Azéri (Peuple)

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Azéri (Peuple)

Azéris

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le peuple az√©ri. Pour la langue az√©rie, voir Az√©ri.
Azéris
Az…ôrbaycanlńĪlar ōĘōįōĪō®ōßŘĆō¨ōßŔÜŔĄŘĆŔĄōßōĪ
Az…ôrbaycan T√ľrkl…ôri /ōĘōįōĪō®ōßŘĆō¨ōßŔÜ ō™ŔąōĪŕ© ŔĄōĪŘĆ
Danseuses folkloriques azéries
Danseuses folkloriques azéries
Populations significatives par régions
Iran Iran 17 807 040[1][2][3]
Azerba√Įdjan Azerba√Įdjan 7 643 378
Turquie Turquie 800 000[4]
Russie Russie 622 000 (2002)[5]
Flag of Georgia.svg G√©orgie 340 000
√Čtats-Unis √Čtats-Unis 280 000
Kazakhstan Kazakhstan 80 000[6]
Allemagne Allemagne 55 000
Ukraine Ukraine 46 000 (2001)[7]
Canada Canada 1 445 (2001)[8]
Autre 30 000
Population totale
25 à 30 millions
Région d'origine
Caucase ou Iran ou Asie centrale
Langue(s)
Azéri
Religion(s)
Majoritairement islam chiite, quelques sunnites, autres
Groupe(s) ethnique(s) relié(s)
Autres peuples turcs , iraniens , persans et du Caucase[9]

Les Az√©ris, (az√©ri : ōĘōįōĪŘĆŔĄōĪ/Az”ôril”ôr,Az…ôrbaycan T√ľrkl…ôri/ōĘōįōĪō®ōßŘĆō¨ōßŔÜ ō™ŔąōĪŕ© ŔĄōĪŘĆ), aussi appel√©s ńÄzarńęs (en persan : ō™ōĪŕ© ōĘōįōĪō®ōßŘĆō¨ōßŔÜŘĆ) ou Azerba√Įdjanis[10] forment un groupe ethnique qui vit principalement dans le nord-ouest de l'Iran et dans la R√©publique d'Azerba√Įdjan. On les trouve aussi dans une large zone du Caucase au plateau iranien. Les Az√©ris sont en majorit√© musulmans[11] et ont un patrimoine culturel compos√© d'√©l√©ments turcs, iraniens et caucasiens.

Sommaire

Clarification des termes employés

Historiquement, les peuples turcs de l'Azerba√Įdjan iranien et du Caucase s'appelaient eux-m√™mes, ou √©taient appel√©s, ¬ę Turcs ¬Ľ[12]. Quand la Transcaucasie devint une partie de l'empire russe, les autorit√©s russes, qui appelaient traditionnellement Tatars tous les peuples turcs, ont commenc√© √† appeler ce peuple les Tatars caucasiens pour les distinguer des autres peuples turcs[13]. C'est √† partir du d√©but du XXe si√®cle que l'ethnonyme ¬ę Azerba√Įdjani ¬Ľ a commenc√© √† apparaitre, plus particuli√®rement depuis l'√©poque de la R√©publique d√©mocratique d'Azerba√Įdjan (1918-1920). L'ethnonyme moderne, Azerbai√Įdjani est largement r√©pandu depuis les ann√©es 1930. La plupart des Azerba√Įdjanis d'Iran se d√©signaient eux-m√™mes comme Turcs jusque dans les ann√©es 1990. Certains Azerba√Įdjanis se r√©f√®rent √† eux-m√™mes en temps que ¬ę Turcs Azerba√Įdjanis ¬Ľ, marquant ainsi le caract√®re turc et la sp√©cificit√© de leur identit√© azerba√Įdjanie au sein du groupe plus large des peuples turcs[12].

Le d√©veloppement d'une identit√© collective turque az√©rie n'a eu lieu qu'√† partir de la fin du XIXe si√®cle, √† une p√©riode o√Ļ l'identit√© nationale azerba√Įdjanie √©mergeait en tant que force politique[14].

Le nom ¬ę Az√©ri ¬Ľ d√©signe √©galement une langue iranienne qui √©tait en usage dans la r√©gion appel√©e Azerba√Įdjan avant l'arriv√©e des peuples turcs, durant les premiers si√®cles de l'expansion islamique. Les sources de l'√©poque se servent du nom Az√©ri pour d√©signer √† la fois la population de l'Azerba√Įdjan et la langue qu'ils parlent. L'utilisation de cette langue a d√©clin√© jusqu'√† dispara√ģtre apr√®s la turquification de la r√©gion. Des auteurs turcs ont alors repris le terme Az√©ri pour d√©signer la langue turque parl√©e en Azerba√Įdjan, et ce terme a √©t√© repris par certains orientalistes occidentaux[15].

L'Azerba√Įdjan d√©signe la r√©gion au nord-ouest de l'Iran, partag√©e entre les √Čtats modernes de la R√©publique d'Azerba√Įdjan et de l'Iran. Les termes ¬ę Azerba√Įdjan du nord ¬Ľ et ¬ę Azerba√Įdjan du sud ¬Ľ, utilis√©s sans connotation politique, servent √† d√©signer les r√©gions g√©ographiques de l'Azerba√Įdjan situ√©es au nord ou au sud de la rivi√®re Araz. Depuis l'√©poque safavide jusqu'aux guerres russo-persanes, la r√©gion est sous contr√īle iranien plus ou moins strict. Depuis la partition de l'Azerba√Įdjan en 1828 √† la suite du trait√© de Turkmanchai, la partie nord a √©t√© incorpor√©e √† l'empire russe puis √† l'URSS. La partie sud fait partie de l'Iran depuis cette √©poque[12].

La formation de la r√©gion appel√©e Azerba√Įdjan

Le groupe ethnique moderne des Azerba√Įdjanais trouve son origine dans la r√©gion appel√©e Azerba√Įdjan, qui s'√©tend depuis l'extr√™me est du Caucase au nord jusqu'aux contreforts septentrionaux des Monts Zagros au sud, entre l'Anatolie et la mer Caspienne.

Il est commun√©ment admis que l'Azerba√Įdjan tire son nom d'Atropat√®s, un satrape de la province de l'empire ach√©m√©nide nomm√©e M√®die Atropates. C'est √† partir du nom de ce gouverneur que d√©rivent les diff√©rents noms de la r√©gion, sous des formes grecques (Atropat√®ne, Media Atropatos ou Tropatene), arm√©nienne (Atrpatakan), moyen-persan (ńÄturpńĀtakńĀn) ou ńÄzarbńĀyjńĀn sous sa forme persane moderne[16]. L'Atropat√®ne, depuis son cŇďur √† l'est du lac d'Orumieh, s'est ensuite √©tendue vers le nord au cours de la p√©riode parthe puis sassanide, jusqu'au bassin de l'Araz. Suivant le d√©clin des S√©leucides en Perse apr√®s -247, le royaume arm√©nien exerce le contr√īle sur des parties de l'Atropat√®ne entre - 190 et 428[17]. Les Albaniens du Caucase ont fond√© un royaume au Ier si√®cle av. J.-C. et sont rest√©s largement ind√©pendants jusqu'√† ce que les Sassanides en fassent un vassal en 252. L'Albanie du Caucase est aussi connue sous le nom d'Aghbanie, Aghvanie. L'Aghbanie a √©t√© un royaume chr√©tien entre le IVe et le VIIIe si√®cles[18],[19].

Les Arabes musulmans ont battu les Sassanides et les Byzantins au cours de leur marche dans la r√©gion du Caucase. Les Arabes font de l'Aghbanie un √Čtat vassal apr√®s que la r√©sistance chr√©tienne, men√©e par le prince Javanshir, s'est rendue en 667. Entre le IXe et le Xe si√®cles, les auteurs arabes commencent √† se r√©f√©rer √† la r√©gion entre les rivi√®res Koura et Aras en tant que Arran.

