Attaque De Requin

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Attaque De Requin

Attaque de requin

Les attaques de requins sur l'homme sont rares et exceptionnelles. Les raisons conduisant Ă  une attaque ne sont pas toutes connues ou bien dĂ©finies ; le manque de donnĂ©es fait qu'il est dĂ©licat d'en dĂ©duire des statistiques fiables. Le comportement en milieu naturel des requins est Ă©galement mal connu (et peu Ă©tudiĂ©) tout ceci contribue Ă  ce qu'il n'y ait pas de systĂ©matique en la matiĂšre.

Sommaire

Une mauvaise réputation historique

DĂšs le Moyen Âge, la mauvaise rĂ©putation du requin est dĂ©jĂ  un fait Ă©tabli :

« Ce poisson mange les autres, il est trĂšs goulu, il dĂ©vore les hommes entiers, comme on a connu par expĂ©rience ; car Ă  Nice et Ă  Marseille on a autrefois pris des Lamies, dans l'estomac desquelles on a trouvĂ© homme armĂ© entier. Â»

— Guillaume Rondelet, De piscibus marinis, libri XVIII, in quibus verĂŠ piscium effigies expressĂŠ sunt (L'histoire entiĂšre des poissons), Lyon, 1554.

En 1876, dans Le petit Buffon illustrĂ© des enfants, le requin est dĂ©crit de maniĂšre encore plus terrifiante [1] :

« Cet ĂȘtre vorace est le tigre de la mer. Il atteint quelquefois dix mĂštres de longueur ; sa gueule et son gosier sont trĂšs larges et lui permettent d’avaler un homme avec beaucoup de facilitĂ©, aussi en a-t-on trouvĂ© maintes fois dans leur corps ; - on cite un requin, dans le ventre duquel on trouva deux hommes, dont l’un avait des bottes et l’épĂ©e au cĂŽtĂ©. [...] En somme, cet animal, armĂ© pour la bataille, ne redoute que bien peu d’ennemis, et il ravagerait le monde de la mer, sans le cachalot qui l’arrĂȘte dans son Ɠuvre de destruction, en le dĂ©truisant lui-mĂȘme. Le requin montre une grande aviditĂ© pour la chair humaine ; une fois qu’il en a goĂ»tĂ©, il ne cesse de frĂ©quenter les parages oĂč il espĂšre en trouver. Â»
Tableau n°1 : Moyenne des dĂ©cĂšs/an liĂ©s Ă  des animaux aux É.-U. de 1990 Ă  1999 [2]
Animal Morts/an
Cervidés 130 a
Chiens 18 b
Serpents 15 c
Pumas 0,6 d
Requins 0,4 e
a-U.S. Department of Transportation
b-Pediatrics (revue)
c-Center for Disease Control
d-Thomas J. Chester
e-ISAF, 15/07/2003
Ce tableau est librement inspiré d'un fait réel, celui de l'attaque par un requin de Brook Watson, futur marin anglais alors ùgé de quatorze ans, en 1749, dans le port de La Havane à Cuba.
Watson and the Shark de John Singleton Copley
Huile sur toile, 1778 (1,82 x 2,29 m)
Fond Ferdinand Belin Lammot
et Museum of Fine Arts (Boston) (réplique grandeur nature)

Paradoxalement la rĂ©putation du requin tient surtout Ă  l'aspect exceptionnel et rare d'une attaque, d'autres animaux entrainant plus souvent la mort d'humains (voir : tableau n°1). En effet, l'hippopotame ou le cobra tuent des milliers de personnes chaque annĂ©e dans le monde sans pour autant que cela soit mĂ©diatisĂ©, en revanche une attaque ou mĂȘme la seule prĂ©sence d'un requin dans l'eau donne lieu Ă  un article en bonne place dans les journaux. En fait, la raison de cette crainte est surtout liĂ©e Ă  la perception psychologique voire psychanalytique des profondeurs sombres et inconnues des ocĂ©ans qui alimentent tous les fantasmes.

