Attentats du 11 septembre

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Attentats du 11 septembre

Attentats du 11 septembre 2001

Les tours du World Trade Center en feu aprĂšs les impacts des vols AA11 et UA175.

Les attentats du 11 septembre 2001 sont quatre attentats-suicides perpĂ©trĂ©s le mĂȘme jour aux États-Unis par des membres du rĂ©seau Al-Qaida. Le matin du 11 septembre 2001, dix-neuf terroristes dĂ©tournent quatre avions de ligne afin de les Ă©craser sur des bĂątiments hautement symboliques du nord-est du pays. Deux avions sont projetĂ©s sur les tours jumelles du World Trade Center (WTC) Ă  Manhattan, Ă  New York, et le troisiĂšme sur le Pentagone, siĂšge du DĂ©partement de la DĂ©fense, Ă  Washington, D.C., tuant toutes les personnes Ă  bord et de nombreuses autres travaillant dans ces immeubles. Les deux tours se sont effondrĂ©es moins de deux heures plus tard, provoquant l'effondrement de deux autres immeubles[1]. Le quatriĂšme avion, volant en direction de Washington, s'est Ă©crasĂ© en rase campagne Ă  Shanksville, en Pennsylvanie, aprĂšs que des passagers et membres d'Ă©quipage ont essayĂ© d'en reprendre le contrĂŽle. 2 993 personnes, en incluant 343 pompiers de New York, une cinquantaine de policiers new-yorkais (policiers et officiers de la police du port) et les 19 terroristes, sont morts lors des attaques, et plusieurs milliers d'autres personnes ont Ă©tĂ© blessĂ©es.

La Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 2002 pour expliquer comment ces attentats ont pu se produire et pour Ă©viter que cela ne se reproduise[2]. Dans son rapport[3] publiĂ© fin aoĂ»t 2004, elle Ă©tablit la responsabilitĂ© du rĂ©seau Al-Qaida, en affirmant que les dix-neuf pirates de l'air impliquĂ©s dans ces attentats-suicides en Ă©taient membres et que le commanditaire en Ă©tait Oussama Ben Laden. Ce dernier s'est fĂ©licitĂ© de ces attaques dans des vidĂ©os diffusĂ©es en novembre et dĂ©cembre 2001[4]. Oussama Ben Laden avait Ă©tĂ© dĂ©signĂ© comme responsable le plus probable par les autoritĂ©s amĂ©ricaines dĂšs le soir du 11 septembre.

Ces attentats ont Ă©tĂ© vĂ©cus presque en temps rĂ©el par des centaines de millions de tĂ©lĂ©spectateurs Ă  travers le monde, les images de l'avion heurtant la deuxiĂšme tour du World Trade Center ayant Ă©tĂ© diffusĂ©es en direct, ainsi que l'effondrement complet en quelques secondes des trois tours du WTC Ă  Manhattan, provoquant un choc psychologique considĂ©rable. Les gouvernements des États-Unis et de nombreux autres pays ont rĂ©agi en renforçant leur lĂ©gislation anti-terroriste, et en lançant une « guerre contre le terrorisme Â», notamment en Afghanistan, dont le rĂ©gime taliban Ă©tait soupçonnĂ© d'hĂ©berger Ben Laden. Le Pentagone a Ă©tĂ© rĂ©parĂ© en un an et le Site du World Trade Center nettoyĂ© pour accueillir d'ici 2013 une nouvelle tour, le 1 World Trade Center. Des milliers de personnes, notamment des secouristes, sont atteintes de maladies engendrĂ©es par l'inhalation de poussiĂšres toxiques sur le site du WTC.

Sommaire

Attentats : les faits

Avec leur charge (partielle) en carburant estimĂ©e Ă  46 000 litres[5] chacun, les avions, deux Boeing 757 et deux Boeing 767 ont Ă©tĂ© utilisĂ©s comme bombes incendiaires volantes. Des quatre avions dĂ©tournĂ©s, seul le vol UA93 ne put atteindre sa cible, s'Ă©tant Ă©crasĂ© dans une mine Ă  ciel ouvert dĂ©saffectĂ©e de la Pennsylvanie alors qu'il se dirigeait vers la capitale.

Quelques passagers et membres d'Ă©quipage ont pu passer des appels tĂ©lĂ©phoniques[rĂ©f. nĂ©cessaire], principalement du vol UA93, mentionnant la prĂ©sence de pirates de l'air armĂ©s de couteaux Ă  lame rĂ©tractable (Box cutter en anglais), qu'ils ont utilisĂ©s pour menacer ou tuer du personnel naviguant et des passagers lors de la prise de contrĂŽle de l'avion[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Un tĂ©moin rapporte aussi l'utilisation d'un produit chimique de type gaz lacrymogĂšne utilisĂ© dans le vol American 11 pour tenir les passagers Ă  l'Ă©cart de la premiĂšre classe[6]. La commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, a pu Ă©tablir que deux des pirates de l'air avaient rĂ©cemment achetĂ© des couteaux multifonction Leatherman[7]. Des menaces de bombe ont Ă©tĂ© faites sur trois des avions[rĂ©f. nĂ©cessaire](pas sur l'American 77).

Les détournements

Les vignettes ci-dessous prĂ©sentent les trajets des dĂ©tournements tels que reconstituĂ©s par le rapport de la « Commission 9/11 Â»
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Selon l'étude du NTSB de l'hiver 2001-2002, rendue publique en août 2006[8], les vols UA175 et AA11 étaient programmés pour décoller à une minute d'intervalle, mais le premier quitta le sol avec 16 minutes de retard et atteignit sa cible trÚs exactement 16 minutes aprÚs que l'AA11 a frappé la tour Nord, la durée de vol ayant été de 49 minutes (48 minutes pour AA11).
Ces parcours ne correspondent pas Ă  un souci de minimiser le temps d'exposition Ă  la rĂ©action de la dĂ©fense aĂ©rienne : aprĂšs la prise de contrĂŽle par les kamikazes, le vol 11 fut maintenu 13 minutes durant dans une direction (le Nord-Ouest) qui l'Ă©loignait de son objectif. Ce choix se retrouve pour le vol 175 avec son large dĂ©tour au-dessus du New Jersey pour revenir sur Manhattan par le Sud.

Ce trait est Ă©galement partagĂ© par les vols AA77 et UA93 : le caractĂšre tardif de la prise de contrĂŽle des avions (aprĂšs 26 et 45 minutes) rĂ©sultait en un Ă©loignement important de leur cible.

Réactions de la défense aérienne

Les procĂ©dures rĂ©glant la coordination entre l'aviation civile et le Commandement de la dĂ©fense aĂ©rospatiale de l'AmĂ©rique du Nord (NORAD), sont en place depuis les annĂ©es 1960. Au matin du 11 septembre, 14 avions de chasse Ă©taient disponibles pour protĂ©ger l'espace aĂ©rien des États-Unis contigus[9].

Les espaces de temps offerts par les dĂ©tournements furent consĂ©quents : prenant comme signal d'alarme le radio-mutisme du vol AA11 (8 h 14), Ă  l'instant des impacts successifs, 33, 49, 83 et 112 minutes se sont Ă©coulĂ©es. Aucun des avions de chasse ayant Ă©tĂ© mis en Ɠuvre n'a Ă©tĂ© capable d'interfĂ©rer avec les vols piratĂ©s[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le NORAD a soutenu que cette faillite majeure du systĂšme de protection de l'espace aĂ©rien Ă©tait due aux dĂ©lais pris pour transmettre les incidents de vol (24 et 39 minutes pour les vols AA11 et AA77) ou leur non transmission[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Reprenant les donnĂ©es du NORAD, la Commission Kean exposa que les militaires auraient Ă©tĂ© avertis quelques minutes seulement avant les impacts des vols AA11 et AA77, et aprĂšs les impacts pour les autres. Cependant, les choix opĂ©rĂ©s par le NORAD suscitĂšrent des interrogations. Selon la dĂ©position du 13 septembre du gĂ©nĂ©ral Myers, confirmĂ©e par la confĂ©rence de presse du vice-prĂ©sident Dick Cheney du 16, aucun avion de chasse n'aurait Ă©tĂ© mis en Ɠuvre avant l'impact du vol AA77 contre le Pentagone (9 h 37). La chronologie du NORAD, publiĂ©e le 18, indiquait que des chasseurs avaient dĂ©collĂ© Ă  8 h 44 et 9 h 30. Selon la Commission Kean, les premiers chasseurs, des F-15 du 101st Figther Squadron du Massachusetts ANG dĂ©collĂšrent Ă  8 h 52, 38 minutes aprĂšs le dĂ©tournement du vol AA11 d'Otis, proche de Boston, Ă©loignĂ©e de 240 km.

AprĂšs qu'ils eurent grimpĂ© en altitude et volĂ© au quart de leur vitesse maximale en attendant de savoir oĂč se trouvaient le ou les avions de lignes qu'ils devaient intercepter, car ceux-ci, transpondeurs dĂ©branchĂ©s, avaient disparu des Ă©crans utilisĂ©s pour le contrĂŽle du trafic aĂ©rien[rĂ©f. nĂ©cessaire], ils se trouvaient Ă  114 km de New-York lorsque le vol UA175 percutait la tour Sud. AprĂšs avoir atteint New-York Ă  9 h 11, ils furent affectĂ©s Ă  patrouiller l'espace aĂ©rien new-yorkais. Pendant ce temps, le NORAD faisait dĂ©coller trois chasseurs F-16 de la base de Langley, situĂ©e 210 km au sud de Washington. Celle d'Andrews, Ă  15 km de la capitale, dont trois chasseurs F-16 n'emportant que des munitions d'entrainement participaient Ă  un exercice en Caroline du Nord ce matin-lĂ [10],[rĂ©f. incomplĂšte] reçut de son cĂŽtĂ© l'ordre par les services secrets de prĂ©parer une patrouille armĂ©e. Mais une demi-heure plus tard, Ă  la rĂ©ception de l'ordre de la PrĂ©sidence de faire dĂ©coller ces chasseurs suite Ă  l'attentat contre le Pentagone, ils n'Ă©taient toujours pas prĂȘts. Volant Ă  35 % de leur capacitĂ©, les chasseurs de Langley arrivĂšrent au Pentagone 12 minutes aprĂšs l'impact du vol AA77 au moment oĂč trois F-16 non armĂ©s dĂ©collaient d'Andrews, quarante cinq minutes aprĂšs la mise en alerte[11][rĂ©f. incomplĂšte] [citation nĂ©cessaire].

Bien que le non respect des procĂ©dures d'alerte fĂ»t ainsi pointĂ© du doigt, il n'y eut aucune enquĂȘte publique et aucune sanction Ă  l'encontre des responsables de la FAA[rĂ©f. nĂ©cessaire]. L'Ă©chec du NORAD n'empĂȘcha pas non plus les hauts responsables, tels les gĂ©nĂ©raux Eberhard et Myers, d'ĂȘtre confirmĂ©s dans leurs fonctions, voire promus. Cet Ă©chec Ă©tait aggravĂ© par le fait que le WTC avait Ă©tĂ© reconnu comme cible privilĂ©giĂ©e dĂšs l'explosion du camion chargĂ© d'explosifs de 1993. En 1994, un expert commanditĂ© par le Pentagone soulignait la valeur symbolique des tours et envisageait qu'une attaque terroriste consisterait certainement en « des actions multiples et simultanĂ©es Â»[12]. Durant les deux annĂ©es prĂ©cĂ©dant les attentats, le NORAD effectua des exercices dans lesquels des avions de ligne dĂ©tournĂ©s Ă©taient utilisĂ©s contre divers objectifs, dont le WTC[13]. Par ailleurs, les services de renseignements de plusieurs pays, europĂ©ens entre autres, avaient plusieurs mois auparavant prĂ©venu leurs homologues amĂ©ricains d'une prĂ©paration de dĂ©tournements d'avions civils sur le territoire des USA[14].

