Semouse

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Semouse

48¬į 01‚Ä≤ 40‚Ä≥ N 6¬į 28‚Ä≤ 56‚Ä≥ E / 48.0278, 6.48222

la Semouse
(la Sémouse)
La Semouse à Bellefontaine (En aval de Gérardfaing).
La Semouse à Bellefontaine (En aval de Gérardfaing).
Caractéristiques
Longueur 41 km
Bassin 275 km2
Bassin collecteur le Rh√īne
D√©bit moyen 7 m3‚čÖs-1 (Conflans-sur-Lanterne)
Régime pluvial
Cours
Se jette dans la Lanterne
Géographie
Pays travers√©s Drapeau de France France

La Semouse ou S√©mouse[1] est une petite rivi√®re fran√ßaise des d√©partement de la Haute-Sa√īne et d√©partement des Vosges, et un sous-affluent du Rh√īne par la Lanterne et la Sa√īne.

Sommaire

√Čtymologie

Le mot Mouze viendrait de Mosa en latin (ou Mo√Ľze en Wallon), et aurait une origine commune avec le nom du cours d'eau de la Meuse. Ce serait une vieille r√©miniscence des croyances celtiques qui font des fleuves un dieu, une personne en quelque mesure.

Elle peut également s'orthographier ou se prononcer Sémouse ou Sémouze. La vallée de la Semouse s'appelait Vallée de Saint Mouze[2].

Géographie

La Semouse ou Sémouse est une rivière de 41 km[1] qui prend sa source sur un plateau (altitude 550 m environ), au lieu-dit Gérardfaing sur le territoire de la commune vosgienne de Bellefontaine, sur le flanc sud des monts Faucilles.

Une fontaine située près d'une ferme, au lieu-dit Le Calvaire, peut être symboliquement considérée comme source de la Semouse.

Elle poursuit son chemin en traversant Bellefontaine, la vall√©e qui porte son nom et Saint-Loup-sur-Semouse (Haute-Sa√īne). Elle rejoint la Lanterne, affluent de la Sa√īne √† Conflans-sur-Lanterne.

Affluents

Profil altimétrique de la rivière, en amont de Aillevillers
Profil altimétrique de la rivière, en aval de Aillevillers
  • Ruisseau du Pont Jeanson (longueur 4,6 km), √† Bellefontaine
  • Ruisseau de Rupt Gu√©n√© ((longueur 3,2 km), √† Bellefontaine
  • Ruisseau du Rechentreux (longueur 4,6 km), √† Xertigny
  • Ruisseau de la Bramouse (longueur 4,7 km), √† Ruaux
  • Ruisseau du Roulier (longueur 5,1 km), √† Le Clerjus
  • Ruisseau la Franouze ((longueur 4 km), √† Le Clerjus
  • Ruisseau du Chanet (longueur 8,3 km), √† Magnoncourt
  • l'Augronne, qui na√ģt √† Remiremont (longueur 28,5 km)
  • la Combeaut√©, qui prend sa source au Girmont-Val-d'Ajol (longueur 36,9 km)
  • le Planey, qui na√ģt √† Anjeux (L = 6,7 km) et est rejoint par le Dorgeon (longueur 10,5 km)
  • Ruisseau du Vass (longueur 3,9 km)


Hydrologie

Les débits de la Semouse ont été observés durant une période de 36 ans à Saint-Loup-sur-Semouse (de 1974 à 2009) [3].

Le débit interannuel moyen ou module de la rivière y est de 5,8 m³ par seconde pour une surface de bassin de 222 km².


Débit moyen mensuel (en m³/s) mesuré à la station hydrologique de Saint-Loup-sur-Semouse - données calculées sur 36 ans

La rivi√®re pr√©sente d'importantes fluctuations saisonni√®res de d√©bit, avec des hautes eaux hivernales de 8,35 √† 9,79 m¬≥ de d√©cembre √† mars inclus, et des maigres d'√©t√©, en juillet-ao√Ľt-septembre, entra√ģnant une baisse du d√©bit moyen mensuel jusqu'√† 1,78 m¬≥ au mois d'ao√Ľt.

Le VCN3 peut chuter jusque 0,65 m³, en cas de période quinquennale sèche.