Le requin est un prĂ©dateur, notamment spĂ©cialisĂ© dans le nettoyage de cadavres flottants et l'attaque d'animaux malades. Qualifier un requin de mangeur d'hommes est impropre car son rĂ©gime ne comprend qu'exceptionnellement des ĂȘtres humains. La majoritĂ© des rares attaques de requins sont du type mordu-relĂąchĂ© (ou morsure d'exploration) sans autre suite que les consĂ©quences de l'unique morsure (qui peut ĂȘtre mutilante et fatale pour cause d'hĂ©morragie). Les requins n'ont pas l'habitude de consommer des ĂȘtres humains, cette nourriture ne faisant pas partie de leur menu habituel et commun .

Le plus souvent une attaque est liĂ©e Ă  une erreur d'identification ou peut ĂȘtre motivĂ©e par la curiositĂ© ; cette derniĂšre hypothĂšse devenant de plus en plus crĂ©dible aux yeux de spĂ©cialistes du grand requin blanc comme R. Aidan Martin.

Un Ă©vĂšnement aussi rare et spectaculaire qu'une attaque de requin a souvent une couverture mĂ©diatique mondiale disproportionnĂ©e alimentĂ©e par la recherche du sensationnel. C'est ce qui a amenĂ© George Burgess, spĂ©cialiste des requins du musĂ©um d'histoire naturelle de Floride et responsable de la base de donnĂ©es mondiale des attaques de requins, Ă  avancer que statistiquement il y aurait beaucoup plus de risque d'ĂȘtre tuĂ© en allant se baigner en Floride par une noix de coco qui tombe sur la tĂȘte que par un requin. Le risque est Ă©galement bien plus grand de se faire Ă©craser par une voiture en traversant la rue.

Depuis quelques annĂ©es se dĂ©veloppe la plongĂ©e sans cage avec des requins en milieu tropical. Des centaines de plongĂ©es sont organisĂ©es chaque jour dans le monde en compagnie essentiellement de requins de rĂ©cif mais Ă©galement Ă  l'occasion en prĂ©sence de requins tigres, de grands requins-marteaux ou encore de requins bouledogues. Cette activitĂ©, relativement peu risquĂ©e (pour l'instant), permet de dĂ©mystifier le requin auprĂšs des plongeurs et de l'observer en milieu naturel. NĂ©anmoins, le mythe du « requin tueur sanguinaire Â» continue Ă  rester profondĂ©ment ancrĂ© dans l'inconscient collectif du grand public.

Classification des attaques

On distingue deux catĂ©gories d'attaque :

  • attaque provoquĂ©e

Dans ce cas de figure ce sont certains comportements humains qui favorisent l'attaque:

    • pĂȘcher un requin
    • pĂȘcher en apnĂ©e des poissons en prĂ©sence de requins
    • harceler un requin
  • attaque non provoquĂ©e

Il s'agit d'une attaque dont la raison n'est pas imputable directement à un acte de la part de la victime. Néanmoins certains facteurs peuvent favoriser une attaque non provoquée.

La diffĂ©rence est fondamentale car bon nombre d'accidents avec des requins sont des attaques provoquĂ©es et pourraient ĂȘtre Ă©vitĂ©es par une meilleure connaissance du comportement de ces animaux.

Facteurs pouvant favoriser une rencontre avec un requin

Avant qu'une attaque ne puisse se produire, il faut qu'il y ait une rencontre entre un homme et un requin. Or, comme les ressources de poissons pĂ©lagiques s'Ă©puisent dans les ocĂ©ans, les requins ont tendance Ă  se rapprocher des cĂŽtes pour trouver de la nourriture. Dans le mĂȘme temps les activitĂ©s nautiques se dĂ©veloppent et sont plus accessibles donc le nombre de personnes pouvant potentiellement ĂȘtre en contact avec des requins - mĂȘme si la population mondiale de ces derniers tend Ă  diminuer - augmente. Toutefois, certains lieux prĂ©sentent des caractĂ©ristiques qui augmentent la probabilitĂ© d'une rencontre avec un requin, on peut en particulier citer :

  • les rĂ©cifs externes (tombants) sont un des lieux de chasse favoris des requins, c'est Ă©galement ici que se forment les vagues qui intĂ©ressent les surfeurs,
  • les eaux turpides que l'on trouve dans les ports, les estuaires, Ă  proximitĂ© des complexes agro-alimentaires qui rejettent leur dĂ©chets dans la mer.

