Toponyme

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Toponymie

Page d'aide sur l'homonymie Pour les toponymes situĂ©s en France, voir Toponymie française.

La toponymie est la science qui Ă©tudie les noms de lieux (toponymes). Elle se propose de rechercher leur signification, leur Ă©tymologie, mais aussi leurs transformations au fil des siĂšcles. Avec l'anthroponymie (Ă©tude des noms de personnes), elle fait partie de l'onomastique (Ă©tude des noms propres), elle-mĂȘme branche de la linguistique. Le nom des habitants dĂ©coulant des toponymes est l'ethnonyme ou le gentilĂ©.

Le domaine de la toponymie est vaste. Cette science étudie en effet les noms de lieux habités (villes, villages, hameaux et écarts) ou non habités (lieux-dits), mais aussi les noms liés au relief, aux riviÚres, aux voies de communication (routes, rues). Elle peut aussi aborder des domaines plus restreints (noms de villas ou d'hÎtels, par exemple).

Sommaire

Glossaire succinct

  • Toponyme : nom propre de lieu.
  • Hagiotoponyme : les hagiotoponymes forment une catĂ©gorie dĂ©rivationnelle de toponymes ; il s'agit des toponymes provenant d'un nom de saint.
  • Hydronyme : les hydronymes forment une catĂ©gorie rĂ©fĂ©rentielle de toponymes ; il s'agit des toponymes rĂ©fĂ©rant Ă  une entitĂ© spatiale comportant le trait « + eau Â» (telle que cours d'eau, plan d'eau, source, chute d'eau, etc.).
  • Microtoponyme : toponyme d'une Ă©chelle infĂ©rieure Ă  la commune, au village ou Ă  l'habitat groupĂ©.
  • Odonyme (parfois Ă©crit hodonyme) : les odonymes forment une catĂ©gorie rĂ©fĂ©rentielle de toponymes ; il s'agit des toponymes rĂ©fĂ©rant Ă  une voie de communication.
  • Oronyme : les oronymes forment une catĂ©gorie rĂ©fĂ©rentielle de toponymes ; il s'agit des toponymes rĂ©fĂ©rant Ă  une entitĂ© spatiale comportant le trait « + relief Â» (sommet, vallon, plaine, replat, etc.).

Typographie des toponymes

France

La graphie des toponymes officiels français (ceux des entitĂ©s administratives : rĂ©gions, dĂ©partements, arrondissements, cantons, communes) est fixĂ©e par l’édition la plus rĂ©cente du Code officiel gĂ©ographique publiĂ© par l’Insee[1]. Voici les principales rĂšgles typographiques :

  • tous les substantifs et adjectifs prennent une majuscule ;
  • les articles, prĂ©positions, conjonctions et adverbes prennent une majuscule en dĂ©but de nom et une minuscule Ă  l’intĂ©rieur du nom, Ă  l’exception de Hors, qui prend toujours une majuscule, et des prĂ©positions situĂ©es en fin de toponyme, qui prennent Ă©galement une majuscule ;
  • les toponymes officiels composĂ©s de localitĂ©s administrativement organisĂ©es comportent un trait d’union entre tous les termes, sauf aprĂšs l’article initial ou lorsqu’il y a une apostrophe.[2]
Exemples : L'Île-Rousse, La Roche-sur-Yon, Saint-Vincent-et-Grenadines, Villeneuve-d'Ascq.

Exceptions : Pays de la Loire, Territoire de Belfort et l’espace aprĂšs « CĂŽte Â» dans Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur. On ne met pas non plus de traits d'union dans la partie non officielle d'un toponyme (Saint-Paul de Vence) ou d'un surnom gĂ©ographique (la CĂŽte d'Azur).

La rĂšgle est obligatoire sur tous les panneaux officiels (encadrĂ©s de rouge) de communes Ă  l’entrĂ©e d’une agglomĂ©ration, les dĂ©partements et rĂ©gions (sauf les exceptions ci-dessus), mais n’est pas toujours appliquĂ©e de façon cohĂ©rente sur les autres panneaux (lieux-dits, bĂątiments administratifs), les noms de riviĂšres (la SĂšvre niortaise), d’üles (l’Île d’Yeu dĂ©signe l’üle ayant plusieurs communes, mais on ne peut dĂ©tacher le mot Île du toponyme) et de montagnes (le mont Sainte-Odile, le mont Blanc mais le massif du Mont-Blanc), la distinction Ă©tant parfois nĂ©cessaire avec les noms de communes (le mont d’Or est le nom du mont gĂ©ographique, le Mont-d’Or est la commune).

