d'un teint de brique; il avan√ßa jusqu'au seuil du salon et s'arr√™ta en titubant. ¬Ľ (Oreilly dans Monsieur Mal√©fique). C'est gr√Ęce √† ces nouvelles, et particuli√®rement √† Miriam publi√© par Mademoiselle dans son num√©ro de juin 1945, que le milieu litt√©raire new-yorkais reconna√ģtra son talent.

Il est invit√© dans les cercles litt√©raires de Mary Louise Aswell et Georges Davis. Bennett Cerf, le directeur de Random House, accepte de publier son premier roman Les Domaines hant√©s (1948), qui conna√ģt d'embl√©e un vif succ√®s. La m√™me ann√©e, il fait la connaissance de Jack Dunphy, lui-m√™me √©crivain, qui sera le compagnon de presque toute sa vie. Les dix ann√©es suivantes les voient s√©journer longuement en Europe. En 1951 para√ģt La Harpe d'herbes qui √©voque son enfance en Alabama aupr√®s de ses cousines qui l'ont √©lev√©. Il √©crit des r√©cits de voyages et des sc√©narios de films dans lesquels jouent les grands acteurs de l'√©poque (Humphrey Bogart, Gina Lollobrigida...) mais son travail pour les sc√®nes new-yorkaises, une adaptation th√©√Ętrale de La Harpe d'herbes et une com√©die musicale tir√©e de sa nouvelle La Maison des fleurs, conna√ģt un succ√®s mitig√©.

En 1958, Petit d√©jeuner chez Tiffany, bref roman de 120 pages, conna√ģt un grand succ√®s et fait de lui √©galement un √©crivain reconnu par ses pairs. Ce roman est le r√©cit de la rencontre d'un √©crivain d√©butant, le narrateur, avec sa voisine du dessous, une jeune femme d√©routante et anticonformiste d'√† peine dix-neuf ans et d'un charme fou. Telle un papillon de nuit attir√© par les lumi√®res d'une vie new-yorkaise futile et mondaine, Holly Golightly vit aux crochets de quelques riches amis et amants. Femme-enfant, fantasque et impr√©visible, elle est r√©tive √† toute morale qui restreigne sa libert√©. Le jeune narrateur tombe rapidement amoureux de cette femme seule, bless√©e par une enfance difficile. Cet amour n'est pas pay√© de retour et une mauvaise fr√©quentation (celle d'un chef mafieux emprisonn√© auquel Holly rendait service en transmettant √† l'ext√©rieur ses messages m√©t√©orologiques) oblige la jeune femme √† s'envoler pr√©cipitamment pour le Br√©sil. Elle dispara√ģt mais pas dans le souvenir du narrateur √† qui elle laisse un sentiment de manque et le regret du bonheur enfui. Le style l√©ger et ironique de Truman Capote sert merveilleusement ce r√©cit doux-amer.

De sang-froid (In Cold Blood)

Truman Capote d√©couvre dans le New York Times du 16 novembre 1959 un fait divers qui, tout de suite, le passionne : un quadruple meurtre frappant une famille de fermiers du Kansas. Il pense qu'il pourra traiter ce fait divers sanglant sous une nouvelle forme litt√©raire et en faire un ¬ę roman de non-fiction ¬Ľ. Il obtient du New Yorker de partir enqu√™ter sur les lieux du drame, √† Holcomb. Son amie d'enfance Harper Lee, √† qui il a demand√© de l'accompagner, facilite beaucoup ses relations avec la population locale du Midwest et lui est d'une aide pr√©cieuse durant son travail de recherches. L'√©crivain passe de longs mois √† interroger d'innombrables t√©moins, √† √©tudier les rapports de police et, apr√®s l'arrestation des deux assassins, √† les rencontrer en prison gr√Ęce √† la confiance d'Alvin Dewey le policier charg√© de l'enqu√™te. Il gagne l'amiti√© de Perry Smith et de Dick Hickock au cours de ses visites. Il travaille sur ces crimes en restant au plus pr√®s des faits, il d√©crit m√©ticuleusement le d√©cor du drame. Il utilise l'√©nigme que repr√©sentent ces quatre meurtres sauvages et gratuits pour s'approcher du myst√®re de l'homme dou√© de raison et pourtant capable du pire. Le titre de l'ouvrage (De sang-froid) est une condamnation sans appel puisqu'il affirme la pr√©m√©ditation. En avril 1965, Smith et Hickock sont ex√©cut√©s. Le livre qui est son chef d'Ňďuvre peut enfin para√ģtre.

