Tibet

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Tibet
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Tibet historique
Carte historique du Tibet
Localisation Chine : anciennes
provinces historiques tibétaines de
l'Ü-Tsang, de l'Amdo et du Kham.
Langues Geman Deng
Groma
Tibétain
Capitale Lhassa
29°39â€Č23″N 91°7â€Č42″E / 29.65639, 91.12833
Superficie 2 500 000 km2
Statut Entités autonomes tibétaines de
la RĂ©publique populaire de Chine
Population[1] 5 020 000 TibĂ©tains
1 470 000 Hans
790 000 Autres ethnies
Tibet culturel/historique et revendications territoriales diverses
Tibet historique revendiqué par les Tibétains en exil
Territoires désignés comme tibétains par la RPC
RĂ©gion autonome du Tibet
Revendiqué par l'Inde comme partie de l'Aksai Chin
Revendiqué par la RPC comme partie de la Région autonome du Tibet
Autres zones de la sphÚre d'influence historique tibétaine

La seule entitĂ© administrative portant aujourd'hui officiellement le nom de « Tibet Â» (en tibĂ©tain àœ–àœŒàœ‘àŒ‹ Bod, en chinois : è„żè— ; en pinyin : XÄ«zĂ ng) est l'actuelle rĂ©gion autonome du Tibet en Chine. À sa pĂ©riphĂ©rie orientale et mĂ©ridionale, existent des subdivisions administratives autonomes tibĂ©taines incorporĂ©es dans les provinces limitrophes du Qinghai, du Sichuan, du Gansu et du Yunnan.

Sur le plan culturel le Tibet est l'aire asiatique habitĂ©e par les TibĂ©tains (on y trouve cependant d'autres ethnies : Han, Hui, Mongols, Tu, Qiang). Dans son acception la plus Ă©tendue, elle recouvre la rĂ©gion autonome du Tibet et les zones autonomes tibĂ©taines en Chine, et les rĂ©gions tibĂ©taines existant dans les pays limitrophes.

Sous l'appellation « Tibet historique Â» cette aire, revendiquĂ©e par le gouvernement tibĂ©tain en exil, est composĂ©e de trois rĂ©gions traditionnelles : l'Ü-Tsang (dont la plus grande partie du territoire est comprise dans la RĂ©gion autonome du Tibet), l'Amdo (Ă©clatĂ© entre les provinces du Qinghai, du Gansu et du Sichuan) et le Kham (dont le territoire est partagĂ© entre les provinces du Sichuan et du Yunnan et la rĂ©gion autonome du Tibet)[2].

Au recensement de 2000, le nombre de TibĂ©tains dans l'ensemble de ces rĂ©gions Ă©tait de 5 020 000, selon le bureau des statistiques de la Chine[1], et d'environ 6 millions selon le gouvernement tibĂ©tain en exil Ă  Dharamsala (Inde). La RĂ©gion autonome comptait 2 616 000 habitants en 2000[3]. Au recensement national de 2010, elle en comptait 3 002 166, soit une hausse de 14,75%. 90% des habitants sont des TibĂ©tains de naissance[4]. Quelque 150 000 TibĂ©tains vivent actuellement en exil, principalement en Inde. Certains quittĂšrent le Tibet en 1959.

La superficie du Tibet varie de 1 221 600 km2 pour la RĂ©gion autonome du Tibet (qui correspond Ă  peu prĂšs au Tibet indĂ©pendant de facto entre 1912 et 1950, mais est plus rĂ©duite que celle du territoire administrĂ© par les dalaĂŻ-lamas sous la dynastie Qing)[5] Ă  2 500 000 km2 pour le « Tibet historique Â»[6] ou « Grand Tibet Â»[7]. La capitale historique qui, traditionnellement, concentre l'autoritĂ© religieuse et temporelle du Tibet, est Lhassa.

Tibet se voit parfois orthographié Thibet, notamment dans les récits de l'exploratrice et orientaliste Alexandra David-Néel.

Les Tibétains parlent un des trois dialectes du tibétain, une langue de la famille tibéto-birmane, et sont majoritairement bouddhistes, pratiquant plus précisément le bouddhisme vajrayùna.

Sommaire

DĂ©finitions du Tibet

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©finitions du Tibet.

La question « Qu'est-ce que le Tibet ? Â» appelle bien des rĂ©ponses. On peut dĂ©finir ce territoire sous les angles gĂ©ographique, ethnique et politique (Stephanie Roemer)[8], mais aussi historique et culturel.

Tibet géographique

Article connexe : GĂ©ographie du Tibet.

Il s'agit du « toit du monde Â», le plateau TibĂ©tain, plus grand plateau au monde, bordĂ© de trois gigantesques chaĂźnes de montagnes : les monts Kunlun, la chaĂźne de l’Himalaya et le Karakoram (ou Karakorum), qui constituent autant de frontiĂšres naturelles[9].

« Tibet politique Â»

Selon Melvyn C. Goldstein, le gouvernement tibĂ©tain ayant perdu le contrĂŽle de la majeure partie du Kham et de l'Amdo au milieu du XVIIIe siĂšcle au profit des empereurs mandchous, l'historiographie tibĂ©taine en Occident a pris l'habitude de distinguer le « Tibet politique Â», c'est-Ă -dire le territoire restĂ© sous le contrĂŽle du gouvernement tibĂ©tain jusqu'en 1951 (l'entitĂ© politique gouvernĂ©e par le dalaĂŻ-lama), des autres rĂ©gions habitĂ©es par des TibĂ©tains. Ainsi, le diplomate et historien britannique Hugh Richardson, Ă  la suite des travaux de Sir Charles Bell, diffĂ©renciait le « Tibet politique Â» du « Tibet ethnographique Â» des anciennes provinces du Kham et de l'Amdo[10].

Anne-Marie Blondeau Ă©voque la distinction faite par Melvyn Goldstein, entre « Tibet Politique Â» qui Ă©quivaudrait Ă  la rĂ©gion autonome du Tibet, et « Tibet ethnographique Â», qui serait ceux que d'autres appellent « Tibet Historique Â» : « Ces dĂ©finitions, pour commodes qu'elles soient nous semblent rĂ©ductrices et dangereuses pour un Ă©ventuel rĂ©glement de la question tibĂ©taine. Elles veulent nettement sĂ©parer le problĂšme de la RAT de celui des provinces orientales incorporĂ©es dans les provinces chinoises Â»[11].

RĂ©gion autonome du Tibet ou Xizang

La seule entitĂ© administrative portant aujourd'hui le nom de « Tibet Â» est l'actuelle rĂ©gion autonome du Tibet[12],[13]. En chinois le nom de la rĂ©gion autonome est Xizang.

Lorsque la RĂ©publique populaire de Chine utilise le terme Tibet, elle fait rĂ©fĂ©rence Ă  la rĂ©gion autonome du Tibet, dont la capitale est Lhassa, l'une des cinq rĂ©gions autonomes de la RPC[14]; elle y inclut la plus grande partie de l'État indien de l'Arunachal Pradesh dont elle revendique la possession[15].

La rĂ©gion autonome du Tibet est un ensemble administratif crĂ©Ă© en 1965 et couvrant quelque 1,2 million de kilomĂštres carrĂ©s[12]. Cette zone administrative est dĂ©signĂ©e sous le nom de « Tibet Â» par le gouvernement de la Chine et la plupart des mĂ©dias occidentaux[16], ainsi que par des encyclopĂ©dies et des guides de voyage[17].

Cette dĂ©finition est contestĂ©e par Katia Buffetrille : « Les frontiĂšres actuelles du Tibet, donc ce qu’on appelle la RĂ©gion autonome du Tibet, n’est de loin pas tout le Tibet. Cela correspond Ă  une dĂ©limitation administrative imposĂ©e par les Chinois en 1965. Il faut y ajouter les rĂ©gions tibĂ©taines au Gansu, au Yun’nan, au Sichuan et au Qinghai Â»[18]. Françoise Robin prĂ©cise que cette rĂ©alitĂ© de « couverture gĂ©ographique du Tibet Â» est connue des spĂ©cialistes mais elle est restĂ©e invisible du grand public[19]. Les subdivisions administratives autonomes tibĂ©taines de la RĂ©publique populaire de Chine existant Ă  la pĂ©riphĂ©rie orientale et mĂ©ridionale de la rĂ©gion autonome du Tibet, font partie administrativement des provinces limitrophes du Qinghai, du Sichuan, du Gansu et du Yunnan.

Pour le DĂ©partement fĂ©dĂ©ral des affaires Ă©trangĂšres de la ConfĂ©dĂ©ration helvĂ©tique, « Le Tibet est une rĂ©gion de la RĂ©publique populaire de Chine. Elle bĂ©nĂ©ficie du statut de rĂ©gion autonome de l'ethnie tibĂ©taine et a, administrativement, rang de province Â» ; il ajoute qu'« en tant que partie d'un État, le Tibet ne jouit d'aucune souverainetĂ© propre au regard du droit international Â»[20].

Pour le Gouvernement tibĂ©tain en exil, le Tibet renvoie Ă  une rĂ©gion plus vaste comprenant l’ensemble des anciennes provinces de l'Ü-Tsang, du Kham et de l'Amdo, Ă  l'exception de l'Arunachal Pradesh[21].

Autres subdivisions autonomes tibétaines

La RĂ©publique populaire de Chine a par ailleurs crĂ©Ă© des subdivisions autonomes tibĂ©taines dans les provinces chinoises du Gansu, du Sichuan, du Qinghai et du Yunnan (le Tibet oriental, les anciens Kham et Amdo). Ces subdivisions sont au nombre de 12 avec 10 prĂ©fectures et 2 comtĂ©s[22] :

DĂ©finitions autres qu'administratives ou officielles

« Tibet culturel Â»

Article connexe : Culture tibĂ©taine.

Le concept de « Tibet culturel Â» a une acception plus ou moins Ă©tendue, englobant soit uniquement un ensemble formĂ© par la rĂ©gion autonome du Tibet et les zones autonomes tibĂ©taines, soit cet ensemble augmentĂ© des rĂ©gions tibĂ©taines existant dans les pays limitrophes du Tibet. Ainsi, pour le tibĂ©tologue Andrew Martin Fischer, la rĂ©gion autonome du Tibet, jointe aux autres zones tibĂ©taines autonomes (prĂ©fectures et comtĂ©s) incluses dans d'autres provinces chinoises, forment ce qu'on appelle le Tibet culturel ou Grand Tibet[23]. Par contre, pour Annika Antoinetta Lundkvist, auteur d'une thĂšse sur le bouddhisme vajrayana dans l'État de New York aux États-Unis, le Tibet culturel englobe Ă©galement les populations tibĂ©taines prĂ©sentes non seulement en Chine occidentale, mais aussi au Bhoutan, en Inde (Ladakh, Zanskar, Lahul, Spitti and Kinnaur), au Pakistan (Baltistan), au NĂ©pal, et au Sikkim[24].

« Tibet ethnique Â» ou « ethnologique Â»

Groupes ethno-linguistiques de la Chine communiste (carte du Bureau de renseignement géographique de la CIA, 1967). En violet, les langues tibéto-birmanes.

Selon Stephanie Roemer, le Tibet ethnique ou ethnologique dĂ©passe les frontiĂšres naturelles. Il reprĂ©sente toutes les rĂ©gions qui furent autrefois habitĂ©es uniquement ou majoritairement par des gens d’origine tibĂ©taine. Il s’agit du Tibet gĂ©ographique plus le Bhoutan, les rĂ©gions orientales et occidentales du NĂ©pal, les rĂ©gions, actuellement indiennes, du Ladakh, de Spiti et de Kinnaur, de l’Arunachal Pradesh (en partie) et du Sikkim[25],[26].

« Tibet des trois provinces Â»

L’empire tibĂ©tain et son voisin chinois au VIIe siĂšcle       Empire tibĂ©tain (Royaume de Tubo)       Chine des Tang       Territoires turcs orientaux disputĂ©s entre plusieurs peuples, sous contrĂŽle chinois de 630 Ă  682       Territoires turcs occidentaux disputĂ©s entre plusieurs peuples, sous contrĂŽle chinois de 642 Ă  665

Selon le gouvernement tibĂ©tain en exil et la diaspora tibĂ©taine, le Tibet est composĂ© de trois rĂ©gions[27] :

  • le dBus-gTsang ou Ü-Tsang (prononcĂ© [ytsaƋ] en tibĂ©tain central), en chinois « Wei-Zang ć«è— Â», correspond Ă  l'actuelle RĂ©gion autonome du Tibet,
  • l'A-mdo, en chinois Anduo 柉怚, au nord, concerne des provinces chinoises du Qinghai, du sud du Gansu, et du nord du Sichuan (district de rNga-ba 阿杝),
  • le Kham, en chinois Kang ćș·, Ă  l'est et au sud-est, qui correspond aujourd'hui Ă  une partie de l'est de la rĂ©gion autonome et de deux provinces chinoises : le Yunnan et le Sichuan (district de dKar-mdzes 甘歜).

L'ensemble de ces rĂ©gions a Ă©tĂ© unifiĂ© au VIIe siĂšcle sous le rĂšgne du roi Songtsen Gampo, mais aussi de Tri Ralpachen qui signa le traitĂ© de paix sino-tibĂ©tain de 822[28], ou au XVIIe siĂšcle sous le 5e dalaĂŻ-lama[29].

Selon Melvyn C. Goldstein, cette unitĂ© ne s'applique pas toutefois aux onze siĂšcles qui suivirent la dislocation de l'empire tibĂ©tain au IXe siĂšcle et virent nombre de rĂ©gions pĂ©riphĂ©riques devenir indĂ©pendantes ou tomber sous la coupe d'États voisins[30].

Selon le gouvernement chinois, des populations non tibĂ©taines sont installĂ©es depuis des siĂšcles dans certaines zones ; c'est notamment le cas de Hans autour de Xining et dans l'est du Kham, de Mongols autour du lac Kokonor et dans le bassin du Qaidam, de Hui, de Tu (ou Mongour) et de Qiang[31].

« Tibet historique Â»

Le Tibet culturel

Pour certains historiens, la notion de « Tibet historique Â» renvoie aux VIIe et VIIIe siĂšcles, lorsque le Tibet, dans son Ăąge d'or, s'Ă©tendait sur une bonne partie de l'Asie y compris certaines parties de la Chine[32].

Divers auteurs utilisent l'expression de « Tibet historique Â» pour dĂ©signer l'ensemble formĂ© par la RĂ©gion autonome du Tibet, le Kham et l’Amdo[33],[34],[35],[36],[37],[38],[39]. Cette expression de « Tibet historique Â», appliquĂ©e Ă  l'ensemble de la rĂ©gion autonome du Tibet et aux prĂ©fectures et comtĂ©s tibĂ©tains, est prĂ©sente Ă©galement sur le site de l'association Free Tibet Campaign[40] et sur le site du ComitĂ© Canada Tibet[41].

Pour le professeur Grunfeld, l'idĂ©e que le Tibet couvre la totalitĂ© des territoires habitĂ©s par des TibĂ©tains Ă©quivaut Ă  inclure dans une carte du Mexique la totalitĂ© du sud-ouest des États-Unis[42].

« Grand Tibet Â»

Article connexe : Grand Tibet.

Le tibĂ©tologue amĂ©ricain Melvyn C. Goldstein emploie l'expression « Grand Tibet Â» (Greater Tibet) dans son livre The Snow Lion and the Dragon. Selon lui, le gouvernement en exil s'est fermement engagĂ© Ă  recrĂ©er le Grand Tibet, englobant dans une seule unitĂ© administrative le Tibet politique et le Tibet ethnographique, en raison du grand nombre de rĂ©fugiĂ©s issus du Tibet ethnographique et pour Ă©viter le risque d'une scission dans la communautĂ© des exilĂ©s[43].

Lors d'interviews en 2008 et en 2010, le dalaĂŻ-lama a indiquĂ© que l'appellation de « Grand Tibet Â» est utilisĂ©e par le gouvernement chinois, mais que les autoritĂ©s tibĂ©taines en exil ne l’utilisent jamais[44],[45].

GĂ©ographie

Article dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie du Tibet.

S'Ă©tendant d'est en ouest sur une distance d'environ 2 400 km, et du nord au sud sur environ 1 000 km, le plateau du Tibet est situĂ© entre les longitudes 78°24' et 104°47' Est et les latitudes 26°2' et 40°3' Nord au cƓur du continent asiatique. C'est un pays gigantesque d'environ 2,5 millions de kmÂČ (soit 5 fois la France) avec une altitude moyenne de 4 200 m, qui rassemble les plus hautes montagnes du monde.

Le plateau du Tibet abrite, dans la province de Qinghai, la RĂ©serve naturelle des Sources des trois riviĂšres, plus grande rĂ©serve naturelle de Chine et la plus Ă©levĂ©e au monde, d'oĂč partent les trois grands fleuves chinois le MĂ©kong, le YĂĄngzǐ Jiāng (æ‰Źć­æ±Ÿ) et le HuĂĄng HĂ© (黃æČł).

Le nom occidental Tibet, apparentĂ© au nom mongol TöbĂŒt, n'est pas liĂ© au nom indigĂšne Bod. En chinois, le nom ancien du Tibet est Tǔfān (ćè•ƒ, incorrectement prononcĂ© Tubo par beaucoup de Chinois), mais le nom actuel de la rĂ©gion autonome est XÄ«zĂ ng (è„żè—, littĂ©ralement ZĂ ng de l'Ouest). Selon certains auteurs, xÄ« veut dire « ouest Â» et zĂ ng dĂ©signe une des deux parties de la rĂ©gion de l'U-Tsang, XÄ«zĂ ng ayant Ă©tĂ© employĂ© pour la premiĂšre fois par l' empereur QiĂĄnlĂłng (äčŸéš†, 1711-1799) de la dynastie mandchoue Qing au XVIIIe siĂšcle. Pour d'autres auteurs et le gouvernement tibĂ©tain en exil, Xizang voudrait dire « trĂ©sor de l'Ouest Â» (dĂ©veloppĂ© en « maison des trĂ©sors de l'Ouest Â» ou encore « rĂ©servoir de ressources naturelles de l'Ouest Â»).

Les noms de lieux ont Ă©tĂ© changĂ©s depuis la promulgation du systĂšme unifiĂ© de romanisation par la RPC (RĂ©publique populaire de Chine) : le pinyin : gZhi-ka-rtse devient ainsi Xigaze. Aussi un mĂȘme lieu au Tibet peut-il avoir de nombreuses « orthographes Â» : le nom en caractĂšres chinois, dont la transcription peut ĂȘtre en pinyin ou dans les anciennes transcriptions occidentales, comme le Wade-Giles (anglo-saxons) ou la transcription EFEO (francophones), et le nom en tibĂ©tain, qui peut aussi ĂȘtre translittĂ©rĂ© de diffĂ©rentes façons. La meilleure solution est d'utiliser la translittĂ©ration Wylie de l'orthographe tibĂ©taine, selon l'usage des tibĂ©tologues aussi bien occidentaux que chinois, bien que celle-ci rende compte de l'orthographe et non de la prononciation.

Climat

3 700 m d'altitude, la vĂ©gĂ©tation est encore dense autour des lacs.

Le climat du Tibet est trĂšs continental, froid et sec. Paradoxalement, la tempĂ©rature moyenne annuelle est supĂ©rieure Ă  celle de l'atmosphĂšre Ă  une altitude Ă©quivalente (rayonnement de la terre). Cet effet provoque d'importants gradients nord-sud de pression, et participe activement au phĂ©nomĂšne de mousson. Les changements de tempĂ©ratures sont assez brusques sur le plateau du Tibet : par un temps ensoleillĂ© et chaud, la tempĂ©rature peut chuter brusquement de plusieurs dizaines de degrĂ©s, si des nuages viennent couvrir le ciel. Le climat varie Ă©galement trĂšs fortement entre la nuit et le jour[46].

GĂ©ologie

ModÚle numérique de terrain du plateau tibétain et des chaßnes de montagne périphériques.

Le plateau tibĂ©tain rĂ©sulte de la collision depuis 50 millions d'annĂ©es entre les plaques indienne et eurasienne. Il est de loin le plus haut (plus de 5 000 m) et le plus vaste plateau au monde (plus de cinq millions de kmÂČ). Il est bordĂ© par diffĂ©rentes chaĂźnes de montagnes (Tien Shan au NO, Qilian Shan au NE, Himalaya au Sud. Sa taille exceptionnelle rĂ©sulte directement de la collision de l'Inde et de l'Eurasie, Ă  une vitesse rapide (15 cm/an avant la collision, 5 cm/an actuellement). Les dĂ©formations associĂ©es Ă  cette collision se retrouvent dans une grande partie de l'Asie, jusqu'en SibĂ©rie. Le trĂšs faible relief du plateau, malgrĂ© la haute altitude, est liĂ© aux limites rhĂ©ologiques de la croĂ»te continentale : la collision provoque son Ă©paississement (60 Ă  90 km d'Ă©paisseur), soit plus du double d'une croĂ»te normale. La croĂ»te continentale contient des isotopes radioactifs du thorium, de l'uranium et du potassium qui produisent de la chaleur. Cette plus forte concentration d'isotopes radioactifs provoque un rĂ©chauffement de la croĂ»te : elle devient « molle Â», et ne permet plus de supporter un Ă©paississement plus important. On observe alors une dĂ©formation extensive (failles normales au sein mĂȘme de la zone en compression) et la propagation de la dĂ©formation horizontalement. Les tremblements de terre sont frĂ©quents sur le plateau du Tibet : afin d'en limiter les effets, les maisons sont construites autour de gros piliers faits de troncs d'arbres entiers.

Histoire

Drapeau du Tibet, crĂ©Ă© en 1916 par le 13e dalaĂŻ-lama et ayant servi Ă  des fins militaires et officielles jusqu'en 1951, il continue Ă  ĂȘtre employĂ© par le Gouvernement tibĂ©tain en exil, mais est interdit depuis 1959 en RĂ©publique populaire de Chine
« Les Cinq peuples rassemblĂ©s Â», le Drapeau de la RĂ©publique de Chine de 1912 Ă  1928, reprĂ©sentant les Hans, les Mandchous, les Mongols, les OuĂŻgours et les TibĂ©tains - les cinq peuples principaux de la RĂ©publique de Chine
Carte de la Chine des Qing en 1892 ; le Tibet y est reprĂ©sentĂ© rattachĂ© Ă  la Chine (comme la Mongolie.) Toutefois ce genre de carte est sans valeur lĂ©gale, et sur d'autres cartes il n'y est pas rattachĂ© (Cartes-Maps)

Le drapeau du Tibet, crĂ©Ă© par le 13e dalaĂŻ-lama en 1916, a Ă©tĂ© proscrit par la RĂ©publique populaire de Chine en 1959, neuf ans aprĂšs l'intervention militaire chinoise. Il est aujourd'hui l'emblĂšme du gouvernement tibĂ©tain en exil. Ce drapeau s'inspire des motifs de drapeaux antĂ©rieurs utilisĂ©s par les rĂ©giments tibĂ©tains, en particulier la figure du lion des neiges, laquelle remonterait au rĂšgne du roi du Tibet Songtsen Gampo au VIIe siĂšcle[47].

L'histoire, notamment les Ă©vĂ©nements du XXe siĂšcle, ont donnĂ© lieu Ă  une double interprĂ©tation relevant du domaine de l'historiographie.

Avant 1950

Au VIIe siĂšcle, le Tibet unifiĂ© est fondĂ© par Songtsen Gampo, qui crĂ©e un vaste et puissant empire. Pour consolider ses alliances politiques, il prend pour Ă©pouses la princesse nĂ©palaise Bhrikuti, fille du roi Amsuvarma, et la princesse chinoise Wencheng Gongzhu, niĂšce de l'empereur Tang Taizong. Les TibĂ©tains attribuent l’introduction du bouddhisme et la fondation du temple de Jokhang Ă  ces deux reines, considĂ©rĂ©es comme deux incarnations du bodhisattva Tara.

Entre 742 et 797 (?), Trisong Detsen, deuxiĂšme « roi selon la doctrine bouddhique Â», fait du bouddhisme la religion d'État, invite des maĂźtres indiens, dont Padmasambhava, Shantarakshita et Vimalamitra, Ă  qui est attribuĂ©e l'introduction du bouddhisme tantrique au Tibet. Il y a traduction de textes bouddhiques du sanskrit en tibĂ©tain. L'expansion de l'empire se poursuit. Les TibĂ©tains occupent la capitale chinoise Xi'an (Xi'an) en 763.

De 815 Ă  838, Tri Ralpachen est le troisiĂšme « roi selon la doctrine bouddhique Â». On assiste Ă  de nombreuses traductions en tibĂ©tain de textes bouddhiques sanskrits et chinois. La Chine et le Tibet signent plusieurs traitĂ©s de paix. Le traitĂ© de paix sino-tibĂ©tain de 822, gravĂ© sur trois piliers dont l'un est encore visible Ă  Lhassa, place Chinois et TibĂ©tains sur un rang d'Ă©galitĂ© et Ă©tablit les frontiĂšres entre les deux pays.

De 838 Ă  842, sous le rĂšgne de Langdarma, qui fut assassinĂ© par un moine, on assiste Ă  la fin de la « premiĂšre diffusion du bouddhisme Â» et le pays est Ă  nouveau morcelĂ© en petits fiefs.

De la deuxiĂšme moitiĂ© du Xe siĂšcle au XIIe siĂšcle, on assiste Ă  la « deuxiĂšme diffusion du bouddhisme Â». Des TibĂ©tains se rendent en Inde auprĂšs de grands maĂźtres. L'activitĂ© de traduction de textes bouddhiques reprend. Plusieurs grands maĂźtres fondent des Ă©coles, ainsi Marpa le traducteur (1012-1097), dont un disciple, le cĂ©lĂšbre Milarepa (1040-1123), est Ă  l'origine de l'ordre des kagyus, et Khön Köntchok Gyalpo (1034-1102), qui fonde en 1073 l'ordre des Sakya. Enfin, Atisha, moine indien, arrive au Tibet en 1042 et fonde l'ordre des kadampas. Ce dernier ordre influera tant les ordres existants qu'il se rĂ©pandra dans les autres ordres et disparaitra en tant que tel dans les siĂšcles suivants. L'Ă©cole se rĂ©fĂ©rant Ă  la « premiĂšre diffusion du bouddhisme Â» prend le nom de Nyingma (« les Anciens»).

