Attaque Sur Pearl Harbor

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Attaque Sur Pearl Harbor

Attaque sur Pearl Harbor

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Attaque sur Pearl Harbor
Attack on Pearl Harbor Japanese planes view.jpg
Vue aérienne de l'attaque sur Pearl Harbor
Informations générales
Date 7 dĂ©cembre 1941
Lieu Pearl Harbor
Issue Victoire japonaise
Belligérants
États-Unis États-Unis Japon Empire du Japon
Commandants
Amiral Husband Kimmel
Général Walter Short
Amiral Isoroku Yamamoto
Amiral Chuichi Nagumo
Forces en présence
8 cuirassés
6 croiseurs
29 destroyers
9 sous-marins
~390 avions
6 porte-avions
2 cuirassés
3 croiseurs
9 destroyers
441 avions
5 sous-marins de poche
Pertes
4 cuirassés coulés
4 cuirassés endommagés
3 croiseurs coulés
3 destroyers coulés
188 avions détruits
155 avions endommagés
2 403 tuĂ©s ou disparus
29 avions détruits
55 pilotes tués
4 sous-marins de poche
coulés, un pris par l'ennemi
9 sous-mariniers tués
1 sous-marinier capturé
Seconde Guerre mondiale - Guerre dans le Pacifique
Batailles
Seconde Guerre mondiale-Guerre en Asie et dans le Pacifique

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L'attaque sur Pearl Harbor, base navale amĂ©ricaine situĂ©e sur l’üle d’Oahu, dans l’archipel d’Hawaii, au cƓur de l'ocĂ©an Pacifique, fut lancĂ©e par surprise le matin du dimanche 7 dĂ©cembre 1941 par le Service aĂ©rien de la marine impĂ©riale japonaise contre la flotte amĂ©ricaine du Pacifique dans le port et d’autres forces qui stationnaient aux alentours. Cette attaque s’inscrit dans la politique d’expansion impĂ©riale. L’anĂ©antissement de la principale flotte de l'United States Navy devait permettre Ă  l’empire du Soleil levant d’établir sa SphĂšre de coprospĂ©ritĂ© de la grande Asie orientale. Le Quartier-gĂ©nĂ©ral impĂ©rial souhaitait Ă©galement rĂ©pondre aux sanctions Ă©conomiques prises par Washington en juillet 1941 aprĂšs l'invasion de la Chine et de l'Indochine française par l'armĂ©e impĂ©riale japonaise.

À l'issue de l'attaque, conduite en deux vagues aĂ©riennes, les pertes amĂ©ricaines furent importantes : 2 403 morts et 1 178 blessĂ©s. Quatre navires de ligne, trois croiseurs, trois destroyers et 188 avions furent dĂ©truits. Cependant, beaucoup de navires purent ĂȘtre remis en Ă©tat dans les mois qui suivirent, et les trois porte-avions amĂ©ricains du Pacifique Ă©chappĂšrent Ă  l'attaque.
Les Japonais perdirent 64 hommes, 29 avions et cinq sous-marins de poche; un marin fut capturé.

En moins de vingt-quatre heures, l'Empire du Japon attaqua Ă©galement les États-Unis aux Philippines et ouvrit les hostilitĂ©s avec le Royaume-Uni, en envahissant Hong-Kong et en dĂ©barquant en Malaisie.

L'attaque sur Pearl Harbor provoqua l’entrĂ©e des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale aux cĂŽtĂ©s des AlliĂ©s. Aux États-Unis, il est commĂ©morĂ© chaque annĂ©e par la mise en berne du drapeau. Les historiens ont mis en Ă©vidence l’audace du plan de l’amiral Isoroku Yamamoto, le manque de prĂ©paration et les nĂ©gligences amĂ©ricaines. Le rĂŽle du prĂ©sident Roosevelt reste un sujet de polĂ©mique.

Sommaire

Contexte

L’expansionnisme japonais

Pendant l’ùre Meiji (1868-1912), l’Empire du Japon s’engagea dans une pĂ©riode de croissance Ă©conomique, politique et militaire afin de rattraper les puissances occidentales. Cet objectif s’appuyait Ă©galement sur une stratĂ©gie d’expansion territoriale en Asie orientale qui devait garantir au Japon son approvisionnement en matiĂšres premiĂšres indispensables Ă  son dĂ©veloppement.

L’expansionnisme nippon se manifesta dĂšs la fin du XIXe siĂšcle et au dĂ©but du XXe siĂšcle avec l’annexion de l’üle de Formose (1895), du sud de l’üle de Sakhaline (1905) et de la CorĂ©e (1910). Pendant la PremiĂšre Guerre mondiale, le Japon s’empara des possessions allemandes d’ExtrĂȘme-Orient et du Pacifique et gagna des parts de marchĂ© au dĂ©triment des EuropĂ©ens et des AmĂ©ricains prĂ©sents dans la rĂ©gion. AprĂšs 1920, la croissance Ă©conomique nipponne ralentit et le chĂŽmage augmenta ; l’industrie souffrit du manque de matiĂšres premiĂšres et de dĂ©bouchĂ©s[1].

Dans l’entre-deux-guerres, l’archipel se dota d’une marine de guerre moderne. La Grande dĂ©pression des annĂ©es 1930 n’épargna pas l’économie du Japon. Aux effets de la crise Ă©conomique s’ajouta une montĂ©e des nationalistes et des militaires au cours de l'Ăšre Shƍwa. L'armĂ©e impĂ©riale japonaise envahit la Mandchourie en 1931 et ce territoire devint l'Ă©tat fantoche du Mandchoukouo. Le Japon prit ensuite progressivement le contrĂŽle d'autres rĂ©gions de la Chine. En 1937, le Japon envahit le reste de la Chine Ă  partir de Shanghai sans toutefois dĂ©clarer officiellement la guerre.

La dĂ©gradation des relations entre Tƍkyƍ et Washington

Les conquĂȘtes nipponnes en Asie orientale menaçaient les intĂ©rĂȘts amĂ©ricains et Washington intervint contre le Japon, sans aller jusqu’à la confrontation armĂ©e. Ainsi, en 1921-1922, le TraitĂ© de Washington de 1922 limita le tonnage de la flotte de guerre japonaise au troisiĂšme rang mondial. En rĂ©ponse aux pressions diplomatiques internationales suite Ă  l'invasion de la Mandchourie, Tƍkyƍ dĂ©cida de quitter la SociĂ©tĂ© des Nations en 1933. Entre 1935 et 1937, les États-Unis choisirent la non-intervention en promulguant une sĂ©rie de lois sur la neutralitĂ©.

Le Japon signa le pacte antikomintern en 1936. En 1937, le prĂ©sident des États-Unis Franklin Roosevelt prononça Ă  Chicago le Discours de la quarantaine dans lequel il condamnait les dictatures, y compris celle du Japon. L'annĂ©e suivante, son discours sur l'Ă©tat de l'Union propose d'augmenter les dĂ©penses militaires. En dĂ©cembre 1937, au moment du massacre de Nankin, les avions japonais coulĂšrent la canonniĂšre amĂ©ricaine Panay sur le Yang-tseu-Kiang[2]. Washington obtint des excuses mais la tension monta rapidement entre les deux pays. En 1939, le gouvernement amĂ©ricain mit fin au traitĂ© de commerce signĂ© en 1911, prĂ©lude Ă  l’embargo commercial.

En 1940, l'Empire rejoignit les forces de l’Axe en signant le Pacte tripartite. La mĂȘme annĂ©e, le Quartier-gĂ©nĂ©ral impĂ©rial, profitant de la dĂ©faite de la France et de l’affaiblissement du Royaume-Uni, autorise l'implantation de bases militaires en Indochine française. Cette implantation se produisit aprĂšs une entente conclue le 22 septembre avec le gouvernement de Hanoi, suivie de violents combats Ă  Lang Son et du bombardement de Haiphong, auxquels le Quartier-gĂ©nĂ©ral impĂ©rial mit finalement un terme le 26.

1941 fut l'annĂ©e de l’escalade entre les deux pays : en mai, Washington accorda son soutien Ă  la Chine par l’octroi d’un prĂȘt-bail. Suite au refus du Japon de se retirer de l'Indochine et de la Chine, Ă  l'exclusion du Manchukuo, les États-unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas dĂ©crĂ©tĂšrent Ă  partir du 26 juillet 1941 l’embargo complet sur le pĂ©trole et l’acier ainsi que le gel des avoirs japonais sur le sol amĂ©ricain[3].

La confĂ©rence impĂ©riale tenue le 6 septembre 1941 dĂ©cida qu'une guerre serait entreprise contre les États-Unis et le Royaume-Uni, Ă  moins qu'un accord ne soit trouvĂ© Ă  bref dĂ©lai avec Washington. Le 16 octobre, le Premier ministre du Japon Konoe, jugeant avoir perdu la confiance de l'empereur Showa et des militaires, dĂ©missionna de son poste en proposant le prince Naruhiko Higashikuni, un oncle de l'empereur, pour le remplacer. Hirohito refusa cette candidature, proposĂ©e Ă©galement par les militaires, et choisit plutĂŽt le gĂ©nĂ©ral Tƍjƍ, un ferme partisan de la guerre mais Ă©galement un homme renommĂ© pour sa fidĂ©litĂ© envers l'institution impĂ©riale[4].

