Tim Burton

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Tim Burton
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Tim Burton (n√© Timothy Walter Burton) est un r√©alisateur, sc√©nariste et producteur am√©ricain n√© le 25 ao√Ľt 1958 √† Burbank en Californie. Ma√ģtre du fantastique fortement influenc√© par Edgar Allan Poe, excellent conteur et graphiste d'exception, on lui doit notamment Pee-Wee Big Adventure, Beetlejuice, Batman, Edward aux mains d‚Äôargent, Charlie et la Chocolaterie, Big Fish et Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street. Il a √©galement r√©dig√© les sc√©narios de L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack et des Noces fun√®bres, deux films d‚Äôanimation r√©alis√©s avec des marionnettes √©voluant dans des d√©cors r√©els. Son cin√©ma se caract√©rise par des histoires mettant en sc√®ne des personnages marginaux et des √™tres hors-normes confront√©s √† la m√©chancet√© du monde r√©el. On y d√©c√®le √©galement une grande influence du cin√©ma fantastique, du cin√©ma expressionniste allemand ainsi que des films de la Hammer Film Productions. Il fait partie des cin√©astes qui parviennent √† concilier succ√®s critique et commercial. Il a √©t√© d√©cor√© de l'insigne de chevalier et d'officier de l'ordre national des Arts et des Lettres par Fr√©d√©ric Mitterrand en mars 2010[1]. Il a √©t√© le pr√©sident du jury du Festival de Cannes en mai 2010.

Sommaire

Biographie

De Burbank aux studios Disney

A√ģn√© des deux fils de Jean et Bill Burton, Timothy Walter Burton[2] passe l'essentiel de son enfance en solitaire, se consid√©rant lui-m√™me comme un introverti. Au soleil de la Californie, dans sa ville natale de Burbank, qu'il d√©finit comme l'antichambre d'Hollywood, il pr√©f√®re les salles obscures des cin√©mas o√Ļ il voit et revoit les films de monstres comme Godzilla, Frankenstein et ses nombreuses suites, les films de Hammer Film Productions, et surtout ceux avec Vincent Price. Il s'amuse √† terroriser l'enfant de ses voisins en lui faisant croire que les extraterrestres se pr√©parent √† envahir la plan√®te[3]. Tr√®s dou√© pour le dessin, il gagne un concours organis√© pour d√©corer les camions de la ville[4]. Apr√®s le secondaire, c'est naturellement vers l'animation que Burton se tourne en l'√©tudiant au California Institute of Arts. En 1979, il est embauch√© par les studios Disney, dont le si√®ge est √† Burbank, et travaille sur les concepts de Taram et le Chaudron magique[5]. Il dit √† ce propos : ¬ę Cela peut para√ģtre stupide, mais je suis arriv√© √† une √©poque o√Ļ le studio √©tait en crise. Les dirigeants cherchaient √† tout prix du personnel. ¬Ľ[6]. Avec toute la meilleure volont√© du monde, Burton ne parvient pas √† dessiner ce que le studio d√©sire. Durant cette p√©riode, il r√©alise plusieurs courts m√©trages, dont Vincent (1982) et Frankenweenie (1984), mais aucun n'eut l'accord de la direction de Disney pour une distribution[5]. Il √©crit aussi un po√®me qui, dix ans plus tard, sera la base du sc√©nario de L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack.

L'idole de Tim Burton, ici dans le film d'Otto Preminger, Laura

En 1982, Burton re√ßoit 60 000 USD pour r√©aliser, √† partir du sc√©nario qu'il a r√©dig√©, Vincent. Julie Hickson, ex√©cutif chez Disney, et Tom Wilhite, responsable du d√©veloppement cr√©atif, sont persuad√©s du potentiel cr√©atif du jeune homme. Cerise sur le g√Ęteau, Vincent Price, son idole, est le narrateur de ce petit dessin anim√©. Rick Heinrichs, coll√®gue de travail et sp√©cialiste de l'animation, travaille sur le projet. Il participera √† presque tous les futurs films de Burton. Les cadres du studio sont effray√©s par la noirceur de ce court m√©trage de seulement cinq minutes, et le mettent au placard. Il ne sortira qu'en compl√©ment de programme de L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack en 1993. N√©anmoins, ils reconnaissent √† Burton un certain talent. Aussi, il est choisi pour mettre en sc√®ne un court m√©trage un peu plus long, avec des acteurs et des d√©cors r√©els : Frankenweenie. M√™me r√©sultat artistique et m√™me cons√©quence.

En 1984, il quitte les studios Disney[5].

Un univers sombre et poétique

Paul Reubens, alias Pee-Wee Herman, à la cérémonie des Oscars en 1988.

