Skopje

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Skopje

42¬į0‚Ä≤N 21¬į26‚Ä≤E / 42, 21.433

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Skopje
Blason de –°–ļ–ĺ–Ņ—ė–ĶSkopje
Héraldique
Drapeau de –°–ļ–ĺ–Ņ—ė–ĶSkopje
Drapeau

De haut en bas, de gauche √† droite : la forteresse de Kale, la rue de Mac√©doine, la croix du Mill√©naire, la place de Mac√©doine, la cath√©drale Saint-Cl√©ment d'Ohrid, le pont turc
De haut en bas, de gauche √† droite : la forteresse de Kale, la rue de Mac√©doine, la croix du Mill√©naire, la place de Mac√©doine, la cath√©drale Saint-Cl√©ment d'Ohrid, le pont turc
Administration
Pays Drapeau de Mac√©doine Mac√©doine
Région Skopje
Municipalité Skopje
Code postal 1000
Maire Kotse Trajanovski
Géographie
Coordonn√©es 42¬į 00‚Ä≤ 00‚Ä≥ Nord
       21¬į 25‚Ä≤ 59‚Ä≥ Est
/ 42, 21.433
Altitude 240 m
Superficie 181 800 ha = 1 818 km2
Démographie
Gentilé Skopiote
Population 668 518 hab. (2006)
Densit√© 367,7 hab./km2
Divers
Saint patron Clément d'Ohrid
Localisation
Macedonia location map.svg
City locator 14.svg
–°–ļ–ĺ–Ņ—ė–Ķ
Skopje
Internet
Site de la ville www.skopje.gov.mk

Skopje (en mac√©donien –°–ļ–ĺ–Ņ—ė–Ķ, prononc√© [ňąskopje] (skopi√©), Shkup ou Shkupi en albanais) est la capitale et la plus grande ville de la R√©publique de Mac√©doine ; elle compte aujourd'hui un peu moins de 700 000 habitants, soit environ le tiers de la population totale du pays. Skopje concentre la majeure partie des fonctions administratives, politiques, √©conomiques et culturelles de Mac√©doine.

La ville existe depuis l'Antiquit√© romaine ; alors appel√©e Scupi, elle √©tait la capitale de la province de M√©sie. Apr√®s avoir fait partie des empires byzantin et bulgare, elle est int√©gr√©e √† la Serbie en 1189 et en devient la capitale en 1346. En 1392, ce sont les Ottomans qui prennent Skopje. Renomm√©e Uskub, la ville conna√ģt plus de 500 ans de domination turque, longue p√©riode encore visible dans les nombreux caravans√©rails, mosqu√©es et hammams qui ponctuent le centre historique. La ville compte alors entre 30 000 et 60 000 habitants. Son d√©veloppement est brusquement interrompu par un gigantesque incendie en 1689, lors de la deuxi√®me guerre austro-turque et il faut attendre le milieu du XIXe si√®cle pour que la croissance d√©mographique reprenne. En 1912, Skopje retombe sous contr√īle serbe et, √† l'issue de la Premi√®re Guerre mondiale, elle est incluse dans le nouveau royaume des Serbes, Croates et Slov√®nes, qui devient en 1929 le royaume de Yougoslavie. Elle devient alors capitale de la banovine du Vardar, l'une des neuf r√©gions du pays. Conquise par les Bulgares pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est lib√©r√©e par les Partisans yougoslaves en 1944 et devient officiellement la capitale de la r√©publique socialiste de Mac√©doine.

Skopje s'est ensuite particuli√®rement d√©velopp√©e sous le r√©gime communiste de Tito. Ce nouvel essor fut toutefois interrompu par le tremblement de terre qui la d√©truisit presque enti√®rement en 1963. Reconstruite rapidement, la ville offre aujourd'hui un urbanisme marqu√© par l'architecture communiste et contemporaine. La chute du r√©gime yougoslave et l'ind√©pendance de la Mac√©doine ont entra√ģn√© de nombreuses fermetures d'usines et cette petite capitale peine encore aujourd'hui √† s'inclure dans les r√©seaux √©conomiques europ√©ens.

Sommaire

Géographie

Topographie

Skopje vu par le satellite Spot

Skopje (42¬į0‚Ä≤N 21¬į26‚Ä≤E / 42, 21.433) se trouve sur le cours sup√©rieur du Vardar, principal fleuve de Mac√©doine et qui se jette dans la mer √Čg√©e. La ville est au nord du pays, au cŇďur des Balkans et √† mi-chemin entre Belgrade et Ath√®nes[1]. La vall√©e du Vardar est environn√©e par de nombreuses collines et montagnes, et les limites administratives de la ville ainsi que son urbanisation sont d√©termin√©s par ces obstacles. Skopje correspond ainsi au bassin √©ponyme, vaste de 2 000 km2 mais confin√© le long du fleuve, d'est en ouest[2]. La municipalit√© fait ainsi plus de 24 kilom√®tres de long[3], mais n'a qu'une largeur moyenne de neuf kilom√®tres[4].

En 2006, Skopje comptait 668 518 habitants[4], appel√©s Skopiotes. La municipalit√© se situe √† une altitude d'environ 245 m et couvre 1 818 km2[4]. La surface urbanis√©e se limite toutefois √† 70 km2 environ. La municipalit√© englobe donc bon nombre de terres agricoles ou laiss√©es √† l'√©tat sauvage et de tr√®s nombreux villages.

La municipalité de Skopje se trouve sur la frontière avec le Kosovo, qui la borde au nord-ouest. Dans le sens des aiguilles d'une montre et en partant du nord, les municipalités macédoniennes limitrophes sont Tchoutcher-Sandevo, Lipkovo, Aratchinovo, Ilinden, Stoudenitchani, Sopichte, Jelino et Yegounovtse.

Hydrographie

Le Vardar et le vieux pont turc, symbole de la ville

Le Vardar, √† Skopje, n'est qu'√† une soixantaine de kilom√®tres de sa source, pr√®s de Gostivar. N√©anmoins, son d√©bit dans la ville est presque √©quivalent √† celui qu'il a √† son embouchure, pr√®s de Thessalonique. Le Vardar forme √† Skopje quelques larges m√©andres et il est travers√© par quelques ponts, au nombre de cinq dans le centre. Plusieurs rivi√®res se jettent dans le Vardar dans la municipalit√©. La plus longue est la Treska, qui fait 130 km de long et forme pr√®s de la ville un ravin ; les autres, le Lepenets, la Pchinia, la Kadina Reka, la Markova Reka et la Patechka Reka, font moins de 70 km de long[4]. Sur la cha√ģne Iakoupitsa, en dehors de l'agglom√©ration, se trouvent plusieurs lacs glaciaires, les Salakovski[4].

Le Vardar est un fleuve √† crues, ainsi, ses abords ne sont que tr√®s peu am√©nag√©s. Afin de limiter les inondations, son lit fut creus√© √† l'√©poque byzantine et son d√©bit r√©gul√© au d√©but du XXe si√®cle, mais des crues importantes √©taient encore possibles et le dernier grand d√©bordement √† ce jour eu lieu en 1962[5]. D'autres inondations catastrophiques ont d√©vast√© la ville en 1895, 1897, 1935, 1937, 1978 et 1979. Cette derni√®re ann√©e, le fleuve avait atteint un d√©bit de 980 m√®tres cubes par seconde et les d√©g√Ęts mat√©riels occasionn√©s √† travers la vall√©e avaient √©t√© estim√©s √† 7,4 % du revenu national[6]. En 1994, un barrage et une station hydro√©lectrique furent construits en amont de la ville, sur la rivi√®re Treska, tributaire du Vardar, afin de r√©duire encore les risques d'inondations. Le barrage, situ√© √† une quarantaine de kilom√®tres de la ville, a entra√ģn√© la cr√©ation du lac Kozyak, long de 32 kilom√®tres[7]. Skopje compte sur son sol deux autres lacs artificiels destin√©s √† r√©guler le d√©bit Vardar, les lacs Matka et Treska, situ√©s eux aussi sur la rivi√®re Treska[4].

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Géologie

Skopje et le mont Vodno

Une légende locale essaie d'expliquer les origines de Skopje en s'appuyant sur la géographie physique du site. Elle distingue ainsi sept montagnes (Vodno, Skopska Tsrna Gora, Souva Gora, Kitka, Jeden, Katlanovska et Char) et sept portes entre ces montagnes (les passages de Kitka, Taor, Katchanik et Derven, les gorges Treska et le détroit de Grouptchin et Mateitche). Ces ouvertures seraient les yeux, les oreilles, les narines et la bouche d'un géant et donc de la ville elle-même. Ce géant aurait été pétrifié par un sorcier qui aurait transformé sa tête en roche. Un héros, considérant que la punition était injuste, aurait lutté pendant un an contre le magicien, puis gagné le duel. Avec la baguette magique du sorcier, le héros aurait réussi à ranimer les ouvertures de la tête du géant, qui sont devenues les sept voies d'accès de la vallée de Skopje[8].

Les sept montagnes mentionn√©es dans la l√©gende appartiennent √† de plus grands ensembles, et la ville de Skopje est bord√©e √† l'ouest par les monts Char, au sud par la cha√ģne Iakoupitsa, qui culmine √† 2 533 m, et √† l'est par des collines qui forment le d√©but des monts Osogovo, qui marquent la fronti√®re entre la Mac√©doine et la Bulgarie[4]. Le mont Vodno, point culminant du centre de Skopje, s'√©l√®ve √† une altitude de 1 066 m√®tres. Il est largement d√©pass√© par les monts voisins d'Oso√Į, Jeden et Skopska Tsrna Gora qui font respectivement 1 506, 1 260 et 1 561 m√®tres d'altitude[4].

Cet environnement de moyennes montagnes conna√ģt encore des mouvements sismiques. La proximit√© de la faille entre les plaques tectoniques eurasienne et africaine fait ainsi de Skopje une ville √† risque sismique. De grands tremblements de terre furent ainsi enregistr√©s en 518, 1505 et en 1963[9].

La nature karstique du sol a entra√ģn√© la formation de ravins creus√©s par des cours d'eau, notamment ceux de Matka, de Katchanik, de Taor, du Jeden, de Derven et de Badar, certains √©tant mentionn√©s dans la l√©gende parmi les sept portes de Skopje. La ville compte enfin quelques grottes, dues elles aussi √† la nature du sol. Ces derni√®res se trouvent principalement dans le ravin de la Treska, mais d'autres sont visibles √† Breznitsa et sous la montagne de Solunska Glava[4].

Urbanisme

La place de Macédoine

Skopje poss√®de un urbanisme plut√īt l√Ęche et d√©sordonn√©, qui porte la trace profonde du tremblement de terre qui d√©truisit √† 80 % la ville en 1963[9].

La reconstruction après le tremblement de terre a été en grande partie orchestrée par le polonais Adolf Ciborowski, qui avait déjà planifié la rénovation de Varsovie après la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci a divisé la ville en blocs, destinés à des activités précises. Les bords du Vardar furent ainsi laissés à la nature ou transformés en parcs, les zones situées entre des axes importants furent loties de grands immeubles en béton ou de centres commerciaux, les régions périphériques laissées aux logements individuels et à l'industrie, etc[5]. La reconstruction se devait d'être rapide car il fallait avant tout reloger la population et relancer l'activité de la ville. La ville nouvelle fut également construite dans un souci économique et pour cela, les axes routiers furent multipliés et optimisés et l'extension urbaine future fut anticipée et planifiée[10].

Marqué par la catastrophe et la reconstruction, le centre-ville est formé de deux ensembles totalement distincts. Le vieux quartier de la rive nord du Vardar, majoritairement épargné par la catastrophe, s'oppose au quartier sud du centre-ville, presque entièrement reconstruit après 1963 et dont le développement ne remonte qu'aux années 1870[5].

Le quartier sud fut construit d'apr√®s des plans de KenzŇć Tange[11], architecte et urbaniste japonais, qui avait notamment dessin√© les plans d'Hiroshima en 1949. La plus significative de ses r√©alisations est la gare, qui, en √©tant construite en hauteur et sur des ponts, permet de dissocier trafic automobile, ferroviaire et pi√©ton. Sa planification du nouveau centre-ville a √©t√© con√ßue pour pouvoir abriter 1 800 foyers[11].

La vieille ville ottomane

Ce centre-ville se caract√©rise par de larges boulevards et des art√®res pi√©tonnes qui partent de la place de Mac√©doine (–ü–Ľ–ĺ—ą—ā–į–ī –ú–į–ļ–Ķ–ī–ĺ–Ĺ–ł—ė–į). Cette derni√®re est le centre n√©vralgique de la ville et se trouve directement sur la berge sud du Vardar. L'art√®re pi√©tonne qui relie la place de Mac√©doine √† l'ancienne gare (d√©truite en 1963), appel√©e rue de Mac√©doine (–£–Ľ–ł—Ü–į –ú–į–ļ–Ķ–ī–ĺ–Ĺ–ł—ė–į), est √©galement un lieu tr√®s fr√©quent√© par les passants. Deux boulevards concentriques ferment ce quartier qui regroupe la plupart des immeubles administratifs ainsi que la majorit√© des commerces √† l'occidentale (magasins de v√™tements, p√Ętisseries, banques, caf√©s...). Si l'ensemble des constructions datent de la reconstruction d'apr√®s 1963, on peut toutefois y trouver une tour m√©di√©vale ainsi que quelques immeubles du d√©but du XXe si√®cle, notamment l'ambassade d'Italie. Dans les ann√©es 2000, de nouveaux b√Ętiments ont vu le jour, comme le centre commercial Soravia ou des immeubles de bureaux √† la fa√ßade de verre.

Tours résidentielles

Le quartier qui se trouve au nord du Vardar, est beaucoup plus ancien et il est reli√© √† la rive sud par le Pont turc (du XVIe si√®cle), qui m√®ne directement √† la place de Mac√©doine. Ce quartier, appel√© Skopska Starata Tcharchia, c'est-√†-dire ¬ę le vieux bazar de Skopje ¬Ľ est fait de petites rues pi√©tonnes en pente bord√©es de maisons et de monuments anciens caract√©ristiques de l'architecture ottomane. Il regroupe un grand nombre de petits commerces traditionnels, comme des ferronneries, des bijouteries, des caf√©s √† l'orientale... Tr√®s vallonn√©, il est surplomb√© par la forteresse de Kale.