À 9 h45, le Transport Canada dĂ©clenche l'OpĂ©ration Ruban jaune aprĂšs que la FAA ai fermĂ© l'espace aĂ©rien des États-Unis, bloquant au sol les avions devant dĂ©coller et dĂ©tournant vers le Canada les vols internationaux en provenance d'Europe et d'Asie. Tous les vols commerciaux aux États-Unis sont annulĂ©s (et tous les vols internationaux volant en leur direction dĂ©tournĂ©s sur le Canada), et les aĂ©roports de Los Angeles et San Francisco fermĂ©s. Les 4 500 avions civils alors en vol sont forcĂ©s d'atterrir en urgence et l'aviation civile reste clouĂ©e au sol jusqu'au 14 septembre[15].

Article dĂ©taillĂ© : OpĂ©ration Ruban jaune.

L'US Navy annonce à 14 h 51 le déploiement de deux porte-avions et d'autres navires venant de la base navale de Norfolk au large de New-York et de Washington et d'un groupe aéronaval au large de Los Angeles.

Environ deux heures aprĂšs le dernier crash, une centaine de chasseurs patrouillaient dans l'espace aĂ©rien amĂ©ricain et, depuis le 14 septembre, une opĂ©ration baptisĂ© Noble Eagle doit assurer la couverture aĂ©rienne 24 h sur 24 des États-Unis. Celle-ci a coĂ»tĂ© 40 milliards d'Euro pour ses sept premiĂšres annĂ©es et use sĂ©rieusement personnels et matĂ©riel[16]

Article dĂ©taillĂ© : Noble Eagle.

Parmi les unitĂ©s militaires dĂ©ployĂ©es en renfort sur le lieu du dĂ©sastre, une unitĂ© de guerre bactĂ©riologique de la garde nationale des États-Unis fut chargĂ©e d'analyser l'air afin de dĂ©terminer si des germes pathogĂšnes avaient Ă©tĂ© rĂ©pandus. Mise en alerte quelques minutes aprĂšs le second impact, elle confirma Ă  20 h 30 l'absence de risques en ce domaine[17].

Impacts et dommages

Schéma montrant à quels étages les avions ont percuté les tours jumelles du World Trade Center.

Environ dix-sept mille quatre cents personnes se trouvaient dans les deux tours au moment des collisions et la plus grande partie d'entre elles a eu la possibilité d'évacuer les lieux avant leur destruction.

Il s'agissait du deuxiĂšme attentat touchant le complexe depuis sa mise en service, le premier attentat datant de 1993.

WTC1

À 8 h 46 (heure locale) (soit 13 h 46 en UTC), le vol AA11 percutait quasi perpendiculairement en son centre la face nord-est de la tour jumelle Nord[18], son inclinaison (25°) rĂ©sultant en une emprise sur cinq Ă©tages (93 Ă  97). AnimĂ© d'une vitesse estimĂ©e Ă  710 km/h, l'avion laissait dans la façade son empreinte partielle (35 mĂštres pour 48 mĂštres d'envergure), les extrĂ©mitĂ©s des ailes n'occasionnant que des dĂ©gĂąts superficiels. Les dommages occasionnĂ©s Ă  la structure externe ont Ă©tĂ© chiffrĂ©s Ă  trente-six poteaux sectionnĂ©s (douze en moyenne par Ă©tage atteint, soit 5 % des deux cent quarante du pourtour). Les dommages sur la structure centrale restent inconnus et non Ă©tablis (Ă  eux seuls, les quarante-sept poteaux centraux supportaient 60 % de la charge statique). Selon le rapport de la FEMA qui reprend Ă  son compte l'opinion d'experts exprimĂ©e le 11 septembre lors d'interviews, le sommet des tours se serait dĂ©placĂ© de six Ă  huit mĂštres au moment des impacts. Mais, d'aprĂšs l'Ă©tude qui fit suite des ingĂ©nieurs commanditĂ©s par le NIST, le dĂ©placement maximal de la tour Sud (au niveau de l'impact), obtenu par simulation, n'aurait Ă©tĂ© que de quarante centimĂštres, rĂ©sultat que confirment les calculs du professeur Bazant du MIT (quarante-cinq centimĂštres)[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Seule une petite partie de train d'atterrissage ressortit par la face opposĂ©e, aprĂšs avoir perdu environ 95 % de son Ă©nergie, et sera retrouvĂ©e Ă  un coin de rue, quelques 385 mĂštres plus loin[19]. Le FBI affirmera avoir retrouvĂ© Ă  proximitĂ© le passeport intact de l'un des kamikazes (Satam Al Suqami)[20]. Avec tous les ascenseurs en panne et les escaliers rendus impraticables, les personnes situĂ©es au-dessus des Ă©tages atteints furent piĂ©gĂ©es et enfumĂ©es.

Les dégùts constatés dans le hall du rez-de-chaussée, rapportés notamment par les pompiers[21] (vitres et portes d'ascenseurs soufflées, plaques de marbre murales décollées) et secouristes (personnes brûlées) sont habituellement attribués au kérosÚne pulvérisé autour du 95e étage, lequel aurait alors parcouru les quelque quatre cents mÚtres d'une cage d'ascenseur, accordant à sa combustion en atmosphÚre libre la capacité de produire une puissante onde de choc. Selon ces témoins, les ascenseurs concernés étaient ceux du centre, dits locaux, qui desservaient les étages inférieurs et les sous-sols.

WTC2

À 9 h 03, le vol UA175 pĂ©nĂ©trait de biais (15° environ) la face sud-ouest de la tour Sud, Ă  quelque sept mĂštres de son centre. L'Ă©vĂ©nement a pu ĂȘtre largement enregistrĂ© par les tĂ©lĂ©diffuseurs qui couvraient l'attentat contre la tour Nord.

Selon le rapport publiĂ© par la FEMA, la vitesse de l'avion Ă©tait estimĂ©e Ă  870 km/h, ce qui lui accordait 50 % de plus d'Ă©nergie que le vol AA11. Mais, frappant la tour entre les Ă©tages 78 et 83, il laissait une empreinte plus courte (26 mĂštres d'envergure) malgrĂ© un angle de gĂźte plus important (38°) car Ă  ce niveau la structure extĂ©rieure Ă©tait (deux fois) plus rĂ©sistante qu'au niveau de l'Ă©tage 95. L'angulation de la direction de vol a fait que la moitiĂ© tribord de l'appareil ne pouvait pas rencontrer la structure interne des poteaux porteurs, permettant ainsi Ă  des parties de moteur, de train d'atterrissage et de carlingue de ressortir par l'angle est du bĂątiment et d'ĂȘtre retrouvĂ©s jusqu'Ă  quatre cents mĂštres de distance. L'avion sectionna vingt-cinq colonnes de la structure externe (onze par Ă©tage en moyenne, soit 5 % du pourtour), dommages auxquels il faut ajouter ceux rĂ©alisĂ©s dans l'angle oriental par la sortie des morceaux de moteur et de train droits. L'empreinte laissĂ©e par l'avion avait une surface tout Ă  fait comparable Ă  celle de WTC1. Les dommages subis par la structure centrale sont tout aussi inconnus que ceux de la tour Nord, au moins un escalier resta praticable.

Le Pentagone

Le Pentagone en feu peu aprĂšs l'impact du Boeing 757

À 9 h 38[22], Le vol AA77 a pĂ©nĂ©trĂ© la partie centrale de l'aile occidentale du Pentagone, l'avion filant Ă  la vitesse estimĂ©e de 850 km/h. L'avion pĂ©nĂ©tra au centre d'une section en achĂšvement de rĂ©novation, la façade extĂ©rieure venant d'ĂȘtre renforcĂ©e pour rĂ©sister Ă  une attaque terroriste (poteaux d'acier, couverture de kevlar). La rangĂ©e de colonnes d'acier fut dĂ©truite sur une largeur d'une dizaine de mĂštres Ă  hauteur du rez-de-chaussĂ©e. Tout un ensemble de colonnes de soutien des Ă©tages en bĂ©ton fut Ă©galement dĂ©truit immĂ©diatement en arriĂšre de l'impact, mais aussi Ă  une distance consĂ©quente, sectionnĂ©es Ă  la base. D'oĂč l'effondrement de la section d'Ă©tages une demi-heure plus tard. À cent mĂštres de l'impact, exactement dans l'axe de vol, une perforation circulaire de 2,3 mĂštres de diamĂštre avait Ă©tĂ© faite par l'un des rĂ©acteurs dans le mur interne de l'anneau C du bĂątiment, marquĂ© au-dessus de l'orifice d'un important dĂ©pĂŽt de rĂ©sidus gazeux de combustion et de traces d'une onde de choc (vitres brisĂ©es). L'impact et le feu initiĂ© par le carburant qui s'est rapidement rĂ©pandu dans la structure ont tuĂ© les 64 personnes de l'avion ainsi que 125 occupants du Pentagone[22].

