Tourelle

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Tourelle

Une tourelle est un dispositif, placé sur un véhicule ou une installation fixe militaire, qui permet d'orienter en site l'armement qu'elle porte, tout en maintenant ce dernier sous une protection. Elle se distingue de la barbette, de fonction identique, par sa protection mobile qui peut s'étendre même au toit, alors que dans une barbette le blindage est fixe et l'arme à ciel ouvert. Il existe de nombreux types de tourelle, dont le mouvement peut être manuel ou motorisé, certaines peuvent même être entièrement automatisées, ne requérant pas la présence de servants pour les armes qu'elles contiennent. La gamme d'armes embarquées dans des tourelles va de la mitrailleuse aux pièces d'artillerie de plusieurs dizaines de centimètres de calibre.

Sommaire

Usage naval

√Čclat√© d'une tourelle triple de 406 mm (16 pouces) √©quipant les derniers cuirass√©s de l'US Navy

La tourelle s'imposa dans les marines de guerre avec l'augmentation du calibre et de la masse des pièces d'artillerie. Le nombre des canons de chaque navire dut alors être réduit pour conserver la stabilité sur l'eau, et il convenait d'utiliser chacun de la façon la plus efficace, en augmentant leur champ de tir. Un des premiers exemples de navire équipé d'une tourelle fut le Monitor, utilisé pendant la Guerre de Sécession, suivi du HMS Captain de Cowper Phipps Coles, en 1869, premier navire de haute mer doté d'une artillerie en tourelle. Cependant, peu de temps après sa mise en service, le 7 septembre 1870, le Capitain chavira, démontrant la difficulté d'employer simultanément des tourelles et des voiles.

Les Britanniques r√©gl√®rent le probl√®me en abandonnant la propulsion √† voile d√®s 1871, avec les deux navires de la classe D√©vastation. √Ä la fin du XIXe si√®cle, l'emploi de la tourelle s'imposa sur les plus grosses unit√©s des marines de guerre, comme les navires de ligne ou les croiseurs cuirass√©s. Les unit√©s plus l√©g√®res, comme les croiseurs prot√©g√©s et les torpilleurs gard√®rent encore longtemps un armement sur pivot, prot√©g√© par un simple bouclier, plus rapide √† pointer et plus l√©ger.

Sur la plupart des navires, les canons √©quipant les tourelles √©taient encore √† chargement par la bouche. La g√©n√©ralisation du chargement par la culasse allait accro√ģtre la cadence de tir, tout en √©vitant aux servants de s'exposer ; cependant, les obus de plus en plus lourds exigeaient souvent des machines √† charger, obligeant encore √† ramener la pi√®ce √† une certaine position de hausse, voire de site pour introduire la munition, ce qui retardait d'autant l'ouverture du feu. Par la suite, on d√©veloppa des m√©canismes solidaires du canon, ce qui permit de le charger dans n'importe quelle position.

Cliquer ici pour voir une animation du fonctionnement d'une tourelle de type 15 pouces anglaise, Mark 1

Usage automobile

Hormis quelques automitrailleuses ant√©rieures, le premier usage terrestre notable d'une tourelle apparut sur le char fran√ßais FT-17. La formule de l'armement orientable sur 360¬į sur un v√©hicule blind√© connut un succ√®s tel que d√®s lors, la plupart des blind√©s l'adopt√®rent. Elle permet de s'aventurer au coeur de la zone ennemie en engageant les objectifs et les menaces de tous c√īt√©s.

Seuls quelques chasseurs de chars et canons automoteur conservaient un armement en casemate, car ils √©taient cens√©s se d√©ployer en appui derri√®re les forces amies. De plus cela permettait de monter facilement des canons tr√®s puissants sur des ch√Ęssis qui auraient √©t√© incapables de les embarquer en tourelle. Le char √† plusieurs tourelles fut en vogue au cours des ann√©es 1930, en particulier chez les Britanniques et les Sovi√©tiques, afin d'engager plusieurs objectifs simultan√©ment. Mais l'exp√©rience montra de multiples inconv√©nients : la coordination du tir √©tait quasiment impossible, le champ de tir de chaque tourelle √©tait r√©duit, et le v√©hicule √©tait plus volumineux du fait de son √©quipage accru. La formule du plus gros canon possible dans une tourelle unique redevint rapidement la norme.

