Aéronautique navale française.

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Aéronautique navale française.

Aviation navale

Aviation navale
Cocarde-aviation-marine.svg

Cocarde des aéronefs de l'aviation navale
PĂ©riode 20 mars 1912-PrĂ©sent
Pays France France
Branche Marine nationale française
Type aéronautique navale
Taille 6 800 personnes
Ancienne dénomination Service de l'aviation maritime, Service de l'aéronautique maritime, Forces de l'aviation embarquée, Aviation de patrouille maritime
Surnom La Marine du Ciel
Devise Honneur - Patrie - Valeur - Discipline
Équipement AĂ©ronefs
Commandant Contre-amiral Olivier de Rostolan

L’aviation navale (AVIA) est l'appellation de l'aĂ©ronautique navale française. Elle forme une des quatre grandes composantes de la marine française. Elle est issue de la fusion entre les forces de l'aviation embarquĂ©e et de l'aviation de patrouille maritime le 19 juin 1998.

Cette force maritime est placée sous le commandement d'un officier général de marine (ALAVIA) basé à Toulon qui est responsable de l'administration, de l'entraßnement et de la mise en condition opérationnelle de ses éléments (commandement organique).

Le personnel travaillant directement sur les aĂ©ronefs est composĂ© des spĂ©cialitĂ©s : Porteur, Avioniques et ARMAE (« Boom Â»), pour la partie entretien et mise en Ɠuvre, et Mecbo et DENAE pour la partie volante.

Sommaire

Mission

[1].

Historique

Les essais français (1910-1914)

Le premier transport d'hydravions au monde, La Foudre
Un hydravion Canard Voisin en essais sur la Seine (3 août 1911)
Essais du Canard Voisin aux mains du lieutenant de vaisseau Pierre Cayla avec La Foudre (juin 1912)

Dans le but d'Ă©tudier l'Ă©ventuel emploi des dirigeables et des aĂ©roplanes par la Marine aprĂšs que le 25 juillet 1909, Louis BlĂ©riot franchit la Manche et en mars 1910, Henri Fabre est, sur l'Ă©tang de Berre, le premier Ă  faire s'envoler un hydravion. Aussi, le ministre de la Marine de l'Ă©poque, le vice-amiral Auguste BouĂ© de LapeyrĂšre constitue en avril 1910 une commission formĂ©e par le contre-amiral Jules-Louis-Marie Le Pord, l'ingĂ©nieur en chef du GĂ©nie maritime Martine Radiguer, le lieutenant de vaisseau Glorieux et les enseignes de vaisseau Pierre Cayla et Jean Conneau qui rend son rapport le 1er juillet 1910.

Dans ce texte, qu'on définit comme l'acte fondateur de l'aviation maritime, la commission affirme la primauté de l'aviation sur l'aérostation et envisage la réalisation d'un navire, base d'aviation, comportant une aire de lancement par rail à l'avant et une plate-forme d'atterrissage à l'arriÚre, complété par un hangar abritant les avions. Le ministre, enthousiasmé par ce projet souhaite créer, en outre, un aérodrome naval. Sept officiers de marine sont désignés pour suivre les cours à l'Aéro-Club de France, seul organisme alors ayant autorité à délivrer des brevets de pilote d'août 1910 à mars 1911.

Le premier pilote formé, le lieutenant de vaisseau Louis Byasson, est le premier pilote[2].

En juin 1911, le capitaine de vaisseau RenĂ© Daveluy, commandant le bĂątiment-base d'aviation La Foudre, sur lequel il fait procĂ©der aux premiers essais de plate-forme d’envol pour avions, est chargĂ© d'organiser l'aĂ©ronautique maritime. Il propose qu'elle forme une unitĂ© indĂ©pendante, dispose d'une grande base (ce sera Montpellier puis FrĂ©jus) et soit dotĂ©e de 3 types d'avions: un avion/hydravion cĂŽtier, un croiseur aĂ©rien et un avion lĂ©ger embarquĂ© capable d'opĂ©rer depuis la Foudre.

DĂ©missionnaire Ă  la fin dĂ©cembre 1911, Daveluy est remplacĂ© par le capitaine de frĂ©gate Louis Fatou et le service de l'aviation maritime est crĂ©Ă© par dĂ©cret du 20 mars 1912, qui donne un aĂ©rodrome Ă©tabli sur le littoral (le futur FrĂ©jus-St RaphaĂ«l) et un ancien croiseur bĂątiment-base d'aviation La Foudre[3], des bĂątiment de flottille et du matĂ©riel volant [4]. À cette Ă©poque, la Marine nationale française ne dispose que de 2 avions : un biplan Maurice Farman (livrĂ© le le 26 dĂ©cembre 1910) et un hydravion Canard Voisin (livrĂ© le 15 avril 1912). Courant juin 1912, ce dernier est montĂ© Ă  bord de La Foudre et effectue une dizaine de vols aux mains du lieutenant de vaisseau Pierre Cayla. Le choix de La Foudre ne s'avĂšre pas concluant, le navire ne peut recevoir que des hydravions qu'il faut mettre Ă  l'eau puis rĂ©cupĂ©rer Ă  l’aide de grues.

Embarquement d'un Caudron Type J sur La Foudre (9 juin 1914)

NĂ©anmoins, ces vols, ainsi que ceux des monoplans Nieuport VI, conduisent le chef d'Ă©tat-major de la Marine Pierre Le Bris Ă  demander la transformation de La Foudre afin que les avions puissent en dĂ©coller. Ce n'est qu'en novembre 1913 qu'est prise la dĂ©cision d'installer une plate-forme Ă  l'avant du navire, construction effective 6 mois plus tard. Le 8 mai 1914, RenĂ© Caudron aux commandes d'un biplan Caudron Type J rĂ©ussit un premier dĂ©collage et vient amerrir un peu plus loin et le 9 juin 1914, le lieutenant de vaisseau Jean de Laborde Ă©choue dans la mĂȘme tentative. Cependant, lors des grandes manƓuvres navales de mai 1914, une douzaine d'hydravions Ă©quipĂ©s de la TSF est affectĂ©e Ă  des missions de reconnaissance jusqu'Ă  200 km sur divers points de la mer MĂ©diterranĂ©e, principalement Ă  Toulon et Ă  Bizerte (Tunisie) [5]. Alors que l'entrĂ©e en guerre est proche, les expĂ©rimentations sont interrompues et la plate-forme dĂ©montĂ©e, la Marine nationale française donnant la prioritĂ© Ă  l'hydravion.

Au total, 24 pilotes sont formĂ©s pour l'aviation maritime jusqu'Ă  fin 1914 et la Marine nationale française dispose en tout et pour tout de 14 pilotes et de 14 hydravions. Mais l'État-major gĂ©nĂ©ral a besoin d'avoir en son sein un service spĂ©cialisĂ© Ă©tabli Ă  Paris. C'est chose faite avec le dĂ©cret du 10 juillet 1914 qui porte sur l'organisation du service de l'aĂ©ronautique maritime. Celle-ci comprend un service central de l'aĂ©ronautique, des centres d'aĂ©rostation, un centre principal et des centres d'escadrilles d'avions. Le chef du Service central de l'aĂ©ronautique est un officier supĂ©rieur qui relĂšve directement du ministre de la Marine. Le capitaine de vaisseau Jean NoĂ«l est nommĂ© Ă  ce poste par un dĂ©cret du 1er aoĂ»t 1914.

La PremiĂšre Guerre mondiale (1914-1918)

Donnant la prioritĂ© au dĂ©veloppement de l'aviation cĂŽtiĂšre dotĂ©e d'hydravions et d'amphibies, la Marine nationale française transforme, outre La Foudre, de petits cargos en transports d'hydravions : le [6] (rĂ©quisitionnĂ© le 2 aoĂ»t 1914 escortant les convois en MĂ©diterranĂ©e), le (rĂ©quisitionnĂ© le 3 aoĂ»t 1914 et basĂ© Ă  Cherbourg en 1916-1917), le de 3 319 tonnes[7] (rĂ©quisitionnĂ© le 8 mars 1915 et qui sert dans la zone du canal de Suez en 1916) et le [8] (rĂ©quisitionnĂ© le 22 novembre 1915 et qui opĂšre depuis Dunkerque).

Les exploits obtenus par les pilotes de la Royal Navy dont le premier dĂ©collage d'un navire en mouvement dĂšs 1912 et la gĂ©nĂ©ralisation des transports d'hydravions en 1913-1915 puis des plate-formes sur croiseurs et cuirassĂ©s[9] laissent de marbre les marins français. NĂ©anmoins, Ă  la fin du printemps 1918, une dĂ©lĂ©gation française visite les installations de l'aviation navale britannique. Quelques semaines plus tard, dĂ©cision est prise d'installer une plate-forme d'entraĂźnement Ă  Saint-RaphaĂ«l pour 2 biplans Hanriot HD.2 et de doter le cuirassĂ© Paris de classe Courbet d'une grande plate-forme au dessus de la tourelle de 305 mm no 2 et de deux plus petites au dessus des tourelles latĂ©rales arriĂšre de 240 mm. Le 25 octobre 1918, le lieutenant de vaisseau Georges Guierre parvient Ă  dĂ©coller Ă  bord de l'un des Hanriot HD.2 et se poser Ă  Saint-RaphaĂ«l, une premiĂšre non rĂ©itĂ©rĂ©e le 9 novembre par l'enseigne de vaisseau Paul Teste, dont le biplan s'Ă©crase. La cause est entendue : les plate-formes sont dĂ©montĂ©es le lendemain. Le surlendemain, jour de l'Armistice, l'aviation maritime française dispose de 1 135 avions et d'environ 600 pilotes rĂ©partis sur 32 bases terrestres. Le lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de GrenĂ©dan voit dans l'aviation navale « l’auxiliaire indispensable d’une armĂ©e navale au combat Â» et souligne ses multiples atouts : reconnaissance (dont il n’exclut pas les dirigeables, qui ont efficacement Ă©clairĂ© la Hochseeflotte en mer du Nord), rĂ©glage des tirs d'artillerie, protection du littoral, attaque en haute-mer, attaque des bases ennemies, chasse embarquĂ©e, escorte de convois, lutte anti-sous-marine par hydravions spĂ©cialisĂ©s, etc [10]. « Une escadre sans aviation est une escadre perdue Â», affirme le capitaine de frĂ©gate Henri de l’Escaille. Mais il accuse l’institution de rester « particuliĂšrement indiffĂ©rente Â» Ă  cette arme. L’aviation permettrait par exemple d’attaquer les escadres dans leurs ports, c’est-Ă -dire d’imposer la bataille Ă  une fleet in being[11]. Le bombardier-torpilleur semble encore plus redoutable, parce que plus prĂ©cis : il a pour avocat au sein de la Marine nationale l’ingĂ©nieur principal Henri Stroh, qui se rĂ©fĂšre aux expĂ©riences allemandes et britanniques en la matiĂšre et suggĂšre l’emploi de torpilles radioguidĂ©es depuis l’air[12].

