The Who

ÔĽŅ
The Who
Page d'aide sur l'homonymie Pour l'article sur le World Health Organisation (WHO), voir l‚Äôarticle Organisation mondiale de la sant√©.
The Who
The Who en 1975
Les Who en concert en 1975.
De gauche √† droite : Roger Daltrey, John Entwistle, Keith Moon et Pete Townshend.

Surnom The High Numbers
Pays d‚Äôorigine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Art rock
Hard rock
Rock 'n' roll
Rock psychédélique
Acid rock
Power pop
Ann√©es d'activit√© de 1964 √† 1983,
en 1985, 1988 et 1989,
depuis 1996
Labels Decca
MCA
Polydor
Track
Warner Bros.
Site officiel www.thewho.com

Membres Roger Daltrey
Pete Townshend
Anciens membres John Entwistle (‚Ć)
Keith Moon (†)
Kenney Jones
Entourage Bill Curbishley
Kit Lambert
Peter Meaden
Chris Stamp
Shel Talmy

Logo des Who

The Who est un groupe de rock britannique créé à Londres en 1964. Dans sa forme la plus connue et la plus durable, il a été composé du chanteur Roger Daltrey, du guitariste Pete Townshend, du bassiste John Entwistle et du batteur Keith Moon.

Pratiquant au d√©part un rock 'n' roll explosif, d√©sign√© sous le terme de ¬ę maximum R&B ¬Ľ et pr√©curseur (apr√®s les Kinks de la premi√®re p√©riode) du mouvement punk, le groupe connut de nombreux autres styles conform√©ment √† l'air du temps : concept album (The Who Sell Out), psych√©d√©lique aux paroles d√©cal√©es (A Quick One, While He's Away), op√©ra rock (Tommy), boucles de synth√©tiseurs (Who's Next). Devenus l'un des symboles des ann√©es 1960, les Who ont influenc√© la musique rock dans son ensemble ; on leur doit, entre autres, les chansons My Generation, Substitute, Behind Blue Eyes et Won't Get Fooled Again et des albums consacr√©s par le public.

Durant les douze premi√®res ann√©es de leur carri√®re discographique ‚ÄĒ de 1965 √† 1978 ‚ÄĒ, ils ont publi√© neuf albums et pr√®s d'une quinzaine de singles originaux[1], jusqu'√† la mort du batteur Keith Moon. Apr√®s celle-ci, le groupe publie encore deux albums avec le batteur Kenney Jones avant de se s√©parer en 1983. Les Who se r√©unissent de temps √† autre √† la fin des ann√©es 1980, puis en 1996 pour ne plus se s√©parer, malgr√© la mort du bassiste John Entwistle en 2002. Depuis lors, Pete Townshend et Roger Daltrey continuent en duo, accompagn√©s de musiciens comme Pino Palladino (basse) et Zak Starkey (batterie).

Sommaire

Membres du groupe

Pour plus d'informations sur la biographie des membres du groupe, leur collaboration à d'autres projets et leur production solo, il faut se référer aux articles détaillés les concernant.

Membres additionnels

Voici les autres musiciens ayant joué avec le groupe, en studio et/ou sur scène.

Histoire du groupe

1961 √† 1964 : la formation et les d√©buts

Un des logos du groupe.

La pr√©histoire des Who commence en 1961, lorsque Pete Townshend entre au coll√®ge d'art d'Ealing, o√Ļ il cr√©e avec son ami John Entwistle un groupe de jazz dixieland, The Confederates. Pete y tient le banjo, dont il joue, en plus de la guitare, depuis l'√Ęge de douze ans, tandis que John, plus √©duqu√© musicalement, joue du cor d'harmonie. Ils jouent tous les deux par la suite dans The Aristocrats et dans The Scorpions. Impressionn√© par la ma√ģtrise instrumentale de John Entwistle, Roger Daltrey, √©tudiant et ouvrier m√©tallurgiste, invite ce dernier √† rejoindre son groupe de skiffle, The Detours, dont il est le guitariste solo. Peu apr√®s les d√©buts du groupe, Entwistle engage son ami Pete Townshend √† la guitare. Le groupe compte trois autres membres : Gabby Connolly, chanteur occasionnel de country ; Colin Dawson, vocaliste dans la veine de Cliff Richard ; et Doug Sandom, batteur.

Un soir, le jeune groupe fait la premi√®re partie de Johnny Kidd and the Pirates. Ce dernier combo est form√© d'un power trio associ√© √† un chanteur. The Detours prend le parti d'opter pour la m√™me formation. Daltrey devient seul chanteur apr√®s l'√©viction de Connolly et de Dawson. Au bout d'un certain temps, Doug Sandom quitte le groupe √† son tour (il est √Ęg√© de trente-cinq ans alors que ses acolytes n'ont pas encore atteint la vingtaine).

Les futurs Who se consacrent au rhythm and blues. Ils sont ensuite rejoints en 1964 par le batteur Keith Moon, qui est alors √Ęg√© de 17 ans. Pete Townshend a racont√© la fa√ßon dont Keith Moon a rejoint les Who :

¬ę Il est venu √† un de nos concerts, et a dit : ¬ę Je peux jouer mieux que votre batteur ! ¬Ľ Il s'installa alors derri√®re la batterie et la d√©truisit presque compl√®tement. Nous nous sommes dit imm√©diatement : ¬ę C'est l'homme qu'il nous faut ! ¬Ľ[2]. ¬Ľ

La formation historique est ainsi constituée, et le groupe est rebaptisé The Who. La raison de ce changement de nom provient du fait que John Enstwisle avait entendu parler d'un groupe américain appelé The Detours et qui venait de sortir un disque[3]. Fin 1964, le groupe est brièvement rebaptisé The High Numbers sous l'influence du manager Peter Meaden qui eut l'idée de les associer au mouvement Mods (High Numbers signifie approximativement "classieux" ou "stylé" dans l'argot mod). On y trouvait Pete Townshend à la guitare, Roger Daltrey au chant, John Entwistle à la basse, et enfin Keith Moon à la batterie.

Peter Meaden leur fait enregistrer leur premier 45 tours, I'm The Face / Zoot Suit. Ce single passe totalement inaper√ßu, √† tel point que la grand-m√®re de John Enstwisle en ach√®te vingt pour soutenir son petit-fils[r√©f. n√©cessaire].

Deux cin√©astes, Kit Lambert et Chris Stamp, rep√®rent les High Numbers : ils veulent faire un film sur un groupe en difficult√© et arrivant √† s'en sortir. Meaden est remerci√© et remplac√© par Lambert et Stamp, et le groupe reprend le nom de The Who.

√Ä cette √©poque, les Who sont associ√©s au mouvement mod, ceci alors qu'ils n'en ont jamais vraiment fait partie[r√©f. n√©cessaire]. V√™tus de mani√®re sophistiqu√©e comme les mods, ils pratiquent une musique qui fait le lien entre la musique noire, tr√®s pris√©e de ces derniers, et le rock and roll de leurs ennemis les rockers. Townshend raconte que de la fen√™tre d'un h√ītel, il a vu un groupe de mods coincer deux rockers et leur jeter des bouteilles ; ¬ę Je me suis senti soudain une sorte de pouvoir. Je me suis dit : ¬ę Ce sont ces gens-l√† qui viennent √©couter notre musique ? ¬Ľ ¬Ľ[r√©f. n√©cessaire].

