Auguste

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Auguste
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Auguste
Empereur romain
Image illustrative de l'article Auguste
Statue d'Auguste dite de Prima Porta, Ier siècle av. J.-C., Musée Chiaramonti, Vatican, Rome
Règne
16 janvier 27 av. J.-C. √† 19 ao√Ľt 14 (~41 ans)
Période Julio-Claudiens
Prédécesseur(s) Jules César, en tant que dictator perpetuus et père adoptif d'Auguste
Successeur(s) Tibère
Biographie
Naissance 23 septembre 63 av. J.-C. - Rome
Nom originel Caius Octavius Thurinus
D√©c√®s 19 ao√Ľt 14 (76 ans) - Nola, Italie
Inhumation Mausolée d'Auguste
Père Gaius Octavius[1]
Mère Atia Balba Caesonia[1]
√Čpouse(s) (1) Clodia Pulchra (?-40 av. J.-C.)
(2) Scribonia (40 - 38 av. J.-C.)
(3) Livia Drusilla (38 av. J.-C. - 14)
Descendance Julia l'A√ģn√©e (de Scribonia)
Adoption(s) Lucius et Caius Caesar
Agrippa Postumus et Tibère
Liste des empereurs romains

Auguste (Latin : Caius Octavius Thurinus √† sa naissance, Imperator Caesar Divi Filius Augustus √† sa mort), d'abord appel√© Octave puis Octavien, n√© le 23 septembre 63 av. J.-C. √† Rome et mort le 19 ao√Ľt 14 ap. J.-C.[2] √† Nola, est le premier empereur romain et le fils adoptif de Jules C√©sar.

Petit-neveu et fils adoptif de Jules C√©sar, il arrive au pouvoir dans les proscriptions et les guerres civiles qui suivent l'assassinat de ce dernier puis l'√©limination de ses propres rivaux. Il parvient √† laisser √† la post√©rit√© l'image du restaurateur de la paix, de la prosp√©rit√© et des traditions. Par son ami et conseiller M√©c√®ne, son r√®gne est caract√©ris√© par une floraison remarquable des arts et des lettres, valant au ¬ę si√®cle d‚ÄôAuguste ¬Ľ de rester une r√©f√©rence culturelle mythique.

Pour ce qui est de son apparence, on peut se r√©f√©rer √† l'historien romain du Ier-IIe si√®cle, Su√©tone et √† son ouvrage Vie des douze C√©sars: ¬ę Auguste √©tait d'une rare beaut√©, qui garda son charme tout le long de sa vie [‚Ķ] Ses yeux √©taient vifs et brillants ; il voulait m√™me faire croire qu'il y avait dans son regard une autorit√© divine et, comme il le fixait sur quelqu'un, il aimait √† lui voir baisser la t√™te, comme √©bloui par le soleil. ¬Ľ[3]


Sommaire

Biographie

À la conquête du pouvoir

Auguste est n√© √† Rome sur le mont Palatin, sous le nom de Caius Octavius, le m√™me nom que son p√®re Gaius Octavius. On lui donne dans son enfance le surnom de Thurinus (soit en l'honneur de la ville d'origine de ses anc√™tres, Thurii, soit en l'honneur d'une victoire de son p√®re √† proximit√© de cette ville, peu apr√®s la naissance de son fils[4]). Son p√®re appartient √† une famille de l'ordre √©questre importante mais peu connue ; il est gouverneur de la province de Mac√©doine jusqu'√† sa mort en 59 av. J.-C. Sa m√®re, Atia Balba Caesonia, est la ni√®ce de Jules C√©sar[1].

