Azteques

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Azteques

Aztèques

Aire maximum approximative des territoires sous domination aztèque.
La vall√©e de Mexico √† l'arriv√©e des conquistadors, au d√©but du XVIe si√®cle.

Les Azt√®ques, ou Mexicas (du nom de leur capitale, Mexico-Tenochtitlan), √©taient un peuple de langue nahuatl qui s'√©tait d√©finitivement s√©dentaris√© dans la vall√©e de Mexico, sur une √ģle du lac Texcoco, aux environs du XIVe si√®cle. Au d√©but du XVIe si√®cle, ils avaient atteint un niveau de civilisation parmi les plus avanc√©s d'Am√©rique et dominaient, avec les autres membres de la Triple alliance, le plus vaste empire de M√©soam√©rique. L'arriv√©e des Espagnols men√©s par Hern√°n Cort√©s en 1519 scella la fin de leur r√®gne : apr√®s l'ex√©cution de leur dernier empereur en 1524, leur civilisation s'est √©teinte rapidement √† cause du taux de mortalit√© extr√™mement √©lev√© de leur population √† cette √©poque et de l'oblit√©ration volontaire de leur culture par les colons.

Les √©tudes de cette civilisation pr√©colombienne se basent sur les codex m√©soam√©ricains, les t√©moignages des conquistadors, les travaux des chroniqueurs du XVIe et XVIIe si√®cle ainsi que, depuis le XIXe si√®cle, les fouilles arch√©ologiques.

Sommaire

Ethnonymes

Le peuple azt√®que s'est lui-m√™me d√©sign√©, dans sa langue (le nahuatl), par plusieurs ethnonymes diff√©rents :

  • Azteca (¬ę ceux d'Aztlan ¬Ľ) a servi √† d√©signer, selon les chroniques indig√®nes et espagnoles, le peuple azt√®que jusqu'√† son d√©part d'Aztlan et m√™me pendant au moins une partie de sa migration[1]. Ce terme pouvait √™tre accompagn√© d'autres noms en rapport avec ce territoire originel, comme Chicomoztoca[2] (¬ę de Chicomoztoc ¬Ľ) ou Teocolhuaca[3] (¬ę de Teocolhuacan ¬Ľ).
  • Mexitin (¬ę ceux de Mexitl ¬Ľ) fut, selon les l√©gendes retranscrites dans les codex et les chroniques indig√®nes, le nom que leur donna leur dieu tribal Huitzilopochtli pendant leur migration d'Aztlan √† Mexico[4].
  • Mexica Tenochca (¬ę ceux de Mexico-Tenochtitlan ¬Ľ), ou plus g√©n√©ralement Mexica[5], servit √† les d√©signer √† partir de leur s√©dentarisation d√©finitive √† Mexico[6].

Les chroniques espagnoles du XVIe si√®cle ont le plus souvent traduit indiff√©remment les termes Mexitin et Mexica par Mexicanos (¬ę Mexicains ¬Ľ)[7].

Histoire

Article d√©taill√© : √Čpoque pr√©hispanique du Mexique.

Origines

L’origine des Mexicas demeure incertaine, aussi bien du point de vue de la chronologie que de la localisation des différentes étapes de leur migration. En effet, les récits des migrations mexicas, avant qu'ils ne fondent Mexico-Tenochtitlan et s'y sédentarisent définitivement, tels qu'ils ont été retranscrits dans plusieurs codex, se contredisent et ont été remis en cause par les fouilles archéologiques. Ces textes empreints de symboles ont certainement volontairement occulté et modifié, à des fins idéologiques, la réalité historique sur leurs origines[8].

Les codex montrent que les Aztèques revendiquaient une double origine nordique, à la fois chichimèque et toltèque, qui leur conférait le prestige à la fois de la vaillance guerrière des chasseurs-cueilleurs et de l'héritage culturel des fondateurs de Tula. Les Aztèques partageaient effectivement avec ces peuples la même langue (le nahuatl), les croyances astrales, la pratique des sacrifices humains et une organisation militariste de la société[9].

Il semble que les Nahuas avaient commenc√© √† quitter le nord du Mexique actuel au VIe si√®cle de notre √®re pour s‚Äôinstaller en M√©soam√©rique, au centre de l'actuel Mexique, et avaient fini par se m√©langer avec les populations locales. Pendant l‚Äô√©poque postclassique, ils am√©nag√®rent √† Tula, √† l'√©poque du d√©veloppement de la civilisation tolt√®que. Il semble que c‚Äôest au XIIe si√®cle que les derniers Chichim√®ques, dont les Azt√®ques, ont immigr√© dans la vall√©e de Mexico, qui √©tait alors domin√©e par les T√©pan√®ques d'Azcapotzalco.

Aztlan

Détail du Codex Boturini qui représente Aztlan avec à droite le glyphe 1 Silex.
Article d√©taill√© : Aztlan.

Les codex affirment tous que les Aztèques, comme leur nom l'indique, étaient originaires d’Aztlan.

Dans ces textes anciens, la localisation de cette cité, qui est le plus souvent représentée sous la forme d'une montagne entourée d'eau[10], n'est généralement pas indiquée, ou est vaguement qualifiée de lointaine[11]. Les sources plus précises la situent le plus souvent au nord, mais parfois aussi à l'ouest ou au nord-est[12]. On ne sait pas non plus exactement le sens du nom de cette cité mystérieuse[13]. Aucune convention pictographique aztèque ne lui a été non plus attribuée, contrairement aux autres cités qui sont toutes représentées par un glyphe spécifique[14].

Ces incertitudes et ces contradictions sont à l'origine de nombreuses hypothèses émises par les historiens[15], tandis que nombre d'entre eux tiennent pour acquis le caractère mythique de cette cité, dont la description est fortement chargée de symboles. Christian Duverger, dans sa monographie L'origine des Aztèques, considère même que la grande similarité entre Aztlan et Mexico est un indice (parmi de nombreux autres) d'une réécriture a posteriori des origines des Aztèques, qui leur aurait permis de légitimer leur occupation de Mexico, en tant que site naturel jumeau d'Aztlan[16].

Période migratoire

Leur départ semble se faire en l'an 1-couteau de silex (1116) ou peut-être au moment de la chute de Tula en 1168[17]. Guidés par le dieu Huitzilopochtli, ils erreront pendant plusieurs générations avant de se fixer sur le site actuel de Mexico.

Les Mexicas seraient pass√©s par Chicomoztoc (¬ę lieu des sept cavernes ¬Ľ en nahuatl) d'o√Ļ diff√©rentes tribus seraient parties les unes apr√®s les autres, et notamment les Tolt√®ques. Ils seraient √©galement pass√©s par Tula[17] avant d'arriver √† Chapultepec vers 1248[18].

Au XIVe si√®cle, la r√©gion du plateau central mexicain comptait 28 cit√©s-√©tats[19] : les plus puissantes √©taient Culhuacan au sud, d'origine tolt√®ques) et Azcapotzalco √† l‚Äôouest (d'origine incertaine). Ces cit√©s-√©tats √©taient tant√īt en √©tat de guerre, tant√īt alli√©es. √Čtablis √† Chapultepec, les Mexicas tomb√®rent sous la domination des Colhuacas. Les T√©pan√®ques d‚ÄôAzcapotzalco expuls√®rent les Mexicas de Chapultepec. Ces derniers ne tard√®rent pas √† se r√©volter et sauv√®rent leur vie en se r√©fugiant dans les zones mar√©cageuses du lac. En 1299, Cocoxtli, le dirigeant de Culhuacan les autorisa √† se fixer sur les terres pauvres de Tizapan[20], o√Ļ ils se m√©lang√®rent √† la culture Culhuacan.

Fondation de Tenochtitlan

Le blason du Mexique reprend le glyphe aztèque symbolisant la fondation de Mexico-Tenochtitlan.

En 1323, les Mexicas auraient vu un aigle perch√© sur un cactus serrant dans ses griffes une figue de barbarie (tenochtli en nahuatl)[21] (ou un serpent selon certaines sources anciennes[22],[20], qui ont peut-√™tre cherch√© √† occulter le symbolisme sacrificiel inh√©rent √† la figue de barbarie[23]). Cette vision fut interpr√©t√©e par les pr√™tres comme un message surnaturel du dieu Huitzilopochtli leur indiquant qu‚Äôil leur fallait s‚Äô√©tablir √† cet endroit et qu‚Äôils allaient fonder un puissant empire. Les Mexicas fond√®rent la ville de Tenochtitlan sur une petite √ģle mar√©cageuse au milieu du lac Texcoco, l'ann√©e 2-maison (1325)[24].

En 1375, ils √©lirent leur premier chef (Huey tlatoani), Acamapichtli, qui venait de Colhuacan et appartenait √† une dynastie tolt√®que[25]. Jusqu‚Äôen 1428, les Mexicas rest√®rent soumis √† l‚Äô√Čtat d‚ÄôAzcapotzalco, qui √©tait devenu une puissance r√©gionale, sans doute la plus importante depuis les Tolt√®ques. Le troisi√®me chef mexica, Chimalpopoca, √©tait un vassal d‚ÄôAzcapotzalco[25].

La Triple Alliance

Symboles des √Čtats de la Triple alliance azt√®que (Codex Osuna, page 34, 1565)
Article d√©taill√© : Triple alliance azt√®que.

Maxtla, fils de Tezozomoc, assassina Chimalpopoca en 1428. Son successeur, Itzcoatl, s’allia avec le chef exilé de Texcoco, Nezahualcoyotl afin de vaincre Maxtla[26]. Cette coalition, que Tlacopan rejoignit par la suite, est appelée la Triple alliance aztèque ou ligue des trois villes[27]. Elle réussit à imposer sa domination sur la vallée de Mexico et étendit son influence du golfe du Mexique au littoral du Pacifique.

Période impériale

Tenochtitlan devint alors progressivement l‚Äô√Čtat le plus puissant sur le plateau central du Mexique. Deux souverains de Texcoco surent garder son influence √† la troisi√®me ville de la Triple Alliance qui devint la capitale intellectuelle de l'empire : Nezahualcoyotl, protecteur des arts et des sciences et Nezahualpilli, qui mit en application les id√©aux de son p√®re Nezahualcoyotl. Apr√®s les r√®gnes d'Itzcoatl et de Moctezuma Ier, puis la mort de Nezahualcoyotl en 1472, les souverains mexicas h√©rit√®rent d'un v√©ritable empire[28].

