Samuel Adams

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Samuel Adams
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John Singleton Copley, Samuel Adams, (127 x 102,2 cm), 1772, Musée des Beaux-Arts de Boston. Toile commandée par John Hancock, Samuel Adams y est représenté en train de montrer la charte octroyée par Guillaume III d'Angleterre à la colonie du Massachusetts[1].
Signature de Samuel Adams

Samuel Adams (nĂ© le 27 septembre 1722 Ă  Boston — mort le 2 octobre 1803 Ă  Boston) Ă©tait un homme politique, Ă©crivain et philosophe amĂ©ricain, nĂ© dans le Massachusetts en Nouvelle-Angleterre. ConsidĂ©rĂ© comme patriote et l’un des PĂšres fondateurs des États-Unis, Samuel Adams mena la fronde anti-britannique avant et pendant la RĂ©volution amĂ©ricaine. Ses talents d’orateur et d’écrivain lui permirent de s’imposer dans les assemblĂ©es et les rĂ©unions ; il rĂ©digea des pĂ©titions et des rĂ©solutions qui firent avancer le processus rĂ©volutionnaire et l’organisation politique du pays. Il signa la DĂ©claration d'indĂ©pendance amĂ©ricaine, collabora Ă  la rĂ©daction de la constitution du Massachusetts et des Articles de la ConfĂ©dĂ©ration. Il termina sa carriĂšre comme gouverneur du Massachusetts de 1793 Ă  1797. Samuel Adams est considĂ©rĂ© comme l’un des principaux architectes du rĂ©publicanisme et fut l’une des grandes figures politiques du Massachusetts et des États-Unis au XVIIIe siĂšcle.

Sommaire

Origines familiales et jeunesse

Samuel Adams est nĂ© le dimanche 16 septembre 1722[2] ; ses parents, Mary Fifield et Samuel Adams, eurent de nombreux enfants, mais Samuel Adams fut le deuxiĂšme qui rĂ©ussit Ă  dĂ©passer l’ñge de trois ans[3]. Mary Fifield, la fille d’un homme d’affaires nommĂ© Richard Fifield, Ă©tait trĂšs pieuse et l’éleva dans la tradition puritaine. Son pĂšre, Samuel Adams Sr., officiait comme diacre et Ă©tait un notable influent. Il Ă©tait Ă©troitement liĂ© Ă  la Old South Congregation Church de Boston, qu’il aida d’ailleurs Ă  construire en 1715[4]. Samuel Adams fut baptisĂ© Ă  l'Old South Church (Boston) et c'est depuis la tour de cette congrĂ©gation qu'il lancera ses appels Ă  la rĂ©sistance, peu avant le dĂ©but de la Boston Tea Party. Le pĂšre de Samuel Adams exerçait une grande influence sur la vie de Boston, une citĂ© portuaire de la colonie du Massachusetts, et siĂ©geait au board of selectmen, l’assemblĂ©e coloniale. Le pĂšre de Samuel Adams s’engagea Ă©galement dans plusieurs organisations Ă  vocation politique et critiquait la politique impĂ©rialiste menĂ©e par la Grande-Bretagne dans les treize colonies[5].

Formation

La Boston Latin School, de nos jours

Samuel Adams fit ses Ă©tudes Ă  la prestigieuse Boston Latin School, oĂč il se distingua par son goĂ»t pour la littĂ©rature antique grecque et latine, dont les influences apparaissent dans ses futurs Ă©crits[6]. À cause de l’éducation religieuse qu’il reçut, Samuel Adams fut attentif Ă  l’impact des offices religieux et des sermons sur les paroissiens. Il se rendit compte du pouvoir que les discours peuvent avoir et voulut d’abord devenir prĂȘtre.