Chine, Dynastie Yuan mongole, 1294

AprĂšs l'invasion et le contrĂŽle par le pouvoir mongol de la Chine au XIIe siĂšcle et la fondation de la dynastie Yuan par Kubilai Khan, les relations politiques entre les chefs des Ă©coles du Bouddhisme tibĂ©tain et l'Empereur de Chine, Mongol Ă  l'Ă©poque, dĂ©butĂšrent. Kubilai Khan interagit avec les Sakya qui conserveront leur rĂŽle politique.

1357 voit la naissance de Tsongkhapa, fondateur de l'ordre des Gelugpa (les « Vertueux Â»), Ă©cole dont seront issus les dalaĂŻ-lamas.

En 1368 dĂ©bute la dynastie chinoise des Ming qui durera jusqu'en 1644. La dynastie Ming patronnait l'activitĂ© religieuse du Tibet selon les historiens de la RPC. Cependant, la plupart des lettrĂ©s hors de la RPC disent que la relation Ă©tait une suzerainetĂ©, que les titres Ming Ă©taient seulement nominaux de sorte que le Tibet est restĂ© une rĂ©gion indĂ©pendante.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

De 1643 Ă  1949, le Tibet Ă©tait gouvernĂ© par le dalaĂŻ-lama et le gouvernement tibĂ©tain, parfois en tant que chef d'État, parfois en tant que vassal de l'Empereur de Chine et soit comme 1er grand Lama, soit en partageant le pouvoir avec le panchen-lama.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Carte de la Chine, de la Tartarie-chinoise et du « Thibet Â» en 1734 par Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville

Selon le Ministre conseiller de la RPC Hong XiaYong, de 1727 Ă  1911, ce sont en tout 57 ambans (ministres chargĂ©s des affaires tibĂ©taines sous la dynastie Qing) qui sont en poste au Tibet oĂč ils ont la haute main sur l'administration locale pour le compte de l'autoritĂ© centrale[48].

Selon Michael Harris Goodman, l’amban Ă©tait sans pouvoir rĂ©el, se contentant d’une observation des formalitĂ©s[49].

Selon le sociologue chinois Rong Ma[50], sous la dynastie Qing, la principale mission Ă©chue aux deux ambans et Ă  leurs troupes Ă©tait de s'assurer de la subordination du Tibet au pouvoir impĂ©rial, de maintenir le Tibet en paix et de le dĂ©fendre contre toute invasion Ă©trangĂšre. Il y avait 3 000 soldats (han, mongols et mandchous) Ă  Lhassa au dĂ©but du XVIIIe siĂšcle, leur nombre croissant jusqu'Ă  10 000-15 000 pendant la guerre contre les Gurkhas en 1791. « Il ne saurait y avoir aucun doute quant Ă  la subordination du Tibet Ă  la Chine gouvernĂ©e par les Mandchous dans les premiĂšres dĂ©cennies du XVIIIe siĂšcle (Melvyn C. Goldstein) Â»[51].

Dans la deuxiĂšme moitiĂ© du XIXe siĂšcle et au dĂ©but du XXe siĂšcle, une situation de concurrence se dĂ©veloppe entre la Russie et la Grande-Bretagne, cette derniĂšre cherchant Ă  contrĂŽler le Tibet depuis l'Inde, et la Russie cherchant Ă  l'en empĂȘcher pour maintenir son influence en Asie centrale.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

En 1904 le Gouverneur général des Indes britannique, lors de ce qui mena à une expédition militaire britannique au Tibet, jugea que la Chine ne disposait d'aucun pouvoir ou autorité sur le gouvernement tibétain. L'expédition militaire, conduite par le colonel Francis Younghusband, écrase dans le sang en 1904 la défense tibétaine et les Britanniques s'imposent au Tibet et s'y attribuent des privilÚges commerciaux et diplomatiques.

À la suite des rĂ©actions internationales et du mĂ©contentement de l'opinon publique en Angleterre, le traitĂ© est rapidement remis en cause et rĂ©amĂ©nagĂ©, notamment avec le traitĂ© sino-anglais de 1906 ou traitĂ© de PĂ©kin (en anglais Convention between Great Britain and China respecting Tibet) par lequel il n’y aura pas d’occupation anglaise du territoire tibĂ©tain, l’indemnitĂ© de guerre se rĂšglera en trois fois et les Britanniques rĂ©affirment la suzerainetĂ© de la Chine sur le Tibet. PĂ©kin rĂšgle les sommes dues aux Anglais par les TibĂ©tains[52].

En 1908, profitant du départ des troupes britanniques, la Chine reprendre provisoirement le contrÎle du Tibet[53] en tant que puissance suzeraine, jusqu'à la révolution de 1911 qui marque l'effondrement de l'Empire Qing et l'installation de la République de Chine. AprÚs sa fuite en Inde, le 13e dalaï-lama est déposé par la Chine[53].

Les troupes et les autorités officielles chinoises sont expulsées du Tibet en 1912 par les Tibétains.

En 1912, à la suite d'une lettre de Yuan Shikai souhaitant restaurer le rÎle du dalaï-lama, celui-ci répond qu'il ne demande aucun titre du gouvernement chinois car il entend exercer son pouvoir spirituel et temporel au Tibet[54]. Cette lettre est considérée comme une déclaration d'indépendance[53]. Le 13e dalaï-lama proclame publiquement puis par un édit le 14 février 1913 l'indépendance du Tibet[55]

Alfred P. Rubin, un expert amĂ©ricain en droit international qui a Ă©tudiĂ© les dĂ©clarations d'indĂ©pendance du Tibet, estime qu'elles n'Ă©taient aucunement des dĂ©clarations politico-juridiques mais simplement l'affirmation par le 13e dalaĂŻ-lama que la relation prĂȘtre-protecteur ou chapelain-patron (mchod-yon) entre les dalaĂŻ-lamas et les empereurs chinois s'Ă©tait Ă©teinte du fait de la fin de l'empire[56].

En 1912, le Tibet et la Mongolie (qui avait adoptĂ© le bouddhisme tibĂ©tain et Ă©tait devenue vassale de l'Empire chinois et Ă©tait indĂ©pendante depuis 1911) signent un traitĂ© de reconnaissance mutuelle de leur indĂ©pendance de la Chine en prĂ©sence d'Agvan Dorzhiev. Selon Charles Bell le Kashag et le 13e dalaĂŻ-lama n'ont pas reconnu cet accord[citation nĂ©cessaire][57],[58]. Toujours selon Bell, la communautĂ© internationale n'avait pas reconnu l'indĂ©pendance de la Mongolie, ni celle du Tibet[58]. Selon le juriste Barry Sautman, le Tibet et la Mongolie en 1913 n'Ă©tant pas reconnus comme États par les autres États, le fait pour l'un et l'autre de se reconnaĂźtre mutuellement n'a pas plus d'importance que la reconnaissance mutuelle de l'OssĂ©tie du Sud et de l'Abkhazie aujourd'hui[59]. Selon Elliot Sperling le fait que TibĂ©tains et Mongols aient affirmĂ© dans leur traitĂ© de 1913 ĂȘtre sortis de la domination par l'État mandchou, et n'ĂȘtre ainsi plus liĂ©s Ă  la Chine, est significatif sur le plan de la terminologie[60].

Selon Barry Sautman, aucun État ne reconnaĂźt le GTE ni l'assertion que le Tibet Ă©tait indĂ©pendant[61].

Pour Elisabeth Martens, l'indĂ©pendance du Tibet ne s'appuie sur aucun document officiel et ne fut jamais reconnue par aucun pays au monde, ni par les Nations unies[62]. L'auteur ajoute que l'« indĂ©pendance de fait Â» du Tibet au dĂ©but du XXe siĂšcle est en rĂ©alitĂ© une dĂ©pendance Ă©conomique et politique vis-Ă -vis de l’Angleterre[63].

Dans sa lettre au Secrétaire général de l'ONU datée du 9 septembre 1959, le 14e dalaï-lama donne une série d'arguments démontrant la reconnaissance internationale de la souveraineté du Tibet, notamment le fait que la Mongolie et la Grande-Bretagne ont signé des traités avec le Tibet (le Traité d'amitié et d'alliance entre le Gouvernement de Mongolie et le Tibet et la Convention de Simla), et que des représentants tibétains munis de passeports tibétains sont reçus par l'Inde, la France, l'Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis d'Amérique[64].

DĂšs 1913 le 13e dalaĂŻ-lama engage d'importantes rĂ©formes administratives et Ă©conomiques[65]. Il dĂ©cide en particulier de crĂ©er en complĂ©ment des piĂšces de monnaie tibĂ©taines, des billets de banque tibĂ©tains, des timbres spĂ©cifiques au Tibet. On lui doit aussi la crĂ©ation du drapeau du Tibet Ă  partir des diffĂ©rents drapeaux des armĂ©es des frontiĂšres. Pour autant, drapeau, passeports, timbres et monnaie sont, selon Barry Sautman, des signes superficiels de l'existence d'un État. Ces « prĂ©tendus indices de souverainetĂ© Â», ainsi qu'il les appelle, sont Ă©galement l'apanage de territoires qui ne sont pas des États[66].

Article dĂ©taillĂ© : Tibet (1912-1951).

En 1914, Ă  la ConfĂ©rence de Simla, oĂč la Grande-Bretagne, le Tibet et la Chine sont reprĂ©sentĂ©s, les Britanniques proposent que les rĂ©gions de population tibĂ©taine soient divisĂ©es en deux parties :

  • un « Tibet extĂ©rieur Â» (composĂ© de la partie occidentale de l'actuelle rĂ©gion autonome, Ă  l'ouest de Lhassa, celle-ci incluse), administrĂ© directement par le dalaĂŻ-lama,
  • un « Tibet intĂ©rieur Â» (composĂ© des rĂ©gions de Koukou-Nor – l'actuel Qinghai) – et de Tchouan-Pieng – ou Kham, c'est-Ă -dire l'est de l'actuelle rĂ©gion autonome et l'ouest du Sichuan), administrĂ© par la Chine et sous l'autoritĂ© uniquement spirituelle du dalaĂŻ-lama.

Les deux secteurs seraient considĂ©rĂ©s comme Ă©tant sous la « suzerainetĂ© Â» de la Chine et non plus sa « souverainetĂ© Â»[67]. L’accord initial fut invalidĂ© par le rejet, de la part du gouvernement chinois, du paraphe de son dĂ©lĂ©guĂ© sur le texte de l’accord[68].

Durant la Longue Marche en 1935 effectuĂ©e par l'ArmĂ©e rouge pour Ă©chapper Ă  l'armĂ©e nationaliste du Kuomintang durant la Guerre civile chinoise, les troupes de Mao Zedong traversent des rĂ©gions tibĂ©taines et subissent plusieurs embuscades des TibĂ©tains.[rĂ©f. nĂ©cessaire] Selon FrĂ©dĂ©ric Lenoir et Laurent Deshayes, la population tibĂ©taine conserve un souvenir dramatique des communistes et des nationalistes qui ont jalonnĂ© leurs pĂ©riples de scĂšnes d'horreur, tortures et pillages[non neutre][69].

En 1946, aprÚs la guerre sino-japonaise, les représentants du gouvernement tibétain rencontrent le gouvernement du Guomindang qui dirige aujourd'hui Taiwan et considÚre toujours le Tibet comme faisant partie de la Chine à Nankin[70].

AprĂšs 1950

En 1950, l'Armée populaire de libération pénÚtre dans la région tibétaine orientale de Chamdo[71] et rencontre peu de résistance de la part d'une armée tibétaine faible et mal équipée[72].

Le 23 mai 1951, des représentants du Dalaï-lama signent à Pékin l'Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet, sous la menace d'une poursuite de l'avancée de l'APL[73].

En 1954, le 14e dalaï-lama, le 10e panchen-lama et le 16e karmapa se rendent à Pékin pour discuter de la question du Tibet avec Mao Zedong[74]. Lors d'une entrevue avec le dalaï-lama, Mao lui donne l'assurance que l'identité tibétaine sera respectée et qu'aucune grande réforme ne sera entreprise au Tibet pendant six ans[75].

En 1956 a dĂ©butĂ© Ă  Litang dans le Kham une rĂ©volte des TibĂ©tains, appuyĂ©e par la CIA[76] ,[77], contre l'occupant chinois, qui s'est Ă©tendue aux autres secteurs du Kham, puis en 1957 et 1958 dans les secteurs de l'Amdo, puis en 1958 et 1959, dans le Ü-Tsang, la RĂ©gion autonome du Tibet, avant de s'Ă©tendre Ă  l'ensemble du territoire. En 1959, l'insurrection Ă©clate Ă  Lhassa, le dalaĂŻ-lama fuit le Tibet pour se rĂ©fugier en Inde. Il sera suivi d'environ 100 000 TibĂ©tains. Cette rĂ©volte armĂ©e, menĂ©e avec l'aide de la CIA, fut sĂ©vĂšrement rĂ©primĂ©e par le gouvernement chinois.

La CIA, dans la visĂ©e anticommuniste des États-Unis, apportent leur soutien Ă  la guĂ©rilla tibĂ©taine opposĂ©e au parti communiste chinois, entraĂźnent les guerriers tibĂ©tains[78], leur livrant des Ă©quipements militaires[79], et incite le dalaĂŻ-lama Ă  s'exiler en Inde[80],[81],[82],[76].

Le nombre de victimes tibétaines de ces différents conflits, un important sujet de désaccord entre la Chine et le gouvernement tibétain en exil, est généralement estimé à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

À partir de 1959, aprĂšs avoir rĂ©primĂ© ce qu'il qualifie de rĂ©volte de l'ancienne classe privilĂ©giĂ©e de l'ancien Tibet, le gouvernement communiste met en place au Tibet une sĂ©rie de rĂ©formes, notamment et selon ce mĂȘme gouvernement, l'abolition du servage[83]. Cependant, l'existence du servage au Tibet a donnĂ© lieu Ă  une controverse universitaire[84].

En 1980, aprĂšs une visite d'inspection au Tibet, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du parti communiste chinois, Hu Yaobang « demande une plus grande autonomie et proclame le respect de la libertĂ© de croyance Â»[85]. Pendant les annĂ©es 1980, les modĂ©rĂ©s du parti communiste chinois frayent la voie Ă  une utilisation accrue de la langue tibĂ©taine, Ă  la reconstruction des bĂątiments religieux (dĂ©bouchant dans certaines rĂ©gions sur un plus grand nombre de temples aujourd'hui qu'avant 1951) et Ă  l'encouragement de la culture tibĂ©taine[86]

Selon Amnesty International, depuis 1987, plus de 214 tentatives de manifestations pour l'indĂ©pendance ont Ă©tĂ© rĂ©primĂ©es et les manifestants arrĂȘtĂ©s expĂ©diĂ©s dans des camps de travail. Tous ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  des peines allant de 3 Ă  20 ans de prison.

En mars 1989, il y eu des troubles sociaux au Tibet, réprimés par les autorités chinoises et menant à l'imposition de la loi martiale. En 1990, une estimation de plus de 450 personnes tuées par les forces de sécurité avait été donnée par Tang Daxian, un journaliste chinois dissident réfugié en Occident, qui affirma aussi que la police de Lhassa avait reçu l'ordre de Pékin de provoquer un incident[87]. Le gouvernement chinois pour sa part avait fait état d'une douzaine de morts les 5 et 6 mars 1989[88].

Jeunes moines bouddhistes du monastÚre de Drépung.

Les autorités chinoises ont installé des caméras de surveillance à Lhassa pour contrÎler les manifestations éventuelles. De nombreuses associations internationales dénoncent une répression de la religion au Tibet, comme l'illustrent par exemple la mise en résidence surveillée de Gedhun Choekyi Nyima, en 1995, juste aprÚs sa reconnaissance comme 11e panchen-lama par le 14e dalaï-lama, ou la destruction en 2001 de l'institut bouddhiste de Serthar fondé par Khenpo Jigme Phuntsok, également mis en résidence surveillée et disparu dans des circonstances douteuses, ou encore la condamnation à une peine de prison à vie de Tenzin Delek Rimpoché en 2005. La plupart des grands maßtres du bouddhisme tibétain ont été contraints à l'exil, comme l'ont illustré la fuite à la veille de l'an 2000 du 17e Karmapa, Orgyen Trinley Dorje[89].

En mars 2008, des manifestations de moines contre le pouvoir chinois Ă  Lhassa dĂ©gĂ©nĂšrent en violentes Ă©meutes dirigĂ©es contre les habitants non tibĂ©tains et leurs biens. Elles surviennent quelques mois avant les Jeux olympiques d'Ă©tĂ© de 2008. D'autres manifestations ont Ă©galement lieu en dehors de la capitale, en particulier dans la rĂ©gion tibĂ©taine de l'Amdo, autour du monastĂšre de Labrang dans la province du Gansu. Selon les autoritĂ©s de la RĂ©gion autonome du Tibet, le bilan est de 19 morts, victimes des Ă©meutiers, et d'un millier de commerces et bĂątiments publics dĂ©truits. Selon le Gouvernement tibĂ©tain en exil, au moins 209 TibĂ©tains seraient morts, victimes de la rĂ©pression. Des manifestations de soutien aux partisans d'un Tibet indĂ©pendant ont eu lieu lors des Ă©tapes de Londres et de Paris du relais de la flamme olympique 2008.

Article dĂ©taillĂ© : Troubles au Tibet en mars 2008.

DĂ©mographie

Groupes ethnolinguistiques de langue tibétaine (1967) (Voir la carte complÚte, qui comporte une légende)

L'ethnie tibétaine est historiquement la principale composante de la population du Tibet. Les groupes ethniques monba, lhoba, mongol et hui (Chinois musulmans) y sont également présents.

Selon la tradition, les premiers ancĂȘtres du peuple tibĂ©tain, reprĂ©sentĂ©s par les six bandes rouges du drapeau tibĂ©tain, sont les Se, les Mu, les Dong, les Tong, les Dru et les Ra.

La question de la proportion des Hans dans la population du Tibet est politiquement trÚs sensible. Le gouvernement tibétain en exil affirme que la République populaire de Chine pratique une politique favorisant l'immigration han dans le but de rendre les Tibétains minoritaires dans leur propre pays, ce que conteste vigoureusement le gouvernement chinois.

Vision de la RĂ©publique populaire de Chine

L'évolution démographique tibétaine entre 1953 et 2000[90],[1]

La RĂ©publique populaire de Chine ne se considĂšre pas comme une puissance occupante et dĂ©ment avec force les allĂ©gations de submersion dĂ©mographique. Elle ne reconnaĂźt pas non plus l'existence de ce qu'elle appelle le « Grand Tibet Â»[91] revendiquĂ© par le gouvernement tibĂ©tain en exil. Selon elle, cette idĂ©e a Ă©tĂ© forgĂ©e par des impĂ©rialistes Ă©trangers dans le cadre d'un complot destinĂ© Ă  diviser la Chine. Elle rapproche cette idĂ©e du fait que l'Empire japonais avait crĂ©Ă© un Manzhouguo en Mandchourie pendant la Seconde Guerre mondiale et que la Mongolie aurait gagnĂ© son indĂ©pendance - dĂ©crĂ©tĂ©e cependant en 1913 - grĂące au soutien de l'Union soviĂ©tique sur laquelle elle s'est alignĂ©e par la suite, ce qui constituerait pour la Chine un prĂ©cĂ©dent qui a marquĂ© les esprits. Elle s'appuie sur le fait que les territoires de population tibĂ©taine qui n'appartiennent pas Ă  la rĂ©gion autonome n'Ă©taient pas contrĂŽlĂ©s par le gouvernement tibĂ©tain en 1959, mais auraient Ă©tĂ© administrĂ©s depuis des siĂšcles par les provinces avoisinantes[92].

Selon la RPC, le nombre de TibĂ©tains dans la rĂ©gion autonome Ă©tait de 2,4 millions lors du recensement menĂ© en 2000, pour 190 000 non-TibĂ©tains, et le nombre de TibĂ©tains dans l'ensemble des entitĂ©s autonomes tibĂ©taines (lĂ©gĂšrement plus petit que le Tibet historique revendiquĂ© par les TibĂ©tains en exil) Ă©tait de 5 millions, pour 2,3 millions de non-TibĂ©tains. Dans la rĂ©gion autonome elle-mĂȘme, la plus grande partie des Hans se trouvent Ă  Lhassa. Les autoritĂ©s chinoises affirment qu'elles respectent la diffĂ©rence culturelle tibĂ©taine (par exemple en assouplissant pour les minoritĂ©s le contrĂŽle dĂ©mographique sĂ©vĂšre imposĂ© aux Hans). Les politiques de contrĂŽle dĂ©mographique telles que la politique de l'enfant unique s'appliquent uniquement aux Hans, et non aux minoritĂ©s comme les TibĂ©tains[93].

Jampa Phuntsok, un TibĂ©tain originaire de Chamdo (Kham) et actuel prĂ©sident de la RĂ©gion autonome du Tibet, a dĂ©clarĂ© que le gouvernement central n'avait aucune politique de migration vers le Tibet en raison des conditions difficiles liĂ©es Ă  l'altitude, que les 6 % de Hans dans la RAT constituent un groupe trĂšs fluide venu principalement pour les affaires ou le travail, et qu'il n'y a pas de problĂšme d'immigration[94].

En ce qui concerne la population d'ethnie tibĂ©taine proprement dite, le gouvernement chinois affirme que, selon le premier recensement national menĂ© en 1954, il y avait 2 770 000 TibĂ©tains en Chine, dont 1 270 000 dans la rĂ©gion autonome, alors que, selon le quatriĂšme recensement menĂ© en 1990, il y avait 4 590 000 TibĂ©tains en Chine, dont 2 090 000 dans la rĂ©gion autonome. Selon lui, ces chiffres constituent la preuve que la population tibĂ©taine a doublĂ© depuis 1951, et que les allĂ©gations des TibĂ©tains en exil sont mensongĂšres[95],[96]. 160 000 TibĂ©tains vivraient en exil (dont 120 000 en Inde).

Le tableau ci-dessous[1] donne les chiffres de population, selon le recensement mené dans toute la Chine en 2000, pour toutes les entités autonomes tibétaines ainsi que pour les juridictions de Xining et de Haidong. La présence de ces deux derniÚres juridictions dans le tableau permet de présenter l'ensemble des chiffres de la province du Qinghai, et correspond également à la vision du gouvernement tibétain en exil qui revendique ces juridictions comme partie intégrante du Tibet historique. Les chiffres présentés ne tiennent pas compte des membres de l'Armée populaire de libération en service actif.

Les principaux groupes ethniques par rĂ©gion dans le Tibet historique ou « Grand Tibet Â» (recensement 2000)
Total Tibétains Hans Autres
RĂ©gion autonome du Tibet : 2 616 329 2 427 168 92,8 % 158 570 6,1 % 30 591 1,2 %
- Juridiction de Lhassa 474 499 387 124 81,6 % 80 584 17,0 % 6 791 1,4 %
- PrĂ©fecture de Qamdo 586 152 563 831 96,2 % 19 673 3,4 % 2 648 0,5 %
- PrĂ©fecture de Shannan 318 106 305 709 96,1 % 10 968 3,4 % 1 429 0,4 %
- PrĂ©fecture de XigazĂȘ 634 962 618 270 97,4 % 12 500 2,0 % 4 192 0,7 %
- PrĂ©fecture de Nagchu 366 710 357 673 97,5 % 7 510 2,0 % 1 527 0,4 %
- PrĂ©fecture de Ngari 77 253 73 111 94,6 % 3 543 4,6 % 599 0,8 %
- PrĂ©fecture de Nyingchi 158 647 121 450 76,6 % 23 792 15,0 % 13 405 8,4 %
Province du Qinghai : 4 822 963 1 086 592 22,5 % 2 606 050 54,0 % 1 130 321 23,4 %
- Juridiction de Xining 1 849 713 96 091 5,2 % 1 375 013 74,3 % 378 609 20,5 %
- PrĂ©fecture de Haidong 1 391 565 128 025 9,2 % 783 893 56,3 % 479 647 34,5 %
- PrĂ©fecture autonome tibĂ©taine de Haibei 258 922 62 520 24,1 % 94 841 36,6 % 101 561 39,2 %
- PrĂ©fecture autonome tibĂ©taine de Huangnan 214 642 142 360 66,3 % 16 194 7,5 % 56 088 26,1 %
- PrĂ©fecture autonome tibĂ©taine de Hainan 375 426 235 663 62,8 % 105 337 28,1 % 34 426 9,2 %
- PrĂ©fecture autonome tibĂ©taine de Golog 137 940 126 395 91,6 % 9 096 6,6 % 2 449 1,8 %
- PrĂ©fecture autonome tibĂ©taine de Yushu 262 661 255 167 97,1 % 5 970 2,3 % 1 524 0,6 %
- PrĂ©fecture autonome mongole et tibĂ©taine de Haixi 332 094 40 371 12,2 % 215 706 65,0 % 76 017 22,9 %
Territoires tibĂ©tains de la province du Sichuan :
- PrĂ©fecture autonome tibĂ©taine et qiang d'Aba 847 468 455 238 53,7 % 209 270 24,7 % 182 960 21,6 %
- PrĂ©fecture autonome tibĂ©taine de GarzĂȘ 897 239 703 168 78,4 % 163 648 18,2 % 30 423 3,4 %
- Xian autonome tibĂ©tain de Muli 124 462 60 679 48,8 % 27 199 21,9 % 36 584 29,4 %
Territoires tibĂ©tains de la province du Yunnan :
- PrĂ©fecture autonome tibĂ©taine de DĂȘqĂȘn 353 518 117 099 33,1 % 57 928 16,4 % 178 491 50,5 %
Territoires tibĂ©tains de la province du Gansu :
- PrĂ©fecture autonome tibĂ©taine de Gannan 640 106 329 278 51,4 % 267 260 41,8 % 43 568 6,8 %
- Xian autonome tibĂ©tain de Tianzhu 221 347 66 125 29,9 % 139 190 62,9 % 16 032 7,2 %
Total pour le Tibet historique ou « Grand Tibet Â» :
Avec Xining et Haidong 10 523 432 5 245 347 49,8 % 3 629 115 34,5 % 1 648 970 15,7 %
Sans Xining et Haidong 7 282 154 5 021 231 69,0 % 1 470 209 20,2 % 790 714 10,9 %

D'aprĂšs les rĂ©sultats du sixiĂšme recensement national (2010), 3 002 166 personnes rĂ©sident dans la rĂ©gion autonome du Tibet, soit une hausse de 14,75% par rapport au recensement de 2000. 90% d'entre elles sont des TibĂ©tains de naissance. La population tibĂ©taine a connu une croissance dĂ©mographique annuelle de 1,4%, soit plus que la moyenne nationale de 0,57%. Le nombre de rĂ©sidents par famille a lĂ©gĂšrement diminuĂ© depuis 2000 : dans les 670 835 foyers du Tibet, on compte 4,23 membres en moyenne, contre 4,75 personnes en 2000[97].

