Tadjikistan

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Tadjikistan
“∂—É–ľ“≥—É—Ä–ł–ł –Ę–ĺ“∑–ł–ļ–ł—Ā—ā–ĺ–Ĺ (tg)
Jumhurii Tojikiston (tg)
République du Tadjikistan (fr)
Drapeau du Tadjikistan Armoiries du Tadjikistan
(Drapeau du Tadjikistan) (Armoiries du Tadjikistan)
Devise nationale : aucune
carte
Langue officielle Tadjik, Russe (langue de communication interethnique)
Capitale Douchanbé
38¬į33‚Ä≤N, 68¬į48‚Ä≤E
Plus grande ville Douchanbé
Forme de l‚Äô√Čtat R√©publique
 - Pr√©sident
 - Premier ministre
Emomalii Rahmon
Oqil Oqilov
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 92e
143 100 km2
0,3 %
Population
 - Totale (2011)
 - Densit√©
Classé 94e
7 627 200[1] hab.
50 hab./km2
Indépendance
 - Fin de l'URSS
 
9 septembre 1991
Gentilé Tadjik
IDH (2006) en diminution 0,684 (moyen) (124e)
Monnaie Somoni (TJS)
Fuseau horaire UTC +5
Hymne national Surudi milli
Code ISO 3166-1 TJK, TJ
Domaine internet .tj
Indicatif
téléphonique
+992


Le Tadjikistan, en forme longue la R√©publique du Tadjikistan ou la R√©publique de Tadjikistan, en tadjik Tojikiston, –Ę–ĺ“∑–ł–ļ–ł—Ā—ā–ĺ–Ĺ et Jumhurii Tojikiston, “∂—É–ľ“≥—É—Ä–ł–ł –Ę–ĺ“∑–ł–ļ–ł—Ā—ā–ĺ–Ĺ, est un pays montagneux d'Asie centrale, sans acc√®s √† la mer. Sa capitale est Douchanb√©. Il est limitrophe de l'Afghanistan au sud, de la Chine √† l'est, du Kirghizistan au nord et de l'Ouzb√©kistan √† l'ouest. C'est le seul √Čtat issu de l'ancienne Asie centrale sovi√©tique o√Ļ la langue dominante n'est pas une langue turque mais iranienne, le tadjik. Les Tadjiks, qui forment le groupe ethnique majoritaire (72 % de la population), appartiennent √† la famille des peuples iraniens.

Les fronti√®res actuelles du Tadjikistan remontent √† la cr√©ation de la R√©publique socialiste sovi√©tique du Tadjikistan en 1924 au sein de l'Union sovi√©tique. L'√©clatement de l'URSS en 1991 entra√ģna la naissance de l'√Čtat tadjik ind√©pendant. La guerre civile qui s'ensuivit dura jusqu'en 1997. Aujourd'hui encore, les cons√©quences en sont sensibles, et le Tadjikistan reste l'√Čtat le plus pauvre de l'ex-URSS, malgr√© une croissance soutenue.

Sommaire

Histoire

Article d√©taill√© : Histoire du Tadjikistan.

Antiquité

Dans l'Antiquit√©, le territoire de l'actuel Tadjikistan appartint aux principaux empires qui se succ√©d√®rent entre le Moyen-Orient, l'Asie centrale et l'Inde, tels la Perse Ach√©m√©nides, l'Empire d'Alexandre le Grand, ses successeurs s√©leucides, puis le royaume gr√©co-bactrien. Comme dans toute l'Asie centrale, les influences culturelles et religieuses furent multiples, entre le zoroastrisme persan, les cultes hell√©nistiques, ou le bouddhisme venu d'Inde ou de Chine. Au premier si√®cle de notre √®re, il fut absorb√© dans l'Empire kouchan ; au Ve si√®cle, il √©tait sous la domination des Hephtalites ou Shvetah√Ľna. Ces nomades furent eux-m√™mes remplac√©s par des groupes turcs, avant que les invasions arabes, au VIIIe si√®cle, n'entra√ģnent la conversion de la majeure partie de la population √† l'Islam.

