Systèmes UNIX

ÔĽŅ
Systèmes UNIX

UNIX

UNIX (marque d√©pos√©e officiellement comme UNIX, parfois aussi √©crit comme Unix avec les petites capitalisations) est le nom d'un syst√®me d'exploitation multit√Ęche et multi-utilisateur cr√©√© en 1969, conceptuellement ouvert et fond√© sur une approche par laquelle il offre de nombreux petits outils chacun dot√©s d'une mission sp√©cifique. Il a donn√© naissance √† une famille de syst√®mes, dont les plus populaires en 2009 sont GNU/Linux, BSD et Mac OS X. On nomme ¬ę famille Unix ¬Ľ l'ensemble de ces syst√®mes. On dit encore qu'ils sont de ¬ę type Unix ¬Ľ et on les qualifie (en anglais, UNIX √©tant invariable en fran√ßais) d‚ÄôUnices. Il existe en date de 2008 un ensemble de standards r√©unis sous la norme POSIX qui vise √† unifier certains aspects de leur fonctionnement. Le nom UNIX d√©rive de Unics, un jeu de mot avec Multics, car contrairement √† ce dernier qui visait √† offrir simultan√©ment plusieurs services √† un ensemble d'utilisateurs, le syst√®me initial de Kenneth Thompson se voulait moins ambitieux et utilisable par une seule personne √† la fois avec des outils r√©alisant une seule t√Ęche[1].

Sommaire

Histoire

La genèse d'UNIX

En 1969, Ken Thompson qui travaille alors pour les laboratoires Bell d√©veloppa la premi√®re version d'un syst√®me d'exploitation mono-utilisateur sous le nom de New Ken's System. Il r√©alisa ce travail sur un mini-ordinateur PDP-7 (Programmed Data Processor) de marque DEC anim√© par GCOS[r√©f. n√©cessaire] et r√©digea le nouveau logiciel en langage d'assemblage. Le nom Unics fut sugg√©r√© par Brian Kernighan suite √† un jeu de mot ¬ę latin ¬Ľ avec Multics; ¬ę Multi- car Multics faisait la m√™me chose de plusieurs fa√ßons alors qu'Unics faisait chaque chose d'une seule fa√ßon ¬Ľ. Ce nom fut par la suite contract√© en Unix (pour au final √™tre d√©pos√© sous le nom UNIX par AT&T), cependant personne ne se souvient de qui est √† l'origine de la modification du ¬ę cs ¬Ľ en ¬ę x ¬Ľ.

Un décret datant de 1956 interdisait à l'entreprise AT&T, dont dépendait Bell Labs, de commercialiser autre chose que des équipements téléphoniques ou télégraphiques. C'est la raison pour laquelle la décision fut prise en 1973 de distribuer le système UNIX complet avec son code source dans les universités à des fins éducatives, moyennant l'acquisition d'une licence au prix très faible.

En 1971, conscient de la difficult√© que repr√©sente la maintenance d'un syst√®me √©crit en langage d'assemblage, Ken Thompson songea √† r√©√©crire UNIX en TMG, mais il trouva que le TMG n'offrait pas ce dont il avait besoin. Pendant une courte p√©riode il songea √† r√©√©crire UNIX en Fortran, mais finalement con√ßut le B avec l'aide de Dennis Ritchie (1969-1970), en s'inspirant du langage BCPL. Cependant UNIX ne fut jamais r√©√©crit en B ; le B ne supportait pas de ¬ę types ¬Ľ, toutes les variables √©taient de la m√™me taille que les mots (word) de l'architecture, l'arithm√©tique sur les flottants n'√©tait pas vraiment impl√©ment√©e ; de plus le compilateur B utilisait la technique du ¬ę threaded code ¬Ľ. C'est pourquoi Dennis Ritchie entreprit en 1971 le NB (New B), qui fut renomm√© en C, en commen√ßant par cr√©er des types.

