Supraconductivite

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Supraconductivite

Supraconductivité

La supraconductivit√© est un ph√©nom√®ne caract√©ris√© par l'absence de r√©sistance √©lectrique et l'annulation du champ magn√©tique ‚ÄĒ l'effet Meissner ‚ÄĒ √† l'int√©rieur de certains mat√©riaux dits supraconducteurs. La supraconductivit√© d√©couverte historiquement en premier, et que l'on nomme commun√©ment supraconductivit√© conventionnelle, se manifeste √† des temp√©ratures tr√®s basses, proches du z√©ro absolu (-273,15 ¬įC).

Dans les supraconducteurs conventionnels, des interactions complexes se produisent entre les atomes et les √©lectrons libres et conduisent √† l'apparition de paires li√©es d'√©lectrons, appel√©es paires de Cooper, du nom du physicien (Leon Neil Cooper) qui en a expliqu√© l'origine en 1956. L'explication de la supraconductivit√© est donc intimement li√©e aux caract√©ristiques quantiques de la mati√®re. Alors que les √©lectrons sont des fermions, ces paires d'√©lectrons se comportent comme des bosons, de spin √©gal √† 0, et sont ¬ę condens√©es ¬Ľ dans un seul √©tat quantique, sous la forme d'une condensation de Bose-Einstein.

Un effet voisin de la supraconductivité est la superfluidité ou suprafluidité, caractérisant un écoulement sans aucune résistance, c'est-à-dire qu'une petite perturbation que l'on soumet à ce type de liquide ne s'arrête jamais, de la même façon que les paires de Cooper se déplacent sans aucune résistance dans un supraconducteur.

Il existe √©galement d'autres classes de mat√©riaux, collectivement appel√©s ¬ę supraconducteurs non conventionnels ¬Ľ (par opposition √† la d√©nomination de supraconductivit√© conventionnelle), dont les propri√©t√©s ne sont pas expliqu√©es par la th√©orie conventionnelle. En particulier, la classe des cuprates (ou ¬ę supraconducteurs √† haute temp√©rature critique ¬Ľ), d√©couverte en 1986, pr√©sente des propri√©t√©s supraconductrices √† des temp√©ratures bien plus √©lev√©es que les supraconducteurs conventionnels (la temp√©rature critique des supraconducteurs √† hautes temp√©rature critique peut √™tre sup√©rieure d'un facteur 10 par rapport √† celle des supraconducteurs conventionnels). Toutefois, ce que les physiciens nomment ¬ę haute temp√©rature ¬Ľ reste extr√™mement bas (le maximum est 133 K, soit -140 ¬įC)[1],[2].

Bien que ce sujet soit, depuis près de deux décennies, considéré comme le sujet le plus important de la physique du solide, aucune théorie n'est actuellement satisfaisante pour décrire le phénomène de la supraconductivité à haute température critique.

La temp√©rature de l'azote liquide -196 ¬įC, qui peut √™tre fabriqu√© industriellement, est g√©n√©ralement prise en r√©f√©rence comme temp√©rature en dessous de laquelle on entre dans les tr√®s basses temp√©ratures. Une autre d√©finition fait appel √† des notions de changement de phase magn√©tique.

Sommaire

Historique

Le phénomène fut découvert en 1911 par un étudiant en physique, Gilles Holst, étudiant sous la direction du physicien néerlandais Kamerlingh Onnes (ce dernier s'étant par la suite approprié cette découverte). Kamerlingh Onnes aurait demandé à son étudiant de surveiller une expérience qu'ils étaient en train de mener sur les propriétés du mercure à très basse température (le domaine d'étude de prédilection de Kamerlingh Onnes). Or, l'étudiant laissa le protocole expérimental s'emballer, et atteindre par hasard des températures que le système ne devait pas atteindre. Cette erreur fut néanmoins fructueuse, puisque Gilles Holst et Kamerlingh Onnes montrèrent que la résistivité électrique (ou résistance électrique) du mercure devient non mesurable en dessous d’une certaine température appelée température critique Tc. Le terme non mesurable signifie ici que la résistance électrique du mercure chute de façon brutale au-dessous de Tc, de sorte que l'on ne peut plus la définir de façon conventionnelle. Pour cette découverte, Kamerlingh Onnes a reçu le prix Nobel de physique en 1913.