Langue

La langue az√©rie, aussi appel√©e az√©ri, azari, turc az√©ri, ou turc azerba√Įdjani, unifie les Az√©ris, qui l'appellent Az…ôrbaycan dili ou az…ôrbaycanca, parfois T√ľrki dans l'Azerba√Įdjan iranien. Elle est mutuellement intelligible avec le turkm√®ne et le turc (dont les dialectes parl√©s par les turcomans d'Irak et les Kashka√Įs). Toutes ces langues ont une origine commune dans la langue parl√©e par les Oghouzes, qui sont arriv√©s dans le Caucase depuis l'Asie centrale au XIe si√®cle. Elle a commenc√© √† se d√©velopper en tant que langue litt√©raire vers le XIIIe[20].

Article d√©taill√© : Az√©ri.

L‚Äôazerba√Įdjanais, la langue officielle de la R√©publique d‚ÄôAzerba√Įdjan, est parl√©e aujourd‚Äôhui par plus de 90,6 % de sa population. Il est √©galement parl√© par plus de 30 millions de personnes en Iran (dans les r√©gions de l‚ÄôAzerba√Įdjan iranien et dans toutes les grandes villes d'Iran), en G√©orgie √† cause d‚Äôune pr√©sence historique, en Turquie et en Russie avec l‚Äôimmigration. Parfois on parle de l‚Äôaz√©ri ou encore de l‚Äôaz√©ri-turc. L‚Äôazerba√Įdjanais est une d√©finition g√©opolitique et l‚Äôaz√©ri-turc est ethnolinguistique.

L‚Äôazerba√Įdjanais appartient √† la famille des langues alta√Įques, au groupe turc et au sous groupe oghouz comme le turc et turkm√®ne, le tatar de Crim√©e, le gagaouze. L‚Äôazerba√Įdjanais observe la r√®gle de l‚Äôharmonie vocalique. Il ne conna√ģt ni genres ni articles. Il poss√®de 6 cas : nominatif, g√©nitif, directif, accusatif, locatif, ablatif. C‚Äôest une langue agglutinante - les relations entre des mots se cr√©ent √† l‚Äôaide des suffixes ajout√©s √† la fin des mots.

La langue a graduellement supplant√© les langues iraniennes utilis√©es dans la r√©gion jusqu'alors (tat et pehlevi au sud, des langues caucasiennes telles l'oudi au nord) et devient la langue dominante dans la r√©gion avant le XVIe. Cependant, les minorit√©s √† la fois en Iran et en R√©publique d'Azerba√Įdjan continuent √† parler d'anciennes langues, et les mots d'emprunts au persan et au pehlevi sont nombreux en az√©ri.

La conqu√™te russe de l'Azerba√Įdjan au XIXe si√®cle a coup√© entre deux √©tats la communaut√© linguistique. L'Union Sovi√©tique a promu le d√©veloppement de la langue puis a fait reculer son utilisation avec deux changements d'alphabet cons√©cutifs : de l'alphabet arabe √† l'alphabet latin √† l'alphabet cyrillique. En Iran, les Az√©ris ont continu√© √† utiliser l'alphabet arabe comme ils l'avaient toujours fait. Apr√®s l'ind√©pendance de la R√©publique d'Azerba√Įdjan, l'alphabet a encore chang√© et les az√©ris au nord ont adopt√© un script latin suivant le mod√®le des Turcs.

Répartition géographique et nationalisme

√Ä la suite des guerres russo-persanes du XVIIIe si√®cle et XIXe si√®cle, les territoires persans du Caucase (certains n'√©tant quasiment pas contr√īl√©s) ont √©t√© c√©d√©s √† l'empire russe. Ces territoires incluaient des parties de l'actuelle r√©publique d'Azerba√Įdjan. Les trait√©s de Golestan en 1813 et de Turkmanchai en 1828 fix√®rent la fronti√®re entre la Russie et l'Iran.

Suite √† ces divisions g√©ographiques et historiques, les Az√©ris forment un groupe ethnique qui a connu une √©volution diff√©rente de chaque c√īt√© de la fronti√®re. Ils peuvent donc √™tre distingu√©s en deux sous-groupes : les Az√©ris du nord et les Az√©ris du sud, dont les caract√©ristiques diff√®rent l√©g√®rement. Ils sont g√©n√©ralement ath√©es en Azerba√Įdjan et de religion musulmane dans l'Azerba√Įdjan iranien. Depuis l'ind√©pendance de l'Azerba√Įdjan de l'URSS en 1991, on a tout de m√™me constat√© une augmentation de l'int√©r√™t pour la religion et une augmentation des liens transfrontaliers entre Az√©ris.

Le nationalisme az√©ri a √©t√© tr√®s actif √† la fin de la Seconde Guerre mondiale. En d√©cembre 1945, le parti d√©mocratique Azerba√Įdjani, li√© au Tudeh et men√© par Jafar Pishevari annonce la cr√©ation d'une r√©publique autonome portant le nom de gouvernement populaire d'Azerba√Įdjan et soutenue par l'URSS. Ce type de nationalisme peut √™tre appel√© nationalisme az√©ri iranien, mais un deuxi√®me type de nationalisme existe aussi, le nationalisme az√©ri, qui revendique la r√©union des peuples az√©ris dits "du nord" (r√©publique d'Azerba√Įdjan) et "du sud" (Azerba√Įdjan iranien). Ce type de nationalisme peut de plus √™tre teint√© de panturquisme. Ces diff√©rentes sortes de nationalisme pourraient expliquer les directions diff√©rentes prises par les recherches sur l'origine des az√©ris, comme cela est d√©taill√© plus bas.

Les quinze derni√®res ann√©es ont connu une forte augmentation des sentiments nationalistes, comme le prouve l'augmentation des publications nationalistes des Az√©ris en Iran et leur int√©r√™t grandissant pour la Turquie et la R√©publique d'Azerba√Įdjan. Nombreux sont les Az√©ris iraniens qui regardent la t√©l√©vision turque ou azerba√Įdjanaise par satellite, ce qui leur a permis d'accro√ģtre leur connaissance de la Turquie et du dialecte turc anatolien.

Cette renaissance du nationalisme a amen√© √† la cr√©ation d'une nouvelle organisation, le G√ľney Az…ôrbaycan Milli OyaniŇü H…ôr…ôkati (Gamoh) [1] ("Mouvement du r√©veil national de l'Azerba√Įdjan du sud"), dirig√© par Mahmudali Chohraganli. Gamoh milite pour l'auto-d√©termination, un √©tat iranien f√©d√©ral, un gouvernement la√Įc, ce qui le place sous la menace du gouvernement iranien. Mahmudali Chohraganli, dont le p√®re avait √©t√© tortur√© par la SAVAK pour nationalisme turc, a lui-m√™me pass√© 2 ann√©es en prison jusqu'√† sa lib√©ration pour probl√®mes de sant√© en 1999.

Origines

Dans la plupart des r√©f√©rences, les Az√©ris sont d√©sign√©s comme un peuple turc, √† cause de leur langue turque et leur origine partiellement oghouze [21] Cependant, il existe un d√©bat concernant l'origine ethnique des Az√©ris. Le d√©bat est li√© au nationalisme moderne et aux revendications historiques sur le territoire az√©ri. Ce d√©bat met en pr√©sence 3 points de vue: les Az√©ris seraient d'origine turque en provenance de l'Asie centrale, ou seraient un peuple iranien ayant chang√© de langue √† la suite des invasions turques, ou encore seraient indig√®nes au Caucase et auraient adopt√© la langue az√©rie, la culture perse et l'Islam. En cons√©quence, la d√©termination de l'origine turque, iranienne ou caucasienne des Az√©ris est fortement li√©e aux points de vue historiques des voisins de l'Azerba√Įdjan.

