Theodore Gericault

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Theodore Gericault

Théodore Géricault

Théodore Géricault
Théodore Géricault par Alexandre Colin, 1816.
Théodore Géricault par Alexandre Colin, 1816.
Naissance 26 septembre 1791
Rouen, France
D√©c√®s 26 janvier 1824
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France Français
Activité(s) Artiste-peintre
Formation √Čcole des Beaux-Arts de Paris
Ma√ģtre Carle Vernet, Pierre-Narcisse Gu√©rin

Peintre fran√ßais du XIXe si√®cle, Th√©odore G√©ricault est n√© le 26 septembre 1791 √† Rouen et est mort le 26 janvier 1824 √† Paris, √† la suite d'une chute de cheval. Incarnation de l‚Äôartiste romantique, sa vie courte et tourment√©e a donn√© naissance √† de nombreux mythes.

Sommaire

Biographie

G√©ricault na√ģt dans une famille ais√©e de Rouen, originaire de la Manche, √† St Cyr du Bailleul o√Ļ un lieu-dit √©ponyme "l'hotel G√©ricault" existe toujours. Il y reviendra r√©guli√®rement pendant de nombreuses ann√©es, notamment chez ses cousins √† Saint-Georges-de-Rouelley, pr√®s de St Cyr. C'est l√† qu'il decouvrira le milieu √©questre, future source d'inspiration et qu'il y peindra sa premi√®re oeuvre connue : son autoportrait. De nombreux tableaux du peintre sont rest√©es dans cette famille. Mais une majorit√© d'entre eux ont √©t√© d√©truits lors des bombardements de 1944. G√©ricault y a fait √©galement le portrait de son oncle bas-normand, le conventionnel Sim√©on Bonnesoeur-Bourgini√®re (Mus√©e de Minneapolis), et de son cousin F√©lix Bonnesoeur-Bourgini√®re.

Le p√®re du peintre, Georges, magistrat et riche propri√©taire terrien, tiendra une manufacture de tabac. Sa m√®re, Louise Caruel, descend d'une riche famille normande. Le peintre ne conna√ģtra en ce sens pas de probl√®mes d'argent et n'aura pas besoin de vendre ses Ňďuvres pour vivre, except√© √† la fin de sa vie, √† la suite de mauvais placements. Ceci explique la libert√© que l'on trouve dans ses tableaux. Vers 1796, la famille G√©ricault s'installe √† Paris o√Ļ Th√©odore fait ses √©tudes au Lyc√©e Imp√©rial (aujourd'hui Lyc√©e Louis-le-Grand), comme Eug√®ne Delacroix apr√®s lui.

G√©ricault √©tudie dans l'atelier du peintre Carle Vernet, sp√©cialiste de sc√®nes de chasse. Il y fait la connaissance de son fils, Horace Vernet. Il √©tudiera ensuite avec Pierre-Narcisse Gu√©rin avant de s‚Äôinscrire, le 5 f√©vrier 1811, √† l‚Äô√Čcole des Beaux-Arts de Paris. En 1814, G√©ricault s'√©prend d'Alexandrine Caruel, la jeune √©pouse de Jean-Baptiste Caruel de Saint-Martin, son oncle maternel. De cette liaison, qui durera plusieurs ann√©es et qui s'av√®rera d√©sastreuse pour l'artiste, naquit un fils, Hippolyte Georges.

Ayant √©chou√© au concours du grand prix de Rome, G√©ricault d√©cide, en 1816, de partir pour l‚ÄôItalie √† ses propres frais. Il est durablement impressionn√© par les peintres de la Renaissance italienne, en particulier Michel-Ange, ainsi que par le ma√ģtre flamand Pierre Paul Rubens, par le mouvement qu'il donne √† ses Ňďuvres. Parmi ses contemporains, il porte une admiration particuli√®re pour le Baron Gros.

D√®s le d√©but de sa carri√®re, G√©ricault t√©moigne de qualit√©s qui le distinguent nettement des peintres n√©oclassiques de l‚Äô√©cole de David : il choisit en effet de privil√©gier les th√®mes de la vie quotidienne, qu‚Äôil porte au rang de hauts faits h√©ro√Įques. Chantre du d√©sespoir et de la souffrance humaine, il devient rapidement le chef de file des peintres romantiques.

Sa premi√®re Ňďuvre, Officier de chasseurs √† cheval de la garde imp√©riale chargeant (1812), est une image de la victoire (on est √† l'√©poque o√Ļ Napol√©on n'a pas encore v√©cu la d√©faite). Deux ans plus tard, dans un Salon organis√© par Louis XVIII, G√©ricault expose sa deuxi√®me Ňďuvre √† c√īt√© de la premi√®re: Cuirassier bless√© (1814, mus√©e du Louvre). En un contraste frappant avec la premi√®re, celle-ci repr√©sente un officier sur une pente avec son cheval, s'√©loignant de la bataille. Son regard, "tourn√© vers la tuerie" qu'il vient de quitter, traduit le d√©sarroi, la d√©faite. Dramatiques et monumentaux, ces deux portraits √©questres, d√©j√† empreints du talent grandiose de l'artiste, suscitent un certain int√©r√™t lors du Salon de 1814, dans un Paris occup√© par les Alli√©s.

