Aventures de Tom Sawyer

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Aventures de Tom Sawyer

Les Aventures de Tom Sawyer

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Les Aventures de Tom Sawyer

Illustration de Les Aventures de Tom Sawyer


Auteur Mark Twain
Genre Roman
Pays d'origine États-Unis Ă‰tats-Unis
Éditeur Chatto and Windus, puis American Publishing Company
Date de parution 1876
Dessinateur True Williams
SĂ©rie Tom Sawyer

Les Aventures de Tom Sawyer (The Adventures of Tom Sawyer) est le premier roman[1] de Mark Twain, publiĂ© en 1876, d'abord en Angleterre en juin puis aux États-Unis en dĂ©cembre.

Mark Twain y raconte les pĂ©ripĂ©ties d'un garçon du sud des États-Unis, Tom Sawyer, avant la guerre civile, dans la ville fictive de St. Petersburg, Missouri. Pour une part autobiographique, lieux, personnages et aventures sont inspirĂ©s de la vie de l'auteur, de sa famille et de ses camarades d'enfance.

Ce roman est le plus cĂ©lĂšbre de Twain, et il est Ă©galement son plus grand succĂšs de librairie, de son vivant et jusqu'Ă  aujourd'hui. ConsidĂ©rĂ© comme un classique de la littĂ©rature de jeunesse, il serait plus exact, en suivant le jugement de l'auteur, de le qualifier de « roman pour enfants pour adultes Â»[2],[3]. Ce roman, avec d'autres de ses Ɠuvres Ă  caractĂšre humoristique, a contribuĂ© Ă  relĂ©guer l'auteur dans des genres littĂ©raires jugĂ©s mineurs et Ă  nĂ©gliger ses qualitĂ©s et ses innovations littĂ©raires. C'est seulement plusieurs dĂ©cennies aprĂšs sa mort que Twain a commencĂ© Ă  ĂȘtre lu comme un Ă©crivain amĂ©ricain majeur, et mĂȘme comme un des fondateurs de la littĂ©rature amĂ©ricaine.[4].

Sommaire

L'histoire

Ce qui suit dĂ©voile des moments clĂ©s de l’intrigue.

Synopsis

Tom crĂąnant devant la petite Becky.

Les Aventures de Tom Sawyer raconte les pĂ©ripĂ©ties de Tom Sawyer, garnement malicieux et superstitieux, accompagnĂ© de plusieurs de ses camarades, au premier rang desquels Huckleberry Finn et Joe Harper. La ville de Saint Petersburg, sur le Mississippi, est le thĂ©Ăątre de ces aventures. Tom est Ă©levĂ© par sa tante Polly suite Ă  la mort de ses parents alors que son ami Huck vit dans des tonneaux. L'Ɠuvre est composĂ©e de 35 chapitres et de cinq lignes narratives distinctes mais qui s'entremĂȘlent tout au long du roman[5].

La premiĂšre ligne narrative ouvre le roman et occupe les premiers chapitres ; on dĂ©couvre les relations de Tom avec sa famille et avec l'Ă©cole et ses camarades. Cette partie montre le caractĂšre manipulateur de Tom, sa capacitĂ© Ă  duper son entourage. Ses duperies sont souvent rĂ©alisĂ©es au moyen de tractations qui lui permettent de faire travailler les autres pour lui ou de rĂ©colter des honneurs immĂ©ritĂ©s.

Une deuxiĂšme ligne narrative apparaĂźt au sein de la premiĂšre, s'en distingue tout en restant dans le contexte familial et scolaire : c'est la rencontre au chapitre 3 et le dĂ©but de la relation de Tom avec Becky Thatcher. L'histoire se poursuit plus tard en se dĂ©veloppant dans de complexes intrigues oĂč se mĂȘlent dĂ©ceptions amoureuses et jalousie. Elle culmine dans les derniers chapitres oĂč elle se trouve mĂȘlĂ©e Ă  l'histoire de Joe l'Indien et Ă  la chasse au trĂ©sor.

Dans les chapitres 13 Ă  17, Tom, Huck Finn et Joe Harper jouent aux pirates sur une Ăźle ; cette partie du roman, qui apparaĂźt relativement isolĂ©e dans le roman, met des enfants en rupture de sociĂ©tĂ© au contact de la nature. Ils se construisent une vie idĂ©ale de jeux, de baignades, de pĂȘche, avant d'ĂȘtre vaincus par l'ennui et le mauvais temps.

Au chapitre 9, Tom et Huck assistent Ă  un meurtre, commis par Joe l'indien ; cette partie du roman culmine au chapitre 23 avec le procĂšs de Muff Potter.

La recherche de Joe l'Indien, la quĂȘte d'un trĂ©sor par Huck et les aventures de Tom et Becky dans une grotte forment l'histoire finale du roman et sa partie la plus Ă©laborĂ©e.

Résumé

Chapitre I

Tom prend la fuite.

Le roman commence un vendredi. Tante Polly est Ă  la recherche de Tom et le trouve barbouillĂ© de confiture. Alors qu'elle s'apprĂȘte Ă  le fouetter, Tom dĂ©tourne son attention et en profite pour s'enfuir. L'aprĂšs-midi, Tom fait l'Ă©cole buissonniĂšre, et, une fois rentrĂ© pour souper, subit l'inspection de sa tante qui le soupçonne d'ĂȘtre allĂ© se baigner. Alors qu'il est sur le point de rĂ©ussir Ă  duper encore une fois sa tante, Sid fait remarquer Ă  cette derniĂšre que Tom a dĂ©cousu le col de sa chemise, preuve qu'il s'est dĂ©vĂȘtu pour aller nager. Tom prend Ă  nouveau la fuite, non sans avoir menacĂ© son demi-frĂšre. Une fois sorti, alors qu'il marche en s'entraĂźnant Ă  siffler, il fait la rencontre d'un nouvel arrivant Ă  Saint Petersburg, un jeune garçon de son Ăąge, bien habillĂ©, et dont on apprendra le nom plus tard (il s'agit d'Alfred Temple). Les deux garçons rivalisent de menaces et une bagarre finit par Ă©clater ; Tom a le dessus, et contraint son rival Ă  lui demander d'arrĂȘter. Le vaincu s'en va en pleurant de rage, avant de lancer une pierre dans le dos de Tom qui se met Ă  le poursuivre jusque chez lui. La mĂšre de la victime s'en mĂȘle et demande Ă  Tom de partir. RentrĂ© chez lui, il se prĂ©sente avec ses vĂȘtements dĂ©chirĂ©s devant tante Polly qui prend la ferme rĂ©solution de le punir pour de bon.

Chapitre II

Jim, propulsé par la pantoufle de tante Polly.

Le samedi matin, Tom est puni et doit passer plusieurs couches de lait de chaux sur une clĂŽture immense. Arrive Jim, le jeune esclave, qu'il tente de convaincre de faire le travail Ă  sa place. Mais Jim rĂ©plique que Tante Polly l'a prĂ©venu que Tom essaierait de le soudoyer, et refuse donc par peur d'ĂȘtre puni. Tom insiste et marchande, propose Ă  Jim de lui montrer son gros orteil qu'il s'est Ă©corchĂ© la veille. Jim est tentĂ© et finit par accepter le marchĂ©. Mais tante Polly veille et :

« L’instant d’aprĂšs, Jim dĂ©guerpissait Ă  toute allure, le seau Ă  la main et le derriĂšre en feu ; Tom badigeonnait la palissade avec ardeur : tante Polly regagnait la maison, la pantoufle sous le bras et la mine triomphante. Â»
Un trésor gagné en faisant travailler les autres.

Tom ne se rĂ©signe pas, et songe avec tristesse Ă  ses camarades libres de s'amuser et qui se moqueront de lui. Il fait l'inventaire des biens, billes et dĂ©bris de jouets, qu'il pourrait Ă©changer contre son travail. Mais il a tout Ă  coup un nouveau plan. Alors que survient Ben Rogers, Tom fait semblant d'ĂȘtre absorbĂ© par sa tĂąche, ce qui intrigue son camarade. Tom lui persuade qu'il s'agit d'une tĂąche plaisante et difficile que lui seul peut accomplir. Convoitant Ă  prĂ©sent la punition de Tom, Ben lui demande de le laisser badigeonner un peu la clĂŽture, mais Tom refuse, et Ben commence Ă  marchander, proposant de le payer d'une pomme pour faire le travail. Tom finit par accepter, aprĂšs avoir fait semblant d'hĂ©siter, recommence le mĂȘme jeu avec tous les autres garçons qui passent, et rĂ©colte tout un butin, morceau de craie, pĂ©tards, bouton de porte, chat borgne, soldat de plomb, en faisant faire le travail par d'autres :

« Tom se dit qu’aprĂšs tout l’existence n’était pas si mauvaise. Il avait dĂ©couvert Ă  son insu l’une des grandes lois qui font agir les hommes, Ă  savoir qu’il suffit de leur faire croire qu’une chose est difficile Ă  obtenir pour allumer leur convoitise. Si Tom avait Ă©tĂ© un philosophe aussi grand et aussi profond que l’auteur de ce livre, il aurait compris une fois pour toutes que travailler c’est faire tout ce qui nous est imposĂ©, et s’amuser exactement l’inverse. Â»

Chapitre III

Tom et Joe, généraux, font combattre leurs armées.

Une fois la punition terminĂ©e, Tom se prĂ©sente devant sa tante, qui, Ă©tonnĂ©e, le soupçonne de mentir. Ébahie en voyant les trois couches de lait de chaux, elle rĂ©compense Tom en lui donnant une pomme. Tom sort s'amuser, non sans se venger de Sid en lui jetant de la terre au passage. Il rejoint son ami Joe Harper, et chacun prend le commandement d'une armĂ©e de gamins pour se livrer bataille. Tom remporte la victoire et s'en retourne chez sa tante. Chemin faisant, il passe devant la maison de Jeff Thatcher et aperçoit une petite fille blonde aux yeux bleu, nouvelle dans le village, et tombe immĂ©diatement sous son charme, oubliant sur le coup sa prĂ©cĂ©dente amoureuse. Il commence Ă  frimer devant elle, entreprenant d'accomplir toutes sortes d'excentricitĂ©s. À la grande dĂ©ception de Tom, la petite fille fait minde de rentrer chez elle, mais elle s'arrĂȘte soudain sur le seuil et lui jette une fleur par dessus la haie. Tom passe la fleur Ă  sa boutonniĂšre et recommence son manĂšge toute la soirĂ©e devant la grille de la maison de la petite fille, mais sans la revoir.