Point de vue du gouvernement tibétain en exil

Entre les annĂ©es 1960 et 1980, de nombreux prisonniers (plus d'un million, selon Harry Wu, le directeur de la Laogai Research Foundation, une fondation amĂ©ricaine financĂ©e par la National Endowment for Democracy)[98] ont Ă©tĂ© envoyĂ©s dans des camps de travail (laogai) de la province tibĂ©taine de l'Amdo (Qinghai). Depuis les annĂ©es 1980, la mise en Ɠuvre de la libĂ©ralisation Ă©conomique et une plus grande mobilitĂ© Ă  l'intĂ©rieur de la Chine ont entraĂźnĂ© un afflux de Hans au Tibet. Leur nombre rĂ©el reste cependant contestĂ©. Le gouvernement tibĂ©tain en exil donne le chiffre de 7,5 millions de non-TibĂ©tains dans le Tibet historique, pour 6 millions de TibĂ©tains. Selon lui, c'est la consĂ©quence d'une politique active de submersion dĂ©mographique du peuple tibĂ©tain qui rĂ©duit les chances d'indĂ©pendance politique du Tibet, en violation de la Convention de GenĂšve de 1946 qui interdit aux puissances occupantes l'installation de colons dans les territoires qu'elles contrĂŽlent[99].

Le gouvernement tibĂ©tain en exil conteste les statistiques fournies par le gouvernement chinois au motif qu'elles ne tiennent compte ni des membres de l'ArmĂ©e populaire de libĂ©ration en garnison au Tibet, ni de l'importante population flottante de migrants non enregistrĂ©s[100],[101]. La ligne ferroviaire Qing-Zang reliant Xining Ă  Lhasa est Ă©galement un sujet majeur de prĂ©occupation, dans la mesure oĂč elle facilite l'afflux de nouveaux immigrants.

Le gouvernement tibĂ©tain en exil cite un article du Quotidien du Peuple publiĂ© en 1959 pour affirmer que la population tibĂ©taine a diminuĂ© de façon significative depuis 1959. Selon cet article, les chiffres du Bureau national de statistiques de la RPC montrent que la population de la rĂ©gion autonome du Tibet Ă©tait alors de 1 273 969 personnes. Dans les secteurs tibĂ©tains du Kham, on comptait 3 381 064 TibĂ©tains. Au Qinghai et dans les autres secteurs tibĂ©tains incorporĂ©s au Gansu, on comptait 1 675 534 TibĂ©tains. La somme de tous ces chiffres conduisait Ă  une population tibĂ©taine de 6 330 567 en 1959[102]. En 2000, le nombre total de TibĂ©tains dans l'ensemble de ces rĂ©gions Ă©tait d'environ 5 400 000 selon le Bureau national de statistiques[103]. Ces chiffres impliqueraient qu'entre 1959 et 2000 la population tibĂ©taine a dĂ©cru d'environ un million de personnes, soit un dĂ©clin de 15 %. Au cours de la mĂȘme pĂ©riode, la population chinoise a doublĂ©, et la population mondiale a triplĂ©[104]. Cette analyse fournit un argument supplĂ©mentaire concernant l'estimation du nombre de morts tibĂ©tains durant la pĂ©riode allant de 1959 Ă  1979. Elle suggĂšre l'existence d'un dĂ©ficit dĂ©mographique de la population tibĂ©taine dont les causes et l'Ă©volution temporelle restent Ă  prĂ©ciser.

Ces chiffres Ă©tant plus de deux fois supĂ©rieurs Ă  ceux de 1953 et 1964 (d'origine chinoise), respectivement 2,77 et 2,50 millions de tibĂ©tains[90], il est possible qu'ils incluent des habitants non tibĂ©tains. De son cĂŽtĂ©, le Kashag Ă©valuait en 1950 la population tibĂ©taine Ă  un peu moins de 3 millions, mais rien n'indique que ce chiffre corresponde Ă  la population totale, et pas uniquement Ă  celle du Tibet central alors menacĂ© par l'avancĂ©e chinoise[105]. Il n'en demeure pas moins que les chiffres de source chinoise font apparaĂźtre une diminution de la population entre 1953 et 1964, clairement visible sur le graphique prĂ©sentĂ© au chapitre suivant ; ses causes restent toutefois Ă  dĂ©terminer prĂ©cisĂ©ment[106],[107].

Économie

L'économie du Tibet est peu développée. Les principales activités sont l'élevage du mouton, de la chÚvre et du yack, la culture des céréales (dans les vallées du Sud et du Sud-Est) et l'exploitation du bois (dans le Sud). Le tourisme, bien qu'encore encadré, représente une part importante de l'économie.

DĂ©veloppement

Dans le Tibet d'avant 1950, selon le philosophe et Ă©crivain slovĂšne Slavoj ĆœiĆŸek, l'Ă©lite dirigeante empĂȘchait tout dĂ©veloppement de l'industrie par crainte d'une disruption de la sociĂ©tĂ©, Ă  telle enseigne que tout mĂ©tal devait ĂȘtre importĂ© d'Inde[108].

L'industrie a commencĂ© Ă  apparaĂźtre Ă  la fin des annĂ©es 1950 avec l'ouverture de plusieurs usines Ă  Lhassa. Vers 1980, l'Ă©conomie tournait autour du tourisme et de la transformation des produits agricoles. À la fin du XXe siĂšcle, la croissance industrielle s'est poursuivie de façon graduelle mais le Tibet reste la province la moins prospĂšre de Chine[109].

Selon Les Échos, la croissance a largement profitĂ© aux Hans venus s'installer au Tibet et « Ă€ l'Ă©cart d'une petite classe moyenne tibĂ©taine, travaillant avec les dĂ©cideurs hans, la majoritĂ© des TibĂ©tains n'aurait que peu profitĂ© de cette croissance chinoise et vivrait encore dans une grande misĂšre. Â»[110].

Certains avancent que la prĂ©sence chinoise au Tibet n'est pas dĂ©sintĂ©ressĂ©e d'un point de vue Ă©conomique en ce qui concerne :

  • les matiĂšres premiĂšres miniĂšres : le Tibet « est surtout riche par son sous-sol truffĂ© d'or, de cuivre, et de plomb. Â», rappelle le quotidien LibĂ©ration[111].
  • les ressources hydrauliques : « S'y ajoutent les fleuves himalayens, prometteurs en barrages hydroĂ©lectriques et en eau. La Chine, avec ses 7 % des ressources de la planĂšte pour un quart de la population est obsĂ©dĂ©e par l'eau Â» poursuit LibĂ©ration[111].

Tourisme

AprĂšs s'ĂȘtre ouverte aux touristes Ă©trangers en 1979, la RĂ©gion autonome du Tibet en reçut 300 en 1980, 2 000 en 1984 et 28 000 en 1994[112]. En 2004, le chiffre grimpa Ă  1,1 million de visiteurs[113], en 2005 Ă  1,6 million et en 2007 Ă  4 millions[114], dont 90% Ă©taient chinois. En raison des Ă©vĂ©nements de mars 2008 et de leurs sĂ©quelles, le chiffre est descendu Ă  quelque 2,2 millions[115].

Selon Jim Underwood, qui a travaillĂ© dans le secteur de la construction rurale au Tibet, le tourisme dans la rĂ©gion peut ĂȘtre perçu comme une influence positive pour la pĂ©rennitĂ© de l'architecture traditionnelle dans la mesure oĂč les touristes viennent pour dĂ©couvrir cette architecture. Les divers corps de mĂ©tier ne peuvent que profiter de la rĂ©habilitation des bĂątiments anciens[116].

DĂ©senclavement du Tibet

Façade de la gare ferroviaire de Lhassa

Liaison ferroviaire directe PĂ©kin-Lhassa

Article dĂ©taillĂ© : Ligne ferroviaire Qing-Zang.

Le 1er juillet 2006, Hu Jintao inaugure le premier train pour Lhassa Ă  la gare de Golmud, dans la prĂ©fecture autonome mongole et tibĂ©taine de Haixi de la province du Qinghai. Cette nouvelle ligne ferroviaire relie dĂ©sormais le Tibet au reste de la Chine, mettant PĂ©kin Ă  deux jours de train[117]. GrĂące Ă  elle, 4 561 km sont franchis pour environ 80 Euros.

Elle devrait, à ce que dit le gouvernement chinois, favoriser l'intégration économique, le développement économique et touristique de la région autonome du Tibet, mais, d'aprÚs les anciens prisonniers tibétains du Gu-Chu-Sum cités par le journaliste Bruno Philip, accélérer la sinisation du Tibet[118].

Pour le gouvernement régional, le chemin de fer va réduire de plus de la moitié le coût d'acheminement des marchandises dans la région. Deux trains de marchandises quotidiens doivent apporter à Lhassa pour 7,5 millions de tonnes de fret chaque année. Le président de la région autonome, Champa Phuntsok, a déclaré que de nouveaux tronçons étaient à l'étude entre Lhassa et les autres villes de la région, y compris aux frontiÚres[119].

La chanteuse tibĂ©taine Han Hong a composĂ© une chanson intitulĂ©e « La Voie du ciel Â» (ć€©è·Ż, tian lu en chinois mandarin), qui dĂ©crit cette ligne de chemin de fer, qu'elle nomme le « Dragon de fer Â». Elle rappelle l'ouverture qu'elle va donner au plateau du Tibet, cette rĂ©gion enclavĂ©e, sur le reste du monde, et ses bienfaits pour la population (apports de ressources vitales), comme pour le reste du monde (dĂ©couverte de la culture et de l'accueil tibĂ©tains)[120]. Cette chanson est Ă©galement interprĂ©tĂ©e en tibĂ©tain par la chanteuse tibĂ©taine Basang (ć·ŽæĄ‘, bāsāng)[121] sur un album portant le nom de la chanson.

Pour Gregory Clark, ancien responsable au MinistĂšre australien des affaires Ă©trangĂšres et vice-prĂ©sident de l'universitĂ© internationale Akita, si l'Ă©tablissement de cette ligne ferroviaire de 1 142 km de long Ă  5 000 m d'altitude est un pĂ©chĂ©, faut-il pour autant laisser les TibĂ©tains Ă  jamais confinĂ©s dans un isolement rĂ©trograde[122] ?

Les exilés tibétains craignent que cette ligne ne favorise une migration en provenance du reste de la Chine (notamment de l'ethnie han majoritaire) et qu'elle n'amÚne les Tibétains à devenir minoritaires dans leur région. Ils craignent également que le gouvernement chinois n'utilise la ligne pour renforcer sa présence militaire au Tibet, et qu'il n'augmente l'exploitation des ressources naturelles avec tous les risques que cela représente pour l'environnement fragile du Tibet[123].

L’Inde, pays voisin de la Chine, considĂšre cette ligne de chemin de fer avec inquiĂ©tude en raison des implications militaires et du renforcement potentiel de l'armĂ©e chinoise, dĂ©jĂ  importante au Tibet, y compris dans sa capacitĂ© Ă  dĂ©ployer des armes nuclĂ©aires tactiques[124].

Lors de l’ouverture de la voie de chemin de fer, le dalaĂŻ-lama demandait aux TibĂ©tains d’attendre pour Ă©valuer le bĂ©nĂ©fice ou les nuisances qu'elle pourrait apporter. Il accueillait favorablement la voie ferrĂ©e « Ă  la condition qu’elle bĂ©nĂ©ficie Ă  la majoritĂ© des TibĂ©tains Â». Mais, fin janvier 2007, il affirma que PĂ©kin utilisait la nouvelle liaison ferroviaire pour inonder le Tibet de mendiants, de prostituĂ©es et de sans-emploi, mettant en danger la survie de la culture et des traditions tibĂ©taines[125],[126].

Infrastructure routiĂšre

À la date de 2003, 41 302 km de routes avaient Ă©tĂ© construits. La rĂ©gion possĂ©dait 5 nationales, 14 rĂ©gionales et 6 qui s'entrecroisent. En plus des 3 200 km de routes asphaltĂ©es, il y avait dĂ©sormais 32 195 km de voies rurales reliant quelque 683 communes et 5 966 villages[127].

Le 15 janvier 2009, la Chine a annoncé la construction de la premiÚre autoroute du Tibet, un tronçon de 37,9 kilomÚtres de route dans le sud-ouest de Lhassa. Le projet coûtera 1,55 milliard de yuans (227 millions de dollars)[128].

Statut du Tibet : Ă©tat de la question

Statut du Tibet selon le droit international

Article dĂ©taillĂ© : Colonisation du Tibet.
Le monde en 1945, Carte des Nations unies[129]. Cependant, cette prĂ©sentation ne reflĂšte nullement l’expression d’une opinion du secrĂ©tariat de l’ONU sur le statut lĂ©gal d’un pays ou territoire[130].

Selon le linguiste et philosophe amĂ©ricain Noam Chomsky (1967), le Tibet a Ă©tĂ© reconnu internationalement comme Ă©tant une rĂ©gion de la Chine. Ce statut a Ă©tĂ© acceptĂ© par l'Inde ainsi que par la Chine communiste et la Chine nationaliste et n'a jamais Ă©tĂ© remis en question officiellement par les États-Unis[131].

Ainsi que le signale Martine Bulard, journaliste au Monde diplomatique, en charge de l’Asie, le Tibet n'a jamais Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ© par les Nations unies comme « pays Ă  dĂ©coloniser Â», que ce soit avant ou aprĂšs 1971, date de l'entrĂ©e de la Chine populaire au sein de cette organisation internationale, et aucun pays n'a reconnu Ă  ce jour le gouvernement tibĂ©tain en exil[132]. Dans la liste des pays et territoires Ă  dĂ©coloniser publiĂ©e en 2008 par l'ONU, le Tibet n'est pas mentionnĂ©, et la Chine n'est pas citĂ©e au nombre des « puissances administrantes Â»[133].

Selon le MinistĂšre des affaires Ă©trangĂšres de la France, en accueillant la RĂ©publique populaire de Chine en son sein en 1971, l'ONU n'a pas contestĂ© la souverainetĂ© de PĂ©kin sur le Tibet, souverainetĂ© qui est admise par tous les États ayant nouĂ© des relations diplomatiques avec la RPC depuis 1949[134].

Cependant, Ă  ce jour, le peuple tibĂ©tain n’a jamais Ă©tĂ© consultĂ© sur le statut du Tibet. Selon le droit international, Ă  ce qu'affirme la Commission internationale de juristes, il bĂ©nĂ©ficie d’un droit Ă  l’autodĂ©termination qu’il n’a pas encore exercĂ©. Selon elle, un rĂ©fĂ©rendum sur le futur statut de la rĂ©gion contribuera Ă  rĂ©soudre le conflit politique au Tibet[135].

Pour Barry Sautman, qui fait Ă©tat de « la non reconnaissance, par les États et les organisations internationales, aussi bien de l'ancien Tibet que du gouvernement tibĂ©tain en exil Â», il n'existe pas, en droit international, de « droit Ă  l'indĂ©pendance Â», Ă  la sĂ©cession, pour une quelconque partie d'un pays[136].

L'ONU a défini en 1960 les limites et les conditions de l'application du droit à l'autodétermination nationale et mais ne les jugea pas pertinentes lors de ses appels au respect du droit du peuple tibétain à l'autodétermination.

Statut du Tibet selon la Chine

Argument historique

Les cinq langues de la dynastie Mandchoue des Qing (palais d'Ă©tĂ© Ă  Chengde) : de gauche Ă  droite, caractĂšres mandchous, ouĂŻghours, chinois, tibĂ©tains et mongols

La RĂ©publique populaire de Chine souligne que les relations entre la Chine et le Tibet sont anciennes et remontent au XIIe siĂšcle : c'est ainsi, par exemple, que la majoritĂ© des bĂątiments impĂ©riaux chinois comportent depuis plusieurs centaines d'annĂ©es les cinq principales Ă©critures que sont les sinogrammes, le mandchou, le mongol, l'ouĂŻghour et le tibĂ©tain, une habitude qui semble dater de la dynastie mandchoue des Qing.

En 1260, le Mongol Kubilai Khan s’installe Ă  PĂ©kin, fonde la dynastie Yuan Ă  la façon chinoise et lui-mĂȘme devient empereur de Chine[137]. À cette Ă©poque lĂ , le Tibet est incorporĂ© dans l’Empire du Grand Khan, qui s'Ă©tend au-delĂ  de la Chine jusqu'Ă  la Mandchourie et au lac BaĂŻkal.

La dynastie Ming (1368-1644) hérite de la dynastie Yuan le pouvoir d'administration du Tibet[138].

En 1722, l'empereur Kangxi de la derniĂšre dynastie Qing institue le Yonghegong de PĂ©kin comme temple tibĂ©tain. L'empereur Qianlong fait construire un palais tibĂ©tain au Palais d'Ă©tĂ© de PĂ©kin et des monastĂšres tibĂ©tains Ă  Chengde, dont en 1771 le Putuo Zongcheng qui est une rĂ©duction du Palais du Potala de Lhassa. La dynastie Qing (1644-1911) affirme Ă©galement sa souverainetĂ© sur le pays, en laissant Ă  Lhassa deux ministres (Amban) et une petite garnison[139]. En 1846, les missionnaires français Évariste Huc et Joseph Gabet sont expulsĂ©s du Tibet sur ordre de l'Amban[140].

Carte de la RĂ©publique de Chine, 1914

La chute de la dynastie Qing en 1911 va cependant bouleverser la donne : ainsi, le lien personnel unissant l'empereur mandchou au dalaĂŻ-lama Ă©tant de facto supprimĂ©, les liens entre les deux pays seraient, selon certains, rompus.

En 1913, la RĂ©publique de Chine ne manifeste aucune considĂ©ration pour la proclamation de l'indĂ©pendance du Tibet par le 13e dalaĂŻ-lama et ne rĂ©agit pas. Elle rĂ©cuse la Convention de Simla de 1914 qui divise la rĂ©gion peuplĂ©e par les TibĂ©tains en un Tibet externe autonome administrĂ© par le gouvernement du Tibet et un Tibet interne oĂč seule l'autoritĂ© spirituelle du dalaĂŻ-lama serait reconnue, les deux Ă©tant sous suzerainetĂ© chinoise et l'appartenance du Tibet Ă  la Chine est Ă©galement reconnue[141].

Dans la relation internationale, le Tibet reste une province chinoise[142],[143].

Argument politique

Article dĂ©taillĂ© : Controverse sur le servage au Tibet.

Le gouvernement chinois affirme ĂȘtre retournĂ© au Tibet en 1949 afin de libĂ©rer le pays des « impĂ©rialistes Ă©trangers Â»[144],[145] et son peuple vivant sous la domination d'une oligarchie et d'une thĂ©ocratie fĂ©odales. Par exemple, avant la prise de pouvoir des communistes, le servage Ă©tait lĂ©gal et pratiquĂ© au Tibet[146], et les aristocrates et religieux tibĂ©tains possĂ©daient 95% du territoire[147].

Les autorités chinoises affirment que la liberté religieuse est de nouveau assurée depuis 1983[148].

Les TibĂ©tains, comme les autres ethnies (appelĂ©es « nationalitĂ©s Â» en Chine) minoritaires, bĂ©nĂ©ficient d'une discrimination positive[149]Par exemple, les Ă©tudiants appartenant Ă  l’ethnie tibĂ©taine ont des bonus pour rentrer Ă  l'universitĂ©[150],[151], les travailleurs appartenant Ă  l’ethnie tibĂ©taine sont prioritairement recrutĂ©s par les Ă©tablissements publics par rapport Ă  ceux de l'ethnie Han[152].

Le Tibet est la seule région de la Chine qui bénéficie des soins gratuits[153] et d'une éducation primaire gratuite avec le logement et la nourriture gratuits, cette éducation est bilingue[154],[155].

Arguments Ă©conomiques et sociaux

Le développement économique du Tibet mené depuis des dizaines d'années par la Chine a permis de désenclaver le pays, notamment grùce à la construction de routes, de voies ferrées et d'aéroports[156], qui favorisent le développement du tourisme[157], de l'industrie et du commerce dans la région autonome du Tibet.

Depuis 1950, la population tibétaine a été multipliée par trois grùce aux progrÚs des soins de santé et aux améliorations dans les domaines agricole et économique[158].

Le correspondant du quotidien Ă©conomique français Les Échos note en mars 2008 que « Depuis sa « libĂ©ration Â» par la Chine, la rĂ©gion a enregistrĂ© un recul de la mortalitĂ© infantile et de l'analphabĂ©tisme ainsi qu'une hausse de l'espĂ©rance de vie. Â» De mĂȘme, « Les experts indĂ©pendants admettent que le PIB du Tibet a doublĂ© entre 2002 et 2007 et que sa croissance annuelle dĂ©passerait rĂ©guliĂšrement les 12 %. Â»[159].

Argument géopolitique

La Chine considÚre le Tibet comme une région stratégique pour sa sécurité[160].

Certains considĂšrent cette prĂ©sence comme dĂ©fensive, le Tibet Ă©tant « Un immense dĂ©sert qui fait office de bouclier contre l'Inde, puissance aujourd'hui menaçante Â» selon le quotidien français LibĂ©ration[111].

D'autres, y voient une position potentiellement plus offensive. Pour le gĂ©opolitologue Aymeric Chauprade, « celui qui tient le Tibet peut dĂ©ferler sur la Chine, l'Inde, le Xinjiang et la Mongolie intĂ©rieure Â»[161].

Statut du Tibet selon le gouvernement tibétain en exil

Le gouvernement tibĂ©tain en exil considĂšre la prĂ©sence chinoise comme une occupation Ă©trangĂšre ayant dĂ©butĂ© lors de ce qu'il appelle l'invasion de 1950-1951 par l'armĂ©e populaire de libĂ©ration. Il accuse la politique de la Chine d'avoir Ă©tĂ© responsable de la mort de 1 200 000 TibĂ©tains, de pratiquer un transfert massif de population Han et de dĂ©truire la culture tibĂ©taine, induisant une sinisation culturelle et dĂ©mographique du Tibet. Depuis 1979, le 14e dalaĂŻ-lama ne demande plus l'indĂ©pendance, mais une autonomie rĂ©elle pour l'ensemble des rĂ©gions de population tibĂ©taine[162].

La question des résolutions 1353, 1723 et 2079 de l'Assemblée générale des Nations unies

Teneur des résolutions

L'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'ONU a adoptĂ© 3 rĂ©solutions[163],[164] condamnant les violations des droits fondamentaux et des libertĂ©s du peuple tibĂ©tain, les coups portĂ©s Ă  sa culture et sa religion, ceci en 1959 (rĂ©solution 1353 (XIV)[165]) et en 1960 (rĂ©solution 1723 (XVI)[166]). Dans cette 2e rĂ©solution, le droit Ă  l'autodĂ©termination du peuple tibĂ©tain est mentionnĂ© explicitement. Enfin, la derniĂšre rĂ©solution en date, celle de 1965 (rĂ©solution 2079 (XX)[167]), fait rĂ©fĂ©rence aux prĂ©cĂ©dentes dont elle reprend les thĂšmes mais sans mention explicite Ă  l'autodĂ©termination. La Chine n'est pas dĂ©signĂ©e explicitement dans ces RĂ©solutions. Selon Jean-Claude Buhrer, un Ă©crivain et un journaliste, les 3 rĂ©solutions de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale demandaient la reconnaissance du droit Ă  l’autodĂ©termination des TibĂ©tains et le respect de leurs droits fondamentaux[168].

Contexte historique et portée des résolutions

Ces rĂ©solutions votĂ©es par l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale sont de simples recommandations, elles ne sont pas juridiquement contraignantes. De plus, comme elles ont Ă©tĂ© adoptĂ©es alors que la RĂ©publique populaire de Chine ne faisait pas partie de l'ONU, ce pays n'a pas pu participer aux dĂ©bats et de ce fait ne reconnaĂźt pas ces rĂ©solutions[169]. Depuis 1965, celles-ci n'ont jamais Ă©tĂ© reconduites, et lors de l'admission de la Chine Ă  l'ONU, en 1971, il n'en n'a pas Ă©tĂ© tenu compte. Selon le MinistĂšre des affaires Ă©trangĂšres de la France, en accueillant la RĂ©publique populaire de Chine en son sein en 1971, l'ONU n'a pas contestĂ© la souverainetĂ© de PĂ©kin sur le Tibet, souverainetĂ© qui est admise par tous les États ayant nouĂ© des relations diplomatiques avec la RPC depuis 1949[170].