Apr√®s l'assassinat de Jules C√©sar aux ides de mars (le 15 mars) 44 av. J.-C., alors qu'il est encore √† Apollonie, il d√©cide de rentrer √† Rome pour r√©cup√©rer son h√©ritage. En effet, C√©sar, sans descendance l√©gitime, a adopt√© Octave dans son testament. En d√©barquant √† Brindisi, le jeune homme alors √Ęg√© de 19 ans affiche tr√®s t√īt l'ambition de s'imposer en politique. Il revendique l'usage des tria nomina de C√©sar, Caius Iulius Caesar Octavianus, selon l'usage en vigueur √† Rome qui veut que l'adopt√© prenne le nom de son adoptant en y ajoutant souvent un rappel de ses origines. Pour plus de facilit√©s, notre usage veut qu'on l'appelle Octavien √† son adoption, ou C√©sar dit ¬ę le Jeune ¬Ľ apr√®s que le s√©nat a ratifi√© officiellement son adoption par Jules C√©sar. Une com√®te passant dans le ciel au moment o√Ļ il c√©l√®bre les Ludi Victoriae Caesaris et des jeux en l'honneur des victoires de C√©sar, que son p√®re a promis avant sa mort, l'encouragent √† continuer ses efforts, arguant que la com√®te est son p√®re qui, devenant divin, part prendre sa place aupr√®s des dieux.

Cic√©ron lui apporte son soutien contre l'ancien lieutenant et coll√®gue de C√©sar au consulat pour l'ann√©e 44 av. J.-C., Marc Antoine, qui a d√©cid√© d'√©carter ce jeune ambitieux qui revendique l'h√©ritage c√©sarien alors qu'Antoine esp√©rait en r√©colter les fruits. Allant contre toute l√©galit√©, Cic√©ron fait voter au s√©nat les pouvoirs de propr√©teur pour Octave alors qu'il n'a pas exerc√© les charges de questeur ni de pr√©teur et qu'il est tr√®s en dessous de l'√Ęge minimal requis. Cic√©ron lance cette phrase c√©l√®bre dans sa cinqui√®me Philippique : ¬ę la valeur n'attend pas le nombre des ann√©es ¬Ľ.

Ayant lev√© une arm√©e, Octave bat d'abord Antoine √† Mod√®ne dans une bataille o√Ļ p√©rissent les deux consuls en exercice Aulus Hirtius, mort au combat, et Caius Vibius Pansa Caetronianus, d√©c√©d√© des suites de ses blessures. Octave est alors acclam√© imperator par ses troupes. Mais en d√©pit de l'avis de Cic√©ron, pr√™t √† assumer le consulat avec Octave comme coll√®gue, le S√©nat refuse cet honneur au jeune homme au motif de son √Ęge, ainsi que l'ovatio.

Octave, vex√©, s'allie √† Marc Antoine gr√Ęce √† la m√©diation de L√©pide, et ils d√©cident √† trois de cr√©er une nouvelle magistrature coll√©giale qui chapeauterait la R√©publique romaine, le Triumvirat. Les Triumvirs s'emparent alors de Rome et d√©cr√®tent la proscription de tous leurs adversaires, dont Cic√©ron, mis √† mort par les sbires d'Antoine. Plusieurs centaines de chevaliers et de s√©nateurs p√©rissent, notamment ceux qui ont pris part de pr√®s ou de loin √† l'opposition √† C√©sar et au meurtre de ce dernier. Selon Su√©tone, Octave fait √† plusieurs reprises preuve de cruaut√© personnelle lors de ces proscriptions. Les Triumvirs sont alors charg√©s, par un S√©nat tremblant de peur, de r√©organiser la R√©publique avec chacun le titre de triumvirs rei publicae constituendae pour 5 ans. Ils se partagent alors les provinces de l'occident romain, car les provinces orientales sont aux mains des ¬ę c√©saricides ¬Ľ.

