The Rolling Stones

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The Rolling Stones
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The Rolling Stones
The Rolling Stones
Les Rolling Stones lors de leur concert à Munich en juillet 2006, alors qu'une partie de la scÚne avançait dans la foule.

Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Rock : blues rock, rock and roll, rock psychĂ©dĂ©lique, hard rock
Rhythm and blues
Blues
AnnĂ©es d'activitĂ© Depuis 1962
Labels Decca Records
EMI
Virgin
Site officiel www.rollingstones.com

Membres Mick Jagger
Keith Richards
Charlie Watts
Ron Wood
Anciens membres Brian Jones
Mick Taylor
Bill Wyman
Dick Taylor
Mick Avory
Entourage Ian Stewart
Billy Preston
Nicky Hopkins
Marianne Faithfull
Chuck Leavell
Darryl Jones
Bobby Keys
Lisa Fischer
Andrew Loog Oldham
Jimmy Miller
Allen Klein

The Rolling Stones est un groupe de rock britannique formĂ© en 1962 Ă  Londres, par le guitariste et leader original Brian Jones, le pianiste Ian Stewart, le chanteur Mick Jagger et le guitariste Keith Richards[1]. Le bassiste Bill Wyman et le batteur Charlie Watts les rejoignent ensuite et complĂštent la formation originale. Jagger et Richards constituent rapidement un duo d’auteurs-compositeurs et prennent peu Ă  peu la direction du groupe en lieu et place d’un Brian Jones de plus en plus erratique. Ian Stewart, jugĂ© peu apte Ă  jouer les idoles des jeunes selon les prĂ©fĂ©rences de l'Ă©poque, est renvoyĂ© du groupe en 1963 mais continuera Ă  travailler avec les Stones comme road manager et claviĂ©riste jusqu’à son dĂ©cĂšs en 1985.

Le nom du groupe vient d'une chanson de Muddy Waters, Rollin' stone. Le blues a toujours Ă©tĂ© la source d'inspiration principale des Stones, qui ont Ă©tĂ© l'un des principaux acteurs du retour de cette musique sur le devant de la scĂšne, Ă  travers le British Blues Boom. Les premiers enregistrements des Rolling Stones sont des reprises de blues et de rhythm and blues amĂ©ricains. AprĂšs avoir rencontrĂ© le succĂšs au Royaume-Uni, ils deviennent populaires aux États-Unis durant la « British Invasion Â» (initiĂ©e par les Beatles) du milieu des annĂ©es 1960. Leur single de 1965, (I Can't Get No) Satisfaction fait connaĂźtre les Stones dans le monde entier.

À partir de 1966 et de l’album Aftermath, les chansons de Jagger et Richards, embellies par les expĂ©rimentations instrumentales de Brian Jones, dĂ©veloppent une diversitĂ© stylistique qui restera prĂ©sente jusqu’à nos jours. Jones meurt noyĂ© dans sa piscine en juillet 1969, peu de temps aprĂšs avoir Ă©tĂ© renvoyĂ© du groupe. Il est remplacĂ© par Mick Taylor qui participe Ă  l'enregistrement de cinq albums studios avant de quitter les Stones en 1974. L’ancien guitariste des Faces, Ronnie Wood, prend alors sa place et la conserve depuis lors. Bill Wyman quitte Ă  son tour les Stones en 1993. Le bassiste Darryl Jones rejoint alors le groupe sans en devenir un membre officiel.

Les Rolling Stones ont publiĂ© 22 albums studio au Royaume-Uni (24 aux États-Unis), 8 albums live (9 aux États-Unis) et 32 compilations. En 1990, le groupe estime avoir vendu plus de 200 millions d’albums dans le monde[2]. En 1971, Sticky Fingers dĂ©bute une sĂ©rie de huit albums studios consĂ©cutifs qui atteignent la premiĂšre place des hit-parades, des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique. Leur dernier disque original, A Bigger Bang, est sorti en 2005. Ils sont d'ailleurs le deuxiĂšme groupe Ă  avoir eu le plus de succĂšs dans le Billboard Hot 100, la rĂ©fĂ©rence des ventes de singles aux États-Unis. Les Stones ont Ă©tĂ© classĂ©s no 4 dans la liste des 100 plus grands artistes de tous les temps du magazine Rolling Stone.

Les Rolling Stones sont entrĂ©s au Rock and Roll Hall of Fame en 1989, et Mick Jagger a Ă©tĂ© anobli par la reine d’Angleterre en 2003. Leur image vĂ©hiculĂ©e dans les annĂ©es 1960 de « mauvais garçons Â» rebelles et hargneux est une rĂ©fĂ©rence majeure pour les gĂ©nĂ©rations de musiciens rock qui les ont suivis.

Sommaire

Membres du groupe

Le nom original du groupe Ă©tait « The Rollin’ Stones Â»[3],[4]. Le groupe originel Ă©tait formĂ© de :

Ian Stewart sera Ă©cartĂ© par leur premier manager Andrew Loog Oldham avant mĂȘme leur premier single. Il restera nĂ©anmoins le pianiste — non exclusif — sur les disques, et sera jusqu'Ă  sa mort le « road manager Â» du groupe et le « sixiĂšme Stone Â».

Composition du groupe, 1962-2010

PĂ©riode Musiciens Albums
1962

avec

janvier - avril 1963
  • Mick Jagger - chants, harmonica, percussions
  • Brian Jones - guitare, chƓurs, harmonica, percussions
  • Keith Richards - guitare, chƓurs
  • Ian Stewart - piano, percussions
  • Charlie Watts - batterie
  • Bill Wyman - basse, chƓurs
mai 1963 - mai 1969
  • Mick Jagger - chants, harmonica, percussions
  • Brian Jones - guitare, chƓurs, harmonica, percussions, tamboura, sitar, dulcimer, clavier, autoharpe, cuivres, bois, thĂ©rĂ©mine, kazoo
  • Keith Richards - guitare, chants, basse, clavier, percussions
  • Charlie Watts - batterie, percussions
  • Bill Wyman - basse, chants, percussions, clavier
  • Rocky Dijon - congas
mai 1969 - décembre 1974
  • Mick Jagger - chants, harmonica, clavier, percussions, guitare
  • Keith Richards - guitare, chants, basse, clavier
  • Mick Taylor - guitare, basse, synthĂ©tiseurs, percussions, chƓurs
  • Charlie Watts - batterie, percussions
  • Bill Wyman - basse, synthĂ©tiseurs
mai 1975 - janvier 1993
  • Mick Jagger - chants, harmonica, clavier, guitare
  • Keith Richards - guitare, chants, basse, clavier, percussions
  • Charlie Watts - batterie, percussions
  • Ronnie Wood - guitare, chƓurs, basse, batterie, percussions
  • Bill Wyman - basse, synthĂ©tiseurs
1994 - présent
  • Mick Jagger - chants, harmonica, percussions, guitare, basse, clavier
  • Keith Richards - guitare, chants, basse, clavier
  • Charlie Watts - batterie, percussions
  • Ronnie Wood - guitare, chƓurs, basse

avec

Histoire du groupe

Création et débuts

En octobre 1960, Mick Jagger et Keith Richards, deux amis d'enfance — ils ont frĂ©quentĂ© la mĂȘme Ă©cole depuis leur maternelle —, qui s'Ă©taient un peu perdus de vue, se retrouvent sur le quai de la gare de Dartford. Mick a des disques avec lui, dont le Best of Muddy Waters, ce qui incite Keith Ă  venir lui parler. Mick et Keith ont aussi un ami en commun, Dick Taylor, un guitariste qui joue avec Mick dans son groupe Little Boy Blue & The Blue Boys et qui Ă©tudie dans l'Ă©cole de Keith, la Sidcup Art. Mick invite Keith Ă  le rejoindre dans son groupe tout juste naissant, Little Boy Blue & The Blues Boys. Le groupe n'a cependant que le nom, puisque le seul public de leur courte carriĂšre, ne consistera qu'en la mĂšre de Dick Taylor, qui autorise que le groupe rĂ©pĂšte chez elle[5].

En avril 1962, le Blues Incorporated, groupe monté par Alexis Korner et ouvert à de nombreux musiciens, joue ses premiers concerts[6]. Parmi les musiciens qui montent sur scÚne, Jack Bruce, Ginger Baker, Charlie Watts et aussi Brian Jones, qui se produit sous le nom d'Elmo Lewis, et qui impressionne le public en jouant de la guitare slide (à l'époque inconnu en Angleterre)[6]. Mick Jagger, Keith Richards et Dick Taylor rejoignent le Blues Incorporated mais tendent à s'éloigner du rythm and blues pur et dur pour jouer du rock'n'roll (notamment du Chuck Berry et Jimmy Reed)[7].

