Temoins de Jehovah

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TĂ©moins de JĂ©hovah

Cet article fait partie d'une série sur
TĂ©moins de JĂ©hovah
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C.T.Russell · J.Rutherford
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Les TĂ©moins de JĂ©hovah forment un mouvement religieux chrĂ©tien millĂ©nariste, nĂ© aux États-Unis au XIXe siĂšcle. Ils sont connus pour leur prĂ©dication au porte Ă  porte, annonçant l'instauration prochaine du paradis sur la terre grĂące au Royaume de Dieu et la destruction des humains et des religions qui ne s'y soumettent pas.

RĂ©servant leur allĂ©geance Ă  Dieu, adorĂ© sous le nom de JĂ©hovah, ils refusent toute implication politique, comme de soutenir un candidat ou un parti ou d'accomplir un service militaire ; ils n'acceptent pas de recevoir de transfusion sanguine ou de cĂ©lĂ©brer certaines fĂȘtes considĂ©rĂ©es comme d'origine paĂŻenne ou patriotique. Restaurationnistes, ils sont trĂšs critiques envers les autres religions, qui pour eux font partie de l’organisation de Satan, dĂ©crit comme « le principal promoteur du faux culte Â».

En 2008, cette confession revendique 7,1 millions de membres actifs dans le monde. La direction des TĂ©moins de JĂ©hovah est exercĂ©e par un CollĂšge Central, garant de l'ordre thĂ©ocratique et de l'enseignement ; il fait Ă©diter Ă  cet effet par la sociĂ©tĂ© Watchtower de nombreuses publications telles que les magazines La Tour de Garde et RĂ©veillez-vous !.

Les TĂ©moins de JĂ©hovah sont officiellement reconnus comme une religion par de nombreux États, notamment aux États-Unis, ou comme une Ɠuvre de charitĂ©, mais certaines pratiques du mouvement religieux l'ont amenĂ© Ă  ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une secte, tandis que d'autres pays, essentiellement des dictatures militaires ou religieuses, l'ont interdit. L'assimilation des TĂ©moins de JĂ©hovah Ă  une secte fait l'objet de dĂ©bats impliquant diverses disciplines (histoire, sociologie, droit...), en fonction de la dĂ©finition utilisĂ©e de ce terme et du pays dans lequel ils se trouvent.

Sommaire

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire des TĂ©moins de JĂ©hovah.

Le mouvement fut fondĂ© en 1873 sous le nom d'« Ă‰tudiants de la Bible Â» par Charles Taze Russell, un prĂ©dicateur amĂ©ricain. InfluencĂ© par les adventistes Georges Storrs, Jonas Wendell puis Nelson Barbour, il reprit leurs thĂ©ories annonçant la fin des temps : le Christ Ă©tait de retour de façon invisible depuis 1874 et HarmaguĂ©don prĂ©vue pour 1914[i 1][b 1]. La Zion's Watch Tower Tract Society fut fondĂ©e en 1881 pour diffuser sa doctrine dans une sĂ©rie de livres intitulĂ©s Études dans les Écritures; Ă  l'Ă©poque maison d'Ă©dition, elle est devenue aujourd'hui l'entitĂ© juridique centrale des TĂ©moins de JĂ©hovah.

Russell interprétait le déclenchement de la PremiÚre Guerre mondiale en 1914 comme début de l'accomplissement des prédictions concernant Harmaguédon. Il mourut en 1916, et Joseph Franklin Rutherford devint président du mouvement.

Rutheford modifia en profondeur les doctrines et le fonctionnement de l'organisation[1]. PrĂ©voyant la « fin des temps Â» pour 1925, il mit l'accent sur la nĂ©cessitĂ© de la prĂ©dication, abandonnant tout mysticisme[i 2]. Le durcissement de la doctrine et l’important travail de restructuration du mouvement entamĂ© par Rutherford donna lieu Ă  un schisme avec des Étudiants de la Bible restĂ©s plus fidĂšles Ă  l'enseignement de Russell, dont sont issus plusieurs mouvements.

En 1917, la parution du livre Le MystĂšre Accompli, prĂ©sentĂ© comme le septiĂšme volume des Études dans les Écritures, fit scandale au Canada par la violence de ses propos envers la hiĂ©rarchie catholique, accusĂ©e d'incarner l'AntĂ©christ et de mĂ©riter la destruction en 1918 avec toutes les nations chrĂ©tiennes; puis aux États-Unis, venant d'entrer dans le conflit mondial, en raison de certains passages condamnant la guerre, le patriotisme et la conscription. Les sept administrateurs de la SociĂ©tĂ© Watchtower furent alors arrĂȘtĂ©s et condamnĂ©s en 1918 pour avoir incitĂ© les membres du mouvement Ă  refuser non seulement de prendre les armes, mais aussi le service non-combattant. AprĂšs la fin de la guerre, ils furent libĂ©rĂ©s sous caution, et les poursuites furent finalement abandonnĂ©es en 1920.

La restructuration du mouvement s'Ă©tala sur plusieurs annĂ©es. Sous l'Ăšre Russell, l'organisation ecclĂ©siale Ă©tait embryonnaire ; chaque ecclesia Ă©tait indĂ©pendante et Ă©lisait ses dirigeants dĂ©mocratiquement. Aucun organisme central ne gĂ©rait l'activitĂ© nationale et internationale, la SociĂ©tĂ© Watchtower ne s'occupait alors que la diffusion des Ă©crits de Russell. En 1922, Rutherford prit une direction opposĂ©e. Pour reflĂ©ter ce nouvel ordre thĂ©ocratique, Rutherford dĂ©signa dans chaque ecclesia, un reprĂ©sentant de la SociĂ©tĂ© Watchtower qui recevait ses directives du BĂ©thel de Brooklyn, censĂ© ĂȘtre inspirĂ© directement par Dieu. L'Ă©tape suivante fut la disparition du choix dĂ©mocratique des anciens par chaque communautĂ© : ils furent dĂ©sormais nommĂ©s par le BĂ©thel de Brooklyn afin de lutter, selon Rutherford, contre le culte de la personnalitĂ© gĂ©nĂ©rĂ© par l'organisation d'Ă©lections ; ils assuraient ainsi la transmission des directives du siĂšge mondial ou national au reste des fidĂšles composant chaque congrĂ©gation.

À ces changements s'ajoutĂšrent la dĂ©ception des Ă©checs des prophĂ©ties de 1918 puis de 1925 ; Ă  cette date plus de la moitiĂ© des Étudiants de la Bible avaient quittĂ© l'organisation de Rutheford [2]

De 1925 Ă  1935, les croyances eschatologiques du mouvement subirent des changements radicaux : l'annĂ©e 1914 fut considĂ©rĂ©e comme marquant le dĂ©but de la prĂ©sence du Christ, de son intronisation comme roi et du dĂ©but des « derniers jours Â», et la doctrine affirma dĂ©sormais l'exclusivitĂ© du salut[i 3].

À cette Ă©poque, le mouvement se dĂ©marqua du reste de la chrĂ©tientĂ© par diverses Ă©volutions doctrinales [b 2]: en 1931, il prit le nom de « TĂ©moins de JĂ©hovah Â», marquant la volontĂ© d'honorer Dieu sous ce qu'ils voient comme son vrai nom ; en 1928, la cĂ©lĂ©bration de NoĂ«l fut interdite, en tant que fĂȘte d'origine paĂŻenne ; en 1936, la croix fut elle aussi considĂ©rĂ©e comme un symbole paĂŻen. Le mouvement commença alors Ă  limiter la socialisation de ses membres : fĂȘter les anniversaires et la fĂȘte des mĂšres fut interdit, les vaccinations dĂ©conseillĂ©es. Toute participation Ă  la vie politique fut prohibĂ©e[i 4].

Dans les camps de concentration nazis, le triangle violet Ă©tait le signe distinctif des Bibelforscher.

En Allemagne, en 1933, les TĂ©moins de JĂ©hovah envoyĂšrent cependant une DĂ©claration de Faits au Chancelier du Reich[l 1],[3], lettre rĂ©digĂ©e par les dirigeants tant amĂ©ricains qu'allemands pour obtenir l'annulation de l'interdiction les frappant en Saxe, Bade et BaviĂšre, sans succĂšs. À partir d'octobre 1934, la direction ayant dĂ©cidĂ© de lutter frontalement contre le rĂ©gime par la distribution de littĂ©rature le mettant en cause ouvertement, les persĂ©cutions envers les Bibelforscher prirent diffĂ©rentes formes : interdictions, arrestations, internements, emprisonnements et dĂ©portations[4]. La moitiĂ© des TĂ©moins de JĂ©hovah allemands, selon les derniers chiffres de 1933[5], suivirent leur hiĂ©rarchie dans ce combat contre Hitler. Environ 10 000 TĂ©moins de JĂ©hovah allemands et europĂ©ens connurent la prison ou les camps de concentration, et 1 200 y moururent; 250 furent exĂ©cutĂ©s pour leur refus de porter les armes.[6],[7](voir TĂ©moins de JĂ©hovah sous le IIIeReich).

En cette pĂ©riode de montĂ©e des nationalismes, puis de guerre mondiale, l'antipatriotisme des TĂ©moins de JĂ©hovah leur valut d'ĂȘtre rĂ©primĂ©s non seulement dans les pays de l'Axe, mais Ă©galement dans les pays alliĂ©s (voir, aux Etats-Unis, l'arrĂȘt de la Cour suprĂȘme Minersville School District v. Gobitis en 1940, renversĂ© en 1943).

En 1942, Rutherford mourut et fut remplacĂ© par Nathan Knorr. Celui-ci, assistĂ© dĂšs 1945 du vice-prĂ©sident Frederick Franz, s'attacha Ă  renforcer l'organisation du mouvement, le structurant fortement. MĂȘme si toute dĂ©cision y nĂ©cessitait son accord, il commença Ă  mettre en avant l'obĂ©issance Ă  l'« Organisation de JĂ©hovah Â», plutĂŽt que son avis personnel[i 5]. Le mĂȘme principe d'anonymat fut adoptĂ© par la SociĂ©tĂ© Watchtower quand elle entreprit Ă  partir de 1947 la rĂ©alisation de nouvelles traductions de la Bible en langues modernes: la Traduction du Monde Nouveau des Saintes Écritures.

Knorr mit en place les moyens de formation nĂ©cessaires pour amĂ©liorer l'efficacitĂ© du prosĂ©lytisme : dĂšs 1942 il fonda Ă  cet effet l'École de Galaad, oĂč sont formĂ©s les missionnaires qui seront envoyĂ©s dans le monde entier. Il rĂ©organisa les congrĂ©gations dans ce mĂȘme but : des « Ă©coles du ministĂšre thĂ©ocratique Â» y entraĂźnaient les prĂ©dicateurs, qui commencĂšrent Ă  cette Ă©poque Ă  se voir assigner des missions prĂ©cises[b 3]. Les rĂ©sultats furent impressionnants : entre 1942 et 1968 le nombre de TĂ©moins fut multipliĂ© par dix.
Les principes d'excommunication furent également codifiés à cette époque.

AprĂšs l'Ă©chec de la prophĂ©tie de 1925, HarmaguĂ©don avait quand mĂȘme toujours Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme Ă©tant imminent ; mais ce n'est que vers 1966 que l'organisation se risqua Ă  nouveau Ă  calculer une date. Bien que l'Ă©chĂ©ance de l'annĂ©e 1975 eĂ»t Ă©tĂ© avancĂ©e avec plus de prudence, la ferveur des fidĂšles redoubla, amenant un prosĂ©lytisme accru et le refus de tout compromis. Les TĂ©moins de JĂ©hovah subirent alors de nouvelles persĂ©cutions, dont une terrible au Malawi[b 4].

L'Ă©chec de la prĂ©diction de 1975 amena une nouvelle crise ; de plus, Ă  la mĂȘme Ă©poque, une tentative du CollĂšge central de rĂ©genter la vie sexuelle des couples mariĂ©s entraina d'autres dĂ©parts et excommunications. Sur un total de plus de deux millions de TĂ©moins de JĂ©hovah, 95 000 quittent le mouvement entre 1973 et 1975, et 551 000 de 1975 Ă  1979[b 5]. Cette crise toucha les instances dirigeantes ; une rĂ©forme interne donna en 1976 l'essentiel des pouvoirs au CollĂšge Central, le prĂ©sident n'ayant plus qu'un rĂŽle administratif sur la sociĂ©tĂ© Watchtower, elle-mĂȘme ramenĂ©e Ă  son rĂŽle d'entitĂ© commerciale[i 6]. Quand Knorr meurt en 1977, Frederick Franz lui succĂšde avec un pouvoir limitĂ©.