Ken Thompson et Dennis Ritchie présentent le premier article sur UNIX au Symposium on Operating Systems Principles à l'Université de Purdue en 1973. Le professeur Bob Fabry de l'université de Californie Berkeley (UCB), alors dans l'auditoire, est immédiatement intéressé et en janvier 1974 Keith Standiford, étudiant de 2e cycle, installe la Version 4 à l'UCB, distribuée sur bande magnétique. Début 1975, Ken Thompson passe une année comme professeur invité à son alma mater, l'UCB. Avec Jeff Schriebman et Bob Kridle, ils mettent sur pied la Version 6. C'est à ce moment, qu'UNIX fut diffusé hors des laboratoires Bell.

À l'automne de cette année, Bill Joy et Chuck Haley, alors en 2e cycle, s'intéressent au nouveau système et implémentent l'éditeur en ligne ex en Pascal, et finissent par explorer le fonctionnement du noyau au moment du départ de Ken Thompson.

Le développement fut également rejoint par Alan Snyder, Steven C. Johnson, Michael Lesk dans cette période allant de 1973 à 1977. Au début de cette dernière année, Bill Joy réalise la première Berkeley Software Distribution.

Plus tard, avec l'arrivée de nouveaux terminaux, il écrit vi (l'éditeur visuel), une surcouche de ex. L'été 1978, la Second Berkeley Software Distribution ou 2BSD voit le jour. Puis en décembre 1979, Bill Joy distribue la 3BSD, la première qui supporte les ordinateurs VAX de DEC. Unix atteint alors sa version 7, son évolution s'accompagnant de nombreuses modifications notables telles que l'extension à 2 Go de la taille maximale d'un fichier, l'ajout de plusieurs utilitaires, et surtout la portabilité du système. C'est à cette époque que le premier grand portage d'UNIX, la version 32/V, fut réalisé, sur un VAX 11/780.

L'expansion

Dès la fin de l'année 1977, des chercheurs de l'Université de Californie apportèrent de nombreuses améliorations au système UNIX fourni par AT&T et le distribuèrent sous le nom de Berkeley Software Distribution (ou BSD). Ainsi BSD fut par exemple le premier système UNIX à exploiter pleinement le mécanisme de mémoire virtuelle paginée du VAX 11/780.

Trois branches de d√©veloppement des sources virent le jour :

  • La branche de recherche d'AT&T qui d√©veloppa, toujours aux laboratoires Bell, jusqu'en 1990, les 8e, 9e et 10e √©ditions du syst√®me UNIX.
  • La branche commerciale d'AT&T qui d√©veloppa System III, puis quatre √©ditions de System V (System V, SVR2, SVR3, SVR4).
  • Berkeley Software Distribution d√©velopp√© par l'Universit√© de Californie, jusqu'en 1994.

Ces branches se sont mutuellement emprunt√©es du code et/ou des concepts. Ainsi :

chronologie et filliation des différents unix et apparentés
  • la 8e √©dition est issue de la version 4.1 BSD.
  • La version SVR3 a emprunt√© le concept des STREAMS √† la 8e √©dition.
  • La version SVR4 a int√©gr√© beaucoup de code de la version 4.3 BSD.
  • La version 4.4 BSD comporte une tr√®s petite quantit√© de code de la version SVR4.

Le r√īle de la DARPA

Lors de la publication de 3BSD en 1979 la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) prend connaissance des avanc√©es r√©alis√©es √† l'UCB. Ils ont l'intention d'utiliser UNIX pour leurs projets. En automne de cette m√™me ann√©e, Bob Fabry propose √† la DARPA une version augment√©e de 3BSD pour r√©pondre √† leurs besoins. Un contrat de 18 mois est sign√© en avril 1980, et Bob Fabry rassemble une √©quipe. Bill Joy, qui vient juste de passer sa soutenance de th√®se (doctorat), se propose de participer. Les versions se succ√®dent jusqu'√† 4.1BSD. Satisfaite, la DARPA signe pour deux ans suppl√©mentaires et le budget est presque multipli√© par cinq. Le nombre de personnes impliqu√©es cro√ģt vite. Le steering committee est form√© pour aider √† d√©finir l'√©volution du syst√®me.

