Synapse

ÔĽŅ
Synapse
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir synapse (homonymie).
Synapse entre deux neurones

La synapse (du grec. syn = ensemble; haptein = toucher, saisir; c'est-√†-dire connexion) d√©signe une zone de contact fonctionnelle qui s'√©tablit entre deux neurones, ou entre un neurone et une autre cellule (cellules musculaires, r√©cepteurs sensoriels...). Elle assure la conversion d'un potentiel d'action d√©clench√© dans le neurone pr√©synaptique en un signal dans la cellule postsynaptique. On estime, pour certains types cellulaires (par exemple cellule pyramidale, cellule de Purkinje...), qu'environ 40 % de la surface membranaire est couverte de synapses.

On distingue habituellement deux types de synapses :

  • la synapse chimique, tr√®s majoritaire, qui utilise des neurotransmetteurs pour transmettre l'information ;
  • la synapse √©lectrique o√Ļ le signal est transmis √©lectriquement par l'interm√©diaire d'une jonction communicante (en anglais gap-junction).

On les distingue au microscope √©lectronique par la taille de la fente synaptique ; de l'ordre de 2 nanom√®tres pour les synapses √©lectriques, entre 10 et 40 nm pour les synapses chimiques. On peut √©galement, dans le cas des synapses √©lectriques, observer les jonctions communicantes. Au niveau d'une synapse, il s'agit toujours d'un contact entre deux membranes plasmiques, il n'y a jamais fusion en un syncitium.

Sommaire

Historique

Article d√©taill√© : Th√©orie du neurone.

Le mot ¬ę neurone ¬Ľ fut utilis√© pour la premi√®re fois par Waldeyer pour d√©signer les cellules nerveuses et un premier pas vers la compr√©hension de leur mode de fonctionnement eut lieu √† la fin du XIXe si√®cle lorsque Camillo Golgi mit au point une technique de coloration par impr√©gnation argentique permettant une visualisation optimale du neurone et de ses prolongements.

Par la suite, Santiago Ram√≥n y Cajal utilisa la m√©thode de coloration de Golgi pour √©tayer la th√©orie du neurone. Le terme de ¬ę synapse ¬Ľ, quant √† lui, fut propos√© en 1897 par le physiologiste et Prix Nobel britannique Sir Charles Scott Sherrington pour d√©signer le point de contact entre deux neurones. Toutefois, Golgi √©tait lui-m√™me oppos√© √† l'hypoth√®se selon laquelle le syst√®me nerveux pouvait √™tre compos√© d'unit√©s discontinues. En 1906 Golgi et Cajal re√ßurent conjointement le Prix Nobel de m√©decine et physiologie, pour deux th√©ories de l'organisation du tissu neuronal (neuronisme et r√©ticularisme). Il a √©t√© demontr√© par la suite que les synapses √©lectriques sont tr√®s rares et l'on admet aujourd'hui que le syst√®me nerveux est constitu√© majoritairement d'unit√©s contigu√ęs (th√®se neuroniste).

Synapse chimique

La synapse chimique est la plus fréquente des synapses du système nerveux. Ce type de synapse transmet le signal nerveux d'un neurone à un autre en utilisant un neurotransmetteur qui est émis par le neurone afférent, diffuse dans la fente synaptique et se lie aux récepteurs postsynaptiques.

Synapse diag1.svg

Transmission chimique du neurone A (émetteur) au neurone B (récepteur)

  1. Mitochondrie
  2. Vésicule synaptique avec des neurotransmetteurs
  3. Autorécepteur
  4. Fente synaptique avec neurotransmetteur lib√©r√© (ex : s√©rotonine ou dopamine)
  5. Récepteurs postsynaptiques activés par neurotransmetteur (induction d'un potentiel postsynaptique)
  6. Canal calcium
  7. Exocytose d'une vésicule
  8. Neurotransmetteur recapturé

Nombreux contacts synaptiques

Dans certaines synapses les cellules gliales jouent un r√īle particuli√®rement actif, notamment en effectuant la recapture du neurotransmetteur (ex : glutamate). Dans les synapses motrices, une enzyme, la cholinest√©rase, d√©grade le neurotransmetteur dans la fente synaptique.