Selon Bhaskar Vyas et Rajni Vyas, « aprĂšs la rĂ©solution de l'ONU de 1965 et la confirmation internationale du gĂ©nocide Â», on espĂ©rait que la Chine, sous l'effet de la honte se conformerait au moins Ă  l'Accord en 17 points, dans un esprit rĂ©aliste et appliquerait une autonomie authentique. MĂȘme si les rĂ©solutions de l'ONU ne changĂšrent rien dans les faits, la Chine prit conscience qu'elle devait s'occuper de cette question[171].

L'accusation de « gĂ©nocide tibĂ©tain Â»

Exposé de la question

Selon le gouvernement tibétain en exil, plus d'un million deux cent mille Tibétains seraient morts directement ou indirectement du fait de l'occupation du Tibet par la République populaire de Chine entre 1949 et 1979[172],[173],[174],[175],[176],[177].

CitĂ© par Patrick French, l’historien du droit Warren W. Smith Jr qui a Ă©tudiĂ© les dĂ©ficits de croissance de la population, affirme que les statistiques chinoises « confirment les thĂšses tibĂ©taines d'un nombre massif de morts et rĂ©futent les dĂ©nĂ©gations chinoises Â». Selon ses estimations plus de 200 000 TibĂ©tains « manqueraient Â» Ă  la population de la RĂ©gion autonome du Tibet. Le nombre de morts tibĂ©tains semble aussi Ă©levĂ© dans les rĂ©gions du Gansu, du Sichuan et du Qinghai, trois rĂ©gions oĂč les taux de mortalitĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1960 sont Ă©levĂ©s et vĂ©rifiables. Si cela est exact, on peut estimer qu'environ un demi-million de TibĂ©tains sont directement morts en raison de la politique appliquĂ©e au Tibet par la RĂ©publique populaire de Chine[178] Concernant la famine en Chine et dans les rĂ©gions du Tibet, Patrick French indique qu'il n'existe pas de statistique pour le centre Tibet mais il signale que :

« la sauvagerie qui prĂ©sida Ă  la rĂ©pression de la rĂ©volte contre le pouvoir chinois ne permet pas de savoir si les morts ont Ă©tĂ© provoquĂ©es par la faim, par la maladie, par la guerre ou par les persĂ©cutions. Â»

Par contre des statistiques existent pour les 3 autres provinces chinoises partiellement tibĂ©taines. Ainsi, si pendant la pĂ©riode 1959-1962 (comparĂ© aux donnĂ©es des annĂ©es 1956 - 1958) le taux global de mortalitĂ© augmenta de 115 %, celui des 3 provinces augmenta en moyenne de 233 %[179].

Ce chiffre est estimĂ© d'aprĂšs un calcul de Warren W. Smith Jr[180], basĂ© sur les recensements du Tibet montrant 200 000 TibĂ©tains « manquants Â» au Tibet, nombre que les Chinois attribuent Ă  la famine qui causa plus de 20 millions de morts en Chine aprĂšs le Grand Bond en avant[181].

Critiques et réfutations

En 2003 dans son livre Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, l'Ă©crivain et journaliste anglais Patrick French remet en cause le nombre de 1 200 000 morts tibĂ©tains. Ayant Ă©tĂ© autorisĂ© Ă  consulter les donnĂ©es brutes et Ă  vĂ©rifier leur traitement, il constata que celles-ci, obtenues Ă  partir du tĂ©moignage de rĂ©fugiĂ©s, ne permettaient pas d'obtenir le chiffre total annoncĂ©. En lieu et place de noms, French ne trouva que « des chiffres insĂ©rĂ©s de façon apparemment alĂ©atoire dans chaque rubrique et dupliquĂ©s de façon systĂ©matique, incontrĂŽlĂ©e Â», par exemple un mĂȘme affrontement armĂ©, relatĂ© par cinq rĂ©fugiĂ©s diffĂ©rents, se retrouvait comptabilisĂ© cinq fois. De plus, il s'aperçut que sur les 1,1 million de morts comptabilisĂ©s, il n'y avait que 23 364 femmes, ce qui impliquait la disparition de 1,07 million des 1,25 million de TibĂ©tains du sexe masculin, une impossibilitĂ©. Le livre de French a Ă©tĂ© critiquĂ© par Jamyang Norbu[182], un Ă©crivain tibĂ©tain en exil considĂ©rĂ© comme la voix persistante de l'indĂ©pendance du Tibet[183].

Le chiffre de 1,2 million de morts est récusé par le démographe chinois Yan Hao qui affirme que les chiffres sont exagérés et que les évaluations données par le gouvernement tibétain en exil reposent en partie sur des sources fabriquées[184].

Toutefois l'analyse prĂ©sente un oubli. Lorsqu'il tente de dĂ©nombrer le nombre de morts lors des combats, Yan Hao indique qu'au « Tibet politique Â» (la future rĂ©gion autonome) : « la rĂ©sistance atteignit son apogĂ©e en 1959, mais le soulĂšvement fut surtout confinĂ© Ă  Lhassa et il fut matĂ© par l'armĂ©e populaire de Chine en deux jours. La rĂ©sistance organisĂ©e ne s'est poursuivie ailleurs que pendant un autre mois Â». Or la guĂ©rilla Kampa a perdurĂ© pendant de nombreux mois, Yan Hao n'Ă©voque pas celle-ci[185].

La thĂšse du gĂ©nocide physique est rejetĂ©e Ă©galement par l'universitaire Barry Sautman, qui met en avant l'absence de donnĂ©es vĂ©rifiables :

« Les chiffres employĂ©s rĂ©guliĂšrement par les milieux exilĂ©s ne reposent sur aucune base. Ils avancent le chiffre de 1,2 million de TibĂ©tains morts Ă  partir des annĂ©es 1950 jusqu'aux annĂ©es 1970, mais sans donner aucune source. En tant que juriste, je n'accorde aucun crĂ©dit Ă  des statistiques non Ă©tayĂ©es par des donnĂ©es, par des sources visibles[186]. Â»

L'accusation de « gĂ©nocide culturel Â»

Exposé de la question

Les TibĂ©tains en exil, notamment en Inde et au NĂ©pal, dĂ©noncent un risque de disparition de leur culture, qui Ă©tait intimement associĂ©e au bouddhisme. [rĂ©f. nĂ©cessaire]

Celle-ci peut se faire par la rĂ©pression. Ainsi, durant la RĂ©volution culturelle chinoise, au Tibet, l'Institut Chakpori de mĂ©decine tibĂ©taine fut totalement dĂ©truit par l'armĂ©e chinoise. En 1961, le 14e dalaĂŻ-lama refonda Ă  Dharamsala l'Institut de mĂ©decine et d'astrologie tibĂ©taine. L'Institut Chakpori de mĂ©decine tibĂ©taine fut refondĂ© Ă  Darjeeling Ă©galement en Inde. [rĂ©f. nĂ©cessaire]

Elle serait Ă©galement due Ă  une dĂ©sacralisation de certains aspects de cette culture qui leur ferait perdre leur signification originelle. Selon le TCHRD, les monastĂšres au Tibet servent souvent davantage un intĂ©rĂȘt touristique que spirituel[187]. À PĂ©kin, un temple lamaĂŻque tibĂ©tain, le temple de Yonghe, lamasserie en activitĂ© aujourd'hui, est une des principales attractions touristiques.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Moine dans le temple de Yonghe Gong Ă  PĂ©kin.

Certains soulignent cependant que c'est dans toute la Chine que les religieux ont subi des interdictions et rĂ©pressions depuis la prise de pouvoir du parti communiste, surtout pendant la RĂ©volution culturelle, et pas seulement au Tibet.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Selon le linguiste Nicolas Tournadre « En moins de cinquante ans, la langue tibĂ©taine est devenue une langue menacĂ©e, condamnĂ©e Ă  un dĂ©clin irrĂ©versible, voire Ă  la disparition en deux gĂ©nĂ©rations si la politique linguistique actuelle est maintenue. La responsabilitĂ© du gouvernement rĂ©gional et du gouvernement central est, dans ce domaine, Ă©vidente[188] Â».

Critiques et réfutations

Ce discours sur la mort annoncĂ©e de la langue tibĂ©taine tranche avec le fait que le Tibet culturel ou ethnographique dispose de trois chaĂźnes tĂ©lĂ©visĂ©es, une pour chacun des trois dialectes tibĂ©tains parlĂ©s. Lhassa et la RĂ©gion autonome du Tibet possĂšdent une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision en langue tibĂ©taine qui Ă©met 24 heures sur 24 depuis le 1er octobre 2007. À sa crĂ©ation en 1999, elle n'Ă©mettait que 11 h par jour[189]. Il existe une deuxiĂšme chaĂźne en langue tibĂ©taine au Qinghai, en dehors de la RĂ©gion autonome[190]. Enfin, une troisiĂšme chaĂźne de tĂ©lĂ©vision par satellite, destinĂ©e aux 2,4 millions de TibĂ©tains parlant le dialecte khampa, a Ă©tĂ© inaugurĂ©e le 28 octobre 2009, Ă  Chengdu, capitale de la province du Sichuan. Elle Ă©met 6 h et demi par jour[191].

Selon Elisabeth Martens « Depuis les annĂ©es 1980, la culture et la religion du Tibet s’exercent librement, les enfants sont bilingues, des instituts de tibĂ©tologie ont Ă©tĂ© ouverts Ă  l’intention des jeunes TibĂ©tains, les monastĂšres regorgent de lamas (mĂȘme des jeunes enfants), et, en rue, les fidĂšles font allĂšgrement tourner leurs moulins Ă  priĂšre. Il ne s’agit nullement d’un « gĂ©nocide culturel Â», tel qu’on le prĂ©sente chez nous. En rĂ©alitĂ©, la trĂšs grande majoritĂ© des six millions de TibĂ©tains se mĂ©fie de la communautĂ© tibĂ©taine en exil qui reprĂ©sente pour eux un danger de dĂ©stabilisation Â»[192].

En 2008, le professeur Robert Barnett, de l'universitĂ© Columbia aux États-Unis, dĂ©clare qu'il faut en finir avec l'idĂ©e que les Chinois sont mal intentionnĂ©s ou qu'ils essaient de faire disparaĂźtre le Tibet[193]. Dans un compte rendu d'ouvrage qu'il Ă©crit pour la revue New York Review of Books, il Ă©voque la question suivante :

« si la culture tibĂ©taine Ă  l'intĂ©rieur du Tibet est en train d'ĂȘtre prestement annihilĂ©e, comment se fait-il que tant de TibĂ©tains de l'intĂ©rieur paraissent malgrĂ© tout avoir une vie culturelle plus dynamique – Ă  preuve la centaine de revues littĂ©raires en tibĂ©tain – que celle de leurs homologues exilĂ©s[194] ? Â»

La question de la « sinisation par peuplement Â»

Les exilĂ©s tibĂ©tains Ă  Dharamsala soulignent que de nombreux Hans, l'ethnie majoritaire de la Chine, viennent s'installer au Tibet[195], alors qu'en mĂȘme temps, les TibĂ©tains trouvent difficilement du travail[196].

Le sinologue Jean-Luc Domenach estime que la question tibĂ©taine sera « rĂ©solue par la colonisation, puisque les Chinois, d'une façon ou d'une autre, vont inonder le Tibet Â»[197].

Selon le Livre blanc publié par le gouvernement de la RPC, la modernisation et le développement du Tibet expliquent l'arrivée d'ouvriers Han[198] et des spécialistes occidentaux[199]. Depuis l'instauration de l'économie de marché en 1992, selon Xinhua, tout habitant de la RPC a le droit de se déplacer librement dans le pays et de travailler à l'endroit de son choix[200]. Selon Robert Marquand, le Tibet étant considéré par les Chinois comme faisant partie de leur pays depuis des milliers d'années, ces derniers estiment avoir le droit de s'y établir[201].

Droits de la personne au Tibet

Article dĂ©taillĂ© : Droits de l'homme au Tibet.

Environnement

Panneau prévenant des hauts risques d'incendie, dans le parc protégé de Pota tso en tibétain zang, chinois han et anglais.
Article dĂ©taillĂ© : Arme nuclĂ©aire au Tibet.

L'Ă©quilibre Ă©cologique du plateau tibĂ©tain est trĂšs fragile en raison du climat et de l'altitude qui ralentissent le renouvellement biologique. On y trouve une biodiversitĂ© importante, localement comparable Ă  celle de la forĂȘt amazonienne[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Une partie du Tibet est aujourd'hui encore considĂ©rĂ©e comme une des derniĂšres zones Ă©cologiques vierges de notre planĂšte ; il s'agit du nord-ouest du Chang Tang ou plateau TibĂ©tain, au sud du dĂ©sert du Taklamakan dans le Xinjiang. Michel Peissel l'a partiellement explorĂ© avec son Ă©quipe[202].

Les rĂ©gions tibĂ©taines s'Ă©tendent de la haute steppe glacĂ©e jusqu'aux dĂ©serts des hauts plateaux, aux forĂȘts tropicales, et aux prĂ©s alpestres. Elles concernent la rĂ©gion autonome du Tibet, les provinces limitrophes du Qinghai, du Sichuan et du Yunnan, et la province non limitrophe du Gansu.

Le Tibet est Ă©galement la source de l'ensemble des grands fleuves d'Asie, comprenant le Gange, le Salween, le Huang He (ou fleuve Jaune), le MĂ©kong, le Brahmapoutre, le Yangzi Jiang (ou YangtzĂ©), le Sutlej et l'Indus ; ils sont alimentĂ©s par une prĂ©cipitation moyenne de 100 mm dans le nord du pays jusqu’à plus de 1 000 mm dans le sud-est, mais avec le rĂ©chauffement climatique, ces fleuves tendent Ă  se tarir. En raison d'une pluviomĂ©trie trĂšs basse en 2009, la production hydroĂ©lectrique devrait chuter de 30 %, ce qui a justifiĂ© la construction d'une centrale thermique de 100 MW pour alimenter Lhassa[203].

Mesures de protection

Le gouvernement de la région autonome du Tibet interdit les projets industriels trÚs polluants et gourmands en énergie tels que les usines de fabrication de pùte à papier, ainsi que les fonderies, les aciéries et les usines chimiques[204].

L'usage des sacs en plastique, qui parsÚment les paysages les plus magnifiques dans tant de pays pauvres, est interdit depuis vingt ans dans la région autonome du Tibet[205].

Depuis 2011, Lhassa possĂšde une usine de traitement des eaux usĂ©es, conçue pour traiter 50 000 tonnes d'eaux usĂ©es par jour. Pour sa construction, il a fallu tenir compte de l'altitude Ă©levĂ©e, de la pression atmosphĂ©rique et des tempĂ©ratures basses, de la raretĂ© de l'oxygĂšne Ă  Lhassa[206].

Extraction de l'uranium au Gansu (1980-2002)

En 2002, le ministĂšre d'État de l'industrie nuclĂ©aire a fermĂ© la mine d'uranium de TĂȘwo, situĂ©e dans la prĂ©fecture autonome tibĂ©taine de Gannan, dans la province de Gansu (non limitrophe avec la rĂ©gion autonome du Tibet), qui avait Ă©tĂ© ouverte en 1980. Selon l'association Tibet Libre et le Centre des citoyens pour le dĂ©sarmement nuclĂ©aire, le matĂ©riel radioactif a Ă©tĂ© incorrectement manipulĂ©, induisant un nombre Ă©levĂ© de cancers et de malformations congĂ©nitales chez les populations avoisinantes. Le corps mĂ©dical tibĂ©tain a attribuĂ© prĂšs de la moitiĂ© des dĂ©cĂšs dans la rĂ©gion Ă  une variĂ©tĂ© de cancers liĂ©s Ă  la radioactivitĂ© et Ă  des maladies du systĂšme immunitaire. Le bĂ©tail a souffert Ă©galement d’un taux de mortalitĂ© exceptionnellement Ă©levĂ©. L’environnement est devenu une terre stĂ©rile [207],[208].

Centre de recherches sur les armes nucléaires au Qinghai (1962-1987)

PrÚs des rives du lac Kokonor (district de Haiyan, préfecture autonome tibétaine de Haibei), dans la province du Qinghai, Deng Xiaoping supervisa la construction d'un centre de recherche d'armes nucléaires au début des années 1960 appelé la NeuviÚme Académie[209]. C'est là, entre 1958 et 1964, que furent mises au point la premiÚre bombe atomique chinoise et 2 ans plus tard la premiÚre bombe à hydrogÚne chinoise, lesquelles furent testées par 46 explosions nucléaires sur le site de Lop Nor au Xinjiang[210].

Aujourd'hui, cette base est dĂ©classifiĂ©e et ouverte au public. FermĂ©e en 1987, elle avait Ă©tĂ© cĂ©dĂ©e au gouvernement local en 1993. On peut en visiter certaines parties : laboratoire de recherche, salle des commandes, salle de production d'Ă©lectricitĂ© et salle de transmission tĂ©lĂ©graphique. Un musĂ©e a Ă©tĂ© Ă©tabli Ă  la base de Xihai. Des hĂŽtels et des restaurants ont Ă©tĂ© construits dans le bourg[211],[212].

Stockage de déchets nucléaires (Qinghai et Gansu)

À la fin des annĂ©es 1970, une usine d'enrichissement d'uranium fut construite prĂšs du lac Kokonor, usine qui produisait quotidiennement prĂšs de 400 kg d'uranium. Dans le livre Industrie nuclĂ©aire contemporaine Ă©crit par Li Jue, directeur de la NeuviĂšme AcadĂ©mie, les Chinois reconnaissaient que jusqu'en 1991, l'usine de Haiyan Ă©tait toujours leur centre principal de recherche militaire nuclĂ©aire. Leurs dĂ©chets nuclĂ©aires auraient Ă©tĂ© longtemps stockĂ©s dans le lac lui-mĂȘme et dans les annĂ©es 1970 de nombreux enfants de nomades ont Ă©tĂ© atteints de leucĂ©mies et de malformations. Le lac Kokonor, le plus grand lac d'eau salĂ©e du Tibet, est contaminĂ© par la radioactivitĂ©.

Selon le gouvernement tibĂ©tain en exil, l'agence de presse chinoise Xinhua aurait reconnu que des dĂ©chets nuclĂ©aires Ă©taient dĂ©posĂ©s dans la province du Qinghai. Le 19 juillet 1995, elle rapportait l'existence d'un dĂ©pĂŽt de 20 m2 pour les polluants radioactifs dans la prĂ©fecture autonome tibĂ©taine de Haibei, prĂšs des rives du lac Kokonor[213].

En 1993, la Chine dĂ©buta la construction d'un centre de stockage de dĂ©chets nuclĂ©aires dans une rĂ©gion aride de la province de Gansu, rapportait une dĂ©pĂȘche de l’agence Reuters. Ce centre Ă©tait censĂ© avoir une premiĂšre capacitĂ© de stockage de 60 000 m2 de dĂ©chets radioactifs, devant ĂȘtre portĂ©e ensuite Ă  200 000 m2. À l’époque, aucune prĂ©cision n’avait Ă©tĂ© apportĂ©e sur le mode de traitement et de stockage des dĂ©chets radioactifs[214].

Selon le gouvernement tibĂ©tain en exil, il existe plusieurs sites fortement contaminĂ©s par la radioactivitĂ© au Tibet. Pourtant, les effets des polluants radioactifs dĂ©versĂ©s dans l’eau du plateau tibĂ©tain se feront sentir bien au-delĂ  car dix des plus grands fleuves d’Asie y prennent source. De plus, les vents de haute altitude qui soufflent au Tibet peuvent transporter la radioactivitĂ© Ă  de grandes distances[215].,[216].

Ressources naturelles

Articles dĂ©taillĂ©s : Économie du Tibet et Colonisation du Tibet.
Yaks décorés.

Le Tibet a de nombreuses ressources naturelles notamment en pĂ©trole[217], en gaz[rĂ©f. nĂ©cessaire], en bauxite, en Ă©tain, en arsenic, en charbon, en jade, en saphir, en quartz, en sel[218], en chrome, en cuivre, en borax, en uranium, en lithium, en fer, en or, en argent, en plomb, en zinc et en cobalt. Le potentiel du Tibet en ressources minĂ©rales est estimĂ© Ă  78,4 milliards de dollars[219]. DĂ©cidĂ©es par PĂ©kin, l'ouverture des voies d'accĂšs et l'exploitation des gisements miniers ont souvent Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es sans considĂ©ration pour l'environnement. Le rĂ©sultat : des niveaux alarmants de pollution qui affectent l'hydrographie, l'atmosphĂšre et les sols[220].,[221]

Par ailleurs le Tibet est la source de nombreux fleuves : le Yangzi Jiang, le Huang He, le MĂ©kong, l'Indus, le Brahmapoutre, le Salween, l'Irrawaddy, le Sutlej et deux affluents du Gange : le Ghaghara et le Gandaki. Le potentiel hydraulique et hydroĂ©lectrique est donc Ă©norme. 30% des ressources hydrauliques chinoises se situeraient au Tibet[219].

Des zones forestiĂšres autrefois verdoyantes comme le Kongpo au sud-est du Tibet, ont Ă©tĂ© transformĂ©es en un paysage lunaire[222]. En 1949, les forĂȘts recouvraient 222 000 km2, soit prĂšs de la moitiĂ© de la superficie de la France. En 1989, la moitiĂ© de la surface de la forĂȘt Ă©tait rasĂ©e[223]. Selon une Ă©tude du World Watch Institute datant de 1998, la dĂ©forestation atteindrait 85 %[224]. En l’an 2000, on a estimĂ©, que 80 Ă  90 % des forĂȘts qui protĂ©geaient le sol sur les montagnes en amont du bassin du YangzĂ© Kiang avaient Ă©tĂ© dĂ©truites[225].

Poubelle à tri séléctif dans le parc naturel protégé de Pota Tso

Le dĂ©boisement cause de graves problĂšmes d'Ă©rosion et de glissements de terrain, et reprĂ©sente l'une des causes de l'augmentation du niveau de la vase et du relargage de sĂ©diment des fleuves tels que le Yangzi Jiang ou le fleuve jaune, qui reprĂ©sente 10% du relargage de sĂ©diments dans le monde[226] Selon certains experts, citĂ©s notamment par Tibet Information Network, les effets dĂ©passent maintenant le Tibet et se traduisent par des inondations dĂ©vastatrices en Chine continentale, en Inde et au Bangladesh[227],[228]. D'aprĂšs un rapport publiĂ© en 2000 par le ministĂšre de l’information et des relations internationales du gouvernement tibĂ©tain en exil, et un rapport du National Center for Atmospheric Research, un institut de recherche amĂ©ricain, et des scientifiques chinois, le gouvernement chinois a reconnu le rĂŽle de cette dĂ©forestation massive dans les inondations catastrophiques de 1998, on a recensĂ© entre 3 600 et 10 000 morts, 223 millions de sinistrĂ©s et des millions de sans-abris suite aux crues du Yangzi jiang[229],[230],[225]

Le gouvernement chinois a mis en place des rĂ©serves naturelles protĂ©gĂ©es, comme le Parc national de Pota tso afin de preserver faune et flore. Seuls les Ă©leveurs de yaks peuvent y exercer librement leur travail. Des circuits touristiques y sont autorisĂ©s, mais placĂ©s sous la vigilance de services de propretĂ©, des panneaux solaires sont utilisĂ©s pour produire l’énergie nĂ©cessaire Ă  certaines installations, les poubelles Ă  tri sĂ©lĂ©ctif y sont systĂ©matiques, des cabines fumeurs (le milieu est hautement inflammable) et des toilettes vertes y sont amĂ©nagĂ©es.

En mars 2011, un rÚglement (de 38 articles) sur la protection des zones humides est entré en vigueur dans la région autonome du Tibet. Il porte notamment sur la protection écologique des zones humides, la mise en place d'archives sur ces ressources et l'interdiction de leur destruction. Le Tibet, qui dispose de la plus grande surface de zones humides en Chine, se trouve ainsi au nombre des premiÚres provinces faisant l'objet de protection en matiÚre de zones humides[231].

Des équipes de lutte contre le braconnage ont été mises en place, comme la patrouille sauvage de Kekexili qui lutte contre le braconnage de l'antilope du Tibet en voie de disparition, et dont le travail a donné lieu à un film destiné à sensibiliser la population locale.

Culture

Maisons traditionnelles du Kham

Médecine tibétaine traditionnelle

La mĂ©decine tibĂ©taine traditionnelle est une des plus anciennes mĂ©decines au monde. Elle utilise jusqu'Ă  deux mille types de plantes et cinquante minĂ©raux. Une des personnalitĂ©s clĂ© dans son dĂ©veloppement fut le mĂ©decin Yutok Yonten Gonpo (VIIIe siĂšcle), qui a Ă©crit les « Quatre tantras mĂ©dicaux Â», l'ouvrage fondateur de la mĂ©decine traditionnelle tibĂ©taine, intĂ©grant diffĂ©rents Ă©lĂ©ments des mĂ©decines de Perse, d'Inde et de Chine. Cet ouvrage fut ensuite modifiĂ© et complĂ©tĂ© par les gĂ©nĂ©rations suivantes, et notamment par le 13e descendant de Yutok Yonten Gonpo, Yuthok Sarma Yonten Gonpo, qui y ajouta 18 ouvrages mĂ©dicaux. Un de ses livres comporte des tableaux dĂ©peignant la remise Ă  l'Ă©tat initial d'un os cassĂ© ou des images anatomiques d'organes internes.

Elle est généralement pratiquée par des lamas, comme à Xianggelila.

Religion

Bön

Article dĂ©taillĂ© : Bön.

Selon le tibétologue norvégien Per KvÊrne, le Bön désigne trois phénomÚnes religieux différents.

Tout d'abord c'est une religion tibĂ©taine prĂ©existante au bouddhisme et qui est supplantĂ©e par celui-ci au VIIIe siĂšcle et IXe siĂšcle. La deuxiĂšme signification concerne une religion qui apparait au Tibet au Xe siĂšcle - XIe siĂšcle, Ă  cette Ă©poque le bouddhisme, aprĂšs une pĂ©riode de dĂ©cadence, se propageait Ă  partir de l'Inde pour devenir, la foi dominante. Jusqu'Ă  aujourd'hui le Bön a continuĂ© Ă  exister comme religion minoritaire. Enfin le terme Bön est souvent employĂ© pour dĂ©signer les croyances populaires, souvent mal dĂ©finies, qui ne sont pas d'origine bouddhique et qui sont communes chez les bönpos et les bouddhistes[232].

