Surpeche

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Surpeche

SurpĂȘche

La surpĂȘche dĂ©signe la pĂȘche excessive (lĂ©gale ou illĂ©gale) pratiquĂ©e par l'homme sur certains poissons, crustacĂ©s ou mollusques.

Graphique reprenant les couleurs conventionnelles des "feux rouges" et du code de la route, appliquĂ©es aux zones de risque et de prĂ©caution (jaune) pour le concept de pĂȘcheries gĂ©rĂ©es et contrĂŽlĂ©es, montrant quand un plan de reconstitution est obligatoire en termes de prĂ©caution, et montrant les points critiques (danger, et limite dĂ©passĂ©e) pour ;
1) la biomasse du stock reproducteur et
2) le taux de mortalitĂ© induit directement et collatĂ©ralement par les actions de pĂȘche (incluant donc les prises rejetĂ©es en mer ou le dĂ©gĂąts collatĂ©raux des chaluts sur les habitats, les impacts des filets perdus, les impacts de la destruction des rapports prĂ©dateurs/proies, etc.

On parle de surpĂȘche lorsque l’augmentation des capacitĂ©s de capture entraĂźne ;

  • une diminution du nombre de prises, voire la disparition plus ou moins locale de certaines espĂšces
  • une diminution de la taille moyenne des prises
  • une diminution du poids moyens des prises
  • la rĂ©gression du stock d'individus aptes Ă  se reproduire (sachant que le nombre d'oeufs fĂ©condĂ©s et pondus est bien plus Ă©levĂ©s chez les poissons ayant atteint leur pleine maturitĂ©)

Ces signes quand ils sont groupĂ©s indiquent que l’espĂšce est pĂȘchĂ©e plus vite qu’elle ne peut se reproduire et se maintenir.
Mais il n’est pas toujours facile de prĂ©cisĂ©ment distinguer quand un seuil critique est dĂ©passĂ©, ni les rĂŽles respectifs de la pĂȘche et d'autres facteurs environnementaux (surtout climatiques ou liĂ©s Ă  la pollution ou Ă  l'introduction d'espĂšces invasives ou de parasites) dans la baisse de certains stocks de poissons. De plus les dĂ©rĂšglements climatiques induisent des modifications (naturelles ou non) des courants ou des apports terrigĂšnes via les estuaires, et certaines populations de poissons ou de crustacĂ©s peuvent se dĂ©placer, pouvant localement laisser croire Ă  une amĂ©lioration de la situation ou au contraire Ă  une rĂ©gression. On observe par exemple une remontĂ©e vers le nord de certaines populations de poissons. Des poissons peuvent ainsi donner localement l'impression de disparaitre ou de rĂ©apparaitre dans une rĂ©gion pour d'autres raisons que la pression de pĂȘche. Seule une gestion partagĂ©e et un monitoring scientifique global globaux des "stocks" peuvent donner une idĂ©e globale des ressources marines halieutiques.


Sommaire

Situation mondiale

Filets, chaluts ou casiers, s'ils sont utilisĂ©s au delĂ  des limites de renouvelabilitĂ© des espĂšces pĂȘchĂ©es causent d'importantes rĂ©gression des espĂšces-cibles et parfois non-cibles.

Histoire

La prise de conscience par le plus grand nombre de l'existence d'une surexploitation des ressources halieutiques est rĂ©cente. En 1609 dans son Mare Liberum, le juriste Grotius, fondateur d'un droit international basĂ© sur le droit naturel pouvait encore Ă©crire : « La pĂȘche en mer est libre, car il est impossible d’en Ă©puiser les richesses Â».
Des poissons encore aussi commun dans les annĂ©es 1950-1960 que le cabillaud de l’Atlantique, le haddock de la mer du Nord et le thon rouge de l’Antarctique ou que l'anguille d'Europe figurent aujourd'hui avec une centaine d'autres sur la liste des espĂšces menacĂ©es.

La surpĂȘche n'est pourtant pas un phĂ©nomĂšne tout Ă  fait nouveau ; A titre d'exemple,

