Simon Bolivar

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Simon Bolivar

Simón Bolívar

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Simón Bolívar Palacios
Simón Bolívar (half-length).jpg
Président de Grande-Colombie
Président de Bolivie
Président du Pérou
Mandat
‚Äď 17 d√©cembre 1819 / 4 mai 1830
‚Äď 12 ao√Ľt 1825 / 29 d√©cembre 1825
 ‚Äď 17 f√©vrier 1824 / 28 janvier 1827
Précédé par -
-
José Bernardo de Tagle
Suivi par Domingo Caycedo
Antonio José de Sucre
Andrés de Santa Cruz
Naissance 24 juillet 1783
Caracas, Venezuela
Décès 17 décembre 1830
Santa Marta, Colombie

Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar y Palacios, plus connu sous le nom de Simón Bolívar est né le 24 juillet 1783[1] à Caracas au Venezuela, et est mort le 17 décembre 1830 à Santa Marta en Colombie.

G√©n√©ral et homme politique sud-am√©ricain, il est une figure embl√©matique, avec l'argentin Jos√© de San Mart√≠n de l'√©mancipation des colonies espagnoles d'Am√©rique du Sud d√®s 1813. Il participe de mani√®re d√©cisive √† l'ind√©pendance des actuels Bolivie, Colombie, √Čquateur, Panam√°, P√©rou et Venezuela. Il a particip√© √† la cr√©ation de la Grande-Colombie, dont il souhaitait qu'elle devienne une grande conf√©d√©ration politique et militaire regroupant l'ensemble de l'Am√©rique latine.

Bol√≠var est aujourd'hui une ic√īne politique et militaire dans de nombreux pays d'Am√©rique latine et dans le monde, il a donn√© son nom √† un tr√®s grand nombre de places, de rues ou de parcs. On retrouve des statues √† son effigie dans la plupart des grandes villes d'Am√©rique hispanophone, mais aussi √† New York, Lisbonne, Paris, Londres, Bruxelles, Le Caire, T√īky√ī, Qu√©bec, Ottawa. Son nom est aussi celui d‚Äôun √Čtat du Venezuela, d‚Äôun D√©partement de la Colombie et d‚Äôun pays, la Bolivie.

Sommaire

Biographie

Famille et héritage

La m√®re de Sim√≥n Bol√≠var, Mar√≠a de la Concepci√≥n Palacios y Blanco, tout comme son p√®re Juan Vicente Bol√≠var y Ponte faisaient partie de l'aristocratie de Caracas, et en d√©pit d'une grande diff√©rence d'√Ęge ils se mari√®rent en 1773 : Juan Vicente avait 47 ans tandis que Concepci√≥n n'en avait que 15. Ils eurent cinq enfants, dans l'ordre Mar√≠a Antonia, Juana Nepomucena, Juan Vicente, Sim√≥n et Mar√≠a del Carmen. Cette derni√®re mourut cependant dans les heures qui suivirent sa naissance.

La famille Bolívar était originaire de la petite localité de Ziortza-Bolibar, en Biscaye (Pays basque espagnol), rattachée à la commune de Markina-Xemein. Depuis le début des colonies sud-américaines, la famille Bolívar s'est impliquée au Venezuela. Le premier membre de la famille qui arriva au Venezuela fut son homonyme Simón de Bolívar (dit Simón de Bolívar le Vieux) qui parvint à Caracas avec son fils (dit Simón de Bolívar le Jeune), en 1589, trente ans après la fondation de la ville. Bolívar le Vieux s'est distingué comme comptable du Roi au service exclusif de Philippe II d'Espagne, et eut d'autres responsabilités administratives au Venezuela.

Avec le temps, la famille Bol√≠var s'est unie par le mariage avec d'autres familles des premiers colons du Venezuela et a obtenu divers rangs et distinctions comme ceux de R√©gisseur, Sous-lieutenant du Roi, ainsi que des titres de noblesse comme celui de Marquis de Bol√≠var et Vicomte de Cocorote, ce dernier √©tant associ√© √† la cession des riches mines de cuivre de Cocorote et de la seigneurie d'Aroa. Les Espagnols avaient fait venir des esclaves Noirs au Venezuela, et Bolivar avait aussi des origines mul√Ętres : en effet, sa famille poss√©dait depuis des g√©n√©rations des esclaves africains.

