Sault (Vaucluse)

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Sault (Vaucluse)
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44¬į 05‚Ä≤ 31‚Ä≥ N 5¬į 24‚Ä≤ 32‚Ä≥ E / 44.0919444444, 5.40888888889

Sault
Tour de l'ancien ch√Ęteau des Agoult, seigneurs du comt√© de Sault
Tour de l'ancien ch√Ęteau des Agoult, seigneurs du comt√© de Sault
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
R√©gion Provence-Alpes-C√īte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Sault
(chef-lieu)
Code commune 84123
Code postal 84390
Maire
Mandat en cours
André Faraud
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Sault (Vaucluse)
Site web http://www.mairie-sault-84.fr
Démographie
Population 1 330 hab. (2008)
Densité 12 hab./km²
Gentilé Saltésiens, Saltésiennes
Géographie
Coordonn√©es 44¬į 05‚Ä≤ 31‚Ä≥ Nord
       5¬į 24‚Ä≤ 32‚Ä≥ Est
/ 44.0919444444, 5.40888888889
Altitudes mini. 650 m ‚ÄĒ maxi. 1591 m
Superficie 111,15 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Sault (Saut en occitan proven√ßal) est une commune fran√ßaise, situ√©e dans le d√©partement de Vaucluse et la r√©gion Provence-Alpes-C√īte d'Azur. Ses habitants sont appel√©s les Salt√©siens.

Sommaire

Géographie

Vue générale de la commune de Sault

B√Ęti en h√©micycle, √† 765 m d'altitude, sur une avanc√©e rocheuse qui termine le plateau de Vaucluse √† l'ouest et domine la vall√©e de la Nesque, Sault offre une bonne base d'excursions entre le Ventoux, les Baronnies et la montagne de Lure.
Le village se trouve à l'est du mont Ventoux et au nord-est des monts de Vaucluse. Il est posé sur un plateau calcaire en limite du plateau d'Albion, entre pierres, forêts (dont forêt du Défens, bois des Roumigières et bois des Fayettes) et champs de lavande.

Accès

Du village partent et arrivent de nombreuses routes : les routes d√©partementales 942 et 164 au nord, la route d√©partementale 943 au sud, la route d√©partementale 1 √† l'ouest et les routes d√©partementales 30 et 950 √† l'est.

Relief et géologie

Sault, une des communes du piémont du Mont Ventoux

Plateaux calcaires d'une altitude moyenne de 1000 mètres.

Le point le plus haut est le col de la Frache à 1575 mètres, au nord-ouest de la commune, sur les contreforts du Mont Ventoux.

Grande variété géologique du crétacé avec formation d'argiles oxydés[1].

Sismicité

√Ä l'exception des cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis class√©s en zone Ib (risque faible), tous les cantons du d√©partement de Vaucluse sont class√©s en zone Ia (risque tr√®s faible). Ce zonage correspond √† une sismicit√© ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de b√Ętiments[2].

Hydrographie

Le pont sur le Croc

Au pied du village passe le Croc, qui se jette dans la Nesque. Source minérale sulfureuse de Fontbelle.

Au cours des années 1856-1860, un dénommé Carbonnel demanda l'autorisation d'exploiter une source d'eau minérale à Sault. Sa demande resta sans suite[3].

Climat

Le plateau d'Albion, sur lequel se situe la commune, poss√®de toutes les caract√©ristiques climatiques des Alpes du Sud, dont il est, avec le Mont Ventoux et la Montagne de Lure, le cha√ģnon le plus occidental. Situ√©e dans la zone d‚Äôinfluence du climat m√©diterran√©en, les √©t√©s sont chauds et secs, li√©s √† la remont√©e en latitude des anticyclones subtropicaux, entrecoup√©s d‚Äô√©pisodes orageux parfois violents. Avec l'altitude, l'√©volution se fait vers un climat temp√©r√© puis continental qui ne prend le type montagnard qu'aux plus hautes altitudes[4].

