Seine

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Seine
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Seine
La Seine au niveau du Bois de Boulogne.
La Seine au niveau du Bois de Boulogne.
Carte du bassin versant de la Seine.
Carte du bassin versant de la Seine.
Caractéristiques
Longueur 777 km
Bassin 78 650 km2
D√©bit moyen 563 m3‚čÖs-1 (Le Havre)
Régime Pluvial océanique
Cours
Source plateau de Langres
 ¬∑ Localisation Source-Seine, C√īte-d'Or 21, France[1],[2]
 ¬∑ Altitude 446 m
 ¬∑ Coordonn√©es 47¬į 29‚Ä≤ 10‚Ä≥ N 4¬į 43‚Ä≤ 03‚Ä≥ E / 47.48618341, 4.71746138 (Source - Seine)
Embouchure Manche
 ¬∑ Localisation Le Havre/Honfleur, Normandie, France
 ¬∑ Altitude 0 m
 ¬∑ Coordonn√©es 49¬į26‚Ä≤2‚Ä≥N 0¬į12‚Ä≤24‚Ä≥E / 49.43389, 0.20667 (Embouchure - Seine)
Géographie
Principaux affluents
 ¬∑ Rive gauche Yonne, Loing, Eure, Risle
 ¬∑ Rive droite Ource, Aube, Marne, Oise, Epte
Pays travers√©s Drapeau de France France
Principales villes Troyes, Melun, Paris, Rouen, Le Havre

La Seine est un fleuve fran√ßais, long de 777 kilom√®tres[3], qui coule dans le Bassin parisien et arrose Troyes, Paris, Rouen et Le Havre. Sa source se situe √† 446 m√®tres d'altitude[2] √† Source-Seine, en C√īte-d'Or sur le plateau de Langres . Son cours a une orientation g√©n√©rale du sud-est au nord-ouest. Elle se jette dans la Manche entre Le Havre et Honfleur. Son bassin versant, d'une superficie de 78 650 km2, int√©resse pr√®s de 30 % de la population du pays. Il est g√©r√© par l'agence de l'eau Seine-Normandie[4].

Sommaire

√Čtymologie

En langue gauloise le mot San signifie ¬ę rivi√®re¬Ľ[5],[6],[7],[8]. Seine d√©riverait du terme gaulois signifiant la rivi√®re. Selon une autre approche √©tymologique, Seine proviendrait du latin Sequana, lui-m√™me emprunt√© aux peuplades gauloises autochtones.

L'Yonne et la Seine auraient √©t√© consid√©r√©es comme jumelles, seul le cours sup√©rieur ayant √©t√© appel√© Seine apr√®s transcription par C√©sar du mot latin (I)sicauna en Sequana. On y retrouve le nom de l'Yonne : Icauna ou Icaonna (le nom Seine pourrait donc √™tre un diminutif du nom Yonne).

L'origine du nom Sequana est obscure. Certains y voient une erreur de transcription d'un ou de plusieurs mots celtes diff√©rents. D'autres un toponyme pr√©celtique, au motif que le groupe 'kw' n'existe pas en celtique gaulois et brittonique, o√Ļ il a √©volu√© en 'p' (exemple : pimp en gallois, pemp en breton, par contre latin quinque > cinq. Ils proc√®dent tous de l'indo-europ√©en *p√©nk ∑e). Cependant, cette √©volution a pu se produire post√©rieurement √† l'attribution du nom Sequana par les premiers arrivants celtes : ceux-ci semblent en effet avoir parl√© un ¬ę proto-celtique ¬Ľ o√Ļ la mutation /kw/ > /p/ n'√©tait pas encore r√©alis√©e, comme l'attesteraient certaines inscriptions celtib√®res retrouv√©es en Espagne.

Mais rien n'emp√™che une r√©interpr√©tation du nom en *se-ku-ana, l'√©l√©ment -ana(m), transcrit par le latin paludem dans le glossaire d'Endlicher (De nominibus Gallicis, bas√© sur des copies, dont la plus ancienne date de 796), √©tant fr√©quent par ailleurs. Le nom de l'Yonne contiendrait plut√īt l'√©l√©ment -onno donn√© pour flumen, lui aussi r√©pandu, dans ce m√™me document. On peut douter de la celticit√© de ces deux termes, utilis√©s pourtant en gaulois, semble-t-il.