La chance lui sourit en 1985. La firme cin√©matographique Warner Bros. a pass√© un contrat avec l'acteur Paul Reubens qui incarne Pee-Wee Herman, sorte d'enfant dans un corps d'adulte, pour r√©aliser un film dont il est la vedette. Tim Burton parvient √† d√©crocher le poste de r√©alisateur. Il n'entre plus dans les plans de Disney, et Warner Bros. veut un metteur en sc√®ne qui ne pose pas de probl√®me. Avec un faible budget, Pee-Wee Big Adventure n'est pas l'une des priorit√©s du studio qui concentre son attention sur Les Goonies, mais qui garde cependant un Ňďil sur ce tournage record : le film est r√©alis√© en moins d'un mois, sans aucun d√©passement budg√©taire. Danny Elfman signe la musique ; c'est le d√©but d'une longue et fructueuse collaboration entre le compositeur et le r√©alisateur. Succ√®s surprise au box-office, le premier long m√©trage de Tim Burton divise la critique[7].

Lucide, Burton refuse de r√©aliser la suite des aventures de Pee-Wee afin de ne pas √™tre catalogu√©. Trois ans plus tard, il est d√©sign√© pour r√©aliser Beetlejuice (personne qu'il a lui m√™me imagin√©), d'un budget de treize millions de dollars, dont un affect√© aux effets sp√©ciaux. Avec ce film, qui est, selon ses propres mots[r√©f. souhait√©e], une version parodique de L'Exorciste, il pose un peu plus les bases de son univers joyeusement morbide, d√©licieusement po√©tique et comique. Emmen√© par l'interpr√©tation totalement d√©jant√©e de Michael Keaton, le film cartonne et r√©colte soixante-treize millions de dollars aux √Čtats-Unis seulement[8]. Il re√ßoit √©galement un Oscar pour le maquillage.

Jack Nicholson, interprète du Joker, à Cannes en 2001

La Warner propose √† Tim Burton de r√©aliser Batman, avec un budget de trente cinq millions de dollars. La firme a acquis, en 1979, les droits d'adaptation du personnage cr√©√© par Bob Kane en 1939 et a mis pr√®s de dix ans √† d√©velopper le projet[9]. S√©duit depuis toujours par la face cach√©e, la double personnalit√© de Batman, Burton accepte[10]. Il part √† Londres, aux Pinewood Studios o√Ļ Stanley Kubrick a mis en sc√®ne Full Metal Jacket. Anton Furst, d√©corateur du film de Kubrick, est engag√© pour r√©aliser Gotham City. Burton d√©sire s'√©loigner un peu de la folie qui entoure ce projet. Malgr√© tout, il est sans cesse sous pression : son choix de prendre Michael Keaton pour interpr√©ter le justicier masqu√© est contest√©. Le costume en tissu bleu de la s√©rie devient noir, avec une fausse musculature. De plus, le cin√©aste cherche √† cr√©er un univers visuel assez noir pour illustrer la part sombre du h√©ros et le th√®me du double. Les d√©cors se veulent assez proches de l'expressionnisme allemand et du cin√©ma de Fritz Lang. La Warner est inond√©e de plus de cinquante mille lettres de protestations. Mais le cin√©aste, soutenu par ses principaux acteurs, ne veut rien l√Ęcher. Il veut effectuer un retour aux sources qui pr√™te √† discussion, voire √† pol√©mique chez certains fans. Vincent Price, avec qui il est en contact depuis Vincent, lui √©crit pour lui t√©moigner son soutien. Le film rapporte quatre cent millions de dollars √† l'√©chelle mondiale, et l'Oscar de la meilleure direction artistique. Burton a d√©sormais les coud√©es franches, mais le tournage l'a moralement vid√©. Il souhaite revenir √† un film plus intimiste. Ce sera Edward aux mains d'argent.

Le carré d'as

Boris Karloff, dans le r√īle du monstre de Frankenstein. L'un des films pr√©f√©r√©s de Tim Burton

Burton sollicite le studio 20th Century Fox pour financer son film. Warner Bros. veut imp√©rativement lui faire r√©aliser la suite des aventures de Batman, et ne manifeste aucun int√©r√™t pour ce sc√©nario narrant le parcours d'un homme avec des mains-ciseaux, na√Įf et attachant, qui casse sans le vouloir tout ce qu'il touche et qui se confronte √† la cruaut√© des hommes normaux. Le cin√©aste choisit la Floride pour mettre en sc√®ne ce film aux √©chos largement autobiographiques. C'est √©galement la rencontre entre Burton et l'acteur Johnny Depp. Tant pour l'un que pour l'autre, l'alchimie est parfaite. Nouvelle rencontre cin√©matographique entre le fan et l'idole, Vincent Price tient le r√īle de l'inventeur d'Edward, son dernier r√īle √† l'√©cran. Il donne une interpr√©tation bouleversante, selon les propos de Burton[11]. V√©ritable plaidoyer pour la tol√©rance, port√© par les excellentes interpr√©tations de Johnny Depp et Winona Ryder, ainsi que par la partition envo√Ľtante de Danny Elfman, ce quatri√®me long m√©trage se con√ßoit comme une fable noire qui m√™le fantastique et merveilleux et confronte l'imaginaire du cin√©aste √† la repr√©sentation d'une banlieue am√©ricaine normative et dangereuse. Le film est salu√© par l'ensemble de la critique comme un chef-d'Ňďuvre.

