Stanislas Leszczynski

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Stanislas Leszczynski
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Stanislas Ier
StanisŇāaw LeszczyŇĄski par Girardet.PNG
Portrait de Stanislas LeszczyŇĄski par Jean Girardet.

Titre
Duc de Lorraine et de Bar
9 juillet 1737 ‚Äď 23 f√©vrier 1766
&&&&&&&&&&01045628 ans, 7 mois et 14 jours
Prédécesseur François III
Successeur Annexion du Duché de Lorraine par Louis XV
Roi de Pologne et grand-duc de Lituanie
1er septembre 1704 ‚Äď 8 juillet 1709
&&&&&&&&&&&017714 ans, 10 mois et 7 jours
Prédécesseur Auguste II
Successeur Auguste II
Biographie
Dynastie LeszczyŇĄski
Nom de naissance StanisŇāaw LeszczyŇĄski
Date de naissance 20 octobre 1677
Lieu de naissance Lwów (Pologne)
Date de d√©c√®s 23 f√©vrier 1766 (√† 88 ans)
Lieu de décès Lunéville (France)
P√®re RafaŇā LeszczyŇĄski
M√®re Anna JabŇāonowska
Conjoint Catherine OpaliŇĄska
Enfants Anne Leszczynska
Marie Leszczinska

Coat of Arms of Stanislaus Leszczynski as prince of Lorraine.svg
Rois de Pologne

Stanislas Leszczinski (StanisŇāaw LeszczyŇĄski en polonais) est n√© √† L√©opol en Pologne, le 20 octobre 1677 et mort √† Lun√©ville en France, le 23 f√©vrier 1766. Il fut roi de Pologne de 1704 √† 1709 sous le nom de Stanislas Ier (StanisŇāaw I). C'est en 1737 qu'il devint duc de Lorraine et de Bar et ce jusqu'√† sa mort.

Issu d'une famille aristocratique de Boh√™me-Moravie install√©e en Pologne au Xe si√®cle, Stanislas LeszczyŇĄski, riche h√©ritier du palatinat de Posnanie, re√ßoit une √©ducation extr√™mement soign√©e : solidement form√© dans la litt√©rature et les sciences, il parle et √©crit, outre le polonais, l'allemand, l'italien, le fran√ßais et le latin et fait le tour des grandes capitales (Vienne, Rome, Paris...) pour compl√©ter sa formation. √Ä vingt et un ans, il √©pouse la fille d'un magnat polonais, Catherine OpaliŇĄska. Le couple aura deux filles : Anne Leszczynska et Marie Leszczynska, qui √©pouse Louis XV en 1725.

Sommaire

Grandeurs et mis√®res du tr√īne de Pologne

En 1697, la diète de Pologne élit Frédéric-Auguste Ier prince électeur de Saxe roi de Pologne sous le nom d'Auguste II.

La même année voit l'avènement du jeune Charles XII de Suède. Le tsar Pierre Ier de Russie et le roi Auguste II de Pologne prenant les quinze ans du nouveau souverain pour une marque d'inexpérience et de faiblesse déclarent immédiatement la guerre à la Suède alors première puissance d'Europe du Nord. Mais le roi de Suède, Charles XII, réagit avec courage et montrant son génie militaire, repousse les Russes et envahit la Pologne.

Il fait élire Stanislas le 12 juillet 1704.

Apr√®s la d√©faite de Poltava, en 1709, contre les arm√©es de Pierre Ier le Grand, tsar de Russie, Charles XII est emprisonn√© en Bessarabie, possession ottomane en Europe orientale, entre la Moldavie et l'Ukraine, √† Bender (aujourd'hui Tighina en Moldavie), et Stanislas, chass√© du tr√īne de Pologne, chevaleresquement l'y rejoint.