1965 √† 1968 : un groupe √† singles

Représentation du groupe en 1966 (d'après une photographie présente dans la pochette de l'album A Quick One)

Pete Townshend s'installe rapidement comme le personnage central du groupe : ses talents de compositeur et de parolier assurent au groupe ses grands succ√®s, et cela tout au long de sa carri√®re. La plume de Townshend est pourtant tr√®s introspective : la voix de Roger Daltrey permet de diffuser ses propres sentiments et angoisses. Seul John Entwistle peut rivaliser en termes d'√©criture avec le guitariste. Adepte du cynisme et de l'humour noir, le bassiste √©crit et compose une vingtaine de morceaux pour le groupe, qu'il chante lui-m√™me pour la plupart.

C'est en 1965 que les Who d√©crochent leur premier hit avec I Can't Explain, une chanson √† propos de la difficult√© de communiquer de Townshend. Le guitariste a √©crit cette chanson, dans un style proche des compositions qu'enregistrent les Kinks, dans l'espoir de convaincre leur producteur, Shel Talmy. Le titre pla√ģt √† Talmy, qui les fait signer avec sa maison de production. Sorti en janvier 1965, le disque ne marche pas jusqu'√† ce que le groupe fasse une apparition dans le show t√©l√©vis√© Ready Steady Go!, √©mission qui aide √† lancer les Who ; ils lui rendent hommage en 1966 √† travers leur EP Ready Steady Who![4]. Apr√®s ce premier succ√®s, les Who sortent rapidement l'arrogant Anyway, Anyhow, Anywhere, morceau plus pop compos√© par Daltrey et Townshend (cas unique). Les Who deviennent ainsi le porte-parole du mouvement mod, √©voquant l'inconfort moral des adolescents que les institutions n√©gligent pudiquement.[r√©f. n√©cessaire]

La m√™me ann√©e sort, produit par Shel Talmy, My Generation, le premier album du groupe qui contient de nombreux singles, tels le morceau √©ponyme o√Ļ Townshend clame, par la voix de Daltrey, qu'il esp√®re ¬ę mourir avant d'√™tre vieux ¬Ľ (¬ę I hope I die before I get old ¬Ľ). Certains y voient l'origine du mouvement punk. Mais les paroles ne sont pas le seul int√©r√™t du morceau : le guitariste y fait √©galement l'une des premi√®res utilisations enregistr√©es du feedback et un duo avec Entwistle qui contient des lignes de basse d'une virtuosit√© jamais entendue √† l'√©poque, avec notamment des solos de basse[r√©f. n√©cessaire].

En 1966 sort le single Substitute, qui est censur√© √† la radio √† cause de passages comme ¬ę I look all white but my dad was black ¬Ľ (¬ę j'ai l'air tout blanc mais mon p√®re √©tait noir ¬Ľ). Aux √Čtats-Unis, Townshend doit remplacer ce vers par ¬ę I try to move forward but my feet back (¬ę j'essaye d'avancer mais mes pieds reculent ¬Ľ).

Malgr√© le succ√®s des productions de Shel Talmy (I Can't Explain, Anyway, Anyhow, Anywhere et My Generation), les managers du groupe, Kit Lambert et Chris Stamp, jugent le contrat liant les Who √† Talmy trop peu avantageux (I Can't Explain s'est vendu √† cent quatre mille exemplaires et chaque membre du groupe a obtenu 250¬£)[r√©f. n√©cessaire]. Ils s'en d√©lient et signent chez Reaction Records, une branche du groupe Polydor. Apr√®s un proc√®s engag√© et gagn√© par Talmy, le groupe lui verse des royalties jusqu'√† la sortie de Tommy en 1969[5].

Townshend veut aller plus loin : √† l'image des Beatles, il veut exp√©rimenter davantage dans sa musique tout en cherchant √† assurer aux albums une certaine de coh√©rence interne. En 1966, le groupe sort l'album A Quick One ; sa chanson √©ponyme comporte plusieurs parties distinctes, dans une mani√®re qui annonce d√©j√† le style ¬ę mini-op√©ra rock ¬Ľ. Paul McCartney en sera influenc√© pour Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (The Who par Christophe Delbrouck)[r√©f. insuffisante].

En 1967 sort le single I Can See for Miles, 45 tours le plus vendu de leur histoire[r√©f. n√©cessaire]. Il est introduit dans le troisi√®me album des Who, The Who Sell Out (¬ę Les Who se vendent ¬Ľ), concept-album qui se pr√©sente sous la forme d'une √©mission de radio, avec jingles et publicit√©s parodiques compos√©es et interpr√©t√©es par le groupe.

En 1968, les Who participent au Rock and Roll Circus avec les Rolling Stones, John Lennon, Eric Clapton et plusieurs autres. Ils y jouent A Quick One While He's Away. La m√™me ann√©e sort le tr√®s populaire Magic Bus, single √©crit deux ans plus t√īt.

1969 √† 1973 : les op√©ras-rock

√Ä la fin des ann√©es 1960, la popularit√© du groupe grandit ; les plateaux de t√©l√©vision et les concerts se multiplient. Les Who sont r√©put√©s pour √™tre l'un des meilleurs groupes de sc√®ne. Leur √©nergie et leur f√©rocit√© (Townshend d√©truit sa guitare, Moon d√©monte sa batterie, Daltrey balance son micro) en font une attraction majeure dans le milieu du rock.

En septembre 1968, Pete Townshend donne une interview au magazine Rolling Stone[6], annon√ßant son intention de sortir un v√©ritable op√©ra-rock. Il tient parole l'ann√©e suivante avec Tommy, qui, s'il n'est pas le premier ‚ÄĒ cet honneur revient aux Pretty Things avec S.F. Sorrow ‚ÄĒ , reste l'op√©ra-rock le plus c√©l√®bre √† ce jour. M√©taphore des difficult√©s de l'enfance de Townshend, Tommy raconte l'histoire d'un jeune enfant sourd, muet et aveugle √† cause d'un secret qu'il ne doit avouer √† personne : le meurtre de son beau-p√®re par son p√®re biologique, revenu de la guerre alors qu'on le croyait mort. √Ä sa sortie, en mai 1969, Tommy est re√ßu avec enthousiasme par les fans mais avec plus de scepticisme par les non-initi√©s[r√©f. n√©cessaire]. N√©anmoins, gr√Ęce √† ses hits comme Pinball Wizard ou Amazing Journey, l'album-concept √©largit son public. Samedi le 16 ao√Ľt 1969, ils livrent une performance m√©morable au festival Woodstock. En avril 1970, les Who pr√©sentent Tommy dans sa totalit√© sur sc√®ne au New York Metropolitan Opera House. La version th√©√Ętrale de l'Ňďuvre, lanc√©e par Lou Reizner, est jou√©e en d√©cembre 1971 au Rainbow Theatre de Londres. Une version l√©g√®rement diff√©rente de ces concerts enregistr√©e avec la participation de Ringo Starr, Peter Sellers et l'orchestre symphonique de Londres, sort chez Ode Records en 1972[7]. Au final, Tommy propulse le groupe au rang de superstars dans le monde entier[r√©f. n√©cessaire], encourageant Townshend √† se lancer dans un projet plus ambitieux encore.