Le Béarn, premier porte-avions français (1919-1929)

En attendant la finition du porte-avions Béarn, des décollages sont effectués en 1925 à partir du cuirassé Provence
Le porte-avions BĂ©arn aprĂšs transformation (vers 1928)

À la fin de la guerre, l'aviation maritime rĂ©duit la voilure : la plupart des avions sont dĂ©mantelĂ©s et les bases terrestres sont rĂ©duites Ă  7. Toutefois, les expĂ©rimentations continuent. En 1920, une plate-forme est installĂ©e sur l'aviso Bapaume, Ă  partir de laquelle est menĂ©e une sĂ©rie de dĂ©collages de biplans Hanriot HD.12, Nieuport 21 et Nieuport 32. À la mĂȘme Ă©poque, la sociĂ©tĂ© Levasseur commence Ă  produire les premiers bombardiers-torpilleurs susceptibles d'ĂȘtre navalisĂ©s, comme le biplan Levasseur PL.2 (dĂ©rivĂ© de l'AT.1 terrestre) dont la Marine nationale française commande 9 exemplaires, livrĂ©s Ă  partir de 1925. Une nouvelle dĂ©lĂ©gation française se rend au Royaume-Uni oĂč elle visite notamment l'HMS Argus, le 1er porte-avions conçu dĂšs l'origine pour recevoir un pont d'envol continu et qui opĂšre 20 aĂ©ronefs depuis le 6 septembre 1918. ImpressionnĂ©s, les membres de la mission recommandent que la coque inachevĂ©e Ă  cause de la guerre du cuirassĂ© BĂ©arn de soit mis Ă  disposition de l'aviation d'escadre. Le programme naval du 1er janvier 1920 prĂ©voyait deux bĂątiments d’aviation d’escadre et la transformation de deux cuirassĂ©s de classe Normandie en porte-avions. Les rĂ©alitĂ©s budgĂ©taires ont raison de cet ambitieux projet et il est dĂ©cidĂ© de doter seulement le BĂ©arn d'un hangar de 100 x 30 mĂštres et d'un pont d'envol de 180 mĂštres de long. Le lancement du porte-avions « expĂ©rimental Â» BĂ©arn a lieu Ă  La Seyne-sur-Mer le 15 avril 1920 et, du 20 octobre 1920 au printemps 1921, a lieu une sĂ©rie de dĂ©collages, tout d'abord celui du lieutenant de vaisseau Paul Teste aux commandes d'un Hanriot, puis de Sopwith 1A2, Hanriot HD.2 et Hanriot HD.3. La loi-programme du 18 avril 1922 dĂ©cide sa transformation en « bĂątiment porte-avions d'escadre Â» en application du traitĂ© naval de Washington, qui limite les armements maritimes de ses cinq signataires : les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon la France et l'Italie. La France est mĂ©contente du traitĂ©, dĂ©clarant qu'elle a droit Ă  une flotte plus grande que celle de l'Italie, puisque devant maintenir une flotte Ă  la fois dans l'Atlantique et la MĂ©diterranĂ©e. Contrairement Ă  l'US Navy et la Royal Navy], la Marine nationale française ne hĂąte pas pour autant la modification du BĂ©arn : du contrat, signĂ© le 4 aoĂ»t 1923 au commissionnement, le 1er mai 1928, il s'Ă©coule 5 ans durant lesquels la Marine nationale se contente de quelques hydravions. Pendant ce temps-lĂ , au dĂ©but 1925, des essais d'un bombardier-torpilleur sont menĂ©s Ă  nouveau sur une plate-forme installĂ©e au dessus d'une tourelle du cuirassĂ© Provence. Au mĂȘme moment commence Ă  ĂȘtre livrĂ©s les Levasseur PL.4, premiers avions français construits en sĂ©rie pour opĂ©rer depuis un porte-avions. Ces bombardiers lĂ©gers biplans forment l'ossature de l'escadrille 7B1, la premiĂšre Ă  se poser enfin sur le BĂ©arn le 3 mai 1928, avant d'entamer des manƓuvres conjointes avec l'ArmĂ©e de terre française. Les escadrilles 7C3 et 6C3 sont quant Ă  elles dotĂ©es de chasseurs Dewoitine D.1C1. Enfin, la Marine nationale ne se contente pas du BĂ©arn mais Ă©quipe d'hydravions d'observation FBA 17 HL1 et HL2 les avisos coloniaux Amiral Charner et Rigault de Genouilly de classe Bougainville et les croiseurs Strasbourg, Tourville et Duguay-Trouin, Lamotte-Piquet, Primauget de . C'est Ă  partir de ce dernier que le lieutenant de vaisseau Louis Demougeot effectue le premier catapultage de la Marine nationale le 4 avril 1927. FabriquĂ©e par les chantiers de PenhoĂ«t (Saint-Nazaire), cette catapulte Ă  air comprimĂ© propulse l'avion Ă  22 m/s. Le premier catapultage par un engin Ă  poudre a lieu en novembre 1929 Ă  partir du croiseur lourd Duquesne, tĂȘte de sa classe.

L'aviation navale Ă  la peine (1930-1939)

L'aviation embarquée en septembre 1939
Navires Catégorie Avions et hydravions
Algérie Croiseur lourd 1 x Loire 130
Amiral Charner Aviso colonial[13] 1 x Potez 452
BĂ©arn Porte-avions Dewoitine D.376
Levasseur PL.7
Levasseur PL.101
Bougainville Aviso colonial 1 x Gourdou-Leseurre GL-832 HY
Croiseur lourd 2 x Loire 130
Commandant Teste Transport d'hydravions Loire 130
Laté 298
Loire 210
D'Entrecasteaux Aviso colonial 1 x Potez 452
D'Iberville Aviso colonial 1 x Gourdou-Leseurre GL-832 HY
Duguay-Trouin Croiseur protégé et léger 1 x Gourdou-Leseurre GL-832 HY
Dumont d'Urville Aviso colonial 1 x Gourdou-Leseurre GL-832 HY
Dunkerque Cuirassé 2 x Loire 130
1 x Loire 210
Dupleix Croiseur lourd 2 x Loire 130
Duquesne Croiseur lourd 1 x Loire 130
Émile Bertin Croiseur protĂ©gĂ© et lĂ©ger 2 x Gourdou-Leseurre GL-832 HY
Foch Croiseur lourd 2 x Loire 130
Georges Leygues Croiseur protégé et léger 2 x Loire 130
Gloire Croiseur protégé et léger 2 x Loire 130
Jean de Vienne Croiseur protégé et léger 2 x Loire 130
Jeanne d'Arc Croiseur protégé et léger 2 x Loire 130
La GalissonniÚre Croiseur protégé et léger 2 x Loire 130
Lamotte-Picquet Croiseur protégé et léger 1 x Gourdou-Leseurre GL-832 HY
Lorraine Cuirassé 2 x Loire 130
Marseillaise Croiseur cuirassé 2 x Loire 130
Montcalm Croiseur protégé et léger 2 x Loire 130
Primauguet Croiseur protégé et léger 1 x Gourdou-Leseurre GL-832 HY
Rigault de Genouilly Aviso colonial 1 x Gourdou-Leseurre GL-832 HY
Savorgnan de Brazza Aviso colonial 1 x Gourdou-Leseurre GL-832 HY
Strasbourg Cuirassé 2 x Loire 130
1 x Loire 210
Suffren Croiseur lourd 2 x Loire 130
Surcouf Croiseur sous-marin 1 x Besson MB-411 PĂ©trel
Tourville Croiseur lourd 1 x Loire 130
Source : Alexandre Sheldon-Duplaix, Histoire mondiale des porte-avions : des origines Ă  nos jours

Le Béarn entre choix de l'avion embarqué et refontes

Au dĂ©but des annĂ©es 1930, la Marine nationale ne possĂšde qu'un unique porte-avions, le BĂ©arn, bien que des Ă©tudes de 1931 des Services techniques aboutissent aux projets PA-16 de porte-avions Joffre et PainlevĂ© de 18 000 tonnes, conçus par Louis Kahn, futur directeur central des Constructions et Armes navales et futur ingĂ©nieur gĂ©nĂ©ral du GĂ©nie maritime. Mais pour l'heure est mis en service en 1932 le « transport d'aviation Â» de 11 500 tonnes Commandant Teste, construit Ă  Bordeaux de 1927 Ă  1929.

Le transport d'hydravions Commandant Teste

D’une grande ingĂ©niositĂ© car dotĂ© de 4 catapultes orientables et de 5 grues, il se rĂ©vĂ©lera en fait inutilisable. Il embarque 2 escadrilles : la 7S2 de patrouille maritime, dotĂ©e de Gourdou-Leseurre GL-811 et GL-812[14] ; la 7B2 de bombardement et torpillage, armĂ©e de biplans Levasseur PL.4. À ces avions s'ajoutent parfois des hydravions non-catapultables CAMS 37, embarquĂ©s Ă©galement Ă  bord de croiseurs comme le Duquesne, la Jeanne d'Arc ou le Tourville. Si le bilan est bon du cĂŽtĂ© des hydravions, il est plus mitigĂ© en ce qui concerne la « Flottille d'aviation du BĂ©arn Â». Elle se compose de 3 escadrilles, l'une de chasse (la 7C1), l'autre de bombardement et torpillage (la 7B1), la derniĂšre de reconnaissance et surveillance (la 7S1). En ce qui concerne les chasseurs, l'expĂ©rience malheureuse des LĂ©vy-Biche (Levasseur) LB.2 et le vieillissement des Dewoitine D.1C1 contraint la Marine nationale Ă  se tourner vers le monoplan terrestre Wibault 74, qu'elle commande Ă  60 exemplaires et qui reste en service de 1932 Ă  1938. Pour ce qui est des bombardiers-torpilleurs, elle reste attachĂ©e Ă  la formule biplan avec le Levasseur PL.2 (1926), le PL.4 (1930), le PL.7 (Ă©quivalent au Blackburn Ripon britannique) puis le PL.10 et sa version amĂ©liorĂ©e PL.101 (1933). Suivant l'intĂ©rĂȘt de l'US Navy et de la Luftwaffe pour les bombardiers en piquĂ©, les services techniques de l'aĂ©ronautique demandent en 1932 Ă  Nieuport de concevoir un monomoteur d'attaque destinĂ© au BĂ©arn. Les deux prototypes du Nieuport 140 Ă  aile en « W Â» sont perdus en mars 1935 et mai 1936 et le constructeur Ă©tudie sur fonds propres le Loire-Nieuport LN 401 sous-motorisĂ© et trop lĂ©gĂšrement armĂ© (par rapport Ă  son Ă©quivalent amĂ©ricain Douglas SBD Dauntless), mais commandĂ© Ă  66 exemplaires par la Marine nationale pour remplacer ses PL.7. La construction d'une version plus puissante (le Loire-Nieuport LN 402) reste sans lendemain. En 1938, la marine reçoit 19 chasseurs monoplan Dewoitine D.373, dĂ©jĂ  obsolĂštes Ă  leur mise en service et dĂ©ficients au niveau de la motorisation, ce qui entraĂźne 2 interdictions de vol, dont la seconde est retardĂ©e dans l'attente de la livraison des Potez 631 le 22 dĂ©cembre 1939. À la veille de le guerre, les bureaux d'Ă©tudes travaillent dans la hĂąte au projet A80 de remplacement du D.373 et notamment sur les prototypes du LatĂ©coĂšre/BrĂ©guet LatĂ© 299 et du LatĂ© 675, commandĂ©s le 27 juillet 1939 puis abandonnĂ© aprĂšs la dĂ©faite militaire française. Finalement, dĂ©pitĂ©e par ces dĂ©boires, la marine se tourne vers le monoplan amĂ©ricain Vought V-156F livrĂ© Ă  51 exemplaires Ă  partir d'aoĂ»t 1939 et dont le 1er exemplaire dĂ©colle du BĂ©arn en mai 1940[15]. C’est Ă  la Marine nationale que l’on doit les premiĂšres expĂ©rimentations d'un bimoteur sur porte-avions. Le Potez 56E prĂ©figure, en effet, le concept d'avion de transport Ă  bord (Carrier Onboard Delivery) et effectue une sĂ©rie d'appontages sur le BĂ©arn en 1936. Les 20 exemplaires commandĂ©s (sous la dĂ©signation Potez 567) sont nĂ©anmoins basĂ©s Ă  terre.

Le BĂ©arn aprĂšs refonte (1937)

Par ailleurs, la crĂ©ation en 1928 du ministĂšre de l'air, qui dĂ©sire rassembler sous sa houlette toute l'aĂ©ronautique française (commerce, guerre, marine), entraĂźne 7 ans de tension entre la Marine et ce dit ministĂšre. Le dĂ©cret du 27 novembre 1932 restitue Ă  la marine son autoritĂ© sur l'aviation maritime la sĂ©pare en 3 entitĂ©s : l’aviation embarquĂ©e, appartenant en propre Ă  la marine ; l’aĂ©ronautique de coopĂ©ration navale non embarquĂ©e, mise Ă  la disposition de la marine par l'ArmĂ©e de l’air et l’aviation autonome qui appartient Ă  l’AĂ©ronautique militaire, comprenant les escadrilles de chasse terrestre 3C1, 3C2 et 3C3 et les escadrilles de bombardement 4B1, 4B2 et 4B3, peut ĂȘtre mise Ă  la disposition de la marine. Ce n'est que par dĂ©cret du 22 aoĂ»t 1936 que l'aĂ©ronautique navale rĂ©cupĂšre l’aviation de coopĂ©ration maritime non embarquĂ©e. Enfin, les refontes Ă  rĂ©pĂ©tition du BĂ©arn (une premiĂšre en 1930-1933, une seconde en 1934-1935), n'aident pas Ă  la permanence Ă  la mer d'un groupe aĂ©ronaval, d'autant que le bĂątiment est lent (21 nƓuds contre 31 pour ses homologues amĂ©ricains et britanniques) et que ses ascenseurs sont inadaptĂ©s. Dans sa sĂ©ance du 4 dĂ©cembre 1936, le Conseil se prononce pour deux porte-avions, sans plus de prĂ©cision[16]. La dĂ©cision est alors prise dĂ©finitivement, mais avec les dĂ©lais de vote par le Par­lement, de passation des marchĂ©s, ce n’est qu’en 1938 que les deux unitĂ©s de classe Joffre de 18 000 tonnes sont commandĂ©es. Le Joffre est effectivement mis sur cale Ă  Brest le 18 novembre 1938[17].