Les Samanides

Monument √† Ismo√Įl Samani, √† Douchanb√©

L'Empire des Samanides fut le premier √Čtat persan ind√©pendant √† se reformer apr√®s la conqu√™te de la r√©gion par les Arabes. Fond√© par Ismo√Įl Samani, d'o√Ļ son nom, il avait pour capitale la ville de Boukhara, dans l'actuel Ouzb√©kistan, et s'√©tendait du Khorasan, en Iran, aux limites orientales du Tadjikistan et de l'Afghanistan. Les Tadjiks consid√®rent cet empire comme leur premi√®re structure √©tatique, d'o√Ļ ils tirent le nom de leur monnaie, le somoni. La culture tadjike, ou persane d'Asie centrale, se d√©veloppa dans les florissantes cit√©s de Boukhara et Samarcande : en t√©moignent les po√®tes Rudaki et Ferdows√ģ ou le philosophe et savant Avicenne.

L'√Čtat samanide succomba en 999 aux assauts des tribus turques d'Asie centrale, notamment les Qarakhanides. Les si√®cles suivants, la r√©gion subit les conqu√™tes de Gengis Khan et Tamerlan, puis se stabilisa sous la domination du Khanat de Boukhara, gouvern√© par des dynasties turco-ouzb√®kes. Les montagnes tadjiks, notamment le Pamir, √©taient fr√©quemment travers√©es par les caravanes de la Route de la Soie, dont l'exp√©dition de Marco Polo. La langue et la culture persanes continuaient de dominer les cit√©s d'Asie centrale malgr√© la domination politique turque, contribuant √† pr√©server l'identit√© ethnique tadjike, comme on appelait d√©sormais les Persans de cette r√©gion.

Colonisation russe

La deuxi√®me moiti√© du XIXe si√®cle vit le Tadjikistan, avec le reste de l'Asie Centrale, entrer dans le cadre du Grand Jeu, la rivalit√© coloniale entre les Empires russes et britanniques. D√®s 1868, les troupes russes occupaient Khodjent, la principale ville du nord, porte de la fertile vall√©e de Ferghana. La chute des khanats de Kokand et Boukhara entre 1873 et 1876 entra√ģna la colonisation d'un vaste territoire, plac√© sous protectorat. La conqu√™te fut parachev√©e en 1895 par l'annexion des principaut√©s du Pamir. La vall√©e du Pandj, √† la limite du Tadjikistan et de l'Afghanistan, marqua d√®s lors la limite sud de l'influence russe.

Les R√©volutions russes de 1917 entra√ģn√®rent en Asie centrale comme dans le reste de la Russie une f√©roce guerre civile. La r√©sistance aux Bolcheviks fut surtout le fait des populations turcophones, derri√®re le dernier √©mir de Boukhara, lib√©r√© du protectorat tsariste, puis au sein de la r√©volte Basmatchi, qui persista tout au long des ann√©es 1920 malgr√© une violente r√©pression sovi√©tique.

Tadjikistan soviétique

La R√©publique du Tadjikistan fut cr√©√©e en 1924 avec le statut de r√©publique socialiste sovi√©tique autonome incluse dans l'Ouzb√©kistan, elle devient R√©publique socialiste sovi√©tique √† part enti√®re en 1929. Sa cr√©ation s'inscrivait dans le d√©coupage de l'Asie centrale par Staline en r√©publiques ethniques aux fronti√®res tortueuses, alors m√™me que les diff√©rentes nationalit√©s, notamment Ouzbeks et Tadjiks, vivaient c√īte √† c√īte depuis des si√®cles dans les villes ou la vall√©e de Ferghana. Les grandes villes de Samarkand et Boukhara, qui √©taient peupl√©es majoritairement de Tadjiks, furent ainsi donn√©es √† l'Ouzb√©kistan, et nombre de leurs habitants persanophones furent contraints de souscrire √† leur nouvelle "identit√©" ouzb√®ke ou d'√©migrer dans la nouvelle r√©publique tadjike.