Par ailleurs, les requins chassant, pour une bonne partie, plutĂŽt la nuit mieux vaut Ă©viter de se baigner alors que le soleil est couchĂ© ou bien pas encore levĂ©. Toutefois le « pic Â» des attaques est selon certaines Ă©tudes plutĂŽt situĂ© entre 14 et 18 h.

Une rencontre n'implique pas une attaque : beaucoup de baigneurs ont cĂŽtoyĂ© des requins sans s'en apercevoir et sans autre consĂ©quence.

Facteurs pouvant inciter un requin Ă  attaquer

Le facteur certainement le plus propice Ă  favoriser les attaques de requins consiste Ă  alimenter directement ou indirectement en quantitĂ© et rĂ©guliĂšrement sur une mĂȘme zone des requins.

En effet, les consĂ©quences qui en dĂ©coulent font que les requins :

  • se sĂ©dentarisent,
  • perdent leur inhibition envers l'homme,
  • s'habituent Ă  recevoir de la nourriture,
  • risquent d'ĂȘtre en frĂ©nĂ©sie alimentaire.

Lors des attaques en Floride en 2001, les plongĂ©es visant Ă  nourrir les requins (shark feeding) ont Ă©tĂ© mises en cause, toutefois ces plongĂ©es s'effectuaient au large Ă  plusieurs kilomĂštres des cĂŽtes, en revanche il semble avĂ©rĂ© que la cause de la prĂ©sence des requins Ă  proximitĂ© des plages Ă©tait plutĂŽt due aux pĂȘcheurs amateurs qui opĂ©raient en nombre depuis les pontons.

Le rejet de déchets à l'eau par des bateaux est également un facteur contribuant à sédentariser des requins. Une corrélation entre le nombre de bateaux et le nombre de requins dans une zone donnée a été démontrée.

Les couleurs vives pourraient ĂȘtre un facteur d'attraction des requins, de mĂȘme que des objets brillants. Les extrĂ©mitĂ©s des doigts aprĂšs une certaine pĂ©riode sous l'eau ont tendance Ă  ressembler Ă  de la chair de poisson et peuvent susciter l'intĂ©rĂȘt d'un requin ou d'autres poissons.

Recensement des attaques de requins

Tous types d'attaques confondues et selon des statistiques uniquement basées sur des faits dûment répertoriés, les dix requins les plus dangereux sont, dans l'ordre croissant [3]:

  1. Carcharodon carcharias (grand requin blanc)
  2. Galeocerdo cuvier (requin tigre)
  3. Carcharhinus leucas (requin bouledogue)
  4. Carcharias taurus (requin taureau)
  5. Ginglymostoma cirratum (requin dormeur)
  6. Isurus oxyrinchus (requin mako)
  7. Carcharhinus limbatus (requin bordé)
  8. Prionace glauca (requin bleu)
  9. Negaprion brevirostris (requin citron)
  10. Carcharhinus perezi (requin de récif)


Source : ISAF - International Shark Attack File
Données mondiales confirmées pour la période 1580 - 2005

     Nombre d'attaques totales par espĂšce,dont     Nombre d'attaques ayant entrainĂ© la mort

Le surfeur est, de loin, la premiĂšre victime des attaques de requins sur des humains, suivi par les nageurs et les plongeurs.

Cette liste n'est pas exhaustive, 35 espÚces de requins différentes ayant été recensées dans des attaques avérées. De nombreux requins sont donc susceptibles d'attaquer, pour de multiples raisons, à un moment ou à un autre. Malgré tout, un fait est scientifiquement prouvé, de la liste ci-dessus, les trois premiers sont les plus dangereux. Et le plus agressif envers l'homme est trÚs certainement le requin tigre.

Une partie de ces attaques se sont faites envers les bateaux eux-mĂȘmes et non leurs occupants. En ce qui concerne les attaques sur les humains, des statistiques rĂ©centes rĂ©vĂšlent qu'elles se font en prioritĂ© sur des surfeurs, puis sur des nageurs et enfin sur des plongeurs. Les attaques en bord de cĂŽte, lorsqu'une personne rentre ou sort de l'eau sont trĂšs rares.

