Avenue Des Champs-√Člys√©es

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Avenue Des Champs-√Člys√©es

Avenue des Champs-√Člys√©es

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8e arrt.
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Avenue des
Champs-√Člys√©es
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Arrondissement(s) 8e arrondissement
Quartier(s) Champs-√Člys√©es, Faubourg-du-Roule
Début place de la Concorde
Fin place Charles-de-Gaulle
Longueur 1910 m
Largeur 70 m
Création 1670
D√©nomination 2 mars 1864
Ancien(s) nom(s) all√©e du Roule ; avenue de Neuilly
G√©ocodification Ville de Paris : 1736

DGI : 1733

Nomenclature officielle
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Avenue des Champs-Elysées vue de la place de la Concorde
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L‚Äôavenue des Champs-√Člys√©es (ou simplement les Champs-√Člys√©es, parfois m√™me les Champs) est une grande et c√©l√®bre avenue de Paris. Elle est consid√©r√©e par beaucoup[1], comme la plus belle avenue de Paris[2], et, selon une expression couramment utilis√©e en France, comme la plus belle avenue du monde[3]. Elle tire son nom des Champs √Člys√©es, le lieu des Enfers o√Ļ s√©journaient les √Ęmes vertueuses dans la mythologie grecque.

Sommaire

Description

Les Champs-√Člys√©es sont situ√©s dans le 8e arrondissement de Paris, au nord-ouest de la ville. Ils commencent √† la place de la Concorde, o√Ļ se dresse l'Ob√©lisque, et s'√©tendent sur 1 910 m√®tres, d'est en ouest, sur terrain plat dans la premi√®re moiti√©, puis en mont√©e jusqu'√† la place Charles-de-Gaulle (ancienne place de l'√Čtoile, au sommet de la butte de Chaillot), au centre de laquelle se trouve l‚Äôarc de triomphe de l'√Čtoile. Sa largeur est de soixante-dix m√®tres.

Son tracé rectiligne offre une longue perspective née du palais du Louvre, dans laquelle s'alignent la statue équestre de Louis XIV dans la cour Napoléon du Louvre, l'arc de Triomphe du Carrousel, le jardin des Tuileries, l'Obélisque, l'arc de Triomphe, et plus loin à l'ouest, en-dehors de Paris, l'arche de la Défense. Il s'agit de l'axe historique de l'ouest parisien.

C'est un des principaux lieux touristiques de Paris. Dans sa partie inf√©rieure, l'avenue forme les jardins des Champs-√Člys√©es, longs de 700 m√®tres et larges de 300 √† 400 m√®tres. Elle comporte alors des contre-all√©es au-del√† desquelles s'√©tendent des jardins divis√©s en espaces rectangulaires appel√©s carr√©s :

À l'exception du dernier, chacun de ces carrés comporte, depuis les aménagements effectués sous la direction de l'architecte Jacques Hittorff en 1840-1847, une fontaine.

Dans la partie sup√©rieure de l'avenue, √† l'ouest du rond-point, on trouve de nombreuses boutiques de luxe, des lieux de spectacle (des cin√©mas, notamment les UGC Normandie, George-V et Triomphe ; le Lido ; de c√©l√®bres caf√©s et restaurants (Fouquet's)...

L'avenue a inspiré la création de la Benjamin Franklin Parkway à Philadelphie (Pennsylvanie) en 1917 et Paseo de la Reforma à Mexico (Mexique) en 1860.

Trottoir nord de l'avenue des Champs-√Člys√©es.

Histoire

√Ä l'origine, les Champs-√Člys√©es ne sont que des terrains mar√©cageux et inhabit√©s. En 1616, Marie de M√©dicis d√©cide d'y faire am√©nager, le long de la Seine, une longue all√©e bord√©e d'arbres : le cours la Reine.

Louis XIV, vers 1670, charge Andr√© Le N√ītre, le paysagiste du ch√Ęteau de Versailles et, √† Paris, du jardin des Tuileries, de poursuivre l'am√©nagement de ces terrains. Celui-ci trace dans l'axe du pavillon central du Palais des Tuileries, depuis l'actuelle place de la Concorde jusqu'√† l'actuel rond-point des Champs-√Člys√©es-Marcel-Dassault, en direction de la montagne du Roule ‚Äď qui se situait √† l'emplacement de l'actuelle place de l'√Čtoile ‚Äď une belle avenue bord√©e de terrains o√Ļ sont am√©nag√©s des all√©es d'ormes et des tapis de gazon. On l'appelle le Grand-Cours pour la distinguer du cours la Reine, ou encore la Grande all√©e du Roule, l‚Äôavenue du Palais des Tuileries (1680) et bient√īt les Champs-√Člys√©es.

Les Champs-√Člys√©es au XVIIIe si√®cle

La nouvelle avenue se d√©veloppe au-del√† de l'enceinte de Louis XIII et franchit (au niveau de l'actuelle rue Marbeuf) le Grand-√Čgo√Ľt, qui suivait le trac√© d'un petit ruisseau descendant de M√©nilmontant pour se jeter dans la Seine au niveau de l'actuel pont de l'Alma. Ce n'est qu'en 1710 que le duc d'Antin, surintendant des B√Ętiments du Roi, fait jeter un pont de pierre au-dessus de cet √©go√Ľt. Ce pont permet de prolonger l'avenue jusqu'√† ce que l'on appelait alors l'√©toile de Chaillot ‚Äď correspondant √† l'ensemble du trac√© actuel. Cette entreprise est achev√©e en 1724.

En 1722, le roi avait annex√© le village du Roule aux faubourgs de Paris. En 1765, il permit la construction de b√Ętiments de part et d'autre de l'avenue des Champs-√Člys√©es. En 1770, le marquis de Marigny, directeur g√©n√©ral des B√Ętiments du Roi, Arts, Jardins et Manufactures, fit entreprendre le nivellement de la montagne du Roule, renouvela les plantations et fit tracer les actuelles avenues de Marigny et Matignon ainsi que l'all√©e des Veuves (actuelle avenue Montaigne). En 1774, il fit √©largir l'avenue et la fit prolonger √† l'ouest jusqu'√† la Seine, au niveau du pont de Neuilly, par les actuelles avenues de la Grande Arm√©e √† Paris et Charles-de-Gaulle √† Neuilly-sur-Seine. On parle alors d‚Äôavenue de la Grille royale jusqu'√† la barri√®re de Chaillot et d‚Äôavenue de Neuilly au-del√† de celle-ci.

Malgr√© ces travaux, les Champs-√Člys√©es ont longtemps mauvaise r√©putation. C'est un lieu de m√©diocres guinguettes qui attirent de mauvais gar√ßons, des prostitu√©es et m√™me des brigands. Quelques baraques de foire y sont install√©es[4]. Un luxueux parc de loisirs, le Colis√©e, est inaugur√© en 1771 au niveau du rond-point des Champs-√Člys√©es, mais il ne tarde pas √† p√©ricliter car le public h√©site √† se rendre le soir dans ce quartier mal fam√©, et fait faillite d√®s 1780. Les promeneurs pr√©f√®rent diriger leurs pas le long du cours la Reine, qui suit le trac√© de la Seine et o√Ļ l'on peut jouer aux quilles, √† la paume ou aux barres. Au bout du cours la Reine, se trouve d'ailleurs un √©tablissement populaire, quoique de mauvaise r√©putation, le Petit Moulin-Rouge, b√Ęti sur des terrains appartenant √† Madame du Barry[5]. Pour am√©liorer la s√©curit√© du quartier, un poste de Gardes Suisses contigu √† la barri√®re de Chaillot[6] est √©tabli en 1777.

La popularit√© des Champs-√Člys√©es, qui prennent alors leur d√©nomination d√©finitive d‚Äôavenue des Champs-√Člys√©es (1789), ne d√©colle v√©ritablement que sous la R√©volution fran√ßaise. C'est par les Champs-√Člys√©es que passe le cort√®ge de m√©g√®res qui, le 5 octobre 1789, sous la conduite de Th√©roigne de M√©ricourt et de Reine Audu, se dirige vers Versailles pour ramener la famille royale √† Paris[7]. C'est aussi par les Champs-√Člys√©es que la famille royale est ramen√©e dans Paris le 25 juin 1791 apr√®s la fuite √† Varennes, entre deux haies de gardes nationaux qui rendent les honneurs la crosse en l'air. Sous la Terreur, la place de la Concorde est le th√©√Ętre des ex√©cutions capitales. Au bas de l'avenue, Huzard fait placer, sur des socles dessin√©s par le peintre David, les groupes de chevaux en marbre ex√©cut√©s par Guillaume Coustou pour l'abreuvoir du ch√Ęteau de Marly.