Le relief assez prononcé ne permet pas une urbanisation régulière de la périphérie, qui suit toutefois l'axe du Vardar, d'est en ouest. Alors que la vallée du fleuve et celles de ses affluents sont très urbanisées, les collines et les montagnes sont soit laissées à l'état sauvage, soit aménagées en parcs. La périphérie est constituée de quartiers très distincts, faits soit de maisons individuelles soit d'ensembles d'immeubles résidentiels. Les zones industrielles occupent également une part importante de la surface urbanisée.

L'urbanisme skopiote est également marqué par une certaine anarchie, car il existe bon nombre de maisons ou d'immeubles dont la construction n'a pas été déclarée[12] et certains quartiers périphériques ressemblent fortement à des bidonvilles[13].

Climat

La ville conna√ģt un climat continental, proche de celui de Sofia. Les √©t√©s sont chauds et les hivers doux. Skopje, avec sa moyenne de 340,5 millim√®tres de pluie par an[14], re√ßoit un peu moins de pluie que Sofia (430.3 mm)[15] mais un peu plus que Saragosse (232.8 mm)[16], deux villes situ√©es √† la m√™me lattitude et elles aussi entour√©es de montagnes. Le climat skopiote poss√®de des caract√©ristiques assez complexes car il r√©sulte de la rencontre d'une influence de la mer Noire et une influence m√©diterran√©enne dans un contexte flou de montagnes et de plaines. En hiver, l'air est r√©chauff√© par le vardarets, un vent qui remonte la plaine du Vardar et apporte de la pluie. Le climat de la plaine du Vardar est par ailleurs diff√©rent de celui que connaissent les autres r√©gions du pays, qui sont beaucoup plus froides et abondamment enneig√©es en hiver[17].

Mois J F M A M J J A S O N D
Temp√©ratures maximales (¬įC) 4 8 14 19 24 28 31 31 26 20 11 5
Temp√©ratures minimales (¬įC) -4 -2 2 6 10 14 16 16 12 8 2 -2
Précipitations (hauteur moyenne en mm) 21 17,6 23,6 33,5 37,7 31,6 25,6 20,8 24,9 35 32,1 37,1

Toponymie

En 1912, Uskub devient Skoplje

Au cours de son histoire, Skopje fut occup√©e par de nombreux peuples, qui chacun la baptis√®rent avec un nom diff√©rent. Le premier nom connu de la ville, Scupi, date de l'occupation romaine. Il semble venir du mot grec ¬ę skopein ¬Ľ (ŌÉőļőŅŌÄőĶŌćŌČ) qui signifie observer de loin, √©pier[18]. Cette derni√®re origine rappelle l'ancienne fonction de place forte de la ville, et l'importance de sa forteresse sur les fronti√®res gr√©co-romaines[19]. D'autres origines sont avanc√©es ; par exemple, le nom pourrait venir de l'illyrien[20] ou du p√©onien[21], deux langues parl√©es dans la r√©gion pendant la Protohistoire et Scupi pourrait signifier en p√©onien abri[22]. Enfin, Skopje pourrait rappeler le grec őēŌÄőĻŌÉőļőŅŌÄőĻőļŌĆŌā (√©piscopal)[23].

Les Bulgares succ√©d√®rent aux Romains et transform√®rent Scupi en Skopje[24]. Plus tard, ce furent les Turcs qui entr√®rent en possession de Skopie et ils traduisirent ce toponyme en √úsk√ľb ; les habitants du reste de l'Europe adapt√®rent √† leur tour le nom ottoman en Uskub ou Uskup, utilisant parfois le nom Skopia[25]. Lorsque la Mac√©doine √©chut au Royaume de Serbie, en 1912, Uskub devint officiellement Skoplje (–°–ļ–ĺ–Ņ—ô–Ķ). Ce toponyme fut repris par la plupart des autres langues n'ayant pas d'appellation propre pour d√©signer la ville. La ville pris son nom actuel, Skopje (–°–ļ–ĺ–Ņ—ė–Ķ), au d√©but des ann√©es 1950, lorsque les dialectes mac√©doniens furent unifi√©s et l'orthographe r√©form√©e, sous l'impulsion de la politique titiste. La minorit√© albanaise continue d'appeler la ville Shkupi et les Grecs ő£őļŌĆŌÄőĻőĪ (Skopia).

Histoire

Antiquité

Vestiges des murs de Scupi

Le territoire de Skopje fut probablement habit√© √† partir du N√©olithique car des traces d'installation datant de 4000 av. J.-C. furent retrouv√©es sur la colline de l'actuelle forteresse de Kale[24]. Ensuite, la r√©gion est envahie au IIIe si√®cle av. J.‚ÄĎC. par les Dardaniens, puis tombe sous la domination des rois de Mac√©doine en 335 av. J.-C. lorsqu'Alexandre le Grand √©tend son √Čtat jusqu'√† la rive sud du Danube[26]. A sa mort, la Mac√©doine tombe en d√©cadence et doit faire face √† de nombreuses guerres contre les Romains[27]. Elle est finalement annex√©e √† l'Empire lorsque Quintus Caecilius Metellus Macedonicus vainc Pers√©e, le dernier roi de Mac√©doine, en 148 av. J.-C. La r√©gion est d'abord incluse dans la province romaine de Mac√©doine, puis rejoint la M√©sie, lorsque la conqu√™te du nord des Balkans au Ier si√®cle av. J.‚ÄĎC. permet la cr√©ation de cette nouvelle province[24].

En 13 ou 11 ap. J.-C., pendant le r√®gne d'Auguste, une garnison est install√©e sur la colline de Za√Įtchev Rid[22], situ√©e √† environ cinq kilom√®tres du centre de la ville moderne. Cette garnison re√ßoit le nom de Scupi et c'est l'historien Tite-Live, mort en 17, qui en fait la premi√®re mention √©crite[24]. En 86 ap. J.-C., Domitien y installe des v√©t√©rans √† qui il offre des terres et transforme la garnison en colonie[22]. La m√™me ann√©e, l'empereur divise la M√©sie en deux et inclue Scupi dans la nouvelle M√©sie sup√©rieure[24]. La colonie occupe un rectangle de 40 hectares, ferm√© par un mur de 3,20 m√®tres de haut[22].

Diocl√©tien puis Constantin Ier r√©forment √† nouveau le d√©coupage administratif balkanique et cr√©ent la Dardanie, dont Scupi devient le centre administratif[28]. La premi√®re √©glise de Scupi est construite sous le r√®gne de Constantin Ier  ; l'√Čdit de Milan, sign√© en 313, qui l√©galise le christianisme, permet √† la ville de devenir un si√®ge √©piscopal. Le premier √©v√™que de la ville, Perigorius, participe au Concile de Serdica, qui se tient en 343[24].

En 395, Scupi rejoint l'Empire romain d'Orient, nouvellement cr√©e est cr√©√©. Au cours des IVe, Ve et VIe si√®cles, la ville conna√ģt une longue p√©riode de paix et d'essor. Un th√©√Ętre est construit, ainsi que des √©glises, des thermes, des palais, un syst√®me de distribution d'eau, des remparts[24], etc. La tranquillit√© de la r√©gion est n√©anmoins troubl√©e par quelques attaques des Huns[28]. La ville d'alors couvre 40 hectares et son enceinte, haute de 3 20 m√®tres, mesure 738 sur 590 m√®tres. Les fouilles du site, qui ont commenc√© au d√©but du XXe si√®cle et se poursuivent encore, ont notamment mis au jour les restes du th√©√Ętre, de la basilique civile, d'une basilique chr√©tienne et de deux n√©cropoles[28].

Moyen √āge

Ic√īne m√©di√©vale de Saint-Dimitri, conserv√©e au Mus√©e de Mac√©doine

En 518, Scupi est très durement touchée par un séisme qui bouleverse toute la Macédoine[9]. La ville est presque totalement détruite et l'empereur Justinien Ier, né en 483 à Taor, dans les environs, se déplace en personne pour lancer la reconstruction de la ville. La nouvelle ville, baptisée Justiniana Prima[24], ne se trouve pas au même emplacement que Scupi, mais sur la rive nord du Vardar, près de l'actuelle forteresse de Kale[1].

La Mac√©doine est √† nouveau boulevers√©e au VIIe si√®cle par les invasions slaves. Les Slaves s'installent d√©finitivement dans la r√©gion et fondent un √Čtat ind√©pendant, l'Empire bulgare, culturellement proche de l'Empire byzantin, qui ne tarde pas √† le dominer[24].

Aucun √©crit ne mentionne la ville au cours des trois si√®cles suivants[24]. Au Xe si√®cle, le gouverneur byzantin fait creuser le lit du Vardar, fleuve tumultueux qui inonde jusqu'alors fr√©quemment la ville. Il faut ensuite attendre la fin de ce si√®cle pour que Skopje redevienne une ville de pouvoir. √Ä cette √©poque, le tsar Samuel Ier de Bulgarie reconstitue l'empire bulgare qui s'√©tait peu √† peu d√©sagr√©g√© au profit de Constantinople, et lib√®re une partie des Balkans de l'influence byzantine. A l'int√©rieur de cet √Čtat, Skopje profite de sa situation de carrefour entre Sofia, les cit√©s voisines et les villes de la c√īte adriatique[24].

Le royaume de Samuel Ier ne r√©siste cependant pas longtemps √† la force militaire byzantine et, en 1004, la bataille de Skopje s'av√®re d√©cisive pour la survie du royaume. La trahison du commandant de la ville, Roman, entra√ģne la victoire de l'empereur byzantin Basile II[24]. Skopje se trouve, apr√®s la d√©faite des Bulgares, dans une p√©riode sombre, durant laquelle elle est livr√©e aux pillages et aux destructions[24]. Les habitants tentent vainement de s'animer face √† la domination byzantine et √† la d√©cadence de leur ville. Ainsi, le premier soul√®vement, conduit par le petit-fils de Samuel Ier, Pierre Deljan, en 1040, puis le second, anim√© par Georgij Vojtech en 1072, furent tous deux r√©prim√©s dans le sang[24]. D'autres mouvements, de moindre ampleur, continu√®rent √† secouer Skopje pendant tout le reste du XIe si√®cle, jusqu'√† ce que des Normands envahissent la ville en 1081[24]. Ceux-ci sont conduits par Robert Guiscard, qui a auparavant conquis la Sicile et d√©sire atteindre Constantinople[29]. En 1093, un chef serbe, Vukan, d√©loge les Normands de Mac√©doine, mais ces derniers reprirent le territoire du Polog, dont faisait partie Skopje, en 1097[24]. Ils sont cette fois men√©s par Boh√©mond de Tarente[30], petit-fils de Robert Guiscard et futur meneur de la Premi√®re Croisade. La famine et une √©pid√©mie de peste d√©cime vite son arm√©e et il est vite contraint de rendre ses terres au Byzantins avant de mourir en 1111[31].

Le XIIe si√®cle ne fut marqu√© par aucun √©v√©nement d√©cisif, le d√©clin de l'Empire byzantin permettant tout de m√™me aux Serbes d'asseoir leur puissance. Ceux-ci poss√®dent d√©finitivement Skopje au XIIIe si√®cle ; la ville conna√ģt alors une p√©riode de prosp√©rit√©, particuli√®rement sous la dynastie Nemanjińá. Le roi de Serbie Stefan UroŇ° IV DuŇ°an, qui conquit le reste de la Mac√©doine actuelle, en fait sa capitale et s'y fait couronner en 1346 ¬ę Empereur des Serbes et des Grecs ¬Ľ[24]. La ville profite de l'installation de marchands venus de Venise, Dubrovnik... et du passage des caravanes qui relient le nord au sud et apportent des denr√©es parfois venues de tr√®s loin[24].

Empire ottoman

La mosquée Mustapha Pacha vue de la forteresse de Kale

Apr√®s la mort de Stefan UroŇ° IV DuŇ°an en 1355, Skopje ne reste que peu de temps serbe. En effet, les √Čtats balkaniques c√®dent peu √† peu √† la nouvelle puissance ottomane. Ainsi, la ville tombe aux mains des Turcs le 19 janvier 1392[24].

Sous la domination ottomane, la nouvelle √úsk√ľb subit d'importantes transformations. L'extension de l'empire vers le nord permet tout d'abord √† la ville de conserver son statut de carrefour commercial et les Turcs lui attribuent de nouvelles fonctions administratives. Les Turcs firent notamment d'√úsk√ľb la capitale du vilayet du Kosovo, province qui correspond √† l'actuel Kosovo, mais aussi au sud de la Serbie, au nord de la Mac√©doine et √† une partie du Mont√©n√©gro[32].

Les Turcs construisirent √† √úsk√ľb de nombreux monuments, comme des mosqu√©es, un grand march√© couvert, des caravans√©rails et des hammams, dont certains existent toujours. La ville re√ßoit des marchands venus de toute la Turquie et des Balkans[24]. En 1555, un s√©isme touche √úsk√ľb et d√©truit une partie de la ville m√©di√©vale ; cependant, la ville reprend rapidement son activit√©[9].

Vue de Skopje en 1594

La prosp√©rit√© de la ville se traduit par une croissance d√©mographique continue et par l'augmentation de la diversit√© ethnique et culturelle des habitants. √úsk√ľb est en effet habit√©e par d'importantes communaut√©s orthodoxes et musulmanes, mais √©galement par des Juifs, venus pour la plupart d'Espagne, d'o√Ļ ils avaient √©t√© chass√©s. Ces derniers vivent dans leur propre quartier, Evre√Įsko Maalo, situ√© pr√®s du Vardar, en contrebas de la forteresse[33]. L'√©crivain et voyageur turc du XVIIe si√®cle, Evliya √áelebi, comptabilise 10 160 maisons vers 1670. La population de l'√©poque est estim√©e entre 30 000 et 60 000 habitants[24]. Un autre √©crivain, Dulgar Dede, √©crit √† propos d'√úsk√ľb ¬ę J'ai voyag√© pendant des ann√©es d'un bout √† l'autre de la Roum√©lie ; j'ai vu une multitude de villes magnifiques et j'ai √©t√© stup√©fi√© de la b√©n√©diction d'Allah, mais aucune de ces villes ne m'a autant impressionn√© et enchant√© que la ville paradisiaque d'√úsk√ľb, √† travers laquelle passe le Vardar ¬Ľ[1].

