Aurel (Vaucluse)

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Aurel (Vaucluse)
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44¬į 07‚Ä≤ 50‚Ä≥ N 5¬į 25‚Ä≤ 45‚Ä≥ E / 44.1305555556, 5.42916666667

Aurel
Aurel
Aurel
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
R√©gion Provence-Alpes-C√īte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Sault
Code commune 84005
Code postal 84390
Maire
Mandat en cours
Francis Jouve
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Sault (Vaucluse)
Démographie
Population 182 hab. (2008)
Densité 6,3 hab./km²
Gentilé Auréliens, Auréliennes
Géographie
Coordonn√©es 44¬į 07‚Ä≤ 50‚Ä≥ Nord
       5¬į 25‚Ä≤ 45‚Ä≥ Est
/ 44.1305555556, 5.42916666667
Altitudes mini. 615 m ‚ÄĒ maxi. 1600 m
Superficie 28,9 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Aurel est une commune fran√ßaise, situ√©e dans le d√©partement de Vaucluse et la r√©gion Provence-Alpes-C√īte d'Azur.

Sommaire

Géographie

Situ√©e au nord-est du Vaucluse et √† l'est du Mont Ventoux, la commune d'Aurel est au nord de Sault, en bordure avec la Dr√īme.

Accès

La route d√©partementale 942 traverse la commune sur un axe nord (vers la Dr√īme) - sud (vers Sault) et permet d'acc√©der au village. La route d√©partementale 95 elle aussi arrive au village, rejointe par la route d√©partementale 1. Enfin, venant de Sault en direction du sommet du mont Ventoux, la route d√©partementale 165 traverse la commune √† l'ouest de celle-ci.

Relief

Aurel, une des communes du piémont du Mont Ventoux

Le relief de la commune est tout en altitude et ses deux hameaux du Saint-Esprit et du Ventouret contr√īlent des voies d'acc√®s au sommet du Mont Ventoux.

Sismicité

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont class√©s en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du d√©partement de Vaucluse sont class√©s en zone Ia (risque tr√®s faible). Ce zonage correspond √† une sismicit√© ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de b√Ętiments[1].


Hydrologie

La commune est arros√©e par plusieurs cours d'eau :

  • La Nesque[2], rivi√®re de 53,3 km, affluente √† la Sorgue de Velleron ;
  • Le Ravin de la curni[3], ruisseau de 4,9 km dont les eaux se jettent dans le Torrent la Croc, et son affluent Ravin de Bassette[4], cours d'eau de 4,6 km.

Climat

Le plateau d'Albion, sur lequel se situe la commune, poss√®de toutes les caract√©ristiques climatiques des Alpes du Sud, dont il est, avec le Mont Ventoux et la Montagne de Lure, le cha√ģnon le plus occidental. Du climat m√©diterran√©en en partant de la plus basse altitude, elles √©voluent, au fur et √† mesure, vers un climat temp√©r√© puis continental qui ne prend le type montagnard qu'aux plus hautes altitudes[5].

Relevé météorologique du plateau d'Albion pour une altitude moyenne de 900 mètres.
mois jan. f√©v. mar. avr. mai jui. jui. ao√Ľ. sep. oct. nov. d√©c. ann√©e
Temp√©rature minimale moyenne (¬įC) -1,0 -1,0 2,0 4,0 8,0 12,0 14,0 14,0 11,0 7,0 3,0 -1,0 5,5
Temp√©rature moyenne (¬įC) 3,5 5,5 7,5 10,0 14,0 18,5 21,0 21,0 17,0 12,5 7,5 2,0 11,7
Temp√©rature maximale moyenne (¬įC) 8,0 10,0 13,0 16,0 20,0 25,0 28,0 28,0 23,0 18,0 12,0 8,0 17,0
Précipitations (mm) 26,9 24,3 23,8 44,0 40,0 27,9 20,9 32,7 45,9 53,5 52,4 30,7 482,8
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
26.9
 