Des exp√©riences avec de nombreux autres √©l√©ments montr√®rent que certains poss√©daient des facult√©s de supraconductivit√©, mais d'autres non : Citons en 1913, le plomb √† 7 K et en 1941, le nitrure de niobium √† 16 K.[r√©f. souhait√©e]

En 1933, Meissner et Ochsenfeld découvrent que les supraconducteurs repoussent le champ magnétique, un phénomène connu sous l'appellation d'effet Meissner. En 1935, les frères Fritz et Heinz London ont montré que l'effet Meissner est une conséquence de la minimisation de l'énergie libre transportée par le courant supraconducteur.

En 1950, une théorie phénoménologique dite de Ginzburg-Landau fut élaborée par Landau et Ginzburg. Cette théorie a été un succès pour expliquer les propriétés macroscopiques des supraconducteurs en utilisant l'équation de Schrödinger. En particulier, Abrikosov montra qu'avec cette théorie on peut prévoir qu'il existe deux catégories de supraconducteurs (appelés type I ou type II). Abrikosov et Ginzburg ont reçu le prix Nobel 2003 pour ce travail (Landau étant décédé en 1968).

C'est en 1950 que l'on constate que la température critique dépend de la masse isotopique.

Une théorie complète de la supraconductivité fut proposée en 1957 par Bardeen, Cooper et Schrieffer. Connue sous l'appellation de leurs initiales théorie BCS, elle explique la supraconductivité par la formation de paires d'électrons (paires de Cooper) formant alors des bosons interagissant avec des phonons. Pour leur travail, les auteurs eurent le prix Nobel de physique en 1972.

En 1959, Gorkov montra que la théorie BCS se ramène à la théorie de Ginzburg-Landau au voisinage de la température critique d'apparition de la supraconductivité.

En 1962, les premiers fils supraconducteurs (un alliage de niobium-titane) sont commercialis√©s par Westinghouse. La m√™me ann√©e, Josephson pr√©voit th√©oriquement qu'un courant peut circuler √† travers un isolant mince s√©parant deux supraconducteurs ; ce ph√©nom√®ne qui porte son nom : l'effet Josephson, est utilis√© dans les SQUIDs. Ces dispositifs servent √† faire des mesures tr√®s pr√©cises de h/e, et combin√© avec l'effet Hall quantique, √† la mesure de la constante de Planck h. Josephson a re√ßu le prix Nobel 1973.

En 1986, Bednorz et M√ľller ont d√©couvert une supraconductivit√© √† une temp√©rature de 35 K dans des mat√©riaux de structure perovskite de cuivre √† base de lanthane (Prix Nobel de physique, 1987).

Tr√®s rapidement en rempla√ßant le lanthane par de l'yttrium, i.e. en produisant de l'YBa2Cu3O7, la temp√©rature critique est mont√©e √† 92 K, d√©passant la temp√©rature de l'azote liquide qui est de 77 K. Cela est tr√®s important car l'azote liquide est produit industriellement √† bas prix et peut m√™me √™tre produit localement. Beaucoup de cuprates supraconducteurs ont √©t√© produits par la suite et les m√©canismes de cette supraconductivit√© sont encore √† d√©couvrir. Malheureusement, ces mat√©riaux sont des c√©ramiques et ne peuvent √™tre travaill√©s ais√©ment. De plus, ils perdent facilement leur supraconductivit√© √† fort champ et donc les applications se font attendre. Les recherches se poursuivent pour diminuer la sensibilit√© aux champs et pour augmenter la temp√©rature critique. Apr√®s la temp√©rature de l'azote liquide, atteinte, le seuil psychologique et √©conomique est la glace carbonique (-78,5 ¬įC).

Le 31 mai 2007, une équipe de physiciens franco-canadienne a publié dans la revue Nature une étude[3] qui, selon un communiqué du CNRS[4], permettrait d'avancer sensiblement dans la compréhension de ces matériaux.