Géographie

Au pont de Normandie, près de l'embouchure

Le cours de la Seine

La Seine est partag√©e en cinq parties, d'amont en aval[9] :

  • la Petite Seine, de la source √† Montereau-Fault-Yonne ;
  • la Haute Seine, de Montereau-Fault-Yonne √† Paris ;
  • la travers√©e de Paris ;
  • la Basse-Seine, de Paris √† Rouen ;
  • la Seine-Maritime, de Rouen √† la mer.

La faible d√©clivit√© de la vall√©e de la Seine, en √éle-de-France et en Normandie, a caus√© la formation de multiples et profonds m√©andres. Pour la m√™me raison, les effets de la mar√©e se font sentir sur une centaine de kilom√®tres, jusqu‚Äô√† Poses (barrage le plus aval) et se manifestaient jusqu‚Äô√† un pass√© r√©cent, par le ph√©nom√®ne du ¬ę mascaret ¬Ľ, appel√© barre en Normandie.

La Seine est une voie navigable tr√®s importante, reliant Paris √† la Manche. De ce fait, deux des plus importants ports fluviaux de France s'y trouvent : Paris (port de Gennevilliers) et Rouen qui est √©galement un important port maritime permettant le transbordement (c'est le premier port c√©r√©alier d'Europe). Elle est navigable en amont de Paris jusqu‚Äô√† Nogent-sur-Seine, important port c√©r√©alier. Autres ports fluviaux notables : Limay-Porcheville (agglom√©ration de Mantes-la-Jolie), Montereau (sites g√©r√©s par le port autonome de Paris).

De nombreuses industries sont situ√©es le long de la vall√©e de la Seine, automobile (Poissy, Flins, Cl√©on, Sandouville), p√©trochimie (Port-J√©r√īme, Gonfreville-l'Orcher, Notre-Dame-de-Gravenchon, Petit-Couronne), centrales thermiques (Porcheville, Saint-Ouen).

Vue panoramique de la Seine avec le pont Saint-Michel à gauche et Notre-Dame de Paris à droite

L'eau de la Seine est utilisée pour le refroidissement de la centrale nucléaire de Nogent.

Le lac artificiel de la Forêt d'Orient, en amont de Troyes, a été créé dans les années 1960 pour régulariser le débit du fleuve.

Estuaire de la Seine, au sud du Havre, Seine-Maritime, Haute-Normandie
La Seine à Paris (vue de la Tour Eiffel)
Source de la Seine
Le pont Boieldieu à Rouen
Carte de la vallée de la Seine, vers 1750, BNF

Curiosit√© : les sources de la Seine sont la propri√©t√© de la ville de Paris depuis 1864. Une grotte artificielle a √©t√© construite l'ann√©e suivante pour abriter la source principale et la statue d'une nymphe symbolisant le fleuve. Cependant, la capitale s'en est d√©sint√©ress√©e et la parcelle devrait revenir √† la r√©gion Bourgogne qui souhaite valoriser le site[10]. Celui-ci abrite √©galement les vestiges d'un temple gallo-romain (actuellement enfouis). Des objets t√©moignant du culte aux sources du fleuve (Dea Sequana) sont expos√©s au mus√©e arch√©ologique de Dijon.

Polémique entre Yonne et Seine

Une d√©finition de la confluence indique que le cours d'eau entrant √† une confluence avec le plus fort d√©bit annuel (module) donne son nom au cours d'eau issu de cette confluence. Selon cette d√©finition, ce ne serait donc pas la Seine, mais l'Yonne le cours principal du bassin parisien. En effet, √† leur confluent √† Montereau-Fault-Yonne, l'Yonne pr√©sente un d√©bit et un bassin versant sup√©rieurs √† ceux de la Seine (respectivement 93 m3/s et pr√®s de 10 800 km2 pour l'Yonne, et √† peine 80 m3/s et 10 300 km2 pour la Seine). La m√™me situation se reproduit en amont avec l'Aube dont le bassin versant est de 4 700 km2, avec un d√©bit de 41 m3/s , contre 4 000 km2 et 33 m3/s pour la Seine.[r√©f. n√©cessaire]