Az√©ris dans le centre ville de Bakou, Azerba√Įdjan.

d'après l'Encyclopædia of Islam:

¬ę Suite √† la domination turque oghouze dans le Caucase √† partir du XIIe si√®cle la population iranienne d'ńÄdharbńĀyjńĀn et des parties adjacentes de Transcaucasie est devenue turcophone alors que les caract√©ristiques des Turcs ńÄdharbńĀyjńĀnńę, comme les intonations persanes et le non-respect de l'harmonie vocalique, refl√®tent l'origine non turque de la population turquis√©e. ¬Ľ[22]

L'Encyclop√¶dia Britannica dit que les Az√©ris ¬ę sont d'origine ethnique mixte, le plus vieil √©l√©ment d√©rivant des populations indig√®nes de l'est de la Transcaucasie, et possiblement des M√®des du nord de la Perse. Cette population a √©t√© persianis√©e au cours de l'√©poque sassanide en Iran (IIIe si√®cle-VIIe si√®cle, mais, apr√®s la conqu√™te de la r√©gion par les Turcs seldjoukides au XIe si√®cle, les habitants ont √©t√© turquis√©s, et la turquisation de la population s'est poursuivie au cours des si√®cles suivants.¬Ľ[23]

Ce point de vue accr√©dite les r√©sultats des √©tudes g√©n√©tiques initiales conduites dans la r√©publique d'Azerba√Įdjan, qui relient les Az√©ris modernes d'abord √† leurs voisins du Caucase et, dans une moindre mesure, au nord-ouest de l'Iran[24]. Des √©tudes ult√©rieures avec les Az√©ris d'Iran pourraient aider √† d√©terminer √† quel point les Az√©ris modernes sont li√©s aux peuples caucasiens (notamment les arm√©niens et les albaniens) et les iraniens (principalement les M√®des).

Théorie de l'origine turque

Sattar Khan (1868-1914) fut une figure révolutionnaire importante à la fin de la période Qajare en Iran.

La th√©orie de l'origine turque est bas√©e sur la langue az√©rie et est favoris√©e par ceux qui croient que les si√®cles d'occupation par des Turcs ont form√© l'identit√© turque des Az√©ris. La th√©orie turque n'alt√®re par la vue g√©n√©rale des Az√©ris en tant que peuple turc, mais d√©bat du fait de savoir jusqu'√† quel point les groupes Turcs ont modifi√© la d√©mographie de l'est du Caucase et de l'Azerba√Įdjan iranien[25].

Bien que "la p√©n√©tration turque ait probablement commenc√© √† l'√©poque des Huns et √† sa suite", il existe peu de preuves indiquant des "installations permanentes". L'incursion turque la plus importante et la plus r√©cente commence avec Mahm√Ľd de Ghazn√ģ (971-1040) et s'acc√©l√®re √† la p√©riode seldjoukide. La migration des Turcs oghouzes depuis le Turkm√©nistan actuel, qui est attest√©e par la similarit√© linguistique, est rest√©e importante pendant la p√©riode mongole, puisque beaucoup des soldats des Ilkhans √©taient Turcs. √Ä la p√©riode safavide, la turquification de l'Azerba√Įdjan continue sous l'influence des Qizilbash. Le nom m√™me d'Azerba√Įdjan d√©rive du nom pr√©-turc de la province Azarbayjan ou Adarbayjan, et illustre un changement de langue graduel qui a eu lieu alors que les toponymes locaux ont surv√©cu √† la turquisation, bien que dans une forme alt√©r√©e[26].

Le Livre de Dede Korkut pourrait √™tre un document qui supporte la th√©orie de la migration oghouze substantielle en Azerba√Įdjan. L'UNESCO a r√©cemment c√©l√©br√© le 1300e anniversaire de cette Ňďuvre √©pique. Malgr√© son √Ęge suppos√©, la plupart des chercheurs pensent que le Livre de Dede Korkut est originaire de l'√©poque post√©rieure √† l'entr√©e des Oghouzes dans le Caucase, son texte √©crit n'ayant √©t√© compil√© qu'au XVe si√®cle[20]. La plupart des chercheurs voient cette migration comme la source la plus probable de l'origine turque, mais une source qui a n√©cessit√© la mise en Ňďuvre d'une turquisation des peuples indig√®nes dominants.

Théorie de l'origine iranienne

Statue de Nizami Ganjavi, un √©crivain et philosophe du XIIe si√®cle √† Bakou, Azerba√Įdjan. Nizami est un personnage litt√©raire majeur √† la fois pour les Az√©ris et pour les persans.

La th√©orie de l'origine iranienne, favoris√©e par quelques sources et chercheurs, est bas√©e sur la pr√©sence ancienne de tribus iraniques, comme les M√®des en Azerba√Įdjan iranien et sur les invasions scythes du VIIIe si√®cle. On pense que les M√®des se sont m√©lang√©s avec une population indig√®ne, les Mann√©ens caucasiens, un groupe du nord-est du Caucase apparent√© aux Urartiens[27].

Les chercheurs consid√®rent les similarit√©s culturelles entre les persans modernes et les Az√©ris comme une preuve de l'ancienne influence iranienne[9]. Les preuves arch√©ologiques montrent que la religion iranienne, le zoroastrisme √©tait dominante dans tout le Caucase avant le christianisme et l'islam et que l'influence de plusieurs empires perses a augment√© le caract√®re iranien de la r√©gion[28]. L'hypoth√®se a aussi √©t√© faite que la population de l'Azerba√Įdjan iranien parlait majoritairement persan avant l'arriv√©e des Oghouzes[29]. Cette th√©orie est soutenue par de nombreuses personnalit√©s litt√©raires, comme Qatran Tabrizi, Shams Tabrizi, Nizami, et Khaghani, qui √©crivaient en persan avant la migration oghouze, ainsi que par Strabon, Al-Istakhri, et Al-Masudi, qui d√©crivent tous le langage de la r√©gion comme √©tant le persan. Le fait est mentionn√© par d'autres historiens m√©di√©vaux, tel que Al-Muqaddasi[30][26] Les autres caract√©ristiques communes perso-az√©ries incluent des noms de lieu iraniens comme Tabriz et Bakou (Tabriz, "lieu qui √īte la fi√®vre" en persan, Bakou du persan BńĀdkube, "lieu o√Ļ le vent souffle").

La pr√©sence moderne des Talysh et des Tats iraniens en Azerba√Įdjan est une preuve suppl√©mentaire du caract√®re iranien ancien de la r√©gion. En tant que pr√©curseur de ces groupes modernes, les Az√©ris anciens sont suppos√©s √™tre les anc√™tres des Az√©ris actuels. Cependant, des historiens de l'antiquit√©, dont H√©rodote, Polybe et Strabon, mentionne une r√©gion m√©lang√©e, avec des groupes iraniens et non iraniens, tels que les Utii, un groupe caucasien qui existe toujours en Azerba√Įdjan.

Théorie de l'origine caucasienne

Haji Zeynalabdin Taghiyev (1838-1924), un industriel et philanthrope azéri

Il existe des preuves que, malgr√© les invasions et migrations r√©p√©t√©es, les premiers Caucasiens auraient √©t√© assimil√©s culturellement, d'abord par les Iraniens, et plus tard par les Oghouzes. Audrey Alstadt note dans The Azerbaijani Turks que de nombreux Az√©ris de la r√©publique d'Azerba√Įdjan consid√®rent √† la fois les Oghouzes et les Albaniens du Caucase comme leurs anc√™tres. Des informations consid√©rables ont √©t√© apprises √† propos des Albaniens du Caucase, comme leur langue, leur histoire, leur prompte conversion au christianisme et leurs liens √©troits avec les Arm√©niens. De nombreux universitaires pensent que la langue Oudi, toujours parl√©e en Azerba√Įdjan, est un reste du langage des Albaniens.[31][19].