Noms des entités politiques et administratives

Les mĂȘmes rĂšgles que pour les noms de rues (voir Noms de voies et d’organismes) s'appliquent aux unitĂ©s administratives et politiques françaises ou dont le nom a Ă©tĂ©, partiellement ou totalement, francisĂ©. La rĂšgle s’applique Ă©galement Ă  nombre de noms du domaine de la gĂ©ographie physique.

L’« unionisation Â» entraĂźne l’apparition d’une majuscule dans tous les noms et adjectifs unis dans l’expression. Trait d’union et majuscule sont donc les outils d’élaboration des noms composĂ©s des unitĂ©s administratives et politiques.

Ex. : Loire-Atlantique, Scey-sur-SaĂŽne-et-Saint-Albin, Basse-Normandie, CĂŽtes-d'Armor, RhĂ©nanie-du-Nord-Westphalie, Virginie-Occidentale, Chanteloup-les-Vignes, Cap-Vert, BohĂȘme-du-Sud, États-Unis, etc.

La partie du nom qui sera « unionisĂ©e Â» est ce qu’on appelle le spĂ©cifique (le nom « propre Â»), par opposition au gĂ©nĂ©rique (nom « commun Â»).

Ainsi, dans « dĂ©partement du Pas-de-Calais Â», « dĂ©partement Â» est gĂ©nĂ©rique, « Pas-de-Calais Â» est spĂ©cifique. Dans « pas de Calais Â», « pas Â» est un gĂ©nĂ©rique (synonyme de dĂ©troit), « Calais Â» est spĂ©cifique.

De mĂȘme, on fera la diffĂ©rence entre :

La logique, si l’application de cette rĂšgle Ă©tait et avait toujours Ă©tĂ© respectĂ©e, voudrait que l’on fasse la diffĂ©rence entre l’Afrique du Sud comme synonyme d’« Afrique australe Â» et l’Afrique-du-Sud, l’État (tout comme « Timor oriental Â» et « Timor-Oriental Â», « Ăźles Salomon Â» et « ĂŽles-Salomon Â»). On ne rencontre guĂšre plus « Irlande-du-Nord Â». De mĂȘme, Provence-Alpes-CĂŽte-d’Azur, Mecklembourg-PomĂ©ranie-Occidentale ou Frioul-VĂ©nĂ©tie-Julienne ne sont pas toujours les formes les plus courantes. L’usage n’a pas non plus retenu cette rĂšgle qui aurait permis de diffĂ©rencier le pays basque, rĂ©gion humaine et historique, et le Pays-Basque, l’unitĂ© administrative qu’est la CommunautĂ© autonome basque.

Sur l'Ă©volution de cette rĂšgle, voir les notes de Jean-Pierre Lacroux :

« III. La tradition française Ă©tait d’une grande limpiditĂ©. C’était trop beau. Elle s’est progressivement dĂ©gradĂ©e, au point de devenir dĂ©concertante, quasi inexplicable. Il est aujourd’hui « recommandĂ© Â» de traiter diffĂ©remment des entitĂ©s comparables, d’appliquer Ă  leurs noms des rĂšgles jusqu’alors rĂ©servĂ©es Ă  d’autres catĂ©gories de dĂ©nominations propres, etc. Des spĂ©cialistes membres de commissions officielles de terminologie, ministres, etc.) nous enseignent que les formes « Cap-Vert, Pays-Bas Â», imposĂ©es par l’usage — sous-entendu : archaĂŻque et un brin fantaisiste —, sont des exceptions Ă  la « rĂšgle Â» qui veut que l’adjectif postposĂ© conserve la minuscule initiale (principe il est vrai applicable Ă  plusieurs catĂ©gories de dĂ©nominations propres) et ne soit pas liĂ© par un trait d’union au nom qui le prĂ©cĂšde
 Cette « rĂšgle Â» n’existe que dans le chef de ceux qui sont prĂȘts Ă  compliquer la « grammaire orthotypographique Â» dans le seul dessein d’entĂ©riner tous les dĂ©rapages du mauvais usage. « Cap-Vert Â» ou « Pays-Bas Â» ne sont pas des exceptions mais des formes qui respectent la rĂšgle française. Il faut ĂȘtre singuliĂšrement audacieux pour affirmer que seul l’usage (la routine
) les a imposĂ©es, alors que c’est la « rĂšgle Â» qui nous donne {les Samoa occidentales}.