Les hydravions s'en sortent mieux

À la fin des annĂ©es 1930, la Marine nationale française est relativement bien pourvue en hydravions. En plus de ceux du Commandant Teste, elle dote de Potez CAMS 37 non-catapultables des croiseurs comme le Duquesne, l'Edgar Quinet, la Jeanne d'Arc ou le Tourville. En effet, si de nombreux bĂątiments possĂšdent une voire deux catapultes, d'autres en sont privĂ©s et doivent utiliser des grues ou des mĂąts de charge. En 1933, la marine lance une compĂ©tition pour un nouvel hydravion de surveillance, observation et rĂ©glage d'artillerie. Sur les 6 projets en lice, seuls le Loire 130 et le LiorĂ© et Olivier LeO H-43 bĂ©nĂ©ficient d'un dĂ©veloppement. Le Loire 130, aprĂšs un premier vol le 19 novembre 1934, est commandĂ© Ă  244 exemplaires (125 seront construits) d'aoĂ»t 1936 Ă  juillet 1939, en 2 versions (130M pour la mĂ©tropole, 130C pour les colonies). Du fait de sa masse de 3 tonnes, il n'est pas dĂ©ployĂ© sur tous les croiseurs lĂ©gers et protĂ©gĂ©s (Ă  l'exception du Georges Leygues, du Jean de Vienne, de la Jeanne d'Arc, de La GalissonniĂšre et du Montcalm) mais, Ă  partir de 1937, sur les cuirassĂ©s Dunkerque, Lorraine, Richelieu, Strasbourg, les croiseurs lourds AlgĂ©rie, , Dupleix, Duquesne, Foch, Marseillaise, Suffren, Tourville et le Commandant Teste. De fait, il devient l'Avion de reconnaissance ou de surveillance standard de l'aĂ©ronautique navale. De son cĂŽtĂ©, le LeO H-43 connait une entrĂ©e en service mois rapide. Volant pour la premiĂšre fois le 4 dĂ©cembre 1934, catapultĂ© du Commandant Teste de janvier Ă  octobre 1935, il est commandĂ© Ă  20 exemplaires le 5 mai 1936 mais, du fait des nationalisations (LiorĂ© et Olivier est intĂ©grĂ© Ă  la SNCASE), la production ne commence qu'en septembre 1938. Ainsi, l'avion de sĂ©rie ne vole que le 13 juillet 1939 (soit 4 ans aprĂšs le prototype) et n'intĂšgre l'escadrille 3S1 qu'en fĂ©vrier 1940 puis la 3S5 en mars 1940, d'oĂč une carriĂšre Ă©courtĂ©e par la guerre.

Une aviation basée à terre

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'aviation embarquĂ©e ne brille pas par sa modernitĂ©. Le 3 septembre 1939, elle se compose de la flotille F1A du BĂ©arn et de ses 4 escadrilles (AC1 sur Dewoitine D.376, AC2 sur Dewoitine D.373/376, AB1 sur Levasseur PL.7 et AB2 sur Levasseur PL.101), de la flotille F1H du Commandant Teste et de ses 3 escadrilles (HS1 sur Loire 130, HB1 sur LatĂ© 298 et HC1 sur Loire 210) et des groupements d'hydravions embarquĂ©s sur cuirassĂ©s, croiseurs et avisos (HS2, HS3, HS4, HS5 sur Loire 130, HS6 sur Gourdou-Leseurre GL-832 HY et Potez 452, HS7 sur Loire 130, Gourdou-Leseurre GL-832 HY, Besson MB-411 PĂ©trel et Potez 452, HC2 sur Loire 210). En 1939, alors qu'il est basĂ© Ă  Brest, le BĂ©arn est jugĂ© trop lent pour un quelconque usage opĂ©rationnel et ses flotilles sont dĂ©barquĂ©es Ă  terre. La F1C, dont les escadrilles AC1 et AC2 reçoivent respectivement en dĂ©cembre 1939 et janvier 1940 des Potez 631 en remplacement des Dewoitine D.376 et la F1A, dont les escadrilles AB1 et AB3 sont basĂ©es Ă  Boulogne-Alprech et les AB2 et AB4 Ă  Berck. Le BĂ©arn reçoit quelques rĂ©parations avant d'appareiller pour Toulon et d'effectuer en MĂ©diterranĂ©e quelques entraĂźnements Ă  l'appontage jusqu'en avril 1940. À partir du 1er mai 1940, des Vought V-156F commencent Ă  y apponter. De son cĂŽtĂ©, le Commandant Teste effectue des rotations de transport entre la France et les États-Unis.

La bataille de France et le sabordage de la flotte (1940-1942)

Sortie sous le feu des bùtiments de la Marine nationale française à Mers el-Kébir (3 juillet 1940)
Toulon, le lendemain du sabordage (28 novembre 1942)

L'armistice de juin 1940 immobilise la flotte. AprĂšs la dĂ©faite, c'est la marine qui a le plus long chemin de croix, jalonnĂ© par les lourdes pertes subies par les Loire-Nieuport LN 401 et les Vought V-156F durant la bataille de France, oĂč ils sont Ă©trillĂ©s par les chasseurs de la Luftwaffe. Le 10 mai 1940, l'ensemble des 12 V-156F de l'AB3 sont dĂ©truits dans l'incendie de leur hangar Ă  Boulogne-Alprech suite Ă  l'attaque de Heinkel He 111 et le 20 mai 1940, lors de l'attaque d'un pont Ă  Origny-Sainte-Benoite, 7 des 12 V-156F de l'AB1 sont dĂ©cimĂ©s par des Messerschmitt Bf 109. Quant Ă  l’AC3, stationnĂ©e Ă  Cuers-Pierrefeu, 9 de ses Bloch MB.151 bombardent des objectifs italiens prĂšs de GĂȘnes le 14 juin. Le lendemain, en reprĂ©sailles, 27 Fiat CR.42 Falco du groupe de chasse d’Albenga attaquent et bombardent le terrain, dĂ©truisant 6 V-156F au sol et 2 MB.151 en train de dĂ©coller. Enfin, dans la nuit du 10 au 11 mai, lors du dĂ©clenchement de la Blitzkrieg, le Farman F.223 no 4 « Jules Verne Â» bombarde des ponts de MaĂ«stricht, et lors de son retour Aix-la-Chapelle. Les nuits suivantes, des missions sur Walcheren, Aix-la-Chapelle, Flessingue et Anvers sont effectuĂ©es. Le 3 juin, le F.223 escorte durant la journĂ©e le croiseur Emile Bertin qui transporte les rĂ©serves d’or de la Banque de France vers la Martinique. Le 7 juin, le F.223 dĂ©colle de MĂ©rignac, met le cap vers le Nord, survole ensuite les cĂŽtes hollandaises et danoises Ă  la nuit tombĂ©e et, aux environs de minuit, largue 8 bombes sur les faubourgs de Berlin, un bombardement avant tout psychologique... Alors que certains navires rejoindront les Forces navales françaises libres, d'autres pertes, navales cette fois-ci, vont suivre. L'opĂ©ration Catapult, dĂ©clenchĂ©e le 2 juillet 1940 par la Royal Navy], vise Ă  s’assurer que la flotte de haute mer française ne tombe pas aux mains des Allemands ou des Italiens. Son objectif Ă©tait donc de capturer ou de dĂ©truire les navires français oĂč qu’ils soient stationnĂ©s. Au mĂȘme moment, le cuirassĂ© HMS Hood, les navires de ligne HMS Valiant et Resolution et le porte-avions HMS Ark Royal accompagnĂ© d’une escorte de croiseurs et de destroyers s’apprĂȘtent Ă  attaquer Mers el-KĂ©bir (AlgĂ©rie). En dĂ©pit des termes sans Ă©quivoque de l’ultimatum, la flotte de la Marine nationale française, de puissance Ă©gale, n’est pas prĂ©parĂ©e Ă  l’attaque. Les canons des bĂątiments de la Royal Navy] ouvrent le feu Ă  distance maximale le 3 juillet 1940 et coulent le cuirassĂ© Bretagne. Les cuirassĂ©s Provence et Dunkerque ainsi que le destroyer Mogador sont Ă©galement endommagĂ©s. Le croiseur Strasbourg tente de s’échapper du port assiĂ©gĂ© en compagnie de 4 destroyers. Les bĂątiments sont attaquĂ©s deux fois par les obus de 380 mm de Swordfish de l'Ark Royal mais le Strasbourg parvient Ă  rejoindre Toulon le 4 juillet. Une nouvelle attaque aĂ©rienne, le 6 juillet au matin, coule par torpille le patrouilleur Terre Neuve, dont l’explosion endommage le Dunkerque[18]. Le 4 juillet, Ă  Alexandrie (Égypte), la flotte française se rend, sauvant ainsi un cuirassĂ©, quatre croiseurs, trois torpilleurs, un sous-marin et surtout Ă©pargnant la vie de plusieurs centaines de marins. Enfin, le 8 juillet, Ă  Dakar (Afrique occidentale française), des Swordfish du HMS Hermes attaquent par torpille le Richelieu, le plus moderne des croiseurs de la Marine nationale française tonnant 35 000 tonnes. Au final, les pertes françaises de l’opĂ©ration Catapult sont, en une semaine, de 1 300 marins... Autre outrage : tandis que le BĂ©arn est immobilisĂ© Ă  partir de 1940 aux Antilles, le porte-avions Joffre, fleuron de la flotte dont la construction commence le 18 novembre 1938, n'est qu’à 23% d’achĂšvement (soit au niveau du pont d'envol) lors de l’effondrement de la France. Sa construction, ralentie en juin 1940, est suivie de sa dĂ©molition, commencĂ©e par les Allemands le 9 juin 1941. Elle est plu­sieurs fois interrompue sur intervention de l’amiral François Darlan, qui essaie dĂ©sespĂ©rĂ©ment de sauver le navire : elle est arrĂȘtĂ©e en juillet 1941, reprise en novembre, de nouveau arrĂȘtĂ©e en fĂ©vrier 1942, puis dĂ©finitivement reprise en juin suivant, jusqu'Ă  ce qu'il ne reste que 1 000 tonnes de tĂŽles. Son sistership, le Pain­levĂ©, quant Ă  lui, n’aura pas dĂ©passĂ© le stade des approvisionne­ments en matĂ©riaux...[17]. À la suite de l'opĂ©ration Torch et du ralliement de l'Afrique du Nord et de l'Ouest, de nombreux navires reprennent le combat. MalgrĂ© tout, la flotte assure la liaison avec l’Empire et tant bien que mal le ravitaillement de la mĂ©tropole. Le dernier Ă©vĂ©nement tragique de la guerre a lieu en novembre 1942, lors de la tentative par la France vichyste de stopper l'opĂ©ration Torch en envahissant la zone libre. À Toulon, le 27 novembre 1942, la Marine nationale ordonne le sabordage de 90 bĂątiments de guerre, dont le Commandant Teste, afin qu'ils ne tombent pas aux mains de l'occupant nazi. Le bilan au soir du 27 novembre fait Ă©tat de 90% de la flotte sabordĂ©e, dont la totalitĂ© des forces de haute mer. Tous les grands bĂątiments de combat sont coulĂ©s et irrĂ©cupĂ©rables. Ce sont au total 235 000 tonnes sabordĂ©es dont 3 cuirassĂ©s, 7 croiseurs, 15 contre-torpilleurs, 13 torpilleurs, 6 avisos, 12 sous-marins, 9 patrouilleurs et dragueurs, 19 bĂątiments de servitude, 1 bĂątiment-Ă©cole, 28 remorqueurs et 4 docks de levage. Seuls 39 bĂątiments sont capturĂ©s, tous de petit tonnage sans grande valeur militaire car sabotĂ©s, endommagĂ©s ou pour certains dĂ©sarmĂ©s[19].