En 1992, il accepte de réaliser le deuxième volet des aventures de Batman. Cette fois-ci, le justicier masqué est confronté à Catwoman et au Pingouin, joués respectivement par Michelle Pfeiffer et Danny DeVito. Les dirigeants de la Warner, qui se sont mordus les doigts d'avoir refusé Edward aux mains d'argent, donnent donc une entière liberté artistique à Burton qui place le tournage à Burbank, sa ville natale. Le cinéaste délaisse alors le personnage de Batman, exploré dans le premier épisode, pour s'intéresser à la personnalité des méchants. Encore plus noir, macabre et torturé que le premier, ce nouvel opus qui prend des allures de conte gothique pose encore une fois problème, car la production reçoit de nouvelles lettres de protestations, non pas des fans mais des parents qui jugent le film trop effrayant pour leurs enfants. Néanmoins, le film triomphe au box-office. En outre, il traduit l'influence du cinéma expressionniste sur Burton, et plus particulièrement Friedrich Wilhelm Murnau et son Nosferatu. Marque indiscutable de cette parenté, Christopher Walken incarne un homme d'affaires véreux appelé Max Schreck, le nom de l'interprète du vampire dans le film de Murnau.

L'ann√©e suivante, un nouveau film de Burton arrive sur les √©crans : L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack. Le sc√©nario est bas√© sur un po√®me √©crit par Burton √† l'√©poque o√Ļ il √©tait chez Disney. Il rappelle le Grinch du Dr Seuss, l'un des po√®tes favoris du cin√©aste. Il s'agit d'un film d'animation image par image, une technique artisanale pour laquelle Burton a une grande passion. La mise en sc√®ne va n√©cessiter trois ans. C'est Henry Selick qui est charg√© de la r√©alisation, mais Burton l'a surveill√© tr√®s √©troitement. Le film est produit par Disney, propri√©taire du po√®me. Le contrat que Burton a sign√© en int√©grant le studio en 1979 comprend une clause sp√©cifiant que toute activit√© cr√©atrice d'un membre de Disney est la propri√©t√© de la ¬ę Police de la pens√©e ¬Ľ : en clair, ne serait-ce que pour r√©aliser un sc√©nario √† partir du po√®me, il faut n√©gocier avec Disney. Mais le succ√®s de leur ancien employ√© rend les dirigeants plus accommodants. Un budget de dix-huit millions de dollars est d√©bloqu√©, soit le tiers du budget habituel d'un film Disney. Pour la troisi√®me fois cons√©cutive, l'action se d√©roule √† l'√©poque de No√ęl. Tim Burton donne libre cours √† sa passion pour la f√™te d'Halloween. Danny Elfman compose les m√©lodies, mais √©galement des chansons qui transforment le po√®me en une com√©die musicale. Burton et Elfman se disputent souvent car, si les chansons s'ins√®rent tr√®s bien dans l'histoire et ne la ralentissent pas, elles n√©cessitent des am√©nagements sc√©naristiques. Cela a pour effet que les deux amis se f√Ęchent ; une brouille qui durera trois ans.

En 1994, Burton met en sc√®ne Ed Wood, r√©cit de la vie farfelue d'Edward Davis Wood Junior, r√©alisateur affubl√© de fa√ßon posthume du titre de ¬ę plus mauvais r√©alisateur de tous les temps ¬Ľ. Il sollicite Johnny Depp pour incarner un nouvel Edward qui, comme le pr√©c√©dent, entretient de nombreuses connexions avec son univers et sa vie. Avec cependant une nuance de taille : Burton est adul√© alors que Wood fut d√©nigr√©. La relation entre Lugosi et Wood est un miroir de celle entre Price et Burton. Le sc√©nario se concentre sur la p√©riode ¬ę fastueuse ¬Ľ d'Edward Wood. On le voit mettre en sc√®ne, non sans mal, trois films dont le l√©gendaire Plan 9 from Outer Space. Pour la circonstance, Ed Wood s'entoure de nombreux acteurs pass√©s ou m√©pris√©s comme Bela Lugosi, la pr√©sentatrice de films d'horreurs Vampira et le lutteur Tor Johnson. Le film, tourn√© en noir et blanc, raconte les nombreuses p√©rip√©ties de toute cette troupe dans leur parcours cin√©matographique digne d'un film hollywoodien, mais pr√©cis√©ment l'inverse du ¬ę r√™ve am√©ricain ¬Ľ cher √† Hollywood qui pr√©f√®re les histoires √† succ√®s. Tous ces choix expliquent probablement l'√©chec commercial du film, malgr√© un important travail. En effet, Burton retourne certaines s√©quences, √† l'identique, des films de Wood avec une pr√©cision d'orf√®vre. De plus, il offre deux cadeaux √† Ed Wood : la rencontre avec Orson Welles (qui n'eut jamais lieu), et une premi√®re triomphale pour Plan 9 from Outer Space. Howard Shore compose la musique en lieu et place d'Elfman. Le film remporte deux Oscars : Martin Landau d√©croche la statuette du meilleur second r√īle pour son interpr√©tation de Bela Lugosi et Rick Baker celui du maquillage, mais le film ne s'inscrit pas au box-office. Tim Burton conna√ģt son premier √©chec commercial.