  • la surpĂȘche du saumon date au moins de plusieurs siĂšcles, comme en tĂ©moignent certaines des gravures illustrant l'encyclopĂ©die de Diderot (au 18Ăšme siĂšcle). Ces illustrations dĂ©crivent prĂ©cisĂ©ment des systĂšmes sophistiquĂ©s de filet ou barrages posĂ©s sur toute la largeur d'un cours d'eau, permettant dĂ©jĂ  de capturer la quasi-totalitĂ© des saumons remontant ces cours d'eau[1],[2]. Un peu plus tard, la pĂȘche intensive de la sardine en Baie de Douarnenez (France) a montrĂ© les limites de mĂ©thodes si efficaces qu'elles ont en quelques dĂ©cennies fait rĂ©gresser ou localement disparaĂźtre une ressource qui paraissait antĂ©rieurement inĂ©puisable.
  • Au XIXe siĂšcle, les pĂȘcheurs du nord de la France sont sauvĂ©s par la pĂȘche hauturiĂšre et la Morue de Terre-Neuve, mais ils voyaient dĂ©jĂ  la ressource halieutique locale se rarĂ©fier. (« On fait ici la pĂȘche de la morue , du hareng, du maquereau ; mais tous ces poissons, qui se tenaient volontiers jadis sur nos cotes, se rejettent depuis plusieurs annĂ©es sur la cote d'Angleterre. Nos pĂ©cheurs en souffrent beaucoup Â» commentait en 1825 F.J. Grille[3] qui cite (en 1925) quelques hypothĂšses d'explication ayant cours Ă  l'Ă©poque. «  Divers systĂšmes se sont Ă©levĂ©s les uns contre les autres, tous fondĂ©s (ce qui est singulier) sur des faits faciles Ă  constater. Les uns ont dit : Nous trouvons la cause de la disparition des poissons dans la tendance des mers Ă  s'Ă©loigner de nos rivages pour se porter sur les rives opposĂ©es. Les harengs ont suivi les courants et, en rassemblant lĂ -dessus les observations, on trouve que la mer se retire insensiblement depuis Dunkerque jusqu'Ă  Cherbourg ; elle a quittĂ© successivement les dunes du Rosenthal, de Mardyck, les plaines de Bourbourg, d'Ardres, de Saint-Omer. Entre les caps Blanez et Grinez, elle a dĂ©laissĂ© l'ancien port de Wissant ; l'embouchure de la Liane, Ă  Boulogne, forme des atterrissements, et les travaux qu'on fait Ă  Saint-ValĂ©ry et au Crotoy parlent en faveur de notre systĂšme. Il faut toute la force des eaux de la Seine pour empĂȘcher les bancs de sable de s'Ă©tendre en face du Havre. Mais des sables s'entassent Ă  l'embouchure de l'Orne. Ouistreham, qui voyait les marĂ©es battre les murs de son Ă©glise, en est maintenant sĂ©parĂ© par une large prairie. Les marais d'Hermanville sont dessĂ©chĂ©s et cultivĂ©s. La mer se retire du Calvados ; elle a abandonnĂ©, prĂšs de BerniĂšres, Ă  trois lieues de Caen, un vaste territoire qui fut autrefois une forĂȘt... Tous ces faits sont trĂšs-graves et paraissent concluants. Mais d'autres, remontant moins haut, signalent les envahissements des mers aux caps Gris et Blanc nez mĂȘme, dĂ©jĂ  citĂ©s, et que rongent les vagues ; ils montrent du cotĂ© d'Etaples, et plus Ă  l'est, vers le Portel, des invasions rĂ©centes , et qui sembleraient annoncer le retour des eaux vers nos cotes. Entre ces phĂ©nomĂšnes, notre esprit demeure incertain, et, tout ce que nous pouvons faire, c'est de livrer nos remarques Ă  l'Ă©tude des physiciens et Ă  l'attention des gĂ©ographes.)  Â»

La surpĂȘche n'a pu prendre une dimension planĂ©taire qu'au XXe siĂšcle, avec les moyens industriels et Ă©nergĂ©tiques le permettant.
Sont actuellement concernĂ©s par la surpĂȘche la sardine en Californie, l'anchois au PĂ©rou, la morue Ă  Terre-Neuve ou le hareng en mer du Nord. Dans la remontĂ©e d'eau (« upwelling Â») du Nord Benguela (ou front Angola-Benguela) au large de la (Namibie), la surexploitation a provoquĂ© un spectaculaire effondrement des populations de sardine (Sardinops sagax) (tonnages passĂ© de 1,5 million de t/an de sardines en 1960 Ă  seulement deux sardines pĂȘchĂ©e lors d'une campagne scientifique en 2007). De mĂȘme pour les anchois (Engraulis encrasicolus, ex E. capensis) et le merlu qui ont laissĂ© la place Ă  un Ă©cosystĂšme appauvri peuplĂ© d'espĂšces primitives telles que bactĂ©ries, Ă©ponges, macro-algues, mĂ©duses, oursins). Ailleurs, les populations de flĂ©tan et de thon rouge ont diminuĂ© de 90%. 95 % de la population d'Anguille d'Europe a disparu. Cette espĂšces considĂ©rĂ©e autrefois comme la plus rĂ©sistante, est depuis 2007 classĂ©e comme espĂšce menacĂ©e et protĂ©gĂ©e en Europe. Le braconnage des civelles n'Ă©tant qu'une des causes de sa rĂ©gression.

Illustration (version mer du Nord) d'un des impacts de la surpĂȘche ; la modification des rĂ©seaux trophiques, qui se traduit par des taux anormaux d'espĂšces et d'individus, avec effondrement des populations de grande taille au profit de petits poissons ou d'organismes sans intĂ©rĂȘt halieutique tels que les mĂ©duses qui occupent alors massivement les niches Ă©cologiques laissĂ©es libres

.

La FAO (organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation) estime Ă  77% la proportion d’espĂšces de poissons impactĂ©es Ă  diffĂ©rents degrĂ©s. 8% serait Ă©puisĂ©es, 17% surexploitĂ©es et 52% exploitĂ©es Ă  leur maximum.

Les prises de poissons ont atteint un maximum de 100 millions de tonnes en l’an 2000 mais la production stagne depuis 1990 alors que les capacitĂ©s de pĂȘche ne cessent d’augmenter. Les individus capturĂ©s sont de moins en moins gros et de plus en plus jeunes. La proportion des prises de niveaux trophiques bas a augmentĂ©.

Les navires-usines exploitent de plus en plus de zones (ouest de l’Afrique, ocĂ©an Indien, Pacifique du sud-est
), pĂȘchent toujours plus profond, capturant de nombreuses espĂšces et endommageant des Ă©cosystĂšmes (via les chaluts notamment). La pĂȘche technologique a entraĂźnĂ© une augmentation rapide des prises accessoires. 25% des poissons (27 millions de tonnes) qui sont pĂ©chĂ©s sont rejetĂ©s morts Ă  la mer car ils n’appartiennent pas aux espĂšces souhaitĂ©es. Des dauphins, des tortues et des oiseaux marins (100.000 albatros par an) sont aussi capturĂ©s et tuĂ©s par les filets. Les lignes appĂątĂ©ees ou les filets perdus ou abandonnĂ©s en mer sont autant de piĂšges mortels pour ces animaux. Les espĂšces prĂ©fĂ©rentiellement pĂȘchĂ©es sont des carnivores apicaux (qui occupent le sommet des chaĂźnes alimentaires) qui ont une forte valeur ajoutĂ©e sur les marchĂ©s des pays dĂ©veloppĂ©s, mais qui sont aussi ceux qui ont le plus bioconcentrĂ©s les polluants, dont le mĂ©thylmercure. Cette spĂ©cialisation de la pĂȘche a des consĂ©quences graves sur les rĂ©seaux trophiques, jusqu’aux mammifĂšres marins et aux oiseaux, par exemple :