Osami Nagano, chef d'Ă©tat-major de la Marine

Sans mĂȘme attendre la fin des pourparlers auxquels ils ne croyaient plus, les Japonais commencĂšrent Ă  prĂ©parer l'attaque. Le 3 novembre, l'amiral Osami Nagano expliqua en dĂ©tail Ă  Hirohito la version finale du plan d'attaque contre Pearl Harbor. Le 5 novembre 1941, l'empereur approuva en confĂ©rence impĂ©riale le plan d'opĂ©ration pour une guerre contre les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Hollande prĂ©vu pour le dĂ©but dĂ©cembre[5]. Le jour mĂȘme, le Quartier-gĂ©nĂ©ral impĂ©rial mit en application la dĂ©cision adoptĂ©e Ă  la confĂ©rence et ordonna au commandant en chef de la flotte combinĂ©e, l’amiral Isoroku Yamamoto, de mettre en branle la mission sur Pearl Harbor[6]. Les nĂ©gociations avec les États-Unis demeurant dans une impasse, Hirohito approuva finalement le 1er dĂ©cembre en confĂ©rence impĂ©riale la guerre de la Grande Asie orientale[7], aprĂšs que Nagano et le ministre de la Marine Shigetaro Shimada, l'eurent rassurĂ© la veille sur les chances de succĂšs de l'entreprise en rĂ©futant l'argument du prince Nobuhito Takamatsu Ă  l'effet que la Marine ne puisse tenir plus de deux ans contre les États-Unis[8].

Le prince Nobuhito Takamatsu

Les forces en présence[9]

À partir du XIXe siĂšcle, la puissance militaire japonaise se renforça et se modernisa grandement. Pour pallier la hausse du chĂŽmage provoquĂ©e par la Grande DĂ©pression, le gouvernement multiplia les commandes d'armement. Les dĂ©penses militaires augmentĂšrent fortement. Au total, le Japon possĂ©dait en 1941 une quinzaine de cuirassĂ©s, une dizaine de porte-avions, 50 croiseurs, 110 destroyers, 80 sous-marins et quelques 1 350 avions[10]. Surtout, le pays comptait 73 millions d'habitants[11] animĂ©s d'une fiertĂ© patriotique[12] et d'un esprit de sacrifice. Les militaires japonais Ă©taient confiants dans la supĂ©rioritĂ© de leur armĂ©e ; en outre, Tƍkyƍ Ă©tait assurĂ© du soutien allemand en cas de contre-attaque des AmĂ©ricains.

En 1941, les États-Unis n'Ă©taient pas prĂȘts Ă  entrer en guerre[13]. Certes, le pays Ă©tait une puissance dĂ©mographique (132 millions d’habitants)[14] et industrielle de premier ordre. En 1941, l'aviation amĂ©ricaine pouvait avancer plusieurs milliers d'avions mais beaucoup Ă©taient obsolĂštes[15]. En 1940, face aux trois millions de soldats japonais, l'United States Army Ă©tait en position d'infĂ©rioritĂ© numĂ©rique (250 000 hommes)[16].

Surtout, l’opinion amĂ©ricaine n'Ă©tait pas prĂȘte Ă  entrer en guerre[17]. Le souvenir de la PremiĂšre Guerre mondiale et des soldats amĂ©ricains morts en Europe Ă©tait encore trĂšs prĂ©sent. Les emprunts contractĂ©s par les belligĂ©rants auprĂšs des États-Unis n'avaient pas Ă©tĂ© remboursĂ©s[18] et beaucoup d'AmĂ©ricains Ă©taient isolationnistes. Le prĂ©sident Franklin Roosevelt (1933-1945) ne voulait pas s'aliĂ©ner les AmĂ©ricains d'origine allemande, italienne et japonaise. Le comitĂ© America First, une association pacifiste influente, faisait Ă©galement pression pour maintenir les États-Unis hors de la guerre.

En janvier 1941, Roosevelt promit à Winston Churchill que son pays interviendrait d'abord contre l'Allemagne nazie et non contre le Japon[17]. Pour soulager le Royaume-Uni dans la bataille de l'Atlantique, d'avril à juin 1941, trois cuirassés, un porte-avions, quatre croiseurs et deux flottilles de destroyers sont transférés du Pacifique à l'Atlantique (soit 20% de la flotte du Pacifique) ce qui laisse la supériorité numérique dans la zone à la marine japonaise.

Vue aérienne de Pearl Harbor en octobre 1941

La base de Pearl Harbor

Article dĂ©taillĂ© : Pearl Harbor.

Pearl Harbor constituait la plus grande base navale amĂ©ricaine dans l'ocĂ©an Pacifique[19]. Elle se trouvait sur la cĂŽte sud de l’üle d’Oahu, dans l’archipel d’Hawaii, 15 km Ă  l’ouest d’Honolulu. Elle Ă©tait relativement isolĂ©e dans l'ocĂ©an Pacifique, Ă  3 500 km de Los Angeles et Ă  6 500 km de Tƍkyƍ. L'Ăźle d'Oahu Ă©tait la plus peuplĂ©e de l'archipel hawaĂŻen et se trouvait sur la route des bases amĂ©ricaines de Guam, Wake et Midway. Au dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale, 140 Ă  180 000 Japonais rĂ©sidaient Ă  Hawaii[20].

Localisation des principaux navires

La base de Pearl Harbor s'Ă©tendait autour d'une rade peu profonde. L'entrĂ©e de cette rade se faisait par un chenal trĂšs Ă©troit (400 mĂštres de large[13]). La plupart des navires de guerre mouillaient Ă  l'intĂ©rieur de la rade, Ă  l'est et au nord de l'Ăźle de Ford. Trois se trouvaient Ă  l’ouest (l’USS Utah, l'USS Raleigh et l'USS Curtiss). Les bĂątiments de guerre Ă©taient amarrĂ©s deux par deux, par souci d'Ă©conomie et par manque de place.

La flotte de guerre amĂ©ricaine du Pacifique comprenait alors 86 unitĂ©s[21] : 28 destroyers, 9 croiseurs, 8 cuirassĂ©s, 5 sous-marins, un cuirassĂ©-cible (l’USS Utah) et une trentaine de bĂątiments auxiliaires. On comptait enfin 25 000 hommes sur la base[22] et environ 300 avions de l'USAAF et de l'aĂ©ronavale dans l’üle. Le gĂ©nĂ©ral Walter Short Ă©tait le commandant des forces terrestres tandis que la flotte du Pacifique Ă©tait sous les ordres de l'amiral Husband Kimmel. La dĂ©fense des installations et des ateliers de rĂ©paration Ă©tait assurĂ©e par 35 B-17[22], la DCA et les dĂ©fenses littorales.

La stratégie et les plans japonais

Article dĂ©taillĂ© : Marine impĂ©riale japonaise.
Le drapeau de la marine impériale

L'objectif de l'attaque Ă©tait d'anĂ©antir la flotte amĂ©ricaine stationnĂ©e Ă  Pearl Harbor afin de conquĂ©rir sans difficultĂ© l'Asie du Sud-Est et les Ăźles de l'ocĂ©an Pacifique. Le but Ă©tait de contraindre les forces amĂ©ricaines Ă  quitter Hawaii pour se replier sur les bases de Californie. Il fallait par ailleurs rĂ©duire en cendres les docks, les ateliers de rĂ©paration et le champ de rĂ©servoirs contenant les approvisionnements en mazout pour la flotte du Pacifique, sans oublier les aĂ©rodromes de Wheeler Field et d'Hickham Field. Le Japon voulait aussi effacer l’humiliation des sanctions Ă©conomiques prises par Washington. Les prĂ©paratifs de l'attaque furent confiĂ©s au commandant en chef de la flotte Isoroku Yamamoto.

Les préparatifs de l'opération

ApprouvĂ© officiellement le 5 novembre 1941 par Hirohito[5], le plan d’attaque de Pearl Harbor avait quant Ă  lui Ă©tĂ© Ă©laborĂ© dĂšs le dĂ©but de l’annĂ©e 1941[23],[24].

Ce plan devait surmonter deux difficultĂ©s. PremiĂšrement, l’isolement relatif d’Hawaii rendait impossible le recours aux navires de guerre classiques. DeuxiĂšmement, les eaux peu profondes de la rade de Pearl Harbor empĂȘchaient l’utilisation de torpilles conventionnelles qui auraient explosĂ© sur le fond marin avant d’atteindre leur cible.

La stratĂ©gie japonaise s’inspirait de deux batailles : la premiĂšre Ă©tait celle de Port-Arthur (8-9 fĂ©vrier 1904) au cours de laquelle l'amiral Heihachirƍ Tƍgƍ mena une attaque surprise sur la flotte russe ; la seconde Ă©tait la bataille de Tarente (novembre 1940) au cours de laquelle l’amiral britannique Andrew Cunningham avait lancĂ© plusieurs bombardiers-torpilleurs Fairey Swordfish depuis un porte-avions contre la flotte italienne.