Fin de siècle en demi-teinte

Son nouveau projet est Mars Attacks!. Jonathan Gems, collaborateur de Burton depuis Batman, √©galement sc√©nariste et auteur de pi√®ces de th√©√Ętre, r√©dige un sc√©nario bas√© sur un jeu de cartes repr√©sentant des martiens et des dinosaures [12]. Burton donne volontairement √† son film un aspect ringard, dans le style des films de science-fiction √† petit budget des ann√©es 1950[13]. Tr√®s √©loign√© du style gothique, expressionniste ou m√™me color√© (Pee-Wee Big Adventure, Beetlejuice) qu'on lui conna√ģt, la griffe de Burton se reconna√ģt √† son humour. Ce sont des enfants qui sauvent la plan√®te des envahisseurs pendant que le pr√©sident fait face √† des journalistes qui se demandent si les martiens ont un sexe. C'est une version surprenante de La Guerre des mondes de H. G. Wells. Malgr√© une pl√©iade de stars, le film n'emballe ni la critique, ni le public qui lui pr√©f√®re Independence Day, film traitant du m√™me sujet mais sur un ton plus dramatique, et √† grands coups d'effets sp√©ciaux. Malgr√© tout, le film est un succ√®s en France.

N√©anmoins, ce deuxi√®me √©chec commercial am√©ricain a un point positif : le retour de Danny Elfman √† la musique. Burton a expliqu√© les raisons de cette brouille : ¬ę Danny, Henry Selick et moi nous disputions souvent sur le plateau de L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack, √† cause des chansons de Danny. Caroline Thompson et moi devions sans arr√™t r√©am√©nager le sc√©nario pour les ins√©rer. On s'est tous conduits comme des gamins. Mais de ne pas nous voir pendant un certain temps nous a fait du bien √† tous les deux ¬Ľ[14]. Les deux artistes ne se quitteront plus. Burton a retrouv√© son pendant musical. En 1997, il fait partie du jury du 50e Festival de Cannes, pr√©sid√© par Isabelle Adjani[15].

Washington Irving, l'un des premiers auteurs fantastique de la littérature américaine.

On lui propose de r√©aliser un nouvel √©pisode de Superman, avec Nicolas Cage dans le r√īle principal, plus ax√© sur la psych√© du personnage. Burton accepte mais apr√®s un an de travail, le projet nomm√© Superman Lives est interrompu au printemps 1998. Sa seule consolation est la publication de La Triste Fin du petit enfant hu√ģtre et autres histoires, son recueil de dessins et de po√®mes[16]. Il se voit √©galement proposer de nombreux projets parmi lesquels une nouvelle adaptation de la nouvelle d'Edgar Allan Poe, La Chute de la maison Usher, et Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street, la com√©die musicale de Stephen Sondheim. Ce dernier projet va mettre dix ans √† aboutir[16].

Il se retrouve pleinement dans le sc√©nario de Sleepy Hollow : ambiance sombre et gothique, cadavres d√©capit√©s en s√©rie, humour noir, d√©mon sans t√™te‚Ķ Kevin Yagher, responsable des effets sp√©ciaux de la s√©rie Les Contes de la crypte, s'associe avec Andrew Kevin Walker, auteur du sc√©nario de Seven, pour adapter la nouvelle √©ponyme de Washington Irving. Le tournage se fait en Angleterre, et plusieurs collaborateurs de Batman sont sollicit√©s. Toujours peu enclin aux effets sp√©ciaux num√©riques, qui sont limit√©s au strict minimum pour un film de ce genre, Burton concentre toute l'attention de son √©quipe artistique sur les d√©cors, allant jusqu'√† r√©aliser lui-m√™me certains arbres de la for√™t. Appuy√© par Johnny Depp, Christina Ricci, Michael Gough, Christopher Lee et Christopher Walken dans le r√īle du cavalier sans t√™te, le cin√©aste renoue avec le succ√®s critique et commercial, malgr√© la classification R (interdit aux moins de 17 ans non accompagn√©s d'un adulte) aux √Čtats-Unis. Il d√©clare √† ce propos : ¬ę en tournant Sleepy Hollow, j'ai pens√© √† mes r√©actions de spectateur enfant : je d√©testais que l'on me m√©nage, je voulais √™tre confront√© aux images, si dures soient-elles. Je me souviens de mes cris lorsque j'ai vu Le Masque du d√©mon de Mario Bava. Crier √©tait pourtant une des mani√®res les plus rassurantes d'avoir peur puisque le film √©tait une fantaisie ¬Ľ[16]. Elfman compose pour l'occasion une musique sombre et tortur√©e. Sorti en 1999, le film est un grand succ√®s international r√©compens√© par l'Oscar de la meilleure direction artistique. Il est un r√©capitulatif de l'Ňďuvre de Burton : citrouille, humour noir, ambiance gothique, moulin en feu, l√©gende m√©di√©vale d√©moniaque‚Ķ Par ce film, Burton paye par ailleurs sa dette √† Mario Bava, ma√ģtre du giallo italien.