Soucieux de monter son propre groupe, Brian Jones passe une petite annonce dans Jazz News fin 1961. Le pianiste Ian Stewart répond à l'annonce. La premiÚre mouture des Rolling Stones se forme avec Brian Jones et Geoff Bradford aux guitares, Ian Stewart au piano, Paul Pond au chant[8]. Le poste de batteur est fluctuant: plusieurs batteurs payés au concert se succÚdent dont Charlie Watts et Mick Avory (futur Kinks). Lorsque Paul Pond quitte le groupe, Alexis Korner suggÚre à Brian Jones le chanteur Mick Jagger qui a fait sa place dans le Blues Incorporated[8]. Ce dernier impose alors son ami Keith Richards ainsi que Dick Taylor. Geoff Bradford quitte le groupe et Ian Stewart, Brian Jones, Mick Jagger, Keith Richards et Dick Taylor forment l'ossature du groupe qui prendra en juin, le nom de Rollin' Stones avant de s'appeler Rolling Stones. Selon Keith Richards, c'est Brian Jones qui trouve le nom du groupe, alors qu'il est au téléphone en train de prospecter pour trouver des engagements pour des concerts. Alors qu'on lui demande le nom de son groupe, il cite le premier nom qu'il a sous les yeux: le titre d'un morceau de Muddy Waters: Rollin' Stone[9]. Néanmoins, il semblerait que cette anecdote ne soit qu'une légende, puisque d'aprÚs Ian Stewart, dÚs sa premiÚre rencontre avec Brian Jones suite à l'annonce dans Jazz News, Brian Jones avait déjà décidé de nommer son futur groupe Rollin' Stones[10]

Mick, Keith et Brian emmĂ©nagent au 102, Edith Grove dans le quartier de Chelsea. C'est une pĂ©riode de vaches maigres pour les membres du groupe, qui ont des difficultĂ©s Ă  se nourrir ou Ă  se chauffer. Ils vivent de chapardages et des ressources les maigres cachets de quelques petits concerts[11], les Stones sont enfin prĂȘts Ă  devenir pro. C'est Ă  cette pĂ©riode que Philip Townsend fait les photos dont les clichĂ©s circuleront Ă  travers les plus grandes galeries du monde comme les premiĂšres photos des Stones. Ils passent six mois en colocation avec James Phelge[12]. NĂ©anmoins, cette pĂ©riode est faste musicalement pour Brian et Keith qui passent de longues journĂ©es Ă  travailler leur jeu de guitare.

Le premier concert des Stones se passe au Marquee Ă  Londres, le 12 juillet 1962. Le groupe est alors composĂ© de Brian, Mick, Keith, Ian Stewart au piano, Dick Taylor Ă  la basse et Mick Avory Ă  la batterie. Taylor partira ensuite former les Pretty Things. Le poste de batteur est toujours alĂ©atoire, oscillant entre Tony Chapman et Mick Avory. Les Stones cherchent un bassiste. En dĂ©cembre 1962, Tony Chapman leur prĂ©sente Bill Wyman, au Red Lion Club[13] qui leur plaĂźt immĂ©diatement, peut ĂȘtre grĂące Ă  ses amplis, denrĂ©e rare Ă  l'Ă©poque, mais aussi grĂące Ă  ses capacitĂ©s : il est plus ĂągĂ© de 7 ans que Mick et Keith, et joue dĂ©jĂ  depuis de nombreuses annĂ©es dans son groupe les Cliftons, avec Tony Chapman, tout en Ă©tant amateur. Les batteurs des Stones Ă©tant trop instables, Charlie Watts, qui connaissait bien Mick et Brian pour avoir jouĂ© avec eux, se joindra Ă  eux dĂ©finitivement en janvier 1963, laissant sa place au sein des Blues Incorporated Ă  Ginger Baker. Le 14 janvier 1963, les Rolling Stones jouent leur premier concert avec la formation qui persistera jusqu'Ă  l'exclusion de Brian Jones: Mick Jagger au chant, Keith Richards et Brian Jones aux guitares, Bill Wyman Ă  la basse, Charlie Watts Ă  la batterie et Ian Stewart au piano. Seul Ian Stewart quittera le groupe quelques mois plus tard sous l'impulsion d'Andrew Loog Oldham.

En mars de la mĂȘme annĂ©e, ils enregistrent Ă  l'IBC Studio de Portland Place, Ă  Londres, une dĂ©mo, avec comme ingĂ©nieur du son le futur mythique Glyn Johns, composĂ©e de reprises de r'n'b[14]. La premiĂšre photographie du groupe en concert, prise par Dezo Hoffmann, date du 4 mai 1963 : Mick, Charlie, Brian, Bill et Keith (seuls visibles) participent Ă  un gala de bienfaisance organisĂ© par le journal News of the World Ă  Battersea[15]. Les Stones joueront rĂ©guliĂšrement au Ealing Club, puis au Crawdaddy, club que vient d'ouvrir Giorgio Gomelsky. De quelques dizaines de spectateurs, l'audience passe rapidement Ă  plusieurs centaines, dĂ©passant les capacitĂ©s de la salle.

Premiers succĂšs

Les Beatles viennent de sortir leur premier single Love Me Do. Andrew Loog Oldham, jeune publicitaire de 19 ans, qui a dĂ©jĂ  travaillĂ© avec Brian Epstein, Bob Dylan et Little Richard, associĂ© au manager Eric Easton, ne rĂȘve que de rencontrer et manager « ses Â» Beatles. Dans son parcours des clubs de Londres, il entre un jour au Crawdaddy[16], et voit les Stones. C'est la rĂ©vĂ©lation, il sera leur manager : il signe avec eux un contrat de management dĂšs le lendemain, le 29 avril 1963[17].

Avec leur nouveau manager, leur carriĂšre dĂ©colle. En 1963, la maison de disques Decca Records et son Directeur artistique (A&R) Dick Row, cĂ©lĂšbre pour avoir refusĂ© les Beatles[18], leur fait enregistrer leur premier single[19], avec, sur la face A, une reprise de Chuck Berry, Come on[20] et, sur la face B, I want to be loved de Willie Dixon. Ce premier disque leur permet d'entrer discrĂštement dans les charts britanniques, et de se faire remarquer par la presse. Un deuxiĂšme single sort avec, en face A, un titre composĂ© par John Lennon et Paul McCartney, I Wanna Be Your Man[21], et en face B un instrumental : Stoned[22].

Ils font leur premiĂšre apparition TV dans l'Ă©mission Thank Your Lucky Stars de Pete Murray. Leur look, pourtant si conventionnel de nos jours, paraĂźt outrancier. Leurs cheveux longs[23] font scandale ; ce look original et leur attitude parfois mĂ©prisante donneront des idĂ©es Ă  Andrew Loog Oldham.

Afin de se dĂ©marquer des Beatles apparus un peu plus tĂŽt et dont la popularitĂ© est exceptionnelle, le jeune manager des Stones leur crĂ©e une image de « mauvais garçons Â». En opposition aux allures de « gentils gendres Â» des Fab Four, Jagger et sa bande cultivent leur diffĂ©rence, refusant trĂšs rapidement le costume-cravate[24], insistant sur leur chevelure, et dĂ©fraient la chronique par leurs frasques[25]. NĂ©anmoins, celui qui est surtout visĂ© pour son cĂŽtĂ© "mauvais garçon", n'est ni Mick Jagger, ni Brian Jones mais Bill Wyman, qui du groupe est celui qui possĂšde les cheveux les plus longs et qui a toujours une mine renfrognĂ©e[26]. C'est aussi lui qui est Ă  l'origine de la premiĂšre des nombreuses frasques du groupe: il est condamnĂ© pour avoir urinĂ© sur le mur d'une station-service[27].

C'est Ă  cette Ă©poque que Brian Jones commence Ă  manquer quelques concerts pour des raisons de santĂ©, et Ă  se perdre dans ses conquĂȘtes fĂ©minines et leur consĂ©quences[28] . Il a dĂ©jĂ  deux enfants[29]. Sa position de leader du groupe est de plus en plus contestĂ©e depuis l'arrivĂ©e d'Oldham. Lors d'un concert Ă  Liverpool, les Stones dĂ©couvrent que Brian Jones reçoit un salaire supplĂ©mentaire en qualitĂ© de leader du groupe[30]. Cette rĂ©vĂ©lation est le dĂ©but d'une fissure qui se crĂ©Ă© entre Jones et le reste du groupe[30] qui aboutira Ă  terme, Ă  son exclusion en juin 1969.

Leur carriĂšre prend un tournant dĂ©finitif. Les concerts deviennent quotidiens, Bill Wyman et Charlie Watts quittent leur emploi[31] pour intĂ©grer les Stones Ă  plein temps, Mick Jagger laisse tomber ses Ă©tudes. L'appartement Ă  Edith Grove abandonnĂ©, Keith, Mick et Andrew habitent ensemble dans un nouveau logement. Ce dernier fait sera le point de dĂ©part d'une nouvelle collaboration ; Andrew obligera Mick et Keith Ă  travailler ensemble, Ă  l'image de McCartney et Lennon, Ă  l'Ă©criture des chansons. Cette volontĂ© est dictĂ©e par le fait qu'il Ă©tait difficile pour les Rolling Stones de trouver quelque chose de neuf Ă  jouer (Oldham a mĂȘme sollicitĂ© les Beatles pour leur Ă©crire I Wanna Be Your Man) et que beaucoup de chansons de leur rĂ©pertoire Ă©taient jouĂ©es par d'autres groupes anglais (dont les Beatles), ce qui ne les aidaient pas Ă  se dĂ©marquer des autres[32].

La lĂ©gende veut qu'Andew ait enfermĂ© Mick Jagger et Keith Richards dans une cuisine, en leur interdisant d'en sortir tant qu'ils n'auraient pas Ă©crit une chanson[33]. D'aprĂšs la lĂ©gende, ils lui auraient soumis As Time Goes By que le manager renomme immĂ©diatement As Tears Go By et fera enregistrer par la jeune chanteuse anglaise, Marianne Faithfull. Il semblerait cependant que le premier morceau Ă  ĂȘtre sorti de cette cuisine soit, It Should Be You qui sera une premiĂšre fois enregistrĂ© par George Bean, un chanteur de la maison de production d'Oldham[34].

