Sambo

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Sambo
Sambo (–°–į–ľ–Ī–ĺ) Taekwondo pictogram.svg
Tentative de clé de genou lors d'un combat de sambo
Tentative de clé de genou lors d'un combat de sambo
Autres noms Samooborona Bez Oroujiya (C–į–ľ–ĺ–ĺ–Ī–ĺ—Ä–ĺ–Ĺ–į –Ī–Ķ–∑ –ĺ—Ä—É–∂–ł—Ź en russe)
Forme de combat Grappling, Percussion
Pays d‚Äôorigine Drapeau de l'URSS URSS
Fondateur Viktor Afanasevich Spiridonov, Vasily Sergeevich Oshchepkov et Anatoly Arkadevich Kharlampiev
Dérive de Judo, Lutte, Samoz
A donné Systema
Pratiquants c√©l√®bres Fedor Emelianenko, Aleksander Emelianenko, Oleg Taktarov, Gokor Chivichyan, Igor Yakimov, Sergue√Į Kharitonov, Vladimir Poutine
Sport olympique Non
Fédération mondiale Fédération Internationale Amateur de Sambo

Le sambo est un art martial et un sport de combat créé en URSS dans les années 1930, mélangeant principalement le judo et la lutte. Suivant le type de sambo pratiqué, l'usage des percussions pieds-poings peut être autorisé (sambo combat) en plus de son aspect grappling (sambo sportif), faisant du sambo une catégorie proche du combat libre.

Sommaire

Généralités

Le sambo (du russe : –°–į–ľ–Ī–ĺ) provient d‚Äôune contraction de Samooborona bez oruzhija (russe : –°–į–ľ–ĺ–ĺ–Ī–ĺ—Ä–ĺ–Ĺ–į –Ī–Ķ–∑ –ĺ—Ä—É–∂–ł—Ź) et signifie litt√©ralement autod√©fense sans arme.

Cette technique de combat est le résultat d’un travail de collaboration entre Viktor Afanasevich Spiridonov, vétéran de la guerre russo-japonaise de 1905, Vasily Sergeevich Oshchepkov, militaire et pionnier du judo soviétique dans les années 1910, et Anatoly Arkadevich Kharlampiev, ancien élève d’Oshchepkov et auteur de livres très prolifiques sur le sambo.

Dès sa création, le sambo est repris par les militaires de l’époque. Son développement spécifique pour les militaires s’effectue sous la supervision de l’Armée rouge tout en conservant un développement parallèle en tant que discipline sportive ouverte au public.

Aujourd'hui, le sambo (sport de combat), est g√©r√© au niveau mondial par une f√©d√©ration internationale localis√©e √† Moscou : la F√©d√©ration internationale amateur de sambo (FIAS). La premi√®re comp√©tition de sambo sportif s‚Äôest d√©roul√©e en URSS, le 16 novembre 1938, √† l'occasion d'un tournoi de lutte libre sur une proposition d‚ÄôAnatoly Arkadevich Kharlampiev. Le premier championnat d'URSS s‚Äôest tenu en 1939.

Vladimir Poutine, qui pratique lui-même le sambo, récompensant le vainqueur d'un tournoi à Saint-Pétersbourg en 2001. Le combattants sont vêtus d'une kurtka rouge ou bleue.

Les techniques de sambo sont tr√®s nombreuses (plus de 5 000 prises) et entrent dans trois grandes cat√©gories : les projections, les contr√īles articulaires et les immobilisations. Il est rare que les combats de six minutes qui se pratiquent en comp√©tition arrivent √† terme en raison de la limite de temps. G√©n√©ralement, l'un des deux combattants parvient en effet √† prendre l'avantage sur son adversaire. Le sambo se distingue particuli√®rement au niveau de ses projections tr√®s spectaculaires, dites √† l‚Äôarrach√©e, et √©galement au niveau de ses clefs de jambes.