Morphologie

Il existe deux morphologies de synapses chimiques : la synapse en bouton et la synapse ¬ę en passant ¬Ľ. Elles fonctionnent toutes les deux de la m√™me fa√ßon et l'on y retrouve les m√™mes composants. La synapse en bouton se situe √† l'extr√©mit√© de la fibre nerveuse alors que les synapses en passant sont r√©parties r√©guli√®rement le long de l'axone.

Il existe un grand ¬ę bestiaire ¬Ľ de synapses chimiques selon le type de neurone, la localisation, etc. Le calice de Held dans le tronc c√©r√©bral auditif, par exemple, est un cas de synapse g√©ante qui entoure quasiment compl√®tement la cellule postsynaptique.

La synapse est constitu√©e de trois parties : l'√©l√©ment pr√©synaptique, l'√©l√©ment postsynaptique et entre les deux l'espace intersynaptique.

  • L'√©l√©ment pr√©synaptique se pr√©sente sous la forme d'un renflement de l'axone, rempli de petites v√©sicules de formes vari√©es (les v√©sicules synaptiques) contenant le neurotransmetteur. On y trouve aussi un appareil de Golgi tr√®s d√©velopp√© et de nombreuses mitochondries, signe d'une activit√© de synth√®se intense. Les neurotransmetteurs sont en effet en partie synth√©tis√©s sur le lieu d'utilisation.
  • L'√©l√©ment postsynaptique en revanche est totalement d√©pourvu de ce type de v√©sicule. Mais il contient quelques mitochondries, n√©cessaires pour assurer le fonctionnement de la synapse. Dans certains cas la membrane appara√ģt plus √©paisse en microscopie √©lectronique (densit√© postsynaptique), ce qui permet de caract√©riser des synapses asym√©triques g√©n√©ralement glutamatergiques.
  • L'espace intersynaptique (ou fente synaptique) est la zone qui s√©pare les membranes des deux neurones. Elle est de petite dimension (quelques dizaines de nanom√®tres) et d√©pourvue de lame basale (contrairement √† la plaque motrice).

Transmission de l'influx nerveux

L'influx nerveux est transmis le long d'un neurone sous la forme d'une s√©quence de potentiel d'action. Au niveau d'une synapse chimique, l'information change de nature : elle est transmise par une lib√©ration de neurotransmetteurs dans l'espace synaptique. Les trains d'onde de d√©polarisation support√©s par des courants √©lectrochimiques (les potentiels d'action), sont convertis en codage par concentration de neurotransmetteur dans la fente synaptique.

Pendant longtemps, le credo a fait force de loi : un neurone, un neurotransmetteur. Aujourd'hui, on sait qu'un neurone peut lib√©rer plusieurs neurotransmetteurs au niveau de la synapse, en g√©n√©ral un transmetteur principal associ√© √† un ou plusieurs neuropeptides. Le transmetteur principal peut m√™me √©voluer, comme par exemple certains neurones orthosympathiques (noradr√©nergiques), qui peuvent lib√©rer de la s√©rotonine suite √† une l√©sion.

√Čv√©nements pr√©synaptiques : la lib√©ration des neurotransmetteurs

Il faut d'emblée différencier les neurotransmetteurs peptidiques et non peptidiques. Les neurotransmetteurs peptidiques sont produits par le neurone à partir d'acides aminés précurseurs présents dans le sang. Une grande partie de leur synthèse a lieu dans le péricaryon, en suivant le schéma classique de toute production protéique (Transcription de l'ADN en ARNm, lecture et traduction de l'ARNm par un ribosome sur le réticulum endoplasmique) puis transport antérograde rapide le long du cytosquelette de l'axone dans des vésicules provenant du bourgeonnement de l'appareil de Golgi. Une étape de maturation a lieu dans les vésicules golgiennes (clivages des extrémités N-ter et C-ter par des exopeptidases, clivage dans le peptide par des endopeptidases, amidation sur des acides aminés Glycine, acétylation...). Les vésicules sont ensuite accumulées près de l'extrémité présynaptique, dans l'attente d'une dépolarisation.