C'est dans cette perspective que Pete Townshend √©crit et compose la chanson Pure and Easy, qui doit √™tre le ¬ę pivot central ¬Ľ du nouveau projet des Who : Lifehouse, un concept assez obscur d'¬ę album-concert-show radiophonique ¬Ľ bas√© sur une collaboration active entre les Who et leur public. L'histoire est situ√©e dans un avenir o√Ļ seul le rock peut sauver le monde. Mais le concept est trop ambitieux et √©choue √† mi-chemin. Les Who ont n√©anmoins enregistr√© suffisamment de morceaux pour sortir un album, Who's Next, qui remporte un √©norme succ√®s. Fond√© en grande partie sur l'utilisation de la derni√®re invention en date en mati√®re d'instruments de musique, le synth√©tiseur, Who's Next est le premier album rock √† contenir des pistes √©lectroniques pr√©programm√©es qui, contre toute attente, s'int√®grent parfaitement bien √† la musique des Who. On y retrouve les tubes Baba O'Riley, Behind Blue Eyes et Won't Get Fooled Again. Cet album surpasse Tommy en succ√®s et, de l'avis de la critique, en richesse et inventivit√©[8].

Avec l'album suivant, Quadrophenia, en 1973, les Who reviennent √† l'op√©ra-rock. Ce double album raconte les tribulations d'un jeune Mod, Jimmy, souffrant d'un quadruplement de personnalit√© (d'o√Ļ le titre). Chacune de ses personnalit√©s correspond √† un membre du groupe et √† un th√®me musical. L'histoire de Jimmy s'inscrit dans le cadre des tensions entre mods et rockers dans l'Angleterre du d√©but des ann√©es 1960. L'album, si son succ√®s commercial est inf√©rieur √† celui de Tommy, est pourtant plus riche musicalement, avec des claviers et des guitares qui s'interp√©n√®trent parfaitement.[non neutre]

La m√™me ann√©e, des m√©sententes s√©rieuses entre Pete Townshend, Kit Lambert et Chris Stamp entra√ģnent le remplacement des deux managers par leur assistant, Bill Curbishley.

1974-1982 : l'errance

Keith Moon en 1975.

Apr√®s Odds and Sods, une compilation de faces B, choisies par John Enstwisle (The Who par Christophe Delbrouck)[r√©f. insuffisante], sorti en 1974, les Who enregistrent en 1975 un nouvel album, The Who by Numbers. Sans le moindre synth√©tiseur, ce disque est consid√©r√© comme le plus ¬ę sombre ¬Ľ et le plus personnel de Pete Townshend. Selon les mots d'un journaliste, Townshend, alors en pleine d√©pression, malmen√© par sa consommation de drogues et d'alcool, livre avec ce disque une v√©ritable ¬ę lettre de suicide ¬Ľ[9]. Peu appr√©ci√© de la critique, il se classe tout de m√™me 7e dans les meilleures ventes d'albums au Royaume-Uni[10].

Le cinéaste anglais Ken Russell réalise en 1975 le film Tommy, basé sur les chansons de l'album éponyme et constituant une mise en scène de l'opéra-rock imaginé par les Who. Tina Turner, Eric Clapton et Elton John y apparaissent. Daltrey joue le héros, et Keith Moon l'oncle Ernie.

Roger Daltrey et Pete Townshend en 1976.

Malgr√© l'√©chec de The Who by Numbers, les Who rejoignent le studio en 1978 pour enregistrer Who Are You, album plut√īt exp√©rimental comprenant autant de claviers que de guitares. Ce disque est pourtant une exploration sonore qui revient √† un son plus gai et montre un regain d'int√©r√™t du groupe pour la musique.[r√©f. n√©cessaire] Mais les Who sont coup√©s net dans leur √©lan par la mort subite de Keith Moon, le 7 septembre 1978, d'une surdose du m√©dicament qu'il prenait pour traiter son alcoolisme.

La seule actualit√© des Who les ann√©es suivantes est cin√©matographique : en 1979 sort un documentaire sur eux, The Kids Are Alright, dont la bande sonore est plus tard disponible sur disque, et ils produisent la m√™me ann√©e une version film√©e de Quadrophenia, dans laquelle figure notamment le chanteur Sting. Contrairement √† Tommy o√Ļ les acteurs chantent, et o√Ļ les musiciens eux-m√™mes jouent certains morceaux, ce film utilise des dialogues traditionnels, et reprend l'album pour sa bande originale (avec quelques titres in√©dits).

En 1981 sort Face Dances, suivi l'ann√©e suivante par It's Hard. Ces deux albums au son tr√®s pop sont bien accueillis par la presse, mais moins par le public qui les boude. Townshend se sent de plus en plus mal √† l'aise au sein du groupe, prend de plus en plus de drogue et finit par craquer et dissoudre les Who en 1982, interrompant une s√©ance d'enregistrement pour expliquer aux autres musiciens qu'il ¬ę ne peut plus √©crire pour les Who ¬Ľ[r√©f. n√©cessaire].

Depuis 1983 : r√©unions plus ou moins ponctuelles

Pete Townshend et Roger Daltrey à Leeds en 2006
Daltrey et Townshend en concert en 2005

Pendant pr√®s de vingt-cinq ans, les Who ne sortent aucun album studio. Chacun se consacre d'abord √† sa carri√®re solo, dont celle de Pete Townshend se r√©v√®le la plus ambitieuse. Le leader guitariste est ainsi le seul √† reprendre sur sc√®ne avec le groupe quelques titres issus de ses propres disques.[r√©f. n√©cessaire]

En 2002, John Entwistle meurt suite √† une surdose de coca√Įne.

En 2006 et bien que Pete Townshend ait annonc√© qu'¬ę il n'y a pas une chance sur un million que les Who refassent un album studio ¬Ľ[11], un nouvel album studio est enregistr√©, baptis√© Endless Wire. Il comprend entre autres un mini-op√©ra de onze minutes. Il est largement salu√© par la critique[12]. Bien que plus introspectif et apais√© que leurs Ňďuvres pass√©es, ce disque tr√®s attendu motive avant m√™me sa sortie une gigantesque tourn√©e salu√©e comme le retour au son des ann√©es Who's Next.

L'actualit√© du groupe est √©galement cin√©matographique. Roger Daltrey d√©veloppe actuellement avec Donald Margulies un long m√©trage (pr√©vu pour 2012) qui raconte la vie de Keith Moon. Ce film devrait s'intituler See Me Feel Me: Keith Moon Naked For Your Pleasure[13]. Mike Myers est pressenti dans le r√īle du batteur, et Nicolas Cage, fan de longue date, ou Tim Roth pourraient bien incarner Pete Townshend.