Les combats se disputent sur un tapis de lutte, sous le contr√īle d'un arbitre, d'un juge et d'un chef de tapis. Les sambo√Įstes sont v√™tus d'une veste √©troite, la Kurtka (en) (¬ę veste ¬Ľ en russe), rouge ou bleue, ferm√©e par une ceinture de couleur identique (la ceinture noire est aussi accept√©e). Un short (bleu ou rouge assorti √† la veste), appel√© Trusi, et des chaussures de cuir souple appel√©es Sambofki, compl√®tent l'√©quipement des combattants. Pour le cas du sambo de combat, les combattants sont √©quip√©s de gants ¬ę coup√©s ¬Ľ.

Le sambo se divise en trois formes de pratiques et poss√®dent toutes leurs particularit√©s propres :

  • sambo sportif - "Borba Sambo" (russe : –Ď–ĺ—Ä—Ć–Ī–į –°–į–ľ–Ī–ĺ)[1] : projections et combat au sol ;
  • sambo de combat - "Boevoe Sambo" (russe : –Ď–ĺ–Ķ–≤–ĺ–Ķ –°–į–ľ–Ī–ĺ)[2] : percussions pieds-poings autoris√©es; prot√®ge-dents, coquille, prot√®ge-tibias et gants sont alors de rigueur ; est parfois associ√©e au "Sambo Militaire" (russe : –ö–ĺ–ľ–Ī–į—ā –°–į–ľ–Ī–ĺ).
  • sambo de d√©fense[3], "Combat Sambo Spetsnaz" (russe : –ö–ĺ–ľ–Ī–į—ā –°–į–ľ–Ī–ĺ –°–Ņ–Ķ—Ü–Ĺ–į–∑)[4] et "Samoz" (russe : –°–į–ľ–ĺ–∑) : technique d‚Äôautod√©fense m√©langeant toutes les techniques de sports de combats existants, se pratique en pantalon √† la place du short, ayant la m√™me couleur que la veste. Cette approche est tr√®s souvent associ√©e au "sambo militaire" (russe : –ö–ĺ–ľ–Ī–į—ā –°–į–ľ–Ī–ĺ)[5].

Parmi les pratiquants c√©l√®bres de sambo, il convient de nommer : Oleg Taktarov, Vladimir Poutine, Andrei Arlovski, Sergue√Į Kharitonov, Fedor Emelianenko et son fr√®re Aleksander Emelianenko.

Historique

Origines du sambo

L'histoire des arts martiaux russes a √©t√© d√©lib√©r√©ment fauss√©e par les purges staliniennes. Cette d√©sinformation a √©t√© maintenue par les services secrets sovi√©tiques[6], durant les deux grandes Guerres mondiales et pendant toute la p√©riode de la Guerre froide[7]. M√™me chez les Sovi√©tiques, beaucoup ont toujours cru jusqu'√† tout r√©cemment[Quand ?] qu'Anatoly Arkadevich Kharlampiev √©tait le seul et unique fondateur du sambo et que ce syst√®me de combat reposait exclusivement sur les arts martiaux russes anciens[8]. Cette d√©sinformation √©tait r√©pandue chez les pratiquants de sambo, les grands champions et m√™me chez les instructeurs les plus exp√©riment√©s. Des noms comme Viktor Afanasevich Spiridonov et Vasily Sergeevich Oshchepkov sont rest√©s dans l'ombre jusqu'√† tout r√©cemment.

C'est depuis la sortie d'un livre sur le sambo √©crit par Mikha√Įl Nikolaevich Lukashev[9], livre qui fit scandale en URSS √† sa sortie en 1982, que la v√©rit√© sur la cr√©ation du sambo commen√ßa √† √™tre d√©voil√©e. Le d√©voilement se poursuivit en 1986 avec la parution d'un second volume sur l'histoire du sambo. Toute cette √©pop√©e s‚Äôamor√ßa quand Lukashev d√©buta ses recherches et trouva ce dossier :

URSS. NKVD. Département de la région de Moscou. Cas No.2641 à propos de l'accusation de Vasily Sergeevich Oshchepkov selon la clause 58 de l'article 6 du Code criminel de Russie, Vol 1.

Le dossier était très peu documenté. En résumé, il ne relatait en fait que Vasily Sergeevich Oshchepkov, instructeur de lutte libre, judo et d'autodéfense pour l'Armée rouge[10], avait été arrêté pour crime de trahison car il espionnait pour le compte des Japonais. Il avait été envoyé au goulag et exécuté sommairement d'une balle dans la tête. Toutes ces accusations étaient fausses.