Logo de l'ISAF (International Shark Attack File)

Toutefois, il reste difficile d'Ă©tablir des statistiques fiables, dans la mesure oĂč tous les cas ne sont pas rĂ©pertoriĂ©s et oĂč, dans le cas oĂč la victime s'en sort, elle a tellement Ă©tĂ© choquĂ©e par l'attaque que la description de son agresseur est fausse ou trop floue pour pouvoir ĂȘtre prise en compte ou ĂȘtre fiable Ă  100%. De plus, l'Ă©tude prĂ©cise et systĂ©matique des attaques de requins est une discipline relativement rĂ©cente, quelques dĂ©cennies au plus,. Par consĂ©quent, mĂȘme si les scientifiques possĂšdent de trĂšs anciens tĂ©moignages d'attaques de requins, il est Ă©vident que les statistiques rĂ©centes sont bien plus fiables qu'au dĂ©but du XXe siĂšcle et Ă  plus forte raison des siĂšcles prĂ©cĂ©dents.

La mĂąchoire et la denture des requins ont tout pour effrayer le grand public (ici, des dents d'un requin tigre).

Les statistiques du XXe siĂšcle montrent une trĂšs forte augmentation du nombre d'attaques chaque dĂ©cennie, mais c'est sĂ»rement uniquement du au fait que les attaques sont mieux prises en compte depuis quelques annĂ©es.

En revanche, si l'on prend les données de l'International Shark Attack File (ISAF) [4], sur la période allant de 1990 à 2005, qu'on peut estimées relativement fiables, 869 cas d'attaques de requin ont dument été répertoriées dans le monde. Sur ce nombre, 94 se sont révélées mortelles, ce qui concerne donc environ, une personne sur dix. Avec ce recul de quinze ans, on s'aperçoit que la moyenne d'attaques de requins dans le monde est de l'ordre de 35 par an, et que le nombre de personnes qui en sont directement décédées est inférieur à quatre par an.


Attaques de requins dûment répértoriées, toutes espÚces confondues, intervenues dans le monde de 1990 à 2005 [5]
     Nombre d'attaques totales, dont     Nombre d'attaques ayant entrainĂ© la mort
Attaques de grands requins blancs dûment répértoriées, intervenues dans le monde de 1990 à 2005 [6]
     Nombre d'attaques totales, dont     Nombre d'attaques ayant entrainĂ© la mort
Répartion géographique des attaques de requins confirmées survenues dans le monde (carte générale)[7]
Attaques-de-requins-dans-le-monde-map.png
Répartion géographique des attaques de requins confirmées survenues dans le monde (tableau de détails)
Pays Attaques totales Attaques mortelles Pays Attaques totales Attaques mortelles Pays Attaques totales Attaques mortelles
Europe ‱ Depuis 1847 AmĂ©rique du Nord ‱ Depuis 1670 (États-Unis) — Depuis 1900 (Bermudes) Antilles ‱ Depuis 1749
Italie Italie 13 4 Flag of Florida.svg Floride 520 13 HaĂŻti HaĂŻti 4 1
GrĂšce GrĂšce 9 8 Flag of Hawaii.svg Hawaii 104 15 Îles Vierges amĂ©ricaines ĂŽles Vierges amĂ©ricaines 4 2
Croatie Croatie 5 4 Flag of California.svg Californie 89 7 Porto Rico Porto Rico 6 2
France France 4 1 Flag of South Carolina.svg Caroline du Sud 52 4 Flag of Cuba.svg Cuba 13 9
Royaume-Uni Royaume-Uni 2 0 Flag of North Carolina.svg Caroline du Nord 30 3 Bahamas Bahamas 24 1
Espagne Espagne 3 0 Flag of Texas.svg Texas 32 4 Afrique ‱ Depuis 1828
Malte Malte 2 2 Flag of Oregon.svg Oregon 18 1 Afrique du Sud Afrique du Sud 208 41
OcĂ©anie ‱ Depuis 1925 (Ăźles du Pacifique) — Depuis 1700 (Australie) — Depuis 1852 (Nouvelle-ZĂ©lande) Flag of New Jersey.svg New Jersey 16 5 Flag of France.svg Flag of Mauritius.svg Mascareignes 18 11
Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e 49 25 Flag of Georgia (U.S. state).svg GĂ©orgie 9 0 Mozambique Mozambique 10 3
Fidji Fidji 20 8 Autres États des USA 32 3 Égypte Ă‰gypte 7 1
Salomon Salomon 12 5 Territoire d'outre-mer autonome (Royaume-Uni) Bermudes 4 0 Kenya Kenya 5 1
Flag of the Marshall Islands.svg Marshall 9 0 AmĂ©rique centrale ‱ Depuis 1880 Tanzanie Tanzanie 4 3
Kiribati Kiribati 8 0 Mexique Mexique 36 20 Autres États africains 19 9
Autres 20 11 PanamĂĄ PanamĂĄ 13 8 Asie et Moyen-Orient‱ Depuis 1580
Flag of New South Wales.svg Nouvelle-Galles-du-Sud 128 61 Costa Rica Costa Rica 5 2 Iran Iran 23 8
Flag of Queensland.svg Queensland 88 37 Nicaragua Nicaragua 3 0 Philippines Philippines 14 6
Flag of Western Australia.svg Australie-Occidentale 31 10 Salvador Salvador 2 1 Hong Kong Hong Kong 14 11
Flag of South Australia.svg Australie-MĂ©ridionale 27 14 AmĂ©rique du Sud ‱ Depuis 1931 Inde Inde 14 5
Flag of Victoria (Australia).svg Victoria 20 8 BrĂ©sil BrĂ©sil 85 20 Japon Japon 12 8
Flag of Tasmania.svg Tasmanie 8 4 Argentine Argentine 4 0 Irak Irak 8 2
Autres entitĂ©s d'Australie 3 2 Venezuela Venezuela 4 2 Singapour Singapour 5 3
Nouvelle-ZĂ©lande Nouvelle-ZĂ©lande 45 9 Équateur Ă‰quateur 3 0 Autres pays d'Asie et du Moyen-Orient 26 11