Les deux principaux architectes de l‚Äôempire azt√®que furent les demi-fr√®res Tlacaelel et Moctezuma I (1440-1469), qui √©taient aussi les neveux d‚ÄôItzcoatl. Moctezuma I succ√©da √† Itzcoatl comme Hueyi Tlatoani en 1440 ; il √©tendit la domination azt√®que sur les √©tats actuels de Guerrero, Puebla et Oaxaca[29]. Tlacaelel, qui √©tait une sorte de vice-empereur, r√©forma l‚Äô√Čtat et la religion. Selon certaines sources, il aurait ordonn√© de br√Ľler les livres azt√®ques au motif qu‚Äôils contenaient des mensonges. Il fit r√©√©crire l‚Äôhistoire de son peuple qui devenait une nation mythique et qui aurait √©t√© toujours puissante. Tlacaelel serait √©galement √† l‚Äôorigine des rituels guerriers (guerre fleurie) mais aussi de la n√©cessit√© de sacrifices permanents pour perp√©tuer la course du soleil.

L‚Äôempire azt√®que connut son apog√©e sous le r√®gne d‚ÄôAhuitzotl entre 1486 et 1502[29]. En moins de 200 ans, l‚Äôhumble peuple nomade chass√© par plus puissant que lui √©tait devenu le ma√ģtre de la vall√©e de Mexico et de ses environs. Les Mexicas attribuaient leur succ√®s √† Huitzilopochtli et adoraient conter la glorieuse √©pop√©e de leur longue errance dans le d√©sert. L'¬ę empire ¬Ľ qu'ils b√Ętirent rapidement et la soumission des nations occupant ce territoire trouvait leur l√©gitimit√© dans le fait que les Tenochcas (autre nom pour d√©signer les Azt√®ques) √©taient d'apr√®s eux-m√™mes le peuple √©lu du soleil pour diriger le ¬ę monde ¬Ľ.

Le successeur d‚ÄôAhuitzotl, MotecuzŇćma Xocoyotzin (plus connu sous le nom de Moctezuma II), poursuivit l'organisation administrative de l'empire[30].

Conquête espagnole

Article d√©taill√© : Conqu√™te de l'Empire azt√®que.
Route parcourue par Hern√°n Cort√©s et ses alli√©s depuis la c√īte de Chalchiuhcueyecan jusqu'√† Mexico-Tenochtitlan en 1519.

Moctezuma II √©tait huey tlatoani depuis 17 ans lorsque le conquistador Hern√°n Cort√©s d√©barqua sur les c√ītes mexicaines au printemps 1519. Ce dernier conclut une alliance avec la conf√©d√©ration de Tlaxcala qui √©tait depuis longtemps ennemie des Azt√®ques. Les Espagnols et leurs alli√©s am√©rindiens arriv√®rent devant Tenochtitlan le 8 novembre 1519. Moctezuma les accueillit d‚Äôabord pacifiquement ; puis la m√©fiance et l‚Äôhostilit√© s‚Äôinstall√®rent pour culminer avec le massacre du Templo Mayor et la mort du chef azt√®que. Les conquistadores durent fuir la ville le 1er juillet 1520 apr√®s les affrontements de la Noche Triste (¬ę la nuit triste ¬Ľ). Ils revinrent pour assi√©ger Tenochtitlan avec leurs alli√©s am√©rindiens au printemps 1521. Le 13 ao√Ľt, ils entr√®rent dans la cit√© et la r√©duirent √† n√©ant. Apr√®s la mort de Moctezuma II, l‚Äôempire azt√®que tomba entre les mains d‚Äôempereurs affaiblis comme Cuitl√°huac ; puis il fut dirig√© par des chefs fantoches comme Andr√©s de Tapia Motelchiuh, choisi par les Espagnols. L'ex√©cution de Cuauht√©moc en 1524 marque la fin de l'Empire azt√®que[30]. Le d√©clin de l‚Äôempire azt√®que provoqua la lib√©ration des autres cultures am√©rindiennes du centre du Mexique. Les dignitaires azt√®ques furent consid√©r√©s comme des nobles par les conqu√©rants et furent respect√©s comme tels. Les Tlaxcalans rest√®rent fid√®les aux Espagnols et particip√®rent aux autres conqu√™tes men√©es par Cort√©s et ses hommes.

Les causes de la défaite

Espagnols jetant les cadavres de Moctezuma et Itzquauhtzin.

La rapidit√© de la conqu√™te espagnole s‚Äôexplique par diverses causes. Tout d‚Äôabord, les conquistadores poss√©daient un armement sup√©rieur : cuirasses, √©p√©es et lances d'acier, arbal√®tes, arquebuses et canons (en faible quantit√©), cavalerie. Les Azt√®ques se battaient avec des armes en obsidienne et en silex, des boucliers et des protections l√©g√®res orn√©es de plumes.

Les Espagnols √©taient ensuite tr√®s sup√©rieurs tactiquement : en effet, les conquistadors sont pour une grande partie d'entre eux des v√©t√©rans des guerres d'Italie. Ils ont une solide exp√©rience des combats, en d√©pit de leur m√©connaissance du terrain et de leur faible nombre (compens√© en partie par leurs alli√©s totonaques, tlaxcalt√®ques, otomis, m√©contents de la domination mexica).

Enfin, les buts de guerre sont diff√©rents : les Espagnols combattent pour √©liminer l'ennemi du combat (de fa√ßon temporaire ou d√©finitive), alors que les Azt√®ques tentent de faire des prisonniers en vue de sacrifices futurs pour les dieux. Ces derniers avaient des r√®gles et des rituels pr√©cis li√©s √† la guerre. Chaque faction pr√©venait l'autre de son attaque prochaine et lui fournissait m√™me des armes (souvent en quantit√© plus symbolique qu'utile). D'ailleurs une guerre ne se terminait jamais par un massacre g√©n√©ralis√© ou un asservissement total. Les gagnants et les perdants discutaient ensemble des conditions de soumission, des tributs √† payer, etc.

Les Espagnols pratiqu√®rent le pillage et n'h√©sit√®rent pas √† tuer. Cette guerre fut √©galement un affrontement id√©ologique entre deux cultures tr√®s diff√©rentes[31]. L'ind√©cision initiale de Moctezuma qui croyait assister au retour de Quetzalcoatl √©tait hant√© par l'antique proph√©tie et par de mauvais pr√©sages, se pr√©para √† livrer son empire : Quetzalcoatl devait revenir l'ann√©e ce-acatl (du roseau) et Cort√©s d√©barqua une ann√©e ce-acatl[32]. Le facteur de surprise et de peur n‚Äôest pas √† n√©gliger pour expliquer l‚Äôeffondrement azt√®que. Devant l'ennemi et leurs nouvelles technologies, les diff√©rents peuples am√©rindiens du continent faisaient face √† une nouvelle menace. Le bruit du tonnerre entre les mains, les conquistadores ma√ģtrisaient les foules. Devant la destruction des lieux sacr√©s, la profanation des cultes et l'√©limination des diff√©rentes idoles, l'absence de r√©ponse divine ne faisait qu'accentuer le pouvoir des Espagnols et la peur des conquis. Enfin, la variole, maladie transport√©e d'Europe en Am√©rique par les Espagnols, affaiblit consid√©rablement les Azt√®ques.

Déclin démographique (période coloniale)

En 1520-1521, une √©pid√©mie de variole toucha les habitants de Tenochtitlan et fut l‚Äôun des principaux facteurs de la chute de la ville au moment du si√®ge. En effet, on estime entre 10 √† 50 % la part de la population de la cit√© morte √† cause de cette maladie. Deux autres √©pid√©mies affect√®rent la vall√©e de Mexico : la variole en 1545-1548 et le typhus en 1576-1581. Il est n√©anmoins difficile de dresser avec exactitude un bilan d√©mographique au XVIe si√®cle. Mais les maladies apport√©es par les Europ√©ens et pour lesquelles les Am√©rindiens n‚Äô√©taient pas immunis√©s ont provoqu√© des millions de morts. La population totale du centre du Mexique a peut-√™tre diminu√© de 80 % en une soixantaine d‚Äôann√©es[33].

Organisation politique

Structures de base

Comme dans les autres civilisations m√©soam√©ricaines, l'organisation socio-politique azt√®que √©tait structur√©e principalement sur trois niveaux : la famille, le calpulli et l'altepetl.

Le calpulli (du nahuatl ¬ę calpŇćlli ¬Ľ signifiant ¬ę grande maison ¬Ľ ; autre mot : tlaxilacalli) √©tait l'unit√© politique de base, compos√©e de plusieurs groupes familiaux formant un r√©seau social. La nature exacte du calpolli n‚Äôest pas tout √† fait claire et a pu √™tre assimil√©e √† un clan[29], une ville, un quartier[34], une paroisse ou coop√©rative agricole. Le calpolli √©tait sous l‚Äôautorit√© d‚Äôun chef local (calpŇćleh) qui r√©partissait les terres pour l‚Äôagriculture (calpŇćllńĀlli) ou encore les t√Ęches non-agricoles, en √©change d‚Äôun tribut et de la fid√©lit√©[35]. Chaque calpolli envoie des d√©l√©gu√©s au conseil supr√™me[29] et poss√®de un temple o√Ļ le culte de la divinit√© protectrice est rendu, ainsi qu'une √©cole appel√©e telpochcalli dans laquelle les jeunes gar√ßons s‚Äôentra√ģnaient aux arts martiaux. Dans certaines cit√©s-√Čtats du monde azt√®que, les calpollis √©taient sp√©cialis√©s dans le commerce, comme Otompan, Texcoco et Tlatelolco[36] ; ces organisations azt√®ques peuvent faire penser aux guildes de l‚ÄôEurope m√©di√©vale. Enfin, d‚Äôautres capollis regroupaient des immigrants venus d‚Äôautres r√©gions de la M√©soam√©rique : √† Tenochtitlan les calpollis d‚ÄôOtomis, de Mixt√®ques et de Tlapan√®ques[37].