Le Directoire fait √©largir l'avenue centrale, fermer quelques bouges et combler les caves et souterrains o√Ļ se r√©fugiaient les malfaiteurs pour √©chapper √† la police. Des caf√©s √©l√©gants ouvrent leurs portes comme celui des Ambassadeurs[8], dont les plans auraient √©t√© dessin√©s par Jean-Jacques Rousseau, ainsi que des restaurants comme celui du traiteur Dupe, ouvert en 1800 et qui attire toutes les c√©l√©brit√©s de l'heure, √† commencer par Barras, dans une jolie maison blanche √† volets verts l√† o√Ļ s'√©l√®ve aujourd'hui le restaurant Ledoyen[9]. Le quartier des Champs-√Člys√©es devient un lieu de promenade √©l√©gante, point de passage pour aller prendre l'air √† la campagne, vers le quartier de Longchamp. Le p√®lerinage √† l'abbaye de Longchamp durant la Semaine sainte redevient une sorte de chevauch√©e mondaine qui suscite les protestations de l'archev√™que de Paris.

Les am√©nagements de Jacques Hittorff au XIXe si√®cle

C'est par l'avenue que s'effectue, le 15 d√©cembre 1840, le retour des cendres de Napol√©on Ier, devant 100 000 spectateurs.

Le quartier reste cependant peu s√Ľr : en 1804, le soir du sacre de Napol√©on Ier, Philippe Lebon, inventeur du gaz d'√©clairage, est assassin√© dans un fourr√© des jardins des Champs-√Člys√©es. Le 2 avril 1810, c'est par l'avenue, par√©e pour l'occasion d'un arc de triomphe factice, que la nouvelle imp√©ratrice des Fran√ßais, Marie-Louise d'Autriche, fait son entr√©e dans la capitale. C'est par le m√™me chemin qu'elle la quitte le 29 mars 1814. Le surlendemain, le tsar de Russie, Alexandre Ier, le roi de Prusse, Fr√©d√©ric-Guillaume III et le prince de Schwarzenberg prennent place dans une tribune dress√©e √† proximit√© du Palais de l'√Člys√©e pour assister au d√©fil√© des troupes alli√©es. Celles-ci[10] bivouaquent dans les jardins qu'elles laissent dans un √©tat d√©plorable.

Louis XVIII le fait remettre en √©tat[11] et ouvrir l'avenue Gabriel. Pour poursuivre l'am√©nagement de l'avenue, le pr√©fet de la Seine, le comte Chabrol de Volvic, par une ordonnance royale de 1828, fait affecter l'ensemble des jardins √† la Ville de Paris. Celle-ci construit les premiers trottoirs. √Ä partir de 1834, l'architecte Jacques Hittorff est charg√© de r√©am√©nager les jardins des Champs-√Člys√©es, parall√®lement √† son intervention sur la place de la Concorde.

Avec l'accord du nouveau préfet de la Seine, le comte de Rambuteau, Hittorf entreprend de créer des massifs à l'anglaise et de faire de nouvelles plantations. Il élève quatre fontaines[12] de style homogène .

La fontaine des quatre saisons dite aussi fontaine du Cirque est la premi√®re install√©e en 1839. Elle est orn√©e d'un groupe de quatre enfants, symbolisant les saisons. Elle est l'Ňďuvre du sculpteur Barre.

La fontaine de Diane, fut confiée au sculpteur Desprez[13].

La fontaine de V√©nus appel√©e parfois fontaine des Ambassadeurs, √©rig√©e comme la pr√©c√©dente en 1840 est l'Ňďuvre de Duret.

La quatrième appelée fontaine de la grille du coq est d'une facture plus simple, elle ne possède pas de sculptures et date aussi de 1840

Hittorf dessine √©galement les r√©verb√®res en fonte toujours en place mais alors aliment√©s au gaz et qui ach√®vent de donner aux Champs-√Člys√©es, selon la Revue de l'Art: ¬ę l'effet le plus agr√©able qu'il soit donn√© de voir ¬Ľ[14].

Sculptures et réverbères profiteront à partir de 1856 du système de cuivrage industriel, mis au point par Léopold Oudry, qui assurera leur protection[15].

Dans le projet qu'il soumet au conseil municipal de Paris en 1835, Hittorff propose √©galement de cr√©er un Panorama, un cirque, des restaurants et caf√©s de grand luxe[16] et un th√©√Ętre.

Le cirque d'√Čt√© et la fontaine des Quatre saisons
  • Le Panorama des Champs-√Člys√©es, construit pour remplacer celui √©difi√© en 1831 dans la rue des Marais, se situait dans un espace circulaire situ√© entre le cours la Reine et le grand carr√© des Jeux, √† l'emplacement o√Ļ se dressent aujourd'hui le Grand et le Petit Palais. C'√©tait une vaste rotonde de 40 m√®tres de diam√®tre et 15 m√®tres de hauteur. Hittorff en avait lui-m√™me donn√© les plans et en avait confi√© la direction artistique au peintre Jean-Charles Langlois (1789-1870). La nouvelle attraction, √©difi√©e en quelques mois, ouvrit ses portes en mai 1839 avec L'incendie de Moscou, r√©alis√© par Langlois, qui remporta un grand succ√®s public. En 1855, le Panorama fut int√©gr√© aux b√Ętiments de la premi√®re exposition universelle comme salle d'exposition o√Ļ √©taient pr√©sent√©s les productions des manufactures de S√®vres et des Gobelins ainsi que les joyaux de la couronne de France. Il fut d√©moli l'ann√©e suivante afin de cr√©er une all√©e reliant le Palais de l'Industrie au cours la Reine. Un nouveau Panorama fut alors √©difi√© en 1860 par l'architecte Gabriel Davioud, toujours avec le concours de Langlois, √† l'angle de l'avenue d'Antin (Voir Th√©√Ętre du Rond-Point).
  • En 1855, Hittorff fit construire par l'architecte Gar dans le carr√© Marigny, √† l'angle de l'avenue Gabriel et de l'avenue Marigny, √† l'emplacement du spectacle de ¬ę physique amusante, fantasmagorie et curiosit√© ¬Ľ propos√© depuis 1835 √† cet emplacement par un prestidigitateur, le Th√©√Ętre Marigny, dot√© de 600 places, et confi√© pour cinq ans √† Jacques Offenbach. Il est remplac√© en 1880 par l'√©difice actuel, plus vaste et construit par l'architecte Charles Garnier.
  • Un peu plus bas, dans le carr√© de l'√Člys√©e (no 8 avenue Gabriel), Hittorff fit construire en 1841 l‚ÄôAlcazar d'√©t√© c√©l√®bre caf√©-concert o√Ļ s'illustr√®rent la chanteuse Th√©r√©sa et le chansonnier Paulus. C'est aujourd'hui le Pavillon Gabriel.
  • Plus bas encore, dans le carr√© des Ambassadeurs, le caf√© des Ambassadeurs fut √©galement construit par Hittorff √† l'emplacement d'un restaurant dont la cr√©ation avait √©t√© originellement autoris√©e en 1772 par l'abb√© Terray et qui √©tait tenu en 1816 par la Veuve Rouget. Reconstruit en 1841, cet √©tablissement se d√©veloppa et accueillit, √† partir de 1897, des spectacles de revues avant d'√™tre d√©moli en 1929 pour √™tre remplac√© par le Th√©√Ętre des Ambassadeurs et le restaurant du m√™me nom. C'est aujourd'hui l‚ÄôEspace Cardin.
  • De l'autre c√īt√© de l'avenue se trouvait un autre caf√©-concert, le concert de l'Horloge, situ√© d'abord vers l'extr√©mit√© ouest du cours la Reine, √† l'emplacement o√Ļ s'installa ensuite, en 1896, le Jardin de Paris (V. Place du Canada). Il dut √™tre d√©moli en 1852 pour permettre la construction du Palais de l'Industrie et fut transf√©r√© par sa propri√©taire, Mme Picolo plus √† l'est, l√† o√Ļ commence aujourd'hui l'avenue Edward-Tuck. Il pr√©sentait l'agr√©ment d'un toit mobile form√© de deux parties coulissantes qui permettait de mettre le public √† l'abri des intemp√©ries.
  • Les restaurants Laurent et Ledoyen s'install√®rent respectivement dans les carr√©s Marigny et Ledoyen dans des pavillons √† frontons et colonnes polychromes dessin√©s par Hittorff lui-m√™me.

Les Champs-√Člys√©es sous le Second Empire

Parisienne au Rond-Point par Jean Béraud
La modiste sur les Champs-√Člys√©es par Jean B√©raud

L'ing√©nieur Jean-Charles Alphand, sous Napol√©on III, est √† son tour charg√© de l'am√©nagement des jardins[17]. Gr√Ęce √† ses efforts, conjugu√©s avec ceux de Hittorff, lors de l'Exposition universelle de 1855, les Champs-√Člys√©es sont devenus le lieu √† la mode. Alors que l'avenue ne comptait que six maisons en 1800[18], elle est bient√īt bord√©e d'immeubles, d'h√ītels particuliers et de maisons bourgeoises tandis que deux nouveaux quartiers se construisent au nord et au sud, √† l'emplacement des anciens jardins Beaujon[19] et Marbeuf[20].