Bouddhisme tibétain

Article dĂ©taillĂ© : bouddhisme tibĂ©tain.

La spiritualitĂ© est extrĂȘmement importante pour les bouddhistes tibĂ©tains. Le Tibet est l'Ă©crin traditionnel du bouddhisme tibĂ©tain, une forme distincte de Vajrayana, qui est aussi reliĂ© au Shingon, la tradition bouddhiste au Japon.[rĂ©f. nĂ©cessaire] Le bouddhisme tibĂ©tain est non seulement pratiquĂ© au Tibet, mais aussi en Mongolie, en RĂ©publique de Bouriatie, en RĂ©publique de Touva, en RĂ©publique de Kalmoukie et chez les mandchous[233],[234],[235],[236].

L'un des rites funéraires les plus pratiqués par les Tibétains est celui de la sépulture de l'Air, par lequel le corps du défunt est offert aux vautours[237].

Islam

Article dĂ©taillĂ© : Islam au Tibet.

Dans les villes tibĂ©taines, il existe de petites communautĂ©s musulmanes, comme les Kachee (Kache), dont les origines remontent aux immigrants de trois rĂ©gions principales : le Cachemire (Kachee Yul en tibĂ©tain ancien), le Ladakh et les pays turcs d’Asie Centrale. L'influence islamique au Tibet est aussi venue de Perse[238].

AprÚs 1959, un groupe de Musulmans tibétains a demandé la nationalité indienne du fait de leurs racines historiques au Cachemire et le gouvernement indien a déclaré citoyens indiens tous les Musulmans tibétains cette année-là[239].

Il existe aussi une communauté musulmane chinoise bien établie (gya kachee), dont les origines remontent au peuple Hui, un groupe ethnique de Chine.

Christianisme

Articles dĂ©taillĂ©s : christianisme au Tibet et mission jĂ©suite au Tibet.

Les monastĂšres bouddhistes

Mandala de sable du Tibet.
Grands monastĂšres et monastĂšres-forteresses (ou dzongs)
Article dĂ©taillĂ© : Dzong du Tibet.

Alors qu'au Bhoutan, les monastÚres-forteresses ou dzongs réunissaient pouvoir religieux et pouvoir politique, leurs homologues tibétains en revanche avaient surtout un rÎle administratif, la fonction religieuse étant dévolue aux grands monastÚres, forts de plusieurs milliers de moines, tels Séra, Drépung et Ganden autour de Lhassa, et Tashilhunpo à Shigatsé[240].

Le Palais du Potala, ancienne résidence d'hiver des dalaï-lamas, est un exemple de tout premier plan des monastÚres-forteresses du Tibet[241]. Il figure au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Dob-dob, Lhassa, 1938

Les monastĂšres tibĂ©tains, selon la tibĂ©tologue Lydia Aran, entretenaient des armĂ©es privĂ©es qui Ă©taient dĂ©ployĂ©es en cas de conflit avec le gouvernement ou avec d'autres monastĂšres ou parfois mĂȘme au sein d'Ă©coles concurrentes Ă  l'intĂ©rieur d'un mĂȘme monastĂšre. Les moines de combat dits dob-dob reprĂ©sentaient 15% des moines des grands monastĂšres gĂ©lougpa Ă  l'intĂ©rieur et aux alentours de Lhassa[242]. Selon StĂ©phanie Roemer, les troupes des grands complexes monastiques de Sera, Ganden et Drepung disposaient de fusils et de munitions et faisaient figure de force armĂ©e concurrençant et Ă©clipsant l'armĂ©e tibĂ©taine[243].

Vicissitudes au cours des siĂšcles

Selon Elisabeth Martens, en 1617, lors de la guerre civile entre bouddhistes karmapa et bouddhistes gelukpa, les moines-soldats karmapa, secondĂ©s par l'armĂ©e du roi de Ü, mirent Lhassa Ă  feu et Ă  sang et rasĂšrent le monastĂšre de Drepung[244].

Selon Sanderson Beck, lors de l'incursion d'un corps expĂ©ditionnaire britannique en 1903-1904, il fut ordonnĂ© aux Britanniques de ne pas piller mais ils se servirent en reprĂ©sentations et peintures dans les monastĂšres qui leur rĂ©sistĂšrent[245]. Selon Roland Barraux, des rumeurs de pillages ont menĂ© Ă  des discussions jusqu’au Parlement britannique, mais l’armĂ©e britannique n’est pas allĂ©e jusqu’à de pareilles extrĂ©mitĂ©s[53]. Aux dires du 14e dalaĂŻ-lama, les Britanniques sont restĂ©s cĂ©lĂšbres dans la mĂ©moire des TibĂ©tains, pour n’avoir pas dĂ©truit ou pillĂ© les monastĂšres tibĂ©tains, au contraire de l’invasion menĂ©e par Zhao Erfeng quelques annĂ©es plus tard[246],[247].

En 1914, sous le 13e dalaï-lama, le monastÚre de Tengyeling aurait été privé de financement et transformé une école de médecine et d'astrologie tibétaine (selon Sanderson Beck), ou démoli (selon Heinrich Harrer) pour collusion avec les Chinois et le général Zhao Erfeng[248]. Les traßtres furent bannis et les moines restants furent répartis entre différents monastÚres[249].

En 1947, lors de la répression gouvernementale contre les partisans de l'ancien régent Reting Rinpoché, le monastÚre de Séra fut bombardé par les mortiers de l'armée tibétaine et pris d'assaut, ce qui coûta la vie à environ 200 moines. Les bùtiments furent entiÚrement pillés par les soldats, si bien que pendant des semaines des objets précieux réapparurent dans les boutiques de Lhassa[250],[251].

Controverse sur le chiffre des destructions (années 1950-1960)

Dans leur livre On the margins of Tibet[252], Åshild KolĂ„s, Monika P. Thowsen indiquent qu'il y avait, d'aprĂšs des archives tibĂ©taines, 5 542 monastĂšres sur le plateau tibĂ©tain avant 1958, dont 3 897 situĂ©s en dehors des frontiĂšres actuelles de la rĂ©gion autonome (soit 1645 pour celle-ci). Ils ajoutent, sur la foi d'archives chinoises, que dans les zones tibĂ©taines faisant partie des provinces du Sichuan, Gansu, Yunnan, et Qinghai, de nombreux bĂątiments monastiques furent dĂ©molis, d'autres furent simplement abandonnĂ©s et laissĂ©s sans entretien, d'autres encore furent reconvertis en Ă©coles, entrepĂŽts, voire en habitations.

Il n'existe pas de recensement des monastĂšres et lieux saints du Tibet ayant subi des destructions, Ă  ce que fait remarquer l'auteur d'un projet de cartographie du Tibet : « Si on dit que plus de 2000 monastĂšres et lieux-saints ont Ă©tĂ© dĂ©truits par les Gardes Rouges (...), personne ne peut en fournir la liste, ni les localiser sur une carte Â»[253].

AprĂšs l'intervention chinoise de 1950-1951, selon le gouvernement tibĂ©tain en exil, plus de 6 000 monastĂšres furent dĂ©truits[citation nĂ©cessaire][254], dont certains Ă  l'occasion des bombardements de l'armĂ©e chinoise contre la rĂ©sistance tibĂ©taine[citation nĂ©cessaire][255] et d'autres durant la rĂ©volution culturelle par les gardes rouges tibĂ©tains. Selon Laurent Deshayes, Ă  partir du Grand Bond en avant (1958), le gouvernement central renforce sa politique au Tibet : les communistes transforment les monastĂšres en bĂątiments administratifs ou en casernes et plus rarement en hĂŽpitaux[256].

En juin 1959, la Commission internationale de juristes (CIJ), une association dont la formation avait été financée par la CIA en tant qu'instrument de la guerre froide, à l'insu de la plupart de ses membres[257], mentionne notamment la destruction des monastÚres comme un des éléments permettant de conclure à une volonté d'éliminer les croyances religieuses, en violation de l'Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet[citation nécessaire][258].

Au dĂ©but des annĂ©es 1980, le journaliste amĂ©ricain Fox Butterfield rapporte que des fonctionnaires chinois l’informĂšrent qu’avant 1959, il y avait 2464 monastĂšres au Tibet, et qu’aprĂšs la rĂ©volution culturelle, il n’en subsistait plus que 10. Ils mentionnĂšrent notamment que l’un d’entre eux, Ganden, le troisiĂšme en importance et qui contenait 10 000 moines, avait tout simplement disparu[259],[260].

L'institut bouddhiste de Serthar et le monastĂšre de Yachen Gar (2001)

Selon la Campagne internationale pour le Tibet, un organisme Ɠuvrant pour l'indĂ©pendance du Tibet[261], l’Institut bouddhiste de Serthar (Ă©galement appelĂ© Institut bouddhiste de Larung Gar ou Larong Gar), fondĂ© en 1980 par Khenpo Jigme Phuntsok dans la rĂ©gion de prĂ©fecture autonome tibĂ©taine de GarzĂȘ, prĂšs de la ville de xian de SĂȘrtar (en chinois Seda), fut rasĂ© durant l’étĂ© 2001. Les quelque 8 000 Ă©tudiants furent expulsĂ©s et environ 2 000 maisons dĂ©truites sous la supervision d'Ă©quipes militaires et policiĂšres armĂ©es. En raison du traumatisme infligĂ© aux nonnes, certaines d'entre elles se suicidĂšrent[262]. Selon Pierre-Yves Ginet, en quelques mois, Larung Gar a Ă©tĂ© dĂ©truit Ă  70% et les religieux « en excĂšs Â» expulsĂ©s[263].

Restauration du patrimoine architectural religieux

En 20 ans (jusqu'en 2011), le gouvernement central et la région autonome du Tibet ont dépensé 700 millions de yuans, soit plus de 100 millions de dollars, pour la conservation et la restauration de plus de 1400 temples, monastÚres et palais[264].

Art tibétain

L'art tibĂ©tain est intrinsĂšquement liĂ© au bouddhisme tibĂ©tain : cela explique que les Ɠuvres reprĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement des divinitĂ©s bouddhiques sous diverses formes allant de statues en bronze dorĂ© et de sanctuaires Ă  des thangkas et des mandalas de sables colorĂ©s.

Les arts Regong, nĂ©s dans ce qui est aujourd'hui la prĂ©fecture autonome tibĂ©taine de Huangnan, ont Ă©tĂ© inscrits en 2009 sur la liste reprĂ©sentative du patrimoine culturel immatĂ©riel de l’humanitĂ©[265].

La sculpture des statuettes en bronze doré constitue ce qu'on appelle l'art sino-tibétain.

Architecture

L'architecture religieuse tibĂ©taine a subi des influences orientales et indiennes, et reflĂšte profondĂ©ment l'approche bouddhiste. La roue bouddhiste, aux deux dragons, peut ĂȘtre vue sur presque chaque monastĂšre du Tibet. La conception des chörtens tibĂ©tains peut varier, depuis des murs arrondis dans le Kham Ă  des formes carrĂ©es et des murs Ă  quatre cĂŽtĂ©s au Ladakh.

Tour d'une dizaine de mÚtres de haut, tournée par les moines et les visiteurs bouddhistes, à Zhongdian, Xianggelila.

L'architecture tibĂ©taine est caractĂ©risĂ©e par la construction frĂ©quente des maisons et des monastĂšres sur des sites Ă©levĂ©s et ensoleillĂ©s face au sud, et par la combinaison de divers matĂ©riaux : pierre, bois, ciment et terre. Les techniques de construction permettent de pallier la raretĂ© des combustibles utilisĂ©s pour le chauffage : toits plats pour prĂ©server la chaleur et fenĂȘtres multiples pour laisser entrer la lumiĂšre du soleil. Les murs sont habituellement inclinĂ©s de dix degrĂ©s vers l'intĂ©rieur et soutenus par des gros piliers faits de troncs d'arbres massifs, Ă  titre de prĂ©caution contre les tremblements de terre, frĂ©quents dans ce secteur montagneux.

Avec ses 117 mĂštres de hauteur et 360 mĂštres de largeur, le Palais du Potala est considĂ©rĂ© comme l'exemple le plus important d'architecture palatiale tibĂ©taine. Anciennement rĂ©sidence du dalaĂŻ-lama, il comprend plus d’un millier de piĂšces rĂ©parties sur treize Ă©tages et abrite les sĂ©pultures des dalaĂŻ-lamas passĂ©s et des statues du Bouddha. Il est divisĂ© en un Palais Blanc extĂ©rieur, qui abritait les quartiers administratifs, et des Quartiers Rouges intĂ©rieurs, qui abritaient la salle de rĂ©union des Lamas, les chapelles, 10 000 sanctuaires et une importante bibliothĂšque contenant les Ă©critures bouddhistes. Il existe un petit potala, Ă  Zhongdian, au sud-est du plateau du Tibet, dans la province du Yunnan, dans la rĂ©gion autonome de Xianggelila.

Musique

Article dĂ©taillĂ© : Musique tibĂ©taine.
Musiciens dans les rues du Ladakh en Inde du nord.

La musique tibĂ©taine reflĂšte l'hĂ©ritage culturel de la rĂ©gion himalayenne, centrĂ©e sur le Tibet mais aussi sur les rĂ©gions oĂč l’on trouve des groupes ethniques TibĂ©tains : en Inde, au Bhoutan, au NĂ©pal ainsi qu’à l'Ă©tranger. Elle est avant tout religieuse, reflĂ©tant l'influence profonde du bouddhisme tibĂ©tain sur la culture, quoique de nombreux Ă©lĂ©ments chamaniques subsistent.

La musique tibétaine, sous la forme de chants en tibétain ou en sanscrit, fait partie intégrante de la religion. Ces chants complexes, souvent des récitations de textes sacrés, sont également pratiqués lors de la célébration de divers festivals. Le chant yang, exécuté sans moment de mesure, est accompagné de tambours et à un niveau bas, de syllabes soutenues. Il existe également des styles spécifiques à diverses écoles de bouddhisme tibétain, comme la musique classique populaire des Gelugpa, et la musique romantique des Nyingmapa, Sakyapa et Kagyupa.

Une autre forme de musique populaire est le style classique Gar, qui est exĂ©cutĂ© pour les rites et les cĂ©rĂ©monies. La musique Lu fait appel Ă  un type de chansons qui prĂ©sentent des vibrations glottales et aigĂŒes. Il y a aussi les chants Ă©piques de hĂ©ros du Tibet, comme l’épopĂ©e de Gesar de Ling.

Festivals

Le Festival de priĂšre de Monlam.

Le Tibet a divers festivals organisés en général en l'honneur de Bouddha. Losar est le Festival de Nouvel An tibétain; il est suivi par le Festival de priÚre de Monlam qui se déroule durant le premier mois du calendrier tibétain; ce second festival implique beaucoup de Tibétains réunis pour danser, participer à des événements sportifs et partager des pique-niques.

Éducation tibĂ©taine traditionnelle

Avant que l'organisation de l'enseignement soit totalement transformĂ©e par les Chinois dans les annĂ©es 1950[266], mais aussi par les TibĂ©tains en exil en Inde dont l'enseignement attire chaque annĂ©e un nombre important de jeunes TibĂ©tains vers l'exil[267], trois modes d'enseignement collectif coexistaient au Tibet : l'enseignement bouddhiste assurĂ© dans les monastĂšres, l'enseignement officiel organisĂ© par le gouvernement tibĂ©tain et enfin l'enseignement privĂ©[268],[269].

L'enseignement des métiers manuels s'effectuait le plus souvent par transmission de pÚre en fils, mais également par formation interne au sein des ateliers[270].

Bien que l'on ne dispose pas de statistiques prĂ©cises sur le nombre d'Ă©coles et le nombre d'Ă©lĂšves au sein des monastĂšres bouddhistes, il est cependant certain que cette forme d'enseignement Ă©tait largement prĂ©pondĂ©rante, mais qu'elle ne prenait en charge qu'une partie des enfants tibĂ©tains, ceux qui y Ă©taient envoyĂ©s par leurs parents pour devenir moines[271],[272],[273] ; le chiffre de moins de 2 % d'enfants scolarisĂ©s avancĂ© par des sources chinoises paraĂźt nĂ©anmoins caricatural[274]. Selon le gouvernement tibĂ©tain en exil, avant 1959, on comptait 592 000 moines[275], tandis que le nombre de nonnes Ă©taient de 27 000[276], soit au total prĂšs de 10 % de l'ensemble des TibĂ©tains. Ces Ă©coles donnaient aux Ă©lĂšves, aux jeunes moines et nonnes bouddhistes, une formation religieuse, philosophique et artistique, et leur enseignaient Ă©galement la lecture et l'Ă©criture de la langue tibĂ©taine, ainsi que les bases de la mĂ©decine tibĂ©taine traditionnelle et du calendrier tibĂ©tain[277].

L'enseignement officiel, organisé par le gouvernement tibétain autour de 3 centres principaux, était destiné essentiellement à la formation des futurs cadres du pays, à celle des médecins et des spécialistes du calendrier astronomique. L'école de Tse, située au sommet du Palais du Potala et fondée par le 7e dalaï-lama, formait les cadres du gouvernement du Tibet. Les diplÎmés de cette école qui désiraient travailler dans la fonction publique devaient suivre un enseignement plus poussé dans une école religieuse. Les fonctionnaires laïcs étaient principalement formés à l'école de Tse[278]. Selon le gouvernement chinois, les futurs cadres étaient pratiquement tous issus de familles nobles[279], alors que les études médicales étaient ouvertes à tous[280].

Selon des sources chinoises, il existait une seule école de formation des cadres destinée aux laïcs, sise à Lhassa, qui comptait une vingtaine d'élÚves, et deux écoles destinées aux religieux, l'une à Lhassa, et l'autre à Xigaze. L'enseignement des futurs cadres laïcs comprenait l'éthique, la grammaire et l'écriture de la langue tibétaine, la composition des documents officiels et les techniques de calcul et de recouvrement des taxes. L'enseignement des futurs cadres religieux comprenait les cérémonies religieuses, les écritures et objets bouddhistes, la grammaire tibétaine, la composition des documents officiels et les mathématiques[281],[282].

L'enseignement destinĂ© aux futurs spĂ©cialistes de la mĂ©decine et du calendrier astronomique tibĂ©tains Ă©tait dĂ©livrĂ© par plusieurs Ă©coles, notamment l'Institut Chakpori de mĂ©decine tibĂ©taine fondĂ© au XVIIe siĂšcle par le 5e dalaĂŻ-lama et son rĂ©gent SangyĂ© Gyatso, qui fut dĂ©truit en 1959 par l'armĂ©e chinoise[283], ainsi qu'au Men-Tsee-Khang de Lhassa, fondĂ© en 1916 par le 13e dalaĂŻ-lama, Thubten Gyatso[284],[281],[285]. Cet Ă©tablissement sera fermĂ© par les communistes, et les mĂ©decins tibĂ©tains comme Tenzin Choedrak emprisonnĂ©s.

Les familles nobles ou aisĂ©es avaient frĂ©quemment recours Ă  des prĂ©cepteurs qui Ă©taient chargĂ©s de l'Ă©ducation de leurs enfants Ă  domicile. Dans les villes les plus importantes (notamment Lhassa, Shigatse, Zedang et GyangzĂȘ), des Ă©coles privĂ©es ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©es. Celles-ci, au nombre d'une dizaine dans les annĂ©es 1840, se sont multipliĂ©es pour atteindre la centaine sous la RĂ©publique de Chine. La ville de Lhassa comptait au moins une vingtaine d'Ă©coles privĂ©es renommĂ©es, comme Dakang ou Gyiri[282],[285],[286]. Les Britanniques ont ouvert un dispensaire dans la ville de Gyantse aprĂšs la signature des traitĂ©s consĂ©cutifs Ă  leur intervention militaire de 1904. C'est dans cette mĂȘme ville qu'en 1923, le 13e dalaĂŻ-lama a Ă©tabli la premiĂšre Ă©cole anglaise, qui a dĂ» fermer en 1926 en raison de l'opposition des monastĂšres[287],[288]. La tentative de gĂ©nĂ©raliser l'enseignement primaire voulue par le 13e dalaĂŻ-lama, Thubten Gyatso date de son retour d'exil en Inde, aprĂšs la chute de la dynastie chinoise Qing en 1911. Il dĂ©cida d'instituer un enseignement obligatoire de la langue tibĂ©taine pour tous les enfants ĂągĂ©s de 7 Ă  15 ans, mais se heurta Ă  l'opposition des monastĂšres[281]. Une Ă©cole anglaise s'ouvrit Ă  Lhassa en 1944, mais cette tentative fut aussi sans lendemain, cependant que quelques TibĂ©tains envoyaient leurs enfants dans les Ă©coles occidentales en Inde[289],[290],[291].

Éducation tibĂ©taine moderne

Selon Rong Ma, un systĂšme Ă©ducatif moderne commence Ă  ĂȘtre mis en place, principalement Ă  partir de 1959. Toutefois, il est interrompu Ă  partir de 1966, Ă  cause de la RĂ©volution culturelle. Ce n'est qu'en 1976 qu'il est rĂ©tabli. Dans le quart de siĂšcle qui suit, la rĂ©gion autonome du Tibet se dote d'un systĂšme Ă©ducatif complet, allant de l'Ă©cole primaire Ă  l'universitĂ©[292].

Langues

Article dĂ©taillĂ© : TibĂ©tain.

Tibétain (de la famille des langues tibéto-birmanes), mandarin (langue officielle de la RP de Chine).