Comme les autres r√©publiques d'Asie centrale, le Tadjikistan sovi√©tique fut gouvern√© par l'appareil local du Parti Communiste, √† la t√™te duquel alternaient Tadjiks et Russes. L'immigration russe vers la R√©publique fut cons√©quente : entre 1926 et 1959, la proportion de Russes dans la population de la r√©publique passa de moins de 1% √† 13%[2]. Le Tadjikistan demeura la r√©publique la plus pauvre de l'Union, celle o√Ļ le taux d'√©pargne[3] et la proportion d'√©tudiants au sein d'une classe d'√Ęge[4] √©taient les plus faibles, t√©moignant d'un retard de d√©veloppement pourtant ni√© par les autorit√©s sovi√©tiques.

Tadjikistan indépendant

Article connexe : Guerre civile du Tadjikistan.

La Perestro√Įka, engag√©e en URSS √† partir de 1985, n'entra√ģna de bouleversements majeurs au Tadjikistan qu'√† partir de 1990. Suite √† des √©meutes √† Douchanb√©, la r√©publique proclama sa souverainet√© le 24 ao√Ľt 1990. Le 9 septembre 1991, le pr√©sident du Parlement, Qadriddin Aslonov, qui avait interdit les activit√©s du Parti communiste, fit proclamer l'ind√©pendance, mais fut renvers√© d√®s le 23 septembre par le conservateur Rakhmon Nabiyev, ancien secr√©taire g√©n√©ral du Parti. Les troubles qui s'ensuivirent s'intensifi√®rent apr√®s l'√©lection de Nabiyev √† la pr√©sidence le 24 novembre, jusqu'au d√©veloppement d'une guerre civile entre partisans du gouvernement post-communiste, soutenus par Moscou, et une opposition vari√©e, allant de d√©mocrates lib√©raux √† des groupes islamistes, en passant par une s√©rie d'organisations repr√©sentant certains groupes ethniques ou r√©gionaux. Les troupes russes, notamment des gardes-fronti√®res, particip√®rent aux affrontements, tandis que les civils russes ont fui en masse la guerre et la mis√®re grandissante.

D√®s septembre 1992, Nabiyev, captur√© par l'opposition, fut contraint de se retirer du jeu politique, et le Pr√©sident du Parlement, Emomalii Rahmon, le rempla√ßa √† la t√™te du pays et de la faction gouvernementale. Rahmon lui apportait le soutien des milices de sa r√©gion natale de Kulob, dans le sud. La guerre se prolongea jusqu'en 1997, sans qu'aucun camp ne parvienne √† l'emporter, et fit pr√®s de 50 000 morts. La paix, conclue sous l'√©gide des Nations unies et de la Russie, consacra le pouvoir de Rahmon, qui fut r√©√©lu pr√©sident en 1999, puis en 2006, avec 99%, puis 79% des suffrages.

La persistance de la guerre en Afghanistan p√®se sur le Tadjikistan. Ahmed Chah Massoud, l'un des chefs de la lutte contre les talibans, assassin√© en 2001, appartenait √† l'ethnie tadjike, qui constitue plus de 30 % de la population afghane. Avec l'Iran et la Russie, le Tadjikistan √©tait, avant le 11 septembre 2001, l'un des principaux soutiens de l'Alliance du Nord[5].

Lors de l'invasion de l'Afghanistan en 2001, le gouvernement tadjike autorisa l'emploi de bases a√©riennes √† des fins de r√©approvisionnement de fuel sur son sol aux forces de l'OTAN ; aucune pr√©sence militaire am√©ricaine n'y a cependant √©t√© install√©e (celle-ci √©tait situ√©e dans la base a√©rienne de Manas, au Kirghizistan, et √† Karshi-Khanabad (en), en Ouzb√©kistan). En revanche, la France avait en 2005 pr√®s de 200 soldats √† Douchanb√©[6]. De plus, le gouvernement tadjik autorise les √Čtats-Unis et l'OTAN √† utiliser des routes tadjikes pour approvisionner, en mat√©riel non militaire, la Coalition en Afghanistan[7].

Par ailleurs, depuis 2004, une base indienne, la Farkhor Air Base (en), est pr√©sente sur le territoire national. La Russie poss√®de aussi, depuis 2005, sa 201e base militaire pr√®s de Douchanb√©, mais sa pr√©sence militaire (5 000 hommes de l'infanterie motoris√©e), qui visait √† aider les garde-fronti√®res tadjikes, faisait l'objet de n√©gociations en 2009[8].