La mission navale française à Washington et le réarmement naval (1943-1946)

La réparation de bùtiments français comme le Béarn a lieu au New York Navy Yard, ici en mars 1944
le Béarn, transformé en transport d'aviation
Quinze hydravions Catalina sont cédés en 1944

Le ralliement des chefs militaires du RĂ©gime de Vichy en Afrique[20] pour reprendre la lutte contre l’Axe permet et implique le rĂ©armement des forces françaises avec l’aide des AlliĂ©s, au premier rang desquels les États-Unis. Surtout, il constitue pour le ComitĂ© français de la LibĂ©ration nationale une opportunitĂ© inespĂ©rĂ©e de remettre en Ă©tat l’outil de dĂ©fense de l’Empire. En effet, en dĂ©cembre 1942, les forces navales ne correspondent plus qu’un quart des moyens de 1939. À partir du 3 janvier 1943, la mission navale Ă  Washington va devoir d’abord s’employer Ă  rĂ©gler des problĂšmes politiques (ralliement de la Martinique et de la Guadeloupe, relations avec la France combattante). Elle pourra ensuite jouer son rĂŽle et tenter de convaincre les chefs d’État-major alliĂ©s de la capacitĂ© des personnels français Ă  armer un nombre plus important de bĂątiments et Ă  s’impliquer pleinement dans la guerre du Pacifique. Jean Monnet, l'amiral Georges Catroux et le vice-amiral Raymond FĂ©nard[21] sont les interlocuteurs de la Marine nationale française auprĂšs des Combined Chiefs of Staff (CCS) amĂ©ricains et dans les relations difficiles entre le gĂ©nĂ©ral de Gaulle et le prĂ©sident Roosevelt. La mission navale s'emploie Ă©galement Ă  tirer les enseignements du modĂšle amĂ©ricain pour reconstruire la flotte de l’aprĂšs-guerre. AutoritĂ© absolue sur l’attribution de l’aide, les CCS dĂ©finissent le 27 juin 1943 les critĂšres d'emploi des bĂątiments français, notamment : le ou les cuirassĂ©s seront intĂ©grĂ©s dans une flotte alliĂ©e sous commandement alliĂ© ; les croiseurs participeront Ă  des patrouilles contre les raiders allemands ; un Ă©ventuel porte-avions sera utilisĂ© comme transport d’aviation. Les rĂ©parations aux New York Navy Yard sont limitĂ©es aux bĂątiments les plus rĂ©cents prĂ©sentant la plus grande valeur militaire. Elles concernent un premier groupe de, respectivement 13 000 tonnes (Afrique du Nord) et 66 000 tonnes (Alexandrie), qui a ralliĂ© les États-Unis dĂšs janvier 1943 (le cuirassĂ© Richelieu, dĂ©barrassĂ© de sa plate-forme aviation et le croiseur Montcalm) et un second Ă  partir de juillet 1943 concernant les 34 000 tonnes des unitĂ©s ralliĂ©es des Antilles et les (31 000 tonnes des Forces navales françaises libres (le BĂ©arn, transformĂ© en transport d'aviation mais dont l'armement d'origine est conservĂ© et les croiseurs Émile Bertin, Georges Leygues et Gloire). Quant aux cessions de bĂątiments, elles sont subordonnĂ©es Ă  la condition que les unitĂ©s soient utilisĂ©es « rĂ©ellement et avec efficacitĂ© Â» et armĂ©es par du personnel français « entraĂźnĂ© Â». Les transferts de porte-avions d’escadre de 15 000 Ă  50 000 tonnes ou lĂ©gers de 10 000 tonnes sont rejetĂ©es mais les CCS consentent Ă  transfĂ©rer le porte-avions d'escorte HMS Biter Ă  la condition qu’il soit employĂ© comme transport d’aviation et remis en Ă©tat en France (il deviendra le Dixmude en 1945). Par contre, le capitaine de vaisseau Henri Nomy obtient en mars 1944 15 hydravions Catalina (qui viennent complĂ©ter 12 Catalina des Forces navales françaises libres), 36 bombardiers en piquĂ© SBD Dauntless et la formation de la moitiĂ© des pilotes français (193). Si le bilan de la loi Lend-Lease est trĂšs Ă©loignĂ© des demandes du ComitĂ© français de la LibĂ©ration nationale, la mission navale française Ă  Washington, qui se termine le 1er janvier 1946, permet tout de mĂȘme Ă  la Marine nationale de reconstituer son aĂ©ronautique navale [22]

L'aprĂšs-guerre (1946-1958)

Une renaissance laborieuse

L'Arromanches, reçu en août 1946
Le La Fayette, avec à son bord 20 F6F Hellcat et 12 TBF Avenger, le jour de sa réception (11 septembre 1951)
Le Bois-Belleau, reçu le 23 décembre 1953

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, sur une marine de 600 000 tonnes, le sabordage de Toulon a dĂ©jĂ  coĂ»tĂ© 245 000 tonnes. La Marine arme 306 bĂątiments disparates et vieillissants jaugeant 365 360 tonnes, dont une partie provient de l’aide alliĂ©e (203 navires reçus dans le cadre des accords Lend-Lease et Mutual Aid, soit 71 944 tonnes). Au 25 novembre 1947, seuls 226 680 tonnes sont en service et il est prĂ©vu que si aucune commande n'est engagĂ©e, il ne restera que 136 000 tonnes en 1950 et 98 000 en 1959. Le vice-amiral Henri Nomy Ă©tablit le bilan[23] : « Ă€ la LibĂ©ration, il nous restait 400 000 tonnes, en 1948 nous descendons Ă  280 000 tonnes (en rĂ©alitĂ© ce chiffre semble avoir Ă©tĂ© atteint dĂšs la fin de l'annĂ©e 1945) Â». Ceci s'explique par le fait que les tranches navales sont excessivement modestes, de l'ordre de 8 000 tonnes pour les annĂ©es 1949 et 1950. En 1946, le Conseil supĂ©rieur de la Marine Ă©tudie des solutions de rechange[24] qui seront toutes ĂȘtre abandon­nĂ©es : la transformation du transport d'hydravions Commandant Teste en porte-avions d'escorte n’est Ă©voquĂ©e en octobre 1945 que pour ĂȘtre abandonnĂ©e en fĂ©vrier suivant , la remise en Ă©tat du BĂ©arn n’est pas une solu­tion, la transformation du cuirassĂ© inachevĂ© Jean Bart en porte-avions coĂ»terait presque aussi cher qu’un porte-avions neuf : 4 milliards de francs contre 5[25] et est vite Ă©cartĂ©e[26]. Pourtant, il faut que la Ma­rine ait un porte-avions si elle veut retrouver son rang, et la France avec elle : la dĂ©lĂ©gation française Ă  l’ONU ne parle-t-elle pas en 1946 « d’une contribution navale de l’ordre de six porte-avions, trois cuirassĂ©s, douze croiseurs et quarante destroyers 113 Â»[27]? Le 12 octobre 1945, le Conseil supĂ©rieur Ă©met l’avis de mettre en chantier deux porte-avions lĂ©gers, mais l’ampleur des destructions et le dĂ©labrement des finances rappellent trĂšs vite le commandement Ă  la rĂ©alitĂ© : en fĂ©vrier 1946, les coupes budgĂ©tai­res entraĂźnent l’arrĂȘt presque complet des constructions[28]. En 1949, le commandant Adolphe Lepotier rĂ©clame des tranches de 25 000 tonnes par an, protestant contre l'insuffisance de la tranche prĂ©vue pour 1950, soit 16 500 tonnes. Pourtant remarque l'ingĂ©nieur gĂ©nĂ©ral Charles Lambotin, « c'est la premiĂšre fois en 1949 qu'un modeste programme naval de bĂątiments neufs Ă©tait dĂ©fini Â». Les grands manques, selon l'amiral AndrĂ© Lemonnier, portent alors sur la DCA, l'aviation navale, les escorteurs rapides. L'urgence pour le programme naval 1953-1954, ce serait un porte-avions, des escorteurs, des engins amphibies et sous-marins[29]. . MalgrĂ© tout, l'on prend en compte que « Le corps de bataille doit [...] comprendre un ensemble harmonieux de porte-avions et de porte-canons entourĂ©s d’escorteurs Â»[30]. La marine sera organisĂ©e en 4 task-forces (1 navire de ligne, 2 porte-avions, 4 croiseurs lĂ©gers, 12 escorteurs rapides et un train d’escadre d’environ 50 000 tonnes). En 1946[24], le niveau souhaitable Ă  atteindre est de 750 000 tonnes, soit 8 porte-avions de combat, 4 porte-avions d’escorte, 4 navires de ligne et 1 porte-avions destinĂ© Ă  l'entraĂźnement)[31]. Pour des raisons Ă©conomiques, une version rĂ©duite Ă  2 task-forces est proposĂ©e : 1 porte-avions de combat lourd, 1 porte-avions de combat lĂ©ger, soutenus par les cuirassĂ©s Richelieu, en service depuis le 15 juin 1940, et son sistership le Jean-Bart, qui ne sera opĂ©rationnel que le 1er mai 1955. Par contre, sur trois porte-aĂ©ronefs, le Dixmude (ex-HMS Bitter) et le transport d'hydravions Commandant-Teste sont disponibles. Le 2 octobre 1945, le Conseil supĂ©rieur de la Marine examine trois projets : le PA-28, un porte-avions lĂ©ger de 15 700 tonnes et d'un coĂ»t de 3 milliards de francs[32], les PA-29 et PA-27 de, respectivement 22 500 et 26 130 tonnes, d'un coĂ»t de 4,5[33] et 5 milliards de francs[34]. Alors que la marine reçoit en mars 1946 le HMS Colossus (rebaptisĂ© Arromanches), la construction du PA-28 est approuvĂ©e par le Conseil, l'État-major[35] et l'AssemblĂ©e[36]. Les essais du PA-28, rebaptisĂ© Clemenceau, sont prĂ©vus pour septembre 1952. Le 5 mars 1949, peu avant qu'elle ne rejoigne l'OTAN, la France rĂ©clame aux États-Unis 1 porte-avions, 6 destroyers d’escorte, 24 dragueurs, de l’artillerie et des munitions et reçoit le 11 septembre 1951 l'USS Langley (rebaptisĂ© La Fayette) et l'USS Belleau Wood (rebaptisĂ© Bois-Belleau) le 23 dĂ©cembre 1953. Le projet de statut naval Ă©tabli par l’état-major gĂ©nĂ©ral en 1949 demande 4 porte-avions de 20 000 tonnes pour en avoir 2 disponibles en permanence. Dans sa sĂ©ance du 22 aoĂ»t 1949, le Conseil supĂ©rieur de la Marine est encore plus ambitieux : dis­cutant le projet de statut naval, il demande « six porte-avions lĂ©gers du type Clemenceau de 18 500 tonnes [lĂšge]. Â»avant que ce projet ne soit abandonnĂ© la mĂȘme annĂ©e[37]. Le 15 juillet 1952, il en rĂ©clame encore 5 dont 2 pour l’Union française (non mis Ă  la disposition de l’OTAN). D’aprĂšs le MRC 12, document final de la ConfĂ©rence de Lisbonne de 1952, la France devrait mettre Ă  la disposition de l’OTAN un porte-avions au jour J, deux Ă  J+30, trois Ă  J+180. Mais, dĂšs 1953, la Marine doit dĂ©finitivement admettre qu’elle devra se contenter de trois porte-avions. Le PA 54 Clemenceau, inscrit au budget de 1953, est mis sur cale en novembre 1955 ; le PA 55 Foch, inscrit au budget de 1955, est mis sur cale en fĂ©vrier 1957 [38],[39].