Enfance

Simón Bolívar est né dans la nuit du 24 au 25 juillet 1783, dans une villa de la Plaza San Jacinto de Caracas[2] et son nom complet est Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar de la Concepción y Ponte Palacios y Blanco, avec lequel il fut baptisé le 30 juillet suivant à la cathédrale de Caracas par son cousin, le docteur Juan Félix Jerez Aristeguieta. C'est ce dernier qui aurait, d'après Juan Vicente Bolívar, proposé le prénom de Simón.

En janvier 1786, alors que Sim√≥n Bol√≠var √©tait √Ęg√© de deux ans, son p√®re mourut de la tuberculose, laissant Concepci√≥n diriger la famille, veillant efficacement aux int√©r√™ts de la famille. Mais elle-m√™me fut touch√©e par la tuberculose et sa sant√© d√©clina rapidement et selon certains m√©dico-historiens, il est possible que Sim√≥n Bol√≠var fut infect√© par la tuberculose, qui serait pass√©e inaper√ßue tant que ses d√©fenses immunitaires furent comp√©tentes[r√©f. n√©cessaire].

Concepci√≥n mourut le 6 juillet 1792, quand Sim√≥n avait huit ans, mais prenant la pr√©caution d'√©crire un testament d√©taillant qui devrait avoir la charge de ses enfants. Les fr√®res et sŇďurs Bol√≠var pass√®rent donc sous la garde de leur grand-p√®re Don Feliciano Palacios, lequel tout en assumant cette responsabilit√© tomba lui aussi malade et commen√ßa √† √©crire √† son tour un testament pour d√©signer un nouveau tuteur choisi en accord avec les enfants.

Simón Bolívar fut confié à son oncle Don Esteban Palacios y Blanco, mais comme celui-ci se trouvait en Espagne il demeura sous la garde d'un autre de ses oncles, Don Carlos Palacios y Blanco, de caractère dur et strict, et qui s'absentait fréquemment de Caracas pour s'occuper de ses propriétés, laissant la garde de son neveu à ses domestiques. Simón Bolívar était alors scolarisé à l'école publique de Caracas.

Malgré tout, les références qu'a laissées Bolívar dans ses correspondances laissent supposer que son enfance fut heureuse et qu'il fut entouré de beaucoup d'affection, ayant d'agréables souvenirs, avec des parents connus et influents dans une ambiance très aristocratique et d'une façon plus générale, dans une ambiance qui lui a offert un certain équilibre émotionnel.

Il y a quelques anecdotes popularis√©es au Venezuela qui pr√©sentent Bol√≠var enfant comme quelqu'un de turbulent, anecdotes relay√©es par des √©crivains romantiques qui cherchaient √† lui attribuer d√®s l'enfance un caract√®re insoumis, avec l'id√©e qu'un homme exceptionnel ne puisse pas provenir d'un enfant sage. Mais il fut d√©montr√© que ces anecdotes furent invent√©es et introduites dans des r√©cits historiques par Ar√≠stides Rojas, consid√©r√© comme un excellent narrateur mais usant souvent de son imagination faute de documents √©tayant ses affirmations[r√©f. n√©cessaire].

√Čducation

La jeune scolarité de Bolívar ne fut pas très brillante, dans une école publique de la municipalité de Caracas manquant de moyens et présentant des carences administratives. Simón Rodríguez y fut l'instituteur de Bolívar et Don Carlos pensait lui confier la garde de Bolívar, ne pouvant pas s'occuper personnellement de lui. Les protestations de sa nièce María Antonia à propos de l'éducation que recevait Bolívar étaient fréquentes.

Devant la perspective d'aller vivre avec son ma√ģtre d'√©cole, Bol√≠var s'√©chappa de la maison de son oncle le 23 juillet 1795 pour rejoindre sa sŇďur Mar√≠a Antonia, qui prit temporairement sa garde le temps que se r√®gle le litige judiciaire √† la Real Audiencia de Caracas, qui rendit √† Don Carlos la garde de l'enfant. Bol√≠var tenta d'y r√©sister, mais fut emmen√© de force vers la demeure de Sim√≥n Rodr√≠guez.