Cette carte a Ă©tĂ© Ă©tablie Ă  partir des donnĂ©es du « Shark Attack File Â», le registre des attaques de requins maintenu par le MusĂ©um d'Histoire Naturelle de Floride. Seules les attaques non provoquĂ©es ayant Ă©tĂ© recensĂ©es de 1580 Ă  2004 y figurent.

Les États-Unis et plus particuliĂšrement la Floride est l'un des lieux oĂč statistiquement il y a le plus d'attaques de requins. Ce fait est Ă  mettre sur le compte du nombre important de baigneurs et de la proximitĂ© des squales, qui augmente d'autant la probabilitĂ© d'une rencontre, et donc le risque d'une attaque. Il y a Ă©galement le fait que cette rĂ©gion, ainsi que quelques autres, font l'objet d'une surveillance et d'un suivi particuliĂšrement minutieux, contrairement Ă  d'autres oĂč les attaques ne sont pas rĂ©pertoriĂ©es.

L'Australie[8] prĂ©sente elle des caractĂ©ristiques intĂ©ressantes en matiĂšre d'attaques non provoquĂ©es de requins :

  • les trois espĂšces de requins les plus dangereuses sont prĂ©sentes,
  • une proportion importante de la population vit en bordure des cĂŽtes,
  • beaucoup d'activitĂ©s nautiques et de pĂȘche sont pratiquĂ©es rĂ©guliĂšrement.

Le risque d'ĂȘtre tuĂ© en Australie (sur la pĂ©riode 1980-1990) par une attaque non provoquĂ©e de requin comparĂ© Ă  :

  • un accident mortel de plongĂ©e Ă©tait 10 fois moindre,
  • une noyade Ă©tait 300 fois moindre,
  • un accident mortel de la circulation Ă©tait 3000 fois moindre.

Une attaque de requin n'est pas toujours fatale. En moyenne et dans le monde sur la période 1990 - 2004, 11% des attaques non provoquées ont été mortelles[9]

Pour beaucoup de ces attaques la mort est imputable en majoritĂ© au dĂ©lai trop long d'intervention des secours compte tenu du lieu oĂč l'attaque se produit et de la nature des blessures (hĂ©morragie).

Ces chiffres sont certainement minorĂ©s dans la mesure oĂč certains pays ne maintiennent pas des statistiques trĂšs fiables et que les attaques en milieu pĂ©lagique lors de catastrophes maritimes ne sont que trĂšs peu documentĂ©es.

L'évolution des chiffres d'attaque année aprÚs année n'a guÚre de signification. D'une part parce que le nombre d'attaques rapporté à la population vivant à proximité des cÎtes est infime et que d'autre part un trÚs grand nombre de facteurs vont influer sur la présence ou non de requins dans une zone géographique donnée.