8.0
-1.0
 
 
24.3
 
10.0
-1.0
 
 
23.8
 
13.0
2.0
 
 
44.0
 
16.0
4.0
 
 
40.0
 
20.0
8.0
 
 
27.9
 
25.0
12.0
 
 
20.9
 
28.0
14.0
 
 
32.7
 
28.0
14.0
 
 
45.9
 
23.0
11.0
 
 
53.5
 
18.0
7.0
 
 
52.4
 
12.0
3.0
 
 
30.7
 
8.0
-1.0
Temp. moyennes maxi et mini (¬įC) ‚ÄĘ Pr√©cipitations (mm)

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Dans de nombreuses grottes de la commune, les archéologues ont retrouvé un outillage lithique important prouvant que ce territoire fut occupé dès le Néolithique[6].

Moyen √āge

Remparts du XIVe si√®cle

Au XIIe si√®cle, le ch√Ęteau appartenait aux Agoult, comtes de Sault[6] et l‚Äôabbaye Saint-Andr√© de Villeneuve-l√®s-Avignon y poss√©dait une √©glise et les revenus aff√©rents[7]. Les remparts furent √©difi√©s au cours du XIVe si√®cle, il en reste encore quelques vestiges. Ils √©taient √©paul√©s de trois tours, l'une a √©t√© d√©molie, les deux autres transform√©es. Les portes d'entr√©e, au nombre de deux, ont √©t√© supprim√©es[6].

Renaissance

En 1576, Hubert de Garde de Vins, dit lou Rinar (le Renard), neveu de Jean V de Pontev√®s, comte de Carc√®s, qui commandait les troupes de la Ligue, pr√©c√©dant son oncle au si√®ge de M√©nerbes, rejoignit le comte de Sault. Leurs troupes s'empar√®rent d'Aurel dont les habitants √©taient par trop favorables aux religionnaires et qui pouvaient, gr√Ęce √† eux, rester en contact avec les r√©form√©s de Gen√®ve[8]. Ren√© de La Tour du Pin-Gouvernet, capitaine protestant, revint en 1591 et bombarda la place qui capitula[6].

En 1630, la peste toucha la commune en dépit d'une ligne de protection établie autour du village. Le mal contagieux perdura, avec des hauts et des bas, jusqu'en 1632[6].

Période moderne

Le premier v√©ritable excursionniste du Mont Ventoux fut l'abb√© Jean-Antoine Constantin, cur√© d'Aurel. De 1783 √† 1788, il se fit souvent accompagner par Am√©lie de Sade, marquise de Montbrun. en compagnie de laquelle, il fit plusieurs exp√©ditions qui les conduisirent au sommet du Ventoux. En ao√Ľt 1783, le cur√© botaniste narra √† Esprit Calvet, l'ascension nocturne √† laquelle avait particip√© le chevalier Robert de Lamanon, seigneur du Ventouret, et lui indiqua qu'il a eu le plaisir, lors du retour, d'entendre ¬ę Madame de Sade conf√©rer avec Monsieur de Lamanon d'histoire naturelle ¬Ľ[9].

Le 12 ao√Ľt 1793 fut cr√©√© le d√©partement de Vaucluse, constitu√© des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rh√īne, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Article d√©taill√© : Histoire de Vaucluse.

Période contemporaine

À partir de l'hiver 1942-1943, le plateau de Sault vit arriver les réfugiés d'Alsace-Lorraine. Déjà, en octobre 1942, dans les villages et hameaux de celui-ci, Philippe Beyne, son adjoint Maxime Fischer et leurs équipes avaient accueilli et installé plusieurs dizaines de réfractaires au S.T.O.. Ils les munirent de fausses cartes d'identité et de cartes d'alimentation. Pour faciliter leur approvisionnement ils avaient été regroupés près des villages d'Aurel, de Saint-Trinit et de Saint-Christol[10].

Article d√©taill√© : Maquis Ventoux.