Relevé météorologique du plateau d'Albion pour une altitude moyenne de 900 mètres.
mois jan. f√©v. mar. avr. mai jui. jui. ao√Ľ. sep. oct. nov. d√©c. ann√©e
Temp√©rature minimale moyenne (¬įC) -1,0 -1,0 2,0 4,0 8,0 12,0 14,0 14,0 11,0 7,0 3,0 -1,0 5,5
Temp√©rature moyenne (¬įC) 3,5 5,5 7,5 10,0 14,0 18,5 21,0 21,0 17,0 12,5 7,5 2,0 11,7
Temp√©rature maximale moyenne (¬įC) 8,0 10,0 13,0 16,0 20,0 25,0 28,0 28,0 23,0 18,0 12,0 8,0 17,0
Précipitations (mm) 26,9 24,3 23,8 44,0 40,0 27,9 20,9 32,7 45,9 53,5 52,4 30,7 482,8
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
26.9
 
8.0
-1.0
 
 
24.3
 
10.0
-1.0
 
 
23.8
 
13.0
2.0
 
 
44.0
 
16.0
4.0
 
 
40.0
 
20.0
8.0
 
 
27.9
 
25.0
12.0
 
 
20.9
 
28.0
14.0
 
 
32.7
 
28.0
14.0
 
 
45.9
 
23.0
11.0
 
 
53.5
 
18.0
7.0
 
 
52.4
 
12.0
3.0
 
 
30.7
 
8.0
-1.0
Temp. moyennes maxi et mini (¬įC) ‚ÄĘ Pr√©cipitations (mm)

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Moyen √āge

La localit√© appara√ģt pour la premi√®re fois dans les textes en 859 (Saltus). Le terme latin saltus d√©signe une r√©gion bois√©e et montagneuse, sauvage et non-cultiv√©e[5].

Blason des Agoult, comtes de Sault, au ch√Ęteau de Lourmarin

La seigneurie de Sault, ancien comt√© de Sault, appartenait aux d'Agoult, une des quatre grandes familles de Provence (Villeneuve, d'Agoult, et Castellane). Aux XIIe et XIIIe si√®cles, l‚Äôabbaye Saint-Andr√© de Villeneuve-l√®s-Avignon y poss√©dait l‚Äô√©glise paroissiale et deux √©glises rurales (√† Anjou et √† La Loge), √©tablissements dont elle percevait les revenus[6].

Renaissance

√Črig√©e en comt√© (1561) en faveur de Fran√ßois d'Agoult. Longtemps, les intendants furent de la famille Morard (apparent√©e aux d'Agoult et aux Villeneuve), famille venant de Pertuis, originaire du Dauphin√©.

Pendant les guerres de religion, les habitants protestants de Forcalquier tentent un assaut sur la ville, qui échoue, en 1575[7].

Période moderne

Durant la R√©volution, c‚Äôest √† Sault que se cr√©e la troisi√®me soci√©t√© patriotique des Basses-Alpes. La ville et son canton sont rattach√©s au d√©partement du Vaucluse lors de sa cr√©ation et √† la demande des habitants, par arr√™t√© du 24 ao√Ľt 1793[8].

Le 12 ao√Ľt 1793 fut cr√©√© le d√©partement de Vaucluse, constitu√© des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rh√īne, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Article d√©taill√© : Histoire de Vaucluse.

Ancienne industrie de la verrerie au XVIIIe et XIXe siècle[1].

Période contemporaine

Mémorial du maquis Ventoux à Sault
Gisant du mémorial du maquis Ventoux à Sault

Des op√©rations de parachutage d‚Äôarmes sont organis√©es dans la r√©gion de Sault o√Ļ plusieurs terrains ont √©t√© am√©nag√©s appel√©s la ¬ę Seigneurie ¬Ľ, le ¬ę Ventilateur ¬Ľ, le ¬ę Spitfire ¬Ľ ou encore le ¬ę Champlong ¬Ľ. Cette organisation du plateau de Sault figure d‚Äôailleurs au mus√©e militaire de Mont-Faron √† Toulon, comme un exemple d‚Äôam√©nagement de terrains d‚Äôatterrissage et de parachutage pendant cette p√©riode[9].