√úsk√ľb est cependant durement touch√©e par la Deuxi√®me guerre austro-turque. En 1689, l'arm√©e autrichienne arrive en Mac√©doine apr√®s avoir remport√© le si√®ge de Vienne. Apr√®s la reddition d'√úsk√ľb le 25 octobre, le g√©n√©ral Engelberto d'Ugo Piccolomini la fait incendier, officiellement pour pr√©venir les risques de chol√©ra[24], officieusement pour d√©truire toutes les ressources qui pourraient √™tre utilis√©es par les Turcs[1]. √úsk√ľb continue de br√Ľler pendant deux jours ; par chance, tous les habitants avaient fui avant l'arriv√©e des Autrichiens[24].

Le hammam Daut Pacha

La ville est tr√®s gravement endommag√©e par l'incendie et ce sont les quartiers juifs qui ont le plus souffert de l'attaque. N√©anmoins, la pr√©sence autrichienne satisfait de nombreux chr√©tiens de Mac√©doine, pour qui elle signifie la fin de l'h√©g√©monie musulmane. Mais les Autrichiens quittent rapidement la Mac√©doine et les Turcs √©crasent les rebelles chr√©tiens. Bon nombre de ceux-ci quittent d√©finitivement √úsk√ľb et trouvent refuge dans le nord des Balkans[24].

√úsk√ľb conna√ģt apr√®s la Guerre austro-turque une longue p√©riode de r√©cession. Les habitants de la ville, comme tous les Mac√©doniens, sont d√©cim√©s √† plusieurs reprises par des √©pid√©mies de peste et de chol√©ra, l'Empire ottoman est secou√© par de graves crises qui le conduisent √† l'anarchie et des r√©bellions √©clatent un peu partout en Mac√©doine. Ces r√©bellions sont g√©n√©ralement conduites par des hors-la-loi turcs, qui profitent de la faiblesse de la Sublime Porte pour piller les villages, mais aussi par des Janissaires ou des Chr√©tiens, qui r√©clamaient plus de droits ou de pouvoir[24].

La r√©cession se poursuit tout au long du XVIIIe si√®cle puis au cours des premi√®res d√©cennies du XIXe si√®cle. Vers 1836, √úsk√ľb ne compte que 10 000 habitants[24], soit √† peine le tiers de sa population du XVIe si√®cle. Cependant, l'industrialisation progressive et l'exode rural gonflent rapidement la croissance d√©mographique ; √úsk√ľb compte ainsi 20 000 habitants en 1852[24].

De 1850 à 1913

La cathédrale de la Vierge Marie, construite en 1835

Durant la deuxi√®me moiti√© du XIXe si√®cle, √úsk√ľb poursuit son industrialisation. La construction d'une premi√®re ligne de chemin de fer en 1873 est significative pour le d√©veloppement de la ville. Cette ligne, qui la relie √† Thessalonique, en Gr√®ce, est prolong√©e l'ann√©e suivante jusqu'√† Kosovska Mitrovica, ville du nord du Kosovo[24]. La position de la gare, sur la rive sud du Vardar, modifie profond√©ment l'urbanisme de la ville, car cette rive sud, n√©glig√©e pendant des si√®cles, accueille le nouveau centre n√©vralgique de la ville, dont les nouveaux immeubles contrastent avec les vieilles rues de la rive nord[5].

Le nouvel essor de la ville, l'√©mergence d'une classe ais√©e mac√©donienne et les id√©es nouvelles de nationalisme permettent l'√©mergence √† √úsk√ľb d'une premi√®re conscience identitaire. Les propri√©taires mac√©doniens les plus riches se placent en chefs de file de la contestation de l'autorit√© ottomane et grecque en construisant des √©glises et des √©coles slaves. Les premi√®res, la cath√©drale de la Vierge Marie, l'√©glise Notre-Dame et l'√©cole municipale ouvrirent en 1835 et en 1836. Plus tard, en 1850, est ouverte une autre √©cole, qui peut accueillir environ 180 √©l√®ves, puis une biblioth√®que[24].

Teodosij Golganov, prêtre et nationaliste macédonien

En 1896 est cr√©√© √† Thessalonique le premier organisme nationaliste mac√©donien, l'Organisation r√©volutionnaire int√©rieure mac√©dono-andrinopolitaine. Cet organisme a pour but la cr√©ation d'une entit√© mac√©donienne ind√©pendante. Il s‚Äôappuie principalement sur les √©coles et les √©glises mac√©doniennes pour se faire conna√ģtre et trouver des sympathisants. √úsk√ľb est l'un des cinq foyers principaux du mouvement[24].

Le clerg√© mac√©donien lutte lui aussi activement contre l'h√©g√©monie grecque, et l'√Čglise orthodoxe mac√©donienne commence bient√īt √† se lib√©rer de l'autorit√© du Patriarcat de Constantinople et √† se rapprocher de l'√Čglise bulgare. Certains pr√™tres d'√úsk√ľb souhaitent m√™me recr√©er l'archev√™ch√© local d'Ohrid, supprim√© par les Turcs en 1767[34]. Teodosij Gologanov, le ma√ģtre-√†-penser des pr√™tres mac√©doniens, est cependant contraint √† quitter la ville en 1892, apr√®s avoir √©t√© d√©mis de ses fonctions religieuses[24].

La désagrégation progressive de l'Empire ottoman à cette époque et l'indépendance de la Bulgarie, de la Serbie, du Monténégro ou encore de la Roumanie sont néanmoins la cause de fréquents soulèvements nationalistes en Macédoine, notamment en 1878, lors de la signature du traité de Berlin. Ce texte, qui fixe les nouvelles frontières de l'Empire ottoman, laisse la Macédoine aux Turcs[24].

Le vieux pont turc en 1909

L'ind√©pendance de la Serbie et de la Bulgarie s'accompagne du d√©part massif des Musulmans qui vivaient autrefois dans ces pays. Beaucoup d'entre eux choisissent de s'installer en Mac√©doine, et notamment √† √úsk√ľb. Ces Musulmans sont pour la plupart turcs ou albanais, et ceux qui s'installent √† √úsk√ľb cr√©ent un nouveau quartier, Madjir Maalo. Ils sont rejoints quelques ann√©es plus tard par des r√©fugi√©s bosniaques, leur pays √©tant occup√© par les Autrichiens[24].

M√™me si leur pouvoir en Mac√©doine faiblit d'ann√©e en ann√©e, les Turcs ont toujours une certaine emprise sur la vie d'√úsk√ľb, qui est toujours capitale de vilayet. Ainsi, les Turcs changent significativement son visage. De 1900 √† 1908, le gouverneur turc de la ville, Afuz Mehmed PaŇüa, fait construire √† √úsk√ľb une √©cole pour enfants pauvres, un lyc√©e, fait r√©guler les eaux du Vardar et fait planter le grand Parc, au nord du centre-ville. En 1906 est construit le premier th√©√Ętre[24].

L'av√®nement des Jeunes-Turcs apr√®s le renversement du sultan en 1909 permet une premi√®re d√©mocratisation de la Turquie, et donc de la Mac√©doine. C'est √† cette √©poque que la plupart des partis politiques mac√©doniens sont cr√©√©s. Le plus grand, l'Organisation social-d√©mocratique d'√úsk√ľb devient une branche locale du Parti social-d√©mocrate ottoman. Un important courant socialiste √©merge √©galement dans la ville[24].

De 1913 à 1963

Carte postale fran√ßaise de Skopje datant de la Premi√®re Guerre mondiale ; elle repr√©sente le fort de la ville, transform√© en h√īpital militaire

Les deux Guerres des Balkans (1912-1913) mettent d√©finitivement fin √† l'occupation turque d'√úsk√ľb et √† la Mac√©doine historique. Celle-ci est en effet partag√©e entre la Gr√®ce, la Bulgarie et la Serbie, cette derni√®re entrant en possession d'√úsk√ľb, qui devient officiellement Skoplje. La partition est suivie de nombreuses migrations humaines, principalement en direction de la Mac√©doine grecque[24].

La Première Guerre mondiale est ressentie en Macédoine serbe dès 1914, puisque la Serbie est entrée en guerre contre l'Autriche-Hongrie cette année-là. Mais les premiers combats sur le sol macédonien n'ont lieu qu'à partir de 1915, lorsque la Bulgarie envahit la Macédoine serbe. La Serbie étant alliée à la Triple-Entente, elle est rapidement aidée par la France, le Royaume-Uni, la Grèce et l'Italie. Ceux-ci forment au nord de la Grèce le front de Salonique, qui avance peu à peu dans la Macédoine serbe. Le 29 spetembre 1918, l'Armée française d'Orient, profitant de la rupture du front, atteint Skoplje et, sous le commandement de Jouinot-Gambetta, prend la ville par surprise[35].

Le 26 d√©cembre 1918, les Bulgares demandent l'armistice. La Mac√©doine serbe est incluse la m√™me ann√©e dans le Royaume des Serbes, Croates et Slov√®nes, successeur de la Serbie, et qui devient en 1929 le Royaume de Yougoslavie[34]. Skopje est alors la plus grande ville de la r√©gion la moins d√©velopp√©e d'Europe[36]. Elle retrouve une fonction administrative en 1922, lorsqu'elle devient chef-lieu de l'un des 33 d√©partements du royaume[37]. En 1931, avec le changement de constitution, les d√©partements disparaissent et Skoplje est faite chef-lieu de la banovine du Vardar, l'une des neuf r√©gions de la Yougoslavie[38].

Le Th√©√Ętre national, et au fond, la forteresse

En 1941, Adolf Hitler pose un ultimatum au roi Pierre II. Soit il signe le traité d'alliance qu'ont déjà signé l'Allemagne, l'Italie et le Japon, soit les Nazis envahissent le pays. Le roi attend pour ratifier le traité et des soulèvements populaires ont lieu un peu partout. Finalement, les nazis attaquent la Yougoslavie et la Grèce sans déclaration de guerre et envahissent rapidement ces deux pays[24].

Les nazis remportent Skoplje le 8 avril 1941. Ils n'occupent pas la ville longtemps, puisqu'ils la c√®dent √† la Bulgarie fasciste avec le reste de la Mac√©doine. Les Bulgares font de Skoplje leur centre de commandement pour toute la Mac√©doine. Parmi les habitants de la ville, des r√©sistants constituent rapidement des r√©seaux antifascistes et anti-bulgares. Le plus puissant de ces r√©seaux est celui du Parti communiste de Mac√©doine. La plupart des actions de r√©sistance sont des actes de sabotage, visant notamment l'a√©roport, les industries ou le chemin de fer. De nombreux r√©sistants, devenus h√©ros nationaux, sont captur√©s et meurent en prison ou finissent ex√©cut√©s[24]. Le 11 mars 1943, les 3 286 Juifs de Skopje sont arr√™t√©s puis envoy√©s par les soldats bulgares au camp d'extermination de Treblinka[39]. Seuls 2% des Juifs de Mac√©doine √©chappent √† la mort, et la plupart d'entre-eux s'installe en Isra√ęl apr√®s la Lib√©ration[40]. En 1946, Skopje compte toutefois 452 Juifs, mais ils ne sont plus que 95 en 1952 et la communaut√© dispara√ģt tout √† fait vers 1958[41].

Les Libérateurs de Skopje

L'Arm√©e nationale de lib√©ration de Mac√©doine, constitu√©e majoritairement par des communistes, m√®ne en automne 1944 la bataille contre l'Occupant dans les rues de Skoplje. La ville est lib√©r√©e √† l'issue de ces combats, le 13 novembre 1944[24].

En 1945, la R√©publique f√©d√©rale socialiste de Yougoslavie est cr√©√©e par Josip Broz Tito, qui re√ßoit l'appui des anciens r√©sistants communistes et des antifascistes. Un an plus tard, six r√©publiques f√©d√©r√©es voient le jour ; elles ont l'objectif de correspondre chacune √† un peuple yougoslave. L'ancienne Mac√©doine serbe et le peuple mac√©donien sont pour la premi√®re fois internationalement reconnus. Skoplje, dont l'√©criture mac√©donienne Skopje est mondialement officialis√©e, devient la capitale de la R√©publique socialiste de Mac√©doine[24].

Skopje profite de son statut administratif et des programmes d'industrialisation yougoslaves. √Ä la fin de l'ann√©e 1946, elle compte 102 600 habitants et 197 300 en 1961[42]. En 1962, la ville subit n√©anmoins une premi√®re catastrophe, le Vardar d√©borde et cause une gigantesque inondation[5].

Le tremblement de terre de 1963

L'armée américaine dans la ville ravagée par le tremblement de terre

Le 26 juillet 1963, √† h 17 du matin, la ville est violemment secou√©e par un s√©isme de magnitude de 6,9 sur l'√©chelle de Richter. Il dure 20 secondes et est ressenti surtout dans la vall√©e du Vardar[43].

Le tremblement de terre tue plus de 1 000 personnes, fait 3 500 bless√©s et met √† la rue plus de 120 000 habitants. La ville est d√©truite √† 80 % en moins d'une minute, perdant une grande part de sa richesse historique et culturelle. Environ un tiers des b√Ętiments rest√©s intacts visuellement doivent √™tre d√©truits et seule une famille sur quarante a encore un logement habitable. Les voies ferr√©es et les infrastructures souterraines ont toutefois globalement √©chapp√© au d√©sastre[5].

L'√©v√®nement, retransmis par les m√©dias dans le monde entier, engendre une grande g√©n√©rosit√©, surtout gr√Ęce √† la position non-align√©e de la Yougoslavie. Skopje re√ßoit ainsi de l'aide de 77 √Čtats, sous forme d'argent, de m√©decins, d'√©quipes de reconstruction[5]‚Ķ Les √Čtats-Unis, par exemple, font installer un h√īpital de campagne d'une capacit√© de 120 lits. L'infrastructure, apport√©e de Berlin, est mont√©e dans les vingt-quatre heures qui suivent le s√©isme. Des milliers de maisons pr√©fabriqu√©es sont mont√©es en attendant les travaux de reconstruction[5]. La catastrophe √©meut √©galement des artistes, comme Jean-Paul Sartre ou Pablo Picasso, qui offre √† la ville son tableau T√™te de Femme, expos√© depuis au Mus√©e d'art contemporain, lui-m√™me construit par le gouvernement polonais en 1963[44].