L‚Äôaltepetl √©tait une sorte de cit√©-√Čtat regroupant plusieurs calpollis et dirig√©e par un tlatoani. Le mot d√©signe non seulement un territoire mais aussi sa population. Ces cit√©s-√Čtats pouvaient conclure des alliances, comme celle qui unissait Tlacopan, Texcoco et Tenochtitlan contre Azcapotzalco. Lorsqu'un altepetl √©tendait sa domination √† d'autres altepetl, on lui donnait alors le titre de ¬ę huey altepetl ¬Ľ (¬ę grand altepetl ¬Ľ).

Impérialisme

L'empire aztèque à la veille de la conquête espagnole.
Exemples de tributs pay√©s au ¬ę huey tlatoani ¬Ľ (Codex Mendoza).

√Ä la veille de la conqu√™te espagnole, l'altepetl de Mexico-Tenochtitlan avait soumis √† sa domination de nombreux autres altepetl, gagnant ainsi le titre de ¬ę huey altepetl ¬Ľ (grand altepetl).

Cet empire √©tait divis√© en 38 provinces plus ou moins assujetties, qui constituaient des cadres √©conomiques et de perception du tribut[38]. Il √©tait compos√© de plusieurs ethnies diff√©rentes les unes des autres, dont certaines ne parlaient pas le nahuatl[32]. Il ne formait pas un ensemble territorial coh√©rent : par exemple, la r√©gion m√©ridionale et p√©riph√©rique de Xoconochco ne se trouvait pas en contact direct avec le centre de l‚Äôempire. Tlaxcala au centre, Metztitlan au nord et Teotitlan au sud, √©taient des enclaves ind√©pendantes √† l'int√©rieur de l'empire azt√®que[39]. Les fronti√®res √©taient surveill√©es par des garnisons et prot√©g√©es par quelques fortifications comme √† Oztoman[40].

D‚Äôapr√®s Alexander J. Motyl[41], l‚ÄôEmpire azt√®que √©tait de nature informelle ou h√©g√©monique car il n‚Äôexer√ßait aucune autorit√© supr√™me sur les territoires conquis et n‚Äôattendait qu'un tribut de leur part sous forme de balles de coton, plumes de quetzal, mesures d'or, v√™tements pr√©cieux, etc.[42] Apr√®s leur d√©faite, les chefs h√©r√©ditaires √©taient en g√©n√©ral restaur√©s dans leur fonction de commandement et les Azt√®ques n‚Äôintervenaient pas dans les affaires locales, pourvu que le tribut soit honor√©[43]. Les altepetl devaient tous renoncer √† leur politique militaire et c√©l√©brer le culte de Huitzilopchtli[44]. Beaucoup d'entre eux conservaient une relative autonomie de fait au sein de la conf√©d√©ration[45]. Ils furent l‚Äôun des rouages de la domination h√©g√©monique des Azt√®ques sur les autres peuples de la M√©soam√©rique[46]. Les gouverneurs azt√®ques (tlacatecuhtli, ¬ę chef des guerriers ¬Ľ) r√©sidaient dans les provinces sensibles[44].

Le tribut devait √™tre acquitt√© entre une et quatre fois par an selon sa nature[47]. Il √©tait lev√© par un fonctionnaire (calpixque) aid√© d'une √©quipe de scribes. Deux registres des tributs sont parvenue jusqu'√† nous  : le Matricula de Tributos et le Codex Mendoza[48]. Le tribut √©tait en nature : il √©tait souvent compos√© de coton ou de l‚Äôixtle (fibre d‚Äôagave). Mais il pouvait √©galement √™tre fourni en, produits agricoles, en m√©taux, en turquoises, en bois, en animaux, en v√™tements et en objets divers. La monnaie n'existait pas, mais le quachtli et son multiple la charge faisaient office d'√©talon[49]. L'ensemble des imp√īts √©tait entrepos√© dans le tr√©sor (petlacalco) du palais imp√©rial[50].

Hi√©rarchie de l'√Čtat

Tlatoani

Ahuitzotl : la natte, le diad√®me de turquoises et la volute qui s'√©chappe de sa bouche indiquent qu'il s'agit d'un Tlatoani (Codex Mendoza).
Article d√©taill√© : Tlatoani.

Chaque altepetl (cit√©-√Čtat) nahua √©tait dirig√© par un souverain appel√© ¬ę tlatoani ¬Ľ en nahuatl (¬ę celui qui parle[42] ¬Ľ ou ¬ę celui qui commande[51] ¬Ľ, du verbe ¬ę tlatoa ¬Ľ, ¬ę parler ¬Ľ). √Ä la veille de la conqu√™te espagnole, le tlatoani mexica √©tait appel√© huey tlatoani (grand tlatoani), car son pouvoir s'√©tait √©tendu √† d'autres altepetl ; les Espagnols, en tentant d'adapter cette fonction √† leurs r√©f√©rences europ√©ennes, l'ont traduit par ¬ę empereur ¬Ľ.

Tous les Tlatoanis aztèques sont issus de la même famille, mais la succession ne se faisait pas nécésssairement de père en fils. Frères, neveux ou petits-fils entraient en ligne de compte. Les chroniqueurs espagnols ne s'accordent d'ailleurs pas sur l'ordre suivi[52].

Aux débuts de l'histoire aztèque, il était désigné par l'assemblée générale des guerriers[51]. En tant que huey tlatoani, son statut était devenu semi-divin mais il restait nommé par un grand conseil. Cette assemblée choisissait le membre de la famille qu'elle jugeait le plus compétent[53]. Ce choix devait être approuvé par les autres membres de la Triple Alliance, c'est-à-dire les souverains de Texcoco et de Tlacopan. L'intronisation proprement dite n'avait lieu qu'après que le souverain eut fait preuve de ses capacités en menant une série de conquêtes.

Lorsqu'il est représenté dans les manuscrits indigènes, on le distingue entre autres par la volute qui se dégage de sa bouche et qui indique la parole. Il porte un diadème d'or et de turquoises ainsi qu'un manteau bleu-vert[53].

L'empereur devait remplir ses devoirs envers les dieux et prot√©ger le peuple azt√®que. Il avait pour conseillers intimes le Cihuacoatl et certains grands dignitaires. Il avait en charge tout ce qui concernait les affaires ext√©rieures √† la cit√©. √Ä Texcoco, le tlatoani r√©gnait sans cihuacoatl mais √©tait entour√© de quatre conseils : gouvernement et justice, finances, guerres et musique.

Grands dignitaires

Le Cihuac√≥atl, dont le nom signifie litt√©ralement ¬ę serpent-femme ¬Ľ[54] et qui repr√©sente la divinit√© du m√™me nom, √©tait le deuxi√®me personnage de l'√Čtat azt√®que apr√®s le Tlatoani[53]. Il organisait des exp√©ditions arm√©es, jugeait en appel et rempla√ßait l‚Äôempereur en son absence. C'est Itzcoatl qui avait cr√©√© cette fonction pour l'aider dans sa t√Ęche et avait nomm√© son neveu Tlacaelel √† ce poste[55]. Tlacaelel fut aussi le principal conseiller des deux empereurs suivants, Moctezuma Ier (son fr√®re) et Axayacatl. La fonction resta ensuite occup√©e par son fils puis son petit-fils.

Quatre grands dignitaires militaires, dont le tlacateccatl (¬ę qui commande les guerriers ¬Ľ) et le tlacochocalcatl (¬ę pr√©pos√© √† la maison des javelines ¬Ľ), suivaient le Cihuac√≥atl dans la hi√©rarchie des conseillers du tlatoani mexica.

Tous les grands dignitaires faisaient partie de l'assembl√©e du ¬ę tlacocan ¬Ľ (¬ę lieu de la parole ¬Ľ, ou ¬ę Grand Conseil ¬Ľ), qui √©tait consult√©e avant toute d√©cision importante et pouvait refuser jusqu'√† trois fois une proposition du tlatoani[56]. Ses membres √©taient d√©sign√©s par le souverain ou recrut√©s par cooptation.

Fonctionnaires

Moins importants que les pr√©c√©dents, ils s'occupaient des diff√©rentes t√Ęches administratives concernant la police, les greniers et magasins o√Ļ s'entassait le tribut. Ils d√©pendaient du uey calpixqui (que les Espagnols traduisaient par ¬ę grand majordome ¬Ľ), qui remplissait les fonctions de pr√©fet de la capitale et de ministre des finances[56].

Armée

Article d√©taill√© : Arm√©e azt√®que.

Hiérarchie militaire

Les ¬ę macehualtin ¬Ľ (pl√©b√©iens) formaient une infanterie de base √©quip√©e de frondes. Les plus efficaces d'entre eux pouvaient √™tre anoblis au rang de guerrier jaguar ou de guerrier aigle apr√®s s'√™tre illustr√© au combat en capturant plus de quatre prisonniers. D'autres ordres militaires √©taient ceux des guerriers fl√®ches et des guerriers cr√Ęnes, dont le r√īle √©tait d'effrayer l'adversaire[57].

Principes guerriers

Les Aztèques se battaient pour conquérir plus de terres ou simplement pour faire des prisonniers à sacrifier à leurs dieux. C'est pourquoi ils organisaient régulièrement des chasses à l'homme appelées guerres fleuries contre les peuples périphériques de l'empire. Ces raids rapides et efficaces n'empêchaient pas pour autant l'empire aztèque, dans ses désirs d'expansion, de s'engager dans de longues guerres en territoire ennemi. Il avait donc besoin de guerriers résistants et déterminés.

Société

La page 64 du Codex Mendoza illustre une certaine mobilit√© sociale d'origine militaire. Du jeune guerrier (√† la fin du 2¬į registre) au guerrier jaguar (√† la fin du 3¬į registre), sont √©num√©r√©s les diff√©rents grades et costumes correspondant au nombre de prisonniers captur√©s (de 1 √† 4).

Groupes sociaux

À l'origine, la structure tribale des Aztèques, avant que ces chasseurs-cueilleurs chichimèques ne se sédentarisent, était égalitaire[34],[58] et basée sur l'existence de clans. En revanche, au moment de la conquête espagnole, la société était fortement hiérarchisée, même si une certaine mobilité sociale existait encore.