En 1941, l’amiral Isoroku Yamamoto envoya des experts japonais en Italie pour recueillir des informations qui permettraient de transposer cette stratĂ©gie dans le Pacifique. La dĂ©lĂ©gation revint avec des renseignements sur les torpilles que les ingĂ©nieurs de Cunningham avaient imaginĂ©es. Les plans japonais ont sans doute Ă©tĂ© aussi influencĂ©s par ceux de l’amiral amĂ©ricain Harry Yarnell qui anticipait une invasion d’Hawaii. Au cours d’un exercice militaire du 7 fĂ©vrier 1932, ce dernier avait mis en Ă©vidence la vulnĂ©rabilitĂ© d’Oahu en cas d’attaque aĂ©rienne par le nord-ouest. La simulation avait montrĂ© que des avions ennemis pourraient infliger de sĂ©rieux dommages et que la flotte ennemie, restĂ©e Ă  l'Ă©cart des cĂŽtes, serait indĂ©tectable pendant 24 heures. À l'acadĂ©mie navale de Tƍkyƍ, les jeunes officiers savaient qu’« au cas oĂč le gros de la flotte de l’ennemi serait stationnĂ© Ă  Pearl Harbor, l’idĂ©e devrait ĂȘtre d’ouvrir les hostilitĂ©s par une attaque aĂ©rienne surprise Â»[25].

le jeune officier Minoru Genda concepteur du plan d'attaque de Pearl Harbor.

Yamamoto eut du mal Ă  faire accepter son plan d'attaque : par exemple, l’amiral Nagano jugeait l’entreprise particuliĂšrement risquĂ©e[26]. L’empereur ne souhaitait pas une attaque surprise sans dĂ©claration de guerre[6]. Les rĂ©ticences venaient du fait que l’opĂ©ration devait engager une grande partie de la marine de guerre et parcourir des milliers de kilomĂštres sans ĂȘtre repĂ©rĂ©e. Il s'agissait d'une attaque exceptionnelle. Yamamoto menaça de dĂ©missionner pour que son plan soit finalement adoptĂ©, en octobre 1941[27]. Cela laissa donc peu de temps Ă  Minoru Genda pour prĂ©parer l’expĂ©dition, essayer les nouvelles torpilles et entraĂźner les hommes pour la mission.

Pour que la bataille ait des chances de rĂ©ussir, il fallait qu’elle soit prĂ©cisĂ©ment dĂ©finie et menĂ©e dans le plus grand secret. Les ingĂ©nieurs militaires japonais crĂ©Ăšrent des torpilles spĂ©ciales (Type 91) munies d’ailerons pour les stabiliser. Ils produisirent Ă©galement des bombes capables de percer la coque des navires.

Le 3 novembre, l'amiral Nagano expliqua en dĂ©tail le plan d'attaque Ă  Hirohito[28]. Le 5 novembre, l'empereur approuva en confĂ©rence impĂ©riale le plan d’attaque[29]. Les renseignements fournis par des Japonais d’Hawaii furent dĂ©terminants dans la rĂ©ussite de l’opĂ©ration : il fallait attaquer un dimanche car la flotte amĂ©ricaine n’était pas en manƓuvre le week-end et de nombreux Ă©quipages n’étaient pas complets. Il n’y avait aucune patrouille ce jour-lĂ . Les espions japonais fournirent Ă©galement des informations sur la situation de la flotte amĂ©ricaine.

Le départ de la flotte japonaise

Le 14 novembre 1941, la « flotte combinĂ©e Â» se concentra dans la baie d’Hito-Kappu, au sud des Ăźles Kouriles. Elle se composait d'une force de choc qui comportait notamment six porte-avions (Akagi, HiryĆ«, Kaga, Shƍkaku, SƍryĆ«, Zuikaku[30]) et plus de 400 avions : des avions de chasse Mitsubishi A6M (les ZĂ©ros), des bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N (Les Kate) et des bombardiers en piquĂ© Aichi D3A (les Val). Une flotte de reconnaissance comprenait 22 sous-marins[13], cinq sous-marins de poche Ko-hyoteki, emportant chacun deux hommes et deux torpilles de 450 mm et trois croiseurs lĂ©gers[31]. Huit bateaux de ravitaillement en carburant accompagnaient l’expĂ©dition[32].

Le 26 novembre, alors que les deux gouvernements étaient encore en pourparlers, l'armada de la marine impériale japonaise quitta secrÚtement le Japon. Elle se dirigea vers l'archipel d'Hawaii par le nord en empruntant une route peu fréquentée.

Le 1er dĂ©cembre, Hirohito approuva en confĂ©rence impĂ©riale la Guerre de la Grande Asie orientale et autorisa le bombardement de Pearl Harbor[33]. Lorsque la flotte reçut l'ordre officiel d'attaquer le 2 dĂ©cembre, les pourparlers se poursuivaient encore (voir ci-dessous). Le 6 dĂ©cembre, la flotte qui se trouvait Ă  200 milles marins (370 km) au nord de Pearl Harbor, reçut le signal d’attaque : « Grimpez sur le mont Niitaka Â»[34].

Les navires et appareils japonais :

Rupture des négociations et déclaration de guerre

Les nĂ©gociations entre le Japon et les États-Unis, reprises en novembre 1941, se trouvaient bloquĂ©es Ă  la veille de l'attaque : les Japonais exigeaient l'arrĂȘt du soutien amĂ©ricain aux Chinois. Le secrĂ©taire d'État Cordell Hull rĂ©clamait quant Ă  lui le retrait des troupes nipponnes de Chine. Le 6 dĂ©cembre 1941, Roosevelt transmit un tĂ©lĂ©gramme Ă  l’empereur Hirohito afin de reprendre les nĂ©gociations qui avaient lieu Ă  Washington[35].

Le mĂȘme jour, le ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres japonais envoya Ă  ses nĂ©gociateurs et Ă  l'ambassadeur Kichisaburo Nomura en place Ă  Washington un document codĂ© en 14 points ; ils avaient pour consigne de le remettre au secrĂ©taire d’État amĂ©ricain le lendemain Ă  13h00, soit 7h30 heure d’Hawaii[36]. Mais le message ne fut pas remis Ă  l’heure prĂ©vue en raison de retards dans le dĂ©cryptage. Les services amĂ©ricains de renseignement rĂ©ussirent Ă  dĂ©coder le message bien avant l’ambassade japonaise : seul le dernier point du mĂ©morandum, c’est-Ă -dire la dĂ©claration de guerre, n’avait pas Ă©tĂ© dĂ©chiffrĂ© par les AmĂ©ricains[35]. Le 7 dĂ©cembre Ă  11h58, heure de Washington (6h28 Ă  Hawaii), le gĂ©nĂ©ral George Marshall lut le message ; inquiet par sa teneur, Marshall fut persuadĂ© qu'une attaque se prĂ©parait. Il expĂ©dia un tĂ©lĂ©gramme pour donner l'alerte aux bases amĂ©ricaines situĂ©es aux Philippines, Ă  Panama, Ă  San Diego et Ă  Pearl Harbor. En raison de dĂ©faillances techniques, l'alerte arriva trop tard Ă  Hawaii, plusieurs heures aprĂšs les bombardements. Le message parvint Ă  l’ambassadeur amĂ©ricain au Japon environ dix heures aprĂšs la fin de l’attaque.

L'attaque

Avions japonais au décollage d'un porte-avions le 7 décembre

Isoroku Yamamoto et d’autres gĂ©nĂ©raux avaient prĂ©vu une attaque en trois vagues mais le vice-amiral Chuichi Nagumo dĂ©cida de n’en retenir que deux. Le nombre total d’avions impliquĂ©s dans l’attaque Ă©tait de 350. 91 avions furent engagĂ©s dans la protection des porte-avions et des navires.

Ce fut dans la nuit du 6 au 7 dĂ©cembre que les opĂ©rations dĂ©butĂšrent massivement, l'aube permettant de rĂ©duire les prĂ©cautions Ă  prendre pour Ă©viter d'ĂȘtre repĂ©rĂ© et accĂ©lĂ©rer ainsi la vitesse de progression.

Les missions de reconnaissance

Vers minuit, les sous-marins de haute mer lancĂšrent cinq sous-marins de poche qui se dirigĂšrent vers l'Ăźle d'Oahu.

À 3 h 58, le dragueur de mines USS Condor signala la prĂ©sence d’un sous-marin dans la rade de Pearl Harbor au destroyer USS Ward. Ce dernier se mit alors Ă  sa recherche sans succĂšs : l'intrus avait rapidement disparu. L'amirautĂ© de Pearl Harbor ne donna pas l'alerte[37]. À 6h37, le Ward repĂ©ra un autre sous-marin qui Ă©tait chargĂ© de renseigner la flotte japonaise et le dĂ©truisit.