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Au sein mĂȘme du collĂšge Central, la doctrine fut alors remise en cause, non seulement sur les Ă©lĂ©ments qui avaient amenĂ© Ă  avancer la date de 1975, mais aussi sur les principes selon lesquels il y aurait deux classes d'Ă©lus, la grande foule et les oints, ainsi que sur l'importance de la date de 1914, dont la gĂ©nĂ©ration devrait voir HarmaguĂ©don[i 7]. Raymond Franz, neveu du prĂ©sident et lui-mĂȘme membre du collĂšge Central, fut impliquĂ© dans ces dĂ©saccords et dĂ©missionna avant d'ĂȘtre exclu en 1981[8]. Selon l'historien Bernard Blandre, environ 13 000 personnes furent exclues dans l'Ă©puration qui suivit, mais celle-ci n'entraĂźna pas de nouvelle dissidence, et dĂšs 1982-1985 le mouvement reprend sa croissance[b 6]. L'idĂ©e que la gĂ©nĂ©ration de 1914 devait connaĂźtre Harmaguedon fut abandonnĂ©e en 1995[9], mais celle-ci est toujours considĂ©rĂ©e comme trĂšs proche.

Dogmes et croyances

Article dĂ©taillĂ© : Doctrine des TĂ©moins de JĂ©hovah.

Importance de la Bible

Les Témoins de Jéhovah sont un mouvement chrétien dont les dogmes et les croyances sont fondés sur leur compréhension et leur traduction de la Bible, considérée comme la parole inspirée par Dieu[a 1].

La Bible est considĂ©rĂ©e comme intĂ©gralement vĂ©ridique, depuis les rĂ©cits de la GenĂšse considĂ©rĂ©s comme historiques, jusqu'aux prĂ©dictions de l'Apocalypse, que les TĂ©moins nomment RĂ©vĂ©lation. La plupart des livres considĂ©rĂ©s comme apocryphes par les protestants ne sont pas reconnus (notamment les livres de Tobie, de Judith et des MacchabĂ©es). La connaissance spirituelle vĂ©ritable au monde vient de la Bible dont la comprĂ©hension est Ă©clairĂ©e par 'l'esclave fidĂšle et avisĂ©' mentionnĂ© en Matthieu 24:45-47 : il s'agit, selon la doctrine actuelle, de la direction spirituelle de la SociĂ©tĂ© Watchtower.

Pour les Témoins de Jéhovah, le vrai nom de Dieu est Jéhovah, une des lectures du tétragramme YHWH

Les TĂ©moins de JĂ©hovah croient en un Dieu unique, qui doit ĂȘtre adorĂ© sous son vrai nom, JĂ©hovah. Ils rĂ©cusent le dogme de la TrinitĂ© commun Ă  la plus grande partie de la chrĂ©tientĂ©. Pour eux l'esprit saint dont parlent les Ă©critures est la force agissante de Dieu. JĂ©sus Christ n'est pas Dieu, mais Fils de Dieu et sa premiĂšre crĂ©ature, ĂȘtre parfait crĂ©Ă© avant Adam. Satan fut Ă  l'origine un ange crĂ©Ă© parfait par JĂ©hovah, mais qui s'est rebellĂ©.

S'appuyant sur le rĂ©cit de la crĂ©ation de la GenĂšse, les TĂ©moins de JĂ©hovah croient que Adam et Ève, les premiers humains, ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©s parfaits et placĂ©s dans le paradis terrestre par JĂ©hovah, et lui ont dĂ©sobĂ©i, tentĂ©s par Satan ; c'est depuis le pĂ©chĂ© d'Adam que l'homme est mortel. Pour le jĂ©hovisme, doctrine annihilationiste, la croyance en l'immortalitĂ© de l'Ăąme est fausse et rĂ©sulte d'un mensonge de Satan, le diable. Il n'existe donc pas d'enfer oĂč les Ăąmes subissent une damnation Ă©ternelle ; l'« enfer Â» (gĂ©henne) dont il est question dans la plupart des traductions des Ă©critures est simplement la destruction dĂ©finitive, une mort sans rĂ©surrection possible.

Suite à la faute d'Adam, Jéhovah a prévu un plan de salut pour l'homme. Il a envoyé Jésus, qui s'est incarné pour enseigner aux hommes la vérité sur Dieu et montrer la voie à suivre aux chrétiens. Jésus a donné sa vie en rançon pour racheter la faute d'Adam.

De mĂȘme que la Bible annonçait la venue de JĂ©sus Christ, elle prĂ©dit le rĂ©tablissement du royaume de Dieu aprĂšs la bataille d'HarmaguĂ©don. Les TĂ©moins de JĂ©hovah croient que d'aprĂšs ce qu'il est possible de dĂ©duire des prĂ©dictions de la Bible, ces derniers temps sont arrivĂ©s ; la proximitĂ© d'HarmaguĂ©don est donc une part importante de leur doctrine.

Eschatologie

Des millions de personnes actuellement vivantes ne mourront jamais !
Publication de 1920

Les Témoins de Jéhovah sont un mouvement millénariste, ils déduisent des textes bibliques l'idée qu'il y aura un rÚgne céleste du Messie, bénéficiant aux humains sur la Terre, préalablement au Jugement dernier.

Selon eux, le plan de salut de Dieu pour sauver l'homme comporte la succession de plusieurs Ăąges : l'Ă©poque des patriarches, celle de la premiĂšre Alliance oĂč les juifs Ă©taient le peuple Ă©lu, et celle de la seconde Alliance, ou temps des gentils. Au cours de ce « temps des gentils Â», 144 000 oints ont Ă©tĂ© choisis par l'esprit saint, qui serviront dans les cieux en tant que rois, juges et prĂȘtres au cĂŽtĂ© de JĂ©sus Christ dans le Royaume de Dieu. À la fin du monde actuel, le Royaume de Dieu sera restaurĂ© sur Terre. JĂ©hovah, par le moyen de son Royaume, dĂ©truira lors de la bataille d'HarmaguĂ©don tous ceux qui refusent de se soumettre Ă  sa volontĂ© et supprimera tous les gouvernements terrestres existants.

JĂ©sus Christ rĂ©gnera alors pendant mille ans dans la justice et la paix sur un monde libĂ©rĂ© de la guerre et de la maladie, oĂč la « grande foule Â» de ceux qui se sont consacrĂ©s Ă  JĂ©hovah se conformeront Ă  ses lois. La mort adamique (lĂ©guĂ©e par Adam) disparaĂźtra grĂące Ă  la rançon fournie par la mort de JĂ©sus Christ. Les humains qui sont morts avant HarmaguĂ©don ressusciteront et subiront une mise Ă  l'Ă©preuve pour pouvoir vivre sur la terre dans une sociĂ©tĂ© juste dirigĂ©e par Dieu. Au terme de ce Millenium, Satan sera libĂ©rĂ© et tentera Ă  nouveau les humains. Alors JĂ©hovah dĂ©cidera de le dĂ©truire dĂ©finitivement. Enfin JĂ©hovah gouvernera ensuite la terre pour l'Ă©ternitĂ©, rĂ©gnant pour toujours sur le paradis terrestre restaurĂ©.

Les TĂ©moins de JĂ©hovah estiment depuis l'Ă©poque de Russell que 1914 est une date clef marquant un Ă©vĂšnement important des derniers temps. En effet, se basant sur un chapitre du Livre de Daniel, ils estiment que le temps des gentils devait durer 2520 ans ; et qu'il a dĂ©butĂ© Ă  la fin de la dĂ©portation Ă  Babylone fixĂ©e d'aprĂšs leurs calculs Ă  607 avant JC[i 8].

Russell et les Étudiants de la Bible croyaient que cette date de 1914 serait celle d'HarmaguĂ©don. Comme il n'en fut rien, ils en dĂ©duisirent que, bien que la date ait Ă©tĂ© correctement calculĂ©e, l'Ă©vĂšnement attendu avait Ă©tĂ© mal compris : JĂ©sus Christ Ă©tait bien Ă  nouveau prĂ©sent, mais de façon invisible, et son rĂšgne avait commencĂ© dans les Cieux[i 8].

Les TĂ©moins de JĂ©hovah pensent que nous sommes au « temps de la fin Â» ou « derniers jours Â» depuis 1914, jours dĂ©crits comme des temps difficiles et caractĂ©risĂ©s par des catastrophes qui dĂ©truisent la terre comme jamais auparavant : guerres, sĂ©ismes, famines, pestes, etc, ainsi qu’une intense activitĂ© de prĂ©dication. Pour eux, une seule route mĂšne Ă  la vie Ă©ternelle : apprendre Ă  connaĂźtre Dieu et son Fils et exercer la foi en JĂ©sus Christ. Seul un petit troupeau de 144 000 personnes ira au ciel avec JĂ©sus et naĂźtront de nouveau comme fils spirituels de Dieu pour la vie immortelle. Les autres chrĂ©tiens - au sens restreint des seuls TĂ©moins de JĂ©hovah - vivront Ă©ternellement sur terre.

La doctrine a longtemps maintenu que les derniers des oints de la gĂ©nĂ©ration de 1914 verraient l'instauration du MillĂ©nium ; cette idĂ©e a Ă©tĂ© rĂ©cemment abandonnĂ©e mais HarmaguĂ©don est toujours considĂ©rĂ©e comme trĂšs proche.

Place dans le christianisme

L'importance que les TĂ©moins de JĂ©hovah accordent Ă  la Bible et Ă  sa comprĂ©hension les rattachent au protestantisme[10] ; leur eschatologie est en grande partie issue de l'adventisme de William Miller - il ne s'agit pas de la branche plus connue des adventistes du septiĂšme jour mais d'autres courants partageant les idĂ©es de Georges Storrs et Nelson Barbour.

Eux-mĂȘmes se considĂšrent avant tout comme les hĂ©ritiers du christianisme primitif, qu'ils prennent comme modĂšle [l 2].

Ils considÚrent que la grande apostasie a commencé immédiatement aprÚs la mort du dernier apÎtre, bien qu'il y ait eu déjà auparavant des signes avertisseurs et des apostats précurseurs peu de temps aprÚs l'ascension de Jésus[11] et qu'elle est devenue totale lors du Concile de Nicée, quand le symbole de Nicée a été adopté, instituant la doctrine de la Trinité comme principe central de l'orthodoxie chrétienne[12].

Les TĂ©moins de JĂ©hovah croient que Dieu a restaurĂ© le vrai christianisme par leur moyen, lorsque Charles Taze Russell a initiĂ© le mouvement des Étudiants de la Bible[13].

Si la direction spirituelle de la SociĂ©tĂ© Watchtower constituĂ©e des quelques membres survivants du groupe des oints est considĂ©rĂ©e comme « l'esclave fidĂšle et avisĂ© Â» mentionnĂ© dans l'Ă©vangile de Matthieu, Ă  l'opposĂ© le « mauvais esclave Â» reprĂ©sente les autres religions chrĂ©tiennes considĂ©rĂ©es comme apostates. Elles sont assimilĂ©es Ă  « Babylone la Grande Â», la religion qui s'est pervertie et enrichie en se prostituant avec les rois de la Terre. Les TĂ©moins de JĂ©hovah considĂšrent qu'elles ont repris des pratiques issues des cultes paĂŻens, comme la fĂȘte de NoĂ«l, l'adoration de la croix ou le culte des images et qu'elles font partie de l’organisation de Satan[i 9].

Le catholicisme est particuliÚrement visé, mais également par extension toutes les religions qui sont supposées éloigner les hommes de Dieu et les soumettre à l'influence de Satan.

Pratiques

Activité de prédication

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L'activitĂ© d'Ă©vangĂ©lisation est considĂ©rĂ©e par les TĂ©moins de JĂ©hovah comme Ă©tant une Ɠuvre de salut ; croyant que la fin de notre monde est trĂšs proche, il est essentiel pour eux d'avertir leurs contemporains, non seulement par amour du prochain, mais aussi pour Ă©viter de se rendre coupable d'une « dette de sang Â»[14].

La proclamation de la « bonne nouvelle Â» contenue dans la Bible constitue la principale activitĂ© des TĂ©moins de JĂ©hovah : porte Ă  porte, tĂ©lĂ©phone, distribution de tracts, de brochures, de livres, confĂ©rences, stands dans les marchĂ©s, courriers, etc. Cette activitĂ© de prĂ©dication est motivĂ©e par des passages bibliques tels que ceux de l'Ă©vangile selon Matthieu : « Et cette bonne nouvelle du royaume sera prĂȘchĂ©e dans toute la terre habitĂ©e, en tĂ©moignage pour toutes les nations ; et alors viendra la fin Â» [15] et « Allez donc et faites des disciples de gens d’entre toutes les nations, les baptisant au nom du PĂšre et du Fils et de l’esprit saint, leur enseignant Ă  observer tout ce que je vous ai commandĂ©. Et, voyez, je suis avec vous tous les jours jusqu’à l’achĂšvement du systĂšme de choses Â»[16].