Le 21 mars 2009, le trait√© de Semipalatinsk instituant une zone exempte d'armes nucl√©aires en Asie centrale est entr√© en vigueur.

Le pays reste d'autre part expos√© √† la violence de groupes islamistes et au trafic de drogue depuis l'Afghanistan : sa pauvret√© l'oblige dans ces domaines √† collaborer avec la communaut√© internationale, l'assistance russe ne suffisant d√©sormais plus.

Politique

Le Président tadjik, Emomalii Rahmon
Article d√©taill√© : Politique du Tadjikistan.

Institutions

Le cadre constitutionnel est celui d'une république présidentielle. Le Président est élu au suffrage universel pour un mandat de sept ans, renouvelable une fois seulement. Le Premier Ministre est nommé par le Président. Le conseil des ministres est nommé par le Président, approuvé par le Parlement[9].

Président Emomalii Rahmon HDKT 6 novembre 1994
Premier ministre Oqil Oqilov HDKT 20 janvier 1999

Le Parlement, ou Assembl√©e Supr√™me, est constitu√© de deux chambres :

  • la chambre basse, appel√©e Majilisi Namoyandagon, Assembl√©e des repr√©sentants, constitu√© de 63 membres √©lus pour cinq ans.
  • la chambre haute, appel√©e Majlisi Oli, Assembl√©e nationale, constitu√©e de 33 membres √©lus pour cinq ans.

Vie politique

La vie politique du Tadjikistan reste marquée par le souvenir de la guerre civile qui opposa factions politiques et régionales entre 1992 et 1997. Certains observateurs expliquent par ce traumatisme la relative passivité politique de la population, qui préfère la stabilité actuelle à des promesses de changement toujours risquées[10].

Le parti du pouvoir, le Parti démocratique populaire du Tadjikistan (HDKT) détient une large majorité dans les deux chambres. Cependant, de manière exceptionnelle en Asie centrale, l'opposition a une présence au Parlement (quatre députés du Parti Communiste, deux députés du Parti de la Renaissance Islamique), ce qui conduit parfois à des débats agités entre factions. Les observateurs internationaux ont néanmoins jugé que les dernières élections législatives, en 2005, ont été marquées par la corruption et la manipulation des résultats. Les principaux partis d'opposition ont en revanche boycotté les dernières élections présidentielles, en 2006, accusant le pouvoir de préparer des falsifications massives. Emomalii Rahmon fut réélu avec 79,3% des suffrages.

Droits de l'homme

Le respect des droits de l'homme par le pouvoir reste sujet √† caution. La libert√© de la presse et le droit √† un proc√®s √©quitable sont mal assur√©s. La violence des forces de s√©curit√© est difficilement contr√īlable, et des cas de torture ont √©t√© d√©nonc√©s. L'√©tat des prisons semble d√©plorable. Enfin, les droits sociaux et √©conomiques des Tadjiks ont √©t√© encore r√©duits par la paup√©risation de la soci√©t√© depuis l'ind√©pendance : travail des enfants, travail forc√©, discriminations et violences envers les femmes sont monnaie courante. Enfin, les minorit√©s religieuses (juifs, protestants), semblent avoir √©t√© victimes de mesures discriminatoires et de destruction de leurs lieux de culte[11].

Politique étrangère

La politique étrangère du Tadjikistan est dominée par les problèmes de l'Afghanistan voisin, les risques de contagion qu'ils impliquent, du trafic de drogue à l'islamisme armé, et la nécessité conséquente de coopération internationale. Le Tadjikistan participe à de nombreuses organisations internationales, et reçoit un volume important d'aide. Il est resté proche de la Russie au sein de la CEI, mais développe les relations avec d'autres puissances régionales, telles la Chine, avec qui un conflit de délimitation des frontières fut résolu par un accord en 2002, et l'Iran, dont le Tadjikistan soutient la candidature à l'Organisation de coopération de Shanghai. Le Tadjikistan est aussi membre de l'OSCE, qui soutient divers programmes humanitaires et de réformes démocratiques dans le pays.