Depuis 1963

Immeubles de l'époque communiste

Pendant les premiers mois qui suivent la catastrophe, un d√©bat a lieu entre les partisans de la reconstruction et ceux qui proposent l'abandon de la ville, car d'autres s√©ismes sont √† pr√©voir sur le site. L'afflux d'importantes aides financi√®res convainc finalement les autorit√©s de reconstruire la ville. Un comit√© de reconstruction est nomm√© en 1964, il est dirig√© par Adolf Ciborowski, architecte polonais qui avait d√©j√† planifi√© la reconstruction de Varsovie en 1945. Il est second√© dans sa t√Ęche par une soixantaine d'experts internationaux et autant d'experts yougoslaves. Le plan d√©finitif est pr√©sent√© au public en octobre, lors d'une exposition qui attire plus de 10 000 visiteurs en une semaine. Les travaux, rapides, sont aussi tr√®s impressionnants et, lors d'un exercice d'√©criture sur l'√©v√®nement qui avait selon eux le plus marqu√© l'histoire de leur ville, 80% des enfants skopiotes choisissent la reconstruction plut√īt que le s√©isme lui-m√™me[5].

Les travaux, achev√©s vers 1980, font na√ģtre une ville totalement nouvelle, compos√©es d'unit√©s consacr√©es √† des usages bien pr√©cis, comme l'industrie, le commerce, le logement... Chaque unit√© de logement doit pouvoir contenir 6 000 personnes et celles-ci habiter √† moins d'un quart d'heure √† pied d'un arr√™t de bus. Le nouveau centre-ville est planifi√© par KenzŇć Tange, qui a d√©j√† travaill√© √† Hiroshima[11]. La gare est l'un des seuls √©difices anciens conserv√©s dans le centre. Laiss√©e partiellement en ruines, son horloge arr√™t√©e sur l'heure du s√©isme, elle a √©t√© transform√©e en Mus√©e national d'Histoire. Une grande partie du vieux quartier ottoman, sur la rive nord du Vardar, plut√īt √©pargn√©e par le s√©isme, est quant √† elle conserv√©e sans toutefois devenir un mus√©e √† ciel ouvert[5].

Graffiti dans le centre de Skopje

Skopje, une fois reconstruite, renoue rapidement avec la croissance. Sa population augmente rapidement, en 1981, elle compte 408 100 habitants, alors que dix ans auparavant, elle en comptait 312 300[42]. Cette forte croissance d√©mographique entra√ģne l'ouverture de nombreux chantiers, la banlieue de Skopje s'√©talant d'ann√©e en ann√©e sur la campagne environnante.

En 1991, Skopje est tout naturellement devenue la capitale de la R√©publique de Mac√©doine, pour la premi√®re fois ind√©pendante. Cependant, la ville et le pays ont connu de graves difficult√©s, qui ont beaucoup nui √† leur d√©veloppement. Tout d'abord, la fin de la paix ethnique de Tito a fait na√ģtre des tensions entre les diff√©rentes communaut√©s, notamment entre les Mac√©doniens et les Albanais ; ensuite, le pays s'est confront√© √† la Gr√®ce, hostile √† son ind√©pendance ; et enfin, les Mac√©doniens ont d√Ľ quitter le syst√®me communiste pour entrer dans la mondialisation.

Le siège de l'Union européenne en Macédoine

De nombreuses usines de Skopje ont d√Ľ fermer leurs portes et le gouvernement a eu, dans un premier temps, beaucoup de mal √† attirer les investissements. Depuis quelques ann√©es, gr√Ęce √† la stabilisation du pays, la ville manifeste un certain renouveau. Les ann√©es 2000 ont notamment vu la r√©novation du centre-ville, surtout dans sa partie sud, o√Ļ de nombreuses constructions ont vu le jour (centre commercial Soravia, immeubles gouvernementaux...). Beaucoup de monuments anciens situ√©s dans la vieille ville ont b√©n√©fici√© de r√©novations, comme la forteresse de Kale, dont une part importante de l'enceinte, √©croul√©e en 1963, a √©t√© relev√©e. De nombreux autres projets ont √©t√© lanc√©s, comme Skopje 2014[45]. D'autres lieux importants, comme la Philip II Arena et l'a√©roport Alexandre le Grand, sont sujets √† des agrandissements et √† des am√©liorations[46],[47].

Skopje 2014

Les nouvelles statues de Deltchev et Grouev

En 2007 a commenc√© une vaste campagne d'am√©nagements du centre-ville. Ces am√©nagements visent √† rendre ce quartier, reconstruit apr√®s 1963, plus agr√©able et surtout plus monumental. Tout d'abord, plusieurs monuments embl√©matiques de la ville, disparus lors du dernier s√©isme, vont √™tre reconstruits √† leur emplacement d'origine, c'est-√†-dire autour de la place de Mac√©doine et sur les rives du Vardar, qui seront r√©am√©nag√©es. Le premier de ces monuments est la forteresse de Kale, o√Ļ sont effectu√©es des fouilles arch√©ologiques avant le remontage des remparts[48]. Les autres sont le Th√©√Ętre national, le Cercle militaire et la cath√©drale orthodoxe Saint-Constantin et Sainte-H√©l√®ne, qui faisait 29 m√®tres de haut[49].

Autres statues présentes au même endroit avant le tremblement de terre

Autour du Vardar seront √©galement construits le Mus√©e du R√©veil national mac√©donien, le Mus√©e arch√©ologique, le si√®ge des Archives nationales et une salle philarmonique. Deux passerelles pi√©tonnes relieront les deux rives du fleuve et seconderont ainsi le Pont turc. La place de Mac√©doine accueillera quant √† elle un arc de triomphe, un h√ītel Marriott et une fontaine surmont√©e d'une statue √©questre d'Alexandre le Grand[45]. Les statues de Gots√© Deltchev et de Dam√© Grouev, personnalit√©s mac√©doniennes, ont d√©j√† √©t√© install√©es sur la place et seront rejointes par quatorze autres effigies dispos√©es dans l'ensemble du quartier[50]. Enfin, le Parlement sera coiff√© de trois coupoles et son parvis sera orn√© de trois monuments en honneur de h√©ros historiques mac√©doniens[45].

Cette op√©ration urbanistique, appel√©e Skopje 2014 en r√©f√©rence √† la date pr√©vue d'ach√®vement des travaux, ne fait pas l'unanimit√©, notamment √† cause de son co√Ľt (200 millions d'euros), mais aussi √† cause du caract√®re tr√®s historiciste et nationaliste des futures constructions[51]. La minorit√© albanaise (un quart de la population de la ville) d√©plore aussi le fait qu'elle ne sera pas repr√©sent√©e dans les divers monuments qui seront √©rig√©s sur la place de Mac√©doine[52]. Les travaux ont commenc√© en 2008, avec l'installation d'un drapeau g√©ant, destin√© √† augmenter la conscience nationale mac√©donienne (des drapeaux identiques furent √©galement install√©s dans les autres grandes villes du pays)[53].

Héraldique

Blason de Skopje

Les armes de la ville furent adopt√©es dans les ann√©es 1950 et officialis√©es √† nouveau en 1997. Elles reprennent les symboles de la ville ; le Vardar, le pont turc, la forteresse et la montagne de Tsrna Gora[54].

Elles se blasonnent ainsi:

D'argent ; en pointe, une onde d'azur baignant le pont √† deux arches du lieu de carnation ma√ßonn√©, surmontant trois monts de sinople eux-m√™mes surmont√©s √† dextre d'un autre mont au naturel enneig√© et √† s√©nestre du fort du lieu ombr√© de carnation.

Le drapeau de Skopje utilise ces armes en ombre d'or en canton sur fond de gueules. Le drapeau est parfois horizontal parfois vertical, toutefois, la version verticale fut la première à être utilisée. Le drapeau respecte les proportions 1:2[55].

Administration

Conseil de la Ville

L'administration de Skopje est g√©r√©e par le Conseil de la Ville. Celui-ci est constitu√© de 45 membres √©lus au suffrage universel direct pour une p√©riode de quatre ans. Le Conseil s'occupe principalement des d√©cisions budg√©taires, des grandes orientations et assure les rapports entre le gouvernement national et la ville. Plusieurs commissions se r√©partissent les t√Ęches plus concr√®tes. Il y a ainsi la commission des finances, du d√©veloppement local, de l'urbanisme, de l'environnement[56]...

Le président du Conseil est élu par ce dernier. Les dernières élections, tenues en 2009, ont permis la nomination d'Irena Misheva, membre du parti VMRO-DPMNE[56].

Suite aux √©lections locales de 2009, le Conseil de la Ville de Skopje √©tait compos√© de la mani√®re suivante[56] :

Parti Sièges
Parti démocratique pour l'Unité nationale macédonienne (VMRO-DPMNE) 19
Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM) 11
Union démocratique pour l'intégration (DUI) 5
Nouvelle Démocratie 3
Parti libéral démocrate (LDP) 3
VMRO (Parti national) 2
Forces de Gauche de Tito 1
Groupe de votants K.K. 1

Maire

Le maire de Skopje est lui aussi √©lu au suffrage universel direct pour un mandat de 4 ans. Le maire de Skopje est Kotse Trajanovski (–ö–ĺ—Ü–Ķ –Ę—Ä–į—ė–į–Ĺ–ĺ–≤—Ā–ļ–ł) depuis avril 2009. Ancien d√©put√© et ancien maire de la municipalit√© de Gazi Baba, il est membre du VMRO-DPMNE et fait, en autres, partie du comit√© mac√©donien pour l'int√©gration europ√©enne[57].

Le maire représente la ville de Skopje et il est responsable des activités du Conseil de la Ville auprès des Skopiotes. Il doit également veiller à l'application des actes du Conseil et peut lui-même soumettre des textes aux conseillers. Enfin, c'est lui qui gère les organes d'administration de la ville et ses fonctionnaires et qui nomme ou révoque les directeurs de ces organes[58].

Budget

Le budget total de Skopje pour l'ann√©e 2010 s'√©levait √† 4 143 357 000 denars, soit environ 67 millions d'euros. Sur ces 4 milliards de denars, environ 2 milliards proviennent des imp√īts directs et 1 milliard de la dotation de l'√Čtat, le reste provenant soit des imp√īts indirects soit de transferts et de donations diverses. Les d√©penses pour la m√™me ann√©e s'√©l√®vent quant √† elles √† 4 725 557 000 denars et elles laissent donc un d√©ficit de 582 200 000 denars, soit plus de 9 millions d'euros. Ce d√©ficit a toutefois √©t√© combl√© par des ventes de titres (260 millions de denars) et par des remboursements de pr√™ts octroy√©s par la ville (322 millions de denars). Par ailleurs, 10 millions de denars pris sur le budget de l'ann√©e ont √©t√© plac√©s en r√©serve[59]. En 2009, les chiffres concernant le budget municipal √©taient tr√®s semblables. Toutefois, les d√©penses ont d√©pass√© les 5 milliards de denars[59],[60].

Découpage administratif

La ville de Skopje forme une des 84 municipalit√©s (en mac√©donien o–Ņ—ą—ā–ł–Ĺ–į) de Mac√©doine.

En tant que capitale et ville la plus peupl√©e, la municipalit√© de Skopje a un statut particulier, r√©gi par une loi sp√©cifique. Skopje est ainsi, selon l'article 117 de la Constitution, une ¬ę unit√© particuli√®re d'autogestion locale ¬Ľ[61]. La principale diff√©rence entre Skopje et les autres municipalit√©s mac√©doniennes consiste en sa division en 10 municipalit√©s sp√©ciales, dont la derni√®re r√©forme date de 2004. La municipalit√© qui correspond au cŇďur commercial et politique est appel√©e Tsentar (le centre). La municipalit√© de Tcha√Įr correspond quant √† elle √† la vieille ville ottomane et Sara√Į, Gazi Baba, Aerodrom, Kisela Voda, Boutel, Chouto Orizari, Karpoch et Guiortche Petrov constituent la p√©riph√©rie. Le premier d√©coupage administratif de Skopje date de 1945, la ville √©tait alors divis√©e entre Idadija, Kale, and Kisela Voda. En 1976, ces parties sont remplac√©es par cinq municipalit√©s, Tsentar, Tcha√Įr, Gazi Baba, Karpoch, et Kisela Voda. Les cinq autres municipalit√©s actuelles furent d√©tach√©es des pr√©c√©dentes en 1996[62].

Skopje administrative division numbered1.png

1 . MMCA(Centar).png Tsentar (–¶–Ķ–Ĺ—ā–į—Ä)
2 . MMCA(Gazi Baba).png Gazi Baba (–ď–į–∑–ł –Ď–į–Ī–į)
3 . Grb aerodrom.png Aerodrom (–ź–Ķ—Ä–ĺ–ī—Ä–ĺ–ľ)
4 . Tcha√Įr (–ß–į–ł—Ä)
5 . MMCA(Kisela Voda).png Kisela Voda (–ö–ł—Ā–Ķ–Ľ–į –í–ĺ–ī–į)
6 . Butelski grb.jpg Boutel (–Ď—É—ā–Ķ–Ľ)
7 . MMCA(Shuto Orizari).png Chouto Orizari (–®—É—ā–ĺ –ě—Ä–ł–∑–į—Ä–ł)
8 . MMCA(Karposh).png Karpoch (–ö–į—Ä–Ņ–ĺ—ą)
9 . Petrovsko zname.jpg Guiortche Petrov (–É–ĺ—Ä—á–Ķ –ü–Ķ—ā—Ä–ĺ–≤)
10 .Sarajski grb.png Sara√Į (–°–į—Ä–į—ė)

Les municipalités sont administrées par un Conseil municipal composé de 23 membres élus au suffrage universel pour 4 ans, par divers départements spécialisés (éducation, finances, culture...) et par un maire, lui aussi élu pour 4 ans et qui s'occupe principalement de la gestion de ces départements[63].