Tom, injustement chùtié.

Il rentre alors chez sa tante, trĂšs excitĂ©. Pendant le diner, alors que tante Polly s'est absentĂ©e, Sid casse le sucrier ; quand la vieille femme revient, voyant la bĂȘtise commise, elle envoie d'une gifle Tom Ă  terre. Ce dernier se dĂ©fend d'avoir rien fait et va ruminer son chagrin dans un coin. Ce passage du roman rappelle l'ironie de L'Histoire du bon petit garçon et prĂ©figure l'une des aventures de Tom :

« Il savait qu’au fond d’elle-mĂȘme, sa tante regrettait son geste, mais il Ă©tait fermement dĂ©cidĂ© Ă  repousser toutes ses avances. [...] Il se reprĂ©sentait sur son lit de mort. Sa tante, penchĂ©e sur lui, implorait un mot de pardon, mais lui, inflexible, se tournait vers le mur et rendait l’ñme sans prononcer une parole. [...] Puis il imaginait un homme ramenant son cadavre Ă  la maison. On l’avait repĂȘchĂ© dans la riviĂšre. Ses boucles Ă©taient collĂ©es Ă  son front et ses pauvres mains immobiles pour toujours. Son cƓur si meurtri avait cessĂ© de battre. Tante Polly se jetterait sur lui. Ses larmes ruisselleraient comme des gouttes de pluie. Elle demanderait au Seigneur de lui rendre son petit garçon et promettrait de ne plus jamais le punir Ă  tort. Mais il resterait lĂ , raide et froid devant elle... Â»

Alors que sa cousine Marie revient de la campagne, Tom s'en va bouder, et retourne le soir vers la maison de Jeff Thatcher. Alors qu'il a pĂ©nĂ©trĂ© dans le jardin, il s'allonge et s'imagine mourant, suscitant la pitiĂ© de sa bien-aimĂ©e, avant de se prendre un dĂ©luge d'eau glacĂ©e jetĂ© par la fenĂȘtre de la maison. DĂ©confit, il rentre se coucher.

Chapitre IV

Le lendemain matin, Tom s'efforce d'apprendre des versets de la Bible pour l'Ă©cole du dimanche. Marie lui apporte son aide, et tente de le motiver en lui faisant miroiter la rĂ©compense d'un canif. À l'entrĂ©e de l'Ă©cole du dimanche, Tom Ă©change diverses bricoles contres des bons points qui sont remis aux enfants qui ont bien mĂ©morisĂ© les versets de la Bible. Il parvient Ă  en obtenir suffisamment pour prĂ©tendre au prix dĂ©cernĂ© par ceux qui ont appris par cƓur 2000 versets : une Bible reliĂ©e.

L'intendant de l'Ă©cole du dimanche dirige la sĂ©ance de rĂ©citations, puis prĂ©sente plusieurs visiteurs, dont le juge Thatcher, oncle de Jeff Thatcher. Le juge est accompagnĂ© de sa femme et de sa fille, cette derniĂšre n'Ă©tant autre que Becky. Walters est si soucieux d'impressionner ses visiteurs que, lorsque Tom vient prĂ©senter « ses Â» points et rĂ©clamer le prix, il fait taire son Ă©tonnement et ses soupçons. Les camarades de Tom comprennent quant Ă  eux qu'ils se sont fait berner et qu'ils ont contribuĂ© Ă  leurs dĂ©pens au moment de gloire de Tom, gloire d'autant plus grande par la prĂ©sence d'invitĂ©s importants. Cette gloire va ĂȘtre de courte durĂ©e ; Tom, ayant reçu sa Bible, se voit demandĂ© par le juge une dĂ©monstration de son savoir. Celui-ci lui demande quels sont les deux premiers apĂŽtres ; rĂ©ponse de Tom : « DAVID ET GOLIATH ! Â» Sur ce, Ă©crit l'auteur :

« La charitĂ© nous force Ă  tirer le rideau sur le reste de cette scĂšne. Â»

Chapitre V

...le malheureux poussa un hurlement de douleur et détala...

Plus tard, dans la matinĂ©e, Tom est assis Ă  l'Église prĂšs de Sid, Mary et tante Polly pendant le sermon du rĂ©vĂ©rend Sprague. Tom s'ennuie et s'amuse avec un scarabĂ©e. Ce dernier le pince et s'enfuie, se retrouve au milieu de la nef oĂč un chien le rejoint et lui tourne autour, essaie de le saisir Ă  coup de dents, avant de se lasser et de chercher d'autres distractions. Puis, fatiguĂ©, il « bĂąilla, soupira et alla s’asseoir juste sur le scarabĂ©e qu’il avait complĂštement oubliĂ© ! AussitĂŽt le malheureux poussa un hurlement de douleur et dĂ©tala comme s’il avait eu tous les diables de l’enfer Ă  ses trousses. Â» L'assistance garde tant bien que mal son sĂ©rieux, mais des Ă©clats de rire fusent Ă  chaque mot que prononce le pasteur qui poursuit courageusement son sermon. La fin de l'office est un soulagement pour tout le monde.

Chapitre VI

« â€“ Dis donc, Ă  quoi est-ce que ça sert, les chats morts, Huck ?
– Ça sert Ă  soigner les verrues. Â»

Le lundi matin arrive. Tom cherche quelle maladie il pourrait simuler pour rester Ă  la maison et ne pas aller Ă  l'Ă©cole. Il prĂ©tend finalement avoir une dent branlante, mais tante Polly la lui arrache et il doit aller Ă  l'Ă©cole. Sur le chemin, il rencontre Huckleberry Finn qui se promĂšne avec un chat mort. Twain donne une assez longue description du « petit paria Â» :

« Les vĂȘtements de Huckleberry, trop grands pour lui, frĂ©missaient de toutes leurs loques comme un printemps perpĂ©tuel rempli d’ailes d’oiseaux. Un large croissant manquait Ă  la bordure de son chapeau qui n’était qu’une vaste ruine, sa veste, lorsqu’il en avait une, lui battait les talons et les boutons de sa martingale lui arrivaient trĂšs bas dans le dos. Une seule bretelle retenait son pantalon dont le fond pendait comme une poche basse et vide, et dont les jambes, tout effrangĂ©es, traĂźnaient dans la poussiĂšre, quand elles n’étaient point roulĂ©es Ă  mi-mollet. Â»

Ils discutent des mĂ©thodes pour guĂ©rir les verrues, et ils tombent d'accord pour essayer une cure avec le chat mort, et se donnent rendez-vous au cimetiĂšre, Ă  minuit, pour l'essayer. Tom arrive en retard en classe, et, alors qu'il est sur le point de mentir Ă  l'instituteur Dobbins, il aperçoit la petite Becky. Il dĂ©cide de dire la vĂ©ritĂ© pour que Mr Dobbins l'envoie s'assoir avec les filles, ce que ce dernier s'empresse de faire quand Tom lui dit avec arrogance qu'il « causait Â» avec Huck. Tom se retrouve alors Ă  cĂŽtĂ© de Becky, et cherche Ă  attirer son attention. Il dessine quelque chose sur son ardoise, et la petite fille, dont la curiositĂ© est piquĂ©e, lui demande de regarder. Tom lui montre la maison qu'il a dessinĂ©e, et la petite fille est impressionnĂ©e par son talent. Il se met alors Ă  Ă©crire quelque chose en cachette ; Becky veut regarder, mais Tom fait semblant de refuser, et cĂšde peu Ă  peu, dĂ©voilant finalement les mots : « Je t'aime Â». À ce moment, l'instituteur intervient en saisissant Tom par l'oreille, le tirant Ă  travers la classe, et le ramĂšne Ă  sa place habituelle, prĂšs de Joe Harper.

Chapitre VII

Tom s'ennuit et propose à Joe de s'amuser avec un grillon qu'il gardait dans une boßte dans sa poche. Pendant qu'ils se passionnent à leur jeu, Dobbins s'approche sur la pointe des pieds et leur administre à chacun un coup de férule qui soulÚve la poussiÚre de leur veste.

« Les grands yeux de Becky apprirent Ă  Tom qu’il venait de faire une gaffe. Â»

AprĂšs midi, Tom et Becky se retrouvent dans la salle de classe vide et Tom lui apprend Ă  dessiner. Puis ils discutent, partagent un chewing-gum et enfin Tom demande Ă  Becky si elle a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fiancĂ©e, et il lui explique ce que cela veut dire. Ils se dĂ©clarent leur amour et s'embrassent, mais Tom commet un impair :

« â€“ [...] Et quand tu rentreras chez toi ou que tu iras Ă  l’école, tu marcheras toujours Ă  cĂŽtĂ© de moi, Ă  condition que personne ne puisse nous voir... Et puis dans les rĂ©unions, tu me choisiras comme cavalier et moi je te choisirai comme cavaliĂšre. C’est toujours comme ça que ça se passe quand on est fiancĂ©.
– Oh ! c’est si gentil ! je n’avais jamais entendu parler de cela.
– Je t’assure qu’on s’amuse bien. Quand moi et Amy Lawrence... Â»
Les grands yeux de Becky apprirent Ă  Tom qu’il venait de faire une gaffe. Il s’arrĂȘta, tout confus.
« Oh ! Tom ! Alors je ne suis donc pas ta premiĂšre fiancĂ©e ? Â»
La petite se mit Ă  pleurer.

Cherchant à se faire pardonner, il lui offre un bouton de cuivre, mais Becky le jette à terre. Tom sort alors de l'école, bien décidé à ne pas y retourner l'aprÚs-midi, et Becky cherche à le retrouver en vain.