L’ennui
 c’est que les greffiers de l’usage sont d’une incohĂ©rence (interne et externe) assez

troublante (pour l’usager)[3]. Â»

Antonomases

Les antonomases (noms propres utilisĂ©s comme noms communs ou inversement) constituant des appellations d’origine s’écrivent avec une minuscule :

  • un verre de bordeaux ;
  • une coupe de champagne ;
  • du saint-Ă©milion ; un morceau de camembert ; du roquefort ; du saint-nectaire ;
  • un havane ;
  • un trĂšs beau sĂšvres.

La majuscule est toutefois maintenue si le lieu est citĂ© en tant que tel :

Certaines appellations appliquent simultanĂ©ment ces deux rĂšgles :

Québec

Au Canada, la rĂšgle du gouvernement fĂ©dĂ©ral veut que les toponymes (dont les noms de ville) ne se traduisent pas (ni du français, ni de l’anglais), exception faite pour quelques toponymes d’intĂ©rĂȘt pancanadien dont la liste se trouve ici : [1]. On pourrait aussi faire exception pour certains noms de grandes villes qui ont une forme française courante : Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) et Saint-Jean (Terre-Neuve-et-Labrador) en Ă©tant les exemples principaux.

Les spĂ©cifiques des toponymes français au Canada sont toujours reliĂ©s par des traits d’union : Sainte-Anne-de-Bellevue ; chemin de la CĂŽte-des-Neiges ; lieu historique national du Commerce-de-la-Fourrure-Ă -Lachine. Ainsi, on parlera de l’üle du Prince-Édouard (qui est une Ăźle qui s’appelle « Prince-Édouard Â»), mais l’Île-du-Prince-Édouard (qui est une province qui s’appelle « ĂŽle-du-Prince-Édouard Â».) Les particules nobiliaires ne prennent pas de trait d’union, mais on met une majuscule : rue Jean-De La Fontaine, ruelle Nick-Auf Der Maur, rue De La GauchetiĂšre, rue De Castelnau ; mais avenue de l’Église (spĂ©cifique est « Ă‰glise Â»).

Or, les spĂ©cifiques de langue anglaise ne contiennent pas de traits d’union, bien qu’ils soient incorporĂ©s dans un toponyme français : Kirkland Lake ; Ayer’s Cliff ; l’avenue McGill College ; la rue City Councillors ; la cĂŽte du Beaver Hall (ces quatre derniers se trouvent au QuĂ©bec). Mais : la rue Terry-Fox, le chemin Queen-Mary, l’église Saint-James (nom personnel, mĂȘme avec titre ou forme anglais).

Les toponymes canadiens sont disponibles ici : http://geonames.nrcan.gc.ca/info/tra_f.php . Pour des toponymes du QuĂ©bec, on peut contrĂŽler le site de la Commission de toponymie : http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ .

Belgique

L’usage est de ne pas lier prĂ©nom et nom par un trait d’union, par exemple Place EugĂšne Flagey et non Place EugĂšne-Flagey (cf. Joseph Hanse, Nouveau dictionnaire des difficultĂ©s du français moderne, page 591).

L’exception concerne les saints. En ce qui concerne les noms de lieux ou de fĂȘtes (et uniquement dans ces cas-lĂ ) on met toujours une majuscule et un trait d’union :

Luxembourg

L’usage est de ne pas lier prĂ©nom et nom par un trait d’union dans les noms de rues, de boulevards, etc., comme en Belgique. Le cas des saints est aussi une exception Ă  cette rĂšgle. Les Ă©tablissements publics prennent une minuscule Ă  la dĂ©signation mais des majuscules et traits d’union au nom propre, par exemple lycĂ©e Michel-Rodange ; Ă  l’exception de l’UniversitĂ© du Luxembourg, institution unique. RĂ©fĂ©rence : Guide de rĂ©daction

Notes et références

  1. ↑ insee.fr, Code officiel gĂ©ographique 2007
  2. ↑ La politique de regroupement de communes a abouti en France Ă  des appellations Ă  rallonge telles que Saint-RĂ©my-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson.
  3. ↑ Orthographe & typographie française, Dictionnaire raisonnĂ©, Jean-Pierre Lacroux (p.  158 du PDF ou p.  134 dans la numĂ©rotation de l'auteur).

Voir aussi

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