Quant aux crues, elles peuvent être très importantes. En effet, les QIX 2 ou débit calculé de crue biennal et QIX 5 calculé pour une crue quinquennale valent respectivement 65 et 81 m³. Le QIX 10 ou débit calculé de crue décennale est de 92 m³ par seconde, le QIX 20 de 100 m³ et le QIX 50 de 120 m³.

Le débit instantané maximal enregistré est de 130 m³ par seconde le 30 décembre 2001, tandis que la valeur journalière maximale était de 84,1 m³ par seconde le même jour. En comparant ces valeurs avec l'échelle des QIX de la rivière, il ressort que ces crues étaient plus que cinquantennales, peut-être centennales, et donc très exceptionnelles.

La lame d'eau écoulée dans cette partie - la plus importante - du bassin versant de la rivière est de 826 millimètres annuellement, ce qui est très élevé et résulte d'une pluviosité fort abondante sur ce bassin, situé sur le versant sud fort arrosé du massif des monts Faucilles. Le débit spécifique (Qsp) se monte ainsi à 26,1 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Son histoire industrielle

Anciennes usines du Blanc Murger, d√©but XXe si√®cle
Ch√Ęteau de Semouse, XIXe si√®cle
Extrait d'une carte des environs de Plombières dans les années 1920
Ancienne usine d'Allongis vers 1900

La vall√©e de la Semouse a √©t√© le si√®ge pendant de nombreux si√®cles (du XVIe si√®cle au milieu du XXe si√®cle) de nombreuses forges. En effet, ce sont plus d'une dizaine qui se sont install√©es le long de son parcours. D'o√Ļ son surnom de "Vall√©e des Forges".

  • La plus ancienne est celle du Blanc Murger (1547, toujours en activit√© en tant que tr√©filerie).

Il y a eu √©galement :

  • La Forge de Semouse (ou de Saint Mouze) (fond√©e en 1697, arr√™t√©e en 1947, scierie en 1953 jusque dans les ann√©es 1970) : Ch√Ęteau et chapelle fin XIXe si√®cle de style Renaissance, elle √©tait destin√©e √† fournir le fer √† la tr√©filerie de Plombi√®res-les-Bains : qui √©tait une "Manufacture de t√īle de fer battu et √©tam√©" datant de 1605 (sur l'Augronne). Un martinet √©tait situ√© en amont de la forge, sur le ruisseau de la Bramouse (au bord de la route, direction Ruaux).

D√®s le milieu du XIXe si√®cle Victor puis Albert de Pruines (h√©ritiers de Andr√© Hildebrand, qui a transform√© l'ancienne usine de Plombi√®res en fabrique de coutellerie, en 1846 : papeterie de la fin du XVIe si√®cle √† 1839, ayant appartenu √† Beaumarchais de 1780 √† 1788, puis usine de porcelaine de 1839-1846, incendi√©e en 1842)[4] install√®rent un train √† voie √©troite (tacot) pour relier les usines des deux vall√©es (la ligne faisait un peu plus de 8 km et devait avoir des pentes d√©passant les 5 √† 6%), d√©marrant √† la Gare de Plombi√®res (cote 400 m env.), elle passait aux lieux-dits : Le Gros Ch√™ne (cote 530m), La Bassotte (cote 550 m : point culminant du trajet), La Chenevi√®re (cote 530), Le Voicieux, et au Moulin de Ruaux (cote 500), son parcours finissait du Fays Bois (cote 440 env.) vers la Forge de Semouse (cote 418) et vers la Forge Neuve (cote 400). Une liaison vers l'usine du Blanc Murger a certainement exist√© aussi. Ce tacot a fonctionn√© de 1922 √† 1953. Le trac√© du tacot est visible sur la carte ci-contre : trait noir.

Dans les ann√©es 1970, un projet d'installation d'une papeterie √©tait envisag√© √† Semouse. Les b√Ętiments ont commenc√© √† sortir de terre avant d'√™tre abandonn√©s puis d√©molis. Le projet tomba √† l'eau.