Chapitre VIII

Tom se rend au sommet du coteau de Cardiff, et, assis au pied d'un chĂȘne, rumine son malheur et s'apitoie sur son sort, tout en restant soucieux de son image :

La mort de Robin des Bois.
« Comme cela devait ĂȘtre reposant de mourir et de rĂȘver pour l’éternitĂ© Ă  l’abri des arbres du cimetiĂšre caressĂ©s par le vent, sous l’herbe et les fleurettes ! Sommeiller ainsi, ne plus jamais avoir de soucis ! Si seulement il avait pu laisser derriĂšre lui le souvenir d’un bon Ă©lĂšve, il serait parti sans regret. [...] Ah ! si seulement il pouvait mourir, ne fĂ»t-ce que pour quelque temps !  Â»

Mais son esprit est volatil, et, rĂȘvant de partir, il commence Ă  s'imaginer une carriĂšre de clown, de soldat et finalement de pirate : il sera le Vengeur noir de la mer des Antilles. Ainsi dĂ©cidĂ© Ă  quitter sa maison dĂšs le lendemain, il essaie, pour rĂ©unir toutes ses ressources, un sort pour retrouver ses billes perdues, mais le sort Ă©choue. Une sorciĂšre avait dĂ» lui jouer un tour. Soudain une trompette rĂ©sonne, et Joe Harper apparaĂźt. Les deux enfants jouent alors Ă  Robin des Bois le reste de l'aprĂšs-midi. AprĂšs la mort de Robin,

« [l]es deux garçons se rhabillĂšrent, dissimulĂšrent leurs armes sous les broussailles et s’éloignĂšrent en regrettant amĂšrement de ne plus ĂȘtre des hors-la-loi et en se demandant ce que la civilisation moderne pourrait bien leur apporter quant Ă  elle. Â»

Chapitre IX

Muff Potter, manipulĂ© par Joe, croĂźt ĂȘtre le meurtrier.

À la nuit tombĂ©e, alors que Tom et Huck se rendent en cachette dans un cimetiĂšre pour utiliser un sort avec le cadavre d'un chat, ils assistent Ă  une scĂšne violente et sanglante : trois hommes, le docteur Robinson, qui est docteur du village, Joe l'Indien et Muff Potter (qui est ivre) dĂ©terrent un homme. Une bagarre Ă©clate soudain entre le docteur et Joe : le docteur frappe Joe, puis est saisi par Muff avec qui il commence Ă  lutter ; Joe en profite pour ramasser le couteau de Muff, et quand le docteur eut assommĂ© ce dernier, il le lui plante dans la poitrine. Le docteur s'effondre ; voyant cela, Huck et Tom dĂ©talent aussi vite qu'ils le peuvent. Pendant ce temps, le docteur meurt sous le regard de Joe. Puis, ce dernier glisse l’arme du crime dans la main de Potter. Quand Muff reprend ses esprits, Joe le persuade que c'est lui qui a tuĂ© le docteur et il lui promet de ne rien dire. Le lendemain, Potter est arrĂȘtĂ© et accusĂ© du meurtre.

Lors du procĂšs, Potter risque d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  la pendaison. Par peur de Joe l'Indien, Tom et Huck se sont jurĂ© de ne rien rĂ©vĂ©ler de ce qu'ils ont vu, mais ils sont tourmentĂ©s par leur conscience, et Tom dĂ©nonce Joe l’Indien, mais ce dernier rĂ©ussit Ă  s'enfuir.

Un jour, alors qu'ils partiront au hasard à la recherche d'un trésor, Tom pense que celui-ci pourrait se trouver dans les alentours d'une maison dite hantée. Ils vont assister, alors, à une conversation entre Joe l'Indien et une autre personne venant de découvrir par chance un coffre empli de richesses.

L'ayant cachĂ© au fond d'une grotte du nom de Mac Dougal, Joe l'Indien mourra en raison de la fermeture de son ouverture. Tom et Huck, aprĂšs avoir trouvĂ© le trĂ©sor tant rĂȘvĂ© dans la grotte, seront considĂ©rĂ©s comme des hĂ©ros dans leur village.

GenĂšse

Sources du personnage principal

Le bon petit garçon, mal récompensé.

Tom Sawyer est le premier essai que Twain fit pour Ă©crire un roman seul, mais ce n'est pas pour cela l'Ɠuvre d'un Ă©crivain dĂ©butant. Auparavant, il avait Ă©crit des rĂ©cits auto-biographiques contemporains (Le Voyage des Innocents, À la dure); avec Tom Sawyer, il puise encore une fois dans sa propre vie, mais remonte dans le passĂ©, jusqu'Ă  son enfance. Tom est ainsi dĂ©peint d'aprĂšs lui-mĂȘme, mais Ă©galement d'aprĂšs plusieurs de ses camarades : c'est un personnage composite :

« La plupart des aventures relatĂ©es dans ce livre sont vĂ©cues ; une ou deux me sont personnelles, les autres sont arrivĂ©es Ă  mes camarades d’écoles. Huck Finn est dĂ©crit d’aprĂšs nature ; Tom Sawyer aussi ; les traits de ce dernier personnage sont toutefois empruntĂ©s Ă  trois garçons de ma connaissance : il appartient par consĂ©quent Ă  ce que les architectes nomment l’ordre composite. Â» PrĂ©face de Tom Sawyer

Outre ces textes autobiographiques, Twain a déjà mis en scÚne des enfants, dans de courts textes appelés esquisses (sketches, croquis) qui parodient la littérature de jeunesse de l'époque, qu'ils s'agissent de péripéties enfantines destinées à édifier les petits garçons et les petites filles ou de conseils de conduite à leur usage[6].

Les textes antĂ©rieurs qui se rapprochent le plus de Tom Sawyer sont L'Histoire du bon petit garçon et L'Histoire du mĂ©chant petit garçon[7], deux textes satiriques de quelques pages. Dans le premier, un enfant modĂšle n'est jamais rĂ©compensĂ© et finit par mourir avant d'avoir pu dĂ©clamer ses derniĂšres paroles qu'il avait soigneusement prĂ©parĂ©es :

« Ainsi pĂ©rit le bon petit garçon, aprĂšs avoir fait tous ses efforts pour vivre selon les histoires, sans pouvoir y parvenir. Tous ceux qui vĂ©curent comme lui prospĂšrent, exceptĂ© lui. Son cas est vraiment remarquable. Il est probable qu’on n’en pourra pas donner d’explication. Â»

À l'inverse, dans la seconde histoire, le mĂ©chant petit garçon vole et ment, comme Tom Sawyer, et finit riche dĂ©putĂ© :

« Et il grandit et se maria, et eut de nombreux enfants. Et il fendit la tĂȘte Ă  tous, une nuit, Ă  coup de hache, et s’enrichit par toutes sortes de fourberies et de malhonnĂȘtetĂ©s. Et Ă  l’heure actuelle, c’est le plus infernal damnĂ© chenapan de son village natal, il est universellement respectĂ©, et fait partie du parlement. Â»

Cette chute rappelle le mot de Twain Ă  propos de Tom : selon lui, Tom finirait homme politique ou au bout d'une corde. Le personnage de Tom Sawyer a donc des antĂ©cĂ©dents, et il est inspirĂ© des prĂ©cĂ©dentes satires de Twain sur l'Ă©ducation et l'Ă©cole du dimanche. Tom apparaĂźt comme un mĂ©lange de ces petits garçons, puisqu'il est Ă  la fois un chenapan et un garçon douĂ© d'une certaine gĂ©nĂ©rositĂ© ; il est Ă  ce titre une illustration du « bad boy Â» amĂ©ricain, tempĂ©rĂ© par un bon caractĂšre. Ces traits de caractĂšre se limitent en effet rĂ©ciproquement : les tours qu'il joue ne vont pas jusqu'Ă  la pure et simple mĂ©chancetĂ©, et sa gĂ©nĂ©rositĂ© trouve des limites dans son dĂ©sir de gloire[8].

Ces deux textes parodiques adoptent en outre une confiance faussement naĂŻve et ironique en l'autoritĂ© des livres, pour mieux faire ressortir le dĂ©calage entre ce qui est Ă©crit dans les ouvrages de l'Ă©poque et la rĂ©alitĂ© :

« Eh bien ! Vous pouvez consulter et consulter d’un bout jusqu’à l’autre, et d’ici au prochain Christmas, tous les livres de l’école du dimanche, sans rencontrer chose pareille. Â»

Et l'auteur de feindre l'Ă©tonnement lorsque le mĂ©chant petit garçon n'est jamais puni comme dans les livres :

« Comment Jim toujours Ă©chappa demeure pour moi un mystĂšre. Â»

Dans Tom Sawyer, ce n'est plus le narrateur, mais le personnage principal, Tom, qui croit, mais cette fois de maniÚre trÚs sérieuse, en la vérité des livres, qui sont dans ce cas romans d'aventures.

AntĂ©cĂ©dents et genĂšse de l'Ɠuvre

Le Mississippi, source d'inspiration de Twain.

On ne peut dater avec exactitude la pĂ©riode oĂč Twain commença Ă  travailler Ă  ce projet, sans doute au dĂ©but de l'annĂ©e 1872. Auparavant, pendant les annĂ©es oĂč il fut journaliste, Twain Ă©crivit sur les Ă©vĂ©nements et les sujets qu'il allait reprendre dans Tom Sawyer. Parmi ces sujets, on trouve l'Ă©cole du dimanche et les amourettes de l'enfance. Vers 1868, il achĂšve une nouvelle que l'on dĂ©signe, Ă  titre posthume, du nom de Boy's Manuscript, et qui raconte la vie d'un garçon sur le Mississippi. En 1870, il Ă©crit Ă  un ami d'enfance, Will Bowen, et Ă©voque leurs souvenirs communs qu'il utilisera dans le roman.

Vers 1873, Twain a Ă©crit environ 400 pages. Il en abandonne l'Ă©criture, et rĂ©dige l'Âge dorĂ©, avec Charles Dudley Warner, roman publiĂ© en 1874. Il reprend Tom Sawyer la mĂȘme annĂ©e, travaillant Ă©galement Ă  une Ɠuvre comme L'Ancien Temps sur le Mississipi[9], et, en 1875, annonce Ă  W. D. Howells que le roman est terminĂ©.

À propos de l'Ă©criture du roman, Twain dĂ©clara, dans son autobiographie, que Les Aventures de Tom Sawyer est la premiĂšre Ɠuvre Ă  avoir Ă©tĂ© Ă©crite avec une machine Ă  Ă©crire :

« I will now claim - until dispossess -that I was the first person in the world to apply the type-machine to literature. That book must have been The Adventures of Tom Sawyer. I wrote the first half of it in '72, the rest of it in '74. My machinist type-copied a book for me in '74, so I concluded it was that one. Â»

L'historien Darryl Rehr a cependant montré que le premier texte était en réalité La Vie sur le Mississipi, écrit avec une Remington No. 2[10].

Circonstances de publication

Incertitude sur le public visé

Illustration, sans doute de Twain lui-mĂȘme[11].