Beatles contre Rolling Stones

L'opposition de style entre les Beatles et les Stones est le rĂ©sultat d'un marketing de diffĂ©renciation savamment orchestrĂ© par Andrew Loog Oldham. Le parcours musical des deux groupes est assez parallĂšle : influences communes du rock'n'roll et du rythm n' blues (mĂȘme si ce dernier est plus marquĂ© chez les Stones). Bien que dans les mĂ©dias, les Rolling Stones incarnent les "mauvais garçons" (Oldham n'avait hĂ©sitĂ© Ă  publier cette phrase: "Laisseriez-vous votre fille sortir avec un Rolling Stone?"[35]) et les Beatles, les "gentils garçons", les membres des deux groupes s'apprĂ©cient et se cĂŽtoient dans le privĂ©. Les Beatles, John Lennon et Paul McCartney offriront mĂȘme la chanson I Wanna Be Your Man aux Rolling Stones pour lancer leur carriĂšre en 1964 et feront les chƓurs sur la chanson We Love You en 1967. Brian Jones jouera plus tard sur certains titres des Beatles comme Baby, You're A Rich Man ou You Know My Name.

Les deux groupes Ă©vitaient aussi de sortir leur singles et leurs albums en mĂȘme temps pour ne pas se concurrencer. La frontiĂšre entre Beatles et Stones Ă©taient aussi trĂšs tĂ©nue. Alors que les mĂ©dias accusaient les Stones de prendre des drogues[36], les Beatles en prenaient aussi. Paul McCartney fut d'ailleurs la premiĂšre rock star Ă  dire Ă  la presse qu'il avait pris du LSD en 1967. Lors de la descente de police Ă  Redlands oĂč de la drogue fut trouvĂ© dans le domicile de Keith Richards en 1967, parmi les convives se trouvaient le Beatle, George Harrison qui ne fut pas inquiĂ©tĂ© du fait qu'il fut parti avant l'arrivĂ©e de la police[36].

L'envol de 1965

En 1965, Mick Jagger et Keith Richards dĂ©collent enfin comme compositeurs, tout d'abord avec The Last Time, puis (I Can't Get No) Satisfaction qui atteignent toutes deux la premiĂšre place des charts, suivis par As Tears Go By, Get Off of My Cloud et 19th Nervous Breakdown. Ces textes assoient la position des Stones qui arrivent dĂ©sormais Ă  Ă©voluer au mĂȘme niveau que les Beatles. NĂ©anmoins, les textes des Stones se diffĂ©rencient beaucoup de ceux des Beatles par leur contenu. Si les Fab Four signent des bluettes bien sentimentales et innocentes (du moins Ă  leurs dĂ©buts), les Stones se distinguent par leur ton ironique et sarcastique sur la sociĂ©tĂ© et leurs rapports aux femmes, parfois qualifiĂ©s de sexistes. Les Rolling Stones introduisent Ă  partir de leur 1er chef-d'Ɠuvre Aftermath (en particulier sous l'impulsion de Brian Jones) des influences psychĂ©dĂ©liques et la musique indienne (on peut notamment rappeler le sitar de Paint It, Black, la dulcimer sur Lady Jane ou les marimbas de Under My Thumb). L'album Between the Buttons continue sur la mĂȘme lancĂ©e avec la flĂ»te mĂ©lodieuse de Brian sur Ruby Tuesday mais contient aussi des morceaux de rock comme Let's Spend the Night Together et Connection et des influences « music-hall Â».

1966 sera l'annĂ©e des derniĂšres tournĂ©es avant un grand break : ils avaient tournĂ© de façon ininterrompue depuis leurs dĂ©buts, donnant entre 250 et 300 concerts par an. Comme les Beatles, les Rolling Stones avaient subi depuis leurs dĂ©buts l'hystĂ©rie des foules dans les salles et en dehors, phĂ©nomĂšne que l'on appelait la beatlemania. ParticuliĂšrement Ă©prouvants, les concerts des Stones tournaient souvent Ă  l'Ă©meute Ă  cause des fans qui tentaient de monter sur scĂšne ou des bagarres dans le public. De nombreuses fois, les Rolling Stones furent contraints de s'enfuir de scĂšne au bout de quelques minutes poursuivis par des fans. Les coĂ»ts des dĂ©gĂąts et le nombre de blessĂ©s sont parfois importants comme Ă  Blackpool, Ă  La Haye ou Paris[37].

1967: année de transition

AprĂšs leur cinquiĂšme tournĂ©e amĂ©ricaine et la huitiĂšme britannique, toutes deux en 1966, les Stones s'accordent du repos. L'annĂ©e 1967 est surtout consacrĂ©e aux activitĂ©s parallĂšles et les Stones s'investissent dans diffĂ©rents projets personnels. Keith Richards s'achĂšte la maison de Redlands, qui sera l'une des bases du groupe, Bill Wyman fait de la production, Brian Jones compose une bande originale de film et forme avec Anita Pallenberg un couple mĂ©diatisĂ©, icĂŽne du Swinging London. C'est aussi l'Ă©poque des vacances : Brian, Keith, Anita Pallenberg, Mick et sa nouvelle petite amie Marianne Faithfull partent en vacances au Maroc. 1967 est aussi l'annĂ©e des premiers problĂšmes qui vont Ă©branler le groupe et particuliĂšrement Brian Jones.

En 1967, Mick Jagger et Keith Richards sont arrĂȘtĂ©s Ă  Redlands au domicile de Keith pour possession de drogues. Vite relaxĂ©s, ils ne feront pas de prison, sinon les quelques jours d'attente de leur comparution. Le quotidien The Times viendra d'ailleurs Ă  leur secours avec un superbe Ă©ditorial en leur faveur[38], prĂ©mices du changement de sociĂ©tĂ© en cours. Si Mick et Keith arrivent Ă  se sortir de leurs ennuis judiciaires, Brian Jones, lui, connaĂźt plus de difficultĂ©s. ArrĂȘtĂ© une premiĂšre fois en mai 1967, puis une deuxiĂšme fois en mai 1968, il vit trĂšs mal cette situation et souffre de dĂ©pression nerveuse.

Sur le plan sentimental, Brian Jones connaßt aussi de nombreux déboires. Alors qu'il est hospitalisé pour une crise d'asthme en France sur le trajet d'un voyage au Maroc, Keith Richards entame une liaison avec sa petite amie Anita Pallenberg[39]. Lorsqu'il reviendra de convalescence, Keith, Anita (mais aussi Mick Jagger et Marianne Faithfull) abandonneront Brian au Maroc, sans lui laisser un mot. Cette rupture sera le début de tensions entre les deux guitaristes du groupe et le début de la fin pour Brian Jones.

Sur le plan musical, l'album Their Satanic Majesties Request qui sort en dĂ©cembre 1967 et qui porte largement la « patte Â» expĂ©rimentale de Brian Jones, n'aura sur le moment qu'un succĂšs mitigĂ©, dĂ©concertant par son cĂŽtĂ© « planant Â» quelques fans du blues pur et dur. Deux titres toutefois Ă©mergent : She's a Rainbow et 2000 Light Years from Home. La couverture de l'album innove en prĂ©sentant une photo du groupe en « relief Â» sur film gaufrĂ©. La photographie fait un peu ciller, et pour cause : l'Ɠil gauche du spectateur y voit Brian Jones de face tandis que le droit le voit de profil. Cette expĂ©rience ne sera pas reprise sur les rĂ©Ă©ditions vinyle, ni CD, de l'album. InterrogĂ© sur celui-ci, John Lennon commente ironiquement : « Les Stones font tout six mois aprĂšs nous Â» (Sgt. Pepper Ă©tait sorti en juin). C'est une pique amicale et non une dĂ©claration de guerre ; John Lennon et Mick Jagger conserveront les meilleures relations qui soient dans le civil.

1968: retour aux affaires et découverte de l'accord ouvert

1968 est une année décisive pour les Stones. Musicalement, avec l'échec de Their Satanic Majesties, le groupe a perdu du terrain face à ses concurrents. Cela est d'autant plus vrai que la musique du moment subit une véritable mutation apportée par des groupes comme le Jimi Hendrix Experience, les Doors ou le Grateful Dead, et que l'épicentre du rock s'est déplacé d'Angleterre vers la Californie. Alors que les Beatles concoctent leur Album Blanc, que les Who enregistrent leur opéra-rock Tommy, les Stones marquent leur grand retour en revenant aux racines du blues et du rock, d'abord avec le single Jumpin' Jack Flash, puis avec l'album Beggars Banquet. L'album est trÚs influencé par son époque et l'esprit de contestation qui flotte dans l'air. Des titres comme Street Fighting Man, Jigsaw Puzzle ou Sympathy For The Devil font référence aux émeutes qui éclatent un peu partout dans le monde occidental. Depuis la descente de Redlands, Mick Jagger s'est positionné dans une attitude de défiance et de rébellion vis-à-vis de l'ordre établi[40]. Des titres comme Sympathy for the Devil témoignent aussi de l'influence de Marianne Faithfull sur Mick Jagger. Cette derniÚre l'a initié à une certaine culture littéraire puisque la chanson est inspiré du roman Le Maßtre et Marguerite.

L'album, dont toute la prise de son possĂšde une qualitĂ© technique (Parachute Woman, No Expectations, Salt of the Earth...) supĂ©rieure encore Ă  celle du Going Home d'Aftermath, remet les Rolling Stones en selle avec des morceaux comme Sympathy For The Devil et Street Fighting Man qui vont asseoir leur rĂ©putation du groupe le plus violent de l'histoire du rock et de « greatest rock & roll band in the world Â».