Nouveau millénaire et nouvelles obsessions

Le XXIe si√®cle s'ouvre de mani√®re ambivalente pour Tim Burton. Le succ√®s de Sleepy Hollow, cependant tr√®s loin de ses premiers films, lui permet de retrouver le final cut, autrement dit le montage final, perdu apr√®s Ed Wood. N√©anmoins, Burton n'est toujours pas en position de force. En 2001, il accepte de r√©aliser un remake de La Plan√®te des singes. Pendant le tournage, il se s√©pare de l'actrice Lisa Marie avec laquelle il s'√©tait fianc√© huit ans plus t√īt, et rencontre Helena Bonham Carter qui va devenir son √©pouse. Il perd √©galement son p√®re. Le film obtient de bons r√©sultats, atteignant les cent soixante-treize millions de dollars de b√©n√©fices sur le sol am√©ricain. Deux ans plus tard, le studio Columbia le contacte pour mettre en sc√®ne Big Fish. Entre-temps, sa femme lui a donn√© un fils. Un homme qui va devenir p√®re mais qui va √©galement perdre le sien dans un sc√©nario faisant l'√©loge de l'imaginaire face √† la platitude du monde r√©el ; Tim Burton ne peut que se retrouver dans cette histoire dont les √©v√©nements sont tr√®s synchrones avec sa vie. Ewan McGregor tient le premier r√īle. Le style du cin√©aste change d'orientation, mais sa griffe est visible : sorci√®re, loup-garou, g√©ant, nains‚Ķ

Il concr√©tise en 2005 un projet vieux de plus de quinze ans : mettre en sc√®ne le chef-d'Ňďuvre de Roald Dahl[17], Charlie et la Chocolaterie. Pour la quatri√®me fois, Johnny Depp est en t√™te de la distribution. Il campe un Willy Wonka compl√®tement survolt√©, rappelant le d√©mon Beetlejuice, et dont l'apparence ressemble, √† certains √©gards, au personnage Alex d'Orange m√©canique de Stanley Kubrick. Ce dernier est cit√© avec la sc√®ne de la barre chocolat√©e t√©l√©visuelle : le film dans lequel la barre est projet√©e est 2001, l'Odyss√©e de l'espace. Le cin√©aste s'installe, pour la deuxi√®me fois, aux Pinewood Studios dont il utilise presque tous les plateaux. √Ä titre d'anecdote, cent vingt mille litres d'un m√©lange couleur chocolat sont fournis par Nestl√©. Danny Elfman signe la musique et pr√™te sa voix pour le chŇďur des Oompas-Loompas. Si l'esth√©tique gothique habituelle fait place √† un univers plus color√©, il n'en reste pas moins que la po√©sie propre √† Burton demeure : le plan final avec la maison des Bucket arros√©e par des canons √† neige.

Aux c√īt√©s de Pedro Almodovar, √† Madrid

Quatre mois plus tard, Les Noces fun√®bres arrivent sur les √©crans. Ce nouveau film d'animation a √©t√© tourn√© en parall√®le de Charlie et la Chocolaterie. Pour la circonstance, Burton s'entoure de ses collaborateurs habituels : Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Christopher Lee, Albert Finney et Michael Gough notamment pr√™tent leurs voix aux marionnettes. Le sc√©nario de Burton est bas√© sur un conte russe qu'un de ses collaborateurs lui a racont√©, pendant le tournage de L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack. Mais, cette fois-ci, pas de dispute entre Elfman et Burton. Les deux artistes ont retenu la le√ßon. Le cin√©aste en profite pour √©gratigner un peu la bourgeoisie, pr√©sent√©e comme terne, cynique et arriviste, et afficher sa pr√©f√©rence pour le monde des morts, nettement plus haut en couleur et anim√©. Le r√©sultat final est saisissant, tr√®s proche des Ňďuvres de Jean Cocteau et de Bertolt Brecht. Pour l'anecdote, Burton a avou√© s'√™tre √©tonn√© lui-m√™me, car il a dessin√© ses principaux personnages sans penser √† Depp, Helena Bonham Carter, Christopher Lee. Malgr√© un accueil critique favorable, le film est un √©chec en salles.

De Vincent √† Ed Wood, Tim Burton s'est fait le chantre des marginaux, des solitaires, des pr√©tendus monstres renfermant des tr√©sors de gentillesse. Avec Mars Attacks!, il passe √† tout un groupe. Sleepy Hollow marque un nouveau cycle : celui de la famille. Big Fish, Charlie et la Chocolaterie et Les Noces fun√®bres poursuivent dans cette voie. L'enfant solitaire, pr√©tendu anormal, a probablement r√©gl√© ses comptes et pense maintenant √† fonder une famille.