Ce groupe se r√©unit deux fois par an entre avril 1981 et juin 1983, et comprend :

  • Bob Fabry, Bill Joy, Sam Leffler (UCB)
  • Alan Nemeth, Rob Gurwitzn, Beranek, Newman
  • Dennis Ritchie (Bell Laboratories)
  • Keith Lantz (Stanford University)
  • Rick Rashid (Carnegie-Mellon University)
  • Bert Halstead (Massachusetts Institute of Technology)
  • Dan Lynch (Information Sciences Institute)
  • Duane Adams, Bob Baker (DARPA)
  • Jerry Popek (University of California, Los Angeles)

À partir de 1984, ce sont des ateliers réunissant bien plus de personnes qui prennent le relai.

TCP/IP : la premi√®re impl√©mentation ou la naissance d'Internet

C'est Rob Gurwitz qui publie la premi√®re impl√©mentation des protocoles TCP/IP, les protocoles de l'Internet d'aujourd'hui. Bill Joy l'int√®gre au syst√®me et ajuste les performances. Cette impl√©mentation est consid√©r√©e par beaucoup comme l'impl√©mentation de r√©f√©rence. Elle est reprise plus tard par Microsoft pour ses Windows gr√Ęce √† une license permissive.

Vers la fin de l'été 1982, Bill Joy annonce qu'il rejoint Sun Microsystems, alors Sam Leffler prend la responsabilité de faire aboutir le projet.

En ao√Ľt 1983, 4.2BSD est publi√©, Sam Leffler quitte l'UCB pour Lucasfilm et Mike Karels le remplace. 4.2BSD est alors tr√®s populaire et est plus vendue que toutes les autres distributions r√©unies, et que le System V d'AT&T, en particulier parce que ce dernier n'avait ni la communication par r√©seau ni le syst√®me de fichiers FFS (Berkeley fast filesystem)

À la conférence Usenix de 1985, 4.3BSD est annoncé. De nouvelles architectures matérielles apparaissent, et le noyau est scindé en parties dépendantes et indépendantes du matériel (4.3BSD-Tahoe).

De l'open Source au librement redistribuable

Jusqu'√† 4.3BSD-Tahoe, la licence AT&T restait valable sur les sources qui √©taient toujours distribu√©es. Les utilisateurs ne sont pas des utilisateurs passifs mais participent activement au d√©veloppement et am√©liorent progressivement le code original d'AT&T. La licence d'AT&T sur les sources √©tant devenue excessivement ch√®re, les derni√®res sources originales ont √©t√© nettoy√©es du code d'AT&T, et en juin 1989, la premi√®re BSD libre, la Networking Release 1 ou Net/1 est publi√©e. La licence est volontairement tr√®s lib√©rale : le logiciel peut √™tre redistribu√© ou vendu, avec ou sans modification des sources, ce sous forme binaire (compil√©e) ou non. Les notices de copyright dans les sources doivent √™tre laiss√©es intactes, et la documentation doit mentionner l'origine du code (l'UCB). Net/1 alors co√Ľte 1000 dollars √† l'UCB pour la bande magn√©tique qui le transporte, et est mis √† disposition par connexion FTP (file transfert protocol) anonyme (pas de mot de passe requis).

Le système de mémoire virtuelle du système d'exploitation MACH de l'université Carnegie-Mellon est importé, et 4.3BSD-Reno sort début 1990.

