Science chretienne

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Science chretienne

Science chrétienne

Église de la Science chrĂ©tienne Ă  Boston

La Science chrĂ©tienne (ou Christian Science) est un mouvement religieux fondĂ© par Mary Baker Eddy en 1879 et rassemblant de nos jours 1 800 Ă©glises dans 82 pays[1] et quelques centaines de milliers de croyants, principalement aux États-Unis. L’Église mĂšre de ce mouvement, la PremiĂšre Église du Christ, Scientiste, est basĂ©e Ă  Boston. D’obĂ©dience protestante, la Science chrĂ©tienne se donne pour mission « de rĂ©tablir le christianisme primitif et son Ă©lĂ©ment perdu de guĂ©rison Â»[2] et prĂ©cise que, malgrĂ© la confusion possible entre les deux noms, elle n’a rien de commun avec l’Église de Scientologie[Note 1].

Les idĂ©es de base de la Science chrĂ©tienne sont que « Dieu est amour divin, [que] la vĂ©ritable nature de chaque individu est spirituelle [et que] l’infinie bontĂ© de Dieu permet la guĂ©rison Ă  travers la priĂšre Â»[3]. Les adhĂ©rents du mouvement se rĂ©fĂšrent essentiellement Ă  la Bible, ainsi qu’à son interprĂ©tation Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, ouvrage rĂ©digĂ© par Mary Baker Eddy. L’utilisation par la Science chrĂ©tienne du mot « science Â» ne renvoie pas aux sciences physiques ni Ă  la mĂ©thode scientifique, mais s’entend comme une « connaissance Â» des lois divines.

La Science chrĂ©tienne est reconnue comme une religion dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis, mais certaines pratiques et doctrines l’ont amenĂ©e Ă  ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme sectaire par plusieurs organisations de lutte contre les sectes. La guĂ©rison par la foi fait l’objet des principales controverses. JugĂ©e comme relevant de l’effet placebo par les dĂ©tracteurs de la Science chrĂ©tienne, cette croyance amĂšne certains membres Ă  refuser des soins mĂ©dicaux nĂ©cessaires. Les sympathisants, quant Ă  eux, mettent en avant les guĂ©risons qu’ils auraient obtenues et rĂ©futent toute idĂ©e de rejet de la mĂ©decine conventionnelle[4].

Sommaire

Doctrine

Principes fondamentaux

La Science chrĂ©tienne se donne comme but « le salut total de l’humanitĂ© c’est-Ă -dire sa dĂ©livrance de toute phase du mal, de tout ce qui dĂ©nie la perfection de Dieu, (...) ainsi le pĂ©chĂ©, la maladie, la pĂ©nurie, le chagrin, l’égoĂŻsme, l’ignorance, la crainte et toute façon de pensĂ©e matĂ©rielle font partie des erreurs mortelles qu’une comprĂ©hension scientifique de Dieu doit corriger et vaincre Â»[5]. Selon Mary Baker Eddy, « la guĂ©rison de la maladie physique est la partie la moins importante de la Science chrĂ©tienne (...) le dessein essentiel de la Science chrĂ©tienne est la guĂ©rison du pĂ©chĂ©. Â»[Eddy 1],[Note 2]

La Science chrĂ©tienne utilise le mot « science Â» dans le sens de « connaissance Â» des lois divines universelles qui seraient applicables et dĂ©montrables aujourd’hui comme au temps de JĂ©sus, se basant sur la Bible qui affirme que « la loi de l’Eternel restaure l’ñme Â»[Bible 1] et que « la loi de l’esprit de vie en JĂ©sus-Christ affranchit de la loi du pĂ©chĂ© et de la mort Â»[Bible 2]. Suite Ă  une priĂšre qui l’aurait guĂ©rie d’une grave blessure, Mary Baker Eddy affirme avoir voulu « connaĂźtre la Science de cette guĂ©rison Â»[Eddy 2], ou en d’autres termes « la Science du Christ ou lois divines de la Vie Â», qu’elle appela « Christian Science Â» (Science chrĂ©tienne)[Eddy 3]. Pour le sociologue RĂ©gis Dericquebourg, le terme « science Â» renvoie ici Ă  « la science de Dieu de la thĂ©ologie chrĂ©tienne mĂ©diĂ©vale Â» et « indique que l’univers divin est gouvernĂ© par des lois Â»[6].

Vision transcendantale du mal et du monde matériel

La Croix et la Couronne, symboles traditionnels repris par la Science chrétienne

Dans Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, Mary Baker Eddy affirme l’omniprĂ©sence et la bontĂ© absolue de Dieu. Elle en conclue que le pĂ©chĂ©, la maladie et la mort ne peuvent avoir Ă©tĂ© crĂ©Ă©s par lui et ne sont donc pas rĂ©els. Elle considĂšre le mal et ses manifestations comme des mensonges, se rĂ©fĂ©rant Ă  la parole de JĂ©sus « le diable (...) est menteur et le pĂšre du mensonge Â»[Bible 3]. Mary Baker Eddy voit donc le mal comme une « erreur Â» pouvant ĂȘtre dissipĂ©e grĂące Ă  une meilleure comprĂ©hension spirituelle.

La Science chrĂ©tienne considĂšre que, l’homme ayant Ă©tĂ© crĂ©Ă© Ă  l’image de Dieu, il « doit ĂȘtre entiĂšrement spirituel et aussi parfait que son crĂ©ateur. Il s’ensuit que l’homme mortel malade et pĂ©cheur, tel qu’il apparaĂźt aux sens physiques, est une fausse reprĂ©sentation de l’homme, une conception matĂ©rielle erronĂ©e de ce qu’il est rĂ©ellement. Â» [7]. La matiĂšre elle-mĂȘme est considĂ©rĂ©e comme irrĂ©elle et une distorsion de la vĂ©ritable rĂ©alitĂ© spirituelle, « non pas comme une substance crĂ©Ă©e par Dieu mais comme un mode limitĂ© de la perception humaine Â»[8]. Pour la fondatrice du mouvement, si l’on accepte la proposition que la matiĂšre est crĂ©Ă©e par Dieu, « on fait un compromis fatal avec le matĂ©rialisme par lequel on tient Dieu responsable de toutes les souffrances de l’univers Â»[8].

En affirmant la non-existence du mal et de la matiĂšre, la Science chrĂ©tienne se dĂ©marque du reste des Églises chrĂ©tiennes. Mary Baker Eddy rĂ©sume son point de vue dans son ouvrage par un passage intitulĂ© « exposĂ© scientifique de l’ĂȘtre Â» :

« Il n’y a ni vie, ni vĂ©ritĂ©, ni intelligence, ni substance dans la matiĂšre. Tout est Entendement infini et sa manifestation infinie, car Dieu est Tout-en-tout. L’Esprit est la VĂ©ritĂ© immortelle ; la matiĂšre est l’erreur mortelle. L’Esprit est le rĂ©el et l’éternel ; la matiĂšre est l’irrĂ©el et le temporel. L’Esprit est Dieu, et l’homme est Son image et Sa ressemblance. Donc, l’homme n’est pas matĂ©riel ; il est spirituel.  Â»

— Mary Baker Eddy, Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, p.468

Pour le philosophe et mĂ©decin Pierre Janet, Mary Baker Eddy « a en horreur le concept de la matiĂšre et perpĂ©tuellement elle rĂ©pĂšte que la matiĂšre n’existe pas Â»[9]. Le sociologue Vilfredo Pareto voit dans la Science chrĂ©tienne un exemple de « religion combinĂ©e avec la mĂ©taphysique la plus avancĂ©e, pouvant ĂȘtre dĂ©finie comme une sorte d’hĂ©gĂ©lianisme biblique Â»[10]. Selon le thĂ©ologien Richard Bergeron, « la Science chrĂ©tienne propose une vision moniste et Ă©manantiste du monde : elle enseigne le caractĂšre illusoire de la matiĂšre, qui n’est qu’une projection de l’esprit, et du mal, qui n’est qu’une projection de la fausse conscience Â»[11]. Quant Ă  l’ouvrage Science et santĂ©, il le juge comme « un Ă©trange amalgame d’élĂ©ments de la philosophie de Hegel et de Berkeley et de la thĂ©rapie mentale de Franz Mesmer et de Phineas P. Quimby Â»[12].