En exil

Charles XII lui conf√®re en 1714 la jouissance de sa principaut√© de Deux-Ponts (Zweibr√ľcken), √† la fronti√®re de la Lorraine. Stanislas peut y cultiver la musique et les arts, la philosophie et les sciences dans le palais baroque ¬ę aux allures orientales ¬Ľ qu‚Äôil fait construire et qu'il baptise ¬ę Tschifflick ¬Ľ ("maison de plaisance" en turc), en souvenir de son s√©jour √† Bender. C'est lors de son s√©jour dans la principaut√© qu'il perdra sa fille a√ģn√©e Anne.

À la mort de Charles XII, en 1718, Stanislas et sa famille trouvent refuge auprès du duc Léopold Ier de Lorraine, beau-frère du régent, puis (mars 1719) après la médiation réussie du baron Stanislas-Constantin de Meszek, à Wissembourg, en Alsace, sur les terres du roi de France.

Il loge d'abord au ch√Ęteau Saint-R√©mi puis dans un h√ītel plus spacieux mis √† sa disposition par le bailli de Weber qui le tenait de son beau-p√®re, le receveur de l'ordre teutonique Jaeger (aujourd'hui maison de retraite). La famille vit de mani√®re modeste, gr√Ęce √† une pension de 1 000 livres par semaine octroy√©e par le R√©gent. Stanislas s'y ennuie ferme, entour√© d'un cercle de courtisans de plus en plus r√©duit. Son entourage domestique se partage honneurs et titres de cour, d√©sormais vides, et ne cesse pourtant de se chamailler pour des questions de pr√©s√©ances.

C'est par un hasard √©tonnant que le mariage de Louis XV avec sa fille ch√©rie Marie LeszczyŇĄska sort la famille de son triste exil et propulse l'ancien roi d√©chu Stanislas sur la sc√®ne europ√©enne.

Un mariage royal

Pendant ce temps, en France, √† la mort du R√©gent, Philippe d'Orl√©ans, le 2 d√©cembre 1723, le duc de Bourbon (Monsieur le Duc) obtint de Louis XV la charge de Premier ministre. Le R√©gent avait pr√©vu que Louis XV, qui allait sur ses treize ans, √©pous√Ęt une infante d'Espagne, alors √Ęg√©e de six ans. Cette perspective lointaine inqui√©tait fort le duc de Bourbon car, si Louis XV venait √† dispara√ģtre avant de s'√™tre mari√© et d'avoir engendr√© un h√©ritier m√Ęle, la couronne reviendrait au fils du R√©gent, le jeune duc d'Orl√©ans. En effet, Louis XV avait toujours √©t√© de sant√© fragile. Nombreux √©taient ceux - notamment parmi les politiques et les diplomates - qui pensaient qu'il n'atteindrait pas l'√Ęge adulte. √Ä sa mort, son cousin, le jeune duc d'Orl√©ans devrait lui succ√©der. Le duc de Bourbon, membre d'une branche cadette rivale des Orl√©ans, prince du sang et premier ministre, ne voulait pas perdre le pouvoir. Il existait en effet, entre les branches d'Orl√©ans et de Cond√© de la maison de Bourbon, une opposition apparemment irr√©ductible. Monsieur le Duc, devenu Premier ministre, eut donc une obsession : marier le Roi et lui faire faire des enfants le plus vite possible. Un malaise dont fut pris le roi en f√©vrier 1725 le convainquit de pr√©cipiter le mouvement : l'infante d'Espagne fut renvoy√©e √† Madrid et un Conseil, tenu le 31 mars 1725, examina les diff√©rents partis possibles pour la remplacer. Pouss√© par sa ma√ģtresse, l'ambitieuse marquise de Prie, il n'h√©sita √† provoquer l'ire de la cour d'Espagne et, parjurant la parole de la France, rompit les fian√ßailles afin de chercher √† marier le roi adolescent √† une princesse pouvant lui assurer au plus t√īt une descendance.