Empreinte idéologique et spirituelle

Meher Baba, par Lyn Ott

Pete Townshend √©tait d'un naturel timide et col√©rique. Il fut le porte-parole de la jeunesse r√©volt√©e du milieu des ann√©es 1960. Keith Moon a d√©clar√© :

¬ę √ätre en col√®re dans le monde des adultes n'est pas donn√© √† tout le monde. Pas √† moi, ni √† John [Entwistle]. Seulement √† moiti√© pour Roger [Daltrey] mais enti√®rement pour Pete [Townshend][14]. ¬Ľ

Le guru de Townshend, Meher Baba, se fait de plus en plus influent sur lui à partir de Tommy, à qui il est dédié. Townshend est alors en quête de spiritualité. Il n'est d'ailleurs pas rare, à cette époque, de retrouver Pete Townshend dans des émissions religieuses à la télévision[15]. En 1970, dans le magazine Rolling Stone, il écrit même un article sur son mentor, In Love With Meher Baba[16].

Meher Baba est, avec Inayat Khan, mystique soufi musicien, une des sources d'inspiration du projet Lifehouse[17].

En concert

Caractéristiques scéniques

Pete Townshend, en 1976, utilisant la technique dite du ¬ę windmill ¬Ľ.

Roger Daltrey a expliqu√© que sur sc√®ne √©tait n√© un concours entre les musiciens ; gagnerait celui qui se ferait le plus remarquer, d'o√Ļ leur √©nergie et leur jeu de sc√®ne exceptionnel[18]. Le chanteur, avec sa voix puissante, est souvent v√™tu lors des concerts (surtout vers 1970) d'une veste √† franges ouverte laissant appara√ģtre son torse muscl√©. Son jeu consiste √† lancer son microphone en l'air et √† le faire tournoyer pour le rattraper au dernier moment.

Pete Townshend, pourtant tr√®s timide hors de la sc√®ne, rentre dans ses concerts dans ce qu'il d√©crit lui-m√™me comme un √©tat second, bondissant avec sa guitare √† travers le plateau, fracassant sa guitare au sol[6] et sur les amplis √† la fin des concerts et n'h√©sitant pas √† agresser √† coups d'instrument tout imprudent qui tenterait d'interrompre le spectacle (Abbie Hoffman en fait les frais lors du festival de Woodstock). Townshend se fait conna√ģtre pour son style sc√©nique excentrique, introduisant souvent dans les morceaux jou√©s des solos assourdissants, balan√ßant sa guitare dans la foule et faisant de grands moulinets de son bras droit (technique dite du ¬ę windmill ¬Ľ, en fran√ßais le ¬ę moulin √† vent ¬Ľ). On ne sait pas vraiment qui a invent√© cette technique de jeu des accords. En 1963, alors que The Detours font la premi√®re partie des Rolling Stones, Pete dit avoir alors vu Keith Richards balancer son bras au-dessus de la guitare. S'en inspirant, il d√©veloppe et adopte le ¬ę windmill ¬Ľ[19]. Le jeu de Pete Townshend n'est pas r√©ellement d'une haute technicit√©, notamment dans les solos o√Ļ il reste en dessous de certains guitaristes de l'√©poque comme Jimi Hendrix ou Jimmy Page, par contre son utilisation tr√®s personnelle du jeu en power chords qu'il alterne souvent √† un jeu en arp√®ge en fait un guitariste tr√®s int√©ressant au point de vue rythmique, faisant preuve d'une √©nergie et d'une puissance peu commune.

Le son des Who en concert est particuli√®rement puissant : en 1976, un concert au Charlton Athletic Football Ground est homologu√© par le livre Guinness des records comme le plus ¬ę fort ¬Ľ concert de tous les temps (126 d√©cibels, soit 6 d√©cibels de plus que le seuil de tol√©rance de l'oreille humaine et autant de bruit qu'un avion au d√©collage √† 300 m√®tres). Le groupe conserve ce titre pendant pr√®s de dix ans[20].

Le jeu du batteur Keith Moon est √©galement peu conventionnel. En tapant violemment sur ses f√Ľts, en multipliant les breaks, ses batteries survivent rarement √† un concert, et doivent souvent √™tre arrim√©es au sol pour ne pas se d√©placer sous ses coups. Sur la plupart des morceaux des Who de la grande √©poque, Keith Moon semble faire un solo constant. Pour une √©mission de t√©l√©vision, il installe dans sa batterie des explosifs qu'il fit exploser √† la fin de My Generation, ce qui, selon la l√©gende, laisse √† son partenaire Pete Townshend un trouble auditif permanent. Son attitude sur sc√®ne lui vaut le surnom de ¬ę Moon the Loon ¬Ľ (traduction approximative : ¬ę Moon le barjot ¬Ľ).

Par contraste, John Entwistle d√©veloppe un jeu de doigts tr√®s rapide (on le surnomme √† ce titre ¬ę Thunderfingers ¬Ľ) et reste absolument immobile et impassible sur sc√®ne. Il ne se contente pas de doubler √† l'octave le jeu du guitariste, mais sa ligne de basse totalement libre pouvait s'apparenter au jeu d'un deuxi√®me guitariste tant il joue solo. Par ailleurs, le mur de son qu'il cr√©e permettait de faire tenir debout tout le groupe en concert, tout l'√©difice musical, lorsque Keith Moon ou Pete Towshend, ensemble ou s√©par√©ment, partent litt√©ralement ¬ę en vrille ¬Ľ. Il est le contre-point parfait de Pete Townshend, jouant m√™me en lead quand le guitariste est en accords. John Entwistle a √©norm√©ment fait √©voluer le r√īle du bassiste dans un groupe de rock. Il est aujourd'hui l'influence de beaucoup de bassistes rock et est consid√©r√© comme le plus grand bassiste de tous les temps dans son domaine. Il a par ailleurs √©t√© √©lu ¬ę bassiste du mill√©naire ¬Ľ[21].

√Čvolution

Formation et premières scènes

Chacun des membres du groupe a eu un ou plusieurs groupes avant de jouer au sein des Who. Pete Townshend et John Entwistle ont d’abord joué dans The Confederates, dans The Aristocrats et The Scorpions. Roger Daltrey, quant à lui, était le guitariste de The Detours.

The Who prend sa forme d√©finitive en 1964, avec Roger Daltrey au chant, Pete Townshend √† la guitare, John Entwistle √† la basse et Keith Moon √† la batterie. Le groupe, tr√®s orient√© Rhythm and Blues, impressionne d√©j√† sur sc√®ne par une tr√®s bonne ma√ģtrise technique. Le style tr√®s personnel qu‚Äôavait Keith Moon de jouer et les moulinets de bras de Pete Townshend contribuent au succ√®s des premiers concerts.