Nature de Dieu

Dieu comme PĂšre-MĂšre

La Science chrĂ©tienne diffĂšre de la thĂ©ologie traditionnelle chrĂ©tienne, en reconnaissant Ă  Dieu Ă  la fois un aspect masculin et un aspect fĂ©minin, « Dieu le PĂšre-MĂšre Â». Celui-ci est en effet dotĂ© de qualitĂ©s traditionnellement considĂ©rĂ©es comme fĂ©minines (gentillesse, compassion
) et masculines (force, protection
), qualitĂ©s qui feraient partie intĂ©grante de la vĂ©ritable identitĂ© spirituelle de chaque ĂȘtre humain – puisque crĂ©Ă© Ă  l’image de Dieu. La Science chrĂ©tienne dĂ©finit Dieu Ă  l’aide de sept synonymes : « l’Entendement, l’Esprit, l’Âme, le Principe, l’Amour, la VĂ©ritĂ©, la Vie Â»[Eddy 4].

Distinction entre JĂ©sus et le Christ

La Science chrĂ©tienne fait la distinction entre JĂ©sus (l’homme) et le Christ vu comme « la manifestation divine de Dieu, qui vient Ă  la chair pour dĂ©truire l’erreur incarnĂ©e Â»[Eddy 5]. Le « Christ Â» est donc perçu comme un principe spirituel que JĂ©sus (l’homme) a exprimĂ© Ă  un tel degrĂ© qu’il peut ĂȘtre appelĂ© « JĂ©sus-Christ Â». Ce mĂȘme « Christ Â», ou conscience divine, serait toujours prĂ©sent et actif en quiconque prĂȘt Ă  le reconnaĂźtre amenant ainsi une meilleure comprĂ©hension spirituelle. Cependant, « Ă  la diffĂ©rence de certaines formes de libĂ©ralisme protestant, la Science chrĂ©tienne ne considĂšre pas JĂ©sus comme un simple exemple moral Â»[8].

La Trinité

La Science chrĂ©tienne croit en la TrinitĂ© mais sa reprĂ©sentation est diffĂ©rente de la conception trinitaire classique :

« La vie, la vĂ©ritĂ© et l’amour constituent la Personne trinitaire nommĂ©e Dieu - i.e. qu’il est le Principe divin triple, l’Amour. Ils reprĂ©sentent une trinitĂ© en unitĂ©, trois en un - les mĂȘmes en essence, bien que dans des postes multiformes : Dieu le PĂšre-MĂšre ; Christ l’idĂ©e spirituelle du fils; la science divine ou le Saint Consolateur. Â»

— Mary Baker Eddy, Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, p.331

La priÚre et la guérison

Gabriel von Max, JĂ©sus soigne les malades

La Science chrĂ©tienne considĂšre que la maladie, et toute autre difficultĂ©, n’a pas de rĂ©alitĂ© – c’est Ă  dire n’est pas crĂ©Ă©e par Dieu – et donc peut ĂȘtre vaincue par la priĂšre : « la priĂšre qui rĂ©forme les pĂȘcheurs et guĂ©rit les malades est une foi absolue dans le fait que tout est possible Ă  Dieu – une comprĂ©hension spirituelle de Dieu, un amour dĂ©tachĂ© de soi-mĂȘme Â»[Eddy 6]. Mary Baker Eddy considĂ©rait que « JĂ©sus voyait dans la Science l’homme parfait, qui lui apparaissait lĂ  oĂč l’homme mortel pĂȘcheur apparaĂźt aux mortels. En cet homme parfait le Sauveur voyait la ressemblance mĂȘme de Dieu, et cette vue correcte de l’homme guĂ©rissait les malades Â»[Eddy 7]. Selon la Science chrĂ©tienne, la priĂšre permet la « spiritualisation de la pensĂ©e Â», faisant en sorte que « la matiĂšre ait de moins en moins d’importance Â», permettant « d’abandonner la maniĂšre de pensĂ©e mortelle, y compris le dĂ©sir d’une intervention matĂ©rielle Â»[13].

Les scientistes croient que la priĂšre s’exerce au travers de l’amour – au sens chrĂ©tien – et que c’est ainsi que JĂ©sus-Christ guĂ©rissait. Ils souhaitent donc « rĂ©tablir le christianisme primitif et son Ă©lĂ©ment perdu de guĂ©rison Â»[2]. Ils considĂšrent que la Bible affirme que la foi chrĂ©tienne se dĂ©montre Ă  travers l’Ɠuvre de guĂ©rison[Bible 4], JĂ©sus-Christ ayant enseignĂ© que ceux qui croiraient en lui feraient de plus grandes Ɠuvres que lui[Bible 5] et qu’une personne vivant en conformitĂ© avec ses enseignements ne verrait jamais la mort[Bible 6]. La Science chrĂ©tienne considĂšre que la priĂšre est exaucĂ©e Ă  l’aune de la rĂ©gĂ©nĂ©ration morale qui doit l’accompagner, car « aujourd’hui, comme jadis, des signes et des merveilles s’opĂšrent dans la guĂ©rison mĂ©taphysique de la maladie physique; mais ces signes ne servent qu’à en dĂ©montrer l’origine divine, Ă  attester la rĂ©alitĂ© de la mission plus haute du pouvoir-Christ, mission qui est d’îter le pĂ©chĂ© du monde Â»[Eddy 8].

Selon le sociologue Bryan Wilson, « mĂȘme si les scientistes chrĂ©tiens prient Dieu en communautĂ©, ce rite de priĂšres est traduit en un nombre d’affirmations, en conformitĂ© aux enseignements d’Eddy. La priĂšre (
) est une affirmation de « vĂ©ritĂ© Â» et non pas une supplication : Dieu est un « Principe Â» devant ĂȘtre dĂ©montrĂ©, et non pas un « ĂŠtre Â» devant ĂȘtre apaisĂ©. En consĂ©quence, le culte de la science chrĂ©tienne diffĂšre en forme, en ambiance et en expression du culte Ă©tabli par les Ă©glises traditionnelles. Â»[14] Pour le sociologue RĂ©gis Dericquebourg, « cette confession affiche une conception pragmatique de la religion au sens oĂč elle proclame une foi qui peut s’expĂ©rimenter pour produire des effets constatables Â»[15]. Le sociologue Vilfredo Pareto voit quant Ă  lui une forme de « tautologie Â» dans cette approche qui pose qu’« une idĂ©e qui n’existe pas pour la personne est pour elle inexistante Â» et ajoute que les concepts comme la maladie et la mort s’imposent de toute maniĂšre aux individus mĂȘme s’ils cherchent Ă  y Ă©chapper. En consĂ©quence, il voit dans la Science chrĂ©tienne une religion « en guerre totale contre toute pensĂ©e scientifique Â»[16].

Histoire

Mary Baker Eddy

Mary Baker Eddy
Article dĂ©taillĂ© : Mary Baker Eddy.

Mary Baker Eddy est Ă©levĂ©e dans une famille congrĂ©gationaliste du New Hampshire. Elle se rebelle contre la thĂ©ologie calviniste de son pĂšre en raison de son « dĂ©terminisme annonciateur des tourments de l’enfer Â»[8] mais conserve de son Ă©ducation protestante une piĂ©tĂ© centrĂ©e sur la Bible. Sa mauvaise santĂ© la pousse Ă  s’interroger sur « la responsabilitĂ© de Dieu dans la souffrance humaine Â»[8].

En 1866, elle affirme avoir « dĂ©couvert Â» la Science du Christ (ou Science chrĂ©tienne) qui lui aurait permis de guĂ©rir par la priĂšre d’un problĂšme de santĂ© pronostiquĂ© comme fatal[17]. Suite Ă  son rĂ©tablissement, elle est convaincue que « l’Esprit divin a rĂ©alisĂ© le miracle – un miracle (...) en parfait accord scientifique avec la loi divine Â»[Eddy 9] et affirme savoir que « des cures avaient Ă©tĂ© opĂ©rĂ©es dans les premiers temps de la guĂ©rison chrĂ©tienne par une sainte foi exaltante ; mais il me fallait connaĂźtre la Science de cette guĂ©rison Â»[18].