Aristocratie

Article d√©taill√© : tecuhtli.

Au sommet de la pyramide sociale, on trouvait les ¬ę tecuhtli ¬Ľ ( ¬ę dignitaires ¬Ľ, ¬ę seigneurs ¬Ľ[34]), que les chroniqueurs espagnols appelaient g√©n√©ralement ¬ę caciques ¬Ľ. En principe √©lus √† des fonctions administratives, militaires ou religieuses, ils √©taient g√©n√©ralement d√©sign√©s √† vie par leurs concitoyens, mais toujours avec l'aval du pouvoir central qui devait confirmer ce choix et les nommait parfois m√™me directement. Pour assurer les frais souvent √©lev√©s de leur fonction, ils b√©n√©ficiaient des revenus des terres qui leur √©taient attribu√©es et recevaient en outre une part des tributs pr√©lev√©s sur les peuples de l'empire. Ils ne payaient pas d'imp√īts.

Article d√©taill√© : pilli.

Au moment de l'arriv√©e des Espagnols, ce groupe √©tait en voie de devenir une ¬ę noblesse ¬Ľ h√©r√©ditaire[42],[59] : leurs enfants faisaient automatiquement partie des ¬ę pipiltin ¬Ľ (sing. ¬ę pilli ¬Ľ). √Ä ce titre, ils √©taient exempt√©s d'imp√īt[42] et ils avaient acc√®s aux meilleures √©coles, appel√©es ¬ę calmecac ¬Ľ. Comme ces √©coles formaient les pr√™tres (¬ę tlamacazqui ¬Ľ)[34], les pipiltin repr√©sentaient donc √©galement l‚Äôessentiel de la hi√©rarchie religieuse, m√™me si la pr√™trise √©tait accessible aux membres des classes inf√©rieures. La soci√©t√© azt√®que √©tant essentiellement bas√©e sur la religion, qui n√©cessitait de nombreux prisonniers √† sacrifier, les autres charges les plus prestigieuses √©taient militaires, et seuls pouvaient y aspirer ceux qui s'√©taient distingu√©s au combat.

Les lignées aristocratiques commençaient même à se définir par rapport à un passé mythique rattaché à des ancêtres toltèques voire même à la descendance du dieu Quetzalcoatl[60].

Prêtres

Les pr√™tres √©taient exempt√©s d'imp√īts et menaient une vie c√©libataire, rythm√©e par les je√Ľnes, les rituels et les p√©nitences[61]. Ils recevaient leur formation dans le calmecac. Ils avaient un r√īle social en s'occupant des h√īpitaux et en gardant les livres sacr√©s. Le clerg√© recevait de nombreuses offrandes g√©r√©e par un tr√©sorier g√©n√©ral (tlaquimiloltecuhtli).

Le clerg√© √©tait ouvert aux femmes et hi√©rarchis√© : les temples de quartiers √©taient confi√©s √† de simples desservants. Les provinces √©taient sous la responsabilit√© de pr√™tres sup√©rieurs. √Ä Tenochtitlan, le Mexicatl Teohuatsin √©tait une sorte de vicaire g√©n√©ral[61]. Enfin, deux grands-pr√™tres s'occupaient du grand temple de la capitale.

Marchands

Quand ils ne pouvaient pas transporter leurs marchandises uniquement par voie navigable, les pochtecas aztèques utilisaient leur dos, car ils ne disposaient pas de chariot ni d'animal de trait (Codex florentin).

Les marchands, appel√©s ¬ę pochteca ¬Ľ, constituaient un groupe social tr√®s distinct des autres : ils habitaient des quartiers qui leur √©taient r√©serv√©s, se mariaient entre eux et avaient leurs propres tribunaux[62].

C'est le caract√®re semi-militaire de leurs activit√©s qui explique en partie ces particularismes. En effet, comme ils formaient des caravanes et partaient pour des exp√©ditions lointaines jusqu'√† l'isthme de Tehuantepec pour fournir Tenochtitlan en produits exotiques, ils servaient √©galement souvent d'espions (naualoztomeca) et devaient fr√©quemment combattre dans les lointaines contr√©es hostiles o√Ļ ils s'aventuraient[63].

Ce r√īle important dans la soci√©t√© azt√®que leur conf√©rait des avantages sociaux par rapport aux autres pl√©b√©iens : ils √©taient dispens√©s du service personnel et de la participation aux travaux publics organis√©s par l‚Äô√Čtat ; leurs enfants pouvaient fr√©quenter le calmecac, coll√®ge r√©serv√© √† l‚Äôaristocratie[64] ; ils avaient √©galement le droit de porter des bijoux en or et des v√™tements luxueux lors de circonstances exceptionnelles, comme certaines f√™tes.

En revanche, m√™me si ces commer√ßants jouissaient de grands privil√®ges politiques et √©conomiques, ils devaient √©viter de faire √©talage de richesse et de gloire pour ne pas heurter les pipiltin et leur donner l'impression d'empi√©ter sur leurs privil√®ges. On attendait d‚Äôeux un comportement ¬ę humble ¬Ľ et parfois les biens des commer√ßants riches √©taient confisqu√©s par l‚Äô√Čtat.

Le pochtecatlatoque √©tait un dignitaire, g√©n√©ralement le plus √Ęg√© des pochteca, charg√© d'organiser le commerce et d'administrer les march√©s. Quant aux tlatlani, ils √©taient sp√©cialis√©s dans la traite des esclaves et √©taient tr√®s riches.

Plébéiens

Les ¬ę macehualtin ¬Ľ (sing. ¬ę macehualli ¬Ľ), c'est-√†-dire les gens du commun, formaient la majorit√© de la population. Ils √©taient astreints au service militaire ainsi qu'aux travaux collectifs et devaient payer un tribut √† l'√Čtat azt√®que[58]. Group√©s en ¬ę calpulli ¬Ľ (l'unit√© sociale de base dans toute la M√©soam√©rique), ils exer√ßaient diff√©rentes fonctions : artisans, artistes, paysans. Les terres appartenaient collectivement aux ¬ę calpulli ¬Ľ et chaque famille en recevait une parcelle en usufruit.

Comme ils accomplissaient un service militaire, il existait une certaine mobilit√© sociale : le guerrier qui se distinguait au combat en faisant au moins quatre prisonniers sur le champ de bataille pouvait s'√©lever dans la hi√©rarchie sociale en acc√©dant au statut de ¬ę cuauhpilli ¬Ľ, qui lui octroyait certains privil√®ges h√©r√©ditaires dont jouissaient les ¬ę pipiltin ¬Ľ. Il s'√©tait ainsi form√© une aristocratie de rang inf√©rieur au sein de la caste des guerriers jaguars et des guerriers aigles.

Les ¬ę macehualtin ¬Ľ n'avaient pas le droit de porter les m√™mes v√™tements que les ¬ę pipiltin ¬Ľ (voir image ci-contre) : si tous portaient une cape ou manteau appel√© ¬ę tilmatli ¬Ľ, celui des ¬ę macehualtin ¬Ľ √©tait en fibres de maguey, alors que celui des ¬ę pipiltin ¬Ľ √©tait en coton ; de plus, le ¬ę tilmatli ¬Ľ des ¬ę pipiltin ¬Ľ descendait jusqu'aux chevilles, alors que celui des ¬ę macehualtin ¬Ľ ne descendait que jusqu'aux genoux.

Les artisans, appel√©s ¬ę Tolt√®ques ¬Ľ √©taient organis√©s en corporations et avaient leurs propres dieux et lieux de culte.

Au-dessous des ¬ę macehualtin ¬Ľ, existait une cat√©gorie de d√©class√©s appel√©s ¬ę mayeque ¬Ľ, qui ne faisaient partie d'aucun calpulli et cultivaient les terres des seigneurs. Un ¬ę macehualli ¬Ľ qui ne remplissait pas ses obligations √©tait susceptible de r√©gresser dans cette cat√©gorie. Les paysans sans terre (¬ę tlalmaitl ¬Ľ) n'√©taient pas des citoyens azt√®ques : ils ne payaient pas l'imp√īt mais devaient le service militaire[64].

Esclaves

L'esclavage existait chez les Azt√®ques : ils appartenaient √† un ma√ģtre et n'avaient pas de droits civiques. Certains esclaves, captur√©s √† la guerre, √©taient destin√©s √† √™tre sacrifi√©s. Les autres, appel√©s tlatlacotin, pouvaient le devenir pour des raisons diverses : pour avoir commis un d√©lit, ou encore parce qu'ils s'√©taient vendus eux-m√™mes ou avaient √©t√© vendus par leurs parents, lors d'une famine par exemple[65]. Ils semblent avoir √©t√© bien trait√©s, certains poss√©daient des biens, des terres et m√™me d'autres esclaves[64]. Ils pouvaient se marier et leurs enfants √©taient libres. Ils pouvaient acheter leur affranchissement ou √™tre lib√©r√© √† la mort de leur ma√ģtre. Les empereurs pouvaient d√©cider d‚Äôaffranchissements massifs[64]. Au moment de la vente d'esclaves, ceux qui r√©ussissaient √† s'enfuir et √† franchir la porte du palais devenaient libres.

√Čducation

Le folio 60r du Codex Mendoza montre comment les parents mexicas éduquaient leurs enfants[66].

La civilisation aztèque est l’une des premières du monde à avoir imposé une éducation à tous les enfants, quel que soit leur sexe ou leur rang social.

Dans un premier temps, les enfants étaient éduqués par leurs parents dans le cadre du calpulli. Ils allaient régulièrement au temple local pour être testés. L’apprentissage de formules appelées huehuetlatolli constituait une grande partie de l’enseignement. Il s’agissait le plus souvent de formules pieuses et de proverbes basés sur les valeurs de la société aztèque. Elles étaient empruntées au fonds culturel nahua et ont évolué au cours des siècles. Les pères enseignaient à leurs filles de rester propres mais de ne pas trop se maquiller pour ne pas ressembler à des ahuianis. Les mères leur apprenaient à toujours aider leur futur mari. Les filles apprenaient les techniques artisanales et à élever les enfants. Elles n’apprenaient ni à lire, ni à écrire. Les garçons devaient être humbles, obéissants et travailleurs.