  • Au large de Terre-Neuve, la rarĂ©faction des poissons a entraĂźnĂ© une diminution de la taille moyenne des baleines Ă  bosses qui frĂ©quentent ces eaux.
  • On a vu des migrations de phoques affamĂ©s depuis le Groenland vers les cĂŽtes du Canada. En Europe, dauphins et marsouins semblent descendre vers le sud alors que l'atlantique nord est surexploitĂ©.
  • La disparition de la morue et d’autres prĂ©dateurs au large des États-Unis a entraĂźnĂ© une prolifĂ©ration d'herbivores qui a provoquĂ© un fort dĂ©clin des forĂȘts d’algues.
  • On observe une modification de la structure des communautĂ©s et de la diversitĂ© gĂ©nĂ©tique par la sĂ©lection d’espĂšces ou de classes de taille. Cette pression sur les habitats les rend plus sensibles aux invasions biologiques, aux perturbations et aux pollutions.

En fĂ©vrier 2008 [4], le PNUE a conclu sur la base d’un rapport intitulĂ© « In Dead Water Â»[5] que le rĂ©chauffement climatique exacerbait l'impact de la pollution, des espĂšces invasives et de la surpĂȘche dans les principales zones de pĂȘche de la planĂšte, ce qui peut engendrer un triple problĂšme ; Ă©cologique, Ă©conomique et de dĂ©veloppement.
10 Ă  15% de l’ocĂ©an mondial est directement concernĂ© par la surpĂȘche selon l'ONU mais avec des impacts qui affectent ou affecteront « au moins les 3/4 des principales zones de pĂȘche du monde Â». On observe dĂ©jĂ  une dĂ©gradation des ocĂ©ans, alerte l’ONU (qui avait en 2004 dĂ©jĂ  signalĂ© plus de 100 « marines dead zones Â» dans les baies ou en aval d’estuaires ou en mers fermĂ©es.

Toujours selon l'ONU, des millions de personnes dĂ©pendent de la pĂȘche, surtout dans les pays pauvres et prĂšs de 2,6 milliards consomment couramment des protĂ©ines issues des produits de la mer (et l’écobilan de la pisciculture industrielle reste discutĂ©). De plus, 80 Ă  100% des rĂ©cifs coralliens du monde sont menacĂ©s de blanchiment, dĂ©gradation ou disparition par la montĂ©e des ocĂ©ans[6].

On craint enfin une accélération de l'acidification des océans induite par le CO2, qui pourrait aggraver ces problÚmes en affectant aussi les petits organismes planctoniques à la base de la chaßne alimentaire.

Mesure et Ă©valuation

Captures de requins dans le monde. L'un des problÚmes qui préoccupe les scientifiques est la raréfaction des espÚces prédatrices (ici les requins par exemple) qui ne peuvent plus jouer leur rÎle de sélection naturelle, et qui se traduit par une proportion croissante d'espÚces de petites tailles, incitant à l'utilisation de filets à mailles fines, qui ne laissent pas survivre de nombreux reproducteurs jusqu'à leur maturité)

Sur la base d'indicateurs[7] qualitatifs et quantitatifs, des scientifiques produisent depuis quelques décennies des rapports de plus en plus précis, par pays et par régions (Europe), mais des données précises permettant de dégager des tendances ne sont disponibles que depuis 1950 environ. Des ONG telles que WWF et Greenpeace s'intéressent aussi aux questions de protection et restauration des ressources halieutiques.

Depuis peu, des bases de donnĂ©es internationales se constituent, avec notamment :