La tentative de remplacement de l'aviation par le « tout-français Â»

En attendant le « tout-français Â», la Marine nationale est la derniĂšre puissance utilisatrice de la version navalisĂ©e du F4U-7 Corsair
Un TBM-3E Avenger prĂȘt Ă  ĂȘtre catapultĂ© du La Fayette

Le parc aĂ©rien embarquĂ©, disparate et obsolĂšte, ne comprend presque uniquement que des chasseurs Mk.III (flotille 1F) et de bombardiers en piquĂ© SBD Dauntless (flotilles 3F et 4F). Ce n'est qu'en 1948 qu'une nouvelle flotille (la 12F) est crĂ©Ă©e avec des chasseurs Mk.XV. D'autres avions sont cĂ©dĂ©s par les États-Unis, dont des avions F6F-5 Hellcat et SB2C Helldiver, acheminĂ©s Ă  l'automne 1950 en Indochine française par le Dixmude au profit de l'Arromanches. Enfin, Ă  la fin 1953, la flottille 14F, rĂ©armĂ©e avec des F4U-7 Corsair neufs, opĂšre Ă  partir du Bois-Belleau. Pourtant, dĂšs 1946, la Marine nationale envisage de se doter de versions navales de chasseurs Ă  hĂ©lices terrestres français, comme le l'Arsenal VB-10 ou le SNCASE SE.580. Mais les Ă©tudes tournent court. NĂ©anmoins, en mars 1946, la marine passĂ© commande Ă  la SNCASO de deux prototypes du mĂ©diocre chasseur-bombardier SO.8000 Narval, qui vole pour la premiĂšre fois le 1er avril 1949 avant d'ĂȘtre abandonnĂ© dĂ©but 1950. En mĂȘme temps, elle lance un programme de chasseur Ă  rĂ©action naval, lequel doit ĂȘtre armĂ© de 3 canons de 30 mm, voler Ă  plus de 900 km/h et monter Ă  plus de 25 m/s. Trois constructeurs reçoivent des contrats de dĂ©veloppement : la SNCAC (pour le SNCAC NC.1080), la SNCAN (pour le Nord N.2200) et l'Arsenal de l'aĂ©ronautique (pour l'Arsenal VG-90). Les 3 prototypes, sous-motorisĂ©s, entraĂźnent la mort de 3 pilotes d'essai : le SNCAC NC.1080 s'Ă©crase le 10 avril 1950, le Nord 2200, qui fait appel au mĂȘme rĂ©acteur, est trop lourd et est abandonnĂ© en 1954, les deux prototypes de l'Arsenal VG-90 s'Ă©crasent, respectivement, le 25 mai 1950 et le 21 fĂ©vrier 1952. Lasse d'attendre, la marine nĂ©gocie dĂšs 1950 la construction sous licence par la SNCASE du chasseur de Havilland Sea Venom FAW Mk.20, qui devient l'Aquilon 20. Le premier exemplaire vole le 25 mars 1954 et 96 exemplaires sont livrĂ©s aux flottilles 16F (Ă  partir de janvier 1955) et 11F (Ă  partir d'avril 1956), ainsi qu'aux escadrilles 54S et 59S. DĂšs aoĂ»t 1952, AMD reçoit un marchĂ© d'Ă©tudes prĂ©liminaires concernant un chasseur supersonique tous temps destinĂ© Ă  remplacer les Aquilon et propose divers modĂšles de chasseurs embarquĂ©s extrapolĂ©s du MystĂšre IVB, qui sont abandonnĂ©s en 1954. Le rĂ©sultat est aussi dĂ©cevant en ce qui concerne le remplacement des bombardiers-torpilleurs. En septembre 1945, le programme de 1943 de bimoteur est rĂ©activĂ©. Deux constructeurs reçoivent un contrat : la SNCAN (avec le Nord 1500 NorĂ©clair) et la la SNCAC (avec le SNCAC NC.1070), possĂ©dant les mĂȘmes moteurs. Sur les 3 prototypes prĂ©vus du Nord 1500 NorĂ©clair, un seul vole le 29 aoĂ»t 1947, le deuxiĂšme ne volant pas et le troisiĂšme n'est mĂȘme pas construit et le programme est abandonnĂ© en juin 1948. Quant au SNCAC NC.1070, son premier prototype a une carriĂšre Ă©phĂ©mĂšre et le second est modifiĂ© sans plus de succĂšs en birĂ©acteur, le premier de l'aviation navale française, vole le 12 octobre 1948 et son dĂ©veloppement est stoppĂ© peu aprĂšs. Finalement, le seul projet qui voit le jour est celui de l'avion d'assaut et de lutte anti-sous-marine, initiĂ© par une fiche-programme du 12 novembre 1947. Breguet se voit commander 2 prototypes du Br.960 Vultur, Ă©quipĂ© Ă  la fois d'un turborĂ©acteur et de 2 turbopropulseurs. AprĂšs un premier vol le 3 aoĂ»t 1951, il est jugĂ© trop lourd pour les porte-avions alors en service, il est modifiĂ© en avion Ă  hĂ©lices Br.965 de lutte anti-sous-marine et devient le prototype du futur Breguet Br.1050 AlizĂ©.

L'aviation navale en Indochine

Article dĂ©taillĂ© : Guerre d'Indochine.
Les Grumman F6F Hellcat de l'AĂ©ronavale larguent du napalm sur la division 320 du Viet Minh pendant l’opĂ©ration Mouette (novembre 1953)
Le La Fayette dans les eaux d'Indochine française (1953)
Le La Fayette au large de Nha Trang (Indochine) (mi-juin 1953)

La guerre d’Indochine oppose depuis 1946 le Corps expĂ©ditionnaire français en ExtrĂȘme-Orient (CEFEO), soutenu par les États-Unis, aux forces du ViĂȘt Minh (Front de l'indĂ©pendance du Vietnam) nationaliste et communiste, soutenu par la Chine et l'Union soviĂ©tique. Le 28 janvier 1947, le porte-avions Dixmude, remis Ă  niveau, appareille de Toulon avec 9 bombardiers-torpilleurs SBD Dauntless, lesquels attaquent en mars des objectifs sur la cote d'Annam puis effectuent des missions d’appui aĂ©rien rapprochĂ© (close air support) Ă  partir du golfe du Tonkin au profit de troupes au nord de l'Indochine. À la suite de problĂšmes de catapulte, le Dixmude rentre en France en avril. En raison de sa grande lenteur et de son seul ascenseur, le Dixmude est relĂ©guĂ© au rĂŽle de transport : il appareille de nouveau en septembre 1947, convoyant des SBD, des Ju-52 et des Spitfire qui opĂšrent au sol depuis Saigon, puis Hanoi, avant de revenir Ă  Toulon en mai 1948. L’Arromanches prend le relais durant la pĂ©riode octobre 1948-janvier 1949, entrecoupĂ©e d’exercices de mise au point d’« hunter killer groups Â» et de 6 semaines de combats (152 sorties) au cours desquels ses 10 SBD et ses 2 Spitfire mĂšnent des frappes au sol en Cochinchine, dans le centre d'Annam et au Tonkin. Aucun porte-avions n’est dĂ©ployĂ© en 1949-1950, suite Ă  une pĂ©nurie d’avions que vient combler le 26 janvier 1951 le dĂ©chargement Ă  Saigon par l’USS Windham Bay de plusieurs F8F Bearcat. Lors de sa 2e campagne, de septembre 1951 au 17 mai 1952, l’Arromanches embarque des chasseurs F6F Hellcat et des bombardiers en piquĂ© SB2C Helldiver. Leurs missions comprennent le close air support (CAS) et l’attaque de pistes, de ponts et de voix de chemins de fer, en Annam (du 28 septembre au 13 octobre), au Tonkin (14-21 octobre), en Annam (du 6-11 novembre), au Tonkin (14 novembre-9 janvier). AprĂšs un sĂ©jour en cale sĂšche Ă  Singapour du 16 janvier au 20 fĂ©vrier 1952, l’Arromanches reprend ses missions en Cochinchine, en Annam et au Tonkin du 23 fĂ©vrier au 18 mai. AprĂšs un retour Ă  Toulon, l’Arromanches assure une 3e campagne entre septembre 1952 et mars 1953 avec le mĂȘme type d’appareils et les mĂȘmes objectifs (opĂ©rations de CAS et destruction des voies de communication entre le Viet Nam du nord et la Chine)[40]. Le La Fayette effectue une 1re campagne de mars Ă  juin 1953, ralliant le Tonkin avant que le porte-avions ne rĂ©cupĂšre les flottilles de l’Arromanches en juin 1953. Sa 4e campagne se dĂ©roule de septembre 1953 au 19 septembre 1954 avec Ă  bord des SB2C Helldiver et des F6F Hellcat, qui sont engagĂ©s lors de la bataille de DiĂȘn BiĂȘn Phu du 13 mars au 7 mai 1954, de concert avec l’aviation embarquĂ©e du Bois-Belleau. À partir de cette date et jusqu'en septembre, des avions de patrouille maritime PB4Y Privateer de la flottille 24F sont stationnĂ©s sur la base aĂ©rienne 191 Tan-Son-Nhut (Cochinchine). MalgrĂ© la dĂ©faite, l'AĂ©ronavale mĂšne des opĂ©rations sur la zone jusqu'Ă  l'armistice du 21 juillet Ă  GenĂšve. D’avril Ă  juin 1955, le La Fayette, embarquant une vingtaine de Corsair, 4 SB2C Helldiver et 2 hĂ©licoptĂšres, couvre les opĂ©rations d’évacuation du Tonkin avant de repartir pour la France le 11 juin. Le Bois-Belleau effectue des exercices du 5 juin au 14 novembre. Enfin, de janvier Ă  juin 1956, sous les ordres des FNEO (Forces navales en ExtrĂȘme-Orient) jusqu’à la dissolution de celles-ci le 26 avril, le La Fayette participe Ă  divers exercices avec les forces britanniques. De retour Ă  Toulon le 3 juin, il clĂŽt la prĂ©sence française en Indochine[41].

La patrouille en Algérie et la premiÚre flottille d'hélicoptÚres

Article dĂ©taillĂ© : Guerre d'AlgĂ©rie.
... comme des Lancaster surveillent les cÎtes algériennes

DĂ©jĂ  prĂ©sente sur le sol algĂ©rien et implantĂ©e sur la BAN Lartigue Ă  une trentaine de kilomĂštres d’Oran, mais installĂ©e Ă©galement sur la BAN Karouba (Tunisie) ainsi qu’à la BAN Port-Lyautey (Maroc), l’aĂ©ronautique navale va ĂȘtre sollicitĂ©e et monter au crĂ©neau avec ses aĂ©ronefs et ses hĂ©licoptĂšres. Les P-2V6 Neptune des flottilles 21F, 22F et 23F partant des BAN Lartigue et BAN Port-Lyautey assurent des opĂ©rations de patrouille maritime[42] tout au long des cĂŽtes ou en haute mer (PATMAR), afin de prĂ©venir toute contrebande d’armes. Des Privateer de la flottille 28F de la BAN Karouba, des Lancaster ou des Neptune sont Ă©galement chargĂ©s de surveiller de jour et de nuit l’étanchĂ©itĂ© des barrages Ă©lectrifiĂ©s installĂ©s non loin des frontiĂšres terrestres avec le Maroc et la Tunisie, afin d’empĂȘcher l’infiltration de rebelles. La flottille 4S, basĂ©e Ă  la BAN Lartigue et dotĂ©e au dĂ©part de Catalina puis de Lancaster intervient Ă©galement de 1957 Ă  1960 et remplit les mĂȘmes missions que les Neptune. En 1956, les flotilles 12F, 14F, 15F et 17F, toutes sur F4U-7 Corsair et jusque lĂ  basĂ©es sur les BAN HyĂšres Le Palyvestre et BAN Karouba, s'installent sur les BA 211 Ă  Telergma et sur la Base aĂ©rienne 213 BĂŽne et assurent des mission de close air support, la protection des troupes au sol ou l'escorte pour les hĂ©licoptĂšres. Depuis dĂ©but 1952, des hĂ©licoptĂšres Sikorsky S-51 puis Piasecki HUP-2 sont mis en service Ă  bord de l'Arromanches et du La Fayette pour la sĂ©curitĂ© des mouvements d'aviation (« Pedro Â»). Leurs activitĂ©s s'Ă©tendent ensuite aux missions de liaison et d'Ă©vacuation sanitaire. L'insurrection algĂ©rienne de 1954 dĂ©cide en juin 1955 la Marine nationale d'envoyer sur place un dĂ©tachement de Sikorsky S-55 de la flottille 10S. Ce dĂ©tachement est inclus dans le Groupement HĂ©licoptĂšres no 2, oĂč se mĂ©langent des S-55 de l'Aviation lĂ©gĂšre de l'armĂ©e de terre (ALAT) et de l’ArmĂ©e de l’Air. Le 4 juin 1956, le lieutenant de vaisseau Derlot est dĂ©signĂ© comme chef d'un dĂ©tachement de 3 Sikorsky H-21 « Bananes Â», prĂȘtĂ©s par l'ALAT, qui rallie SĂ©tif le 7 juin, en relĂšve des 2 S-55 de la 10S (tous deux construits sous licence par la SNCASE), rentrĂ©s Ă  la BAN Saint-RaphaĂ«l. Jusqu'au 31 juillet, les pilotes de l'aviation navale suivent un entraĂźnement intensif sur 5 Sikorsky H-21. Le 1er aoĂ»t 1956, la marine crĂ©e Ă  partir de ce dĂ©tachement la premiĂšre flottille d'hĂ©licoptĂšres, la 31F. PlacĂ©e sous le commandement du lieutenant de vaisseau Bally, elle est officiellement affectĂ©e Ă  la Base aĂ©rienne 149 Maison Blanche improvisĂ©e Ă  Alger, mais dans les faits, elle stationne dĂ©jĂ  Ă  SĂ©tif. La carriĂšre en AlgĂ©rie des S-55 et H-21 n'est pas longue au sein des 33F et 31F. DĂ©jĂ , au dĂ©but 1956 est mis en service le premier des 135 Sikorsky S-58 (H34 ou HSS), tout d'abord au sein de l'escadrille 20S, puis des 31F et 33F. La vĂ©ritable aventure des S-58 dĂ©bute en janvier 1958 avec l'arrivĂ©e des 8 hĂ©licoptĂšres de la 32F Ă  Oran Ă  bord du Bois-Belleau, lesquels s'installent Ă  la BAN Lartigue oĂč ils opĂšrent avec la 31F. À noter qu'entre fĂ©vrier et mars 1958, des frappes aĂ©riennes et des missions de close air support sont lancĂ©es depuis le Bois-Belleau et que des Aquilon des flotilles 16F et 11F combattent Ă  partir des BAN Karouba et la BA 149. À cette date, la 33F, alors Ă©quipĂ©e de S-55, reçoit son premier S-58. Puis, premiĂšre flottille d'hĂ©licoptĂšres prĂ©sente en AlgĂ©rie, la 31F est la derniĂšre Ă  ĂȘtre Ă©quipĂ©e de cet appareil et rend ses S-55 Ă  l'ALAT[43].