Elle passe les annĂ©es suivantes Ă  Ă©tudier la Bible, particuliĂšrement les enseignements et l’Ɠuvre de JĂ©sus. En 1875, elle publie Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, exposant sa « dĂ©couverte Â» qui permettrait Ă  chacun d’accĂ©der Ă  l’amour guĂ©risseur de Dieu. Elle affirme que son oeuvre est inspirĂ©e par Dieu et qu’elle est la clef mentionnĂ©e dans l’Apocalypse[Bible 7] permettant de comprendre la Bible qui, sans elle, reste obscure. Dans son ouvrage, elle expose les « lois universelles spirituelles Â» qui selon elle apportent « rĂ©confort, rĂ©gĂ©nĂ©ration et guĂ©rison Â»[19].

AprĂšs avoir publiĂ© son ouvrage, Mary Baker Eddy organise des cours afin de dispenser son enseignement. Un seul Ă©tudiant assiste Ă  sa premiĂšre leçon mais elle en attire rapidement de nombreux autres[20]. En 1879, elle fonde avec un groupe de quinze coreligionnaires l’Église du Christ, Scientiste[8]. Le mouvement se prĂ©sente comme le rĂ©tablissement de l’église chrĂ©tienne primitive et prend peu Ă  peu de l’ampleur. Mary Baker Eddy consacre le reste de sa vie Ă  dĂ©velopper son Église. En 1881, elle fonde le CollĂšge mĂ©taphysique du Massachusetts afin de diffuser son enseignement et de former des auxiliaires. Elle autorise les Ă©tudiants ayant suivi sa formation Ă  se prĂ©senter comme des praticiens de la Science chrĂ©tienne.

Face à la Nouvelle Pensée

Article dĂ©taillĂ© : Nouvelle PensĂ©e.

Á la mĂȘme Ă©poque, la Science chrĂ©tienne doit faire face Ă  la rivalitĂ© de la Nouvelle PensĂ©e, mouvance rassemblant des auteurs, gĂ©nĂ©ralement disciples de la philosophie de Phineas Quimby, affirmant que les maladies ne sont pas rĂ©elles et sont le produit de superstitions dont il faut se dĂ©barrasser par la pensĂ©e positive. Emma Curtis Hopkins, Ă©tudiante de Mary Baker Eddy, devient en 1884 responsable du Christian Science Journal. Cependant son Ă©veil Ă  d’autres spiritualitĂ©s la pousse Ă  rompre avec le mouvement en 1885 et Ă  dispenser son propre enseignement, donnant corps Ă  la Nouvelle PensĂ©e.

En 1887, le Christian Science Journal accuse Emma Curtis Hopkins et une autre dissidente, Mary H. Plunkett, de « voyager Ă  travers le pays, prĂ©tendant enseigner la Science chrĂ©tienne, et trompant leurs victimes avec l’idĂ©e qu’elles la possĂšdent Â»[21]. Mary Baker Eddy voit en effet dans la Nouvelle PensĂ©e « une corruption de la Science chrĂ©tienne lui empruntant sa terminologie pour rĂ©pandre une forme essentiellement non chrĂ©tienne de la guĂ©rison mentale ; dĂšs ce moment, comme plus tard, ce mouvement a Ă©tĂ© confondu dans l’esprit du public avec [ses propres] enseignements Â»[8]. Elle dĂ©pose finalement le terme de « Science chrĂ©tienne Â» et menace de procĂšs ceux qui l’emploient sans son autorisation, ce qui pousse plusieurs mouvements au sein de la Nouvelle PensĂ©e Ă  modifier leur nom au cours des annĂ©es 1890[22].

Organisation de l’Église

Premiùre Église du Christ, Scientiste, Ottawa, Canada

La Science chrĂ©tienne commence sa croissance Ă  Boston Ă  partir de 1882 grĂące au travail de « guĂ©rison Â» effectuĂ© par les coreligionnaires formĂ©s par Mary Baker Eddy[8]. Le mouvement est rejoint par de nombreuses personnes issues des Ă©glises protestantes traditionnelles, ce qui suscite contre lui l’opposition du clergĂ© orthodoxe[8].

La Science chrĂ©tienne est toutefois menacĂ©e durant cette pĂ©riode par des dissensions internes. En 1888, l’Association de la science chrĂ©tienne perd un tiers de ses adhĂ©rents, ceux-ci reprochant Ă  Mary Baker Eddy « son apparente obsession financiĂšre, son exigence d’une loyautĂ© sans discussion, et sa paranoĂŻa grandissante face aux desseins malĂ©fiques de ses anciens Ă©tudiants Â»[23]. Mary Baker Eddy rĂ©agit durement, qualifiant les apostats de « chiens pleurnicheurs Â», de « magnĂ©tiseurs malveillants Â» et d’« assassins mentaux Â»[23]. Elle dĂ©plore qu’« il y ait vingt faux instructeurs pour un qui soit vrai Â»[23].

La situation est telle que Mary Baker Eddy, dĂ©couragĂ©e, envisage d’abandonner Boston pour tout recommencer Ă  Chicago[23]. Elle parvient cependant Ă  redresser son mouvement et met progressivement en place une structure en vue de consolider son Église. Elle dĂ©taille la nouvelle structure dans le Manuel de l’Église[Eddy 10] en 1895. La Science chrĂ©tienne ouvre des salles de lecture Ă  travers tous les États-Unis, y compris jusque dans l’Utah oĂč les autoritĂ©s mormones s’inquiĂštent de cette extension[24]. Elle se diffuse Ă©galement Ă  l’étranger et ouvre des filiales Ă  Londres en 1896, Ă  Hanovre en 1898[25] et Ă  Ottawa en 1899[26].

Selon l’historienne Beryl Satter, les efforts dĂ©ployĂ©s par Mary Baker Eddy pour rĂ©organiser son Église permettent « Ă  un mouvement qui Ă©tait en ruine en 1890 de renaĂźtre de ses cendres comme le phĂ©nix avant 1900 Â», passant « d’une simple congrĂ©gation de 26 membres en 1879 (...) Ă  86 000 membres en 1906 Â», ce qui « surprenait et parfois effrayait ses contemporains par sa diffusion mĂ©tĂ©orique Â»[27]. La croissance exceptionnelle de la Science chrĂ©tienne inquiĂšte ses dĂ©tracteurs, allant jusqu’à craindre pour certains d’entre eux que celle-ci ne finisse par prendre le contrĂŽle du CongrĂšs, Ă©branle les fondements de la civilisation moderne par son mysticisme ou, pour les adversaires religieux, dĂ©truise toute moralitĂ© par sa croyance en l’inexistence du pĂ©chĂ©[28].

Les raisons du succĂšs fulgurant de la Science chrĂ©tienne font dĂ©bat parmi les historiens contemporains[29]. Sydney E. Ahlstrom l’explique par la place qu’elle accordait aux femmes, mettant un terme Ă  leur exclusion de la sphĂšre religieuse, et l’intĂ©rĂȘt qu’elle a suscitĂ© pour « le ministĂšre de la guĂ©rison que les Ă©glises protestantes avaient virtuellement abandonnĂ©, malgrĂ© sa proĂ©minence dans le Nouveau Testament Â»[30]. Raymond Cunningham l’attribue quant Ă  lui au fait que la Science chrĂ©tienne a Ă©pousĂ© une « tendance diffuse et diversifiĂ©e Â» au sein de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine contre le matĂ©rialisme et le scientisme[31]. Quant Ă  R. Laurence Moore, il affirme que le regard contemporain est biaisĂ© par le fait qu’à notre Ă©poque les Ă©lĂ©ments occultes de la Science chrĂ©tienne paraissent hors norme, ce qui n’était pas le cas au XIXe siĂšcle oĂč l’influence d’autres mouvements (mesmĂ©risme, swedenborgisme...) avait prĂ©parĂ© « le chemin Ă  l’émergence de la Science chrĂ©tienne Â»[32].

DĂ©cĂšs de la fondatrice

Mémorial funéraire de Mary Baker Eddy à Boston

L’ñge venant, Mary Baker Eddy se retire en 1892 dans sa rĂ©sidence Pleasant View Ă  Concord (New Hampshire), limitant les contacts, rĂ©visant ses prĂ©cĂ©dents Ă©crits et continuant Ă  diriger de loin l’Église qu’elle a crĂ©Ă©e[33]. Pour Stefan Zweig, qui lui consacre une partie de son livre La guĂ©rison par l’esprit, « quand on a annoncĂ© au monde pendant trente ans et claironnĂ© aux oreilles de millions d’individus qu’il est facile de triompher de toutes les maladies by mind, d’échapper victorieusement Ă  l’erreur de la vieillesse, au mensonge de la mort grĂące Ă  la Christian Science, on ne peut pas se laisser surprendre en train de vieillir Â»[34].