Toponymie

La dénomination de Castro Aureli est attestée dès 1178 et se retrouve sous la forme de Aurello en 1447. Ces formes anciennes indiquent une racine latine aura (vent), jointe au suffixe -ellum[11].

Héraldique

Article d√©taill√© : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason d(Aurel

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'argent, à un loup ravissant d'azur accompagné en chef d'un lambel aussi de gueules[12]

Administration

Liste des maires successifs
P√©riode Identit√© √Čtiquette Qualit√©
mars 2001 en cours Francis Jouve    

Démographie

√Čvolution d√©mographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008
127 132 113 126 128 156 220[13] 182[14]
Nombre retenu √† partir de 1962 : population sans doubles comptes

√Čconomie

Tourisme

Le tourisme tient une part importante de l'√©conomie locale (H√ītel, g√ģtes et chambres d'h√ītes).

Parmi les points d'attrait touristique : Village perch√©, proximit√© du mont Ventoux, la culture de la lavande, etc.

Agriculture

Elle se cantonne essentiellement dans une activité de moyenne montagne de type provençal avec une production de lavande, de lavandin, d'épeautre et des produits dérivés. L'élevage ovin et la production de miel tiennent aussi une place importante.

Vie locale

√Čducation

On trouve sur la commune voisine de Sault école primaire et maternelle, ainsi que le Collège du pays de Sault qui dessert les communes du plateau et de ses environs.

Culte

Catholique (église)

Environnement

La protection et mise en valeur de l'environnement fait partie des compétences de la Communauté de communes du Pays de Sault.

Lieux et monuments

√Čglise Sainte-Aur√®le √† Aurel

Les vestiges d'un ch√Ęteau du XIIe si√®cle, se trouvent au sommet du village. L'√©glise qui le jouxte est d√©di√©e √† sainte Aur√®le et date aussi du XIIe si√®cle. C'est un b√Ętiment massif √† deux trav√©es, l'une vo√Ľt√©e en berceau, l'autre d'ar√™tes. Sa fa√ßade est surmont√©e d'un clocher-tour[15].

√Ä c√īt√© se trouvait la chapelle des P√©nitents Blancs, plac√©e sous le vocable de Notre-Dame des Suffrages, elle fut abandonn√©e en 1895 et ruin√©e en 1925. Les substructions de la chapelle Saint-Pierre ont √©t√© mises √† jour. Elle avait √©t√© construite sur l'emplacement du prieur√© des b√©n√©dictins de Villeneuve-l√®s-Avignon[15].

Habitat

Habitat perché

Aurel

Ce type d'habitat est consid√©r√© comme typiquement proven√ßal, il est surtout typiquement m√©diterran√©en. Ces villages sis sur leur ¬ę acropole rocheuse ¬Ľ, qui ont gard√© leur aspect m√©di√©val, forment par l'orientation des fa√ßades de leurs maisons - vers la vall√©e ou la voie de communication - un v√©ritable front de fortification[16].

Fernand Benoit souligne leur origine quelques fois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c'est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256)[16].

Ces villages perch√©s se trouvent dans essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et o√Ļ l'eau est rare. Ce qui est le cas g√©n√©ral en Provence sauf dans la basse vall√©e du Rh√īne et dans celle de la Durance, o√Ļ les terres alluvionaires abondent et surtout o√Ļ l'eau est facilement accessible pour chaque propri√©t√© gr√Ęce √† un puits creus√© dans la cour de la maison[17].

De plus ce groupement en communaut√© referm√©e sur elle-m√™me correspond √† des r√©gions de petites propri√©t√©s, o√Ļ les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilit√© l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). √Ä contrario, l'habitat dispers√© implique de grands domaines qui tendent √† vivre en autarcie. D'o√Ļ la loi √©mise par Fernand Benoit ¬ę La mis√®re groupe l'habitat, l'aisance le disperse ¬Ľ[17].