Subdivisions

Provinces du Tadjikistan
Article d√©taill√© : Subdivisions du Tadjikistan.

Le Tadjikistan est divisé en deux provinces (viloyat, pluriel viloyatho), une province autonome (viloyati mukhtor), et une Région de subordination républicaine, province administrée par le pouvoir central.

Chaque province est divisée en districts, eux-mêmes subdivisés en jamoats, puis en villages.

En outre, la capitale Douchanbé, quoiqu'environnée de partout par la Région de subordination républicaine, constitue une unité administrative ad hoc ne relevant d'aucune province.

Numéro Province ISO 3166-2 Chef-lieu Superficie
(km²)
Pop. (2008)
1 Sughd TJ-SU Khodjent 25 400 2 132 100
2 R√©gion de subordination r√©publicaine TJ-RR Vahdat 28 600 1 606 900
Douchanb√© (ville ind√©pendante) TJ-RR Douchanb√© 100 679 400
3 Khatlon TJ-KT Qurghonteppa 24 800 2 579 300
4 Haut-Badakhchan (province autonome) TJ-BG Khorugh 64 200 218 000

Géographie

Carte du Tadjikistan
Vue satellite du Tadjikistan
Article d√©taill√© : G√©ographie du Tadjikistan.

Le Tadjikistan est un pays enclav√©, sans acc√®s √† la mer, et le plus petit pays de l‚ÄôAsie centrale par sa superficie. 93 % du territoire tadjik est constitu√© de montagnes, et plus de la moiti√© du territoire a une altitude sup√©rieure √† 3 000 m. Son point culminant est le Pic Ismail Samani, ancien Pic Staline, puis Pic du Communisme, √† 7 495 m.

Le climat du Tadjikistan est continental, les temp√©ratures connaissent d'importantes fluctuations saisonni√®res. En janvier, la temp√©rature varie en moyenne de +2 ¬įC √† -2 ¬įC dans les vall√©es du sud-ouest et du nord et descend jusqu'√† -20 ¬įC sur les hauts plateaux du Pamir. Les maximales de juillet oscillent de 10 ¬įC √† 15 ¬įC dans le Pamir, 25 ¬įC √† 30 ¬įC dans les vall√©es. Le minimum absolu relev√© est de -63 ¬įC dans le Pamir (Boulounkoul) et le maximum de 48 ¬įC √† Pyandj-Bas.

Le Pic Ismail Samani, point culminant du Tadjikistan

Les uniques zones non montagneuses du territoire tadjike se situent √† l'extr√©mit√© nord du pays, qui se rattache √† l'important bassin de Fergana, et au sud-ouest, dans le bassin de l'Amou-Daria. Le centre du pays est domin√© par de grandes cha√ģnes de montagnes d'orientation est-ouest, notamment les Monts Ala√Į, qui emp√™chent en hiver les communications terrestres entre la capitale, Douchanb√©, et le nord. √Ä l'est du pays, la r√©gion du Haut-Badakhchan est constitu√©e de hauts plateaux de type tib√©tain, le Pamir, √† la lisi√®re nord duquel s'√©l√®vent les plus hauts pics. Les glaciers du Pamir sont la principale source d'eau de l'Asie centrale, et alimentaient largement la mer d'Aral, par les deux fleuves du Syr-Daria et de l'Amou-Daria, avant le d√©veloppement outr√© de la culture intensive du coton dans leur bassin √† l'√©poque sovi√©tique.

La culture du coton, très présente au Tadjikistan, est à la source de la plupart des problèmes écologiques actuels du pays. Outre la désertification induite par le gaspillage massif de l'eau dans cette culture, l'emploi de pesticides tels le DDT et d'engrais chimiques a exposé la population agricole à de fortes toxicités, dont les conséquences sanitaires sont toujours présentes.

√Čconomie

Article d√©taill√© : √Čconomie du Tadjikistan.