Les incendies

InstantanĂ©ment libĂ©rĂ© par l'Ă©clatement des ailes contre les façades des tours, le kĂ©rosĂšne (autour de trente-cinq mille litres par avion) se rĂ©pandit largement avec les dĂ©bris dans la direction donnĂ©e par les impacts jusqu'Ă  ressortir en partie par la façade d'entrĂ©e et celles opposĂ©es, s'enflamma suite Ă  de nombreux court-circuits Ă©lectriques au sein des immeubles et des rĂ©acteurs eux-mĂȘmes, formant d'Ă©normes boules de feu (brĂ»lant ainsi 20 % du combustible) allant du jaune Ă  l'orangĂ©, (du Ă  la combustion des particules de l'Ă©lĂ©ment carbone engendrant des feux qui allaient se dĂ©placer au fur et Ă  mesure de l'Ă©puisement des combustibles (selon le NIST, le maximum d'Ă©chauffement rĂ©sultant de la combustion d'une partie du kĂ©rosĂšne - 40 % - et de l'ameublement Ă©tait atteint vingt minutes aprĂšs l'impact[23])), et de l'embrasement de nouveaux matĂ©riaux. Cette combustion rapide provoqua une pĂ©nurie d'oxygĂšne, les fumĂ©es, grises et lĂ©gĂšres suite aux boules de feu, virant au noir au bout d'un quart d'heure. Nulle part ne fut constatĂ© de rougissement de parties en acier (Ă  partir de 700 Â°C), ni mĂȘme d'Ă©clatement de vitres (au-dessus de 600 Â°C), mĂȘme Ă  proximitĂ© des brĂšches de sortie des piĂšces d'avions oĂč devaient s'ĂȘtre accumulĂ©s les dĂ©bris de toutes sortes (meubles, Ă©quipement...), tĂ©moignant de la relative faiblesse des incendies. AnalysĂ©s par le NIST, les Ă©chantillons de poutres externes des Ă©tages impactĂ©s indiquent pour la plupart une exposition Ă  une tempĂ©rature maximale de 250 Â°C, une faisant exception avec une tempĂ©rature supĂ©rieure, mais en dessous de 600 Â°C. Les calculs rĂ©alisĂ©s par cet organisme ont indiquĂ© des tempĂ©ratures maximales d'environ 500 Â°C[24]. Ces rĂ©sultats sont cohĂ©rents avec les donnĂ©es d'expĂ©rimentations rĂ©alisĂ©es par l'industrie mĂ©tallurgique oĂč des feux d'hydrocarbures dans des parkings n'ont pas Ă©tĂ© capables d'Ă©chauffer les poutres d'acier non protĂ©gĂ©es Ă  plus de 360 Â°C.
La puissance de ces feux reste par ailleurs trĂšs infĂ©rieure Ă  celle d'incendies de tours rĂ©pertoriĂ©s, tel celui du One Meridian Plaza[25] (sur huit Ă©tages, pendant dix-huit heures) ou de la First Interstate Bank[26] (sur cinq Ă©tages, durant trois heures et demie). Quant aux effets de ces feux, il faut souligner que le rĂŽle des protections passives anti-incendies est apprĂ©ciĂ© dans la perspective d'une « rĂ©sistance au feu Â» qui n'indique pas le temps durant lequel un immeuble doit rester debout, mais celui durant lequel l'incendie doit ĂȘtre contenu dans l'espace oĂč il a pris naissance[27] [rĂ©f. incomplĂšte].
MalgrĂ© l'Ă©puisement immĂ©diat de l'essentiel du kĂ©rosĂšne, la mĂ©diocritĂ© des feux Ă  l'effondrement et l'aspersion d'eau sur les gravats accumulĂ©s, des zones de hautes tempĂ©ratures (au-dessus de 700 Â°C) ont persistĂ© des jours durant d'aprĂšs une Ă©tude de la US Geological Survey. Cent jours aprĂšs, ces foyers Ă©taient encore actifs.

WTC1

Les feux restĂšrent contenus dans les espaces opposĂ©s Ă  l'impact, Ă  l'exception d'un surgissement au 105e Ă©tage qui exhiba l'unique Ă©mergence de flammes du bĂątiment. L'effondrement de la tour Sud induit une rĂ©activation des feux Ă  l'intĂ©rieur du bĂątiment (fumĂ©e plus volumineuse et plus grise). La bĂ©ance laissĂ©e par l'impact, mettant « Ă  vue Â» le cƓur du bĂątiment, resta en permanence un trou noir, signalant ainsi l'absence d'incendie au niveau de la cage des services.

WTC2

L'inclinaison de l'impact fit que le kĂ©rosĂšne de l'aile droite ressortit par les façades en trois Ă©normes boules de feu. Il s'ensuivit que l'incendie consĂ©cutif fut bien moindre que pour la tour Nord et resta trĂšs localisĂ© au coin est avec cependant un phĂ©nomĂšne inhabituel mentionnĂ© par le NIST : peu avant l'effondrement fut enregistrĂ© un flash lumineux intense suivi, plusieurs minutes durant, d'un Ă©coulement de mĂ©tal en fusion.

Au moment de l'effondrement, les feux donnaient des indications d'Ă©touffement, seule une fumĂ©e noire Ă©tant visible, qui s'Ă©chappait du bĂątiment. L'Ă©quipe de pompiers qui Ă©tait arrivĂ©e au 78e Ă©tage avait signalĂ© la prĂ©sence de deux feux rĂ©siduels et demandĂ© l'envoi de lances pour les Ă©teindre. Quelques minutes plus tard, la tour s'effondrait avant que put ĂȘtre transmis l'ordre d'Ă©vacuation Ă©mis par le poste de commandement des urgences situĂ© dans le WTC7. Au moins dix-huit personnes qui Ă©taient situĂ©es dans les Ă©tages supĂ©rieurs avaient pu entre temps traverser sans difficultĂ© la zone sinistrĂ©e par l'un des trois escaliers du noyau de services (oĂč sont groupĂ©es les colonnes de la structure interne de soutien).

WTC7

Atteinte par des débris métalliques chauds projetés sur sa face sud (en son tiers oriental) lors de l'effondrement de la tour Nord, ce gratte-ciel de quarante-sept étages abritait quelques incendies, avec des flammes sporadiquement et partiellement visibles (niveaux 11 à 13 et 28 à 30)[28]. En août 2008, le NIST a publié un rapport concernant l'effondrement de WTC7[28], concluant que le feu en était la cause principale.

Le Pentagone

L'incendie consĂ©cutif Ă  l'impact fut relativement violent mais circonscrit Ă  la partie nord de l'aile frappĂ©e (dans le sens de l'axe de vol). Les pompiers ne purent jusqu'Ă  13 h 00 approcher la zone d'impact en raison de son intensitĂ©[29] et il Ă©tait encore actif dix-huit heures plus tard[30]. Il a Ă©tĂ© constatĂ© que des vitres ont Ă©tĂ© liquĂ©fiĂ©es[31] [rĂ©f. incomplĂšte], du bĂ©ton fendu[32] et que l'arriĂšre d'un camion pompier, Ă  poste face Ă  l'hĂ©liport au moment de l'impact, eut l'arriĂšre partiellement fondu[33] [rĂ©f. incomplĂšte], tĂ©moignages d'une tempĂ©rature Ă©levĂ©e (proche de 1 500 Â°C).

Effondrement des tours

À 9 h 58, cinquante-six minutes aprĂšs avoir Ă©tĂ© atteinte, la tour Sud s'effondrait. C'est la perplexitĂ© qu'exprimait le visage du chef de bataillon Joseph Pfeffer dans son poste de commandement, au rez-de-chaussĂ©e de la tour Nord, filmĂ© par les frĂšres Naudet[34]. Cette incrĂ©dulitĂ© est Ă©galement exprimĂ©e dans le recueil de tĂ©moignages de la Mairie[35]. Étant dĂ©jĂ  intervenus Ă  l'occasion d'un incendie et d'un attentat aux explosifs, les pompiers new-yorkais possĂ©daient une parfaite connaissance des immeubles et croyaient qu'ils Ă©taient aptes Ă  soutenir de tels impacts. D'ailleurs, John Skilling, chef de l'Ă©quipe d'ingĂ©nieurs concepteurs du World Trade Center, avait dĂ©clarĂ© en 1993 que les tours avaient Ă©tĂ© calculĂ©es pour rĂ©sister Ă  la collision d'un Boeing 707 ou d'un DC-8, en pleine charge et volant Ă  950 km/h (la vitesse de croisiĂšre maximale). Il avait ajoutĂ© que l'impact rĂ©sulterait « seulement en dommages locaux qui ne pouvaient causer l'effondrement ni de dĂ©gĂąts consĂ©quents Ă  l'immeuble Â». Frank Demartini, superviseur du chantier de construction, qui avait ses bureaux au 88e Ă©tage de la tour Nord et y pĂ©rit suite Ă  sa dĂ©cision d'aider Ă  l'Ă©vacuation des occupants piĂ©gĂ©s, avait prĂ©cisĂ©, lors d'un entretien du 25 janvier 2001, que les tours pouvaient probablement soutenir plusieurs impacts d'avions de ligne grĂące Ă  leur conception. Selon ces ingĂ©nieurs, toutes les colonnes extĂ©rieures d'un cĂŽtĂ© de l'immeuble, ainsi que celles proches des coins adjacents, pouvaient mĂȘme ĂȘtre sectionnĂ©es que cela n'empĂȘcherait pas la structure en « tube Â» de continuer Ă  remplir parfaitement sa fonction.

À 10 h 28, trente minutes aprĂšs la tour Sud, c'Ă©tait sa jumelle qui s'effondrait dĂ©truisant le Marriott World Trade Center fortement endommagĂ© par la chute de la tour Sud et, Ă  17 h 25, la tour WTC7.

Une caractĂ©ristique commune aux trois effondrements est qu'ils se firent, selon les indications donnĂ©es par la FAQ no 6 du NIST, le rapport de la FEMA ou les calculs du professeur Bazant (11-12 s, 9-10 s et 6,3-6,5 s respectivement pour les tours WTC1, WTC2 et WTC7), en un temps lĂ©gĂšrement supĂ©rieur Ă  celui d'une chute dans le vide (8-9 s, 7,5-9 s et 6 s), indiquant une absence de rĂ©sistance des structures porteuses centrales, ce que l'ingĂ©nieur expert en structures bĂ©ton Bazant exprime en parlant de la chute des Ă©tages supĂ©rieurs dans un tube vide[36] [rĂ©f. incomplĂšte]. Une autre est la production de jets de gaz et poussiĂšres jaillissant des façades, au moins dix Ă©tages au-dessous du front de destruction pour les jumelles, dans les Ă©tages pour WTC7. Une troisiĂšme est la symĂ©trie Ă  peu prĂšs parfaite de ces destructions.
Dans un rayon de cent trente mÚtres environ, quantité de vitres des immeubles furent détruites par l'onde de choc générée par la destruction des tours jumelles.

WTC2

Quelques minutes aprĂšs la derniĂšre communication avec l'Ă©quipe de pompiers qui, ayant atteint le 78e Ă©tage, portait secours aux blessĂ©s et s'apprĂȘtait Ă  Ă©teindre deux foyers rĂ©siduels, le chef pompier Ganci recevait le messager du bureau des urgences (OEM), Steve Moscillo. Il fut stupĂ©fait d'entendre que « les immeubles allaient s'effondrer et qu'il fallait les Ă©vacuer Â» (interrogĂ© par ABC News, le maire Giuliani, membre de l'OEM, reconnaissait qu'il n'avait fait que transmettre cette information et l'origine de cette prĂ©vision reste inconnue). Quelques minutes plus tard, la section au-dessus de l'impact s'inclinait vers le Sud, une rotation qui traduisait la perte totale du soutien de la structure interne, la rĂ©sistance de la partie intacte de la structure externe (le « tube Â»), mais moindre du secteur endommagĂ©. Puis, aprĂšs une accĂ©lĂ©ration jusqu'Ă  un angle d'environ 25°, cette rotation cessa brusquement, laissant la place au dĂ©veloppement d'un Ă©norme nuage « Ă©ruptif Â» qui progressa Ă  l'identique au long de la tour jusqu'Ă  son pied, des Ă©lĂ©ments lourds (plusieurs dizaines de tonnes) Ă©tant projetĂ©s Ă  cent vingt mĂštres de distance, les plus lĂ©gers Ă  plus de quatre cents mĂštres, le contenu des Ă©tages (ciment des sols, plĂątre des cloisons, meubles, Ă©quipement, ĂȘtres humains) Ă©tant rĂ©duits en poussiĂšre ou fragments. La plupart des vestiges se sont ainsi trouvĂ©s rĂ©partis autour du pied de la tour et sur les immeubles environnants.