  • Le « Sea Around Us Project Â», qui depuis 1999 met en place une base de donnĂ©es mondiales sur l'impact des pĂȘcheries sur la biodiversitĂ©, en partenariat avec le Centre des pĂȘches de Philadelphie et du « Pew Charitable Trusts Â», pour fournir aux chercheurs du monde entier, aux pĂȘcheurs et au public intĂ©ressĂ©, des donnĂ©es quantitatives et qualitatives sur l'impact de la pĂȘche sur les Ă©cosystĂšmes marins du monde depuis 1950. Ces donnĂ©es sont gĂ©orĂ©fĂ©rencĂ©es sur un SIG (systĂšme d'information gĂ©ographique) pour dresser une" carte mondiale des captures de pĂȘches de 1950 Ă  aujourd'hui", nĂ©cessaire Ă  une bonne gestion des ressources halieutiques et Ă  sa restauration.
    Contrairement Ă  d'autres bases, celle-ci ne s'intĂ©resse pas qu'aux poissons de valeur commerciale, mais aussi aux poissons rejetĂ©s, prises accessoires, invertĂ©brĂ©s marins, mammifĂšres marins, et d'autres composants de la biodiversitĂ© marine. Ce projet aborde aussi les impacts de la pĂȘche (chalut en particulier) sur les habitats marins et cĂŽtiers. Cette base fournit des donnĂ©es sur les zones de pĂȘche des pays, sur le type de poissons pĂȘchĂ©s[8]. Des modĂšles [9] [10] plus prĂ©cis vont pouvoir s'appuyer sur des Ă©tudes rĂ©gionales, notamment pour la Malaisie [11], l'AmĂ©rique du Sud [12], l'OcĂ©an indien [13], le Japon [14]. Il s'agit aussi de mesurer les impacts directs et indirects sur la biodiversitĂ© et en particulier sur le rĂ©seau trophique qui alimente la pĂȘche [15]. Cette base a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e par le biologiste Daniel Pauly, directeur du Centre de recherche sur les pĂȘches de l'UniversitĂ© de la Colombie-Britannique Ă  Vancouver qui dirige toujours ce projet en 2009. Il compte parmi les premiers scientifiques Ă  avoir alertĂ© le grand public sur les consĂ©quences de la surexploitation de l'ocĂ©an par les pĂȘcheries industrielles et il estime qu'une rĂ©duction de l'effort de pĂȘche des grandes flottes industrielles permettraient de conserver un nombre d'emploi plus important dans la pĂȘche artisanale, qui si cette derniĂšre utilise sans excĂšs des engins passifs et non tractĂ©s (c'est Ă  dire moins consommateurs d'Ă©nergie que les chaluts et la pĂȘche industrielle qui pourrait ainsi durablement perdurer. Il estime aussi que si le chalut de fond n'avait jamais Ă©tĂ© utilisĂ©, et qu'on devait aujourd'hui rĂ©flĂ©chir Ă  son utilisation, il serait assurĂ©ment interdit en raison de son effet trĂšs destructeur sur l'Ă©cosystĂšme. Le chalut contribue Ă  la transformation de la colonne d'eau en une "soupe microbienne"[16]. L'eau verdie par les engrais et la remise en suspension des sĂ©diments par les chaluts meurent quand elles manquent d'oxygĂšne, pourrissent et tombent au fond.
    Cette base de donnée valorise aussi les données scientifiques rapportées par des expéditions ancienne[17].
  • FishBase, autre grande base de donnĂ©e mondiale, dĂ©veloppĂ©e par le WorldFish Center avec la FAO et de nombreux autres partenaires (dont le MusĂ©um en France), avec le soutien de l'ONU et de la Commission europĂ©enne (CE) et d'un consortium de sept grandes institutions de recherche. Elle concerne la quasi-totalitĂ© des poissons ayant actuellement fait l'objet d'une description scientifique. Elle vise Ă  aider les pĂȘcheurs et vendeurs de poissons Ă  mieux identifier et dĂ©nommer les poissons et espĂšces qu'ils pĂȘchent ou rejettent (La bonne identification des espĂšces Ă©tant nĂ©cessaire Ă  la traçabilitĂ© du poisson et Ă  sa bonne gestion et Ă  la fiabilitĂ© et intercomparabilitĂ© des statistiques). Plus largement, elle offre une information utile aux professionnel du monde de la pĂȘche (des scientifiques aux gestionnaires en passant par les pĂȘcheurs amateurs). La version 2004 de FishBase est disponible sur DVD ou CD-ROM pour 28.500 espĂšces de poissons. cette base de donnĂ©e est pour partie collaborative (ex : appel Ă  collaborateurs (pour la rĂ©vision des donnĂ©es notamment), Ă  photos et Ă  donnĂ©es scientifiquement sourçées sur les profondeurs maximales auxquelles chaque espĂšce de poisson a Ă©tĂ© pĂȘchĂ©e ou rencontrĂ©e)

Causes et conséquences socio-économiques

Le poisson, avec 16% des protĂ©ines absorbĂ©es par l’Homme est une source de nourriture trĂšs importante pour l’alimentation d’1 milliard de personnes, surtout dans les pays du Sud. La pĂȘche est capitale pour l’économie et la sĂ©curitĂ© alimentaire de beaucoup de pays pauvres, particuliĂšrement en Asie du Sud-Est. Les consommateurs Ă  fort pouvoir d’achat demandent surtout des poissons Ă  chair blanche, frais ou congelĂ©s. Les espĂšces Ă  faible valeur ajoutĂ©e sont consommĂ©es sur place, essentiellement de petites espĂšces pĂ©lagiques sous forme salĂ©e. Une partie de ces espĂšces (30% des prises totales) est transformĂ©e en farine ou en huile. En 2010 la demande en poisson devrait-ĂȘtre entre 100 et 120 millions de tonnes ce qui provoquera une augmentation des coĂ»ts.

200 millions de personnes travaillent dans le secteur de la pĂȘche qui compte 3,5 millions de bateaux. Mais la pĂȘche industrielle avec seulement 1% des bateaux prĂ©lĂšve 50% des poissons pĂȘchĂ©s.
La croissance incontrĂŽlĂ©e de la pĂȘche et des flottes vient d’une surcapitalisation de l’industrie dont les performances ont dĂ©passĂ© l’optimum indique un rapport de la FAO. Par exemple, l’Atlantic Dawn mis en service en 2000, irlandais puis rachetĂ© par des nĂ©erlandais, pouvait traiter 15% de la capacitĂ© irlandaise de pĂȘche et peut traiter 25-35 t/heure, 400 t/jour de poisson (pour une capacitĂ© totale de 7 millions de kg de poisson surgelĂ© en moins de 30 jours, avec chambre froide de 3000 t [18][19].

La rarĂ©faction des ressources pousse les grandes firmes Ă  aller pĂȘcher dans les eaux des pays du Sud. La FAO distingue 3 Ă©tapes dans l’évolution du secteur de la pĂȘche :

  • AborigĂšne : exploitation de survivance cĂŽtiĂšre avec des bateaux et des outils rudimentaires
  • Coloniale : exploitation systĂ©matique des cĂŽtes et des eaux territoriales par des capitaux Ă©trangers. La ressource est envoyĂ©e sur un marchĂ© d’économie dĂ©veloppĂ©e.
  • Globale : exploitation intensifiĂ©e et gĂ©nĂ©ralisĂ©e des cĂŽtes, des eaux territoriales et internationales.