Vue d'ensemble

Un jeune homme vendant des fruits secs dans un marché tadjik

Lors de l'ind√©pendance, le Tadjikistan √©tait d√©j√† le pays le plus pauvre de l'ex-URSS, et suite √† la guerre civile de 1992-1997, il √©tait m√™me l'un des pays les plus pauvres au monde. Les sources de revenu, li√©es √† l'exportation du coton et de l'aluminium, sont pr√©caires et rendent l'√©conomie vuln√©rable aux cours du march√©. En 2000 encore, l'aide internationale restait essentielle, notamment pour soutenir les programmes de ¬ę r√©habilitation ¬Ľ, dont le but est de r√©int√©grer d'anciens combattants de la guerre civile dans la soci√©t√©. Elle a √©galement √©t√© n√©cessaire pour limiter la chute de la production de nourriture, cons√©quence d'une seconde ann√©e de s√©cheresse. En ao√Ľt 2001, la Croix-Rouge a annonc√© le d√©but d'une famine au Tadjikistan, et appel√© √† une aide internationale, risque √† nouveau √©voqu√© au printemps 2008.

L'√©conomie du Tadjikistan s'est pourtant consid√©rablement redress√©e depuis la guerre civile. Selon la Banque mondiale, le PIB a augment√© en moyenne de 9,6 % par an entre 2000 et 2004, ce qui a permis au Tadjikistan d'am√©liorer sa position √©conomique par rapport √† d'autres pays d'Asie centrale comme le Turkm√©nistan et l'Ouzb√©kistan, pays riches en hydrocarbures dont les √©conomies connaissent une moindre croissance. Il reste pourtant un pays tr√®s pauvre. En 2008, suivant le FMI, la valeur du PIB par habitant en parit√© de pouvoir d'achat serait d'environ 2 000 $[12], ce qui en fait le 145e √Čtat au monde suivant ce classement. 20 % de la population vivrait sous le seuil de pauvret√© absolu d'1,25 $ par jour[13]. Enfin, pr√®s de 40% du PNB proviendrait, en 2009, d'envois de fonds d'√©migr√©s tadjiks. Une loi de 2009 donne un r√īle sp√©cifique √† l'√©cole han√©fite du fikh musulman, consid√©r√© comme plus mod√©r√©e que d'autres[14].

Situation énergétique

L'un des atouts √©conomiques du Tadjikistan est son important potentiel hydro√©lectrique, qui d√©coule du relief extr√™mement montagneux du pays. Le barrage de Nourek, construit dans les ann√©es 1970, est le plus haut barrage √©lectrique au monde. Le potentiel reste actuellement sous-exploit√©. Les principaux producteurs d'√©lectricit√© de la r√©gion, du russe UES aux producteurs chinois ou iraniens, investissent lourdement dans de nouveaux projets de barrages g√©ants, tel celui de Rogn, qui pourrait d√©passer les 300 m de hauteur.

Le réseau d'approvisionnement électrique est cependant vétuste, ce qui provoque régulièrement des pénuries d'électricité et de chauffage public jusque dans la capitale. La corruption est aussi en cause, une importante quantité d'électricité aurait ainsi été secrètement détournée vers l'Ouzbékistan voisin, affaire plus rentable que l'approvisionnement de la population à des prix règlementés[15].

Productions majeures

L'abondance d'énergie hydroélectrique a permis dès l'époque soviétique le développement d'une industrie de l'aluminium, très exigeante en électricité. Toutefois, la matière première, l'alumine, doit être importée, ce qui diminue la valeur ajoutée des exportations. Le producteur national, Talco, reste cependant un poids lourd du secteur au niveau mondial.

La production de coton est l'autre source de revenus majeure du Tadjikistan et fait vivre une grande partie de la population. Elle occupe encore plus du tiers des terres agricoles, la privatisation des fermes est extrêmement lente. Seuls 20% du coton produit est traité par l'industrie textile nationale, le reste est exporté brut. L'équilibre alimentaire n'est pas assuré par l'agriculture nationale, qui doit être complétée par des importations de céréales du Kazakhstan et d'Ouzbékistan.

L'industrie l√©g√®re et les services constituent une part essentielle de la croissance de la d√©cennie 2000 et repr√©sentent l'essentiel du jeune secteur priv√© de l'√©conomie, avec le b√Ętiment. Le secteur bancaire reste sous-d√©velopp√© : seuls 10% du capital passerait par le syst√®me bancaire, auquel les PME n'ont presque jamais recours pour leur financement[16].