D√®s les d√©buts du groupe, les concerts rev√™tent une importance essentielle pour le groupe : les Who jouent de mani√®re tr√®s √©nergique, √† un volume sonore jamais vu √† l'√©poque, et Pete Townshend d√©truit syst√©matiquement sa guitare et une partie du mat√©riel √† la fin du concert (ce qui n'est pas sans entra√ģner quelques probl√®mes d'argent). Townshend racontera par la suite que cette propension √† d√©truire ses guitares, fut √† l'origine accidentelle. Lors d'un concert du groupe, √† leurs d√©buts dans une salle au plafond particuli√®rement bas, Pete Townshend √† force de gesticuler, heurte le plafond et casse le manche de sa guitare. Ne sachant plus quoi faire et √©nerv√©, il brise ce qui lui reste de la guitare. Il est stup√©fait de constater qu'au lieu de se moquer de sa m√©saventure et de le huer, le public l'applaudit et en redemande. Chris Stamp et Kit Lambert, voyant l'effet du public, vont le pousser d√®s lors √† r√©√©diter un maximum de fois la performance sur sc√®ne.

Cette √©nergie les fera rapidement conna√ģtre en tant que groupe de sc√®ne dans une Angleterre dont les groupes de rock sont encore assez propres sur eux, au moins en apparence.

L’apogée

À la fin des années 1960, les Who livrent des prestations littéralement explosives. Les destructions d'instruments sur scènes se font très fréquentes, et Townshend s'amuse à martyriser ses guitares et les oreilles des spectateurs, notamment en jouant sur le larsen. Leur passage au Festival international de musique pop de Monterey en juin 1967, dans lequel s'est également produit Jimi Hendrix, marque les esprits (voir l’anecdote à ce sujet). On retiendra notamment une très bonne interprétation de My Generation.

L‚Äôalbum Tommy, grand succ√®s de 1969[10], est par la suite souvent jou√© sur sc√®ne dans sa quasi-int√©gralit√©, notamment au festival de Woodstock (o√Ļ Townshend agressa √† coups de guitare Abbie Hoffman, activiste politique qui tentait d'interrompre la performance pour prononcer un discours[22]). Leur performance, diffus√©e dans Woodstock, 3 Days of Peace & Music, finit de les propulser au rang de superstars aux √Čtats-Unis.

Les Who participent en 1969 et en 1970 au Festival de l'√ģle de Wight, devant un parterre estim√© √† 600 000 personnes.

Apr√®s cette tourn√©e mondiale de promotion de l‚Äôalbum Tommy[23], les Who rentrent en Angleterre √† la fin de l‚Äôann√©e 1969, avec le d√©sir de commercialiser un des lives film√©s de la tourn√©e. La tr√®s grande quantit√© des enregistrements et donc les heures d‚Äô√©coutes qui s‚Äôannoncent rebutent le groupe. Ils d√©cident donc de br√Ľler les enregistrements (pour √©viter les bootlegs) et programment deux concerts en 1970 : l‚Äôun √† l‚Äôuniversit√© de Leeds le 14 f√©vrier et l‚Äôautre le jour suivant √† Hull (Yorkshire de l'Est), dans le but de les publier. Des probl√®mes techniques avec la guitare basse √©vincent le concert de Hull. Le live √† l‚ÄôUniversit√© de Leeds (Live at Leeds) paru la m√™me ann√©e est souvent consid√©r√© comme un des meilleurs albums live de tous les temps[24]. Le groupe y interpr√®te des singles, des reprises, des morceaux tir√©s des albums et la quasi-totalit√© de Tommy.

La fin des années 1970

La seconde tourn√©e de promotion de Quadrophenia est loin de se passer aussi bien : en 1974, le groupe ne parvient pas √† jouer par-dessus les bandes d'effets sonores et de sons √©lectroniques enregistr√©s, qui se d√©synchronisent en permanence. Seule la ville de Paris entendra l'int√©gralit√© du show con√ßu par Pete Townshend. Furieux, ce dernier d√©truit tout le mat√©riel de la tourn√©e au cours d'un concert, et revient √† un spectacle plus simple avec les extraits les moins compliqu√©s de l'album. Une anecdote est rest√©e c√©l√®bre : le soir d'un concert de la tourn√©e Quadrophenia, au Cow Palace de San Francisco, le 20 novembre 1973, un fan qui parlait avec Keith Moon lui propose ¬ę une nouvelle drogue ¬Ľ g√©niale quand on en prend un demi-cachet avec un verre de cognac, ce √† quoi Keith Moon r√©pondit ¬ę Attends, tu sais qui je suis ? Je suis Keith Moon ! Je prends pas un demi-cachet, j'en prends un entier, moi ! ¬Ľ, puis s'ex√©cuta. Le concert a √©t√© film√©. On peut voir Keith Moon s'√©crouler sur sa caisse claire en plein milieu d'un morceau : K.O. La ¬ę nouvelle drogue ¬Ľ √©tait en fait un somnif√®re pour chevaux : Keith Moon, hors d'√©tat de jouer, fut remplac√© par un spectateur de la foule. Le batteur mit deux jours √† s'en remettre, durant lesquels, transport√© en chaise roulante et incapable de parler, il dut subir les sarcasmes de Pete Townshend[25].

Le groupe s'éloigne un peu des scènes, préférant travailler sur la version cinéma de Tommy.

Bris√© par la mort de Keith Moon en 1978, le groupe d√©cide malgr√© tout de continuer et embarque le batteur Kenney Jones pour une tourn√©e mondiale qui vise √† prouver que les Who sont toujours vivants. Mais le sort s'acharne sur eux : le 3 d√©cembre 1979, √† Cincinnati (Ohio), une bousculade juste avant un de leurs concerts fait onze morts parmi les spectateurs[26]. Le groupe est horrifi√© : Daltrey s'effondre en larmes dans les coulisses. Rien ne sera plus comme avant pour le groupe. 1982 marque la suspension du groupe, sur l‚Äôinitiative de Pete Townshend. Suit une triomphale tourn√©e d'adieu[27] qui bat des records d'audience, mais le cŇďur n'y est plus depuis longtemps.

Retour sur les routes

Les Who se reforment tout de m√™me √† de nombreuses reprises, notamment pour le Live Aid de 1985. En 1989, le vingti√®me anniversaire de l'op√©ra-rock Tommy motive une tourn√©e √©v√®nement aux √Čtats-Unis avec Simon Phillips derri√®re la batterie[28].

Pete Townshend sur scène lors du Live 8 de 2005

Six ans plus tard, c'est la r√©√©dition de Quadrophenia qui les voit tourner en Am√©rique et en Europe avec de nombreux invit√©s ; Zak Starkey (fils de Ringo Starr et filleul / √©l√®ve de Keith Moon) s'installant d√©sormais derri√®re la batterie. Plusieurs tourn√©es visitent encore les pays anglophones (les Who seront d'ailleurs ¬ę victimes ¬Ľ en 1999 d'une c√©l√®bre escroquerie li√©e √† Internet, la soci√©t√© Pixelon.com pr√©tendant retransmettre sur les √©crans du monde entier l'un de leurs concerts √† Las Vegas[29]).