L’arrivĂ©e de grosses flottes prĂšs des cĂŽtes prive les autochtones d’une ressource importante et pousse les pĂȘcheurs Ă  aller pĂȘcher plus loin en mer pour une rentabilitĂ© moindre et de plus grands risques. Les conflits sont frĂ©quents lorsque se retrouvent sur la mĂȘme zone des artisans-pĂȘcheurs autochtones obĂ©issant Ă  des traditions d’exploitation et d’amĂ©nagement de la pĂȘcherie et des pĂȘcheurs industriels agissant Ă  des fins de gĂ©nĂ©ration de revenus, qui ne soucient pas des traditions locales. Les conflits existent aussi entre les groupes autochtones et les organisation de dĂ©fense des animaux, les entreprises aquacoles, touristiques et les pollueurs agricoles ou industriels.

Les gouvernements de pays endettĂ©s sont tentĂ©s de vendre des permis de pĂȘche Ă  des investisseurs Ă©trangers et plusieurs pays du Sud dĂ©veloppent eux aussi des flottes modernes. De plus, la diminution des prises entraĂźnera une augmentation des prix dĂ©favorable au consommateur pauvre. Une baisse de la consommation a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© observĂ©e en Asie du Sud.

Dans les annĂ©es 1960, la Mauritanie, aux eaux trĂšs poissonneuses Ă©tait le pays dont la plus grande part des protĂ©ines consommĂ©es provenait de la mer. Suite Ă  la vente des droits de pĂȘche par le gouvernement, les poissons mauritaniens sont vendus sur les marchĂ©s occidentaux et ne sont plus accessibles au consommateur local.

Il faut aussi tenir compte de la piraterie, soit par la violation de la lĂ©gislation nationale dans les eaux territoriales, soit par des pĂȘches illĂ©gales en haute mer, faites sans l’autorisation de l’organisme rĂ©gional des pĂȘches, la CCAMLR.
Un des exemples les plus connus de braconnage est la pĂȘche Ă  la lĂ©gine australe (Dissostichus eleginoides). Une lĂ©gine vendue sur deux serait pĂȘchĂ©e illĂ©galement, ce qui sera la cause probable de l'extinction de l'espĂšce d’ici Ă  3 ans. La plaque tournante de ce commerce est Port-Louis Ă  l’üle Maurice oĂč accostent de nombreux bateaux sous pavillon de complaisance (Honduras, Sierra Leone, CĂŽte d’Ivoire, Libye
)

En Europe...


La Commission europĂ©enne peine Ă  faire accepter par certains Ă©tats-membres (dont la France) ses propositions de quotas, pourtant Ă©tablis sur des bases scientifiques. Elle tente depuis les annĂ©es 1990 de rĂ©duire le nombre d’embarcations, mais en subventionnant par ailleurs la construction de superchalutiers.
Fin 2007, un rapport de la Cour des comptes europĂ©enne pointe la « surpĂȘche Â» et l’inefficacitĂ© des systĂšmes de contrĂŽle dans le cadre de la politique commune de la pĂȘche. Le rapport Ă©voque des donnĂ©es nationales peu fiables, des procĂ©dures d’inspection inefficaces et des sanctions non dissuasives qui limitent l’efficacitĂ© de la politique europĂ©enne de la pĂȘche fondĂ©e sur une protection d'un stock suffisant de reproducteurs. Elle a annoncĂ© une rĂ©flexion sur ce point en 2008. [20],[21] Des actions sont Ă©galement prĂ©vues avant fin 2008 pour limiter les captures accidentelles de cĂ©tacĂ©s dans les filets (marsouin commun en particulier) et dĂ©finir et protĂ©ger des zones Natura 2000 en mer.

En France : Fin 2008, un rapport du SĂ©nat intitulĂ© « MarĂ©e amĂšre ; Pour une gestion durable de la pĂȘche»[22] rĂ©alerte avec force sur la gravitĂ© de la situation, qui menace l'alimentation mondiale. Selon ce rapport, la pĂȘche a « trĂšs certainement Â» dĂ©jĂ  atteint les limites de l’exploitation halieutique alors que la capacitĂ© de pĂȘche augmente encore « du seul fait du progrĂšs technique de l’ordre de 4 % par an Â».. Et, parmi les perturbations qui affectent les ocĂ©ans, outre le changement climatique, « la pĂȘche occupe dĂ©sormais une place prĂ©pondĂ©rante. Il y a peu de zones maritimes oĂč elle n’exerce pas une influence qui dĂ©passe tous les facteurs naturels Â» et alors qu'il n’y « a plus de stock pouvant soutenir une nouvelle croissance des captures Â» et que l'aquaculture telle qu'elle existe « accroĂźt la pression sur les espĂšces sauvages et contribue Ă  la destruction des milieux naturels Â», gĂ©rer la pĂȘche est devenu un « dĂ©fi scientifique Â».
Ce rapport propose de 1°) renouer le dialogue entre pĂȘcheurs, scientifiques et dĂ©cideurs ; 2° « Construire les outils de la dĂ©cision politique Â», sur la base d'une approche Ă©cosystĂ©mique et d'aires marines protĂ©gĂ©es ; 3° )Donner aux pĂȘcheurs les moyens d'ĂȘtre les premiers acteurs et gestionnaires d’une pĂȘche responsable et durable, en arrĂȘtant la surexploitation et acceptant des quotas et luttant contre les fraudes ; 4°) Des pouvoirs publics qui exercent leurs prĂ©rogatives de contrĂŽle et respectent enfin les avis scientifiques. 5° ) Mieux informer les citoyens pour les rendre responsables, qu'ils puissent choisir des poissons impactant moins la ressource, de taille lĂ©gale, Ă©colabellisĂ©s MSC ou Ă©quivalent, en favorisant les initiatives de pĂȘche durable mises en place par avec les pĂȘcheurs, sans oublier de rĂ©duire l'impoact de la pĂȘche rĂ©crĂ©ative « qui ne doit plus ĂȘtre mĂ©sestimĂ© Â».