La crise de Suez

Article dĂ©taillĂ© : Crise du canal de Suez.
Un Whirlwind britannique utilisé à Suez pour l'un des 1ers débarquements héliportés de l'histoire

La nationalisation unilatĂ©rale du canal de Suez proclamĂ©e en juillet 1956 par le colonel Ă©gyptien Gamal Abdel Nasser, va emmener la France, le Royaume-Uni et IsraĂ«l Ă  intervenir militairement. La FNI (Force navale d’intervention) française, crĂ©Ă©e le 25 aoĂ»t 1956, comprend 47 navires de combat et d'assaut, 10 navires auxiliaires et 53 bĂątiments de commerce, dont les porte-avions Arromanches (avec 10 Avenger et 14 Corsair) et La Fayette (avec 26 Corsair). Le 30 octobre, le Royaume-Uni et la France adressent un ultimatum Ă  l’Égypte. Ils lancent l’opĂ©ration Mousquetaire le 31 octobre avec une campagne de bombardement. Les deux porte-avions français sont chargĂ©s dĂšs le premier jour (1er novembre 1956) de l'attaque de la flotte Ă©gyptienne. Cependant, les 16 sorties de Corsair sont gĂȘnĂ©es par la prĂ©sence ce jour-lĂ , dans le port d'Alexandrie, de navires de la SixiĂšme flotte amĂ©ricaine. L'attaque des aĂ©rodromes de Doukeila prĂšs d'Alexandrie, et celui d'Almanza au Caire (occupĂ©s par des avions Ă  rĂ©action MiG-15 et Il-28) commence le 3 novembre avec les SeaVenom britanniques et des F-84 Thunderjet français basĂ©s Ă  Chypre, les Sea-Hawk embarquĂ©s sur des porte-avions anglais, puis, le lendemain, avec 49 sorties de Corsair français embarquĂ©s[44]. Nasser riposte en ordonnant de couler 40 navires prĂ©sents dans le canal, le fermant Ă  la circulation jusqu’au dĂ©but de 1957. Tard le 5 novembre, les 1ers sauts de 500 parachutistes du 2e rĂ©giment de parachutistes coloniaux par Noratlas en vue de la prise de ponts Ă  al-Raswa sont sĂ©curisĂ©s par 31 Corsair en mission close air support, dĂ©truisant plusieurs chars T-34. Les F-84 Thunderjet font exploser Ă©galement plusieurs dĂ©pĂŽts de pĂ©trole. Dans l’aprĂšs-midi, 522 autres parachutistes du 1er rĂ©giment Ă©tranger de parachutistes sont larguĂ©s prĂšs de Port-Fouad, toujours appuyĂ©s par les Corsair du La Fayette, qui, malgrĂ© des problĂšmes de catapulte, lance 40 avions. Victoire militaire, la campagne de Suez est l’un des premiers exemples de l’intĂ©rĂȘt de l’utilisation des porte-avions comme rĂ©ponse rapide Ă  un conflit local, ainsi que des opĂ©rations hĂ©liportĂ©es dans les opĂ©rations amphibies. Toutefois, l’opĂ©ration est stoppĂ©e net lorsque l'armĂ©e israĂ©lienne s'empare de la presqu'Ăźle du SinaĂŻ et atteint le canal : l'Union soviĂ©tique menace les belligĂ©rants de riposte et les États-Unis exigent le retrait des forces occidentales, une alliance de circonstance Ă©tonnante destinĂ©e Ă  montrer qui sont dĂ©sormais les nouveaux protecteurs du proche-Orient.

Les trente glorieuses (1959-1989)

Un format Ă  trois porte-avions

Le triptyque AlizĂ©, Étendard, Crusader

Le sert à l'entraßnement aux opérations embarquées
Un Alizé à l'appontage
Un F-8E(FN) Crusader aux cĂŽtĂ©s d'un Super-Étendard sur le pont d'envol du Clemenceau (7 novembre 1988)

L'AĂ©ronavale commence Ă  recevoir ses SNCASE Aquilon en 1955 mais continue d'utiliser des F4U-7 Corsair et des TBF Avenger. Le 21 juin 1955, elle commande 5 exemplaires de prĂ©sĂ©rie de l'avion de lutte anti-sous-marine Breguet Br.1050 AlizĂ©, lequel effectue son premier vol le 5 octobre 1956. Sur 100 appareils commandĂ©s Ă  l'origine, 75 sont livrĂ©s entre 1959 et 1961 et mis en service Ă  partir de septembre 1959 Ă  la flottille 6F puis Ă  la 4F en fĂ©vrier 1960 et la 9F en octobre 1960. Si plusieurs exemplaires sont fournis Ă  la flottille 59F chargĂ©e de l'entraĂźnement aux opĂ©rations embarquĂ©es, la Marine nationale fait dĂ©velopper une version spĂ©cifique de l'AĂ©rospatiale-Potez Fouga CM170 Magister, le , qui effectue son premier vol le 31 juillet 1956 et effectue ses essais sur les porte-avions britanniques et . La livraison des 30 premiers exemplaires dĂ©bute en 1959, Ă©quipant successivement les escadrilles 57S, 59S, 2S et la section Fouga Ă  Landivisiau. Comparativement, la gestation de l'Étendard IV est particuliĂšrement longue. AprĂšs l'abandon du MystĂšre IVM, la marine dĂ©cide d'engager le dĂ©veloppement d'une version navale du LWTSF (Light Weight Tactical Strike Fighter) de l'OTAN. Elle commande en novembre 1954 Ă  BrĂ©guet le Br. 1100M (dĂ©rivĂ© remotorisĂ© du ) et Ă  AMD l'Étendard IIM, tous deux birĂ©acteurs. Tous deux ont des performances dĂ©cevantes du fait de leur motorisation et n'arrivent pas Ă  dĂ©passer le mur du son, mĂȘme en piquĂ©. Aussi, la marine se tourne en octobre 1956 vers une version navalisĂ©e du MystĂšre XXIVM, l'Étendard IV. Cinq avions de prĂ©sĂ©rie sont commandĂ©s en mai 1957, avec l'obligation de pouvoir se ravitailler mutuellement en vol (buddy refueling). Le 21 mai 1958, l'Étendard IV effectue le premier d'une sĂ©rie de 50 vols suivi de simulations d'appontage au Royal Aircraft Establishment de Bedford (Royaume-Uni) en 1960 puis Ă  bord du ClĂ©menceau fin 1960-dĂ©but 1961. Le premier avion de sĂ©rie dĂ©colle le 26 juillet 1961. Les 90 exemplaires commandĂ©s sont livrĂ©s Ă  la marine entre le 9 dĂ©cembre 1961 et le 26 mai 1965. L'Étendard IV entre en service Ă  partir du printemps 1962 au sein des flottilles 15F[45], 11F, 17F et 16F de reconnaissance oĂč ils remplacent les Aquilon et Corsair Ă  bout de souffle. Quant au F-8 Crusader, il est l'un des chasseurs les plus rĂ©ussis de sa gĂ©nĂ©ration. Du 9 mars au 2 avril 1962, au cours de l'exercice OTAN Dawn Breeze VII, dans la zone de Gibraltar et Ă  titre expĂ©rimental, un exemplaire amĂ©ricain apponte en provenance de l'USS Saratoga sur le Clemenceau et en est catapultĂ©, en vue de l'acquisition de l'appareil par l'aĂ©ronautique navale[46]. Les États-Unis sont prĂȘts Ă  cé­der des F-8 Crusader neufs Ă  des conditions avantageuses. Mais le ministre de la DĂ©fense Pierre Messmer ne veut pas remettre en cause des rĂ©partitions budgé­taires trĂšs dĂ©licates, l’armĂ©e de l’Air est naturellement hostile, Charles Ailleret, le chef d'Ă©tat-major des armĂ©es, n’est pas convaincu de l’utilitĂ© des porte-avions, les Finances sont opposĂ©es Ă  un achat qui entraĂźnerait une sortie massive de devises, au sein mĂȘme de la marine beaucoup prĂ©fĂšrent assurer la continuation du programme de frĂ©gates lance-engins et Marcel Dassault, qui n’a pourtant aucune solution de rechange Ă  proposer, dĂ©ploie son influence contre un achat qui mettrait en pĂ©ril l’industrie aĂ©ronautique française. CoincĂ© entre les avia­teurs et les surfaciers, l’amiral Georges Cabanier, chef d'Ă©tat-major de la Marine, hĂ©site. L’affaire remonte jusqu’à l’ÉlysĂ©e, oĂč le gĂ©nĂ©ral de Gaulle consulte le marin dans lequel il a le plus confiance... son fils! ParallĂšlement Ă  ces nĂ©gociations, quelques pilotes de l’aĂ©ronautique navale effectuent en 1963 une formation sur l'appareil Ă  la Naval Air Station Cecil Field (Floride). En 1964, les crĂ©dits de la troisiĂšme frĂ©gate lance-engins sont annulĂ©s et affectĂ©s Ă  l’achat de Crusader, dont les 42 exemplaires d'une version spĂ©ciale dĂ©signĂ©e F-8E(FN) est livrĂ©e Ă  partir de la mĂȘme annĂ©e. Les 13 premiers sont transportĂ©s par l'Arromanches qui les dĂ©barque Ă  Saint-Nazaire le 4 novembre 1964 ; les 29 autres transitent depuis Norfolk avec le Foch en janvier-fĂ©vrier 1965. Les 2 porte-avions de la Marine nationale Ă©tant plus petits que ceux de l'US Navy, la version livrĂ©e subit une augmentation de l'incidence de l'aile (braquage des volets et ailerons, augmentation de la superficie de la gouverne de profondeur, etc) et une modification du dispositif hypersustentateur afin de pouvoir apponter Ă  une vitesse de 17 nƓuds. Ils vont alors Ă©quiper les flottilles 12F et 14F.