Quelques lives √©mergent aussi de leurs archives ‚ÄĒ dont le Live at the Isle of Wight Festival 1970, du festival du m√™me nom. Le 27 juin 2002, √† la veille d'une nouvelle tourn√©e, John Entwistle est trouv√© mort dans une chambre d'h√ītel de Las Vegas, victime d'une crise cardiaque. Il aurait apparemment d√©cid√© de f√™ter le retour de son groupe en prenant de la coca√Įne, ce que n'a pas support√© son cŇďur d√©j√† us√© par des ann√©es d'exc√®s. Malgr√© la mort d'Entwistle, les Who reprennent la route en 2002[30] et confirment leur forme retrouv√©e, Roger Daltrey assumant une voix plus ¬ę rocailleuse ¬Ľ mais toujours puissante. Si Pete Townshend a un peu perdu de ses acrobaties sc√©niques, il compense en ponctuant son jeu de solos improvis√©s plus longs et compliqu√©s que dans le pass√©. Pino Palladino remplace John Entwistle dans la quasi-totalit√© des concerts. Le groupe est convi√©, le 2 juillet 2005, au Live 8 de Londres : il y joue Who Are You et Won't Get Fooled Again, avec √† la batterie Steve White (batteur de Paul Weller et fr√®re d'Alan White, ex-membre d'Oasis) et Damon Minchella √† la basse (Pino Palladino √©tant en Am√©rique du Sud en tant que bassiste de Jeff Beck).

En novembre 2006, le groupe propose à Zak Starkey de devenir membre à part entière du groupe[31], mais celui-ci décline l'invitation[32].

Le groupe continue √† donner des tourn√©es internationales (notamment en Am√©rique du Nord) depuis sa derni√®re reformation en 2002. Un concert √† Bercy (Paris) a lieu le 6 juin 2007. Sylvain Siclier, dans son compte-rendu du concert paru dans le journal Le Monde, √©crit :

¬ę Il n'y a pas si longtemps, le groupe √©tait qualifi√© de ¬ę dinosaure du rock ¬Ľ. √Ä Bercy, il avait fi√®re allure[33]. ¬Ľ

Le 7 février 2010, ils ont été choisis pour animer le halftime show du Super Bowl XLIV à Miami.

En avril Pete Towshend annonce sur son blog qu'il écrit un nouvel opéra-rock nommé "Floss" prévus pour 2011.

Anecdotes

  • Outre le fait de d√©truire leurs instruments sur sc√®ne, les Who ont lanc√© la mode du saccage de chambres d'h√ītels. Ces actes leur ont valu d'√™tre interdits d'h√ītels Holiday Inn[34],[19].
  • Le soir de leur passage au Monterey Pop Festival en 1967, pour savoir qui des Who ou du Jimi Hendrix Experience passerait avant l'autre, il fallut tirer √† pile ou face, et les Who gagn√®rent. Hendrix, rageur, jeta un regard noir √† Townshend et dit ¬ę Je vais tout envoyer ! ¬Ľ (¬ę I'm gonna pull out all the stops ¬Ľ)[35]. Les deux prestations, ce soir-l√†, furent m√©morables.
  • Keith Moon √©tait particuli√®rement enthousiaste √† propos du chant. √Ä la fin de la chanson Happy Jack, l'on peut entendre distinctement Pete Townshend crier ¬ę I saw ya ! ¬Ľ (¬ę Je t'ai vu ! ¬Ľ) √† Keith Moon. Ce dernier, √† qui le producteur Kit Lambert avait interdit de rester dans le studio lors de l'enregistrement, faisait l√† une br√®ve incursion[36].

Discographie

Article d√©taill√© : Discographie des Who.

L’héritage musical

Influence

The Who furent l'un des groupes de rock les plus populaires et les plus influents de leur époque. Emblématique de la démarche des musiciens britanniques des années 1960, le groupe illustre comment, en s'inspirant du rock and roll, du blues et du rhythm and blues américains, ils ont progressivement créé un nouveau genre musical qui leur est propre, et dont l'influence s'est étendue au monde entier. Bien qu'aujourd'hui le nom des Who soit moins familier pour le grand public que celui des Beatles ou des Rolling Stones, ils ont laissé une empreinte indélébile et de nombreuses chansons sont encore souvent reprises.

Le style musical des Who, empruntant à la fois au rhythm and blues et rock 'n' roll pur et dur, est précurseur, voire pionnier, du hard rock, à l'instar de groupes comme Led Zeppelin (les deux groupes s'entendaient très bien et il est très facile d'établir un parallèle entre leurs histoires), Deep Purple, AC/DC (cf. la plupart des autres groupes fondés au début des années 1970).

Surnomm√©s ¬ę The Godfathers of Punk ¬Ľ[37] (¬ę les Parrains du Punk ¬Ľ), dans de nombreuses biographies[38] comme dans le film de Spike Lee Summer of Sam, le groupe est connu pour √™tre une des sources du mouvement punk, notamment pour son agressivit√© sur sc√®ne, son arrogance et sa violence. Apr√®s un premier album tr√®s √©nerv√© pour l'√©poque, les Who ont sign√© plusieurs op√©ras rock, qui deviendront √† la fin des ann√©es 1970 le symbole de ce que ces m√™mes punks voudront d√©truire.

Le groupe sera ensuite l'un des pr√©curseurs de l'usage du synth√©tiseur dans le rock, en enregistrant, avec Who Are You et Who's Next, deux albums bas√©s en grande partie sur cet instrument. Cette volont√© permanente de faire progresser leur musique, aussi bien dans l'esprit que dans la technique ‚ÄĒ on peut par exemple mentionner Doctor, Doctor ou une version single de Mary-Anne with the Shaky Hand qui est chant√©e dans un vibrato, ou m√™me l'utilisation r√©p√©t√©e du Cor d'harmonie par John Entwistle ‚ÄĒ explique pour beaucoup l'influence que les Who continuent d'avoir de nos jours sur l'ensemble de la sc√®ne rock.

The Who faisaient par ailleurs partie des groupes les plus spectaculaires de leur temps sur sc√®ne, et ont contribu√© √† red√©finir le principe du concert de rock. Cette d√©bauche d'√©nergie et de puissance sonore ‚ÄĒ les Who ont longtemps √©t√© le groupe le plus bruyant du monde, toutes cat√©gories confondues ‚ÄĒ contraste avec les th√®mes profonds abord√©s par le groupe.

Cette volont√© de mettre l'exp√©rimentation, aussi bien sonore que litt√©raire, √† la port√©e du plus grand nombre, mais sans pour autant faire de concession, est sans doute l'un des points qui r√©unissent quelques-uns des plus grands artistes rock de cette √©poque, tels que les Beatles ou Bob Dylan. Une volont√© qui a permis au rock and roll de cette √©poque de devenir le mouvement musical le plus influent du XXe si√®cle, aussi bien sur le plan artistique que social ou politique.

Reprises

Article d√©taill√© : Liste de reprises des chansons des Who.

On retrouve de nombreux groupes, pour la plupart britanniques et am√©ricains, mimant la musique et le style des Who. Dans ces cover bands, les plus notoires sont The Wholigans, Who's Next USA, BARGAIN, The Relay et The OHM aux √Čtats-Unis et Who's Next UK, Who's Who UK et The Whodlums au Royaume-Uni ainsi que Odd's and sod's au Qu√©bec.

