Stravinski

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Stravinski

Igor Stravinski

Igor Stravinski
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Nom de naissance Igor Fiodorovitch Stravinski
Naissance 17 juin 1882
Oranienbaum, Russie Russie
D√©c√®s 6 avril 1971
New York, √Čtats-Unis √Čtats-Unis
Activité principale Compositeur
Style

Igor Fiodorovitch Stravinski (en russe : –ė–≥–ĺ—Ä—Ć –§—Ď–ī–ĺ—Ä–ĺ–≤–ł—á –°—ā—Ä–į–≤–ł–Ĺ—Ā–ļ–ł–Ļ) (Oranienbaum, Russie, 17 juin 1882 ‚ÄĒ New York, 6 avril 1971) √©tait un compositeur et chef d'orchestre russe (naturalis√© fran√ßais en 1934, puis am√©ricain en 1945) de l'√©poque moderne, consid√©r√© comme l'un des compositeurs les plus influents du XXe si√®cle.

L'Ňďuvre de Stravinski, qui s'√©tend sur pr√®s de soixante-dix ann√©es, se caract√©rise par sa grande diversit√© de styles. Le compositeur acc√©da √† la c√©l√©brit√© durant sa premi√®re p√©riode cr√©atrice avec trois ballets qu'il composa pour les Ballets russes de Diaghilev : L'Oiseau de feu (1910), Petrouchka (1911) et surtout Le Sacre du Printemps (1913). Le Sacre, son Ňďuvre la plus c√©l√®bre, eut un impact consid√©rable sur la fa√ßon d'aborder le rythme en musique. Dans les ann√©es 1920 sa production musicale prit un virage n√©oclassique et renoua avec les formes traditionnelles (concerto grosso, fugue et symphonie). Dans les ann√©es 1950 enfin, Stravinski explora les possibilit√©s de la musique s√©rielle en utilisant les techniques les plus avanc√©es de son √©poque.

Sommaire

Biographie

De l'enfance à Diaghilev

Fiodor Stravinski dans l'opéra Rusalka d'Alexandre Dargomyjski.

Igor Stravinski est n√© le 17 juin 1882 √† Oranienbaum, o√Ļ ses parents se trouvaient en vacances, mais il passa toute son enfance au 66 Krioukov Kanal, √† Saint-P√©tersbourg, o√Ļ la famille r√©sidait. Son p√®re, Fiodor Stravinski √©tait une basse chantant au th√©√Ętre Mariinsky. Igor √©tait le troisi√®me d'une famille de quatre enfants. La vie familiale √©tait difficile. Ses parents √©taient s√©v√®res et les rapports qu'il avait avec ses deux fr√®res a√ģn√©s √©taient √©galement froids. ¬ę Il ne me montrait de tendresse que lorsque j'√©tais malade[1] ¬Ľ, √©crit-il √† propos de son p√®re dans Souvenirs et commentaires.

Malgr√© le fait que son p√®re soit un chanteur de renom, le jeune Stravinski n'a que tr√®s peu de contacts avec la musique classique dans sa jeunesse. En 1890, √† huit ans, La Belle au bois dormant de Tcha√Įkovski et plus tard Une vie pour le tsar de Glinka restent ses deux seules exp√©riences de concert importantes de son enfance[2]. Igor d√©bute des le√ßons de piano √† l'√Ęge de neuf ans et ¬ę ne semble du reste pas montrer de dispositions particuli√®res pour la musique[3] ¬Ľ. Ce que le jeune enfant aimait le plus faire au piano, c'√©tait improviser, malgr√© les nombreux reproches qu'on lui faisait. ¬ę Ce travail continu d'improvisations n'√©tait pas absolument st√©rile, car il contribuait d'une part √† une meilleure connaissance du piano, et d'autre part faisait germer des id√©es musicales[4] ¬Ľ, √©crit-il dans ses Chroniques de ma vie. √Ä son premier professeur succ√®dera Mme Khachperova, √©l√®ve d'Anton Rubinstein, qui fait travailler √† Stravinski le r√©pertoire classique et romantique d'une mani√®re tr√®s autoritaire, allant m√™me jusqu'√† interdire totalement l'usage de la p√©dale.