Les neurotransmetteurs non peptidiques sont produits à partir d'acides aminés (Catécholamines comme l'adrénaline ou la noradrénaline à partir de la tyrosine, le GABA (Gamma AminoButyric Acid), ...), de lipides (THC pour TetraHydroCannabinol)... Ils sont produits dans le cytoplasme du neurone ou de la cellule excitable et sont activement pompés (par des enzymes utilisant l'ATP ou ATPases) dans des vésicules issues des endosomes ou d'une endocytose.

Le changement de polarit√© de membrane provoqu√© par l'arriv√©e d'un potentiel d'action (PA) au niveau d'une synapse d√©clenche l'ouverture de canaux calcium membranaires d√©pendants du voltage (VOC = Voltage Operated Channels). L'augmentation de la concentration en calcium intracellulaire qui en r√©sulte provoque la fusion de la membrane v√©siculaire avec la membrane plasmique et la lib√©ration des neurom√©diateurs. Ce ph√©nom√®ne s'appelle l'exocytose. La biologie cellulaire a montr√© que cette exocytose √©tait assur√©e par un complexe appel√© SNARE compos√© principalement de 3 prot√©ines :

  • VAMP (aussi appel√©e synaptobr√©vine), ins√©r√©e dans la membrane plasmique de la v√©sicule,
  • la syntaxine arrim√©e √† la membrane plasmique de la cellule,
  • SNAP 25 arrim√©e dans la membrane plasmique,

Lors d'une d√©polarisation ouvrant des VOC au calcium (VOC Ca++), une brusque entr√©e de calcium pr√©cipite la fusion de VAMP avec SNAP 25 et la syntaxine, ce qui arrime la v√©sicule √† la membrane plasmique. La modification tridimensionelle de ce complexe ternaire conduit √† la fusion de la v√©sicule avec la membrane et √† la lib√©ration du neurotransmetteur dans la fente synaptique. La fusion op√©r√©e par les SNAREs est consid√©rablement acc√©l√©r√©e par la pr√©sence dans la membranes des v√©sicules synaptiques de la synaptotagmine, qui est aujourd'hui consid√©r√©e comme le d√©tecteur de l'influx calcique gr√Ęce √† ces deux domaines liant le calcium (C2A et C2B).

Trois m√©canismes peuvent arr√™ter l'exocytose et donc faire cesser la lib√©ration de neurotransmetteur dans la fente synaptique :

  • l'ouverture de canaux potassium, qui ram√®nent le potentiel de membrane √† sa valeur d'origine et inhibent ainsi les canaux d√©pendants du voltage ;
  • des pompes calciques, situ√©es sur le r√©ticulum et la mitochondrie, qui captent les ions calcium entr√©s dans la cellule, ce qui fait cesser le signal calcique ;
  • disparition des v√©sicules synaptiques charg√©es en neurotransmetteur capable de fusionner avec la membrane (fatigue synaptique).

Ces trois mécanismes expliquent en partie l'existence de la plasticités synaptiques à plus ou moins long terme.