En octobre 42 av. J.-C., √† la bataille de Philippes en Gr√®ce, Octave et Antoine √©crasent Brutus et Cassius, √Ęmes de la conjuration antic√©sarienne de 44 av. J.-C. Cassius, vaincu par Antoine, se suicide et Brutus, vaincu trois semaines apr√®s, le 23 octobre 42 av. J.-C., se suicide √† son tour. L'ann√©e suivante, le fr√®re de Marc Antoine, Lucius Antonius Pietas, alors consul et la femme de Marc Antoine, Fulvie, s'opposent √† Octave, qui d√©cide des op√©rations militaires contre P√©rouse. En f√©vrier 40 av. J.-C., la guerre de P√©rouse se termine et les Triumvirs, r√©concili√©s gr√Ęce √† l'entremise d'Asinius Pollion et de M√©c√®ne, se partagent √† nouveau le monde romain : Antoine re√ßoit l'Orient, Octave l'Occident, et L√©pide l'Afrique.

En 39 av. J.-C., Sextus Pomp√©e est solidement ancr√© en Sicile et se voit reconna√ģtre son autorit√© sur la Sicile, la Sardaigne et la Corse. Les relations entre Octave et Sextus se d√©gradent progressivement, notamment en 38 av. J.-C., quand Octave r√©pudie son √©pouse, Scribonia, belle-sŇďur de Sextus Pomp√©e. Octave entreprend une campagne contre Sextus en Sicile. Il confie le commandement de sa flotte √† son fid√®le ami Marcus Vipsanius Agrippa, qui d√©fait finalement Sextus Pomp√©e √† Nauloque en 36 av. J.-C. L√©pide, qui est alors bas√© en Afrique, est accus√© d'avoir soutenu Sextus et de ne pas √™tre intervenu √† Nauloque. Il est alors √©cart√© du triumvirat, ne conservant que son titre de Pontifex Maximus.

Auguste jeune, vers 30-20 av. J.-C., musée du Louvre

L'ann√©e suivante, en 35 av. J.-C., les relations entre Antoine et Octave se d√©t√©riorent rapidement. Antoine exige que les provinces anciennement attribu√©es √† L√©pide soient partag√©es √©quitablement. Il demande aussi l'autorisation de lever des l√©gions romaines pour sa campagne en pr√©paration contre les Parthes. Octave refuse cat√©goriquement les deux demandes, appuy√© par un S√©nat qui per√ßoit Antoine de plus en plus comme un √©tranger soumis √† la reine d'√Čgypte, Cl√©op√Ętre, et se comportant comme un monarque oriental. Antoine oppose √† Octave, l'h√©ritier testamentaire de C√©sar, le fils ill√©gitime de celui-ci qu'il a probablement eu avec Cl√©op√Ętre, C√©sarion.

En 32 av. J.-C., le triumvirat prend fin selon ce qui avait √©t√© √©tabli en 37 av. J.-C., prorog√© pour 5 nouvelles ann√©es. Les deux consuls pour 32 av. J.-C., Cn. Domitius Ahenobarbus et Caius Sosius, sont des partisans d'Antoine. Octave prend le S√©nat en y entrant accompagn√© de quelques soldats. Les consuls et pr√®s du tiers des s√©nateurs (soit environ 300) se r√©fugient aupr√®s d'Antoine. Du c√īt√© d'Antoine, Lucius Munatius Plancus fait d√©fection. Le S√©nat donne carte blanche par un s√©natus-consulte √† Octave pour lancer une campagne contre l'√Čgypte. En 31 av. J.-C., se vantant d'√™tre aur√©ol√© d'un serment donn√© par tous les citoyens italiens et les p√©r√©grins d'occident, il se lance dans sa campagne.

Apr√®s avoir vaincu Marc Antoine √† la bataille navale d'Actium en septembre 31 av. J.-C., il devient seul d√©tenteur du pouvoir. Il prend ensuite position autour d'Alexandrie au cours de l'ann√©e 30, ann√©e des suicides d'Antoine et de Cl√©op√Ętre.