NetBSD, FreeBSD

Bill Jolitz à partir de Networking Release 2 publie 386/BSD, destiné à une architecture PC (386), mais est vite débordé quant à sa maintenance. Quelques mois après sa publication, des utilisateurs de 386BSD forment le groupe NetBSD, et rassemblent leurs ressources pour maintenir et améliorer ce système. Leurs objectifs sont alors de faire en sorte que NetBSD fonctionne sous n'importe quel matériel. Le public cible de NetBSD est des développeurs-administrateurs de haute technicité.

Encore quelques mois plus tard, le groupe FreeBSD se forme et d√©cide lui de se focaliser sur l'architecture PC. En d√©cembre 1993, gr√Ęce au soutien de Walnut Creek CDROM, FreeBSD 1.0 est publi√©.

Les UNIX propriétaires

D√®s 1977, AT&T mit les sources d'UNIX √† la disposition des autres entreprises, si bien qu'un grand nombre de d√©riv√©s d'UNIX furent d√©velopp√©s :

  • XENIX, fond√© sur la 7e √©dition d√©velopp√© en 1980 par Microsoft.
  • AIX, d√©velopp√© par IBM, dont la premi√®re version de 1986 fut bas√©e sur System V release 2.
  • Solaris, d√©velopp√© par Sun Microsystems, bas√© au d√©part sur BSD 4.1c en 1981, puis sur System V release 4 (SVR4).
  • HP-UX, fond√© sur System V, d√©velopp√© √† partir de 1986 par Hewlett-Packard
  • Ultrix, d√©velopp√© par DEC. La version Ultrix-11, destin√©e aux machines de la famille PDP-11, est bas√©e sur la 7e √©dition, avec des ajouts provenant de System V et de BSD. La version Ultrix-32, destin√©e aux machines de la famille VAX, est essentiellement fond√©e sur BSD.
  • IRIX, d√©velopp√© par SGI depuis 1986.
  • UnixWare, descendant de SVR4, d√©velopp√© par Novell puis revendu √† SCO Group.
  • SCO Group UNIX, fond√© sur XENIX et System V d√©velopp√© d√®s 1979 par Santa Cruz Operations et Hewlett-Packard.
  • Tru64, fond√© sur une version du micro-noyau Mach 2.5 r√©alis√©e par le consortium OSF (Open Software Foundation). Il a d'abord √©t√© d√©velopp√© sous le nom OSF/1 puis DEC UNIX par Digital Equipment Corporation, Compaq et enfin Hewlett Packard.
  • A/UX, un UNIX d√©velopp√© par Apple, compatible avec Mac OS.
  • Amiga Unix

En 1982, AT&T annonça le support de son produit, la version System III, qui constitue de ce fait sa première version commerciale d'UNIX. En 1983 suivit la version System V.

Minix, XINU et GNU/Linux

En 1985, un professeur américain domicilié aux Pays-Bas, Andrew S. Tanenbaum, développa un système d'exploitation minimal, baptisé Minix, afin d'enseigner les concepts des systèmes d'exploitation à ses étudiants. Un projet similaire nommé XINU (pour Xinu Is Not Unix) fit aussi son apparition dans les années 1980 sous la direction de Douglas Comer.

En 1991 un étudiant finlandais, Linus Torvalds, décida de concevoir, sur le modèle de Minix, un système d'exploitation capable de fonctionner sur les architectures à base de processeur Intel 80386. Le noyau, qui était alors au stade expérimental, devait être généré sur un système Minix.

Linus baptisa son syst√®me Freax et posta le message suivant sur le groupe de discussion comp.os.minix :

¬ę Hello everybody out there using minix - I'm doing a (free) operating system (just a hobby, won't be big and professional like gnu) for 386(486) AT clones. ¬Ľ

‚ÄĒ  [2]

Le nom de ¬ę Linux ¬Ľ vient en fait de la personne qui h√©bergeait le projet pour sa diffusion (version 0.0.1) et non d'un choix √©gocentrique de Linus. Il voulut un temps rebaptiser son syst√®me Freax, mais il √©tait trop tard, Linux s'√©tait d√©j√† impos√© aupr√®s des aficionados. Linux ne contient pas de code provenant d'UNIX, mais c'est un syst√®me inspir√© d'UNIX et compl√®tement r√©√©crit. D'autre part, Linux est un logiciel libre.