Le Second Empire est une p√©riode faste pour les Champs-√Člys√©es. L'avenue, bord√©e de luxueuses demeures, devient le haut-lieu de la vie √©l√©gante parisienne. L'avenue est desservie par la ligne C de l'Omnibus Louvre Pont-de-Neuilly, ainsi d√©crit en trois vers.

C, trottant tout le long des Champs-Elyséens,
Glanant bonnes d'enfants, promeneurs, lycéens,
Du beau Pont-de-Neuilly jusqu'au Louvre les roule.[21]

√Ä partir de 1853, le grand carr√© des Jeux est occup√© par le Palais de l'Industrie, gigantesque construction de 200 m√®tres de long, √©difi√©e par l'architecte Victor Viel et inaugur√© le 15 mai 1855 par Napol√©on III. Le b√Ętiment sert aux expositions universelles de 1855, 1878 et 1889, et est utilis√© pour divers salons, expositions agricoles et horticoles, concours hippiques, f√™tes et c√©r√©monies publiques... Pour pr√©parer l'exposition universelle de 1900, l'√©difice est d√©truit √† partir de 1896 pour laisser place au Petit et au Grand Palais. Sa disparition permet de relier l'H√ītel des Invalides au Palais de l'√Člys√©e par le pont Alexandre-III.

En 1898, toujours dans le cadre de la pr√©paration de l'exposition de 1900, le restaurant du Petit-Paillard ouvre ses portes dans le carr√© de l'√Člys√©e dans un pavillon en pierre de style √©clectique construit par l'architecte Albert Ballu (aujourd'hui Pavillon de l'√Člys√©e) √† la place de l'ancien restaurant Langer, d'abord modeste caf√© conc√©d√© en 1866 √† Thollier, devenu propri√©t√© de la famille Mo√®ne. Pour le d√©cor de la salle √† manger, consistant en un √©l√©gant plafond peint inscrit dans un √©crin de staff, Ballu fit appel √† l‚Äôun de ses collaborateurs privil√©gi√©s Jean-Baptiste Hugues (1849-1930), grand prix de Rome de sculpture en 1875[22].

Les Champs-√Člys√©es au XXe si√®cle

L'Avenue des Champs-√Člys√©es est la premi√®re au monde √† recevoir un rev√™tement en bitume, en 1938.

Les Champs-√Člys√©es ont b√©n√©fici√© d'un r√©am√©nagement co√Ľteux (250 millions de francs) mais n√©cessaire en 1994, avec l'intervention de Bernard Huet (urbaniste), Jean-Michel Wilmotte et Norman Foster (designers de mobilier urbain). Cela s'est traduit, entre autres, par la suppression des contre-all√©es.

√Čconomie

Avenue des Champs-√Člys√©es vue de l'Arc de Triomphe
Avenue des Champs-√Člys√©es.
Avenue des Champs-√Člys√©es

Jusque dans les ann√©es 1950, l'avenue comprenait essentiellement des boutiques chics. Puis progressivement, ces derni√®res ont laiss√© place √† des si√®ges sociaux de groupes en qu√™te de prestige. L'arriv√©e du RER A modifie la donne : de nombreux parisiens et franciliens de toutes conditions pouvant acc√©der facilement aux Champs-√Člys√©es, les boutiques d'enseignes plus populaires vont alors se multiplier. La r√©novation lanc√©e en 1994 par le maire de Paris de l'√©poque, Jacques Chirac, en relation avec Roland Pozzo Di Borgo (Comit√© des Champs-√Člys√©es), va donner √† l'avenue une nouvelle image de marque. Mais elle reste le reflet de la mixit√© de la population qui la fr√©quente avec une distinction entre les deux trottoirs. Le trottoir nord ‚ÄĒ c√īt√© pair ‚ÄĒ est le c√īt√© ensoleill√© mais aussi celui qui conna√ģt la plus forte fr√©quentation en partie du fait qu'il se situe dans le prolongement de la sortie RER. Les boutiques et galeries commer√ßantes y sont plus nombreuses. 500 000 personnes en semaine, 750 √† 850 000 le week-end pour 30 √† 40 % de moins sur l'autre cot√© de la rue, cot√© impair. L'ouverture de la plupart des magasins jusqu'√† minuit et le dimanche participent aussi au succ√®s commercial de l'avenue.

L'avenue a longtemps √©t√© l'adresse incontournable des marques de luxe. Si certaines avaient eu tendance √† d√©serter dans les ann√©es 1970, la plupart sont revenues. Les compagnies a√©riennes, elles, ont presque toutes disparu, mais la plupart des marques automobiles y disposent d'un espace d'exposition souvent coupl√© √† un bar ou √† un restaurant. Les restaurants et les cin√©mas contribuent d'ailleurs fortement √† la fr√©quentation de l'avenue. Les cin√©mas, 29 salles, dont l'essentiel de la programmation est en version originale, y organisent des premi√®res. Pour beaucoup d'enseignes, une installation sur les ¬ę Champs ¬Ľ, m√™me si elle est tr√®s co√Ľteuse, pr√©sente un double int√©r√™t : la publicit√© par l'emplacement, mais aussi de fortes ventes de par la fr√©quentation touristique.

Les commer√ßants de l'avenue sont regroup√©s dans une association, le Comit√© Champs-√Člys√©es, cr√©√© en 1860 sous le nom de Syndicat d'initiative et de d√©fense des Champs-√Člys√©es, qui a pris son nom actuel en 1980. Cette association a pour objectif de maintenir une image prestigieuse de l'avenue. Pour y parvenir, le comit√© intervient aupr√®s des autorit√©s locales pour obtenir des mesures favorisant l'embellissement des lieux (√©clairage, d√©corations, etc.) et l'activit√© commerciale (horaires d'ouverture des magasins, qui par d√©rogation sont beaucoup plus √©tendus qu'ailleurs √† Paris et en France). De plus, ce comit√© a un r√īle purement consultatif sur les demandes d'installation de soci√©t√©s ou de commerces dans l'avenue. Le pr√©sident qui a redynamis√© le comit√© et l'avenue a √©t√© Roland Pozzo di Borgo qui a collabor√© √† la modernisation de l'avenue voulue par Jaques Chirac.

Prestigieuse et populaire, mais aussi luxueuse, l'avenue des Champs-√Člys√©es est donc de plus en plus ch√®re. Les prix de l'immobilier y sont tels, et la sp√©culation immobili√®re si forte, que seule une poign√©e de personnes y r√©sident encore, les √©tages sup√©rieurs des immeubles de l'avenue √©tant g√©n√©ralement occup√©s par des bureaux[23]. Cependant, les prix ne sont pas uniformes. Par exemple le c√īt√© nord (trottoir droit en montant) est plus cher car mieux expos√© au soleil et plus fr√©quent√© que le c√īt√© sud, o√Ļ les vitrines sont dans l'ombre des b√Ętiments. Mais depuis les ann√©es 2000 les prix ont tendance √† se rapprocher, le cot√© Sud ayant √©t√© choisi par des marques telles que Lancel, Lacoste, Hugo Boss, Louis Vuitton, Nike, Omega, Eden Shoes et le palace parisien le Fouquet's Barri√®re et le cot√© Nord par Cartier, Guerlain, Montblanc, Mc Donald, Adidas, et le c√©l√®bre et seul h√ītel ayant son entr√©e sur l'Avenue : le Marriott.

L'avenue des Champs-√Člys√©es √©tant un des emplacements les plus chers du monde; en 2007 l'avenue se classait en troisi√®me position pour le prix du m¬≤ √† l'achat apr√®s la Cinqui√®me avenue (New York) et le Pic Victoria (Hong Kong), le montant √©lev√© des loyers pourrait nuire √† la diversit√© commerciale ; les magasins de textile, et ceux dits de luxe, font partie des rares commerces √† pouvoir les absorber. Selon une √©tude command√©e par la Ville de Paris, 20% des magasins de l'avenue sont d√©volus au textile . Si on y inclut les commerces des galeries commerciales, il se rapproche de 39%. ¬ę C'est un maximum, selon une adjointe au maire . Au-del√†, il n'y a plus de diversit√© commerciale ¬Ľ[24].

Le comportement des propri√©taires fonciers de la c√©l√®bre avenue pourrait ainsi nuire √† l'attrait de l'avenue sur les visiteurs, et ironie du sort, affaiblir leurs investissements √† moyen terme. Mais √† ce jour, seules des mesures politiques incit√©es par le militantisme associatif semble pouvoir, √† court terme, sauver la diversit√© unique des Champs-√Člys√©es qui est l'un de ses attraits majeurs.