Diffusion des neurotransmetteurs dans la fente synaptique

Les neurotransmetteurs lib√©r√©s dans la fente synaptique atteignent la membrane postsynaptique par simple diffusion. Avec le d√©lai n√©cessaire pour provoquer l'exocytose, c'est l'√©tape qui n√©cessite le plus de temps dans la transmission synaptique. Dans le cas de la plaque motrice, la concentration en ac√©tylcholine dans la fente atteint une concentration de 100 mmol/l 10 ¬Ķs apr√®s sa lib√©ration. Elle mettra environ 100 ¬Ķs pour revenir √† une concentration proche de z√©ro. Cette disparition du neurotransmetteur de la fente synaptique peut impliquer un recaptage ou une hydrolyse par une enzyme sp√©cialis√©e. Le codage de l'information √©tant fr√©quentiel, il est important de faire cesser l'excitation le plus vite possible.

√Čv√©nements postsynaptiques : l'activation des r√©cepteurs membranaires

Les neurotransmetteurs se fixent sur des r√©cepteurs de la membrane postsynaptique. Il en existe deux sortes  :

  • les r√©cepteurs ionotropes qui sont des prot√©ines-canal s'ouvrant pour g√©n√©rer un courant ionique ;
  • les r√©cepteurs m√©tabotropes sont coupl√©s aux proteines G et sont des transducteurs de signal r√©gulant des seconds messagers dans le cytoplasme. Les seconds messagers peuvent s'associer √† une prot√©ine-canal ou bien provoquer une cascade de r√©actions. Parmi les voies m√©taboliques activ√©es par ces seconds messagers, des facteurs de traduction de l'ADN sont impliqu√©s, ce qui influence le pool de g√®nes exprim√© par la cellule, et donc pourraient √™tre impliqu√©s dans le ph√©nom√®ne de plasticit√© synaptique √† long-terme (LTP) et la m√©morisation. Cette voie est beaucoup plus lente que la premi√®re.

On assiste alors √† une r√©ponse physiologique locale appel√©e potentiel g√©n√©rateur, potentiel gradu√© (PG) ou Potentiel postsynaptique. On caract√©rise deux types de potentiel postsynaptique :

Si la membrane dépasse le seuil critique de dépolarisation, un potentiel d'action est initié. Les PPSI empêchent le déclenchement d'un potentiel d'action alors que les PPSE le favorisent.

En g√©n√©ral, un neurone est couvert de synapses excitatrices et de synapses inhibitrices. Il se produit alors une sommation √† la fois temporelle et spatiale des entr√©es synaptiques pour "d√©cider" du d√©clenchement ou non d'un potentiel d'action. En fait les dendrites ont peu de canaux sodiques d√©pendants du voltage, responsables du d√©clenchement du potentiel d'action. Il est donc rare qu'un potentiel d'action y soit d√©clench√©. Les potentiels postsynaptiques se propagent le long des dendrites jusqu'au p√©ricaryon. √Ä la jonction du p√©ricaryon et de l'axone se trouve une r√©gion particuli√®rement riche en canaux sodiques d√©pendants du voltage, il s'agit du c√īne d'initiation. C'est au niveau du c√īne d'initiation que sont g√©n√©r√©s le plus souvent les potentiels d'actions qui se propageront ensuite le long de l'axone vers d'autres synapses...

Le potentiel d'action, une fois initié, a toujours la même amplitude et le même décourt temporel. Sa valeur informative ne dépend pas de l'importance de la dépolarisation qui l'a initié. C'est cela qu'on appelle la loi du tout ou rien. Si la dépolarisation continue suffisamment longtemps après le déclenchement du potentiel d'action, un autre potentiel d'action peut être initié. Les potentiels d'action codent l'information en fréquence.

Plusieurs mol√©cules √©tant lib√©r√©es lors de la transmission synaptique et plusieurs types de r√©cepteurs pour le m√™me neurotransmetteur pouvant √™tre pr√©sents sur la m√™me membrane postsynaptique, plusieurs effets peuvent avoir lieu simultan√©ment. C'est par exemple le cas de nombreuses synapses GABAergiques qui pr√©sentent un PPSI rapide d√Ľ aux r√©cepteurs ionotropes GABAA et un PPSI lent d√Ľ aux r√©cepteurs m√©tabotropes GABAB.