Principaux affluents

  • l'Ource (D) - 100 km ;
  • La Barse (D) - 50 km ;
  • l'Aube (D) - 248 km, en fait cours principal par rapport √† la Seine ;
  • La Noxe (canal de Courtavant) (D) - 34 km ;
  • La Voulzie (D) - 44 km ;
  • l'Yonne (G) - 293 km, v√©ritable cours d'eau principal (pol√©mique sur le sujet) ;
  • le Loing (G) - 166 km ;
  • l'Essonne (G) - 90 km ;
  • l'Orge (G) - 50 km ;
  • l'Yerres (D) - 93,5 km ;
  • la Marne (D) - 525 km ;
  • la Bi√®vre (G) - 36 km, le seul affluent √† rejoindre la Seine dans Paris ;
  • l'Oise (D) - 302 km ;
  • l'Epte (D) - 100 km ;
  • l'Andelle (D) - 54 km ;
  • l'Eure (G) - 225 km ;
  • la Risle (G) - 140 km, se jette dans l'estuaire de la Seine.

NB : D : affluent de la rive droite, G : affluent de la rive gauche

Les régions et départements traversés

Les r√©gions et d√©partements travers√©s sont les suivants, en allant de la source vers l'embouchure :

Communes riveraines

Article d√©taill√© : Liste des communes riveraines de la Seine.

De Source-Seine (ex-Saint-Germain-Source-Seine) √† Honfleur, il y a 164 communes riveraines de la Seine, parmi lesquelles Paris, capitale de la France. L'une d'elles, L'√éle-Saint-Denis est enti√®rement situ√©e dans l'√ģle du m√™me nom.

Aspects géologiques

La Seine formait avec la Loire un seul et unique fleuve il y a environ six millions d'ann√©es[11]. Elle traversait une vaste p√©n√©plaine de nature argileuse sous un climat subtropical. Il y a trois millions d'ann√©es, la r√©gion subit un refroidissement et un soul√®vement d√Ľ √† la pouss√©e des arcs pyr√©n√©en et alpin au sud. Les glaciations de l'√®re quaternaire firent baisser le niveau des mers et oc√©ans, si bien que la Seine se jetait alors au large de la Bretagne actuelle (la Manche n'existait pas)[12]. Cette p√©riode fut marqu√©e par la migration des m√©andres du fleuve, encore visible en Haute-Normandie, et d'une intense √©rosion rabotant les plateaux et formant des terrasses alluviales. L'aspect actuel de la Seine remonte √† la fin de la derni√®re glaciation, vers -12 000.

Hydrologie

La Seine a un r√©gime relativement r√©gulier, li√© au climat oc√©anique de son bassin hydrographique. Elle est n√©anmoins sujette √† des crues importantes qui ont n√©cessit√© d'importants travaux de r√©gulation dans la partie sup√©rieure de son cours et de ses affluents. Son d√©bit moyen √† Paris est d'environ 328 m3/s et peut d√©passer 1 600 m3/s en p√©riode de crue.

Quatre grands lacs-réservoirs ont été créés entre 1960 et 1990 sur la Seine (lac d'Orient), la Marne (lac du Der-Chantecoq), l'Aube (lac d'Amance et lac d'Auzon-Temple) et l'Yonne (lac de Pannecière agrandi qui alimentait déjà le canal du Nivernais dès le XIXe siècle). Ces lacs qui constituent une réserve de 800 millions de mètres cube permettent à la fois d'écrêter les crues et d'assurer un débit minimum d'étiage. Ils sont gérés par un établissement public, l'institution interdépartementale des barrages-réservoirs du bassin de la Seine.

√Ä Paris, les crues sont mesur√©es depuis 1876 par une l'√©chelle hydrom√©trique install√©e au pont d'Austerlitz, n√©anmoins c'est la statue du zouave du pont de l'Alma qui reste l'indicateur le plus populaire. Au cours de la crue de janvier 1910, l'eau a atteint sur cette √©chelle la hauteur record de 8,68 m√®tres.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Poissy ()

Article d√©taill√© : D√©bit de la Seine √† Paris.