Il retrouve la veine gothique et macabre de Sleepy Hollow avec Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street, sorti en janvier 2008 sur les √©crans fran√ßais. Il s'agit d'une adaptation de la com√©die musicale de Stephen Sondheim, mise en sc√®ne en 1979, dans laquelle le barbier est pr√©sent√© comme une victime de la soci√©t√©. Tim Burton sollicite Johnny Depp pour le r√īle du barbier, et son √©pouse Helena Bonham Carter pour incarner Mrs Lovett, la vendeuse de tourtes √† la viande. Alan Rickman, interpr√®te de Severus Rogue dans les films de la saga Harry Potter, incarne le corrompu juge Turpin dont Sweeney Todd veut se venger. Tim Burton est √©paul√© par une √©quipe de techniciens d'exp√©rience : Dariusz Wolski, directeur de la photographie de la trilogie des Pirates des Cara√Įbes ; Dante Ferretti, chef d√©corateur de nombreux films de Federico Fellini et Martin Scorsese et laur√©at de l'Oscar 2004 des meilleurs d√©cors pour Aviator ; Colleen Atwood, dessinatrice principale des costumes de M√©moires d‚Äôune geisha et Chicago qui lui ont valu tous deux un Oscar ; et Peter Owen, responsable du maquillage et de la coiffure sur la trilogie Le Seigneur des anneaux et oscaris√© pour le premier volet[18]. Le film obtient un succ√®s critique et public mitig√© mais il vaut √† Ferretti un deuxi√®me Oscar pour sa direction artistique.

Son Ňďuvre et son style

Ses réalisations

La Batmobile réalisée pour sa version de Batman

Tim Burton est un r√©alisateur, amoureux des images, jouant aussi bien avec le Technicolor kitsch des ann√©es 1950 qu'avec le noir et blanc du gothique ou de la nostalgie, mais aussi un amoureux des monstres attachants qui peuplent ses d√©lires visuels, comme dans Pee-Wee Big Adventure, Beetlejuice, Batman, Edward aux mains d'argent, Batman : Le D√©fi, L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack, Ed Wood, Mars Attacks!, Sleepy Hollow, La Plan√®te des singes, Big Fish, Charlie et la Chocolaterie, Les Noces fun√®bres et Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street. Dans une interview, il dit : ¬ę ‚Ķ mon truc √† moi ce sont les monstres. D√©j√†, m√īme, je les aimais. Je me sentais proche d'eux : en marge de la soci√©t√© et incompris, comme eux. De plus, j'ai toujours eu un faible pour les outsiders, ceux que l'on pense m√©chants alors que, en fait, ils ne le sont pas. Ce sont des personnages attachants, tr√®s int√©ressants √† explorer. ¬Ľ

Il figure au palmar√®s des r√©alisateurs qui rapportent le plus au monde cin√©matographique en termes de b√©n√©fices. Il est cependant l'un des rares r√©alisateurs am√©ricains √† concilier de gros chiffres au box-office avec un univers et un style tr√®s personnels et une ambition artistique certaine, par ses histoires enchant√©es, dans lesquelles il travaille √©norm√©ment les couleurs (d√©cors et costumes). Il est aussi un des derniers grands r√©alisateurs √† utiliser la m√©thode artisanale de l'animation comme dans L'√Čtrange No√ęl de Monsieur Jack - qu'il n'a pas r√©alis√©, contrairement √† une croyance commune bien ancr√©e, mais qu'il a √©troitement supervis√© - ou dans Les Noces fun√®bres.

L'Ňďuvre de Burton est r√©guli√®rement analys√©e comme d'inspiration gothique[19]. En 2010, il retrouve le studio Disney et r√©alise une Ňďuvre de commande : Alice au pays des merveilles, suite en prise de vue r√©elle du dessin anim√© des ann√©es 1950. Le film est mal accueilli par la critique mais est un succ√®s public mondial, couronn√© par deux Oscars en 2011 : meilleurs d√©cors pour Robert Stromberg et Karen O'Hara et meilleurs costumes pour Colleen Atwood.

Tim Burton et Edgar Allan Poe

Edgar Allan Poe, l'auteur préféré de Tim Burton

Edgar Allan Poe a fortement influenc√© Tim Burton. L‚Äôattrait que le cin√©aste √©prouve pour lui provient d‚Äôune part de la d√©couverte de l‚ÄôŇďuvre du po√®te maudit lorsque Burton a 10 ans et, d‚Äôautre part, des films que Roger Corman a r√©alis√©s d‚Äôapr√®s l‚ÄôŇďuvre de Poe. Il convient de pr√©ciser que Vincent Price, son idole, √©tait la vedette principale de ce cycle.

Le sc√©nario de L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack a √©t√© r√©dig√© √† partir d'un po√®me de Poe. Cela renforce un peu plus le parall√®le entre Burton et Poe, l'Ňďuvre la plus c√©l√®bre de ce dernier √©tant un po√®me : Le Corbeau, dont Tim Burton s'inspire pour son court-m√©trage "Vincent". De plus, les po√®mes de Poe et de Burton servent √† chaque fois de base √† l‚Äô√©laboration des sc√©narios respectifs qui, certes respectent l‚Äôesprit des auteurs, mais entra√ģnent l‚Äôhistoire dans une nouvelle direction. Le po√®me original de Poe est transform√© en un v√©ritable feu d‚Äôartifice visuel et burlesque entre Price, Karloff et Lorre, tandis que celui de Burton devient une com√©die musicale m√©lancolique et macabre.