Une émigration économique massive

L'économie souterraine

Démographie

√Čvolution de la d√©mographie entre 1992 et 2003 d'apr√®s la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Article d√©taill√© : D√©mographie du Tadjikistan.

En janvier 2008, la population du Tadjikistan √©tait estim√©e √† 7 215 700 habitants. De d√©but 2008 √† fin 2009, plus de 3 600 r√©fugi√©s afghans se sont exil√©s au Tadjikistan[14].

Pr√®s d'un million de Tadjiks, surtout de jeunes hommes, travaillent √† l'√©tranger en 2009, surtout en Russie, m√™me si la crise √©conomique a entra√ģn√© une importante vague de retour.

Les statistiques officielles comptaient en 2000 plus de 100 000 personnes handicap√©es. Ce chiffre √©lev√© est notamment le fruit des ann√©es de guerre civile durant la d√©cennie 1990. La Banque mondiale collabore avec le gouvernement tadjik pour la mise en place de programmes de soutien et de r√©insertion visant cette cat√©gorie de la population.

Transport

A bridge being built as part of the widening and improvement of the road between Dushanbe and Khujand in Tajikistan using Chinese labor and equipment.
Des travailleurs chinois construisent un pont sur la route Douchanbé-Khodjent

Le syst√®me de transport du Tadjikistan remonte essentiellement √† l'√©poque sovi√©tique. Il s'est largement d√©t√©rior√© √† la suite de la guerre civile et de la d√©t√©rioration de l'√©conomie. Depuis 2005, une s√©rie de grands projets visent √† d√©velopper une infrastructure convenable. La priorit√© est donn√©e aux liaisons entre Douchanb√© et le nord, notoirement insuffisantes : un maillon important de cette route, le tunnel d'Anzob, fut inaugur√© d√®s juillet 2006.

La Route du Pamir, qui traverse les hauts-plateaux depuis Khorugh, sur la fronti√®re afghane, jusqu'√† la fronti√®re kirghize, au nord du lac Kara-Kul, est √† nouveau entretenue. Une liaison routi√®re entre Murgab, au cŇďur du Pamir, et la Chine, fut inaugur√©e d√®s 2004[17].

Le r√©seau ferroviaire est peu d√©velopp√© mais int√©gr√© √† l'ancien r√©seau sovi√©tique. 480 km de voies √† large gauge relient les principaux centres de l'ouest du pays √† l'Ouzb√©kistan voisin.

Le transport a√©rien reste peu d√©velopp√©. La compagnie nationale Tajik Air conna√ģt d√©sormais la concurrence de petites compagnies priv√©es.

√Čducation

18,2 % de d√©penses du gouvernement de la p√©riode 2000-2007 √©taient pour l'√©ducation[18]. L'enseignement primaire est obligatoire[19]. N√©anmoins, un quart des filles ne finit pas l'enseignement primaire[19].

Religion

Environ 95% de la population est musulmane (90% de sunnites et 5% d'isma√©liens). Le reste est compos√© principalement des minorit√©s baha√Įes et chr√©tiennes[14].

Culture

Article d√©taill√© : Culture du Tadjikistan.
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
21 mars Solstice du printemps
Navrouz Initialement nouvel an zoroastrien

La langue officielle du Tadjikistan est le tadjik, de la famille des langues indo-européennes, du groupe des langues iraniennes ou persanes.

Santé

Esp√©rance de vie : 64,94 ans (en 2006)
Esp√©rance de vie des hommes : 61,24 ans (en 2002)
Esp√©rance de vie des femmes : 67,46 ans (en 2002)
Taux de croissance de la pop. : 2,19 % (en 2006)
Taux de natalit√© : 32,65 ‚Äį (en 2006)
Taux de mortalit√© : 8,25 ‚Äį (en 2006)
Taux de mortalit√© infantile : 106,49 ‚Äį (en 2006)
Taux de f√©condit√© : 4,00 enfants/femme (en 2006)