Mary Baker Eddy lance en 1908 The Christian Science Monitor, un quotidien encore publiĂ© Ă  ce jour[35]. Elle dĂ©mĂ©nage en 1908 Ă  Chestnut Hill, banlieue de Boston, et y meurt en 1910, ĂągĂ©e de 89 ans[33]. Ses derniers mots Ă©crits sont « Dieu est ma vie Â»[36]. Plusieurs de ses Ă©crits sont rassemblĂ©s et publiĂ©s Ă  titre posthume. Son dĂ©cĂšs fait rĂ©agir les journaux de l’époque[37], voyant en elle « une remarquable figure de l’histoire Â» (Atlanta Constitution), ayant « construit une grande carriĂšre (...) au service de l’église qu’elle fonda Â» (Chicago Post), « religion qui est aujourd’hui est un facteur important dans la vie religieuse et sociale de la nation Â» (San Francisco Examiner)[Note 3]. Peu avant son dĂ©cĂšs, elle est qualifiĂ©e en 1908 de « personne qui a fait le plus grand bien Ă  son prochain Â» par Clara Barton la fondatrice de la Croix-Rouge[38].

Pour le mouvement, le dĂ©cĂšs de la fondatrice est suivi d’une pĂ©riode de confusion. Les administrateurs de la Christian Science Publishing Society s’opposent au conseil d’administration de la Science chrĂ©tienne sur des questions liĂ©es Ă  la dĂ©centralisation, Ă  la doctrine et au rĂŽle de l’Église[39]. La controverse sera rĂ©glĂ©e par la Cour suprĂȘme du Massachusetts en 1921 qui Ă©tablira que la mission exclusive confiĂ©e par Mary Baker Eddy aux administrateurs Ă©tait de promouvoir la Science chrĂ©tienne telle qu’elle l’avait enseignĂ©e[40].

A titre posthume en 2002, le CongrĂšs AmĂ©ricain vote une rĂ©solution reconnaissant les contributions de Mary Baker Eddy « pour l’avancement des droits des femmes Â»[41].

Apogée et déclin

Ancienne 5e Église du Christ, Scientiste - Ă  prĂ©sent Rainier Valley Cultural Center, Seattle, États-Unis

Selon le sociologue Rodney Stark, la Science chrĂ©tienne atteint son apogĂ©e en 1936 avec 2 048 adhĂ©rents par million d’AmĂ©ricains d’aprĂšs ses estimations. Ensuite, le nombre d’adeptes de la Science chrĂ©tienne ne cesse de baisser aux États-Unis pour atteindre, toujours selon lui, 427 adhĂ©rents par million d’AmĂ©ricains en 1990[42]. Pour le sociologue, il faut y voir la consĂ©quence « d’une fertilitĂ© inadĂ©quate, d’une socialisation sans effet (...), d’un dĂ©clin de l’efficacitĂ© relative de son effet placebo [par rapport aux progrĂšs de la mĂ©decine moderne] et des opportunitĂ©s bien plus grandes d’occupation pour les femmes [dans la sociĂ©tĂ© d’aujourd’hui] Â»[43].

Aujourd’hui, la Science chrĂ©tienne est composĂ©e de l’église mĂšre Ă  Boston (oĂč se trouvent le centre administratif et la sociĂ©tĂ© d’édition) et, selon les sources, de 1 800[1] Ă  2 750 Ă©glises filiales[44] rĂ©parties dans 80[45] ou 82 pays[1]. La Science chrĂ©tienne ne publie pas de statistiques relatives Ă  son nombre d’adhĂ©rents[46]. L’estimation du nombre de membres varie selon les sources[Note 4] :

  • Alain Woodrow estime le nombre de membres Ă  1 500 000[47];
  • Jean Vernette l’estime Ă©galement Ă  1 500 000[48];
  • pour l’association chrĂ©tienne Ă©vangĂ©lique Vigi-Sectes, il n’y aurait que 500 000 membres (dont 70 % de femmes)[49];
  • des estimations plus rĂ©centes placent le mouvement entre 100 000 et 400 000 membres[50].

En France

Vitrine de la Science chrétienne en France exposant livres et brochures

Selon les sources du mouvement, une personne qui connaĂźt la Science chrĂ©tienne affirme en 1890 qu’elle a Ă©tĂ© guĂ©rie d’un problĂšme de vue[51]. En 1896, une centaine d’exemplaires de Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures est envoyĂ©e Ă  des personnalitĂ©s de la Sorbonne et Ă  un grand nombre d’artistes et de penseurs parisiens[51]. En 1897, The Christian Science Journal dĂ©nombre deux « praticiens Â» en France, tous deux rĂ©sidant Ă  Paris[51]. La premiĂšre Ă©glise filiale de l’église mĂšre s’installe Ă  Paris en 1899[1],[51] (ou 1906 selon une autre source[49]).

Lors de l’Exposition internationale du livre Ă  Paris de 1907, le gouvernement français, reprĂ©sentĂ© par Aristide Briand, nomme Mary Baker Eddy « officier d’AcadĂ©mie Â»[52],[53]. En 1914 se tient Ă  Paris la premiĂšre confĂ©rence sur la Science chrĂ©tienne donnĂ©e en français par William D. McCrakan[51]. La publication de la traduction française de Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures a lieu en 1917[54], suivie de la publication en français du journal HĂ©raut de la Christian Science[55].

Les estimations du nombre actuel de membres de la Science chrĂ©tienne en France varient de 1 000[48] Ă  2 500[47]. Selon le professeur Jean Prieur, « la France, pays Ă  psychisme catholique, n’est pas trĂšs ouverte Ă  ces mouvements d’inspiration biblique et de mentalitĂ© anglo-saxonne, tels Science chrĂ©tienne ou Adventisme Â»[56]. Pour Christian Lerat, la Science chrĂ©tienne n’a pas rencontrĂ© le succĂšs en France en raison de son refus d’adaptation Ă  la culture du pays d’accueil (en termes de doctrine et d’activitĂ© thĂ©rapeutique) et le sociologue considĂšre cette intransigeance assez unique en comparaison avec d’autres mouvements religieux de mĂȘme envergure[57].

Pratique

La guérison par la foi

Pensant obĂ©ir Ă  l’injonction de JĂ©sus de guĂ©rir les malades car « celui qui croit en moi fera aussi les Ɠuvres que je fais Â»[Bible 8], les Ă©tudiants de la Science chrĂ©tienne cherchent Ă  pratiquer la guĂ©rison pour eux-mĂȘmes et leur entourage. Ainsi, des praticiennes et praticiens de la Science chrĂ©tienne aident par la priĂšre « ceux qui le leur demandent Ă  surmonter les difficultĂ©s humaines par une meilleure comprĂ©hension de Dieu et de la relation de l’homme Ă  Dieu Â»[58]. Selon RĂ©gis Dericquebourg, ils s’abstiennent cependant de donner des conseils mĂ©dicaux ou de diriger la vie des consultants[59]. Ils dĂ©livrent leurs consultations Ă  domicile ou par tĂ©lĂ©phone[60]. On dĂ©nombrerait en France 21 praticiens de la Science chrĂ©tienne dont 19 femmes[61]. Leurs tarifs s’apparentent Ă  ceux d’un mĂ©decin[60],[61].

Rituels

Salle de lecture, Boston, États-Unis

La simplicitĂ© marque les rĂ©unions de la Science chrĂ©tienne : il n’y a pas d’objets de culte et les rites sont peu nombreux[62]. Le mouvement n’a pas de jours saints, et ne procĂšde Ă  aucune cĂ©rĂ©monie de baptĂȘme, ni de confirmation, ni d’enterrement (un service funĂšbre peut cependant avoir lieu dans une maison privĂ©e)[63].

Services publics du dimanche

Le service religieux hebdomadaire de la Science chrĂ©tienne a lieu le dimanche matin. Il dure une heure et comporte des chants de la congrĂ©gation, des priĂšres silencieuses et publiques, et surtout la lecture de passages de la Bible et de Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures[64]. Cette façon de procĂ©der existe depuis 1894, lorsque Mary Baker Eddy remplace la prĂ©dication personnelle au sein de son mouvement par la lecture de ces deux ouvrages faite par deux membres Ă©lus (le Premier Lecteur et le DeuxiĂšme Lecteur)[65]. Elle institue ainsi un « pasteur impersonnel et double, la Bible et Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, [qui] est avec vous, et la Vie qu’ils donnent, la VĂ©ritĂ© qu’ils illustrent, l’Amour qu’ils dĂ©montrent, est le grand Berger qui nourrit mon troupeau et le conduit prĂšs des eaux paisibles Â»[Eddy 11].