Random House publie De sang froid en janvier 1966. Le succ√®s consid√©rable de ce livre qui se vendra √† des millions d'exemplaires lui apporte tout ce qu'il souhaitait, la fortune, la c√©l√©brit√© et une vie mondaine √©clatante. Il organise lui-m√™me le 28 novembre 1966 un √©v√©nement mondain l√©gendaire, un bal masqu√© en noir et blanc √† l'h√ītel Plaza √† New-York o√Ļ se pressent 540 invit√©s tri√©s sur le volet.

Truman Capote est alors au sommet de sa gloire mais jamais plus il n'écrira un texte de cette ampleur. Son biographe, Gerald Clarke, le décrit transformé par ce travail épuisant d'enquêtes et d'écriture et ayant de la difficulté à renouer avec son métier d'écrivain et avec lui-même.

Le déclin

Il v√©cut pendant plus de trente ans avec Jack Dunphy (acteur puis √©crivain) qu'il avait rencontr√© en 1948. La quarantaine pass√©e, il mena une vie mondaine. Il compta parmi ses amis : Babe Paley (la grande amiti√© amoureuse de sa vie qui se brise en octobre 1975), Harper Lee (l'amie de toujours, auteur en 1960 du best-seller : To Kill a Mockingbird, en fran√ßais : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur ; on y voit Capote enfant d√©j√† grand raconteur d'histoires ; adapt√© au cin√©ma sous le titre Du silence et des ombres), Newton Arvin (son professeur en litt√©rature), Carson McCullers, Tennessee Williams, Norman Mailer, Marilyn Monroe, Lee Radziwill (sŇďur de Jacqueline Kennedy), Andy Warhol (qui fut √† l'origine du dernier livre qu'il publia de son vivant : Musique pour cam√©l√©ons), Cecil Beaton, photographe officiel de la famille royale britannique (selon Gerald Clarke, ¬ę Beaton adorait Capote autant que Capote l'adorait ¬Ľ), etc. Ses inimiti√©s sont √©galement fameuses (pour Gore Vidal notamment).

Apr√®s la publication de De sang-froid en 1966, les ann√©es qui suivent sont une lente descente vers l'ab√ģme m√™me s'il √©crit encore quelques nouvelles. Son biographe am√©ricain le d√©crit d√©√ßu tant par sa carri√®re que par sa vie personnelle et de plus en plus d√©pendant de l'alcool et de la drogue, effectuant des cures de d√©sintoxication sans succ√®s.

La publication dans Esquire, en octobre 1975, d'un chapitre du roman auquel il travaille pr√©cipite la catastrophe. La C√īte basque, 1965, un des trois fragments brillants et outranciers du roman, s'inspire de la relation douloureuse entre deux de ses amis, William S. Paley et Babe Paley, ce qui vaut au romancier d'√™tre abandonn√© par tous ses amis et ostracis√© par la haute soci√©t√© new-yorkaise. Ce roman, Pri√®res exauc√©es, devait √™tre son chef d'Ňďuvre. Truman Capote publie en 1977 son dernier livre, Musique pour cam√©l√©ons, un recueil d'articles et de nouvelles. Il meurt √† Hollywood en 1984 d'une sur-dose m√©dicamenteuse.

Un grand écrivain

Repr√©sentant de l'√©crivain new-yorkais des ann√©es 1950 et 1960, Truman Capote a laiss√© une Ňďuvre importante dans la litt√©rature am√©ricaine du XXe si√®cle. Pour Norman Mailer : ¬ę Truman Capote est aussi acerbe qu'une vieille fille de soixante ans, mais √† sa fa√ßon c'est un petit mec qui a des couilles... et l'√©crivain le plus parfait de ma g√©n√©ration : il √©crit les meilleures phrases, o√Ļ chaque terme, chaque rythme est soigneusement pes√©. Je n'aurais pas trouv√© deux mots √† changer √† Petit d√©jeuner chez Tiffany, qui s'impose d√©j√† comme un classique de la litt√©rature am√©ricaine. ¬Ľ Pour William Styron : ¬ę C'√©tait un ma√ģtre incontest√© du verbe... Il avait le don de faire chanter et m√™me danser les mots, de provoquer le rire, de vous donner le frisson, vous toucher le cŇďur. ¬Ľ.