En 2005, la chanteuse et violoniste américaine Petra Haden enregistra, avec les choristes des The Sellouts, une reprise de l'album des Who The Who Sell Out intitulé Petra Haden Sings: The Who Sell Out. Pete Townshend en a fait l'éloge à sa sortie[39].

The Who au cinéma, à la télévision et dans les jeux vidéo

  • Un √©pisode de la s√©rie anim√©e Les Simpson, La bataille des deux Springfield (2001), a √©t√© consacr√© aux Who. Homer Simpson a s√©par√© la ville de Springfield en deux parties. Il fait venir le groupe √† Springfield pour un concert. Roger Daltrey n'accepte de jouer que si Homer d√©truit le mur qui s√©pare la ville. Ce dernier refuse. Finalement, Pete Townshend se charge de d√©truire ce mur en jouant Won't Get Fooled Again √† pleine puissance‚Ķ Dans la version originale de cet √©pisode, Pete Townshend est interpr√©t√© par son jeune fr√®re, Paul Townshend, Pete ayant refus√© de prendre part au jeu des voix[40].
  • Les √©pisodes de la s√©rie That ‚Äô70s Show sont nomm√©s par des titres de chansons de groupes de rock des ann√©es 1970. √Ä partir de la cinqui√®me saison, les √©pisodes d'une m√™me saison sont nomm√©s par des titres issus d'un seul et m√™me groupe : Led Zeppelin pour la cinqui√®me saison, The Who pour la sixi√®me, les Rolling Stones pour la septi√®me et Queen pour la huiti√®me.
  • Les Who sont pass√©s √† l'√©mission am√©ricaine Smothers Brothers Comedy Hour. Ils y jou√®rent My Generation. Durant l'√©mission, tout semble pr√©programm√©, jusqu'√† la destruction de la guitare de Pete, et m√™me l'explosion de la batterie de Keith Moon. Cette derni√®re √©tait une initiative du batteur, qui aurait, selon la l√©gende, rendu Pete Townshend malentendant[41].
  • Un film biographique sur le batteur Keith Moon sortira en 2010 au cin√©ma. Le film est produit par Roger Daltrey.
  • Certaines chansons des Who servent de g√©n√©riques aux s√©ries t√©l√©vis√©es Les Experts et d√©riv√©es :
  • Behind Blue Eyes cl√īt l'√©pisode Dans les bois, dernier √©pisode de la troisi√®me saison de Cold Case. On la retrouve √©galement dans l'√©pisode 18 de la saison 4 de Buffy contre les vampires interpr√©t√©e par Anthony Stewart Head (Rupert Giles). (Le doublage fran√ßais √©tant interpr√©t√© par Michael Jones)
  • On retrouve en outre des chansons des Who dans de nombreux films, parmi lesquels on peut citer Rushmore, Summer of Sam, American Beauty, ...
  • Dans le film Rock academy, en cours des extraits de concerts des Who sont diffus√©s.
  • Dans le film Tenacious D in The Pick of Destiny, Kyle montre √† JB ce qu'est un ¬ę power slide ¬Ľ (glissade sur les genoux) gr√Ęce √† un concert des Who.
  • Dans la s√©rie t√©l√©vis√©e Dr House, Gregory House (incarn√© par Hugh Laurie) mime la chanson Baba O'Riley vers la fin de l'√©pisode 14 de la saison 1 : Changement de direction (Control en anglais)
  • Dans Grand Theft Auto: San Andreas, Eminence Front peut √™tre entendu en √©coutant K-DST.
  • Dans Grand Theft Auto IV, The Seeker peut √™tre entendue en √©coutant Liberty Rock Radio.
  • Dans Guitar Hero III : Legends of Rock, on peut jouer le titre The Seeker.
  • Dans Rock Band, on peut jouer le titre Won't Get Fooled Again et en t√©l√©charger de nombreux autres.
  • Dans le film Good Morning England, deux morceaux peuvent √™tre entendus :
    • My Generation
    • I Can See For Miles

√Čloges, hommages et r√©compenses

√Čloges

David Bowie :

¬ę L'Ňďuvre des Who est devenue un mod√®le capital pour beaucoup d'entre nous. L'usage intelligent et raisonn√© de ce qu'on appelle l'¬ę art-theory ¬Ľ, activement introduit dans la musique rock, a tout simplement √©t√© l'une des contributions les plus ph√©nom√©nalement importantes de Peter [Pete Townshend, guitariste et auteur des Who] au nouveau ¬ę langage ¬Ľ du rock. Les beaux pantalons √©galement [42]! ¬Ľ

Bono, de U2 :

¬ę Plus encore que n'importe quel autre groupe, The Who est notre mod√®le[43]. ¬Ľ

Hommages internationaux

Récompenses

  • 1984 : Pete Townshend re√ßoit un Brit Award pour ¬ę r√©compense pour le travail accompli ¬Ľ.
  • 1988 : The Who re√ßoit un Brit Award pour ¬ę contribution exceptionnelle √† la musique britannique ¬Ľ.
  • 2001 : The Who est r√©compens√© d'un Grammy Award pour Lifetime Achievement par la Recording Academy[48].