De m√™me, il ne reste plus que sept cin√©mas (quarante √©crans) fin 2006 contre treize en 1985 avant la fermeture annonc√©e de l'UGC Triomphe, qui conna√ģt un succ√®s public, mais est d√©ficitaire √† cause de la pression des loyers. D'autres activit√©s culturelles pourraient √™tre menac√©es.

Habitants célèbres

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B√Ętiments remarquables et lieux de m√©moire

  • no 25  : H√ītel de la Pa√Įva : Cet h√ītel particulier, l'un des derniers de l'avenue, a √©t√© construit entre 1856 et 1866 par l'architecte Pierre Manguin pour Esther Lachmann, marquise de Pa√Įva, dite La Pa√Įva (1818-1884), c√©l√®bre courtisane du Second Empire, sur un terrain laiss√© libre par la faillite de l'ancien Jardin d'hiver et acquis de Mme Grelet, n√©e Lemaigre de Saint-Maurice[33]. D'un luxe exceptionnel, l'h√ītel, c√©l√®bre pour le faste de sa d√©coration int√©rieure, constitue l'un des meilleurs exemples conserv√©s d'architecture priv√©e du Second Empire. Apr√®s la mort de La Pa√Įva, l'h√ītel fut vendu √† un banquier de Berlin puis, en 1895, au restaurateur Pierre Cubat. Depuis 1904, il abrite un cercle priv√©, le Travellers. Il a r√©cemment fait l'objet d'une restauration extensive.
  • no 36 : H√ītel de M. G. B√©jot (en 1910)[34]. Subsiste mais tr√®s d√©natur√©.
  • no 37 (angle de la rue Marbeuf) : R√©sidence de B√©atrice Charlotte Antoinette Denis de K√©r√©dern de Trobriand (1850-1941). Elle √©tait la fille du comte R√©gis de Trobriand (1816-1897), aristocrate fran√ßais naturalis√© am√©ricain et g√©n√©ral des arm√©es de l'Union durant la Guerre de S√©cession, et de Mary Jones, riche h√©riti√®re, fille de Mary Mason Jones, grand-tante d'Edith Wharton. Tandis que son mari vivait √† New York, la comtesse de Trobriand r√©sidait la plupart du temps √† Paris[35] ainsi que sa fille qui √©pousa √† Paris le 9 d√©cembre 1869 John Burnett-Stears, fils du cr√©ateur de l‚Äôusine √† gaz qui alimentait les r√©verb√®res de Brest √† la fin du XIXe si√®cle. Ils poss√®daient plusieurs propri√©t√©s en Bretagne dont le ch√Ęteau de Ker Stears, grosse demeure bourgeoise construite par John Stears p√®re et transform√©e ult√©rieurement, et le manoir de Leuhan sur la commune de Plabennec. John Burnett-Stears mourut √† Brest le 16 janvier 1888 et sa veuve se remaria le 20 novembre 1900 √† Paris avec le comte Olivier Marie-Joseph de Rodellec du Portzic, hobereau de campagne de vingt-cinq ans son cadet. Dans la soir√©e du 2 ao√Ľt 1906, apr√®s une r√©ception au ch√Ęteau de Ker Stears, on constata de la disparition d‚Äôune bague orn√©e d‚Äôun diamant d‚Äôune valeur de 50 000 francs or. Le bijou fut retrouv√© vingt jours plus tard cach√© dans le flacon de dentifrice du diplomate attach√© √† l‚Äôambassade de Russie qui avait particip√© √† la f√™te. Faute de preuves, celui-ci fut laiss√© libre mais, en juillet 1907, le diplomate intenta un proc√®s en diffamation aux √©poux de Rodellec du Portzic. Ce proc√®s public occasionna un d√©ballage de mauvais go√Ľt sur la vie priv√©e des deux parties et causa un scandale mondain dans la presse. La comtesse v√©cut s√©par√©e de son √©poux apr√®s cette affaire[36]. Cet √©pisode a inspir√© √† Maurice Leblanc le chapitre 2 intitul√© ¬ę Le diamant bleu ¬Ľ de son roman Ars√®ne Lupin contre Herlock Sholm√®s (1908).
  • no 42  : Citro√ęn C42.
  • no 63 : Abritait en 1910 l'A√©ro-Club de France[37] qui se trouve aujourd'hui no 6, rue Galil√©e.
  • no 68 : Immeuble construit en 1913 par l'architecte Charles Mew√®s pour le parfumeur Guerlain[38]. D√©cor int√©rieur.
  • no 76-78 : Arcades du Lido : L'immeuble √©lev√© √† cette adresse comporte au rez-de-chauss√©e une galerie marchande qui donne d'un c√īt√© sur les Champs-√Člys√©es et de l'autre sur la rue de Ponthieu. Les Arcades des Champs-√Člys√©es, ¬ę une kermesse permanente de commerces de luxe ¬Ľ, furent construites en 1925 par l'architecte Charles Lefebvre et ses associ√©s Marcel Julien et Louis Duhayon √† l'emplacement de l'ancien h√ītel Dufayel. La parcelle de terrain, √©troite, entre l'avenue et la rue de Ponthieu, avait √©t√© acquise par le diamantaire et promoteur immobilier L√©onard Rosenthal. Les Arcades furent inaugur√©es le 1er octobre 1926. Quelques colonnes en marbre, provenant de l'ancien h√ītel Dufayel, sont utilis√©es dans la r√©alisation. La d√©coration de la galerie est l'Ňďuvre du ferronnier Ren√© Gobert, des ma√ģtres-verriers Fernand Jacopozzi et Ren√© Lalique, auteur de fontaines de verre, aujourd'hui disparues. Le sous-sol du passage abritait le Lido jusqu'en 1976. Inaugur√©s en 1928, il s'agissait √† l'origine de salons de beaut√© avec une piscine mondaine. Ils avaient √©t√© con√ßus par l'architecte Ren√© Berger. Transform√©s en cabaret en 1946, ils furent √† l'origine du nom actuel du passage, les Arcades du Lido.
  • no 91 (angle de la rue Quentin-Bauchart) : Immeuble o√Ļ le journaliste et patron de presse L√©on Bailby (1867-1954) installa dans les ann√©es 1930 les bureaux du quotidien Le Jour[39].
  • no 99bis[40] : ¬ę Vers 1900, Mme Sorel n'avait eu encore que peu d'occasions d'opposer sa cr√Ęnerie aux brocards de la ville. Les brocards dont elle commen√ßait √† se v√™tir √©taient ceux du r√©pertoire de l'Od√©on, o√Ļ elle d√©butait, obscur√©ment sinon modestement. Elle d√©butait un peu moins modestement dans le Tout-Paris, car elle avait d√©j√† maison mont√©e, au coin de l'avenue George-V, juste au-dessus de l'actuel Fouquet's. Un universitaire chevronn√©, Gustave Larroumet, venait ici lui donner des le√ßons particuli√®res pour l'initier aux secrets des grands classiques. [...] quand elle s'√©tait attard√©e en quelque maison de couture pour ses affaires d'atours, on pouvait apercevoir, sur le balcon de Mme Sorel, Gustave Larroumet, guettant le retour de son √©l√®ve, impatient de reprendre la le√ßon interrompue. ¬Ľ[41] L'immeuble abrite au rez-de-chauss√©e la c√©l√®bre brasserie Fouquet's et, dans les √©tages, l‚ÄôH√ītel Fouquet's Barri√®re, inaugur√© en octobre 2006.
  • no 103 : √Člys√©e-Palace : H√ītel de voyageurs construit en 1898 pour la Compagnie des wagons-lits par l'architecte Georges Chedanne. Ce fut le premier des grands h√ītels de voyageurs √©difi√©s sur les Champs-√Člys√©es. Il fut bient√īt suivi par l'h√ītel Astoria (1904) et l'h√ītel Claridge (1912). Auparavant, les palaces se trouvaient dans le quartier du Louvre et de l'Op√©ra. Le d√©cor original a √©t√© d√©truit par le Cr√©dit commercial de France, qui a acquis l'immeuble en 1919 pour y installer son si√®ge social[42].
  • no 114 : Alberto Santos-Dumont (1873-1932), pionnier de l'aviation, a habit√© cet immeuble devant lequel il fit atterrir en 1903 son dirigeable no 9 (plaque comm√©morative).
  • no 119 : H√ītel Carlton : Construit en 1907 par l'architecte Pierre Humbert. Devenu en 1988 le si√®ge de la Compagnie Air France.
  • no 120 : James Gordon Bennett junior (1841-1918), propri√©taire du New York Herald et m√©c√®ne de l'a√©rostation, habitait cet immeuble[43].
  • no 121 : Cet imposant immeuble haussmannien fut construit en 1907 par l'architecte Pierre Humbert.
  • no 122 : Le comte Henry de La Vaulx (1870-1930), pionnier de l'aviation, a habit√© √† cette adresse de 1898 √† 1909 (plaque comm√©morative[44]).
  • no 124 (et no 2, rue Balzac) : H√ītel particulier construit peu avant 1858 pour Santiago Drake del Castillo, l'un des rares exemples conserv√©s des h√ītels qui bordaient l'avenue sous le Second Empire.
  • no 127 (et no 26 rue Vernet) : Cet immeuble fut construit par Pierre Humbert et abrite aujourd'hui le flagship Lancel.
  • no 136 (et no 1, rue Balzac) : H√ītel particulier de Mme C.B. de Beistegui (en 1910)[45]. D√©natur√© par l'installation au rez-de-chauss√©e du showroom des automobiles Peugeot, il a conserv√© un riche d√©cor dans les salons du premier √©tage.
  • no 138 : H√ītel de William Kissam Vanderbilt (1849-1920) : ¬ę il r√©unissait dans les salons du 138 une inestimable collection de tableaux et d'objets d'art, mais qu'il ne consentait √† faire admirer qu'√† certains privil√©gi√©s. ¬Ľ[46]
  • no 152 (angle de la rue Ars√®ne-Houssaye) : Dans cet immeuble, construit √† l'emplacement de l'h√ītel Musard, Mme de Loynes tint au d√©but du XXe si√®cle, √† l'entresol[47], un influent salon litt√©raire et politique dont le critique Jules Lema√ģtre √©tait le grand homme.