Statue de Stanislas LeszczyŇĄski, Nancy

Apr√®s avoir √©limin√© les princesses trop √Ęg√©es ou trop jeunes ou celles qui √©taient li√©es aux Orl√©ans (comme les filles de L√©opold Ier de Lorraine), celles qui n'√©taient pas catholiques (orthodoxes comme la fille du tsar, calvinistes ou luth√©riennes comme nombre de princesses allemandes), il ne resta aucune candidate.

Le duc de Bourbon tenta de proposer une de ses sŇďurs mais la manŇďuvre, trop grossi√®re, fit long feu.

On "rep√™cha" alors la princesse Marie, fille de Stanislas, roi d√©tr√īn√© de Pologne, d√©j√† √Ęg√©e de 22 ans, et dont le premier ministre et surtout sa ma√ģtresse, la marquise de Prie, esp√©raient en retour une reconnaissance √©ternelle qui leur assurerait la conservation du pouvoir.

Monsieur le Duc, qui était veuf depuis 1720 et sans postérité, avait envisagé d'épouser lui-même la princesse polonaise et avait fait un certain nombre d'avances en ce sens.

Lorsque lui fut d√©p√™ch√©, en f√©vrier 1725, le peintre Pierre Gobert pour faire le portrait de la princesse Marie, Stanislas fut persuad√© que ce projet prenait forme. Aussi, quelle ne fut pas sa stup√©faction lorsque, le 2 avril, lundi de P√Ęques, un courrier lui apporta un pli, cachet√© du sceau du duc de Bourbon, qui lui demandait sa fille en mariage au nom de Louis XV !

Marie LeszczyŇĄska accepta imm√©diatement la proposition qui lui √©tait faite.

Le 27 mai, à son petit lever, Louis XV fit l'annonce officielle du mariage.

Le 4 juillet, la famille vint s'installer √† Strasbourg o√Ļ, le 15 ao√Ľt, le mariage fut c√©l√©br√© par procuration dans la cath√©drale par le cardinal de Rohan, grand aum√īnier de France et √©v√™que du dioc√®se.

Stanislas et sa femme quitt√®rent Strasbourg le 22 septembre et arriv√®rent le 16 octobre au ch√Ęteau de Bourron, pr√®s de Fontainebleau, o√Ļ ils retrouv√®rent leur fille.

Le lendemain, Louis XV vint leur rendre visite pour la première fois.

Stanislas rendit cette visite le 17 √† Fontainebleau et, le 19, il partit pour Chambord o√Ļ il avait √©t√© d√©cid√© qu'il s'√©tablirait, plut√īt qu'√† Saint-Germain-en-Laye. Il y r√©sida jusqu'en 1733, venant incognito, chaque automne rendre visite √† sa fille. Il s'y adonne √† la chasse tout en m√©ditant des projets de biblioth√®que d'√©tude et d'acad√©mie qu'il mettra en application une fois devenu duc de Lorraine. Il eut aussi √† son service le compositeur parisien Louis Homet (alors en place √† Orl√©ans, ville situ√©e √† une quarantaine de kilom√®tres de Chambord).

Les relations de Stanislas avec Louis XV furent généralement assez froides. En la présence de son beau-père, Louis XV ressentait probablement assez durement qu'il n'avait pas épousé la fille d'une des premières familles d'Europe. Néanmoins, Stanislas était cultivé, spirituel, et s'intéressait aux sciences et aux techniques, ce qui fournissait un sujet d'intérêt commun.

Le 1er novembre 1749, le Roi de Pologne et Duc de Lorraine et Madame Infante tiennent sur les fonts baptismaux la fille du Comte de Bragelone. (Source: Gazette de France publié par Théophraste Renaudot)

La restauration manquée et la guerre de Succession de Pologne

Article d√©taill√© : Guerre de Succession de Pologne.