Données statistiques

Population : 7 320 815 habitants (estimations janvier 2006). 0-14 ans : 40,4% ; 15-64 ans : 54,9 % ; + 65 ans : 4,7 %
Superficie : 143 100 km¬≤
Densit√© :51 hab./km2
Fronti√®res terrestres : 3 651 km (Afghanistan 1 206 km, Chine 414 km, Kirghizistan 870 km, Ouzb√©kistan 1 161 km)
Littoral : 0 km
Extr√©mit√©s d'altitude : 300 m > 7 495 m
Taux de migration : -3,27 ‚Äį (en 2002)
Ind√©pendance : 9 septembre 1991
Lignes de t√©l√©phone : 242,100 (en 2003)
T√©l√©phones portables : 47,600 (en 2003)
Postes de radio : 1,291 million (en 1991)
Postes de t√©l√©vision : 820 000 (en 1997)
Utilisateurs d'Internet : 5 000 (en 2002)
Nombre de fournisseurs d'acc√®s Internet : 4 (en 2002)
Routes : 29 900 km : 21 400 km pav√©es (y compris cailloux tass√©s) - 8 500 km terre (en 1990)
Voies ferr√©es : 482 km (2001)
Voies navigables : 0 km
Nombre d'a√©roports : 2 (en 2001)

Codes

Le Tadjikistan a pour codes :

Notes et références

  1. ‚ÜĎ (en) Central Intelligence Agency, The World Factbook, 2011
  2. ‚ÜĎ Tajikistan - Ethnic Groups, U.S. Library of Congress
  3. ‚ÜĎ Boris Rumer, Soviet Central Asia: A Tragic Experiment, Unwin Hyman, London, 1989, p. 126.
  4. ‚ÜĎ Statistical Yearbook of the USSR 1990, Goskomstat, Moscow, 1991, p. 210.
  5. ‚ÜĎ (en) Afghanistan's Northern Alliance, BBC, 19 septembre 2001
  6. ‚ÜĎ Lionel Beehner, ASIA: U.S. Military Bases in Central Asia, Council on Foreign Relations, 26 juillet 2005
  7. ‚ÜĎ Rayhan Demytrie, Tajikistan agrees US supply route, BBC, 21 avril 2009
  8. ‚ÜĎ Tajikistan wants Russia to pay for military base, RIA Novosti, 30 juillet 2009
  9. ‚ÜĎ E-Notes (CIA)
  10. ‚ÜĎ Greenberg, Ilan, "Media Muzzled and Opponents Jailed, Tajikistan Readies for Vote," The New York Times, 4 novembre 2006
  11. ‚ÜĎ Rapport 2008 d'Amnesty International
  12. ‚ÜĎ http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2009/01/weodata/weorept.aspx?sy=2008&ey=2008&sort=country&ds=.&br=1&pr1.x=71&pr1.y=15&c=923&s=PPPPC&grp=0&a=
  13. ‚ÜĎ UNDP: Human development indices - Table 3: Human and income poverty (Population living below national poverty line (2000-2007))
  14. ‚ÜĎ a, b et c Isabel Gorst, Afghans fleeing Taliban are flooding Tajikistan, Washington Post, 17 d√©cembre 2009
  15. ‚ÜĎ http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/IJ03Ag01.html
  16. ‚ÜĎ http://www.lfs-consulting.de/wp/wp13.pdf
  17. ‚ÜĎ http://www.cacianalyst.org/?q=node/2157 Analyse par l'Institut Asie centrale-Caucase
  18. ‚ÜĎ http://hdrstats.undp.org/en/countries/data_sheets/cty_ds_TJK.html
  19. ‚ÜĎ a et b http://www.unicef.org/media/media_27308.html

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

  • Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Le guide de l'Asie centrale : Kirghizistan, Ouzb√©kistan, Tadjikistan, Nouvelles √Čd. de l'Universit√©, Paris, 2001, 313 p.
  • Guillaume Henrard, G√©opolitique du Tadjikistan : Le nouveau grand jeu en Asie Centrale, Ellipses, 2000, 122 p. (ISBN 978-2-7298-0033-8)
  • Pavel Louknitski, Le Tadjikistan sovi√©tique, √Čd. en langues √©trang√®res, Moscou, 1954, 246 p.

Liens externes



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