Arrêt de la stimulation nerveuse

Pour √©viter que la stimulation du neurone postsynaptique ne se prolonge, deux syst√®mes √©liminent la mol√©cule de l'espace intersynaptique :

  • La d√©gradation, qui met en jeu des enzymes sp√©cifiques qui vont m√©taboliser le neurotransmetteur, mettant fin √† son effet sur le neurone postsynaptique exemple la MAO issue des synth√®ses mitochondriales ;
  • La recapture, pendant laquelle le neurotransmetteur ou ses pr√©curseurs issus de la d√©gradation enzymatique est r√©cup√©r√© par le neurone pr√©synaptique, ou par la cellule gliale avoisinante, pour √™tre r√©utilis√© ou d√©truit.

En général les deux sont associés. Dans le cas de l'acétylcholine, une dégradation limitée est suivie d'une recapture de la choline qui sera utilisée pour resynthétiser l'acétylcholine.

Influence des substances psychoactives

Les substances psychoactives sont des drogues, des médicaments, ... qui modifient les perceptions sensorielles, les sensations, l'humeur ... Elles ont comme principal mode d'action de modifier le passage des neurotransmetteurs.

Comme pour les neurotransmetteurs, il existe plusieurs modes d'action possibles √† ces drogues, dont :

  • Se lier aux r√©cepteurs sans entrainer d'effet (effet antagoniste). Les r√©cepteurs ne sont alors plus disponibles pour lier l'agoniste (neurotransmetteur) ;
  • Emp√™cher ou limiter la sortie ou la destruction de neurotransmetteur, qui active davantage et plus longtemps le r√©cepteur (exemple du Prozac¬ģ).

Les conséquences à long terme sont de modifier la réceptivité de la synapse, par exemple en modifiant le nombre de récepteur, en réaction de défense, ce qui entraine l'accoutumance et la dépendance.

Jonction neuromusculaire

Lors du réflexe myotatique CF réflexe de flexion, l'élément présynaptique rencontre la plaque motrice de la fibre musculaire qui est composée d'une membrane plasmique appelée sarcolemme faisant office d'élément postsynaptique et contenant plusieurs centaines de myofibrilles. La jonction neuromusculaire est historiquement très importante puisque ce sont les observations sur le muscle extenseur du muscle de patte de grenouille qui ont donné naissance à l'électrobiologie qui eut un retentissement rapide auprès du grand public, comme en témoigne l'engouement de l'époque pour les phénomènes électriques.

Synapse diag3.png Synapse diag4.png
  1. Axone
  2. Jonction
  3. Fibre musculaire
  4. Myofibrille
Vue détaillée d'une jonction.
  1. √Čl√©ment pre-synaptique
  2. Sarcoplasme
  3. Vésicules synaptiques
  4. Récepteur cholinergique nicotinique
  5. Mitochondrie

L'acétylcholine intervient dans la contraction musculaire lors des réflexes de flexion ou d'extension au niveau de la jonction neuromusculaire. Les neurones la produisant s'appellent neurones cholinergiques. Ses précurseurs sont la choline d'origine alimentaire qui est captée par la terminaison présynaptique dans le sang et l'acétylcoenzyme A d'origine mitochondriale. Ils sont synthétisés par l'enzyme choline-acétyltransférase (CAT) qui les transforment en acétylcholine. Ces neuromédiateurs sont alors enveloppés par des vésicules provenant du bourgeonnement de l'appareil de Golgi et sont transportés jusqu'au renflement (ou bouton) synaptique. Au niveau présynaptique il y a non pas un seul renflement mais des centaines afin d'assurer une surface de contact plus large, on parle d'arborisation terminale.