Twain envoya le manuscrit Ă  Howells, en lui Ă©crivant :

«  Ce n'est pas un livre pour garçons. Il ne doit ĂȘtre lu que par des adultes. Il n'a Ă©tĂ© Ă©crit que pour les adultes. Â»[12]

Or, Howells, tout en exprimant un jugement trĂšs positif sur le roman, conseilla Ă  Twain de le publier en tant que livre pour les garçons :

« Je suis restĂ© debout jusqu'Ă  une heure du matin pour le terminer, parce que je ne pouvais pas le lĂącher ! C'est vraiment une formidable histoire d'enfants. [...] Mais je pense que vous devriez en faire trĂšs explicitement une histoire pour la jeunesse[13]. Â»

Twain fut d'abord irritĂ© ; il finit nĂ©anmoins par admettre l'idĂ©e quand sa femme, Olivia (Livy), lui donna le mĂȘme conseil. Une lĂ©gende veut que Twain fut contraint d'adapter substantiellement le texte Ă  un lectorat plus jeune, suite aux avis de Howells et de Livy ; de fait, Mark Twain attĂ©nua certaines grossiĂšretĂ©s et des passages jugĂ©s vulgaires par ses deux lecteurs[14]. Mais aucun manuscrit ne permet d'affirmer que Twain n'apporta autre chose que quelques corrections mineures au roman.

Deux Ă©ditions

Édition amĂ©ricaine de 1876.

En novembre 1875, Twain donna le manuscrit Ă  l'American Publishing Company, en la personne d'Elisha Bliss, qui l'envoya Ă  True Williams pour en faire les illustrations. Pour des raisons non Ă©lucidĂ©es, l'Ɠuvre ne parut qu'un an plus tard chez cet Ă©diteur ; dans le mĂȘme temps, Twain fit publier le texte chez Chatto and Windus, Ă  Londres, en juin 1876, sans illustration. Des Ă©ditions pirates parurent trĂšs vite au Canada et en Allemagne. L'American Publishing Company publia finalement son Ă©dition en dĂ©cembre 1876, Ă©dition qui fut la premiĂšre Ă©dition illustrĂ©e de Tom Sawyer.

Ces deux éditions diffÚrent légÚrement. AprÚs avoir achevé son manuscrit, Twain en fit faire une copie. C'est cette copie que lit et annote Howells, et Twain y apporta ses propres corrections qu'il reporta ensuite sur le manuscrit original, mais certaines corrections lui échappÚrent. L'édition anglaise fut établie d'aprÚs cette copie, tandis que l'édition américaine fut établie sur le manuscrit original. De plus, Twain s'occupa personnellement de la révision des épreuves de l'édition américaine, ce qu'il ne fit pas pour l'édition anglaise. L'édition américaine est donc considérée comme l'édition faisant autorité.

Situation de Twain en 1876

Mark Twain est un Ă©crivain dĂ©jĂ  cĂ©lĂšbre avant de publier Tom Sawyer : ses rĂ©cits de voyages et ses confĂ©rences sont connus, et il est considĂ©rĂ© comme l'un des meilleurs humoristes amĂ©ricains[15].

Au moment de la publication du roman, Twain est marié avec Olivia depuis six ans, a deux filles, Susy et Clara, et s'est installé à Hartford, Connecticut, dans une vaste et couteuse demeure. Le train de vie qu'il y mÚne est pour lui une source de soucis économiques et il espÚre que Tom Sawyer sera un aussi grand succÚs de librairie que The Innocents Abroad.

L'Accueil critique

Mais, publiĂ©e au moment du centenaire des États-Unis, Les Aventures de Tom Sawyer n'eut tout d'abord qu'un faible succĂšs en termes de vente[16]. À sa sortie, le livre se vendit peu, bien moins que Le Voyage des innocents, Ă  peine 20 000 exemplaires, ce que Twain considĂ©ra comme un Ă©chec. Il reçu toutefois dans l'ensemble de bonnes critiques[17].

William Howells, dans le numĂ©ro 37 de l’Atlantic Monthly (mai 1876), parle d'une « merveilleuse Ă©tude de l'esprit des garçons qui vit dans un monde totalement diffĂ©rent de celui dans lequel il est corporellement prĂ©sent au cĂŽtĂ© des adultes Â», mais il Ă©voque surtout la moralitĂ© du roman et des personnages (« Tom ne jure presque pas Â» et Huck, selon lui, est sur une bonne voie, puisqu'il commence Ă  vivre une « vie dĂ©cente Â» Ă  la fin du roman). L'Edinburgh Scotsman (23 juin 1876) parle d'un dĂ©licieux roman pour les gamins, malgrĂ© sa « forte saveur amĂ©ricaine Â», que les parents pourront sans crainte mettre dans les mains de leurs enfants. Richard Littledale (Academy, 24 juin 1876) voit dans le livre, qu'il juge amusant, un intĂ©ressant tĂ©moignage sur le « genre d'animal qu'est l'Ă©colier amĂ©ricain Â» (ou du moins qu'il Ă©tait quelques dĂ©cennies plus tĂŽt), avec son imagination bizarre et ses superstitions. L'article du London Standard (7 juillet 1876) juge qu'il s'agit d'une Ɠuvre capitale dans le domaine de la littĂ©rature pour garçons ; ce compte-rendu a ceci de remarquable qu'il met en valeur une identitĂ© propre de la littĂ©rature amĂ©ricaine, dont Tom Sawyer est une illustration exemplaire : la langue y est extraordinaire, et, bien que fondĂ©e sur l'anglais, c'est une langue diffĂ©rente, qui s'est dĂ©veloppĂ©e aux États-Unis, avec une grammaire diffĂ©rente, un argot diffĂ©rent. Le Saturday review (8 juillet 1876), dans un compte-rendu court et lapidaire, regrette l'humour trop souvent extravagant et vulgaire qui serait habituel Ă  l'auteur. Le San Francisco Chronicle (7 janvier 1877) parle de l'un des meilleurs livres du « gĂ©nial Mark Twain Â». Le San Francisco Evening Bulletin (20 janvier 1877) enchĂ©rit sur ce jugement, et estime que nulle part ailleurs les dons de Mark Twain n'ont Ă©tĂ© plus Ă©vidents, son imagination dĂ©bridĂ©e plus libre et son humour plus authentique. Le personnage de Tom ne peut qu'avoir Ă©tĂ© profondĂ©ment vĂ©cu et senti, et pour ĂȘtre peint avec autant de vivacitĂ©, il a dĂ» jaillir de la conscience la plus intime de son crĂ©ateur. Ce compte-rendu, Ă  l'opposĂ© de celui de Howells, souligne Ă©galement que Tom, dĂ©bordant de perversitĂ© enfantine, ment, trompe, vole, et va ainsi de mal en pis. Le New-York Evening Post (1er fĂ©vrier 1877) est plus critique, et juge que, si la premiĂšre moitiĂ© de l'Ɠuvre est caractĂ©ristique du meilleur Twain, le reste perd tout charme du fait du caractĂšre grotesque du rĂ©cit. Le compte-rendu estime que la prĂ©tention de Twain Ă  considĂ©rer le roman comme une Ɠuvre pour la jeunesse est l'une de ses grosses plaisanteries, et il est bien clair qu'il est on ne peut plus risquĂ© de mettre un tel livre dans les mains d'un garçon qui pourrait vouloir imiter Tom Sawyer.

Tom Sawyer est finalement devenu le plus grand succĂšs de Twain : le livre fut sans cesse rĂ©Ă©ditĂ© de son vivant. Il a depuis connu des centaines d'Ă©ditions et a Ă©tĂ© traduit dans des dizaines de langues[18].

ÉlĂ©ments d'analyse

Mark Twain livre dans la prĂ©face le double projet des Aventures de Tom Sawyer, marquant au passage l'ambiguĂŻtĂ© du statut du livre :

« Bien que mon livre ait surtout pour but de divertir garçons et filles, j’espĂšre qu’il ne sera pas boudĂ© pour cette raison par les hommes et les femmes, car je me suis Ă©galement proposĂ© de remĂ©morer agrĂ©ablement aux adultes ce qu’ils ont jadis Ă©tĂ© eux-mĂȘmes, leurs sentiments, leurs pensĂ©es et leurs paroles, et dans quelles Ă©tranges entreprises ils s’engageaient parfois. Â»

Le roman est ainsi supposĂ© ĂȘtre une Ɠuvre pour la jeunesse, mais il s'agit en mĂȘme temps d'un livre de souvenirs pour les adultes. Cette courte prĂ©face donne Ă©galement une brĂšve analyse du contenu du texte : il sera composĂ© de sentiments, de pensĂ©es, de paroles et d'entreprises enfantins. L'enfant s'en amusera, y trouvant peut-ĂȘtre sa propre description, et l'adulte se remettra Ă  l'esprit des sentiments, des pensĂ©es, des paroles dĂ©jĂ  vĂ©cus, mais oubliĂ©s. Cette dualitĂ© est prĂ©sente tout au long du livre : c'est un livre sur les enfants, dans lequel on trouve le point de vue de l'adulte qui se remĂ©more avoir Ă©tĂ© enfant, qui s'efforce de rappeler les sentiments qu'il a ressentis en les prĂ©sentant avec empathie, tout en ayant un recul inĂ©vitable, et parfois de l'ironie, du Ă  son Ăąge. Cette dualitĂ© se retrouvera dans les Aventures de Huckleberry Finn, mais cette fois Twain mĂȘlera le point de vue de l'enfant et de l'adulte en adoptant la forme du rĂ©cit en premiĂšre personne.

Le style

Mark Twain ne propose pas de portraits de ses personnages, qui ne sont presque jamais dĂ©crits, et il ne fait pas plus de descriptions dĂ©taillĂ©es des lieux oĂč se dĂ©roule l'histoire, bien que l'on puisse remarquer que les dĂ©cors naturels font l'objet de plus d'attention de sa part. Les personnages sont prĂ©sentĂ©s par leurs actions et les sentiments qui les font agir (certains sentiments reviennent souvent, comme la peur, l'amour, l'amour propre et la culpabilitĂ©), et il y a peu de descriptions physiques ou d'introspections : Tom est un garçon d'un Ăąge indĂ©terminĂ© qui aime Ă  s'amuser aux dĂ©pens d'autrui et Ă  se faire valoir, tante Polly est une vieille femme gĂ©nĂ©reuse, et le lecteur n'en apprendra pas beaucoup plus au cours du roman. L'Ă©poque elle-mĂȘme reste indĂ©terminĂ©e, et la chronologie de l'Ɠuvre est surtout marquĂ©e par les jours de la semaine, chronologie dont les repĂšres ont tendance Ă  s'estomper lorsque les hĂ©ros sont dans la nature (Ă©pisode de l'Ăźle) ou perdus dans la grotte (un des Ă©pisodes finaux du roman).