Vers des solutions plus durables

Une pĂȘche artisanale basĂ©e sur une bonne gestion de quotas serait une des solutions envisagĂ©es Ă  la surpĂȘche

Les solutions intuitives telles que rĂ©duire l'effort de pĂȘche quand une ressource diminue ne fonctionnent pas dans le domaine de la pĂȘche. Ainsi depuis 1950, 25 % des populations de 1.519 espĂšces Ă©tudiĂ©es par Mullon et ses collĂšgues [23] [24] se sont effondrĂ©es dont un cinquiĂšme, brutalement et sans signes avant-coureurs, aprĂšs un plateau de production. Contrairement aux apparences, la stabilitĂ© d'une pĂȘcherie n'est donc pas un indicateur de bonne santĂ© de la ressource, ni de sa bonne gestion[25] ; DĂšs qu'un certain seuil minimal de succĂšs de reproduction n'est plus atteint, la population pĂȘchĂ©e peut s'effondrer en quelques annĂ©es. Et cette rĂ©gression est souvent masquĂ©e pour le public par une efficacitĂ© accrue des moyens de pĂȘche, ou un effort de pĂȘche plus intense ou dĂ©placĂ© ailleurs. Pire ; arrĂȘter de pĂȘcher une espĂšce ne suffit pas toujours Ă  en restaurer la population, mĂȘme aprĂšs plusieurs dĂ©cennies, et probablement pour toujours quand une autres espĂšce est devenue dominante et que les communautĂ©s animales et vĂ©gĂ©tales se sont rĂ©organisĂ©es, selon d'autres rapports prĂ©dateur-proie[26].

Face Ă  l’exploitation gĂ©nĂ©ralisĂ©e des mers au profit des capitaux et bĂ©nĂ©fices de court-terme, une pĂȘche soutenable voudrait prĂ©server l’économie de subsistance des populations locales pour assurer la sĂ©curitĂ© alimentaire, la survie Ă©conomique et la prĂ©servation des cultures. Elle se traduit par exemple par le label MSC dĂ©livrĂ© sur la base de critĂšres de soutenabilitĂ© environnementale, sociale et Ă©conomique.

Gestion restauratoire de la ressource

Quelques expĂ©riences positives ont montrĂ© qu'une gestion rationnelle et des prĂ©lĂšvements raisonnables permettaient de restaurer et protĂ©ger une ressource. De nombreux dispositifs de rĂ©cifs artificiels sont expĂ©rimentĂ©s dans le monde. Autour de Sainte-Lucie, une Aire marine protĂ©gĂ©e soutenue par le FFEM, a en 10 ans multipliĂ© par 4 la biomasse de poissons dans la rĂ©serve naturelle, et elle a triplĂ© aux alentours de cette derniĂšre, alors que la diversitĂ© des espĂšces se reconstituaient Ă©galement ; ce qui a permis aussi de calmer les conflits qui opposaient les pĂȘcheurs Ă  ceux qui voulaient protĂ©ger les fonds et les poissons, notamment pour le tourisme, les pĂȘcheurs tirant ici aussi des avantages du tourisme[27]. Toutefois, un DCP placĂ© dans un environnement appauvri risque de ne faite que dĂ©placer le poisson, voire faciliter sa surexploitation.

Aquaculture

L’aquaculture pourrait ĂȘtre une solution pour rĂ©pondre Ă  la demande en poissons tout en amĂ©liorant l’habitat (rĂ©cifs artificiels) mais actuellement la plupart des poissons d’élevage des pays dĂ©veloppĂ©s sont des carnivores. Il faut pĂȘcher 2kg de poissons pour en Ă©lever 1kg et les produits de l’aquaculture ont un prix Ă©levĂ© ce qui n’amĂ©liore pas la sĂ©curitĂ© alimentaire. Elle permet seulement de valoriser des poissons peu recherchĂ©s par les consommateurs (petits pĂ©lagiques).
La Chine et l'Inde pratiquent des Ă©levages de cyprinidĂ©s et de tilapias omnivores qui permettent de produire de grande quantitĂ© de poissons (10 millions de tonnes de carpes, 1.5 million de tonne de Tilapia) sans utiliser de grandes quantitĂ©s de farines de poissons. Ces Ă©levages sont souvent intĂ©grĂ©s Ă  des systĂšmes d'Ă©levage de volailles oĂč de porcs, les Ă©tangs sont enrichis avec les effluents des Ă©levages (qui peuvent aussi bien ĂȘtre trĂšs modernes et trĂšs intensifs que familiaux).

L’aquaculture peut cependant contribuer Ă  l'eutrophisation et une anoxie locale des eaux, voire Ă  une prolifĂ©ration de planctons toxiques (marĂ©e rouge) ou de pathogĂšnes antibiorĂ©sistants.
La fuite de saumons d’élevage met en pĂ©ril les populations sauvages en transmettant des infections contractĂ©es en captivitĂ© et en dĂ©plaçant les Ɠufs dĂ©posĂ©s sur le fond par les saumons autochtones car ils frayent plus tard. Chaque annĂ©e, 500000 poissons s’échappent des Ă©levages d’aprĂšs le WWF. La FAO recommande la triploĂŻdisation des poissons d'Ă©levage pour empĂȘcher les "Ă©vadĂ©s" de se reproduire et d'envahir le milieu naturel.
Dans les zones tropicales, la construction massive de fermes aquacoles a entraßné une destruction des mangroves et des zones humides.