Maison en hauteur

Maison en hauteur flanquée d'une tour

Fernand Benoit explique que ¬ę son originalit√© consiste √† placer les b√™tes en bas, les hommes au-dessus ¬Ľ. Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un m√™me toit, suivant une tradition m√©diterran√©enne, le logement des humains √† celui des b√™tes. La maison en hauteur se subdivise en une √©table-remise au rez-de-chauss√©e, un logement sur un ou deux √©tages, un grenier dans les combles. Elle √©tait le type de maison r√©serv√©e aux paysans villageois qui n'avaient que peu de b√©tail √† loger, √©tant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage[18].

Elle se retrouve aujourd'hui dans nombre de massifs montagneux ou plateaux de la Provence occidentale[19].

Ces maisons datent pour la plupart du XVIe si√®cle, p√©riode o√Ļ les guerres de religion impos√®rent de se retrancher derri√®re les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour √©tablir dans la p√©riph√©rie de l'agglom√©ration des ¬ę maisons √† terre ¬Ľ, plus aptes √† recevoir des b√Ętiments annexes[19].

Ancien Café Jouve avec accès par le balcon

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et b√™tes dans un village, ne pouvait que rester fig√©, toute extension lui √©tant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caract√©ristique : une fa√ßade √©troite √† une ou deux fen√™tres, et une √©l√©vation ne pouvant d√©passer quatre √† cinq √©tages, grenier compris avec sa poulie ext√©rieure pour hisser le fourrage. Actuellement, les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chauss√©e et de cr√©er de nouvelles chambres au grenier[20]. Pour celles qui ont √©t√© restaur√©es avec go√Ľt, on acc√®de toujours √† l'√©tage d'habitation par un escalier accol√© √† la fa√ßade[19].

La présence de terrasse ou balcon était une constante. La terrasse servait, en priorité, au séchage des fruits et légumes suspendus à un fil de fer. Elle était appelée trihard quand elle accueillait une treille qui recouvrait une pergola rustique. Quand elle formait loggia, des colonnettes soutenant un auvent recouvert de tuiles, elle était nommée galarié ou souleriè[21].

Maison à terre

Continuit√© de l'habitat, abandon du premier b√Ętiment remplac√© par une autre maison √† terre

Compartiment√© dans le sens de la longueur, ce type de maison repr√©sente un stade d'√©volution plus avanc√© que la ¬ę maison en hauteur ¬Ľ. Il est caract√©ristique de l'habitat dispers√©[22]. C'est l'habitation traditionnelle des pays de ¬ę riche culture ¬Ľ et la lavande en fut une[23].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose, dans la plupart des cas, d'une remise qui peut servir d'écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[23].

Maison à terre au hameau des Crottes avec sa bergerie

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons, d'une lapinière, d'un poulailler et d'une bergerie[23].

Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, m√™me en ville, la maison √† terre permet d'installer ces ¬ę lieux ¬Ľ √† l'ext√©rieur de l'habitation. Jusqu'au milieu du XXe si√®cle, c'√©tait un simple abri en planches recouvert de roseaux (canisse) dont l'√©vacuation se faisait directement sur la fosse √† purin ou sur le fumier[23].

La construction d'un tel ensemble √©tant √©tal√©e dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale pr√©-√©tablie. Chaque propri√©taire agissait selon ses n√©cessit√©s et dans l'ordre de ses priorit√©s. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'h√©t√©rog√©n√©it√© de chaque ensemble o√Ļ les toitures de chaque b√Ętiments se chevauchent g√©n√©ralement en d√©grad√©[24].

Chaque maison se personnalisait aussi par son am√©nagement ext√©rieur. Il y avait pourtant deux constantes. La premi√®re √©tait la n√©cessit√© d'une treille toujours install√©e pour prot√©ger l'entr√©e. Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'√©t√©, et d√®s l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosit√© dans la salle commune. La seconde √©tait le puits toujours situ√© √† proximit√©. Il √©tait soit recouvert d'une construction de pierres s√®ches en encorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmont√© par deux piliers soutenant un linteau o√Ļ √©tait accroch√©e une poulie permettant de faire descendre un seau. L'approvisionnement en eau √©tait tr√®s souvent compl√©t√© par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture[24].

Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était sensé anoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[23].

Maison à cour

Maison à cour au hameau des Crottes à Aurel

Ce type d'habitation est compos√© de b√Ętiments et de d√©pendances ordonn√©s autour d'une cour centrale. Cet ensemble est caract√©ristique des grands domaines c√©r√©aliers et prend souvent l'aspect d'un ch√Ęteau avec des murs flanqu√©s d'√©chauguettes et des tours d'angle. Il est adapt√© √† une vie agricole o√Ļ le climat n'impose pas une grange pour engranger les javelles de bl√© avant le d√©piquage, celui-ci ayant lieu aussit√īt les gerbes coup√©es sur l'aire de terre battue. Dans ce mode culturel, les grains sont entr√©s en sacs dans une remise tandis que les moissonneurs √©l√®vent les meules de paille avec comme seule protection contre la pluie un m√©lange de poussier et de terre glaise. Seul est rentr√© le fourrage[25].

Cette structure agraire est rare en Provence[25].

Maison à tours

La Tour à Aurel

C'est le style des grandes maisons seigneuriales qui va traverser les si√®cles m√™me apr√®s la Renaissance. Il s'agit de b√Ętisses isol√©es, avec ou sans cour int√©rieure, dont la fa√ßade est flanqu√©e de deux tours ou qui est prot√©g√©e par quatre tours d'angle[26].

La fortification des maisons de campagne est une pratique fort ancienne. Elle se retrouve, d√®s le haut Moyen √āge, avec le castellum dont celles de Provence reprennent le plan avec ses tours d'angle. C'est un h√©ritage romain puisque nombre de vill√¶ rustic√¶ furent prot√©g√©es par des tours[26].

Cabanon

Cabanon à Aurel

L'existence de cette ¬ę maisonnette des champs ¬Ľ est toujours li√©e √† une activit√© agricole qui contraint le paysan √† rester √©loign√© de sa r√©sidence habituelle. Dans son √©tude sur l'habitat rural, Fernand Benoit envisage √† la fois le cas du pastoralisme et celui du s√©dentarisme. Pour le premier, la transhumance, qui permet aux troupeaux d'estiver dans les alpages, implique l'usage d'un habitat sur place de ¬ę type √©l√©mentaire ¬Ľ pour le berger. Suivant le lieu, il prend l'aspect d'un jas en pierre s√®che ou d'une cabane √©difi√©e en mat√©riaux composites. Ce refuge lui sert √† la fois d'abri et de laiterie[27].

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé près de son champ. Dans ce dernier cas, le cabanon correspond à un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[27].

Ces cabanons, qui se trouvent √† l'or√©e ou au centre du champ, avaient aussi un r√īle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils √©taient consid√©r√© comme ¬ę le signe de la propri√©t√© sur une terre qu'il entendait distinguer du communal ¬Ľ[27].

Borie

Borie à Aurel
Borie recouverte d'un clapas

On nomme ainsi en Provence une cabane de pierre sèche. Le terme de borie est issu du latin boria - déjà référencé dans le quartier Borianum d'Arles - et s'orthographie bori en provençal. Elle est aussi dénommée cabanon pointu dans les Alpes provençales (région de Forcalquier). Ce type de construction réalisé uniquement en pierres sèches, permettait au paysan de stocker (serrer en provençal) ses instruments agraires, protéger sa récolte ou plus spécifiquement sa réserve d'eau et, au besoin, d'y passer la nuit. La borie était donc une annexe de l'habitat permanent[27]. Ce type de construction en pierre sèche est facilité par l'épierrage des champs. En Provence, il est courant dans les régions montueuses, de plateaux secs, des coteaux travaillés en restanques[28].