Sous l'effet du calcium, les v√©sicules charg√©s de neurom√©diateurs fusionnent avec la membrane plasmique, d√©versant leur contenu dans la fente synaptique (exocytose). Les neurom√©diateurs se fixent alors sur des r√©cepteurs sp√©cifiques de la plaque motrice du muscle stri√© ce qui a pour cons√©quence de provoquer sa contraction. L'exc√®s de neurom√©diateur est ensuite d√©grad√© par une enzyme : ac√©tylcholinest√©rase (ACHE) qui lib√®re de l'acide ac√©tique et de la choline qui pourra √™tre ensuite recaptur√©e par les r√©cepteurs de l'axone pr√©synaptique et recycl√©.

Synapse électrique

Dans la synapse √©lectrique, les membranes des deux neurones sont reli√©es par des jonctions communicantes, parfois appel√©es √©galement nexus (GAP junctions). Les ions se transmettent donc d'une cellule √† une autre, ainsi que la d√©polarisation membranaire associ√©e. L'influx nerveux se transmet sans intervention de neurotransmetteur. Ce type de synapse, qui joue un r√īle important dans le syst√®me nerveux immature, est ensuite relativement rare au stade adulte et est majoritairement retrouv√© chez les invert√©br√©s. Ce type de communication est tr√®s fr√©quent dans les √©pith√©liums.

Synapse diag2.png

Transmission électrique du neurone A (émetteur) au neurone B (récepteur)

  1. Mitochondrie
  2. Connexine
  3. courant ionique

Les caract√©ristiques principales de ce type de synapse sont :

  1. un d√©lai de transmission quasi-inexistant (pas de temps de latence d√Ľ au franchissement d'une synapse, souvent utile pour la synchronisation d'un r√©seau de neurone)
  2. une conduction dans les 3 directions de l'espace
  3. l'absence de période réfractaire (la synapse est re-stimulable immédiatement après la fin de la transmission)

Int√©gration du signal : zoom sur l'√©l√©ment postsynaptique

Les synapses sont regroup√©es selon deux cat√©gories selon les effets qu'elles engendrent : excitatrices ou inhibitrices. Le principal neurom√©diateur inhibiteur du cerveau est le GABA qui se fixe sur les canaux r√©cepteurs GABAA dont l'ouverture provoque un influx d'ions chlorure et donc une hyperpolarisation de la membrane. Il existe une plus grande diversit√© de r√©cepteurs ionotropes excitateurs, par exemple les r√©cepteurs au glutamate ou √† l‚Äôac√©tylcholine. L'√©l√©ment postsynaptique poss√®de en g√©n√©ral ces deux cat√©gories de r√©cepteurs ainsi que des canaux sodium ou calcium activ√©s par d√©polarisation. Il r√©alise une sommation temporelle des signaux excitateurs (PPSE, potentiel postsynaptique excitateur) et inhibiteurs (PPSI, potentiel postsynaptique inhibiteur). Il propagera le potentiel d'action √† la condition que la somme des excitations soit sup√©rieure √† la somme des inhibitions et si un seuil de d√©polarisation est atteint. Ce seuil correspond au voltage auquel un nombre suffisant de canaux sodiums sont activ√©s.

Enregistrement postsynaptique du potentiel membranaire. Les flèches marquent les PPSE de trois évènements afférents. Une sommation de trois PPSE donne naissance dans ce cas au déclenchement du potentiel d'action.

La sommation spatiale se r√©f√®re aux diff√©rentes synapses aff√©rentes √† l'√©l√©ment postsynaptique. Un neurone peut en effet recevoir plus d'un millier d'aff√©rences diff√©rentes mais il ne peut r√©agir que d'une seule mani√®re : conduction ou absence de conduction. Si le r√©sultat de la somme alg√©brique de tous les √©l√©ments aff√©rents est sup√©rieure √† une valeur seuil, aux environs de -15 mV dans le sch√©ma ci-contre, le neurone int√©grateur sera le si√®ge d‚Äôun potentiel d‚Äôaction.