En principe, les enfants et les adolescents entre 10 et 15 ans devaient fr√©quenter les √©coles qui √©taient de deux types : les telpochcalli (¬ę maison des jeunes ¬Ľ) dispensaient un enseignement de base (histoire, religion, artisanat, agriculture) et militaire. L'enseignement √©tait gratuit pour les filles et les gar√ßons dans coll√®ges de quartier[67]. Les calmecac √©taient sp√©cialis√©es dans l‚Äô√©criture, l‚Äôastronomie, l‚Äôadministration et la th√©ologie. Elles √©taient fr√©quent√©es principalement par les fils des pillis. Les professeurs (tlamatimine) y imposaient une √©ducation s√©v√®re : bains froids le matin, punitions corporelles, saign√©es, tests d‚Äôendurance. Elles formaient des chefs (tlatoque), des pr√™tres (tlacuilo), des professeurs (tlatimini), des gu√©risseurs (tizitl) et des artistes (tlacuilos). Les √©l√®ves apprenaient les rituels, l‚Äôhistoire, le calendrier, la g√©om√©trie, la po√©sie et les arts martiaux (telpochcalli).

Condition féminine

Certaines filles devenaient sages-femmes et reçevaient le même apprentissage que les guérisseurs. Des peintures représentent des femmes présidant des cérémonies religieuses, mais il n’existe aucune référence à des femmes prêtresses. Enfin, quelques-unes étaient choisies pour intégrer la maison du chant et de la danse, d’autres pour le jeu de balle, deux occupations de haut rang social.

√Čconomie

Agriculture

Des chinampas modernes
Statue aztèque d'un homme tenant une cabosse de cacao.

La prosp√©rit√© de la civilisation azt√®que a en grande partie repos√© sur une agriculture efficace qui a permis de nourrir des millions d‚Äôindividus. Les Azt√®ques ont d‚Äôabord pratiqu√© une agriculture vivri√®re pluviale qui s‚Äôest am√©lior√©e progressivement. Ils ont conquis de nouveaux terroirs en am√©nageant des terrasses sur les pentes, au moyen de murets en pierre. Dans les vall√©es et les bassins, les paysans azt√®ques ma√ģtrisaient les techniques de l‚Äôirrigation. Ils ont su reprendre, √©tendre et am√©liorer le syst√®me des canaux et des digues des civilisations pr√©c√©dentes. Une grande partie des eaux de la Cuauhtitlan ont notamment √©t√© d√©tourn√©es vers les champs. Dans les r√©gions mar√©cageuses du Lac Xochimilco, les Azt√®ques ont cr√©√© de nouvelles terres cultivables appel√©es chinampas, sortes de jardins flottants[68],[45]. Pour cela, ils pr√©levaient de la boue dans le fond du lac qu‚Äôils d√©posaient sur de larges radeaux constitu√©s de branches et de v√©g√©taux coup√©s[68],[45]. Ces √ģlots artificiels √©taient s√©par√©s par des canaux √©troits qui permettaient aux paysans de circuler en canots et en pirogues. Ces chinampas √©taient tr√®s fertiles et pouvaient produire plusieurs r√©coltes par an. Les villes poss√©daient √©galement de petits champs et des jardins : chaque famille pouvait ainsi faire pousser du ma√Įs, des fruits, des plantes m√©dicinales.

Parmi toutes les plantes cultiv√©es par les Azt√®ques, le ma√Įs √©tait l‚Äôune des plus importantes et constituait l‚Äôessentiel de leur alimentation (tortilla). Cette c√©r√©ale √©tait cultiv√©e dans les terrasses des hautes terres, dans vall√©es et dans les chinampas.

Les autres productions agricoles de l’Empire aztèque était l’avocat, les haricots, les courges, les patates douces, les tomates, l’amarante, le piment. Dans les régions littorales tropicales poussaient le coton, le cacao et le caoutchoutier

Commerce

Dans la soci√©t√© azt√®que, le commerce √©tait extr√™mement d√©velopp√©. Une circulation de biens entre les hautes terres productrices de ma√Įs, de haricots... et les basses terres c√īti√®res tropicales beaucoup plus riches et qui fournissaient le cacao, le coton, les plumes d‚Äôoiseaux pour les parures, l'obsidienne, donnait lieu aux activit√©s d‚Äôune classe sp√©cialis√©e de marchands, les pochteca[34]. Cette circulation marchande doublait la circulation des m√™mes produits sous la forme du tribut √† l‚Äô√Čtat azt√®que. Dans une lettre c√©l√®bre √† Charles Quint, Hernan Cortez d√©crivit les immenses march√©s de Tenochtitlan. Sur ces march√©s, chaque produit avait un lieu de vente d√©termin√©. La vente se r√©alisait √† la pi√®ce ou √† la mesure. Les jours de march√© √©taient f√©ri√©s. Des tribunaux sp√©ciaux, contr√īl√©s par les marchands, tranchaient les conflits entre vendeurs et acheteurs et le chef des marchands fixait le prix des marchandises. Il √©tait interdit de vendre les produits en dehors des places de march√©. Sur les march√©s plus petits et dans les localit√©s de moindre envergure, le commerce √©tait aux mains de marchands appel√©s tlanecuilo. Ils vendaient des produits de consommation courante et de la nourriture. Les march√©s locaux √©taient essentiels pour les populations √©tant donn√© que les Azt√®ques n‚Äôavaient pas d‚Äôanimaux de trait ou de b√Ęt.

Religion

Mythologie

¬ę La Pierre du Soleil ¬Ľ synth√©tise l'essentiel de la cosmogonie azt√®que.
Représentation du dieu Quetzalcoatl (Codex Borbonicus).
Représentation de Tlaloc, divinité de la pluie.
Article d√©taill√© : Mythologie azt√®que.

Caractérisée par son syncrétisme, la mythologie aztèque était un mélange de traditions polythéistes, chamanistes et animistes héritées pour la plupart de civilisations mésoaméricaines plus anciennes. Comme la plupart des autres mythologies de Mésoamérique, donc, elle était principalement astrale et déterminée par l'observation du ciel, et, dans son panthéon, le dieu de la pluie (Tlaloc) et le serpent à plumes (Quetzalcoatl) tenaient une place très importante.

Cosmogonie

Les dieux, selon les croyances en vigueur au Mexique √† l'√©poque azt√®que (XIVe si√®cle de notre √®re), avaient successivement cr√©√© quatre mondes ou ¬ę soleils ¬Ľ, chaque fois an√©antis[68].

Le premier, form√© sous un Soleil d'escarboucles (Autre nom du rubis, pierre pr√©cieuse d‚Äôun rouge vif), disparut dans des cataractes torrentielles ; les quelques √™tres humains qui surv√©curent devinrent poissons. Le deuxi√®me monde, constitu√© sous un Soleil de feu, fut d√©truit par des jets de flammes, et les hommes furent chang√©s en divers animaux. Le troisi√®me monde, n√© sous un Soleil noir, fut englouti √† la suite d'un tremblement de terre, et les hommes furent d√©vor√©s par les b√™tes sauvages. Le quatri√®me monde, apparu sous le Soleil de l'air, s'acheva par la m√©tamorphose des hommes en ouistitis. Enfin, un cinqui√®me monde fut cr√©√© par Quetzalcoatl et Xolotl[68], qui connut le D√©luge universel : seuls un homme et une femme parvinrent √† gagner le sommet de la montagne et √©vit√®rent l'extermination ; ils repeupl√®rent la terre telle que devait la conna√ģtre et la travailler le peuple azt√®que.

Les Aztèques se considéraient comme le peuple élu du soleil[22].

Divinités

La religion aztèque comportait un grand nombre de dieux, en particulier pour tous les phénomènes naturels, ainsi que pour la vie quotidienne. Il existait par exemple 400 dieux pour le pulque, c'est-à-dire la sève fermentée de l'agave[69] (le nombre 400 symbolisant l'infini)[69].

Mais même s'il intégrait avec une facilité exceptionnelle de nombreux dieux étrangers, le panthéon aztèque restait dominé par leur dieu tribal originel du soleil et de la guerre, Huitzilopochtli.

Avec Tlaloc, le dieu de la pluie et de l'agriculture qu'on retrouve sous diff√©rents noms au sommet du panth√©on de toutes les civilisations m√©soam√©ricaines, ils avaient leur temple sur la pyramide principale du Templo Mayor de la capitale et leurs pr√™tres √©taient au fa√ģte de la hi√©rarchie sacerdotale.

Quetzalcoatl (dieu de la civilisation, d'origine toltèque) et son ennemi Tezcatlipoca (dieu de la mort) étaient également très vénérés.

Vie après la mort

Selon les croyances azt√®ques, les guerriers morts au combat ou sacrifi√©s se rendaient au ciel oriental pr√®s du Soleil puis revenaient sous forme d'un papillon ou d'un colibri au bout de quatre ans[70],[71]. Mais les gens du commun n'√©chappait pas au Mictlan et disparaissaient apr√®s un voyage difficile de quatre ans[70],[72]. Les noy√©s allaient au tlalocan, ¬ę paradis ¬Ľ du dieu de la pluie Tlaloc[72].

Rites

Différentes étapes de la vie

La religion et les superstitions imprégnaient tous les aspects de la vie quotidienne des Aztèques.

Dans les quatre jours qui suivaient sa naissance, l'enfant recevait son nom par un prêtre. Il subissait un lavage rituel et la cérémonie était achevée par un banquet[73].

La cérémonie du mariage, organisée chez l'homme, donnait lieu à des rites comme le partage d'un plat commun par les époux. Après quatre jours de prières, le mariage pouvait être consommé sexuellement[74]. La polygamie était une pratique courante, surtout parmi les classes sociales élevées[75]. Certains seigneurs, ainsi que l'empereur, avaient une épouse principale et plusieurs épouses secondaires. Le divorce était autorisé et le remariage possible.

Une sage-femme s'occupait de la femme enceinte et veillait à ce que certains tabous soient respectés comme celui de ne pas regarder d'objet rouge[75].