Depuis l'Ă©poque de Nathan Knorr, la prĂ©dication est organisĂ©e de façon systĂ©matique, chaque congrĂ©gation ayant la responsabilitĂ© d'une zone gĂ©ographique afin que chaque foyer soit averti au moins une fois. L'organisation publie chaque annĂ©e le nombre d'heures qui a Ă©tĂ© consacrĂ© par les TĂ©moins Ă  la prĂ©dication, soit 1 488 millions en 2008[17]. Environ la moitiĂ© des conversions sont imputables Ă  cette mĂ©thode[i 10], dont l'efficacitĂ© a dĂ©cru avec le temps : en 1970 il fallait 1 630 heures de prĂ©dication pour parvenir Ă  un baptĂȘme[a 2], 3 600[i 11] en 1990 et 4 800 en 2007[17].

Culte

Article dĂ©taillĂ© : Culte des TĂ©moins de JĂ©hovah.

Le culte des Témoins de Jéhovah accorde peu de place à l'émotion, à la spiritualité et à la relation personnelle avec Dieu. Il n'a pas développé d'art sacré et est essentiellement orienté vers l'acquisition de la doctrine[1].

La principale cĂ©rĂ©monie est le MĂ©morial de la mort du Christ, Ă©galement appelĂ© « Repas du Seigneur Â», commĂ©morĂ© annuellement Ă  une date correspondant au 14 Nisan du calendrier juif, soit le mois de mars ou avril suivant les annĂ©es du calendrier grĂ©gorien. Durant cette cĂ©rĂ©monie, le pain et le vin symbolisant du corps et du sang du Christ circulent parmi les assistants, mais seuls les membres oints, soit environ 8 000 personnes considĂ©rĂ©s comme les derniers des 144 000 Ă©lus, y prennent part et ont le droit de les consommer. Durant cette cĂ©rĂ©monie d'une heure, a lieu un discours sur le sens de la mort du Christ pour l'humanitĂ©.

Les Témoins de Jéhovah ne célÚbrent pas Noël, Epiphanie, Toussaint, dont ils soulignent les origines païennes.

La Salle du Royaume est le lieu de culte des TĂ©moins de JĂ©hovah. C'est un bĂątiment ouvert au public oĂč se rĂ©unissent parfois plus d'une congrĂ©gation, qui comporte 50 Ă  100 personnes. Il n'est pas spĂ©cialement ornĂ© et possĂšde une architecture variable suivant les endroits, mais est avant tout conçu de maniĂšre Ă  ĂȘtre fonctionnel. Ce lieu est composĂ© gĂ©nĂ©ralement d'une grande salle oĂč le public se rĂ©unit pour Ă©couter l'orateur, une salle dite 'secondaire' plus petite qui est parfois utilisĂ©e lors de l'École du MinistĂšre thĂ©ocratique.

Réunion de congrégation

Les rĂ©unions de la congrĂ©gation, qui y ont gĂ©nĂ©ralement lieu, ont pour but « l'encouragement mutuel et l'Ă©dification spirituelle Â» de chaque membre de la congrĂ©gation grĂące Ă  l'Ă©tude de la Bible. Les publications du mouvement servent gĂ©nĂ©ralement de trames Ă  celles-ci : il s'agit de favoriser l'Ă©change entre membres de la congrĂ©gation en suivant un programme prĂ©cis de sujets et matiĂšres Ă  traiter. Ces rĂ©unions assurent la formation continuelle de tous, y compris celle des enfants, leur apprenant Ă  connaĂźtre et Ă  utiliser la Bible tant dans leur vie personnelle que dans le cadre de leur Ă©vangĂ©lisation. Elles sont donc considĂ©rĂ©es comme fondamentales pour le tĂ©moin de JĂ©hovah qui est encouragĂ© Ă  y assister rĂ©guliĂšrement[i 12]. Cinq rĂ©unions se tiennent chaque semaine dans les congrĂ©gations et sont gĂ©nĂ©ralement rĂ©parties en deux sĂ©ances, plus particuliĂšrement le week-end et en soirĂ©es : le Discours public, l'Étude de La Tour de Garde (qui durent 2 heures), l'École du ministĂšre thĂ©ocratique, la RĂ©union de service et l'Étude de livre (qui durent 1 heure 45).

À ces rĂ©unions hebdomadaires s'ajoutent trois assemblĂ©es annuelles : un jour spĂ©cial d'assemblĂ©e, une assemblĂ©e de circonscription et une assemblĂ©e de district. C'est notamment lors de ces assemblĂ©es qu'ont lieu les baptĂȘmes.

Le baptĂȘme reprĂ©sente pour les futurs TĂ©moins de JĂ©hovah en Ăąge de le demander, une Ă©tape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux la seule maniĂšre de se positionner officiellement pour le nom de JĂ©hovah et de lui vouer ainsi leur vie. Devenir TĂ©moin de JĂ©hovah et le rester activement est la seule voie proposĂ©e pour Ă©chapper Ă  la destruction du monde actuel lors de la grande bataille d’HarmaguĂ©don, que livrera JĂ©sus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre[i 13].

Pour pouvoir ĂȘtre baptisĂ©, le candidat doit d'abord s'ĂȘtre vouĂ© Ă  JĂ©hovah dans la priĂšre, et en faire la demande aux anciens de la congrĂ©gation qu'il frĂ©quente afin de vĂ©rifier sa connaissances des doctrines du mouvement et s'assurer Ă©galement qu'il mĂšne une vie conforme aux directives de l'organisation. Le baptĂȘme par immersion complĂšte symbolise l'offrande consciente et totale de soi Ă  Dieu et doit se faire en connaissance de cause.

Morale

La doctrine morale des TĂ©moins de JĂ©hovah s'appuie sur la Bible: l'ancien et le Nouveau Testament. Ils estiment que les Dix Commandements sont caducs depuis la venue de JĂ©sus-Christ, mais que leurs principes moraux ont Ă©tĂ© rĂ©affirmĂ©s[i 14] en particulier par le passage des Actes des ApĂŽtres qui prescrit de « s’abstenir des souillures des idoles, de l’impudicitĂ©, des animaux Ă©touffĂ©s et du sang Â»[18].

L'idolĂątrie est prohibĂ©e, et Ă  ce titre toutes les fĂȘtes jugĂ©es contraires aux normes bibliques. Ils ne cĂ©lĂšbrent ni NoĂ«l, ni le jour de l'an, ni les anniversaires de naissance, ni Halloween, ni aucune fĂȘte dĂšs lors qu'elle leur semble contraire aux Saintes Écritures. Toutefois, il ne leur est pas interdit d'organiser des fĂȘtes et de s'amuser lors de mariages ou d'anniversaires de mariage, ou tout simplement des journĂ©es rĂ©crĂ©atives Ă  des dates sans signification particuliĂšre.

Les TĂ©moins de JĂ©hovah considĂšrent comme un pĂ©chĂ© toute pratique sexuelle en dehors du mariage et condamnent l'homosexualitĂ©. Ils condamnent en outre le mensonge, les jeux d'argent, la pĂ©dophilie, le vol, le spiritisme, l'ivrognerie. Ils condamnent la violence et ce qu'ils considĂšrent comme des « atteintes Ă  la vie Â» comme l'avortement, les sports violents Ă  risques, le tabagisme et la drogue. La consommation de sang est interdite, et s'Ă©tend Ă  toute introduction du sang dans son corps par voie buccale ou intraveineuse.
Tout fidĂšle qui enfreint ces interdits sans se repentir peut ĂȘtre excommuniĂ© du mouvement.

Toutes les lois humaines doivent Ă©galement ĂȘtre respectĂ©es, sauf lorsqu'elles sont en conflit avec les lois divines.

Organisation

Organisation ecclésiale

New York - BĂ©thel

La direction des TĂ©moins de JĂ©hovah est exercĂ©e par un CollĂšge Central, composĂ© d'une dizaine d'hommes (voir la Liste des dirigeants religieux) dont le siĂšge se trouve actuellement Ă  Brooklyn. Ils reprĂ©sentent les membres encore vivants appartenant aux 144 000 oints formant l'esclave fidĂšle et avisĂ©, et sont garants de l'enseignement et de l'ordre thĂ©ocratique. Dans la plupart des pays oĂč les TĂ©moins de JĂ©hovah sont prĂ©sents (236 selon l'organisation), une filiale, appelĂ©e BĂ©thel, s'occupe d'organiser l'activitĂ© des TĂ©moins au niveau national. Le siĂšge mondial des TĂ©moins dirige l'Ɠuvre et produit les publications distribuĂ©es dans le monde entier.

Depuis l'Ă©poque de Rutherford, la SociĂ©tĂ© Watchtower dĂ©signe dans chaque congrĂ©gation un reprĂ©sentant qui reçoit ses directives du BĂ©thel de Brooklyn. Selon l'organisation, cette nomination directe des anciens a pour but de lutter contre le culte de la personnalitĂ© gĂ©nĂ©rĂ© par l'organisation d'Ă©lections. Les anciens, qui ne constituent pas un clergĂ©, assurent ainsi la transmission des directives du siĂšge mondial ou national au reste des fidĂšles composant chaque congrĂ©gation sans ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ©s[rĂ©f. nĂ©cessaire]. L'ancien doit ĂȘtre d'une moralitĂ© irrĂ©prochable[19] ; Ă  moins que la quantitĂ© d'hommes soit restreinte, les femmes ne peuvent exercer aucune responsabilitĂ© en raison de la soumission Ă  l'homme Ă©voquĂ©e dans le Nouveau Testament (ÉphĂ©siens 5:22-24).

Au sein de chaque congrĂ©gation (Église locale des TĂ©moins de JĂ©hovah), les proclamateurs, c'est-Ă -dire l'ensemble des TĂ©moins de JĂ©hovah considĂ©rĂ©s comme actifs dans l'Ɠuvre d'Ă©vangĂ©lisation, appelĂ©s frĂšres et sƓurs lorsqu'ils sont baptisĂ©s, sont sous la responsabilitĂ© du collĂšge d'anciens. Si les anciens ne sont pas considĂ©rĂ©s comme supĂ©rieurs, ils reçoivent nĂ©anmoins certaines responsabilitĂ©s particuliĂšres ou « privilĂšges de service Â» : ils doivent dĂ©cider du bon fonctionnement d'une congrĂ©gation, apporter une assistance spirituelle Ă  ses fidĂšles et maintenir la puretĂ© du groupe. Il est demandĂ© aux proclamateurs de montrer du respect et de l'obĂ©issance envers les hommes exerçant une autoritĂ© spirituelle dans le mouvement ; cette mĂ©thode est censĂ©e reflĂ©ter l'ordre thĂ©ocratique.

Les fonctions principales sont celles de coordinateur du collĂšge des anciens (chargĂ© de coordonner les activitĂ©s du collĂšge des anciens), de secrĂ©taire, de surveillant au service (chargĂ© de superviser l'Ɠuvre de prĂ©dication), de surveillant de l'Ă©cole du ministĂšre thĂ©ocratique (chargĂ© de prĂ©sider l'Ă©cole de formation pour chaque membre inscrit) et de conducteur de l'Ă©tude de La Tour de Garde (chargĂ© de diriger chaque semaine l'Ă©tude de cette publication). Plusieurs anciens, et parfois des assistants ministĂ©riels, sont en outre surveillants ou conducteurs de l'Étude Biblique de la congrĂ©gation, tour Ă  tour, lors de la rĂ©union en semaine.

Un surveillant de circonscription supervise des groupes d'une vingtaine de congrĂ©gations et les visite environ tous les six mois. Les surveillants de circonscription sont eux-mĂȘmes supervisĂ©s par des surveillants de district, qui rendent compte Ă  la filiale de la SociĂ©tĂ© Watchtower pour le pays, elle-mĂȘme animĂ©e par un comitĂ© de filiale composĂ© de 3 Ă  10 anciens selon les pays. Chaque filiale se trouve sous l'autoritĂ© du CollĂšge central situĂ© au siĂšge mondial de Brooklyn. L'enseignement est donc le mĂȘme dans le monde entier.