Marques de fabrique

Tim Burton laisse sur chacune de ses Ňďuvres plusieurs empreintes r√©currentes, parmi lesquelles :

  • Pr√©sence fr√©quente de parapluies, d'escaliers aux marches irr√©guli√®res, de carrelage noir et blanc, d'arbres tordus, de repr√©sentants d'√©glises peu sympathiques et d'√©pouvantails. De plus, pr√©sence quasi perp√©tuelle de morts.
  • Les espaces des films de Burton, tr√®s stylis√©s, se caract√©risent souvent par des perspectives farfelues aux lignes bris√©es ou d√©form√©es jusqu'√† outrance et o√Ļ dominent angles, cubes et obliques. Ces d√©cors oniriques sont semblables √† ceux du Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene, manifeste du cin√©ma expressionniste allemand qui a durablement marqu√© le cin√©aste[20].
  • Au d√©but de ses films, les cr√©dits sont souvent pr√©sent√©s en travelling de fa√ßon plut√īt spectaculaire.
  • Ses travaux et son style sont influenc√©s par l'artiste Edward Gorey, notamment au niveau de ses peintures √† l'encre. On peut √©galement citer l'influence graphique d'Edvard Munch et du tableau Le Cri auxquels Beetlejuice et L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack font explicitement r√©f√©rence[21].
  • Il utilise souvent les ombres afin d'obtenir un rendu inqui√©tant.
  • Ses personnages principaux ont tendance √† √™tre des individus solitaires, excentriques, timides, en marge de la soci√©t√©, souvent p√Ęles et distants.
  • Ses cr√©ations pr√©sentent un bon nombre de rayures noires et blanches et de spirales tordues.
  • Ses films pr√©sentent souvent des flocons de neige tombant la nuit ou lorsque la f√™te commence (in medias res).
  • Il s'inspire parfois du cin√©ma expressionniste allemand et de ses images exag√©r√©es.
  • Pour les trames sonores, il travaille essentiellement avec Danny Elfman (sauf pour Ed Wood, dont la musique est sign√©e Howard Shore et Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street dont la musique est cette fois sign√©e Stephen Sondheim).
  • Il ins√®re souvent des r√©f√©rences aux Kaijus Eiga dans ses films.
  • Il a une pr√©dilection pour les monstres de tous types : loup-garou dans Big Fish, le Pingouin et Catwoman dans Batman : Le D√©fi, une galerie compl√®te dans L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack et Les Noces fun√®bres...

De nombreux √©l√©ments sont r√©currents dans son univers :

  • Les chiens, souvent compagnons du h√©ros (Frankenweenie, L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack, etc.).
  • Le cirque ou la f√™te foraine, repr√©sentant l'amour du cin√©aste pour le grotesque et le bizarre. Le cirque est chez lui non seulement l'expression de la diff√©rence, mais aussi de la famille car les liens qui unissent ses membres sont g√©n√©ralement tr√®s forts. Dans Ed Wood, le r√©alisateur Edward Wood se constitue une bande d'amis dignes d'une f√™te foraine (voyant, catcheur, faux vampires, etc.).
  • La demeure du h√©ros, isol√©e du reste de la ville. Souvent un manoir sur une colline (Batman, Beetlejuice), elle se distingue g√©n√©ralement du reste de son environnement : la maison d'Edward aux mains d'argent perch√©e sur une sinistre montagne d√©tonne au milieu des habitations bariol√©es de la ville ; √† l'inverse, l'int√©rieur color√© de la chocolaterie de Willy Wonka tranche avec le d√©cor des rues noires et blanches.
  • Le pont, qui est un symbole de passage, souvent entre le monde des vivants et celui des morts (Beetlejuice, Les Noces fun√®bres) ; on peut √©galement penser au pont sur lequel Ichabod Crane rencontre pour la premi√®re fois le cavalier sans t√™te dans Sleepy Hollow ou celui d'o√Ļ le Pingouin est jet√© √† l'eau.
  • La for√™t, lieu o√Ļ le h√©ros va faire une d√©couverte (L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack, Big Fish, Sleepy Hollow, Les Noces fun√®bres, La Plan√®te des singes, Charlie et la chocolaterie).
  • La cage, qu'il utilise comme repr√©sentation de l'enfermement, notamment dans Sleepy Hollow, o√Ļ Ichabod Crane lib√®re un cardinal (petit oiseau rouge) en sa possession. On peut √©galement citer l'oiseau du Pingouin dans Batman : Le D√©fi ainsi que les oiseaux en cage √† qui chante Johanna dans Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street. Ou encore le papillon sous la cloche en verre dans Les Noces fun√®bres, symbole d'emprisonnement.
  • Les f√™tes d'Halloween et de No√ęl sont fr√©quemment mises en sc√®ne, notamment pr√©sence r√©currente d'un plan en plong√©e o√Ļ l'on voit des enfants d√©guis√©s sur le seuil d'une porte lan√ßant le fameux ¬ę Trick or treat! ¬Ľ (L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack, Ed Wood, Charlie et la Chocolaterie, etc.).