En 28 av. J.-C., le s√©nat lui conf√®re le titre de Princeps senatus, ¬ę le premier du s√©nat ¬Ľ, ce qui signifie qu'il est le premier √† prendre la parole devant l'assembl√©e et l'ann√©e suivante, il lui donne m√™me le titre d‚ÄôAugustus, qui signifie ¬ę sacr√© ¬Ľ. Nous sommes en 27 av. J.-C. et Octavien devient alors le premier empereur romain.

Octavien devient Auguste

Ce titre est assez particulier. Conform√©ment √† la tradition romaine, il s'agit d'un surnom ou cognomen qu'on rajoute aux pr√©noms d'Auguste, tout comme on ajoute au nom d'un g√©n√©ral vainqueur un surnom form√© sur le nom du peuple vaincu. Il est d√©cern√© au g√©n√©ral si le territoire de Rome a √©t√© accru par la victoire. Le terme Augustus est √† forte connotation religieuse : avant d'√™tre d√©cern√© √† Octave, il n'est employ√© comme adjectif qu'√† l'√©gard d'un dieu. En effet, le terme est rattach√© √† une double √©tymologie : augur, le devin, et augere, faire cro√ģtre naturellement. Par ce titre, on consid√®re donc qu'Octave est dou√© d'une auctoritas ou autorit√© naturelle, et qu'il est celui qui augmente perp√©tuellement l‚Äôager publicus.

Instauration du Principat

CAESAR AVGVSTVS DIVI F PATER PATRIAE

Le 13 janvier 27 av. J.-C., au terme d‚Äôun long discours au S√©nat, Octave se voit attribuer le pouvoir proconsulaire pour dix ans. L‚Äôempire est divis√© en provinces s√©natoriales (pacifi√©es) et imp√©riales (o√Ļ se trouvent les forces arm√©es). Les provinces s√©natoriales sont les plus anciennes : Espagne, Afrique, Sicile, Narbonnaise, Asie. Les provinces imp√©riales sont administr√©es par des gouverneurs qui peuvent √™tre des s√©nateurs.

Le 16 janvier, il re√ßoit le titre sacr√© d'Auguste[1] sur l‚Äôinitiative du s√©nateur Lucius Munatius Plancus. Par ce r√®glement constitutionnel, le r√©gime personnel, r√©gime d‚Äôexception jusque-l√†, entre dans sa p√©riode organique. Octave, reconnu comme Princeps, ce qui signifie le ¬ę premier des citoyens ¬Ľ, devient le chef officiel de l‚Äô√Čtat romain. Il prend le contr√īle absolu de l‚Äôarm√©e, dont il assure le financement et est prot√©g√© en permanence par la garde pr√©torienne, stationn√©e dans l‚ÄôUrbs (jusqu‚Äôalors aucune troupe n‚Äôavait r√©sid√© √† Rome). Par d√©finition, le r√©gime comporte un partage d‚Äôattribution entre le nouveau pouvoir ‚ÄĒ le Princeps ‚ÄĒ et les pouvoirs traditionnels ‚ÄĒ assembl√©es l√©gislatives, magistratures et s√©nat ‚ÄĒ. En fait, politique ext√©rieure et arm√©e mise √† part, le s√©nat conserve ou re√ßoit d‚Äôimportantes pr√©rogatives dans les domaines de l‚Äôadministration civile (Rome, Italie, provinces), des finances, de la justice et de la monnaie. Auguste entend qu‚Äôil soit, en face de l‚Äôarm√©e, le seul √©l√©ment civil qui compte dans l‚Äô√Čtat. Il contr√īle l‚Äô√©lection des magistrats par un syst√®me de recommandation officielle, la commendatio. La destinatio permet √©galement l‚Äôintervention d‚Äôun organisme sp√©cial de chevaliers et de s√©nateurs r√©partis en dix ou quinze centuries pour la d√©signation des candidats (tabula hebana, inscription d√©couverte √† Magliano). Les assembl√©es l√©gislatives ont perdu tout contr√īle v√©ritable. L‚Äôempereur fait entrer au s√©nat des provinciaux (√† l‚Äô√©poque de C√©sar, 45 familles patriciennes sont repr√©sent√©es ; on n‚Äôen trouve plus qu‚Äôune seule √† la fin du Ier si√®cle). Pour les remplacer, il y a des Gallo-romains (ceux de Lugdunum et de Vienne, tr√®s t√īt), puis des Hispaniques, des Africains et m√™me des Orientaux.