Linux lui même n'étant qu'un noyau, il utilise l'ensemble des logiciels du projet GNU pour faire un système d'exploitation complet.

Mac OS X

Unix est √† l'origine de Mac OS X, l'actuelle version du syst√®me d'exploitation d'Apple. Mac OS X est bas√© sur le m√™me noyau que MkLinux, Darwin, et XNU: un micro-noyau Mach. Toutefois, la couche Unix de Mac OS X n'est pas une personnalit√© du noyau Mach, l'int√©gration est plus subtile puisqu'elle s'apparente plut√īt √† une greffe de l'un sur l'autre.

En mai 2007, la version 10.5 (Leopard) de Mac OS X sur Intel a reçu la certification UNIX 03 du Open Group[3].

À l'heure actuelle

Voici un sch√©ma non exhaustif retra√ßant globalement l'apparition des principaux syst√®mes de type UNIX :

Unix history-simple.svg

L'incompatibilité grandissante entre les nombreuses variantes d'UNIX proposées par les différents éditeurs pour les différentes machines a fini par porter atteinte à la popularité d'UNIX. De nos jours, les systèmes UNIX propriétaires, longtemps majoritaires dans l'industrie et l'éducation, sont de moins en moins utilisés. En revanche, trois systèmes de type UNIX basés sur BSD (FreeBSD, NetBSD et OpenBSD) d'une part, et le système GNU/Linux, compatible UNIX, d'autre part, ainsi que Mac OS X (basé sur Darwin), occupent une part de marché de plus en plus importante.

Les procès

D√©but 1992, Unix System Laboratories (USL), composante d'AT&T charg√©e de d√©velopper et vendre Unix, commence √† poursuivre Berkeley Software Design, Incorporated (BSDI), mise en place pour d√©velopper et vendre une version commerciale. Le proc√®s n'aboutit pas comme le souhaitait USL qui lance alors un autre proc√®s contre BSDI et l'UCB. USL est vendu par AT&T √† Novell. En janvier 1994, un accord est trouv√© :

  • 2 fichiers sur 18 000 sont retir√©s de Net/2.
  • Un certain nombre de changements mineurs sont faits sur d'autres fichiers.
  • Une notice de copyright est ajout√©e √† environ 70 fichiers (qui restent librement distribuables).

En janvier 1995, FreeBSD 2.0 sort avec les nouveaux fichiers de Net/2, alors appelée 4.4BSD-Lite, et des éléments de 386BSD (figure 1).

Stations de travail et serveurs Unix

Seuls quelques grands constructeurs de stations de travail et de serveurs d√©veloppant des d√©riv√©s d'UNIX subsistent en 2007 :

Microsoft a possédé quelque temps les droits d'une version d'UNIX qui se nommait XENIX.

La philosophie des constructeurs de stations et serveurs UNIX a √©t√© au d√©part de d√©velopper un syst√®me d'exploitation pour pouvoir vendre leurs machines, en y ajoutant si possible un petit ¬ę plus ¬Ľ pour se d√©marquer de la concurrence. C'√©tait oublier que les parcs UNIX sont le plus souvent h√©t√©rog√®nes et que toute diff√©rence d'une machine √† l'autre, m√™me cr√©√©e avec la meilleure intention du monde, menace l'interop√©rabilit√© donc constitue un risque r√©el de contre-productivit√© car contraignent les informaticiens √† bricoler afin d'interconnecter les syst√®mes.