L√†, les conditions de vie pour Bol√≠var furent tr√®s en de√ß√† de ce qu'il connaissait, devant partager l'espace avec 20 autres personnes dans une maison n'√©tant pas con√ßue pour cela. Bol√≠var prit √† nouveau la fuite √† plusieurs reprises, revenant chaque fois par ordre des tribunaux. Rodr√≠guez finit par renoncer √† sa fonction d'instituteur pour partir en Europe, et la Real Audiencia de Caracas d√©cida alors que Bol√≠var serait mut√© √† l'Academie de math√©matiques, dirig√©e par le p√®re And√ļjar et qui se tenait dans la maison de son oncle Don Carlos. Dans cette acad√©mie, la formation de Bol√≠var s'est notablement am√©lior√©e et fut compl√©t√©e par des cours d'histoire et de cosmographie donn√©s par Don Andr√©s Bello, jusqu'√† son entr√©e dans le Batall√≥n de Milicias de blancos de los Valles de Aragua (le ¬ę bataillon des milices de blancs des vall√©es d'Aragua ¬Ľ) le 14 janvier 1797.

Selon une légende tenace, Bolivar aurait été inscrit au Collège Royal de Sorèze, dans le Tarn, de 1793 à 1795. Il est aujourd'hui établi que Bolivar ne fréquenta jamais cette école militaire. Il s'y rendit deux fois, en 1804 et 1805, pour saluer deux de ses neveux. L'origine de cette légende est sans doute dans le grand prestige de cette institution, en Espagne et dans les colonies, ainsi que dans le fait que Napoléon avait demandé à y être admis. Entre Convention et Directoire, alors que la jeune République Française cherchait ses marques, Bolivar y aurait reçu un enseignement bénédictin, et assisté à la montée en puissance de Napoléon Bonaparte. Adolescent, Simon Bolivar aurait été nourri par cette période riche d'enseignements politiques et libertaires, qui aurait constitué une source d'inspiration fondatrice de sa démarche politique à venir.

Professeurs de Simón Bolívar

Voici quelques unes des personnes ayant particip√© √† l'√©ducation de Bol√≠var, et qui influ√®rent sur ses valeurs et ses pens√©es :

  • Francisco A. Carrasco
  • P√®re Sojo (Pedro Palacios y Sojo)
  • Fernando Vides
  • Sim√≥n Rodr√≠guez
  • Presb√≠tero Jose Antonio Negrete
  • Andr√©s Bello
  • Guillermo Pelgr√≥n
  • Fraile Francisco And√ļjar
  • Francine Maria

Entre l'Europe et l'Amérique

Statue de S. Bolivar, à Belgrave Square (Londres)

Bol√≠var commence sa carri√®re militaire √† l'√Ęge de quatorze ans et huit jours et obtient le titre de sous-lieutenant deux ans plus tard, dans une unit√© militaire cr√©√©e en 1759 par l'un de ses a√Įeux, Don Juan de Bol√≠var.

Son service militaire est interrompu par la d√©cision de ses oncles Esteban et Carlos de l'envoyer en Espagne afin de mieux conna√ģtre le monde et de compl√©ter sa formation.

Cependant l'Espagne se trouve alors prise dans une crise internationale complexe provoquée par la Révolution française et les ambitions de Napoléon Bonaparte, à laquelle il faut ajouter un affrontement interne entre absolutistes et libéraux, et un déficit fiscal aggravé par un blocus maritime imposé par les Britanniques qui perturbe le trafic habituel vers les Amériques, attaquant toute embarcation qui tenterait de franchir le blocus.

L'entreprise de voyage est donc d√©licate et risqu√©e, mais Bol√≠var peut n√©anmoins l'accomplir notamment gr√Ęce √† des convois envoy√©s par les Espagnols pour briser le blocus. C'est gr√Ęce √† un convoi command√© par l'amiral Alcal√° Galiano, qui a pu quitter le port de C√°diz en d√©cembre 1798, franchir le blocus et arriver au Venezuela, que Bol√≠var peut partir. Il embarque le 19 janvier 1799 √† bord de l'un des navires arriv√©s entiers, le navire de ligne San Ildefonso, dans le port de La Guaira. Le navire fait voile vers Veracruz pour r√©unir la flotte et attendre le moment opportun pour retourner en Espagne.