Dépolarisation subliminale un seul PPSE ne dépolarise pas suffisamment la membrane pour générer un potentiel d’action.

Une sommation dite temporelle a aussi lieu au niveau de l’élément postsynaptique. Elle est due à la vitesse d'entrée des ions à l'intérieur de la cellule. Si beaucoup de PPSE sont rapprochés dans le temps, ils s'ajoutent et peuvent également atteindre le seuil de dépolarisation et donner lieu à un potentiel d’action.

Un dernier √©l√©ment d‚Äôint√©gration est d√Ľ √† l‚Äôexistence de la p√©riode r√©fractaire du neurone. Si deux signaux aff√©rents excitateurs sont espac√©s de moins d'une milliseconde, le second ne donnera naissance √† aucun PPSE et sera donc silencieux.

Pathologie

L'anomalie de fonctionnement de la synapse neuro-musculaire est responsable d'une maladie neuromusculaire nommée myasthénie.

Niveau synaptique

La structure des organismes biologiques qui constituent la biosph√®re peut √™tre d√©compos√©e en plusieurs niveaux d'organisation : atomique, mol√©culaire, cellulaire, tissulaire, organique, des syst√®mes, et enfin celui de l'organisme dans sa totalit√© fonctionnelle.

L'√©tude scientifique du vivant se fait par des recherches sur les √©l√©ments de chacun de ces niveaux, puis par la compr√©hension des interactions entre ces diff√©rents niveaux (voir l'article ‚ÄúM√©thode scientifique‚ÄĚ).

L'étude du niveau synaptique permet de comprendre les caractéristiques de la transmission des signaux bioélectriques et chimiques, entre les neurones entre eux ou entre les neurones et certains éléments de l'organisme (cellule sensorielle, muscle lisse ou strié …). La compréhension de la transmission des signaux neuraux est une nécessité incontournable car ce mécanisme est fondamental dans le fonctionnement du système nerveux.

Articles connexes

Sur les autres projets Wikimedia :



Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Synapse de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • synapse ‚ÄĒ [ sinaps ] n. f. ‚ÄĘ 1897; angl. synapsis; gr. sunapsis ¬ę liaison; point de jonction ¬Ľ 1 ‚ô¶ Anat. R√©gion de contact de deux neurones. Synapse neuromusculaire : contact entre un neurone et le muscle qu il innerve. 2 ‚ô¶ (1924; synapsis 1904) Biol.… ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • synapse ‚ÄĒ junction between two nerve cells, 1899, from Gk. synapsis conjunction, from synaptein to clasp, from syn together + haptein to fasten. Related to APSE (Cf. apse). Introduced by English physiologist Sir Michael Foster (1836 1907) at the suggestion ‚Ķ   Etymology dictionary