Effectifs

Membres actifs, 1945-2008

Selon les statistiques de la sociĂ©tĂ© Watchtower, le mouvement comptait en 2008 7,1 millions de TĂ©moins de JĂ©hovah pratiquants dans le monde[17]. Ce chiffre, considĂ©rĂ© comme fiable[20], est celui du nombre de « proclamateurs Â», c'est-Ă -dire les TĂ©moins qui consacrent chaque mois du temps Ă  l'Ɠuvre d'Ă©vangĂ©lisation.

Ce chiffre peut ĂȘtre plus que doublĂ© si l'on prend en compte l'assistance au MĂ©morial ou Repas du Seigneur, qui, une fois l'an, est l'occasion de rĂ©unir le mĂȘme jour dans le monde entier tous les pratiquants rĂ©guliers ou occasionnels. Ainsi, 17 790 631 TĂ©moins de JĂ©hovah et sympathisants se sont rĂ©unis en 2008 pour cette commĂ©moration de la mort du Christ[17].

Parmi les pays qui comptent le plus de TĂ©moins de JĂ©hovah, seuls les États-Unis d'AmĂ©rique dĂ©passent le million de proclamateurs. Suivent le BrĂ©sil (699 280) et le Mexique (660 903). Seize autres pays rassemblent plus de 100 000 Ă©vangĂ©lisateurs rĂ©guliers.

PrĂ©sents en France depuis le dĂ©but du XXe siĂšcle, ils sont au dĂ©but du XXIe siĂšcle prĂšs de 130 000 fidĂšles en France mĂ©tropolitaine dont 8 462 Ă  la Guadeloupe, 1 950 en Guyane, 4 496 Ă  la Martinique et 2 839 Ă  la RĂ©union Ă  participer Ă  l'Ă©vangĂ©lisation et plus de 207 000 Ă  se rĂ©unir rĂ©guliĂšrement dans un millier d'Ă©difices du culte, rĂ©partis sur la mĂ©tropole et dans les DĂ©partements d'outre-mer, avec un pic de plus de 250 000 assistants au MĂ©morial de la PĂąque. Ils constituent ainsi la cinquiĂšme « religion Â» en France[21]. La Belgique compte 24 945 TĂ©moins de JĂ©hovah actifs et la Suisse 18 212[22].

AprÚs la perestroïka, le mouvement s'est développé en Europe de l'Est[23].

Depuis une dizaine d'annĂ©es, le nombre de nouvelles adhĂ©sions ou de baptĂȘmes chez les TĂ©moins de JĂ©hovah est en baisse.[24] Cela n'empĂȘche pas l'effectif total de devenir plus important au fil des annĂ©es.

Aspects financiers

La sociĂ©tĂ© Watchtower dispose de revenus financiers importants assurĂ©s par les dons volontaires des fidĂšles (pas de quĂȘtes). Cette puissance financiĂšre ne sert pas Ă  l'enrichissement des dirigeants mais est rĂ©investie dans le prosĂ©lytisme [l 3][a 3]. Les congrĂ©gations locales s'autofinancent et leurs locaux sont austĂšres. Il existe dans toutes leurs salles de rĂ©union (appelĂ©es aussi salles du royaume) deux boites placĂ©es Ă  la vue de tous, oĂč les fidĂšles peuvent dĂ©poser de l'argent. L'argent de l'une des boites servira pour les besoins locaux et l'autre ira pour les nĂ©cessitĂ©s nationales (par exemple pour les publications).
Des opposants reprochent cependant un train de vie confortable Ă  certains des dirigeants de l'organisation[i 15][25], en contradiction avec le vƓu de pauvretĂ© auquel ces derniers ont fait[26].

En France, le mouvement religieux a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  plusieurs redressements fiscaux : un redressement sur les valeurs mobiliĂšres d'un montant de 7,3 millions de francs[27], et un autre suite Ă  une infraction au code de la SĂ©curitĂ© Sociale aprĂšs un contrĂŽle de l'URSSAF au siĂšge des TĂ©moins de JĂ©hovah, d'une somme de 10,3 millions de francs[28]. Un autre redressement fiscal remettant en cause l'exonĂ©ration des dons[29] a amenĂ© le fisc Ă  leur rĂ©clamer le paiement d'une somme de 45 millions d'euros [30] Les TĂ©moins de JĂ©hovah ont depuis portĂ© l'affaire devant la Cour EuropĂ©enne des Droits de l'Homme sur la base de la discrimination de l'application de la loi et sur la libertĂ© de culte : ils considĂšrent qu'ils ne peuvent payer la moitiĂ© de cette somme, mĂȘme avec toutes les hypothĂšques du bĂątiment du Bethel et leurs autres ressources. (Voir TĂ©moins de JĂ©hovah et taxation des dons manuels en France).

Relation avec les Ă©tats

La « neutralitĂ© chrĂ©tienne Â»

De mĂȘme que toutes les religions sont assimilĂ©es Ă  Babylone la Grande, les États sont considĂ©rĂ©s comme Ă©tant sous la domination de Satan, lequel aurait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© par JĂ©sus comme « le chef de ce monde Â»[31]. Les TĂ©moins de JĂ©hovah estiment que la direction du monde a Ă©tĂ© accordĂ©e Ă  Satan par Dieu lui-mĂȘme pour un temps, qui s'Ă©tend sur des millĂ©naires, aprĂšs le dĂ©fi que cet ange autrefois fidĂšle a lancĂ© sur la souverainetĂ© de JĂ©hovah[32]. Tous les gouvernements politiques, mĂȘme ceux qui possĂšdent de bonnes intentions, sont condamnĂ©s Ă  l'Ă©chec et disparaĂźtront avec le monde mauvais actuel, Ă  HarmaguĂ©don.

Les Témoins de Jéhovah pensent suivre les traces des premiers chrétiens en se consacrant exclusivement au culte de Jéhovah, auquel il disent avoir voué leur vie sans réserve[33].

Ils dĂ©finissent la neutralitĂ© chrĂ©tienne comme l'Ă©tat de ceux qui dans un conflit ne prennent pas position pour l’une ou l’autre des parties en prĂ©sence. Pour eux, la neutralitĂ© est synonyme de non-interfĂ©rence dans les affaires publiques : refus de participer Ă  des cĂ©rĂ©monies patriotiques (voir Minersville School District v. Gobitis, 1943), de servir dans les forces armĂ©es, de se rallier Ă  des partis politiques, de militer au niveau politique ou de voter pour un candidat ou un parti politique. Les TĂ©moins de JĂ©hovah estiment cependant qu'il leur faut ĂȘtre soumis de maniĂšre relative aux « autoritĂ©s supĂ©rieures Â» [34] tout en les respectant[35].

La guerre « thĂ©ocratique Â» menĂ©e par les TĂ©moins de JĂ©hovah consiste Ă  continuer de faire tout ce qui est possible pour promouvoir l’Ɠuvre d’évangĂ©lisation, et ceci mĂȘme lorsque qu’une opposition officielle se prĂ©sente. Pour mener ce combat, les TĂ©moins de JĂ©hovah considĂšrent qu’ils doivent obĂ©ir Ă  Dieu plutĂŽt qu’aux hommes en se rĂ©fĂ©rant au verset biblique d'Actes 5:29.

Selon l'UNADFI[36] et d'anciens adeptes [37], quand les TĂ©moins de JĂ©hovah estiment que ce qui se passe Ă  l’intĂ©rieur du mouvement ne doit pas ĂȘtre connu de ceux qui n’y appartiennent pas, ils ont recours aux demi-vĂ©ritĂ©s voire au mensonge, en ne rĂ©vĂ©lant pas toute la vĂ©ritĂ© Ă  ceux qui mettent en danger l’organisation des TĂ©moins de JĂ©hovah. Ils expliquent que la 'guerre thĂ©ocratique' ne couvre pas le faux tĂ©moignage, mais plutĂŽt l’omission volontaire de certains faits et se justifie chaque fois qu’il faut protĂ©ger les intĂ©rĂȘts de l’organisation. Selon eux, certaines publications de la SociĂ©tĂ© Watchtower enseignent que les TĂ©moins de JĂ©hovah ne sont pas obligĂ©s de rĂ©vĂ©ler une information vĂ©ridique Ă  des gens dont elle estime qu’ils ne sont pas en droit de la connaĂźtre, ce par quoi elle entend, toute personne qui ne fait pas partie de l’organisation des TĂ©moins de JĂ©hovah[38]. ConcrĂštement, le mouvement a eu recours Ă  plusieurs reprises Ă  des 'mensonges thĂ©ocratiques' afin de prĂ©server ses intĂ©rĂȘts.[39]

Ainsi, il leur est reprochĂ© d'avoir pendant longtemps traitĂ© en interne les affaires de pĂ©dophilie. La pĂ©dophilie est contraire aux valeurs morales des TĂ©moins de JĂ©hovah, mais confrontĂ©s Ă  ces cas, ils firent le choix de les rĂ©gler dans les comitĂ©s de discipline religieuse plutĂŽt que d'avertir les autoritĂ©s judiciaires du pays, afin de « ne pas jeter l'opprobre sur l'organisation de JĂ©hovah Â». Outre la non-dĂ©nonciation de ces crimes, les modalitĂ©s du traitement interne de ces cas de pĂ©dophilie, sans en rĂ©fĂ©rer aux autoritĂ©s judiciaires, leur ont valu de vives critiques, et des condamnations en justice contre des ministres du culte concernĂ©s. En effet, dans les cas oĂč il n'y avait pas de tĂ©moins, les victimes Ă©taient confrontĂ©es Ă  leur agresseur lors de comitĂ©s de discipline religieuse et des aveux Ă©taient nĂ©cessaires pour qu'il soit sanctionnĂ© par une excommunication. De plus en cas de « repentir sincĂšre Â», le coupable pouvait ĂȘtre rĂ©intĂ©grĂ© sans que les autres fidĂšles ne soient informĂ©s ; des cas de rĂ©cidives furent la consĂ©quence de ces pratiques.

En France, dans un courrier daté du 10 octobre 2006 et adressé au Premier ministre [40], les Témoins de Jéhovah apportent une réponse aux accusations publiées dans le rapport 2005 de la MIVILUDES à ce sujet[41]. AprÚs avoir rappelé qu'ils condamnent vigoureusement toutes sortes d'agressions contre les mineurs et qu'ils favorisent la prévention depuis plus de trente ans, ils expliquent qu'ils ont pour éthique de signaler de tels faits et de protéger les enfants qui en sont victimes.

Ambiguïté du combat judiciaire et médiatique

Les TĂ©moins de JĂ©hovah disent subir toutes sortes de traitements discriminatoires directement liĂ©s Ă  leurs croyances. Ils ont en effet Ă©tĂ© persĂ©cutĂ©s et le sont encore par diffĂ©rents rĂ©gimes totalitaires en raison de leur refus de porter les armes, ou de leur prosĂ©lytisme par les autoritĂ©s des pays oĂč il est interdit.

Mais, refusant dans certains cas tout compromis, ils ont aussi menĂ© de long combats judiciaires qui ont eu un impact sur les lĂ©gislations nationales, comme leur refus du salut au drapeau dans les Ă©coles des États-Unis [42] ou l'affaire Roncarelli au QuĂ©bec.

L'exemple le plus paradoxal est sans doute l'association du mouvement avec l'Organisation des Nations unies (ONU) pendant dix ans environ. En effet, alors que dans certains Ă©crits des TĂ©moins de JĂ©hovah, il est dĂ©clarĂ© « qu'aucun chrĂ©tien ne doit soutenir cette organisation Â», le bureau mondial a acceptĂ© de « soutenir l'ONU et ses actions Â» et de « mobiliser l'opinion en faveur des Nations Unies Â», avant de dĂ©missionner prĂ©cipitamment une fois le scandale diffusĂ© dans la presse[43].

En France, rĂ©pondant Ă  la lutte anti-sectes entamĂ©e depuis le milieu des annĂ©es 80, les TĂ©moins de JĂ©hovah ont Ă©galement engagĂ© des procĂšs pour dĂ©fendre leurs libertĂ©s de conscience et de culte, et entamĂ© des changements donnant une meilleure image d'eux-mĂȘmes[44].

Ces procédures judiciaires comme ces tentatives de faire entendre leur voix auprÚs des différentes instances de la société en déployant une activité proche du lobbying, sont diversement perçues.

En France, la Commission d'enquĂȘte parlementaire sur les sectes de 1995 considĂ©ra ce type d'attitude procĂ©duriĂšre comme un des critĂšres pour identifier une secte [45] ; et la MILS reprochait aux avocats et mĂ©decins TĂ©moins de JĂ©hovah d'utiliser leur profession pour faire du lobbying en faveur de leur mouvement [46].