En 1736, il entra Ă  Harvard Ă  l’ñge de 14 ans afin de suivre des Ă©tudes de thĂ©ologie. C’est dans ce collĂšge que Samuel Adams commença Ă  s’intĂ©resser aux thĂ©ories politiques[7]. Il continua son cursus dans l’enseignement supĂ©rieur aprĂšs avoir reçu son diplĂŽme BaccalaurĂ©at Ăšs arts en 1740. Il dĂ©veloppa alors ses idĂ©es sur les droits des colons et sur le contrĂŽle britannique sur les Treize colonies. Comme bien d’autres PĂšres fondateurs des États-Unis, il fut influencĂ© par les Ɠuvres de John Locke, en particulier par son TraitĂ© du gouvernement civil[8], dans lesquels le philosophe anglais justifie la Glorieuse RĂ©volution de 1688. Selon les Ă©crits de John Locke, tous les Hommes naissent Ă©gaux avec des droits naturels : la vie, la libertĂ©, l’égalitĂ© et la propriĂ©tĂ©[9]. Les gouvernements doivent protĂ©ger ces droits pour le bien commun et sont liĂ©s au peuple par un contrat.

AprĂšs avoir obtenu sa maĂźtrise en arts, sa mĂšre voulut qu’il s’investisse dans la vie de son Église, il tomba amoureux d’Elizabeth Checkley, la fille du rĂ©vĂ©rend de sa paroisse. Le pĂšre de Samuel Adams souhaitait qu’il poursuive des Ă©tudes de droit et s’arrangea pour qu’il travaille dans le bureau des comptables de Thomas Cushing. Mais ce dernier le renvoya parce qu’il Ă©tait manifestement plus intĂ©ressĂ© par la politique que par les affaires[10]. Samuel Adams reçut 1000 livres de son pĂšre afin qu’il fonde sa propre affaire, mais il prĂȘta la moitiĂ© de cette somme Ă  un ami en difficultĂ© et ne fut jamais remboursĂ©. Il dilapida l’autre moitiĂ© et travailla dans la brasserie familiale sur Purchase Street, Ă  Boston. En 1746, il fut choisi comme employĂ© du marchĂ© de Boston et travailla au service de deux futurs membres de la Chambre des ReprĂ©sentants du Massachusetts[11].

Il était aussi membre de la franc-maçonnerie[12].

Premiers Ă©crits politiques

En janvier 1748, Samuel Adams lança avec quelques amis un hebdomadaire d’opinion, The Public Advertiser[13]. Cette publication contenait essentiellement des Ă©ditoriaux et des commentaires politiques de tendance whig, favorables Ă  la libertĂ© dans les treize colonies. Samuel Adams y critiquait le Parlement anglais qui ne respecteait pas selon lui les droits des colons amĂ©ricains. Il pensait que la Charte du Massachusetts (1691) octroyait davantage de droits qu’en avaient les sujets du roi en Angleterre. Il se fondait sur ce texte pour exiger la dĂ©mission du gouverneur royal de l’époque, William Shirley, qui outrepassait ses pouvoirs et limitait ceux de l’assemblĂ©e coloniale. Samuel Adams Ă©tait par ailleurs convaincu que si la Nouvelle-Angleterre abandonnait ses valeurs puritaines, elle finirait comme l’empire romain. Il comparait mĂȘme les dĂ©buts de la colonie puritaine au XVIIe siĂšcle Ă  l’apogĂ©e de l’Empire romain[14].

Vie familiale

À la mort de son pĂšre en 1748, Samuel Adams hĂ©rita de la brasserie familiale et d’une partie des propriĂ©tĂ©s fonciĂšres, qu’il partagea avec sa sƓur et son frĂšre cadet Joseph. Il fut libĂ©rĂ© par le testament de sa dette de 1000 livres. Il Ă©pousa Elizabeth Checkley le 17 octobre 1749[15]. En septembre 1750, le couple eut son premier enfant, baptisĂ© Samuel, mais celui-ci mourut quelques jours aprĂšs sa naissance. Ils eurent d’autres enfants, parmi lesquels survĂ©curent Samuel (nĂ© le 16 octobre 1751) et une fille, prĂ©nommĂ©e Hannah. Elizabeth mourut le 25 juillet 1757 Ă  l’ñge de 32 ans. À cette Ă©poque, Samuel Adams avait dilapidĂ© le patrimoine familial et Ă©tait couvert de dettes. Il vivait dans l’indigence et travaillait comme percepteur (1756 — 1764) ; il se servit de cette fonction pour faire valoir ses idĂ©es politiques sur les taxes imposĂ©es par Londres. En 1761, Samuel Adams fit la rencontre d’Elizabeth Wells, une jeune femme de 18 ans sa cadette[16] qu’il Ă©pousa le 6 dĂ©cembre 1764.