√Ä Veracruz, Bol√≠var est h√©berg√© chez Don Jos√© Donato de Austria et pendant que la flotte de Galiano stationne au port de La Havane, il voyage jusqu'√† la ville de Mexico pour rendre visite √† Obispo Viana. De retour √† Veracruz, il reprend son voyage pour l'Espagne et atteint le port de Santo√Īa le 13 mai 1799 d'o√Ļ il part imm√©diatement pour Madrid.

Rapidement apr√®s son arriv√©e √† Madrid, Bol√≠var s'installe chez le Marquis d'Ust√°riz, un haut fonctionnaire du Roi ayant une √©ducation sophistiqu√©e et qui devient l'un des tuteurs les plus influents sur l'√©ducation et la pens√©e de Bol√≠var. C'est une personne comp√©tente avec notamment de l'exp√©rience dans les t√Ęches de gouvernement, domaine dans lequel il compl√®te l'√©ducation de Bol√≠var.

C'est aussi √† cette p√©riode qu'il rencontre celle qui deviendra sa femme, Maria Teresa del Toro y Alayza, fille du Marquis del Toro et avec laquelle il devra patienter deux ans avant de se marier, √©tant donn√© la jeunesse des fianc√©s. Bol√≠var en profite pour se rendre tout d'abord √† Bilbao o√Ļ il commence √† √©tudier les langues, puis √† Paris o√Ļ il est le t√©moin de nombreux √©v√®nements de la France r√©volutionnaire et en contact direct avec la France des Lumi√®res. Il se montre aussi fervent admirateur de Napol√©on.

Mariage et veuvage

En 1802, Bolívar retourne en Espagne pour reprendre les procédures légales de son mariage, et devient l'époux de Maria Teresa le 26 mai dans l'église paroissiale de San José de Madrid. Il se consacre ensuite à préparer son retour en Amérique.

À la suite de divers évènements qui modifient leurs plans, Bolívar et son épouse embarquent à La Corogne le 15 juin 1802 pour un trajet direct jusqu'au Venezuela, et arrivent au port de La Guaira le 12 juillet de la même année.

Rapidement après leur arrivée ils s'établissent au majorat de la Concepción, situé près de la Plaza Mayor de Caracas, à l'angle de Las Gradillas. Bolívar assume pleinement l'administration de ses biens.

Les deux √©poux suscitent la curiosit√© de l'aristocratie de Caracas, qui esp√®re en apprendre sur la Cour et sur le personnage du moment, Bonaparte. Durant les diff√©rentes f√™tes et r√©unions qu'ils fr√©quentent, Maria Teresa d√©couvre une soci√©t√© cultiv√©e et raffin√©e o√Ļ l'on discute librement de politique et des livres r√©volutionnaires pourtant prohib√©s en Espagne.

Le couple se rend fréquemment dans les propriétés de la famille de Bolívar, lequel profite d'une année heureuse. Mais Maria Teresa contracte alors la fièvre jaune, maladie endémique des pays tropicaux, et son état se dégrade rapidement. Elle en meurt le 22 janvier 1803.

Sa mort affecte profondément Bolívar qui se trouve au bord de la dépression, aigri, et dont l'idée d'une vie heureuse au Venezuela se trouve anéantie. Bolivar fit le serment de ne jamais plus se marier. Il respecta cet engagement, mais n'en eut pas moins une vie sentimentale très animée, scandaleuse aux yeux de la société sud-américaine.

Serment du Monte Sacro

Après le décès de son épouse, Bolívar se consacre aux travaux dans ses plantations, mais le temps passé au Venezuela lui devient insupportable et il décide de revenir en Europe.

En d√©cembre 1803, il arrive en Espagne et s'installe dans le port de C√°diz o√Ļ il reste jusqu'en f√©vrier 1804, puis se rend √† Madrid. On sait que Bol√≠var maintient durant cette p√©riode des contacts avec ses repr√©sentants commerciaux mais on sp√©cule aussi sur son adh√©sion √† ce moment √† la Grande loge am√©ricaine des Francs-ma√ßons.

Il revoit à Madrid son beau-père le Marquis del Toro avec qui il partage la peine de la mort de Maria Teresa. Peu de temps après il décide de retourner en France, arrivant à Paris en avril 1804.