Truman Capote au cinéma

Truman Capote film r√©alis√© en 2005 par Bennett Miller, montre l'√©crivain au travail pendant la p√©riode d'enqu√™te et d'√©criture de De sang froid et vaut √† Philip Seymour Hoffman l'oscar du meilleur acteur. √Ä peine un an plus tard, un autre film revient sur le m√™me sujet, Infamous (en fran√ßais : Scandaleusement c√©l√®bre) de Douglas McGrath, avec Toby Jones dans le r√īle de l'√©crivain. La sortie coup sur coup de ces films montre √† quel point Truman Capote reste actuel et controvers√©. Le romancier appara√ģt lui-m√™me √† l'√©cran en 1976 aux c√īt√©s de Peter Sellers, Alec Guinness et Peter Falk dans le film de Robert Moore : Un cadavre au dessert (Murder by death).

La découverte d'un inédit

En 2004 √† l'occasion d'une vente aux ench√®res chez Sotheby's r√©appara√ģt miraculeusement un ancien ¬ę tapuscrit ¬Ľ r√©dig√© en 1943. Alan U.Schwartz, avocat et ami de Truman Capote a racont√© cette d√©couverte : ¬ę Une personne anonyme pr√©tendait que son oncle avait occup√© un appartement en sous-sol dans le quartier de Brooklyn Heights o√Ļ Truman avait v√©cu aux alentours de 1950. Selon elle, Truman s'en √©tait absent√© puis avait d√©cid√© de ne plus revenir. Il avait pri√© le concierge de l'immeuble de vider l'appartement et de mettre tous ses effets sur le trottoir pour que la voirie les ramasse. √Ä en croire ce t√©moignage, l'oncle, g√™n√© √† l'id√©e de voir ces affaires partir √† la poubelle, avait d√©cid√© de tout garder. Cinquante ans plus tard, √† la mort du dit oncle, un membre de sa famille avait h√©rit√© de ces papiers et voulait √† pr√©sent les vendre. ¬Ľ

Ce roman de jeunesse que Truman Capote pensait avoir d√©truit a finalement √©t√© publi√© en octobre 2005 aux √Čtats-Unis et en septembre 2006 en France. La travers√©e de l'√©t√©, ¬ę pi√®ce manquante d'une Ňďuvre remarquable ¬Ľ selon le critique Alexandre Fillon, ¬ę com√©die tragique new-yorkaise ¬Ľ selon l'√©crivain Charles Dantzig est un superbe r√©cit qui montre que ce jeune auteur de dix-neuf ans poss√®de d√©j√† une belle ma√ģtrise de son art.

Grady McNeil, jeune fille insouciante de la haute bourgeoisie new-yorkaise, voit partir sans d√©plaisir ses parents pour un long voyage en Europe. Son ami d'enfance, le fantasque et fid√®le Peter Bell lui tiendra compagnie. Grady profitera de cette libert√© pour vivre un amour passionn√© cet √©t√©-l√† avec Clyde Manzer, un jeune gardien de parking assez rude dont les parents de la jeune fille ignorent l'existence. Les th√®mes de ce court roman sont universels : l'amour, l'amiti√©, la difficult√© d'affronter les diff√©rences sociales, l'insouciance et le besoin d'absolu des adolescents. Ses personnages sont attachants et la mont√©e dramatique du r√©cit m√©nage une fin abrupte et inattendue.

La publication de sa correspondance

Gerald Clarke, sp√©cialiste de l'Ňďuvre de Capote, √©dite en 2004 sa correspondance, traduite en fran√ßais sous le titre Un plaisir trop bref - titre extrait d'une lettre de l'√©crivain √† Robert Linscott (¬ę Quel plaisir trop bref que votre lettre... ¬Ľ). Dans son introduction aux lettres de Truman Capote, G√©rald Clarke √©crit : ¬ę Il s'y livre avec naturel. Lui, qui polissait et repolissait la moindre phrase parue sous sa signature, traquant parfois pendant des heures le mot juste, √©crivait ses lettres √† la diable, comme s'il craignait toujours de rater la derni√®re lev√©e. ¬Ľ