En 1968, Keith Richards dĂ©couvre une façon de s'accorder (l'« open tuning Â», surtout en``G``) qui marque le nouveau son des Rolling Stones, pour les albums qui suivront. En effet, cet accordage qui est utilisĂ© par les bluesmen permet aux Stones de changer leur façon de composer. Certains pourront regretter que celui-ci appauvrisse l'aspect mĂ©lodique de leurs chansons, d'autres salueront les innombrables chansons qui seront le fruit de l'open tuning (Jumpin' Jack Flash, Street Fighting Man, You Can't Always Get What You Want, Honky Tonk Woman, Gimme Shelter, Happy, Start Me Up pour n'en citer que quelques unes).

Le guitariste Keith Richards lors d'un concert du groupe Ă  Hanovre (Allemagne) en 2006. On peut apercevoir au deuxiĂšme plan, de dos, Darryl Jones (Ă  gauche) et Mick Jagger (Ă  droite)

Le tournant de 1969

L'exclusion de Brian Jones

Brian Jones, bien que leader dĂšs l'origine, est exclu du groupe en juin 1969. Cela faisait quelques annĂ©es que le guitariste des Stones Ă©tait Ă  l'Ă©cart dans le groupe. Depuis que le duo Mick Jagger/Keith Richards s'Ă©tait imposĂ© dans la crĂ©ation musicale du groupe, Brian Jones avait perdu de son influence et vivait mal cette situation. L'abus de drogues et d'alcool, les diverses arrestations ainsi que le fait qu'Anita Pallenberg, son ancienne petite amie soit dĂ©sormais dans les bras de Keith Richards n'avaient pas arrangĂ© les choses et ses relations avec le reste du groupe. Les participations de Brian aux albums sont de plus en plus erratiques comme le montre une des sĂ©quences du film de Jean-Luc Godard rĂ©alisĂ© en 1968, Sympathy for the Devil. Il a du mal Ă  se concentrer et Ă  jouer en studio, les techniciens du son allant jusqu'Ă  le laisser interprĂ©ter un morceau tout en lui coupant son micro de maniĂšre Ă  ne pas enregistrer sur la piste de fausses notes. Plus grave pour le groupe, ses problĂšmes judiciaires ne lui permettent plus de suivre le groupe en tournĂ©e, puisque les Etats-Unis ne lui dĂ©livreront pas de visa. Incapable d'assurer les enregistrements studio et les concerts, il est remplacĂ© par Mick Taylor et exclu du groupe le 9 juin 1969. Quelques semaines plus tard, Brian Jones meurt le 3 juillet 1969, noyĂ© dans sa piscine.

Le « grand retour Â» Ă  la scĂšne date du 5 juillet 1969, lors du concert gratuit Ă  Hyde Park, devant prĂšs de 500 000 personnes, le premier depuis deux ans et demi, pour l'intronisation du nouveau guitariste Mick Taylor, qui vient de chez John Mayall[41] et, fait non prĂ©vu, pour rendre un hommage Ă  Brian Jones, dĂ©cĂ©dĂ© 2 jours plus tĂŽt. Mick Jagger lira Ă  cette occasion un poĂšme de Percy Bysshe Shelley, AdonaĂŻs. Mick Taylor contribuera Ă  renforcer les racines blues des Rolling Stones et sa participation aux albums Exile on Main Street et Sticky Fingers marquera le retour Ă  des compositions et des productions plus Ă©purĂ©es. Le concert d'Hyde Park est le prĂ©lude Ă  une grande tournĂ©e amĂ©ricaine oĂč ils n'ont plus jouĂ© depuis deux ans. La grande tournĂ©e qui contient vingt-trois dates et dix-sept villes, dĂ©marre le 1er novembre 1969. Le show est trĂšs bien rĂŽdĂ© et le groupe apparaĂźt plus professionnel qu'il ne l'a jamais Ă©tĂ©[42]. La tournĂ©e amĂ©ricaine de 1969 sera immortalisĂ©e par l'album en public Get Yer Ya-Ya's Out!, oĂč les riffs de Keith Richards et les solos de Mick Taylor sont d'une efficacitĂ© redoutable.

L'album Let It Bleed qui paraĂźt en dĂ©cembre 1969, est le dernier album auquel Brian avait participĂ© mĂȘme s'il ne s'agit que de deux morceaux. L'album se situe dans la lignĂ©e de Beggars Banquet. Il est aussi « violent Â» que l'album prĂ©cĂ©dent avec des titres tels que Gimme Shelter, You Can't Always Get What You Want et surtout Midnight Rambler (qui Ă©voque Albert DeSalvo, l'Ă©trangleur de Boston), qui deviendra un classique sur scĂšne. Le titre "Let It Bleed" (Que ça saigne!) est assez reprĂ©sentatif de ce qui s'est passĂ© autour des Rolling Stones lors de l'annĂ©e 1969, avec notamment la mort de Brian Jones et le concert meurtrier d'Altamont (voir plus bas).

Altamont

À l'issue de leur tournĂ©e amĂ©ricaine de 1969 qui marque leur grand retour aux États-Unis, les Stones dĂ©cident de donner un concert gratuit Ă  San Francisco, sur le modĂšle de celui qui s'est dĂ©roulĂ© Ă  Woodstock. La prĂ©paration du concert est catastrophique en raison de la difficultĂ© de trouver un lieu pour le concert. C'est finalement le circuit d'Altamont qui est choisi. Le concert rassemble plus de 300 000 personnes. Au fur et Ă  mesure que la soirĂ©e se dĂ©roule et que les diffĂ©rents groupes en premiĂšre partie des Stones jouent, de violentes bagarres Ă©clatent notamment entre les Hell's Angels payĂ©s en biĂšres par les Stones pour assurer la sĂ©curitĂ©, et le public. Le set des Stones est Ă©maillĂ© de nombreux incidents. Alors que le groupe joue Under My Thumb, un adolescent noir de 18 ans, Meredith Hunter est poignardĂ© Ă  multiples reprises par un Hell's Angels alors qu'il n'est qu'Ă  quelques mĂštres de la scĂšne et qu'il brandit une arme qui ne sera jamais retrouvĂ©e. Cette scĂšne a Ă©tĂ© filmĂ©e et peut ĂȘtre vue sur le documentaire Gimme Shelter. Ce festival fera quatre morts marquera la fin de l'utopie hippie et amĂšnera les Stones Ă  ĂȘtre plus rigoureux dans l'organisation de leurs concerts.

1969-1974: Les années Mick Taylor ou l'apogée des Stones

La pĂ©riode oĂč officie Mick Taylor au sein des Stones correspond Ă  l'apoggĂ©e du groupe. D'une part, en raison de son jeu de guitare qui apporte une certaine virtuositĂ© Ă  la musique du groupe. D'autre part, parce qu'avec la sĂ©paration des Beatles, les Rolling Stones se retrouvent au premier plan et peuvent prĂ©tendre au titre de "plus grand groupe de rock'n'roll" (titre officieux dont qu'ils s'Ă©taient autoproclamĂ©s[42] dĂšs la tournĂ©e 1969).

En 1971, les Rolling Stones sortent l'album Sticky Fingers avec la cĂ©lĂšbre pochette fermeture-Ă©clair, dessinĂ©e par Andy Warhol. Les rĂ©fĂ©rences au sexe et Ă  la drogue sont explicites, les compositions sont excellentes (Brown sugar, Wild Horses, Bitch, Sister Morphine, Dead Flowers). L'arrivĂ©e de Mick Taylor donne un nouveau souffle au groupe qui entame la mĂȘme annĂ©e une tournĂ©e d'adieu au Royaume-Uni. C'est en effet en France, sur la CĂŽte d'Azur que le groupe pose ses valises pour Ă©chapper au fisc anglais. En 1972, le groupe sort son premier double album Exile on Main Street, dont la plupart des titres ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s dans la villa NellcĂŽte, Ă  Villefranche-sur-mer oĂč rĂ©side Keith Richards. De nombreux invitĂ©s (Bobby Keys, Gram Parsons...) participent Ă  l'album et aux interminables sessions d'enregistrement ponctuĂ©es par les shoots d'hĂ©roĂŻne auxquels Keith s'adonne[43] (et qui vont se rĂ©vĂ©ler problĂ©matiques par la suite). L'album est excellent mĂȘme s'il ne contient pas vraiment de hit majeur, sauf Tumbling Dice et Happy chantĂ© par Keith Richards lui-mĂȘme. La chanson Sweet Black Angel, est un hommage Ă  Angela Davis, et le blues y est omniprĂ©sent. L'album n'est pas trĂšs bien accueilli par la critique Ă  sa sortie, mais sera finalement encensĂ© par cette mĂȘme critique 20 ans plus tard, le classant parmi les dix meilleurs albums de tous les temps (Rolling Stone Magazine).

A la suite de l'album, les Stones se lancent dans une gigantesque tournĂ©e aux Etats-Unis oĂč ils ne sont plus revenus depuis Altamont. Les Stones sont Ă  leur zĂ©nith et la tournĂ©e (intitulĂ© STP: Stone Touring Party avec un jeu de mots sur le STP qui est une amphĂ©tamine: le 2,5-dimĂ©thoxy-4-mĂ©thylamphĂ©tamine) devient un prĂ©texte Ă  tous les excĂšs (sexe, drogues, rock'n'roll et... tĂ©lĂ©visions dĂ©fenestrĂ©es). Le film-documentaire Cocksucker Blues tournĂ© par Robert Frank pendant la tournĂ©e nord amĂ©ricaine tĂ©moigne de ces excĂšs mais ne sortira pas, car prĂ©sentant une vision trop crue du groupe (drogues, groupies, destruction de chambres d'hĂŽtel, scĂšnes d'orgies dans un avion).