Période pré-révolutionnaire (1763-1774)

Engagement contre les taxes britanniques

Dans les annĂ©es 1760, Samuel Adams se distinguait dĂ©jĂ  par son activitĂ© dans les town meetings et au Caucus Club de Boston[17]. Il s’illustra dans l’opposition aux taxes imposĂ©es par Londres dans les treize colonies. En effet, l’Angleterre s’était endettĂ©e pour gagner la guerre de Sept Ans et comptait faire payer les colons amĂ©ricains. Le 5 avril 1764, le Sugar Act fut votĂ© par le Parlement anglais ; il Ă©tendait les taxes Ă  des produits comme le sucre, certains vins, le cafĂ©, les textiles, etc. La rĂ©glementation sur les exportations de bois et de fer fut Ă©galement renforcĂ©e[18]. Il s’agissait pour le gouvernement de contrĂŽler le commerce dans les colonies et d'accroĂźtre les revenus de la Couronne britannique. Cette loi avait aussi pour but de favoriser l'importation de mĂ©lasse provenant de colonies britanniques, en vertu du monopole Ă©conomique et du mercantilisme alors en vigueur. La dĂ©cision souleva le mĂ©contentement de Samuel Adams qui entra en contact avec deux dĂ©lĂ©guĂ©s de l’assemblĂ©e du Massachusetts, James Otis et Oxenbridge Thacher. Il essaya de les convaincre que le Sugar Act constituait une violation des droits des colonies, qui n’avaient pas Ă©tĂ© consultĂ©es. Il pensait aussi que le manque de rĂ©action en AmĂ©rique conduirait l’Angleterre Ă  imposer de nouvelles taxes et un contrĂŽle plus Ă©troit des colonies. Il chercha Ă  gagner d’autres soutiens dans les town meetings et rĂ©digea un texte de protestation prĂ©sentĂ© Ă  l’assemblĂ©e du Massachusetts. Ce document est le premier Ă  mettre en cause l’autoritĂ© du Parlement anglais sur la question des taxes. Il appelle pour la premiĂšre fois Ă  l’unitĂ© des colons amĂ©ricains contre leur mĂ©tropole. Il fut publiĂ© dans la presse et repris dans de nombreux pamphlets. James Otis remit le document Ă  l’assemblĂ©e du Massachusetts oĂč il fut approuvĂ© le 14 juin 1764[19]. L’assemblĂ©e proposa Ă©galement de rĂ©unir les dĂ©lĂ©guĂ©s des treize colonies en CongrĂšs, mais elle en fut empĂȘchĂ©e par le gouverneur royal, Francis Bernard, qui prononça sa suspension. Cependant le texte de Samuel Adams fut largement diffusĂ© en dehors du Massachusetts et contribua Ă  la rĂ©bellion contre le Sugar Act. À Boston, Samuel Adams rĂ©ussit Ă  convaincre les marchands de boycotter les marchandises anglaises et le Sugar Act fut finalement abrogĂ© ; mais la politique de taxation ne fut pas abandonnĂ©e.

En effet, en 1765, le Stamp Act imposa un droit de timbre sur tous les documents officiels et imprimĂ©s (permis, contrats, journaux, testaments, etc.). Samuel Adams appela Ă  nouveau les colons Ă  dĂ©fendre leurs droits et libertĂ©s. Avec d’autres reprĂ©sentants, il lança l’idĂ©e d’un Stamp Act Congress, une rĂ©union des dĂ©lĂ©guĂ©s des treize colonies, afin de discuter de la nouvelle taxe. L’assemblĂ©e du Massachusetts approuva cette dĂ©cision. Neuf colonies sur treize envoyĂšrent des reprĂ©sentants au Stamp Act Congress qui se tint Ă  New York en octobre 1765. Les 27 dĂ©lĂ©guĂ©s des colonies adoptĂšrent une DĂ©claration des Droits et des Griefs (Declaration of Rights and Grievances) et envoyĂšrent des lettres ainsi que des pĂ©titions en Angleterre[20]. En rĂ©alitĂ©, les boycotts des produits anglais eurent plus d’effet que les pĂ©titions, et la loi fut finalement abrogĂ©e le 18 mars 1766, sous la pression des marchands britannique. Mais la question de la reprĂ©sentation politique des AmĂ©ricains n’était pas rĂ©glĂ©e.