  • synapse ‚ÄĒ ¬†Synapse ¬†–°–ł–Ĺ–į–Ņ—Ā ¬† –ö–ĺ–Ĺ—ä—é–≥–į—Ü–ł—Ź —Ö—Ä–ĺ–ľ–ĺ—Ā–ĺ–ľ, –Ņ–ĺ–Ņ–į—Ä–Ĺ–ĺ–Ķ –≤—Ä–Ķ–ľ–Ķ–Ĺ–Ĺ–ĺ–Ķ —Ā–Ī–Ľ–ł–∂–Ķ–Ĺ–ł–Ķ –≥–ĺ–ľ–ĺ–Ľ–ĺ–≥–ł—á–Ĺ—č—Ö —Ö—Ä–ĺ–ľ–ĺ—Ā–ĺ–ľ, –≤–ĺ –≤—Ä–Ķ–ľ—Ź –ļ–ĺ—ā–ĺ—Ä–ĺ–≥–ĺ –ľ–Ķ–∂–ī—É –Ĺ–ł–ľ–ł –ľ–ĺ–∂–Ķ—ā –Ņ—Ä–ĺ–ł–∑–ĺ–Ļ—ā–ł –ĺ–Ī–ľ–Ķ–Ĺ –≥–ĺ–ľ–ĺ–Ľ–ĺ–≥–ł—á–Ĺ—č–ľ–ł —É—á–į—Ā—ā–ļ–į–ľ–ł. –Ě–į —ć—ā–ĺ–Ļ —Ā—ā–į–ī–ł–ł —Ö—Ä–ĺ–ľ–ĺ—Ā–ĺ–ľ—č –Ņ–ĺ–ī –≤–Ľ–ł—Ź–Ĺ–ł–Ķ–ľ —Ä–į–∑–Ĺ—č—Ö –≤–ĺ–∑–ī–Ķ–Ļ—Ā—ā–≤–ł–Ļ –Ľ–Ķ–≥–ļ–ĺ —Ā–∂–ł–ľ–į—é—ā—Ā—Ź –≤… ‚Ķ   –Ę–ĺ–Ľ–ļ–ĺ–≤—č–Ļ –į–Ĺ–≥–Ľ–ĺ-—Ä—É—Ā—Ā–ļ–ł–Ļ —Ā–Ľ–ĺ–≤–į—Ä—Ć –Ņ–ĺ –Ĺ–į–Ĺ–ĺ—ā–Ķ—Ö–Ĺ–ĺ–Ľ–ĺ–≥–ł–ł. - –ú.

  • synapse ‚ÄĒ ‚Ėļ NOUN ‚Ė™ a gap between two nerve cells, across which impulses are conducted through the agency of a neurotransmitter. DERIVATIVES synaptic adjective. ORIGIN Greek sunapsis, from sun together + hapsis joining ‚Ķ   English terms dictionary

  • synapse ‚ÄĒ [sin‚Ä≤apsőĄ, si naps‚Ä≤] n. [ModL synapsis: see SYNAPSIS] the minute space between a nerve cell and another nerve cell, a muscle cell, etc., through which nerve impulses are transmitted from one to the other ‚Ķ   English World dictionary

  • Synapse ‚ÄĒ Synapsen (Einzahl die Synapse, von gr. ŌÉŌćőĹ, syn = zusammen, ŠľÖŌÄŌĄőĶőĻőĹ, haptein = ergreifen, fassen, tasten) sind Kontaktstellen zwischen Nervenzellen und anderen Zellen (wie Sinnes , Muskel oder Dr√ľsenzellen) oder zwischen Nervenzellen untereinander ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • synapse ‚ÄĒ A connection between excitable cells, by which an excitation is conveyed from one to the other. (1) Chemical synapse: one in which an action potential causes the exocytosis of neurotransmitter from the presynaptic cell, which diffuses across the… ‚Ķ   Dictionary of molecular biology

  • Synapse ‚ÄĒ The point of connection usually between two nerve cells. Specifically, a synapse is a specialized junction at which a nerve cell (a neuron) communicates with a target cell. The neuron releases a chemical transmitter (a neurotransmitter) that… ‚Ķ   Medical dictionary

  • Synapse ‚ÄĒ ‚óÜ Syn|aŐ£p|se ‚Ć©f. 19; Biochem.‚Ć™ Kontaktstelle der Neuronen [<grch. synapsis ‚Äěeng verbunden‚Äú] ‚óÜ Die Buchstabenfolge syn|a... bzw. syn|√§... kann in Fremdw√∂rtern auch sy|na... bzw. sy|n√§... getrennt werden. * * * Sy|n|aŐ£p|se, die; , n [griech.… ‚Ķ   Universal-Lexikon

  • Synapse ‚ÄĒ ¬†¬†¬†This is the gap between two neurons, where the nerve impulse is transmitted by a chemical neurotransmitter, such as acetylcholine. Molecules of the neurotransmitter are released into the synapse by the end bulb (axon terminal) of the… ‚Ķ   Historical dictionary of Psychiatry


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.