WTC1

La destruction de la tour Nord s'est produite avec les mĂȘmes caractĂ©ristiques que celle de sa jumelle, mis Ă  part le fait que la partie sommitale s'est effondrĂ©e immĂ©diatement – sans rĂ©sistance – et de maniĂšre Ă  peu prĂšs verticale, aprĂšs que l'antenne – soutenue par la structure centrale – a oscillĂ© sur sa base et prĂ©cĂ©dĂ© le mouvement de chute globale. La propulsion continue des vestiges pulvĂ©risĂ©s ou fragmentĂ©s vers l'extĂ©rieur (au minimum 300 000 tonnes), c'est-Ă -dire leur non accumulation en tas dans l'empreinte de la tour, est le phĂ©nomĂšne qui a permis la survie de rares rescapĂ©s (20 personnes) surpris dans les Ă©tages infĂ©rieurs qui se sont retrouvĂ©s soit Ă  la surface des dĂ©bris[37], soit enfouis Ă  quelques mĂštres de profondeur[38], permettant Ă  la plupart d'entre eux (16 personnes) de s'Ă©chapper des lieux immĂ©diatement ou aprĂšs quelques dizaines de minutes d'effort.

WTC7

Plus d'une vingtaine de tĂ©moignages — essentiellement de pompiers — exposent que, vers 16 heures, l'Ă©vacuation du bĂątiment fut ordonnĂ©e pour la raison qu'il allait s'effondrer. Les dĂ©clarations du propriĂ©taire, Larry Silverstein, indiquent que, en accord avec les chefs des pompiers, la lutte contre les feux devait ĂȘtre abandonnĂ©e, en raison du risque d'embrasement des rĂ©serves d'hydrocarbures situĂ©es dans les Ă©tages infĂ©rieurs. Pour qualifier la dĂ©cision qu'il venait de prendre, il utilisa l'expression « pull it Â» (littĂ©ralement : « tirez-le Â» ; en raccourci : « tirons-le Â» pour let's pull it ou « on le tirera Â» pour we'll pull it). L'alerte est donnĂ©e comme quoi cet immeuble allait s'effondrer, vers 17 heures, la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision BBC annonce que cette tour vient de s'effondrer et appelle en direct sa journaliste sur place pour en parler alors que l'on peut voir derriĂšre elle cette tour toujours debout. Ce n'est qu'Ă  17 h 25 que les pompiers assistĂšrent Ă  la chute verticale de l'immeuble, le bloc central qui en surplombait le sommet disparaissant d'abord. Un nuage de poussiĂšres se dĂ©veloppa Ă  partir de la base, le bĂątiment descendant tel quel, comme s'il s'enfonçait dans le sol, l'effondrement crĂ©ant un puits d'aspiration rendu visible par l'entraĂźnement de la fumĂ©e des feux. Contrairement Ă  ce qui fut constatĂ© pour les tours jumelles, les vestiges se retrouvĂšrent en tas, dans l'empreinte de l'immeuble, les murs de la partie basse couchĂ©s vers l'intĂ©rieur. La mĂ©diatisation de cet effondrement fut trĂšs faible, et le rapport de la commission Kean ne fait pas mention de la tour WTC7.

Les témoignages

Entre octobre 2001 et janvier 2002 ont été recueillis les récits de cinq cent trois pompiers et sauveteurs grùce à Thomas Von Essen, responsable du secteur incendies à la mairie de New York. Pendant trois ans, ces enregistrements sont restés inaccessibles malgré les demandes des familles de victimes. Traßné en justice par le New York Times, le maire de la ville, Michael Bloomberg, a été finalement contraint de les rendre publics en août 2005.

Bilans humain et matériel

Nombre de victimes lors de la journée du 11 septembre
World Trade Center Tours 2 595, dont 343 sapeurs-pompiers de New York, 23 officiers de police du NYPD, 37 officiers de la police du port
Vol AA11 92 passagers, membres d'Ă©quipage et terroristes
Vol UA175 65 passagers, membres d'Ă©quipage et terroristes
Pentagone BĂątiment 125 civils et militaires
Vol AA77 64 passagers, membres d'Ă©quipage et terroristes
Shanksville Vol UA93 45 passagers, membres d'Ă©quipage et terroristes
Total 2 986
Le WTC 6, l'un des immeubles endommagés

Au moins 2 986 personnes ont donc Ă©tĂ© tuĂ©es.

PrĂšs de 1 360 personnes dans la tour Nord et 600 dans la tour Sud ont Ă©tĂ© bloquĂ©es au-dessus et au niveau des impacts. ConfrontĂ©es Ă  une situation dĂ©sespĂ©rĂ©e due Ă  la fumĂ©e, environ deux cents d'entre elles ont prĂ©fĂ©rĂ© sauter dans le vide, s'Ă©crasant dans les rues et sur les toits des bĂątiments adjacents. D'autres encore ont tentĂ© d'atteindre le toit dans l'espoir d'un sauvetage par hĂ©licoptĂšre et se sont heurtĂ©es Ă  des portes d'accĂšs verrouillĂ©es. Seules dix-huit purent s'Ă©chapper de la tour Sud.

Sur les 2 780 personnes ayant perdu la vie dans les tours jumelles, seuls 293 corps ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s. PrĂšs du quart des 20 000 fragments d'os et de tissus rĂ©cupĂ©rĂ©s a pu ĂȘtre attribuĂ©, laissant sans trace quelque 1 151 disparus[39] [rĂ©f. incomplĂšte], rapportait l'agence Associated Press. Ce travail d'identification Ă©tait achevĂ© au dĂ©but 2005. En avril 2006, trois cents fragments osseux (de longueur infĂ©rieure Ă  2 cm) Ă©taient dĂ©couverts dans les dĂ©bris accumulĂ©s sur le toit de l'immeuble de la Deutsche Bank, situĂ© Ă  quelque cent trente mĂštres au sud de WTC2[40]. L'institution qui rĂ©alisa cette identification en utilisant les marqueurs ADN, le National Criminal Justice Reference Service, avait rapportĂ© « le degrĂ© incroyable de fragmentation [des corps], avec une moyenne de seulement sept fragments rĂ©cupĂ©rĂ©s par victime Â»[41].

Avec l'effondrement des tours jumelles du World Trade Center, quatre autres bĂątiments sur le site du WTC et quatre stations de mĂ©tro ont Ă©tĂ© dĂ©truits ou trĂšs endommagĂ©s. Au total, vingt-cinq bĂątiments ont Ă©tĂ© endommagĂ©s[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Les gigantesques nuages de poussiĂšre gĂ©nĂ©rĂ©s par ces destructions ont induit les plus grands mouvements de panique que la ville de New York ait connue. Ils ont en effet envahi tout le sud de la pĂ©ninsule de Manhattan et mĂȘme traversĂ© le East River pour atteindre Brooklyn. Il y a eu de nombreux blessĂ©s et un certain nombre de disparus, peut-ĂȘtre mĂȘme des morts (jamais confirmĂ©). Dans un autre domaine, la police de New York a enregistrĂ© beaucoup de vols des boutiques et magasins du quartier des affaires ainsi que des dĂ©gradations volontaires[rĂ©f. souhaitĂ©e].

ProblÚmes médicaux et environnementaux

Vue aérienne de Ground Zero publiée en 2004.

Parmi les milliers de personnes affectĂ©s depuis de problĂšmes pulmonaires, dĂ©ficience respiratoire[42] [rĂ©f. incomplĂšte], cancers (environ 300[43]) [rĂ©f. insuffisante], quelques centaines se sont adressĂ©es aux tribunaux pour obtenir rĂ©paration, estimant les institutions responsables de leur Ă©tat par dissimulation de la pollution atmosphĂ©rique[44].

Une Ă©tude conduite en 2002 en partie par le State department of health's office of managed care a montrĂ© qu'Ă  l'ouest de Brooklyn les asthmatiques se plaignaient 2,4 fois plus d'asthme aggravĂ© que dans le reste de la ville aprĂšs le 11 septembre[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Et 1,5 fois plus se sont rendus Ă  l'hĂŽpital pour ce type de problĂšmes[rĂ©f. nĂ©cessaire].

En 2006, un seul dĂ©cĂšs par fibrose pulmonaire a Ă©tĂ© officiellement attribuĂ© Ă  Ground Zero aprĂšs autopsie (60 personnes seraient mortes suite Ă  ce type d'infection selon le Dr Levin du World Trade Center Medical Monitoring Programs au Mt Sinai Hospital[45]). A ce jour beaucoup de nouveaux cas de mĂ©sotĂ©lyomes (affection due Ă  l'amiante), ou asbestose sont dĂ©tectĂ©s. Ils sont consĂ©cutifs Ă  ce qu'on appelle localement « le syndrome du World Trade Center Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire].

L'effondrement des tours a dispersĂ© dans l'atmosphĂšre de Manhattan de nombreux polluants dangereux : de la dioxine, du plomb (dans les 50 000 ordinateurs de chaque tour), de l'amiante, du mercure (dans les dizaines de milliers de tubes fluorescents), de l'amĂ©ricium 241 (radioactif prĂ©sent dans les milliers de dĂ©tecteurs de fumĂ©e) et de la fibre de verre dans des quantitĂ©s importantes. Ainsi que des polycarbonates dans une concentration 75 000 fois celle qui ait jamais Ă©tĂ© mesurĂ©e auparavant (dans un atelier du port) et des poussiĂšres ultra fines Ă  un taux encore jamais constatĂ©.

L'EPA a enregistrĂ© des pics de concentration anormalement Ă©levĂ©s d'autres composĂ©s organiques volatiles comme l'Ă©thylbenzĂšne, le propylĂšne, le styrĂšne, et le toluĂšne, ainsi que du 1,3-diphenylpropane[46]. Des produits aĂ©rosols sous forme de particules inhabituellement fines, probablement associĂ©es Ă  des hautes tempĂ©ratures sous les dĂ©bris[47], furent dĂ©tectĂ©s par l'Ă©quipe de Thomas Cahill de l'UniversitĂ© de Californias Davis comme le soufre, le silicone, l'aluminium, le cuivre, le nickel, le fer, le baryum, et le vanadium[48]. Le niveau moyen de concentration de benzĂšne dans l'air enregistrĂ© par l'EPA d'octobre Ă  novembre 2001 Ă©tait de 18 000 ppb avec un pic Ă  180 000 ppb dĂ©but novembre[49].

L'Agence de Protection de l'Environnement Ă©tait en charge d'Ă©valuer les risques et la dangerositĂ© de l'air. Plusieurs mois aprĂšs, l'EPA enregistrait encore des taux Ă©levĂ©s de dioxine. Christine Todd Whitman, administrateur de cet organisme, avait alors, avec cinq communiquĂ©s dans les dix jours qui suivirent, garanti le caractĂšre sain de l'atmosphĂšre de Manhattan, ainsi que de l'eau de la ville[50]. Le 21 aoĂ»t 2003 cependant, l'Agence rendait public un rapport signĂ© par l'Inspecteur GĂ©nĂ©ral Nikki Tinsley exposant les modifications imposĂ©es par l'administration Bush aux Ă©noncĂ©s de prudence rĂ©digĂ©s pour prĂ©venir du danger reprĂ©sentĂ© par les poussiĂšres, complĂ©tĂ© par une Ă©tude de 2004 des documents par le Sierra Club[51] oĂč l'Agence se voit reprocher de n'avoir pas d'office mis en garde le public, avant toute mesure de pollution, en raison de la connaissance qu'elle avait du danger prĂ©sentĂ© par certains matĂ©riaux constituant les immeubles. L'EPA envisagea mĂȘme de classer 'secret'les documents relatifs Ă  cette pollution[52]. Les plaintes de malades ont Ă©tĂ© acceptĂ©es par les juges Deborah Batts et Alvin Hellerstein en fĂ©vrier et octobre 2006.