AprĂšs la mort d’Oxenbridge, Samuel Adams se prĂ©senta pour le remplacer Ă  l’assemblĂ©e et fut Ă©lu par 265 voix contre 18, Ă  l’issue du second tour[21]. Il acquit ainsi une position de leader politique. Il restait fermement opposĂ© Ă  l’autoritĂ© du Parlement anglais et ses dĂ©cisions furent entĂ©rinĂ©es par les reprĂ©sentants de la colonie sous le nom de « Massachusetts Resolves Â» (RĂ©solutions du Massachusetts). Ses adversaires, comme le loyaliste Thomas Hutchinson, commençaient Ă  dĂ©noncer l’emprise de Samuel Adams sur l’assemblĂ©e coloniale. Ce dernier fut rĂ©Ă©lu en mars 1766, avec James Otis et Thomas Cushing. En 1768, Samuel Adams rĂ©digea un projet de dĂ©claration dans lequel il Ă©voquait les questions du pouvoir colonial, des libertĂ©s, des droits et de l’autodĂ©termination[22]. L’assemblĂ©e examina ce texte, l’amenda pour finalement l’approuver le 12 janvier 1768 ; il fut expĂ©diĂ© au roi d’Angleterre. Le 4 fĂ©vrier, l'assemblĂ©e vota en faveur d’une circulaire sur la politique coloniale, Ă©galement rĂ©digĂ©e par Samuel Adams. Ce document fut adressĂ© aux autres colonies et reçut un accueil favorable ; il fut publiĂ© par Thomas Hollis Ă  Londres, avec une pĂ©tition du Massachusetts, sous le titre The True Sentiments of America[23]. Cette Ɠuvre eut un grand retentissement en Angleterre comme en AmĂ©rique et fut considĂ©rĂ©e par la Couronne comme un acte de dĂ©fiance : en mai 1768, des troupes furent envoyĂ©es Ă  Boston.

« Massacre Â» de Boston

Le « massacre Â» de Boston en 1770
Article dĂ©taillĂ© : Massacre de Boston.

La prĂ©sence des troupes britanniques, les protestations et la formation par Samuel Adams de l'Association de Non-Importation, prĂ©cipitĂšrent le Massacre de Boston, une formule inventĂ©e par Samuel Adams. AprĂšs l'incident, Adams prĂ©sida une rĂ©union qui dĂ©posa une pĂ©tition auprĂšs du gouverneur par intĂ©rim Thomas Hutchinson, demandant le retrait de deux rĂ©giments britanniques de la ville de Boston. Hutchinson dĂ©clara d'abord qu'il ne pouvait prendre une telle dĂ©cision, arguant de son statut de gouverneur temporaire, mais indiqua qu'il voulait bien dĂ©placer un rĂ©giment ; la rĂ©union fut Ă  nouveau convoquĂ©e et Samuel Adams parvint Ă  dĂ©cider une foule de plus de 5 000 personnes Ă  rester ferme sur ses dĂ©cisions : « Les deux rĂ©giments ou rien ! Â» Craignant des manifestations de violence, Hutchinson retira les deux rĂ©giments et les envoya au Castle William, un vieux fort sur une Ăźle dans le port de Boston. Ces rĂ©giments furent par la suite surnommĂ©s les « RĂ©giments de Sam Adams Â», par le Parlement britannique.

En 1772, aprĂšs l'annonce par les Britanniques que les juges seraient rĂ©tribuĂ©s par la Couronne et non plus par l'assemblĂ©e coloniale, la population de Boston rĂ©clama une session spĂ©ciale de cette assemblĂ©e pour dĂ©battre du problĂšme, ce que refusa Thomas Hutchinson. C'est cet Ă©vĂšnement qui poussa Samuel Adams Ă  envisager un systĂšme de comitĂ©s de correspondance chargĂ© d'observer les activitĂ©s britanniques et au sein desquels les villes du Massachusetts pourraient se tenir au courant des sujets politiques. Une telle structure, techniquement lĂ©gale au regard de la loi britannique, conduisit de facto Ă  la formation d’assemblĂ©es indĂ©pendantes du pouvoir anglais. Ce systĂšme fut ensuite adoptĂ© par chacune des treize colonies.