Environnement

Pollution

La situation au niveau de la pollution s'est améliorée depuis la fin des années 60 mais la Seine est toujours le fleuve le plus pollué d'Europe aux PCB (Le Havre et la baie de Seine, image NASA).

Le bassin de la Seine concentre 40 % de la production industrielle fran√ßaise et l'agriculture intensive occupe 60 % de la surface du bassin, avec pour r√©sultat un fleuve dont le d√©bit est parfois √† moiti√© constitu√© d'eaux us√©es[13]. Au d√©but des ann√©es 1960, les scientifiques consid√®rent la Seine comme presque biologiquement morte, seules trois esp√®ces de poissons sur les 32 end√©miques √©tant parfois aper√ßues[13].

La loi sur l'eau de 1964 permet un redressement de l'√©cosyst√®me des eaux de la Seine, compl√©t√©e par la loi sur l'eau du 3 janvier 1992. Des indicateurs de pollution sont cr√©√©s et une aide financi√®re et technique est propos√©e aux municipalit√©s, aux agriculteurs et aux industriels. Des 1991 √† 2001, 10 milliards d'euros, dont 5,6 milliards par l'√Čtat, sont investis dans des infrastructures, dont 500 stations d'√©puration[13].

En r√©sultat, la qualit√© des eaux s'am√©liore de mani√®re continue, surtout √† Paris, qui abrite vingt esp√®ces end√©mique de poissons. Cependant les taux en azote sont toujours trop √©lev√©s, 66 % de la pollution provenant de l'agriculture, et la pollution par les nitrates et pesticides augmente, l√† aussi √† cause de l'agriculture. Une autre pollution est li√©e aux eaux de pluie qui entra√ģnent des polluants des zones urbaines : celles de Paris repr√©sentent √† elles seules l'√©quivalent de tous les rejets des autres municipalit√©s du bassin[13].

La Seine est le fleuve europ√©en le plus pollu√© aux polychlorobiph√©nyle (PCB) depuis vingt ans. Toxiques, les PCB s'accumulent dans les lipides tout le long de la cha√ģne alimentaire[14]. D'apr√®s des analyses effectu√©es par l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA) depuis 2008, 70 % des esp√®ces de poissons sont impropres √† la consommation √† cause d'une contamination aux PCB. L'usage des PCB est interdit depuis 1987 mais, tr√®s utilis√©s dans les ann√©es 70, ils se sont accumul√©s dans l'environnement. L'association Robin des Bois d√©nonce une absence de r√©glementation au niveau de la p√™che afin de prot√©ger la population d'une consommation √† Paris, dans le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et les Yvelines[15]. Cette pollution aux PCB est √©tendue jusqu'√† la baie de Seine o√Ļ la p√™che √† la sardine est interdite en 2010[14].

En 2010, la Seine est touchée par une pollution de rondelles en plastique, pollution accidentelle, limitée et non dangereuse selon les autorités, provenant d'une station d'épuration[16].

Les d√©chets de la Seine normande repr√©sentent un volume d‚Äôenviron 30 000 m3 ou 9 000 tonnes, soit la production annuelle de d√©chets m√©nagers des habitants d‚Äôune ville de 20 000 habitants[17].

Biodiversité

Barrage-écluse de Méricourt (Yvelines)

L'aménagement de la Seine en voie navigable, avec de nombreux barrages, a créé autant d'obstacles s'opposant au passage des poissons migrateurs. Un programme en cours, sous l'égide de VNF, vise à équiper tous les barrages de la Seine aval, entre Poses-Amfreville et Suresnes, de passes à poissons, ce qui permettra aux migrateurs de remonter jusqu'au confluent de la Marne[18].