Cette influence caucasienne s'est √©tendue plus au sud dans l'Azerba√Įdjan iranien. Pendant le premier mill√©naire avant notre √®re, un autre peuple caucasien, les Mann√©ens (Mannai) ont peupl√© la plupart de l'Azerba√Įdjan iranien. Affaiblis par des conflits avec les Assyriens, les Mann√©ens auraient √©t√© conquis et assimil√©s par les M√®des en 590 av. J.-C..

L'√©tendue de l'assimilation culturelle n'est pas tr√®s claire. En examinant les donn√©es historiques et les d√©couvertes arch√©ologiques, et, dans les derni√®res ann√©es, les tests g√©n√©alogiques gr√Ęce √† l'ADN, une √©quipe de chercheurs a mis en avant le fait que les peuples indig√®nes √©taient souvent assimil√©s plut√īt que tu√©s ou d√©plac√©s.

Dans le cas des Azéris, cela signifierait que la majorité des Azéris d'aujourd'hui sont des descendants des peuples installés à l'origine dans le Caucase. Cependant, cette position nécessiterait des preuves génétiques irréfutables que les peuples du Caucase sont parents malgré leurs différences linguistiques et culturelles[24].

Résultats d'une étude génétique menée sur les groupes ethniques du Caucase

Bien que la population d'Azerba√Įdjan soit culturellement diverse, le test g√©n√©tique a r√©v√©l√© des marqueurs g√©n√©tiques communs qui supportent une histoire autochtone pour la plupart des Az√©ris. Une √©tude faite en 2003 r√©v√©la que les "les haplogroupes du chromosome Y indiquent que les Arm√©niens (parlant une langue indo-europ√©enne) et les Az√©ris (parlant une langue turque) sont g√©n√©tiquement plus proches de leurs voisins g√©ographiques dans le Caucase que de leurs voisins linguistiques n'importe o√Ļ ailleurs."[24] Les auteurs de cette √©tude sugg√®rent que cela indique le remplacement de la langue des peuples caucasiens indig√®nes. Il existe des preuves d'un m√©lange limit√© d√©riv√© des occupants d'Asie centrale (sp√©cifiquement sur l'haplogroupe H12), notamment chez les Turkm√®nes, qui est plus haut que celui de leurs voisins, les G√©orgiens et les Arm√©niens[32]. L'analyse de l'ADN mt indique que la relation principale avec les Iraniens se fait √† travers un groupe eurasiatique occidental qui est secondaire √† celui du Caucase, d'apr√®s une √©tude qui n'incluait pas les Az√©ris, mais les G√©orgiens qui avaient √©t√© regroup√©s avec les Az√©ris dans d'autres √©tudes[33]. La conclusion du test montre que les Az√©ris sont une population m√©lang√©e avec des relations, en ordre d√©croissant de similarit√©, avec le Caucase, les Iraniens et le Proche-Orient, les Europ√©ens et les Turkm√®nes. Les autres analyses g√©n√©tiques d'ADN mitochondrial et du Chromosome Y indiquent que les populations du Caucase sont g√©n√©tiquement des interm√©diaires entre les Europ√©ens et les proches-orientaux, mais ils sont globalement plus li√©s aux proches-orientaux [24]. Une autre √©tude, conduite en 2003 par le Journal russe de G√©n√©tique, a compar√© les Iraniens en Azerba√Įdjan (les Talysh et les Tats) avec les Turcs az√©ris et a trouv√© que:

¬ę l'examen de la structure g√©n√©tique des populations persophones (Persans et Kurdes d'Iran, Oss√®tes et Tadjiks) et Az√©ris ont montr√© que les populations persophones d'Azerba√Įdjan √©taient plus proches des Az√©ris que des populations persophones habitant d'autres parties du monde.[34] ¬Ľ

La conclusion de cette √©tude soutient par la suite que ces groupes g√©ographiquement proches des Az√©ris sont g√©n√©tiquement similaires en d√©pit des diff√©rences linguistiques. Une √©tude r√©cente du paysage g√©n√©tique d'Iran a √©t√© faite par une √©quipe de g√©n√©ticiens de Cambridge men√©s par le Dr. Maziar Ashrafian Bonab (un Az√©ri iranien)[35]. Bonab a fait remarquer que son groupe avait men√© des tests ADN sur des groupes aux langages diff√©rents, dont des locuteurs indo-europ√©ens et non indo-europ√©ens, en Iran. L'√©tude a conclu que les Az√©ris d'Iran n'ont pas un FSt ou d'autres marqueurs g√©n√©tiques similaires √† ceux trouv√©s chez les Turcs anatoliens et europ√©ens. Cependant, le FSt g√©n√©tique et d'autres traits comme le MRca et l'ADN mt des Az√©ris iraniens √©taient identiques aux Persans en Iran. Ces √©tudes souffrent de quelques inconv√©nients, dont le manque d'√©tudes sp√©cifiques comparatives entre les Az√©ris d'Iran et d'Azerba√Įdjan.

Histoire

Articles d√©taill√©s : Histoire de l'Iran et Histoire de l'Azerba√Įdjan.

Il est commun√©ment admis que l'Azerba√Įdjan tire son nom d'Atropat√®s, un satrape (gouverneur) m√®de qui r√©gnait sur l'Atropat√®ne (Azerba√Įdjan iranien. Atropates d√©rive d'une racine en vieux-persan signifiant "prot√©g√© par le feu". L'Azerba√Įdjan a √©t√© le lieu o√Ļ se sont install√©s des conqu√©rants divers, dont les M√®des, les Scythes, les Persans, les Arm√©niens, les Grecs, les Romains, les Khazars, les Arabes, les Oghouzes, les Seldjoukides, les Mongols et les Russes.

Antiquité

Les Albaniens du Caucase seraient les premiers habitants de l'Azerba√Įdjan[36]. Les envahisseurs les plus anciens seraient les Scythes au IXe si√®cle av. J.-C.[37]. Apr√®s les Scythes, les M√®des vinrent dominer la r√©gion au sud de l'Aras. Les M√®des ont fond√© un vaste empire entre 900 et 700 av. J.-C., qui fut renvers√© par les Ach√©m√©nides aux environs de 600 av. J.-C. Pendant cette p√©riode, le zoroastrisme se r√©pand en Azerba√Įdjan. Les Ach√©m√©nides furent √† leur tour renvers√©s par Alexandre le Grand en 330 av. J.-C., mais le satrape m√®de Atropat√®s profitant des d√©sordres qui suivent la mort du souverain (guerres des diadoques) cr√©e un royaume ind√©pendant pour environ un si√®cle et demi. Suivant le d√©clin des S√©leucides en Perse en -247, un royaume arm√©nien exerce le contr√īle sur des parties de l'Azerba√Įdjan entre - 190 et 428[17]. Les Albaniens du Caucase ont fond√© un royaume au Ier si√®cle av. J.-C. et sont rest√©s largement ind√©pendants jusqu'√† ce que les Sassanides en fassent un vassal en 252. Le roi des Albaniens du Caucase, Urnayr, a officiellement adopt√© le christianisme comme religion d'√Čtat au IVe si√®cle, et l'Aghbanie resterait un royaume chr√©tien jusqu'au VIIIe si√®cle[18][19]. Le contr√īle sassanide se termina par leur d√©faite contre les musulmans Arabes en 642[38].