Le commandant fran√ßais Gonzague Corbin de la Mangoux, alias Amict, qui atterrit √† Sault, le 12 juillet 1944, fut impressionn√© par le dispositif mis en place par d'Artagnan[10] :

¬ę Dans cette r√©gion, environ 1 000 maquisards √©taient plac√©s sous la direction du lieutenant-colonel Philippe Beyne, un ancien percepteur et officier de la 152e Infanterie de Colmar, qui, avec son adjoint Max Fischer, avait organis√© le Maquis Ventoux, en groupes qui pouvaient √™tre compt√©s parmi les mieux √©quip√©s et mieux entra√ģn√©s du d√©partement de Vaucluse[10]. ¬Ľ

Attaque du maquis contre une colonne allemande, en 1944, √† Saint-Jean ; Sault a re√ßu la croix de guerre[1].

Article d√©taill√© : Maquis Ventoux.

√Čtymologie

Héraldique

Article d√©taill√© : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Sault

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'argent au loup ravissant d'azur, lampassé et armé de gueules.

Armoiries tirées des armes des d'Agoult[11].

Administration

Liste des maires successifs
P√©riode Identit√© √Čtiquette Qualit√©
         
mars 2001 en cours André Faraud PS V/P du Conseil général

Démographie

√Čvolution d√©mographique
(Source : INSEE[12])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 160 1 320 1 230 1 231 1 206 1 171 1 285 1 301[13] 1 330[14]
Nombre retenu √† partir de 1962 : population sans doubles comptes

√Čconomie

Il s'agit avant tout d'une activité agricole de montagne: production de lavande, de lavandin, d'épeautre, de miel et de leurs produits dérivés. Coopérative des producteurs de lavande du pays de Sault avec expo-vente et distillerie, coopérative céréalière et exploitation forestière[1].

L'√©levage ovin ou porcin tient aussi une place importante. Les premi√®res estimations pr√©cises ne datent pourtant que du XIXe si√®cle. Le nombre d'ovins est alors estim√© √† 30 000 t√™tes. Ce cheptel subdivis√© en petits troupeaux, ou trenteniers, est plac√© sous la garde de jeunes bergers dont un bon nombre sont issus des hospices d'Avignon et de Carpentras[a 1]. D√©j√† les agneaux de la race locale ¬ę Pr√©alpes du Sud ¬Ľ sont vendus aux foires annuelles de Sault[a 1]. Un net recul de cet √©levage va r√©sulter de la politique de reboisement qui va affecter la zone de p√Ęturage √† partir de 1 000 m√®tres d'altitude. Entre 1866 et 1929, ce sont la moiti√© des troupeaux qui disparaissent sur le versant Sud et le versant Nord n'a plus qu'un tiers √† un quart de son cheptel initial[a 2]. En 1970, on comptabilise encore 6 000 ovins diss√©min√©s en 70 troupeaux. En l'an 2000, le chiffre est rest√© identique mais avec seulement 28 troupeaux r√©partis sur les communes de Monieux, Sault, Aurel, Montbrun et B√©doin. √Ä ce chiffre s'ajoute l'estive qui fait monter sur les p√Ęturages du Ventoux entre 800 √† 1 000 t√™tes en provenance de Sarrians et de Jonqui√®res[a 2].