Il existe ainsi 26 sujets de leçons bibliques qui se rĂ©pĂštent tous les six mois, comme par exemple, « L’Âme et le corps Â» ou « L’univers, y compris l’homme, est-il produit par la force atomique ? Â»[66]. Ces leçons sont publiĂ©s dans le livret trimestriel et peuvent s’étudier pendant la semaine. Les citations de la Bible et de Science et santĂ© qu’elles contiennent constituent le sermon du dimanche dans les Ă©glises de la Science chrĂ©tienne du monde entier. Une quĂȘte a gĂ©nĂ©ralement lieu Ă  la fin de la rĂ©union, oĂč il est d’usage de laisser 1 Ă  5 dollars[62].

Les enfants peuvent assister Ă  l’école du dimanche oĂč leur est enseignĂ©e la Bible.

Services publics de témoignages du mercredi

Le mercredi se tient une rĂ©union de tĂ©moignages. Le Premier Lecteur choisit un thĂšme et prĂ©pare des lectures tirĂ©es de la Bible et de Science et santĂ©[64]. Cette rĂ©union « comprend des tĂ©moignages donnĂ©s par les membres de la congrĂ©gation sur le pouvoir que Dieu a de guĂ©rir, sauver et guider Â»[67].

Communion

La communion a lieu deux fois par an : le deuxiĂšme dimanche de janvier et le deuxiĂšme dimanche de juillet. La congrĂ©gation s’agenouille alors pour une priĂšre silencieuse, avant de rĂ©citer Notre PĂšre Ă  haute voix. On n’y distribue ni pain ni vin[64].

Diffusion

La Science chrĂ©tienne se fait connaĂźtre par la diffusion des Ă©crits de Mary Baker Eddy et de ses diverses publications produites par la Society and Publication de l’Église MĂšre Ă  Boston. Des salles de lecture reliĂ©es aux Ă©glises filiales permettent l’accĂšs libre Ă  toutes les publications de la Science chrĂ©tienne. Des confĂ©rences sont donnĂ©es rĂ©guliĂšrement dans le monde entier.

Controverses

Controverse médicale

Refus de soins médicaux

George J. Stodart, Allégorie de la médecine

La Science chrĂ©tienne fait l’objet de controverses en raison de son insistance sur la guĂ©rison par la seule foi et est accusĂ©e de rejeter la mĂ©decine scientifique. Le premier procĂšs Ă  ce sujet a lieu dĂšs 1888 : Abby H. Corner, praticienne du mouvement, est accusĂ©e d’homicide pour avoir laissĂ© mourir sa fille d’une hĂ©morragie curable en ayant eu recours Ă  l’enseignement d’Eddy plutĂŽt qu’aux services d’un mĂ©decin[23],[68].

Pour le philosophe et mĂ©decin Pierre Janet, les praticiens de la Science chrĂ©tienne doivent « supprimer tous les traitements chirurgicaux ou mĂ©dicaux quelconques que la science a inventĂ©s Â» et « ne doivent pas non plus apprendre un mot de pharmacie ou d’hygiĂšne Â»[69]. Pour la sociologue Anne-CĂ©cile BĂ©got, c’est surtout « la voie mĂ©dicamenteuse qui contrevient aux principes scientistes chrĂ©tiens Â»[70], mentionnant que certains fidĂšles ont recours Ă  la chirurgie, Ă  l’ophtalmologie ou Ă  la dentisterie. Elle prĂ©cise Ă©galement que d’autres, engagĂ©s dans des mariages mixtes, sont prĂȘts Ă  des concessions en ayant recours Ă  la mĂ©decine[70].

En 1998, le pĂ©diatre Seth Asser reproche Ă  la Science chrĂ©tienne de refuser aux enfants les soins mĂ©dicaux nĂ©cessaires dans une Ă©tude sur le dĂ©cĂšs de 172 enfants au sein de mouvements prĂŽnant la guĂ©rison par la foi[71]. L’association CHILD (Children’s Healthcare Is a Legal Duty) recense Ă©galement plusieurs cas d’enfants membres de la Science chrĂ©tienne dĂ©cĂ©dĂ©s aux États-Unis en raison du refus de soins mĂ©dicaux[72] et prĂ©sente la biographie de plusieurs d’entre eux[73]. Selon l’auteure et journaliste Caroline Fraser, « le refus de nombreux parents scientistes chrĂ©tiens de demander l’aide de mĂ©decins pour leurs enfants gravement malades a provoquĂ© de nombreuses morts douloureuses et inutiles, et Ă  de plus en plus d’actions en justice devenues onĂ©reuses pour l’Église et ses membres Â»[74]. Un des procĂšs les plus mĂ©diatisĂ©s fut l’affaire Twitchell en 1988 au Massachusetts, oĂč les parents Twitchell, membres de la Science chrĂ©tienne, furent condamnĂ©s pour homicide involontaire en ayant laissĂ© mourir leur fils de 2 ans atteint d’une pĂ©ritonite[75].

En France, le Dr François Michaut met en garde contre ce mouvement, considĂ©rant que son approche Ă©tait « comprĂ©hensible en cette fin du 19Ăšme siĂšcle Â» mais « dont le simplisme fanatique est inacceptable Â»[76]. Anne-CĂ©cile BĂ©got note cependant de son cĂŽtĂ© que « les scientistes chrĂ©tiens respectent la lĂ©gislation en vigueur dans le pays oĂč ils s’installent. Ainsi en France, ils se soumettent aux vaccinations obligatoires et Ă  la mĂ©decine du travail Â»[70], ainsi qu’à la mĂ©decine scolaire[60]. Elle souligne Ă©galement que, mĂȘme si les tĂ©moignages publiĂ©s sont formalisĂ©s autour de la guĂ©rison par la foi, les scientistes chrĂ©tiens qu’elle a interrogĂ©s font certains accommodements avec la mĂ©decine dans leur vie quotidienne, en ayant « recours aux soins d’urgence lors d’accidents ou quand un enfant ne guĂ©rit pas rapidement Â»[60].

Les Scientistes chrĂ©tiens affirment quant Ă  eux avoir du respect pour la profession mĂ©dicale mais ils choisissent la priĂšre comme moyen de se guĂ©rir car « la guĂ©rison n’est pas simplement la disparition des problĂšmes de santĂ© (...) [mais] une nouvelle naissance par une transfiguration au cours de laquelle [le patient] a ressenti sa nature divine et a triomphĂ© de l’erreur Â»[6]. La Science chrĂ©tienne affirme que ses membres « sont toujours libres d’opter pour un traitement mĂ©dical, ce qui est considĂ©rĂ© par beaucoup de personnes comme la solution Ă©vidente aux problĂšmes de santĂ© Â»[77]. Selon RĂ©gis Dericquebourg, les scientistes chrĂ©tiens « ne prĂ©conisent pas un refus radical des soins mĂ©dicaux. Simplement, ils pensent que l’approche mĂ©dicale met trop l’accent sur la matĂ©rialitĂ© du corps, ce qui a pour consĂ©quence de dĂ©tourner l’homme de leur conception du monde comme idĂ©e divine. Â»[4]

Effet placebo

Les dĂ©tracteurs du mouvement considĂšrent que la « pratique de la guĂ©rison Â» par la Science chrĂ©tienne est inefficace et que les amĂ©liorations de santĂ© Ă©ventuelles ne sont dues qu’à l’effet placebo[78]. DĂšs 1907, l’écrivain Mark Twain, dans un ouvrage satirique sur la Science chrĂ©tienne, tourne en dĂ©rision l’idĂ©e de la guĂ©rison par la priĂšre[79].