Selon diff√©rents points de vue critiques, la reconstruction de la vie de Bol√≠var entre 1804 et 1807 est difficile et les r√©cits sur cette p√©riode semblent parsem√©s de mythes. On sait cependant qu'il voyage entre Paris et Rome durant cette p√©riode, qu'il retrouve son ancien ma√ģtre Sim√≥n Rodr√≠guez et qu'il entretient des √©changes avec le fameux naturaliste et explorateur baron Alexander von Humboldt, le botaniste Aim√© Bonpland ainsi qu'avec l'√©tudiant Carlos Aguirre y Mont√ļfar, qui l'accompagne √† Rome en 1805.

À Paris, Bolívar assiste probablement au couronnement de Napoléon Ier, et se retrouve en contact avec la pensée des Lumières dans une atmosphère chargée de romantisme. Les idées de changements et de révolution ont notablement imprégné ses idéaux politiques, et Bolívar en vient à conclure que l'Espagne ne pourra pas s'opposer à la France de Napoléon et que son affaiblissement sera mis à profit par ses ennemis tels que l'Angleterre. Il prend conscience que tout cela mènera les colonies espagnoles d'Amérique à devoir choisir entre une domination française ou anglaise, à moins de prendre en main leur avenir indépendamment de l'Espagne.

Ce raisonnement confirme Bolívar dans sa conviction que l'indépendance est l'option la plus bénéfique pour les Amériques après la destruction de la flotte espagnole par les britanniques lors de la bataille de Trafalgar en 1805 et en considérant la position très délicate de la Couronne espagnole face à Napoléon.

Ces √©l√©ments le conduisent √† rejeter l'id√©e d'un possible leadership de Napol√©on dans le monde, et √† pr√™ter devant son ami et pr√©cepteur Sim√≥n Rodr√≠guez le serment du Monte Sacro √† Rome, o√Ļ il aurait jur√© par les dieux de ses anc√™tres, par ses anc√™tres eux-m√™mes, par son honneur et par sa patrie de mettre un terme √† la domination espagnole en Am√©rique. De nombreux doutes entourent ce fameux serment, r√©dig√© pour la premi√®re fois par Rodriguez, en 1850, alors que le pr√©cepteur avait quatre-vingts ans. La version "officielle", par Manuel Uribe a √©t√©, elle, publi√©e seulement en 1884.

Bol√≠var le ¬ę Libertador ¬Ľ

Apr√®s avoir √©tudi√© en Espagne et visit√© la France, l'Italie et les √Čtats-Unis, il retourna au Venezuela prendre part √† la guerre d'ind√©pendance contre les royalistes espagnols. Il servit d'abord sous les ordres de Francisco de Miranda qu'il fit prisonnier en 1812 pour le livrer aux Espagnols. Sa brillante campagne militaire lui valut le surnom d'¬ę El Libertador ¬Ľ (le Lib√©rateur), mais les Espagnols le contraignirent √† l'exil. Il revint en 1817 et s'empara de la Nouvelle-Grenade en 1819 (la Colombie actuelle), et du Venezuela en 1821. La Colombie, le Panam√° et le Venezuela form√®rent alors la F√©d√©ration de Grande Colombie √† laquelle se joignit l'√Čquateur en 1822.

Avec son lieutenant, le g√©n√©ral Antonio Jos√© de Sucre, il contribua √† la lib√©ration du P√©rou, d√©j√† engag√©e par l'arm√©e de Jos√© de San Mart√≠n. Il devint pr√©sident de la Bolivie, pays nouvellement form√© sur le territoire de l'ancienne vice-royaut√© du P√©rou et qui prit le nom de son lib√©rateur, le 11 ao√Ľt 1825 (jusqu'au 1er janvier 1826) alors qu'il √©tait d√©j√† le pr√©sident de la Grande Colombie depuis 1819. De ce dernier pays, il conserverait la pr√©sidence jusqu'√† son d√©part en exil en 1830. On peut consid√©rer que jusqu'en 1826 il ne l'occupait plus que symboliquement √©tant donn√© ses campagnes dans les Andes centrales.