Ses premiers essais de composition n'√©tant pas suffisamment satisfaisants, son p√®re l'inscrit √† la facult√© de droit de Saint-P√©tersbourg en 1901. Durant la m√™me p√©riode, il prend des le√ßons d'harmonie et de contrepoint. Quoique l'√©tude de l'harmonie ne lui donne ¬ę aucune satisfaction[5] ¬Ľ, il s'exerce beaucoup au contrepoint pour son propre compte. Cependant, le d√©c√®s de son p√®re le 21 novembre 1902 lui enl√®ve un poids consid√©rable. M√™me s'il reste inscrit pendant quatre ans √† l'universit√©, il n'assiste au plus qu'√† une cinquantaine de cours. Il passe maintenant ses soir√©es au th√©√Ętre Mariinski et aux concerts symphoniques de la Soci√©t√© imp√©riale et fait d'autres essais de compositions dont le chant Nuages d'orage et un Scherzo pour piano.

Igor Stravinski (√† gauche) et Nikola√Į Rimski-Korsakov (√† droite de Stravinski) en 1908.

Le point tournant de l'√©ducation musicale de Stravinski est sa rencontre avec Nikola√Į Rimski-Korsakov pendant l'√©t√© 1902. ¬ę Je lui exposai mon d√©sir de devenir compositeur et lui demandai son avis[6]. ¬Ľ, raconte-t-il. Le c√©l√®bre compositeur, lui d√©conseillant le Conservatoire, lui dit qu'il serait pr√™t √† lui enseigner une fois qu'il aurait acquis les notions √©l√©mentaires d'harmonie et de contrepoint. C'est l'√©t√© suivant que Rimski-Korsakov commence √† lui donner des le√ßons, apr√®s avoir entendu sa Sonate pour piano en fa di√®se mineur. Ces enseignements, qui continu√®rent jusqu'√† sa mort, se sont principalement centr√©s sur l'art de l'orchestration et des formes classiques.

¬ę Il me donnait √† orchestrer des pages de la partition de piano d'un nouvel op√©ra qu'il venait d'achever. Quand j'avais orchestr√© un fragment, il me montrait son instrumentation personnelle du m√™me morceau. Je devais confronter les deux et c'est encore moi qui devais lui expliquer pourquoi lui l'avait orchestr√© autrement. Dans le cas o√Ļ je n'y arrivais pas, c'est lui qui me l'expliquait[7]. ¬Ľ

Igor Stravinski √©pouse en 1906 sa cousine Catherine Gavrilovna Nossenko qui lui donnera quatre enfants : Fiodor (dit Th√©odore) en 1907, Lioudmilla en 1908, Sviatoslav (dit Soulima) en 1910 et Milena (dite Mil√®ne) en 1914.

La premi√®re Ňďuvre compos√©e par Stravinski lors de son apprentissage avec Rimski-Korsakov est la Symphonie en mi b√©mol, en 1907. Suivront le Scherzo fantastique et Feu d'artifice, celui-ci interrompu √† l'annonce de la mort de son ma√ģtre le 21 juin 1908. Stravinski compose alors un Chant fun√®bre √† sa m√©moire, Ňďuvre perdue durant la R√©volution russe. La cr√©ation du Feu d'artifice, le 6 f√©vrier 1909, est d√©cisive pour la carri√®re du compositeur, car Serge de Diaghilev est pr√©sent.

Les premiers grands succès

Au moment o√Ļ Diaghilev d√©couvre Stravinski, il est d√©j√† tr√®s populaire √† Paris, non pas avec des ballets, mais plut√īt avec des concerts de musique russe et des op√©ras, dont la cr√©ation fran√ßaise de Boris Godounov. Au d√©but de 1909, il s'attaque au ballet. Pour Les Sylphides, il demande √† plusieurs compositeurs d'orchestrer des pi√®ces de Chopin. Impressionn√© par le Feu d'artifice qu'il vient de voir, il demande √† Stravinski d'orchestrer le Nocturne en la b√©mol majeur et la Valse brillante en mi b√©mol majeur destin√©e au final.

Stravinski et Nijinski en 1911.