Notes et références

  1. ↑ a, b, c et d Department of Population, Social, Science and Technology Statistics of the National Bureau of Statistics of China (ć›œćź¶ç»ŸèźĄć±€äșșćŁć’Œç€ŸäŒšç§‘æŠ€ç»ŸèźĄćž) and Department of Economic Development of the State Ethnic Affairs Commission of China (ć›œćź¶æ°‘æ—äș‹ćŠĄć§”ć‘˜äŒšç»æ”Žć‘ć±•ćž), eds. Tabulation on Nationalities of 2000 Population Census of China (《2000ćčŽäșșćŁæ™źæŸ„äž­ć›œæ°‘æ—äșșćŁè”„æ–™ă€‹). 2 vols. Beijing: Nationalities Publishing House (民族ć‡ș版瀟), 2003 (ISBN 978-7-105-05425-1).
  2. ↑ Cf. Quelle solution politique pour le Tibet ?, rapport prĂ©sentĂ© par M. Louis de Broissia, sĂ©nateur, sĂ©rie Relations interparlementaires France-Tibet, 2006, p. 17 : « Le territoire revendiquĂ© par le gouvernement tibĂ©tain en exil depuis 1959 correspond au Pö Chölka Sum, c’est-Ă -dire au « Tibet des trois provinces Â» : Ü-Tsang, Kham et Amdo. Ce Grand Tibet a une superficie d’environ 3,8 millions de km2, soit sept fois la France. Il reprĂ©sente donc prĂšs de 40 % de la superficie de la Chine dans ses frontiĂšres actuelles (9,6 millions de km2) Â».
  3. ↑ Quelle solution politique pour le Tibet ?, op. cit., III - Le dĂ©veloppement du Tibet : lumiĂšres et ombres.
  4. ↑ Chine: trois millions d'habitants au Tibet, dont 90% sont des TibĂ©tains, Le Quotidien du peuple en ligne, 5 mai 2011.
  5. ↑ Il comprenait en effet la haute vallĂ©e du Yangzi Jiang (sud de l'Amdo), actuellement situĂ©e dans la province du Qinghai : voir Histoire du Tibet de Laurent Deshayes, carte p. 218.
  6. ↑ Tibet 1999, Le Dessous des cartes, Jean-Christophe Victor.
  7. ↑ Cf. Quelle solution politique pour le Tibet?, op. cit., p. 17 : « Le territoire revendiquĂ© par le gouvernement tibĂ©tain en exil depuis 1959 correspond au Pö Chölka Sum, c’est-Ă -dire au « Tibet des trois provinces Â» : Ü-Tsang, Kham et Amdo. Ce Grand Tibet a une superficie d’environ 3,8 millions de km2, soit sept fois la France.
  8. ↑ (en) Stephanie Roemer, The Tibetan Government-in-Exile. Politics at large, Routledge, 2008, pp. 8-10 (Definition of the area of Tibet) : « The questions: 'What is Tibet?' and 'Who are the Tibetans?' can be answered in many ways. The area of Tibet can be defined from a geographical, ethnic or political point of view (...) Â».
  9. ↑ Stephanie Roemer, op. cit., pp. 8-10 (Definition of the area of Tibet) : « Geographical Tibet is known as the world’s largest plateau – the ‘roof of the world’ – which is enclosed by giant mountain ranges : the Kunlun, the Himalayas and the Karakoram. The definition of ethnic Tibet goes beyond these natural frontiers Â».
  10. ↑ Sur les dĂ©finitions du Tibet, cf. (en) Melvyn C. Goldstein, What is Tibet? – Fact and Fancy, extrait de Change, Conflict and Continuity Among a Community of Nomadic Pastoralists — A Case Study from western Tibet, 1950-1990, in Resistance and Reform in Tibet (sous la direction de Barnett et Akiner), Londres, Hurst & Co., 1994 : « The ‘modern’ Sino-Tibetan border in these two regions was generally established during the mid-18th century when the Tibetan Government lost political control over most of these areas to Manchu (Qing) China. While the Tibetan Government has never accepted the loss of these regions as permanent or de jure – for example it claimed all of Kham and Amdo in the Simla Convention of 1913-14 – most of these areas in fact were not a part of its polity for the two centuries preceding the rise to power of the Communists in China in 1949. Consequently, the convention used in Tibetan historiography in the West has been to differentiate analytically between the political entity Tibet and other areas outside it where ethnic Tibetans lived. For example, Hugh Richardson, the well-known British diplomat and historian, for practical purposes differentiated the Tibetan world into two categories. Following the work of Sir Charles Bell, he used the term ‘political’ Tibet for the polity ruled by the Dalai Lamas, and the term ‘ethnographic’ Tibet for other areas such as Amdo and Kham which were outside that state Â».
  11. ↑ Le Tibet est-il chinois ? de Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, ed. Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002
  12. ↑ a et b (en) VAJRAYANA FORMS IN UPSTATE NEW YORK, A Thesis Presented to the Faculty of the Graduate School of Cornell University in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree of Master of Arts by Annika Antoinetta Lundkvist, May 2008, p. 19 : « When one looks for Tibet on the map today, one finds Xizang, Chinese for “Western Treasury House.” The Tibetan Autonomous Region (TAR) is an administrative unit, established in 1965, covering a region of approximately 1.2 million square kilometers Â».
  13. ↑ Alex McKay, Tibet (Xizang) Autonomous Region Xizang Zizhiqu, in Berkshire Encyclopedia of China, 2009, Berkshire Publishing Group LLC : « Tibet – since 1965 officially known as the Tibet (Xizang) Autonomous Region (TAR) Â».
  14. ↑ Tibet - - Questions-RĂ©ponses, Site de l'Ambassade de Chine en France «  Le Tibet a Ă©tĂ© officiellement proclamĂ© RĂ©gion autonome en septembre 1965. Â»
  15. ↑ (en) John Powers, History as propaganda: Tibetan exiles versus the People's Republic of China, Oxford University Press, 2004 (ISBN 978-0-19-517426-7).
  16. ↑ (en) Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China, in Population and Development Review, 34(4), pp. 631-662 (December 2008), note 1 p. 656 : « the TAR is the administrative area that the PRC government and most of the Western media usually mean when they refer to Tibet Â».
  17. ↑ C'est le cas de l'encyclopĂ©die Britannica Concise Encyclopedia et du guide Lonely Planet Chine.
  18. ↑ La rĂ©pression est fĂ©roce, sur le site helvĂ©tique 24 heures (entretien avec Katia Buffetrille), 26 mars 2008
  19. ↑ Françoise Robin, « Tibet : des vĂ©ritĂ©s qui dĂ©rangent Â», dans Perspectives chinoises, no 1 « Sport et Politique Â», 2008, p. 102-107 (ISSN 1996-4609) [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 2 mars 2011)] .
  20. ↑ Relations bilatĂ©rales Suisse - Tibet.
  21. ↑ Tibet at a Glance : « The term TIBET here means the whole of Tibet known as Cholka-Sum (U-Tsang, Kham and Amdo). It includes the present-day Chinese administrative areas of the so-called Tibet Autonomous Region, Qinghai Province, two Tibetan Autonomous Prefectures and one Tibetan Autonomous County in Sichuan Province, one Tibetan Autonomous Prefecture and one Tibetan Autonomous County in Gansu Province and one Tibetan Autonomous Prefecture in Yunnan Province. Â»
  22. ↑ Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille (sous la direction de), Le Tibet est-il chinois ?, ouvrage collectif, Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002, pp. 254-255. (ISBN 978-2-226-13426-4).
  23. ↑ (en) Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China, in Population and Development Review, 34(4), pp. 631-662 (December 2008), note 1 p. 656 : « In this article, “China” refers to the People’s Republic of China (PRC), and “Tibet” refers to all of the Tibetan areas in China, including the Tibet Autonomous Region (TAR) and the Tibetan areas incorporated into the provinces of Qinghai, Gansu, Sichuan, and Yunnan. Often known as “Greater Tibet” or “cultural Tibet,” this region is about the size of Western Europe or about 25 percent of China Â».
  24. ↑ Annika Antoinetta Lundkvist, Vajrayana forms in upstate New York, op. cit. : « cultural Tibet is nearly as extensive as its historic territory had been, with Tibetan population in Western China, Bhutan, India, Pakistan, Nepal, and Sikkim Â».
  25. ↑ Stephanie Roemer, op. cit., pp. 8-10 (Definition of the area of Tibet) : « The definition of ethnic Tibet goes beyond these natural frontiers. It represents all those regions that were once entirely, or at least by a majority, of people of Tibetan origin, i.e. geographical Tibet, Bhutan, the eastern and western territories of Nepal and the present northern Indian regions of Ladakh, Lahul, Spitti and Kinnaur, parts of Arunachal Pradesh and Sikkim (Clarke 1997:7-9; Dhondup 1977; Shakya 1982; Samuel 1993:100-12) Â».
  26. ↑ (en) Margaret Evelyn Miller, Educational Practices of Tibetan Lama Training, B - Definitions of Terms, p. 189 : « Such areas as Sikkim, Ladak, and Tibetan populated areas of adjoining Chinese provinces provide religious training similar or almost identical with Tibet proper. Including this wider area, which is sometimes called ethnological Tibet, makes possible a more complete discussion of the lama training Â».
  27. ↑ Voir page 1548 in Encyclopedia of the developing world, Volume 3, sous la direction de Thomas M. Leonard, Routledge, 2006.
  28. ↑ Texte du traitĂ© sino-tibĂ©tain de 822 sur Wikisource
  29. ↑ Une histoire du Tibet : Conversations avec le dalaĂŻ-lama, de Thomas Laird, DalaĂŻ-Lama, Christophe Mercier, Plon, 2007, (ISBN 978-2-259-19891-2).
  30. ↑ Melvyn C. Goldstein, op. cit. : « Although all of these regions were once united under the rule of the early kings of Tibet, during the eleven centuries following the breakup of that kingdom in the 9th century many of the regions on the periphery became independent or fell under the authority of neighbouring states Â».
  31. ↑ Administrative Division of Tibetan Areas : « History proves that the Qinghai-Tibet Plateau is a place many Chinese nationalities once lived. They include the Tibetan nationality formed during the 7th century when the Tubo Kingdom unified many tribes in the Qinghai-Tibet Plateau. As the Tibetan have since been living and multiplying in the Qinghai-Tibetan Plateau, the lion's share of the plateau is referred to as the Tibetan areas. But the plateau is not a place solely inhabited by Tibetans. It has been home to many nationalities, including the Han, Mongolian, Tu, Hui and Qiang, who have played an important role in the development of the plateau Â».
  32. ↑ Howard Giles, Tenzin Dorjee, Cultural Identity in Tibetan Diasporas, in Journal of Multilingual and Multicultural Development, vol. 26, Issue 2, March 2005, pp. 138-157 : « Historical Tibet once stretched across much of Asia, including some parts of China, during its golden era in the 7th and 8th centuries (Shakabpa, 1967; van Walt van Praag, 1987). Administrative Tibet oversees the Tibetan Autonomous Region only Â».
  33. ↑ Pierre-Antoine Donnet, Guy Privat, Jean-Paul Ribes, Tibet: des journalistes tĂ©moignent
  34. ↑ StĂ©phane Guillaume, La question du Tibet en droit international
  35. ↑ Claude B. Levenson, La Chine envahit le Tibet: 1949-1959
  36. ↑ Les marges culturelles du territoire chinois
  37. ↑ Archives de sciences sociales des religions, NumĂ©ros 121-124, Institut de sciences sociales des religions.
  38. ↑ Claude Chancel, Éric-Charles PielbergLe monde chinois.
  39. ↑ Max Derruau, La Terre et les hommes: mĂ©langes offerts Ă  Max Derruau , UniversitĂ© de Clermont-Ferrand II. FacultĂ© des lettres et sciences humaines « DĂšs 1951 on a dĂ©tachĂ© certaines parties du Tibet historique : l'Amdo au nord (province duprovince du Qinghai), ... vallĂ©es du Kham (provinces du Sichuan et du Yunnan. Â»
  40. ↑ (en) Ten Facts about Tibet, sur le site FreeTibet : « The Chinese government has divided historical Tibet into one region and several prefectures and counties, with the TAR encompassing only the central area and some eastern regions of Tibet. (...) Historical Tibet was a vast country, with an area roughly equal to Western Europe Â».
  41. ↑ (en) History of Negotiations between Tibet and China 1949-2004 : « 2003: The Dalai Lama’s envoys returned to Beijing for follow-up meetings with Chinese officials and a visit to the eastern Tibetan province of Kham (ch. Sichuan). Permission to travel to a Tibetan area outside the TAR is considered significant because it implies that 'all of historical Tibet, not just the TAR, could potentially be under discussion in an eventual negotiation process Â».
  42. ↑ (en) A. Tom Grunfeld, compte rendu de Lee Feigon, Demystifying Tibet: Unlocking the Secrets of the Land of the Snows (Ivan R. Dee, Chicago, 1996), H-Asia, June 1997 : « Feigon also accepts the notion that the country of “Tibet” is the entire area of Tibetan inhabitation (p. 6). This is somewhat like drawing a map of Mexico to include the entire southwest of the United States Â».
  43. ↑ Melvyn C. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon. China, Tibet, and the dalai Lama, University of California Press, 1997, p. 71 : « {{{1}}} Â».
  44. ↑ His Holiness the Dalai Lama discusses the recent unrest inside Tibet with the editors of the Financial Times (FT). « "Greater Tibet", now, this very word comes from the Chinese government side. We never state the greater Tibet Â».
  45. ↑ Le Tibet survivra-t-il ?, Interview du DalaĂŻ Lama par Chen Yan, traduction par Yang Mei et Marie Holzman, Tibet-info.net « C’est le gouvernement chinois qui parle de Grand Tibet. Jamais nos reprĂ©sentants n’ont utilisĂ© cette expression. La vĂ©ritĂ©, c’est qu’il existe, en dehors de la rĂ©gion autonome, des dĂ©partements et des districts autonomes tibĂ©tains dans plusieurs provinces limitrophes du Tibet, qui possĂšdent leurs propres radios et journaux en langue tibĂ©taine. Ce que nous demandons, c’est une rĂ©elle autonomie du Tibet qui permette de protĂ©ger la religion et la culture tibĂ©taines. Pendant plus de mille ans, les rĂ©gions de U-Tsang, d’Amdo et de Kham, qui se trouvent aujourd’hui en dehors de la rĂ©gion autonome tibĂ©taine proprement dite, ont largement contribuĂ© au rayonnement de notre culture. Parmi les TibĂ©tains qui ont quittĂ© la Chine en 1959 nombreux sont ceux qui sont originaires de ces contrĂ©es Â».
  46. ↑ Vers 4 000 m, il vaut mieux avoir un gros blouson d'hiver au petit matin, avant le lever du soleil, et ĂȘtre en vĂȘtements d'Ă©tĂ© Ă  midi. Ces variations brusque expliquent la forme du vĂȘtement traditionnel tibĂ©tain, une grosse fourrure recouverte de tissu et souvent portĂ©e avec un bras couvert, l'autre dĂ©couvert, la manche Ă©tant tout simplement enlevĂ©e de l'apaule pour ne pas souffrir de la chaleur.
  47. ↑ (en) Pierre Charles Lux-Wurm, The Story of the Flag of Tibet, in Flag Bulletin, Vol. XII, 1973, No. 1.
  48. ↑ (en) Hong Xiayong, China Did Well by Tibet', The Straits Times, 23 avril 2008, reproduit sur le site AsiaoneNews : « From 1727 to 1911, altogther 57 Ambans (ministers in charge of Tibet affairs in the Qing Dynasty) were stationed in Tibet to supervise local administration on behalf of the central authority. Â»
  49. ↑ Michael Harris Goodman, Le dernier DalaĂŻ-Lama ? Biographie et tĂ©moignages, Éditions Claire LumiĂšre, 1993, (ISBN 978-2-905998-26-2).
  50. ↑ (en) Rong Ma sur National School of Development.
  51. ↑ (en) Ma Rong, Population and Society in Tibet, Hong Kong University Press, 2010, 350 pages, p. 155 : « The main goal of the Qing Dynasty with respect to Tibet was to maintain the subordination of Tibet, keep Tibet peaceful and defend Tibet from foreign invasions. That was the mission of its two commissioners (Ambans) and troops in Lhassa in the early 18th century, although at times they reached 10,000 to 15,000 during the war against the Gurkhas (Grunfeld, 1996:45-46) in 1791. "There can be no question regarding the subordination of Tibet to Manchu-ruled China in the first decades of the 18th century (Goldstein, 1989a:44)." Â»
  52. ↑ Jean Dif, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (suite 2), op. cit., en part. texte de l'accord, article I: « The Government of Great Britain engages not to annex Tibetan territory or to interfere in the administration of Tibet. The Government of China also undertakes not to permit any other foreign State to interfere with the territory or internal administration of Tibet Â».
  53. ↑ a, b, c et d Roland Barraux, Histoire des DalaĂŻ Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Albin Michel, 1993. RĂ©editĂ© en 2002, Albin Michel, (ISBN 978-2-226-13317-5).
  54. ↑ Brief History of Tibet.
  55. ↑ (en) The Status of Tibet, sur le site tibet.com : « After returning to Lhasa, the Thirteenth Dalai Lama issued a proclamation reaffirming the independence of Tibet on 14 February 1913 Â».
  56. ↑ (en) Barry Sautman, “All that Glitters is Not Gold”: Tibet as a Pseudo-State, in Maryland Series in Contemporary Asian Studies, No 3-2009 : « A US international law scholar who studied Tibet’s “declarations of independence” found they were not political-legal declarations at all, but merely the 13th Dalai Lama’s affirmations that the mchod-yon (priest-patron) relationship between Dalai Lamas and Chinese emperors had been extinguished due to the end of the empire (note : Alfred P. Rubin, “Tibet’s Declarations of Independence,” AJIL 60 (1966):812-814 and Rubin, “A Matter of Fact,” AJIL 60 (1966):586 Â».
  57. ↑ Tom A. Grunfeld, The Making of Modern Tibet, 2e Ă©dition, M.E. Sharpe, 1996, 352 p., p. 65.
  58. ↑ a et b Charles Bell, Tibet Past and Present, 1924, pp. 150-151.
  59. ↑ (en) Barry Sautman, “All that Glitters is Not Gold”: Tibet as a Pseudo-State, 2009 : « Tibet was not recognized by any established state in the modern era, the era that matters to the modern concept of statehood. Mongolia was not a recognized state in 1913. (...) Mongolia was not recognized until decades later by Russia and China, (...) or by Japan, (...). The Soviet Union and ROC recognized Mongolia only in 1946 and the latter withdrew its recognition in 1953. It did not recognize Mongolia again until 2002. Japan recognized Mongolia in 1972; the US did so only in 1987. (...) The treaty [with Mongolia] was apparently inspired and executed with Russian interests at the fore; yet, whether that is so is not the main point, because Tibet and Mongolia were not recognized as states. Thus, for them to recognize each other had no more significance than the present-day mutual recognition by South Ossetia and Abhazia (...) Â».
  60. ↑ (en) Elliot Sperling, The History Boy, Rangzen Alliance, 24 juin 2010 : « That the Tibetans and Mongols asserted in their 1913 treaty that they had emerged from under rule by the Manchu State and were thus no longer linked with China (Rgya-nag) is significant in terms of terminology. Â»
  61. ↑ (en) Barry Sautman, China's strategic vulnerability to minority separatism in Tibet, in Asian Affairs: An American Review, 32, 2 (Summer 2005), 87 (32) : « no state recognizes the TGIE or the claim that Tibet was independent Â».
  62. ↑ Elisabeth Martens, Lettre au Monde diplomatique en rĂ©ponse Ă  l'article de Mathieu Vernerey, Bourgeonnement prĂ©coce du printemps de Lhassa, avril 2008, sur le site du Monde diplomatique, Archives, mai 2008 : « L’indĂ©pendance du Tibet ne s’appuie sur aucun document officiel et ne fut jamais reconnue par aucun pays au monde, ni par les Nations unies. Â»
  63. ↑ Elisabeth Martens, op. cit. : « On parle toutefois d’une « indĂ©pendance de fait Â» du Tibet au dĂ©but du XXe siĂšcle : qu’en est-il ? Elle est en rĂ©alitĂ© une dĂ©pendance Ă©conomique et politique du Tibet vis-Ă -vis de l’Angleterre, dĂ©pendance qui profitait largement Ă  l’élite tibĂ©taine composĂ©e de marchands aisĂ©s, de familles de la noblesse et, surtout, des responsables des monastĂšres bouddhistes puisque ceux-ci possĂ©daient plus de 70 % des terres tibĂ©taines sous le millĂ©naire de rĂ©gime thĂ©ocratique (Xe au XXe siĂšcle). Â»
  64. ↑ The Political Philosophy of His Holiness the XIV Dalai Lama, Selected Speeches and Writings, 1998, EditĂ© par A.A. Shiromany, Tibetan Parliamentary and Policy Research Centre, dalaĂŻ-lama, lettre au SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'ONU datĂ©e du 9 septembre 1959, « Sixth, the sovereign status has also been recognised by other powers. In 1948 when the Trade Delegation from the government of Tibet visited India, France, Italy, the United Kingdom, and the United States of America, the passport issued by the Tibetan government was accepted by the governments of these countries. Â»
  65. ↑ ClĂ©mence de la Robertie, Il Ă©tait une fois, les DalaĂŻ-Lamas, www.buddhachannel.tv
  66. ↑ (en) Barry Sautman, "All that Glitters is Not Gold": Tibet as a Pseudo-State, op. cit. : « Exile leaders argue that Tibet’s statehood is based on (...) superficial indicators of a state, such as flags, passports, stamps and currency (note 31: The ICT, for example, in arguing that Tibet is under “Chinese occupiers,” states that Tibet had its own flag and currency. Most people do not know that such supposed indicia of sovereignty are also found among non-state territories Â».
  67. ↑ Cette convention indique que le Tibet demeure entre les mains du gouvernement tibĂ©tain Ă  Lhassa (The changing face of recognition in international law: A case study of Tibet, Boston University School of Law, note 147 p. 148)
  68. ↑ (en) Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, 1913-1951: The Demise of the Lamaist State, Berkeley, University of California Press, 1989, p. 75 : « The British and Tibetan plenipotentiaries were willing to sign the draft accord, but I-fan Chan, the Chinese plenipotentiary, refused. After considerable pressure from the British, he initialed the draft and then referred it to his government, which immediately repudiated his initialing Â».
  69. ↑ FrĂ©dĂ©ric Lenoir et Laurent Deshayes, L'Ă©popĂ©e des TibĂ©tains : entre mythe et rĂ©alitĂ© Fayard, 2002 (ISBN 978-2-213-61028-3).
  70. ↑ (zh)rencontre en 1946 entre le gouvernement tibĂ©tain et chinois du guomindang sur CCTV
  71. ↑ Invasion du Tibet sur l'encyclopĂ©die Universalis
  72. ↑ Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, p. 322, « En septembre 1950, le gĂ©nĂ©ral Liu Bocheng et Deng Xiaoping, alors reprĂ©sentant de la RPC dans son Sichuan natal, ont annoncĂ© que le Tibet serait « libĂ©rĂ© Â». C'est le 7 octobre que 40 000 hommes aux ordres du gĂ©nĂ©ral Zhang Guohua franchissent le YangtsĂ© en une demi-douzaine de points. [...] Le 17, Ngabo Ngawang DjigmĂ© accepte la capitulation de Chamdo. Â»
  73. ↑ Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, p. 325, « Les reprĂ©sentants de la RPC, de leur cĂŽtĂ©, ont dĂ©jĂ  prĂ©parĂ© le texte de l'acccord qu'ils finissent par imposer en jouant sur un ultimatum simple : sans accord, l'APL continuera sa progression. Â»
  74. ↑ (zh)VidĂ©o documentaire de la rencontre de Mao Zedong du 14e dalaĂŻ-lama et du 10e panchen-lama sur CCTV
  75. ↑ Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, p. 329
  76. ↑ a et b The Dalai Lama has CIA connections
  77. ↑ Tibet : le soutien ambigu des États-Unis au dalaĂŻ lama
  78. ↑ Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, p. 331, « Pendant l'hiver 1955-1956, [...] les États-Unis voient dans cette levĂ©e d'armes contre la RPC un moyen de renforcer leur politique anticommuniste en Asie. La CIA dans le cadre de l'opĂ©ration « Garden Â» va alors former des centaines de membres de l'ANVD (l'ArmĂ©e nationale volontaire de dĂ©fense) ou d'autres groupes de rĂ©sistants aux techniques de guĂ©rilla. Â»
  79. ↑ (en)Relations extĂ©rieures des États-Unis
  80. ↑ Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, p. 327, l'Ă©preuve de force (1950-1959) : (en 1952) « Peu aprĂšs son retour dans sa capitale, le dalaĂŻ-lama reçoit un nouveau message des États-Unis lui proposant de fuir son pays, de renier l'accord en dix-sept points et d'organiser la rĂ©sistance en exil. Â»
  81. ↑ Tibet : le soutien ambigu des Etats-Unis au dalaĂŻ lama
  82. ↑ John Kenneth Knaus, ancien de la CIA, Orphans of the Cold War
  83. ↑ Cent questions sur le Tibet, publication du gouvernement chinois, 2001. Extrait de la rĂ©ponse Ă  la question 13 : « Des gens de l'Ă©chelon supĂ©rieur du Tibet considĂ©raient comme une faiblesse l'attitude du gouvernement central d'attendre patiemment la rĂ©forme du systĂšme social du Tibet, et ils dĂ©clenchĂšrent sans vergogne une rĂ©bellion armĂ©e en 1959. Dans ces circonstances, se conformant au dĂ©sir de la majoritĂ© de la population du Tibet, le gouvernement central rĂ©prima rapidement la rĂ©bellion et lança une rĂ©forme dĂ©mocratique. Celle-ci abolit le rĂ©gime fĂ©odal du servage, extrĂȘmement corrompu et tĂ©nĂ©breux, et la thĂ©ocratie, et elle permit Ă  un million de serfs et d'esclaves de s'Ă©manciper. Ces derniers n'Ă©taient plus considĂ©rĂ©s comme les biens individuels des propriĂ©taires de serfs, c'est-Ă -dire pouvant ĂȘtre vendus, achetĂ©s, transfĂ©rĂ©s, Ă©changĂ©s et utilisĂ©s pour payer une dette, et ils n'Ă©taient plus forcĂ©s Ă  travailler pour leurs propriĂ©taires. Ces serfs et ces esclaves, traitĂ©s depuis longtemps comme des « bƓufs et des chevaux douĂ©s de la parole Â», devinrent dĂšs lors des « ĂȘtres humains Â» Ă  part entiĂšre. Ils obtinrent la jouissance de la libertĂ© individuelle et devinrent les maĂźtres de leur propre destin et de la sociĂ©tĂ©. C'est une transformation qui fait Ă©poque dans l'histoire du Tibet et aussi un grand progrĂšs dans l'histoire de son dĂ©veloppement des droits de l'homme. Â»