Des saumons et des truites de mer ont √©t√© observ√©es devant le barrages de Poses, √† 150 km de l'embouchure, en 2007[19]. En 2008, 260 saumons ont √©t√© compt√©s dans la passe √† poissons de ce barrage. Le 26 juillet 2008, pour la premi√®re fois depuis tr√®s longtemps, une truite de mer a √©t√© p√™ch√©e dans la Seine, au niveau du barrage de Suresnes, juste en aval de Paris[20]. S'agissant d'esp√®ces de poissons migrateurs tr√®s sensibles aux conditions du milieu, ces √©v√©nements indiquent une am√©lioration de la qualit√© des eaux de la Seine en aval de Paris. Le 3 octobre 2008, √† hauteur du barrage de Suresnes en r√©gion parisienne, un saumon de 7 kg[21] a √©t√© p√™ch√©, pour la premi√®re fois √† un point aussi √©loign√© en amont sur la Seine depuis 70 ans. Des chercheurs de l'INRA (en collaboration avec l'ONEMA et le CEMAGREF) ont √©t√© sollicit√©s pour confirmer la pr√©sence de l'esp√®ce sur la Seine[22]. Les r√©sultats de l'√©tude, d√©voil√©s en ao√Ľt 2009, montrent que les saumons p√™ch√©s dans la Seine ont des origines diverses. Il est important de noter qu'aucun poisson issu d'√©levage n'a √©t√© d√©vers√© dans la Seine depuis 1895, contrairement √† ce qui a √©t√© fait dans d'autres bassins o√Ļ des esp√®ces avaient disparu.

Activités liées à la Seine

Navigation

La Seine près de La Roche-Guyon
La Seine aux Andelys
La Seine à Paris

Pour les mariniers et les services navigation, la Seine se d√©compose en :

  1.  : ¬ę Petite Seine ¬Ľ de Marcilly-sur-Seine √† Montereau-Fault-Yonne
  2.  : ¬ę Haute Seine ¬Ľ de Montereau-Fault-Yonne √† Paris[23]
  3.  : ¬ę Seine parisienne ¬Ľ dans Paris
  4.  : ¬ę Basse Seine ¬Ľ de Paris √† Rouen
  5.  : ¬ę Seine maritime ¬Ľ de Rouen √† la mer

Depuis Troyes jusqu'√† son confluent avec l'Aube √† Marcilly-sur-Seine, elle est long√©e par le canal de la Haute-Seine qui n'est plus en service. De Marcilly-sur-Seine √† Montereau-Fault-Yonne, la navigation est √©tablie tant√īt sur des d√©rivations lat√©rales (trois au total), tant√īt dans le lit de la rivi√®re elle-m√™me. De Montereau-Fault-Yonne √† Tancarville, la navigation se fait toujours dans le lit de la Seine. De Tancarville au Havre, les bateaux fluviaux peuvent emprunter le canal de Tancarville.

La Seine est navigable sur une grande partie de son parcours. La responsabilité de la navigation appartient à Voies navigables de France et en particulier au Service de navigation sur la Seine en amont d'Amfreville-sous-les-Monts. Le bassin de ce Service de Navigation de la Seine s'étend aussi à ses principaux affluents (Oise, Marne, Yonne) et parfois à des canaux qui y sont reliés (canal de la Haute-Seine jusqu'à Méry-sur-Seine, par exemple). En revanche, il ne comprend pas les canaux parisiens (canal de l'Ourcq, canal Saint-Denis et canal Saint-Martin qui sont gérés par la ville de Paris.

La basse Seine, en aval du pont Guillaume-le-Conqu√©rant √† Rouen est accessible aux navires de haute mer (jusqu‚Äô√† 280 m de long et 150 000 tonnes). Sur cette partie du fleuve, longue d'environ 120 km, les trois seuls ponts existants (Pont de Normandie, Pont de Tancarville et Pont de Brotonne) offrent une tirant d'air de 50 m√®tres et le fleuve est constamment dragu√© pour permettre aux bateaux ayant un tirant d'eau de 10 m√®tres de circuler. Compte tenu du nombre limit√© de ponts, plusieurs bacs permettent √©galement de traverser le fleuve. Les installations portuaires y rel√®vent de l'autorit√© du port autonome de Rouen. Celui-ci, cinqui√®me port maritime fran√ßais avec environ 25 millions de tonnes de marchandises embarqu√©es et d√©barqu√©es, est sp√©cialis√© dans le trafic de c√©r√©ales, engrais et produits p√©troliers. Ses installations s'√©chelonnent le long du fleuve sur 120 km de l'agglom√©ration de Rouen jusqu'√† Honfleur.