C'est une des raisons pour lesquelles nombre de ces constructeurs proposent désormais le système GNU/Linux avec leurs serveurs. Toutefois, si le noyau Linux est bien défini, le système Linux change sensiblement d'une distribution à l'autre, ce qui conduit à des dissemblances causant parfois des pertes de temps.

Ce problème se posait déjà jadis avec l'opposition entre UNIX System V et UNIX BSD, en particulier sur des gestions sensiblement différentes de l'impression et des signaux.

Les grands constructeurs telles que PSA, EADS, Dassault utilisent encore des stations sur Unix pour travailler sur la CAO, dans le but de garder une conpatibilité avec leur ancien logiciel de conception Catia V4.

Le système UNIX

Le syst√®me UNIX est multi-utilisateur et multit√Ęche, il permet donc √† un ordinateur mono ou multi-processeurs d'ex√©cuter apparemment simultan√©ment plusieurs programmes dans des zones prot√©g√©es appartenant chacune √† un utilisateur.

Le standard UNIX

Le grand nombre de syst√®mes UNIX d√©velopp√©s sur la base du System V de AT&T ou bien de BSD conduisit des membres du groupe d'utilisateurs /usr/group, qui a pris depuis le nom de UniForum, √† forger un standard UNIX d√®s 1981 afin d'assurer une portabilit√© maximale entre les diff√©rents syst√®mes :

  • en 1984 le groupe /usr/group publie POSIX, une s√©rie de standards d√©velopp√©s sous couvert de l'IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers). POSIX est ainsi √©galement connu sous le nom IEEE P1003.
  • En 1985, AT&T publie SVID (System V Interface Definition) d√©crivant le System V. Cette premi√®re d√©finition est diff√©rente de POSIX.
  • √Ä la m√™me √©poque, un consortium de constructeurs (Sun, IBM, HP, DEC, AT&T, Unisys, ICL, etc.) publie le standard X/Open Portability Guide Issue 3 (XPG3). Ce standard s'occupe tout particuli√®rement des diff√©rences issues de la localisation g√©ographique (date, alphabet, etc.).

Aspects techniques

Le noyau d'UNIX repose sur quatre concepts √©l√©mentaires : les fichiers, les processus, les IPC (communications inter-processus), et les droits d'acc√®s :

Fichiers

Le fichier est l'unit√© √©l√©mentaire de gestion de ressources sous UNIX. Un fichier sous UNIX n'est pas typ√©, ce qui veut dire que le syst√®me ne conna√ģt pas le format des donn√©es qu'il contient, et peut repr√©senter diff√©rentes ressources telles qu'une suite de caract√®res stock√©e sur un support physique, un p√©riph√©rique (disque dur, imprimante, d√©rouleur √† bandes, m√©moire, interface r√©seau etc.), ou m√™me des param√®tres dynamiquement reconfigurables du noyau. Un fichier est un objet r√©f√©renc√© dans un syst√®me de fichiers avec des partitions. Cette r√©f√©rence contient toutes les informations n√©cessaires au traitement de ce fichier : propri√©taire, groupe (chaque fichier √©tant d√©tenu par un propri√©taire faisant partie d'un ou plusieurs groupes, le propri√©taire et chaque groupe poss√®dent des droits particuliers), droits d'acc√®s des diff√©rentes cat√©gories d'utilisateurs, taille, date de derni√®re modification, date du dernier acc√®s, r√©f√©rences des blocs de donn√©es sur le disque s'il repr√©sente une suite de caract√®res.