Le porc du Ventoux est un label de qualit√©, cr√©√© en 1998, regroupant les √©leveurs porcins en plein air autour du Mont Ventoux. Les porcins de cette fili√®re sont √©lev√©s en plein air, √† une altitude de 800 √† 1 000 m. La zone de production est situ√©e √† l'est de Sault (zone de 50 km), dans les monts de Vaucluse, au sud du Mont Ventoux[15]. Les animaux disposent d'un espace plein champ, d'environ 100 √† 110 m¬≤ par individu. Ils sont nourris par une alimentation vari√©e, √† plus de 70% compos√©e de c√©r√©ales, compl√©t√©e par des l√©gumineuses. L'utilisation de produits facteurs de croissances, ou de produits d'origine animale est interdite par la charte de production de la fili√®re.

La mise en valeur des produits du terroir et de l'environnement d√©veloppe le tourisme, avec par exemple : la F√™te de la Lavande qui se d√©roule tous les ans le 15 ao√Ľt.

La proximité du Mont-Ventoux, de la Montagne de Lure, et des Gorges de la Nesque a développé un tourisme vert qui prend de plus en plus d'importance dans l'économie locale et bénéficie d'aménagements récents avec entre autres un office de tourisme de la Région de Sault et un camping.

Le développement du tourisme local doit aussi beaucoup au nougat de Sault, dont la renommée a désormais dépassé les frontières du pays. Les marcarons sont également réputés.

Une base militaire, à Saint-Christol sur le plateau d'Albion, est importante pour l'économie du village. Cette base était une composante de la force de dissuasion nucléaire de la France, car elle renfermait des missiles. Ce site est "dénucléarisé" de nos jours, mais le 2e REG y est encore présent.

Vie locale

Marché pittoresque (depuis 1515) le mercredi.

√Čducation

L'école de la résistance et une école primaire et maternelle. Le hameau de Saint-Jean de Sault avait autrefois sa propre école, fermée par manque d'effectif et regroupement.

Le Collège du pays de Sault dessert les communes du plateau et de ces environs.

Sport

Stades, hippodrome, piscine.

Nombreux chemins de randonnées pédestres dont passage des GR4, GR9, GR92.

Parapente, stand de tir, VTT, chasse, spéléologie...

Environnement

La protection et mise en valeur de l'environnement fait partie des compétences de la Communauté de communes du Pays de Sault.

Lieux et monuments

Habitat perché

Vue de de Sault sur son éperon rocheux

Ce type d'habitat est consid√©r√© comme typiquement proven√ßal, il est surtout typiquement m√©diterran√©en. Ces villages sis sur leur ¬ę acropole rocheuse ¬Ľ, qui ont gard√© leur aspect m√©di√©val, forment par l'orientation des fa√ßades de leurs maisons - vers la vall√©e ou la voie de communication - un v√©ritable front de fortification[16].

Fernand Benoit souligne leur origine quelques fois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c'est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256)[16].

Le parcellaire agricole de Sault

Ces villages perch√©s se trouvent dans essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et o√Ļ l'eau est rare. Ce qui est le cas g√©n√©ral en Provence[17].

De plus ce groupement en communaut√© referm√©e sur elle-m√™me correspond √† des r√©gions de petites propri√©t√©s, o√Ļ les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilit√© l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). A contrario, l'habitat dispers√© implique de grands domaines qui tendent √† vivre en autarcie. D'o√Ļ la loi √©mise par Fernand Benoit ¬ę La mis√®re groupe l'habitat, l'aisance le disperse ¬Ľ[17].

Urbanisme intra-muros

Maisons en hauteur
Maison en hauteur construite dans les vestiges de l'ancien ch√Ęteau des Agoult
Maison en hauteur du XVIe, près de l'église

Fernand Benoit explique que ¬ę son originalit√© consiste √† placer les b√™tes en bas, les hommes au-dessus ¬Ľ. Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un m√™me toit, suivant une tradition m√©diterran√©enne, le logement des humains √† celui des b√™tes. La maison en hauteur se subdivise en une √©table-remise au rez-de-chauss√©e, un logement sur un ou deux √©tages, un grenier dans les combles. Elle √©tait le type de maison r√©serv√©e aux paysans villageois qui n'avaient que peu de b√©tail √† loger, √©tant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage[18].