Il fut cependant impuissant √† unifier les anciennes colonies espagnoles d'Am√©rique latine. Sa vision politique √©tait trop en avance sur son temps, et il fut accus√© de vouloir tout dominer, c'est √† dire d'aspirer √† l'empire. On tenta m√™me plusieurs fois de l'assassiner. Ainsi, le 30 septembre 1828, il ne dut sa survie qu'√† l'intervention d√©cid√©e de la seconde femme de sa vie, Manuela Saenz, qui y gagna ses galons de ¬ę Lib√©ratrice du Lib√©rateur ¬Ľ (Libertadora del Libertador). D√©√ßu et malade, il se retira d√©finitivement en 1830 et s'√©teignit sur le chemin de l'exil, peu apr√®s avoir appris l'assassinat de celui qu'il consid√©rait comme son successeur, le Mar√©chal de Sucre.

Selon certains historiens hispano-am√©ricains dont les travaux sont repris par le pr√©sident v√©n√©zuelien Chavez, Bolivar aurait √©t√© empoisonn√©. Ses adversaires craignaient qu'il puisse reconqu√©rir le pouvoir par des √©lections d√©mocratiques et le d√©fendre par les armes si le besoin √©tait. Des investigations ont lieu pour d√©terminer les causes de sa mort : tuberculose ou empoisonnement criminel.

Citations

  • "J'ai labour√© la mer et sem√© le vent", dira-t-il peu avant de mourir, suite √† la d√©sillusion de n'avoir pu construire un projet commun pour toute l'Am√©rique latine.
  • "La libert√© du nouveau monde est l'esp√©rance de l'univers."
Statue équestre de Simón Bolívar dans le parc éponyme, à Carthagène des Indes, Colombie

Hommages

Pour lui rendre hommage, on donna le nom de Bolivie à un pays d'Amérique du Sud. La monnaie de la Bolivie est le Boliviano et celle du Venezuela, le Bolívar. En Colombie, La Plaza de Bolivar (Plaza Bolívar) est la place la plus connue de Bogotá, avec au centre une statue de Simón Bolívar.

En 1999, la nouvelle Constitution d'Hugo Chávez renomma la république du Venezuela en République bolivarienne du Venezuela.

Un buste a été installé à Valmy, en souvenir de sa participation à la première victoire des armées de la Révolution française le 20 septembre 1792.

Il a √©t√© aussi le th√®me de nombreuses Ňďuvres litt√©raires comme le roman historique du V√©n√©zu√©lien Arturo Pietri intitul√© Les lanzas coloradas, publi√© en espagnol en 1931 (Les lances rouges, paru en fran√ßais, en 1932) et le fameux El general en su laberinto, de Gabriel Garc√≠a M√°rquez, dans lequel sont recr√©√©s les tristes derniers mois de sa vie, alors que, br√Ľl√© par ceux qui l'avaient adul√©, il partait pour l'exil et que dans le m√™me temps la maladie l'achevait.

Encore aujourd'hui, les id√©es de Simon Bolivar restent dans l'imaginaire r√©volutionnaire de l'Am√©rique latine. √Ä Guayaquil, en √Čquateur, un monument en hommage √† Bolivar et Jos√© de San Mart√≠n se dresse au bord du fleuve Guayas et au cŇďur de cette ville.

L'un des meilleurs cigares cubains porte son nom, le Bolivar. En 1902, plus d'un siècle après la disparition de Simón Bolívar, un entrepreneur espagnol installé à La Havane (Cuba) rendit hommage au héros américain en utilisant son nom et son image comme enseigne de sa marque de cigares. Ces Havanes se trouvent aujourd'hui parmi les plus demandés dans le monde entier, particulièrement en Grande-Bretagne, en France et en Espagne. Un portait de Simón Bolívar orne la bague de tous les modules Bolivar cubains.

Bolivarisme

Article d√©taill√© : Bolivarisme.

Le bolivarisme est un courant politique se revendiquant de certaines idées du libérateur Simón Bolívar.

Notes

  1. ‚ÜĎ Dans une lettre √† sa cousine Fanny du Villars, Bolivar affirme √™tre n√© le 25 juillet, mais comme ce jour √©tait celui de la Saint Jacques (Santiago, saint patron de l'Espagne) sa date de naissance fut modifi√©e pour le 24 juillet.
  2. ‚ÜĎ Certains habitants du village de San Mateo, dans l'√Čtat d'Aragua, soutiennent que Sim√≥n Bol√≠var est n√© dans leur village et fut ensuite emmen√© √† Caracas et pr√©sent√© comme natif de la capitale. Bol√≠var a pass√© une grande partie de son enfance √† San Mateo, o√Ļ sa maison est aujourd'hui transform√©e en mus√©e.