Boston Tea Party

Article dĂ©taillĂ© : Boston Tea Party.

Samuel Adams joua un rĂŽle dĂ©terminant dans l’un des Ă©vĂ©nements les plus connus de la RĂ©volution amĂ©ricaine, la Boston Tea Party du 16 dĂ©cembre 1773. En mai 1773, le Parlement anglais votait le Tea Act, qui permettait Ă  la Compagnie anglaise des Indes orientales de vendre son thĂ© aux colonies de l'AmĂ©rique du Nord sans acquitter de taxes. En rĂ©action, Samuel Adams fit circuler une lettre dans les colonies montrant que cette nouvelle loi anĂ©antirait le commerce amĂ©ricain mais aussi augmenterait les revenus de l’État anglais. GrĂące Ă  l’action des comitĂ©s de correspondance, la rĂ©bellion amĂ©ricaine fut pour la premiĂšre fois unie autour d’une mĂȘme cause. Samuel Adams prononça plusieurs discours devant les fils de la LibertĂ©, une organisation secrĂšte qui contestait la suprĂ©matie anglaise, parfois avec violence.

Le 16 dĂ©cembre 1773, soixante Bostoniens grimpĂšrent Ă  bord de trois navires (le Dartmouth, l'Eleanor et le Beaver)[24] costumĂ©s en AmĂ©rindiens. Ils ouvrirent les caisses contenant le thĂ© et le jetĂšrent par dessus bord. En reprĂ©sailles, le Parlement britannique vota les Intolerable Acts qui rĂ©voquaient la charte coloniale du Massachusetts et fermaient le port de Boston[25]. Les colons dĂ©cidĂšrent de rĂ©unir un congrĂšs continental. Le 17 juin 1774, l’assemblĂ©e du Massachusetts se rĂ©unit Ă  Salem pour en discuter. Samuel Adams ferma les portes du bĂątiment et proposa d'envoyer une dĂ©lĂ©gation pour le CongrĂšs. Il fut aussi l’auteur de la plupart des Suffolk Resolves (rĂ©solutions du Suffolk), en rĂ©ponse aux Intolerable Acts et qui furent adoptĂ©es en septembre 1774[26]. Samuel Adams s'opposa aussi au compromis proposĂ© par Joseph Galloway qui prĂ©voyait un simple boycott des importations britanniques par les associations continentales.

Samuel Adams et la Révolution américaine (1774-1803)

Article dĂ©taillĂ© : RĂ©volution amĂ©ricaine.
Remise du brouillon de la déclaration d'indépendance lors du CongrÚs Continental
Signatures de la DĂ©claration d'indĂ©pendance : la signature de Samuel Adams figure Ă  la 3e position de la derniĂšre colonne


En septembre 1774, Samuel Adams fut choisi pour reprĂ©senter la colonie du Massachusetts au premier CongrĂšs continental rĂ©uni Ă  Philadelphie[27]. Il fut l’un des premiers Ă  proposer l’indĂ©pendance amĂ©ricaine. Il siĂ©gea Ă©galement au second CongrĂšs continental et servit au conseil de guerre, entre 1775 et 1781.

À Boston, le gĂ©nĂ©ral britannique Thomas Gage devint commandant en chef des armĂ©es du Massachusetts en 1774 et remplaça le gouverneur civil Thomas Hutchinson. À ce titre, il fut chargĂ© d’appliquer les Intolerable Acts. Thomas Gage reçut l'ordre d'arrĂȘter John Hancock et Samuel Adams, mais ces derniers s’enfuirent Ă  temps et se rĂ©fugiĂšrent Ă  Lexington. Les colons avaient quant Ă  eux rassemblĂ© pendant l'hiver des armes, des munitions et de la poudre Ă  Concord. Dans la soirĂ©e du 18 avril 1775, Thomas Gage envoya 700 hommes vers ces deux villes, situĂ©es Ă  quelques kilomĂštres Ă  l'ouest de Boston. Leur but Ă©tait de dĂ©truire le stock de munitions mais aussi de capturer Samuel Adams et de John Hancock. Cependant, ces derniers furent informĂ©s Ă  temps par Paul Revere et William Dawes que les troupes anglaises arrivaient. AprĂšs la bataille de Lexington et Concord, le gouverneur Thomas Gage garantit une amnistie Ă  ceux qui manifesteraient leur loyautĂ© Ă  l’égard de la Couronne ; mais John Hancock et Samuel Adams Ă©tait exclus de cette proposition.