La municipalit√© de Skopje fait partie de la r√©gion statistique de Skopje, qui regroupe √©galement les municipalit√©s de Tchoutcher-Sandevo, Aratchinovo, Ilinden, Petrovets, Zelenikovo, Stoudenitchani et Sopichte. Les r√©gions statistiques de Mac√©doine n'ont aucun r√īle politique ou administratif.

√Čconomie

Une rue du centre-ville

Bien que Skopje abrite des usines depuis le XIXe si√®cle, c'est le r√©gime communiste yougoslave qui permit la transformation de la ville en un centre industriel important. Elle est depuis longtemps le premier centre √©conomique et industriel de Mac√©doine, mais la fermeture de la fronti√®re grecque et le changement de r√©gime √©conomique apr√®s l'ind√©pendance du pays ont gravement touch√© les secteurs secondaire et tertiaire[12].

Le blocus du pays par la Gr√®ce a ainsi coup√© 90% des exportations mac√©doniennes et les sanctions contre la Yougoslavie de Slobodan Milosevic ont fait perdre √† la Mac√©doine des march√©s importants, repr√©sentant 3 milliards de dollars[64]. L'abandon du syst√®me communiste a quant √† elle pr√©cipit√© les fermetures et les faillites des entreprises autrefois nationales[12]. Les conflits ethniques entre Mac√©doniens et Albanais fragilisent encore l'√©conomie du pays et de sa capitale ; en 2001, les affrontements √©taient tels qu'ils ont totalement bloqu√© l'√©conomie nationale pendant plusieurs jours. Les industriels mac√©doniens et skopiotes attendent par ailleurs avec beaucoup d'impatience l'admission du pays dans l'Union europ√©enne. La ville souffre encore majoritairement du manque d'investissements √©trangers, de la fuite des cerveaux vers des pays plus riches, de l'obsolescence des infrastructures et de la mauvaise coordination des services publics et des entreprises[12].

Le taux de ch√īmage de la ville s'√©levait √† 14,07 % en 2002. Elle obtenait un meilleur r√©sultat que le pays entier, dont le taux de ch√īmage s'√©levait √† environ 19 %. La m√™me ann√©e, la ville comptait environ 64 000 entreprises sur les 175 000 entreprises mac√©doniennes. Afin de r√©soudre ses probl√®mes, la ville compte sur son int√©gration dans des espaces √©conomiques privil√©gi√©s, notamment gr√Ęce √† l'Union europ√©enne, sur la d√©pollution des usines et de la ville, sur l'√©ducation et la mise en place de programmes touristiques[12]. Au niveau national, un imp√īt √† taux unique a √©t√© instaur√© en 2007 afin d'attirer les investisseurs √©trangers[65]. En 2008, Skopje √©tait l'ancienne capitale yougoslave o√Ļ les salaires √©taient les plus bas. Le salaire mensuel moyen s'√©levait √† 248 euros, alors que celui de Zagreb atteignait les 1 350 euros, celui de Ljubljana, 1 220 euros et celui de Belgrade, 662 euros. La m√™me ann√©e, le chiffre de Sofia, capitale d'un √Čtat membre de l'Union europ√©enne, √©tait assez similaire √† celui de Skopje puisque ses habitants n'ont gagn√© en moyenne que 388 euros par mois. Les Skopiotes sont largement mieux pay√©s que les autres habitants de la Mac√©doine, puisque la moyenne nationale de la m√™me ann√©e s'est fix√©e √† 65 euros. La moyenne nationale bulgare s'√©levait quant √† elle √† 138 euros et celle de la Serbie √† 221 euros[66].

Siège de la Stopanska Banka

La ville comptait en 2009 26 056 entreprises, mais seules 145 sont de grande taille. Les plus nombreuses sont en fait les micro-entreprises (13 625) et les petites entreprises 12 017). Il y avait la m√™me ann√©e 269 entreprises de taille moyenne[67]. Nombre de ces entreprises (9 758) sont sp√©cialis√©es dans le commerce de biens, 3 839 sont sp√©cialis√©es dans les affaires et l'immobilier et 2 849 sont des entreprises de manufacture. Suivent les services √† la personne, les transports, la construction, l'h√ītellerie-restauration et la sant√©. Les domaines restants (√©ducation, banques, s√©curit√© et administration publique, agriculture, exploitation mini√®re...) comptent chacun moins de 500 entreprises[68].

Les activités industrielles les plus importantes sont le traitement des métaux, la chimie et notamment l'industrie pharmaceutique, le textile, le cuir et l'imprimerie[69]. Parmi les entreprises les plus importantes de la ville se trouvent les usines Okta et Makpetrol (traitement des hydrocarbures), EVN Macedonia, Mepso et Macedonian Powerplants (électricité), Makedonski Telekom et T-Mobile Macedonia (télécommunication) et les usines ArcelorMittal et Makstil (sidérurgie)[70]. Parmi les autres entreprises emblématiques de la ville, on peut citer la brasserie Pivara Skopje, filiale de Heineken, qui produit notamment la bière locale Skopsko[71].

En plus d'être le principal centre industriel du pays, Skopje en est la capitale économique et financière. Elle est ainsi le siège de la Banque nationale de la République de Macédoine, qui édite la monnaie nationale et veille à la stabilité financière du pays. La Bourse macédonienne, établie en 1995, comprend trois indices (MBI 10, MBID et OMB) et a pour objectif la sécurisation et l'ouverture aux investissements du marché macédonien[72]. En 2008, sur les 29 entreprises qui ont le plus participé au chiffre d'affaires annuel de la bourse, 25 étaient basées à Skopje[73]. La ville regroupe également les sièges de nombres de groupes bancaires et d'assurances du pays, comme Komercijalna Banka Skopje, Stopanska Banka, NLB Tutunska banka, Vardar Osiguruvanje... et les filiales de groupes étrangers, comme Alpha Bank et Erste Bank.

Population

Données générales

Selon le recensement de 2002[74], la population de Skopje s'√©levait √† 506 926 habitants. Une estimation faite en 2006 portait ce chiffre √† 668 518 habitants[4].

La municipalit√© de Gazi Baba est la plus peupl√©e, avec 72 617 habitants. La seconde est celle d'Aerodrom, qui en compte 72 009. Suit ensuite celle de Tcha√Įr, avec 64 773 habitants, puis celle de Karpoch, 59 666 habitants, ensuite la municipalit√© de Kisela Voda, 57 236. La municipalit√© de Tsentar compte 45 412 habitants, celle de Guiortche Petrov 41 236, celle de Boutel 36 154, celle de Sara√Į 35 408 et enfin, la municipalit√© de Chouto Orizari, 22 017 habitants[74].

Densité

La municipalit√© de Skopje a une densit√© totale de 3 603,94 habitants par kilom√®tre carr√©. Ce chiffre est tr√®s proche de ceux des autres capitales europ√©ennes. Par exemple, Belgrade compte 3 561 habitants par kilom√®tre carr√© et Londres 4 700. Skopje poss√®de n√©anmoins un urbanisme bien plus l√Ęche que Paris, qui a une densit√© de 20 433 habitants par kilom√®tre carr√©.

Diversité ethnique

Albanais de Skopje vers 1910

Les Mac√©doniens forment le principal groupe avec 338 358 personnes, soit 66,75% de la population. Ils sont suivis par les Albanais, qui repr√©sentent, avec 103 891 habitants, 20,49% de la population totale. Viennent ensuite les Roms, 23 475 habitants, soit 4,63% des Skopiotes[74].

Le d√©coupage administratif de la ville correspond souvent √† la g√©ographie ethnique. Ainsi, si la majorit√© des municipalit√©s skopiotes sont majoritairement peupl√©es de Mac√©doniens, la municipalit√© de Tcha√Įr est principalement habit√©e par la communaut√© albanaise[74]. Cette communaut√© forme √©galement la majorit√© de la population de Sara√Į et une part importante de celle de Gazi Baba. Chouto Orizari est caract√©ris√© par une population majoritairement rom[74].

La ville compte √©galement une minorit√© serbe, 14 298 habitants soit 2,82% ; turque, 8 595 habitants, soit 1,70% ; bosniaque, 7 585 habitants soit 1,50% ; et aroumaine (valaque), 2 557 habitants soit 0,50% de la population totale. Les 1,61% restants correspondent aux 8 167 habitants qui se sont d√©clar√©s ne correspondant √† aucun des groupes pr√©c√©dents[74].

La principale minorit√©, albanaise, poss√®de quelques libert√©s. Par exemple, les Albanais de Skopje, parce qu'ils repr√©sentent plus de 20% de la population totale, peuvent faire usage de leur langue dans l'administration locale et les √©coles primaires. N√©anmoins, leur int√©gration est souvent difficile et provoque parfois quelques heurts ; de plus, beaucoup d'Albanais, r√©fugi√©s du Kosovo, n'ont pas le statut de citoyen, car la nationalit√© mac√©donienne n'est accord√©e qu'apr√®s 15 ans de r√©sidence sur le territoire national[75].

Les Roms, qui repr√©sentent environ 4,5 % des Skopiotes, connaissent une int√©gration diff√©rente. La plupart appartiennent au groupe Arlije, s√©dentaire, et √† la communaut√© Topanlije, qui n'existe qu'√† Skopje[76]. Ils sont arriv√©s pour la plupart lorsque la ville √©tait ottomane et se sont install√©s massivement dans le quartier Topana, o√Ļ ils fabriquaient de la poudre √† canon pour les Turcs[77].

Le s√©isme de 1963, qui d√©truisit presque totalement ce quartier, occasionna la construction d'une ville nouvelle, Chouto Orizari (ou ҆utka), aujourd'hui municipalit√© de Skopje, qui devint rapidement la "capitale" des Roms de Yougoslavie et permit la cr√©ation de nombreux organismes de d√©fense de la culture roma. Bien que beaucoup de Roms aient √©migr√©s en Allemagne, surtout au cours des ann√©es 1980[78], ils occupent une place privil√©gi√©e dans la soci√©t√© mac√©donienne, surtout sur le plan culturel[79]. √Ä Skopje, consid√©r√©e comme la ville la plus peupl√©e de Tsiganes au monde[76], ils sont toujours int√©gr√©s et tol√©r√©s[79]. Ils souffrent n√©anmoins beaucoup de la pauvret√©, surtout a cause des politiques gouvernementales, qui n'encouragent pas la micro√©conomie, et de leur manque global de qualifications. Enfin, la municipalit√© de Chouto Orizari est de loin celle qui compte le plus de familles sans revenus r√©guliers[80].

Avant la Seconde Guerre mondiale, la ville comptait aussi une communaut√© juive significative, principalement compos√©e de Juifs s√©farades venus d'Espagne au XVIe si√®cle. Ceux-ci vivaient dans leur propre quartier, o√Ļ se trouvait une synagogue, et vivaient principalement de l'industrie laini√®re, du commerce et de la production de fromage kashkaval. La communaut√©, qui comptait 2414 membres en 1939, a √©t√© d√©cim√©e lors de l'Holocauste et les rares survivants sont partis s'installer en Isra√ęl. Les traces de culture juive (synagogue, cimeti√®re...) disparurent rapidement du paysage urbain. Au d√©but du XXIe si√®cle, la R√©publique de Mac√©doine compte environ 250 Juifs, qui vivent principalement √† Skopje. En 2000, une synagogue a √©t√© inaugur√©e, et lors de cette occasion fut c√©l√©br√© le premier office h√©bra√Įque en Mac√©doine depuis 1951[40],[41].

Démographie

√Čvolution d√©mographique
(Source : [81])
1948 1953 1961 1971 1981 1994 2002
102 600 139 200 197 300 312 300 408 100 448 200 506 926

Skopje resta jusqu'√† la moiti√© du XXe si√®cle une petite ville au r√īle variable, mais g√©n√©ralement peu important. Son statut de capitale de r√©publique f√©d√©r√©e yougoslave et le syst√®me communiste lui permirent une industrialisation rapide et donc une forte croissance d√©mographique.

Le tremblement de terre de 1963, qui d√©truisit la ville √† 80% et tua plus de 1 000 personnes, n'an√©antit Skopje que peu de temps, car elle fut rapidement reconstruite, gr√Ęce √† l'aide internationale, et la croissance d√©mographique reprit vite. Alors qu'elle ne comptait que 102 600 habitants en 1948, Skopje en compte 408 100 en 1981.

Les troubles que connut la Yougoslavie durant les ann√©es 1980 frein√®rent la croissance, et les probl√®mes qui suivirent l'ind√©pendance de la Mac√©doine en 1991 plus encore. Ainsi, entre 1981 et 1994, Skopje gagna seulement 40 100 habitants, alors qu'elle en avait gagn√© 95 800 entre 1971 et 1981.

Depuis la fin des ann√©es 1990, la ville connait √† nouveau une forte croissance d√©mographique. Par exemple, selon des estimations faites en 2006, elle aurait gagn√© 161 592 habitants entre 2002 et 2006, soit une augmentation de 31 %[4].

Santé

La ville compte plusieurs h√īpitaux, publics ou priv√©s. Le grand h√īpital public, cr√©e en 1944, peut h√©berger 11 000 patients[82]. Il est suivi par l‚ÄôInstitut de radioth√©rapie et d'oncologie, ouvert en 1960[83], l‚Äôh√īpital Philippe II, sp√©cialis√© en cardiologie et inaugur√© en 2000[84] et par la clinique de Centar, cr√©√©e en 2004[85].

En 2003, le taux de natalit√© de la ville √©tait de 10,6 ‚Äį et le taux de mortalit√© de 7,7 ‚Äį[86]. Le premier chiffre est assez diff√©rent de la moyenne nationale, qui indique un taux de natalit√© mac√©donien de 13,14 ‚Äį, mais le taux de mortalit√© en est tr√®s proche puisque la Mac√©doine obtenait en 2003 7,83 ‚Äį[87]. La mortalit√© infantile est √©galement tr√®s semblable au niveau municipal et national, car le pays obtenait en 2003 un taux de 11,74 ‚Äį et Skopje un taux de 11,18 ‚Äį[86]. Cette m√™me ann√©e √† Skopje, 99,5 % des accouchements ont eu lieu en milieu hospitalier ; ce taux d√©passe l√©g√®rement la moyenne nationale, de 98,6 %[86].