En 1973, l'inspiration du groupe commence Ă  flĂ©chir, car Keith Richards commence Ă  connaĂźtre des problĂšmes Ă  cause de sa dĂ©pendance Ă  l'hĂ©roĂŻne. La villa NellcĂŽte Ă©tant devenue un repĂšre de nombreux hĂ©roĂŻnomanes (dont Keith et Anita Pallenberg), elle est Ă©troitement surveillĂ©e par la police. En dĂ©cembre 1972, une descente de police trouve matiĂšre Ă  inculper Keith Richards de usage et trafic de drogue[44]. Si le guitariste a eu le temps de quitter les lieux, il est dĂ©clarĂ© persona non grata dans l'Hexagone, y privant le groupe de tout concert pendant plusieurs annĂ©es. L'album qui sort en 1973, Goat's Head Soup , enregistrĂ© en JamaĂŻque, est nettement infĂ©rieur aux prĂ©cĂ©dents. MalgrĂ© tout il devient un succĂšs commercial grĂące Ă  la chanson Angie. La tournĂ©e europĂ©enne qui promeut l'album reste l'une des meilleures de leur carriĂšre. Afin de satisfaire les spectateurs français malgrĂ© leurs dĂ©mĂȘlĂ©s judiciaires, les Rolling Stones et la radio RTL affrĂštent un train spĂ©cial Ă  destination d'un concert exceptionnel donnĂ© Ă  Bruxelles : le bootleg Brussels Affairs reflĂšte le son excellent de cette tournĂ©e, les Stones sont au zĂ©nith de leurs prestations scĂ©niques, les prestations de Mick Taylor sont absolument fantastiques.

Un déclin relatif

Le départ de Mick Taylor et l'arrivée de Ron Wood

En 1974 sort l'album It's Only Rock 'N Roll qui est le premier album produit sous le vocable « Glimmer Twins Â», surnom du duo Jagger - Richards. L'album ouvre sur le titre If You Can't Rock Me avec Keith Richards Ă  la basse, suivi de Ain't Too Proud To Beg, reprise des Temptations. On notera le morceau Time Waits For No One, avec un solo de Mick Taylor trĂšs inspirĂ© et surtout le morceau soul Fingerprint File qui fait rĂ©fĂ©rence aux exactions du FBI et des dictatures sud amĂ©ricaines.

Mick Taylor quitte, Ă  la grande surprise de tous, les Stones aprĂšs l'album It's Only Rock 'N Roll[45] en dĂ©cembre 1974. Il sera remplacĂ© par Ron Wood, issu des Faces et ayant travaillĂ© avec Rod Stewart et Jeff Beck (en tant que bassiste). De nombreuses rumeurs ont circulĂ© Ă  propos du dĂ©part de Taylor (qui ne s'est jamais expliquĂ© clairement sur ses raisons). La raison la plus rĂ©pandue est qu'il en avait marre de ne pas ĂȘtre crĂ©ditĂ© pour son apport sur certains morceaux[46]. Mais, il semblerait aussi qu'il avait du mal Ă  se sentir rĂ©ellement intĂ©grĂ© au groupe et que sa dĂ©pendance Ă  l'hĂ©roĂŻne a jouĂ© aussi dans sa dĂ©cision de s'Ă©loigner des Stones[46].

Avec le dĂ©part de Mick Taylor et l'arrivĂ©e de Ron Wood, le groupe perd un virtuose mais gagne un guitariste qui correspond plus Ă  leur image (trĂšs « sex, drugs & rock'n'roll Â»). De plus, l'arrivĂ©e de Ron Wood permet un retour au "guitar weaving" cette technique particuliĂšre d'entremĂȘler les deux guitares (sans distinction entre le guitariste soliste et le guitariste rythmique: chacun alternant ce rĂŽle) qui Ă©tait la marque de fabrique des Stones du temps oĂč Brian Jones et Keith Richards jouaient ensemble. La technique de Mick Taylor l'avait imposĂ© comme soliste et contraint Richards Ă  ne se contenter que de la rythmique.

Le batteur Charlie Watts lors d'un concert du groupe Ă  Hanovre en 2006

Dans le monumental livre Rolling Stones, Ron Wood explique s'ĂȘtre longtemps senti le « petit nouveau Â», et pas Stone Ă  part entiĂšre (Ă  juste titre puisque jusqu'en 1993, il ne sera qu'un salariĂ© du groupe avant d'ĂȘtre intĂ©grĂ© comme membre Ă  part entiĂšre des Stones). Les choses changeront pendant la durable brouille de 1988 entre Mick Jagger et Keith Richards, qui enregistreront alors en solo ; se disant qu'aprĂšs tout il a alors davantage d'anciennetĂ© que n'importe quel membre ayant quittĂ© les Stones, il prend sur lui d'amener Jagger et Richards Ă  la rĂ©conciliation. Celle-ci se concrĂ©tisera par l'album Steel Wheels en 1989.

Fin des années 70: les années sombres

Mick Jagger et Ron Wood en 1975

L'arrivĂ©e de Ron Wood est salutaire pour le groupe par sa capacitĂ© Ă  soutenir en studio et sur scĂšne les errances de Keith Richards, qui a du mal Ă  assurer sa place en raison de sa dĂ©pendance grandissante Ă  l'hĂ©roĂŻne. Sa contribution aux albums du groupe est de plus en plus erratique[47] et mĂȘme sur scĂšne, il a du mal Ă  tenir son rĂŽle. Lors d'une tournĂ©e europĂ©enne, en Allemagne, en 1976, Keith Richards, abruti par les drogues, s'Ă©vanouit sur scĂšne Ă  Francfort puis quelques jours plus tard, s'endort littĂ©ralement pendant un morceau Ă  MĂŒnster. Si Mick Jagger rĂ©ussit Ă  maintenir le groupe Ă  flots, Keith Richards est aux abonnĂ©s absents.

Les annĂ©es 70 seront une pĂ©riode trouble pour Keith Richards Ă  qui les mĂ©dias attribuent le titre peu enviĂ© de "l'ĂȘtre humain le plus Ă©lĂ©gamment dĂ©vastĂ©"[48]. Outre ses addictions, il est affectĂ© aussi la mort de ses proches: son fils ĂągĂ© de dix semaines, Tara meurt en 1976, son grand ami Gram Parsons en 1973... Ses diverses arrestations comme en Arkansas en 1975 ou Ă  Toronto en 1977 (voir plus bas) et les interdictions de sĂ©jour qui en dĂ©coulent mettent en pĂ©ril l'avenir du groupe et l'oblige Ă  constamment dĂ©mĂ©nager (France, Suisse, JamaĂŻque). Il y a aussi les doutes musicaux. La fin des annĂ©es 70 voit apparaĂźtre des musiques nouvelles comme le punk ou la disco, qui donnent un coup de vieux Ă  des groupes comme les Rolling Stones. Joe Strummer, guitariste du Clash dĂ©clare "En 1977, plus d'Elvis, plus de Beatles, plus de Rolling Stones!"[49] pour signifier sa dĂ©fiance Ă  des musiques qui selon lui, appartiennent au passĂ©.

Paradoxalement, malgré la défiance du punk, les albums des Stones entre 1975 et 1981 atteignent à chaque fois la premiÚre place au hit-parade des ventes. It's Only Rock 'N Roll (1974),Black and Blue (1976), Some Girls (1978), Emotional Rescue (1979) et Tattoo You (1981) sont tous numéro un des ventes. Le groupe s'essaie à des musiques nouvelles qui collent à leur époque comme le funk (Hot Stuff sur l'album Black and Blue), le reggae (Cherry O Baby) ou la disco (Miss You). Le groupe réussit encore à s'attirer les foudres des bien-pensants notamment à cause des paroles et de la pochette jugée sexistes de l'album Some Girls (1978)[50].

De mĂȘme, les concerts sont de plus gigantesques et importants par les foules qu'ils attirent, les lieux oĂč ils se dĂ©roulent et les moyens qu'ils nĂ©cessitent. L'attraction de la tournĂ©e 1975 est un pĂ©nis gonflable de six mĂštres[51]. En 1978, Les Rolling Stones jouent dans des stades pouvant contenir plus de 80 000 personnes et ils sont les premiers Ă  le faire[52]. C'est surtout grĂące Ă  Mick Jagger que le groupe arrive Ă  se maintenir dans la dĂ©cennie malgrĂ© la concurrence du punk ou de la disco. De l'aveu de Keith Richards, c'est Mick qui s'est occupĂ© des affaires du groupe aussi bien sur le plan artistique que sur le plan Ă©conomique[53].