Statuts actuels dans le monde

Les TĂ©moins de JĂ©hovah utilisent les instruments juridiques mis Ă  la disposition des associations religieuses pour organiser leurs activitĂ©s cultuelles Ă  tous les niveaux (international, national et local). Cette structure lĂ©gale se compose de diverses entitĂ©s qui rĂ©pondent chacune Ă  des besoins particuliers, dont le statut juridique est adaptĂ© aux les principaux États oĂč ils sont prĂ©sents.

Les TĂ©moins de JĂ©hovah sont reconnus comme une religion Ă  part entiĂšre dans de nombreux pays, notamment en Europe :

  • En Allemagne et en Autriche, ils constituent une corporation de droit public reconnue au mĂȘme titre que les grandes Églises respectivement depuis juin 2006[47] et mai 2009[48].
  • Au Danemark, ils peuvent ĂȘtre qualifiĂ©s de « culte reconnu Â»[49], ce qui leur permet de cĂ©lĂ©brer des mariages ayant des effets civils et de tenir des registres civils.
  • La GrĂšce a accordĂ© Ă  leur association le statut de « religion connue Â» en 1997[50].
  • En Italie, ils sont reconnus comme « confession religieuse Â» depuis 1986[51] dans le cadre de la loi du 24 juin 1929[52], ce qui permet Ă  ses ministres du culte de cĂ©lĂ©brer des mariages ayant des effets civils[53]. Une entente entre la RĂ©publique italienne et la CongrĂ©gation chrĂ©tienne des TĂ©moins de JĂ©hovah[54] a Ă©tĂ© signĂ©e par le Conseil des ministres le 4 avril 2007 et doit ĂȘtre votĂ©e sous forme de loi par le Parlement italien.
En rouge, pays oĂč, officiellement, les TĂ©moins de JĂ©hovah n'effectuent pas de prĂ©dication
  • D'autres pays, comme le Royaume-Uni[55], ou le Canada, leur accordent le statut d'organismes de bienfaisance.
  • En France les TĂ©moins de JĂ©hovah bĂ©nĂ©ficient du statut d'association cultuelle, mais sont rĂ©guliĂšrement qualifiĂ©s de secte par des rapports officiels.

Plus globalement, Nathalie Luca fait ce constat au sujet des TĂ©moins de JĂ©hovah :

« Cette association jouit dĂ©sormais, dans la quasi-totalitĂ© des pays d'Europe occidentale, de tous les droits et libertĂ©s prĂ©vus par l'ordre juridique national. Elle y est reconnue comme association cultuelle.[56] Â»

Dans d'autres pays[57] comme l'OuzbĂ©kistan ou l'ÉrythrĂ©e [58]le mouvement est interdit. Il s'agit essentiellement de dictatures militaires, ou de pays soumis Ă  une loi religieuse oĂč tout prosĂ©lytisme est interdit.

Article dĂ©taillĂ© : PersĂ©cution des TĂ©moins de JĂ©hovah.

CaractĂšre sectaire

Sens sociologique et sens moderne

Au sens sociologique et non péjoratif du terme, tel que défini dans la typologie webero-troeltschienne, les Témoins de Jéhovah forment une secte traditionnelle de terrain chrétien comme certains mouvements protestants l'ont été avant eux[l 3]. Leur classification en tant que secte au sens moderne de groupe spirituel dangereux reste par contre trÚs polémique.

Pour Nathalie Luca, ethnologue et chercheuse au CNRS, et FrĂ©dĂ©ric Lenoir, philosophe et sociologue, ils n'entrent pas dans la catĂ©gorie des « nouvelles sectes Â» qui se dĂ©finissent principalement par le mensonge et la dangerositĂ©, en prĂ©cisant toutefois que cela ne signifie pas pour autant que ce groupe ne prĂ©sente aucune dangerositĂ© [l 3].

En France, aprÚs avoir été désignés comme secte dans la liste trÚs controversée[59] de la Commission parlementaire sur les sectes en France en 1995, le mouvement a été étudié par chacune des commissions successives constituées sur le sujet.

La Mission interministĂ©rielle de lutte contre les sectes (MILS), dans son rapport de 2001, ne considĂšre pas les TĂ©moins de JĂ©hovah comme une « secte absolue Â» c'est-Ă -dire des « mouvements qui visent Ă  substituer aux valeurs universelles des contre-valeurs qui remettent en cause les principes fondateurs de toute dĂ©mocratie et les droits de la personne consacrĂ©s par l'ensemble des DĂ©clarations Â», mais estime qu'ils font partie des « groupements Ă  fondements idĂ©ologiques trĂšs divers (confessionnels ou philosophiques, thĂ©rapeutiques ou commerciaux) qui ne peuvent ĂȘtre assimilĂ©s Ă  des sectes absolues mais dont certains aspects du comportement sont inacceptables dans la mesure oĂč ils remettent en cause des droits fondamentaux de la personne humaine Â»[60].

Depuis des années, ils sont dénoncés comme mouvement sectaire par les principaux organismes de lutte contre les sectes, notamment par des acteurs de la lutte anti-sectes en France, tels que Didier Pachoud, président du GEMPPI[61] ou Jean-Pierre Brard, député, qui dénoncent la dangerosité de l'organisation des Témoins de Jéhovah en évoquant leur refus dogmatique de la transfusion sanguine et reproche réguliÚrement à l'organisation d'avoir causé la mort de fidÚles suite au refus de ce soin.

Outre ce refus dogmatique des transfusions sanguines, les dérives reprochées aux Témoins de Jéhovah concernent surtout la rupture sociale par rapport au monde qu'ils considÚrent comme intrinsÚquement mauvais, et l'emprise de la communauté sur ses membres, limitant leur liberté individuelle entre autres par leur pratique de l'excommunication[l 4].

ProblÚmes médicaux

La doctrine des TĂ©moins de JĂ©hovah inclut des interdictions relatives Ă  leur santĂ©. Le tabac comme la drogue sont interdits et leur usage est passible d'excommunication. Au nom de l'interdit biblique de consommation de sang[62], les transfusions de sang sont interdites et les TĂ©moins l'acceptant pour eux ou pour leurs enfants sont exclus du mouvement[i 16] ; le mouvement a Ă©galement fortement dĂ©conseillĂ© la vaccination jusqu'en 1952.

Outre ces obligations, les revues des TĂ©moins de JĂ©hovah sont assez hostiles Ă  la mĂ©decine traditionnelle [63] mais laissent dans la plupart des cas aux fidĂšles la libertĂ© de suivre leurs conseils ou non[64]. D'aprĂšs une enquĂȘte Sofres de 1998[65]. « Le suivi mĂ©dical des TĂ©moins de JĂ©hovah ne rĂ©vĂšle pas non plus de comportement atypique : 97 % ayant un mĂ©decin traitant Ă  qui ils font gĂ©nĂ©ralement appel, et 78 % ayant dĂ©jĂ  Ă©tĂ© hospitalisĂ©s Â».

Aujourd'hui, c'est surtout le refus des transfusions sanguines qui est le sujet de controverse médicale concernant les Témoins de Jéhovah.

La transfusion de sang total ou de l'un de ses composants majeurs ( globules rouges, globules blancs, plaquettes ou plasma) est interdite ; celle de certaines fractions du sang comme l’albumine ou les immunoglobulines est laissĂ©e Ă  l'apprĂ©ciation de la conscience des fidĂšles.

Les TĂ©moins de JĂ©hovah interprĂštent les lois noahides qui interdisent la consommation de chair « avec son Ăąme, c'est Ă  dire avec son sang Â»[66] et leur rĂ©pĂ©tition dans les Actes des ApĂŽtres qui prĂ©conisent de « s’abstenir des souillures des idoles, de l’impudicitĂ©, des animaux Ă©touffĂ©s et du sang Â»[67] dans le sens d'une interdiction de toute introduction de sang dans l'organisme, que ce soit par la nourriture ou par transfusion. Ils n'acceptent donc pas de transfusion de sang total ou de l'un de ses composants majeurs, ne donnent pas non plus leur sang ni ne le mettent en rĂ©serve en vue d'une autotransfusion[68]. Des exceptions sont admises depuis les annĂ©es 1980 concernant le cas des hĂ©mophiles[b 7].

Le corps mĂ©dical dispose maintenant dans certains cas d'alternatives Ă  la transfusion sanguine acceptĂ©es par les TĂ©moins de JĂ©hovah, et le fait qu'aprĂšs l'affaire du sang contaminĂ© d'autres patients, non jĂ©hovistes, aient rĂ©clamĂ© des traitements de substitution a Ă©galement amenĂ© une Ă©volution. Les publications des TĂ©moins de JĂ©hovah rappellent, quant Ă  elles, que les transfusions sanguines ne sont pas exemptes de risques[69] et rapportent que « de nombreux mĂ©decins ont reconnu que l’adhĂ©sion des TĂ©moins aux normes bibliques les a avantagĂ©s sur le plan mĂ©dical Â»[70].

Ces solutions alternatives ne sont cependant envisageables que « dans le cadre strict de la chirurgie programmĂ©e, sous certaines conditions dĂ©finies Â»[71], alors que « dans le cadre de l'urgence, il n'existe pas aujourd'hui de produits disponibles en alternative Ă  la transfusion de globules rouges Â»[72].

En 1982, une premiĂšre instance de dialogue a Ă©tĂ© mise en place ; et depuis les annĂ©es 1990, des bureaux d'information des hospitaliers, dĂ©pendant du BĂ©thel de Brooklyn, font le lien avec le personnel mĂ©dical des hĂŽpitaux afin sur les TĂ©moins de JĂ©hovah obtiennent des soins respectant leurs convictions. En 1993, 27 000 mĂ©decins collaboraient avec ces stuctures, Ă©tablies dans 64 pays[73]. La prĂ©sence de comitĂ© jusque dans les hĂŽpitaux eux-mĂȘmes est dĂ©noncĂ©e par les opposants aux TĂ©moins de JĂ©hovah en raison de la pression qu'ils exerceraient afin d'inciter les patients Ă  maintenir leur refus. L'organisation de la Watchtower considĂšre l'acceptation d'une transfusion comme un retrait volontaire du mouvement.

Le problĂšme subsistant le plus dĂ©licat reste celui du refus de transfusion concernant un enfant. En France, le mĂ©decin peut priver temporairement les parents de leur autoritĂ© parentale pour prendre la dĂ©cision de la transfusion sanguine. En effet, l’article L 111-4 alinĂ©a 5 du code de la santĂ© publique dans sa rĂ©daction issue de la loi du 4 mars 2002, autorise dĂ©sormais le mĂ©decin, sans autorisation prĂ©alable, Ă  dĂ©livrer les soins indispensables dans le cas de refus d’un traitement par une personne titulaire de l’autoritĂ© parentale ou par le tuteur lorsque cela risque d’avoir des consĂ©quences graves pour la santĂ© du mineur[74]. Cet amĂ©nagement est acceptĂ© par certains parents[75].

Isolement social et excommunication

Le rejet de certaines pratiques sociales conduit les TĂ©moins de JĂ©hovah Ă  un isolement qui leur est particuliĂšrement reprochĂ© quand il concerne les enfants[76]. Le refus de participer aux fĂȘtes traditionnelles, qu'elles soient d'anniversaires, patriotiques ou religieuses comme NoĂ«l en est un Ă©lĂ©ment[77], liĂ© Ă  une conception diabolisante de la sociĂ©tĂ© actuelle et le caractĂšre apocalyptique de leur enseignement.

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Les TĂ©moins de JĂ©hovah sont incitĂ©s Ă  limiter leur frĂ©quentation des personnes non-TĂ©moins aux rapports dans le travail ou Ă  la prĂ©dication et Ă  ĂȘtre trĂšs sĂ©lectifs dans le choix de leurs divertissements[78]. Le temps rĂ©servĂ© de façon hebdomadaire aux activitĂ©s liĂ©es Ă  la prĂ©dication, dont les rĂ©unions qui la prĂ©parent, leur laisse de toute façon peu de temps pour les loisirs[i 17]. Ils sont encouragĂ©s Ă  renoncer Ă  une carriĂšre profane, notamment s'ils cherchent Ă  "gagner de l'argent" et pas simplement assurer leur sĂ©curitĂ© matĂ©rielle, ce qui s'avĂ©rerait inutile dans un monde dont l'Harmaguedon est proche.