Bibliographie

Biographies en fran√ßais de Sim√≥n Bol√≠var :

  • Du Libertador :
    • L'Unit√© impossible, Textes choisis par Charles Minguet, Maspero, 1983
    • L'Esp√©rance de l'univers, Choix de textes par Jos√© Luis Salcedo Bastardo, UNESCO, 1983
    • Simon Bolivar : La conscience de l'Am√©rique, choix de textes traduits par Laurent Tranier, Editions Toute Latitude, 2007 (ISBN 9782352820116)
  • Sur le Libertador :
    • Karl Marx, Bol√≠var y Ponte (traduit de l'allemand par Louis Janover, 1999, √Čditions Sulliver)
    • Gilette Saurat, Bol√≠var, Le Libertador, √Čd. JC Latt√®s, 1979, (ISBN 9782246430919)
    • Emile Tersen, Simon Bolivar, Paris, 1961
    • Pierre Vayssi√®re, Sim√≥n Bol√≠var : Le r√™ve am√©ricain, √Čd. Payot, 2008, (ISBN 2228902896)

En espagnol, la bibliographie est beaucoup plus importante :

  • Luis Jos√© Acosta Rodr√≠guez, Bol√≠var para todos, Sociedad Bolivariana de Venezuela, Caracas - Venezuela.‚ÄĚ, 2 vol√ļmenes, 1979, (ISBN 968-484-000-4)
  • A√≥nimo, Bol√≠var, Grandes biograf√≠as, AAVV, febrero 1ra edici√≥n, Ediciones y Distribuciones Promo-libro S.A., Madrid-Espa√Īa, 2003.
  • German Arciniegas, H√©roe Vital. La Gran Colombia, garant√≠a de la libertad sudamericana, dans Bol√≠var. Hombre del presente, nuncio del porvenir. Auge, S. A. Editores, Lima ‚Äď Per√ļ, 1979.
  • Hector Bencomo Barrios, Bol√≠var Jefe Militar, Cuadernos Lagoven, Serie Bicentenario, Lagoven S.A. Caracas - Venezuela 79p, 1983.
  • Luis Antonio Bohorquez Casallas, Breve biograf√≠a de Bol√≠var, Colecci√≥n Jos√© Ortega Torres, Gr√°ficas Margal, Bogot√° ‚Äď Colombia, 1980.
  • Mar√≠a Bego√Īa Bolinaga, Bol√≠var conservacionista, Cuadernos Lagoven, Serie Bicentenario, Lagoven S.A. Caracas ‚Äď Venezuela 91p, 1983.
  • Sim√≥n Bol√≠var, Sim√≥n Bol√≠var. Ediciones Treccani - Roma ‚Äď Italia. Tables Jos√© Ortega. Presidente L.H. Campins - Presidente Sandro Pertini. 196p.
  • Sim√≥n Bol√≠var, Sim√≥n Bol√≠var ideario pol√≠tico, Ediciones Centauro Caracas ‚Äď Venezuela. 214p, 1981.
  • Alfredo Boulton, Miranda, Bol√≠var y Sucre tres estudios Icnogr√°ficos, Biblioteca de Autores y Temas Mirandinos. Caracas ‚Äď Venezuela. 177p, 1980.
  • Bill Boyd, Bol√≠var, Liberator of a continent, An historical novel, Sterling, Virginia 20166, Capital Books, Inc., 1999, (ISBN 1-892123-16-9).
  • David Bushnell et Neill Macaulay, El nacimiento de los pa√≠ses latinoamericanos, Editorial Nerea, S.A., Madrid ‚Äď Espa√Īa, 1989.
  • Manuel Caballero, Por qu√© no soy bolivariano. Una reflexi√≥n antipatri√≥tica. Alfa Grupo Editorial, (ISBN 9803541994).
  • Rafael Caldera, Arquitecto de una nueva sociedad. La educaci√≥n y la virtud, sustento de la vida republicana, dans: Bol√≠var. Hombre del presente, nuncio del porvenir, Auge, S. A. Editores. Lima ‚Äď Per√ļ, 1979.
  • Jorge Campos, Bol√≠var Salvat Editores, S. A. Barcelona - Espa√Īa. 199p, 1984.