Son règne

Auguste r√®gne de 27 av. J.-C. √† 14 ap. J.-C. Il meurt √† 76 ans, et laisse son tr√īne √† Tib√®re qui est son fils adoptif, et fils de sa troisi√®me femme (Livie), qui l'a eu d'un pr√©c√©dent mariage.

Réforme de l’armée

Auguste ceint de la couronne civique

Auguste r√©forme l‚Äôarm√©e, qui devient d√©finitivement une arm√©e de m√©tier, poursuivant ainsi la r√©organisation de Marius. La charte militaire (condito militiae) lui donne son statut l√©gal : service de 12 ans pour les pr√©toriens, de 16 ans pour les l√©gionnaires (port√© plus tard √† 16 et 20 ans), solde, lib√©ralit√©s vari√©es, dotation en argent ou en terre le jour de la lib√©ration, accompagn√©e de privil√®ges juridiques comme la collation de la cit√© romaine. Les effectifs sont fix√©s √† 28 l√©gions (25 apr√®s la bataille de Teutobourg et le d√©sastre de Varus en 9) fortes de 5 500 fantassins et de 120 cavaliers, de corps auxiliaires de 500 ou 1 000 hommes (cavalerie, ailes, infanterie, cohortes), de la garnison de Rome et de l‚ÄôItalie, form√©e des neuf cohortes pr√©toriennes (9 000 hommes au total), des trois cohortes urbaines (3 000 hommes), des sept cohortes des vigiles (police nocturne, incendies) et de la garde priv√©e de l‚Äôempereur, form√©e de cavaliers espagnols, bataves ou germains. Soit 300 000 hommes auxquels viennent s‚Äôajouter 50 000 hommes des contingents des alli√©s, rois vassaux ou Barbares. Auguste cr√©e une marine de guerre, compos√©e de deux flottes √† Mis√®ne et √† Ravenne qui prot√©gent l‚ÄôItalie, de deux autres flottes de moindre importance en Syrie et en √Čgypte, et de flottilles fluviales sur le Rhin et le Danube pour la protection des fronti√®res.

Réforme de l’administration

En 23 av. J.-C., alors qu'il a re√ßu la puissance tribunicienne, c'est-√†-dire le droit d'imposer ses d√©cisions au s√©nat, Auguste cr√©e un corps de fonctionnaires, nomm√©s et appoint√©s par lui : pr√©fets, procurateurs, membres des grandes commissions ex√©cutives. Il r√©forme le cursus honorum des principales magistratures, reconstruisant la nouvelle classe politique et aristocratique, et formant une nouvelle classe dynastique. Ainsi les carri√®res s√©natoriales (h√©ritage de la R√©publique) et √©questre (cr√©√©e de toutes pi√®ces) fournissent le personnel administratif n√©cessaire. Les provinces imp√©riales sont administr√©es selon le cas par des lieutenants-l√©gats d‚Äôordre s√©natorial ou des pr√©fets et des procurateurs d‚Äôordre √©questre. L‚Äôempereur poss√®de un droit de regard sur les provinces s√©natoriales qui se traduit par une intervention administrative, financi√®re et judiciaire, sous la forme de l‚Äôappel.