Période médiévale

Les Arabes musulmans ont battu les Sassanides et les byzantins au cours de leur marche dans la r√©gion du Caucase. Les Arabes ont fait de l'Albanie caucasienne un √©tat vassal apr√®s que la r√©sistance chr√©tienne, men√©e par le prince Javanshir, se fut rendue en 667. Entre le IXe si√®cle et le Xe si√®cle, les auteurs arabes commencent √† se r√©f√©rer √† la r√©gion entre les rivi√®res Koura et Aras en tant que Arran. Pendant ce temps, des arabes originaires de Bassorah et de Koufa sont venus en Azerba√Įdjan et ont confisqu√© des terres que les peuples indig√®nes avaient abandonn√©es; les Arabes sont devenus une √©lite de propri√©taires terriens. La conversion √† l'islam a √©t√© lente puisque la r√©sistance persistait pendant des si√®cles et le ressentiment allait grandissant pendant que des Arabes √©migraient dans des villes comme Tabriz ou Maraghah. Cet afflux a provoqu√© une r√©bellion majeure en Azerba√Įdjan iranien en 816-837, men√©e par un commandant local appel√© Babak. Cependant, malgr√© des poches de r√©sistance continue, la majorit√© des habitants de l'Azerba√Įdjan se sont converti √† l'islam. Plus tard, au Xe si√®cle et au XIe si√®cle, la dynastie Kurde des Chaddadites a r√©gn√© sur certaines parties de l'Azerba√Įdjan.

Au milieu du Xe si√®cle, la dynastie Seldjoukide a renvers√© les Arabes et a √©tabli un empire qui englobait la plupart de l'Asie du sud-ouest. La p√©riode seldjoukide a √©t√© marqu√©e par un afflux de nomades Oghouzes dans la r√©gion et le d√©but d'un processus de turquisation de l'Azerba√Įdjan alors que la langue turque oghouze supplantait les langues ant√©rieures iraniennes et caucasiennes[39]

Cependant, l'influence culturelle iranienne a surv√©cu, comme le prouvent les travaux d'√©crivains de cette √©poque, comme le po√®te de langue persane Nizami Ganjavi. L'identit√© turque naissante √©tait illustr√©e dans des po√®mes √©piques ou dastans, le plus vieux √©tant le Livre de DedeKorkut, qui contient des contes all√©goriques √† propos des premiers Turcs dans le Caucase et en Asie mineure. La domination turque fut interrompue par les Mongols en 1227 puis Tamerlan jusqu'en 1405. Le pouvoir revint aux Turcs avec l'arriv√©e des Qara Qoyunlu sunnites (Tribu Turkm√®ne dite du mouton noir) et les Aq Qoyunlu (tribu turkm√®ne dite du mouton blanc), qui ont domin√© l'Azerba√Įdjan jusqu'√† la prise du pouvoir par les Safavides chiites en 1501.

Période moderne

March√©s au fruit √† Orumieh, Iran, au d√©but du XXe si√®cle.

Les Safavides ont √©tabli un empire multiculturel (bilingue az√©ri et persan et culturellement Turco-iranien) qui a dur√© jusqu'en 1722[40]. Remarquable pour ses r√©alisations dans la construction d'un √©tat, son architecture et dans le domaine des sciences, l'√Čtat safavide s'est √©croul√© √† cause d'un d√©clin interne et de pressions de la part des Russes et des Afghans.

Apr√®s l'√©tat safavide vint le bref r√®gne ottomans suivi de la conqu√™te par N√Ędir Sh√Ęh Afshar, un chef de tribu sunnite originaire du Khorasan, qui r√©duisit le pouvoir des chiites. Le bref r√®gne de Karim Khan vint ensuite, suivi de la dynastie Qajare, qui ont r√©gn√© sur l'Azerba√Įdjan et l'Iran √† partir de 1779. La Russie se pr√©sente alors comme une menace aux possessions iraniennes dans le Caucase. Les guerres russo-persanes commencent au XVIIIe si√®cle et se finissent au d√©but du XIXe si√®cle avec le trait√© de Golestan en 1813 et le trait√© de Turkmanchai en 1828, qui donnent la partie septentrionale de l'Azerba√Įdjan √† l'Empire russe. Alors que les Az√©ris en Iran √©taient largement int√©gr√©s dans la soci√©t√© iranienne moderne, les Az√©ris du nord ont v√©cu la transition de l'empire russe √† une br√®ve ind√©pendance entre 1918-1920 puis leur incorporation √† l'Union sovi√©tique. La r√©publique d'Azerba√Įdjan devient ind√©pendante en 1991 mais est devenue partie bellig√©rante au cours de la guerre l'opposant √† l'Arm√©nie √† propos de la r√©gion enclav√©e du Nagorno-Karabakh.

Démographie

On estime que le nombre d'Az√©ris dans le monde est compris entre 24 et 33 millions, mais les chiffres des recensements sont difficiles √† v√©rifier. La vaste majorit√© vivent en Azerba√Įdjan et dans l'Azerba√Įdjan iranien. Entre 16 et 23 millions d'Az√©ris vivent en Iran, principalement dans les provinces situ√©es au nord-ouest du pays. Approximativement 7,6 millions d'Az√©ris se trouvent en R√©publique d'Azerba√Įdjan. Une diaspora, se comptant probablement en millions, se trouve dans les pays voisins et dans le monde entier. Les communaut√©s az√©ries ont des tailles notables en Turquie, en G√©orgie, en Russie, aux √Čtats-Unis, au Canada, en Allemagne et dans d'autres pays.

Alors que les estimations de population faites en Azerba√Įdjan sont consid√©r√©es fiables, les chiffres pour l'Iran restent soumis √† caution. Depuis le d√©but du XXe si√®cle, les gouvernements iraniens successifs ont √©vit√© de publier des statistiques sur les groupes ethniques. Des estimations non-officielles sur les Az√©ris d'Iran s'√©talent entre 20 et 24 % de la population totale de l'Iran. Cependant, de nombreux chercheurs iraniens, tels que Nikki Keddie, Patricia J. Higgins, Shahrough Akhavi, Ali Reza Sheikholeslami et d'autres soutiennent que les Az√©ris pourraient repr√©senter pr√®s d'un tiers de la population de l'Iran.

Une grande communaut√© d'expatri√©s Az√©ris se trouve en dehors d'Azerba√Įdjan et d'Iran. D'apr√®s Ethnologue.com, il y avait plus d'un million de locuteurs d'az√©ri du nord au sud du Daguestan, en Arm√©nie, en Estonie, en G√©orgie, au Kazakhstan, au Kirghizistan, en Russie, au Turkm√©nistan et en Ouzb√©kistan en 1993. D'autres sources, comme les recensements nationaux, confirment la pr√©sence d'Az√©ris dans toute l'ancienne Union sovi√©tique. Les chiffres de Ethnologue.com ne sont plus d'actualit√© dans le cas de l'Arm√©nie, o√Ļ un conflit √† propos du Nagorno-Karabakh a affect√© le peuplement des Az√©ris[41]. Ethnologue rapporte de plus que 1 million d'Az√©ris du sud vivent en dehors de l'Iran, mais ces chiffres seraient plut√īt une r√©f√©rence aux Turkm√®nes irakiens, un groupe distinct bien que li√© aux peuples turcs[42].