En 1819, un nouveau Salon s'ouvre au Louvre. G√©ricault veut r√©aliser une Ňďuvre immense, spectaculaire. Cherchant son inspiration dans les journaux, il y d√©couvre l'"affaire de la M√©duse", catastrophe maritime peu glorieuse que la monarchie restaur√©e avait tent√© d'√©touffer. Le fait divers que le peintre expose sur sa toile est celui du naufrage d'une fr√©gate, la M√©duse, le 2 juillet 1816, au large des c√ītes du S√©n√©gal. Ce b√Ętiment de la marine royale, avec pr√®s de 400 membres d'√©quipage √† son bord, avait pour commandant Hughes Duroy de Chaumareys, officier incomp√©tent, r√©voqu√© sous l'empire, mais nomm√© dans ses fonctions √† la Restauration.

Alert√© par son √©quipage de l'imminence d'un danger, le commandant refuse d'y pr√™ter attention et c'est le drame: le navire coule corps et biens. Les officiers et hauts fonctionnaires ont t√īt fait de s'emparer des six canots de sauvetage, abandonnant navire et naufrag√©s au m√©pris du code d'honneur de la Marine. Les 150 autres membres de l'√©quipage s'entasseront dans des conditions pitoyables sur un radeau de 20m sur 10m, construit √† la h√Ęte au moyen de rondins de bois. Celui-ci devait √™tre tir√© par les canots de sauvetage, mais la corde fut "myst√©rieusement" coup√©e. Un orage √©clate, et ce naufrage se transforme en une odyss√©e de plus en plus atroce o√Ļ se succ√®dent sc√®nes de meurtres, suicide, folie et cannibalisme. Le moment culminant choisi par G√©ricault dans cette d√©rive qui durera treize jours, est celui o√Ļ les naufrag√©s voient au loin le navire qui vient les sauver, le brick Argus. G√©ricault peint cet instant intens√©ment dramatique, "entre salut et perdition", o√Ļ les hommes encore valides se l√®vent tant bien que mal pour faire signe au navire qui point, √† peine visible, √† l'horizon.

Le peintre a trouv√© son inspiration, il veut √©mouvoir le public. Soucieux d'ancrer son Ňďuvre dans la r√©alit√©, il prend connaissance du r√©cit de deux survivants: Alexandre Corr√©ard, l'ing√©nieur g√©ographe de la M√©duse, et Henri Savigny, le chirurgien du bord. Il fera construire une maquette grandeur nature du bateau dans son atelier et demandera aux sept rescap√©s du naufrage de venir poser pour lui. Il ira m√™me jusqu'√† exposer dans son atelier des restes humains. Gr√Ęce √† l'entremise d'un ami m√©decin √† l'h√īpital de Beaujon, proche de son atelier, G√©ricault pourra obtenir des bras et pieds amput√©s, afin de les √©tudier. De m√™me, il dessinera plusieurs fois une t√™te d√©capit√©e, obtenue √† Bic√™tre, o√Ļ se trouvait une institution qui √©tait tout √† la fois hospice, prison et asile d'ali√©n√©s. Selon Charles Cl√©ment, son biographe, une puanteur √©touffante r√©gnait parfois dans son atelier de la rue du Faubourg-du-Roule. G√©ricault travaillera avec acharnement, pendant une ann√©e enti√®re, √† une Ňďuvre de cinq m√®tres sur sept qui est, selon l'expression de Michel Schneider, "une le√ßon d'architecture autant qu'une le√ßon d'anatomie".

Tombeau de Th√©odore G√©ricault (1791-1824), r√©alis√© par Antoine Etex en 1839-1840 ‚ÄĒ soit quinze ans apr√®s la mort du peintre ‚ÄĒ et financ√© par son fils naturel, Hippolyte Georges G√©ricault.