L'Alouette, le Super-Frelon et la force Alpha

Une Alouette III de la flottille 35F sur la plate-forme de la frégate La Motte-Picquet (juin 2000)

Dans la sĂ©rie des hĂ©licoptĂšres lĂ©gers, l’Alouette II est utilisĂ©e par l’aĂ©ronautique navale avec un nombre avoisinant les 32 unitĂ©s qui au fil du temps sont affectĂ©es aux escadrilles 20S dĂšs 1956, puis 23S en 1957 et 22S rĂ©armĂ©e en 1964. Son successeur l'Alouette III effectue son premier vol le 28 fĂ©vrier 1959 et arme les escadrilles 20S et 23S Ă  partir de 1962 puis 22S Ă  compter de 1964. Ces Alouette II et III assurent durant prĂšs d’un quart de siĂšcle les missions de sauvegarde et de sauvetage Ă  bord des porte-avions (« Pedro Â» des 22S et 23S), des missions de lutte anti-sous-marine (au sein de la 34F, crĂ©Ă©e en septembre 1974) ainsi que des liaisons. La guerre d’AlgĂ©rie avait mis Ă  l’épreuve les relations entre personnels des diffĂ©rentes armĂ©es au sujet de leurs responsabilitĂ©s et de l’utilisation des moyens aĂ©riens. Pour mettre fin Ă  cette querelle, le ministre de la DĂ©fense Pierre Messmer dĂ©cide en 1962 que « chaque armĂ©e, et non plus la section commune, finance les matĂ©riels pour lesquels elle a exprimĂ© des besoins organiques ; l’armĂ©e de Terre est responsable de tous les hĂ©licoptĂšres lĂ©gers, intermĂ©diaires et cargos lĂ©gers qu’elle utilise ; l’armĂ©e de l'Air et la marine sont responsables des hĂ©licoptĂšres qui leur sont propres ; l’armĂ©e de l'Air est responsable des cargos moyens nĂ©cessaires Ă  l’ensemble des forces Â»[47]. Autre appareil, le Super Frelon est un hĂ©licoptĂšre lourd tri-turbines, dĂ©veloppĂ© Ă  partir du SA 3200 construit Ă  2 exemplaires par Sud-Aviation. Il effectue son premier vol le 7 dĂ©cembre 1962, bat le record du monde de vitesse le 23 juillet 1963 (334,28 km/h sur 100 km) entre en Ă©valuation[48] Ă  Saint-RaphaĂ«l et Ă©quipe tout d’abord en version cargo, l’escadrille 27S destinĂ©e au Centre d’expĂ©rimentations du Pacifique (CEP). En 1964-1966, la Marine nationale mobilise plus de 100 bĂątiments pour la construction des installations du CEP en PolynĂ©sie française, comprenant un QG Ă  Papeete, la BA 185 avancĂ©e Ă  Hao (460 km au nord-ouest de Moruroa), le polygone de tir atomique de Moruroa et le polygone de tir atomique de Fangataufa. A l'Ă©tĂ© 1965[49], la marine crĂ©Ă©e le Groupe aĂ©ronaval du Pacifique (dit groupe Alpha puis force Alpha) de plus de 3 500 hommes, comprenant sept bĂątiments (les escorteurs d’escadre Forbin, La Bourdonnais et JaurĂ©guiberry, les pĂ©trolier La Seine et Aberwrach, le bĂątiment de soutien Rhin) dont le Foch. La force Alpha appareille le 23 mars 1966 de Toulon et aborde la PolynĂ©sie française le 22 mai 1966 afin de superviser les essais atmosphĂ©riques no 18 « AldĂ©baran Â», no 19 « TamourĂ© Â», no 20 « GanymĂšde Â» et no 21 « BĂ©telgeuse Â». Durant la traversĂ©e, la France quitte le commandement intĂ©grĂ© de l'OTAN. Le groupe aĂ©rien embarquĂ© du Foch comprend 24 avions (12 avions de guet aĂ©rien AlizĂ©, 8 avions d’assaut Étendard IV-M et 4 avions de reconnaissance Étendard IV-P) et 22 hĂ©licoptĂšres (10 S-58, 6 Alouette II et 6 Alouette III) et est chargĂ© de surveiller et sĂ©curiser la zone dite « dangereuse Â» (dispositif Phoebus). Le 19 juillet 1966, un Mirage IV largue sa bombe A AN-21 Ă  chute libre au large de Moruroa. AprĂšs deux autres tirs le 24 septembre 1966 et le 4 octobre 1966, la force Alpha quitte la PolynĂ©sie française le 2 novembre 1966. La seconde Force Alfa quitte Toulon le 12 mars 1968 pour arriver en PolynĂ©sie française le 16 mai. Elle comprend le porte-avions ClĂ©menceau et les avisos-escorteurs Commandant RiviĂšre, Protet, Amiral Charner, Doudart de LagrĂ©e et Enseigne de vaisseau Henry. Quant au groupe aĂ©rien, il est composĂ© d’AlizĂ© de la 9F, de 3 Étendard IV-P de la 16F, d’Étendard IV-M de la 17F et d’hĂ©licoptĂšres S-58 de la 31F, Alouette II et III de la 22S et 4 Super Frelon de la 27S. Avec la venue de la Force Alfa, l'ensemble du dispositif naval prĂ©sent autour des deux atolls a reprĂ©sentĂ© plus de 40 % du tonnage de la flotte française, soit 120 000 tonnes[50].

Les principales missions du Clémenceau et du Foch

Les principales missions effectuées par les porte-avions Clémenceau et Foch[51]
Missions Date et durée Contenu de la mission
Alpha 1966-1968
(ClĂ©menceau : 9 mois -
Foch : 9 mois)
Assurer la sécurité et le déroulement des expérimentations nucléaires dans le Pacifique
Saphir I octobre 1974-mars 1975
(ClĂ©menceau : 6 mois)
Engagement et protection de

l’accession Ă  l’indĂ©pendance de Djibouti

Saphir II juin-décembre 1977/1978
(ClĂ©menceau puis Foch : 8 mois)
Engagement et protection de l’accession Ă  l’indĂ©pendance de Djibouti
Olifant 1982-1984
(Foch puis Clémenceau)
Soutien des contingents français

déployés au Liban

Mirmillon septembre-novembre 1984
(Foch)
Dissuader la Libye d’attaquer pendant

le dĂ©montage de l’opĂ©ration aĂ©roterrestre Manta

Prométhée juillet 1987-septembre 1988
(ClĂ©menceau : 13 mois)
ProtĂ©ger le trafic maritime marchand dans l’OcĂ©an indien et le dĂ©troit d’Ormuz lors de la guerre Iran-Irak
Capselle août-septembre 1989 Protéger une éventuelle évacuation des

ressortissants au large du Liban

Salamandre août-octobre 1990
(Clémenceau gréé en porte-hélicoptÚres)
Protection des pays du Golfe aprĂšs l’invasion du KoweĂŻt et participation Ă  la libĂ©ration du pays
Balbuzard fĂ©vrier 1993- ?
(Clémenceau et Foch)
Assurer la sécurité des éléments

français de la FORPRONU et faciliter l’éventuel dĂ©sengagement des forces Ă  terre

Balbuzard fĂ©vrier 1994- ? Être en mesure d’exĂ©cuter les frappes aĂ©riennes ordonnĂ©es par l’ONU
Salamandre 1996- ?
(Clémenceau et Foch)
Prend le relais de Balbuzard Ă  la

création de la SFOR

Trident octobre-novembre 1998/janvier-mai 1999
(Foch)
Assurer la sĂ©curitĂ© des Ă©lĂ©ments français de la KFOR. Être en mesure d’exĂ©cuter les frappes aĂ©riennes ordonnĂ©es par l’OTAN
Myrrhe janvier-avril 2000
(Foch)
PrĂ©sence en MĂ©diterranĂ©e, ocĂ©an Indien, ocĂ©an Atlantique, coopĂ©ration, soutien de l’action commerciale.

Organisation en 2008

Cette force compte 162 aĂ©ronefs hors soutien et formation et 6 800 personnes, ainsi que 6 bases d'aĂ©ronautique navale (BAN): BAN Landivisiau, BAN Lann-BihouĂ©, BAN HyĂšres Le Palyvestre, BAN NĂźmes-Garons, BAN LanvĂ©oc-Poulmic et BAN Tontouta.

Le personnel est composĂ© de :

  • 769 officiers dont 452 pilotes ;
  • 4 538 officiers mariniers ;
  • 434 quartiers-maĂźtres et matelots ;
  • 1 054 civils.

Le Groupe aérien embarqué (Gaé)

Le Groupe aérien embarqué (Gaé) sur le porte-avions Charles-de-Gaulle est formé à partir des unités affectées sur les bases d'aéronautique navale de Landivisiau et de Lann-Bihoué. Lorsque le porte-avions Charles-de-Gaulle est indisponible, l'on parle de Groupe aérien basé à terre de l'aéronautique navale (Gaétan), comme à l'été 2008[52].

Les pilotes de chasse sont formés à la Naval Air Station Meridian située dans le Mississippi. l'élÚve devra réaliser dix appontages sur un porte-avions et satisfaire aux exigences du combat aérien avant de recevoir son macaron de pilote de chasse embarquée de l'US Navy, trophée remis solennellement dans la chapelle de la base et suivi par la remise du macaron de pilote de la Marine au son de la Marseillaise [53].

E-2C de la 4F sur le USS Dwight D. Eisenhower

Il se compose de:

  • 2 flottilles de combat (11F, 17F) ;
  • 1 flottille d'interception (12F) ;
  • 1 flottille de guet aĂ©rien (4F) ;
  • 1 centre d'entraĂźnement et d'instruction de prĂ©paration de missions (CEIPM).

Ces flottilles participent aux missions de dissuasion, de projection de puissance et de maĂźtrise de l'espace aĂ©ro-maritime. À chaque mission correspond un type d'avion :

Le Gaé est éventuellement renforcé par des détachements d'hélicoptÚres des autres armées (Armée de terre et Armée de l'air) ou d'autres nations.

L'aviation de patrouille et de surveillance maritime

L'aviation de patrouille et de surveillance maritime est formée à partir des unités affectées sur les bases d'aéronautique navale de Lann-Bihoué, de Nßmes-Garons, de Lanvéoc-Poulmic, de HyÚres Le Palyvestre, de Tontouta et les bases aériennes de l'Armée de l'air Tahiti-Faa'a et Lamentin.

Elle se compose de:

  • 2 flottilles de patrouille maritime (21F, 23F)
  • 3 flottilles de surveillance maritime (28F, 24F, 25F)
  • 2 flottilles de recherche et sauvetage (32F, 35F)

Ces flottilles ont pour missions principales le renseignement en mer et l'Ă©tablissement de la situation tactique au profit d'une force navale, la lutte anti-sous-marine et anti-navire et la sauvegarde des approches maritimes. À chaque mission correspond un type d'avion :

Les hélicoptÚres embarqués

Les hélicoptÚres embarqués sont issus des unités affectées sur les bases d'aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic et de HyÚres Le Palyvestre.

Ils se composent de:

  • 2 flottilles de lutte anti-sous-marine (31F, 36F)
  • 2 flottilles de recherche et sauvetage (34F, 35F)

Ces flottilles ont pour missions principales la lutte anti-sous-marine, les missions de sĂ»retĂ© des pilotes du groupe aĂ©rien et le soutien. À chaque mission correspond un type d'avion :

Parc aérien actuel et disponibilité

Concernant le maintien en condition opĂ©rationnelle des matĂ©riels aĂ©ronautiques, « dans le cas de la marine, les objectifs sont atteints sauf pour le groupe aĂ©rien embarquĂ©, avec une forte contrainte sur la sauvegarde maritime Â», assure un rapport du SĂ©nat de mai 2008[54]

Évolution du parc 1997-2008
AĂ©ronefs 1997 2008[55] Bases actuelles
Groupe aérien embarqué
Super Étendard 52 43 (23 en ligne) BAN Landivisiau
Étendard IV 7 0
F-8(FN) Crusader 15 0
Dassault Rafale 0 20 (10 Ă  12 en ligne) BAN Landivisiau
Breguet Br.1050 Alizé 17 0
E-2C Hawkeye 0 3 (2 en ligne) BAN Lann-Bihoué
WG-13 Lynx 33 27 (19 en ligne[56]) BAN Lanvéoc-Poulmic/BAN HyÚres Le Palyvestre
Sous-Total 135 103 (54-56 en ligne)
Aviation de patrouille et de surveillance maritime
Atlantique ATL2 28 27 (14 en ligne) BAN Nßmes-Garons/BAN Lann-Bihoué
Sous-Total 28 27 (14 en ligne)
Surveillance/Sauvetage en mer
Falcon 200 5 5 (4 en ligne) Base aérienne 190 Tahiti-Faa'a/BAN Tontouta
Falcon 50 0 4 BAN Lann-Bihoué
Dauphin SP SA-365N 5 6 (5 en ligne) BAN HyÚres Le Palyvestre et détachements
Super Frelon 16 8 (6 en ligne[57]) BAN Lanvéoc-Poulmic
Dauphin Pedro SA-365F 3 3 BAN HyĂšres Le Palyvestre
Sous-total 29 26 (22 en ligne)
Aviation de soutien
Alouette III 30 27 (18 en ligne) BAN HyÚres Le Palyvestre/BAN Lanvéoc-Poulmic
Falcon DA-10 6 6 (4 en ligne) BAN Landivisiau
Embraer EMB-121 Xingu 18 11 (9 en ligne) BAN Nßmes-Garons/BAN Lann-Bihoué
MS-880 Rallye 9 9 BAN Lanvéoc-Poulmic
Cap 10 8 7 (6 en ligne) BAN Lanvéoc-Poulmic
Sous-Total 86 71 (54 en ligne)
TOTAL 278 230 (146-148 en ligne)
Source : Air et Cosmos no 2112, 15 fĂ©vrier 2008

Autour de l'arme

Musée de l'aéronavale

Un musée de l'aéronavale devrait voir le jour à Rochefort (Charente-Maritime), au profit duquel la Marine nationale s'est engagée à céder deux bùtiments.

