Theophile Gautier

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Theophile Gautier

Théophile Gautier

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Théophile Gautier
Théophile Gautier par Nadar (1856).
Théophile Gautier par Nadar (1856).

Activit√©(s) √Čcrivain, po√®te, peintre et critique d'art
Naissance 30 ao√Ľt 1811
Tarbes
Décès 23 octobre 1872
Neuilly-sur-Seine
Mouvement(s) Romantisme, Parnasse

Pierre Jules Th√©ophile Gautier est un po√®te, romancier, peintre et critique d'art fran√ßais, n√© √† Tarbes le 30 ao√Ľt 1811[1] et mort √† Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872 √† 61 ans.

Sommaire

Biographie

Les premières années

N√© √† Tarbes le 30 ao√Ľt 1811[1], le tout jeune Th√©ophile garde longtemps ¬ę le souvenir des montagnes bleues ¬Ľ. Il a trois ans lorsque sa famille s'installe √† Paris. Malgr√© son jeune √Ęge, il √©prouve de la nostalgie et s'habitue mal √† son nouvel environnement[2]. Lecteur avide, il a cinq ans lorsqu'il commence √† lire[2]. Sa grande passion est Robinson Crusoe, qui fait sur lui une vive impression, puis Paul et Virginie ; il r√™ve de devenir marin, avant de se passionner pour le th√©√Ętre, notamment la peinture des d√©cors[2].

En 1820, √† l'√Ęge de huit ans, il fait un bref s√©jour en tant que pensionnaire au lyc√©e Louis-le-Grand. Ses parents doivent l'en retirer au bout d'un trimestre car il y d√©p√©rit[2]. Plus heureux comme ¬ę externe libre ¬Ľ au coll√®ge Charlemagne, Gautier y rencontre le jeune G√©rard Labrunie (le futur Nerval) et manifeste un go√Ľt particulier pour les po√®tes latins dits d√©cadents, les ¬ę grotesques ¬Ľ et pour la natation qu'il pratique assidument.

Il est en terminale lorsqu'il commence √† fr√©quenter l'atelier du peintre Louis-√Čdouard Rioult (1790-1855), rue Saint-Antoine, et d√©couvre √† cette occasion qu'il souffre de myopie[2].

¬ę La grande boutique‚Ķ romantique ¬Ľ

Hugo en condottiere du mouvement romantique avec Théophile Gautier, cheveux longs, moustachu et chapeauté, en croupe.

Sa rencontre le 27 juin 1829 avec ¬ę le ma√ģtre ¬Ľ Victor Hugo, auquel le pr√©sentent G√©rard et Petrus Borel pr√©cipite sa carri√®re d'√©crivain. Le 25 f√©vrier 1830, il participe √† la bataille d'Hernani, v√™tu d'un gilet rouge qui marquera durablement les esprits. Le soir m√™me, il quitte l'atelier de Rioult.

Tout en menant ¬ę toutes les grandes campagnes romantiques ¬Ľ, il √©crit un premier recueil de vers, dont son p√®re finance la publication et qui sort chez Mary le 28 juillet 1830, en plein milieu des Trois Glorieuses. Le 28 juillet 1830 est le jour des barricades √† Paris et le recueil passe sous silence. Ces premi√®res po√©sies pourtant montrent un jeune po√®te fort habile, ayant d√©j√† acquis la mani√®re des anciens et, conscient de leur h√©ritage, il y fait preuve d'originalit√© par une forme bien arr√™t√©e et une langue pr√©cise et nette.

Il continue √† fr√©quenter Victor Hugo et ses proches. C'est dans ce c√©nacle qu'il fait la connaissance de C√©lestin Nanteuil, qui trois ans plus tard, lorsque Gautier r√©imprime ses premiers vers dans un nouveau recueil intitul√© Albertus, r√©cit fantastique, diabolique et pittoresque, l'illustre d'¬ę une eau-forte ultra-excentrique ¬Ľ[2]. Il rencontre √©galement l'√©diteur romantique Eug√®ne Renduel, qui vient de publier les Soir√©es de Walter Scott, de Paul Lacroix[3]. √Ä sa demande il √©crit en 1833 Les Jeunes-France, qui rendent compte avec truculence de la vie des artistes et √©crivains qui forment le C√©nacle. Dans cet ouvrage ¬ę baroque ¬Ľ pourtant, Gautier se fait le t√©moin lucide et ironique des ces ¬ę Pr√©cieuses Ridicules du Romantisme ¬Ľ[2]. Deux ans plus tard Renduel publie √©galement Mademoiselle de Maupin (1835), qui fait scandale.