Au cours de l'√©t√©, alors que Diaghilev part pour Paris o√Ļ il rencontre un succ√®s extraordinaire avec sa premi√®re saison des Ballets russes, Stravinski se retire √† Oustiloug pour composer le premier acte de son op√©ra Le Rossignol. Cependant, il devra interrompre sa composition puisque Diaghilev lui commande un premier ballet. Pour sa nouvelle saison, il d√©sirait pr√©senter une Ňďuvre in√©dite, inspir√©e de la l√©gende de l'oiseau de feu. Anatoli Liadov devait √† l'origine en √©crire la musique, mais √©tant un compositeur trop lent, il d√©cida de se tourner vers Stravinski, qui √©tait alors √Ęg√© de vingt-sept ans. L'immense succ√®s de L'Oiseau de feu, cr√©√© le 25 juin 1910, fait du compositeur une vedette instantan√©ment.

Apr√®s L'Oiseau de feu, les deux prochains ballets que Stravinski composera pour la troupe de Diaghilev marqueront un changement de direction dans son approche musicale. Alors que L'Oiseau de feu est encore bien ancr√©e dans la tradition post-romantique h√©rit√©e, entre autres, de Rimski-Korsakov, Petrouchka, cr√©√© le 13 juin 1911, marquera une rupture importante. Stravinski y abandonne toute l'harmonie chaleureuse et ¬ę magique ¬Ľ de L'Oiseau de feu, caract√©ris√©e entre autres par l'utilisation abondante du chromatisme. Il utilise maintenant la ¬ę polytonalit√© ¬Ľ et la juxtaposition de s√©quences rythmiques.

Décor original de Nicholas Roerich pour la première partie du Sacre du printemps.

Les deux ann√©es suivantes, Stravinski compose tr√®s peu de pi√®ces : deux cycles de chants et une br√®ve cantate mystique, Le Roi des √©toiles. Cependant, il compose ce qui va devenir probablement son Ňďuvre la plus c√©l√®bre et qui lui assurera d√©finitivement une place parmi les compositeurs les plus marquants du XXe si√®cle. Il s'agit du Sacre du printemps. Sa cr√©ation, une des plus scandaleuses de l'histoire de la musique, eut lieu le 29 mai 1913 au Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, √† Paris, sur une chor√©graphie de Vaslav Nijinski. Le compositeur d√©crit ainsi la repr√©sentation dans ses Chroniques de ma vie : ¬ę [J'ai] quitt√© la salle d√®s les premi√®res mesures du pr√©lude, qui tout de suite soulev√®rent des rires et des moqueries. J'en fus r√©volt√©. Ces manifestations, d'abord isol√©es, devinrent bient√īt g√©n√©rales et, provoquant d'autre part des contre-manifestations, se transform√®rent tr√®s vite en un vacarme √©pouvantable[8]. ¬Ľ Dans le Sacre, Stravinski approfondit les √©l√©ments d√©j√† exp√©riment√©s avec ses deux premiers ballets, soit le rythme et l'harmonie. L'un est constitu√© d'un dynamisme sans pr√©c√©dent, alors que l'autre repose en partie sur l'utilisation d'agr√©gats sonores.

L'après Sacre

Quelques jours apr√®s la premi√®re repr√©sentation du Sacre du printemps, Stravinski attrape une forte fi√®vre typho√Įde qui l'oblige √† passer six semaines dans une maison de sant√© √† Neuilly. √Ä sa sortie, il compose les trois petites chansons dites Souvenirs de mon enfance, mais d√©j√†, il d√©cide de se remettre √† son op√©ra Le Rossignol, dont la composition avait √©t√© interrompue au premier acte lorsqu'il re√ßut la commande de L'Oiseau de feu, en 1909. Cependant, son style ayant beaucoup chang√© depuis, Stravinski fera du premier acte de 1909 une sorte de prologue, justifiant ainsi les diff√©rences musicales entre celui-ci et le reste de l'op√©ra. Le po√®me symphonique Le Chant du rossignol, qu'il en tire en 1917, est consid√©r√© par plusieurs comme √©tant ¬ę un adieu d√©finitif au Sacre[9]. ¬Ľ

Les ann√©es suivantes voient Stravinski aborder des formations plus restreintes, alors que les activit√©s de Diaghilev et des Ballets russes sont interrompues par la guerre. Lors de son dernier voyage en Russie, un mois seulement avant le d√©but de la Premi√®re Guerre mondiale, le compositeur rapporte deux recueils de chants populaires russes, qui serviront de base √† la plupart de ses Ňďuvres jusqu'√† Pulcinella, en 1920. Ce n'est qu'en 1962 que Stravinski remettra les pieds dans son pays natal, cette fois en tant que citoyen am√©ricain.