Galerie photographique

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Références

  1. ↑ (fr) Concept d'opĂ©rations aĂ©riennes en environnement maritime sur defense.gouv.fr, 5 fĂ©vrier 2008, MinistĂšre de la DĂ©fense français. ConsultĂ© le 10 avril 2009
  2. ↑ Louis Byasson est Ă©galement le premier mort de l'aviation, s'Ă©tant Ă©crasĂ© le 14 avril 1911 Ă  bord d'un Farman entre CoigniĂšres et Rambouillet
  3. ↑ AmĂ©nagĂ© en 1911 Ă  la demande du vice-amiral Laurent Marin-Darbel, chef d'Ă©tat-major de la Marine, La Foudre est un navire de 6 089 tonnes, long de 118,70 mĂštres, large de 17,20 mĂštres et d'une vitesse de 19,6 nƓuds, lancĂ© en Ă  Bordeaux le 21 octobre 1895
  4. ↑ (fr)Maud Jarry, « L'aĂ©ronautique navale naquit avec la Foudre Â», dans Le Fana de l'aviation, no 377, avril 2001 
  5. ↑ (fr) Claude Carlier, Guy Pedroncini (dir.), « 1916. L'Ă©mergence des armes nouvelles dans la Grande Guerre Â» sur stratisc.org, Institut de StratĂ©gie ComparĂ©e, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains. ConsultĂ© le 16 aoĂ»t 2008
  6. ↑ De 92 mùtres de longueur, 10,5 de largeur et 2,9 de tirant d'eau, embarquant 4 hydravions
  7. ↑ Pour 108,8 mùtres de longueur, 12,8 de largeur et 7 de tirant d'eau, embarquant de 6 à 8 hydravions
  8. ↑ De 103 mùtres de longueur, 10,6 de largeur et 3,4 de tirant d'eau, embarquant 3 hydravions
  9. ↑ À la fin de la PremiĂšre Guerre mondiale, 22 croiseurs britanniques sont dotĂ©s d’une plate-forme fixe. En 1919, 36 cuirassĂ©s sont dotĂ©s d’une plate-forme orientable de tourelle
  10. ↑ Jean du Plessis de GrĂ©nedan, « L’aĂ©ronautique maritime Â», dans Revue maritime (1920), p. 373-396
  11. ↑ Henri de l’Escaille, « De l’aviation d’escadre Â», dans Revue maritime (1923), p. 290
  12. ↑ Henri Stroh, « AĂ©roplanes et torpilles automobiles Â», dans Revue maritime (1920), p. 93-94
  13. ↑ Tous les avisos coloniaux sont de la classe Bougainville
  14. ↑ Les Gourdou-Leseurre GL-810/811/812 constituent l'essentiel de l'Ă©quipement des navires jusqu'Ă  l'arrivĂ©e des Loire 130 en 1938
  15. ↑ (en) V-156F sur voughtaircraft.com, Vought. ConsultĂ© le 16 aoĂ»t 2008
  16. ↑ Note manuscrite de l’amiral Fritz Michelier, Service historique de la Marine, sĂ©rie 1 BB2, carton 220
  17. ↑ a  et b  (fr) HervĂ© Coutau-BĂ©garie, « Le problĂšme du porte-avions - Le cas français Â» sur stratisc.org, Institut de StratĂ©gie ComparĂ©e, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains. ConsultĂ© le 16 aoĂ»t 2008
  18. ↑ Philippe Masson, La Marine française et la guerre, 1939-1945 (ISBN 2-7028-4304-2), le Grand livre du mois, Mesnil-sur-l'EstrĂ©e (2000), p. 164
  19. ↑ « Le Sabordage de la Flotte Â» [lire en ligne]
  20. ↑ Le 22 novembre 1942 le gĂ©nĂ©ral Mark Wayne Clark et l’amiral François Darlan signent un texte qui prĂ©voit l’entrĂ©e en guerre de la France aux cĂŽtĂ©s des AlliĂ©s et garantit le retour Ă  la souverainetĂ© française sur l’Empire dans son entier : « les forces françaises aideront et appuieront les forces des Etats-Unis et de leurs alliĂ©s pour chasser l’ennemi commun du sol de l’Afrique, libĂ©rer la France et restaurer intĂ©gralement l’Empire français Â»
  21. ↑ Alexandre Sheldon-Duplaix, « La Mission Navale française Ă  Washington et la renaissance de la Marine, 3 janvier 1943–1er janvier 1946 Â», dans Relations Internationales, no 108, hiver 2001, p. 503-523 [lire en ligne sur le site du ministĂšre de la DĂ©fense, servicehistorique.sga.defense.gouv.fr (page consultĂ©e le 2 mai 2009)]
  22. ↑ (fr)Alexandre Sheldon-Duplaix, « La Mission Navale française Ă  Washington et la renaissance de la Marine, 3 janvier 1943 - 1er janvier 1946 Â», dans Relations Internationales, no 108, hiver 2001, p. 503-523 (ISSN 0335-2013) [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 17 aoĂ»t 2008)] 
  23. ↑ Henri Nomy, "La Marine française", confĂ©rence devant l'IHEDN (avril 1952)
  24. ↑ a  et b  Etude d’un plan d’armement pour les premiĂšres annĂ©es d’aprĂšs-guerre du 11 janvier 1946
  25. ↑ Soit, respectivement 450 et 560 millions d'euros au cours 2006
  26. ↑ « Note sur l’activitĂ© du Conseil SupĂ©rieur de la Marine au cours des annĂ©es 1945-1946 Â», Service historique de la Marine (22 janvier 1947)
  27. ↑ Philippe Masson, « La Marine française en 1946 Â», dans Revue d’histoire de la deuxiĂšme guerre mondiale (ISSN 0035-2314) no 110 (avril 1978), p.86
  28. ↑ HervĂ© Coutau-BĂ©garie, Le problĂšme du porte-avions, Économica, Lasay-les-Rideaux, 1990 (ISBN 2-7178-1949-5) [lire en ligne]
  29. ↑ (fr) La pensĂ©e navale française sous la IVe rĂ©publique sur stratisc.org, Institut de StratĂ©gie ComparĂ©e, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains. ConsultĂ© le 22 aoĂ»t 2008
  30. ↑ Etude sur la reconstitution organique et technique des forces aĂ©ro-navales françaises (mai 1945)
  31. ↑ Philippe Masson, « La Marine française en 1946 Â», dans Revue d'histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale (ISSN 0035-2314), no 110 (avril 1978)
  32. ↑ Soit 340 millions d'euros, valeur 2006
  33. ↑ Soit 500 millions d'euros, valeur 2006
  34. ↑ Soit 560 millions d'euros, valeur 2006
  35. ↑ RĂ©solution du Conseil supĂ©rieur de la Marine du 28 novembre 1947
  36. ↑ Les autorisations de programme sont approuvĂ©es par la loi no 47-1499 du 14 aoĂ»t 1947 ; la construction, confiĂ©e Ă  l’arsenal de Brest, par dĂ©cision ministĂ©rielle no 13-116 STCAN du 1er septembre 1947
  37. ↑ François GĂ©rĂ©, L'Ă©volution de la pensĂ©e navale, tome IV, La pensĂ©e navale française sous la 4e RĂ©publique, Économica, Lasay-les-Rideaux, 1994 (ISBN 2-7178-2675) [lire en ligne]
  38. ↑ (fr) HervĂ© Coutau-BĂ©garie, « Le problĂšme du porte-avions - Le cas français Â» sur stratisc.org, Institut de StratĂ©gie ComparĂ©e, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains. ConsultĂ© le 18 aoĂ»t 2008
  39. ↑ Philippe QuĂ©rel, Marins et ocĂ©ans, t. 3 : L’échec du PA-28, premier porte-avions français aprĂšs-Guerre, Economica, coll. « Ă‰tudes d'histoire maritime Â», Paris, 1992, (ISSN [http://worldcat.org/issn/1161-8485&lang=fr 1161-8485 ]) [lire en ligne]
  40. ↑ Armand Verdier, Des ailes, des raquettes et du ciel, Ardhan, Paris, 2004 (ISBN 2-913344-08-9)
  41. ↑ Selon le site Poste des Choufs [lire en ligne]
  42. ↑ En 1946, la patrouille maritime reçoit pour dĂ©nomination celle d'« aviation spĂ©cialisĂ©e de haute mer Â» et comporte en thĂ©orie cinq flottilles d’exploration et de lutte anti-sous-marine : 2F, 6F, 7F, 8F et 9F
  43. ↑ (fr) Alexandre Kinnen, « ALAT et stabilisation - Le cas de l'AlgĂ©rie Â» sur cdef.terre.defense.gouv.fr, Centre de doctrine de l'emploi des forces - Division Recherche et retour d'expĂ©rience. ConsultĂ© le 29 aoĂ»t 2008
  44. ↑ Pierre Barjot, « Les opĂ©rations de Suez en 1956 et la marine Â», dans Revue maritime (janvier 1959), (ISSN 0335-3796), p. 34-60 [lire en ligne]
  45. ↑ Quatre Étendard IV de la flottille 15F embarquent du 17 au 20 octobre 1962 Ă  bord du ClĂ©menceau pour une campagne d'Ă©valuation
  46. ↑ Le McDonnell Douglas F-4 Phantom II est Ă©galement envisagĂ©
  47. ↑ DĂ©cision ministĂ©rielle no 629/EM/A/ORG de mars 1962. Service historique de l'ArmĂ©e de terre, 6 R 32
  48. ↑ Deux accidents graves Ă©maillent cette pĂ©riode d’évaluation : le 30 juin 1965, le prototype no 03 tombe Ă  la mer dans le golfe de Saint-Tropez et le pilote est tuĂ© ; le 22 aoĂ»t 1966, le no 103 (Super Frelon de sĂ©rie) s’écrase Ă  Pourcieux (Var) et les 8 membres d’équipage sont tuĂ©s
  49. ↑ ArrĂȘtĂ© ministĂ©riel no 51 du 20 aoĂ»t 1965
  50. ↑ (fr)(en) Bernard Dumortier, Atolls de l'atome : Mururoa & Fangataufa, Marine Éditions, Rennes (ISBN 2-915379-11-4) 
  51. ↑ Rapport d'information du SĂ©nat français no 358 du 25 mai 2000 [lire en ligne]
  52. ↑ (fr) AĂ©ronautique navale : Bilan de plusieurs mois de mission Ă  l'Ă©tranger sur meretmarine.com, 17 octobre 2008, Mer et Marine. ConsultĂ© le 17 octobre 2008
  53. ↑ (fr) MinistĂšre de la DĂ©fense, « Pilote de chasse embarquĂ© Â» sur http://www.devenirmarin.fr, Devenir marin. ConsultĂ© le 20 aoĂ»t 2009 [pdf]
  54. ↑ Rapport du SĂ©nat sur La structure intĂ©grĂ©e de maintien en condition opĂ©rationnelle des matĂ©riels aĂ©ronautiques du ministĂšre de la dĂ©fense (SIMMAD), et le maintien en condition opĂ©rationnelle des matĂ©riels aĂ©ronautiques du ministĂšre de la dĂ©fense no 352 du 21 mai 2008 [lire en ligne]
  55. ↑ Au 1er avril 2008 selon Mer et Marine [lire en ligne]
  56. ↑ Ce qui ne permet pas d'assurer une dotation de deux machines par frĂ©gate ASM; RemplacĂ©s par 14 NH90
  57. ↑ RemplacĂ©s Ă  partir de 2009 par 13 NH90

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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Bibliographie

  • Alexandre Sheldon-Duplaix, Histoire mondiale des porte-avions : des origines Ă  nos jours, ETAI, Boulogne-Billancourt, 2006 (ISBN 2-7268-8663-9)
    Ouvrage de référence.
  • Alain Pelletier, Les Aigles des mers : histoire mondiale des avions embarquĂ©s depuis 1910, ETAI, Boulogne-Billancourt, 2006 (ISBN 2-7268-9471-2)
    Ouvrage de référence.
  • Jean Moulin, L'AĂ©ronavale française : les avions embarquĂ©s, Marines Éditions, 2006 (ISBN 2-915379-43-2)
    Ouvrage de référence.
  • Lucien Morareau, Les AĂ©ronefs de l'aviation maritime (1910-1942), ARDHAN, 2002 (ISBN 2-913344-04-6)
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