  84. ↑ Robert Barnett, Le Tibet est-il chinois ?
  85. ↑ EncyclopĂ©die Larousse
  86. ↑ (en) A. Tom Grunfeld, Reassessing Tibet Policy, sur le site Foreign Policy in Focus, October 12, 2005 : « During the 1980s, CCP moderates paved the way for increased usage of the Tibetan language, the reconstruction of religious buildings (with more temples in some regions now than before 1951), and the encouragement of Tibetan culture. Â»
  87. ↑ (en) Chinese Said to Kill 450 Tibetans in 1989.
  88. ↑ (en) Chinese Said to Kill 450 Tibetans in 1989 : « A former Chinese journalist says security forces killed more than 450 Tibetans in the capital of Lhasa in 1989, the Observer newspaper has reported. The Chinese Government has reported that about a dozen people were killed on March 5 and March 6 of last year, the newspaper said in its Sunday issue Â».
  89. ↑ La fulgurante Ă©popĂ©e des Karmapas : entretien avec Francesca Yvonne Caroutch
  90. ↑ a et b Source (le document n'est plus disponible sur le site tibetology.ac.cn) : (zh) 1950—1990ćčŽè—æ—äșșćŁè§„æšĄć˜ćŠšćŠć…¶ćœ°ćŒșć·źćŒ‚ç ”ç©¶ (les chiffres de la RAT en 1953 et 1964 prĂ©sentĂ©s dans cette Ă©tude correspondent Ă  des Ă©valuations, tous les autres chiffres proviennent de recensements)
  91. ↑ Lors d'une interview le 31 mai 2008, le DalaĂŻ Lama a dĂ©clarĂ© : « "Greater Tibet", now, this very word comes from the Chinese government side. We never state the greater Tibet Â» His Holiness the Dalai Lama discusses the recent unrest inside Tibet with the editors of the Financial Times (FT).
  92. ↑ (zh) Xinhua News report
  93. ↑ (en) The law of birth control, The People's Republic of China
  94. ↑ (zh) SINA News report
  95. ↑ (zh) Population of Tibet 1950-1990
  96. ↑ DĂ©veloppement des services mĂ©dicaux et poussĂ©e dĂ©mographique au Tibet Selon le recensement national de 1953, le nombre des TibĂ©tains, y compris ceux du Tibet, Ă©tait de 2,77 millions ; lors du recensement de 1990, on comptait 4,59 millions de TibĂ©tains dans toute la Chine.
  97. ↑ Chine: trois millions d'habitants au Tibet, dont 90% sont des TibĂ©tains, Le Quotidien du peuple en ligne, 5 mai 2011.
  98. ↑ (en) CIA Operations in China Part III, Ralph McGehee's Archive on JFK Place, 5/2/96 : « the Laogai Research Foundation, (funded by the National Endowment for Democracy, a surrrogate CIA) of which Wu is the executive director Â».
  99. ↑ (en) Population transfer and control, Bureau du Tibet, 1996.
  100. ↑ « Although Chinese officials asserted that 92 percent of the officially registered population in the TAR was Tibetan, they acknowledged that these figures did not include the large number of "temporary" Han residents, including military and paramilitary troops and their dependents, many of whom had lived in the TAR for years. Furthermore, freer movement of persons throughout China, government-sponsored development, and the prospect of economic opportunity in the TAR have led to a substantial increase in the non-Tibetan population, including both China's Muslim Hui minority and Han Chinese, in Lhasa and other urban areas, as migrant workers from China's large transient population sought to take advantage of the new economic opportunities. Most of these migrants professed to be temporary residents, but small businesses run by Han and Hui citizens, mostly restaurants and retail shops, predominated in almost all TAR cities. Many observers estimated that more than half of Lhasa's population was Han Chinese, and even official estimates put the number of temporary Han Chinese residents in Lhasa at over 100,000 out of a total population of 409,500. Elsewhere in the TAR, the Han percentage of the population was significantly lower. In rural areas, the Han presence was often negligible. Â», China (includes Tibet, Hong Kong, and Macau) - Country Reports on Human Rights Practices, 25 fĂ©vrier 2004. ConsultĂ© le 16 novembre 2007.
  101. ↑ Susette Cooke, « La culture tibĂ©taine menacĂ©e par la croissance Ă©conomique Â», Perspectives chinoises, n° 79, 2003, §23, En ligne, mis en ligne le 2 aoĂ»t 2006. ConsultĂ© le 11 novembre 2007.
  102. ↑ People's Daily, Beijing, November 10, 1959, in Population transfer and control
  103. ↑ 5 416 021 lors du recensement de 2000: (en)(zh) China Statistical Yearbook 2003, p. 48.
  104. ↑ L'Ă©volution dĂ©mographique dans le monde : I - La Chine
  105. ↑ À la veille de l'arrivĂ©e des communistes chinois, le Kashag a Ă©crit, dans une lettre adressĂ©e Ă  l'ONU : « a weak and peace loving people, hardly exceeding 3 million. Â». Goldtein, Melvyn C., A History of Modern Tibet, 1913-1951 (Berkeley and Los Angeles: University of California Press, 1989-1991), pp. 746-747; FO 371/84455, Copy of UN file A/1658. original English version of Tibetan appeal, dated 11 December 1950.
  106. ↑ « In the official doctrinaire explanation the sharp decline in population, which ran contrary to the national trend, is attributed to the prevalence of feudal serfdom. 'Cruel persecution and oppression of the labouring people by the ruling classes was the root cause for the decline in population. The serfs and slaves had to do corvĂ©e labour like beasts of burden. Many of them were prohibited from getting married or having children. The heavy work for women after birth, and epidemic deseases were among the reasons for the shrinking population.' No mention is made, however, of the state of intermittent civil war which has existed since the Chinese entered Tibet in 1951, and the flight of refugees which occurred especially after the 1959 uprising. Â», Changing Population Characteristics in Tibet, 1959 to 1965, Michael Freeberne, Population Studies, Vol. 19, No. 3 (Mar., 1966), p. 317. Extrait en ligne.
  107. ↑ « The decline in population between 1953 and 1964 can be explained by several factors, including the deaths following the various revolts of the 1950s and that of 1959; the famines of the late 1950s and early 1960s (mainly in the Tibetan areas outside Tibet itself); and continuing decline due to factors similar to those already attributed to the period before 1950 [(the high proportion of males in the monastic order, together with the custom of polyandry; widespread venereal diseases; high infant mortality rates as well as frequent smallpox epidemics and in some places endemic goitre; a declining ecological base; and a violent lifestyle in Kham, then part of the Chinese province of Xikang, at least in the 1930s and 1940s)]. Another major factor is emigration, which accounted for many thousands of people through the 1950s and after and formed the basis of the Dharamsala community [...] Â», People’s Republic of China: Background paper on the situation of the Tibetan population, A Writenet Report by Professor Colin P. Mackerras, p. 19-20. ConsultĂ© le 16 novembre 2007 [PDF].
  108. ↑ Slavoj ĆœiĆŸek, Tibet: dream and reality, sur le site mondediplo.com (Ă©dition anglaise du Monde diplomatique), mai 2008 : « Facing social unrest and disintegration, the ruling elite prohibited any development of industry, so all metal had to be imported from India Â»; voir aussi Le Tibet pris dans le rĂȘve de l’autre (Ă©dition française du Monde diplomatique), mai 2008.
  109. ↑ Understanding Tibet in Time and Space, UROP China Project Group, 14 aoĂ»t 2001 : « Modern industries in Tibet were close to non-existent prior to 1950. Industrial development finally surfaced in the late 1950s with the opening of several factories in Lhasa and the establishment of a hydroelectric power facility. By 1980, the economy was centered around tourism and agricultural industries. Tibethas seen gradual industrial growth during the late 20th Century, but still is one of the least prosperous provinces in China Â».
  110. ↑ Les Échos, jeudi 27 mars 2008.
  111. ↑ a, b et c LibĂ©ration, 19 mars 2008, page 4.
  112. ↑ Pierre Chapoutot, GĂ©opolitique de l'Everest, Cimes, 2002.
  113. ↑ Paul Miles, Tourism drive is destroying Tibet, Telegraph.co.uk, 8 avril 2005.
  114. ↑ (en) Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China.
  115. ↑ Le Tibet rĂ©duit le prix de ses transports et hĂŽtels pour attirer les touristes, Les nouvelles Ă  travers la Chine et le monde, 23 dĂ©cembre 2008.
  116. ↑ Jim Underwood, Tibetan Stone Journey, Stonexus Magazine, issue #1, 2002, p. 12-15.
  117. ↑ Julien Chatelin, Lhassa aujourd'hui, National Geographic, France, janvier 2008, n°100, p.33.
  118. ↑ PĂ©kin inaugure le train du Toit du monde, vouĂ© Ă  dĂ©senclaver et Ă  siniser le Tibet.
  119. ↑ (en) Pallavi Aiyar, Train to Lhasa, in Frontline, India's National Magazine, vol. 23, livraison 14, 15-28 juillet 2006 ; « The railway is espected to reduce the cost of transporting goods into the region by more than half. (...) two trains (...) have begun to arrive in Lhasa every day and are expected to carry in a cargo of 7.5 million tonnes every year. Champa (Phuntsok) (...) stressed that (...) plans for expanding the track to other cities, including border areas, are being discussed. Â»
  120. ↑ (zh)Han Hong interprĂ©tant Tianlu Ă  Canton sur la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision CCTV.
  121. ↑ (zh)InterprĂ©tation en tibĂ©tain de Tianlu par Ba Sang sur une vidĂ©o de prĂ©sentation de la ligne sur CCTV.
  122. ↑ Gregory Clark, The Fusillade Against China, site Journey East.
  123. ↑ (en) Rail link brings AIDS, beggars to Tibet - Dalai Lama, Reuters, 1er fĂ©vrier 2007  ; « Tibetan exiles - about 80,000 of them live in India - have dubbed the rail link to the “second invasion of Tibet”. They say it will only increase Chinese migration, dilute Tibetan culture and militarise the region. Â»
  124. ↑ (en) Shibayan Raha (Coordinator of the Calcutta chapter of Friends of Tibet (India), China's Tibet Railway is permanent threat to India, site Phayul.com, 1er juillet 2006.
  125. ↑ Tibet : Tanggula Express, un train sur le toit du monde.
  126. ↑ (en)Rail link brings AIDS, beggars to Tibet - Dalai Lama.
  127. ↑ Zhao Zongzhi and Jia Lijun, op. cit. : « By the end of 2003, some 41,302 kilometres of roads had been completed. (...) To date, the region has five national-level, 14 regional-level and six criss-cross highways, which basically satisfy the social and economic development needs of Tibet. (...) In addition to the 3,200 kilometres of asphalted roads, 32,195 kilometres of rural roads have also been built, linking some 683 townships and 5,956 villages across the region Â».
  128. ↑ (en) Peng, James, « China Says ‘Sabotage’ by Dalai Lama Supporters Set Back Tibet Â», 16 janvier 2009
  129. ↑ The world in 1945 sur United Nations.
  130. ↑ The World in 1945, no. 4135 « The designations employed and the presentation of material on this map do not imply the expression of any opinion whatsoever on the part of the Secretariat of the United Nations concerning the legal status of any country, territory, city or any area or of its authorities, or concerning the delimitation of its frontiers boundaries. Â»
  131. ↑ (en) Noam Chomski, An exchange on "The Responsibility of Intellectuals", Noam Chomsky debates with Fryer Calhoun, E.B. Murray, and Arthur Dorfman, The New York Review of Books, April 20, 1967 : « Tibet has been recognized internationally as a region of China. This status has been accepted by India as well as Communist and Nationalist China, and to my knowledge, has never been officially questioned by the United States. Â»
  132. ↑ Martine Bulard, Chine-Tibet, des identitĂ©s communes, article du blogue PlanĂšte Asie du Monde Diplomatique Ă  la date du 30 avril 2008, reproduit sur le site de l'UPMF de Grenoble : « Rappelons que les Nations unies n’ont jamais inclus le Tibet dans les pays Ă  dĂ©coloniser (avant comme aprĂšs 1971 – date du remplacement de TaĂŻwan par la Chine populaire) et qu’aucun pays n’a reconnu le “gouvernement” tibĂ©tain en exil et donc la possibilitĂ© d’une indĂ©pendance Â».
  133. ↑ Les Nations unies et la dĂ©colonisation.
  134. ↑ RĂ©ponse du MinistĂšre des affaires Ă©trangĂšres Ă  une question Ă©crite No 11393 de Gilbert Chabroux (RhĂŽne - SOC), publiĂ©e dans le JO SĂ©nat du 13/05/2004, page 1028 ; reproduite sur le site Bienvenue au SĂ©nat, Situation du Tibet, 12e lĂ©gislature : « L'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies, en accueillant en 1971 la Chine en son sein, n'a pas contestĂ© la souverainetĂ© de PĂ©kin sur le Tibet. Cette souverainetĂ© a d'ailleurs Ă©tĂ© admise par la totalitĂ© des États ayant engagĂ© depuis 1949 des relations diplomatiques avec la Chine Â».
  135. ↑ Commission internationale de juristes, Tibet: Human Rights and the Rule of Law, 1997.
  136. ↑ (en) Barry Sautman, “All that Glitters is Not Gold”: Tibet as a Pseudo-State, pp. 5 et 7 : « Exile leaders argue that Tibet’s statehood is based on a lack of Chinese central government influence in Tibet from 1913 (when the Lhasa government “declared independence”) to 1951 (...). Most people do not know that (...) legal standards for statehood exist or that hiatuses in national government control over a territory do not automatically convert the territory into a state. They are often unaware that parts of countries have no “right to independence. (...) the non-recognition by states and international organizations of both “old Tibet” and the TGIE Â».
  137. ↑ «Tibet: une civilisation blessĂ©e Â» Françoise Pommaret, Page 62 : KhubilaĂŻ Khan devient empereur de Chine en 1260.
  138. ↑ Qui dĂ©tient la souverainetĂ© sur le Tibet
  139. ↑ « EncyclopĂ©die Microsoft Encarta Â», l’article «Tibet Â» : Les empereurs Qing affirment leur souverainetĂ© sur le pays, en laissant dans la capitale des reprĂ©sentants et une petite garnison
  140. ↑ Souvenirs d'un voyage en Tartarie, Evariste Huc, 1854
  141. ↑ Cf. l'annexe de la Convention de Simla.
  142. ↑ Dans les cartes de la Chine, publiĂ©es par les Occidentaux et les Japonais, de l'entre deux guerres prĂ©sentent le Tibet, soit comme province, soit comme rĂ©gion autonome de la Chine : Titre : China – political, Auteur : Bartholomew, J. G. (John George), 1860-1920; John Bartholomew and Son. Date: 1922 (carte britannique datĂ©e de 1922, oĂč le Tibet apparaĂźt comme une province de la Chine), Carte de la RĂ©publique de Chine issue de l'UniversitĂ© Harvard, Ă©dition 1935 (l'Ü-Tsang, Ă©quivalant aux deux tiers de la RĂ©gion autonome du Tibet actuelle, a un statut de la RĂ©gion autonome de la Chine), äž­ć°ć›œćąƒăŻăƒžă‚Żăƒžăƒ›ăƒłăƒ»ăƒ©ă‚€ăƒłïŒˆăƒ’ăƒžăƒ©ăƒ€çšœç·šèż‘ăïŒ‰ă§ăŻăȘăă€ăƒ’ăƒžăƒ©ăƒ€ć±±è„ˆăźéș“ă«ćŒ•ă‹ă‚ŒăŠă„ăŸă™ă€‚ïŒˆïŒ‘ïŒ™ïŒ“ïŒ“ćčŽç™șèĄŒïŒ‰ La Carte de frontiĂšre sino-indienne, publiĂ©e par les Japonais en 1933
  143. ↑ Mikel Dunham, Les guerriers de Bouddha, 2004, l'Ă©dition française, p. 18, (l'Ă©poque de la Seconde Guerre mondiale). En ce cas, la Chine dirigeait donc les affaires internationales du Tibet, p. 20 : (l'Ă©poque de la Seconde Guerre mondiale). Le Tibet n'est pas une zone vide sur les cartes des espions. Le pays est universellement identifiĂ© comme une partie de la Chine, sous le nom de « rĂ©gion autonome du Tibet Â».
  144. ↑ (en) Chronology, in Resistance and Reform in Tibet (sous la direction de Robert Barnett et Shirin Akiner), Londres, Hurst, 1994, p. xviii : « The PLA announced its intention to "liberate Tibet from foreign imperialists" Â».
  145. ↑ (en) Thomas Laird, The Story of Tibet, 2007, p. 296 : « And who was Tibet to be peacefully liberated from? Imperialist Americans and British spies Â».
  146. ↑ Livre blanc : La modernisation du Tibet, Office d'information du conseil des affaires d'État de la RĂ©publique populaire de Chine, 2003 (voir version française en ligne)
  147. ↑ Dominique Bari, Qui est vraiment « Sa SaintetĂ© le dalaĂŻ-lama Â» ?, L'HumanitĂ©, 12 aoĂ»t 2008.
  148. ↑ LibertĂ© religieuse.
  149. ↑ äșșæ°‘æ—„ć ±è©•è«–:â€œè„żè—ć•éĄŒâ€äžæ˜Żæ°‘æ—ć•éĄŒ
  150. ↑ (en) Barry Sautman, Preferential Policies for Ethnic Minorities in China: The Case of Xinjiang, ln Working Papers in the Social Sciences, No 32, The Hong Kong University of Science and Technology, 30 septembre 1997, p. 14 : « Universities are adjured to "give ethnic minorities priority over others with equal qualifications." In fact, minorities are eligible for admissions with lower entrance examination scores as a matter of course. Â»
  151. ↑ Benito Perez, Les coulisses de la rĂ©volte tibĂ©taine, Le Courrier, 28 mars 2008 : « A contrario, Elisabeth Martens vante la politique de discrimination positive menĂ©e, selon elle, par PĂ©kin, qui « facilite l'enseignement aux minoritĂ©s ethniques par des taxes universitaires moins Ă©levĂ©es et des examens d'entrĂ©e moins sĂ©vĂšres Â». Â»
  152. ↑ è„żè—æ°‘æ—ćŒș柟è‡ȘæČ»æ”żç­–æŠ‚ć†”.
  153. ↑ ă€Šć€©è‘ŹïŒšè„żè—çš„ć‘œèżFunĂ©railles cĂ©lestes : le Destin du Tibet》de 王抛雄Wang Lixiong Dans cette Ă©dition, Page 267.
  154. ↑ é€è§†ćŽ†ćČçœ‹è„żè—ïŒšèź°è€…ćœšæ‹‰èšć­Šæ Ąé‡‡èźż
  155. ↑ ă€Šć€©è‘ŹïŒšè„żè—çš„ć‘œèżFunĂ©railles cĂ©lestes : le Destin du Tibet》de 王抛雄Wang Lixiong Dans cette Ă©dition, page 312.
  156. ↑ Un aĂ©roport Ă  4436 mĂštres au Tibet ?, LE FIGARO.fr, 12/01/2010.
  157. ↑ Le tourisme au Tibet amplifiĂ© par le chemin de fer Qinghai-Tibet.
  158. ↑ Elisabeth Martens, Violences au Tibet : un avis alternatif, Mondialisation.ca, 27 mars 2008.
  159. ↑ Yann Rousseau, PĂ©kin face Ă  son Ă©nigme tibĂ©taine, in Les Échos, jeudi 27 mars 2008.
  160. ↑ Yves Lacoste, Dictionnaire de gĂ©opolitique, Flammarion, 1993, article Tibet, pp 1497-1501
  161. ↑ Aymeric Chauprade, GĂ©opolitique, constantes et changements dans l'Histoire, 3e Ă©dition, ellipses, 2007, p 189 (citation : « occuper le Tibet situĂ© sur son flanc ouest, de maniĂšre Ă  empĂȘcher toute tentative Ă©trangĂšre de s'Ă©tablir sur le toit du monde avec l'aide des TibĂ©tains. Car celui qui tient le Tibet peut dĂ©ferler sur la Chine, l'Inde, le Xinjiang et la Mongolie intĂ©rieure. Au-delĂ  donc des problĂšmes mĂ©diatisĂ©s liĂ©s aux entorses aux droits de l'homme dans la rĂ©gion, il faut comprendre les raisons gĂ©opolitiques de la prĂ©sence chinoise au Tibet. Â»)
  162. ↑ The Middle-Way Approach: A Framework for Resolving the Issue of Tibet.
  163. ↑ Chronologie du Tibet sur le site Clio.fr
  164. ↑ Legal Materials on Tibet, Third Edition
  165. ↑ RĂ©solution numĂ©ro 1353 de l'ONU
  166. ↑ RĂ©solution numĂ©ro 1723 de l'ONU
  167. ↑ RĂ©solution numĂ©ro 2079 de l'ONU
  168. ↑ L'ONU captive de la Chine à propos du Tibet (J.Buhrer).
  169. ↑ RĂ©ponse du MinistĂšre des affaires Ă©trangĂšres Ă  une question Ă©crite No 11393 de M. Gilbert Chabroux (RhĂŽne - SOC), publiĂ©e dans le JO SĂ©nat du 13/05/2004, page 1028; reproduite sur le site Bienvenue au SĂ©nat, Situation du Tibet, 12e lĂ©gislature : « S'agissant du droit Ă  l'autodĂ©termination des TibĂ©tains, il convient de replacer dans son contexte historique la rĂ©solution 1723 (XVI) du 20 dĂ©cembre 1961 de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies. À cette Ă©poque, la Chine populaire ne siĂ©geait pas Ă  l'ONU. (...) En tout Ă©tat de cause, les rĂ©solutions de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ne sont pas juridiquement contraignantes et n'ont qu'une portĂ©e recommandatoire Â».
  170. ↑ RĂ©ponse du MinistĂšre des affaires Ă©trangĂšres Ă  une question Ă©crite No 11393 de M. Gilbert Chabroux (RhĂŽne - SOC), publiĂ©e dans le JO SĂ©nat du 13/05/2004, page 1028; reproduite sur le site Bienvenue au SĂ©nat, Situation du Tibet, 12e lĂ©gislature : « L'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies, en accueillant en 1971 la Chine en son sein, n'a pas contestĂ© la souverainetĂ© de PĂ©kin sur le Tibet. Cette souverainetĂ© a d'ailleurs Ă©tĂ© admise par la totalitĂ© des États ayant engagĂ© depuis 1949 des relations diplomatiques avec la Chine Â».
  171. ↑ Bhaskar Vyas, Rajni Vyas, Experiments with truth and non-violence: the Dalai Lama in exile from Tibet, Concept Publishing Company, 2007 (ISBN 978-81-8069-359-5), (ISBN 978-81-8069-359-5), p. 88 : « There was a hope that, following 1965 resolution by the UN and confirmation of genocide internationally, China would be put to shame. At least they will abide by the Seventeen Point Agreement in true spirit and effectively implement genuine autonomy. Though the UN resolutions did not materially change anything, China became aware that they have to deal with the issue. Â»
  172. ↑ Chinese population - Threat to Tibetan identity. « The exiled Tibetan government, however, revealed in 1984 that since the invasion over 1.2 million Tibetans died as a direct result of China's invasion of their nation. This figure was compiled after years of analysis of documents, refugee statements and interviews, and by official delegations sent to Tibet by the Tibetan Government between 1979 and 1983. The fact-finding delegations travelled to most parts of Tibet Â». "Over 1.2 Million Tibetans Died Under Chinese Rule," Tibetan Review, March 1984, p 7.
  173. ↑ 'Tibet: Proving Truth from Facts', The Department of Information and International Relations: Central Tibetan Administration, 1996. p. 53. « Over 1.2 million Tibetans have died as a direct result of the Chinese invasion and occupation of Tibet. Today, it is hard to come across a Tibetan family that has not had at least one member imprisoned or killed by the Chinese regime. Â».
  174. ↑ Dans le cadre du chapitre intitulĂ© « The 'Genocide' Myth Re-examined Â» de son Ă©tude Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined, le dĂ©mographe Yan Hao (de la Commission du dĂ©partement de planification d'État Ă  l'Institut de recherche Ă©conomique Ă  PĂ©kin) dĂ©cortique un tableau dont la source indiquĂ©e est le Bureau du Tibet, Droits de l'homme, 1984 (dĂ©pendant du GTE) et qui avance le chiffre de 1 278 387 morts tibĂ©tains, page 19 « (Table 4 : Distribution of Tibetan deaths directly resulting from China’s invasion, by causes of death and regions (1949–79)) Â».
  175. ↑ La page Human rights sur http://www.tibet.com/] le site basĂ© Ă  Londres du gouvernement tibĂ©tain en exil, au chapitre "1949-1979: Killings and destructions", on peut lire: « Over 1.2 million Tibetans have died as a direct result of the Chinese invasion and occupation of Tibet. Today, it is hard to come across a Tibetan family that has not had at least one member imprisoned or killed by the Chinese regime. According to Jigme Ngabo, "after the suppressions of 1959 and 1969, almost every family in Tibet has been affected in some way". Â» et « According to information compiled by the Tibetan Administration in exile, over 1.2 million Tibetans died between 1949 and 1979. Â» avec un tableau dĂ©taillĂ© donnant le chiffre total de 1 207 387 morts tibĂ©tains.
  176. ↑ Tendzin Choegyal, le conseiller du dalaĂŻ-lama, dans un discours fait en 1999 au Hillsdale’s Center pour un seminaire sur les alternatives constructives, intitulĂ© "Faith and Freedom Around the World" : (en) Tendzin Choegyal, « The Truth about Tibet Â» sur Guaracabuya, Revista Electronica, Imprimis (publication of Hillsdale College, Michigan), avril 1999. « More than 1,2 million Tibetans are dead as a result of the Chinese occupation Â».
  177. ↑ Un dossier du groupe interparlementaire d'amitiĂ© liant le SĂ©nat français au Tibet, intitulĂ© "Un Tibet pour le XXIe siĂšcle", chapitre "2.3. Bilan de l'occupation du Tibet par la Chine" avance : « Massacres et dĂ©ni des droits individuels : si l'on doit donner une comptabilitĂ© des pertes en vies humaines depuis 1949, on estime Ă  plus de 1,3 million le nombre de TibĂ©tains (un cinquiĂšme de la population) morts directement ou indirectement du fait de l'occupation Â».
  178. ↑ Patrick French, op. cit., « L'historien Warren Smith, travaillant sur les dĂ©ficits dans la croissance des populations, a Ă©crit que les statistiques du gouvernement chinois « confirment les thĂšses tibĂ©taine d'un nombre massif de morts et rĂ©futent les dĂ©nĂ©gations chinoises Â». D'aprĂšs ses estimations, ce sont plus de 200 000 TibĂ©tains qui « manqueraient Â» Ă  la population de la RĂ©gion autonome du Tibet. Avec les taux Ă©levĂ©s et vĂ©rifiables de mortalitĂ© dans le Ganzou, le Sichuan et le Qinghai, au dĂ©but des annĂ©es 1960, il semble que le nombre de morts tibĂ©tains ait Ă©tĂ© aussi Ă©levĂ© dans ces rĂ©gions que dans le Tibet central. Si cela est vrai, on peut avancer avec un certain degrĂ© de probabilitĂ© qu'environ un demi-million de TibĂ©tains sont directement morts Ă  cause de la politique appliquĂ©e au Tibet par la RĂ©publique populaire de Chine. Chiffre de toute façon terrifiant, en consĂ©quence, et qui ne diminue en rien l'horreur de ce qui a Ă©tĂ© fait au Tibet. Â»
  179. ↑ Source :Tibet, Tibet Une histoire personnelle d'un pays perdu, de Patrick French traduit de l'anglais par William Oliver Desmond, Albin Michel, 2005, pp. 83, 84, 326 et 327.
  180. ↑ Warren W. Smith, a broadcaster with the Tibetan Service of Radio Free Asia.