Az√©ris en Azerba√Įdjan

√Čtant de loin le groupe ethnique le plus important d'Azerba√Įdjan, (plus de 90%) les Az√©ris tendent √† dominer la plupart des structures du pays. Au contraire de leurs homologues d'Iran, la majorit√© des Az√©ris sont s√©cularis√©s par des d√©cennies d'ath√©isme officiel sovi√©tique. Le taux d'alphab√©tisation est estim√© √† 98,8 %, un h√©ritage sovi√©tique[43]. Alors que la plupart des Az√©ris urbains ont re√ßu une √©ducation, elle reste comparativement basse dans les zones rurales. Une disparit√© similaire existe dans le domaine des soins m√©dicaux.

La soci√©t√© az√©rie a √©t√© fortement marqu√©e par la guerre avec l'Arm√©nie √† propos du Nagorno-Karabakh. Cette guerre a caus√© le d√©placement de pr√©s d'un million d'Az√©ris et a impos√© des contraintes √† l'√©conomie locale[44]. L'Azerba√Įdjan a profit√© de l'industrie p√©troli√®re, mais un niveau tr√®s important de corruption a emp√™ch√© une plus grande prosp√©rit√© des habitants [45]. De nombreux Az√©ris sont de plus en plus frustr√©s du processus politique en Azerba√Įdjan alors que l'√©lection de l'actuel pr√©sident Ilham Aliyev a √©t√© d√©crite comme "troubl√©e par les all√©gations de corruption et les r√©pressions brutales sur l'opposition politique"[46]. Malgr√© ces probl√®mes, il existe une certaine renaissance en Azerba√Įdjan puisque les pr√©visions √©conomiques sont positives et que l'opposition politique active apparait d√©termin√©e √† am√©liorer la vie des Az√©ris moyens.

Azéris en Iran

Table typique d'Azéris en Iran.

Les Az√©ris en Iran se trouvent principalement dans les provinces du nord-ouest : Azerba√Įdjan oriental, Azerba√Įdjan occidental, Ardabil, Zanjan et Markazi. De nombreux autres vivent √† T√©h√©ran, dans le Fars et d'autres r√©gions. G√©n√©ralement, les Az√©ris en Iran ont √©t√© "une minorit√© linguistique bien int√©gr√©e", d'apr√®s des universitaires comme l'anthropologue Patricia Higgins. En fait, jusqu'√† la dynastie Pahlavi au XXe si√®cle, "l'identit√© de l'Iran n'√©tait pas exclusivement perse, mais supra ethnique", puisqu'une grande partie du pouvoir politique, √† partir du XIe si√®cle avait √©t√© turc. Les groupes Turcs et iraniens √©taient int√©gr√©s jusqu'au XXe si√®cle pendant lequel le nationalisme et le communautarisme ont alt√©r√© la perception populaire. Malgr√© les frictions, les Az√©ris en Iran ont commenc√© √† √™tre bien repr√©sent√©s √† tous les niveaux des "hi√©rarchies politiques, militaires et intellectuelles aussi bien que religieuses."

Le ressentiment naquit avec les politiques des Pahlavi qui supprimaient l'usage de l'azéri dans les gouvernements locaux, les écoles et la presse. Cependant, avec l'avènement de la révolution iranienne en 1979, l'emphase s'est détournée du nationalisme puisque le nouveau gouvernement mettait en avant la religion comme facteur d'unification. Au sein du gouvernement révolutionnaire islamique émergea une faction nationaliste azérie menée par l'Ayatollah Kazem Shariatmadari, qui était partisan d'une autonomie régionale plus grande et voulait que la constitution soit révisée pour inclure les athées et les partis d'opposition; ceci lui fut refusé[47]. Le nationalisme azéri a connu des hauts et des bas depuis la révolution iranienne et a récemment culminé avec des émeutes causées par la publication en mai 2006 d'une série de dessins que de nombreux Azéris ont trouvé infamants. Le dessin a été réalisé par Mana Neyestani - lui-même Azéri- qui a été licencié à cause de la controverse, de même que son éditeur Mehrdad Qasemfar[48].

En dépit de problèmes sporadiques, les Azéris sont une communauté intrinsèque à l'Iran. Actuellement, les conditions de vie des Azéris en Iran ressemblent très fortement à celles des persans:

¬ę Les styles de vie des Az√©ris urbains ne diff√®rent pas de ceux des persans, et les mariages mixtes entre les gens appartenant aux classes sup√©rieures sont courants dans les cit√©s de peuplement mixte. De m√™me, les coutumes des villageois Az√©ris ne semblent pas diff√©rer de mani√®re marqu√©e de celles des villageois persans. ¬Ľ

Les Az√©ris en Iran ont des postes importants, comme l'Ayatollah Ali Khamenei occupant actuellement le poste de Guide supr√™me. Les Az√©ris en Iran restent assez conservateurs en comparaison avec la plupart des Az√©ris de la R√©publique d'Azerba√Įdjan. N√©anmoins, depuis l'ind√©pendance de la R√©publique d'Azerba√Įdjan en 1991, les contacts transfrontaliers entre les Az√©ris des deux c√īt√©s de la fronti√®re ont connu un regain d'int√©r√™t.

Société

Article d√©taill√© : Soci√©t√© iranienne.

Institutions et politique

L'Azerba√Įdjan et l'Azerba√Įdjan iranien ont d√©velopp√© des institutions distinctes, ce fait √©tant d√Ľ √† une √©volution sociopolitique divergente. L'Azerba√Įdjan a commenc√© au XXe si√®cle avec des institutions bas√©es sur celles de la Russie et de l'union sovi√©tique, avec un contr√īle strict de l'√©tat sur la plupart des aspects de la soci√©t√©. Depuis, ils se sont dirig√©s vers l'adoption des mod√®les sociaux occidentaux depuis la fin du XXe si√®cle. Depuis l'ind√©pendance, des contr√īles de l'√©tat rel√Ęch√©s ont permis √† la soci√©t√© civile locale de se d√©velopper. En contraste, les institutions th√©ocratiques islamiques en Azerba√Įdjan iranien dominent presque tous les aspects de la soci√©t√©, la presque totalit√© des pouvoirs √©tant d√©tenue par le guide supr√™me et le conseil des Gardiens. Les deux soci√©t√©s sont en train de changer. En Azerba√Įdjan existe un syst√®me d√©mocratique la√Įc qui est min√© par la corruption politique et des soup√ßons de fraude √©lectorale. La soci√©t√© civile en Azerba√Įdjan est encore en construction :

¬ę Le manque de formes plus 'modernes' d'organisation et l'exp√©rience brutale de la d√©mocratie est la raison principale pour laquelle la construction de la soci√©t√© civile et le processus de d√©mocratisation en Azerba√Įdjan ont lieu de fa√ßon parall√®le plut√īt que lin√©aire. En d√©finitive, la soci√©t√© azerba√Įdjanaise d'aujourd'hui peut √™tre consid√©r√©e comme une soci√©t√© quasi civile et quasi d√©mocratique dont les structures et institutions ont les signes d'une soci√©t√© d√©mocratique du point de vue de leur niveau de d√©veloppement, mais ne correspondent pas au crit√®res modernes d'une soci√©t√© d√©mocratique moderne.[49] ¬Ľ

Malgr√© ces probl√®mes, l'Azerba√Įdjan poss√®de une opposition politique active qui r√©clame des r√©formes d√©mocratiques. Les Az√©ris en Iran restent confin√©s dans le r√©gime th√©ocratique de la r√©publique islamique et manquent d'une soci√©t√© civile significative de nature la√Įque qui pourrait repr√©senter un d√©fi. Il existe des signes d'agitation dus √† la politique du gouvernement iranien dans l'Azerba√Įdjan iranien, de plus, les interactions croissantes avec les Az√©ris d'Azerba√Įdjan et les diffusions par satellite depuis la Turquie font revivre le nationalisme az√©ri.[50]

Femmes

Femme az√©rie du Karabakh, d√©but du XXe si√®cle.