L'Ă©poque

Bien que le texte ne fournisse pas d'indications prĂ©cises sur la date exacte du rĂ©cit, on y trouve plusieurs indices qui permettent d'Ă©valuer le dĂ©but du roman Ă  un vendredi 14 juin, ce qui correspondrait Ă  l'annĂ©e 1844. Cette annĂ©e est plausible puisque l'auteur prĂ©cise dans la prĂ©face que l'histoire se dĂ©roule Ă  la pĂ©riode de son enfance, « Ă  savoir il y a 30 ou 40 ans Â» ; l'action est donc censĂ©e se passer entre 1836 et 1846.

Les Lieux

Saint Petersburg et ses habitants

Les personnages du roman vivent dans le village fictif de Saint Petersburg, sur la rive droite du Mississippi (le fleuve sĂ©pare le Missouri de l'Illinois), Ă  150 km en amont de St. Louis.[19] Cette ville est inspirĂ©e du village de la jeunesse de Twain, Hannibal, oĂč il a vĂ©cu de 1839 Ă  1853. À cette Ă©poque, Hannibal Ă©tait composĂ©e d'environ 1000 habitants, ce qui donne une idĂ©e de la taille de Saint Petersburg. Les habitants sont plutĂŽt pauvres ; on y trouve les notables des petits villages : instituteur, juge, mĂ©decin. Telle que la vie du village est prĂ©sentĂ©e par Twain, elle est surtout rythmĂ©e par les jours de la semaine (dont le dimanche, oĂč les habitants venus Ă  l'Église apprennent les derniĂšres nouvelles par le rĂ©vĂ©rend, avant le sermon) et par les pĂ©ripĂ©ties de Tom.

La reprĂ©sentation sociale que fait Twain de Saint Petersburg a Ă©tĂ© perçue de maniĂšre trĂšs variĂ©e par les lecteurs de Tom Sawyer. Comme le personnage de Tom, affirme Alex Feerst[20], il y a plusieurs points de vue possibles. Bernard DeVoto y a vu une description nostalgique d'une communautĂ© rurale et une idylle du temps passĂ©. Mais on peut Ă©galement prendre un point de vue plus sĂ©vĂšre, et souligner le caractĂšre parodique de ces descriptions d'une vie sociale terne et somnolente. Ainsi, plutĂŽt qu'un havre parfait, Saint Petersburg est un village ennuyeux, ce qui fait ressortir par contraste les aventures mouvementĂ©es de Tom. Certains commentateurs vont plus loin en remarquant que la vie sociale de Saint Petersburg est faite de mauvaise foi et d'inepties[21]. L'atmosphĂšre qui rĂšgne dans le village tĂ©moigne Ă©galement d'un certain malaise de l'auteur, et l'on trouve dans le roman, selon Elizabeth Beck, des Ă©lĂ©ments sombres qui prĂ©figurent les derniĂšres annĂ©es de Twain :

« Les adultes de Saint Petersburg sont accusĂ©s de vanitĂ©, d'hypocrisie, de fausses postures, de malhonnĂȘtetĂ©, de tromperie, d'hystĂ©rie, d'enfantillage, d'auto-indulgence, d'aviditĂ© pour les sensations fortes et d'une ambition dĂ©mesurĂ©e. Â»[22]
Exemple d'une ville sur le Mississipi, dans l'État du Missouri

Les traits de caractĂšre des habitants, qui sont du Middle West conservateur, religieux et puritain que l'auteur Ă©voque dans plusieurs de ses Ɠuvres, ne sont donc pas trĂšs flatteurs, mais Twain peint nĂ©anmoins leurs dĂ©fauts avec humour et ironie[23]. Certains sont portĂ©s sur l'alcool, comme l'instituteur, ce qui donne lieu Ă  une scĂšne comique oĂč ce dernier est humiliĂ© publiquement ; si tous les habitants de Saint Petersburg, ou presque, sont ignorants et superstitieux, c'est l'occasion pour Twain de laisser libre cours Ă  son ironie plutĂŽt qu'Ă  une critique sociale virulente et pessimiste. La superstition est en effet une composante importante de tous les personnages et du roman : Ă©voquĂ©e presqu'Ă  chaque page, elle influence les actions et les dĂ©cisions des personnages, et donne lieu Ă  de longues discussions casuistiques.

Maison d'enfance de Twain, Ă  Hannibal.

Twain peint donc la communautĂ© de Saint Petersbourg dans son ensemble sous des jours trĂšs variĂ©s, et il est possible d'adopter des points de vue tout autant variĂ©s. Parmi les exemples les plus fameux qui illustrent cette variĂ©tĂ©, on trouve l'ironie de Twain sur l'opinion publique, dĂ©sireuse de voir lyncher au plus vite Muff Potter, et qui change subitement de direction, comme si elle ne l'avait jamais accusĂ©, quand celui-ci est innocentĂ© ; Twain fait Ă©galement de l'Église un thĂ©Ăątre de vanitĂ© et s'en prend directement Ă  l'enseignement tout rhĂ©torique de la morale qu'il illustre par la prose « sublime Â» et « cauchemardesque Â» des jeunes filles qui doivent rĂ©citer leur composition Ă  la fin de l'annĂ©e scolaire[24]. En revanche, lorsque tous les villageois se mobilisent pour retrouver Tom et Becky, Twain peint un village accablĂ© et souffrant solidairement, et lors de du retour des enfants, la spontanĂ©itĂ© des effusions de joie se traduit par des larmes qui en disent plus que les mots[25].

Une Ăźle et une caverne

Grotte McDowell (Mac Dougal), aujourd'hui grotte Mark Twain.

Plusieurs chapitres ont pour théùtre l'ßle Jackson. Elle se trouvait à quelques kilomÚtres de Hannibal, et était, d'aprÚs Mark Twain dans Tom Sawyer, longue de plus de 4 kilomÚtres pour une largeur de 400 mÚtres. Elle était séparée de l'Illinois par un canal large de 200 mÚtres. L'ßle apparaßtra également dans Les Aventures de Huckleberry Finn. Cette ßle est évoquée par Twain comme un havre de l'enfance auquel l'adulte fatigué songe avec nostalgie. Elle correspond à Glasscock Island aujourd'hui disparue. Les cartes touristiques donnent cependant de nos jours ce nom à l'une des ßles prÚs de Hannibal.

Quant à la grotte Mac Dougal, il s'agit de la grotte McDowell, appelée aujourd'hui grotte Mark Twain.

Les personnages

Tom Sawyer

Article dĂ©taillĂ© : Tom Sawyer.

HĂ©ros du roman, Thomas Sawyer est un garçon orphelin, d'Ăąge indĂ©terminĂ©[26], qui ne pense qu'Ă  faire l'Ă©cole buissonniĂšre, Ă  s'identifier aux personnages de ses romans d'aventures prĂ©fĂ©rĂ©s et Ă  jouer des tours Ă  ses camarades. Amoureux de Becky, il n'a de cesse de l'impressionner, et lorsqu'il se retrouve perdu avec elle dans une grotte oĂč ils sont bien prĂšs de mourir, il fait preuve de courage et fait tout son possible pour la consoler alors que lui-mĂȘme est terrorisĂ©. Ce sont lĂ  les aspects du personnage qui ont donnĂ© de lui une image convenue d'enfant gĂ©nĂ©reux, anti-conformiste et libre.

Mais Tom est Ă©galement un personnage imbu de lui-mĂȘme, recherchant reconnaissance et gloire : il a le goĂ»t de la « magnificence thĂ©Ăątrale Â»[27] et il a besoin d'ĂȘtre admirĂ©[28]. À travers l'histrionisme et les malhonnĂȘtetĂ©s de Tom (mensonges, vols), c'est le thĂ©Ăątre hypocrite de la petite ville amĂ©ricaine qui est aussi visĂ© par Twain. Ces aspects de la psychologie de Tom provoquent une impression dĂ©plaisante qui a Ă©tĂ© soulignĂ©e par les spĂ©cialistes de Twain[29] : Tom Sawyer est « un conformiste, un beau-parleur qui joue Ă  l'homme libre Â»[30]. Et, pour Peter Messent [31], si Tom perturbe le quotidien des adultes, sa rĂ©bellion n'est possible que sur le fond des conventions et des valeurs sociales d'un village dans lequel il est finalement bien intĂ©grĂ© et oĂč il rencontre le succĂšs.

Cette intĂ©gration de Tom dans sa communautĂ© marque une limite du portrait qu'en trace Twain comme symbole de libertĂ©, limite qui peut ĂȘtre vue comme une forme d'inauthenticitĂ© : Tom serait un rebelle socialement approuvĂ© et il rentre finalement dans le rang[32]. De ce point de vue, Tom Sawyer est un roman de formation oĂč le personnage joue au rebelle dans les limites permises par les adultes, puis cesse progressivement de jouer pour adhĂ©rer rĂ©ellement aux valeurs du monde des grands. Ce dĂ©veloppement aboutit Ă  un achĂšvement du personnage, et cet achĂšvement expliquerait que l'auteur se soit dĂ©tournĂ© de Tom, lui prĂ©fĂ©rant son opposĂ©, Huckleberry Finn, qui ne s'intĂšgre vĂ©ritablement jamais et demeure indĂ©pendant. Twain a donc estimĂ© impossible de continuer Ă  dĂ©velopper Tom Sawyer et Ă  faire l'histoire de ce hĂ©ros devenu adulte :

« J'ai dĂ©cidĂ© de ne pas amener le garçon jusqu'Ă  l'Ăąge adulte parce qu'alors il mentirait comme tous ces hĂ©ros de quatre sous de la littĂ©rature et le lecteur se mettrait Ă  le mĂ©priser cordialement.[33] Â»

Huckleberry Finn : camarade des aventures de Tom, fils d'un ivrogne, c'est un garçon vagabond, qui dort l'Ă©tĂ© Ă  la belle Ă©toile et l'hiver dans un tonneau. Les enfants de St Petersburg ont interdiction de le frĂ©quenter, ce qui rend sa compagnie plus attrayante. Il apparaĂźt comme le pendant authentique de Tom Sawyer, vĂ©ritablement « a-civilisĂ© Â», naturel et indĂ©pendant. Avide comme son ami d'aventures et de chasses aux trĂ©sors, il refuse cependant de sacrifier sa vie de vagabond Ă  la gloire et aux richesses. Seules les promesses d'aventures que Tom lui a faites pourront le convaincre de revenir Ă  la civilisation.