√Ä l'approche de la mort, le vieillard pouvait confesser ses fautes √† un pr√™tre et devait faire p√©nitence (scarifications, je√Ľne, offrandes aux dieux)[76].

La plupart des morts √©taient incin√©r√©s : les femmes mortes en couches, les noy√©s et les foudroy√©s √©taient enterr√©s[70]. Au cours de la cr√©mation, on br√Ľlait de la nourriture ou un chien, car Xolotl, dieu √† t√™te de chien avait triomph√© des enfers[70]. L'esprit du chien √©tait cens√© guider l'√Ęme du d√©funt[57]. La famille du d√©funt devait encore br√Ľler des offrandes 80 jours apr√®s le d√©c√®s[77]. Le corps de l'empereur √©tait incin√©r√© avec un masque de pierre ou de turquoise ; ses cendres √©taient plac√©es dans jarre avec morceau de jade, symbole de vie[77]. Puis la jarre √©tait entrepos√©e dans le temple de Huitzilopchtli.

Sacrifices humains

Article d√©taill√© : Sacrifice humain chez les Azt√®ques.

La religion azt√®que pratiquait le rite du sacrifice humain de mani√®re r√©guli√®re et massive : Hern√°n Cort√©s a estim√© que 3 000 √† 4 000 personnes √©taient sacrifi√©es par an[78]. Le nombre de sacrifi√©s le plus important √©voqu√© dans les chroniques appara√ģt dans le codex Dur√°n, qui affirme qu'en 1487, pour c√©l√©brer la r√©novation du Templo Mayor de Mexico-Tenochtitlan par Ahuitzotl, 80 400 captifs auraient √©t√© sacrifi√©s en quatre jours[79], m√™me si ce chiffre est probablement exag√©r√© (le codex Telleriano-Remensis √©voque quatre fois moins de victimes)[80],[68],[45].

Si, probablement, ce sont au départ essentiellement des esclaves qui étaient sacrifiés, comme cela resta le cas dans la civilisation maya, le caractère expansionniste de l'Empire aztèque fit des prisonniers de guerre les principales victimes des sacrifices humains avec les esclaves[81]. Réciproquement, le besoin de captifs à sacrifier augmenta avec l'expansion de l'Empire et explique les guerres perpétuelles des souverains successifs.

On sacrifiait √©galement des condamn√©s, et certains rituels exigeaient le sacrifice de nobles, de femmes vierges, d'enfants ou encore de ¬ę personnes marqu√©es ¬Ľ, c'est-√†-dire pr√©sentant une particularit√© physique, comme les nains et les bossus[82]. Certains Azt√®ques se portaient aussi volontaires pour √™tre sacrifi√©s, afin d'√™tre ainsi divinis√©s[83], car ils croyaient que leur destin apr√®s la mort d√©pendait non pas de leurs actions sur terre mais de la fa√ßon dont ils mouraient, et les deux morts qu'ils consid√©raient les plus glorieuses √©taient la mort au combat et le sacrifice. Cette croyance √©tait largement r√©pandue en M√©soam√©rique : cela permet d'expliquer que les ennemis captur√©s ne r√©sistaient pas quand ils √©taient sacrifi√©s, d'autant qu'ils √©taient √©puis√©s apr√®s leur voyage du champ de bataille au temple, qu'ils trouvaient dans le sacrifice un moyen digne d'√©chapper √† une vie d'esclave et qu'ils √©taient probablement, au moins parfois, drogu√©s.

Les sacrifices avaient généralement lieu dans la cité, dans une enceinte cérémonielle, devant un temple, le plus souvent en haut d'une pyramide dont la montée symbolisait l'approche vers le dieu. Cependant, comme les lieux de culte étaient très variés, on sacrifiait également, en fonction des circonstances, sur la lagune, dans les montagnes (dont les pyramides reproduisent la forme symbolique rapprochant la terre du ciel et abritant le temple-caverne des dieux), aux croisées des chemins ou encore sur le champ de bataille[84].

Les m√©thodes de sacrifice √©taient vari√©es ‚ÄĒ pendaison, cr√©mation, noyade ‚ÄĒ et d√©pendaient du dieu auquel on consacrait les victimes ainsi que du rituel, mais la forme la plus fr√©quente √©tait la cardiectomie (extraction du cŇďur) et se pratiquait sur une victime encore vivante, √† l'aide d'un couteau d'obsidienne ou de silex.

Dans le cas de la cardiectomie, la victime √©tait plac√©e sur une pierre de sacrifice (¬ę techcatl ¬Ľ) de forme variable (trap√©zo√Įdale, conique ou parall√©l√©pip√©dique), mais presque toujours plus haute que large (sauf dans le cas de l'utilisation des grandes pierres cylindriques semblables √† la pierre du Soleil ou la pierre de Tizoc), et d'une taille verticale de plus ou moins 50 cm[85] ; on utilisait aussi parfois comme support des tambours (¬ę teponaztli ¬Ľ) ou le dos d'un pr√™tre, dont on peut supposer que les chac-mool √©taient des substituts en pierre[86].

Le cŇďur du sacrifi√© √©tait ensuite brandi ou lanc√© vers un symbole du dieu auquel √©tait d√©di√© le sacrifice, voire m√™me frott√© ou √©cras√© contre une repr√©sentation du dieu[87]. La plupart des sources indiquent que le cŇďur √©tait finalement d√©pos√© dans un r√©ceptacle, souvent un ¬ę cuauhxicalli ¬Ľ (¬ę r√©ceptacle de l'aigle ¬Ľ), pour que le dieu puisse le manger[88] ; il pouvait aussi √™tre br√Ľl√©, enterr√© ou mang√©[89]. Le sang et le cr√Ęne √©taient aussi des √©l√©ments importants de l'offrande.

Le reste du corps des sacrifiés était généralement coupé en morceaux pour servir aussi bien de parure que de nourriture pour certaines personnes[90] ou des animaux sauvages gardés en captivité (serpents, jaguars)[91].

Jeu de pelote

Offrande de balle en caoutchouc au dieu Xiuhtecuhtli (Codex Borgia).
Article d√©taill√© : Jeu de pelote.

Ce jeu rituel, appelé tlachtli ou ollamaliztli en nahuatl, était très répandu dans toute la Mésoamérique. Réservé aux classes supérieures de la société aztèque[69], son but semble avoir été de faire passer une grosse balle de caoutchouc dans un anneau vertical accroché à environ trois mètres de haut. Il y avait deux anneaux, accrochés à deux murs l'un en face de l'autre. Pour faire rentrer la balle dans ces anneaux, on pouvait seulement se servir de ses articulations (genoux, coudes, chevilles, hanches...), et pas de ses mains. La balle ne devait pas toucher terre, et si la balle tombait, l'équipe qui l'avait laissée tomber écopait d'une pénalité. Le jeu en soi était assez violent, car il arrivait souvent que les joueurs (tous des guerriers) prennent la balle en plein dans le ventre et tombent raides morts.

Ce jeu avait un but religieux, car à chaque partie, les spectateurs pariaient sur une équipe et tous les objets pariés étaient réunis. Plus le tas d'objets pariés était gros, plus les dieux étaient apaisés, et pouvaient ainsi libérer les pluies nécessaires.

Centres religieux

Reconstitution du Templo Mayor de Mexico-Tenochtitlan (Musée National d'Anthropologie de Mexico).
Article d√©taill√© : Templo Mayor.

C‚Äô√©tait √† Mexico que l‚Äôon trouvait l‚Äôacropole la plus importante, le Templo Mayor. Elle √©tait situ√©e au centre g√©ographique de la ville, la o√Ļ se croisaient les trois routes principales qui reliaient la ville √† la terre et √©tait entour√©e d'une muraille appel√©e le mur des serpents. √Ä l‚Äôint√©rieur se trouvaient plusieurs pyramides surmont√©es de temples pour des dieux diff√©rents. La pyramide la plus haute √©tait le temple Mayor, qui lui √©tait surmont√© de deux temples et poss√©dait deux escaliers c√īte √† c√īte. Les deux temples en question √©taient le temple de Tlaloc dieu de la pluie ( √† gauche) surmont√© d‚Äôune cr√™te bleu et le temple de Huizipochtli (√† droite) surmont√© d‚Äôune cr√™te rouge incrust√©e de cranes. A droite du temple Mayor il y avait le temple de Chicomecoalt, et √† gauche celui de Tezcatlipoca. En face du temple Mayor, il y avait le temple de Quetzalcoalt. Puis, √† droite et √† gauche du temple de Quezalcoalt se trouvaient quatre temples pour les dieux des peuples conquis. Ensuite, derri√®re le temple de Quetzalcoalt se trouvait le jeu de pelote (voir dernier paragraphe). A gauche de celui-ci se trouvait le temple de Xipe Totec, qui lui aussi n‚Äôavait pas la classique forme pyramidale mais √©tait compos√© par un enclos de murs bas, qui renfermaient une cour dans laquelle se trouvait un petit autel pour les sacrifices. A gauche du jeu de pelote se trouvait l‚Äôautel des cr√Ęnes.

Médecine

Les gu√©risseurs (tizitl ou ticitl) √©taient sp√©cialis√©s : les uns apprenaient √† reconna√ģtre et classer les plantes m√©dicinales ; les autres √©laboraient des traitements qui √©taient vendus dans les tlapalli. Plus d‚Äôune centaine de pr√©parations √©tait connue, du d√©odorant √† la p√Ęte dentifrice, etc. Certains gu√©risseurs √©taient capables d‚Äôop√©rer, de soigner les maladies de peau, les maux digestifs. Ils savaient poser des empl√Ętres et r√©aliser des saign√©es[92].

Cuisine

Des Azt√®ques partageant un repas (Codex Florentin, fin du XVIe si√®cle).
Une jarre pour le pulque, à l'effigie d'un singe. Vers 1200-1520, musée de Dumbarton Oaks, Washington D.C..

La cuisine azt√®que √©tait √† base de ma√Įs, courge, haricot agr√©ment√©s de piment et de tomate. Le ma√Įs √©tait consomm√© sous forme de galette, de pain et de bouillie. La volaille et la viande de boucherie √©taient rares[42]. Les Azt√®ques mangeaient du dindon et du chien (Xoloitzcuintle)[42]. La dinde √©tait associ√©e au dieu Tezcatlipoca[93].