Ces maisons datent pour la plupart du XVIe si√®cle, p√©riode o√Ļ les guerres de religion impos√®rent de se retrancher derri√®re les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour √©tablir dans la p√©riph√©rie de l'agglom√©ration des ¬ę maisons √† terre ¬Ľ, plus aptes √† recevoir des b√Ętiments annexes[19].

Maison en hauteur avec balcon, l'entrée est sur l'autre façade

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et b√™tes dans un village, ne pouvait que rester fig√©, toute extension lui √©tant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caract√©ristique : une fa√ßade √©troite √† une ou deux fen√™tres, et une √©l√©vation ne pouvant d√©passer quatre √† cinq √©tages, grenier compris avec sa poulie ext√©rieure pour hisser le fourrage. Actuellement, les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chauss√©e et de cr√©er de nouvelles chambres au grenier[20]. Pour celles qui ont √©t√© restaur√©es avec go√Ľt, on acc√®de toujours √† l'√©tage d'habitation par un escalier accol√© √† la fa√ßade[19].

La présence de terrasse ou balcon était une constante. La terrasse servait, en priorité, au séchage des fruits et légumes suspendus à un fil de fer. Elle était appelée trihard quand elle accueillait une treille qui recouvrait une pergola rustique. Quand elle formait loggia, des colonnettes soutenant un auvent recouvert de tuiles, elle était nommée galarié ou souleriè[21].

Maisons à tour
Maison à tour dans le bas de la ville
Tour de l'ancien ch√Ęteau des Agoult am√©nag√©e en maison en hauteur

C'est le style des grandes maisons seigneuriales qui va traverser les si√®cles m√™me apr√®s la Renaissance. G√©n√©ralement, il s'agit de b√Ętisses isol√©es, avec ou sans cour int√©rieure, dont la fa√ßade est flanqu√©e de deux tours ou qui est prot√©g√©e par quatre tours d'angle[22].

Leur particularit√©, √† Sault, c'est de se retrouver soit √† l'int√©rieur, soit √† la p√©riph√©rie de l'agglom√©ration. La fortification des maisons est une pratique fort ancienne. Elle se retrouve, d√®s le haut Moyen √āge, avec le castellum dont celles de Provence reprennent le plan avec ses tours d'angle. C'est un h√©ritage romain puisque nombre de vill√¶ rustic√¶ furent prot√©g√©es par des tours[22].

Urbanisme extra-muros

Maison à terre
Grande bastide du type maison à terre à proximité de Sault

Compartiment√© dans le sens de la longueur, ce type de maison repr√©sente un stade d'√©volution plus avanc√© que la ¬ę maison en hauteur ¬Ľ. Il est caract√©ristique de l'habitat dispers√© qui se retrouve dans des pays de ¬ę riche culture ¬Ľ, la lavande en fut une[23].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose, dans la plupart des cas, d'une remise qui peut servir d'écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[23].

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons, d'une lapinière, d'un poulailler et d'une bergerie[23].

Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, m√™me en ville, la maison √† terre permet d'installer ces ¬ę lieux ¬Ľ √† l'ext√©rieur de l'habitation. Jusqu'au milieu du XXe si√®cle, c'√©tait un simple abri en planches recouvert de roseaux (canisse) dont l'√©vacuation se faisait directement sur la fosse √† purin ou sur le fumier[23].

La construction d'un tel ensemble √©tant √©tal√©e dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale pr√©-√©tablie. Chaque propri√©taire agissait selon ses n√©cessit√©s et dans l'ordre de ses priorit√©s. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'h√©t√©rog√©n√©it√© de chaque ensemble o√Ļ les toitures de chaque b√Ętiment se chevauchent g√©n√©ralement en d√©grad√©[24].