Samuel Adams apposa sa signature Ă  la DĂ©claration d’indĂ©pendance en 1776[28]. Il se rĂ©vĂ©la mĂ©fiant vis-Ă -vis du projet d’un gouvernement fort et soutint les Articles de la ConfĂ©dĂ©ration, le premier texte constitutionnel des États-Unis, qu’il signa en 1777[29]. Il critiqua le general George Washington ainsi que les troupes de l’armĂ©e amĂ©ricaine[30]. En 1781, il fut Ă©lu au SĂ©nat de l’État du Massachusetts, dont il fut le prĂ©sident pendant une annĂ©e jusqu’en 1788[31].


Au moment de l’élaboration de la constitution amĂ©ricaine, Samuel Adams Ă©tait considĂ©rĂ© comme un anti-fĂ©dĂ©raliste, un groupe politique opposĂ© Ă  un gouvernement central fort, sans ĂȘtre aussi radical que certains autres personnages. Ainsi, il continua de soutenir les Articles de la ConfĂ©dĂ©ration jusqu’à la fin de sa carriĂšre : ses contemporains l’avaient surnommĂ© « le dernier puritain[32]. Â» Il se dressa d’abord contre le projet de constitution fĂ©dĂ©rale Ă©laborĂ© Ă  la convention de Philadelphie en 1787. AprĂšs plusieurs mois de dĂ©bats, Samuel Adams dĂ©cida finalement de donner son aval Ă  la Constitution, avec la garantie qu’une dĂ©claration des droits serait ajoutĂ©e au texte. Le Massachusetts la ratifia d’une courte majoritĂ© puis se dota d’une constitution locale rĂ©digĂ©e par une Convention dont Samuel Adams fit partie.

En 1786, Samuel Adams soutint la proposition du gouverneur James Bowdoin d’envoyer 4 000 miliciens afin de mater la rĂ©volte des fermiers endettĂ©s, menĂ©es par Daniel Shays. En tant que PrĂ©sident du SĂ©nat du Massachusetts, il Ă©crivit mĂȘme une dĂ©claration contre la rĂ©bellion de Shays. Par la suite, la santĂ© de Samuel Adams se dĂ©tĂ©riora. En janvier 1788, il perdit son fils, Samuel Adams Jr. Ce dernier avait Ă©tudiĂ© la mĂ©decine avec le docteur Joseph Warren, camarade patriote et ami d'Adams ainsi que de son cousin John Adams (futur PrĂ©sident des États-Unis). Samuel Adams Jr. fut Ă©galement chirurgien dans l'armĂ©e de Washington.

Samuel Adams perdit les Ă©lections Ă  la Chambre des ReprĂ©sentants du premier congrĂšs contre le fĂ©dĂ©raliste Fisher Ames[33]. Il fut cependant nommĂ© lieutenant-gouverneur du Massachusetts de 1789 Ă  1793 et seconda le gouverneur John Hancock. En 1790, toujours influencĂ© par le puritanisme, il fit partie des opposants Ă  l’ouverture de thĂ©Ăątres publics Ă  Boston. Il assura l’intĂ©rim comme gouverneur du Massachusetts Ă  la mort de John Hancock en 1793 et, l’annĂ©e suivante, il fut Ă©lu Ă  cette charge qu’il occupa jusqu’en juin 1797. Lors de son discours inaugural, il dĂ©clara vouloir laisser le pouvoir de dĂ©cision Ă  l’assemblĂ©e de l’État. En 1795, il critiqua rĂ©solument le traitĂ© de Jay approuvĂ© par une majoritĂ© de SĂ©nateurs le 24 juin. Ce document mettait fin Ă  tous les contentieux nĂ©s de la RĂ©volution amĂ©ricaine. Les Britanniques acceptaient d’évacuer les forts occidentaux et de compenser les propriĂ©taires de navires amĂ©ricains. En Ă©change ils reçurent des AmĂ©ricains le statut commercial de la nation la plus favorisĂ©e. Samuel Adams avait soutenu la France dans cette affaire et il gagna pour cette raison la sympathie de RĂ©publicains comme Thomas Jefferson et James Madison[34].