Les femmes az√©ries se sont historiquement battues contre la domination historique des hommes, et ont fait de grandes avanc√©es depuis le XXe si√®cle. En Azerba√Įdjan, les femmes ont atteint l'√©galit√© sur le mod√®le occidental dans les grandes villes comme Bakou, bien que dans les zones rurales les vues traditionnelles persistent. Certains probl√®mes parmi les plus visibles incluent la violence contre les femmes, particuli√®rement dans les zones rurales. Des crimes comme le viol sont s√©v√®rement punis en Azerba√Įdjan, mais rarement signal√©s, comme dans d'autres parties de l'ex-Union sovi√©tique[51]. Les femmes az√©ries ont √©t√© "forc√©es d'abandonner le voile", pla√ßant ainsi la r√©publique d'Azerba√Įdjan en fort contraste avec l'Azerba√Įdjan iranien. Les femmes sont sous-repr√©sent√©es √† des postes √©lus mais ont atteint des postes importants au parlement, et une femme az√©rie est pr√©sidente de la Cour supr√™me d'Azerba√Įdjan. La R√©publique d'Azerba√Įdjan est un des rares pays de culture musulmane o√Ļ l'avortement est disponible sur demande[52].

Le traitement inégal des femmes iraniennes a rencontré des protestations croissantes, dont celles de Shirin Ebadi, qui a gagné le Prix Nobel de la paix en 2003 pour son combat pour les droits des femmes. Une vague de fond de mouvements populaires à la recherche de l'égalité des sexes ont émergé depuis les années 1980. Des protestations régulières ont lieu qui défient les interdictions gouvernementales et qui sont souvent dispersées par la violence, comme en juin 2006 quand "des milliers de manifestants femmes et hommes sont venus ensemble le 12 juin sur la place Haft-e Tir à Téhéran" et ont été brutalement dispersés. D'anciens dirigeants iraniens, comme Mohammad Khatami, ont promis plus de droits aux femmes, mais les responsables religieux se sont opposés aux changements qu'ils interprètent comme contraire à la doctrine islamique. En 2004, neuf femmes ont été élues au Parlement (Majles, certaines d'entre elles sont azéries), et, alors que la plupart sont déterminées au changement social, certaines d'entre elles ont des positions conservatrices concernant l'égalité des sexes. Le destin social des femmes azéries reflète largement celui des autres femmes en Iran.

√Čconomie

La population rurale repr√©sente 49,7 % de la population de l‚ÄôAzerba√Įdjan (qui compte 99 % d'az√©ris). La diversit√© des conditions naturelles en Azerba√Įdjan a permis un d√©veloppement important de l'agriculture .Celle-ci emploie la majeure partie de la population rurale. Dans certaines r√©gions c'est l'artisanat et l'industrie mini√®re qui dominent (par exemple Goradiz, Ramani, Zaklik‚Ķ). Certains villages subsistent √† la fois de la fabrication de tapis et du travail du cuivre, dont le produit est vendu dans les zones urbaines. De plus certaines parties d'Azerba√Įdjan sont plus sp√©cialis√©es dans la fourniture de services au transport ferroviaire et aux ol√©oducs (Ol√©oduc Baku-Tbilisi-Ceyhan).

Il est difficile de d√©crire avec pr√©cision l'activit√© √©conomique des az√©ris d'Iran, majoritairement concentr√©s dans les provinces de l'Azerbaijan-e-sharghi (de l'est), de l'Azerbaijan-e-gharbi (de l'ouest) et de la province d'Ardabil car peu de statistiques sont disponibles √† ce sujet. Il est cependant possible d'en donner quelques √©l√©ments. L'√©conomie de l'Azerb√Įdjan iranien est pour un tiers agricole (production de c√©r√©ales, de fruits, de coton, de riz, de noix et de tabac). La production de laine, de tapis et d'artisanat √† base de m√©tal est aussi tr√®s importante; les tapis de Tabriz sont r√©put√©s dans le monde entier pour leur finesse. Les industries de ces provinces sont principalement des industries alimentaires de transformation des produits cultiv√©s dans la r√©gion. On trouve aussi des industries nationales de production de ciment, et de raffinage du sucre qui emploient de nombreux az√©ris.

Religion

La majorit√© des Az√©ris sont des musulmans chiites. Les minorit√©s religieuses incluent les musulmans sunnites, les juifs, les zoroastriens, les chr√©tiens et les Bah√°'√≠s. Alors que seule une petite minorit√© des Az√©ris en Iran sont sunnites, entre 25 et 40 % des Az√©ris de la r√©publique d'Azerba√Įdjan se consid√®rent comme sunnites, et un nombre inconnu ne d√©clarent aucune affiliation religieuse. Dans la r√©publique d'Azerba√Įdjan, les traditions des autres religions sont souvent c√©l√©br√©es en plus des f√™tes islamiques (Qurban bayramńĪ -A√Įd el-Kebir- ou Ramazan bayramńĪ -A√Įd el-Fitr), comme Norouz ou No√ęl.

Culture

Par de nombreux aspects, les Azéris sont eurasiens et multi-culturels, puisque les Azéris du nord ont absorbé des influences russo-soviétiques et de l'Europe de l’Est, alors que les Azéris du sud sont restés dans la tradition turco-persane. La culture azérie moderne compte de nombreuses réussites dans les domaines de la littérature, de l'art, de la musique et du cinéma.

Vêtements traditionnels

Costume traditionnel az√©ri au d√©but du XXe si√®cle.

Les v√™tements traditionnels ont beaucoup chang√© depuis le XIXe si√®cle. Le v√™tement masculin est similaire √† celui des autres ethnies du Caucase, avec quelques diff√©rences dans la coupe et la d√©coration. Les pantalons sont larges, une tunique en forme de chemise faite d'un calicot assez brut et un caftan de coton ou de satin appel√© arkhaluk. Le costume traditionnel rural est compl√©t√© par un papakh (sorte de chapeau), des chaussettes de laine et des chaussures faites √† la maison. Le manteau de peau de mouton pour l'hiver, appel√© kyurk n'√©tait pas √† la port√©e de toutes les bourses. Depuis la fin du XIXe si√®cle, les urbains ont commenc√© √† apporter des √©l√©ments europ√©ens √† leur garde robe.

Les vêtements féminins de la même époque possèdent plus de particularités que leurs équivalents masculins, avec des différences plus marquées selon le niveau social. Les couleurs sont généralement vives. Les éléments principaux sont une courte tunique (jusqu'à la ceinture) faite de coton, de satin ou de soie, portée avec une jupe plissée longue et large. Les cheveux étaient couverts et attachés à la manière d'un petit sac dans un mouchoir de soie fait à la main. Le costume des femmes est décoré de joaillerie portée sur la tête, le cou, la poitrine et les mains. Un des éléments les plus importants du costume féminin est la ceinture, qui est très large et décorée de pièces. En ville, les femmes apparaissaient généralement vêtues d'un "chador" (longue pièce de tissu rectangulaire destinée à couvrir toute la femme par dessus ses vêtements).

Artisanat

un tapis de Tabriz, typique de l'artisanat azéri d'Iran.

Depuis l'Antiquité, l'artisanat développé par les azéris est très divers. Les activités artisanales les plus importantes sont la fabrication de tapis, le travail du tissu (impression de motifs, tissus de soie, broderie) et le travail du métal (joaillerie, travail du cuivre), activités généralement destinées à l'exportation. La réalisation d'objets domestiques pour le marché local a toujours été très importante, avec des activités artisanales aussi diverses que la poterie, la céramique, le travail du cuir et la tannerie.