Michail Lukashev pratiquait le sambo depuis bien des ann√©es. Il connaissait bien son art martial ainsi que son curriculum technique, mais moins son historique. Les livres √©crits sur le sambo par son ¬ę pr√©sum√© ¬Ľ fondateur, Anatoly Arkadevich Kharlampiev, ne remontaient pas avant 1949. Lukashev avait cru comme tous qu'Anatoly Kharlampiev √©tait le cr√©ateur du sambo et que ce n'√©tait qu'une synth√®se des diff√©rents styles de luttes slaves provinciales r√©alis√©e par Kharlampiev sur l'ordre de N.I. Podvoiski. C'est ce qu'Anatoly Kharlampiev clamait dans ses livres depuis des ann√©es. Mais il subsistait n√©anmoins quelques incoh√©rences dans l'histoire de Kharlampiev.

C'est en lisant un article dans la revue Ogonyok, ¬ę L'histoire du sambo ¬Ľ par Rahtanov, que Lukashev commen√ßa √† faire des recherches plus approfondies sur l'origine du sambo. Rahtanov ne parlait pas de Viktor Spiridonov dans son article. Pourtant, Spiridonov √©tait v√©t√©ran de la Guerre russo-japonaise et avait d√©but√© un travail sur l'autod√©fense (le samoz) bien avant Anatoly Kharlampiev. De plus, Podvoiski √©tait d√©j√† un h√©ros de la r√©volution en 1922 lorsqu'il aurait ordonn√© √† Anatoly Kharlampiev de cr√©er le sambo. Or, en 1922, ce dernier n'avait que 15 ans. L‚Äôhistoire n‚Äô√©tait donc pas cr√©dible. De plus, Rahtanov faisait mention dans son article, d'une d√©claration que Kharlampiev avait faite en 1938 au sujet du lien qui existait entre le judo, le jujutsu et la cr√©ation du sambo, ce qui n'a jamais √©t√© mentionn√© par Kharlampiev dans aucun de ses livres par la suite. La question demeure ainsi sans r√©ponse.

Mikha√Įl Lukashev commen√ßa donc son travail de recherche au sujet de Viktor Spiridonov, sa biographie, son travail. Ce fut un travail ardu et compliqu√© : la majorit√© des gens impliqu√©s avec Spiridonov √©taient d√©c√©d√©s, les archives le concernant au Club Dynamo avaient disparu. Il ne put trouver, pendant longtemps, que des histoires orales sur Spiridonov, recueillies d'amis, de coll√®gues, de voisins. Il finit par tomber sur Fyodor Ivanovich Zhamkov qui √©tait Ma√ģtre de Sport en titre et qui avait travaill√© pour Viktor Spiridonov au Club Dynamo. C'est √† cette occasion qu'il entendit parler pour la toute premi√®re fois de Vasily Oshchepkov. Zhamkov avait √©t√© un des √©tudiants d'Oshchepkov en 1920 √† Vladivostok et il avait √©tudi√© le judo avec lui. C'est √† partir de ce moment que Lukashev d√©buta ses recherches sur Oshchepkov et toute l'histoire du sambo commen√ßa √† √™tre d√©voil√©e.

Apr√®s la publication de son manuel sur le Sambo en 1982, Lukashev fut confront√© √† un toll√© de la part des √©tudiants de Kharlampiev. Au lieu de d√©clencher une discussion ouverte au sujet de la v√©ritable origine du sambo, telle que racont√©e par Lukashev et lui prouver son erreur, les √©tudiants de Kharlampiev √©crivirent une lettre de d√©nonciation et l'exp√©di√®rent au Comit√© Central du Parti Communiste de l'Union Sovi√©tique. Les accusations √©taient plus ou moins ridicules. Au lieu d'√™tre jet√©e √† la poubelle, la lettre fut pourtant envoy√©e et enregistr√©e au Comit√© d'√Čtat des Sports d'URSS. Les autorit√©s de ce comit√© organis√®rent une discussion au sujet du livre et de son auteur. Le livre controvers√© √©tait destin√© aux jeunes lecteurs. Il contenait surtout des informations sur les arts martiaux avec un guide d'apprentissage personnel. N√©anmoins, ce sont les anciens v√©t√©rans du sambo, ceux qui avaient contribu√© √† son d√©veloppement et √† sa propagation √† travers tout l'Union Sovi√©tique, qui se sont le plus int√©ress√©s √† la discussion. Ces v√©t√©rans du Sambo en connaissaient la v√©ritable histoire et pour la premi√®re fois, ils pouvaient la raconter. Andre√Į Andreevich Budzinsky, deux fois champion d'URSS et l'un des premiers √©tudiants de Kharlampiev, joua un r√īle particulier dans cette histoire. Il forma un conseil de v√©t√©rans, et ils rassembl√®rent des archives personnelles, des documents d'√Čtat, trouv√®rent d'anciens compatriotes de l'√©poque, ils envoy√®rent des lettres dans les mus√©es, etc. C'est ainsi que de nouvelles informations furent d√©voil√©es.