La mort d'Auguste II, roi de Pologne, survenue le 1er f√©vrier 1733, ouvrit une crise de succession. L'empereur romain germanique Charles VI et la tsarine Anne se prononc√®rent en faveur de l'√©lecteur de Saxe, Auguste III, fils du roi d√©funt, tandis qu'en France, mais aussi en Pologne, un important parti militait pour la restauration de Stanislas. Le cardinal Fleury, qui n'avait gu√®re de sympathie pour cet h√īte co√Ľteux qui ne rapportait rien au tr√©sor, le laissa partir secr√®tement pour la Pologne pendant qu'un sosie prenait ostensiblement la mer √† Brest sur un navire fran√ßais. Le 8 septembre 1733, Stanislas arriva √† Varsovie et fut reconnu roi de Pologne et grand-duc de Lituanie par la di√®te d√®s le 12 septembre.

Les adversaires de Stanislas avaient déjà commencé à prendre les armes.

D√®s son √©lection, la Russie envoya des troupes et, d√®s le 22 septembre, Stanislas dut se r√©fugier dans Dantzig (GdaŇĄsk) pour y attendre de l'aide, pendant que le 5 octobre, Auguste III √©tait proclam√© roi √† Varsovie sous la protection des arm√©es russes.

Le 10 octobre, Louis XV, ne pouvant s'en prendre à la Russie, difficile à atteindre, déclara la guerre à son allié, l'Empereur Charles VI . Ce fut le début de la Guerre de Succession de Pologne.

Pour √©viter de s'ali√©ner les puissances neutres, le cardinal de Fleury se garda bien d'envoyer des renforts √† Stanislas, qui √©tait assi√©g√© dans Dantzig par les troupes russes √† partir de f√©vrier 1734 et soumis √† un incessant pilonnage d'artillerie. Pour sauver les apparences, il se borna √† d√©p√™cher quelques bateaux portant environ 2 000 hommes qui se firent tailler en pi√®ces au large de Dantzig √† la fin mai. Stanislas, dont la t√™te avait √©t√© mise √† prix, dut s'√©vader sous un d√©guisement le 27 juin aid√© par un espion de Louis XV, le chevalier de B√©la, et, apr√®s diverses aventures, trouva refuge, le 3 juillet, en Prusse, o√Ļ Fr√©d√©ric-Guillaume Ier l'accueillit au ch√Ęteau de K√∂nigsberg. Il s'y lia d‚Äôamiti√© avec le prince h√©ritier Fr√©d√©ric, qui deviendra Fr√©d√©ric II de Prusse (1740), avec lequel il entretint une abondante correspondance.

Stanislas duc de Lorraine et de Bar

StanisŇāaw LeszczyŇĄski.PNG

Charles VI se trouvant dans une situation militaire d√©licate offrit √† Louis XV de n√©gocier un trait√© de paix. Le cardinal de Fleury y vit l'opportunit√© de mettre enfin la main sur les duch√©s de Lorraine et de Bar qui, quoique pris en tenaille par les possessions fran√ßaises (trois √©v√™ch√©s (Toul, Verdun, Metz, route d'Alsace), g√™naient les communications entre Paris et l'Alsace, le duc de Lorraine et de Bar √©tant ouvertement favorable √† l'Empereur dont il devait √©pouser la fille a√ģn√©e et h√©riti√®re, Marie-Th√©r√®se d'Autriche.

Apr√®s des n√©gociations difficiles, le duc de Lorraine refusant d'abandonner ses sujets et son patrimoine, il fut convenu le 3 octobre 1735, dans un accord appel√© ¬ę les Pr√©liminaires de Vienne ¬Ľ, que Stanislas recevrait en viager les duch√©s de Lorraine et de Bar qui reviendraient √† la France √† sa mort, le duc de Lorraine Fran√ßois III (futur Empereur Fran√ßois Ier) recevant √† titre de compensation le grand-duch√© de Toscane au d√©c√®s du grand-duc r√©gnant. Fran√ßois III, r√©ticent mais contraint par l'Empereur, signa le 24 septembre 1736 l'acte de cession du duch√© de Bar mais attendit jusqu'au 13 f√©vrier 1737 pour renoncer au duch√© de Lorraine.