En France, le rapport parlementaire de 2006 relatif Ă  l'influence des mineurs en milieu sectaire Ă©voquait un conditionnement et une culpabilisation des enfants[79] et s'inquiĂ©tait de l'incapacitĂ© du dĂ©veloppement de l'autonomie et des troubles psychologiques qu'engendrerait « la sĂ©paration d'avec le monde Â»[80] . Il critiquait en outre l'emploi du temps chargĂ© de ces enfants et le prosĂ©lytisme indirect Ă  l'Ă©cole[81]. Le rapport 2005 de la Miviludes mentionnait des critiques du mĂȘme ordre[82], auxquelles la FĂ©dĂ©ration chrĂ©tienne des TĂ©moins de JĂ©hovah de France a rĂ©pondu par un courrier adressĂ© au Premier ministre[40].

Pour les TĂ©moins de JĂ©hovah, cet isolement de leur communautĂ© peut ĂȘtre perçu de façon positive et sĂ©curisante, celle ci semblant un Ăźlot de propretĂ© mettant Ă  l'abri d'un monde corrompu. Mais la contrepartie est la peur de l'excommunication, qui rejette toute personne indigne de l'organisation de JĂ©hovah[i 18].

Le souci de prĂ©server la « puretĂ© Â» des congrĂ©gations a particuliĂšrement Ă©tĂ© mis en avant par l'organisation Ă  partir des annĂ©es 1950[i 19], Ă©poque Ă  laquelle furent codifiĂ©es les rĂšgles d'excommunication. La dĂ©nonciation des fautifs est encouragĂ©e, et, selon Introvigne, les anciens TĂ©moins de JĂ©hovah dĂ©crivent un monde « Ă  la Orwell Â» oĂč tout le monde se surveille mutuellement[i 20]. Dans cette optique, les TĂ©moins de JĂ©hovah pourront passer outre le secret professionnel pour dĂ©noncer auprĂšs de la hiĂ©rarchie du mouvement, leurs frĂšres qui commettraient des fautes selon l'enseignement inculquĂ©[83] ; et les anciens peuvent s'assurer Ă  leur domicile qu'ils vivent conformĂ©ment Ă  la doctrine[84].

Les anciens doivent reprendre les « transgresseurs Â» et disposent pour cela de plusieurs mesures de discipline religieuse, en fonction de l'importance des fautes qui ont Ă©tĂ© commises : la notation qui concerne tout TĂ©moin de JĂ©hovah qui se conduit d'une maniĂšre dĂ©viante par rapport aux principes bibliques, sans pour autant commettre de pĂ©chĂ© grave qui peut aboutir Ă  l'excommunication ; la rĂ©primande ou blĂąme, appliquĂ© Ă  un TĂ©moin de JĂ©hovah ayant commis un pĂ©chĂ© grave mais qui s'est repenti de sa faute, et Ă  qui on suspend la participation Ă  certaines activitĂ©s cultuelles. Cependant, un pĂ©cheur non repentant risque l'excommunication ou exclusion qui signifie la coupure immĂ©diate des liens religieux, sociaux et affectifs entre lui et l'ensemble des fidĂšles de la congrĂ©gation.

Le doute vis à vis de certains points de doctrine n'est pas admis, il est déconseillé d'en discuter, surtout hors de la présence des surveillants de la congrégation[84].

La direction du mouvement religieux encourage ses fidĂšles Ă  ne plus frĂ©quenter une personne dĂ©missionnaire ou excommuniĂ©e, Ă  ne pas engager de conversation amicale avec elle, ni mĂȘme, en principe, Ă  la saluer[b 8]. Cela vaut pour la famille, sauf si les personnes continuent Ă  vivre sous le mĂȘme toit. Comme la SociĂ©tĂ© Watchtower recommande Ă  ses adeptes de limiter leurs relations avec les gens du monde extĂ©rieur[b 9], certains excommuniĂ©s se retrouvent trĂšs seuls et ont beaucoup de mal Ă  supporter cette Ă©viction[85].

Les ex-Témoins de Jéhovah qui témoignent publiquement de leur expérience dans ce mouvement rapportent que les contacts avec leur famille Témoin de Jéhovah est rendue au mieux trÚs difficile quand cela ne tombe pas dans la rupture de tout contact, y compris dans des circonstances exceptionnelles comme un mariage ou un décÚs[86].

Normalisation

Selon les sociologues, au fil du temps les mouvements Ă  caractĂšre sectaire ont tendance Ă  se « routiniser Â» vers une dĂ©nomination. Ces derniĂšres annĂ©es, des Ă©volutions leur donnĂšrent Ă  penser que le mouvement s'engageait vers cette normalisation ; ils l'attribuaient d'une part aux Ă©checs renouvelĂ©s des prĂ©dictions successives de fin du monde, d'autre part Ă  une Ă©lĂ©vation progressive du niveau social et culturel des adeptes. Longtemps incitĂ©s Ă  renoncer aux Ă©tudes et Ă  une carriĂšre profane, leur niveau d'instruction serait dĂ©sormais, en France, voisin de celui du reste de la population[87], et les TĂ©moins mettent rĂ©guliĂšrement en avant des jeunes Ă©panouis au sein de leur religion et menant une vie considĂ©rĂ©e comme « normale Â»[88].

Les TĂ©moins de JĂ©hovah ont entamĂ© un dialogue avec certains Ă©tats quant Ă  leur statut, l'objection de conscience ou les alternatives aux transfusions sanguines[84]. Est aussi apparue l'idĂ©e que certains points de doctrine pourraient ĂȘtre laissĂ©s Ă  l'apprĂ©ciation des fidĂšles, alors que le CollĂšge Central tentait dans les annĂ©es 1970 de rĂ©genter leur vie dans les moindres dĂ©tails. De mĂȘme, alors qu'ils considĂ©raient jusque lĂ  comme inutile toute action visant Ă  amĂ©liorer le monde, les TĂ©moins de JĂ©hovah avaient commencĂ© Ă  agir pour des causes humanitaires en sus de l'aide accordĂ©e Ă  leurs coreligionnaires.

Ces Ă©volutions ne sont cependant pas constantes, et le sociologue RĂ©gis Dericquebourg estimait en 1999 qu'une tendance « ruthefordiste Â», plus dure, existait Ă©galement dans le mouvement [84]. L'impression de normalisation fut par exemple contredite par la rĂ©affirmation lors des grandes assemblĂ©es des TĂ©moins de JĂ©hovah en 2006 de leur dĂ©termination Ă  « ne pas faire partie du monde Â»[89].

Annexes

Bibliographie

  • Bernard Blandre, Les TĂ©moins de JĂ©hovah, Éditions Brepols, 1991 (ISBN 9782503500645) 
  • Bernard Blandre, Les TĂ©moins de JĂ©hovah, un siĂšcle d'histoire, Éditions DesclĂ©e de Brouwer, 1987 (ISBN 9782220026404) 
  • Massimo Introvigne, Les TĂ©moins de JĂ©hovah, Editions du Cerf, 1990 (ISBN 9782204040990) 
  • (en) James Penton, Apocalypse delayed : the story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press, 1997 (ISBN 0802079733) 
  • Hans Hesse, PersĂ©cution et rĂ©sistance des TĂ©moins de JĂ©hovah pendant le rĂ©gime nazi 1933-1945, Éditions Schortgen, Esch-sur-Alzette (Luxembourg), 2005 (ISBN 0914675230) 
  • (de) Detlef Garbe, Zwischen Widerstand und Martyrium : Die Zeugen Jehovas im « Dritten Reich Â» 
Livre issu du mouvement