Charles Ferdinand Ramuz, auteur du livret de L'Histoire du soldat et des traductions des Noces, de Renard et d'autres Ňďuvres vocales de Stravinski.

Entre 1914 et 1917, Stravinski compose Les Noces, relatant un mariage paysan russe. Cependant, n'arrivant pas √† se d√©cider quant √† l'instrumentation de l'Ňďuvre, il ne l'ach√®vera que six ans plus tard, pour voix, quatre pianos et percussions. C'est entre 1915 et 1916 que le compositeur termine Renard (pour quatre voix et dix-sept musiciens), d'apr√®s le conte populaire russe du renard et du coq.

En 1917, au lendemain de la R√©volution de F√©vrier, Stravinski passe quelques temps √† Rome, en compagnie de Diaghilev, Massine, Bakst, Cocteau, Ansermet et, surtout, Picasso, avec qui il d√©veloppe une grande amiti√© et qui fera de lui trois portraits c√©l√®bres (un en 1917 et deux en 1920). √Ä son retour de Rome, Stravinski est boulevers√© d'apprendre que sa gouvernante allemande, qui l'avait √©lev√© d√®s sa naissance et √† laquelle il ¬ę √©tait profond√©ment attach√© et [qu'il] aimait comme une seconde m√®re[10] ¬Ľ, est d√©c√©d√©e. Quelque mois plus tard, il s'agit de son fr√®re Goury qui meurt sur le front roumain. Stravinski se trouve √† ce moment dans une situation mat√©rielle tr√®s pr√©caire, arrivant difficilement √† nourrir sa femme et ses quatre enfants. Il imagine donc, en collaboration avec l'√©crivain Charles Ferdinand Ramuz et le chef d'orchestre Ernest Ansermet, un spectacle de poche ambulant. Ce sera L'Histoire du soldat, spectacle pour trois r√©citants et sept musiciens, termin√© en 1918. L'Ňďuvre qui suivra marquera un point tournant tr√®s important dans la carri√®re du compositeur, car il s'agit de sa premi√®re composition de sa p√©riode dite n√©oclassique.

Pendant la p√©riode de la guerre, Stravinski habitait principalement en Suisse (avec un voyage en Italie et un autre en Espagne), ensuite dit-il ¬ę comme apr√®s la paix, la vie active dans toute l'Europe, et surtout en France, avait repris de la fa√ßon la plus intense, (...) je r√©solus de transporter mes p√©nates en France o√Ļ alors battait le pouls de l'activit√© mondiale[11] ¬Ľ

Le néoclassicisme

Stravinski dirigeant en 1929.

Avec Pulcinella (1920), d'apr√®s Pergol√®se, d√©bute la p√©riode dite ¬ę n√©oclassique ¬Ľ de Stravinski (une voie d'ailleurs explor√©e, juste avant lui, par des compositeurs comme Georges Enesco avec sa Suite d'orchestre op. 20 ou Maurice Ravel avec son Tombeau de Couperin) : elle durera jusqu'√† l'op√©ra The Rake's Progress, en 1951. Il emprunte alors aux musiques de : Machaut, Bach, Weber, Rossini, Tcha√Įkovski et d'autres, mais avec un humour, un m√©tier et une originalit√© n'ayant rien d'une √©pigone. Du printemps 1921 √† l'automne 1924, Stravinski vit √† Biarritz sur la c√īte basque. Ses amis Ravel, Alexandre Benois, Arthur Rubinstein, mais surtout Coco Chanel et une riche Chilienne qui deviendra son m√©c√®ne, Mme Errazuriz, l'avaient encourag√© dans ce choix. A la fin 1924, la famille d√©m√©nage √† Nice. Cette p√©riode voit na√ģtre de nouvelles Ňďuvres comme Symphonie d'instruments √† vent (1920), l'Octuor pour instruments √† vent (1922-1923), la Symphonie de psaumes (1929-30), la Symphonie en trois mouvements (1945), Orph√©e (1947) ou la Messe (1948), mais aussi l'op√©ra bouffe Mavra (1922), l'op√©ra-oratorio Ňídipus Rex (1928), les ballets Apollon musag√®te (1928) et Jeu de cartes (1936), le m√©lodrame Pers√©phone (1934), le concerto Dumbarton Oaks (1938) et la Symphonie en ut (1940).