Les années 80: Mick Jagger contre Keith Richards

L'arrestation de Keith Richards Ă  Toronto en 1977, qui risque sept ans de prison, met le groupe en pĂ©ril et jette le doute sur la pĂ©rennitĂ© de la prĂ©sence du guitariste au sein des Stones. Il est sauvĂ© in extremis de la prison par une fan aveugle, « Blind angel Â» comme l'a surnommĂ© Keith, qui convainc le juge de donner comme sentence un concert des Stones pour lever des fonds pour la cause des aveugles. Keith Richards reconnaĂźtra plus tard qu'elle lui a probablement sauvĂ© la vie. Cet Ă©vĂ©nement incite le guitariste Ă  se dĂ©barrasser de sa dĂ©pendance Ă  l'hĂ©roĂŻne qui gĂ©nĂšre de nombreux problĂšmes pour le groupe. Peu Ă  peu, Keith Richards se dĂ©fait de ses addictions, en mĂȘme temps qu'il se dĂ©fait de la prĂ©sence de sa compagne, Anita Pallenberg, hĂ©roĂŻnomane comme lui.

Le retour aux affaires de Keith est pourtant le début de nouveaux problÚmes pour le groupe. Selon Keith Richards, Mick Jagger avait pris le leadership du groupe dans les années 70 lorsque Keith était dépendant à l'héroïne et maintenant, que le guitariste était mieux, il n'était plus disposé à partager ce pouvoir[53]. Les premiers problÚmes apparaissent lors de l'enregistrement d'Emotional Rescue[54]en 1979 et culmineront avec la sortie de Dirty Work en 1986. Si le groupe continue d'enregistrer des albums et à jouer des concerts, Keith Richards et Mick Jagger ne se cÎtoient pratiquement plus et ne s'adressent plus la parole.

Mick Jagger semble de plus en plus tentĂ© par une carriĂšre solo. AprĂšs deux collaborations avec Michael Jackson pour State of Shock en 1984 et David Bowie pour Dancing in the Streets en 1985, il sort son premier album solo: She's the Boss en 1985 suivi de Primitive Cool en 1987. Les vellĂ©itĂ©s de carriĂšre solo de Mick provoquent l'ire de Keith Richards qui dĂ©clare mĂȘme en 1986: "Si Mick fait une tournĂ©e sans nous, je lui coupe la gorge"[55]. Les autres Stones eux-mĂȘmes se tiennent dĂ©sormais Ă  l'Ă©cart d'un groupe, qui n'en a plus que le nom. Keith Richards a formĂ© son propre groupe les X-Pensive Winos, Charlie Watts joue du jazz avec le groupe qu'il a lui-mĂȘme formĂ© le Charlie Watts Orchestra et Bill wyman s'investit dans la production via le projet AIMS (Ambition, IdĂ©es, Motivation, SuccĂšs). Selon Wyman, Mick est le responsable des problĂšmes des Stones parce qu'il a dĂ©cidĂ© de "faire son propre truc tout seul sans le groupe"[56].

Le sommet des troubles est atteint en 1986 avec l'album Dirty Work, sur lequel Bill Wyman et Charlie Watts jouent volontiers les absents: plusieurs invitĂ©s contribueront Ă  cet album, dont Tom Waits, Jimmy Cliff, Steve NaĂŻve et les guitaristes Jimmy Page et Bobby Womack. C'est pendant l'enregistrement de l'album que dĂ©cĂšde Ian Stewart, l'ami fidĂšle et le membre fondateur du groupe, qui vivait dans leur ombre. Le titre de l'album est un clin d'Ɠil aux fans, qui connaissent les difficultĂ©s du groupe.

L’éternel retour

En janvier 1989, lors de l'intronisation du groupe au Rock & Roll Hall of Fame Ă  Cleveland, aux États-Unis, les deux « Glimmer Twins Â» s'Ă©vitent mais, finiront quand mĂȘme par se parler (probablement aux parties de fin de soirĂ©e) et dĂ©cideront de se revoir au cas oĂč la « chimie Â» fonctionnerait de nouveau.

Bill Wyman (bassiste de 1962 Ă  1993) & Mick Taylor (guitariste de 1969 Ă  1974) en 2008

Ils synchronisent finalement leurs agendas et se retrouvent en mars 1989 à La Barbade. C'est là qu'ils signent un lucratif contrat avec CPI (Concert Production International) pour une tournée de cinquante concerts en Amérique du Nord, contre un cachet de 65 à 70 millions de dollars[57]. Il s'agit à l'époque, du plus lucratif contrat de l'histoire du rock[57].Le groupe se rend ensuite à Montserrat au studio Air pour enregistrer l'album Steel Wheels qui sortira en août 1989. Une forme de renaissance viendra avec cet album, qui verra les Stones, à nouveau soudés, retrouver l'inspiration et l'envie de jouer ensemble. La tournée nommée elle-aussi Steel Wheels, la premiÚre du groupe depuis sept ans, débute le 31 août 1989 et finit le 19 décembre. Mais elle est poursuivie l'année suivante au Japon puis en Europe, sous le nom d'Urban Jungle Tour.

Si les tournĂ©es se font dans des grands stades et deviennent un vrai business industriel[58], Keith insistera pour pouvoir toujours jouer dans des petites salles, plus ou moins officiellement, usant parfois de pseudonymes pour le groupe, afin de rester prĂšs de ses fans. À titre d'exemple, l'album Stripped est enregistrĂ© en partie Ă  l'Olympia de Paris et en partie au Paradiso Club d'Amsterdam ainsi que quelques titres en studio au Japon dans le cadre de rĂ©pĂ©titions. Visiblement lassĂ© de ne pas ĂȘtre crĂ©ditĂ© pour ses contributions, et peut ĂȘtre aussi des tournĂ©es incessantes dans les stades ou bien aussi par son avance en Ăąge sur les autres[59], Bill Wyman quitte le groupe le 6 janvier 1993 pour prendre sa retraite[60]. Il forme les Rhythm Kings, groupe comprenant des « requins de studios Â», tous de ses amis, comme Peter Frampton, Albert Lee ou Gary Brooker, et enregistre plusieurs albums aux consonances blues et jazz. Il est remplacĂ© par Darryl Jones, choisi par Charlie Watts, qui amĂšne une basse encore plus pesante que Bill Wyman et qui sied trĂšs bien au son des Stones; Darryl Jones ne sera jamais considĂ©rĂ© comme un « vrai Stone Â» et ne sera pas prĂ©sent sur les photos publicitaires des Stones, bien qu'il soit trĂšs apprĂ©ciĂ© des membres du groupe. Il est aussi le premier non-anglais Ă  faire partie des Stones, puisqu'il est amĂ©ricain.

Un nouvel album en 1994, Voodoo Lounge, encore plus « roots Â» que Steel Wheels, donne l'impression une fois de plus que les Stones sont de retour. Nouvelle tournĂ©e mondiale, et nouveau succĂšs.

Keith Richard sur la tournée Voodoo Lounge en 1995

Les Stones sortent un nouvel album en 1997, (Bridges to Babylon), marqué par la volonté de s'inscrire dans l'air du temps (production des Dust Brothers, basse de Me'Shell Ndegéocello, cosignature à l'amiable du premier single avec K.D. Lang) tout en gardant le son traditionnel. Cet album donne l'occasion d'une nouvelle tournée mondiale, qui durera de septembre 1997 à septembre 1998, pour reprendre de janvier à juin 1999. Le clip du titre vedette Anybody Seen My Baby est excellent et met en scÚne la trÚs belle Angelina Jolie dans une tenue trÚs sexy.

Pour fĂȘter leurs quarante annĂ©es de carriĂšre, les Rolling Stones repartent en tournĂ©e mondiale en 2002-2003. Cette tournĂ©e, appelĂ©e Licks Tour, voit les Stones au meilleur de leur forme depuis leurs plus grandes annĂ©es de gloire [rĂ©f. nĂ©cessaire]. Ils n'ont pas d'album Ă  promouvoir cette fois, sinon une compilation qui comporte quatre titres inĂ©dits, Forty Licks (dont Losing My Touch chantĂ© par Keith et le single Don't Stop). Pour cette tournĂ©e ils rĂ©pĂštent plus de quatre-vingts chansons tirĂ©es de l'ensemble de leur rĂ©pertoire (notamment des chansons jamais jouĂ©es sur scĂšne comme Can't You Hear Me Knockin' ). Ils en profiteront aussi pour Ă©cumer un grand nombre de petites salles, dont de nouveau l'Olympia de Paris. La tournĂ©e, remarquĂ©e pour sa vigueur, le plaisir qu'ils ont Ă  jouer ensemble, le son et l'Ă©nergie, sera l'occasion du premier DVD des Rolling Stones, Four Flicks, qui donne trois concerts (Ă  New York au Madison Square Garden, Ă  Paris Ă  l'Olympia et Ă  Twickenham) et plus de quarante chansons.

L'album A Bigger Bang apparaĂźt Ă  certains, Ă  nouveau, comme une rĂ©surrection. Il est en effet enregistrĂ© dans le chĂąteau français de Mick Jagger, avec de nombreux blues et des titres trĂšs « roots Â», et la « patte Â» de Keith Richards. Mais peinant quelque peu Ă  se renouveler avec cet album de plus, ils ne font pas illusion auprĂšs d'une partie de la critique et des fans.

Leur derniĂšre tournĂ©e mondiale « A Bigger Bang Â» a commencĂ© le 21 aout 2005 Ă  Boston (États-Unis). AprĂšs les Ă©tapes amĂ©ricaines (Nord et Sud), asiatiques et en OcĂ©anie, un accident trĂšs mĂ©diatisĂ© de Keith Richards (tombĂ© tĂȘte la premiĂšre d'un arbre) a contraint le groupe Ă  diffĂ©rer l'ouverture de la tournĂ©e europĂ©enne, bouleversant nombre de dates et en en annulant quelques-unes. En France, deux concerts initialement prĂ©vus au Stade de France, furent fondus en une seule soirĂ©e le 28 juillet 2006, l'une de leurs meilleures prestations dans l'Hexagone selon de nombreux avis. Les Rolling Stones sont Ă©galement Ă  Nice le 8 aoĂ»t 2006, renouant pour un soir au Palais NikaĂŻa (stade Charles-Ehrmann) avec leurs annĂ©es « Riviera Â». Se confirme aussi un retour de la tournĂ©e aux États-Unis, prĂ©vu dĂšs septembre pour plusieurs mois.