En janvier 2008, l'√©quipe du professeur Hosono du Tokyo institute of technology a rapport√© l'existence d'une nouvelle classe de supraconducteurs (les pnictides, de type ROFeAs ; o√Ļ R est une terre rare) dop√© avec du fluor sur le site de l'oxyg√®ne[5]. La temp√©rature critique maximale √©tait de 28 K. Cette d√©couverte a surpris l'ensemble de la communaut√© scientifique en raison de la pr√©sence du fer dans un supraconducteur ayant une aussi haute temp√©rature critique. En ao√Ľt 2008, il semble y avoir un consensus indiquant que le fer joue un r√īle majeur dans la supraconductivit√© de ces mat√©riaux. Actuellement, des centaines de travaux sont publi√©s montrant l'enthousiasme de la communaut√© scientifique √† propos de cette d√©couverte. Un certain nombre de groupes ont rapport√© une temp√©rature critique maximale de l'ordre de 56 K dans le cas o√Ļ R est une terre non magn√©tique. Fin mai 2008, le groupe du professeur Johrendt de l'universit√© de Munich rapporte la supraconductivit√© dans le compos√© Ba0.6K0.4Fe2As2 avec une Tc de l'ordre de 38 K[6]. Ce compos√© poss√®de une structure cristallographique tr√®s proche de celle de LaOFeAs. Cette d√©couverte est importante car elle montre que l'oxyg√®ne n'a aucun r√īle dans le m√©canisme de supraconductivit√© dans cette nouvelle classe de supraconducteurs. Le magn√©tisme semble en cause, comme pour les cuprates.

Propriétés élémentaires

Un supraconducteur est un mat√©riau qui, lorsqu'il est refroidi en dessous d'une temp√©rature critique Tc, pr√©sente deux propri√©t√©s caract√©ristiques, qui sont :

L'existence de ces caractéristiques, communes à tous les supraconducteurs conventionnels, permettent de définir la supraconductivité comme résultant d'une transition de phase. L'étude des variations des propriétés physiques des supraconducteurs lorsqu'ils passent dans l'état supraconducteur confirme ceci et établit que la transition supraconductrice est une véritable transition de phase.

Résistivité nulle

C√Ębles d'alimentation des exp√©riences du CERN : en haut, les c√Ębles du LEP ; en bas, les c√Ębles du LHC, supraconducteurs (m√™me puissance).

L'absence totale de résistance électrique d'un supraconducteur parcouru par un courant limité est évidemment leur propriété la plus connue. C'est d'ailleurs celle-ci qui a donné son nom au phénomène.

Effet Meissner

Article d√©taill√© : Effet Meissner.

L'effet Meissner, nommé d'après Walther Meissner qui l'a découvert en compagnie de Robert Ochsenfeld en 1933, est le fait qu'un échantillon soumis à un champ magnétique extérieur expulse celui-ci lorsqu'il est refroidi en dessous de sa température critique, et ce, quel que soit son état antérieur.

D'après les équations de Maxwell, dans tout matériau dont la résistance est nulle, le champ magnétique doit rester constant au cours du temps.
Cependant, l'existence de l'effet Meissner, montre que la supraconductivité ne se résume pas à l'existence d'une conductivité infinie.

Expérimentalement, on montre l'effet Meissner en refroidissant un échantillon supraconducteur en dessous de sa température critique en présence d'un champ magnétique. Il est alors possible de montrer que le champ magnétique à l'intérieur de l'échantillon est nul, alors que pour un hypothétique conducteur parfait, il devrait être égal au champ magnétique appliqué lors de la transition.

Note : certains supraconducteurs, dits de type II, ne pr√©sentent l'effet Meissner que pour de faibles valeurs du champ magn√©tique, tout en restant supraconducteurs √† des valeurs plus √©lev√©es. (cf. infra)

[Train utilisant l'effet Meissner.|http://www.youtube.com/watch?v=ybOHPLVzeMU&NR=1]

Théories

Théorie de Ginzburg-Landau

Article d√©taill√© : th√©orie de Ginzburg-Landau.

La th√©orie d√©velopp√©e par Ginzburg et Landau en 1950 introduit un param√®tre d'ordre complexe Ōą(r) caract√©risant la supraconductivit√© dans le cadre g√©n√©ral de la th√©orie de Landau des transitions de phase du second ordre. La signification physique de ce param√®tre est que n_s(\mathbf{r}) =
{\vert \psi(\mathbf{r})\vert}^2 est proportionnel √† la densit√© d'√©lectrons supraconducteurs (i.e. d'√©lectrons constituant des paires de Cooper). Le postulat de d√©part de la th√©orie est que la densit√© d'√©nergie libre fs peut √™tre d√©velopp√©e en une s√©rie du param√®tre d'ordre pr√®s de la transition supraconductrice sous la forme suivante :


f=f_{n0} + \alpha \left| \psi \right|^2 + \frac{\beta}{2} \left|
\psi \right|^4 + \frac{1}{2m^*} \left| \left(-\imath\hbar\nabla -
q^* \textbf{A} \right) \psi \right|^2 + \frac{\mathbf{B}^2}{2\mu_0}

o√Ļ fn0 est la densit√© d'√©nergie libre dans l'√©tat normal en champ nul, A est le potentiel-vecteur et B est l'intensit√© locale de l'induction magn√©tique.