Auguste proc√®de √† un redressement financier en am√©nageant les imp√īts existants et en am√©liorant l‚Äôadministration fiscale. Il contr√īle s√©v√®rement la gestion des gouverneurs s√©natoriaux et met fin au pillage m√©thodique des provinces pratiqu√© √† l‚Äô√©poque r√©publicaine. En Sicile et en Gaule, il substitue au syst√®me de la ferme la perception directe, et dans les cas o√Ļ il maintient la ferme, il l‚Äôentoure de garanties (remplacement des puissantes compagnies financi√®res (publicains) par des fermiers d‚Äôimportance sociale plus modeste et contr√īle √©troit exerc√© par des gouverneurs ou des procurateurs financiers). Auguste poursuit l‚ÄôŇďuvre de C√©sar en mati√®re de recensement et de cadastre, qui servent de base √† la fixation de l‚Äôimp√īt. Il d√©double la caisse financi√®re centrale, l‚Äôaerarium, qui subsiste pour le S√©nat, avec les diverses corbeilles (Fisci) et la caisse de la fortune particuli√®re (patrimonium) pour l‚Äôempereur.

Les juridictions r√©publicaines traditionnelles ‚ÄĒ assembl√©es l√©gislatives, magistratures, S√©nat, tribunaux ‚ÄĒ sont remani√©es. Les tribunaux civils et criminels sont r√©organis√©s. Une juridiction imp√©riale est cr√©√©e, qui se manifeste sous trois formes : l‚Äô√©vocation √† l‚Äôempereur, l‚Äôappel et la d√©l√©gation de la juridiction aux fonctionnaires. En premi√®re instance, par la Cognito Caesaris, l‚Äôempereur, partout et toujours, au civil comme au criminel, peut √©voquer une affaire √† son tribunal. L‚Äôappel √† l‚Äôempereur est g√©n√©ralis√© dans tout le monde romain. Juge supr√™me de l‚Äôempire, l‚Äôempereur d√©l√®gue ses pouvoirs judiciaires √† ses fonctionnaires, tant permanents (pr√©fets tels que Pr√©fet des vigiles et commissions ex√©cutives √† Rome et en Italie, l√©gats et gouverneurs dans les provinces imp√©riales) qu‚Äôextraordinaires (commissaires sp√©ciaux). La r√©organisation judiciaire se compl√®te, notamment √† Rome, par la cr√©ation d‚Äôune police.

Travaux à Rome

Portrait de l'empereur Auguste

Auguste se vante, par une formule c√©l√®bre, d'avoir ¬ę trouv√© une Rome de briques, et laiss√© une Rome de marbre. ¬Ľ

Sous le principat d'Auguste, Rome est divis√©e en 14 ¬ę r√©gions ¬Ľ. Des travaux sont entrepris pour stabiliser les rives du Tibre. Afin de lutter contre les incendies, assez fr√©quents dans la capitale, un corps de vigiles est instaur√©. De nouveaux aqueducs sont construits.

Entre autres travaux publics, Auguste fait construire le forum d'Auguste. Il modifie l'aspect du vieux forum r√©publicain dans un sens plus dynastique, en y reconstruisant la Curie (Curia Julia), en y apposant le milliaire d'or cens√© marquer le d√©part de toutes les routes principales de l'empire, et en y terminant la basilique Julia ou encore le temple du divin Jules √† l'emplacement o√Ļ a √©t√© br√Ľl√© le corps de son p√®re adoptif C√©sar, d√©sormais divinis√©.

L'empereur veille aussi √† la bonne marche de la religion en construisant ou en r√©novant environ 80 sanctuaires ; ainsi, le temple de Mars vengeur, le temple de Jupiter Tonnant au Capitole.

Une partie de sa propre maison au Palatin, qui a √©t√© touch√©e par la foudre, est transform√©e en temple d'Apollon Palatin, renfor√ßant le caract√®re sacr√© de la demeure et de la personne du ma√ģtre de Rome. Il ajoute au temple d'Apollon des portiques et une biblioth√®que grecque et latine, et y fait transf√©rer les Livres Sibyllins et un foyer d√©di√© √† Vesta. Auguste ne se fait jamais b√Ętir de palais, affectant un train de vie sobre dans cette maison tr√®s simple du Palatin, jadis celle habit√©e par l'orateur Quintus Hortensius Hortalus. Mais c'est bien √† partir de son r√®gne que le Palatin devient la colline de l'empereur, ouvrant la voie aux constructions de plus en plus grandioses de ses successeurs, notamment Tib√®re, Caligula, Domitien et les S√©v√®res.