Processus

Le processus est l'unit√© √©l√©mentaire de gestion des traitements sous UNIX. Il s'agit d'une abstraction comprenant un espace d'adressage et supportant un ou plusieurs flots d'ex√©cution de programme, les threads, chacun poss√©dant une pile et son propre contexte d'ex√©cution. UNIX √©tant un syst√®me multit√Ęche, il permet de partager les ressources de calcul entre les threads. D'autre part il est pr√©emptif, ce qui implique que ce partage est effectu√© de mani√®re transparente pour les threads. Ce partage transparent est r√©alis√© gr√Ęce √† un ordonnanceur adapt√© √† l'usage auquel est destin√© le syst√®me. Dans un syst√®me √† temps partag√©, l'ordonnanceur tente de r√©partir les ressources de calcul de mani√®re √©quitable entre les threads tout en privil√©giant le temps de r√©ponse des entr√©es/sorties. Dans un syst√®me temps-r√©el, les threads sont ordonnanc√©s selon des contraintes temporelles qui doivent √™tre garanties strictement (temps-r√©el dur) ou bien avec un certain taux d'√©chec (temps-r√©el souple).

Communications inter-processus (IPC)

Les communications inter-processus servent √† arbitrer l'utilisation de ressources partag√©es entre diff√©rents processus ou threads par le biais d'objets de synchronisation tels que les s√©maphores ou les mutex, √† permettre le contr√īle d'un processus par un autre ou bien par le noyau par le biais de signaux, et enfin √† permettre √† deux processus d'√©tablir une communication : localement par le biais de pipes, de segments de m√©moire partag√©e ou de files de messages, et de mani√®re transparente (localement ou sur un r√©seau) par le biais de sockets.

Contr√īle d'acc√®s aux ressources

Au niveau logiciel, la politique de s√©curit√© du syst√®me UNIX est fond√©e sur le principe que chaque ressource admet un identificateur, un propri√©taire et un ensemble de droits d'acc√®s (en lecture, en √©criture, en ex√©cution) r√©partis en trois groupes : 1) les droits du propri√©taire; 2) les droits du groupe auquel appartient le propri√©taire; 3) les droits des autres utilisateurs. La plupart des syst√®mes UNIX actuels proposent un mod√®le plus fin, celui des listes de contr√īle d'acc√®s (ACL - Access Control List). Un utilisateur sp√©cial appel√© root poss√®de tous les droits sur toutes les ressources. Il est en g√©n√©ral utilis√© uniquement pour des t√Ęches d'administration. Par souci d'une meilleure s√©curit√©, certains syst√®mes UNIX permettent de mieux nuancer l'acquisition de droits suppl√©mentaires par les utilisateurs. Ainsi Linux propose-t-il les ¬ę capacit√©s ¬Ľ (capabilities) et Mac OS X permet d'installer des applications et d'intervenir sur la configuration du syst√®me au moyen d'un compte administrateur distinct de root (qui est d'ailleurs d√©sactiv√© par d√©faut), en ce qu'il ne peut modifier les fichiers fondamentaux du syst√®me.

Au niveau mat√©riel, le contr√īle d'acc√®s aux ressources se base d'une part sur des m√©canismes inh√©rents aux principes de fonctionnement de la m√©moire virtuelle, et d'autre part sur un mod√®le de protection √† 2 niveaux : le mode superviseur (le plus privil√©gi√©, r√©serv√© au fonctionnement du noyau) et le mode utilisateur (le moins privil√©gi√©). Ce type de contr√īle d'acc√®s est possible sur la plupart des processeurs modernes supportant un UNIX. Certains processeurs fournissent des possibilit√©s de protection plus √©tendues. Ainsi les processeurs de la famille Intel ix86 comportent 4 niveaux (ou anneaux) de protection. Des syst√®mes d'exploitation (peu nombreux √† l'heure actuelle), tels que OS/2, exploitent cette possibilit√©.

Sources de l'article

Certains passages de cet article, ou d'une version antérieure de cet article, sont basés sur l'article[4]. L'article d'origine porte la notice de copyright[5].