La plaque funéraire de Granary Burying Ground


La mĂȘme annĂ©e, Samuel Adams fut rĂ©Ă©lu Ă  une large majoritĂ©, malgrĂ© les attaques des FĂ©dĂ©ralistes[35]. En 1796, il se prĂ©senta Ă  l’élection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine et arriva en cinquiĂšme position avec 15 suffrages. Il prit sa retraite politique en 1797 et commença Ă  prĂ©senter les symptĂŽmes de l’infirmitĂ© motrice cĂ©rĂ©brale ou de la maladie de Parkinson, si bien que sa fille Hannah devait signer pour lui[36]. Il mourut Ă  l’ñge de 81 ans le 2 octobre 1803 et fut enterrĂ© au Granary Burying Ground de Boston[37].

HĂ©ritage

Le Faneuil Hall de Boston et la statue de Samuel Adams

Samuel Adams reste une figure controversĂ©e de l’histoire amĂ©ricaine. L’historien Mark Puls, dans sa biographie intitulĂ©e Samuel Adams: Father of the American Revolution (2006), le dĂ©crit comme un leader politique et un prĂ©curseur de la RĂ©volution amĂ©ricaine. Thomas Jefferson le comparait Ă  un « patriarche de la libertĂ© Â» (Patriarch of Liberty) ; John Adams le qualifiait de « PĂšre de la RĂ©volution amĂ©ricaine Â» (Father of the American Revolution)[38].

Samuel Adams fut le premier Ă  proclamer que le Parlement anglais ne disposait d'aucune autoritĂ© lĂ©gitime sur les treize colonies. Il utilisa la presse pour diffuser ses idĂ©es rĂ©volutionnaires. L’historien George Bancroft, dans son History of the United States from the Discovery of the American Continent, Ă©crit qu’il eut une influence considĂ©rable sur l’opinion publique pendant la rĂ©volte anti-anglaise[39]. Pour John Fiske, Samuel Adams est le personnage le plus important pour la fondation des États-Unis, derriĂšre George Washington[40].

Depuis, le rĂŽle de Samuel Adams dans l’histoire du pays a Ă©tĂ© rĂ©Ă©valuĂ© par les historiens : Ralph V. Harlow le dĂ©crit comme un zĂ©lote et un propagandiste de l’indĂ©pendance amĂ©ricaine[41]. John C. Miller reprend cette vision dans sa biographie publiĂ©e en 1936[42]. Russel Kirk dĂ©montre qu’il utilisa l’indĂ©pendance pour servir ses propres ambitions politiques et l’accuse de dĂ©magogie[43]. Pauline Maier dans The Old Revolutionaries: Political Lives in the Age of Samuel Adams (1980) soutient que Samuel Adams ne fut ni un rĂ©volutionnaire, ni un meneur. Selon l'historienne, il ne fit que reprendre Ă  son compte la tradition anglaise de rĂ©volution conservatrice, Ă  l'image de la Glorieuse RĂ©volution de 1688-1689.

Enfin, le nom de Samuel Adams fut repris pour des usages commerciaux : une marque de biĂšre amĂ©ricaine, la Sam Adams, produite par la Boston Beer Company[44] reprend l'activitĂ© de brasseur qu'il exerçait dans sa jeunesse.

Plusieurs associations se rĂ©fĂšrent Ă©galement Ă  Samuel Adams : the Sam Adams Alliance et the Sam Adams Foundation rendent hommage Ă  sa capacitĂ© d'organiser les citoyens au niveau local pour atteindre un but national[45].