Les origines du Samoz

Le Samoz est un art martial typiquement Russe. Il fut cr√©√© par Viktor Afanasevich Spiridonov pendant la Premi√®re Guerre mondiale. V√©t√©ran de la Guerre russo-japonaise de 1905, Viktor Spiridonov se basa, pour l'√©laboration de son syst√®me de combat, sur son exp√©rience personnelle du combat dans les tranch√©es, o√Ļ il fut estropi√© durant la guerre par un coup de ba√Įonnette. Parce qu'il √©tait malade et de petite stature, il composa un syst√®me de combat permettant de pouvoir faire face aux pires sc√©narios, dans les conditions les plus extr√™mes et en situations de combat d√©favorables, en tenant compte des facteurs de stress, de peur et de d√©sespoir (l‚Äôaspect psychologique √† l‚Äôentra√ģnement). Viktor Spiridonov √©tait un expert de gymnastique militaire appliqu√©e, sorte de m√©lange de conditionnement physique et de techniques de combat. Il est important de pr√©ciser qu'√† cette √©poque, il n'existe pas de syst√®me de combat "officiel" enseign√© syst√©matiquement au personnel militaire. Il √©tudia √©galement pendant quelques ann√©es, une version europ√©enne du Jujutsu japonais. C'est sur les bases de la gymnastique militaire appliqu√©e, des connaissances approfondies de la biom√©canique du corps humain (d√©j√† tr√®s avanc√©es en URSS √† cette √©poque), de la psychologie, du Jujutsu et de son exp√©rience au combat dans des conditions extr√™mes, que le Samoz fut √©labor√©.
Viktor A. Spiridonov fait r√©f√©rence √† son syst√®me de combat en tant que "Sam" ou "Samoz", diminutif de "Samozashchita" et qui veut simplement dire "autod√©fense", et parfois m√™me de "Sambo", qui est un acronyme de "Samozashchita", "Bez" et "Oruzhiya" et se traduit par "autod√©fense sans armes". Il faut toutefois noter que le Sambo eut par la suite une √©volution diff√©rente de celle du Samoz avec l'arriv√©e d'un autre sp√©cialiste du combat militaire, Vasily Sergeevich Oshchepkov, qui est le v√©ritable investigateur du Sambo. L'efficacit√© du Samoz est le crit√®re principal de cet art martial. Le Samoz de V.A. Spiridonov est enseign√© dans le plus grand secret au Club "Dynamo", centre d'entra√ģnement du KGB[11] (anciennement NKVD[12]), fond√© par le Commandant K. Voroshilov, charg√© du d√©veloppement du combat militaire au corps √† corps. Viktor Spiridonov a √©t√© le premier instructeur √† y √™tre engag√©, sp√©cifiquement pour former les troupes sp√©ciales de Joseph Staline, les fameux "Sokoli Stalina" (les Faucons de Staline), ses gardes du corps personnel.