Chaque maison se personnalisait aussi par son am√©nagement ext√©rieur. Il y avait pourtant deux constantes. La premi√®re √©tait la n√©cessit√© d'une treille toujours install√©e pour prot√©ger l'entr√©e. Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'√©t√©, et d√®s l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosit√© dans la salle commune. La seconde √©tait le puits toujours situ√© √† proximit√©. Il √©tait soit recouvert d'une construction de pierres s√®ches en encorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmont√© par deux piliers soutenant un linteau o√Ļ √©tait accroch√©e une poulie permettant de faire descendre un seau. L'approvisionnement en eau √©tait tr√®s souvent compl√©t√© par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture[24].

Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était censé anoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[23].

Cabanon
Cabanon en bordure de champ
Champ de lavande et son cabanon

L'existence de cette ¬ę maisonnette des champs ¬Ľ est toujours li√©e √† une activit√© agricole qui contraint le paysan √† rester √©loign√© de sa r√©sidence habituelle. Dans son √©tude sur l'habitat rural[passage probl√©matique] [25].

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé à même son champ. Le cabanon sert à entreposer outillage, matériel à traiter et produits de traitement. C'est de plus un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[25].

Ces cabanons, qui se trouvent √† l'or√©e ou au centre du champ, avaient aussi un r√īle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils √©taient consid√©r√©s comme ¬ę le signe de la propri√©t√© sur une terre qu'il entendait distinguer du communal ¬Ľ[25].

Le secteur est appr√©ci√© des sp√©l√©ologues pour ces nombreux avens : Trou de l'Ermite √† l'est, au sud, avens de Bouffard, de la Meyni√®re, des Cougnoux et de Jean Nouveau (le plus profond du d√©partement avec 574 m).

√Čglise Notre-Dame-de-la-Tour
Devanture d'une ancienne √©choppe sur la place du ch√Ęteau
  • Plusieurs fa√ßades m√©di√©vales et Renaissance (fen√™tres √† meneaux) avec quelques maisons √† encorbellement.
  • Donjon ruin√© de Saint-Jean-de-Durfort et tour d'observation[1].
  • Ch√Ęteau Saint-Jaume[1].
  • Viaduc (pont √† Arches) sur le Torrent la Croc[26].
  • √Čglise paroissiale Notre-Dame-de-la-Tour avec ancienne chapelle des P√©nitents Blancs adoss√©e.
  • Chapelle aux hameaux de Saint-Jean de Sault, de Verdolier et de Saint-Jaume.
  • Oratoires Notre-Dame, Saint-Joseph et du Sacr√©-Coeur[1].

Mus√©e municipal au contenu tr√®s vari√© : antiquit√©s (produits de fouilles locales, importation plus inattendue d'un sarcophage √©gyptien avec sa momie), beaux-arts, histoire naturelle, collection d'armes (surtout d'armes blanches), etc.

Personnalités liées à la commune

  • Les Agoult, famille de la noblesse proven√ßale. La journaliste et √©crivain Claire de Charnac√© (1830-1912), fille de Marie d'Agoult, avait comme nom de plume C.de Sault.
  • Philippe Beyne, alias d'Artagnan, et Maxime Fischer, alias Anatole, fondateurs du Maquis Ventoux.
  • Alain Goma, ancien joueur de football professionnel.

Bibliographie

  • Aim√© Autrand, Le d√©partement de Vaucluse de la d√©faite √† la Lib√©ration (mai 1940-25 ao√Ľt 1944), Aubanel, Avignon, 1965, 1965 
  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barth√©lemy, Avignon, 1986 (ISBN 2903044279) 
  • Jules Courtet, Dictionnaire g√©ographique, g√©ologique, historique, arch√©ologique et biographique du d√©partement du Vaucluse, Christian Lacour, N√ģmes (r√©ed.), 1997 (ISBN 284406051X) 
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclop√©die d'une montagne proven√ßale, Alpes de Lumi√®res, 2007 (ISBN 978-2-906162-92-1) 