B√Ętiments d√©truits

  • no 15 : H√ītel de Morny : L'agrandissement, √† l'initiative de l'industriel Marcel Dassault, de l'h√ītel Le Hon (V. no 9, rond-point des Champs-√Člys√©es-Marcel-Dassault) en 1962[48] a fait dispara√ģtre le petit h√ītel que le duc de Morny avait fait construire pour lui-m√™me en 1844 √† c√īt√© de celui de sa ma√ģtresse, la comtesse Le Hon, et qui avait √©t√© surnomm√© plaisamment √† l'√©poque ¬ę la niche √† Fid√®le ¬Ľ. Il s'ouvrait sur les Champs-√Člys√©es et se composait √† l'origine d'un rez-de-chauss√©e perc√© d'une large fen√™tre encadr√©e de sculptures. Morny le l√©gua √† sa fille naturelle, L√©opoldine (1838-1931), mari√©e en 1858 au prince Stanislas Auguste Fr√©d√©ric Poniatowski. Celle-ci fit sur√©lever l'h√ītel d'un √©tage. L'h√ītel fut ensuite la r√©sidence d'Edmond Archdeacon (1864-1906), agent de change et d√©put√© de Paris, et de son √©pouse n√©e Anne-Fran√ßoise de Rocquigny du Fayel. Celle-ci ¬ę recevait beaucoup et donnait des bals fort √©l√©gants ¬Ľ[49]. Il abrita ensuite un d√©corateur. Dans les ann√©es 1970, la fa√ßade a √©t√© remont√©e dans le parc du ch√Ęteau que Marcel Dassault poss√©dait √† Coigni√®res dans les Yvelines.
  • no 27 : Ancien h√ītel Binder (V. le no 102 ci-dessous).
  • no 31 : H√ītel Dutuit : H√ītel des collectionneurs Eug√®ne (1807-1886) et Auguste (1812-1902) Dutuit dont la collection, l√©gu√©e en 1902 √† la Ville de Paris par Auguste, est aujourd'hui au Petit Palais[50].
  • no 33 : ¬ę Au 33, le salon tr√®s mondain de Mme Victor Pignatel[51] ouvrait ses fen√™tres √† l'endroit o√Ļ s'√©taient √©lev√©es les hautes verri√®res du Jardin d'Hiver, qui s'√©tendait jusqu'au Rond-Point. ¬Ľ[52]
  • no 42 : H√ītel du prince de Saxe-Cobourg[53].
  • no 50 (angle de la rue du Colis√©e) : H√ītel de Poilly : H√ītel de style XVIIIe si√®cle de la baronne de Poilly qui y ¬ę poss√©dait une belle galerie de tableaux anciens. Seigneurs et marquises Louis XV et Louis XVI animaient ce d√©cor plusieurs fois l'an, car la baronne de Poilly avait le go√Ľt du bal costum√©. Elle donnait aussi des r√©ceptions o√Ļ le monde tout court c√ītoyait le monde des lettres. On y vit le bon Copp√©e, Montesquiou l'extravagant, Paul Bourget, le professeur Pozzi (mais o√Ļ ne le voyait-on pas ?) et, vers la fin de sa vie, le "Conn√©table" Barbey d'Aurevilly lui-m√™me. ¬Ľ[54]
  • no 52 (angle de la rue La Bo√©tie) : H√ītel de Massa.
  • no 53 : ¬ę Les victorias, les landaus et les coup√©s qui paradaient sur la chauss√©e, affrontaient l'examen s√©v√®re du ma√ģtre carrossier de l'√©poque, M. M√ľlbacher, qui habitait au 53, et qui se distrayait de la construction des huit-ressorts en composant une collection des ma√ģtres fran√ßais du XVIIIe si√®cle. Plus tard, on nota dans le m√™me immeuble la pr√©sence de Polaire qui battait alors les deux records de la taille la plus mince et des perles les plus grosses de Paris. ¬Ľ[55]
  • no 66 : H√ītel particulier de M. Amodru (en 1910)[56].
  • no 68 : H√ītel particulier de la comtesse Blanc (en 1910)[57].
  • no 74 : H√ītel Sommier : Il avait son entr√©e au no 57, rue de Ponthieu[58].
  • no 76 :
    • H√ītel d'Espagne, puis d'Uz√®s: En 1880, la duchesse d'Uz√®s (1847-1933), devenue veuve en 1878, d√©cide de vendre l'h√ītel familial de la rue de la Chaise pour s'installer rive droite, probablement pour se rapprocher du bois de Boulogne o√Ļ elle monte √† cheval et m√®ne ses √©quipages quotidiennement. Elle fait l'acquisition de l'h√ītel particulier construit pour la reine Marie-Christine d'Espagne (1806-1878) √† l'emplacement d'une maison ayant appartenu √† la duchesse de Caumont-La Force. Il s'agit d'un h√ītel entre cour et jardin, construit sur une parcelle de deux tiers d'hectare s'√©tendant jusqu'√† la rue de Ponthieu et donnant sur l'avenue par une porte coch√®re. La duchesse l'ach√®te pour 3 millions de francs, dont elle r√®gle une partie en Ňďuvres d'art (plusieurs toiles de Meissonnier), √† un industriel suisse, M. Secr√©tan, qui va s'installer rue Moncey. Le prix est jug√© excessif pour un h√ītel ¬ę m√©diocre et mal construit ¬Ľ. L'h√ītel comporte des plafonds peints par Fortuny. Progressivement, la duchesse le modernise et en fait une des demeures les plus confortables de Paris : cette ¬ę demeure [...] passait, vers 1900, pour √™tre une des plus remarquables du Paris moderne [...] Le salon de l'avenue des Champs-√Člys√©es fut bient√īt le rendez-vous de toutes les notabilit√©s d'alors. Et la petite histoire a enregistr√© les entrevues m√©morables qui eurent lieu ici entre la grande dame et le g√©n√©ral Boulanger ¬Ľ[59]. Elle y installe son atelier de sculpture[60].
    • H√ītel Dufayel : En 1902[61], la duchesse d'Uz√®s vendit son h√ītel √† Georges Dufayel (1855-1916), propri√©taire des Grands magasins Dufayel (26, rue de Clignancourt) depuis 1892, amateur d'art et collectionneur, domicili√© un peu plus haut sur l'avenue, au no 90. L'h√ītel d'Uz√®s fut d√©moli en 1905 et remplac√© par un nouvel h√ītel particulier construit par l'architecte Gustave Rives[62]. Le commanditaire n'habita jamais son nouvel h√ītel, jug√© par le New York Times ¬ę l'un des plus chers et des plus pr√©tentieux h√ītels au monde ¬Ľ[63]. Georges Sorel, dans une lettre du 21 mai 1918 √† Roberto Michels le qualifie de ¬ę type de l'architecture du parvenu ¬Ľ[64]. ¬ę Les Parisiens d'alors [...] baptis√®rent par d√©rision [le nouvel h√ītel] palais de la beaut√©. ¬Ľ[65] D√©cor sculpt√© de Laurent Marqueste et Lucien Schnegg ; plafonds peints par √Čdouard Detaille. Durant la Conf√©rence de Paris de 1919, l'h√ītel fut utilis√© par le gouvernement comme une sorte de club luxueux pour les d√©l√©gations et la presse √©trang√®res. Il fut acquis en 1920 par la Standard Oil et d√©moli en 1925.
  • no 77 : ¬ę Somptueux h√ītel ¬Ľ[66] de Louis Louis-Dreyfus (1867-1940), financier et homme politique (en 1910)[67].
  • no 90 : H√ītel Dufayel : Georges Dufayel, directeur-propri√©taire des Grands magasins Dufayel (V. le no 76), y r√©sida jusqu'en 1906. L'h√ītel fut alors acquis par le patron de presse Pierre Laffitte (1872-1938) et bient√īt rebaptis√© ¬ę la Maison des magazines ¬Ľ o√Ļ, aux c√īt√©s de la librairie et d‚Äôun studio de photographie, il ouvrit, l‚Äôann√©e suivante, ¬ę la Salle des f√™tes de F√©mina-Musica ¬Ľ devenue rapidement le Th√©√Ętre F√©mina, actif jusqu‚Äôen 1929. Les concerts, conf√©rences et spectacles de ce lieu de divertissement se compl√©taient d‚Äôun conservatoire destin√© aux amateurs, plac√© sous la direction du compositeur Xavier Leroux o√Ļ enseign√®rent entre autres Raoul Pugno (piano) ou Nadia Boulanger (accompagnement).