Cette tournĂ©e « A Bigger Bang Â» est d'ores et dĂ©jĂ  devenue la plus lucrative de l'histoire de la musique[rĂ©f. nĂ©cessaire], avec depuis l'automne 2005 des recettes de 437 millions $US et une audience de 3,5 millions de personnes pour 110 spectacles. Le groupe a Ă©galement attirĂ© deux millions de personnes lors du concert gratuit de Rio de Janeiro, sur la plage de Copacabana, en fĂ©vrier 2006.

Ainsi depuis la sortie de Voodoo Lounge en 1994, les Rolling Stones ont passĂ© plus de sept ans sur scĂšne, avec un Ă©vident plaisir qui, mĂȘme s'il n'est pas dĂ©nuĂ© de manƓuvres commerciales et de gains colossaux, dĂ©montre, s'il le fallait encore, que le groupe reprĂ©sente alors, avec les Who (reformĂ©s en 1989), Paul McCartney et Ringo Starr,le seul tĂ©moignage de l'Ăąge d'or du rock'n'roll[61], et la preuve que leur musique est intemporelle.

Les Stones sont considérés, avec Bob Dylan, les Beach Boys, les Beatles, les Who, Led Zeppelin et quelques autres, comme des inventeurs de la musique populaire moderne. DÚs leurs débuts, ils ont tenu à catégoriser leur musique comme du Rhythm and Blues (d'aprÚs Ray Charles, c'était le nom donné autrefois au Rock and roll avant qu'il ne devienne à la mode), et se réclamÚrent à plusieurs reprises de la filiation des grands bluesmen. Légendaires, ils continuent à attirer les foules, et apparaissent lors de grands événements, comme lors du Super Bowl[62].

En fĂ©vrier et en mars 2010, aprĂšs de multiples rumeurs sur une Ă©ventuelle tournĂ©e, les Rolling Stones annoncent dans la presse qu'Ă  l'occasion de la sortie de l'album de 1972 Exile On Main St remasterisĂ©, ils publieraient une dizaine de chansons enregistrĂ©es Ă  cette Ă©poque. D'aprĂšs une interview publiĂ©e dans le magazine Rolling Stone, ils auraient mĂȘme placĂ© de nouvelles pistes de guitares et de chant sur certains titres. Dans la mĂȘme interview, Keith Richards ne dĂ©ment pas une rumeur selon laquelle Mick Taylor serait venu enregistrer avec eux[63].

Le premier single, Plundered My Soul, est disponible depuis le 20 avril[64]. Keith Richards a annoncé durant la promotion de son autobiographie une tournée des Rolling Stones pour 2011.

Clips

Un aspect important des Rolling Stones est la qualitĂ© de leurs clips vidĂ©o. Truculents comme She Was Hot (« Elle Ă©tait chaude Â»), touchants comme Harlem Shuffle, simples comme Waiting On A Friend, faisant allusion aux exactions des escadrons de la mort en AmĂ©rique centrale comme Undercover, et recourant pour certains Ă  des techniques comme l'image de synthĂšse, les manipulations vidĂ©o, voire le « portamento visuel Â» (Like a rolling stone), ils constituent des Ɠuvres Ă  part entiĂšre.

Logotype

« The Tongue Â» (« La langue Â»), inspirĂ©e de la bouche du chanteur Mick Jagger, a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 1970 par John Pasche, alors Ă©tudiant en art au Royal College of Art de Londres. Avant de devenir le logo emblĂ©matique du groupe, l'illustration a Ă©tĂ© utilisĂ©e sur l'album Sticky Fingers, en 1971. Le design original a Ă©tĂ© achetĂ© le 2 septembre 2008 par le musĂ©e londonien Victoria and Albert, pour plus de 63 000 euros, lors d'enchĂšres aux États-Unis[65].

Discographie

Article dĂ©taillĂ© : Discographie des Rolling Stones.

Vidéographie

Citations

  • « Les Stones symbolisent la vitalitĂ© Ă  l'Ă©tat pur et c'est pourquoi ils sont toujours prĂ©sents aujourd'hui Â», Martin Scorsese, 2008.