Acteurs récurrents

Tim Burton a travaillé régulièrement (au moins à trois reprises) avec plusieurs acteurs, notamment Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Michael Gough, Deep Roy, Christopher Lee, Lisa Marie, Jeffrey Jones, Michael Keaton, Danny DeVito ou Paul Reubens.

Interpr√®te Film R√īle(s)
Johnny Depp
Helena Bonham Carter
  • Ari
  • Jenny / la sorci√®re
  • Mme Bucket
  • √Čmilie, la d√©funte mari√©e
  • Mrs. Lovett
  • La Reine de Coeur
  • Dr. Julia Hoffman
Michael Gough
Christopher Lee
  • Le bourgmestre
  • Dr Wonka
  • Pastor Galswells
  • Le Jabberwocky (voix)
Lisa Marie
  • Vampira
  • La Femme Martienne
  • Lady Crane
  • Nova
Deep Roy
  • Gorilla Kid
  • Mr. Soggybottom
  • Oompa Loompa
  • General Bonesapart (Bonaparte)
Michael Keaton
Danny DeVito
Jeffrey Jones
  • Charles Deetz
  • Criswell
  • R√©v√©rend Steenwick
Paul Reubens
  • Pee-wee Herman
  • Tucker Cobblepot (le p√®re du Pingouin)
  • Lock
Glenn Shadix
  • Otho
  • Maire de Halloweentown
  • le s√©nateur Nado
Jack Nicholson
  • le Joker
  • Le Pr√©sident am√©ricain James Dale / Art Land
Christopher Walken
  • Max Shreck
  • Le cavalier sans t√™te
Winona Ryder
  • Lydia Deetz
  • Kim Boggs
  • Elsa
Catherine O'Hara
  • Delia Deetz
  • Sally
  • Edgar / la fille bizarre / la m√®re de Victor / la prof de gym
Martin Landau
  • Bela Lugosi
  • Peter Van Garrett
  • M. Rzykruski

Box-office américain

Divers

Filmographie

Réalisateur

Courts métrages

Longs métrages

Clips Videos

  • 2004 : Predictable : Good Charlotte
  • 2006 : The Killers : Bones

Scénariste

Producteur

Projets

Acteur

Directeur artistique

Animation et effets visuels

Bibliographie

Ouvrage écrit par Tim Burton

Ouvrages sur Tim Burton

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Tim Burton d√©cor√© de l'Ordre des Arts et des Lettres par Fr√©d√©ric Mitterrand
  2. ‚ÜĎ Le second pr√©nom est indiqu√© comme Walter par le Museum of Modern Art sur la page du site web d'une exposition de 2009 et cette autobiographie publi√©e par le mus√©e mais d'autres sites indiquent le pr√©nom William dont Tim Burton Collective.
  3. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton page 15.
  4. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton page 19
  5. ‚ÜĎ a, b et c (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 81
  6. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton page 21
  7. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton page 56
  8. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton page 85
  9. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton page 89
  10. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton page 90
  11. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton page 109
  12. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton pages 169
  13. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton page 170
  14. ‚ÜĎ Marck Salisbury, Tim Burton par Tim Burton page 176
  15. ‚ÜĎ (fr)Festival de Cannes : Tim Burton, pr√©sident du jury 2010 sur www.paperblog.fr. Consult√© le 2 juillet 2010.
  16. ‚ÜĎ a, b et c Les grands cin√©astes: Tim Burton de Aur√©lien Ferenczi. Page 72. √Čditions Les Cahiers du cin√©ma. 2007.
  17. ‚ÜĎ Antoine De Baecque, Tim Burton
  18. ‚ÜĎ Sweeney Todd, sur le site de Warner Bros.
  19. ‚ÜĎ Gavin Baddeley : Gothic : la culture des t√©n√®bres (√Čditions Deno√ęl - 2004 - ISBN 978-2-207-25625-1)
  20. ‚ÜĎ Fait √©voqu√© dans la note critique du Cabinet du docteur Caligari in Le Dictionnaire des films, sous la direction de Bernard Rapp et Jean-Claude Lamy, √©ditions Larousse, 1996, Paris, page 186.
  21. ‚ÜĎ Fait √©voqu√© dans les bonus du DVD "√©dition sp√©ciale" de L'√Čtrange No√ęl de monsieur Jack, Touchstone Pictures et Buena Vista Home Entertainment, 2003.
  22. ‚ÜĎ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o (en)Site :Box Office Mojo
  23. ‚ÜĎ ¬ę Tim Burton Lion d‚Äôor pour son Ňďuvre ¬Ľ, dans Lib√©ration du 05-09-2007, [lire en ligne]
  24. ‚ÜĎ ¬ę Cotillard piqu√©e d‚Äôarts et lettres ¬Ľ, sur le site de Lib√©ration le 13-03-2010, [lire en ligne]

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  • Tim Burton ‚ÄĒ er en kendt film producent. F√łdselsdag: 25. August, 1958 i Burbank Californien. Film han har lavet Planet of the Apes Sleepy Hollow Batman Mars Attacks Edward Scissorhands Ed Wood Beetlejuice ‚Ķ   Danske encyklop√¶di

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