  • no 92 (angle de la rue de Berri) : H√ītel de Langeac : √Čl√©gante folie b√Ętie vers 1773 par l'architecte Chalgrin pour la comtesse de Langeac, ma√ģtresse en titre du comte de Saint-Florentin. Celle-ci, press√©e par des ennuis d'argent, vendit la maison en 1772 au comte d'Artois qui y logea sa ma√ģtresse, l'actrice Louise Contat. De 1785 √† 1789, Thomas Jefferson loua l'h√ītel pour y installer l'ambassade des √Čtats-Unis en France. Vendu en 1793 comme bien national, l'h√ītel fut d√©moli en 1842 et remplac√© par l'h√ītel de Belleyme-Tr√©vise, o√Ļ r√©sida le prince Napol√©on (J√©r√īme) et qui fut lui-m√™me d√©moli en 1898.
  • no 102 : H√ītel Binder : H√ītel de Louis Germain Binder (1821-1910), de la maison de carrosserie Binder Fr√®res, habit√© apr√®s lui par ses enfants, Charles Henri Maurice Binder (‚Ć1944) et Marguerite Sophie Julie Marie Binder, √©pouse de Pierre Paul Laffleur de Kermaingant[68]. Andr√© Becq de Fouqui√®res √©voque cette demeure qui existait encore en 1953 et √©tait encore habit√©e par la m√™me famille : ¬ę Peu de temps avant la guerre de 1870, M. Binder, qui habitait, en face, au 27, un h√ītel assez sombre, suivit le conseil de son m√©decin, le Dr Grouby, et acquit pour la somme de 300 000 francs cet autre h√ītel du 102, bien expos√© au soleil. Mlle Binder devait √©pouser M. de Kermaingant, auteur de plusieurs ouvrages historiques [...] Et, fid√®le au soleil, √† cette demeure qui n'a pas chang√© d'aspect, les Binder et les Kermaingant opposent un d√©menti formel √† un bouleversement si total qu'un homme de ma g√©n√©ration, qui aurait pouss√© par ici son cerceau, ne reconna√ģtrait plus rien de ce qu'il vit alors. ¬Ľ[69]
  • no 103 : Deux h√ītels jumeaux en pierre et briques construits par Henri Fontenilliat (1793-1864), R√©gent de la Banque de France, pour ses deux filles : Camille (1823-1912), Mme Auguste Casimir-Perier, et Jemmy-Mary (1825-1903), duchesse d'Audiffret-Pasquier par son mariage avec Gaston d'Audiffret-Pasquier (1823-1905). ¬ę Le premier des deux beaux-fr√®res (Audiffret-Pasquier) √©tait, √† la Chambre, leader du centre droit, le second (Casimir-Perier) leader du centre gauche. Leurs demeures √©taient s√©par√©es par une cour qui allait devenir, dans le Paris de 1879, comme la baraque de Pan-Munh-Jonh (Panmunjeom) dans la Cor√©e de 1953 : une zone d√©militaris√©e pour les n√©gociations d'un armistice entre la droite et la gauche. C'est en effet par cette cour qu'all√®rent et vinrent les √©missaires des deux partis jusqu'√† l'accord qui fit du S√©nat "le grand conseil des communes de France". ¬Ľ[70] Jean Casimir-Perier, futur Pr√©sident de la R√©publique fran√ßaise vit le jour en 1847 dans l'un de ces h√ītels. Les deux h√ītels furent d√©truits en 1898 pour construire l'h√ītel √Člys√©e Palace.
  • no 104 : H√ītel ¬ę o√Ļ la baronne de Mesnil offrait √† ses invit√©s l'audition de rares musiques ¬Ľ[71]. Ensuite magasin d'exposition des automobiles Talbot.
  • no 116bis : H√ītel de M. A. Dufaur (en 1910)[72].
  • no 125 : ¬ę Maison construite en 1836 par l'architecte Levicomte et d√©cor√©e de cariatides, Ňďuvres du sculpteur Aim√© Millet. (propri√©t√© de Mme Revenaz). ¬Ľ[73]
  • no 127 :
    • H√ītel de la marquise de Lambertye[74].
    • H√ītel de M. Wanamaker construit en 1905[75]. ¬ę Mon condisciple de la rue de Madrid, rapporte Andr√© Becq de Fouqui√®res, Jean de Gouy d'Arsy, habitait l√†, avec sa m√®re remari√©e au marquis de Beauvoir[76], un de ceux qui se montr√®rent toujours d√©vou√© aux Princes d'Orl√©ans. √Ä peine √Ęg√© de vingt ans, M. de Beauvoir avait accompagn√© le jeune duc de Penthi√®vre[77] dans son voyage autour du monde. Il publia, de cette exp√©dition, un r√©cit brillant qui eut le plus vif succ√®s, l'honneur des gros tirages et celui d'√™tre couronn√© par l'Acad√©mie fran√ßaise. Plus tard, Jean de Gouy d'Arsy devait √©pouser la fille naturelle du duc de Penthi√®vre[78]. L'h√ītel qu'habitaient les Beauvoir avait √©t√© construit en 1905 sur l'emplacement de celui de la marquise de Lambertye, par M. Wanamaker, un riche am√©ricain qui poss√©dait √† New York de multiples magasins. Plus une trace, bien entendu, de cette opulente demeure : les chemins de fer nationaux, un organisme de tourisme, y d√©bitent des invitations au voyage. ¬Ľ[79]
  • no 133 :
    • H√ītel du duc de La Force[80].
    • H√ītel Astoria : H√ītel de voyageurs construit en 1907. Selon le marquis de Rochegude : ¬ę l'√©l√©vation exag√©r√©e et agressive de cet h√ītel d√©truit la belle harmonie de la place de l'√Čtoile ¬Ľ[81].
  • no 140 : H√ītel du baron √Čdouard de Rothschild (1868-1949) (propri√©t√© Bischoffsheim) (en 1910)[82]. ¬ę Parmi les acquisitions du baron √Čdouard de Rothschild, on pouvait voir un admirable Van Dyck qui, par la gr√Ęce des h√©ritiers du baron, est devenu un des joyaux du Louvre : le portrait d'une fille de Henri IV, Henriette de France, qui devait √©pouser Charles Ier d'Angleterre. ¬Ľ[83]
  • no 142 : H√ītel de M. Soubiran (en 1910)[84].
  • no 152 (angle de la rue Ars√®ne-Houssaye) : H√ītel Musard : H√ītel du chef d'orchestre Philippe Musard (1792-1859)[85].

√Čv√©nements

Les Champs-√Člys√©es sont le th√©√Ętre des grands √©v√©nements historiques fran√ßais : d√©fil√© de la Lib√©ration en 1944 ou rassemblement des Parisiens pour c√©l√©brer la victoire lors de la coupe du monde de football en 1998.

Chaque ann√©e, √† l'occasion de la f√™te nationale fran√ßaise le 14 juillet, le principal d√©fil√© militaire de France, terrestre et a√©rien, a lieu sur les Champs-√Člys√©es. Les troupes des trois armes, arm√©e de terre, marine nationale et arm√©e de l'air de la gendarmerie, de la police et des pompiers civils et militaires, descendent l'avenue et passent devant le pr√©sident de la R√©publique, le gouvernement et les ambassadeurs √©trangers rassembl√©s sur une tribune officielle mont√©e place de la Concorde, face √† l'avenue.

Les Champs-√Člys√©es sont aussi le lieu traditionnel d'arriv√©e de la derni√®re √©tape du Tour de France (√Čtape du Tour de France des Champs-√Člys√©es).