Le lac Texcoco fournissait √©galement du gibier d'eau, des √©crevisses, du poisson et des algues Spirulina, pr√©par√©es dans une sorte de g√Ęteau riche en flavonoides. Des poissons et des crustac√©s de mer √©taient import√©s pour les classes sociales sup√©rieures. Bien que le r√©gime alimentaire des Azt√®ques √©tait essentiellement v√©g√©tarien, ils consommaient aussi des insectes comme les chapulines, des chenilles et des larves riches en prot√©ines.

Les élites mangeaient occasionnellement de la chair humaine dans certaines cérémonies religieuses. D'après le récit de plusieurs conquistadors, après les sacrifices les soldats mangeaient la chair des sacrifiés.

Les Azt√®ques utilisaient √©galement l'agave pour obtenir de l'aguamiel sucr√©e, des fibres pour les v√™tements et les cordages ; ils buvaient le pulque (octli), un brevage ferment√© employ√© dans les c√©r√©monies. L'ivrognerie √©tait interdite, sauf pour les anciens[94]. Elle √©tait punie de mort pour les jeunes[95]. √Ä la fin des repas, les nobles et les dignitaires fumaient la pipe (tabac, aromates) et consommaient des champignons hallucinog√®nes[96]. Les f√®ves de cacao servaient de monnaie et pour pr√©parer le xocolatl (mot nahuatl signifiant boisson am√®re), √©loign√©e de nos chocolats modernes. Les Azt√®ques associ√®rent le chocolat √† Xochiquetzal, la d√©esse de la fertilit√©. Il √©tait consomm√© sous forme de boisson am√®re et piment√©e appel√©e xocoatl, souvent aromatis√©e √† la vanille, au piment et au roucou. Le xocoatl √©tait cens√© combattre la fatigue, une croyance qui est probablement attribuable √† la th√©obromine. Seuls les nobles et les guerriers consommaient du chocolat, g√©n√©ralement √† la fin du repas[94], car le cacao √©tait une marchandise rare qu'il fallait importer depuis les vergers du Tabasco et du Soconuzco appartenant aux Mayas. Le cacao √©tait un produit pr√©cieux dans toute la M√©soam√©rique. D'autres boissons chocolat√©es le combinaient avec des produits comestibles tels que les gruaux de ma√Įs (qui agissaient comme un √©mulsifiant) et du miel.

Après la conquête espagnole, certaines plantes comme l'Amarante (huauhtli en nahuatl)[97] furent interdites à cause de leur utilisation rituelle. La baisse de la nourriture disponible posa de sérieux problèmes de malnutrition.

Loisirs

Jeu du patolli (Codex florentin).

Le patolli était une sorte de jeu de l'oie sur 52 cases, référence aux 52 années du cycle solaire[68].

Bernal Diaz rapporte que Cortés et Moctezuma II ont joué ensemble au totoloque.

Le jeu de pelote faisait l'enjeu de paris[98], ayant une fonction rituelle mais aussi de divertissement.

Littérature et arts

Article d√©taill√© : Art azt√®que.

√Čcriture et lettres

Exemple de manuscrit en nahuatl (Codex Mendoza).

L'√©criture nahuatl appara√ģt au XIIe si√®cle de notre √®re[99]. Elle servait √† consigner des √©crits √©conomiques (registres d'imp√īts, tributs), historique (comme le Codex Xolotl) et religieux (tonalamatl). Elle combinait des √©l√©ments pictographiques, des id√©ogrammes et des symboles phon√©tiques[99]. Les livres √©taient nombreux dans les biblioth√®ques des temples, des √©coles et des r√©sidences nobilaires[100]. Les scribes √©crivaient sur des supports vari√©s : fibres d'agave, peau de chevreuil √† la mani√®re des parchemins, √©corce battue, etc[100]. Des milliers de manuscrits furent d√©truits par les Espagnols au moment de la conqu√™te et de la p√©riode coloniale.

Le chant et la po√©sie √©taient des activit√©s appr√©ci√©es par les Azt√®ques. Ils organisaient des concours et des spectacles. Des repr√©sentations de type th√©√Ętral mettaient en sc√®nes des acrobates et des musiciens pour les com√©dies. Elles furent par la suite adapt√©es par les missionnaires chr√©tiens √† des fins d‚Äô√©vang√©lisation.

Beaucoup de po√®mes ont √©t√© rassembl√©s au cours de la conqu√™te espagnole : la plus importante collection est celle des Romances de los se√Īores de la Nueva Espa√Īa, probablement rassembl√©e par Juan Bautista de Pomar. Plusieurs noms de po√®tes sont parvenus jusqu‚Äô√† nous : Netzahualcoyotl, tlatoani de Texcoco et Cuacuatzin, seigneur de Tepechpan par exemple.

La po√©sie √©tait d√©sign√©e par l‚Äôexpression in xochitl in cuicatl signifiant ¬ę la fleur et le chant ¬Ľ. Elle se divisait en plusieurs genres : Yaocuicatl, consacr√© aux dieux et au th√®me de la guerre ; Teocuicatl adress√© aux divinit√©s ; Xochicuicatl pour les fleurs. La prose √©tait quant √† elle appel√©e tlahtolli et se d√©clinait en plusieurs genres. Des pi√®ces de th√©√Ętre avec orchestre et des troupes d‚Äôacrobates divertissaient les nobles et l‚Äôempereur[101].

Peinture et enluminure

Il n'est pas douteux que les Azt√®ques ont rev√™tu de peintures les parois de leurs temples et de leurs palais. Ces Ňďuvres ont √©t√© d√©truites en m√™me temps que les √©difices qu'elles ornaient. Un fragment de fresque subsiste toutefois √† Malinalco[102], dans un b√Ętiment attenant au temple monolithique : son sujet semble √™tre une sc√®ne o√Ļ figure le dieu chasseur et guerrier Mixcoatl. Le scribe mexica portait le titre de ¬ę peintre ¬Ľ (tlacuilo en nahuatl). De fait, les manuscrits hi√©roglyphiques et pictographiques, que leurs th√®mes fussent religieux, historiques ou m√™me administratifs, constituaient avant tout des recueils d'images, des suites de tableaux soigneusement dessin√©s et colori√©s.

Sculpture et orfèvrerie

Ornement en forme de serpent (Bois, turquoise et coquillage, 20 X 43 cm, 1400-1521, British Museum).

La statuaire azt√®que religieuse et profane, utilisait des √©l√©ments symboliques tout en faisant preuve d'un r√©alisme vigoureux. La plupart des Ňďuvres ont √©t√© d√©truites par les Espagnols, car elles repr√©sentaient √† leurs yeux des supports d'idol√Ętrie. Les sculpteurs azt√®ques ont r√©alis√© de nombreuses statues de dieux et d√©esses, en respectant un symbolisme minutieux. Les dieux anciens √©taient de facture archa√Įque (Tlaloc par exemple)[103]. L'une des Ňďuvres les plus c√©l√®bres, conserv√©e √† Mexico, est celle du calendrier, figurant un soleil assoiff√© de sang en son centre[104]. Le bas-relief en disque de la d√©esse Cyolxauhqui, d√©couvert en 1978 √† Mexico, est un monolithe polychrom√©. Des objets plus petits temoignent du savoir-faire des artistes azt√®ques, tels les cr√Ęnes en cristal de roche conserv√©s √† Paris et √† Londres[105]. Les empereurs et les souverains commandaient aussi des pi√®ces profanes. Les bas-reliefs d√©corant les sanctuaires et les palais repr√©sentaient des animaux et des v√©g√©taux.

Les artisans aztèques excellaient dans l'art du masque en pierre, hérité des Toltèques, dont on faisait un usage funéraire ou religieux. Les couteaux de sacrifice ou les boucliers d’apparat couverts de plumes montrent le raffinement de l'artisanat aztèque. Les empereurs commandaient des objets somptuaires en métal précieux comme la statuette en or de l’empereur Tizoc, conservée à New York, ou encore comme les deux disques de 2,10 m de diamètre en or et en argent offert à Cortés, puis envoyé à l'empereur Charles Quint[106].

Architecture et urbanisme

Les principes de l'art azt√®que reprennent les traditions de la M√©soam√©rique, d√©j√† fix√©es pour l'essentiel √† l'√©poque classique : pyramides √† √©tages, panneaux et linteaux en bas-relief, autels monolithiques, murailles couvertes de fresques, etc[107]. Comme pour la religion et les techniques, les Azt√®ques ont emprunt√© aux autres cultures contemporaines de nombreux √©l√©ments.

Mexico-Tenochtitlan

Reconstitution de Mexico-Tenochtitlan.
Article d√©taill√© : Mexico-Tenochtitlan.

Tenochtitlan, la capitale de l'Empire azt√®que, comptait entre 150 000 habitants[21] et 500 000 habitants[108]. La ville s'√©tendait sur un carr√© d'environ 3 km de c√īt√©, pour une superficie approximative de 1 000 ha[109]. Elle √©tait divis√©e en quatre grandes sections (campan) dont le centre √©tait le Templo Mayor : Cuepopan au nord, Teopan √† l'est, Moyotlan au sud et Atzacalco √† l'ouest. Quatre grandes chauss√©es traversaient la ville. Bernal D√≠az del Castillo rapporte que 10 chevaux pouvaient y passer de front. La ville avait une grande sym√©trie. toutes les constructions devaient √™tre approuv√©s par le calmimilocatl, un fonctionnaire charg√© de l'urbanisme de la ville. Chaque maison, m√™me modeste poss√©dait son jardin et son bain de vapeur (temazcalli)[110].

La ville possédait aussi des latrines publiques. Les excréments étaient recueillis pour être utilisés comme engrais. Environ 1000 personnes travaillaient de plus au nettoyage de la ville. Moctezuma Ier avait fait construire un premier aqueduc de 5 km de long[110]. Un deuxième fut aménagé sous Auitzotl entre Coyoacan et le centre[110],[45]. En 1449, une digue de 16 km a été édifiée pour protéger la ville des inondations[111].