Entre-temps, le 5 mai 1736, Stanislas avait quitt√© K√∂nigsberg pour s'installer le 4 juin au ch√Ęteau de Meudon.

Apr√®s avoir abdiqu√© officiellement le tr√īne de Pologne, le 30 septembre, il fut contraint par les ministres de Louis XV, de signer une d√©claration secr√®te, appel√©e ¬ę d√©claration de Meudon ¬Ľ, par laquelle il d√©clarait ne pas vouloir se ¬ę charger des embarras des arrangements qui regardent l'administration des finances et revenus des duch√©s de Bar et de Lorraine ¬Ľ Stanislas s'en remettait au roi de France, qui entrait en possession des duch√©s ¬ę d√®s maintenant et pour toujours ¬Ľ.

En compensation, Stanislas recevait une rente annuelle de 1 500 000 livres, qui serait port√©e √† 2 millions au d√©c√®s du grand-duc de Toscane. Stanislas s'engageait √† nommer ¬ę un intendant de justice, police et finances ... ou autre personne sous tel titre et d√©nomination qu'il sera jug√© √† propos, lequel sera choisi de concert avec S.M. Tr√®s-Chr√©tienne. Ledit intendant ou autre exercera en notre nom le m√™me pouvoir et les m√™mes fonctions que les intendants de province exercent en France. ¬Ľ Stanislas agr√©a, avec le titre de chancelier, le 18 janvier 1737, le beau-fr√®re du contr√īleur g√©n√©ral Orry, Antoine-Martin Chaumont de La Galaizi√®re, qui avait √©t√© propos√© par le cardinal de Fleury. Celui-ci prit possession au nom de Stanislas, le 8 f√©vrier 1737 du duch√© de Bar et le 21 mars de celui de Lorraine.

Stanislas fut fra√ģchement accueilli par la population lorraine, tr√®s attach√©e √† la famille ducale et son intendant Chaumont de la Galaizi√®re fut unanimement ha√Į et demeure un personnage √† l'image noire dans la m√©moire des Lorrains.

Le 30 mars à Versailles, Stanislas et sa femme prirent congé de Louis XV, et le roi vint leur rendre visite le lendemain.

Le 1er avril, Stanislas partit pour la Lorraine et arriva d√®s le 3 avril √† Lun√©ville que la duchesse douairi√®re (sŇďur du d√©funt r√©gent) et ses filles, (que le duc de Bourbon avait d√©daign√©es), venaient de quitter pour Commercy dont elle recevait la souverainet√© en viager.

Stanislas dut loger chez le prince de Craon, puisque Fran√ßois III √©tait parti avec l'ameublement de ses ch√Ęteaux et que Louis XV n'avait pas pris soin de pourvoir son beau-p√®re.

La reine Catherine le rejoignit le 13.

Le 25 mai et le 1er juin, Stanislas promulgua les √©dits cr√©ant son Conseil d'√Čtat et son Conseil des Finances et Commerce, sur des bases √©troitement d√©riv√©es du syst√®me en vigueur en France: il s'agissait, surtout, d'accoutumer les Lorrains √† devenir fran√ßais.

Stanislas n'avait donc aucun réel pouvoir politique, mais néanmoins il n'est pas resté inactif en Lorraine, en ce qui concerne notamment la fondation de la Bibliothèque Royale de Nancy, de la Société Royale des Sciences et Belles-lettres ou encore de la Mission royale, monuments...

Le bonheur d'être grand-père

Chaque automne, Stanislas et sa femme rendaient visite √† leur fille √† Versailles. Trianon √©tait mis √† leur disposition pendant la dur√©e de leur s√©jour, mais ils ne faisaient qu'y dormir et passaient le plus clair de leur temps au ch√Ęteau.