Des "Sokoli Stalina" à la petite histoire des Spetsnaz

L'histoire de l'entra√ģnement des troupes d'intervention sp√©ciale, des commandos de choc, tels que les Spetsnaz, remonte √† la R√©volution d'Octobre de 1917 en URSS. √Ä la R√©volution bolch√©vique, Joseph Staline cr√©a un petit groupe autour de lui, appel√© les "Sokoli Stalina"[13], traduit par "Les Faucons de Staline"[14]. Ce groupe √©tait compos√© d'√† peine une trentaine d'individus et constituait les troupes d'intervention de choc de Staline. Ils agissaient en tant que gardes du corps, ex√©cutaient des missions de sabotage et d'assassinats, servaient de police secr√®te, etc. Il re√ßurent un entra√ģnement sp√©cial : ils furent form√©s au Samoz de Spiridonov sous l'Ňďil attentif du NKVD et ce, dans le plus grand des secrets. Le point le plus important de cette formation r√©sidait dans le fait qu'ils devaient r√©ussir √† d√©velopper des tactiques pour que leur actions passent inaper√ßues et n'aient pas l'air martiales. Le tout se devait d'√™tre subtil et tr√®s exp√©ditif. Les "Sokoli Stalina" rest√®rent en fonction jusqu'en 1953, √† la mort de Staline. Le groupe fut transf√©r√© par la suite au KGB, GRU et autres services secrets. Le Samoz est souvent d√©crit comme une sorte d'Aikido russe, mais en fait, on le retrouve sous trois grands courants, d√©pendants de l'√©poque et des groupes o√Ļ Viktor Spiridonov l'avait enseign√©. La sp√©cialisation de son enseignement variait selon les besoins particuliers des diff√©rents groupes militaires : arm√©e r√©guli√®re, police secr√®te ("Sokoli Stalina", NKVD, KGB), commandos sp√©ciaux (Spetsnaz[15], GRU[16] ), etc. Une partie de l'√©volution du Samoz est longtemps rest√©e dans l'ombre du KGB (anciennement le NKVD) et avait √©t√© class√©e "Top Secret", pour un groupe d'√©lite : les "Sokoli Stalina". En 1953, √† la mort de Staline, ce groupe fut dissous pour √™tre reconverti quelques ann√©es plus tard sous une nouvelle unit√© des Forces Sp√©ciales : les "Spetsnaz"[17].

Les Spetsnaz

Article d√©taill√© : Spetsnaz.

Les Forces Sp√©ciales[18] ont connu plusieurs noms comme les "Reydoviki", mais on les connait g√©n√©ralement sous l'appellation de Spetsnaz[19]. Le nom Spetsnaz provient d'un acronyme form√© de "Spetsialnoe Naznachenie" et qui signifie "Op√©ration Sp√©ciale". La majorit√© des Spetsnaz est contr√īl√©e par un groupe nomm√© le GRU "Glavnoe Razvedyvatelnoe Upravlenie" qui se traduit par "La Direction Principale du Service d'Intelligence de l'Union Sovi√©tique". La t√Ęche des Spetsnaz[20] est d'effectuer des op√©rations de reconnaissance sp√©ciale (Spetsialnaya Razvedka) et se d√©finit comme suit : reconnaissance pour subvertir la politique, l'√©conomie, le potentiel militaire et moral d'un ennemi potentiel ou actuel. L'objectif principal de la reconnaissance sp√©ciale est d'acqu√©rir des informations sur les installations militaires majeures et au besoin de les d√©truire ou de les mettre hors service; organiser des sabotages et de actes de subversion, mener une op√©ration punitive contre des rebelles; effectuer de la propagande; former et entra√ģner un d√©tachement d'insurg√©s, etc. La reconnaissance sp√©ciale est conduite par les troupes pour couvrir les services de renseignements. On retrouve √©galement parmi les affectations des Spetsnaz, les op√©rations anti-terroristes, les prises d'otages, la protection de dignitaires, et autres op√©rations demandant un doigt√© particulier.
L'√©volution moderne du Samoz des Sokoli Stalina est devenue par la suite, au fil du temps, sous la tutelle du KGB, le "Combat Sambo Spetsnaz" mieux connu aujourd'hui et popularis√© sous le nom de "Systema". On retrouve donc le Samoz selon trois grands courants g√©n√©raux, qui se subdivisent comme suit et qui sont expliqu√©s √† l'aide d'un comparatif japonais :