  181. ↑ Tibet, Tibet, (ISBN 978-1-4000-4100-8), pages 278-282, citation de la page 600 de Warren W. Smith Jr, Tibetan Nation: A History of Tibetan Nationalism and Sino-Tibetan Relations, Westview Press, 1996, (ISBN 978-0-8133-3155-3).
  182. ↑ (en) The Incredible Weariness of Hope (Jamyang Norbu).
  183. ↑ (en) Topden Tsering, 'Hands off' isn't enough for Tibet. Dalai Lama stops short of autonomy, site SFgate.com, July 24, 2005 : « (...) Jamyang Norbu, a 51-year-old Tibetan novelist, playwright and activist who is widely seen as the enduring voice of Tibetan independence Â».
  184. ↑ « [...] the death figures provided by the TGIE are exaggerations not sustained by the evidence. Â», Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined, Yan Hao (Institute of Economic Research, State Department of Planning Commission, Beijing).
  185. ↑ Le Tibet est-il chinois ? ouvrage collectif publiĂ© sous la direction de Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002, p. 144.
  186. ↑ Leslie Evans, How repressive is the Chinese government in Tibet?, sur le site UCLA International Institute, 4 dĂ©cembre 2002, compte rendu d'une confĂ©rence du professeur Barry Sautman Ă  l'universitĂ© de Californie Ă  Los Angeles; « There are no bases at all for the figures used regularly by the exile groups. They use the figure of 1.2 million Tibetans dying from the 1950s to the 1970s, but no source for this is given. As a lawyer, I give no credence to statistics for which there is no data, no visible basis Â» Â».
  187. ↑ Briefing paper for travellers to Tibet (cf Religion)
  188. ↑ Le bilinguisme tibĂ©tain-chinois : situation et enjeux, op. cit.
  189. ↑ (en) China launches Tibetan channel for India, Nepal, PTI, 1er octobre 2007 (en ligne sur le site rediff NEWS) : « China launched the first-ever 24-hour Tibetan language television channel on Monday to mark its 58th National Day (...). The channel only broadcast 11 hours a day when it was opened in 1999 Â».
  190. ↑ (en) The wishes of a Tibetan, China Digital Times, 27 mars 2009 : « At present, the two most popular television channels in the Tibetan areas are the Qinghai Tibetan language channel and the Tibet Tibetan language channel Â» (« Actuellement, les deux chaĂźnes tĂ©lĂ© les plus regardĂ©es dans les rĂ©gions tibĂ©taines sont la chaĂźne en langue tibĂ©taine du Qinghai et la chaĂźne en langue tibĂ©taine du Tibet Â»).
  191. ↑ (en) Zhang Mingyu, Cheer up for opening khampa Tibetan TV Channel, tibet.new.cn, 17 janvier 2010.
  192. ↑ Elisabeth Martens, Violences au Tibet : un avis alternatif, site mondialisation.ca, 27 mars 2008.
  193. ↑ (en) Seven Questions: What Tibetans Want, site Foreign Policy, mars 2008 : « I think we have to get over any suggestion that the Chinese are ill-intentioned or trying to wipe out Tibet Â».
  194. ↑ (en) Robert Barnett, Thunder for Tibet, compte rendu du livre de Pico Iyer, The Open Road: The Global Journey of the Fourteenth Dalai Lama, Knopf, 275 p., in The New York Review of Books, vol. 55, number 9, May 29, 2008 : « Why, if Tibetan culture within Tibet is being "fast erased from existence", (do) so many Tibetans within Tibet still appear to have a more vigorous cultural life, with over a hundred literary magazines in Tibetan, than their exile counterparts? Â».
  195. ↑ Lors du recensement menĂ© en 2000, la population de la rĂ©gion autonome du Tibet comptait 6 % de Hans, et l'ensemble des entitĂ©s administratives tibĂ©taines 20 %
  196. ↑ See An Appeal from Tibet
  197. ↑ Le Figaro : Domenach-Jullien:l'Occident peut-il comprendre la Chine ?
  198. ↑ Livre blanc : La modernisation du Tibet (1), Beijing, Office d'information du conseil des affaires d'État de la RĂ©publique populaire de Chine, 31 juillet 2003 [lire en ligne]  : « Depuis 1984, avec le concours de l'Etat, 9 provinces ( municipalitĂ©s) ont envoyĂ© des travailleurs et fourni des matĂ©riaux pour entreprendre au Tibet 43 projets de construction. Â»
    Livre blanc : La modernisation du Tibet (2), Beijing, Office d'information du conseil des affaires d'État de la RĂ©publique populaire de Chine, 31 juillet 2003 [lire en ligne]  : « Elles (Le DL et les forces hostiles internationales) ont prĂ©tendu que le dĂ©veloppement rapide de l'Ă©conomie du Tibet Ă©tait le "sabotage de l'environnement du Tibet" et que la sollicitude et les contributions du gouvernement central et du peuple chinois au processus de modernisation du Tibet Ă©taient un "pillage des ressources du Tibet" et un "renforcement du contrĂŽle sur le Tibet par les Hans" Â».
  199. ↑ Pour Pierre Picquart, beaucoup de mĂ©dias occidentaux ne connaissent pas bien la Chine et le Tibet Interview de Pierre Picquart par Xinhua 25/03/2008. Cela rĂ©sulte d'une ignorance de l'histoire du Tibet (...), a expliquĂ© Pierre Picquart, qui prĂ©fĂšre personnellement « les termes du progrĂšs, de la tolĂ©rance et de la construction Ă©conomique, sociale et culturelle Â».
  200. ↑ (en) Netizens condemn biased reporting on riots, China View, 9 juillet 2009.
  201. ↑ (en) Robert Marquand, 'Seeking truth from facts' in Tibet, The Christian Science Monitor, August 30, 2004 : « Since Tibet is viewed as part of the Chinese motherland dating back thousands of years, Chinese assume the right to establish themselves here Â».
  202. ↑ Michel Peissel, Le Dernier Horizon, Ă©ditions Robert Laffont, 2001, (ISBN 978-2-221-09272-9).
  203. ↑ Agence Xinhua, relayĂ©e par le magazine Enerpress, N° 9976, 23 dĂ©cembre 2009.
  204. ↑ (en) High noon for Tibet's development, English.new.cn, 19 juillet 2011 : « The regional government bans highly-polluting, energy-consuming projects such as paper-making factories, as well as iron, steel and chemical plants. Â»
  205. ↑ Maxime Vivas, Choses vues au Tibet (2), sur le site Le Grand Soir, 2 aoĂ»t 2010.
  206. ↑ Chine : fin de la construction de la premiĂšre entreprise de traitement des eaux usĂ©es Ă  Lhassa, Le Quotidien du peuple en ligne, 15 juillet 2011.
  207. ↑ Contamination radioactive au Tibet : Sun Xiaodi reçoit le prix de l’avenir sans nuclĂ©aire, Agoravox, section Tribune libre, 14 dĂ©cembre 2006.
  208. ↑ Le Chinois Sun Xiaodi a reçu le prix international de militantisme anti-nuclĂ©aire, 12 dĂ©cembre 2006.
  209. ↑ Raymond Meyers, La politique militaire nuclĂ©aire de la Chine au Tibet et son impact, sources : Green Tibet, Dharamsala, et Free Tibet, Londres, 2000, reproduit sur le site de l'asssociation Les amis du Tibet.
  210. ↑ La premiĂšre base de recherche sur les armes nuclĂ©aires de la Chine ouverte au public, sur www.french.xinhuanet.com, 3 mai 2007 : « La base, berceau des premiĂšres bombes atomiques et Ă  hydrogĂšne de la Chine. Â».
  211. ↑ La premiĂšre base de recherche sur les armes nuclĂ©aires de la Chine ouverte au public, op. cit.
  212. ↑ (en) A nuclear attraction, The Standard, China Business Newspaper, 30 juin 2007. Mis en ligne le 30 juin 2007, consultĂ© le 9 septembre 2007
  213. ↑ (en)China Admits to Nuclear Waste on Tibetan Plateau, sur tibet.com (ancien site du gouvernement tibĂ©tain en exil), 1996.
  214. ↑ (en)China to Start Building Centres for Nuclear Waste; First to Be in Gansu.
  215. ↑ GEO, Tibet, N° 186, aoĂ»t 1994 (p. 69).
  216. ↑ (en) Tibet 2000, Environment and Development Issues Nuclear Threats, DIIR, site officiel du gouvernement tibĂ©tain en exil.
  217. ↑ (en) China finds oil in Tibet, article sur le site de BBC News du 21 aoĂ»t 2001
  218. ↑ "Tibet : la question qui dĂ©range" par Claude B. Levenson, article sur AgoraVox du 8 avril 2008
  219. ↑ a et b Crise du Tibet : des enjeux cruciaux pour PĂ©kin, article du Monde du 26 mars 2008
  220. ↑ (en) Mining Tibet: Mineral Exploitation in Tibetan Areas of the PRC, Tibet Information Network, London 2002.
  221. ↑ (en) A Briefing Paper Submitted for the 75th session (3 – 28 August 2009) of the United Nations Committee On The Elimination Of Racial Discrimination, TCHRD
  222. ↑ GEO, Tibet, N 186 aoĂ»t 1994, p. 69 « Dans la rĂ©gion du Kongpo, au sud-est de l'U-Tsang, des prisonniers tibĂ©tain, encadrĂ©s par des soldats chinois doivent abattre des arbres et transporter les grumes comme des bĂȘtes de somme. Avant l'occupation, les paysans pratiquaient de simples coupes de subsistance, maintenant ce sont des saignĂ©es Ă  blanc. Â»
  223. ↑ Jean-Paul Ribes, PrĂ©server l'Ă©cosystĂšme le plus vaste d'asie GEO Tibet N° 186 aoĂ»t 1994 (p. 98-99) : « En 1949, les forĂȘts sĂ©culaires couvraient 222 000 km2. En 1989, ce chiffre serait tombĂ© Ă  134 000 km2, un peu plus de la moitiĂš (...) Ces forĂȘts ont Ă©tĂ© massivement dĂ©vastĂ©es par des coupes "Ă  nu" particuliĂšrement redoutables lorsqu'elles touchent les vallĂ©es pentues (...) Ce sont essentiellement les troupes d'occupation chinoises, qui, en utilisant la main-d'Ɠuvre fournie par les camps de travail, sont Ă  l'origine de la coupe de prĂšs de 2,5 millions de mĂštres cubes de bois pour une valeur de plus de 54 milliards de dollars. ConsĂ©quences : une disparition irreversible des couches d'humus dans les rĂ©gions pentues, l'extinction de certaines espĂšces de la flore et de la faune, l'embourbement des fleuves dont les crues ne sont plus rĂ©gulĂ©es, une exposition sans Ă©cran aux fortes variations de tempĂ©rature. Â»
  224. ↑ (en) The Yangtze flood: the human hand, local and global, World Watch Institute, Lester R. Brown et Brian Halweil, 13 aoĂ»t 1998.
  225. ↑ a et b (en) Qian Ye et Michael H. Glantz, The 1998 Yangtze Floods: The Use Of Short-Term Forecasts In The Context Of Seasonal To Interannual Water Resource Management
  226. ↑ (en) The Huanghe (Yellow River)and Changjiang (Yangtze River) deltas: a review on their characteristics, evolution and sediment discharge during the Holocene « The increase has occurred during the last 2000 years due to human activities in Asia, especially from cultivation and deforestation Â».
  227. ↑ (en) Logging Ban, TIN News Update, 26 aoĂ»t 1998 (ISSN 1355-3313), « Policy decisions regarding deforestation on the Tibetan plateau also have implications for countries in South Asia, such as Bangladesh, where flooding is frequent and often devastating, and attributed by some experts to the soil erosion brought on by deforestation in Tibet Â»
  228. ↑ (en) Flooding in Bangladesh, 1998 : « The Ganges and Brahmaputra rivers have their headwaters in Nepal and in Tibet where recent years the rapidly increasing populations have caused the removal of vast areas of forest (...) The removal of the forest cover has reduced interception and increased landslides, soil erosion and overland flow Â».
  229. ↑ (en) Tibet 2000: The State of Environment
  230. ↑ The 1998 Flood on the Yangtze, China, Yongqiang Zong et Xiqing Chen : «  Â»
  231. ↑ Tibet : la protection de l'environnement sur le mĂȘme plan que le dĂ©veloppement, Le Quotidien du Peuple en ligne, 17 mars 2011.
  232. ↑ TibĂ©tains, 1959-1999, quarante ans de colonisation, Ouvrage collectif dirigĂ© par Katia Buffetrille et Charles Ramble avec Robbie Barnett, Georges Dreyfus, Samten G. Karmay, Per KvĂŠrne et JigmĂ© NamgyĂšl; Pages 58 Ă  63, Le Bön, l'autre religion par Per KvĂŠrne. Ed Autrement, coll. Monde 1998 (ISBN 286260822X).
  233. ↑ Mandchous ćœšæž…æœć»ș立äč‹ć‰ïŒŒæ»żæ—èˆ‡è’™ć€æ—ćœąæˆäș†æ”żæČ»èŻç›ŸïŒŒè’™ć€æ—äżĄä»°çš„ć–‡ć˜›æ•™ïŒˆè—ć‚łäœ›æ•™ïŒ‰äčŸćŸˆćż«ć‚łć…„æ»żæ—ïŒŒć› æ­€ïŒŒäœ›æ•™ćœšæ»żæ—äșșäž­æœ‰è‘—ă€‚ Avant la fondation de la dynastie Qing, les Mandchous et les Mongols crĂ©ent une alliance politique, grĂące Ă  laquelle, la croyance des mongols - le lamaĂŻsme (le bouddhisme tibĂ©tain) se rĂ©pand vite chez les mandchous.
  234. ↑ Â«äž­ć›œçš„äșšæŽČ憅陆èŸč疆 Â» ć–‡ć˜›æ•™äžŽæ»Ąæ—ćŠżćŠ›ćœšè’™ć€çš„ć…Žè”·(17侎18侖çșȘ)
  235. ↑ [« Histoire du Tibet Â» de Laurent Deshayes ] P151, Le bouddhisme (tibĂ©tain) est bien implantĂ© parmi les population mandchoues. Depuis le milieu des annĂ©es 1620, leurs chefs clament haut et fort qu'ils souhaitent exercer un patronage sur les territoires mongols dont la plupart ont Ă©tĂ© convertis par les religieux tibĂ©tains.
  236. ↑ [« Le Lama et L'Empereur Â»]P43-44, ...Abahai fait construire un temple bouddhiste en 1636 Ă  Moudken, la capitale de son jeune empire. Il fait savoir qu'il souhaite rassembler les peuples nomades mongols et ceux de l'Asie centrale et devenir le nouveau patron du bouddhisme. La mĂȘme annĂ©e, il change le nom de la dynastie fondĂ©e par Nurhaci (Jin) en Daqing (grands Qing). Il se met en relation avec les GĂ©lougpa. ...Le successeur de Shunzhi, Kangxi, est autant sĂ©duit par le bouddhisme que son prĂ©dĂ©cesseur, sinon plus....
  237. ↑ Le rituel funĂ©raire tibĂ©tain pratiquĂ© depuis 1 000 ans survivra grĂące Ă  la protection du gouvernement chinois, Xinhuanet, 13 janvier 2006. Mis en ligne le 13 janvier 2006, consultĂ© le 25 juillet 2008
  238. ↑ Masood Butt, 'Muslims of Tibet', Bureau du Tibet, janvier-fĂ©vrier 1994 : « Tibetan Muslims trace their origin from immigrants from four main regions: China, Kashmir, Ladakh and Nepal. Islamic influence in Tibet also came from Persia and Turkestan. Muslims are known as Khache among Tibetans. This appear to be because the earliest Muslim settlers to Tibet were from Kashmir which was known as Khache Yul to Tibetans Â».
  239. ↑ Masood Butt, op. cit.
  240. ↑ (en) Ingun B. Amundsen, On Bhutanese and Tibetan Dzongs, in Journal of Bhutan Studies, vol. 5, hiver 2001, pp. 8-41, en part. p. 24.
  241. ↑ Michael Buckley, Tibet, Ă©dition No 2, Bradt Travel Guides, 2006, 310 p. (ISBN 978-1-84162-164-7) : « the Potala in Lhasa is a prime example of fortress architecture Â».
  242. ↑ (en) Lyndia Aran, Inventing Tibet, Commentarymagazine.com, January 2009 : « Tibetan monasteries maintained private armies that were deployed in conflicts with the local government, with other monasteries, and sometimes even among schools within the same monastery. Fighting “dobdos” were known to constitute 15 percent of the monks of the great Gelugpa monasteries in and around Lhasa Â».
  243. ↑ StĂ©phanie Roemer, The Tibetan Government-in-Exile. Politics at large, Routledge, 2008, p. 12 : « These monastic complexes maintained their own monastic forces, which had access to guns and munitions and appeared as competing armed power by dwarfing the Tibetan army Â».
  244. ↑ Elisabeth Martens, Histoire du Bouddhisme tibĂ©tain : La Compassion des Puissants, L'Harmattan, 2007, p. 132 (ISBN 978-2-296-04033-5).
  245. ↑ Sanderson Beck, Tibet, Nepal, and Ceylon 1800-1950 : « The British were ordered not to loot (...); but they did take some images and paintings from monasteries that resisted Â».
  246. ↑ Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifiĂ©, 2000, Calmann-LĂ©vy.
  247. ↑ Le 14e dalaĂŻ-lama affirme Ă  ce propos : « Personne ne savait ce qu’allait faire l’armĂ©e britannique. Mais plus tard, elle parut disciplinĂ©e. Quand ils rencontraient des obstacles, ils tuaient, c’est vrai. Mais sinon, ils n’incendiĂšrent pas les monastĂšres, ne volĂšrent pas, ne pillĂšrent pas. Quand ils sont arrivĂ©s Ă  Lhassa, ils ont campĂ© dans leurs propres camps, et ont nĂ©gociĂ© avec le gouvernement tibĂ©tain. Ils Ă©taient trĂšs disciplinĂ©s et plus tard, les TibĂ©tains comparĂšrent leur façon d’agir avec celle des Chinois et des Mandchous lors de leur invasion (en 1910). Eux brĂ»laient les monastĂšres et pillaient les villages Â», cf. Une histoire du Tibet : Conversations avec le DalaĂŻ Lama, de Thomas Laird, DalaĂŻ-Lama, Christophe Mercier, Plon, 2007 (ISBN 978-2-259-19891-2).
  248. ↑ Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, with a new epilogue by the author. Translated from the German by Richard Graves. With an introduction by Peter Fleming, First Tarcher/Putnam Hardcover Edition, 1997 (ISBN 978-0-87477-888-5) : « The penalties for political offenses are very strict. People still speak of the monks of Tengyeling, who forty years ago sought to come to terms with the Chinese. Their monastery was demolished and their names blotted out Â».
  249. ↑ Sanderson Beck, Tibet, Nepal, and Ceylon 1800-1950 : « The Tengyeling monastery was disendowed; traitors were banished, and the rest of the monks were distributed to other monasteries Â».
  250. ↑ Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, translated from the German by Richard Graves; with an introduction by Peter Fleming; foreword by the Dalai Lama, E. P. Dutton, 1954, (ISBN 978-0-87477-888-5) ; « It was not until the government bombarded the town and monastery of Sera with howitzers and knocked down a few houses that the resistance ceased.(...) The monastery was thoroughly ransacked by the soldiers, and for many weeks afterward gold cups, brocades, and other valuable objects kept turning up in the bazaars Â».
  251. ↑ Sanderson Beck, Tibet, Nepal, and Ceylon 1800-1950 : « The Tibetan army attacked the Che College again on April 27 and took it over, killing about two hundred monks while 15 soldiers died Â».
  252. ↑ Åshild KolĂ„s, Monika P. Thowsen, On the margins of Tibet: cultural survival on the Sino-Tibetan frontier, University of Washington Press, 2005, 276 pages, en part. p. 48 et 50 (ISBN 978-0-295-98481-0), (ISBN 978-0-295-98481-0).
  253. ↑ Projet de cartographie du Tibet.
  254. ↑ Monastic Education in the Gönpa.
  255. ↑ Michel Peissel, Les Cavaliers du Kham. Guerre secrùte au Tibet, Robert Laffont, Paris, 1972.
  256. ↑ Laurent Deshayes, Histoire du Tibet, Fayard, 1997, p. 334 (ISBN 978-2-213-59502-3).
  257. ↑ (en) Richard Pierre Claude, compte rendu de Howard B. Tolley Jr., The International Commission of Jurists: Global Advocates for Humam Rights, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1994, in Human Rights Quarterly, August 1994 : « Based on documentation and named respondents, the author presents the tale of the United States Central Intelligence Agency (CIA) in secretly bankrolling the formation of the ICJ as an instrument of the Cold War. [...] Tolley shows that the tainted source of funding was unknown to most ICJ officers and members, [...] Â».
  258. ↑ Commission internationale de juristes, La question du Tibet et la primautĂ© du droit, GenĂšve, 1959, pp. 39-49.
  259. ↑ Fox Butterfield, La Chine - Survivant dans la mer d'amertume - Paris, Presses de la CitĂ©, 1983, page 309.
  260. ↑ « Since the Chinese assumed full control over Tibet after an abortive Tibetan uprising in 1959, the number of Buddhist monasteries has been cut from 2464 to 10, Chinese officials told me during a week's tour of of "the roof of the world." Some, like the Gadan monastery, once the third largest in Tibet with nearly 10000 monks, simply disappeared Â»
  261. ↑ (en) Michel Chossudovsky, China and America: The Tibet Human Rights Psy Op, site Global Research, 13 avril 2008 : « The most prominent pro-Dalai Lama Tibet independence organization funded by the NED is the International Campaign for Tibet (ICT), founded in Washington in 1988. The ICT has offices in Washington, Amsterdam, Berlin and Brussels. Distinct from other NED funded Tibet organizations, the ICT has a close cozy and " overlapping" relationship with the NED and the US State Department Â».
  262. ↑ *When the Sky Fell to Earth: The New Crackdown on Buddhism in Tibet (Chapter 6: Destruction of Monasteries & Persecution of Leaders p. 63-80), International Campaign for Tibet, 2004
  263. ↑ Pierre-Yves Ginet, Destruction du plus grand monastùre du monde.
  264. ↑ La Chine restaure des sites tibĂ©tains soigneusement choisis, sur le site artclair, 3 mars 2011.
  265. ↑ UNESCO : Les arts Regong : Inscrit en 2009 sur la Liste reprĂ©sentative du patrimoine culturel immatĂ©riel de l’humanitĂ©
  266. ↑ (en) General background to the state of education in Tibet, Tibetan Centre for Human Rights and Democracy, 1997
  267. ↑ Education in Tibet, TCHRD
  268. ↑ Le Tibet Journal, Editions Dharma pour la traduction française, 1985, ISBN 978-2-86487-010-4
  269. ↑ Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom
  270. ↑ Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Other Forms of Education
  271. ↑ « For centuries, monasteries and nunneries in Tibet were the principal centers of learning and education. Tibetan tradition required all families with more than two sons (to) send one of them to a monastery to become a monk. Â» China's impact on Tibetan cultural and linguistic identity, Tibetan Bulletin online, January-April 2007
  272. ↑ « In independent Tibet, monasteries and nunneries, numbering over 6,000, served as schools and universities, fulfilling Tibet's educational needs. Â» Tibet: Proving Truth from Facts - Socio-economic conditions and colonialism
  273. ↑ « Before the peaceful liberation in 1951, school enrolment in Tibet was no more than 3,000 at its highest Â» China's Tibet Facts & figures 2002 - Education
  274. ↑ « Less than 2 percent of school-age children attended school and the illiteracy rate amounted to 95 percent on the eve of Tibet's peaceful liberation in 1951. Â» Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom. Ce chiffre est Ă  mettre en relation avec la proportion indiquĂ©e dans ce mĂȘme document de 10 % de moines et nonnes dans la population tibĂ©taine : « Before 1959, there were some 2,000 monasteries in Tibet with 110,000 monks and nuns, who made up 10 percent of total population. Â» Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Monastic Education
  275. ↑ Le Tibet est-il chinois ? Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Albin Michel, 2002, ISBN 978-2-226-13426-4
  276. ↑ Combats des Nonnes TibĂ©taines, Havnevik Hanna, 1995, Ed Dharma, ISBN 978-2-86487-025-8
  277. ↑ « Students of the monastery schools, mainly monks, majored in Buddhist scriptures, but also gained some knowledge of Tibetan language, handwriting, literature and art, philosophy logic, astronomical Calendar and medicine. Â» Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Monastic Education
  278. ↑ Tibet, mon histoire, Jetsun Pema, Éd : Ramsay
  279. ↑ « Schools run by local governments were divided into schools for the training of lay and monk officials. Instead of providing students with systematic study, these schools were actually training centers for nurturing local government officials. Most of the students were from noble families. Â» Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Official Education
  280. ↑ « Unlike schools set up to train lay and monk officials, its students came from ordinary families. Â» Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Official Education
  281. ↑ a, b et c Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Official Education
  282. ↑ a et b Tibetan education as I see it, Qangngoiba Doje Ngoizhub
  283. ↑ Histoire de la mĂ©decine tibĂ©taine
  284. ↑ History of Tibetan Medicine
  285. ↑ a et b China's Tibet Facts & figures 2002 - Education
  286. ↑ Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Private Education
  287. ↑ “The Birth of a Clinic”? The IMS Dispensary in Gyantse (Tibet), 1904–1910 An English school existed in Gyantse in the period 1923–26; it was closed as part of a general Tibetan movement against modernization at that time
  288. ↑ « Durant les quelques annĂ©es qui suivirent la Convention de Simla, le dalaĂŻ-lama tenta de dĂ©velopper un rapprochement avec les Anglais [...]. Une Ă©cole anglaise fut crĂ©Ă©e Ă  GyantsĂ© mais, devant la rĂ©action des grands monastĂšres [...], l'Ă©cole dut rapidement fermer ses portes. Â», JĂ©rĂŽme Édou et RenĂ© Vernadet, Tibet, les chevaux du vent, Paris, L'AsiathĂšque, 2007 (ISBN 978-2-915255-48-5), p. 76-77 
  289. ↑ “The Birth of a Clinic”? The IMS Dispensary in Gyantse (Tibet), 1904–1910 An English school opened in Lhasa in the 1940s but was also short-lived, although by this time some Tibetans were sending their children to Western schools in India
  290. ↑ « En 1944, Ă  l'inspiration du RĂ©gent Takra, une deuxiĂšme tentative pour installer une Ă©cole anglaise s'acheva, elle aussi, par un Ă©chec, quelques mois aprĂšs son inauguration. Â», Tibet, les chevaux du vent, Ibid.
  291. ↑ « Cependant l'aristocratie de Lhassa prit l'habitude d'envoyer ses enfants dans les Ă©coles anglaises de Kalimpong et Darjeeling. Â», Tibet, les chevaux du vent, Ibid.
  292. ↑ (en) Rong Ma, Population and Society in Tibet, Hong Kong University Press, 2010, 350 p., p. 325 : « Education in Tibet has experienced great changes since 1952. A Middle Ages-style monastic education system has been transformed into a modern school system. The monastic education system was essentially destroyed after 1959. The new school system was established from 1959 to 1966 but it was interrupted during the Cultural Revolution. The schools were rebuilt when the political riots ended in 1976. After concerted efforts in the last quarter-century a complete educational system from primary schools to universities has been established in the TAR. Â»

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