Robert de Lamanon, seigneur du Ventouret, hameau d'Aurel

Personnalités liées à la commune

Bibliographie

  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barth√©lemy, Avignon, 1986 (ISBN 2903044279) 
  • Jules Courtet, Dictionnaire g√©ographique, g√©ologique, historique, arch√©ologique et biographique du d√©partement du Vaucluse, Christian Lacour, N√ģmes (r√©ed.), 1997 (ISBN 284406051X) 
  • Fernand Benoit, La Provence et le Comtat Venaissin. Arts et traditions populaires, √Čd. Aubanel, 1992, (ISBN 2700600614)
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclop√©die d'une montagne proven√ßale, Alpes de Lumi√®res, 2007 (ISBN 978-2-906162-92-1) 

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Zonage sismique r√©glementaire de la France, classement des cantons (d√©coupage fin 1989) de la r√©gion PACA, page 48
  2. ‚ÜĎ Fiche de la Nesque sur le site du SANDRE
  3. ‚ÜĎ Fiche du Ravin de la Curni sur le site du SANDRE
  4. ‚ÜĎ Fiche du Ravin de Bassette sur le site du SANDRE
  5. ‚ÜĎ Guy Barruol, op. cit., pp. 16-17.
  6. ‚ÜĎ a, b, c, d et e Robert Bailly, op. cit., p. 38.
  7. ‚ÜĎ Guy Barruol, Mich√®le Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, √Člizabeth Sauze, ¬ę Liste des √©tablissements religieux relevant de l‚Äôabbaye Saint-Andr√© du Xe au XIIIe si√®cle ¬Ľ, inGuy Barruol, Roseline Bacon et Alain G√©rard (directeurs de publication), L‚Äôabbaye de Saint-Andr√© de Villeneuve-l√®s-Avignon, histoire, arch√©ologie, rayonnement, Actes du colloque interr√©gional tenu en 1999 √† l'occasion du mill√©naire de la fondation de l'abbaye Saint-Andr√© de Villeneuve-l√®s-Avignon, √Čd. Alpes de Lumi√®res, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), p 214
  8. ‚ÜĎ Jules Courtet, op. cit., p. 18.
  9. ‚ÜĎ Guy Barruol, op. cit., p. 14.
  10. ‚ÜĎ Aim√© Autrand, Le d√©partement de Vaucluse de la d√©faite √† la Lib√©ration (mai 1940-25 ao√Ľt 1944), √Čd. Aubanel, Avignon, 1965.
  11. ‚ÜĎ Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire √©tymologique des noms de lieux en France, √Čd. Larousse, 1968, p. 1687.
  12. ‚ÜĎ Malte-Brun, in la France illustr√©e, tome V, 1884 et Armorial des communes du Vaucluse
  13. ‚ÜĎ (fr) Population municipale au 1er janvier 2006, consult√© le 17 f√©vrier 2009
  14. ‚ÜĎ (fr) Populations l√©gales 2008 de la commune d'Aurel, INSEE
  15. ‚ÜĎ a et b Robert Bailly, op. cit., p. 39.
  16. ‚ÜĎ a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 43.
  17. ‚ÜĎ a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 44.
  18. ‚ÜĎ Fernand Benoit, op. cit., p. 48.
  19. ‚ÜĎ a, b et c Fernand Benoit, op. cit., p. 49.
  20. ‚ÜĎ Fernand Benoit, op. cit., p. 50.
  21. ‚ÜĎ Fernand Benoit, op. cit., p. 51.
  22. ‚ÜĎ Fernand Benoit, op. cit., p. 54.
  23. ‚ÜĎ a, b, c, d et e Fernand Benoit, op. cit., p. 55.
  24. ‚ÜĎ a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 56.
  25. ‚ÜĎ a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 58.
  26. ‚ÜĎ a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 61.
  27. ‚ÜĎ a, b, c et d Fernand Benoit, op. cit., p. 69.
  28. ‚ÜĎ Fernand Benoit, op. cit., p. 71.

Pour approfondir

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Articles connexes

Liens externes

Communes de la Communauté de communes du Pays de Sault

Aurel  ¬∑ Monieux  ¬∑ Saint-Christol  ¬∑ Saint-Trinit  ¬∑ Sault


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