La premiĂšre vague

Les deux vagues d'attaque aérienne

C'est entre 6h00 et 7h15 que la premiĂšre vague de 183 avions[30], conduite par le capitaine Mitsuo Fuchida, s'envola vers Pearl Harbor : elle comprenait 49 bombardiers moyens, 51 bombardiers en piquĂ©, 40 bombardiers torpilleurs et 43 avions de combat. Leur prĂ©sence ne fut dĂ©tectĂ©e que vers 7h00 par deux soldats amĂ©ricains Ă  la station d’Opana Point (un radar SCR-270 situĂ© prĂšs de la pointe nord d'Oahu). Ces derniers ne sont pas pris au sĂ©rieux par un nouvel officier, le lieutenant Kermit A. Tyler, convaincu qu’il s’agissait de six bombardiers B-17 qui arrivaient de Californie[38] et qui Ă©taient attendus.

Vers 7h30, le premier avion japonais fit une reconnaissance dans les alentours et donna le signal : « Pearl Harbor dort. Â» Les premiers avions survolĂšrent la base amĂ©ricaine Ă  7h40[39]. Les avions torpilleurs volaient Ă  basse altitude et provenaient de diffĂ©rentes directions. Les bombardiers volaient quant Ă  eux Ă  haute altitude.

À 7h53[40], les premiĂšres bombes nipponnes furent larguĂ©es et les avions se mirent en formation d’attaque[41]. Le contre-amiral Patrick Bellinger donna l'alerte.

Cinq sous-marins Ko-hyoteki torpillĂšrent les bateaux amĂ©ricains aprĂšs le dĂ©but des bombardements. Sur les dix hommes qui se trouvaient Ă  bord des sous-marins, neuf trouvĂšrent la mort ; le seul survivant, Kazuo Sakamaki, fut capturĂ© et devint le premier prisonnier de guerre japonais fait par les AmĂ©ricains au cours de la Seconde Guerre mondiale. Une Ă©tude de l’institut naval amĂ©ricain conduite en 1999 indique qu’une torpille toucha l'USS West Virginia qui devint la premiĂšre cible de l’attaque japonaise.

Cette premiĂšre attaque Ă©tait divisĂ©e en six unitĂ©s dont une dirigĂ©e sur le poste militaire de Wheeler Field (voir le plan). Les Japonais exploitĂšrent les premiers moments de surprise pour bombarder les navires les plus importants, surtout Ă  l'est de la rade. Chacune des attaques aĂ©riennes commençait par les bombardiers et finissait par les unitĂ©s de combat afin de contrer les poursuites Ă©ventuelles. La premiĂšre attaque engagea le flanc droit de l’ennemi.

La deuxiĂšme vague

Un hangar d'avions de l'ßle Ford brûle.

A 8h 30, la deuxiĂšme phase de l'attaque (167 appareils) visa le flanc gauche et utilisa davantage de bombardiers en vol horizontal. Elle comprenait 54 bombardiers moyens, 78 bombardiers en piquĂ© et 35 chasseurs. Elle fut menĂ©e par le lieutenant-commandant Shigekazu Shimazaki. Elle Ă©tait divisĂ©e en quatre unitĂ©s dont l’une fut lancĂ©e sur la base de Kānehohe, Ă  l'est de Pearl Harbor. Les diffĂ©rentes formations arrivĂšrent presque en mĂȘme temps sur le site depuis plusieurs directions.

Au cours de la deuxiĂšme vague, un sous-marin de poche venu en surface fut pris pour cible par le Curtiss et coulĂ© par le destroyer USS Monaghan. La seconde vague s’acheva Ă  9h45[42]. AprĂšs l'attaque, des avions survolĂšrent le site afin d’étudier les dommages et de faire un rapport.

Défense américaine

Explosion de l'USS Arizona

Les hommes qui se trouvaient Ă  bord des navires amĂ©ricains furent rĂ©veillĂ©s par les explosions. Le fameux message « Air raid Pearl Harbor. This is not a drill Â» (« Attaque aĂ©rienne sur Pearl Harbor. Ceci n’est pas un exercice Â») fut prononcĂ© par le commandant Logan Ramsey Ă  7h58, cinq minutes aprĂšs les premiĂšres bombes[43]. L'amiral Husband Kimmel alerta Washington DC quelque temps aprĂšs.

En dĂ©pit du manque de prĂ©paration et des scĂšnes de panique, plusieurs militaires se sont illustrĂ©s durant la bataille[43]. L’amiral Isaac C. Kidd et le capitaine Franklin Van Valkenburgh se ruĂšrent sur le pont de l'USS Arizona afin d’organiser la dĂ©fense et furent tuĂ©s par l’explosion d'un dĂ©pĂŽt d’armes tout proche. Les deux hommes furent honorĂ©s de maniĂšre posthume par la mĂ©daille d’honneur. L’enseigne Joe Taussig mit l'USS Nevada en route pendant l’attaque. L’un des destroyers, l’USS Aylwin, fit de mĂȘme avec seulement quatre officiers Ă  son bord, le reste de l'Ă©quipage Ă©tant composĂ© d'enseignes qui avaient peu d’expĂ©rience en mer. Le capitaine Mervyn Bennion, commandant l'USS West Virginia, dirigea son Ă©quipage jusqu’à ce qu'il fĂ»t tuĂ© par des fragments de bombes. Les premiĂšres victimes de l’attaque aĂ©rienne se trouvaient sur le sous-marin USS Tautog qui abattit Ă©galement le premier Japonais. L'Afro-AmĂ©ricain Doris « Dorie » Miller, qui servait comme cuisinier sur l'USS West Virginia, prit le contrĂŽle d’une mitrailleuse de lutte anti-aĂ©rienne et s’en servit pour tirer sur des avions japonais : il en toucha au moins un alors que son navire Ă©tait bombardĂ© dans le mĂȘme temps. Il reçut la croix de la marine (Navy Cross) aprĂšs la bataille. 14 marins et officiers furent par ailleurs rĂ©compensĂ©s par la mĂ©daille d’honneur. Une distinction militaire spĂ©ciale, la Pearl Harbor Commemorative Medal, fut par la suite dĂ©cernĂ©e Ă  tous les vĂ©tĂ©rans de l’attaque. Dans le ciel, la seule opposition importante vint d’une poignĂ©e de Curtiss H.75 et de Curtiss P-40 Warhawk qui firent 25 sorties et par les dĂ©fenses anti-aĂ©riennes. Des avions dĂ©collĂšrent pour tenter de repĂ©rer la flotte japonaise, en vain[44].

Une troisiÚme vague avortée

Epave du destroyer Shaw suite Ă  son explosion.

Certains officiers pressĂšrent l'amiral Nagumo de lancer une troisiĂšme attaque afin d'anĂ©antir les dĂ©pĂŽts de carburant et les infrastructures de Pearl Harbor. Certains historiens ont suggĂ©rĂ© que la destruction des rĂ©serves de carburant et des Ă©quipements de rĂ©paration aurait fortement handicapĂ© la flotte du Pacifique, bien plus que la perte des navires de ligne. Cependant, Nagumo dĂ©cida de renoncer Ă  une troisiĂšme attaque pour plusieurs raisons : en premier lieu, les succĂšs des dĂ©fenses antiaĂ©riennes furent plus nombreux au cours de la seconde vague et occasionnĂšrent les 2/3 des dommages nippons. L'effet de surprise avait disparu et une troisiĂšme vague risquait d’accroĂźtre les pertes japonaises. Ensuite, la prĂ©paration d'une troisiĂšme attaque aurait pris beaucoup trop de temps, laissant aux AmĂ©ricains la possibilitĂ© d'attaquer les forces de Nagumo situĂ©es Ă  moins de 400 km au nord d'Oahu. L'armada pouvait rapidement ĂȘtre localisĂ©e et prise en chasse par les sous-marins ennemis. En outre, les Japonais ignoraient toujours la position des porte-avions amĂ©ricains et avaient atteint la limite de leurs capacitĂ©s logistiques : rester plus longtemps augmentait le danger de manquer de carburant. La deuxiĂšme vague avait atteint l'objectif initial de la mission, Ă  savoir neutraliser la flotte amĂ©ricaine du Pacifique. On se souvient que les autoritĂ©s japonaises avaient Ă©tĂ© rĂ©ticentes devant cette opĂ©ration, c'est pourquoi l'expĂ©dition devait s'arrĂȘter lĂ . Il Ă©tait donc temps de partir, d'autant que le Japon avait d'autres objectifs stratĂ©giques dans le Sud-Est asiatique.

Bilan de l'attaque

Du cÎté américain

Voir le tableau au début de l'article

le Pennsylvania, le Cassin et le Dowes touchés
Bateaux en flamme

Le bilan humain de l'attaque fut lourd : 2 403 AmĂ©ricains sont morts dont 68 civils, tuĂ©s par les bombes ou les Ă©clats de bombes tombĂ©s dans les zones civiles, jusqu'Ă  Honolulu. L'attaque fit Ă©galement 1 178 blessĂ©s[30].