Le 8 mars 2007, Ă  la demande de Jerrold L. Nadler, le « 9/11 Heroes Health Improvement Act of 2007 Â» devrait apporter 1,9 milliard de dollars (1,4 milliard d'euros) pour financer l'Ă©valuation et des solutions aux problĂšmes de santĂ© induits par le 11 septembre[53].

Par ailleurs, L'association de la santĂ© mentale de New York indique dĂ©but 2006 que 12 000 personnes ont sollicitĂ© une aide psychologique depuis 2002 suite Ă  ce drame[rĂ©f. nĂ©cessaire].

ThĂšses explicatives sur la destruction des tours

La thĂšse de l'acier qui fond

DĂšs le 11 septembre, les mĂ©dias prĂ©sentaient les explications d'experts, la plupart des ingĂ©nieurs de structures, professeurs d'universitĂ©, tels que Hyman Brown[54] ou Richerd Ebeltoft[55] pour qui les incendies, ayant dĂ©gagĂ© une chaleur intense (proche de 1 500 Â°C), avaient fait fondre l'acier des structures. Le lendemain, un article du New Scientist soutenait une thĂšse identique[56]. Cette explication par le « feu infernal Â», reprise un mois plus tard dans le Scientific American[57], bien qu'ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© de ces cautions, disparut du dĂ©bat avec la publication d'Ă©tudes ultĂ©rieures.

La thĂšse de l'affaiblissement fatal

Le 12 septembre, dans une revue technique de rĂ©fĂ©rence, le Journal of Engineering Mechanics ASCE paraissait un article du Pr Bazant, sommitĂ© mondiale des structures en bĂ©ton, intitulĂ© : « Pourquoi le WTC s'est-il effondrĂ© ? Une premiĂšre analyse Â», dans lequel il exposait que « les tours furent vouĂ©es Ă  l'effondrement lorsque la majoritĂ© des colonnes de soutien au niveau d'un mĂȘme Ă©tage se trouvĂšrent chauffĂ©es Ă  800 Â°C, perdant alors leur capacitĂ© Ă  tenir leur charge Â»[58] [rĂ©f. incomplĂšte]. Cet article est Ă  l'origine de la thĂ©orie de l'effondrement progressif des Ă©tages, dĂ©truits en cascade par la chute des blocs d'Ă©tages situĂ©s au-dessus des impacts. Puis, le magazine Scientific American a fait paraĂźtre le 9 octobre un article exploitant les rĂ©sultats d'une simulation effectuĂ©e par des ingĂ©nieurs des structures du MIT, « Quand les tours jumelles s'effondrĂšrent Â». Le paramĂštre essentiel qui sous-tend les interventions de plusieurs experts en structures aurait Ă©tĂ© l'intensitĂ© des incendies qui, avec leur durĂ©e (hypothĂšse de l'accumulation de la chaleur dans les masses mĂ©talliques), aurait fini par faire perdre sa rĂ©sistance Ă  la structure centrale de soutien. Le modĂšle de simulation utilisĂ© n'a cependant pas Ă©tĂ© publiĂ©, empĂȘchant ainsi son Ă©valuation.

La thĂšse peut ĂȘtre rĂ©sumĂ©e comme l'a fait Jon Magnusson, directeur d'une firme Ɠuvrant dans le gĂ©nie civil : « C'est la force de la gravitation qui a finalement vaincu la rĂ©sistance de la structure. Lorsque les derniers niveaux ont commencĂ© Ă  s'effondrer, ils ont brutalement pesĂ© sur les niveaux directement infĂ©rieurs, ajoutant la force de l'impact Ă  leur propre poids. Il s'en est suivi une vĂ©ritable rĂ©action en chaĂźne, dans laquelle non seulement le poids, mais aussi la vitesse augmentait rapidement. Aucune structure ne pouvait rĂ©sister Ă  cela, aussi robuste soit-elle. Mais c'est le feu qui a permis Ă  la gravitĂ© de finalement l'emporter contre la rĂ©sistance intrinsĂšque des deux tours Â»[59] [rĂ©f. incomplĂšte] ,[60].

La thÚse du décrochage des planchers

Le rapport commandĂ© par la FEMA Ă  l'Équipe d'Ă©valuation du comportement des immeubles (BPAT), intitulĂ© WTC building Performance Study, Ă©tait publiĂ© en mai 2002[61]. Il prĂ©sente une explication de l'effondrement des tours jumelles par l'intensitĂ© des incendies, lesquels avaient fini par affaiblir et dĂ©former la structure mĂ©tallique d'un Ă©tage au point qu'il rompit ses attaches aux structures porteuses, entraĂźnant sa chute, laquelle provoqua successivement celle des Ă©tages infĂ©rieurs (« pancake theory Â»). Quant aux structures porteuses, elles auraient Ă©tĂ© incapables de se maintenir, privĂ©es du support apportĂ© par les Ă©tages.

Pour ce qui est de la tour WTC7, le rapport concluait, aprĂšs huit mois d'Ă©tude, Ă  la nĂ©cessitĂ© d'un effort de recherche, d'analyse et d'enquĂȘte au vu du rĂ©sultat provisoire selon lequel « la meilleure hypothĂšse [celle des dĂ©gĂąts suite aux incendies] ne reprĂ©sente qu'une faible probabilitĂ© d'occurrence Â» (ch.5-7, p.5-31). Pourtant, une analyse microstructurale d'un Ă©chantillon de poutre montra une « dĂ©tĂ©rioration rapide et inattendue Â», rĂ©sultante de trois phĂ©nomĂšnes : une oxydation, une sulfuration et une tempĂ©rature proche de 1 000 Â°C[62].

La thÚse du déshabillage des colonnes

Cependant, ces théories des feux comme origine des trois effondrements se heurtaient au fait qu'il n'existe pas d'exemple d'effondrement de gratte-ciel à structure métallique suite à un incendie, aussi intense et durable qu'il ait été, l'exemple le plus probant étant celui du One Meridian Plaza de Philadelphie, en 1991. Par ailleurs, le travail du BPAT avait été réalisé sans les plans pertinents, aboutissant à une représentation erronée des structures porteuses centrales. Le gouvernement, sous la pression exercée par les associations de familles de victimes, se résolut à commanditer une seconde étude, qu'il confia au NIST.

Durant trois annĂ©es, cet organisme Ă©tatique fit effectuer (par les mĂȘmes firmes expertes en structures que la FEMA avait chargĂ©es de sous-traitance) un travail de modĂ©lisation des Ă©tages atteints, des avions, de leur approche et des structures extĂ©rieure et interne des tours, utilisĂ© dans une sĂ©rie de simulations des impacts et incendies, et dĂ©livra un rapport dĂ©finitif concernant les tours jumelles en octobre 2005. Deux ans plus tard, le travail concernant la tour WTC7, qui a Ă©tĂ© confiĂ© en sous-traitance Ă  la sociĂ©tĂ© ARA avec l'instruction de limiter l'Ă©tude aux Ă©tages 8 Ă  46, n'a toujours pas abouti.

Son Ă©tude a Ă©tĂ© restreinte Ă  la sĂ©quence des Ă©vĂ©nements qui ont enclenchĂ© la chute des blocs d'Ă©tages situĂ©s au-dessus des impacts. La thĂ©orie prĂ©sentĂ©e attribue l'effondrement Ă  une combinaison de destruction de colonnes centrales par les avions, d'affaissement important des planchers (1 m) et de perte de rĂ©sistance des colonnes intactes, ce par Ă©chauffement (une tempĂ©rature atteignant 700 Â°C), Ă©chauffement rendu possible par la dĂ©faillance de l'isolation anti-incendie de toutes les colonnes, constituĂ©e d'un flocage fibreux (remplaçant l'amiante) qui n'aurait pas rĂ©sistĂ© aux impacts[63]. Le processus Ă©tant le suivant : avec la tenue de leurs attaches aux structures porteuses (conclusion inverse de celles de la FEMA), l'affaissement des planchers tire les colonnes externes vers l'intĂ©rieur, les faisant plier et, Ă©ventuellement, se briser. L'Ă©valuation de ce travail est rendu impossible par le refus du NIST de publier les simulations des effondrements que demandent des ingĂ©nieurs civils indĂ©pendants[64]. Cependant, la modĂ©lisation des structures internes est affectĂ©e des mĂȘmes insuffisances que celles qui avaient Ă©tĂ© constatĂ©es pour les travaux du BPAT (ainsi, le modĂšle montre les 47 colonnes centrales comme identiques alors que 16 d'entre elles Ă©taient doubles des autres) et les simulations des impacts utilisent pour les deux tours le mĂȘme modĂšle de structure interne, conduisant Ă  l'obtention de dĂ©gĂąts plus importants pour WTC2 (niveau 80) que pour WTC1 (niveau 95). Mais surtout, le NIST n'a pas cherchĂ© Ă  rattacher ces simulations aux rĂ©sultats des tests qu'il avait fait rĂ©aliser sur la tenue des planchers (qui n'ont manifestĂ© qu'une flĂšche de 10 cm), sur la rĂ©sistance au feu de la structure centrale sous charge maximale par le laboratoire Underwriters (quatre essais durant 2 heures sans effet notable[23]), sur la tenue de l'isolant thermique sous l'impact de balles d'armes Ă  feu (pas de dĂ©crochage), ni des analyses et calculs relatifs aux tempĂ©ratures atteintes, au plus de 500 Â°C)[65]. Enfin, la faiblesse intrinsĂšque de la mĂ©thode choisie par le NIST reste la prise en compte de la seule section atteinte par les impacts, Ă©vitant ainsi la problĂ©matique de la non rĂ©sistance des structures porteuses, notamment interne, au-dessous des Ă©tages frappĂ©s par les avions. Cette problĂ©matique est Ă©cartĂ©e avec le postulat selon lequel « une fois engagĂ©e, la chute des Ă©tages supĂ©rieurs ne pouvait plus ĂȘtre interrompue Â»(p.144-145).

EnquĂȘtes et polĂ©miques

L'enquĂȘte

Khalid Cheikh Mohammed, un des responsables opĂ©rationnels d'Al-Qaida arrĂȘtĂ© au Pakistan en 2003, jugĂ© en 2007.

L'attentat ayant causĂ© la mort du commandant Massoud le 9 septembre 2001 est perçu par nombre d'observateurs comme un prĂ©ambule Ă  ces attaques[66] [rĂ©f. incomplĂšte]. Celles-ci furent attribuĂ©es le jour mĂȘme par les autoritĂ©s amĂ©ricaines, l'ensemble des mass mĂ©dias et la quasi totalitĂ© des gouvernements Ă©trangers au rĂ©seau terroriste Al-Qaida dirigĂ© et financĂ© par Oussama Ben Laden, lequel avait, pour le compte de la CIA, Ă©tĂ© recrutĂ© avec d'autres par les services secrets d'Arabie saoudite pour exacerber la rĂ©sistance moudjahiddin contre les troupes de l'Union soviĂ©tique durant la premiĂšre guerre d'Afghanistan avant de se retourner contre les occidentaux en 1991. Les enquĂȘteurs estiment que l'opĂ©ration a Ă©tĂ© imaginĂ©e par Khalid Cheikh Mohammed, en s'inspirant de l'OpĂ©ration Bojinka. Dans les jours qui ont suivi les attentats, le rĂ©gime taliban au pouvoir en Afghanistan a dĂ©menti l'implication de Ben Laden, de mĂȘme que l'intĂ©ressĂ©[67] qui suggĂšre que les juifs ou les services secrets amĂ©ricains sont responsables des attentats[68].