Becky (Rebecca) Thatcher : petite fille d'environ 9 ans, blonde aux yeux bleu, inspirĂ©e de Laura Hawkins. Elle apparaĂźt au chapitre 3. Tom lui dĂ©clare son amour et se fait punir Ă  sa place. Becky est dĂ©peinte selon une stricte reprĂ©sentation de la diffĂ©rence des sexes, caractĂ©ristique de l'Ă©poque : timide, faible et dĂ©pendante, son rĂŽle est essentiellement d'ĂȘtre courtisĂ©e par Tom[34] et de rĂ©agir par rapport Ă  lui. Bien qu'elle soit le personnage fĂ©minin le plus cĂ©lĂšbre de Twain, son rĂŽle se rĂ©duit Ă  peu de choses dans le roman, et Twain ne se souvenait plus de son nom quand il rĂ©digea Les Aventures de Huckleberry Finn[35].

Tante Polly : sƓur de la mĂšre dĂ©cĂ©dĂ©e de Tom, elle veille sur ce dernier. Ses liens de parentĂ© avec Mary et Sid sont inconnus, et il ne semble pas qu'elle ait Ă©tĂ© mariĂ©e ou ait eu des enfants. Elle est dĂ©crite comme une vieille femme au grand cƓur, qui a les plus grandes difficultĂ©s Ă  punir Tom sans ressentir de remords, et qui ressent tout autant de remords lorsqu'elle ne le punit pas. Elle apparaĂźt dans les autres histoires du cycle de Tom et Huck. Dans son Autobiographie, Twain indique que le personnage est inspirĂ©e de sa mĂšre[36].

Sid Sawyer : demi-frĂšre de Tom, ils ont vraisemblablement le mĂȘme pĂšre. Sid est dĂ©crit comme un petit garçon modĂšle, sans histoire et qui dĂ©nonce Ă  plusieurs reprises Tom Ă  tante Polly. Alors que cette derniĂšre est facilement dupĂ©e par Tom, Sid soupçonne souvent la vĂ©ritĂ© qui se cache derriĂšre les mensonges de son demi-frĂšre. Il est inspirĂ© du frĂšre de Twain, Henry[37].

Mary (Sawyer ?) : cousine de Tom, son Ăąge et sa situation dans la famille Sawyer sont indĂ©terminĂ©s. Une scĂšne la montre aidant Tom Ă  faire ses devoirs, et elle semble la seule personne capable de le motiver un peu ; d'autres passages montrent qu'elle a une grande influence sur lui et que Tom lui obĂ©it, mĂȘme Ă  contre-cƓur. Elle est inspirĂ©e de la sƓur de Twain, Pamela.

Joe Harper : ami de Tom Sawyer, inspirĂ© principalement de John B. Briggs.

Muff Potter : l'un des personnages importants de l'histoire principale du roman, il est accusĂ© du meurtre du Dr. Robinson.

Jim : garçon noir qui travaille pour Tante Polly, il est sans doute inspirĂ© de Sandy, esclave de la famille de l'auteur qui chantait sans cesse.

Veuve Douglas : riche habitante de Saint Petersburg, c'est une belle femme d'une quarantaine d'annĂ©e vivant avec sa sƓur cĂ©libataire, miss Watson, dans une grande demeure situĂ©e Ă  Cardiff Hill. Elle est inspirĂ©e de Melicent Holliday. Elle apparaĂźt au chapitre 5, et elle passe au premier plan de l'histoire au chapitre 29, alors que Joe l'Indien projette de la mutiler pour se venger. Huck la sauve et, en rĂ©compense, la veuve le prend sous son toit, et se propose de le « civilizer Â».

Injun Joe

Joe l'Indien (Injun Joe ; le mot injun est un terme mĂ©prisant pour dĂ©signer l'Indien) : mĂ©tis, c'est-Ă -dire symbole du paria dans la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine de l'Ă©poque. Il est le seul mĂ©chant du roman et reprĂ©sente le seul danger rĂ©el du monde enfantin de Tom. À ce titre, il est une figure centrale du roman et l'adulte qui a le rĂŽle le plus important dans l'histoire. Mark Twain fait preuve de ce racisme anti-indien (Ă©galement prĂ©sent dans À la dure) qui attribue aux Indiens les traits les plus vicieux et les plus cruels : Joe tue facilement, se parjure, projette de se venger de la veuve Douglas en lui mutilant le visage. Il meurt finalement de faim dans la grotte Mac Dougal. Joe l'Indien a rĂ©ellement existĂ© ; il s'appelait Joe Douglas, Ă©tait un indien Osage, scalpĂ© par des Pawnees et il vĂ©cu Ă  Hannibal. C'Ă©tait un individu considĂ©rĂ© comme un bon travailleur et respectĂ© en tant que tel. Dans son Autobiographie, Mark Twain affirme que le Joe rĂ©el a rĂ©ellement dĂ» manger des chauves-souris alors qu'il Ă©tait perdu dans la grotte. Contrairement au personnage, il a survĂ©cu et est mort en 1925.

Les thĂšmes

La mort

La mort est omniprĂ©sente dans le roman, rĂ©elle, mise en scĂšne ou comme menace. Tom est un orphelin, la mort de ses parents n'est pas expliquĂ©e ; il assiste, avec Huck, au meurtre du Dr. Robinson. Il est considĂ©rĂ© comme mort noyĂ© par les habitants de Hannibal lorsqu'il part jouer aux pirates sur l'Ăźle Jackson, avec Huck et Joe. Il fait de ses funĂ©railles le thĂ©Ăątre de son retour surprise. Il doit lutter avec sa conscience pour savoir s'il sauvera Muff Potter de la pendaison. Avec Huck, il craint d'ĂȘtre tuĂ© par Joe l'Indien. Tom et Becky sont prĂšs de mourir lorsqu'ils se perdent dans la grotte oĂč Joe l'Indien meurt peu aprĂšs.

La morale

La morale est prĂ©sentĂ©e de plusieurs maniĂšres dans le roman, gĂ©nĂ©ralement nĂ©gatives. À travers le personnage de Huck et de l'adhĂ©sion de Tom Ă  une association pour l'interdiction du tabac et de l'alcool, c'est le dĂ©sir de l'interdit qui est soulignĂ©, ce qui montre aux yeux de Twain que la morale est la source principale de l'immoralitĂ©. Plus tard, dans un essai comme Qu'est-ce que l'homme ?, Twain dĂ©veloppera cette mĂȘme idĂ©e en estimant que c'est la libertĂ© morale attribuĂ©e Ă  l'homme qui le rend capable de faire le mal. À l'Église, c'est l'hypocrisie et la vanitĂ© du rĂ©vĂ©rend que Twain ridiculise Ă  travers l'Ă©pisode des bons points Ă©changĂ©s par Tom avec ses camarades. Cette hypocrisie est Ă©galement directement critiquĂ©e par Twain lorsqu'il Ă©voque les devoirs des jeunes filles, et les absurdes contraintes moralisatrices qu'elles sont tenues de respecter :

« Mais ce qui faisait la particularitĂ© unique de ces travaux, ce qui les marquait et les dĂ©figurait irrĂ©mĂ©diablement, c’était l’inĂ©vitable, l’intolĂ©rable sermon qui terminait chacun d’eux Ă  la façon d’un appendice monstrueux. Peu importait le sujet. On Ă©tait tenu de se livrer Ă  une gymnastique intellectuelle inouĂŻe pour le faire entrer coĂ»te que coĂ»te dans le petit couplet d’usage oĂč tout esprit moral et religieux pouvait trouver matiĂšre Ă  Ă©dification personnelle. L’hypocrisie flagrante de ces sermons n’a jamais suffi Ă  faire bannir cet usage des Ă©coles. Aujourd’hui encore, il n’y en a pas une seule dans tout notre pays, oĂč l’on n’oblige les jeunes filles Ă  terminer ainsi leurs compositions. Et vous dĂ©couvrirez que le sermon de la jeune fille la plus frivole et la moins pieuse de l’école est toujours le plus long et le plus impitoyablement dĂ©vot. Â»

Bien que Twain se dĂ©fende de tout romantisme, le fait est que les conduites ou sentiments moraux qui ne font pas l'objet de son ironie ou de sa critique sont ceux qui, de maniĂšre spontanĂ©e, sont issus du sentiment ou du naturel des personnages : tante Polly est une vieille femme d'un naturel gĂ©nĂ©reux, ce qui l'empĂȘche de punir Tom comme elle le voudrait : ce dĂ©faut demeure pourtant un trait sympathique du personnage. Tom Ă©vite Ă  Becky une punition humiliante par un acte de noblesse spontanĂ© dont il est le premier Ă  s'Ă©tonner ; la bontĂ© des habitants de Saint Petersburg, par ailleurs si critiquĂ©s par Twain, s'exprime particuliĂšrement par les sentiments qu'ils expriment lors de la disparition des enfants.

Les techniques humoristiques

Twain utilise des formes d'humour qu'il a dĂ©jĂ  abondamment utilisĂ©es dans ces Ɠuvres prĂ©cĂ©dentes. Un exemple caractĂ©ristique est la practical joke, qui consiste Ă  placer une personne dans une situation de victime, comme lorsque Tom se fait passer pour mort et qu'il est pleurĂ© par tout le village. Ce type d'humour ne va pas sans cruautĂ©, comme l'illustre Twain avec le retour incognito de Tom dans son village, hĂ©sitant Ă  prĂ©venir sa tante qu'il est toujours en vie pour lui Ă©pargner son chagrin, avant d'y renoncer pour ne pas gĂącher l'effet de surprise de ce type de plaisanteries. L'originalitĂ© de la mise en scĂšne des funĂ©railles de Tom et de ses amis est qu'elle se termine par la joie partagĂ©e du manipulateur et de ses victimes.