Auguste fait √©galement reconstruire la basilique Julia qui a √©t√© incendi√©e. Elle est d√©di√©e √† ses fils adoptifs Lucius et Caius. En l'honneur de son √©pouse Livie, Auguste fait construire, entre 15 et 7 av. J.-C., √† la limite du quartier populaire de Subure, le ¬ę portique de Livie ¬Ľ, proche de l'Esquilin, au centre duquel se trouvait le petit temple de la Concordia Augusta.

En 13 av. J.-C., alors qu'il revient d'Hispanie et de Gaule apr√®s trois ans d'absence, pendant lesquels il a men√© des op√©rations de pacification et organis√© les provinces du sud de la Gaule, il fait construire √† Rome, sur le Champ de Mars, un monument afin de c√©l√©brer la paix qui r√®gne d√©sormais sur les territoires romains : l‚ÄôAra Pacis, l‚Äô¬ę Autel de la Paix ¬Ľ. La d√©dicace, c‚Äôest-√†-dire la c√©r√©monie de cons√©cration solennelle aux dieux qui marque le d√©but du fonctionnement de l'√©difice, n'aura lieu que plus tard, en 9 av. J.-C. La date a son importance car c'est le jour de l'anniversaire de l'√©pouse d'Auguste, Livie : l'aspect dynastique s'en trouve nettement soulign√©.

Il fait encore ex√©cuter d'autres travaux sous d'autres noms, sous ceux de ses petits-fils, de sa femme et de sa sŇďur : tels sont le portique et la basilique de Caius et de Lucius, le portique de Livie et celui d'Octavie, le th√©√Ętre de Marcellus.

C'est d'apr√®s ses exhortations que Marcus Philippus √©rige le temple de l'Hercule des Muses ; Lucius Cornificius, celui de Diane ; Asinius Pollion, le vestibule de la Libert√© ; Lucius Munatius Plancus, le temple de Saturne; Cornelius Balbus, un th√©√Ętre ; Statilius Taurus, un amphith√©√Ętre ; Marcus Vipsanius Agrippa, de nombreux et beaux √©difices dont les thermes d'Agrippa et le premier Panth√©on de Rome. Apr√®s son r√®gne, les grands travaux d'urbanisme devinrent l'apanage de la famille imp√©riale.

Sur le Forum Romanum, deux arcs de triomphe célébrèrent les victoires du prince. Il ne reste que la base de l'un d'eux.

Un √Ęge d‚Äôor culturel

Pass√©e √† la post√©rit√© sous le nom de ¬ę Si√®cle d‚ÄôAuguste ¬Ľ, cette p√©riode faste de la litt√©rature romaine est marqu√©e par les noms des po√®tes Virgile, Horace, Ovide, Tibulle, Properce, ou encore de l'historien Tite-Live. Tous ces auteurs doivent beaucoup √† la protection du fid√®le conseiller d'Auguste : M√©c√®ne, un nom propre devenu nom commun.

Introduits aupr√®s du Prince par l'interm√©diaire de M√©c√®ne, tous ces auteurs sont des amis personnels du ma√ģtre de Rome. Ils chantent sans r√©serves la gloire de sa personne et de sa famille, prennent parti pour lui contre Antoine. Ils soutiennent aussi sa politique traditionaliste visant √† restaurer les cultes romains anciens, l'agriculture, les ¬ę mŇďurs des anc√™tres ¬Ľ (mos maiorum) aux d√©pens des s√©ductions de l'orientalisme et de la lib√©ralisation des mŇďurs, incarn√©es jadis par Antoine. Telles sont du moins les apparences.