Au nord de la place centrale, une quarantaine de b√Ętiments publics formaient le centre religieux (Templo Mayor). Il comptait une pyramide avec deux sanctuaires, d'autres temples (de Quetzalcoatl, de Tezcatlipoca, de Ciuacoatl, de Coacalco)[108], mais aussi un coll√®ge (calmecac), le Mecatlan (√©cole de musique) et des arsenaux[112]. Ce centre religieux √©tait fortifi√© par une enceinte cr√©nel√©e de t√™tes de serpents (Coatepantli, ¬ę muraille de serpents ¬Ľ) de 300 m√®tres de large sur 400 de long, qui longeait le nord de la place centrale et le flanc du palais de l'empereur Moctezuma II. Le complexe platial s'incrivait dans un espace de 200 m√®tres de c√īt√© et comportait plusieurs b√Ętiments distribu√©s autour d‚Äôun jardin : appartements imp√©riaux, tribunaux, magasins, tr√©sor, voli√®re, jardin zoologique, salles de musique et de danse[112]. Il existait ailleurs dans la ville d'autres monuments prestigieux comme le temple circulaire de Quetzalcoatl. Mais ils ont tous √©t√© d√©truits par les conquistadores.

Autres réalisations aztèques

  • temples de Teopanzolco, Huatusco et Teayo
  • pyramide de Tenyuca compl√©t√©e par les Azt√®ques
  • fortifications

Notes et références

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalit√© issu d‚Äôune traduction de l‚Äôarticle de Wikip√©dia en anglais intitul√© ¬ę Aztec ¬Ľ. (version de juin 2008)
  1. ‚ÜĎ Duverger 2003, p. 130.
  2. ‚ÜĎ cf. Cristobal del Castillo, Historia de los Mexicanos, p.57 (cit√© dans Duverger 2003, p. 130).
  3. ‚ÜĎ Chimalpahin (cit√© dans Duverger 2003, p. 186).
  4. ‚ÜĎ Duverger 2003, p. 134.
  5. ‚ÜĎ Le toponyme Mexico √©tant probablement ant√©rieur √† l'arriv√©e des Azt√®ques, il devait d√©j√† √™tre entr√© dans les usages avant que les Azt√®ques ne lui adjoignent celui de Tenochtitlan (cf. Duverger 2003, p. 142-144).
  6. ‚ÜĎ Codex Chimalopopoca, Annales de Cuauhtitlan, folio 26 (cit√© dans Duverger 2003 Note 4 p.129).
  7. ‚ÜĎ Duverger 2003 Note 3 p.129.
  8. ‚ÜĎ Duverger 2003 (Conclusion, p.373-387).
  9. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 9
  10. ‚ÜĎ Duverger 2003 (chap.II, 6. Une apparente contradiction : les descriptions d'Aztlan, p.98).
  11. ‚ÜĎ Duverger 2003 (chap.II, 1. Une localisation impr√©cise, p.83).
  12. ‚ÜĎ Duverger 2003 (chap.II, 1. Une localisation impr√©cise, p.84).
  13. ‚ÜĎ Duverger 2003 (chap.II, 2. Les approximations √©tymologiques, p.86).
  14. ‚ÜĎ Duverger 2003 (chap.II, 3. L'absence de glyphe).
  15. ‚ÜĎ Les historiens situent Aztlan parfois au nord-ouest du Mexique actuel (Michel Mourre 2004, p. 514), peut-√™tre dans l'√©tat de Nayarit (Mireille Simoni 2002, p. 644), parfois au sud-ouest des √Čtats-Unis actuels (Jacques Soustelle 2003, p. 7).
  16. ‚ÜĎ Duverger 2003, chap.III La r√©int√©gration de l'origine (cf. en particulier p.111).
  17. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 10
  18. ‚ÜĎ Smith 1984, p. 173
  19. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 11
  20. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 12
  21. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Georges Duby 1994, p. 403
  22. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Mireille Simoni 2002, p. 645
  23. ‚ÜĎ ¬ę les cŇďurs des captifs sacrifi√©s, ils les appelaient ¬ę quaunochtli tlazotli ¬Ľ (les pr√©cieuses figues de Barbarie de l'aigle) ¬Ľ (citation du codex florentin in Duverger 2003, p. 348).
  24. ‚ÜĎ Georges Duby 1994, p. 404
  25. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 17
  26. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 18
  27. ‚ÜĎ Georges Duby 1994, p. 402
  28. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 20
  29. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ et d‚ÄČ Michel Mourre 2004, p. 514
  30. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Michel Mourre 2004, p. 515
  31. ‚ÜĎ cf Les Azt√®ques √† la veille de la conqu√™te espagnole de Jacques Soustelle
  32. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Mireille Simoni 2002, p. 648
  33. ‚ÜĎ Silent Killers of the New World
  34. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ, d‚ÄČ et e‚ÄČ Georges Duby 1994, p. 405
  35. ‚ÜĎ Rudolph Van Zantwijk, The Aztec Arrangement: The Social History of Pre-Spanish Mexico, Norman, 1985, University of Oklahoma Press. ISBN 0-8061-1677-3, pp.16-17
  36. ‚ÜĎ Frances Berdan, The Aztecs of Central Mexico: An Imperial Society, Case Studies in Cultural Anthropology, New York, 1982, Holt, Rinehart & Winston. ISBN 0-03-055736-4, p.57
  37. ‚ÜĎ Rudolph Van Zantwijk, The Aztec Arrangement: The Social History of Pre-Spanish Mexico, Norman, 1985, University of Oklahoma Press. ISBN 0-8061-1677-3, p.17
  38. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 21
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  44. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 25
  45. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ, d‚ÄČ et e‚ÄČ Mireille Simoni 2002, p. 646
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  47. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 26
  48. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 27
  49. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 28
  50. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 29
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  53. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 44
  54. ‚ÜĎ Jacqueline de Durand-Forest, Les Azt√®ques, p. 62
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  56. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 46
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  58. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 31
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  60. ‚ÜĎ Frances Berdan, The Aztecs of Central Mexico: An Imperial Society, Case Studies in Cultural Anthropology, New York, 1982, Holt, Rinehart & Winston. ISBN 0-03-055736-4, p.47
  61. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 41-42
  62. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 37
  63. ‚ÜĎ Paul Hosotte 2001, p. 165
  64. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ et d‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 35
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  73. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 69
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  75. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 72
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  78. ‚ÜĎ Charles C. Mann, Marina Boraso (trad.), 1491. Nouvelles r√©v√©lations sur les Am√©riques avant Christophe Colomb, Albin Michel, 2007, (ISBN 9782226175922), p.144.
  79. ‚ÜĎ Graulich 2005, Avant-propos (p.7 et 24)
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  89. ‚ÜĎ Graulich 2005, p. 316, 317 et 320.
  90. ‚ÜĎ Graulich 2005, p. 314-316.
  91. ‚ÜĎ (es) ¬ę hab√≠an de sacrificar a sus dioses nuestros corazones y sangre, y con las piernas y brazos que bien tendr√≠an para hacer hartazgos y fiestas, y que los cuerpos echar√≠an a los tigres y leones y v√≠boras y culebras que tienen encerrados, que se harten de ellos ¬Ľ (Bernal D√≠az del Castillo, Historia verdadera de la conquista de la Nueva Espa√Īa, chap. LVI, C√≥mo nos dieron guerra en M√©xico, y los combates que nos daban, y otras cosas que pasamos).
  92. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 67
  93. ‚ÜĎ (en) Ancient North & Central American History of the Wild Turkey, Wildturkeyzone.com. Consult√© le 21-12-2007
  94. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 56
  95. ‚ÜĎ Paul Hosotte 2001, p. 180
  96. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 57
  97. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 4
  98. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 61
  99. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ (fr) L'√©criture nahuatl des Azt√®ques, B.N.F.. Consult√© le 02-07-2008
  100. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 66
  101. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 114
  102. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 105
  103. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 100
  104. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 101
  105. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 103
  106. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 108
  107. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 95
  108. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 51
  109. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 50
  110. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 54
  111. ‚ÜĎ Jacques Soustelle 2003, p. 55
  112. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jacques Soustelle 2003, p. 52

Voir aussi

Articles connexes

Sources indigènes

Liens externes

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Sources de cet article

  • Manuel Aguilar-Moreno, Handbook to Life in the Aztec World, Oxford University Press, 2007, 464 p. (ISBN 0195330838) 
  • Nigel Cawthorne (trad. Daniel Alibert-Kouraguine), L‚Äôart des Azt√®ques, Solar, Paris, 1999, 96 p. (ISBN 2263028609) .
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  • Christian Duverger, L'origine des Azt√®ques, Seuil, coll. ¬ę Points Histoire ¬Ľ, 2003, 432 p. (ISBN 2020590751) .
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  • Mireille Simoni, Encyclop√¶dia Universalis, vol. 3, Encyclop√¶dia Universalis, Paris, 2002 (ISBN 2852295504), ¬ę Azt√®ques ¬Ľ .
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  • Jacques Soustelle, La vie quotidienne des Azt√®ques √† la veille de la conqu√™te espagnole, Hachette, Paris, 1955, 318 p.  [d√©tail de l‚Äô√©dition].
  • Jacques Soustelle, L'Univers des Azt√®ques, Hermann, coll. ¬ę Savoir ¬Ľ, 1997 .

Bibliographie

Chroniqueurs

Encyclopédies et dictionnaires

  • Georges Duby et , L'Histoire du monde. Le Moyen √āge, Larousse, Paris, 1994 (ISBN 2032090023) .
  • Michel Mourre et , Dictionnaire Encyclop√©dique d'Histoire, Bordas-Sejer, Paris, 2004 (ISBN 2040270558), ¬ę Azt√®ques ¬Ľ .
  • Mireille Simoni, Encyclop√¶dia Universalis, vol. 3, Encyclop√¶dia Universalis, Paris, 2002 (ISBN 2852295504), ¬ę Azt√®ques ¬Ľ .

Périodiques

  • (en) Michael E. Smith, ¬ę The Aztlan Migrations of Nahuatl Chronicles: Myth or History? ¬Ľ, dans Ethnohistory, no 31-3, 1984, p. 153-186 . (lire en ligne)


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