PrĂšs de la moitiĂ© des pertes amĂ©ricaines, soit 1 102 hommes, fut provoquĂ©e par l'explosion et le naufrage de l' USS Arizona. Celui-ci explosa Ă  cause d'un obus de marine de 400 mm modifiĂ© de façon telle qu'il puisse ĂȘtre utilisĂ© comme une bombe par un avion, larguĂ© par Tadashi Kusumi. L'incendie de la chaufferie fut sans doute provoquĂ© par une bombe qui entra dans la cheminĂ©e[45]. La coque de l'Arizona sert aujourd'hui de mĂ©morial. Il continue d’ailleurs de perdre un peu de carburant, 66 ans aprĂšs l’attaque.

L'attaque avait visĂ© les cuirassĂ©s stationnĂ©s dans la rade : l'USS Nevada fut endommagĂ© par une torpille et un incendie ; il fut la cible de nombreuses bombes japonaises lorsqu'il se mit en route et finit par toucher le fond de la rade par l'avant[20]. L'USS California fut touchĂ© par deux bombes et deux torpilles. L'Ă©quipage reçut l'ordre d'Ă©vacuer le navire. L'USS Utah, qui constituait une cible facile, fut touchĂ© deux fois par des torpilles. Sept torpilles affectĂšrent l'USS West Virginia et la derniĂšre eut pour consĂ©quence de dĂ©tacher le gouvernail. L'USS Oklahoma fut frappĂ© par quatre torpilles et chavira. L'USS Maryland fut atteint par deux obus de marine de 400 modifiĂ©s, sans subir de dommages sĂ©rieux. L'USS Pennsylvania est touchĂ© au cours de la deuxiĂšme vague d'attaque alors qu'il Ă©tait en cale sĂšche.

Sauvetage des survivants du USS Virginia
Le USS West Virginia coulé

MĂȘme si les Japonais ont concentrĂ© leurs tirs sur les navires de ligne, ils n'ont pas Ă©pargnĂ© non plus les autres cibles. Le croiseur lĂ©ger USS Helena fut torpillĂ© et le choc provoqua le chavirement du mouilleur de mines USS Oglala situĂ© Ă  cĂŽtĂ©. Deux destroyers en cale sĂšche furent dĂ©truits lorsque des bombes touchĂšrent leur rĂ©servoir de carburant. L’incendie se propagea Ă  d'autres navires. Le croiseur lĂ©ger USS Raleigh fut touchĂ© par une torpille qui ouvrit une brĂšche. Le croiseur lĂ©ger USS Honolulu fut endommagĂ© mais resta en service. Le destroyer USS Cassin chavira et le destroyer USS Downes fut sĂ©rieusement endommagĂ©. Le bateau de rĂ©paration USS Vestal, rangĂ© bord Ă  bord avec l’Arizona (alors en feu), fut gagnĂ© par les flammes qui ravageaient ce dernier et finit par sombrer Ă  son tour. Le navire ravitailleur USS Curtiss fut Ă©galement endommagĂ©.

La quasi totalitĂ© des 188 avions d'Hawaii furent dĂ©truits ou endommagĂ©s. Lorsque les Japonais arrivĂšrent au-dessus des aĂ©rodromes amĂ©ricains, ils trouvĂšrent 155 avions stationnĂ©s aile contre aile pour Ă©viter le sabotage, mais constituant ainsi des cibles idĂ©ales. Les attaques sur les casernes tuĂšrent des pilotes et d’autres membres du personnel. Des tirs amis ont abattu plusieurs avions amĂ©ricains.

L'aĂ©ronavale perdit 13 chasseurs, 67 bombardiers, trois avions de transport et quatre forteresses volantes[44] en plus de la moitiĂ© des avions de combat qui se sont retrouvĂ©s clouĂ©s au sol parce qu'ils avaient Ă©tĂ© disposĂ©s aile contre aile ce qui les empĂȘcha de dĂ©coller rapidement. L'aviation de l'armĂ©e de terre fut aussi gravement touchĂ©e : 12 B-18, 20 A-9, 2 A-20, 4 P-26, 20 P-36 et 32 P-40[46].

Dans le camp japonais

Du cĂŽtĂ© japonais, les pertes humaines furent beaucoup moins lourdes : 64 morts (55 aviateurs et neuf sous-mariniers[30]) ; l'enseigne Kazuo Sakamaki fut capturĂ©, premier prisonnier de guerre japonais du conflit.

Le bilan matĂ©riel fut aussi limitĂ© : les cinq sous-marins de poche engagĂ©s furent coulĂ©s ou capturĂ©s et un sous-marin de croisiĂšre a Ă©tĂ© coulĂ© le 10 dĂ©cembre (le I-70 avec 121 membres d'Ă©quipage fut dĂ©truit par des avions de l'USS Enterprise) . Sur les 441 avions japonais disponibles, 350 prirent part Ă  l’attaque et 29 furent abattus durant la bataille[30], neuf au cours de la premiĂšre vague, vingt dans la seconde. 74 autres furent touchĂ©s par les dĂ©fenses antiaĂ©riennes et l’artillerie au sol. Le plan audacieux de Yamamoto et de Genda avait atteint ses objectifs mais provoqua l'entrĂ©e en guerre de la premiĂšre puissance industrielle du monde.

Un succĂšs Ă  relativiser

« Vengez Pearl Harbor. Nos balles y arriveront. Â»

Cependant, l'armada japonaise s'en retourna sans qu'aucun porte-avions amĂ©ricain ne fĂ»t dĂ©truit car ils ne se trouvaient pas Ă  Pearl Harbor. L'USS Enterprise rentrait au port et se trouvait Ă  300 km au dĂ©but de l'attaque (6 des 18 SBD qu'il avait fait dĂ©coller Ă  6h20 en direction d'Hawaii ont Ă©tĂ© dĂ©truits), l'USS Lexington livrait des avions Ă  Midway et l'USS Saratoga Ă©tait Ă  San Diego en train d'embarquer son groupe aĂ©rien et de subir des rĂ©parations. D'autre part, presque tous les navires touchĂ©s Ă©taient des vieux bĂątiments et 80% d'entre eux furent remis en Ă©tat et modernisĂ©s aprĂšs l'attaque[44]. Les destroyers Cassin et Downes furent gravement endommagĂ©s mais leurs machines furent sauvĂ©es et elles Ă©quipĂšrent d’autres bĂątiments portant leur nom d’origine. En fin de compte, les pertes matĂ©rielles les plus graves furent celles des 155 avions et des dĂ©gĂąts matĂ©riels dans la base.

En fait, l'attaque japonaise sur Pearl Harbor fut une brillante rĂ©ussite tactique mais un Ă©chec du point de vue stratĂ©gique mĂȘme si aucun des deux belligĂ©rants n'en Ă©tait conscient sur le moment. En effet, malgrĂ© les pertes, la base resta opĂ©rationnelle (port, pistes, rĂ©servoirs de carburant et surtout atelier de rĂ©paration n'ont pas Ă©tĂ© dĂ©truits ou marginalement). Yamamoto aurait dit :

« Je crains que tout ce que nous avons rĂ©ussi Ă  faire est de rĂ©veiller un gĂ©ant endormi et de le remplir d'une terrible rĂ©solution. Â»

Contrainte de se battre sans cuirassĂ©s, la marine amĂ©ricaine dĂ©veloppa par la suite de nouvelles tactiques navales reposant sur des Task forces combinant des porte-avions et des sous-marins, reprenant la stratĂ©gie japonaise employĂ©e Ă  Pearl Harbor. Ces nouvelles mĂ©thodes permirent de freiner l'avance japonaise en 1942, dĂ©lai que l'amiral Yamamoto estimait avoir donnĂ© au Japon avant que la capacitĂ© industrielle dĂ©multipliĂ©e des États-Unis ne leur donne une supĂ©rioritĂ© Ă©crasante. Paradoxalement, la doctrine navale japonaise continua Ă  considĂ©rer les cuirassĂ©s comme les navires les plus importants.

Conséquences et portée de l'événement

EntrĂ©e en guerre des États-Unis

Roosevelt s'adresse au CongrÚs américain le 8 décembre 1941

AprÚs l'attaque japonaise sur la base navale américaine, le président Roosevelt engagea son pays dans la Seconde Guerre mondiale aux cÎtés des Alliés. Les Japonais firent une déclaration de guerre officielle mais à cause de divers contretemps, elle ne fut présentée qu'aprÚs l'attaque.