√Ä Nancy, Stanislas n'avait gu√®re de pouvoir, mais il jouissait de revenus confortables. Il voulut chercher √† marquer l'histoire en entretenant une cour brillante et en prot√©geant artistes et gens de lettres. Il cr√©a la Biblioth√®que royale de Nancy, publique (1750), et la Soci√©t√© Royale des Sciences et Belles-lettres, qui prit bient√īt le nom d'Acad√©mie de Nancy. Cette derni√®re devait √† la fois diffuser les connaissances, promouvoir la langue fran√ßaise ainsi que la tol√©rance religieuse et politique du si√®cle des Lumi√®res.

Rappelons que la Lorraine est un vrai état administratif bien avant le rattachement définitif à la France. Le chancelier, représentant le souverain français, a pris la tête de cette administration performante et y accomplit réformes et ajustements. La langue de la haute justice et administration était le français, mais les populations parlaient surtout une variété de dialectes lorrains[1].

Favorable √† la libert√© et √† la s√©paration des pouvoirs, Stanislas, quoique profond√©ment croyant, se tint √† l'√©cart des exc√®s de tous les fanatismes, religieux ou ath√©es comme le montre son essai philosophique : L'Incr√©dulit√© combattue par le simple bon sens (1760).

Dans "ses" √Čtats, il mit en place des initiatives sociales en avance sur son temps : √©coles, h√īpitaux, biblioth√®ques publiques, greniers collectifs, secours aux plus d√©munis, etc. Il jeta m√™me les bases d'une cit√© id√©ale inspir√©e de ses propres r√©alisations dans l'Entretien d'un Europ√©en avec un insulaire du royaume de Dumocala (1752). Il signa ¬ę le Philosophe bienfaisant ¬Ľ une s√©rie d'essais philosophiques bien dans l'esprit des Lumi√®res, comme Le combat de la volont√© et de la raison (1749).

Rue Héré
Tombeau de Stanislas en l'église Notre-Dame de Bonsecours de Nancy

Il dota sa capitale, Nancy, du magnifique ensemble √©difi√© autour de l'actuelle place Stanislas par l'architecte Emmanuel H√©r√©: une grande place oblongue, dite ¬ę place neuve de la Carri√®re ¬Ľ, r√©unit la vieille ville √† la ville neuve. Elle communiquait avec la place Royale (aujourd'hui ¬ę place Stanislas ¬Ľ), cr√©√©e en l'honneur de son gendre Louis XV. Inaugur√©e en novembre 1757, elle est entour√©e d'immeubles magnifiques et close de grilles dor√©es, chefs d'Ňďuvre de ferronnerie de Jean Lamour. Le centre de la place est occup√© depuis 1831 par une statue de Stanislas, qui a remplac√© celle de Louis XV, enlev√©e sous la R√©volution. Stanislas fit √©galement √©difier l'√©glise Notre-Dame de Bonsecours, l‚Äôh√ītel des Missions Royales, les places d‚ÄôAlliance et de la Carri√®re et encore les portes Saint-Stanislas et Sainte-Catherine.

Stanislas installa plusieurs r√©sidences royales (Ch√Ęteaux de Commercy, La Malgrange, Jolivet et Einville) et fit transformer le ch√Ęteau de Lun√©ville surnomm√© le Versailles lorrain. Le parc fut enti√®rement r√©am√©nag√© par l‚Äôarchitecte Emmanuel H√©r√© qui orna les jardins de fabriques : Kiosque d‚Äôinspiration turque, pavillon du Tr√®fle au toit en forme de ¬ę chapeau chinois ¬Ľ, maisonnettes ("les Chartreuses"), th√©√Ętres de verdure, fontaines, pavillon de la Cascade, pavillon de Chanteheux, et un Rocher qui mettait en mouvement des automates dans un d√©cor pastoral.

Il devient le parrain de son arriere petit-fils, le comte de Provence, le 18 Octobre 1861

Il est toujours vivant à la naissance de son arrière-arrière-petite-fille, Marie Thérèse d'Autriche (1762-1770), fille du futur Joseph II du Saint-Empire.