Motivation d'une attaque

Il y a diffĂ©rentes hypothĂšses. Si certaines semblent ĂȘtre trĂšs probables comme la dĂ©fense, d'autres font l'objet de beaucoup plus de prudence par manque de donnĂ©es et de faits avĂ©rĂ©s. Notons Ă©galement que l'espĂšce doit ĂȘtre impĂ©rativement prise en considĂ©ration car le comportement peut ĂȘtre trĂšs spĂ©cifique.

La défense

Un animal sauvage acculĂ© se dĂ©fendra, il n'y a pas d'exception avec les requins. Ainsi R. H. Johnson dans son ouvrage « Sharks of tropical and temperate seas Â» conclut sur une sĂ©rie d'expĂ©riences menĂ©es avec des requins gris qu'obstruer la possibilitĂ© d'Ă©volution d'un requin de telle sorte que pour s'Ă©chapper il soit obligĂ© de passer Ă  proximitĂ© de l'intrus provoque les signes prĂ©alables Ă  une attaque : la posture (display en anglais). Certaines actions irrĂ©flĂ©chies conduiront un requin Ă  l'attaque, des cas de plongeurs et de baigneurs s'Ă©tant « amusĂ© Â» Ă  tirer la queue d'un requin peuvent en tĂ©moigner.

La territorialité

Comportement du requin gris de récif

Cette notion n'est pas encore bien dĂ©finie et n'est prĂ©sente que chez quelques espĂšces comme le requin gris et le requin Ă  pointes blanches de rĂ©cif. Une violation de l'espace vital du requin entraĂźnera un avertissement de celui-ci sous la forme d'une nage trĂšs exagĂ©rĂ©e et saccadĂ©e ainsi qu'un abaissement notable des nageoires pectorales. Si la violation de l'espace vital ne disparaĂźt pas ou se fait plus pressante, la probabilitĂ© d'une attaque devient forte. On parle de territorialitĂ© mais il ne faut pas voir que l'aspect gĂ©ographique. Un requin Ă  pointes noires chassant en prĂ©sence de requins gris peut ĂȘtre perçu aussi comme une violation de territorialitĂ©, de mĂȘme qu'un pĂȘcheur pourra ĂȘtre assimilĂ© Ă  un concurrent.

L'alimentation

Cette hypothĂšse qui Ă©tait largement admise est de plus en plus mise Ă  mal. ExceptĂ© peut ĂȘtre le cas du requin tigre qui est surnommĂ© « la poubelle des ocĂ©ans Â», l'homme n'est pas un aliment satisfaisant pour des grands requins comme le requin blanc qui ont besoin d'aliments trĂšs riches en graisse. Les attaques Ă©tant le plus souvent du type « mordu relĂąchĂ© Â» (attaque qui peut tout de mĂȘme provoquer de sĂ©rieux dĂ©gĂąts) il est difficile d'y voir lĂ  une motivation alimentaire.

L'erreur d'identification

Cette hypothĂšse semble ĂȘtre en perte de vitesse depuis que la connaissance sur les requins progresse, nous savons aujourd'hui que beaucoup de requins ont une excellente vision. Toutefois, la similitude avec une proie pourrait inciter un requin Ă  rĂ©aliser une morsure exploratoire ; cependant il semble que l'on ne puisse pas parler d'erreur d'identification dans la mesure oĂč la technique d'attaque, le plus souvent, n'est pas similaire Ă  celle utilisĂ©e avec les proies habituelles : aucun cas d'attaque d'un homme par un requin blanc en Afrique du Sud selon la technique du saut (breaching) n'est connu.