« Peter avait l’air ravi. Â»

Une autre technique est l'attribution de traits humains Ă  un animal. Au chapitre XII, la scĂšne de Tom donnant son « mĂ©dicament Â» Ă  Peter, le chat de tante Polly, illustre cette technique :

« N’en demande pas, si tu n’en veux pas, Peter Â», fit Tom.
Peter fit comprendre qu’il avait bel et bien envie de goĂ»ter au breuvage.
« Tu es bien sĂ»r que ça te plaira ? Â»
Peter dut rĂ©pondre par l’affirmative.
« Bon, dĂ©clara Tom. Je vais t’en donner puisque tu y tiens. Mais, si tu n’aimes pas ça, tu ne t’en prendras qu’à toi-mĂȘme. Â»
Peter avait l’air ravi.

Les suites : cycle de Tom et Huck

Mark Twain donna plusieurs suites Ă  Tom Sawyer qui apportent un Ă©clairage rĂ©trospectif sur le premier roman de la sĂ©rie et qui ont, surtout pour ce qui concerne Huck Finn, influencĂ© la perception des lecteurs sur le statut et le propos de l'Ɠuvre. Mis Ă  part Huck Finn, les Ɠuvres du cycle de Tom et Huck sont considĂ©rĂ©es comme des Ă©checs littĂ©raires.

Les Aventures de Huckleberry Finn

Article dĂ©taillĂ© : Les Aventures de Huckleberry Finn.

Les Aventures de Huckleberry Finn commencent immĂ©diatement aprĂšs Les Aventures de Tom Sawyer, et l'on retrouve les mĂȘmes personnages. Les deux romans ont Ă©tĂ© trĂšs souvent comparĂ©s, ce qui a donnĂ© lieu Ă  plusieurs types de remarques. Cette comparaison entre le deux romans a souvent eu pour rĂ©sultats, selon les commentateurs, de dĂ©valoriser l'Ă©tude de Tom Sawyer pour elle-mĂȘme et de conforter une vision enfantine du livre.

En premier lieu, le second roman est jugĂ© littĂ©rairement trĂšs largement supĂ©rieur au premier : Tom Sawyer demeure un texte d'un style classique qui ne possĂšde pas la profondeur morale de Huckleberry Finn : c'est un roman construit de maniĂšre erratique autour de petites scĂšnes qui rappellent les Esquisses anciennes et nouvelles, alors que Huck Finn est dotĂ© d'une narration solidement structurĂ©e et brillante. C'est pourquoi, Tom Sawyer pĂątit gĂ©nĂ©ralement de la comparaison, et n'est parfois considĂ©rĂ© que comme une prĂ©paration au grand chef-d'Ɠuvre de Mark Twain, Huck Finn : Tom Sawyer est, de ce point de vue, le roman secondaire dans lequel est nĂ© le hĂ©ros de l'un des plus grands romans amĂ©ricains[38].

Un autre type de remarques concerne le contraste de ton qui existe entre les deux romans. Tandis que Huck Finn est un roman sombre et violent, Tom Sawyer serait une « idylle comique de l'enfance Â», composĂ©es de souvenirs idĂ©alisĂ©s, une Ɠuvre fondamentalement lĂ©gĂšre et fantaisiste. Selon Cynthia Griffin Wolff[39], cette comparaison des deux romans diminue la complexitĂ© morale de Tom Sawyer, et tend Ă  relĂ©guer le roman dans une catĂ©gorie simpliste de roman sur l'enfance amĂ©ricaine.

Huckleberry Finn accentue les cĂŽtĂ©s dĂ©plaisants du personnage de Tom, et les premiers chapitres apparaissent comme une maniĂšre de le congĂ©dier, parce que son histoire ne prĂ©sente plus aucun intĂ©rĂȘt aux yeux de l'auteur[40]. RĂ©trospectivement, Les Aventures de Tom Sawyer Ă©puisent les possibilitĂ©s du personnage, tandis que Les Aventures de Huckleberry Finn commencent un rĂ©cit d'aventures qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme toujours ouvert, inĂ©puisable. Cette diffĂ©rence, pour certains commentateurs, est marquĂ©e par Twain par une diffĂ©rence de titre qui n'est pas reproduite en français : Les Aventures de Tom Sawyer (The Adventures of Tom Sawyer), mais Aventures de Huckleberry Finn (Adventures of Huckleberry Finn), sans l'article dĂ©fini[41].

Tom Sawyer en voyage

Tom Sawyer en voyage, court roman publiĂ© en 1894, souligne d'emblĂ©e deux traits de caractĂšre de Tom qui sont le point de dĂ©part du rĂ©cit et qui Ă©taient dĂ©jĂ  prĂ©sents dans Les Aventures de Tom Sawyer : son dĂ©sir de se faire un nom et la croyance aveugle qu'il place dans l'autoritĂ© indiscutable des romans d'aventures qui le rend mĂ©prisant Ă  l'Ă©gard de Huck et Jim, deux ignorants Ă  ses yeux :

« Vous figurez-vous que Tom Sawyer fut satisfait aprĂšs toutes ses aventures ? [...] Non, il ne le fut pas. Le succĂšs lui mit tout juste le poison dans le sang, et il en souffrait davantage du mal de l’aventure. VoilĂ  tout le rĂ©sultat qu’eut son succĂšs. Â»[42]

Tom Sawyer détective

Huckleberry Finn et Tom Sawyer chez les Indiens

Huckleberry Finn et Tom Sawyer chez les Indiens est une Ɠuvre que Twain a subitement abandonnĂ©e et laissĂ©e inachevĂ©e, peut-ĂȘtre Ă  cause de la tournure particuliĂšrement sombre et brutale que l'histoire avait prise. Elle confirme la vision que l'auteur se faisait des Indiens, illustrĂ©e par le personnage de Joe l'Indien dans Les Aventures de Tom Sawyer : dans ce texte, en effet, les Indiens enlĂšvent et violent des femmes[43], ce qui fait Ă©cho au traitement que Joe l'Indien se propose de faire subir Ă  la veuve Douglas au chapitre XXX :

« Quand on veut se venger d’une femme, on ne la tue pas, on la dĂ©figure. On lui fend les narines, on lui coupe les oreilles. [...] Je l’attacherai Ă  son lit. Si elle saigne trop et qu’elle en meurt, tant pis pour elle. Je ne verserai pas une larme sur son cadavre. Â»

La postĂ©ritĂ© : Tom Sawyer, un mythe

Tom Sawyer est devenu un personnage populaire et familier. Témoin de ce succÚs, le roman est adapté pour le cinéma du vivant de Twain. Mais cette popularité ne va pas sans une appropriation du personnage par le public qui laisse de cÎté les aspects les plus rudes du texte ainsi que ses charges critiques.

Éditions et bibliographie

Éditions

Les Ă©ditions de Tom Sawyer sont innombrables ; on ne citera donc que les Ă©ditions notables (premiĂšres Ă©ditions) et celles qui reposent sur les manuscrits. On peut signaler Ă  cet Ă©gard que le site du Mark Twain Project, qui est considĂ©rĂ© comme la meilleure autoritĂ© en la matiĂšre, prĂ©pare une nouvelle Ă©dition de l'Ɠuvre.

Le manuscrit original, composé de 876 feuilles manuscrites est conservé à l'université Georgetown, Washington, D.C.

  • The Adventures of Tom Sawyer, Chatto and Windus, 1876, premiĂšre Ă©dition de l'Ɠuvre, Ă  Londres.
  • The Adventures of Tom Sawyer, American Publishing Company, 1876, Ă©dition amĂ©ricaine, illustrĂ©e par True Williams.
  • The Adventures of Tom Sawyer; Tom Sawyer Abroad; Tom Sawyer, Detective, edited by John C. Gerber, Paul Baender, and Terry Firkins, The Works of Mark Twain, volume 4, University of California Press, 1980, ISBN 9780520033535. PremiĂšre Ă©dition d'aprĂšs les corrections apportĂ©es au manuscrit et l'Ă©dition amĂ©ricaine.
  • The Adventures of Tom Sawyer, Collectors Reprints Inc., 1991, facsimilĂ©
  • The Adventures of Tom Sawyer, The Oxford Mark Twain, 1996, ISBN 9780195101362. FacsimilĂ© de l'Ă©dition amĂ©ricaine.

Traductions françaises

La traduction de Twain est un sujet d'Ă©tude Ă  part entiĂšre, et, avec Les Aventures de Huckleberry Finn, Les Aventures de Tom Sawyer posent au moins deux problĂšmes aux traducteurs : d'une part, c'est un livre que l'on a l'habitude de ranger dans la catĂ©gorie littĂ©rature de jeunesse ; d'autre part, Twain fait entrer dans la littĂ©rature le parler des populations du sud des États-Unis. Ce dernier point est surtout vrai de Huckleberry Finn.

Il en résulte que les premiÚres traductions, tenues de respecter un certain niveau littéraire et certaines idées sur la littérature pour les enfants, réécrivent, adaptent, suppriment ou ajoutent. On peut ainsi noter la suppression presque systématique du chapitre XXII dans lequel l'instituteur, ivre en public, se fait humilier par des élÚves. Jusque dans les années 60 il n'existe pas de réelle traduction en français de Tom Sawyer[44].

  • Les Aventures de Tom Sawyer, traduction de William-L. Hughes, 1884
    La premiĂšre mise en français du texte, « traduit avec l'autorisation de l'auteur Â», c'est en fait une rĂ©Ă©criture du livre. Le traducteur, employĂ© du ministĂšre de l'IntĂ©rieur, « scolarise Â» le texte[45].
  • Les Aventures de Tom Sawyer, traduction de François de GaĂŻl, Paris, Mercure de France, 1904
    Le traducteur a eu un réel soucis d'intégralité, mais la traduction reste par endroit une adaptation[46].
  • Les Aventures de Tom Sawyer, traduction de B. Hoepffner, Tristram, 2008
    Le traducteur a eu comme objectif de traduire le texte en entier en respectant le parler des personnages[47]. Il utilise également des néologismes qui ont été diversement appréciés[48].

Bibliographie

Les études en français sont à peu prÚs inexistantes.