Stanislas, √Ęg√© de quatre-vingt-huit ans, mourut √† Lun√©ville le 23 f√©vrier 1766 au terme d'une longue agonie, apr√®s s'√™tre br√Ľl√© accidentellement devant la chemin√©e de sa chambre. Il est inhum√© √† l'√©glise Notre-Dame de Bonsecours, √† Nancy. Ses entrailles sont d√©pos√©es, selon son vŇďu, dans un c√©notaphe au sein de l'√©glise Saint-Jacques de Lun√©ville.

√Ä l'humble soubrette qui t√Ęchait d'√©teindre les flammes qui le consumaient, il aurait dit ce mot bien digne d'un prince du XVIIIe si√®cle : ¬ę Qui e√Ľt dit, madame, qu'un jour nous br√Ľlerions des m√™mes feux? ¬Ľ[r√©f. n√©cessaire]

Les titres de Stanislas en 1763 :

¬ę Stanislas, par la gr√Ęce de Dieu, Roi de Pologne, Grand-Duc de Lituanie, Russie, Prusse, Mazovie: Samogirle, Kiovie, Volhinie, Podlachie, Livonie, Smolensko, S√©v√©rie, Czernichovie, Duc de Lorraine et de Bar, Marquis de Pont-√†-Mousson et de Nomeny, Comte de Vaudemont, de Blamont, de Sarwerden, et de Salm. ¬Ľ

Son décès permettait l'annexion de la Lorraine par le Royaume de France par la création du Grand-gouvernement de Lorraine-et-Barrois.

Ňíuvres

  • Correspondance de Stanislas Leszczynski avec Fr√©d√©ric-Guillaume Ier et Fr√©d√©ric II, publi√©e par Pierre Boy√©, Paris-Nancy, 1906.
  • Entretien d'un Europ√©en avec un insulaire du royaume de Dumocala, texte √©tabli et annot√© par Laurent Versini, Universit√© de Nancy II, 1981.
  • Ňíuvres du Philosophe bienfaisant, trois tomes, 1764.
  • Les Opuscules in√©dits de Stanislas, pr√©sent√©s par Louis Lacroix, Nancy, 1866.
  • Stanislas Leszczynski, in√©dits, introduction de Ren√© Taveneaux, texte √©tabli par Laurent Versini, Presses Universitaires de Nancy, 1984.

Références

  1. ‚ÜĎ en grande partie roman, c'est-√†-dire de l'ancien-fran√ßais, mais aussi germanique de diff√©rentes origines comme le platt (francique) ou l'alsacien du nord (al√©manique rh√©nan). La solidarit√© lorraine a d√®s l'origine du duch√© d√©pass√© ces diff√©rences traditionnelles. Les familles du pays de Gaume en Belgique et de la Sarre allemande qui connaissent l'histoire locale n'ignorent pas cet attachement s√©culaire. Les clivages linguistiques ont √©t√© stigmatis√©es plus tardivement par les acteurs nationalistes, de part et d'autre des fronti√®res.

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Bibliographie

  • Andr√© Rossinot, Stanislas : Le roi philosophe. - La Fl√®che : Michel Lafon, 1999. - 302 p., 23,5 cm. - (ISBN 2-84098-486-5)
  • Anne Muratori-Philip, Stanislas Leszczynski : Aventurier, philosophe et m√©c√®ne des Lumi√®res. - Paris : Robert Laffont, 2005. - 1018 p., 20 cm. - (ISBN 2-221-10091-3).
  • Fr√©d√©ric Maguin et Robert Florentin, Sur les pas de Stanislas Leszczynski. ‚Äď Nancy : √Čditions Koidneuf, 2005. ‚Äď 62 p., 26 cm. ‚Äď (ISBN 2-9515687-5-4). (Ouvrage plut√īt centr√©, dans son sujet, sur ¬ę Stanislas Leszczynski comme protecteur des beaux-arts en Lorraine ¬Ľ)

Liens externes

Voir aussi


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