Les deuxi√®me et troisi√®me termes sont le d√©veloppement au second ordre en |Ōą|¬≤, le troisi√®me peut √™tre vu comme l'expression invariante de jauge de l'√©nergie cin√©tique associ√©e aux ¬ę porteurs de charge supraconducteurs ¬Ľ, de masse m* et de charge q* tandis que le quatri√®me est simplement la densit√© d'√©nergie magn√©tique.

Dans l'√©tat supraconducteur, en l'absence de champ et de gradients, l'√©quation pr√©c√©dente devient :


f_s -f_n = \alpha {\left| \psi \right|}^2 + \frac{1}{2} \beta
{\left| \psi \right|}^4

ő≤ est n√©cessairement positif car sinon, il n'y aurait pas de minimum global pour l'√©nergie libre, et donc pas d'√©tat d'√©quilibre. Si őĪ > 0, le minimum a lieu pour Ōą = 0 : le mat√©riau est dans l'√©tat normal. Le cas int√©ressant est donc celui o√Ļ őĪ < 0. On a alors, √† l'√©quilibre, \left| \psi \right|^2 = \left| \psi_\infty \right|^2 \equiv -\alpha/2\beta, d'o√Ļ :


f_s - f_n = \frac{{\mathbf{B}_C}^2}{2\mu_0} = -\frac{\alpha^2}{2 \beta}

Vortex et supraconducteurs de type II

Théorie BCS

Article d√©taill√© : th√©orie BCS.

Cette th√©orie est bas√©e sur le couplage des √©lectrons d'un m√©tal en paire : les paires de Cooper. Elles forment un √©tat unique, coh√©rent, d'√©nergie plus basse que celle du m√©tal normal, avec des √©lectrons non appari√©s.

Le probl√®me est d'expliquer cet appariement compte tenu de la r√©pulsion coulombienne. Dans un m√©tal, les √©lectrons interagissent avec le r√©seau cristallin form√© d'ions positifs. Ceux-ci attirent les √©lectrons et se d√©placent l√©g√®rement (les ions positifs ont une grande inertie). Les physiciens ont donn√© le nom de phonons √† ces vibrations atomiques naturelles. Cette interaction entre les √©lectrons et les phonons est √† l'origine de la r√©sistivit√© et de la supraconductivit√© : attir√©s par le passage tr√®s rapide d'un √©lectron (106 m/s), les ions se d√©placent et cr√©ent une zone locale √©lectriquement positive. Compte tenu de l'inertie, cette zone persiste alors que l'√©lectron est pass√©, et peut attirer un autre √©lectron qui se trouve ainsi, par l'interm√©diaire d'un phonon, appari√© au pr√©c√©dent. Et ce malgr√© la r√©pulsion coulombienne. L'agitation thermique finit par d√©truire ce fragile √©quilibre d'o√Ļ l'effet n√©faste de la temp√©rature.

Une particularit√© des paires de Cooper est que leur moment magn√©tique intrins√®que (aussi appel√© spin) est nul. En effet, les deux √©lectrons appari√©s ont le m√™me spin (1/2, spin caract√©ristique des fermions), mais de signe oppos√©. C'est la condition pour que l'√©nergie de la paire soit inf√©rieure √† la somme des √©nergies des deux √©lectrons. Ils forment alors un ensemble qui se comporte comme un boson (particule de spin entier ob√©issant la statistique de Bose-Einstein) : les paires se d√©placent sans rencontrer la moindre r√©sistance. D'o√Ļ la supraconductivit√©.

La différence d'énergie entre l'état supraconducteur et l'état normal est appelée gap d'énergie. C'est l'énergie nécessaire pour passer de l'état supraconducteur à l'état normal en brisant les paires de Cooper. Cette énergie tend vers zéro lorsque la température tend vers la température critique.