  • Germ√°n Carrera Damas, S/F: El Culto a Bol√≠var, Alfa Grupo Editorial. (ISBN 9803541005).
  • Frederic Encel, El arte de la guerra: Estrategias y batallas, Alianza Editorial, S.A., Madrid ‚Äď Espa√Īa, 2002.
  • Encinoza Valmore et Vilda Carmelo, Se llamaba Sim√≥n Bol√≠var. Vida y obra del Libertador, Ediciones S.A. Educaci√≥n y Cultura Religiosa. Caracas - Venezuela. 112p, 1988
  • Gabriel Garc√≠a M√°rquez, Der General in seinem Labyrinth, Historischer Roman, K√∂ln, Kiepenheuer & Witsch, (KiWi; 657), 2001, (ISBN 3-462-03057-4).
  • Jos√© Gil Fortoul, Historia Constitucional de Venezuela, Cuarta Edici√≥n. Ministerio de Educaci√≥n. Direcci√≥n de Cultura y Bellas Artes. Caracas ‚Äď Venezuela. 3 vol√ļmenes, 1954.
  • Bernardo Jurado Toro, Bol√≠var y el mar, Edici√≥n del Banco Central de Venezuela. Caracas ‚Äď Venezuela. 181p, 1980.
  • Bernardo Jurado Toro, Bol√≠var el polifac√©tico, Ed. Digecafa, Caracas ‚Äď Venezuela, 1994.
  • Vicente Lecuna, Relaciones diplom√°ticas de Bol√≠var con Chile y Argentina, Imprenta Nacional. Caracas ‚Äď Venezuela. 2 vol√ļmnes, 1954.
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  • Jos√© Luis Salcedo Bastardo Un hombre di√°fano Bol√≠var‚ÄĚ, Cultural Venezolana, S. A. Caracas ‚Äď Venezuela, 1977.
  • Jos√© Luis Salcedo Bastardo Derrotado invencible. La idea continental factor determinante de todos sus proyectos dans Bol√≠var. Hombre del presente, nuncio del porvenir, Auge, S. A. Editores. Lima ‚Äď Per√ļ, 1979.
  • Luis Alberto S√°nchez, Dictador a pesar suyo. La voluntad popular, ley suprema dans Bol√≠var. Hombre del presente, nuncio del porvenir, Auge, S. A. Editores. Lima ‚Äď Per√ļ, 1979.
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  • Julio Tovar Donoso, Nuncio del porvenir. Libertad y armon√≠a simbiosis vital dans Bol√≠var. Hombre del presente, nuncio del porvenir, Auge, S. A. Editores. Lima ‚Äď Per√ļ, 1979.
  • Ram√≥n Jos√© Vel√°squez, Los pasos de los h√©roes, Edici√≥n Especial Homenaje del IPASME al Autor, Caracas - Venezuela. 393p, 1988, (ISBN 980-6122-01-1)
  • Paul Verna et Christian Bossu-Picat, El mundo de Bol√≠var, Ediciones Delroisse. Distribuidora Santiago. Caracas - Venezuela, 135p, 1983, (ISBN 2-85518-097-X)

Voir aussi

  • Montserrat d'Emmanuel Robles.

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  • Sim√≥n Bol√≠var ‚ÄĒ Para otros usos de este t√©rmino, v√©ase Sim√≥n Bol√≠var (desambiguaci√≥n). ¬ęBol√≠var¬Ľ redirige aqu√≠. Para otras acepciones, v√©ase Bol√≠var (desambiguaci√≥n). Sim√≥n Bol√≠var ‚Ķ   Wikipedia Espa√Īol

  • Sim√≥n Bol√≠var ‚ÄĒ Para otros usos v√©ase Bol√≠var. Sim√≥n Jos√© Antonio de la Sant√≠sima Trinidad Bol√≠var Palacios y Blanco (24 de julio de 1783 17 de diciembre de 1830), fue la principal figura de la emancipaci√≥n por parte de los territorios Andinos frente a la Espa√Īa ‚Ķ   Enciclopedia Universal


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