Les premières tourelles de blindés, légères, tournaient par l'action du tireur qui opérait debout, une épaule appuyée sur la crosse de l'arme. Le calibre des armes et le poids des tourelles allant croissant, on dut recourir à la motorisation utilisant l'énergie du moteur principal ou des moteurs électriques. Mais on garda un système de secours manuel, manivelle et système démultiplicateur, pour les cas de panne ou lorsqu'on voulait employer le char à l'arrêt. Ce mode de pointage allongeait l'opération, par exemple un tour complet de la tourelle sur un char Tigre prenait 720 tours de manivelle, mais cela la rendait aussi plus discrète.

Tout d'abord monoplaces, les tourelles devinrent bi puis triplaces, en particulier sous l'impulsion des Allemands. M√™me si la tourelle devenait plus volumineuse, cet effectif accru des servants permettait une meilleure r√©partition des r√īles. La formule regroupant un chef de v√©hicule, d√©gag√© de la charge de l'arme principale, pouvant observer le champ de bataille et y trouver les objectifs, et un tireur et un pourvoyeur, respectivement pointant et approvisionnant l'arme, d√©montra sa sup√©riorit√© au d√©but de la Seconde Guerre mondiale.

Usage aérien

Tourelle arrière quadruple d'un Lancaster

Les premiers armements aériens orientables furent d'abord montés sur des pivots, mais on passa rapidement à l'utilisation d'armes sur rail circulaire, permettant au servant un meilleur champ de tir. La vitesse des avions augmentant, le besoin de protéger l'équipage des éléments et d'améliorer l'aérodynamisme poussa à vitrer ces tourelles non protégées, puis à les blinder. La rotation de la tourelle, tout d'abord manuelle, se fit électrique en fonction du poids de l'ensemble. L'évolution suivante, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, fut l'emploi de dispositifs de télécommande, qui permettait au servant de rester abrité dans un compartiment pressurisé au lieu de s'exposer près de l'arme.

L'armement orientable en tourelle concerna surtout les a√©ronefs lourds, trop peu manoeuvrables pour pointer rapidement un armement fixe. La vocation de ce type d'armement est donc plut√īt d√©fensive ; quelques tentatives en sens inverse furent d√©cevantes, comme le Boulton Paul Defiant. Il valait mieux employer la masse et la place dans l'appareil √† l'am√©lioration de la maniabilit√©, de la vitesse et de la puissance de l'armement, alors que la tourelle repr√©sentait un gaspillage. De plus, cela requ√©rait des avions multiplaces et donc plus lourds, et posait de nombreux probl√®mes de coordination entre le tireur et le pilote.

Usage dans les fortifications

Tourelle sur contrefort du ch√Ęteau de Brancion

Dans les fortifications m√©di√©vales, les tourelles, ou ¬ę tournelles ¬Ľ, sont des tours de faible diam√®tre. Elles servent de tour de guet, √† la d√©fense d'un point faible, d'une poterne...

Dans les fortifications contemporaines (ligne Maginot, mur de l'Atlantique, etc.), les tourelles ne sont pas immobiles, mais elles tournent sur elles-mêmes et, pour certaines, elles s'élèvent ou s'éclipsent. Ces tourelles sont armées de mitrailleuses, de mortiers, de canons ou de lance-grenades.

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  • TOURELLE ‚ÄĒ n. f. Petite tour. Il y a quatre tourelles √† ce ch√Ęteau. Il se dit sp√©cialement, en termes de Fortification et de Marine, d‚Äôune Sorte de tour cuirass√©e, tournant le plus souvent sur elle m√™me, et qui sert √† abriter des canons ‚Ķ   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • tourelle ‚ÄĒ /too rel /, n. a turret. [1300 50; ME < OF; see TOWER, ELLE] * * * ‚Ķ   Universalium


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