Certains passages de cet article, ou d'une version antérieure de cet article, sont basés sur l'article FreeBSD ou sur une version antérieure de cet article. Pour la liste des auteurs, consulter l'historique de cet article.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Harley Hahn, Unix guide de l'√©tudiant, 2e √©dition, √©ditions Dunod. (ISBN 2-10-003601-7).
  2. ‚ÜĎ Lecture du post
  3. ‚ÜĎ (en) Mac OS X Version 10.5 Leopard on Intel-based Macintosh
  4. ‚ÜĎ (fr) Introduction aux syst√®mes UNIX, Comment √ßa marche ?
  5. ‚ÜĎ ¬ę ¬© Copyright 2003 Jean-Fran√ßois Pillou - H√©berg√© par Web-solutions.fr. Ce document issu de CommentCaMarche.net est soumis √† la licence GNU FDL. Vous pouvez copier, modifier des copies de cette page tant que cette note appara√ģt clairement. ¬Ľ

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

  • Portail de l‚Äôinformatique Portail de l‚Äôinformatique
Ce document provient de ¬ę UNIX ¬Ľ.

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Systèmes UNIX de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Syst√®mes Unix ‚ÄĒ UNIX UNIX (marque d√©pos√©e officiellement comme UNIX, parfois aussi √©crit comme Unix avec les petites capitalisations) est le nom d un syst√®me d exploitation multit√Ęche et multi utilisateur cr√©√© en 1969, conceptuellement ouvert et fond√© sur une… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Unix ‚ÄĒ (marque d√©pos√©e officiellement comme UNIX, parfois aussi √©crit comme Unix avec les petites capitalisations) est le nom d un syst√®me d exploitation multit√Ęche et multi utilisateur cr√©√© en 1969, conceptuellement ouvert et fond√© sur une approche par ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • UNIX ‚ÄĒ UNIX, parfois √©crit ¬ę Unix ¬Ľ, avec des petites capitales, est un syst√®me d exploitation multit√Ęche et multi utilisateur cr√©√© en 1969, conceptuellement ouvert et fond√© sur une approche par laquelle il offre de nombreux petits outils… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • UNIX System V ‚ÄĒ UNIX System V, ou System V (soit ¬ę syst√®me cinq ¬Ľ, 5 √©tant √©crit en chiffre romain) est une version du syst√®me d exploitation d origine UNIX, d√©voil√©e par l entreprise AT T en janvier 1983. System V est une version majeure d UNIX, avec… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Syst√®mes de fichiers ‚ÄĒ Syst√®me de fichiers Pour les articles homonymes, voir FS et SGF. Un syst√®me de fichiers (file system ou filesystem en anglais) ou syst√®me de gestion de fichiers (SGF) est une structure de donn√©es permettant de stocker les informations et de les… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Syst√®mes d'information ouverts ‚ÄĒ Syst√®me ouvert (informatique) Les syst√®mes ouverts sont des syst√®mes informatiques qui fournissent un ensemble d avantages en interop√©rabilit√©, portabilit√©, et standards ouvert de logiciel. Cela peut aussi signifier des syst√®mes configur√©s pour… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Syst√®mes ouverts ‚ÄĒ Syst√®me ouvert (informatique) Les syst√®mes ouverts sont des syst√®mes informatiques qui fournissent un ensemble d avantages en interop√©rabilit√©, portabilit√©, et standards ouvert de logiciel. Cela peut aussi signifier des syst√®mes configur√©s pour… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Unix to Unix CoPy ‚ÄĒ Protocol Pile de protocoles 7 ‚ÄĘ Application 6 ‚ÄĘ Pr√©sentation 5 ‚ÄĘ Session 4 ‚ÄĘ ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Unix to Unix copy ‚ÄĒ Protocol Pile de protocoles 7 ‚ÄĘ Application 6 ‚ÄĘ Pr√©sentation 5 ‚ÄĘ Session 4 ‚ÄĘ ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Unix to unix copy protocol ‚ÄĒ Pile de protocoles 7 ‚ÄĘ Application 6 ‚ÄĘ Pr√©sentation 5 ‚ÄĘ Session 4 ‚ÄĘ ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.