Cette correspondance couvre, de 1936 √† 1982, plus de quarante ans d'existence, constituant ainsi une v√©ritable et inesp√©r√©e autobiographie √©pistolaire. Elle commence par une lettre cinglante √©crite √† douze ans √† son p√®re, Arch Persons : ¬ę Comme tu le sais, mon nom a √©t√© chang√© de Persons en Capote, et je te serais reconnaissant de ne plus m'appeler que Truman Capote, car tout le monde d√©sormais me conna√ģt sous ce nom-l√† ¬Ľ. Mais dans l'ensemble, sa correspondance est dr√īle et pleine des comm√©rages qu'il affectionnait : ¬ę J'ai v√©cu d'√©tranges aventures ces derni√®res semaines, auxquelles sont m√™l√©s John Huston et Humphrey Bogart, qui m'ont rendu fou tant ils font la bringue - √† moiti√© ivres toute la journ√©e, et compl√®tement ivres la nuit. Tu n'es pas oblig√© de me croire, mais je suis entr√© un matin √† six heures dans la chambre de Bogart pour y trouver le roi Farouk dansant le hula hoop ¬Ľ. Elle n'est pas exempte de traits vachards, par exemple √† propos d'un texte de Carson Mac Cullers : ¬ę J'ai s√Ľrement lu pire, mais je ne m'en souviens pas ¬Ľ. Elle montre un homme consum√© par un intense besoin d'amour, attentionn√© envers ses amis et attendant d'eux la r√©ciprocit√© : ¬ę Pr√©cieuse Marylou, j'ai √©t√© si heureux de recevoir ta lettre. Elle a fait na√ģtre en moi un violent d√©sir de te voir ¬Ľ.

Ses lettres r√©v√®lent un √©crivain obs√©d√© par la r√©daction du roman qui le rendra mondialement c√©l√®bre : ¬ę Je suis revenu √† Verbier, √©cras√© par le poids de ce livre interminable ¬Ľ. Parmi ses amis de toujours, apparaissent de nouveaux correspondants : Alvin Dewey, l'inspecteur charg√© de l'enqu√™te sur l'assassinat de la famille Clutter, sa femme et leur fils. Cette relation int√©ress√©e dans ses d√©buts par le besoin de collecter des informations se transforme peu √† peu en une amiti√© touchante : ¬ę Chers amis de cŇďur ¬Ľ. Sa correspondance le montre encore soucieux de la parution du livre enfin achev√©, qui est suspendue au verdict de la Cour Supr√™me : ¬ę Re√ßu ton t√©l√©gramme : Appel rejet√©. Mille mercis ¬Ľ. Il √©crit √† Cecil Beaton, longtemps un ami proche : ¬ę Perry et Dick ont √©t√© pendus mardi dernier. J'√©tais l√† parce qu'ils me l'avaient demand√©. Ce fut une √©preuve atroce. Dont je ne me remettrai jamais compl√®tement ¬Ľ. Ces quelques mots √©taient proph√©tiques. Truman Capote ne s'est jamais remis de ce livre et de cette plong√©e dans la r√©alit√© la plus noire.