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a, b, c, d, e, f et g (fr) Sault sur le site du Quid (Archive, Wikiwix, que faire ?)
  2. ‚ÜĎ Zonage sismique r√©glementaire de la France, classement des cantons (d√©coupage fin 1989) de la r√©gion PACA, page 48
  3. ‚ÜĎ (fr) Inventaire des dossiers relatifs aux demandes de d√©claration d'int√©r√™t public, R√©pertoire num√©rique d√©taill√© par Martine Illaire, Conservateur en chef, Section sources d'eaux min√©rales, Minist√®re des Travaux Publics, 2002.
  4. ‚ÜĎ Guy Barruol, op. cit., pp. 16-17.
  5. ‚ÜĎ Ernest N√®gre, Toponymie g√©n√©rale de la France : √©tymologie de 35 000 noms de lieux, Gen√®ve : Librairie Droz, 1990. Collection Publications romanes et fran√ßaises, volume CVCIII. Volume I : Formations pr√©celtiques, celtiques, romanes ¬ß 5384, p 332
  6. ‚ÜĎ Guy Barruol, Mich√®le Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, √Člizabeth Sauze, ¬ę Liste des √©tablissements religieux relevant de l‚Äôabbaye Saint-Andr√© du Xe au XIIIe si√®cle ¬Ľ, in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain G√©rard (directeurs de publication), L‚Äôabbaye de Saint-Andr√© de Villeneuve-l√®s-Avignon, histoire, arch√©ologie, rayonnement, Actes du colloque interr√©gional tenu en 1999 √† l'occasion du mill√©naire de la fondation de l'abbaye Saint-Andr√© de Villeneuve-l√®s-Avignon, √Čd. Alpes de Lumi√®res, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), p 229
  7. ‚ÜĎ Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 978-2-7242-0785-9) p 308
  8. ‚ÜĎ Jean-Bernard Lacroix, ¬ę Naissance du d√©partement ¬Ľ, La R√©volution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la soci√©t√© scientifique et litt√©raire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e ann√©e, p 108-110
  9. ‚ÜĎ Jean-Paul Bonnefoy, Sault & le Pays de Sault, Collection ¬ę Le Temps Retrouv√© ¬Ľ √Čd. √Čquinoxe, Saint-R√©my-de-Provence, 2007.
  10. ‚ÜĎ a et b (fr) Les Fran√ßais Libres, de juin 1940 √† juillet 1943 : Gonzague Corbin de Mangoux.
  11. ‚ÜĎ (fr) Armorial du Comtat Venaissin
  12. ‚ÜĎ (fr) sur le site de l'INSEE
  13. ‚ÜĎ (fr) Population municipale au 1er janvier 2007, consult√© le 12 mars 2010
  14. ‚ÜĎ (fr) Populations l√©gales 2008 de la commune de Sault, INSEE
  15. ‚ÜĎ Zone d'√©levage du prc du Ventoux
  16. ‚ÜĎ a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 43.
  17. ‚ÜĎ a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 44.
  18. ‚ÜĎ Fernand Benoit, op. cit., p. 48.
  19. ‚ÜĎ a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 49.
  20. ‚ÜĎ Fernand Benoit, op. cit., p. 50.
  21. ‚ÜĎ Fernand Benoit, op. cit., p. 51.
  22. ‚ÜĎ a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 61.
  23. ‚ÜĎ a, b, c, d et e Fernand Benoit, op. cit., p. 55.
  24. ‚ÜĎ a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 56.
  25. ‚ÜĎ a, b et c Fernand Benoit, op. cit., p. 69.
  26. ‚ÜĎ Fiche du torrent la Croc sur le site du Sandre
  1. ‚ÜĎ a et b Claude Durbiano, p. 131
  2. ‚ÜĎ a et b Claude Durbiano, p. 132

Voir aussi

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Communes de la Communauté de communes du Pays de Sault

Aurel  ¬∑ Monieux  ¬∑ Saint-Christol  ¬∑ Saint-Trinit  ¬∑ Sault


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