Si Auguste pardonne √† Tite-Live, qu'il traite affectueusement de ¬ę pomp√©ien ¬Ľ, ses sympathies pour le r√©gime r√©publicain des anciens temps, il exile brusquement Ovide de Rome pour le restant de ses jours, en l'an 8. Diverses hypoth√®ses ont √©t√© √©mises pour expliquer cette rel√©gation, la derni√®re en date √©tant qu'Ovide a √©t√© puni pour avoir voulu r√©v√©ler l'implication de l'empereur dans la mort de Virgile[5].

Portrait physique

Dans son ouvrage la Vie des douze Césars, Suétone livre une description très précise d'Auguste.

¬ę L'empereur √©tait tr√®s beau, malgr√© une n√©gligence esth√©tique remarqu√©e dans son entourage (il se coiffait et se rasait sans soin) et garda son charme naturel toute sa vie. Naturellement petit, la proportion √©l√©gante de ses membres concr√©tisait une autorit√© et une sup√©riorit√© qui faisaient baisser les yeux de ses invit√©s lorsqu'il les regardait. Ses yeux clairs et brillants √©taient, d'apr√®s la rumeur, anim√©s d'une sorte de force divine. On e√Ľt dit que le destin l'avait choisi pour succ√©der √† son oncle: il poss√©dait une √Ęme de chef qui demeurait calme et sereine en toutes circonstances.

Il avait les cheveux boucl√©s et le corps tachet√©, et boitait quelque peu du c√īt√© gauche en raison d'une faiblesse √† la hanche et √† la jambe. Auguste souffrait √©galement de la vessie, et rejetait r√©guli√®rement des petits cailloux en urinant.

Vieillissant, son oeil gauche faiblit alors que diverses maladies le frappaient r√©guli√®rement. Il ne supporta bient√īt plus le froid ni le chaud et ses dents devinrent clairsem√©es, petites et rudes. ¬Ľ

Famille

Auguste a épousé en premières noces, Clodia Pulchra, la fille de Fulvie et de Publius Clodius Pulcher. Ils n'ont pas d'enfants et se séparèrent en 40 av. J.-C.

Il √©pouse la m√™me ann√©e en deuxi√®mes noces, Scribonia, fille de Lucius Scribonius Libo et de Cornelia Sulla. Il a une fille de cette union :

Finalement, en troisièmes noces, il épouse en 38 av. J.-C. Livia Drusilla dont il n'eut pas d'enfants.

Auguste adopte par ailleurs quatre enfants :

Noms et titres

Noms

Titres et magistratures

Titulature à sa mort

√Ä sa mort le 19 ao√Ľt 14, Auguste est nanti de la titulature suivante :

IMPERATOR‚ÄĘCAESAR‚ÄĘDIVI‚ÄĘFILIVS‚ÄĘAVGVSTVS, PONTIFEX‚ÄĘMAXIMVS, TRIBVNICIAE‚ÄĘPOTESTATE‚ÄĘXXXVII, IMPERATOR‚ÄĘXXI, CONSVL‚ÄĘXIII, PATER‚ÄĘPATRIAE[6]

Films

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a, b, c et d Fran√ßois Zosso et Christian Zingg, Les empereurs romains, p. 21.
  2. ‚ÜĎ P. Petit, Histoire g√©n√©rale de l'Empire romain, t. I, Le Haut-Empire, √©d. du Seuil, ¬ę Points Histoire ¬Ľ, Paris, 1974, p. 26.
  3. ‚ÜĎ Su√©tone, Vie des douze C√©sars: livre III, paragraphe 69.
  4. ‚ÜĎ Su√©tone, Vie des douze C√©sars, Auguste, VII, 1
  5. ‚ÜĎ Auguste et les po√®tes
  6. ‚ÜĎ Auguste fut divinis√© apr√®s sa mort par le S√©nat.

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