Chaque ann√©e, de fin novembre √† fin d√©cembre, le comit√© Champs-√Člys√©es offre les illuminations de l'avenue, tradition mise en place sous la pr√©sidence de Roland Pozzo di Borgo.
Le coup d'envoi étant donné par une célébrité, tels Alain Delon, Catherine Deneuve, Johnny Hallyday, Patrick Bruel, Florent Pagny, Lara Fabian, Monica Belucci ou Vanessa Paradis, la dernière en date étant Marion Cotillard.
Chaque ann√©e, au soir du 31 d√©cembre, les Champs-√Člys√©es sont r√©serv√©s aux pi√©tons pour c√©l√©brer la nouvelle ann√©e.

Manifestations exceptionnelles

Antoine Bourdelle, Le Centaure mourant.

La notori√©t√© nationale et internationale de l'avenue, son accessibilit√© (m√©tro et RER) et sa dimension en font un lieu pour certaines grandes manifestations au caract√®re exceptionnel :

  • Du 11 avril au 9 juin 1996, ¬ę Les Champs de la Sculpture ¬Ľ, exposition de sculptures d'artistes contemporains
  • Du 15 septembre au 14 novembre 1999, ¬ę Les Champs de la Sculpture 2000¬Ľ, exposition de sculptures d'artistes contemporains
  • Le dimanche 5 juin 2005, l'avenue des Champs-√Člys√©es se transforme pour la journ√©e en un immense terrain de sports avec piste d'athl√©tisme, bassins aquatiques, tatamis, etc. pour mettre en valeur la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux olympiques de 2012. Immense succ√®s populaire avec plus de 700 000 spectateurs (selon la mairie de Paris).

Arrivée du Tour de France

Article d√©taill√© : Tour de France (cyclisme).

Chaque ann√©e depuis 1975, le Tour de France se termine avec une arriv√©e sur les Champs-√Člys√©es. Les coureurs r√©alisent, au cours d'une derni√®re √©tape v√©ritable parade apr√®s plus de trois semaines de course, neuf tours de l'avenue avant de se disputer une arriv√©e prestigieuse diffus√©e en direct dans plus de 150 pays.

Le tour.

Liste des vainqueurs sur les Champs-√Člys√©es depuis 1975 :

An Vainqueur
1975 Walter Godefroot
1976 Gerben Karstens
1977 Alain Meslet
1978 Gerrie Knetemann
1979 Bernard Hinault -1-
1980 Pol Verschuere
1981 Freddy Maertens (Sprinteur)
1982 Bernard Hinault -2-
1983 Gilbert Glaus
1984 Eric Vanderaerden (Sprinteur)
1985 Rudy Matthijs (Sprinteur)
1986 Guido Bontempi
1987 Jeff Pierce
1988 Jean-Paul Van Poppel
1989 Greg LeMond, étape CLM
1990 Johan Museeuw
1991 Dimitri Konyshev (Sprinteur)
1992 Olaf Ludwig (Sprinteur)
1993 Djamolidine Abdoujaparov -1- (Sprinteur)
1994 Eddy Seigneur
1995 Djamolidine Abdoujaparov -2- (Sprinteur)
1996 Fabio Baldato (Sprinteur)
1997 Nicola Minali (Sprinteur)
1998 Tom Steels (Sprinteur)
1999 Robbie McEwen -1- (Sprinteur)
2000 Stefano Zanini (Sprinteur)
2001 Jan Svorada (Sprinteur)
2002 Robbie McEwen -2- (Sprinteur)
2003 Jean-Patrick Nazon (Sprinteur)
2004 Tom Boonen (Sprinteur)
2005 Alexandre Vinokourov
2006 Thor Hushovd (Sprinteur)
2007 Daniele Bennati (Sprinteur)
2008 Gert Steegmans (Sprinteur)
2009 Mark Cavendish (Sprinteur)

Films

De nombreux films, au moins pour quelques sc√®nes, ont eu les Champs-√Člys√©es comme d√©cor. Parmi les sc√®nes mythiques tourn√©es sur l'avenue :

Parmi les tournages r√©alis√©s sur l'avenue, citons notamment :

  • Durant l'√©t√© 2007, pendant une matin√©e seulement, l'avenue la plus fr√©quent√©e de Paris, profitant de la r√©p√©tition du d√©fil√© du 14 juillet, a √©t√© vid√©e de ses passants pour les besoins du film d'√Čric et Ramzy, Seuls Two.
  • 2008: Les Champs-√Člys√©es -et tout particuli√®rement le Lido - marquent l'aboutissement de l'√©pop√©e d√©risoire d'Elias, le h√©ros ballott√© par les √©v√©nements du film de Costa-Gavras, Eden √† l'ouest

Tourn√© en studio, le film de Sacha Guitry, Remontons les Champs-√Člys√©es, retrace avec fantaisie l'histoire de l'avenue de la place de la Concorde en 1617 √† la place de l'√Čtoile en 1938.