L'enquĂȘte de police sur ce crime fĂ©dĂ©ral[69] fut confiĂ©e par l'ExĂ©cutif au Bureau FĂ©dĂ©ral d'EnquĂȘte (FBI). Il reçut l'entiĂšre maitrise des divers aspects de ces Ă©vĂ©nements : des lieux, des vestiges, des tĂ©moignages des personnes et de toute communication d'informations vers le public.

AprĂšs que le vol 77 s'est Ă©crasĂ© contre le Pentagone, des agents du FBI confisquent les enregistrements des camĂ©ras de surveillance de l'hĂŽtel Sheraton[70] [rĂ©f. incomplĂšte], de la station service CITGO[71], ainsi que de l'organisme de rĂ©gulation de la circulation automobile[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Le FBI a rendu publique les vidĂ©os de la station service, qui n'ont pas filmĂ© les attaques[72]. Alors que l'incendie faisait rage, ils passĂšrent au peigne fin les alentours pour rĂ©cupĂ©rer les dĂ©bris projetĂ©s par l'explosion, les vestiges Ă  l'intĂ©rieur (pour certains Ă©vacuĂ©s sous bĂąche), et les boĂźtes noires[rĂ©f. souhaitĂ©e].

En Pennsylvanie, c'est le responsable local du FBI qui organisa le bouclage et l'investigation du site oĂč finit le vol 93. Les boĂźtes noires qui avaient Ă©tĂ© remises au NTSB pour leur dĂ©chiffrage furent rĂ©cupĂ©rĂ©es par les services du FBI. Ce sont eux qui interdirent aux contrĂŽleurs aĂ©riens de Cleveland de rĂ©vĂ©ler quoi que ce soit de ce qu'ils avaient pu voir sur leurs Ă©crans. Ils contraignirent Ă©galement au silence les employĂ©s des compagnies aĂ©riennes et confisquĂšrent les enregistrements des communications entre les vols dĂ©tournĂ©s et le sol [rĂ©f. nĂ©cessaire].

À l'Ă©tranger, l'Intelligence Community amĂ©ricaine et les services de police et de renseignement de plusieurs nations participent Ă  l'enquĂȘte[rĂ©f. nĂ©cessaire].

DĂšs novembre 2001, plusieurs personnes sont arrĂȘtĂ©es Ă  travers le monde dans le cadre de cette enquĂȘte dont Imad Eddin Barakat Yar en Espagne et Khalid Cheikh Mohammed, considĂ©rĂ© comme l'organisateur des attaques qui est interpelĂ© au Pakistan en 2003.

Concernant le site du WTC à Manhattan, 750 agents du FBI et plus de 400 autres policiers ont utilisé l'USS Intrépid (CV-11), un ancien porte-avions transformé en navire-musée comme quartier-général pour débuter leurs investigations[73].

L'enquĂȘte du FBI, appelĂ©e PENTTBOM[74], a Ă©tĂ©, selon les dires de l'Agence, la plus importante et la plus complexe de l'histoire du FBI, mettant en jeu plus de 7 000 agents[75]. Dans les 72 heures aprĂšs les attaques, le FBI proposait les noms des 19 pirates de l'air dĂ©cĂ©dĂ©s.

AprĂšs six mois de travail, Robert Mueller, directeur du Bureau, indiquait que « les pirates n'ont laissĂ© derriĂšre eux aucun document. Nos recherches n'ont abouti Ă  la dĂ©couverte d'aucun document, ni ici aux États-Unis, ni parmi le trĂ©sor de donnĂ©es mis au jour en Afghanistan ou ailleurs, mentionnant de quelque maniĂšre le complot du 11 septembre Â». Les pirates de l'air ont en effet exploitĂ© les vulnĂ©rabilitĂ©s du systĂšme pour ne pas ĂȘtre repĂ©rĂ©s : cabines tĂ©lĂ©phoniques, tĂ©lĂ©phones portables, cartes prĂ©payĂ©es, financement des frais en plusieurs fois, par des sommes faibles, Ă  travers les rĂ©seaux immatĂ©riels. Mueller indique que l'enquĂȘte a Ă©tabli « la preuve, claire et dĂ©finitive, que Al-Quaida Ă©tait derriĂšre ces attentats Â»[76]. D'autres responsables du FBI, tel que Dale L. Watson, ont fait ce mĂȘme type de dĂ©claration[77]. Concernant Ben Laden, Rex Tomb, chef de l'Investigation Publicity, lors d'une interview de 2006, a avancĂ© que le FBI ne disposait pas de preuve tangible – « hard evidence Â» – pour le relier au 11 Septembre[78].

Développement de théories du complot

Si la responsabilitĂ© d'Al-Qaida dans ces attentats est confirmĂ©e par la plupart des mĂ©dias occidentaux, des gouvernements et des spĂ©cialistes, la polĂ©mique sur la nature de ces Ă©vĂšnements, ses causes, et les responsabilitĂ©s en jeu n'a pas manquĂ© d'apparaĂźtre rapidement. DĂšs le dĂ©but de l'annĂ©e 2002, le livre L'Effroyable Imposture du Français Thierry Meyssan, remettant en cause l'explication institutionnelle des attentats, a connu une diffusion internationale. Depuis, d'autres auteurs comme Jimmy Walter, Webster G. Tarpley ou David Ray Griffin ont Ă©galement publiĂ© des livres sur ce sujet. Internet est le lieu privilĂ©giĂ© d'exposition de ces thĂšses divergentes via de nombreux sites qui proposent des documents sous forme d'images d'archives, de vidĂ©os et d'entretiens[79]. Des documentaires, dont le plus connu est Loose Change, ont Ă©galement Ă©tĂ© consacrĂ©s Ă  ces questions. Tous ont en commun de prĂ©senter des rĂ©futations de certains aspects de la version – qualifiĂ©e d'« officielle Â» par leurs soins – des Ă©vĂ©nements du 11 septembre. Certains affirment ou supposent l'implication — passive ou active et Ă  un degrĂ© plus ou moins grand — du gouvernement amĂ©ricain, affirmant que certains faits observĂ©s ou rapportĂ©s ne sont pas pris en compte par ladite version ou ne sont pas expliquĂ©s par elle. Pour ces auteurs, les attentats auraient fourni le prĂ©texte Ă  l'administration Bush de modifier radicalement les politiques intĂ©rieure et extĂ©rieure des États-Unis, notamment avec les dispositions lĂ©gislatives du Homeland Security Act et des Patriot Act 1 et 2, et justifiĂ© les invasions militaires de l'Afghanistan et de l'Irak qui ont suivi[80], projets qui nĂ©cessitaient, selon les principes de la guerre psychologique, un Ă©vĂšnement dĂ©clencheur pour ĂȘtre mis en place.

Quelques hommes politiques soutiennent ouvertement cette hypothĂšse comme l'ancien chef d'État italien Francesco Cossiga, qui affirme que les « attaques Â» sur les tours du World Trade Center ont Ă©tĂ© mises en scĂšne par les services secrets amĂ©ricains et du ­Proche-Orient[81], ou encore l'ancien ministre allemand Andreas von BĂŒlow, qui a consacrĂ© un livre Ă  cette question, et le dĂ©putĂ© europĂ©en italien Giulietto Chiesa. En janvier 2008, le dĂ©putĂ© japonais Yukihisa Fujita a exposĂ© ses doutes devant les commissions de la dĂ©fense et des affaires Ă©trangĂšres de son pays.

Les promoteurs de ces théories les disent de plus en plus présentes dans l'opinion publique américaine[82] suite aux manifestations répétées des familles de victimes et aux conférences[83] organisées par ces auteurs marginaux, avec parfois l'aide des médias locaux ou régionaux.

Ces thĂ©ories sont dĂ©noncĂ©es par leurs adversaires comme « conspirationnistes Â», nĂ©ologisme utilisĂ© pour dĂ©signer en particulier les partisans d'une thĂ©orie du complot intĂ©rieur. De nombreux sites, en anglais[84], en français[85] ainsi que dans d'autres langues, dĂ©noncent ce qui leur semble ĂȘtre des arguments fallacieux des conspirationnistes.

Conséquences

Pour l'historien Jean-Michel Lacroix, « la stratĂ©gie de George Bush consiste [aprĂšs le 11 Septembre] Ă  capitaliser sur l'Ă©motion collective et la psychose sĂ©curitaire en se posant en "dĂ©fenseur du monde libre" au risque de prendre une posture impĂ©riale et d'alimenter une vision manichĂ©enne du bien et du mal Â»[86].

Émotion et condamnation internationales

Peu d'évÚnements historiques ont reçu pareille couverture médiatique, dépassant de trÚs loin tous les autres attentats commis auparavant.

Le lieu, une des villes les plus connues au monde et siÚge de nombreuses agences de presse et de télévision, la présence de caméras et de journalistes sur les lieux dÚs le crash du premier avion, ont entrainé une médiatisation considérable et l'observation en direct du crash du 2e avion (9:03), puis de l'effondrement des tours.

La plupart des télévisions du monde retransmirent l'évÚnement en simultané, dÚs 9 heures, heure locale de la cÎte Est.

Ces attentats et leurs conséquences sont restés à la une des journaux plusieurs semaines. Ils ont créé un choc énorme pour la masse des Américains habitués à se considérer comme hors d'atteinte du terrorisme international puisque, à l'exception de l'attentat contre la tour Nord en février 1993, les seules attaques subies avaient eu pour objectifs les ambassades au Kenya et en Tanzanie le 7 aout 1998, ou des dispositifs militaires au Yémen.