  • La Forge Neuve (laminoir cr√©√© en 1840 - ferm√© en 1952) √©tait une annexe de la Forge de Semouse
  • La Forge de Ruaux ou Forgette (mentionn√©e en 1628 - cessation en 1880) : li√©e √† la Forge du Blanc Murger (halle de stockage de 1830, inscrite aux Monument Historique depuis 1991, dont la toiture monumentale en laves de gr√®s est, aujourd'hui, compl√®tement √©croul√©e) - Fabrication de roues de chariot.
  • La Forge d'Allongis (ou Allangie), situ√©e √† environ 300 m√®tres en aval de la Forge de Ruaux, fut √©tablie en 1719 par Jacques Vannesson et Georges Puton (fondateur, en 1733, de la Manufacture royale de Bains-les-Bains). Elle a √©t√© Reconstruite en 1827 par Bouly (entreprise Bouly Fr√®res[5]). En 1860, M. J√©r√īme Patret, ma√ģtre de forge aux Forges de Varigney, est le propri√©taire de l'usine d'Allangie (elle comprend 3 feux d'affinerie, 1 martinet et 1 cylindre). Jusqu‚Äôen 1869, il y eut plusieurs feux de forge, qui fournissaient du fer au laminoir et √† la tr√©filerie, une des premi√®res √©tablies en France, et qui a √©t√© longtemps florissante. Les produits en √©taient exp√©di√©s √† Belfort et √† Besan√ßon pour la fabrication des montres. Propri√©taire des forges de La Chaudeau, M. Arthur de Buyer, abandonne cette usine[6]. Elle fonctionne jusque vers 1880, puis est transform√©e en filature (Filature de card√©s D√©sir√© Werck : issu de l'Ecole Th√©orique et Pratique de Tissage m√©canique de Mulhouse (aujourd'hui ENSISA - promotion 1880[7]). Aujourd'hui, seuls des vestiges sont encore visibles dans la for√™t, en contre-bas de la RD20.
  • Forges des Aulnouzes (variante avec un "s" √† la place du "z") sur le territoire de La Chapelle-aux-Bois, en amont d'un affluent de la Semouse (Ruisseau du Roulier) ; XVIIIe si√®cle
  • Forges de la Chaudeau (fond√©e en 1705-1706 - seule une boulonnerie de haute pr√©cision subsiste encore : 60 employ√©s environ), commune d'Aillevillers. Une forge annexe, qualifi√©e de laminoir du bas, est √©tablie au d√©but du XIXe si√®cle, √† 250 m en aval de l' √©tablissement principal. Elle est d√©saffect√©e √† la fin du XIXe si√®cle, aujourd'hui en ruines. La Chaudeau a appartenu √† la famille de ma√ģtre de forges de Buyer (aujourd'hui fabricant d'ustensiles de cuisine et de p√Ętisserie de haute qualit√© √† Faymont, commune du Val d'Ajol).
  • Forge de la Branleure (ant√©rieure √† celles de la Chaudeau), mentionn√©e d√®s la fin du XVIIe si√®cle. Elle est exploit√©e au d√©but du XVIIIe si√®cle par Jean-Jacques Rochet (fondateur des Forges de la Chaudeau). Les forges sont acquises en 1855 par Rodolphe de Buyer. Les laminoirs de la Branleure, de Magnoncourt et les forges de la Chaudeau sont exploit√©s par les h√©ritiers de Rodolphe de Buyer. Malgr√© la fusion en 1948 de la soci√©t√© ¬ę Les H√©ritiers de Charles de Buyer ¬Ľ avec la soci√©t√© ¬ę A. de Buyer ¬Ľ (manufacture de Faymont au Val d'Ajol, 88), l'√©tablissement ferme ses portes en 1954. Depuis, les b√Ętiments ont √©t√© occup√©s par diverses petites entreprises.
  • Forge de Aillevillers (mentionn√©e sur la carte de Cassini de 1760).
  • Forge de Magnoncourt (ancien Moulin Daval ; fond√©e en 1822-1824 - fonctionne jusque 1914), laminoir li√© √† la forge de la Chaudeau et au laminoir de la Branleure, puis usine hydro√©lectrique de 1924 √† 1945. L'atelier de fabrication est aujourd'hui en ruines, mais les d√©pendances et les logements sont toujours occup√©s.
  • Forges de Varigney, commune de Dampierre-les-Conflans (ant√©rieure √† 1789) : bien que sur le Planey (le cours d'eau est une r√©surgence de la Semouse)[8].