La plupart de ces artisanats sont toujours vivaces aujourd'hui. Les artisans sont majoritairement des ruraux, qui forment plus de la moiti√© de la population de la r√©publique d'Azerba√Įdjan et une bonne partie de la population de l'Azerba√Įdjan iranien).En Iran, les bazaris (marchands du bazar) az√©ris, majoritaires au sein des bazaris iraniens sont r√©put√©s dans le commerce des objets artisanaux.

Littérature

Muhammad Fuz√Ľl√ģ, po√®te du XVIe si√®cle.

La litt√©rature de l'az√©ri oral primitif, d√©riv√© de la langue oghouze, a commenc√© avec des r√©citations orales (dastans), comme celle du Livre de Dede Korkut et Koroglu, qui contiennent la mythologie turque. Les √©crits Az√©ris parmi les plus anciens remontent au po√®te Nizami, qui √©crivait √† la fois en persan et en az√©ri (mort en 1417) puis Fuz√Ľl√ģ des d√©cennies plus tard (1483‚Äď1556). Ismail Ier, Shah de la Perse Safavide, √©crivait de la po√©sie az√©rie sous le nom de plume de Khat√Ę'i. La litt√©rature az√©rie moderne continua avec une emphase traditionnelle sur l'humanisme, comme le montrent les √©crits de Samed Vurgun, Reza Baraheni, ShahriyńĀr et de nombreux autres[53].

Art et culture populaire

Musiciens Azéris
Danse azérie

La danse, la musique et le cinéma sont les domaines d'expression favoris des Azéris.

Danse

Article d√©taill√© : Danse persane.

Les danses traditionnelles azéries sont anciennes et similaires à celles de leurs voisins dans le Caucase et en Iran. La danse de groupe est une forme commune qu'on retrouve des Balkans à la mer Caspienne. Dans la danse de groupe, les exécutants se rassemblent en cercle ou en demi-cercle. "Le meneur de ces danses exécute des figures spéciales ou signale les changements dans les pas, les mouvements ou la direction dans laquelle le groupe se déplace, souvent en faisant des gestes avec sa main, qui tient un foulard."

Les danses solitaires sont exécutées à la fois par les hommes et les femmes et font appel à des mouvements subtils des mains et à des pas séquencés.

Musique

Article d√©taill√© : Musique iranienne.

La tradition musicale azérie remonte aux bardes appelés Ashiqs, une vocation qui survit encore de nos jours. Les ashiqs jouent du saz (un type de luth) et chantent des dastans ("ballades", "épopées"). Les autres instruments de musique utilisés sont le Tar (un autre type de luth), le Kamancheh, le duduk, le dhol (percussion).

La musique classique azérie, appelée mugham, consiste souvent en une performance chantée émotionnelle. Les compositeurs Uzeyir Hajibeyov, Gara Garayev et Fikret Amirov ont créé un style hybride qui combine la musique classique et le mugham. D'autres Azéris, notamment Vagif Mustafa Zadeh et Aziza Mustafa Zadeh, ont mixé le jazz et le mugham. Certains musiciens Azéris ont reçu un bon accueil de la critique internationale, comme Rashid Behbudov (qui pouvait chanter en huit langues) et Muslim Magomayev (une pop star de l'époque soviétique).

En Iran, la musique azérie a pris un chemin différent. D'après le chanteur iranien azéri Hossein Alizadeh, "la musique en Iran, historiquement, a toujours rencontré une forte opposition de la part des religieux, la forçant à devenir confidentielle[54]. Le résultat en est que la plupart de la musique azérie iranienne est aujourd'hui pratiquée en dehors de l'Iran parmi les communautés en exil.

Cinéma

Article d√©taill√© : Cin√©ma iranien.

Les films et la t√©l√©vision az√©rie sont largement diffus√©s en Azerba√Įdjan et de mani√®re un peu plus limit√©e en Iran.

Certains cinéastes azéris comme Rustam Ibragimbekov, qui écrivit Soleil trompeur, (vainqueur du grand Prix du festival de Cannes et de l'Academy Award du meilleur film étranger en 1994) sont connus de la scène internationale. De nombreux Azéris iraniens ont eu une grande importance pour le cinéma iranien, qui est encensé par la critique depuis les années 1980.

Sports

Le joueur d'échecs Teimour Radjabov.

Les sports ont historiquement été une partie importante de la vie azérie. De nombreuses compétitions eurent lieu à dos de cheval, racontées par des poètes et des écrivains comme Gatran Tabrizi et Nezami Ganjavi.[55] Les autres sports anciens sont le pahlavani (lutte) et le lancer du javelot.

L'h√©ritage sovi√©tique dans les temps modernes a permis de propulser quelques athl√®tes az√©ris au niveau olympique. Le gouvernement azerba√Įdjanais soutient l'h√©ritage athl√©tique du pays et encourage les jeunes Az√©ris √† y prendre part. Le football est tr√®s populaire en Azerba√Įdjan et en Iran. Il existe de nombreux joueurs de football az√©ris d'importance, comme Ali Daei, capitaine de l'√©quipe d'Iran de football. Les athl√®tes az√©ris ont particuli√®rement excell√© dans l'halt√©rophilie, la gymnastique, le lancer du javelot, le karat√©, la boxe anglaise, le tir sportif, la lutte libre.[56]. Les halt√©rophiles, comme Nizami Pashayev qui a gagn√© le titre europ√©en des poids lourds en 2006, a inspir√© la nouvelle g√©n√©ration d'Az√©ris √† concourir au niveau international.

Les √©checs sont un autre passe-temps populaire en Azerba√Įdjan. Le pays a donn√© de nombreux joueurs importants, comme Teimour Radjabov et Shakhriyar Mamedyarov, tous les deux bien class√©s au niveau international. Garry Kasparov, ancien champion du monde d'√©checs, est n√© en Azerba√Įdjan de m√®re arm√©nienne.

Annexes

Notes et références

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  10. ‚ÜĎ (IPA: [√¶z…ô(…Ļ)ba…™ňąd í…Ďňźni]; en az√©ri: Az…ôrbaycanlńĪlar, Az√©ris/Az…ôril…ôr, Turcs Az√©ris/Az…ôri T√ľrkl…ôri; Cyrillique Az√©ri: –ź–∑”ô—Ä–ł–Ľ”ô—Ä) ou Azarba√Įdjanis (en Iran; aussi Azaris, Turcs/Torks), ne pas confondre avec Azerba√Įdjanais : citoyen de la r√©publique d'Azerba√Įdjan (cf (fr) "Turcs en Iran" - Cahiers d'√©tudes sur la M√©diterran√©e orientale et le Monde turco-iranien, n¬į14, juillet-d√©cembre 1992. . ).
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NB : Les statistiques d√©mographiques pour les Az√©ris (dont celles sans r√©f√©rence) dans les pays √©trangers sont d√©riv√©es de divers comptages par recensement, des chiffres de l'ONU, du CIA Factbook, de Ethnologue.

Bibliographie

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  • (en) An Introduction to the History of the Turkic Peoples by Peter B. Golden. Otto Harrasowitz (1992), Turcologica, ISSN 0177-4743.
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  • (en) Iran between Two Revolutions par Ervand Abrahamian, p. 131. Princeton University Press (1982), (ISBN 0-691-05342-1).
  • (en) Religion and Politics in Contemporary Iran: Clergy-State Relations in the Pahlavi Period par Shahrough Akhavi. State University of New York (1980), (ISBN 0-87395-408-4).
  • (en) Modern Iran: Roots and Results of Revolution par Nikki Keddie. Yale University Press (2003), (ISBN 0-300-09856-1).
  • (en) Azeri Women in Transition: Women in Soviet and Post-Soviet Azerbaijan par Farideh Heyat, (ISBN 0-7007-1662-9).

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