Entre Rouen et Paris, la Seine a √©t√© canalis√©e au XIXe si√®cle. Sept barrages √©clus√©s situ√©s √† Poses-Amfreville-sous-les-Monts, Notre-Dame-de-la-Garenne (Eure), M√©ricourt, Andr√©sy, Bougival, Chatou (Yvelines) et Suresnes (Hauts-de-Seine) permettent la navigation de p√©niches automotrices (350 t de fret) dites ¬ę bateaux automoteurs de gabarit Freycinet ¬Ľ, de 38,5 m√®tres, de chalands automoteurs de rivi√®re (de 800 √† 1 350 t de fret), de 48 √† 70 m√®tres, de convois de barges pouss√©es (de 3 000 √† 10 000 t de fret) et de caboteurs fluvio-maritimes (4 000 t de fret). ces barges transportent , entre autres choses, des conteneurs, des automobiles, des produits p√©troliers, du ciment, etc.

L'écluse de Poses-Amfreville, première écluse sur la Seine à partir de l'embouchure

Les installations portuaires situées en Île-de-France relèvent du port autonome de Paris premier port fluvial français. Les principales installations portuaires pour le trafic de marchandises se situent à Limay (Yvelines) et Gennevilliers (Hauts-de-Seine). En projet, une plate-forme multi-modale (voie d'eau, autoroute, voie ferrée) est en cours d'étude sur la commune d'Achères en aval de Conflans-Sainte-Honorine.

√Ä Paris existe aussi un trafic de voyageurs, principalement touristique (bateaux-mouches, mais aussi une tentative d'utiliser la Seine pour les d√©placements quotidiens (Batobus). Des navettes circulent r√©guli√®rement entre la Tour Eiffel et le Jardin des Plantes ; toutefois, ce service semble int√©resser davantage les touristes que les Parisiens cr√©ant une concurrence g√™nante pour les bateaux-mouches. Un autre service voyageur, (Vogu√©o), est √©galement exp√©riment√© entre la gare d'Austerlitz et Maisons-Alfort (sur la Marne).

Un projet de liaison fluviale à grand gabarit entre le bassin de la Seine et le bassin de l'Escaut, la liaison Seine-Escaut devrait être réalisé à l'horizon 2012, doublant le canal de Saint-Quentin (1810) et le canal du Nord (1960). Il mettra en communication les ports normands et l'Île-de-France avec le réseau navigable du nord de la France et du Benelux en offrant le gabarit de la classe Vb européenne.

En aval de Rouen, seuls trois grands ponts enjambent la Seine (ponts de Brotonne, de Tancarville et de Normandie). De ce fait, la travers√©e peut encore se faire gr√Ęce √† plusieurs bacs reliant les deux rives.

Histoire

La plus ancienne crue de la Seine relatée dans les textes anciennes est celle de l'hiver 358, relatée par Julien l'Apostat, qui se trouvait alors à Lutèce, dans son Misopogon[24]. Celle de février 582 est rapportée par Grégoire de Tours dans son Historia Francorum.

Dès 855, des bandes de Vikings remontent la Seine, pillent la Normandie et assiègent Paris. Les Vikings s'installent de façon permanente dans l'embouchure de la Seine vers 896. À partir du traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911, le duché de Normandie est reconnu par le roi de France Charles III. Sa limite est un petit affluent de rive droite de la Seine, l'Epte.

√Ä partir du milieu du XVIe si√®cle et jusqu'au d√©but du XXe si√®cle, l'approvisionnement en bois de chauffage de Paris s'est fait par flottage sur l'Yonne et la Seine √† partir des for√™ts du Morvan.

En 1684, le roi Louis XIV inaugure la machine de Marly installée dans le lit de la Seine à Bougival pour pomper l'eau du fleuve afin d'alimenter les jeux d'eaux du parc de Versailles.

À partir de 1830 commence l'aménagement de la Seine par la construction de barrages et d'écluses.

Le 4 septembre 1843, Léopoldine Hugo, fille de Victor Hugo et son époux, Charles Vacquerie, se noient dans la Seine à Villequier (Seine-Maritime) par suite du chavirage de leur canot à voile[25].

En 1910, la Seine a connu sa dernière crue centennale.