Quittant le domicile familial, place des Vosges, Th√©ophile Gautier s'installe impasse du Doyenn√©, √† l'emplacement de la place du Carrousel, dans un appartement o√Ļ il a comme voisins Camille Rogier, Ars√®ne Houssaye et Nerval[2].

Les débuts de critique et nouvelliste

Honor√© de Balzac, qui appr√©cie ces jeunes talents, envoie Jules Sandeau leur proposer de contribuer au journal La Chronique de Paris en 1836. ¬ę Balzac ,qui daignait me trouver du talent et le dire, m'envoya chercher par Jules Sandeau¬Ľ[4]. Gautier y publie des nouvelles comme La Morte amoureuse et La Cha√ģne d'or et des critiques d'art. Il sera fort impressionn√© par le ma√ģtre et plus tard, il contribuera √† sa l√©gende avec des portraits biographiques d'Honor√© de Balzac[5].

Portrait par Auguste de Ch√Ętillon (1839).

Il travaille √©galement pour le magazine de Charles Malo, La France litt√©raire, et pour le quotidien d' √Čmile de Girardin, La Presse. Dans ce journal, Gautier se charge d'abord de la critique d'art. On √©value √† plus de deux mille le nombre des feuilletons et articles qu'il aurait r√©dig√©s pour ce journal. Un nombre restreint de ces articles est recueilli en volumes : Les Grotesques, L'Histoire des peintres, l‚ÄôArt moderne, Les Beaux-Arts en Europe, l‚ÄôHistoire de l'art dramatique depuis vingt-cinq ans, Tr√©sors d'art de la Russie, Portraits contemporains, Histoire du Romantisme, Souvenirs litt√©raires, etc. Tous ces articles sont all√®grement √©crits dans une langue nette, souple, impeccable et brillante. Gautier invente √† sa mani√®re une √©criture de critique d'art qui ne vise pas seulement au jugement, √† l'analyse, mais aussi √† recr√©er la justesse du sentiment esth√©tique. Il cherche √† rendre, au moyen de mots, la sensation visuelle, musicale produite par la perception directe de l'Ňďuvre d'art. Cette t√Ęche de chroniqueur l'occupe toute sa vie. ¬ę J'ai travaill√© √† La Presse, au Figaro, √† La Caricature, au Mus√©e des Familles, √† la Revue de Paris, √† la Revue des Deux Mondes, partout o√Ļ l'on √©crivait alors. ¬Ľ Souvent pesante, cette besogne quotidienne ne l'emp√™che pas de faire du sport (de la boxe et du canotage)[2] et de continuer √† cr√©er des Ňďuvres po√©tiques et dramatiques. Ainsi en 1838 para√ģt La Com√©die de la Mort, un recueil de po√®mes assez diff√©rent des pr√©c√©dents o√Ļ, sous l'influence de Shakespeare, Goethe et Dante, Gautier sculpte avec vigueur le spectre de la Mort. En 1839, Gautier c√®de √† la tentation du th√©√Ętre qu'il admire depuis toujours et √©crit Une larme du diable puis Le Tricorne Enchant√© et Pierrot Posthume. Ce sont des fantaisies, des pastorales f√©eriques, un th√©√Ętre lyrique, impossible et imaginaire qu'il fait vivre encore dans les livrets de plusieurs ballets, dont le plus c√©l√®bre est celui de Giselle, dans√© √† l'Op√©ra le 28 juin 1841, avec un succ√®s prodigieux.

Les voyages

En mai 1840, il part en Espagne, qu'il conna√ģt √† travers les Contes d'Espagne et d'Italie d'Alfred de Musset et les Orientales de Victor Hugo. Son Voyage en Espagne, sorte de carnets d'impressions vigoureux, est marqu√© par la fra√ģcheur du regard, l'√©tonnement de la vision et le souci toujours exacerb√© de la justesse du dire. Ces visions donnent lieu √† de nouveaux vers, Espa√Īa, qui paraissent dans le recueil des Po√©sies compl√®tes en 1845. Ce premier voyage en am√®ne bien vite d'autres. En 1845 c'est l'Alg√©rie, en 1850 l'Italie, en 1852 la Gr√®ce et la Turquie, en 1858 la Russie et en 1862 l'√Čgypte. Chacun de ces voyages donne lieu √† des publications : Italia, Constantinople, mais surtout ils nourrissent ses Ňďuvres litt√©raires, romans, nouvelles ou po√©sies.