Le lendemain des attentats, le conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies adopte la rĂ©solution 1368[87], proposĂ©e par la France, condamnant ces actes terroristes :

« 1. Condamne catĂ©goriquement dans les termes les plus forts les Ă©pouvantables attaques terroristes qui ont eu lieu le 11 septembre 2001 Ă  New York, Washington (DC) et en Pennsylvanie et considĂšre de tels actes, comme tout acte de terrorisme international, comme une menace Ă  la paix et Ă  la sĂ©curitĂ© internationales ;
2. Exprime ses plus profondes sympathies et condolĂ©ances aux victimes et Ă  leurs familles ainsi qu'au peuple et au gouvernement des États-Unis d'AmĂ©rique. Â»

Jacques Chirac, prĂ©sident de la RĂ©publique Française au moment de ces Ă©vĂ©nements, a tenu un discours tĂ©lĂ©visĂ© sur TF1 Ă  21 h 30 le 11 septembre 2001 dans lequel il dĂ©clarait : « La France, plus que jamais unie Ă  l'AmĂ©rique, s'associe Ă  la douleur de toutes les familles aprĂšs ces attentats monstrueux, il n'y a pas d'autre mot pour qualifier et pour condamner de tels actes de terrorisme. Â»

RĂ©actions dans le monde

L'Ă©moi provoquĂ© par les attentats a produit des rĂ©actions de tous ordres :

  • rĂ©actions de compassion provenant d'une grande partie du monde intellectuel mĂ©diatisĂ© et politique, Ă  l'exception des partis situĂ©s aux extrĂȘmes de l'Ă©chiquier politique;
  • rĂ©actions d'inquiĂ©tude : le chancelier allemand Gerhard Schröder dĂ©clare aprĂšs les attentats : « Ce n'est pas lĂ  une bataille entre les civilisations, c'est une bataille pour la civilisation[88]. Â»
  • rĂ©actions beaucoup moins emphatiques d'une partie de la population mondiale, de certains intellectuels et partisans de l'extrĂȘme gauche ; en France, les dĂ©lĂ©guĂ©s et militants de la CGT prĂ©sents Ă  la fĂȘte de l'HumanitĂ© des 15-16 septembre 2001 refusĂšrent de s'associer aux trois minutes de silence en hommage aux victimes[89].
  • rĂ©actions partagĂ©es de personnes qui observent que les quelques trois mille victimes aux États-Unis qui, selon eux, mĂ©ritent leur respect, ont cependant un impact mĂ©diatique sans commune mesure avec celle d'autres victimes de terrorisme ;
  • rĂ©actions de joie d'une partie de la population mondiale allant jusqu'Ă  la proclamation d'une « victoire contre l'impĂ©rialisme amĂ©ricain Â» par certains groupes ou certaines populations, notamment dans de nombreux pays Ă  majoritĂ© musulmane mais Ă©galement en AmĂ©rique latine et Asie du Sud-Est.
  • de nombreux pays ont renforcĂ© leurs mesures de sĂ©curitĂ©, comme par exemple la France qui a augmentĂ© le niveau d'alerte de son plan vigipirate.

Opérations militaires

L'impact militaire le plus direct est l'invasion de l'Afghanistan, désigné comme le siÚge opérationnel d'Al-Quaïda, dÚs le mois d'octobre 2001 et le renversement du régime des Talibans quelques mois plus tard par les forces armées américaines, britanniques, canadienne, françaises, et autres.

Article dĂ©taillĂ© : Guerre d'Afghanistan (2001).

Ce renversement et l'établissement d'un gouvernement de transition s'accompagne de l'arrestation de nombreux musulmans présumés terroristes, internés dans des camps disséminés autour de la planÚte, ce qui provoquera les vives réactions de nombreuses ONG, dont Amnesty International. La création de la prison de Guantanamo s'explique en partie par cet afflux important de prisonniers.

Articles dĂ©taillĂ©s : Prisons secrĂštes de la CIA et Prison de Guantanamo.

Un second impact militaire d'importance est l'invasion de l'Irak et le renversement du régime de Saddam Hussein en 2003 par les forces armées américaines et britanniques. Bien que l'Iraq de Saddam Hussein n'ait pas participé aux attentats du 11 septembre, le régime baasiste a été désigné par l'administration américaine comme un soutien actif du terrorisme international et un détenteur d'armes de destruction massive, malgré l'absence de preuves sur le terrain. Le régime de Saddam Hussein a été remplacé par un régime plus démocratique, notamment par la tenue d'élections et une représentation de la majorité chiites par rapport aux sunnites. L'invasion de l'Irak provoquera de houleux débats à l'ONU et des manifestations à travers le monde, protestant contre les véritables raisons qui seraient d'ordre économique et stratégique (indépendance énergétique vis-à-vis de l'Arabie saoudite notamment).

Article dĂ©taillĂ© : Guerre en Irak.

Il est Ă  remarquer que le candidat George W. Bush s'Ă©tait engagĂ© pendant sa campagne[rĂ©f. nĂ©cessaire] sur le fait que les États-Unis ne prendraient pas l'initiative d'opĂ©rations militaires nouvelles hors de leur territoire national. Les Ă©vĂ©nements du 11 septembre lui donnaient donc Ă  nouveau les coudĂ©es franches dans ce domaine.

Procédures judiciaires

Plusieurs plaintes ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es par des victimes des attentats contre plusieurs personnes, États, sociĂ©tĂ©s et organismes aux États-Unis et Ă  l'Ă©tranger.

Le 5 novembre 2001, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée auprÚs du Parquet de Paris par la famille de Thierry Saada, une des cinq victimes françaises des attentats[90].

Le 15 août 2002, environ 600 proches des victimes déposent une plainte devant le tribunal fédéral de Washington contre sept banques étrangÚres, huit fondations islamiques, huit particuliers dont trois membres de la famille royale saoudienne (Prince Sultan Ben Abd el-Aziz, ministre de la Défense, Prince Turki al-Fayçal al-Saoud, ancien chef du renseignement et Prince Mohammad al-Fayçal al-Saoud, directeur de la Faisal Islamic Bank), deux entreprises et contre le gouvernement soudanais, accusés d'avoir financé Al Qaïda[91].

Une autre le 3 septembre 2002 Ă  la cour du district sud de New-York[92].

Des actions judiciaires ont été autorisées en septembre 2002 par le juge Alvin Hellerstein contre les compagnies aériennes dont les avions ont été détournés, Boeing ainsi que les propriétaires du World Trade Center pour n'avoir pu prévenir les attentats ainsi que contre le Port Authority of New York and New Jersey qui n'a pu fournir de plans d'évacuation appropriés[93].

Le juge fĂ©dĂ©ral Harold Baer a dĂ©clarĂ© l'Irak co-responsable avec Al-Qaida des attentats du 11 septembre dans son arrĂȘtĂ© du 7 mai 2003 et a accordĂ© 104 millions de dollars (92 millions d'euros) de dommages et intĂ©rĂȘts aux familles de victimes des attaques du 11 Septembre[94] et le 22 septembre 2005, un juge fĂ©dĂ©ral new-yorkais, Richard Casey, a reçu la plainte dĂ©posĂ©e contre l'International Islamic Relief Organization, une organisation caritative impliquĂ©e dans le financement de rĂ©seaux islamistes.

Aux États-Unis, la seule personne Ă  avoir Ă©tĂ© jugĂ©e jusqu'Ă  prĂ©sent pour son implication directe avec les attentats du 11 Septembre est le Français Zacarias Moussaoui. ArrĂȘtĂ© moins d'un mois avant les attaques, il a Ă©tĂ© accusĂ© par les autoritĂ©s fĂ©dĂ©rales amĂ©ricaines d'avoir eu connaissance des attentats Ă  venir mais de n'avoir pas communiquĂ© ses informations. Le 3 mai 2006, au terme de deux mois de procĂšs, il a Ă©tĂ© reconnu coupable par le jury du tribunal fĂ©dĂ©ral d'Alexandria en Virginie de six chefs d'accusation de complot en liaison avec les attentats terroristes du 11 Septembre et condamnĂ© Ă  la prison Ă  perpĂ©tuitĂ©, sans possibilitĂ© de remise de peine.

En Allemagne, le marocain Mounir al-Motassadeq arrĂȘtĂ© le 28 novembre 2001, est condamnĂ© une premiĂšre fois Ă  quinze ans de prison en 2003 pour complicitĂ© dans ces attaques. Remis en libertĂ© en fĂ©vrier 2006 aprĂšs que sa condamnation a Ă©tĂ© cassĂ©e, il voit sa premiĂšre peine confirmĂ©e par le tribunal de Hambourg le 8 janvier  2007[95].

En Espagne, le Syrien Imad Eddin Barakat Yarkas, chef de la cellule locale d'Al-Qaida est arrĂȘtĂ© le 13 novembre 2001, inculpĂ© de conspiration en vue des attentats de septembre 2001. Il est condamnĂ© le 26 septembre 2005 Ă  vingt-sept ans de prison[96].

Khalid Cheikh Mohammed et Ramzi ben Al-Shaiba[97], soupçonnĂ©s d'ĂȘtre les organisateurs des attentats, sont en dĂ©tention Ă  Guantanamo depuis septembre 2006. Ils avaient revendiquĂ© l'organisation logistique des attentats dans un entretien accordĂ© en mai 2002[98] et diffusĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision qatarie Al-Jazira les jeudi 5 et dimanche 8 septembre 2002[99]. En mars 2007, ils passent devant une commission militaire chargĂ©e de dĂ©terminer leur statut[100]. Leur procĂšs devant un tribunal militaire amĂ©ricain installĂ© dans la base navale amĂ©ricaine de Guantanamo avec trois autre coaccusĂ©s s'est ouvert le 5 juin 2008[101]. Le Monde souligne que « les audiences se tiennent dans le cadre d'une justice militaire d'exception Â»[102]. Khaled Cheikh Mohammed, Ali Abd al-Aziz Ali et Wallid ben Attash ont plaidĂ© coupable le 8 dĂ©cembre 2008[103].

Articles dĂ©taillĂ©s : Zacarias Moussaoui et Mounir al-Motassadeq.

Retombées économiques

La plupart des analystes économiques considÚrent que les attentats du 11 septembre ont été à l'origine d'un ralentissement économique significatif (ou de l'amplification du freinage important qui avait été amorcé par l'éclatement de la bulle Internet en l'an 2000).

L'effet durable sur le monde ne peut pas ĂȘtre encore mesurĂ© pour savoir si ce fut un catalyseur (du sens de l'Histoire) ou un changement. Les mĂ©dias de masse maintiennent une pression vers l'inquiĂ©tude et la paranoĂŻa[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Selon le « WorldEconomic Report Â» du Fonds monĂ©taire international de dĂ©cembre 2001, l'US National Income and Products Accounts Ă©value les destructions et les dĂ©penses qui leur sont directement liĂ©es, aprĂšs le 11 septembre, Ă  24,1 milliards de dollars amĂ©ricain.

Le 23 mai 2007, sept assureurs des tours du World Trade Center ont trouvĂ© un accord extra-judiciaire avec le promoteur du complexe du World Trade Center, Larry Silverstein. Les compagnies Swiss Re, Travelers Companies, Zurich American Insurance Company, Allianz Global Risks Insurance Company, Employers Insurance Company of Wausau, et Royal Indemnity Company paieront au total 2,1 milliards de dollars au lieu des 7 milliards rĂ©clamĂ©s aprĂšs les attentats[104],[105],[rĂ©f. incomplĂšte].

Plus de 40 000 employĂ©s se sont retrouvĂ©s au chĂŽmage et des milliers d'entreprises (particuliĂšrement dans le secteur tertiaire) ont disparu ou subi des pertes considĂ©rables suite Ă  la destruction de ce centre d'affaires, qui Ă©tait l'un des plus actifs de la planĂšte. De nombreuses compagnies ont quittĂ© Downtown pour s'installer Ă  Brooklyn, Midtown, ou dans le Connecticut[106].

Les compagnies aĂ©riennes mondiales, surtout celles des États-Unis, dĂ©jĂ  en difficultĂ© depuis quelques annĂ©es, ont largement souffert de la chute de frĂ©quentation de leurs lignes et des travaux de sĂ©curitĂ© entrepris aprĂšs ce quadruple dĂ©tournement, malgrĂ© les aides des pouvoirs publics. Les primes d'assurance des immeubles et celles des avions de ligne ont fortement augmentĂ©.