En 1944, en mai et juin, des vagues de bombardements alli√©s, pr√©parant le d√©barquement en Normandie, visent de nombreux points strat√©giques, et tous les ponts situ√©s entre Paris et la mer, qui sont tous atteints et pour la tr√®s grande majorit√© d√©truits. Dans la nuit du 19 au 20 ao√Ľt, des √©l√©ments avanc√©s de l'arm√©e am√©ricaine franchissent la Seine pour la premi√®re fois en empruntant le barrage de M√©ricourt. Par la suite un pont de bateaux install√© √† Rosny sur Seine permit d'√©tablir une t√™te de pont sur la rive droite.

Aspects culturels

La Seine et les peintres

Régates à Argenteuil par Claude Monet (Musée d'Orsay)
La Seine à Bougival par Alfred Sisley (Metropolitan Museum of Art)

La Seine a inspir√© de nombreux peintres, et aux XIXe si√®cle et XXe si√®cles, les peintres suivants :

Constant Troyon, Charles-François Daubigny,

Eugène Boudin, Johan Barthold Jongkind, Claude Monet, Frédéric Bazille, Gustave Caillebotte

√Čdouard Vuillard, F√©lix Vallotton, Raoul Dufy, Othon Friesz, Albert Marquet,

Robert Antoine Pinchon, Emilio Grau Sala, Gaston Sébire, Maurice Boitel

Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet.

La Seine dans la littérature

  • Honor√© de Balzac a d√©crit la Seine sous tous les angles : √† Paris, √† la campagne. C'est dans Modeste Mignon (1844) qu'il lui accorde le plus de place : ¬ę Les quatre cavaliers, se trouvant dans un chemin assez large, all√®rent de front et gagn√®rent le plateau d'o√Ļ la vue planait sur le riche bassin de la Seine, vers Rouen, tandis qu'√† l'autre horizon les yeux pouvaient encore apercevoir la mer.- Dieu est un grand paysagiste, dit Canalis en contemplant ce point de vue unique parmi ceux qui rendent les bords de la Seine si justement c√©l√®bres[26]. ¬Ľ. Il la d√©crit encore √† Rouen[27] et au Havre[28].

Tourisme et patrimoine

Le cours de la Seine est jalonné de nombreux points d'intérêts pour les touristes.

En amont de Paris :

À Paris, les rives de la Seine sont inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1991[29].

En aval de Paris :