Le 8 dĂ©cembre 1941, le prĂ©sident Roosevelt dĂ©clara :

« Hier, 7 dĂ©cembre 1941, une date qui restera dans l'Histoire comme un jour d’infamie, les États-Unis d'AmĂ©rique ont Ă©tĂ© attaquĂ©s dĂ©libĂ©rĂ©ment par les forces navales et aĂ©riennes de l'empire du Japon. Les États-Unis Ă©taient en paix avec le Japon et Ă©taient mĂȘme, Ă  la demande de ce pays, en pourparlers avec son gouvernement et son empereur sur les conditions du maintien de la paix dans le Pacifique. Qui plus est, une heure aprĂšs que les armĂ©es nippones eurent commencĂ© Ă  bombarder Oahu, un reprĂ©sentant de l'ambassade du Japon aux États-Unis a fait au secrĂ©tariat d'État une rĂ©ponse officielle Ă  un rĂ©cent message amĂ©ricain. Cette rĂ©ponse semblait prouver la poursuite des nĂ©gociations diplomatiques, elle ne contenait ni menace, ni dĂ©claration de guerre [
]. J'ai demandĂ© Ă  ce que le CongrĂšs dĂ©clare depuis l'attaque perpĂ©trĂ©e par le Japon dimanche 7 dĂ©cembre, l'Ă©tat de guerre contre le Japon[47]. Â»

Le CongrĂšs amĂ©ricain dĂ©clara la guerre au Japon Ă  la quasi unanimitĂ© ; seule la pacifiste Jeannette Rankin (dĂ©putĂ©e rĂ©publicaine du Montana) s'opposa Ă  cette dĂ©cision. Roosevelt signa la dĂ©claration le jour mĂȘme. Avec la loi sur la conscription du 20 dĂ©cembre 1941, la mobilisation s'Ă©largit Ă  tous les AmĂ©ricains entre 20 et 40 ans[48]. Le 22 dĂ©cembre 1941 dĂ©buta la confĂ©rence Arcadia au cours de laquelle Churchill et Roosevelt dĂ©cidĂšrent d'unir leurs forces contre l'Allemagne nazie. La DĂ©claration des Nations unies du 1er janvier 1942 prĂ©voyait la crĂ©ation de l'ONU. Enfin, le pays dut convertir son Ă©conomie pour rĂ©pondre aux besoins de la guerre, un processus qui commença le 6 janvier 1942 avec l'annonce du « Programme de la Victoire Â». L'entrĂ©e en guerre des États-Unis marquait un tournant dans la mondialisation du conflit.

Réaction du Japon et de ses alliés

Carte des conquĂȘtes japonaises (1937-1942)

Dans les heures qui suivirent, le Royaume-Uni (et son empire colonial, le Canada, l'Australie, l'Afrique du Sud) entrĂšrent en guerre contre le Japon.

L'Allemagne nazie et l'Italie fasciste dĂ©clarĂšrent la guerre aux États-Unis le 11 dĂ©cembre 1941, quatre jours aprĂšs l'attaque de Pearl Harbor. Selon les termes du pacte tripartite, Hitler et Mussolini n'Ă©taient pourtant pas obligĂ©s de dĂ©clarer la guerre. Cependant, les relations entre les pays europĂ©ens de l’Axe et Washington s'Ă©taient dĂ©tĂ©riorĂ©es depuis 1937.

Les adversaires du New Deal de Roosevelt, notamment le Chicago Tribune, rendirent public le plan de guerre amĂ©ricain pour l’Europe. Hitler estimait qu'un conflit avec les États-Unis Ă©tait inĂ©vitable. Ce sentiment fut renforcĂ© par la publication du plan amĂ©ricain, par l’attaque de Pearl Harbor et par le discours de Roosevelt. Le FĂŒhrer mĂ©prisait les AmĂ©ricains, en particulier les Noirs qu'il tenait pour infĂ©rieurs. Il sous-estima Ă©galement la puissance productive des États-Unis, leur capacitĂ© Ă  combattre sur deux fronts Ă  la fois (en Europe et dans le Pacifique) et les consĂ©quences du prĂȘt-bail sur ses adversaires. Les nazis escomptaient qu'Ă  la suite de la dĂ©claration de guerre contre les États-Unis, le Japon s'engagerait davantage contre l'URSS (avec laquelle il est en paix depuis la conclusion du pacte nippo-soviĂ©tique du 13 avril 1941) et les possessions europĂ©ennes en Asie[49]. Mais le thĂ©Ăątre d'opĂ©ration du Pacifique devint l’unique objet d’attention du Japon.

Dans les heures qui ont suivi l'attaque de Pearl Harbor, les Japonais attaquĂšrent diverses colonies et bases militaires britanniques et amĂ©ricaines en Asie et dans le Pacifique : la Malaisie, Hong Kong, Guam et Wake. Peu aprĂšs les Ă©vĂ©nements de Pearl Harbor, les bombardiers de la 11e flotte aĂ©rienne japonaise s'en prirent Ă  la 7e flotte de l'Air Force amĂ©ricaine basĂ©e aux Philippines et Ă  la force « Z Â» britannique ce qui ouvrait la voie Ă  la capture des deux premiers objectifs visĂ©s. Le 16 dĂ©cembre, les forces nippones contrĂŽlaient le nord de l'Ăźle de BornĂ©o, Hong Kong capitula le 25 dĂ©cembre et Singapour tomba en janvier 1942.

L'événement vu par les Japonais

Bien que la propagande antiamĂ©ricaine eĂ»t prĂ©parĂ© l'opinion publique japonaise Ă  la guerre contre les États-Unis, il semble que la plupart des Japonais furent surpris lorsqu'ils apprirent la nouvelle : l'attaque avait en effet Ă©tĂ© menĂ©e dans le plus grand secret. Elle Ă©tait prĂ©sentĂ©e et ressentie comme un coup d'Ă©clat et finit par rallier les sceptiques face Ă  la guerre[50]. Pour l'Ă©tat-major et le gouvernement japonais, l'attaque de Pearl Harbor n’était qu’une rĂ©ponse juste Ă  la politique agressive de Washington. Il considĂ©rait que les AlliĂ©s, et particuliĂšrement les États-Unis, multipliaient depuis longtemps les provocations Ă  l'Ă©gard des Japonais. Aussi, l’attaque de Pearl Harbor ne relĂšverait pas de la trahison car Washington se prĂ©parait depuis longtemps Ă  la guerre. Aujourd'hui encore, un certain nombre de Japonais pensent que leur pays a Ă©tĂ© poussĂ© Ă  se battre pour protĂ©ger la sĂ©curitĂ© nationale et leurs intĂ©rĂȘts[51]. En 1991, le ministre japonais des affaires Ă©trangĂšres rappela que le Japon avait donnĂ© une dĂ©claration de guerre Ă  13h00 (le message en 14 points), heure de Washington DC, 25 minutes avant le dĂ©but de l’attaque sur Pearl Harbor.

Le sentiment anti-japonais aux États-Unis

Un camp d'internement pour les Japonais, Manzanar, Californie, juillet 1942

Les photographies des bĂątiments en flamme et des destructions Ă  Pearl Harbor soulevĂšrent une Ă©motion certaine dans le monde entier[52]. L'attaque japonaise galvanisa la nation amĂ©ricaine et l'unit pour atteindre un but : celui de faire capituler l'Empire du Soleil Levant. Le comitĂ© pacifiste America First dĂ©cida lui-mĂȘme sa dissolution et les adversaires politiques de Roosevelt cessĂšrent provisoirement leurs attaques. Le sentiment de trahison et la peur du sabotage ou de l’espionnage rendirent suspects les Japonais vivant sur le sol amĂ©ricain et les AmĂ©ricains d'origine japonaise. Le gĂ©nĂ©ral John DeWitt et le secrĂ©taire Ă  la Marine Frank Knox Ă©voquĂšrent l'existence d'une cinquiĂšme colonne sur le sol amĂ©ricain.

Dans les jours qui suivirent l’attaque, plusieurs rumeurs circulĂšrent : les ouvriers nippons de l’üle auraient coupĂ© les champs de canne Ă  sucre pour former des flĂšches indiquant le chemin vers Pearl Harbor[53]. D'autres rumeurs touchĂšrent le prĂ©sident Roosevelt et Marshall qui auraient Ă©tĂ© au courant de l’attaque. Enfin, la crainte d'un dĂ©barquement japonais Ă  la suite de l'attaque ajouta un Ă©lĂ©ment Ă  la confusion qui rĂ©gnait Ă  Hawaii.

C'est dans ce contexte que 110 000 Japonais et citoyens amĂ©ricains d'origine japonaise[54] furent rassemblĂ©s et surveillĂ©s dans des camps d'internement (War Relocation Centers). L'ordre exĂ©cutif 9066 du 19 fĂ©vrier 1942 fut signĂ© par Roosevelt et concerna l'ouest du pays oĂč se concentraient les populations japonaises ; des camps furent ouverts dans des rĂ©gions isolĂ©es des États de Washington, de Californie et de l'Oregon. Cependant, les Japonais des Ăźles Hawaii ne furent pas internĂ©s car l'armĂ©e et la marine avaient besoin de main d'Ɠuvre[55]. Des AmĂ©ricains d'origine japonaise furent incorporĂ©s dans l'armĂ©e amĂ©ricaine notamment dans le 442nd Regimental Combat Team qui combattit en Europe Ă  partir de 1943 et subit de lourdes pertes. En 1988, le CongrĂšs prĂ©senta officiellement ses excuses pour ces arrestations arbitraires en votant une loi qui indemnisait les victimes encore vivantes[56].

Portée et signification

Le mémorial de l'USS Arizona, Pearl Harbor

Pearl Harbor est toujours considĂ©rĂ© par les AmĂ©ricains comme l'un des Ă©vĂ©nements les plus importants de leur histoire : c'Ă©tait en effet la premiĂšre fois depuis la guerre de 1812 que le sol amĂ©ricain Ă©tait attaquĂ© par un pays Ă©tranger. Soixante ans plus tard, les journalistes comparĂšrent les attentats du 11 septembre 2001 Ă  l'attaque du 7 dĂ©cembre.