√Čducation

Université Saints-Cyrille-et-Méthode

Le recensement de 2002 a permis de d√©terminer que la majorit√© des Skopiotes, c'est-√†-dire 193 425 habitants, avait arr√™t√© ses √©tudes apr√®s l'√©cole secondaire. Le seconde groupe, 107 408 personnes, avait arr√™t√© apr√®s l'√©cole primaire. 14 194 personnes √©taient all√©es √† l'universit√©, 49 554 avaient obtenu l'√©quivalent du baccalaur√©at, 1 777 l'√©quivalent de la ma√ģtrise et 1 682 l'√©quivalent du doctorat. Enfin, 11 259 personnes n'avaient aucune √©ducation et 28 292 une √©ducation incompl√®te. La ville comptait en 2002 508 √©tudiants[12]. La population de la ville au-dessus de dix ans est lettr√©e √† 97,5 %[88] ; ce chiffre est l√©g√®rement sup√©rieur √† la moyenne nationale, de 96,1 %[89]. D'une mani√®re g√©n√©rale, les Skopiotes ont plus facilement acc√®s √† l'√©ducation que les autres Mac√©doniens[90].

La ville compte plusieurs universit√©s. La plus grande et la plus ancienne est l‚ÄôUniversit√© Saints-Cyrille-et-M√©thode de Skopje. Cette universit√© publique a √©t√© cr√©√©e en 1949 et comptait alors 3 facult√©s. Depuis, elle s'est agrandie et regroupe 23 facult√©s, 10 instituts et plus de 36 000 √©tudiants[91]. Depuis l'ind√©pendance de la Mac√©doine, de nouvelles universit√©s, priv√©es et qui suivent souvent des standards am√©ricains, ont √©t√© ouvertes. L‚ÄôUniversit√© europ√©enne de la R√©publique de Mac√©doine a √©t√© √©tablie en 2001 et compte des facult√©s d'√©conomie, d'informatique, de droit, de sciences politiques et d'art et de design[92]. L‚ÄôUniversit√© FON, cr√©√©e en 2003, regroupe des facult√©s de droit, de sciences politiques et relations internationales, de langues √©trang√®res appliqu√©es, d'investigation et s√©curit√©, de gestion de l'environnement, d'√©conomie, des technologies de communication et d'information, de sport, de design et multim√©dia et de philosophie[93]. L‚ÄôUniversit√© am√©ricaine a √©t√© ouverte en 2005 et poss√®de des facult√©s d'administration des affaires, de sciences politiques, de langues √©trang√®res, d'architecture et de design, de sciences informatiques et de droit[94]. Ouverte en 1996, l‚ÄôUniversit√© Yahya Kemal porte le nom d'un po√®te turc n√© √† Skopje ; elle poss√®de des annexes √† Gostivar et √† Struga[95].

En 2008, Skopje compte 21 écoles supérieures, dont les spécialisations sont assez variées (langues, ingénierie, architecture...)[96].

Transports

Routes

Le périphérique de Skopje

La vall√©e du Vardar est un des axes naturels principaux de Mac√©doine, elle est emprunt√©e par la plus grande autoroute du pays, la E 75. Cette route relie Vard√ł, au nord de la Norv√®ge, √† Sit√≠a, en Gr√®ce. Elle permet surtout de relier Skopje √† Belgrade ou Ath√®nes et dessert en Mac√©doine Koumanovo, Veles et Gevgelija. La portion qui va de Skopje √† Ljubljana, autrefois baptis√©e Bratstvo i Jedinstvo (¬ę fraternit√© et unit√© ¬Ľ) et construite sous le r√©gime communiste, a grandement contribu√© √† l'ouverture √©conomique de la Mac√©doine[11].

Skopje est également sur l'autoroute E 65, qui va de Malmö, en Suède, à La Canée, en Grèce. Cette route dessert Kitchevo, Ohrid et Bitola, autres grandes villes macédoniennes.

Ces deux autoroutes sont très importantes pour l'économie macédonienne et skopiote, mais le gouvernement n'ayant pas les moyens d'entretenir ces infrastructures, qui datent de la période yougoslave, c'est l'Agence européenne pour la reconstruction qui finance les travaux de voirie. Cette agence, qui s'occupe exclusivement de l'ex-Yougoslavie, a par ailleurs ouvert un bureau à Skopje[97].

Depuis 2009, un p√©riph√©rique contourne la ville par l'est et le nord, reliant les diff√©rentes autoroutes entre elles[98]. Il a √©t√© construit en deux phases : la premi√®re, achev√©e en 2008, n'a concern√© que la partie est, entre Chouto Orizari et Hipodrom (municipalit√© de Gazi Baba). La deuxi√®me partie du p√©riph√©rique, inaugur√©e l'ann√©e suivante, part de Chouto Orizari et s'ach√®ve √† Sara√Į. La premi√®re partie du p√©riph√©rique fait 14,7 kilom√®tres de long et la deuxi√®me, 11,8 kilom√®tres, soit un total de 26,5 kilom√®tres. Les travaux furent financ√©s par la Banque europ√©enne d'investissement, la Banque europ√©enne pour la reconstruction et le d√©veloppement et par l'Etat mac√©donien[99]. Ce lien devrait fortement all√©ger le trafic de transit dans la ville et la pollution a√©rienne dans le centre[100].

Voie ferrée

La gare vue depuis le mont Vodno

Skopje est le principal nŇďud ferroviaire de Mac√©doine. La ville est situ√©e sur la ligne Belgrade - Thessalonique, une des plus fr√©quent√©es des Balkans. Skopje est aussi reli√©e quotidiennement √† Pristina et √† NiŇ°[101] et une ligne Skopje-Sofia, passant par Kriva Palanka, est en construction[102].

La principale compagnie mac√©donienne, Makedonski ŇĹeleznici, a h√©rit√© des infrastructures construites au temps de la Yougoslavie et d'un r√©seau dense mais souvent devenu obsol√®te. Ainsi, de nombreuses lignes ont √©t√© ferm√©es au trafic de voyageurs depuis l'ind√©pendance du pays[103]. Skopje a toutefois conserv√© de nombreuses liaisons et elle est reli√©e notamment √† Koumanovo, Kitchevo, Kotchani, Bitola, Tabanovtsi, Veles et Gevgelija[101].

La gare principale de Skopje est situ√©e √† environ 2 kilom√®tres au sud-est du centre-ville. Elle souvent appel√©e "la nouvelle gare" car elle remplace la gare historique de Skopje, situ√©e plus loin et d√©truite lors du tremblement de terre de 1963. Elle a √©t√© inaugur√©e en 1981[104] et √©tait √† l'√©poque un b√Ętiment tr√®s moderne et original, car les voies sont plac√©es en hauteur, sur une sorte de pont qui traverse un boulevard. Les piliers qui soutiennent l'ensemble sont en b√©ton renforc√© et antisismique[5].

La ville compte √©galement d'autres petites gares r√©parties autour du centre. Sur la voie qui relie Skopje au sud du pays se trouvent ainsi les gares de Dratchevo (—Ā—ā–į–Ĺ–ł—Ü–į –Ē—Ä–į—á–Ķ–≤–ĺ) et de Lissitch√© (—Ā—ā–į–Ĺ–ł—Ü–į –õ–ł—Ā–ł—á–Ķ), tandis que sur la voie qui relie Skopje √† la Serbie se trouve la gare de Madjari(—Ā—ā–į–Ĺ–ł—Ü–į –ú–į—ü–į—Ä–ł). Enfin, en direction de Kitchevo se trouvent Skopje-Nord (—Ā—ā–į–Ĺ–ł—Ü–į –°–ļ–ĺ–Ņ—ė–Ķ-–°–Ķ–≤–Ķ—Ä) et les gares de Guiortche Petrov (—Ā—ā–į–Ĺ–ł—Ü–į –É–ĺ—Ä—á–Ķ –ü–Ķ—ā—Ä–ĺ–≤) et de Sara√Į (—Ā—ā–į–Ĺ–ł—Ü–į –°–į—Ä–į—ė). Cette derni√®re ligne, en tr√®s bon √©tat, forme un arc de cercle autour de la ville sur lequel les trains peuvent atteindre 100 km/h. Plusieurs autres gares sont r√©serv√©es au fr√™t[103].

Gare routière

La gare routi√®re est ouverte depuis 2005. Elle a √©t√© construite sous la gare ferroviaire et elle peut accueillir 450 autocars en une journ√©e et environ 60 000 personnes par mois l'ont emprunt√©e en 2005. Elle est g√©r√©e par une compagnie priv√©e, Rule Turs Skopje. Elle propose bien plus de destinations que la gare ferroviaire (toutes les villes mac√©doniennes et beaucoup de villes √©trang√®res, comme Istanbul, Sofia, Belgrade, Hambourg, Dusseldorf...)[105].

Transports en commun

Bus

Bus de Skopje

Skopje poss√®de un r√©seau de bus g√©r√© par la Ville et dont les lignes sont op√©r√©es par trois compagnies. La plus vieille, JSP Skopje, est publique et a √©t√© fond√©e en 1948. En 1990, elle a perdu son monopole et deux compagnies priv√©es sont venues la seconder, Sloboda Prevoz et Mak Ekspres. JSP Skopje a toutefois conserv√© 67 lignes de bus sur 80. Cette derni√®re poss√®de 380 v√©hicules, reconnaissables √† leur couleur rouge, avec une moyenne d'√Ęge d'environ 17 ans, et transporte 45 millions de passagers par an. Les compagnies priv√©es regroupent quant √† elles 250 chauffeurs ind√©pendants qui poss√®dent chacun leur bus (la moyenne d'√Ęge est de 27 ans). 24 lignes sont consid√©r√©es comme urbaines et les autres sont consid√©r√©es soit suburbaines soit rurales[106].

Le r√©seau souffre du manque de coh√©sion entre les compagnies et de l'absence de visions globales sur l'avenir du syst√®me, ce qui entra√ģne la d√©t√©rioration du service. Les bus sont √©galement trop lents (18 km/h en moyenne) et trop vieux. La cons√©quence principale de ces probl√®mes est la baisse du nombre d'utilisateurs : 105 millions de voyageurs annuels en moins pour JSP Skopje entre 1989 et 2002. Afin de rem√©dier √† ces probl√®mes, les bus sont peu √† peu renouvel√©s, avec notamment la commande par la ville de 202 bus √† imp√©riale d'origine chinoise[107], et √©quip√©s de syst√®mes de localisation automatique et les arr√™ts sont r√©am√©nag√©s[3].

Tramway

L'id√©e de lignes de tramway √† Skopje remonte aux ann√©es 1980. Il faut toutefois attendre 2006 pour que des propositions concr√®tes voient le jour[108]. Le trac√© des quatre lignes ont √©t√© fix√©s en 2008 et en 2010, la ville a choisi les deux consultants, le hongrois Vialto et le britannique EC Harris, qui d√©signeront le fabricant des rames et des voies (la ville a re√ßu sept propositions)[109]. Selon le projet d'origine, les travaux devaient commencer en f√©vrier 2009[110], mais ils ont √©t√© notamment retard√©s √† cause de soup√ßons de corruption qui ont entra√ģn√© des enqu√™tes dans les affaires de la ville[111].

La ligne 1 traversera la ville d'est en ouest, depuis Novo Lissitché (municipalité d'Aerodrom) jusqu'à Deksion (Guiortche Petrov), en restant sur la rive sud du Vardar. Cette ligne desservira les gares routière et ferroviaire et croisera aux abords du centre-ville la ligne 2. Celle-ci partira de Kisela Voda, au sud, pour traverser le centre, le Vardar et le vieux quartier ottoman, puis rejoindre au nord les abords de Chouto Orizari. La ligne 3 partira quant à elle de Guiortche Petrov, empruntera les mêmes rails que la ligne 1 jusqu'au centre-ville, puis remontera comme la ligne 2 au nord du Vardar avant de partir à l'est à l'intérieur de Gazi Baba. Enfin, la ligne 4 longera le sud de la ville, et reliera les gares à Guiortche Petrov. Les travaux commenceront par la construction de la partie orientale de la ligne 1, c'est-à-dire de son terminus d'Aerodrom jusqu'au centre-ville[3].

Aéroport

Skopje est desservie par l'a√©roport Alexandre le Grand, situ√© √† 22 kilom√®tres du centre-ville, sur le sol de la municipalit√© de Petrovets. Il dispose d'un terminal de 3 600 m¬≤ et il peut accueillir 550 000 passagers par an. L'a√©roport, conc√©d√© en 2008 √† l'entreprise turque TAV[112], sert √©galement de base a√©rienne militaire, notamment pour les Forces de l'OTAN au Kosovo[113]. L'histoire a√©ronautique de Skopje a commenc√© en 1928, avec le premier atterrissage et l'√©tablissement d'une ligne Thessalonique-Skopje-Belgrade. L'a√©roport originel se trouvait dans ce qui est aujourd'hui le quartier d'Aerodrom[114] et le complexe actuel fut commenc√© en 1987 ; il re√ßu le nom d'Alexandre le Grand en 2008 et poursuit depuis d'importants travaux d'am√©lioration[47]. Un nouvel a√©rogare, √† la pointe du progr√®s, a √©t√© inaugur√© le 6 septembre 2011. Celui-ci, r√©put√© "le plus moderne des Balkans", a √©t√© construit pour faire face √† l'augmentation du trafic pr√©vue pour les ann√©es √† venir, en remplacement d'installations d√©su√®tes.

Skopje est reliée par avion toute l'année à Amsterdam, Belgrade, Berlin, Budapest, Bursa, Bruxelles, Dusseldorf, Hambourg, Istanbul, Ljubljana, Londres, Podgorica, Prague, Rome, Sofia, Vienne, Zagreb, et Zurich[115].

Sécurité et pollution

Boulevard skopiote

En 2001, une enqu√™te a r√©v√©l√© que 40% des Skopiotes se sentaient en ins√©curit√©, contre seulement 6,4% des Mac√©doniens vivant en zone rurale[116]. Parmi les principaux probl√®mes que conna√ģt la ville se trouve l'existence de nombreux pickpockets, surtout dans le centre-ville. Ceux-ci se servent parfois d'enfants afin de d√©jouer la surveillance des victimes[117] et certains pickpockets sont mineurs[118]. Le taux de criminalit√© en Mac√©doine est toutefois largement en dessous des moyennes occidentales[119].