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Lien externe

Notes et références

  1. ↑ a  et b  Le JĂ©hovisme : une conception comportementaliste de la vie religieuse RĂ©gis Dericquebourg, Archives de Sciences sociales des religions
  2. ↑ Bernard Blandre, « Les TĂ©moins de JĂ©hovah Â», dans Notre Histoire, Octobre 1996 
  3. ↑ Voir plus de dĂ©tails dans Lettre au Chancelier du Reich sur TJ EncyclopĂ©die
  4. ↑ La persĂ©cution des TĂ©moins de JĂ©hovah de 1870 Ă  1936 sur le site de l'encyclopĂ©die mondiale de la Shoah
  5. ↑ Annuaire des TĂ©moins de JĂ©hovah de 1974, pp. 110 et 141
  6. ↑ Hans Hesse, PersĂ©cution et rĂ©sistance des TĂ©moins de JĂ©hovah pendant le rĂ©gime nazi 1933-1945, Éditions Schortgen, Esch-sur-Alzette (Luxembourg), 2005, 382 p. (ISBN 0914675230) 
  7. ↑ Les tĂ©moins de JĂ©hovah sur le site de l'encyclopĂ©die mondiale de la Shoah
  8. ↑ Raymond Franz relate son histoire dans un livre Crisis of conscience, en 1983.
  9. ↑ Raymond Franz fait remarquer dans la version revue en 2002 de Crise de conscience (p 316), que jusqu'Ă  1995 la revue RĂ©veillez vous revendiquait comme but
    « Par dessus tout, ce pĂ©riodique donne de solides raisons de croire que le CrĂ©ateur rĂ©alisera ses promesses en instaurant, avant la fin de la gĂ©nĂ©ration qui a vu les Ă©vĂ©nements de 1914, un nouveau systĂšme de choses oĂč rĂšgneront la paix et la sĂ©curitĂ© vĂ©ritables Â» ;
    mention changée sans plus d'explication à partir du 22 octobre 1995 par
    « Par dessus tout, ce pĂ©riodique donne de solides raisons de croire que le CrĂ©ateur rĂ©alisera ses promesses en instaurant trĂšs bientĂŽt un monde nouveau de paix et de sĂ©curitĂ© qui remplacera l'actuel systĂšme de choses mĂ©chant et sans loi».
  10. ↑ Selon la revue protestante RĂ©forme (Au nom de JĂ©hovah, RĂ©forme, n° 2866, 16-22 mars 2000, p. 7 :
    « Secte chrĂ©tienne ? Protestante ? Les convictions et croyances des TĂ©moins de JĂ©hovah les situent, en tout cas, dans la sphĂšre chrĂ©tienne. Et protestante, si l'on veut bien considĂ©rer leur volontĂ© de se soumettre Ă  la Bible seule. Une Bible qu'ils reconnaissent comme source d'autoritĂ© et prennent « pour la Parole de Dieu Â». Â»
  11. ↑ Étude perspicace des Écritures, 1988, volume 1, p. 623
  12. ↑ L'humanitĂ© Ă  la recherche de Dieu, 1990, p. 263
  13. ↑ La grande apostasie et L’annonce du retour du Seigneur (1870-1914), Les TĂ©moins de JĂ©hovah - PrĂ©dicateurs du Royaume de Dieu, 1993, pp. 33-38, 42-54
  14. ↑ Apocalypse delayed : The story of the Jehovah's Witnesses, James Penton, Toronto : University of Toronto Press, 1997, p. 242
  15. ↑ (Matthieu 24:14)
  16. ↑ (Matthieu 28: 19,20)
  17. ↑ a , b , c  et d  Rapport mondial sur le site officiel
  18. ↑ Actes des Apîtres 15:20.
  19. ↑ Pour ĂȘtre nommĂ© 'ancien' ou 'assistant ministĂ©riel', le TĂ©moin de JĂ©hovah doit remplir certaines conditions, dont celles mentionnĂ©es en 1 TimothĂ©e 3:2-7 :
    « Il faut donc que le surveillant soit irrĂ©prochable, mari d’une seule femme, modĂ©rĂ© dans ses habitudes, sain d’esprit, ordonnĂ©, hospitalier, capable d’enseigner, que ce ne soit pas un ivrogne querelleur, pas un homme qui frappe, mais qu’il soit raisonnable, non belliqueux, non ami de l’argent, que ce soit quelqu’un qui prĂ©side de belle façon sa propre maisonnĂ©e, qui tienne ses enfants dans la soumission en toute dignitĂ© (si quelqu’un, en effet, ne sait pas prĂ©sider sa propre maisonnĂ©e, comment prendra-t-il soin de la congrĂ©gation de Dieu ?) que ce ne soit pas un homme rĂ©cemment converti, de peur qu’il ne se gonfle [d’orgueil] et ne tombe dans le jugement portĂ© contre le Diable. D’autre part, il faut aussi qu’il reçoive un beau tĂ©moignage de gens du dehors, afin qu’il ne tombe pas dans l’opprobre et dans un piĂšge du Diable. Â»
  20. ↑ Suisse: les religions en chiffres, sur Religioscope
  21. ↑ « La France compte 200 000 TĂ©moins de JĂ©hovah Â», Aujourd'hui en France, lundi 4 fĂ©vrier 2008, p. 17. « La cinquiĂšme religion de France Â», Le nouvel Économiste, n° 1364, 2 au 8 novembre 2006.
  22. ↑ Suisse: les religions en chiffres, sur Religioscope : ce chiffre est confirmĂ© par le recensement de l'an 2000 de l'Office fĂ©dĂ©ral de la statistique en Suisse, qui leur attribue 20 330 membres.
  23. ↑ Les chrĂ©tiens en Asie centrale: communautĂ©s traditionnelles et nouveaux missionnaires face aux Etats post-soviĂ©tiques – Entretien avec SĂ©bastien Peyrouse sur le site Religioscope
  24. ↑ http://www.jwfacts.com/index_files/numbers.jpg
  25. ↑ Raymond Franz, ancien membre du CollĂšge Central souligne que « Les membres du Conseil d'Administration peuvent rĂ©guliĂšrement prendre leurs vacances dans des lieux oĂč la plupart des personnes ne peuvent qu’aller en rĂȘve. En 1978, ma femme et moi nous sommes montĂ©s Ă  bord d'avions au moins cinquante fois dans l’annĂ©e. Â» - Crise de Conscience, R. Franz, 3Ăšme Ă©dition, p. 265
  26. ↑ Les TĂ©moins de JĂ©hovah, Proclamateurs du Royaume de Dieu p. 351
  27. ↑ Rapport de l'AssemblĂ©e Nationale n°1682, partie III, p. 360 sous l'intertitre « L'absence de dĂ©claration des revenus du Patrimoine Â»
  28. ↑ Rapport de l'AssemblĂ©e Nationale n°1687 IIIe partie I Les Infractions Ă  la legislation sociale B. Les infractions au code de la SĂ©curitĂ© Sociale 3 - Le redressement des TĂ©moins de JĂ©hovah Page 9
  29. ↑ RAPPORT Miviludes 2004
  30. ↑ 22 920 382,10 euros Ă  titre principal, et de 22 418 484,48 euros au titre des pĂ©nalitĂ©s et intĂ©rĂȘts de retard - La cour de Nanterre (4 juillet 2000), puis la cour d’appel de Versailles (28 fĂ©vrier 2002), et enfin la Cour de cassation (5 octobre 2004) ont confirmĂ© cette dĂ©cision.
  31. ↑ Citation de l'Évangile selon Jean 14-30 dans La Tour de Garde, 15 dĂ©cembre 1980, pp. 5,6
  32. ↑ Qui gouverne rĂ©ellement le monde ?, 1992
  33. ↑ Comment raisonner à partir des Écritures, 1986, p. 263
  34. ↑ MentionnĂ©es en Romains 13:1
  35. ↑ Ils se rĂ©fĂšrent Ă  l'Ă©vangile de Matthieu 22:15-22 oĂč JĂ©sus, pressĂ© par les pharisiens de rĂ©pondre sur le thĂšme du respect de l'autoritĂ© des Hommes versus de celle de Dieu, suggĂšre de « Rendre Ă  CĂ©sar ce qui est Ă  CĂ©sar, et Ă  Dieu ce qui est Ă  Dieu Â».
  36. ↑ La vie quotidienne, dans Bulles n°87, sur le site de l'ADFI
  37. ↑ StratĂ©gie de guerre thĂ©ocratique, sur Tj-EncyclopĂ©die
  38. ↑ Étude perspicace des Écritures, volume 2, page 255 :
    «  Si la Bible condamne expressĂ©ment le mensonge malveillant, cela ne signifie pas qu’on est obligĂ© de divulguer une information vĂ©ridique Ă  des gens qui ne sont pas en droit de la connaĂźtre. JĂ©sus Christ conseilla : « Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les porcs, de peur qu’ils ne les piĂ©tinent avec leurs pieds et que, se retournant, ils ne vous dĂ©chirent. Â» (Mt 7:6). VoilĂ  pourquoi, en certaines occasions, JĂ©sus s’abstint de donner des renseignements complets ou de rĂ©pondre directement Ă  des questions quand cela pouvait causer inutilement du tort (Mt 15:1-6 ; 21:23-27 ; Jn 7:3-10). Â»
  39. ↑ Mensonges thĂ©ocratiques
  40. ↑ a  et b  [pdf]Courrier de la FĂ©dĂ©ration chrĂ©tienne des TĂ©moins de JĂ©hovah de France datĂ©e du 10 octobre 2006 adressĂ© au Premier ministre
  41. ↑ [pdf] Rapport Miviludes 2005, p. 21
  42. ↑ La SĂ©paration Etat- Ă©glises aux USA Pierre Antoine Berheim,. Colloque des AFP CommĂ©morer 1905 autrement
  43. ↑ Jehovah's Witnesses link to UN queried Le Guardian, 8 octobre 2001 et 'Hypocrite' Jehovah's Witnesses abandon secret link with UN Le Guardian 15 octobre 2001
  44. ↑ Les stratĂ©gies des groupes religieux minoritaires face Ă  la lutte anti-secte française Â», RĂ©gis Dericquebourg, Religiologiques, 22, automne 2000, 119-130.
  45. ↑ Les sectes en France, rapport n°2468, AssemblĂ©e nationale, 22 dĂ©cembre 1995:
    « Â« certaines sectes sont coutumiĂšres des dĂ©mĂȘlĂ©s judiciaires Â» et « que les rapports difficiles qu'entretiennent certaines sectes avec la justice peuvent prendre deux visages : les poursuites dont elles font l'objet en raison du caractĂšre dĂ©lictueux ou prĂ©judiciable de leurs actes ; les actions qu'elles intentent elles-mĂȘmes Ă  l'Ă©gard des personnes qui ont, selon elles, terni leur image. Â» Â»
  46. ↑ Rapport 2001 de la MILS, p. 95
  47. ↑ Verleihung der Rechte einer Körperschaft des öffentlichen Rechts an die Religionsgemeinschaft, Jehovas Zeugen in Deutschland e.V., 13 juin 2006, sur Berlin.de
  48. ↑ " AUTRICHE - Les TĂ©moins de JĂ©hovah reconnus comme religion ", AFP, 7 mai 2009.
  49. ↑ Jean-Georges Boeglin, États et religions en Europe, p. 119.
  50. ↑ Rapport 2006 de la MIVILUDES au Premier ministre 2006, p. 200.
  51. ↑ DĂ©cret du PrĂ©sident de la RĂ©publique n° 783, 31 octobre 1986, n° 1753, Congregazione Cristiana dei Testimoni di Geova
  52. ↑ Loi du 24 juin 1929, n° 1159, MinistĂšre de l'IntĂ©rieur italien
  53. ↑ Francis Messner, La lĂ©gislation cultuelle des pays de l'Union europĂ©enne face aux groupes sectaires, Sectes et DĂ©mocratie, sous la direction de Françoise Champion et de Martine Cohen, Éditions Seuil, Paris, 1999, p. 354.
  54. ↑ Intesa tra la Repubblica Italiana e la Congregazione Cristiana dei Testimoni di Geova, Roma, 4 aprile 2007
  55. ↑ (en) Approved Governing Documents, Charity Comission
  56. ↑ Nathalie Luca, Individus et pouvoirs face aux sectes, Armand Colin, 2008, p. 82.
  57. ↑ Les pays oĂč notre Ɠuvre est interdite, Annuaire 1975 des TĂ©moins de JĂ©hovah, p. 43. Le rapport annuel figurant dans La Tour de Garde du 1er fĂ©vrier 2007 p. 30 parle de 29 pays concernĂ©s. L' Index 1986-2004, sous le sous-titre MinistĂšre du champs, rapports, mentionne que les « pays oĂč l'Ɠuvre est interdite Â» sont sur les continents suivants : Afrique, AmĂ©rique centrale, Asie, Europe, Ăźles du Pacifique et Proche-Orient.
  58. ↑ Rapport Amnesty International 2007
  59. ↑ CritiquĂ©e des le dĂ©part par les sociolologues, cette liste a Ă©tĂ© dĂ©savouĂ©e les organismes gouvernementaux et jusque par le directeur des RG qui l'avait produite (Yves Bertrand, dans son livre Je ne sais rien mais je dirai (presque) tout Plon). Elle a Ă©tĂ© jugĂ©e « sans valeur juridique Â» (MinistĂšre de l'Emploi et de la SolidaritĂ©, Courrier Juridique des Affaires sociales, mai-juin 1998), sans « valeur normative et ne sauraient fonder ni des distinctions entre les associations qualifiĂ©es de « sectaires Â» et celles qui ne le sont pas Â» (Circulaire du MinistĂšre de l'IntĂ©rieur), « pas pertinente Â» et « liste de mouvements Ă  Ă©viter Â» (Texte de Jean-Pierre Raffarin sur LĂ©gifrance) « Plus d’actualitĂ© Â» (Jean-Michel Roulet, PrĂ©sident de la Miviludes -Interview sur La revue parlementaire ), sans crĂ©dibilitĂ© (Interview de Nathalie Luca, sociologue et membre de la Miviludes dans Le Monde), voire « scandaleuse Â» Interview au Nouvel Observateur de Emmanuelle Mignon, cabinet du PrĂ©sident de la RĂ©publique).
  60. ↑ rapport 2001 Rapport 2001 MILS
  61. ↑ GEMPPI, Groupe d’Étude des Mouvements de PensĂ©e en vue de la Protection de l’Individu, vice-prĂ©sident de la FECRIS FĂ©dĂ©ration EuropĂ©enne des Centres de Recherche et d’Information sur le Sectarisme, membre du conseil d’administration du CCMM Centre de documentation, d’éducation et d’action Contre les Manipulations Mentales, il dĂ©clare dans le Compte rendu du colloque national organisĂ© Ă  Marseille par le GEMPPI le samedi 8 octobre octobre 2005 :
    « C’est pour cette raison, que nous avons choisi de terminer ce colloque en traitant les effets de la doctrine farfelue et absurde des tĂ©moins de JĂ©hovah consistant Ă  sacrifier sa vie ou la vie de ses enfants (c’est possible dans certains pays Ă  lĂ©gislation laxiste sur ce point) par l’abstention de transfusions sanguines vitales dans certains cas pour respecter le symbole de vie qu’est le sang dans la Bible. Si l’on faisait le compte des personnes ainsi sacrifiĂ©es sur l’autel du fanatisme doctrinal sectaire des tĂ©moins de JĂ©hovah, nous dĂ©passerions sans doute le nombre de victimes, suicidĂ©es ou assassinĂ©es, de l’Ordre du Temple Solaire. Mais rassurez-vous, les tĂ©moins de JĂ©hovah ne troublent pas l’ordre public, ils se laissent mourir en silence, d’ailleurs leurs conducteurs-surveillants spirituels qui les encadrent de prĂšs dans ces moments lĂ , y veillent. Â»
  62. ↑ en particulier par le passage des Actes des ApĂŽtres 15:20 qui prescrit de « s’abstenir des souillures des idoles, de l’impudicitĂ©, des animaux Ă©touffĂ©s et du sang Â»
  63. ↑ Dans les annĂ©es 1930, elles ont parfois Ă©tĂ© critiquĂ©es en raison du soutien apportĂ© Ă  certains traitements ou remĂšdes douteux, ainsi qu'Ă  l'invention, la promotion et la vente de gadgets relevant de la pseudo-science. Voir La SociĂ©tĂ© Watchtower et le charlatanisme mĂ©dical, par Kenneth G. Raines, sur TJ-Recherches
  64. ↑ RĂ©veillez-vous! 08/03/1977 pp. 5-9 « Puisque la vaccination est facultative, chacun doit en considĂ©rer les avantages et les risques, et prendre une dĂ©cision personnelle. Â»
  65. ↑ TĂ©moins de JĂ©hovah - Rapport de synthĂšse, rĂ©f. MHI-MVN 98-204, octobre 1998, SOFRES.
  66. ↑ Gen 9 4
  67. ↑ Actes des Apîtres 15:20.
  68. ↑ Les TĂ©moins de JĂ©hovah, Philippe Goni , Page 53 lire en ligne
  69. ↑ Transfusion sanguine, une histoire riche en revirements Site officiel Watchtower
  70. ↑ RĂ©veillez-vous !, aoĂ»t 2006, p. 12
  71. ↑ ThĂšse de mĂ©decine : Risques d'atteinte Ă  l'intĂ©gritĂ© physique encourus par les adeptes de sectes
  72. ↑ Transfusions de globules rouges homologues : produits, indications, alternatives
  73. ↑ Les TĂ©moins de JĂ©hovah, vers une sortie de la logique sectaire ?, RĂ©gis Dericquebourg, dans Sectes et dĂ©mocratie dir F Champion, M Cohen, Seuil, 1999, page 118
  74. ↑ À l’hĂŽpital, quelles sont les rĂšgles Ă  suivre par les patients et les soignants ?, sur le site La LaĂŻcitĂ© Ă  l'usage des Ă©ducateurs
  75. ↑ Les TĂ©moins de JĂ©hovah, vers une sortie de la logique sectaire ?, RĂ©gis Dericquebourg, dans Sectes et dĂ©mocratie dir F Champion, M Cohen, Seuil, 1999
  76. ↑ Quand l’intĂ©rĂȘt de JĂ©hovah prime sur celui de l’enfant, sur le site de l'UNADFI et Rapport 2005 de la MIVILUDES, p. 17 Ă  21 ou p. 88 Ă  89
  77. ↑ La vie quotidienne sur UNADFI
  78. ↑ Ce qui a trait Ă  l'occultisme, au sexe, Ă  la fausse religion, Ă  la violence, ou qui pourrait introduire des doutes comme la philosophie doit ĂȘtre proscrit) et limiter l'utilisation d'Internet, car ce mĂ©dia est considĂ©rĂ© comme dangereux.
  79. ↑ Rapport n° 3507, commission d'enquĂȘte relative Ă  l'influence des mouvements Ă  caractĂšre sectaire et aux consĂ©quences de leurs pratiques sur la santĂ© physique et mentale des mineurs, Georges Fenech, Philippe Vuilque, 12 dĂ©cembre 2006 (pages 24 et 36)
  80. ↑ Rapport n° 3507, commission d'enquĂȘte relative Ă  l'influence des mouvements Ă  caractĂšre sectaire et aux consĂ©quences de leurs pratiques sur la santĂ© physique et mentale des mineurs, Georges Fenech, Philippe Vuilque, 12 dĂ©cembre 2006 (pages 29, 30 et 32)
  81. ↑ Rapport n° 3507, commission d'enquĂȘte relative Ă  l'influence des mouvements Ă  caractĂšre sectaire et aux consĂ©quences de leurs pratiques sur la santĂ© physique et mentale des mineurs, Georges Fenech, Philippe Vuilque, 12 dĂ©cembre 2006 (pages 25 Ă  27)
  82. ↑ [pdf] Rapport Miviludes 2005, p. 21
  83. ↑ La Tour de garde, 1er septembre 1987, p. 15 :
    « Bien qu’un serment, ou une promesse solennelle, ne soit pas Ă  prendre Ă  la lĂ©gĂšre, il peut arriver que des engagements requis par les hommes entrent en conflit avec l’ordre de vouer un attachement exclusif Ă  notre Dieu. Quand quelqu’un commet un pĂ©chĂ© grave, il tombe effectivement sous une ‘imprĂ©cation publique’ lancĂ©e par Celui Ă  qui il a fait du tort, JĂ©hovah Dieu (DeutĂ©ronome 27:26 ; Proverbes 3:33). ../.. On passera sur les transgressions mineures dues Ă  l’imperfection. Dans ce cas, “l’amour couvre une multitude de pĂ©chĂ©s”, et l’on doit pardonner “jusqu’à soixante-dix-sept fois”. (Matthieu 18:21, 22.) C’est “un temps pour se taire”. Par contre, lorsque quelqu’un essaie de dissimuler un pĂ©chĂ© grave, on peut dĂ©cider que c’est “un temps pour parler”. Â»
  84. ↑ a , b , c  et d  Les TĂ©moins de JĂ©hovah : vers un sortie de la logique sectaire ?, RĂ©gis Dericquebourg in Sectes et dĂ©mocratie, sous la direction de Françoise Champion et Martine Cohen, 1999. (pages 115 Ă  120)
  85. ↑ Bien que trĂšs rares, des cas de tentatives de suicide ou des suicides s'Ă©tant produits aprĂšs une rĂ©primande religieuse ou une excommunication sont Ă©galement rapportĂ©s
  86. ↑ La Tour de garde, 15 dĂ©cembre 1981, p. 29 :
    «  Les chrĂ©tiens estimeront parfois qu’il leur est impossible de recevoir un parent exclu ou qui s’est retirĂ© volontairement, lors d’une rĂ©union oĂč d’autres membres de la famille sont invitĂ©s. Mais ces chrĂ©tiens peuvent trouver leur joie dans la frĂ©quentation des membres fidĂšles de la congrĂ©gation, en se rappelant ces paroles de JĂ©sus : « Quiconque fait la volontĂ© de Dieu, celui-lĂ  est mon frĂšre, et ma sƓur, et ma mĂšre. Â» — Marc 3:35. Â»
  87. ↑ Par exemple une enquĂȘte SOFRES commandĂ©e par les TĂ©moins de JĂ©hovah (Rapport de synthĂšse, rĂ©f. MHI-MVN 98-204) et menĂ©e en octobre 1998 rĂ©vĂ©lait les points suivants : « le niveau d’instruction des interviewĂ©s [TĂ©moins de JĂ©hovah] est Ă©galement voisin de celui de la moyenne des Français... Â», « les tendances observĂ©es dans les familles montrent une forte participation au systĂšme scolaire classique Â», « trois familles [de TĂ©moins de JĂ©hovah] sur quatre font participer leurs enfants aux activitĂ©s culturelles et sportives de l’école, deux tiers aux activitĂ©s sociales, classes vertes, classes de neige, etc. Â», « pendant les vacances, leurs enfants sont majoritairement occupĂ©s Ă  sortir avec des amis, lire, et regarder la tĂ©lĂ©vision Â»
  88. ↑ La vie 'normale' des enfants de TĂ©moins de Jehovah, AFP, Paris, 15 juin 1999
  89. ↑ Voir la RĂ©solution de l’assemblĂ©e des tĂ©moins de JĂ©hovah 2006: « la dĂ©livrance est proche ! Â» sur le site du CCMM. Blandre souligne que leur dĂ©termination Ă  « ne pas faire partie du monde Â» est rĂ©pĂ©tĂ©e six fois dans ce court texte, qui marque Ă©galement un retour en arriĂšre sur la question des actions humanitaires : « Nous refusons catĂ©goriquement de nous associer Ă  de vains mouvements ƓcumĂ©niques ou Ă  des actions sociales ou Ă  d'autres projets cherchant Ă  faire durer un systĂšme que Dieu a condamnĂ© parce qu'il est vouĂ© Ă  l'Ă©chec Â».