PĂȘche littorale

Mesures proposĂ©es par la FAO pour un dĂ©veloppement durable de la pĂȘche dans les zones cĂŽtiĂšres et sur le plateau continental :

  • PrĂ©lĂšvement de droits pour l’exploitation des ressources, assorties de pĂ©nalitĂ©s et de l’élimination des subventions incitant Ă  la surcapitalisation.
  • Zones ou saisons de pĂȘche fermĂ©e.
  • Incorporer dans des parcs marins les zones d’alevinage.
  • Encourager les installation aquacoles dans les environnements pouvant les supporter.
  • CrĂ©ation de mĂ©canismes de rĂ©solution des conflits entre usagers.
  • RĂ©duire le rejet de dĂ©bris emmĂȘlant.
  • AmĂ©liorer la sĂ©lectivitĂ© des engins de pĂȘche.
  • DĂ©finir des objectifs de gestion par-rapport Ă  des rĂ©fĂ©rents et prĂ©ciser l’état des pĂȘcheries.
  • ContrĂŽle des rejets de matiĂšres eutrophisantes.

Des exemples de gestion rĂ©ussie avec les pĂȘcheurs existent comme en rade de Brest oĂč les restrictions Ă  la pĂȘche Ă  la coquille Saint-Jacques et l’ensemencement annuel de la rade par de jeunes coquillages nĂ©s en Ă©closerie a permis de multiplier par 5 les prises qui avaient chutĂ© Ă  cause de la surpĂȘche.

PĂȘche hauturiĂšre

  • Des recherches plus nombreuses et approfondies sur le rĂŽle des mammifĂšres marins et des prĂ©dateurs apicaux dans les Ă©cosystĂšmes.
  • RĂ©duire les captures accidentelles d’oiseaux, de tortues, de mammifĂšres marins et maintenir les prises accessoires Ă  des niveaux permettant le renouvellement des populations.
  • Tenir compte du faible taux de renouvellement et de la sensibilitĂ© des mammifĂšres marins.
  • Favoriser la gestion par des organismes rĂ©gionaux.
  • Appliquer les nouvelles technologies au contrĂŽle des stocks.
  • Combattre les pavillon de complaisance.

Choix du consommateur

Outre le problĂšme de surpĂȘche le consommateur doit faire attention Ă  la contamination par des polluants. Le thon (dĂ©graissĂ© ou non) accumule le mercure et/ou le mĂ©thylmercure et le saumon les pesticides et d'autres contaminants. Les poissons de pĂȘche durable sont rĂ©putĂ©s ĂȘtre la bonite Ă  ventre rayĂ©, le germon, le thon ventru de ligne, le bar d’élevage, le bar blanc, le cabillaud du Pacifique, la sole, le flĂ©tan du Pacifique, le rouget barbet de roche, le tilapia, le turbot. Les crevettes d’eau froide et les moules peuvent complĂ©ter cette ressource.

Vers une action concertĂ©e des Ă©tats contre la pĂȘche illĂ©gale=

Selon la FAO, les illĂ©galitĂ©s les plus frĂ©quentes sont la pĂȘche sans permis, l'utilisation d'engins de pĂȘche (ou de moyens de pĂȘches tels que la dynamite ou des poisons) interdits. Viennent ensuite la pĂȘche hors des saisons autorisĂ©es ou dans des zones fermĂ©es Ă  la pĂȘche, ainsi que les captures de juvĂ©niles ou d'espĂšces dont la pĂȘche est interdite.
Longtemps les Ă©tats ont protĂ©gĂ© leur marchĂ© intĂ©rieur au dĂ©triment de la ressource halieutique, mais sous l'Ă©gide de l'ONU et en particulier de la FAO, un projet de traitĂ© visant Ă  interdire l'accĂšs des ports aux navires pratiquant la pĂȘche illĂ©gale, non dĂ©clarĂ©e et non rĂ©glementĂ©e, a obtenu en 2009 l'accord de 91 pays, [28]. Chaque pays devra dans sa zone de compĂ©tence et dans ce cadre renforcer la qualitĂ© des contrĂŽles et la frĂ©quence des inspections (dans ses ports et en mer), dĂ©livrer des autorisations aux navires de pĂȘche Ă©trangers, partager les informations sur les navires «illĂ©gaux Â» et aider les pays en dĂ©veloppement Ă  lutter contre la pĂȘche illĂ©gale. Ichiro Nomura (Sous-directeur gĂ©nĂ©ral des pĂȘches et de l'aquaculture Ă  la FAO) a rappelĂ© que c'Ă©tait l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et des pĂȘcheurs eux-mĂȘmes, car « En entravant l'amĂ©nagement responsable des pĂȘches, la pĂȘche illĂ©gale nuit Ă  la productivitĂ© des pĂȘches ou porte Ă  leur effondrement». le traitĂ© doit ĂȘtre adoptĂ© en ConfĂ©rence de la FAO en novembre 2009, puis entrera en vigueur 30 jours aprĂšs que 25 pays l'auront ratifiĂ©s.
Les bateaux-pirates ne pourront alors plus thĂ©oriquement dĂ©barquer ni transborder leurs prises, ni se ravitailler en provisions et en carburant, et ils risqueront d'ĂȘtre contrĂŽlĂ©s plus souvent.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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Bibliographie

  • Duffy-Anderson Janet T., Kevin Bailey, Lorenzo Ciannelli, Philippe Cury, Andrea Belgrano, and Nils Chr. Stenseth. 2005. Phase transitions in marine fish recruitment processes. Ecological Complexity, 2 : 205-218.
  • Daan N., Christensen V. and P. Cury (Eds.) 2005. Quantitative ecosystem indicators for fisheries management. ICES Journal of Marine Science. 62: 307-614.