L'interaction √©lectron-phonon joue un r√īle essentiel pour l'appariement des √©lectrons donc pour la supraconductivit√©

Cette th√©orie a √©t√© imagin√©e avant la d√©couverte des mat√©riaux supraconducteurs √† hautes temp√©ratures critiques. Une question se pose alors : les supraconducteurs √† hautes Tc contredisent-ils la th√©orie BCS ? Les th√©oriciens ne s'entendent pas sur ce sujet. Certains sont d‚Äôavis que le couplage entre les √©lectrons n‚Äôest plus d√Ľ au r√©seau (donc aux phonons), mais √† d‚Äôautres interactions (√©lectroniques, magn√©tiques, les deux, ‚Ķ).
D’autres proposent des modèles entièrement nouveaux. Le sujet reste encore ouvert…

Classes de supraconducteurs

Supraconducteurs conventionnels

Les supraconducteurs conventionnels sont ceux qui sont bien décrits par la théorie BCS.

Supraconducteurs non conventionnels

Les supraconducteurs non conventionnels sont les matériaux qui ont des propriétés de supraconduction mais ne se conforment pas à la théorie BCS ou à ses extensions.

Le premier supraconducteur non conventionnel fut d√©couvert par Johannes Georg Bednorz et Karl Alexander M√ľller en 1985. Il s'agit d'une c√©ramique compos√©e d'oxydes mixtes de baryum de lanthane et de cuivre dont la temp√©rature critique est d'environ 35 K (-238 ¬įC). Cette temp√©rature √©tait bien sup√©rieure aux plus hautes temp√©ratures critiques connues √† cette √©poque (23 K) ; cette nouvelle famille de mat√©riau fut appel√©e supraconducteur √† haute temp√©rature. Bednorz et M√ľller re√ßurent en 1987 le prix Nobel de physique pour leur d√©couverte.

Depuis lors, de nombreux autres supraconducteurs à haute température ont été synthétisés. Dès 1987, on atteignit la supraconductivité au-dessus de 77 K, la température d'ébullition de l'azote, ce qui est très important pour les applications technologiques car l'azote liquide est bien moins onéreux que l'hélium liquide qui devait être utilisé jusqu'alors. Exemple YBa2Cu3O7, Tc = 95 K.
La temp√©rature critique record est d'environ 133 K (-140 ¬įC) √† la pression normale et des temp√©ratures l√©g√®rement plus √©lev√©es peuvent √™tre atteintes √† des pressions plus √©lev√©es. N√©anmoins, il est consid√©r√© comme peu probable qu'un mat√©riau √† base de cuprate puisse atteindre la supraconductivit√© √† temp√©rature ambiante.

Toutefois, ces derni√®res ann√©es, d'autres supraconducteurs non conventionnels ont √©t√© d√©couverts. Parmi ceux-ci, certains ne sont pas supraconducteurs √† haute temp√©rature mais sont non conventionnels selon d'autres crit√®res (par exemple, l'origine de la force √† l'origine de la formation des paires de Cooper peut √™tre diff√©rente que celle postul√©e par la th√©orie BCS) ; mais d'autres, ayant des temp√©ratures critiques inhabituellement √©lev√©es mais n'√©tant pas √† base de cuprate ont aussi √©t√© d√©couverts. Certains de ces derniers pourraient √™tre des exemples de supraconducteurs conventionnels extr√™mes (on suspecte que c'est le cas du diborure de magn√©sium MgB2, Tc = 39 K) ; d'autres ont des caract√©ristiques moins conventionnelles.

Supraconducteurs exotiques

Applications

Magnétohydrodynamique- (voir)

Canon magnétique

√Člectro-aimants

La r√©alisation d'√©lectro-aimants supraconducteurs constitue certainement l‚Äôapplication la plus courante de la supraconductivit√©. On les retrouve dans les domaines :

  • de l‚Äôimagerie m√©dicale pour laquelle un champ magn√©tique de plusieurs Teslas est produit par un sol√©no√Įde supraconducteur. Ils permettent √©galement de produire un champ magn√©tique tr√®s homog√®ne, ce qui permet d'obtenir une image de grande qualit√© : centre Neurospin de Saclay ;
  • des acc√©l√©rateurs de particules : projet LHC (Large Hadron Collider) du CERN : 1700 tonnes de mat√©riau supraconducteur[7];
  • de la l√©vitation magn√©tique, avec notamment les trains √† sustentation √©lectromagn√©tique (le maglev japonais, voir Sustentation √©lectromagn√©tique) et les accumulateurs √©lectrom√©caniques √† volant d'inertie.
  • de la fusion nucl√©aire par confinement magn√©tique : pour le confinement des plasmas chauff√©s entre 10 et 100 millions de Kelvins, un champ magn√©tique de l'ordre de 5 √† 10 Teslas doit √™tre cr√©√© au centre d'un tore, dont la version la plus avanc√©e est appel√©e tokamak. Ces champs √©normes peuvent √™tre maintenus pendant la dizaine de minutes gr√Ęce √† des bobines √† enroulement supraconducteur : c'est le cas du tokamak Tore-Supra de Cadarache et du futur Tokamak ITER (International Tokamak Experimental Reactor) qui est en cours de construction √©galement √† Cadarache pour une premi√®re d√©charge plasma en 2018.