Au fil du XXe si√®cle, et des fermetures des Forges de Semouse, Forge Neuve, la Forgette et Forge d'Allongis, la vall√©e (en amont d'Aillevillers) s'est endormie progressivement (il subsiste la Tr√©filerie du Blanc Murger en activit√©, le hameau habit√© de Semouse avec son beau ch√Ęteau et la chapelle). Si bien que les paysages se sont totalement referm√©s par la v√©g√©tation et les plantations incoh√©rentes d'√©pic√©a et de sapin.

La Semouse a √©t√© le terrain de jeu de kayakistes et de c√©istes jusque dans les ann√©es 1990. Ceux-ci profitaient de l√Ęch√©s d'eau d'une retenue d'une ancienne usine de la vall√©e. Un projet d'am√©nagement de la rivi√®re pour la descente en kayak et en cano√ę avait m√™me √©t√© √©voqu√© dans les ann√©es 1998/1999.

Faune et flore

  • Aper√ßu des esp√®ces et des paysages observ√©s le long de la Semouse (liste non-exhaustive) :
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Contrat de rivière

Un contrat de rivière est en cours d'exécution sur le bassin versant de la Lanterne. La Semouse est donc concernée.

Les enjeux :

  • Ma√ģtrise des pollutions
  • Pr√©servation du patrimoine naturel
  • Gestion de la nappe alluviale du Breuchin
  • Gestion des plans d'eau

Le budget global de ce contrat se monte √† pr√®s de 38 000 000 ‚ā¨ HT, soit 45 000 000 ‚ā¨ TTC (bassin versant de la Lanterne tout entier).

Au niveau du Bassin Versant de la Semouse "amont", qui comprend aussi les rivières de l'Augronne et de la Combeauté, le budget s'élève à 16 110 000 d'euros HT, cela représente plus de 40% du budget global du contrat. Le reste du budget est réparti sur six autres sous-bassins (Breuchin, Planey, "Haute" Lanterne, "Moyenne" Lanterne, "Basse" Lanterne et Semouse "aval") .

C'est l'√Čtablissement Public Territorial de Bassin Sa√īne Doubs (EPTB Sa√īne Doubs) qui m√®ne ce contrat de rivi√®re.

Voil√† ce que l'on peut lire sur le site internet de l'√©tablissement :

Le Syndicat Mixte Sa√īne et Doubs est reconnu, depuis janvier 2007, en qualit√© d'√Čtablissement Public Territorial de Bassin (EPTB). Avec l'appui de ses Collectivit√©s adh√©rentes, cette √©volution conforte son r√īle d'impulsion, de coordination et de mise en Ňďuvre des programmes d'am√©nagement et de gestion dans les domaines des milieux aquatiques, de la biodiversit√©, des inondations et de la ressource en eau.

La pr√©sentation du contrat de rivi√®re Lanterne : 110 actions pour une gestion durable du bassin versant est disponible sur ce site en format PDF.

Voir aussi

Liens externes

Références

  1. ‚ÜĎ a et b SANDRE, ¬ę Fiche rivi√®re la s√©mouse (U04-0430) ¬Ľ. Consult√© le 14 d√©cembre 2008
  2. ‚ÜĎ http://www.chr-lorraine.fr/naudin/index.php Choisir la carte n¬į50 et la Zone C50 / Z02-01 et rechercher le hameau de St-Mouze
  3. ‚ÜĎ Banque Hydro - Station U0444310 - La Semouse √† Saint-Loup-sur-Semouse (ne pas cocher la case "Station en service")
  4. ‚ÜĎ Minist√®re de la Culture - Base M√©rim√©e : usine de papeterie du Ban d'Ajol, puis usine de porcelaine, puis usine de ferblanterie de Pruines et Cie, actuellement centre technique municipal
  5. ‚ÜĎ Almanach du commerce de Paris, des d√©partemens de la France et des Principales Villes du Monde, de J.de La Tynna et S. Bottin, 1830
  6. ‚ÜĎ Monographie industrielle du Clerjus par Lucien Go√ęry, Instituteur au Clerjus en 1898-1900
  7. ‚ÜĎ Promotion de l'Ecole Nationale d'Ing√©nieur Sud Alsace - Mulhouse 1862-2006
  8. ‚ÜĎ Racines Comtoises - Forges de Varigney



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