Voir aussi

Sources

Ouvrages ayant servi Ă  la rĂ©daction de l’article :

  • John K. Alexander, Samuel Adams: America's Revolutionary Politician, Lanham, Maryland, Rowman & Littlefield, 2002, (ISBN 074252115X).
  • Thomas Fleming, Samuel Adams: Father of the American Revolution, New York, HarperCollins, 2005, (ISBN 0060829621).
  • James K. Hosmer, Samuel Adams, Boston, Houghton Mifflin, 1885, Ă©dition en ligne
  • John C. Miller, Sam Adams, Pioneer in Propaganda, Boston, Little, Brown and Company, 1936
  • Mark Puls, ‘’Samuel Adams: Father of the American Revolution’’, New York, Palgrave Macmillan, 2006, (ISBN 1403975825)

Bibliographie

  • Steward Beach, Samuel Adams, The Fateful Years, 1764-1776 (1965),
  • David Hackett Fischer. Paul Revere's Ride (1994)
  • Dennis Brindell Fradin. Samuel Adams: The Father of American Independence (1998) for middle school audience
  • Benjamin H. Irvin. Sam Adams: Son of Liberty, Father of Revolution Oxford University Press, 2002. Pp. 176.
  • Pauline Maier. From Resistance to Revolution: Colonial Radicals and the Development of American Opposition to Britain, 1765-1776 (1992)
  • Pauline Maier, The Old Revolutionaries: Political Lives in the Age of Samuel Adams (1980) chap. 1: "A New Englander as Revolutionary: Samuel Adams, ” pp 3-50

Liens internes

Liens externes

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Notes et références

  1. ↑ (en) Robert Hugues, American Visions. The Epic History of Art in America, New York, Alfred A. Knopf, 1997 (ISBN 0679426272) , p.86-87
  2. ↑ La date de naissance de Samuel Adams varie selon les sources : pour certaines, il est nĂ© le 16 septembre 1722, pour d’autres le 27 septembre 1722. Cet Ă©cart de 11 jours s’explique par la diffĂ©rence entre le calendrier julien et le calendrier grĂ©gorien, dont l’application en Angleterre et dans les colonies britanniques fut tardive (milieu du XVIIIe siĂšcle)
  3. ↑ La mortalitĂ© infantile Ă©tait en effet trĂšs Ă©levĂ©e Ă  l’époque moderne. Lire Mark Puls, Samuel Adams ..., 2006, p.22
  4. ↑ Mark Puls, Samuel Adams ..., 2006, p.21
  5. ↑ Mark Puls, Samuel Adams ..., 2006, p.23
  6. ↑ James K. Hosmer, Samuel Adams, 1888, p.15
  7. ↑ Mark Puls, Samuel Adams ..., 2006, p.25
  8. ↑ Two Treatises of Government
  9. ↑ John Locke, Two Treatises of Government, 1689, Londres, p.191
  10. ↑ Thomas Fleming, Samuel Adams, 2005, p.77
  11. ↑ John C. Miller, Sam Adams... , 1936, p.22
  12. ↑ Explore the History of the Masons
  13. ↑ James K. Hosmer, Samuel Adams, 1888, p.33
  14. ↑ John C. Miller, Sam Adams..., 1936, p.19
  15. ↑ Mark Puls, Samuel Adams ..., 2006, p.31-32
  16. ↑ Mark Puls, Samuel Adams ..., 2006, p.36
  17. ↑ Claude Fohlen, Les PĂšres de la RĂ©volution amĂ©ricaine, Paris, Albin Michel, 1989, (ISBN 2226036644), p.42
  18. ↑ (en) Thomas Kindig, « The Sugar Act. Titled The American Revenue Act of 1764 Â», Independence Hall Association, 1999-2007. ConsultĂ© le 26-06-2007
  19. ↑ Mark Puls, Samuel Adams ..., 2006, p.42
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  33. ↑ Mark Puls, Samuel Adams ..., 2006, p.221
  34. ↑ Mark Puls, Samuel Adams ..., 2006, p.227
  35. ↑ James K. Hosmer, Samuel Adams..., 1885, p.405
  36. ↑ Harry A. Cushing (Ă©d.), The Writings of Samuel Adams, New York, G. P. Putnam's Sons, 1908, Vol. 4, lettre Ă  John Adams, 2 septembre 1790
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  38. ↑ George W. Carey, The Political Writings of John Adams, 2000, Washington, D.C., Regnery Gateway, p.697, (ISBN 0895262924)
  39. ↑ George Bancroft, History of the United States from the Discovery of the American Continent, 1882, Vol. 3, p.77
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  43. ↑ Russel Kirk, The Roots of American Order, 1974
  44. ↑ (en) The Boston Beer Company - About Us, Boston Beer Company. ConsultĂ© le 01/06/2007
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