L'ultime période créatrice

Tombe de Stravinski à San Michele

Vers 1950, face √† l'impact grandissant des trois Viennois (Sch√∂nberg, Berg, et surtout Webern) et dans une moindre mesure de Var√®se ‚ÄĒ qui lui travaille plus avec les sons qu'avec les concepts et l'h√©ritage du pass√© ‚ÄĒ, Stravinski peut appara√ģtre comme le porte-parole de la ¬ę r√©action ¬Ľ musicale. Il effectue alors sa volte-face apparemment la plus spectaculaire en adoptant un s√©rialisme tr√®s personnel, plus dans la lign√©e de Webern que de Sch√∂nberg. En t√©moignent apr√®s de timides essais dans la Cantate de 1952 sur des textes m√©di√©vaux anglais, le Septuor ‚ÄĒ en particulier la gigue, clin d'Ňďil au Sch√∂nberg de l'opus 23 (1953) ‚ÄĒ, les Trois chants de Shakespeare (1953), In memoriam Dylan Thomas (1954) puis, surtout, le Canticum Sacrum (1956) et le ballet Agon (1957). Son style se fait d√©pouill√©, d'une grande aust√©rit√©, et l'inspiration religieuse occupe une place importante, avec Threni (1958), Ňďuvre ma√ģtresse, Abraham et Isaac (1963) d√©di√©e √† la nation d'Isra√ęl et chant√© en h√©breux, le lugubre Intro√Įtus (1965) ou encore les ultimes Requiem canticles (1966) qui semblent un r√©sum√© de toute son Ňďuvre. Citons encore Mouvements pour piano et orchestre (1959) tr√®s webernien d'allure et les m√©connues Variations (Aldous Huxley In Memoriam) pour orchestre (1963) o√Ļ le vieux lion tient la drag√©e haute √† toute la jeune g√©n√©ration : plusieurs passages font penser au Karlheinz Stockhausen des Gruppen. Il meurt le 6 avril 1971 √† New-York apr√®s avoir pr√©sent√© The Rake's Progress.

Son Ňďuvre

Une Ňďuvre d'une profonde unit√©

Pour Stravinski, la musique est destin√©e √† ¬ę instituer un ordre dans les choses, y compris et surtout un ordre entre l'homme et le temps [...]. La construction faite, l'ordre atteint, tout est dit[r√©f. n√©cessaire]. ¬Ľ

On a l'habitude de diviser l'√©volution de Stravinski en trois p√©riodes : russe, n√©oclassique et s√©rielle. Mais, en ses d√©buts, il recr√©e plus qu'il n'emprunte le mat√©riau folklorique, et les √©l√©ments de son langage ne sont pas de provenance russe, mais marquent l'aboutissement de certaines traditions occidentales. Son n√©oclassicisme est quant √† lui non pas un pastiche, mais le point de d√©part d'une recherche, celle de l'objectivit√© stylistique dans le cadre de l'universalit√© de la forme et de l'esprit, ce qui explique la persistance de son int√©r√™t pour les sujets hors temps, quasi rituels. Ses Ňďuvres s√©rielles, enfin, poussent √† ses plus extr√™mes cons√©quences le souci de rigueur au d√©triment de l'√©l√©ment subjectif et prennent appui sur le seul ph√©nom√®ne musical collectif du XXe si√®cle. Son parcours pourrait appara√ģtre ainsi non plus comme une succession d'adh√©sions et de d√©sengagements, qui conduisent alors n√©cessairement √† douter de son authenticit√© profonde, mais comme t√©moignant d'une r√©elle unit√©.

Innovations

Héritage

Littérature

Stravinski a écrit deux livres, fréquemment réédités. Le premier, Chroniques de ma vie, est une autobiographie racontant sa vie jusqu'en 1935. Elle a par la suite été rééditée en 1962 et régulièrement depuis. Le second ouvrage, Poétique musicale, rédigé en 1945, est un essai sur la musique.

Robert Craft, son ami et son collaborateur pour les trente derni√®res ann√©es de sa vie, a √©galement r√©dig√© de nombreux volumes avec ou sur le compositeur. Mentionnons ici ceux r√©dig√©s en collaboration avec lui : Conversations with Igor Stravinsky, Souvenirs et Commentaires, Expositions and Developments, Dialogues and a Diary, Themes and Episodes et Retrospectives and a conclusion.