Massimo Introvigne, Les TĂ©moins de JĂ©hovah, Editions du Cerf, 1990 (ISBN 9782204040990) 

  1. ↑ Page 40 - Selon Introvigne « Contrairement Ă  ce que soutient la littĂ©rature apologĂ©tique du jĂ©hovisme actuel, dans les annĂ©es prĂ©cĂ©dent le conflit, Russell n'avait pas annoncĂ© simplement de « grands Ă©vĂšnements  Â» pour l'annĂ©e 1914, mais avait affirmĂ© que cette annĂ©e-lĂ  prĂ©cisĂ©ment le prĂ©sent ordre de choses s'achĂšverait Â».
  2. ↑ Page 65
  3. ↑ Page 65. Les Étudiants de la Bible estimaient Ă  l'Ă©poque de Russell que tous les justes vivraient Ă©ternellement dans le paradis terrestre retrouvĂ©, tandis qu'une « grande foule Â» d'Ă©lus deviendraient des ĂȘtres spirituels. À partir de 1935, la doctrine assimile ces deux catĂ©gories en la « grande foule Â» des TĂ©moins de JĂ©hovah.
  4. ↑ Page 48
  5. ↑ Page 53
  6. ↑ Pages 62-63
  7. ↑ Page 64
  8. ↑ a  et b  Page Ă  prĂ©ciser
  9. ↑ Page 85-87
  10. ↑ Pages 107-109. Les autres baptĂȘmes sont ceux d'enfants de TĂ©moins de JĂ©hovah, et de personnes qui se convertissent suite Ă  l'adhĂ©sion de membres de leur famille ou de proches.
  11. ↑ Page 110
  12. ↑ Pages 114-115
  13. ↑ Page 99-101
  14. ↑ page 91
  15. ↑ Page 117-118
  16. ↑ Page 89
  17. ↑ P 114-115 :« En thĂ©orie, le TĂ©moin de JĂ©hovah doit participer Ă  cinq rĂ©unions par semaine, chacune d'une durĂ©e d'une heure. En pratique, quatre de ces rĂ©unions sont couplĂ©es deux Ă  deux, si bien que, globalement, trois soirĂ©es de la semaine sont consacrĂ©es au mouvement. .../... Cela ne signifie pas que l'engagement du TĂ©moin de JĂ©hovah se rĂ©duit Ă  trois rĂ©unions hebdomadaires. Les rĂ©unions, en effet, doivent ĂȘtre prĂ©parĂ©es, et concrĂštement, le bon TĂ©moin de JĂ©hovah consacre chaque jour - avec l'aide d'un recueil d'extraits commentĂ©s de la Bible - un certain temps Ă  l'Ă©tude Â»
  18. ↑ Page=116
  19. ↑ Page 116
  20. ↑ Page ?

Bernard Blandre, Les TĂ©moins de JĂ©hovah, Éditions Brepols, 1991 (ISBN 9782503500645) 

  1. ↑ Pages 33-47, pour cette section
  2. ↑ Pages 143-145 et annexe page 195
  3. ↑ Pages 154-155

Bernard Blandre, Les TĂ©moins de JĂ©hovah, un siĂšcle d'histoire, Éditions DesclĂ©e de Brouwer, 1987 (ISBN 9782220026404) 

  1. ↑ Page 43- Blandre rappelle les discours de Johnson et Mc Millan prĂ©disant l'enlĂšvement des saints pour octobre. Selon lui, Russell commença Ă  nuancer ses propos dĂšs 1912, ce qui lui permit de conserver son influence sur les Étudiants de la Bible
  2. ↑ Page 66
  3. ↑ Pages 78-80
  4. ↑ Pages 96-97 et 103-104. A partir de 1972, on voulut obliger les TĂ©moins de JĂ©hovah Ă  acheter la carte du parti unique, le Malawi Congress Party ; le refus de nombre d'entre eux leur valut d'ĂȘtre torturĂ©s.
  5. ↑ Page 114
  6. ↑ Page 113 (Ă  vĂ©rifier)
  7. ↑ Pages 102-103
  8. ↑ Postface de RĂ©gis Dericquebourg, pages 139-140
  9. ↑ Postface de RĂ©gis Dericquebourg, page 133

FrĂ©dĂ©ric Lenoir et Nathalie Luca, Sectes - Mensonges et idĂ©aux, Bayard Éditions, 1998 

  1. ↑ Pages 48-49
  2. ↑ (pages 26,27) Pour Nathalie Luca, ethnologue et chercheur au CNRS, et FrĂ©dĂ©ric Lenoir, philosophe et sociologue, les TĂ©moins de JĂ©hovah sont bien chrĂ©tiens  :
    « MĂȘme si les particularitĂ©s de leur thĂ©ologie amĂšnent catholiques et protestants Ă  considĂ©rer les TĂ©moins comme Ă©tant Ă  la marge du dogme chrĂ©tien, leurs volontĂ© et agissements sont en tout point caractĂ©ristiques de la dĂ©finition webero-troeltschienne de la secte. Comme les autres sectes chrĂ©tiennes, celle des TĂ©moins de JĂ©hovah est nĂ©e de la conviction que le christianisme s'Ă©tait dĂ©tournĂ© de sa voie et qu'il fallait revenir au temps des premiers chrĂ©tiens. Leur communautĂ© s'est organisĂ©e selon les lois bibliques qu'elle dĂ©chiffrait et auxquelles les convertis se pliaient quel qu'en soit le prix [...] Cependant les sectes de ce type se battent uniquement au nom de leurs convictions religieuses et dans un souci permanent de rester fidĂšles Ă  l'image qu'elles se font des premiers chrĂ©tiens. Â»
  3. ↑ a , b  et c  Pages 36, 37 :
    « Certains ne manqueront pas de nous reprocher de faire entrer les TĂ©moins dans cette catĂ©gorie des sectes traditionnelles de terrain chrĂ©tien et non dans la catĂ©gorie des « nouvelles sectes Â» qui se dĂ©finissent principalement par le mensonge et la dangerositĂ©. Pour avoir Ă©tudiĂ© en profondeur ce mouvement, il est clair pour nous que les TĂ©moins de JĂ©hovah sont de nature trĂšs diffĂ©rente de ces nouvelles sectes. Ils affichent clairement leurs objectifs rĂ©els, l'argent sert Ă  construire des lieux de culte et non Ă  enrichir quelques nababs, le pouvoir est collĂ©gial et n'est pas entre les mains d'un gourou tout-puissant, etc. Cela ne signifie pas pour autant que ce groupe ne prĂ©sente aucune dangerositĂ©. Â»
  4. ↑ Page 57.
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