La maturité

√Ä c√īt√© de son travail de critique, qu'il poursuit au Moniteur, Gautier garde toujours une pr√©dilection pour la po√©sie : elle demeure, comme en t√©moignent ses amis comme √Čmile Bergerat ou Maxime du Camp par exemple, sa passion, sa distraction, son exercice quotidien. Ainsi, en 1852, para√ģt la premi√®re version de √Čmaux et Cam√©es, recueil qui jusqu'en 1872 s'enrichit de po√©sies nouvelles.

Portrait charge de Gautier par H. Mailly.

En 1857, Gautier s'installe avec sa compagne, Ernesta Grisi (sŇďur de la danseuse Carlotta Grisi), ses filles, Judith Gautier et Estelle, qui √©pouse √Čmile Bergerat, et ses deux vieilles sŇďurs, 32 rue de Longchamp √† Neuilly-sur-Seine, dans une petite maison o√Ļ il se pla√ģt √† recevoir ses amis : Baudelaire qu'il rencontre r√©guli√®rement (il n'ira pourtant pas √† l'enterrement de Baudelaire lorsque celui-ci aura lieu), Dumas fils, Ernest Feydeau, Gustave Flaubert, Puvis de Chavannes ou encore Gustave Dor√©.

De sa liaison avec Eugénie Fort, une très belle femme, plus jeune que lui et avec des origines espagnoles, il a un fils, Théophile Gautier fils qui suppléa son père plusieurs fois au Moniteur.

Lors des salons litt√©raires de la princesse Mathilde, dont il est nomm√© biblioth√©caire, Gautier rencontre √©galement des √©crivains comme Taine, Sainte-Beuve, Prosper M√©rim√©e, les Goncourt ; des peintres comme Paul Baudry, Gustave Boulanger, Jean-L√©on G√©r√īme ; des sculpteurs comme Carpeaux ; des savants comme Claude Bernard, Pasteur ou Berthelot. √Ä cette √©poque Gautier fait figure de chef d'√©cole. Baudelaire se d√©clare son disciple (il lui d√©die Les Fleurs du mal, le qualifiant de ¬ę po√®te impeccable ¬Ľ), Th√©odore de Banville lui d√©die ses vers. En 1844 Th√©ophile Gautier fonde le club des Hashischins avec Jacques-Joseph Moreau, club vou√© √† l'√©tude du cannabis. Ce club sera fr√©quent√© par de nombreux artistes de l'√©poque dont Charles Baudelaire.

Président du Société nationale des Beaux-Arts

√Člu en 1862 pr√©sident de la Soci√©t√© nationale des Beaux-Arts, il est entour√© d'un comit√© compos√© des peintres les plus prestigieux : Eug√®ne Delacroix, Pierre Puvis de Chavannes, √Čdouard Manet, Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Gustave Dor√©. Cette √©lection √† un poste en vue provoque l'envie d'une partie des litt√©rateurs moins connus et il √©choue √† trois reprises lorsqu'il se pr√©sente √† l'Acad√©mie fran√ßaise, en 1866, 1868 et 1869.

Profond√©ment √©mu par les √©v√©nements militaires de 1870, Gautier revient √† Paris, o√Ļ il finit ses jours, rong√© par la maladie, mais conscient du devoir d'enseignement et d'exemple dont il est investi aupr√®s des jeunes g√©n√©rations. Le 23 octobre 1872 dans la nuit, son cŇďur cesse de battre. Hugo, Mallarm√© ou encore Banville lui rendent un dernier ¬ę toast fun√®bre ¬Ľ. Il est enterr√© au cimeti√®re de Montmartre √† Paris. Il avait 61 ans.

Ňíuvre

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Nouvelles et romans fantastiques

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ L'acte de naissance de Th√©ophile Gautier a √©t√© enregistr√© le 30 ao√Ľt 1811, et la naissance a √©t√© not√©e √† deux heures du matin de ¬ę ce jour ¬Ľ (acte num√©ris√©).
  2. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ, d‚ÄČ, e‚ÄČ, f‚ÄČ, g‚ÄČ, h‚ÄČ et i‚ÄČ "Th√©ophile Gautier par lui-m√™me" dans L'Illustration du 9 mars 1867.
  3. ‚ÜĎ Le Romantisme et l'√©diteur renduel, sur Wikisource
  4. ‚ÜĎ Andr√© Maurois. Prom√©th√©e ou la vie de Balzac, Hachette, 1965
  5. ‚ÜĎ  : Th√©ophile Gautier : Balzac, Le Castor Astral (ISBN 978-2859203764)

Citations

¬ę Il n‚Äôy a de vraiment beau que ce qui ne peut servir √† rien ; tout ce qui est utile est laid. ¬Ľ (1824)

Voir aussi

Son nom a été donné à un paquebot des Messageries Maritimes:

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