  • (en) Cynthia Griffin Wolff, « The Adventures of Tom Sawyer: A Nightmare Vision of American Boyhood Â», in The Massachusetts Review, Vol. 21, No. 4 (Winter, 1980), pp. 637-652.
  • (en) Charles A. Norton, Writing “Tom Sawyer”: The Adventures of a Classic, Jefferson, N.C., McFarland, 1983
  • (en) Gary Scharnhorst, Critical Essays on the Adventures of Tom Sawyer, New York: G. K. Hall, 1993
  • (fr) Claude Grimal, « Introduction Â», in Les Aventures de Tom Sawyer, GF, 1996
  • (en) Hutchinson, Stuart, Mark Twain: Tom Sawyer and Huckleberry Finn, ed., New York: Columbia University Press, 1998
  • (en) Louis J. Budd, Mark Twain: The Contemporary Reviews, Cambridge University Press, 1999
  • (fr) Ronald Jenn, « Les Aventures de Tom Sawyer, traductions et adaptations Â», in De la lettre Ă  l'esprit, Christine Raguet, Christine Bouvart, Presses Sorbonne Nouvelle, 2004
  • (en) Stephen Railton, “Going Home: Tom Sawyer”, in Mark Twain: A Short Introduction, Mass Malden, Blackwell, 2004
  • (en) A Companion to Mark Twain, Ă©ditĂ© par Peter Messent et Louis J. Budd, Blackwell, 2005
  • (en) R. Kent Rasmussen, article Tom Sawyer, Critical companion to Mark Twain: A Literary Reference to His Life, Facts on File, 2007
  • (en) Peter Messent The Cambridge Introduction to Mark Twain, Cambridge University Press, 2007

Adaptations

  • ComĂ©die musicale :
    • Tom Sawyer (comĂ©die musicale) est une comĂ©die musicale belgo-amĂ©ricaine crĂ©Ă© en 2007 par David Miller (musique), Keith Tillotson et Eric Gobin (livret) au centre culturel de Woluwe-Saint-Pierre (Bruxelles).
  • Jeu vidĂ©o :
    • The Adventures of Tom Sawyer est un jeu vidĂ©o sorti en 1989 sur Nintendo Entertainment System.

Notes et références

  1. ↑ Son premier roman Ă©crit seul ; Ă  peu prĂšs Ă  la mĂȘme pĂ©riode, il avait publiĂ© l'Âge dorĂ©, avec Charles Dudley Warner.
  2. ↑ La prĂ©face de l'auteur souligne que le livre est aussi destinĂ© aux adultes ; mais Twain est en d'autres occasions plus catĂ©gorique : Tom Sawyer n'est pas un livre pour les enfants. « J'Ă©cris pour des adultes qui ont Ă©tĂ© des petits garçons. Â» Note de 1902 citĂ©e par Claude Grimal, « Introduction Â», in Les Aventures de Tom Sawyer, p. 15, GF, 1996. Voir aussi la lettre Ă  Howells du 5 juillet 1875 : «  Ce n'est pas un livre pour garçons. Il ne doit ĂȘtre lu que par des adultes. Â»
  3. ↑ En 1877, le New-York Evening Post qualifie de grosse plaisanterie de l'auteur l'idĂ©e que ce roman serait pour les enfants.
  4. ↑ Cf. le jugement d'Hemingway, Green Hills of Africa, p. 22, New York: Scribners, 1935.
  5. ↑ Voir Claude Grimal, « Introduction Â», in Les Aventures de Tom Sawyer, p. 7, GF, 1996.
  6. ↑ Les conseils sont parodiĂ©s dans Conseils aux petites filles.
  7. ↑ Cette parentĂ© a Ă©tĂ© remarquĂ© dĂšs la parution de Tom Sawyer.
  8. ↑ Voir l'Ă©pisode de l'Ăźle (chapitres 13 Ă  17), oĂč Tom se fait passer pour mort. Revenu incognito dans son village, il a l'intention de prĂ©venir secrĂštement sa tante qu'il est toujours en vie, afin d'attĂ©nuer le chagrin de la vieille femme. Mais il renonce au dernier moment, sĂ©duit par la perspective d'une mise en scĂšne de son retour Ă  sa propre oraison funĂšbre.
  9. ↑ PubliĂ©e dans The Atlantic Monthly, et reprise dans La Vie sur le Mississipi.
  10. ↑ (en) Mark Twain and the Typewriter
  11. ↑ D'aprùs Stephen Railton, “Going Home: Tom Sawyer”, in Mark Twain: A Short Introduction, Blackwell, 2004
  12. ↑ Letter to Howells, 5 July 1875; Selected Twain-Howells Letters: 48. CitĂ©e par Stephen Railton, “Going Home: Tom Sawyer”, p. 38, in Mark Twain: A Short Introduction, Blackwell, 2004.
  13. ↑ Lettre du 21 novembre 1875.
  14. ↑ Lettre de Twain du 18 janvier 1876 à Howells
  15. ↑ James Russell Lowell avait qualifiĂ© La CĂ©lĂšbre Grenouille sauteuse du comtĂ© de Calaveras de « plus beau morceau d'humour Ă©crit en AmĂ©rique Â». Cf. Albert Bigelow Paine, The Writings of Mark Twain, vol. VII, « Introduction Â», p. xii.
  16. ↑ Critical companion to Mark Twain, p. 477.
  17. ↑ Voir les comptes-rendus publiĂ©s par Louis J. Budd, dans Mark Twain: The Contemporary Reviews, Cambridge University Press, 1999. Tous les comptes-rendus citĂ©s ci-dessous sont tirĂ©s et traduits de ce livre.
  18. ↑ Critical companion to Mark Twain, p. 477.
  19. ↑ D'aprĂšs la carte dessinĂ©e par l'auteur dans les versions amĂ©ricaines.
  20. ↑ Critical companion to Mark Twain, p. 489.
  21. ↑ C'est l'avis de Forrest Robinson, citĂ© par Alex Feers.
  22. ↑ Elizabeth Beck, in Critical Essays on the Adventures of Tom Sawyer, New York: G. K. Hall, 1993, citĂ©e par Alex Feerst.
  23. ↑ Le traducteur B. Hoepffner Ă©voque ce rapport de Twain Ă  une population que l'on qualifie aujourd'hui vulgairement, selon lui, de « connards qui votent pour Bush Â». Voir l'interview, sur le site Bibliobs.
  24. ↑ Twain en donne des exemples au chapitre XXI.
  25. ↑ Chapitre XXXII : Twain dĂ©crit l'Ă©motion qui submerge ceux qui viennent voir les enfants : « Beaucoup de gens Ă©taient tellement Ă©mus qu'ils ne pouvaient mĂȘme plus parler ; ils pleuraient de joie. Â»
  26. ↑ Mark Twain ne paraĂźt pas s'ĂȘtre souciĂ© de ce point : dans un chapitre, Tom perd une dent, alors que son amour pour Becky le situe plutĂŽt au dĂ©but de l'adolescence.
  27. ↑ Chapitre XV.
  28. ↑ Twain souligne la « vicieuse vanitĂ© de Tom Â». Chapitre XVIII.
  29. ↑ DĂšs 1877, le San Francisco Evening Bulletin parle d'un personnage « dĂ©bordant de perversitĂ© enfantine Â», sans que cette qualification soit Ă  proprement parler pĂ©jorative. Le compte-rendu a Ă©tĂ© rĂ©publiĂ© dans Mark Twain: The Contemporary Reviews, Cambridge University Press, 1999.
  30. ↑ Claude Grimal, « Introduction Â», in Les Aventures de Tom Sawyer, GF, 1996.
  31. ↑ The Cambridge Introduction to Mark Twain, p. 66 et suivantes.
  32. ↑ Judith Fetterly, ‘The sanctioned rebel’, Studies in the Novel, Vol. 3 (Fall 1971) pp. 293–304.
  33. ↑ Lettre à Howells du 5 juillet 1875.
  34. ↑ Linda A. Morris, « The Adventures of Tom Sawyer and The Prince and the Pauper as Juvenile Literature Â», in A Companion to Mark Twain, Ă©ditĂ© par Peter Messent et Louis J. Budd, Blackwell,2005.
  35. ↑ R. Kent Rasmussen, article « Tom Sawyer Â», in Critical companion to Mark Twain: A Literary Reference to His Life, Facts on File, 2007.
  36. ↑ « She has come handy to me several times in my books, where she figures as Tom Sawyer's Aunt Polly. Â» Mark Twain's Autobiography, premiĂšre Ă©dition, 1924, Volume 1, Chapters begun in Vienna, Written 1897-8, Early Days.
  37. ↑ « He is Sid in Tom Sawyer. But Sid was not Henry. Henry was a very much finer and better boy than ever Sid was. Â» Mark Twain's Autobiography, premiĂšre Ă©dition, 1924, Volume 2..
  38. ↑ Voir, pour tous ces points, H. Daniel Peck, « introduction Â», in The Adventures of Tom Sawyer, Barnes & Noble Classics Series, Spark Educational Publishing, 2005.
  39. ↑ « The Adventures of Tom Sawyer: A Nightmare Vision of American Boyhood Â», in The Massachusetts Review, Vol. 21, No. 4 (Winter, 1980), pp. 637-652.
  40. ↑ Voir Claude Grimal, « Introduction Â», in Les Aventures de Tom Sawyer, GF, 1996.
  41. ↑ Philip Young, Ernest Hemingway: A Reconsideration, Penn State Press, pp. 212.
  42. ↑ Tom Sawyer à travers le monde, chapitre I, traduction Albert Savine, Albin Michel.
  43. ↑ Linda A. Morris, « The Adventures of Tom Sawyer and The Prince and the Pauper as Juvenile Literature Â», in A Companion to Mark Twain, Ă©ditĂ© par Peter Messent et Louis J. Budd, Blackwell, 2005.
  44. ↑ Cf. Ronald Jenn, « Les Aventures de Tom Sawyer, traductions et adaptations Â», in De la lettre Ă  l'esprit, Christine Raguet, Christine Bouvart.
  45. ↑ Cf. Ronald Jenn, « Les Aventures de Tom Sawyer, traductions et adaptations Â», in De la lettre Ă  l'esprit, Christine Raguet, Christine Bouvart.
  46. ↑ Cf. Ronald Jenn, « Les Aventures de Tom Sawyer, traductions et adaptations Â», in De la lettre Ă  l'esprit, Christine Raguet, Christine Bouvart.
  47. ↑ Voir entretien sur le site Bibliobs.
  48. ↑ Bien reçue par la presse, la traduction propose de « jolis Â» nĂ©ologismes, mais « [d]’autres inventions nous semblent moins heureuses Â». Cf. Centre national du livre.

Voir aussi

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