Notes et références

  1. ↑ Chasses, pĂȘches : extrait du « recueil de planches sur les sciences, les arts libĂ©raux et les arts mĂ©chaniques Â»] (digitalisĂ© par Gallica et la BnF)
  2. ↑ Autre illustration provenant de l'encyclopĂ©die de Diderot, montrant des techniques de pĂȘche intensive du saumon, utilisĂ©es en France au 18Ăšme siĂšcle
  3. ↑ Description du dĂ©partement du Nord Par François Joseph Grille (d'Angers) paris, Ed Sazerac & Duval, 1825-1830 (dans les pages consacrĂ©es Ă  Gravelines)
  4. ↑ rĂ©union du Forum ministĂ©riel mondial de l'environnementĂ  Monaco, du 20 au 22 fĂ©vrier 2008, du Conseil d'administration du PNUE et du Forum ministĂ©riel mondial sur l'environnement
  5. ↑ Ce rapport « In Dead Water Â» est produit par les scientifiques du PNUE en collaboration avec des universitĂ©s et des instituts europĂ©ens et des USA. Il s'appuie sur des donnĂ©es scientifiques rĂ©centes et souvent nouvelles, dont le dernier rapport d'Ă©valuation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'Ă©volution du climat (GIEC), qui a rĂ©uni plus de deux mille chercheurs sous l'Ă©gide du PNUE et de l'Organisation MĂ©tĂ©orologique mondiale (OMM)
  6. ↑ communiquĂ© ONU, Forum ministĂ©riel mondial de l'environnement, datĂ© du 28.01.2008
  7. ↑ Cury Philippe M. and Villy Christensen 2005. Quantitative ecosystem indicators for fisheries management: an introduction, Editorial. ICES Journal of Marine Science. 62: 307-310
  8. ↑ [ http://www.seaaroundus.org/TrophicLevel/EEZTaxon.aspx?eez=208&fao=27&country=Denmark&Hasnote=1&typeOut=1&Tx=1 exemple de statistiques de pĂȘcheries par espĂšce (Danemark)] ou de zone (pour le Danemark par exemple)
  9. ↑ Kaschner, K. (2005) Modelling and mapping resource overlap between marine mammals and fisheries on a global scale. University of British Columbia, Vancouver
  10. ↑ Karpouzi, V.S. (2005) Modelling and mapping trophic overlap between fisheries and the world's seabirds. University of British Columbia, Vancouver (thùse)
  11. ↑ ThĂšse : Teh, L. (2006) The ecological and socio-economic sustainability of the reef fisheries of Pulau Banggi, Sabah, Malaysia. University of British Columbia, Vancouver.
  12. ↑ ThĂšse : Freire, K. (2005) Fishing impacts on marine ecosystems off Brazil with emphasis on the northeastern region. University of British Columbia, Vancouver.
  13. ↑ Bhathal, B. (2004) Historical reconstruction of Indian marine fisheries catches, 1950-2000, as basis for testing the 'marine trophic index'. University of British Columbia, Vancouver (Thùse)
  14. ↑ Swartz, W.K. (2004) Global maps of the growth of Japanese fisheries and fish consumption. University of British Columbia, Vancouver(Thùse)
  15. ↑ Wallace, S.S. (1999) Fisheries impacts on marine ecosystems and biological diversity: the role of marine protected areas in British Columbia. University of British Columbia, Vancouver
  16. ↑ Expression utilisĂ©e par Daniel Pauly lors d'une interview d'une heure environ sur France culture (Ă©missions « Terre Ă  terre Â», 2009 04 18)
  17. ↑ Scientific Expeditions & Surveys database
  18. ↑ page sur le navire Atlantic Dawn
  19. ↑ vidĂ©o prĂ©sentant l'Atlantic Dawn
  20. ↑ Le rapport (en)
  21. ↑ Le point Commission europĂ©enne (fr)
  22. ↑ Rapport du sĂ©nateur Marcel-Pierre ClĂ©ach ; Rapport, et sa synthĂšse en 4 pages
  23. ↑ Mullon , FrĂ©on P. & P. Cury. 2005. « Patterns and models of collapsing world fisheries Â». Fish and Fisheries. 6 : 111-120.
  24. ↑ Cury P., Mullon Christian, Garcia Serge Michel and Lynne Shannon. 2005. Viability theory for ecosystem approach to fisheries. ICES Journal of Marine Resources. 62: 577-584
  25. ↑ Document d'alerte et de veille (Bio intelligence service) de la commission europĂ©enne, intitulĂ© : Stable catch: warning for future fishery collapse ? d'aprĂšs C. Mullon, P. FrĂ©on & P. Cury, 2005– The dynamics of collapse in world fisheries, Fish and Fisheries, vol.6, pp. 111-120.
  26. ↑ Cury, P., FrĂ©on, P., Moloney, C., Shannon, L. and Shin, Y. 2005. « Processes and patterns of interactions in marine fish populations: an ecosystem perspective Â». In The SEA: Ideas and Observations on Progress in the study of the Seas. The global coastal ocean: multiscale interdisciplinary processes (A. Robinson and K. Brink Eds.). Chapter 14. Harvard University Press, Cambridge: 475-554
  27. ↑ Site du ministĂšre français des affaires Ă©trangĂšres
  28. ↑ CommuniquĂ© FAO du 1er septembre 2009, intitulĂ© «  Nouveau traitĂ© pour contrer les "pirates de la pĂȘche" ; 91 pays s'accordent pour intensifier la lutte contre la pĂȘche illicite Â»


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