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

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Notes et références

  1. ‚ÜĎ Pierre Gounand, ¬ę A qui appartiennent les sources de la Seine ? ¬Ľ, dans Le Bien public, 21 septembre 2003 [texte int√©gral] .
  2. ‚ÜĎ a et b D'apr√®s le rep√®re de nivellement Z.C.R3-7 du service de g√©od√©sie et nivellement de l'IGN. L'altitude s'entend comme l'altitude normale dans le syst√®me IGN69, elle est exactement de 446,765 m pour un rep√®re √† 0,75 m du sol. Les coordonn√©es sont donn√©es dans le syst√®me WGS 84 et ont √©t√© obtenues par transformation depuis le syst√®me NTF en projection Lambert 2 gr√Ęce au logiciel Circ√© fourni par l'IGN.
  3. ‚ÜĎ SANDRE, ¬ę Fiche fleuve la seine (----0010) ¬Ľ. Consult√© le 18 octobre 2008.
  4. ‚ÜĎ Mairie de Paris & DICOM, ¬ę La Seine ¬Ľ. Consult√© le 30 novembre 2008
  5. ‚ÜĎ Puisqu'il est impossible de les √©num√©rer tous, citons au moins : Brda, Brenna, Bzura, Drwńôca, Mroga, Nida, Raba, San, etc. Bzura selon Jan Rozwadowski correspond avec Brigulos, Drwńôca aves Druentia, Durance, Nida avec Nidder, Raba avec Raab, San avec Sadne et Sein." [in:] Ethnologia Polona, Instytut Historii Kultury Materialnej (Polska Akademia Nauk), 1981, p. 49.
  6. ‚ÜĎ ¬ę An adouci en san, eau, rivi√®re ; stach, sinueux, qui tourne. Allusion au cours sinueux de la Charente ¬Ľ. op. cit. Antiq. de France. [in:] Revue des √©tudes historiques, Soci√©t√© des √©tudes historiques, 1835, p.242. ; Senne, nom propre de rivi√®re. - Sc√®ne, ¬Ľ. Le lieu on l'on joue. ‚ÄĒ Seine, sf, sorte de ¬ęlot. 17. Cen¬Ľ, sm, imp√īt. ‚ÄĒ San, np Sen¬Ľ, sm, jugement [...]". [in:] Dictionnaire de p√©dagogie et d'instruction primaire, Ferdinand √Čdouard Buisson, 1883, p. 980.
  7. ‚ÜĎ ¬ę Le terme sawn ¬ę cleft, gully ¬Ľ est rapproch√© du breton san, saon s.f. ¬ę aqueduct, san-dour ¬Ľ." √Čtudes celtiques. Soci√©t√© d'√Čditions Les Belles Lettres, 1985 p. 337.
  8. ‚ÜĎ ¬ę La racine san est √† la base des patronymes : Sangnier, Sagne, Sagnolle, Lassassaigne et Delassassaigne dont un anc√™tre a habit√© pr√®s d'un marais. ¬Ľ [in:] Paul Bailly, Toponymie en Seine-et-Marne : noms de lieux, √©ditions Amatteis.
  9. ‚ÜĎ Selon Projetlabel.org
  10. ‚ÜĎ Xavier Grizot, ¬ę La Seine reviendrait enfin aux sources ‚ÄĒ La ville de Paris pourrait c√©der son terrain au d√©partement ¬Ľ, dans Le Bien public, 13 janvier 2004 [texte int√©gral] 
  11. ‚ÜĎ J√©r√īme Chaib, ¬ę Vall√©e de la Seine : entre naissance et renaissance ¬Ľ, dans √Čtudes normandes n¬į2, 2007, (ISSN 00142158), p.40
  12. ‚ÜĎ J√©r√īme Chaib, ¬ę Vall√©e de la Seine : entre naissance et renaissance ¬Ľ, dans √Čtudes normandes n¬į 2, 2007, (ISSN 00142158), p. 41
  13. ‚ÜĎ a, b, c et d (en) World Water Assessment Programme: Seine-Normandy Basin (France), UNESCO, 2001.
  14. ‚ÜĎ a et b PCB : les poissons de la baie de Seine touch√©s par la pollution, Paris-Normandie, 14 Mars 2010 extrait
  15. ‚ÜĎ Eaux: alerte √† la pollution dans la Seine, 70 % des poissons contamin√©s, 20 Minutes, 2/6/2010.
  16. ‚ÜĎ Embarras autour d'une pollution au plastique dans la Seine, Sophie Verney-Caillat, Rue89, 05/03/2010.
  17. ‚ÜĎ Les Boucles de la Seine Normande et les macro-d√©chets.
  18. ‚ÜĎ La restauration des fonctionnalit√©s √©cologiques des voies navigables, VNF, p. 2. [PDF]
  19. ‚ÜĎ Le retour du saumon en Seine, une r√©alit√© ! SIAAP
  20. ‚ÜĎ Une truite de mer p√™ch√©e √† Paris, Le Figaro, 21 juillet 2008
  21. ‚ÜĎ Communiqu√© de la f√©d√©ration nationale de p√™che.
  22. ‚ÜĎ Analyser le retour du saumon dans la Seine : quels enseignements pour la gestion des rivi√®res ?, 05/08/2009, Fiche de Presse Info. disponible en ligne sur le site web de l'INRA
  23. ‚ÜĎ Attention ! Pour les cano√ę-kayakistes, la "haute Seine", c'est plut√īt en amont de Troyes !
  24. ‚ÜĎ Charlotte Lacour-Veyranne, Les col√®res de la Seine, √Čd. Paris-Mus√©es, 1994, ISBN 978-2-87900-191-3
  25. ‚ÜĎ Le drame de Villequier, Sequana-Normandie
  26. ‚ÜĎ √Čdition dite du Furne, vol.4, p. 310
  27. ‚ÜĎ Furne, p. 117-118
  28. ‚ÜĎ Furne, p. 116
  29. ‚ÜĎ Rives de la Seine sur le site du patrimoine mondial de l'Unesco

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