Stockage de l'énergie

Les SMES : Superconducting Magnet Energy Storage.

Une bobine supraconductrice est connect√©e au r√©seau par l'interm√©diaire d'un convertisseur alternatif-continu r√©versible. La bobine est aliment√©e par le redresseur qui permet de stocker de l'√©nergie sous la forme ¬Ĺ L√óI2. En cas de besoin (d√©faut de la ligne) l‚Äô√©nergie stock√©e dans la bobine supraconductrice est retransf√©r√©e √† l'installation via l'onduleur. En France, les plus gros prototypes (plusieurs centaines de kJ) ont √©t√© r√©alis√©s √† Grenoble[8], au d√©partement MCBT de l'Institut N√©el avec l'aide de partenaires comme la DGA et Nexans.

La propri√©t√© de l√©vitation des supraconducteurs peut aussi √™tre mise √† profit pour faire du stockage d'√©nergie. C'est le cas des accumulateurs d'√©nergie cin√©tique rotative (par volant d'inertie, en anglais Flywheel). Dans ces applications, une roue aimant√©e est plac√©e en l√©vitation au-dessus d'un supraconducteur. La roue est mise en rotation (id√©alement dans le vide pour r√©duire au maximum les frottements) au moyen d'un moteur (phase de charge). Une fois la roue ¬ę charg√©e ¬Ľ, elle conserve l'√©nergie sous forme d'√©nergie cin√©tique de rotation, avec peu de perte, puisqu'il n'y a quasiment aucun frottement. L'√©nergie peut √™tre r√©cup√©r√©e en freinant la roue.

SMES et Flywheel sont donc deux solutions technologiques qui pourraient remplacer une batterie traditionnelle, bien que le maintien des températures cryogéniques soit énergivore.

Confinement électromagnétique

Dans le but de r√©aliser la fusion thermonucl√©aire contr√īl√©e : les tokamaks ou les stellarators sont des enceintes toriques √† l'int√©rieur desquelles on confine des plasmas sous des pressions et √† des temp√©ratures consid√©rables[9].
Voir aussi le Projet ITER.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Il s'agit du HgBa2Ca2Cu2O8, une c√©ramique. William D. Callister, Science et g√©nie des mat√©riaux, Modulo √Čditeur, 2001, p.620 (traduit en fran√ßais)
  2. ‚ÜĎ L'hydrog√®ne m√©tallique est suppos√© √™tre supraconducteur √† temp√©rature ambiante, mais il ne peut exister que sous tr√®s haute pression ; pour les applications industrielles, ce serait bien plus difficile √† r√©aliser que les basses temp√©ratures.
  3. ‚ÜĎ Nicolas Doiron-Leyraud, Cyril Proust, David LeBoeuf, Julien Levallois, Jean-Baptiste Bonnemaison, Ruixing Liang, D. A. Bonn, W. N. Hardy, Louis Taillefer, ¬ę Quantum oscillations and the Fermi surface in an underdoped high-Tc superconductor ¬Ľ, Nature, 31 May 2007, Vol 447, pp 565-568.
  4. ‚ÜĎ Voir ce communiqu√© de presse.
  5. ‚ÜĎ Y. Kamahira et al, J. Am. Chem. Soc. 130, 3296, 2008.
  6. ‚ÜĎ M. Rotter et al, arXiv:0805.4630v2 dans http://arxiv.org/abs/0805.4630?context=cond-mat, 2008
  7. ‚ÜĎ Site du CERN.
  8. ‚ÜĎ P. Tixador, M. Del√©glise, A. Badel, K. Berger, B. Bellin, J.C. Vallier, A. Allais, C.E. Bruzek. "First tests of a 800 kJ HTS SMES". IEEE Transactions on Applied Superconductivity, Vol. 18 (2), pp. 774-778, June 2008.
  9. ‚ÜĎ Voir : Tore Supra.

Voir aussi

Liens externes

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