La curiosité

Bien que cette hypothĂšse puisse sembler peu crĂ©dible de prime abord elle est confortĂ©e par de nombreux points :

  • la motivation alimentaire semble ĂȘtre une raison assez marginale
  • des expĂ©riences rĂ©alisĂ©es avec des objets divers et des requins blancs dĂ©montrent que les requins rĂ©alisent une morsure d'exploration afin d'analyser plus en dĂ©tail les objets, en effet en l'absence de membre de prĂ©hension c'est la gueule qui sert Ă  cet effet
  • la majoritĂ© des « attaques Â» sont de type « mordu relĂąchĂ© Â» et semblent donc ĂȘtre plus exploratoires qu'alimentaires

La frénésie alimentaire

Ce n'est pas Ă  proprement parler une attaque, c'est un Ă©tat d'excitation de requins en groupe en prĂ©sence d'un fort stimulus alimentaire qui les rend susceptibles de mordre tout ce qui est Ă  proximitĂ© (y compris d'autres requins), les morsures sont du type « mordu relĂąchĂ© Â». Les plongeurs pratiquant du « shark feeding Â» sont particuliĂšrement exposĂ©s mais Ă©galement les pĂȘcheurs en apnĂ©e.

Que faire en prĂ©sence d'un requin ?

Note importante : rien ne saurait remplacer la connaissance et l'expĂ©rience, aussi veuillez considĂ©rer les quelques indications ci-dessous comme des rĂšgles de bon sens sans plus et sans garantie.

Comment réagir face à un requin

  1. Ne pas fuir.
  2. Tendre vers le requin un objet de 60 Ă  90 cm de long. Attention : ne pas s'en servir pour frapper ou blesser le requin. Cela ne ferait que l'exciter.
  3. Si l'on est deux, se mettre dos Ă  dos. Si l'on est seul, se coller le plus prĂšs possible d'une protection (le fond, un mouillage, la coque du bateau, etc).
  4. Essayer de sortir de l'eau en reculant lentement. Surveiller les réactions du requin et faire attention à ses jambes, vulnérables à une attaque par en dessous.

À Ă©viter

  1. Ne pas plonger dans les zones oĂč les requins se nourrissent. Comme les eaux troubles ou sales Ă  proximitĂ© d'une dĂ©charge ou de l'embouchure d'une riviĂšre.
  2. Ne pas plonger la nuit : c'est le moment oĂč les requins sont les plus actifs.
  3. Ne pas plonger lorsque l'on a une plaie ouverte car cela est susceptible d'exciter des requins (et pour les femmes ne pas plonger pendant les rĂšgles).
  4. Ne pas porter d'objets scintillants ou de vĂȘtements de couleur trop vive, qui pourraient ĂȘtre un facteur d'attraction.

Attaques célÚbres

Le croiseur américain USS Indianapolis a été coulé au large lors du retour d'une mission secrÚte durant la Seconde Guerre mondiale, la livraison des bombes atomiques sur l'ßle de Tinian, le 26 juillet 1945, par un sous-marin japonais. Les secours tardÚrent plusieurs jours et sur les 900 rescapés de l'attaque seuls 316 survécurent. Les rapports mentionnent que les requins harcelÚrent les naufragés nuit et jour durant plusieurs jours.

Références

Bibliographie

  • (en) R. H. Johnson, Sharks of tropical and temperate seas, Les Ă©ditions du Pacifique, 1978
  • (en) R. Aidan Martin, Field guide to the Great White Shark, Reef Quest Center for Shark Research, 2003
  • (fr) GĂ©ry Van Grevelynghe, Alain Diringer, Bernard SĂ©ret, Tous les requins du monde, Delachaux et NiestlĂ©, 1999

Notes

  1. ↑ RĂ©f. : (fr) Monstres marins : mythes et lĂ©gendes citedelamer.com.
  2. ↑ RĂ©f. : (en) U.S. Annual Average of Animal-Related Fatalities During the 1990s flmnh.ufl.edu.
  3. ↑ RĂ©f. : (en) ISAF Statistics on Attacking Species of Shark flmnh.ufl.edu.
  4. ↑ RĂ©f. : (en) Florida Museum of Natural History - Ichthyology Department - ISAF flmnh.ufl.edu.
  5. ↑ RĂ©f. : (en) ISAF Statistics for the Worldwide Locations with the Highest Shark Attack Activity Since 1990 flmnh.ufl.edu.
  6. ↑ RĂ©f. : (en) ISAF Statistics for Worldwide Unprovoked White Shark Attacks Since 1990 flmnh.ufl.edu.
  7. ↑ RĂ©f. : (en) Maps and Statistics of Shark Attacks by Region flmnh.ufl.edu.
  8. ↑ RĂ©f. : (en) Australian Museum
  9. ↑ RĂ©f. : (en) MusĂ©um d'Histoire Naturelle de Floride

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