Ňíuvres

  • 1943 : La Travers√©e de l'√©t√© (Summer Crossing), roman. Une histoire d'amour entre une jeune fille de la haute soci√©t√© new-yorkaise et un jeune gardien de parking, sur fond d'Upper East Side et de canicule. Publication posthume en octobre 2005 par Random House Inc., New York.
  • 1943 : Un √©t√© indien (I remember my Grandpa), nouvelle. Un jeune gar√ßon recueille ¬ę le secret ¬Ľ de son grand-p√®re...
  • 1945 : Miriam, nouvelle. Une vieille dame fait la rencontre d'une petite fille qui devient vite terriblement envahissante.
  • 1948 : Les Domaines hant√©s (Other Voices, Other Rooms), roman. Un pr√©-adolescent part retrouver son p√®re et finalement se trouvera lui.
  • 1949 : Un arbre de nuit (A Tree of Night), nouvelles.
  • 1950 : Local Color, croquis de voyages.
  • 1951 : La Harpe d'herbes (The Grass Harp), roman. Un orphelin et deux vieilles dames √©lisent domicile dans un arbre et ne veulent plus en descendre. Adapt√© au th√©√Ętre en 1952.
  • 1954 : Plus fort que le diable (Beat the Devil), sc√©nario (film de John Huston).
  • 1956 : Les muses parlaient (The Muses are heard), reportage sur son voyage en Russie sovi√©tique avec un groupe th√©√Ętral am√©ricain donnant des repr√©sentations de l'op√©ra de Gershwin Porgy and Bess √† Saint-Petersbourg et √† Moscou.
  • 1956 : Un souvenir de No√ęl (A Christmas memory). Buddy a sept ans, la vieille cousine qu'il adore soixante et plus, et par un froid matin de novembre : ¬ę Oh mon Dieu ! ¬Ľ s'√©crie-t-elle, ¬ę Mais c'est le moment de faire les cakes aux fruits ! ¬Ľ
  • 1958 : Petit d√©jeuner chez Tiffany (Breakfast at Tiffany's), ¬ę roman court ¬Ľ dont l'h√©ro√Įne touchante et irresponsable fut incarn√©e par Audrey Hepburn dans une adaptation cin√©matographique r√©alis√©e par Blake Edwards en 1961.
  • 1960 : Les Innocents (The Innocents), sc√©nario d'apr√®s Le Tour d'√©crou de Henry James (film de Jack Clayton)
  • 1966 : De sang-froid (In Cold Blood), un roman de ¬ę non-fiction ¬Ľ o√Ļ il suit le trajet de deux assassins et qui a inspir√© plusieurs films dont De sang-froid (1967) de Richard Brooks avec Robert Blake.
  • 1968 : L'Invit√© d'un jour (The Thanksgiving Visitor), souvenirs. Un jeune gar√ßon exorcise la peur que lui inspire un camarade de classe...
  • 1980 : Musique pour cam√©l√©ons (Music for Chameleons), nouvelles et r√©cits dont l'√©blouissant Cercueils sur mesure (Handcarved Coffins).
  • 1983 : Un No√ęl (One Christmas), souvenirs. Un petit gar√ßon en vient √† se demander si le P√®re No√ęl existe vraiment.
  • 1987 : Pri√®res exauc√©es (Answered Prayers: The Unfinished Novel), roman inachev√© dont deux chapitres sont remarquables : Des monstres √† l'√©tat pur (Unspoiled monsters) et La C√īte Basque.
  • 1987 : A Capote Reader (Une anthologie de Capote). Ce recueil inclut, entre autres, ses douze nouvelles les plus c√©l√®bres : Miriam, My side of the Matter, A Tree of Night, Jug of Silver, The Headless Hawk, Shut a Final Door, Master Misery, Children on Their Birthdays, A Diamond Guitar, House of Flowers, Among the Paths to Eden et Mojave.
  • 2004 : The Complete Stories of Truman Capote. √Ä l'occasion de ce qui aurait √©t√© le 80e anniversaire de Capote, Random House a regroup√© en un volume toutes les nouvelles ou courts r√©cits de souvenirs √©crits par Capote. Ces histoires sont au nombre de vingt. Aux douze √©num√©r√©es ci-dessus, s'ajoutent : The Walls Are Cold, A Mink of One's Own, The Shape of Things, Preacher's Legend, The Bargain, A Christmas Memory, The Thanksgiving Visitor et One Christmas. Para√ģt √©galement la m√™me ann√©e chez Random House Too Brief a Treat (publi√© en France en 2007 sous le titre Un plaisir trop bref).

Bibliographie

  • Yvette Van Quickelberghe, Truman Capote (1924-1984), in Le Langage et l'Homme 25/4 (d√©cembre 1990), p. 292-302.
  • Gerald Clarke Capote: a Biography, 1988, Simon & Schuster
    la traduction française, publiée chez Gallimard en 1990, est intitulée Capote.
  • Deborah Davis,Party of the Century - The Fabulous Story of Truman Capote and His Black and White Ball (2006)
  • Lawrence Grobel, Conversations avec Truman Capote, in Arcades, Gallimard (1987 pour la traduction fran√ßaise) - original : Conversations with Capote (1985).
  • Jack Dunphy, ¬ę Dear Genius : A Memoir of My Life with Truman Capote ¬Ľ, in Valley of the sun books, Mcgraw-Hill, 1987.
  • George Plimpton, Truman Capote, In which Various Friends, Enemies, Acquaintances, and Detractors Recall His Turbulent Career, Anchor Books Doubleday, 1997
    la traduction française, publiée chez Arléa en 2009, est intitulée Truman Capote.

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