Annexes

Articles connexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Il faut noter que le chiffre d'une quinzaine de singles se r√©f√®re √† des chansons sorties en single et ne figurant pas sur les albums originaux (bien qu'ils apparaissent plus tard sur des compilations), et qu'il exclut les chansons sorties en single et sur les albums originaux.
  2. ‚ÜĎ The Real Keith Moon
  3. ‚ÜĎ (en) Mandana Beigi, Various: Behind The Names Of Rock dans One-Way Magazine n¬į8 [lire en ligne]
  4. ‚ÜĎ Encyclop√©die Illustr√©e du Rock de Nick Logan et Bob Woffinden, traduction de Jean-Bernard Hebey - 1980 - (ISBN 2-8649-4004-3) - p. 241
  5. ‚ÜĎ (en) Element 2 - Substitoooot, article sur le blog de Pete Townshend [lire en ligne]
  6. ‚ÜĎ a et b (en) Jann Wenner, Pete Townshend : The RS interview, dans le magazine Rolling Stone n¬į18 (28 septembre 1968) [lire en ligne]
  7. ‚ÜĎ Encyclop√©die Illustr√©e du Rock de Nick Logan et Bob Woffinden, traduction de Jean-Bernard Hebey - 1980 - (ISBN 2-8649-4004-3) - p. 233
  8. ‚ÜĎ 5/5 √©toiles au magazine Rolling Stone
  9. ‚ÜĎ (en) The Who by Numbers liner notes [PDF]
  10. ‚ÜĎ a et b UK Top 40 Hit Database sur Everyhit.com
  11. ‚ÜĎ F√©vrier 2010 - The Who par Christophe Delbrouck.[r√©f. insuffisante]
  12. ‚ÜĎ (en) David Fricke, Endless Wire, publi√© le 27 octobre 2006 sur le site Rolling Stone Magazine donne 4/5 √©toiles [lire en ligne]
  13. ‚ÜĎ See Me Feel Me : Keith Moon Naked for Your Pleasure sur l‚ÄôInternet Movie Database - Version plus compl√®te en anglais
  14. ‚ÜĎ (en) Geoffrey Giuliano, Behind Blue Eyes: The Life of Pete Townshend, Cooper Square Publishers, 2002 (ISBN 0-8154-1070-0) 
  15. ‚ÜĎ Encyclop√©die Illustr√©e du Rock de Nick Logan et Bob Woffinden, traduction de Jean-Bernard Hebey - 1980 - (ISBN 2-8649-4004-3) - p. 242
  16. ‚ÜĎ In love With Meher Baba par Pete Townshend - Rolling Stone - N¬į71 (26 novembre 1970) [lire en ligne]
  17. ‚ÜĎ The Penthouse Interview with Pete Townshend, sur Thewho.net [lire en ligne]
  18. ‚ÜĎ Fiche du DVD Who's Next sur Imdb
  19. ‚ÜĎ a et b (en) Frequently Asked Questions concerning THE WHO, sur Thewho.net [lire en ligne]
  20. ‚ÜĎ (en) Guinness World Record Book et un article sur philbrodieband.com[lire en ligne]
  21. ‚ÜĎ Article et couverture
  22. ‚ÜĎ Vid√©o d'avant et apr√®s l'incident sur YouTube.com
  23. ‚ÜĎ Dates et lieux de la tourn√©e de 1969
  24. ‚ÜĎ Nik Cohn, pour le New York Times : ‚Äú‚Ķthe definitive hard-rock holocaust. It is the best live rock album ever made.‚ÄĚ
  25. ‚ÜĎ Accident relat√© dans la biographie de Keith Moon sur classicrockpage.com [lire en ligne]
  26. ‚ÜĎ Au U.S. Bank Arena, dit aussi Riverfront Coliseum (site officiel)
  27. ‚ÜĎ Dates et lieux de la tourn√©e d'adieu de 1982
  28. ‚ÜĎ Dates et lieux de la tourn√©e de 1989
  29. ‚ÜĎ (fr) Paragraphe et (en) Article sur l'affaire Pixelon
  30. ‚ÜĎ Dates et lieux de la tourn√©e de 2002
  31. ‚ÜĎ Site de Pete Townshend [lire en ligne]
  32. ‚ÜĎ Site de Pete Townshend [lire en ligne]
  33. ‚ÜĎ (fr) Article du 7 juin 2007 de Sylvain Siclier pour Le Monde [lire en ligne]
  34. ‚ÜĎ Keith Moon sur l‚ÄôInternet Movie Database - Version plus compl√®te en anglais
  35. ‚ÜĎ Documentaire de la BBC Hendrix at Monterey Pop Festival [lire en ligne]
  36. ‚ÜĎ (en) Note √† ce sujet sur thewho.net [lire en ligne]
  37. ‚ÜĎ en r√©f√©rence √† leur chanson The Punk and the Godfather de Quadrophenia
  38. ‚ÜĎ (en) Biographie des Who sur Play.com [lire en ligne], sur Jambase.com [lire en ligne], sur Signedrock.com [lire en ligne]
  39. ‚ÜĎ (en) She opened her mouth and the Who came out Petra Haden re-creates 'Sell Out,' note for note - Joan Anderman, Boston Globe, 13 mars 2005
  40. ‚ÜĎ Fiche de l'√©pisode sur le site simpsonspark.com
  41. ‚ÜĎ Vid√©o, tir√©e du DVD The Kids are Alright
  42. ‚ÜĎ (en) Christina Saraceno, Bowie, Crow Salute the Who, publi√© le 12 avril 2001 sur le site Rolling Stone Magazine [lire en ligne]
  43. ‚ÜĎ (en) Niz Proskocil, Legendary Who Returns to Omaha After 40 Years (Interview de Pete Townshend) dans le Omaha World-Herald, article reproduit sur le site redorbit.com le 3 d√©cembre 2006 [lire en ligne]
  44. ‚ÜĎ (en) Site officiel de la British Phonographic Industry
  45. ‚ÜĎ (en) Article sur le site officiel du Rock and Roll Hall of Fame
  46. ‚ÜĎ The Immortals: The First Fifty par le magazine Rolling Stone n¬į946 du 15 avril 2004 [lire en ligne]
  47. ‚ÜĎ (en) Index sur le site officiel du UK Music Hall of Fame
  48. ‚ÜĎ (en) Liste des r√©compenses sur le site officiel de Grammy [lire en ligne]


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article The Who de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • The Who ‚ÄĒ at a 1975 curtain call. Left to right: Roger Daltrey, John Entwistle, Keith Moon, Pete Townshend Background information Origin ‚Ķ   Wikipedia

  • The Who Sell Out ‚ÄĒ Studio album by The Who Released 15 December 1967 ‚Ķ   Wikipedia

  • Who's on First? ‚ÄĒ is a comedy routine made famous by Abbott and Costello. The premise of the routine is that Abbott is identifying the players on a baseball team to Costello, but their names and nicknames can be interpreted as non responsive answers to Costello s… ‚Ķ   Wikipedia

  • The Beatles' influence on popular culture ‚ÄĒ The Beatles influence on rock music and popular culture was and remains immense. Their commercial success started an almost immediate wave of changes including a shift from US global dominance of rock and roll to UK acts, from soloists to groups ‚Ķ   Wikipedia

  • The Moody Blues ‚ÄĒ in concert at the Chumash Casino Resort in Santa Ynez, California in 2005. L R: Justin Hayward, Graeme Edge and John Lodge. Background information Origin ‚Ķ   Wikipedia

  • The Lion Sleeps Tonight ‚ÄĒ by The Tokens Single by The Tokens B side ‚Ķ   Wikipedia

  • Who ‚ÄĒ *Who (pronoun) is an English language interrogative pronoun.In Fiction* Who? (novel) , a 1958 novel by science fiction author Algis Budrys, turned into a film with the same title in 1973 * Doctor Who , a British science fiction television series ‚Ķ   Wikipedia

  • Who Ate All the Pies? ‚ÄĒ is a football chant sung by fans in Britain. It is usually sung to the tune of Knees Up Mother Brown and is aimed at overweight footballers, officials or opposing supporters. OriginAccording to The Cat s Pyjamas: The Penguin Book of Cliches (ISBN ‚Ķ   Wikipedia

  • The Ventures ‚ÄĒ Classic lineup of the Ventures in Japan in 1965 (left to right): Don Wilson, Mel Taylor, Nokie Edwards, Bob Bogle Background information Also known as ‚Ķ   Wikipedia

  • The La's ‚ÄĒ Promotional photograph of The La s in 1990. L to R: Lee Mavers, Peter Cammy Camell, Neil Mavers and John Power Background information Origin ‚Ķ   Wikipedia

  • The Freddie Mercury Tribute Concert ‚ÄĒ for AIDS Awareness was an open air concert held on Easter Monday, April 20 1992 at London s Wembley Stadium, televised live worldwide to an estimated audience of one billion viewers. The concert was a tribute to the life of the late Queen… ‚Ķ   Wikipedia


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.