En 1989, The Journal of the American Medical Association publie une Ă©tude portant sur plus de 5 500 scientistes chrĂ©tiens (graduĂ©s du Principia College, Ă©cole encourageant ses Ă©tudiants Ă  pratiquer la Science chrĂ©tienne) comparĂ©s Ă  un groupe de 30 000 personnes recourant Ă  la mĂ©decine conventionnelle[80]. Selon l’étude, les scientistes chrĂ©tiens prĂ©sentaient un taux de dĂ©cĂšs par cancer deux fois supĂ©rieur et leur espĂ©rance de vie Ă©tait plus courte de 2 ans (pour les hommes) et 4 ans (pour les femmes). En 1991, une autre Ă©tude[81], effectuĂ©e par les Centers for Disease Control and Prevention, en comparant des graduĂ©s du Principia College (scientiste chrĂ©tien) et de la Loma Linda University (adventiste du septiĂšme jour, acceptant la mĂ©decine conventionnelle), montre Ă©galement que le taux de mortalitĂ© est plus Ă©levĂ© parmi les scientistes chrĂ©tiens.

Pour RĂ©gis Dericquebourg, « du point de vue de la rationalitĂ© mĂ©dicale, les mĂ©dications spirituelles sont inefficaces Â»[82], mais ceux qui ont recours Ă  la religiothĂ©rapie de la Science chrĂ©tienne le font pour des motifs qu’il qualifie d’« instances de plausabilitĂ© Â»[83] : une doctrine qui la rend vraisemblable aux yeux des sympathisants, ainsi qu’un ensemble de tĂ©moignages de guĂ©rison qui permet aux fidĂšles de s’inscrire dans cette lignĂ©e et donc dans une rĂ©alitĂ© sociale. Le nombre des tĂ©moignages publiĂ©s par la Science chrĂ©tienne est selon lui « impressionnant Â»[4].

La Science chrĂ©tienne, qui a recueilli des milliers de tĂ©moignages de guĂ©risons[84], affirme de son cĂŽtĂ© que « pour certains, la guĂ©rison (morale ou physique) par la priĂšre n’est pas chose possible et certains s’emploient Ă  la contester et Ă  la railler Â»[85]. Parmi les tĂ©moignages publiĂ©s se trouvent de nombreux cas de personnes affirmant avoir Ă©tĂ© guĂ©ries aprĂšs s’ĂȘtre tournĂ©es vers la Science chrĂ©tienne parce que la mĂ©decine conventionnelle ne pouvait plus rien pour eux. Ainsi, RĂ©gis Dericquebourg note que la guĂ©rison est la premiĂšre cause d’adhĂ©sion au mouvement (25%)[86]. Anne-CĂ©cile BĂ©got affirme avoir fait le mĂȘme constat lors de son enquĂȘte sur le terrain[87].

Emmanuel Philipon, ancien externe des HĂŽpitaux de Paris, dĂ©clare dans sa ThĂšse publiĂ©e pour le Doctorat en MĂ©decine, de 1913 : « je ne nie pas, loin de lĂ , les succĂšs obtenus par "Christian Science" dans le traitement de certaines maladies organiques. Sans doute, il y a un choix Ă  faire dans les guĂ©risons nombreuses qui sont publiĂ©es tous les jours; bien des "cures" en effet, peuvent s'expliquer par des coĂŻncidences; d'autres reposent sur des erreurs de diagnostics; d'autres ont Ă©tĂ© amplifiĂ©es, dĂ©formĂ©es par l'imagination du malade; certaines mĂȘme (ce que je ne crois pas cependant) ont pu ĂȘtre inventĂ©es de toutes piĂšces. Il n'en reste pas moins un grand nombre pour lesquelles on ne peut invoquer aucune des clauses d'erreur indiquĂ©es ci-dessus; et, l'on doit admettre que beaucoup de malades ont Ă©tĂ© vĂ©ritablement guĂ©ris "en Christian Science". Dans tous les cas citĂ©s, les malades n'ont eu recours Ă  "Christian Science" qu'aprĂšs l'Ă©chec de tous les moyens mĂ©dicaux et chirurgicaux possibles Â». Il cite des cas de guĂ©risons d’empoisonnement du sang, d’affection de la moĂ«lle Ă©piniĂšre, d’affection aiguĂ« du poumon, de bronchite, de tumeur et varices, d’eczĂ©ma et de crises Ă©pileptiques[88].

CaractĂšre sectaire ?

Rapports parlementaires

En France, le rapport d’enquĂȘte n° 2468 de l’AssemblĂ©e nationale de 1995 a examinĂ© un Ă©ventuel caractĂšre sectaire en se basant entre autres sur des sources comme Les nouvelles sectes, d’Alain Woodrow (1977) qui considĂšre la Science chrĂ©tienne comme une secte, et Des "sectes" Ă  notre porte de Jean Vernette et Yves de Gibon (1987). Il ne l’a pas retenue dans la liste « des mouvements pouvant, Ă  l’aune des critĂšres dĂ©finis [par le rapport], ĂȘtre qualifiĂ©s de sectaires Â».

En Belgique, un rapport parlementaire datant de 1997 Ă©tudie les dangers sectaires associĂ©s aux mouvements religieux minoritaires. La Science chrĂ©tienne n’y est pas examinĂ©e et n’est pas reprise dans le tableau synoptique des 189 mouvements Ă©tudiĂ©s en vue du rapport[89].

Organismes de lutte contre les sectes

Le GEMPPI considĂšre la Science chrĂ©tienne comme sectaire, affirmant qu’elle « n’a de chrĂ©tienne que le vocabulaire, et de scientifique que le nom Â» et dĂ©nonce particuliĂšrement les refus de soins mĂ©dicaux[90]. L’association pointe ainsi les cas d’enfants malades dĂ©cĂ©dĂ©s aux États-Unis mais considĂšre que ce problĂšme ne se pose pas en France car les mĂ©decins peuvent y passer outre la volontĂ© des malades[90].

L’association chrĂ©tienne Ă©vangĂ©lique Vigi-Sectes considĂšre Ă©galement la Science chrĂ©tienne comme une secte, mais principalement pour des raisons thĂ©ologiques (ajout d’un ouvrage Ă  la Bible, suppression des sacrements, spiritualisation du pĂ©chĂ© etc)[49].

En Espagne, la Redune (association pour la prévention de la manipulation sectaire) fait mention de la Science chrétienne dans la liste des groupes sectaires et de manipulation psychologique opérant dans le pays[91].

Point de vue sociologique

Dans son Ă©tude An Analysis of Sect Development[92], le sociologue Bryan Wilson identifie quatre types de sectes religieuses selon la maniĂšre dont elles rejettent les valeurs sociales ou la sociĂ©tĂ©. Il classe la Science chrĂ©tienne parmi les sectes gnostiques qui mettent l’accent sur les enseignements Ă©sotĂ©riques, proposent des techniques de rĂ©ussite, rejettent certaines thĂ©ories scientifiques, mais acceptent gĂ©nĂ©ralement les normes culturelles de la sociĂ©tĂ©[Note 5]. Celles-ci « thĂ©orisent la vĂ©ritĂ© divine pour vivre dans la sociĂ©tĂ© Â». Selon Bryan Wilson, « la Science chrĂ©tienne constitue un bon exemple [de secte gnostisque] car ceux qui aspirent Ă  devenir pratiquants, reçoivent un enseignement gĂ©nĂ©ral rehaussĂ© de sujets enseignĂ©s par des enseignants spĂ©cialisĂ©s dans des cours particuliers, dont le contenu demeure confidentiel Â»[93]. Selon la Science chrĂ©tienne, l’enseignement consiste en un cours de thĂ©ologie qui est collectif, avec une limite de trente Ă©lĂšves[Eddy 12].

Selon la sociologue Meredith B. McGuire, la Science chrĂ©tienne diffĂšre des autres mouvements mĂ©taphysiques nĂ©s Ă  l’époque par le fait que « Mary Baker Eddy a rĂ©ussi Ă  s’arroger toute autoritĂ© d’enseignement, tout pouvoir organisationnel et dĂ©cisionnel, et a dĂ©veloppĂ© le caractĂšre sectaire du mouvement Â», mais cet aspect s’est modĂ©rĂ© avec le temps, rĂ©duisant « les confrontations frontales avec le systĂšme mĂ©dical caractĂ©ristiques des premiĂšres pĂ©riodes Â»[94].

Pour la sociologue Anne-CĂ©cile BĂ©got, la Science chrĂ©tienne est proche de la secte, pointant la « rupture avec le monde environnant (...) [et la] reconnaissance et soumission Ă  une autoritĂ© Â»[95], bien qu’elle considĂšre qu’il faille nuancer ces Ă©lĂ©ments en France car le mouvement a dĂ» s’accommoder de la laĂŻcitĂ© environnante. En dĂ©finitive, elle estime que le groupe tendrait « vers un type d’organisation religieuse intermĂ©diaire entre la secte et l’Église : la dĂ©nomination Â»[95]. Elle considĂšre Ă©galement que le mouvement est peu prosĂ©lyte en privilĂ©giant « la qualitĂ© de ses recrues plutĂŽt que la quantitĂ© Â»[96].