Les législations post-11 septembre

Les mesures législatives votées dans la foulée des attentats du 11 septembre ont apporté un surcroßt de puissance à l'exécutif américain, aux services secrets (dont la CIA) et la police fédérale (Federal Bureau of Investigation), ainsi qu'aux militaires (budget du Pentagone notamment).

L'USA PATRIOT Act a Ă©tĂ© soumis aux parlementaires dĂšs le 24 septembre et votĂ© le 26 octobre. Sous la simple affirmation de participation Ă  la lutte antiterroriste, le FBI se voit attribuer le pouvoir d'espionner les associations politiques et religieuses sans que celles-ci soient suspectĂ©es d'activitĂ©s criminelles. Le gouvernement peut trainer en justice les possesseurs de fichiers et de donnĂ©es qui rĂ©vĂšleraient qu'ils ont dĂ» procĂ©der Ă  des rĂ©quisitions d'informations. Il peut faire procĂ©der Ă  des perquisitions et saisir les documents et effets possĂ©dĂ©s par des citoyens. Sans devoir se justifier, il peut faire emprisonner quiconque, y compris des citoyens, ce indĂ©finiment et sans procĂšs, sans que ces personnes soient accusĂ©es, ni qu'elles puissent ĂȘtre confrontĂ©es Ă  celles qui auraient dĂ©posĂ© contre elles. Le FBI ni la CIA ne sont contraints de rĂ©pondre de leurs actions devant les Ă©lus. Cette libertĂ© d'action ainsi accordĂ©e aux services secrets et Ă  la police est toujours l'objet de dĂ©bats sur la scĂšne politique et dans l'opinion, car perçue comme opposĂ©e aux droits civiques. Deux sĂ©nateurs qui se sont employĂ©s Ă  freiner l'adoption de ce projet, Patrick Leahy, prĂ©sident de la Commission judiciaire du SĂ©nat, et Tom Daschle, chef de la majoritĂ© sĂ©natoriale, furent les cibles d'envois d'enveloppes chargĂ©es d'anthrax militaire.

Le Homeland Security Act a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© au CongrĂšs dans les mois qui ont suivi et a Ă©tĂ© votĂ© le 25 novembre 2002. Il regroupe en une seule structure (le Homeland Security Department) une vingtaine d'agences fĂ©dĂ©rales comme la FEMA, les Douanes, les Services Secrets... Il met en avant une dĂ©finition du « terrorisme interne Â» tellement vague[107] [rĂ©f. insuffisante] qu'elle permettrait d'y inclure les militants politiques radicaux. Cette loi reprend le contenu d'un rapport de la commission dite Hart-Rudman (US Commission on National Security for the 21st Century) crĂ©Ă©e en 1998 sous la prĂ©sidence de Bill Clinton, intitulĂ© Road Map for national Security : Imperative for Change. Le Total information Awarness office (TIA), qui matĂ©rialise un projet de la Defense Advanced Research Projects Agency (une structure du Pentagone), se proposait de constituer une banque de 300 millions de fiches, regroupant les informations de sources publiques et privĂ©es sur chaque AmĂ©ricain. Il autorise les rĂ©unions secrĂštes des Conseils prĂ©sidentiels, la dispense de justification intervenant en opposition avec la loi 92-463 sur la transparence des rĂ©unions de l'exĂ©cutif. Il garantie l'immunitĂ© Ă  quiconque fournit Ă  une agence fĂ©dĂ©rale des informations relatives Ă  des failles ou faillites, mĂȘme suite Ă  nĂ©gligence ou faute. Il permet, par transaction commerciale, l'accĂšs par l'administration Ă  des fichiers constituĂ©s par des firmes privĂ©es sur des citoyens, contournant ainsi la protection donnĂ©e par le IVe amendement.

Enfin, le military commissions Act, signĂ© le 18 octobre 2006 par le prĂ©sident Bush, abroge, et avec effet rĂ©troactif, le droit des personnes, jusqu'alors reconnu dans les traitĂ©s internationaux signĂ©s par les États-Unis, en dĂ©finissant une nouvelle classe d'individus, les « combattants illĂ©gaux Â». Ceux-lĂ  peuvent ĂȘtre indĂ©finiment dĂ©tenus, sans l'obligation de fournir un acte d'accusation, sont exclus de la protection accordĂ©e par les Conventions de GenĂšve, peuvent ĂȘtre soumis Ă  des tortures psychologiques et physiques. Plusieurs rapports d'Amnesty International ont dĂ©noncĂ© cette violation des droits de la dĂ©fense et ces pratiques de dĂ©tention arbitraire[108],[109].

Fin 2007, une loi spĂ©cifique Ă©tait en cours d'examen par le CongrĂšs (loi sur la radicalisation violente et la prĂ©vention du terrorisme intĂ©rieur), loi destinĂ©e Ă  lutter contre les idĂ©ologies et « croyances extrĂ©mistes qui ont pour but de faciliter la violence visant Ă  promouvoir des changements politiques, religieux ou sociaux Â». Est spĂ©cifiquement visĂ© Internet qui « a aidĂ© Ă  faciliter [sic] une radicalisation violente (...) en procurant aux citoyens amĂ©ricains un accĂšs aux larges et continuels courants de propagande en relation avec le terrorisme Â». Cette lĂ©gislation paraĂźt largement inspirĂ©e des travaux de Brian Michael Jenkins (de la RAND Corporation) sur le terrorisme : «  dans leur campagne internationale, les jihadistes vont rechercher des terrains communs avec les forces gauchistes, antiamĂ©ricaines et antimondialisation, qui, Ă  leur tour, verront dans les islamistes radicaux des camarades face au mĂȘme adversaire Â». Une note de l'Ă©tude de la RAND Corporation intitulĂ©e « Tendances du terrorisme Â» (ch.4) attire l'attention sur les Ă©cologistes, antimondialistes et anarchistes, les dĂ©signant comme terreaux de terroristes potentiels[110].

Renouveau du site

Le MĂ©morial, mis en place six mois aprĂšs les faits.
DĂ©bris du World Trade Center, jardins du MĂ©morial de Caen

Plus d'1,8 million de tonnes de dĂ©bris et gravats ont Ă©tĂ© enlevĂ©es du site du World Trade Center[rĂ©f. nĂ©cessaire]. En 2004, l'ancien site du World Trade Center, rebaptisĂ© ground zero, est dĂ©blayĂ© et prĂȘt Ă  accueillir une nouvelle construction, la Freedom Tower, pour laquelle un concours architectural a Ă©tĂ© ouvert pour un mĂ©morial, un lieu de vie et d'activitĂ©s.

Un nouveau 7 World Trade Center a Ă©tĂ© inaugurĂ© en 2006 mais en 2008, « malgrĂ© le vacarme des grues et des pelleteuses, pas un seul des ambitieux projets de reconstruction n'a Ă©mergĂ© Ă  quatre ans de la date officielle de finalisation Â»[111].

Vingt-quatre tonnes d'acier récupéré sur le site du WTC sont utilisées pour la construction du USS New York (LPD-21), un navire de guerre de la classe San Antonio, rebaptisé ainsi en la mémoire des victimes[112].

Bibliographie

  • 11 septembre 2001, la guerre. EnquĂȘte sur un attentat contre l'humanitĂ©, ouvrage collectif de Paris-Match, Ă©ditions Filipacchi, 2001.
  • Noam Chomsky, 11-9 : autopsie des terrorismes, Serpent Ă  Plumes, 2001
  • Richard Picciotto (Ă©crit par Daniel Paisner), Pompier de Manhattan : l'histoire hĂ©roĂŻque d'un soldat du feu au World Trade Center, 2002, (ISBN 2-7028-7675-7)
  • Jean-Jacques Greif, Nine Eleven, École des Loisirs, 2003.
  • 11 septembre — Rapport de la commission d'enquĂȘte (Rapport final de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis), ouvrage collectif, Ă©d. des Équateurs, 2004, puis paru chez Alban
  • Marc Lits, Du 11 septembre Ă  la riposte Les dĂ©buts d'une nouvelle guerre mĂ©diatique, Boeck & Larcier, 2004, (ISBN 2-8041-4686-3)
  • Jacqueline Maurette, Les HĂ©ros sacrifiĂ©s du World Trade Center, Jean-Claude Gawsewitch, 2007 (ISBN 978-2-3501-3080-4)
  • Art Spiegelman, À l'ombre des tours mortes, (bande dessinĂ©e), 2004
  • Judith Butler, Vie prĂ©caire — Les pouvoirs du deuil et de la violence aprĂšs le 11 septembre 2001, trad. JĂ©rĂŽme Rosanvallon et JĂ©rĂŽme Vidal, Editions Amsterdam, 2005
  • Jim Dwyer et Kevin Flynn, 102 minutes : le rĂ©cit du combat pour la survie dans les Twin Towers le 11 septembre 2001, Ă©ditions PrivĂ©, 2005, (ISBN 2-3507-6001-4) – J'ai lu, 2006, (ISBN 2-2903-5274-8)
  • Frederic Beigbeder, "Windows on the world". 2006. Raconte de maniĂšre romancĂ© les derniĂšres minutes des personnes se trouvant a l'intĂ©rieur des tours.
  • (en) Jeffrey Melnick, 9/11 Culture, John Wiley and Sons, 2009. (ISBN 9781405173711)

200 pages

Compositions 

Filmographie

Programme radiophonique

  • France Inter, Patrick Pesnot, Rendez-vous avec X.., Ă©missions des 9, 16 et 23 mai 2009

Liens externes

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Notes et références

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu d’une traduction de l’article de WikipĂ©dia en anglais intitulĂ© « September 11, 2001 attacks Â».
  1. ↑ L'immeuble du Marriott World Trade Center est entraĂźnĂ© immĂ©diatement lors de la chute des "Twin Towers" ; la tour n°7 du WTC s'est effondrĂ©e dans l'aprĂšs-midi en raison d'incendies et des dĂ©gĂąts occasionnĂ©s par la chute des tours jumelles.
  2. ↑ « How did this happen, and how can we avoid such tragedy again? To answer these questions, the Congress and the President created the National Commission on Terrorist Attacks Upon the United States Â» - Public Law 107-306, November 27, 2002
  3. ↑ (en) The 9/11 Commission Report - Rapport final, version intĂ©grale [pdf]
  4. ↑ (en) Bin Laden claims responsibility for 9/11 - CBC News, 29 octobre 2004
  5. ↑ (en) Fiche technique du Boeing 767-200ER
  6. ↑ (en) Betty Ong's Call from 9/11 Flight 11, enregistrement et transcription de l'appel de Betty Ong, hîtesse de l'air sur le vol 11 à American Airlines
  7. ↑ Mike M. Ahlers, 9/11 panel: Hijackers may have had utility knives, CNN, janvier 2004
  8. ↑ gwu.edu
  9. ↑ US considered 'suicide jet missions' - BBC News
  10. ↑ (en) Article intitulĂ© F-16 pilots considered ramming Flight 93
  11. ↑ Il faut trois heures pour prĂ©parer un avion au combat, et, Ă  Andrews, les bunkers Ă  munitions loin des hangars.
  12. ↑ (en) Article du magazine Futurist, rapportĂ© dans l'article Before Attack, U.S. Expected Different Hit publiĂ© dans Washington Post du 2 octobre 2001.
  13. ↑ (en) NORAD had drills of jets as weapons publiĂ© dans USA Today du 18 avril 2004.
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