La ville doit √©galement faire face √† un probl√®me de chiens errants. Il y en aurait entre 15 000 et 25 000 et ils deviennent parfois dangereux, surtout en √©t√©, lorsqu'ils ne trouvent plus d'eau √† boire. Leur pr√©sence en groupe dans les parcs et les rues est souvent un r√©pulsif pour les promeneurs, surtout les enfants et les personnes √Ęg√©es. Leur nombre est difficile √† √©valuer car ils se d√©placent souvent entre la ville et les villages voisins. Afin de rem√©dier √† ce probl√®me, la ville op√®re un programme de capture et de mise en fourri√®re ; en 2010, 3 400 chiens ont ainsi √©t√© attrap√©s et 700 ont √©t√© euthanasi√©s. Ce programme, ainsi que les conditions d'enfermement des chiens, d√©clenche cependant la col√®re des organismes de protection des animaux[120],[121],[122].

La d√©gradation de l'environnement est toutefois un probl√®me bien plus pr√©occupant que la s√©curit√© car les causes sont multiples et les risques souvent importants. Skopje est, avec Bitola, Tetovo et V√©l√®s, l'une des zones les plus menac√©es du pays par la pollution. L'une des sources de pollution est la circulation automobile, qui ne fait que cro√ģtre. Le parc automobile skopiote est aussi plut√īt v√©tuste (11 ans de moyenne), les voitures n'ont pas toutes de pots catalytiques et l'essence utilis√©e est parfois de mauvaise qualit√© (trop de plomb). Au cours de l'ann√©e 1999, il y eu par exemple quatre jours pendant lesquels la concentration de dioxyde de soufre dans l'air √©tait au del√† de la limite accept√©e, et 134 jours pour le dioxyde de carbone[116]. Il existe aussi √† Skopje plusieurs usines tr√®s nuisibles pour l'environnement, comme l'usine ArcelorMittal et la raffinerie de p√©trole Okta, qui rejette chaque ann√©e pr√®s de 10 000 tonnes de dioxyde de soufre[123].

La croissance rapide de la ville et l'existence de constructions ill√©gales aggrave le mitage des terres agricoles avoisinantes et menace la nature. La mauvaise gestion des d√©chets, laiss√©s dans une d√©charge √† ciel ouvert, compromet la qualit√© des sols et de l'eau, particuli√®rement dans le cas des d√©chets chimiques et industriels. La d√©charge municipale se trouve √† 15 km du centre et re√ßoit chaque jour 1 500 m√®tres cube de d√©chets m√©nagers, 400 m√®tres cube de d√©chets industriels et 1 100 m√®tres cube de d√©chets provenant des services de la ville. Le taux de mortalit√© √† Skopje est toutefois plus faible que dans le reste du pays, et il n'a pas √©t√© trouv√© de corr√©lation directe entre la mauvaise qualit√© de l'environnement et la sant√© de la population[116].

Afin de résoudre les problèmes de pollution en Macédoine, il existe un Plan national d'Action environnementale. Skopje fait partie des régions prioritaires et l'un des objectifs les plus importants est l'amélioration du traitement des eaux usées.

Culture

Illuminations de No√ęl dans la rue de Mac√©doine

Skopje est le principal foyer culturel de la R√©publique de Mac√©doine. La ville compte ainsi la plupart des grands mus√©es du pays et conna√ģt au cours de l'ann√©e plusieurs grands √©v√®nements culturels mac√©doniens. Elle est aussi la ville d'origine ou de r√©sidence de nombreux artistes mac√©doniens et joue un r√īle d√©terminant pour la culture nationale. L'√©crivain Slavko Janevski y a ainsi publi√© en 1952 le premier roman en langue mac√©donienne standard, Le village derri√®re les sept fr√™nes. Le romancier skopiote Venko Markovski est lui aussi consid√©r√© comme l'auteur de classiques mac√©doniens. Les peintres skopiotes Petar Gligorovski et Petar Mazev et le couturier Nikola Eftimov sont quant √† eux les figures marquantes de l'art contemporain mac√©donien ; Petar Gligorovski a √©galement √©t√© un pionnier dans la bande-dessin√©e et le film d'animation yougoslaves.

C'est toutefois dans le domaine musical que Skopje compte le plus d'artistes reconnus, comme le pianiste Simon Trpńćeski et le t√©nor Blagoj Nacoski et surtout les anciens groupes de rock Leb i Sol et Aleksandar Makedonski. La sc√®ne skopiote compte ou a compt√© quelques autres groupes aux styles vari√©s, comme les Badmingtons (punk rock), les Cilindar (ska), les Bastion (√©lectro). Les groupes Mizar, Arhangel et Padot na Vizantija se distinguent par des styles originaux, allant du rock yougoslave au post-punk pour les deux premiers, au metal m√™l√© de chants byzantins pour le dernier. La sc√®ne pop, √©galement importante, est repr√©sent√©e par des chanteurs comme Vlado Janevski ou Elena Risteska et le producteur Darko Dimitrov. Une autre voix embl√©matique de Skopje est celle de la chanteuse romani Esma RedŇĺepova.

L'industrie cin√©matographique est enfin repr√©sent√©e par le r√©alisateur Milcho Manchevski, qui a par exemple r√©alis√© son film Shadows √† Skopje en 2007. Le serbe Emir Kusturica tourna son film Le Temps des Gitans en 1989 √† ҆utka, le grand quartier tsigane de Skopje. La premi√®re projection cin√©matographique √† Skopje eu lieu en 1912 et fut organis√©e par les fr√®res Man√°kis[124].

Skopje est enfin le si√®ge de plusieurs institutions culturelles nationales, comme la Biblioth√®que nationale et universitaire Saint Cl√©ment d'Ohrid, l'Acad√©mie mac√©donienne des Sciences et des Arts, le Th√©√Ętre national, la Biblioth√®que Brakja Miladinovci (qui compte plus d'un million d'ouvrages) et le Centre culturel mac√©donien[124]. La ville compte √©galement plusieurs centres culturels √©trangers, comme le Goethe-Institut[125], le British Council[126], l'Alliance fran√ßaise[127] et le Club culturel bulgare[128].

Festivals

Costumes traditionnels de Skopje

Le plus important des festivals skopiotes est le Skopje Jazz Festival (–°–ļ–ĺ–Ņ—ė–Ķ —ü–Ķ–∑ —Ą–Ķ—Ā—ā–ł–≤–į–Ľ). Lanc√© en 1981, il grandit d'ann√©e en ann√©e et est devenu une institution pour les amateurs de jazz de tous les Balkans. Le festival, qui a lieu en octobre, a notamment accueilli Ray Charles, Youssou N'Dour, Tito Puente, Sierra Maestra, Rabih Abou-Khalil, Gotan Project[129]... Plus r√©cent, le Blues and Soul Festival se tient en juillet.

Le Skopje Summer débute tous les ans le 21 juin, soit le jour de la fête de la musique, et dure jusqu'à la fin du mois de juillet. Crée en 1980 et membre de l'International Federation of Festival Organizations, ce festival est l'occasion d'enrichir la vie culturelle de la ville par la mise en place de nombreuses animations, comme des concerts et des expositions qui ont souvent lieu dans des endroits ouverts à tous (rues, parcs, sites touristiques...)[130]. May Opera Evenings existe quant à lui depuis 1972. Le programme inclut généralement des opéras, de la musique symphonique et des récitals[131].

Le Festival du film de Skopje (–°–ļ–ĺ–Ņ—ė–Ķ –§–ł–Ľ–ľ –§–Ķ—Ā—ā–ł–≤–į–Ľ) a lieu tous les ans en mars et une cinquantaine de films sont pr√©sent√©s. Ces films sont principalement mac√©doniens et europ√©ens[132]. Le festival Kota 2023 (–ö–ĺ—ā–į 2023), lanc√© en 2008, est un autre concours cin√©matographique, ax√© sur les courts-m√©trages irr√©els et minimalistes[133].

Parmi les autres festivals qui existent à Skopje, se trouvent également les Journées de la musique macédonienne, le Séminaire international de photographie, l'International Student Folklore Festival, fondé en 1967, le Young Open Theatre et le Dance Fest[131]. Le Skopje Fest, festival emblématique de la ville, fut fondé en 1968 et exista jusqu'en 1980. Alors l'un des plus grands festivals de musiques actuelles des Balkans, il connu un renouveau en 1994 avant d'être regroupé au MakFest de Chtip. Plusieurs tentatives eurent lieu par la suite pour le faire revivre, et il se tient à nouveau chaque année à Skopje depuis 2008. Son fonctionnement est toutefois assez particulier puisqu'il sert à qualifier l'artiste qui représentera la Macédoine au Concours Eurovision de la chanson[134].

Architecture

Malgré les lourdes destructions occasionnées par le tremblement de terre de 1963, Skopje a gardé quelques traces remarquables de son passé. Le quartier ottoman est sans doute l'endroit de la ville le plus pittoresque et le plus riche en patrimoine, puisqu'il a été en grande partie épargné par la catastrophe et par les plans d'urbanisme modernes. La ville possède également quelques édifices contemporains intéressants.

La forteresse de Kale

Le monument le plus vieux de Skopje encore debout est l'aqueduc, dernier vestige de l'occupation romaine. Il fut néanmoins probablement reconstruit par les Byzantins et sauvé plus tard de la ruine par les Turcs, qui s'en servirent notamment pour alimenter en eau les hammams. La portion aujourd'hui visible est portée par 55 arches[135]. La ville antique de Scupi est encore visible à travers diverses ruines.

La forteresse de Kale, assise sur sa colline et dominant le centre-ville, poss√®de des origines tr√®s anciennes puisque des fouilles ont r√©v√©l√© des traces d'occupation pr√©historiques. L'ensemble est constitu√© d'un mur de ceinture massif, ponctu√© de tours carr√©es et de portes. La forteresse fut maintes fois d√©truite et reconstruite, et les √©l√©ments actuels furent √©difi√©s du Moyen √āge √† la p√©riode ottomane[136]. En plein coeur du centre moderne se dresse un autre t√©moin militaire de l'√©poque ottomane, une tour f√©odale plut√īt myst√©rieuse, puisqu'on ne conna√ģt ni sa date de construction, ni son commanditaire[137].

Pr√®s de la forteresse se situe le cimeti√®re militaire fran√ßais de Skopje, o√Ļ reposent les corps des soldats de l'Arm√©e fran√ßaise d'Orient tomb√©s durant l'exp√©dition de Salonique. Le cimeti√®re abrite 930 tombes de soldats identifi√©s et 2100 soldats inconnus. Il a √©t√© inaugur√© en 1923[138].

Le pont de pierre, est sans conteste le monument le plus célèbre et le plus emblématique de Skopje. Ses douze arches, construites par les Turcs, furent mentionnées pour la première fois en 1469. Désormais réservé aux piétons, il relie les deux rives du Vardar et son statut de symbole vient du fait qu'il connecte non seulement la vieille-ville au centre moderne, mais aussi la communauté macédonienne et la communauté albanaise, qui vit surtout au nord du fleuve[139].

Le hammam Daut Pasha

La partie ottomane, Starata Skopska Tcharchia (en mac√©donien –°—ā–į—Ä–į—ā–į –°–ļ–ĺ–Ņ—Ā–ļ–į —á–į—Ä—ą–ł—ė–į) est situ√©e sur la rive nord du Vardar et a conserv√© sa vocation de bazar. Il est constitu√© de maisons basses, de caf√©s traditionnels et de magasins qui vendent toutes sortes de produits artisanaux. On y trouve aussi des caravans√©rails, des mosqu√©es et des hammams, t√©moins de la richesse de la ville √† l'√©poque ottomane. L'ensemble, plut√īt d√©labr√©, est sujet √† une grande op√©ration de r√©novation et de revitalisation[140]. Au nord du quartier se tient tous les jours l'immense march√© de Bit Pazar, qui perp√©tue lui aussi par son ambiance le souvenir ottoman[141].

Les caravans√©rails sont remarquablement conserv√©s et typiques de l'architecture ottomane dans les Balkans. Kapan An et Suli An furent construits par Isa-Beg Isakovińá, gouverneur de Bosnie pendant la premi√®re moiti√© du XVe si√®cle. Le premier accueille plusieurs restaurants, et le second, qui couvre une surface de 2 101 m√®tres, abrite l'Acad√©mie de peinture, qui y organise des expositions. Kurshumli An fut quant √† lui construit au milieu du XVe si√®cle et a √©t√© transform√© en annexe du Mus√©e mac√©donien, dont il renferme les collections lapidaires. Le Bezisten est un march√© couvert dont les origines remontent au XVe si√®cle, il se dissimule derri√®re un petit d√©dale de rues tr√®s √©troites[139].

Le hammam Daut Pasha, le plus grand de la ville, date du XVe si√®cle. Il abrite aujourd'hui sous ses quinze coupoles en cuivre la Galerie nationale d'art, un des grands mus√©es de Mac√©doine. Plus petit, le hammam Cifte, construit √† la m√™me √©poque, a √©t√© en partie d√©truit par le tremblement de terre, mais soigneusement r√©nov√©. Il accueille une galerie d'art contemporain[139].

La maison-mémorial Mère Teresa

Le patrimoine moderne se concentre plut√īt sur la rive sud du Vardar. Centre n√©vralgique de Skopje, la vaste place de Mac√©doine, est entour√©e de la plupart des grands magasins et des bars de la ville. S'y trouvent notamment le centre commercial ultramoderne Soravia et le palais RistiŠłĪ, construit en 1926, l'un des rares √©difices de cette √©poque √† avoir surv√©cu au tremblement de terre[142]. Non loin se trouvent l'extravagante Grande Poste et le sobre Parlement, tous deux repr√©sentatifs de la reconstruction apr√®s 1963. Souvenir de la catastrophe, l'ancienne gare est encore debout, et pr√©sente sa fa√ßade mutil√©e au fond de la rue de Mac√©doine, art√®re pi√©tonne toute en b√©ton.