De nombreux films japonais et amĂ©ricains ont relatĂ© cet Ă©pisode de la Seconde Guerre mondiale. Tant qu'il y aura des hommes rĂ©alisĂ© en 1953 par Fred Zinnemann Ă©voque la vie des militaires Ă  Pearl Harbor. Le film Tora! Tora! Tora! de Richard Fleischer en 1970 donne une description assez rĂ©aliste des Ă©vĂ©nements, prenant Ă  la fois les points de vue amĂ©ricain et japonais. Le film documente notamment la longue liste d'erreurs et d'accidents qui rendirent cette attaque si destructrice pour les forces amĂ©ricaines. Le titre reprend le mot Tora qui signifie « tigre Â». Il s'agit du message radio envoyĂ© par Mitsuo Fuchida, le pilote d'un bombardier. Le film 1941, rĂ©alisĂ© par Steven Spielberg et sorti en 1979, Ă©voque le climat de panique aprĂšs l'attaque. Dans Nimitz, retour vers l'enfer de Don Taylor (1980), un porte-avions nuclĂ©aire voyage dans le temps et se retrouve Ă  Pearl Harbor, la veille de l'attaque, avec la possibilitĂ© de changer l'Histoire. Pearl Harbor (2001) de Michael Bay reprend des scĂšnes de Tora! Tora! Tora! comme celle du cuisinier-mitrailleur.

Un événement controversé

L'attaque sur Pearl Harbor fit l'objet de nombreuses polĂ©miques dĂšs les lendemains des Ă©vĂ©nements : entre dĂ©cembre 1941 et juillet 1946, sept commissions administratives et une commission spĂ©ciale enquĂȘtĂšrent pour Ă©tablir les responsabilitĂ©s et les nĂ©gligences[57].

Les commissions d'enquĂȘte

La premiĂšre commission, dirigĂ©e par Owen Roberts, fut constituĂ©e dĂšs le mois de dĂ©cembre 1941 et rendit ses conclusions au CongrĂšs amĂ©ricain en janvier 1942. Elle accusa les officiers de la base (Walter Short et Husband Kimmel) de manquement Ă  leur devoir, en particulier dans la dĂ©fense de Pearl Harbor ; les deux hommes furent relevĂ©s de leurs fonctions. Cependant, le SĂ©nat amĂ©ricain vota leur rĂ©habilitation en mai 1999 (non signĂ©e ni par Clinton ni par Bush).

Les négligences et erreurs américaines

Walter Short

L'attaque de Pearl Harbor par les Japonais provoqua un choc immense dans l'opinion publique, Ă  la tĂȘte de l'armĂ©e et de l'État. Les journalistes et les politiques posĂšrent rapidement la question des responsabilitĂ©s. Il paraissait en effet Ă©vident que plusieurs erreurs avaient Ă©tĂ© commises : encore fallait-il dĂ©terminer si elles l'avaient Ă©tĂ© de maniĂšre intentionnelle ou non. Une sĂ©rie de dĂ©faillances se sont accumulĂ©es et permettent de comprendre le dĂ©sastre : l'entrĂ©e de la rade n'Ă©tait pas protĂ©gĂ©e par des filets anti torpilles. Les navires amĂ©ricains, alignĂ©s cĂŽte Ă  cĂŽte sur ordre de Claude C. Bloch Ă  cause du manque de place, offraient des cibles idĂ©ales.

Le gĂ©nĂ©ral Short estimait que le danger le plus immĂ©diat pour les terrains d'aviation Ă©tait le sabotage, et avait par consĂ©quent ordonnĂ© que les avions soient concentrĂ©s en des endroits faciles Ă  surveiller, situation qui facilita leur destruction par l'attaque aĂ©rienne ; Short ne croyait pas Ă  l’efficacitĂ© du radar, une invention relativement nouvelle. L'Ă©quipe de surveillance du radar n'avait pas Ă©tĂ© remplacĂ©e aprĂšs 7 heures ; aucune patrouille n'Ă©tait de service le dimanche matin. Les diverses installations militaires n'Ă©taient pas camouflĂ©es. Le dĂ©chiffrement des codes secrets aurait dĂ» aider Pearl Harbor[30] mais ils n’ont pas Ă©tĂ© transmis Ă  temps. Enfin, les divergences qui existaient entre Short et Kimmel expliquent en partie le manque de coordination et les dysfonctionnements dans le systĂšme de dĂ©fense de Pearl Harbor.

De nombreux signes et avertissements n'ont pas Ă©tĂ© entendus ou compris. L’amiral Harold Rainsford Stark, chef des opĂ©rations navales amĂ©ricaines, avait envoyĂ© un message d’alerte au commandant en chef des flottes de l’Asie orientale et du Pacifique Ă  Hawaii[31]. L'Ă©tat-major amĂ©ricain redoutait donc une attaque japonaise, il ne l'attendait pas Ă  Pearl Harbor : ils avaient une confiance aveugle dans l'isolement de l'Ăźle, situĂ©e Ă  plusieurs milliers de kilomĂštres du Japon. L'Ă©tat-major amĂ©ricain Ă©tait pour sa part convaincu que l’attaque aurait lieu aux Philippines. Le 7 dĂ©cembre 1941, lorsqu'il apprend que Pearl Harbor a Ă©tĂ© attaquĂ©e, le secrĂ©taire Ă  la marine Frank Knox s'Ă©cria :

« Mon Dieu, ça ne peut pas ĂȘtre vrai. Il s'agit sĂ»rement des Philippines [58]! Â»

Les défenses naturelles de Pearl Harbor semblaient la protéger efficacement. Les officiers américains craignaient davantage un acte de sabotage ou un débarquement plutÎt qu'une attaque aérienne, jugée impossible. Les menaces qui leur furent transmises ne furent pas prises au sérieux.

La mise en cause du président Roosevelt

L'amiral Kimmel

Une thĂšse trĂšs controversĂ©e affirme que Roosevelt Ă©tait au courant de l'attaque et qu'il laissa faire pour provoquer l'indignation de la population et faire entrer son pays dans la guerre. Cette thĂ©orie fut d'abord avancĂ©e par les officiers dĂ©chus par les commissions d'enquĂȘte : Husband Kimmel se dit victime d'un complot visant Ă  cacher la responsabilitĂ© du gouvernement et de l'Ă©tat-major. Il diffusa cette idĂ©e dans ses MĂ©moires parus en 1955. Le contre-amiral Robert Theobald, proche de Kimmel, Ă©crivit dans un ouvrage traduit en français :

« Notre conclusion principale est que le prĂ©sident Roosevelt contraignit le Japon Ă  faire la guerre en exerçant en permanence sur lui une pression diplomatique et Ă©conomique, et l'incita Ă  ouvrir les hostilitĂ©s par une attaque surprise en maintenant la flotte du Pacifique dans les eaux hawaĂŻennes comme appĂąt[59]. Â»

Cette thÚse fut ensuite reprise par les adversaires de Roosevelt et de sa politique extérieure[60]. Les négligences furent utilisées par les républicains pour discréditer le camp démocrate aprÚs 1945[61]. Plus tard, plusieurs historiens américains, tels que Charles Beard et Charles Tansill[62] ont essayé de prouver l'implication du président.

Les faits citĂ©s Ă  l'appui de cette thĂ©orie sont notamment l'absence supposĂ©e providentielle des trois porte-avions en manƓuvre le jour de l'attaque et qui n'ont pas Ă©tĂ© touchĂ©s, le fait que les nombreux messages d'avertissement aient Ă©tĂ© ignorĂ©s et enfin les nĂ©gligences locales. Certains soupçonnent le gouvernement amĂ©ricain d'avoir tout fait pour ne recevoir la dĂ©claration de guerre japonaise qu'aprĂšs le bombardement. Les partisans de cette thĂšse sont convaincus que Roosevelt a poussĂ© les Japonais Ă  la guerre tout au long des annĂ©es 1930 afin de convaincre le peuple amĂ©ricain majoritairement isolationniste et partisans de la neutralitĂ©[63].