Le Radeau de la M√©duse sera pr√©sent√© au mus√©e du Louvre en 1819. Le peintre s'attend √† une apoth√©ose, tant il s'est donn√© de mal pour parfaire son chef-d'Ňďuvre. Mais lors de l'accrochage, une erreur fait que le tableau sera plac√© beaucoup trop haut, √† c√īt√© d'Ňďuvres immenses qui vont compl√®tement l'√©craser. G√©ricault voit le drame se d√©rouler devant ses yeux. On se moque de cette Ňďuvre qui fustigeait, √† travers le commandant de la M√©duse, Louis XVIII et tous les royalistes. √Čreint√© par la critique, G√©ricault quitte Paris pour l'Angleterre. D‚Äôavril 1820 √† novembre 1821, il voyage en Angleterre, et d√©couvre √† la fois les grands paysagistes anglais, dont Constable et Turner, et les courses de chevaux, ce fut derechef toute une nouvelle s√©rie d'oeuvres inspir√©e par "la plus grande conqu√™te de l'homme" dont, entre autres, le c√©l√®bre Derby d‚ÄôEpsom (mus√©e du Louvre). Le th√®me du cheval, est un sujet central de son Ňďuvre du d√©but et surtout vers la fin de sa vie. L‚Äôanimal devient en effet le centre de sa mythologie personnelle, le messager des m√©ditations du peintre sur la passion, la souffrance et la mort. L'histoire √©questre de G√©ricault a √©t√© racont√©e en d√©tail par Bartabas dans son film Mazeppa (1993).

En d√©cembre 1821, le peintre revient √† Paris, tombe malade et ne se d√©barrasse pas de son √©tat que Baudelaire d√©crira si bien : son spleen (ennui de la vie). Il commencera d√®s lors √† peindre une s√©rie de peintures sur le th√®me de la folie. Il explore cet univers et son ami m√©decin-chef de la Salp√™tri√®re et pionnier en √©tudes psychiatriques, √Čtienne-Jean Georget, va lui proposer de peindre les portraits de dix malades pour am√©liorer son √©tat. Chacune repr√©sente le d√©sarroi total, comme celui de L'ali√©n√© avec monomanie du commandement militaire qui montre un homme (probablement un "demi-solde", ancien soldat de l'√©pop√©e napol√©onienne, mis √† pied par la monarchie restaur√©e), obs√©d√© par la gloire perdue, habill√© au quotidien comme un militaire, r√©v√©lant ainsi l'obsession et le d√©sespoir absolu.

Outre ses peintures à l’huile, Géricault réalise également des lithographies, des sculptures, rares mais remarquables, et des centaines de dessins. Il meurt le 26 janvier 1824, affaibli par une tuberculose chronique. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Une statue de bronze ainsi qu'un bas-relief représentant Le Radeau de la Méduse, tous deux signés Antoine Etex, ornent sa sépulture.

Peintures

Sculptures

Une statue de bronze d'Antoine Etex orne la tombe de Théodore Géricault au cimetière du Père-Lachaise.
  • Cheval √©corch√©
  • Cheval arr√™t√© par un homme
  • Nymphe et Satyre
  • BŇďuf terrass√© par un tigre
  • N√®gre brutalisant une femme
  • Statue √©questre de l'empereur Alexandre
  • Lion au repos
  • Cavalier Antique
  • Ecorch√©

Références

Essais

  • Aim√©-Azam, Denise, La Passion de G√©ricault, Paris, 1970.
  • Aldaheff, Albert, The Raft of the "Medusa". Munich, Berlin, Londres, New York, Prestel, 2002.
  • Gilles Buisson, G√©ricault, de Mortain √† Paris ; le conventionnel Bonnesoeur-Bourgini√®re, oncle de G√©ricault, pr√©face de Denise Aim√©-Azam, 18 p., OCEP, Coutances, 1986 ISBN 2-7134-0010-4(BR) : 30 F
  • Gilles Buisson, Le duc de Tr√©vise, passionn√© de G√©ricault √† Mortain en 1924, Revue de l'Avranchin et du pays de Granvillen, tome LXVIII, n¬į 348, septembre 1991, n¬į 463-495, et n¬į 449, d√©cembre 1991, p. 541-576
  • Gilles Buisson, Troubles psychopathologiques dans la famille mortainaise de G√©ricault, La M√©duse, feuille d'information de l'Association des amis de G√©ricalut, n¬į 12, d√©cemnre 2003
  • Chenique, Bruno, "G√©ricault, une vie et Lettres et documents", I:261-308 in G√©ricault, catalogue d'exposition √©dit√© par R√©gis Michel, 2 vol. Paris, 1991-1992.
  • Clay, Jean, Le romantisme. Hachette R√©alit√©s, 1980.
  • Cl√©ment, Charles, G√©ricault, √©tde critique et biographique. Paris, 1879.
  • Eitner, Lorenz, G√©ricaul, catalogue d'exposition. Los Angeles County Museum of Art, 1971.
  • Rosenthal, L√©on, Du Romantisme au R√©alisme. Paris, r√©√©dition Macula, 1987.
  • Schneider, Michel, Un r√™ve de pierre: Le Radeau de la M√©duse. G√©ricault. Paris, Gallimard, NRF, 1991.


Roman

Voir aussi

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Liens externes


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