Stations du m√©tro qui desservent l'avenue des Champs-√Člys√©es

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Carnet de notes sur l'Occident, Shuchang Li, Kangqiang Shi, Viviane Alleton..., ed. MSH, 1988
  2. ‚ÜĎ Une semaine √† Paris, Edwin Faxon Bacon, ed.American book Co., 1901
  3. ‚ÜĎ L'Artiste, Achille Hermant: Les f√™tes publiques, ed. Aux bureaux de L'Artiste, 1856
  4. ‚ÜĎ Les premiers chevaux de bois sont install√©s en juin 1777. Le fameux guignol des Champs-√Člys√©es ne remonte, lui, qu'√† 1818.
  5. ‚ÜĎ Andr√©e Jacob et Jean-Marc L√©ri, Vie et histoire du VIIIe arrondissement, Paris, √Čditions Hervas, 1991, p. 26-27
  6. ‚ÜĎ emplacement de l'actuel no 73 de l'avenue
  7. ‚ÜĎ Chateaubriand, t√©moin de la sc√®ne, l'a rapport√©e dans un passage c√©l√®bre des M√©moires d'outre-tombe (Livre V, chapitre 10).
  8. ‚ÜĎ devenu aujourd'hui l'Espace Cardin
  9. ‚ÜĎ Andr√©e Jacob et Jean-Marc L√©ri, Op. cit., p. 28
  10. ‚ÜĎ Les cosaques russes en 1814, puis les troupes anglaises du 7 juillet 1815 au 1er janvier 1816.
  11. ‚ÜĎ Les all√©es furent exhauss√©es et sabl√©es et les arbres, replant√©s.
  12. ‚ÜĎ Les fontaines de Paris: l'eau pour le plaisir, Marie-H√©l√®ne Levad√©, Hughes Marcouyau, ed.chapitre douze, 2006
  13. ‚ÜĎ Louis Desprez (1799-1870), sculpteur, Prix de Rome en 1826
  14. ‚ÜĎ cit√© par Andr√©e Jacob et Jean-Marc L√©ri, Op. cit., p. 28
  15. ‚ÜĎ Les merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes, Louis Figuier, ed.Furne, 1868
  16. ‚ÜĎ ¬ę des √©tablissements plus particuli√®rement destin√©s aux diff√©rents genres d'exploitation auxquels leur situation pouvait les rendre plus propices ¬Ľ (cit√© par Andr√©e Jacob et Jean-Marc L√©ri, Op. cit., p. 33)
  17. ‚ÜĎ Les promenades de Paris, Adolphe Alphand, Emile Hochereau, ed.J. Rothschild, 1873
  18. ‚ÜĎ Source : Avenue des Champs-√Člys√©es ‚Äď Les jardins sur le site Mon village : le faubourg du Roule et ses environs (consult√© le 2 janvier 2009)
  19. ‚ÜĎ Voir Nicolas Beaujon.
  20. ‚ÜĎ Voir rue Marbeuf.
  21. ‚ÜĎ [1]A. B. C. des Omnibus ou l'alphabet qui court les rues,Paris, 1856
  22. ‚ÜĎ ¬ę Les deux hommes avaient d√©j√† d√©cor√© ensemble une brasserie parisienne, le Caf√© Riche (bas-relief en c√©ramique polychrome pour la devanture, la Danseuse de caf√©-concert). Le statuaire, qui ici se confrontait pour la premi√®re fois √† un d√©cor plafonnant, s‚Äôassocia les services d‚Äôun sculpteur ornemaniste du nom de Poulain. Cependant, il √©tait par ailleurs fortement sollicit√© pour d‚Äôautres travaux li√©s √† l‚Äôexposition (statue pour la gare d'Orsay, frise de dix bas-reliefs pour le Petit Palais). Aussi r√©adapta-t-il des motifs con√ßus pour la fa√ßade du palais voisin, cr√©ant ainsi entre les deux b√Ętiments des liens plus √©troits qu‚Äôun simple voisinage. Une figure, intitul√©e le Vin, fut notamment reprise telle quelle, la pose ayant √©t√© simplement invers√©e par rapport au sujet original ; d‚Äôautres √©l√©ments semblent provenir de la m√™me source. De fait, au-del√† du gain de temps et d‚Äôargent qu‚Äôimplique le remploi de formes pr√©existantes, le proc√©d√© montre la grande libert√© du sculpteur et la confiance de l‚Äôarchitecte. ¬Ľ (Laurent NOET in : Evolution et diffusion de la gypserie en France (du XVIIe au XIXe. Si√®cle.), consult√© le 3 janvier 2009)
  23. ‚ÜĎ En 2008, les loyers se situent entre 6 000 et 10 000 euros par m√®tre carr√© et par an.
  24. ‚ÜĎ Les loyers √©lev√©s menacent l'identit√© des Champs-√Člys√©es, Mustapha Kessous , Le Monde, 24 d√©cembre 2006
  25. ‚ÜĎ Andr√© Becq de Fouqui√®res, Mon Paris et mes Parisiens. Vol. 1, Paris, Pierre Horay, 1953, p. 17
  26. ‚ÜĎ Andr√© Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 122
  27. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 85
  28. ‚ÜĎ Andr√© Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 121
  29. ‚ÜĎ Andr√© Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 123
  30. ‚ÜĎ Andr√© Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 16
  31. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 86
  32. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 88
  33. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 83, s'inscrivant en faux contre l'all√©gation d'Ars√®ne Houssaye dans ses Confessions selon laquelle ce dernier aurait √©t√© le propri√©taire, et ajoutant que le terrain n'appartenait pas davantage √† √Čmile Pereire.
  34. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 85
  35. ‚ÜĎ Source : The Comtesse de Trobriand (consult√© le 28 mars 2009). Le portrait de la comtesse de Trobriand a √©t√© peint par Frederick MacMonnies en 1901.
  36. ‚ÜĎ Source : Comtesse de Rodellec du Portzic sur www.wiki-brest.net, consult√© le 28 mars 2009. Selon Andr√© Becq de Fouqui√®res : ¬ę Personne n'ignorait que le 37 abritait un brillant fameux, le diamant bleu, et dont l'heureuse propri√©taire √©tait la comtesse de... Trobriand. Elle commit l'erreur d'emporter avec elle ce trop brillant joyau dans sa villa de Bretagne, d'o√Ļ il ne revint pas, car il fut vol√© et ne fut jamais retrouv√©. Mme de Trobriand se choisit plus tard un tr√®s jeune mari, le comte de Rodellec, ce qui √©tait peut-√™tre une autre imprudence. ¬Ľ (Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 124)
  37. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 86
  38. ‚ÜĎ Source : Jean-Marie P√©rouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Paris, Paris, Hachette, 1994, p. 158
  39. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res (Op. cit., p. 123) le situe √† tort √† l'angle de la rue Lincoln.
  40. ‚ÜĎ Rochegude (Op. cit., p. 88) donne le no 99. Becq de Fouqui√®res (Op. cit., p. 120) situe pr√©cis√©ment la maison ¬ę au coin de l'avenue George-V, juste au-dessus de l'actuel Fouquet's ¬Ľ ce qui correspondrait au no 99bis.
  41. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 120-121
  42. ‚ÜĎ Source : Jean-Marie P√©rouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Paris, Paris, Hachette, 1994, p. 158
  43. ‚ÜĎ Journal de la Soci√©t√© des Am√©ricanistes, ann√©e 1906, vol. 3, p. 154
  44. ‚ÜĎ no 120 selon Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 29. Le num√©ro 120 est confirm√© par le Journal de la Soci√©t√© des Am√©ricanistes, ann√©e 1906, vol. 3, p. 156.
  45. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 89
  46. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 31
  47. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 45
  48. ‚ÜĎ 1970 selon certaines sources
  49. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 129
  50. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 124 et erratum in Andr√© Becq de Fouqui√®res, Mon Paris et mes Parisiens. II. Le quartier Monceau, Paris, Pierre Horay, 1954, p. 260
  51. ‚ÜĎ Victor Pignatel, riche rentier issu d'une famille de soyeux lyonnais, fut l'un des gros actionnaires du Cr√©dit Lyonnais lors de la fondation de la banque. Sa femme √©tait n√©e C√©lestine Lacombe.
  52. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 124
  53. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 27
  54. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 20
  55. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 124
  56. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 86
  57. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 86
  58. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 86
  59. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 24
  60. ‚ÜĎ Source : Patrick de Gmeline, La duchesse d'Uz√®s, Paris, Perrin, 2002, p. 93-94.
  61. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 25
  62. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 86. Deux permis de construire avaient √©t√© d√©livr√©s les 10 d√©cembre 1902 (h√ītel particulier de deux √©tages) et 12 mars 1904 (b√Ętiment de communs de trois √©tages).
  63. ‚ÜĎ ¬ę Oil Giants buy French Palaces ¬Ľ, New York Times, 9 d√©cembre 1920
  64. ‚ÜĎ Georges Sorel, Giovanni Busino. Lettres de G. Sorel √† L. Einaudi, E. Rod et R. Michels, Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle (Cahiers Georges Sorel), 1983, no 1, p. 91
  65. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 25
  66. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 123
  67. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 86
  68. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 88
  69. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 26-27
  70. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 119-120
  71. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 27
  72. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 89
  73. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 89
  74. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 89
  75. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 89
  76. ‚ÜĎ N√©e Wilhelmine St√©phanie Marie Rosalie Jeanne Jacobine Minna de L√∂wenthal (1845-1938), sŇďur de la duchesse Decazes, elle √©pousa en 1866 le comte Marie Fran√ßois R√©gis Th√©odore Anthonin de Gouy d'Arsy (¬į1840), puis devenue veuve, se remaria en 1881 avec Ludovic Charles Marie H√©bert de Beauvoir du Boscol (1846-1929), marquis de Beauvoir, diplomate, chef du service d'honneur du comte de Paris (Source : L'Interm√©diaire des Chercheurs et des Curieux, no 962, 20 mars 1902, p. 407).
  77. ‚ÜĎ Pierre d'Orl√©ans (1845-1919), duc de Penthi√®vre
  78. ‚ÜĎ Jeanne Lebesque, n√©e en 1879 d'Ang√©lique Lebesque, √©pousa Jean de Gouy d'Arsy en 1903 au ch√Ęteau d'Arc-en-Barrois.
  79. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 119
  80. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 89
  81. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 89
  82. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 89
  83. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 31
  84. ‚ÜĎ Rochegude, Op. cit., p. 89
  85. ‚ÜĎ Becq de Fouqui√®res, Op. cit., p. 27

Voir aussi

Sources

Bibliographie

  • Encyclop√©die des gens du monde...Artaud de Montor, ed.Librairie de Treuttel et W√ľrtz, 1835
  • Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, F√©lix Lazare et Louis Lazare, 1844
  • Paris en miniature Guide pittoresque du voyageur, Felix Lemaistre, Garnier fr√®res, 1856
  • Histoire de Paris: depuis le temps des Gaulois jusqu'√† nos jours, Th√©ophile Lavall√©e, ed.Michel L√©vy fr√©res, 1857
  • Les anciennes maisons de Paris sous Napol√©on III, Charles Lefeuve, 1863
  • Les promenades de Paris, Adolphe Alphand, Emile Hochereau, ed.J. Rothschild, 1873
  • Le Paris du Baron Hausmann, P de Moncan, CH. Mahout, ed. Seesam-RCI, 1991
  • L'illusion monumentale: Paris, 1872-1936, Maril√Ļ Cantelli, Jacques Guillerme, ed. Mardaga, 1991
  • Les Champs-√Člys√©es: trois si√®cles d'histoire, Roland Pozzo di Borgo, ed.La Martini√®re, 1997
  • Historia:Les Champs-√Člys√©es au cŇďur de l'histoire, Christophe Courau, no 637, janvier 2000
  • Dictionnaire des monuments de Paris, Gilles Marchand, ed.Jean-paul Gisserot, 2003
  • Paris au temps des fiacres, Philippe Mellot, Hippolyte Blancart..., ed.de Bor√©e, 2006
  • Flagrants d√©lits sur les Champs-√Člys√©es : Les dossiers de police du gardien Federici (1777-1791), Arlette Farge et Laurent Turcot, Gallimard, coll. Mercure de France, 2008.
  • " Former une promenade publique : les Champs-√Člys√©es au XVIIIe si√®cle ", Laurent Turcot, dans, La nature citadine au si√®cle des Lumi√®res, promenades urbaines et vill√©giature, Paris, William Blake & Co., Coll. Centre Ledoux, Universit√© Paris-I Panth√©on-Sorbonne, tome V, 2005, p. 50-60.

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