L'ouvrage Souvenirs sur Igor Stravinsky, écrit en 1929 par Charles Ferdinand Ramuz , constitue un témoignage de l'amitié entre les deux artistes[12].

Son fils a√ģn√©, Th√©odore Strawinsky, a √©crit un ouvrage sur le musicien Le message d'Igor Strawinsky, publi√© en 1948 et r√©√©dit√© en 1980. Il a aussi r√©dig√© un livre de souvenirs sur ses parents Catherine et Igor Strawinsky, album de famille, en 1973.

Discographie

Stravinski compositeur, fut amen√© √† partir des ann√©es dix a diriger ses compositions. C'est le 2 avril 1914 qu'il dirige un orchestre pour la premi√®re fois. Lors d'une r√©p√©tition de sa Symphonie en mi b√©mol, dirig√©e en concert par Ernest Ansermet, le chef invite le compositeur √† prendre la baguette lui-m√™me. Ce n'est toutefois que l'ann√©e suivante qu'il aura l'occasion de diriger devant public, lors d'un gala au b√©n√©fice de la Croix-Rouge, donn√© par Diaghilev √† Gen√®ve. Le compositeur dirige alors L'Oiseau de feu.

M√™me s'il avait, avant la seconde guerre mondiale, fait quelques enregistrements de sa musique pour les firmes RCA et Columbia, Stravinski a enregistr√© presque l'enti√®ret√© de ses Ňďuvres au cours des ann√©es cinquante et soixante sous l'impulsion du producteur Goddard Lieberson pour Columbia Records, maintenant devenue Sony Classical[13]. Par l'enregistrement, le compositeur voyait une bonne mani√®re de pr√©server sa pens√©e musicale.

Robert Craft, ami et collaborateur de Stravinski des années 1950 à sa mort, a fait de nombreux enregistrements devant mener à une intégrale pour Naxos[14].

Liste des Ňďuvres

Bibliographie

  • Boucourechliev, Andr√©, Igor Stravinsky, Fayard, coll. ¬ę Les indispensables de la musique ¬Ľ, France, 1982 (ISBN 2-213-02416-2).
  • Rousseau-Plotto, √Čtienne, Stravinsky √† Biarritz, S√©guier, France, 2001
  • Stravinski, Igor, Chroniques de ma vie, Deno√ęl, Paris, 1935 (r√©√©dition 2001) (ISBN 2-207-25177-2).
  • Stravinski, Igor et Robert Craft, Souvenirs et commentaires, Gallimard, France, 1960 (traduction 1970) (ISBN 2-070-26102-6).
  • Collectif d'auteurs, Stravinsky, Hachette, coll. G√©nies et R√©alit√©s, Paris, 1968.
  • Strawinsky, Th√©odore, Le message d'Igor Strawinsky, Rouge, Lausanne, 1948 (r√©√©dition 1980).
  • Strawinsky, Th√©odore, Catherine et Igor Strawinsky, Album de famille, Boosey and Hawkes, London, 1973.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Souvenirs et commentaires.
  2. ‚ÜĎ Dans ses Chroniques de ma vie, Stravinski dit d'Une vie pour le tsar que c'√©tait la premi√®re fois qu'il entendait un orchestre, n√©gligeant ainsi compl√®tement le souvenir de La Belle au bois dormant.
  3. ‚ÜĎ Boucourechliev, p. 35.
  4. ‚ÜĎ Chroniques de ma vie (r√©√©dition de 1962), p. 14.
  5. ‚ÜĎ Chroniques de ma vie (r√©√©dition de 1962), p. 28.
  6. ‚ÜĎ Chroniques de ma vie (r√©√©dition de 1962), p. 30.
  7. ‚ÜĎ Chroniques de ma vie (r√©√©dition de 1962), p. 38.
  8. ‚ÜĎ Chroniques de ma vie (r√©√©dition de 1962), p. 77
  9. ‚ÜĎ Boucourechliev, p. 129.
  10. ‚ÜĎ Chroniques de ma vie.
  11. ‚ÜĎ in Chroniques de ma vie, op cit√©
  12. ‚ÜĎ Boucourechliev, p. 411-415.
  13. ‚ÜĎ Voir cette page pour plus d'informations sur les enregistrements de Stravinski pour Sony Classical.
  14. ‚ÜĎ Voir cette page pour plus d'informations sur les enregistrements de Robert Craft pour Naxos.

Voir aussi

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