Notes et références

  1. ↑ Sur quelques pressages, son nom apparaĂźt orthographiĂ© Keith Richard, sans s. InterrogĂ© sur la question, il se montra Ă©vasif.
  2. ↑ (en)Rolling Stones, Everything is turning to gold
  3. ↑ « Dear Sir, I am writing on behalf of the « Rollin’ Stones Â» Rhythm and Blues band. Â». DĂ©but de la lettre datĂ©e du « 2. 1. 63. Â» – 2 janvier 1963 ou 1er fĂ©vrier 1963 ? – envoyĂ©e par Brian Jones au « Jazz Club Â» en vue de passer une audition. Brian prĂ©cise la composition du groupe : « Our front line consists of : vocal + harmonica (electric), and two guitars, supported by a rhythm section comprising bass, piano, and drums. Â» ; fac-similĂ© publiĂ© avec traduction par Gavin Martin, Interview d'Outre-Tombe : 1994 Brian vous parle, premiĂšre parution le 9 juillet 1994 dans NME, repris (trad. : Stan Cuesta) dans Rock & Folk, SpĂ©cial Hors-sĂ©rie nÂș 10, « Nos annĂ©es Stones : 1963-1995 Â», juin 1995, p. 37.
  4. ↑ Voire « Brian Jones and Mick Jagger & The Rollin’ Stones Â» pour leur premiĂšre apparition sur scĂšne en juin 1962, Thierry Chatain, article citĂ©, p. 25, 2e col.
  5. ↑ François Bon, Rolling Stones une biographie, 2002, ISBN 2-213-61308-7, p.41
  6. ↑ a et b François Bon, Rolling Stones une biographie, 2002, ISBN 2-213-61308-7, p88 - 89
  7. ↑ François Bon, Rolling Stones une biographie, 2002, ISBN 2-213-61308-7, p.96
  8. ↑ a et b François Bon, Rolling Stones une biographie, 2002, ISBN 2-213-61308-7, p105 - 110
  9. ↑ Keith Richards, Life, 2010
  10. ↑ François Bon, Rolling Stones une biographie, 2002, ISBN 2-213-61308-7, p119 - 120
  11. ↑ « Pour sa premiĂšre apparition rĂ©munĂ©rĂ©e sur scĂšne, Mick Jagger touche la somme de dix-sept shillings et six pences. Soit un peu moins de dix francs pour chanter avec le groupe Blues Incorporated d'Alexis Korner dans un club de Londres. Â», Paul Rambali, « Money
 Honey
 Â», article publiĂ© dans Vogue-Hommes en fĂ©vrier 1994 reproduit dans Rock & Folk, SpĂ©cial Hors-sĂ©rie nÂș 10, « Nos annĂ©es Stones : 1963-1995 Â», juin 1995, p. 98-104, p. 98 § « 1962 Â». À titre de comparaison, Charlie Watts, le seul Stone Ă  exercer alors une activitĂ© salariĂ©e, gagne annuellement 200 ÂŁ comme graphiste dans une agence de publicitĂ©.
  12. ↑ Nom qui servira de base au pseudonyme « Nanker Phelge Â» utilisĂ© par les Stones Ă  leurs dĂ©buts pour certains de leurs titres.
  13. ↑ Un pub dans lequel ils rĂ©pĂ©taient.
  14. ↑ Diddley Daddy et Road Runner de Bo Diddley, Bright Lights Big City et Baby What's Wrong? de Jimmy Reed, et I Want To Be loved de Willie Dixon.
  15. ↑ Eliot F. (Joe Staline ?), Flash !, mai 1995, in Rock & Folk, SpĂ©cial Hors-sĂ©rie nÂș 10, « Nos annĂ©es Stones : 1963-1995 Â», juin 1995, p. 142-144, p. 142 § 2 et photographie.
  16. ↑ Sur les conseils de Peter Jones, journaliste qui avait chroniquĂ© les Stones aprĂšs les avoir vus au Crawdaddy Club.
  17. ↑ BenoĂźt Feller, « Stonologie Â», in Rock & Folk, SpĂ©cial Hors-sĂ©rie nÂș 10, « Nos annĂ©es Stones : 1963-1995 Â», juin 1995, p. 10-21, p. 12.
  18. ↑ Dick Row est surnommĂ© dans le milieu « The man who turned down the Beatles. Â».
  19. ↑ Sorti en juin 1963, rĂ©fĂ©rence : Decca F11675.
  20. ↑ Les Stones ne seront jamais contents de l'enregistrement et du choix du titre imposĂ© par leur manager[rĂ©f. nĂ©cessaire], et ne joueront jamais ce titre sur scĂšne.
  21. ↑ Sorti en novembre 1963, rĂ©fĂ©rence : Decca F11764.
  22. ↑ Pas encore signĂ© « Jagger/Richards Â», mais « Nanker Phelge Â», pseudonyme utilisĂ© pour crĂ©diter l'ensemble du groupe.
  23. ↑ qui recouvraient juste les oreilles !
  24. ↑ Tenue de scĂšne quasi obligatoire de l'Ă©poque, que mĂȘme les Beatles avaient adoptĂ©e dĂšs leur premier single, rejetant « perfecto Â» et cheveux gominĂ©s aux oubliettes.
  25. ↑ Comme uriner (Mick, Bill et Brian, le 23 juillet 1965) sur les pompes d'une station-service qui refuse de leur ouvrir ses toilettes, grand scandale pour l'Ă©poque dans un Royaume-Uni civique !
  26. ↑ François Bon, Les Rolling Stones, une biographie, 2002 (ISBN 2-213-61308-7) p.222
  27. ↑ Massimo Bonanno, Le grand livre des Rolling Stones, 1990, ISBN: 2-85956-862-X,p.42
  28. ↑ James Phelge : « Brian was more preoccupied with his domestic situation and seemed to have no spare time. Â», dans son livre Nankering With the Rolling Stones(ISBN 2-84114-653-7).
  29. ↑ L'un conçu au lycĂ©e, l'autre en 61 avec Pat Andrew, avec qui il vit plus ou moins rĂ©guliĂšrement.
  30. ↑ a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, ISBN: 2-213-61308-7, p.219
  31. ↑ François Bon, Les Rolling Stones, une biographie, 2002 (ISBN 2-213-61308-7)
  32. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, ISBN: 2-213-61308-7, p.223 - 228
  33. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, ISBN: 2-213-61308-7, p.224
  34. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, ISBN: 2-213-61308-7, p.225 - 226
  35. ↑ http://www.elsewhere.co.nz/writingelsewhere/2390/stoned-by-andrew-loog-oldham-would-you-let-your-daughter-meet-andrew/
  36. ↑ a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.382-383
  37. ↑ Massimo Bonanno, Le Grand livre des Rolling Stones, 1990, p.28-30
  38. ↑ Par le cĂ©lĂšbre article de William Rees-Mogg en juillet 1967 : Who breaks a butterfly on a wheel?.
  39. ↑ Massimo Bonano, Le Grand Livre des Stones, 1990, ISBN: 2-85956-862-X, p.64-65
  40. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.413 - 414
  41. ↑ Qui a fait dĂ©couvrir Eric Clapton et Peter Green.
  42. ↑ a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.496-497
  43. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.534-539
  44. ↑ Massimo Bonanno, Le Grand Livre des Rolling Stones, 1990, p.118 - 119
  45. ↑ Le single It's Only Rock 'N Roll sera composĂ© et en partie enregistrĂ© chez Ron Wood, avec ce dernier et Mick Jagger aux guitares, David Bowie dans les chƓurs, Kenny Jones Ă  la batterie, et Willie Weeks Ă  la basse (dixit Bill Wyman dans son livre Rolling With The Stones, page 424).
  46. ↑ a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, ISBN: 2-213-61308-7, p.560 - 566
  47. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.572
  48. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.581
  49. ↑ http://www.lemonde.fr/week-end/article/2011/04/15/the-clash-nostalgie-du-punk_1507880_1477893.html
  50. ↑ Massimo Bonanno, Le Grand Livre des Rolling Stones, 1990, p.163-164.
  51. ↑ Massimo Bonanno, Le Grand Livre des Rolling Stones, 1990, p.143
  52. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.605
  53. ↑ a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.630
  54. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.631
  55. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.643
  56. ↑ François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p.649
  57. ↑ a et b Massimo Bonanno, Le Grand Livre des Rolling Stones, 1990, p.214
  58. ↑ GĂ©rĂ© par Jagger.
  59. ↑ Il a 7 ans de plus que Mick et Keith.
  60. ↑ Bill Wyman fera remarquer Ă  la presse qu'il est de tous les Stones celui dont l'album solo a eu le plus de ventes. On lui prĂȘte Ă©galement d'avoir connu le plus de succĂšs fĂ©minins, mais Ă  la diffĂ©rence de l'affirmation prĂ©cĂ©dente, celle-ci est peu vĂ©rifiable ; les autres Stones ne l'ont en tout cas pas officiellement contestĂ©e.
  61. ↑ Quelques autres groupes se reformĂšrent, comme The Original Animals, mais contituĂšrent des expĂ©riences moins durables.
  62. ↑ (en) Stones' Super Bowl songs censored.
  63. ↑ http://www.rollingstone.com/news/story/32635178/the_secrets_behind_the_rolling_stones_exile_on_main_street_reissue/4
  64. ↑ http://www.amazon.com/Plundered-Soul-7inch-Rolling-Stones/dp/B003AVQD0C/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=music
  65. ↑ Montpellierplus, mercredi 3 septembre 2008, p. 14.
  66. ↑ « Le premier film jamais tournĂ© sur un concert de rock dĂ©voile les Stones au dĂ©but de leur carriĂšre avec le T.A.M.I. Show oĂč l'on retrouve, en octobre 1964, James Brown et les SuprĂȘmes, Chuck Berry et les Beach Boys. Â», Robert Schlockoff, article citĂ©.
  67. ↑ « Cinq Â», ce sont les Stones filmĂ©s Ă  Hyde Park le 5 juillet 1969 concurremment Ă  Jo Durden Smith, The Stones in the Park ; « plus un Â», c'est Johnny Hallyday, filmĂ© au Palais des sports.

Annexes

Bibliographie

Articles

  • (Dossier, coordonnĂ© par Jean-Dominique Brierre en collaboration avec Jean-Marie Leduc), « The Rolling Stones Â», Paroles et Musique, p. 23-37 :
    • Jean-Dominique Brierre, « Le style des Stones Â», p. 36, 37.
    • Jean-Dominique Brierre, traductions-adaptations :
      • « La Fille des faubourgs (Back Street Girl) Â», p. 33 ;
      • « L'Émeutier (Street Fighting Man) Â», p. 34.
    • Thierry Chatain, « L'histoire Â», p. 25-29 ;
      • Jean-Marie Leduc, encadrĂ©s in Thierry Chatain :
        • « Mick Jagger Â», p. 25 ;
        • « Brian Jones Â», p. 28 ;
        • « Keith Richards Â», p. 27 ;
        • « Ian Stewart Â», p. 29 ;
        • « Mick Taylor Â», p. 26 ;
        • « Charlie Watts Â», p. 28 ;
        • « Ron Wood Â», p. 26 ;
        • « Bill Wyman Â», p. 27.
    • Jean-Marie Leduc, « Interviews Â», p. 31-35 :
      • « Mick Jagger : « C'est l'Ă©nergie qui nous a tenus... Â» Â», p. 31-33 ;
      • « Keith Richards : « Oublions la moitiĂ© du groupe... Â» Â», p. 34-35 ;
      • « Ron Wood : « J'ai dĂ» me battre pour gagner mes sous !... Â» Â», p. 34-35.
    • Robert Schlockoff, « Le cinĂ©ma des Stones Â», p. 30.

Revues, magazines...

  • Music Geant, Hors-sĂ©rie nÂș 4, « Le Monde des Rolling Stones Ă  travers leurs interviews Â», s. d.
  • Extra, nÂș 26, janvier 1973
  • Best, nÂș 54, janvier 1973
  • Best, nÂș 55, fĂ©vrier 1973
  • Best, nÂș 56, mars 1973
  • Best, nÂș 58, mai 1973
  • Best, nÂș 63, octobre 1973
  • Rock & Folk, nÂș 81, octobre 1973
  • RTL'Rock, « SpĂ©cial Rolling Stones Â», octobre 1973
  • Extra, nÂș 37, dĂ©cembre 1973
  • Best, nÂș 76, novembre 1974
  • Best, nÂș 144, juillet 1980
  • Best, nÂș 145, aoĂ»t 1980
  • Best, nÂș 167, juin 1982
  • Guitare Magazine, nÂș 20, juin 1982
  • Salut !, nÂș 175, du 9 au 22 juin 1982
  • Rock & Folk, nÂș 185, juin 1982
  • Rock en Stock, nÂș 53, juin 1982
  • Best, nÂș 168, juillet 1982
  • Rock & Folk, nÂș 186, juillet 1982
  • Rock en Stock, nÂș 54/55, juillet/aoĂ»t 1982
  • Photo, nÂș 197, fĂ©vrier 1984
  • Best, nÂș 169, aoĂ»t 1982
  • Rock & Folk, nÂș 217, mars 1985
  • Paroles et Musique, nÂș 65, dĂ©cembre 1986, (Dossier)
  • L'ÉvĂ©nement &, Hors-sĂ©rie nÂș 1, « SpĂ©cial Rolling Stones Â», juin 1990
  • Musicien, Hors-sĂ©rie nÂș 2, « SpĂ©cial Rolling Stones Â», 1990
  • Best, nÂș 264, juillet 1990
  • Best, nÂș 265, aoĂ»t 1990
  • Rock & Folk, SpĂ©cial Hors-sĂ©rie nÂș 1, « 1966-1990 Nos annĂ©es Stones Â», 1990
  • Jukebox magazine, nÂș 72, juillet-aoĂ»t 1993
  • Rock & Folk, SpĂ©cial Hors-sĂ©rie nÂș 10, « Nos annĂ©es Stones : 1963-1995 Â», juin 1995
  • Rock & Folk, Hors-sĂ©rie nÂș 12, « 30 ans de rock et de folk Â», novembre 1996
  • Jukebox magazine, nÂș 231, juin 2006
  • Rock & Folk, nÂș 466, juin 2006
  • Blues Again !, n° 6, juillet/aoĂ»t/septembre 2006

Livres

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