Rîle de l’Église mùre

Église de Boston

Certains dĂ©tracteurs de la Science chrĂ©tienne dĂ©noncent le pouvoir de l’Église mĂšre de Boston. Selon la sociologue Anne-CĂ©cile BĂ©got, « les Ă©glises locales n’ont aucune autonomie en matiĂšre doctrinale [et] la cĂ©rĂ©monie dominicale ne laisse place Ă  aucune improvisation Â», les passages devant ĂȘtre lus Ă©tant inscrits dans un livret (« Leçon Sermon Â») conçu et Ă©ditĂ© par la centrale de Boston[60]. Elle ajoute qu’assister Ă  une confĂ©rence du mouvement, « ce n’est pas prendre part Ă  un dĂ©bat public mais Ă©couter un interlocuteur accrĂ©ditĂ© par l’Église MĂšre sur un thĂšme particulier Â»[60].

Les membres de la Science chrĂ©tienne affirment que l’organisation est dĂ©mocratique (libre choix individuel, pas de clergĂ©, etc. ) : « le gouvernement des Ă©glises filiales de la Science chrĂ©tienne est nettement dĂ©mocratique. Chacune se donne ses propres statuts, Ă©lit son propre Conseil d’Administration Â»[58].

Confusion avec d’autres mouvements

Scientologie

En raison de la similitude de leurs noms respectifs, la Science chrĂ©tienne est parfois erronĂ©ment assimilĂ©e Ă  l’Église de Scientologie. Ces deux mouvements n’ont pas de rapport entre eux et les divers sites de la Science chrĂ©tienne mettent en garde le public contre cette possible confusion[Note 1].

Nouvelle Pensée

La Science chrĂ©tienne partage nombre de concepts mĂ©taphysiques avec les Ă©glises de la Nouvelle PensĂ©e comme UnitĂ©, la Science divine et la Science religieuse. En raison des interactions que ces mouvements ont eues entre eux et de leurs nombreux points communs, certains historiens et sociologues abordent ensemble la Science chrĂ©tienne et la Nouvelle PensĂ©e dans leurs travaux[Note 6]. La Science chrĂ©tienne ne se reconnaĂźt cependant pas comme partie intĂ©grante cette mouvance. De mĂȘme, les Ă©glises issues de la Nouvelle PensĂ©e refusent gĂ©nĂ©ralement de considĂ©rer la Science chrĂ©tienne comme l’une des leurs.

Publications

Les principales publications de la Christian Science Publishing Society sont :

  • Le HĂ©raut de la Science ChrĂ©tienne (The Herald of Christian Science) est un journal du mouvement. FondĂ© en 1903, il affirme donner Ă  ses lecteurs des « exemples pratiques de la disponibilitĂ© et de l’accessibilitĂ© des lois de Dieu Â»[97]. En plus de divers articles et de tĂ©moignages de « guĂ©rison Â», chaque numĂ©ro comprend un rĂ©pertoire des Ă©glises et des praticiens de la science chrĂ©tienne. Il existe aussi des HĂ©raut mensuels ou trimestriels en treize autres langues[98], dont le français[99].
  • Le Livret trimestriel de la Christian Science. Les citations de la Bible et de Science et SantĂ© qu’elles contiennent constituent le sermon du dimanche dans les Ă©glises de la Science chrĂ©tienne du monde entier.
  • The Christian Science Monitor, journal d’information gĂ©nĂ©raliste, fondĂ© en 1908[35].
  • The Christian Science Journal est un magazine mensuel en anglais. FondĂ© en 1883, il a pour mission de publier la « divine Science de la VĂ©ritĂ© Â» au travers d’articles et de tĂ©moignages[100]. Il comprend un rĂ©pertoire complet des praticiens et des Ă©glises de la Science chrĂ©tienne dans le monde entier.
  • The Christian Science Sentinel est un magazine hebdomadaire en anglais. FondĂ© en 1898, il propose des articles, des Ă©ditoriaux et des tĂ©moignages[101].

Églises

Quelques Ă©glises et bĂątiments de la Science chrĂ©tienne Ă  travers le monde :

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Voir aussi

Bibliographie

ƒuvres de Mary Baker Eddy

Autres ouvrages

Historiens
  • (en) Beryl Satter, Each Mind a Kingdom, University of California Press, 1997, 388 p. (ISBN 0520229274) 
  • Jean Prieur, L’Europe des mĂ©diums et des initiĂ©s, Fernand Lanore, 1990, 384 p. (ISBN 9782851571212) 
  • Paul Lesourd, Solutions religieuses, Presse de la CitĂ©, 1973 (ISBN B0000DUB28) 
  • Lucienne Mazenod, Les femmes cĂ©lĂšbres, L. Mazenod, 1960 (ISBN B0014WQR9Q) 
  • (en) Norman Beasley, The Continuing Spirit: The Story of Christian Science Since 1920, George Allen & Unwin, 1957, 403 p. [prĂ©sentation en ligne] 
  • (en) Roy M. Anker, Self-help and popular religion in modern American culture, Greenwood Publishing Group, 1999, 191 p. (ISBN 978-0313222498) 
  • (en) Sydney E. Ahlstrom, A Religious History of the American People, Yale University Press, 1974, 1174 p. (ISBN 978-0300017625) 
  • (en) Raymond Cunningham, « The Impact of Christian Science on the American Churches, 1880-1910 Â», dans American Historical Review, no 72, 1967, p. 885-905 
  • (en) R. Laurence Moore, Religious Outsiders and the Making of Americans, Oxford University Press, 1987, 272 p. (ISBN 978-0195051889) 
  • (en) Peter Knight, Conspiracy theories in American history, ABC-CLIO, 2003, 925 p. (ISBN 978-1576078129) 
Sociologues
Anthropologues
Théologiens
  • Richard Bergeron, Le cortĂšge des fous de Dieu: un chrĂ©tien scrute les nouvelles religions, Éditions Paulines, 1982, 511 p. (ISBN 978-2890398689) 
  • Jean Vernette & Yves de Gibon, Des sectes Ă  notre porte, Chalet, 1999, 63 p. (ISBN 978-2702304853) 
  • Alain Woodrow, Les nouvelles sectes, Seuil, 1977, 187 p. (ISBN 978-2020046626) 
  • (en) Stuart M. Matlins, Arthur J. Magida, How to Be a Perfect Stranger, SkyLight Paths Publishing, 2006, 403 p. (ISBN 978-1594731402) 
MĂ©decins
  • Pierre Janet, Les mĂ©dications psychologiques, L’Harmattan, 2007, 350 p. (ISBN 9782296028234) 
  • (en) Seth M. Asser & Rita Swan, « Child Fatalities From Religion-motivated Medical Neglect Â», dans Journal of the American Academy of Pediatrics, no 101, avril 1998 [texte intĂ©gral] 
  • Dr François Michaut, « SantĂ© et science chrĂ©tienne Â», dans Lettre d’Expression mĂ©dicale, no 271, 9 dĂ©cembre 2002 [texte intĂ©gral] 
Scientistes chrétiens
Écrivains
Divers
  • Gaston Berger, EncyclopĂ©die Française, Philosophie-religion, vol. XIX, Librarie Larousse, 1957, 424 p. (ISBN 978-2844540768) 
  • (en) Frontier Press Company, Masters of Achievement: The World’s Greatest Leaders in Literature, Art, Religion, Philosophy, Science, Politics and Industry, vol. 2, Kessinger Publishing, 1917 (rĂ©impr. 2004), 516 p. (ISBN 978-1417942480) [prĂ©sentation en ligne] 
  • (en) Stuart M. Matlins, Arthur J. Magida, How to Be a Perfect Stranger, SkyLight Paths Publishing, 2006, 403 p. (ISBN 978-1594731402), p. 72 

Articles connexes

Liens externes

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Notes et références

Notes

  1. ↑ a  et b  La mise en garde se trouve entre autres en page d’accueil ou dans les F.A.Q. des sites français, amĂ©ricain, suisse et espagnol.
  2. ↑ Mary Baker Eddy rĂ©sume sa thĂ©ologie en six points :
    « 1. En tant qu’adhĂ©rents de la VĂ©ritĂ©, nous prenons la Parole inspirĂ©e de la Bible comme notre guide suffisant pour atteindre Ă  la vie Ă©ternelle.