Il est cependant difficile d'imaginer que Roosevelt ait laissĂ© dĂ©truire autant de bĂątiments de la marine juste pour engager son pays dans la guerre. En effet, la valeur tactique des porte-avions Ă©tait mĂ©connue en 1941, mĂȘme si d'Ă©vidence, compte tenu des investissements rĂ©alisĂ©s, les Japonais et les AmĂ©ricains fondaient de gros espoirs sur cette nouvelle unitĂ© marine. C'Ă©tait encore le cuirassĂ© qui faisait figure de navire principal dans les flottes de guerre et mĂȘme l'amiral Yamamoto envisageait la confrontation finale entre les deux pays sous la forme d'un combat entre cuirassĂ©s. DĂšs lors, tout officier au courant de l'attaque aurait fait en sorte de protĂ©ger les cuirassĂ©s qui seraient alors partis au large en sacrifiant les porte-avions. Ce choix aurait Ă©tĂ© logique pour les autoritĂ©s de la marine et aurait Ă©tĂ© paradoxalement plus nĂ©faste aux AmĂ©ricains dans la poursuite de la guerre. L'amiral Chester Nimitz livre une analyse similaire dĂšs 1945 :

Le président américain Roosevelt signant la déclaration de guerre contre le Japon
« Si l'amiral Husband Kimmel, alors commandant des forces amĂ©ricaines Ă  Pearl Harbor, avait reçu 24 heures Ă  l'avance la nouvelle de l'attaque, il aurait fait partir toutes nos forces Ă  la rencontre des Japonais. Nous n'avions pas un seul porte-avions capable de s'opposer Ă  la formation des porte-avions de l'amiral Nagumo, et les Japonais auraient coulĂ© chacun de nos bateaux en haute mer. Nous aurions perdu 60 000 hommes et la quasi-totalitĂ© de notre flotte du Pacifique. Â»

Quant au message d’alerte, il est arrivĂ© trop tard Ă  Pearl Harbor Ă  cause du dĂ©calage horaire, du jour (un dimanche), de maladresses et de problĂšmes techniques[35]. En outre, les services de renseignement amĂ©ricains travaillaient sĂ©parĂ©ment et Ă©taient souvent incompĂ©tents[64]. Si la plupart des messages secrets ennemis Ă©taient dĂ©chiffrĂ©s, ceux de la marine japonaise restaient souvent mystĂ©rieux. Les services japonais pratiquaient le jeu de la dĂ©sinformation[64].

Par consĂ©quent, rien ne permet d’affirmer que Roosevelt Ă©tait au courant de l'attaque sur Pearl Harbor[65],[66], mĂȘme s'il fait peu de doute qu'il a accumulĂ© les actes contraires Ă  la neutralitĂ© durant les annĂ©es 1930. Cependant, les sanctions Ă©conomiques visaient avant tout les Allemands[61], et le prĂ©sident amĂ©ricain donnait la prioritĂ© au thĂ©Ăątre d’opĂ©ration europĂ©en comme le montre par exemple la confĂ©rence Arcadia, et la guerre contre le Japon ne fut jamais sa prioritĂ© absolue.

Si Roosevelt et son entourage étaient conscients des risques de guerre provoqués par la politique de soutien au Royaume-Uni, à l'URSS et à la Chine, il n'y a pas d'indication qu'il ait souhaité l'attaque de Pearl Harbor. Le désastre fut provoqué par la préparation minutieuse des Japonais, par une série de négligences locales et par des circonstances particuliÚrement défavorables aux Américains.

Voir Ă©galement

Références

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  5. ↑ a  et b  Peter Wetzler, ibid., p.29, 35, 39
  6. ↑ a  et b  H. Michel, La Seconde Guerre mondiale, 2001, p.334
  7. ↑ Wetzler,ibid, p.39
  8. ↑ Herbet Bix, Hirohito and the making of Modern Japan, p.430-431.
  9. ↑ Voir le tableau au dĂ©but de l'article
  10. ↑ H. Michel, La Seconde Guerre mondiale, 2001, p.340
  11. ↑ S. Bernstein, P. Milza, Histoire du XXe siĂšcle. [
], 1996, p.414 ; H. Michel, La Seconde Guerre mondiale, 2001, p.323
  12. ↑ Le shintoïsme proclame l'origine divine du Japon
  13. ↑ a , b  et c  H. Michel, La Seconde Guerre mondiale, 2001, p.337
  14. ↑ H. Michel, La Seconde Guerre mondiale, 2001, p.344
  15. ↑ H. Michel, La Seconde Guerre mondiale, 2001, p.345
  16. ↑ F. Abbad, Histoire du Japon, 1992, p.150
  17. ↑ a  et b  S. Bernstein, P. Milza, Histoire du XXe siĂšcle [
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  26. ↑ H. Michel, La Seconde Guerre mondiale, 2001, p.335
  27. ↑ H. Michel, La Seconde Guerre mondiale, 2001, p.336
  28. ↑ Peter Wetzler, Hirohito and war, p.29, 35
  29. ↑ ibid., p.39
  30. ↑ a , b , c , d , e  et f  P. Vallaud, TĂ©moins de l’Histoire, 2002, p.216
  31. ↑ a  et b  J. Trogoff, Les grandes dates de la guerre sur mer, 1993, p.265
  32. ↑ « Pearl Harbor, une attaque surprise prĂ©mĂ©ditĂ©e de longue date Â», sur le site du MĂ©morial de Caen, page consultĂ©e le 21/01/2007
  33. ↑ Wetzler, ibid., p.39
  34. ↑ J. Trogoff, Les grandes dates de la guerre sur mer, 1993, p.266
  35. ↑ a , b  et c  F. Abbad, Histoire du Japon, 1992, p.153
  36. ↑ J. Trogoff, Les grandes dates de la guerre sur mer, 1993, p.268
  37. ↑ J. Trogoff, Les grandes dates de la guerre sur mer, 1993, p.269
  38. ↑ J. Trogoff, Les grandes dates de la guerre sur mer, 1993, p.270
  39. ↑ Rappelons qu'il faut du temps aux avions pour parcourir la distance qui sĂ©pare la flotte japonaise de Pearl Harbor
  40. ↑ heure d’Hawaii ; 3h23 le 8 dĂ©cembre heure du Japon
  41. ↑ H.P. Willmott, La guerre du Pacifique, 1941-1945, 2001, p.52-53
  42. ↑ J. Trogoff, Les grandes dates de la guerre sur mer, 1993, p.273 et « 7 dĂ©cembre 1941 : les Japonais attaquent Pearl Harbor Â» sur le site sur le site d’HĂ©rodote, page consultĂ©e le 21/01/2006
  43. ↑ a  et b  A. Kaspi, Roosevelt, 1997, p.426
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  62. ↑ A. Kaspi, Roosevelt, 1997, p.436
  63. ↑ Lire Ă  ce sujet « Roosevelt est-il coupable ? Â», dans A. Kaspi, Roosevelt, 1997, pp.435-442
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Bibliographie

Ouvrages et revues en français

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  • Ernest Arroyo, Pearl Harbor, New York, MetroBooks, 2003, (ISBN 1586631497).
  • Serge Bernstein, Pierre Milza, Histoire du XXe siĂšcle. Tome 1 : 1900-1945 : la fin du « monde europĂ©en Â», Hatier, Paris, 1996, (ISBN 2218715643) (chapitres 19, 21 et 34 pour le contexte gĂ©nĂ©ral et l’expansionnisme japonais).
  • Claude Delmas, Pearl Harbor : la guerre devient mondiale, Complexe, Paris, 2001, (ISBN 2870278845).
  • Richard F. Hill, Hitler Attacks Pearl Harbor: Why the United States Declared War on Germany, Lynne Rienner Publishers, 2003
  • AndrĂ© Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, Paris, 1997, (ISBN 2213022038) : le chapitre 12 (p. 423-451) est entiĂšrement consacrĂ© Ă  Pearl Harbor.
  • AndrĂ© Kaspi, « Pearl Harbor : une provocation amĂ©ricaine ? Â», dans L'Histoire, n°101, juin 1987, pp. 36-44.
  • Jean-Michel Lacroix, Histoire des États-Unis, PUF, Paris, 2006, (ISBN 2130554776).
  • Walter Lord, Bernard Ullmann, Pearl Harbour : Ce jour-lĂ  (7 dĂ©cembre 1941), Robert Laffont, Paris, 2001, (ISBN 222109493X) et Editions "J'ai lu leur aventure" n°A40/41.
  • Henri Michel, La Seconde Guerre mondiale, Omnibus, Paris, 2001, (ISBN 2258056039).
  • Pierre Miquel, La Seconde Guerre mondiale, Fayard, Paris, 1986, (ISBN 2213018227).
  • Michel Mourre, article « Pearl Harbor Â» dans Dictionnaire encyclopĂ©dique d'histoire, p. 3578.
  • Jean Trogoff, Les grandes dates de la guerre sur mer (1939-1945), Ă©ditions Ouest-France, 1993, (ISBN 2737313953).
  • Pierre Vallaud, TĂ©moins de l’Histoire. La Seconde Guerre mondiale, plus de 500 documents inĂ©dits, Ă©ditions Acropole, Paris, 2002, (ISBN 2735702308).
  • H. P. Willmott, La Guerre du Pacifique, 1941-1945, Autrement, Paris, 1999, 2001, (ISBN 2746700425).
  • Jean Vidalenc, Le second conflit mondial (mai 1939-mai 1945), SEDES, Paris, 1970.

Bibliographie en anglais

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  • R. H. Kline, Climb Mount Niitaka, Rosedog Press, 2006, (ISBN 0805999434).
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  • Harry Turtledove, Days of Infamy, Roc, Reprint, 2005, (ISBN 0451460561).
  • George Victor, The Pearl Harbor Myth: Rethinking the Unthinkable, Potomac Books, 2006, (ISBN 1597970425).
  • Roberta Wohlstetter, Pearl Harbor. Warning and Decision, Palo Alto, California, Stanford University Press, 1962.

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