La ville poss√®de quelques monuments comm√©moratifs, diss√©min√©s dans le centre et qui datent tous du XXe si√®cle. Pr√®s du Bit Pazar se trouve la statue de Gjergj Kastriot Skanderbeg, grand seigneur albanais du XVe si√®cle, haute de pr√®s de quatre m√®tres[139]. Un monument aux Partisans, lib√©rateurs de la ville en 1944, se dresse quant √† lui √† c√īt√© du si√®ge du gouvernement. Enfin, la maison-m√©morial M√®re Teresa est situ√©e √† l'emplacement de l'√©glise o√Ļ la c√©l√®bre Skopiote fut baptis√©e. Cette construction, achev√©e en 2009, poss√®de une architecture tr√®s audacieuse et abrite un mus√©e d√©di√© √† la religieuse[143].

Musées

Le mus√©e le plus grand de Skopje est le Mus√©e mac√©donien. Ses collections, rassembl√©es √† partir du d√©but du XXe si√®cle, pr√©sentent l'histoire du pays depuis le Pal√©olithique. Ses galeries d'ic√īnes sont particuli√®rement riches, tout comme ses collections lapidaires, conserv√©es dans le caravans√©rail voisin de Kurshumli An[144]. Autre grande institution, le Mus√©e national d'art contemporain a √©t√© construit apr√®s le s√©isme par le gouvernement polonais et ses collections enrichies gr√Ęce √† l'aide internationale. Les collections pr√©sentent des cr√©ations nationales et internationales, parmi lesquelles des Ňďuvres de Fernand L√©ger, Andr√© Masson, Pablo Picasso, Hans Hartung, Victor Vasarely, Alexander Calder, Pierre Soulages, Alberto Burri, Christo[145],[146]...

Install√© dans les ruines de l'ancienne gare, le Mus√©e de la ville de Skopje pr√©sente l'√©volution de la ville √† travers quatre d√©partements, l'arch√©ologie, l'ethnologie, l'histoire et l'histoire de l'art[147]. Enfin, le Mus√©e mac√©donien d'Histoire naturelle, fond√© en 1926, pr√©sente √† travers 4 000 pi√®ces les richesses naturelles du pays[148].

√Čdifices religieux

Toits du turbe et de la mosquée Allaxha

La ville conserve plusieurs √©difices religieux remarquables par leur √Ęge ou leur architecture. Les mosqu√©es, h√©rit√©es de l'√©poque ottomane et encore utilis√©es par la communaut√© albanaise, sont les √©difices les plus caract√©ristiques de la vieille ville. Les √©difices chr√©tiens sont globalement moins nombreux et moins vastes, √† cause notamment de la loi ottomane qui interdisait tout monument se dressant plus haut que les mosqu√©es. Le territoire de Skopje compte toutefois de nombreux monast√®res orthodoxes, diss√©min√©s dans les montagnes qui avoisinent l'agglom√©ration.

A l'entr√©e du Bit Pazar se trouve la mosqu√©e Allaxha, la plus vieille de la ville. Elle fut construite durant la premi√®re partie du XVe si√®cle et le turbe voisin poss√®de encore ses d√©cors en fa√Įence (c'est, avec la mosqu√©e Jeni de Bitola, le seul √©difice d'ex-Yougoslavie √† les avoir conserv√©). Toute proche, la mosqu√©e Sultan Murat fut construite en 1436 et son nom honore le sultan ottoman Murat II. Sa cour conserve les ruines d'une m√©dersa, deux turbes et surtout la Tour de l'Horloge (Sahat Kula)[139], qui domine le Bit Pazar situ√© en contrebas. Au centre de Tcharchia, la mosqu√©e Murat Pasha fut reconstruite apr√®s l'incendie de la ville en 1689 et son minaret est bien plus vieux que la structure d'ensemble. Enfin, la mosqu√©e Mustafa Pasha, construite sur une colline voisine de la forteresse, est souvent d√©crite comme l'une des plus belles du pays. Elle fut construite √† la fin du XVe si√®cle et son jardin renferme un turbe de la m√™me √©poque[139].

Eglise du monastère Saint-Panteleimon

L'√©glise orthodoxe Saint-Spas se trouve dans le quartier de Tcharchia et fut construite √† la fin du XVIIe si√®cle ou au d√©but du XVIIIe si√®cle, apr√®s le grand incendie de 1689. Elle obtint son aspect actuel au XIXe si√®cle. L'√©glise est r√©put√©e pour son iconostase, long de 10 m√®tres, achev√© en 1824, et pour la tombe de Gots√© Deltchev, h√©ros national du d√©but du XXe si√®cle. De l'autre c√īt√© du Vardar se dresse l'√©glise de la Vierge Marie, construite en 1835, elle servit de cath√©drale avant d'√™tre br√Ľl√©e par l'Arm√©e bulgare en 1944. Elle est actuellement en reconstruction. L'actuelle cath√©drale Saint-Cl√©ment d'Ohrid est une audacieuse r√©alisation contemporaine. Elle fut construite en 1970 afin de remplacer l'√©glise de la Vierge Marie[139].

Dans les environs, √† Gorno Nerezi, se trouve le monast√®re Saint-Panteleimon, magnifique exemple d'art byzantin et c√©l√®bre pour ses fresques. Il fut construit en 1164 par la famille Comn√®ne, issue de la noblesse byzantine. Le monast√®re de Marko fut fond√© sur le mont Kitka par le souverain gr√©co-serbe VukaŇ°in Mrnjavńćevińá en 1345. Son fils Andrija fonda √† Treska le monast√®re Saint-Andrea en 1389. Egalement √† Treska, le monast√®re Saint-Nikola a des origines incertaines puisque sa premi√®re mention √©crite date du XVIIe si√®cle mais sa structure d'ensemble est m√©di√©vale. Ses fresques datent du XVIIe si√®cle. Au dessus du village de Goriani se trouve enfin le monast√®re Saint-Nikita, dont l'√©glise fut construite par le roi serbe Stefan UroŇ° II Milutin[149].

√Čgalement en dehors de la ville, sur le mont Vodno, a √©t√© construite en 2002 la Croix du Mill√©naire, le plus grand calvaire du monde. Il mesure 66 m√®tres de haut et 20 m√®tres de large. Le monument fut financ√© par l'√Čglise orthodoxe mac√©donienne √† l'occasion des 2000 ans du christianisme en Mac√©doine et dans le monde[150].

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Médias

Le MRT Center

Skopje est le plus important centre m√©diatique de Mac√©doine. Sur les 818 journaux recens√©s en 2000 par le minist√®re de l'information, plus de 600 poss√©daient leur si√®ge √† Skopje. Le quotidien Dnevnik, fond√© en 1996, est avec ses 60 000 tirages par jour, le premier du pays. Lui aussi bas√© √† Skopje, Veńćer est tir√© √† 50 000 exemplaires et l'√Čtat poss√®de un tiers de son capital, tout comme Nova Makedonija, tir√© √† 20 000 exemplaires. Les autres journaux importants de Skopje, totalement priv√©s, sont Utrinski Vesnik (30 000 exemplaires), Vest (25 000 exemplaires) et Denes (15 000 exemplaires). Le journal sportif SportFakti est tir√© √† 10 000 exemplaires et le quotidien en albanais Flaka √† 3 000 exemplaires. Les magazines Fokus (12 000 exemplaires), Start (10 000 exemplaires), et Denes (7 500 exemplaires) poss√®dent eux aussi leur si√®ge √† Skopje[151],[152].

La ville abrite les studios de Makedonska Radio Televizija (MRT), la compagnie publique de radio et de t√©l√©vision. Fond√©e en 1966, elle op√®re trois cha√ģnes √† diffusion nationale, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les cha√ģnes publiques sont notamment concurrenc√©es par les compagnies priv√©es A1 TV et Sitel TV. A1 TV poss√®de un programme similaire √† celui de la cha√ģne am√©ricaine MTV, avec un cinqui√®me de programmation r√©serv√© aux informations. Sitel TV est plus orient√©e vers les sports et les loisirs[151]. Kanal 5 est une autre grande compagnie de t√©l√©vision priv√©e[153]. MRT op√®re √©galement des stations de radio √† couverture nationale ; la station priv√©e skopiote Kanal 77 est la seule √† avoir une telle envergure[151]. Antenna 5 et Metropolis Radio sont deux autres stations priv√©es importantes poss√©dant leur si√®ge √† Skopje[154].

La ville regroupe enfin les grandes agences d'information du pays, qu'elles soient publiques, comme l'Agence macédonienne d'Information, ou privées, comme l'agence Makfax[151].

Sports

La Philip II Arena en cours de reconstruction

En tant que capitale et plus grande ville de Mac√©doine, Skopje poss√®de plusieurs infrastructures sportives importantes. Ainsi la ville poss√®de trois grandes piscines, dont deux sont √©quip√©es de bassins olympiques. Ces piscines servent particuli√®rement √† l'entra√ģnement des √©quipes de water polo. Skopje compte aussi de nombreux stades de football, comme celui d'Ilinden, de ńĆair et de ŇĹelezarnica, qui peuvent accueillir entre 4 000 et 4 500 spectateurs. Le stade de basket-ball de Kale peut lui accueillir 5 000 personnes et celui de Jane Sandanski, 4 000 personnes[155].

Le plus grand stade reste toutefois la Philip II Arena. Ce stade, construit en 1947 et baptis√© jusqu'en 2008 Skopje Gradski Stadion (soit Stade de la ville de Skopje)[156] conna√ģt une r√©novation totale, commenc√©e en 2009, afin d'atteindre les normes de la FIFA. Il devrait contenir √† terme 33 000 places, et un centre de spa et de fitness[157]. Le Boris Trajkovski Sports Hall est quant √† lui le plus grand complexe sportif du pays. Il fut ouvert en 2008 et porte le nom du pr√©sident de la r√©publique Boris Trajkovski, mort en 2004. Il comprend des salle d√©di√©es au handball, basket-ball et au volleyball, ainsi qu'un bowling, un espace de fitness et des restaurants. Son grand hall, qui accueille r√©guli√®rement des concerts, peut contenir 10 000 personnes[158].

Le FK Vardar et le Rabotnińćki Kometal sont les deux grandes √©quipes de football de la ville ; elles jouent en premi√®re ligue nationale. Leurs entra√ģnements ont lieu au Philip II Arena, tout comme ceux de l'√©quipe nationale. La ville est aussi le si√®ge de nombreux petits clubs de football, comme le Makedonija GP Skopje, le Sloga Jugomagnat Skopje ou le FK MadŇĺari Solidarnost, qui jouent en deuxi√®me ou troisi√®me ligue nationale. Autre sport populaire en Mac√©doine, le basket-ball est notamment repr√©sent√© √† Skopje par le KK Rabotnińćki, le KK MZT et le KK Vardar, qui sont en premi√®re ligue nationale. Le handball skopiote est enfin illustr√© par le HC Vardar PRO, le club f√©minin HC Kometal Gjorńće Petrov Skopje et le RK Metalurg, eux aussi en premi√®re ligue mac√©donienne.

Par le pass√©, la ville a accueilli les championnats du monde de cano√ę-kayak slalom 1975 mais aussi, conjointement avec Ohrid, l'Euro 2008 de handball f√©minin[159].

Jumelages

La ville de Skopje a conclu ses premiers jumelages en 1961, avec Bradford, au Royaume-Uni, et Dijon, en France, alors que la Yougoslavie avait rompu ses relations avec l'URSS. Jusqu'√† la chute du bloc de l'Est et l'ind√©pendance de la Mac√©doine, elle cr√©e des partenariats avec plusieurs villes de l'Ouest ; seules Dresde et Nanchang, respectivement en RDA et en Chine, sont des villes communistes. Apr√®s l'ind√©pendance, la municipalit√© marque une pause dans ses jumelages et ne signe des partenariats qu'√† partir de 2001. Elle se rapproche alors de grandes villes, comme Pittsburgh et Istanbul, et de capitales de l'ex-Yougoslavie[160]. Des jumelages sont en pr√©paration avec Belgrade[161], Zagreb[162], et Saragosse[163].

Année Ville Pays
1961 Bradford Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
1961 Dijon Drapeau de France France
1967 Dresde Drapeau d'Allemagne Allemagne
1971 Tempe Drapeau des √Čtats-Unis √Čtats-Unis
1973 Roubaix Drapeau de France France
1974 Waremme Drapeau de Belgique Belgique
1982 Nuremberg Drapeau d'Allemagne Allemagne
1983 Chlef Drapeau d'Alg√©rie Alg√©rie
1985 Nanchang Drapeau de Chine Chine
1985 Manisa Drapeau de Turquie Turquie
1985 Suez Drapeau d'√Čgypte √Čgypte
2001 Pittsburgh Drapeau des √Čtats-Unis √Čtats-Unis
2003 Istanbul Drapeau de Turquie Turquie
2007 Ljubljana Drapeau de Slov√©nie Slov√©nie
2007 Sarajevo Drapeau de Bosnie-Herz√©govine Bosnie-Herz√©govine[164]
2008 Podgorica Drapeau du Mont√©n√©gro Mont√©n√©gro

Skopiotes célèbres

La plus c√©l√®bre des Skopiotes est sans doute M√®re Teresa, qui y est n√©e le 26 ao√Ľt 1910. Issue de la minorit√© albanaise catholique, son vrai nom √©tait Agn√®s Gonxha Bojaxhiu. Lors de son dernier voyage √† Skopje en 1980, elle r√©pondit √† des journalistes qui lui demandaient sa v√©ritable nationalit√© : ¬ę Je me sens citoyenne de Skopje, ma ville natale, mais j'appartiens au monde ¬Ľ[165]. Autre personnalit√© issue d'une minorit√©, la chanteuse romani Esma RedŇĺepova est n√©e en 1945 √† Chouto Orizari. Le po√®te turc Yahya Kemal BeyatlńĪ est n√© √† Skopje en 1884, lorsque la ville √©tait encore ottomane.

Parmi les autres personnalit√©s skopiotes les plus importantes se trouvent le peintre Petar Gligorovski, n√© √† Skopje en 1938 et mort dans la m√™me ville en 1995. Le r√©alisateur Milcho Manchevski, le diplomate Srgjan Kerim et le po√®te bulgaro-mac√©donien Venko Markovski y sont n√©s, respectivement en 1959, 1948 et 1915. Plusieurs footballeurs, comme Darko Panńćev, Berat Sadik, Darko Tasevski, Aleksandar Vasoski et Blagoja Vidinińá sont √©galement natifs de la ville, tout comme le basketteur Dragan Lukovski.

Voir aussi

Bibliographie

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Liens externes

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Notes et références

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