    2. Nous reconnaissons et adorons un Dieu suprĂȘme et infini. Nous reconnaissons Son Fils, le seul Christ ; le Saint Esprit ou divin consolateur ; et l’homme Ă  l’image et Ă  la ressemblance de Dieu.
    3. Nous reconnaissons que le pardon du péché par Dieu consiste dans la destruction du péché et la compréhension spirituelle qui chasse le mal comme irréel. Mais la croyance au péché est punie tant que dure la croyance.
    4. Nous reconnaissons la mĂ©diation de JĂ©sus comme la manifestation de l’Amour divin efficace, rĂ©vĂ©lant l’unitĂ© de l’homme avec Dieu par Christ JĂ©sus, le Guide ; et nous reconnaissons que l’homme est sauvĂ© par le Christ, par la VĂ©ritĂ©, la Vie et l’Amour tels que les a dĂ©montrĂ©s le ProphĂšte galilĂ©en en guĂ©rissant les malades et en triomphant du pĂ©chĂ© et de la mort.
    5. Nous reconnaissons que le crucifiement de JĂ©sus et sa rĂ©surrection servirent Ă  Ă©lever la foi jusqu’à la comprĂ©hension de la Vie Ă©ternelle, voire de la totalitĂ© de l’Ame, de l’Esprit, et du nĂ©ant de la matiĂšre.

    6. Et nous promettons solennellement de veiller, et de prier pour que cet Entendement qui Ă©tait en Christ JĂ©sus soit Ă©galement en nous, de faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils nous fissent, et d’ĂȘtre misĂ©ricordieux, justes et purs. Â»

    — Mary Baker Eddy, Manuel de L’Église MĂšre, « Articles de Foi Â», p.15

  3. ↑ Citations complĂštes :
    • « Nul n’a besoin d’ĂȘtre un adhĂ©rent ni mĂȘme un sympathisant de la Science chrĂ©tienne pour reconnaĂźtre que sa fondatrice, Mary Baker Eddy, est une remarquable figure de l’histoire. Â» (Atlanta Constitution)
    • « En partant de rien de matĂ©riel, pas de fortune, pas d’invention industrielle, pas d’hĂ©ritage, Mary Baker Eddy a construit une grande carriĂšre. Cette carriĂšre est d’autant plus grande parce qu’elle n’était pas Ă  son service mais au service de l’église qu’elle fonda. Â» (Chicago Post)
    • « Mary Baker Eddy a Ă©tabli, ici aux États-Unis, une religion qui est aujourd’hui est un facteur important dans la vie religieuse et sociale de la nation. Â» (San Francisco Examiner)
  4. ↑ Les chiffres d’Alain Woodrow et de Jean Vernette ont Ă©galement Ă©tĂ© repris dans le rapport parlementaire français de 1995.
  5. ↑ Bryan Wilson dĂ©finit quatre types de sectes : les conversionnistes (conversion intĂ©rieure), les adventistes/rĂ©volutionnaires (Dieu transformera le monde), les introversionnistes/piĂ©tistes (rupture d’avec le monde corrompu) et les gnostiques/manipulationnistes (techniques d’accĂšs Ă  la rĂ©ussite). Il ajoutera par la suite d’autres types de sectes. La typologie de Bryan Wilson est dĂ©taillĂ©e entre autres dans A Social Analysis of Religious Organisations, Nuri TĂœnaz (version cache)
  6. ↑ Le lecteur se rĂ©fĂ©rera entre autres aux ouvrages suivants :
    • Dans son livre Each Mind a Kingdom qui retrace l’histoire de la Nouvelle PensĂ©e de 1875 Ă  1920, l’historienne Beryl Satter considĂšre nĂ©cessaire d’aborder la Science chrĂ©tienne comme actrice de ce mouvement. Elle dresse une liste des points communs en prĂ©cisant qu’il est comprĂ©hensible pour le public d’avoir du mal Ă  faire la distinction : « il y a des chevauchements importants tant dans la thĂ©ologie que la pratique des deux groupes, les deux croient que le monde mental ou spirituel est la vraie rĂ©alitĂ©. Â» (Beryl Satter, Each Mind a Kingdom, p. 3)
    • De mĂȘme, dans une Ă©tude sur la Scientologie oĂč il la compare Ă  d’autres religions, le sociologue Bryan Wilson traite Ă©galement Ă  plusieurs reprises la Science chrĂ©tienne et la Nouvelle PensĂ©e comme ayant les mĂȘmes caractĂ©ristiques thĂ©ologiques et sociologiques (Bryan Wilson, La scientologie, une analyse et comparaison de ses systĂšmes et doctrines religieux)

Références bibliques

Les références suivantes renvoient au texte de la Bible sur Wikisource (version Louis Segond 1910).

  1. ↑ Psaumes 19:8
  2. ↑ Romains 8:2
  3. ↑ Jean 8:44
  4. ↑ Marc 16:17-18 et Matthieu 10:8
  5. ↑ Jean 14:12
  6. ↑ Jean 8:51
  7. ↑ Apocalypse 3:7
  8. ↑ Jean 14:12 et Matthieu 10:7

Références Mary Baker Eddy

Les références suivantes renvoient à des ouvrages écrits par Mary Baker Eddy.

  1. ↑ Mary Baker Eddy, Rudiments de la Science Divine, p. 2
  2. ↑ Mary Baker Eddy, Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, p. 109
  3. ↑ Mary Baker Eddy, Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, p. 107
  4. ↑ Mary Baker Eddy, Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, p. 465
  5. ↑ Mary Baker Eddy, Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, p. 583
  6. ↑ Mary Baker Eddy, Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, p. 1
  7. ↑ Mary Baker Eddy, Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, p. 477
  8. ↑ Mary Baker Eddy, Science et santĂ© avec la clef des Ă©critures, p. 150
  9. ↑ Mary Baker Eddy, Prose Works other than Science and Health, « Retrospection and Introspection Â», p. 24
  10. ↑ Mary Baker Eddy, Manual of The Mother Church
  11. ↑ Mary Baker Eddy, Miscellaneous Writings, p. 322
  12. ↑ Mary Baker Eddy, Manual of The Mother Church,p. 29

Références

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  3. ↑ Basic ideas of Christian Science, © 2008, The Church of Christ, Scientist
  4. ↑ a , b  et c  RĂ©gis Dericquebourg, Croire et guĂ©rir, Quatre religions de guĂ©rison, p. 71-72
  5. ↑ Paul Lesourd, Solutions religieuses, p. 164-165
  6. ↑ a  et b  RĂ©gis Dericquebourg, Croire et guĂ©rir, Quatre religions de guĂ©rison, p. 60
  7. ↑ Paul Lesourd, Solutions religieuses, p. 165
  8. ↑ a , b , c , d , e , f , g , h  et i  Encyclopaedia Britannica, 15Ăšme Ă©dition, 1984
  9. ↑ Pierre Janet, Les mĂ©dications psychologiques, p. 60
  10. ↑ Vilfredo Pareto, The Mind And Society, vol. III : Theory of Derivations, p. 465
  11. ↑ Richard Bergeron, Le cortĂšge des fous de Dieu: un chrĂ©tien scrute les nouvelles religions, p. 152-153
  12. ↑ Richard Bergeron, Le cortĂšge des fous de Dieu: un chrĂ©tien scrute les nouvelles religions, p. 152
  13. ↑ Hypnotism—or permanent healing?, © 2008, Christian Science
  14. ↑ Bryan Wilson, La scientologie, une analyse et comparaison de ses systùmes et doctrines religieux, p. 37
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  22. ↑ Beryl Satter, Each Mind a Kingdom, p. 78,96
  23. ↑ a , b , c , d  et e  Beryl Satter, Each Mind a Kingdom, p. 2
  24. ↑ Rebecca de Schweinitz, « Preaching the Gospel of Church and Sex Â», dans Dialogue, vol. 33, no 4, hiver 2000, p. 188
  25. ↑ Historie, Christian Science
  26. ↑ History, © 2003, Christian Science
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  28. ↑ Peter Knight, Conspiracy theories in American history, p. 169
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