  • Samoz - appliqu√© pour la police : Forme d'autod√©fense ayant pour but de neutraliser l'adversaire avec le minimum de heurts, de le contr√īler, de l'immobiliser dans le but de pouvoir proc√©der √† son arrestation. Les techniques de frappes sont pr√©sentes mais sont utilis√©es plus √† titre de diversion. L'emphase est plut√īt mise sur les techniques de contr√īles articulaires et la d√©fense contres armes blanches et armes √† feu. Ce syst√®me est tr√®s similaire au Taihojutsu japonais.
  • Samoz - appliqu√© pour les militaires : Forme de combat ayant pour but de blesser, de neutraliser ou de tuer l'ennemi. Dans cette version, les techniques de frappes, de projections, de luxations sont omnipr√©sentes, de m√™me que les techniques de couteau, de b√Ęton, de cha√ģne, d'√©p√©e, d'armes √† feu, etc. Dans sa conception, ce type de Samoz a √©t√© √©labor√© pour des soldats de plus faible stature ou des soldats bless√©s, pour qu'ils puissent combatte et sortir victorieux d'un combat les pla√ßant en situation de d√©savantage. Il existe plusieurs similarit√©s entre ce syst√®me et le Taijutsu, le Jujutsu et l'Aikijutsu japonais.
  • Samoz - appliqu√© pour le KGB : Cette forme de combat a √©t√© cr√©√©e de mani√®re √† passer presque inaper√ßue lorsqu'utilis√©e. Son origine remonte au d√©but de la guerre froide. Lorsque l'on regarde de prime abord, la pratique de cette forme de combat, elle peut sembler √™tre batel√© et manquer de finition. Mais il ne faut pas s'y fier, c'est justement l'intention : aux yeux d'un passant dans la rue, l'agent du KGB utilisant cette m√©thode semble plus avoir √©t√© bouscul√©, avoir accroch√© son adversaire, vouloir lui porter secours ou tout simplement, s'√™tre d√©barrass√© de sa victime de mani√®re quasi invisible en pleine foule. L'emphase est d‚Äôavantage plac√©e sur les principes du combat que sur des techniques proprement dites. On agit toujours avec sobri√©t√© en utilisant le minimum de mouvement, d'√©nergie, pour obtenir le maximum d'efficacit√©. Cette forme se situe entre l'Aikijutsu, l'Aikido et le Kenpo. On y retrouve √©galement une philosophie d'application ayant plusieurs similitudes avec le Ninjutsu : agir sans √™tre vu, dispara√ģtre rapidement, s'adapter et combattre dans n'importe quelle situation, etc.

Du Samoz au Boevoe Sambo

Viktor Afanasevich Spiridonov (1883-1943) est le premier de ces ¬ę experts ¬Ľ √† √™tre reconnu historiquement. V.A. Spiridonov est un officier russe du d√©but du XXe si√®cle si√®cle qui a particip√© √† deux conflits : la Guerre russo-japonaise et la Premi√®re Guerre mondiale. Il est consid√©r√© comme le plus ancien promoteur sovi√©tique de ce qui sera nomm√© par la suite le ¬ę Sambo ¬Ľ[21].

N√© en Russie en 1883, il s'engage dans l'arm√©e r√©guli√®re √† l'√Ęge de 17 ans. Il s'y distingue et est dirig√© vers l'√©cole d'Infanterie Kazan, d'o√Ļ il gradua avec succ√®s. Il est alors promu officier dans l'Arm√©e Imp√©riale. En 1905, il participe √† la Guerre russo-japonaise et est envoy√© en Mandchourie. Il est d√©cor√© √† la fin du conflit pour s'√™tre distingu√© pendant la guerre. C'est √† cette p√©riode qu'il √©tudie une version europ√©enne du Jujutsu japonais. V.A. Spiridonov √©tait un expert de gymnastique militaire appliqu√©e, sorte de m√©lange de conditionnement physique et de techniques de combat ; √† cette √©poque, il n'existe pas de syst√®me de combat ¬ę officiel ¬Ľ enseign√© syst√©matiquement au personnel militaire. Ce type d'instruction ne viendra que plus tard, apr√®s la R√©volution d'Octobre.

Il participe par la suite √† la Premi√®re Guerre mondiale durant laquelle il est estropi√© par un coup de ba√Įonnette. Il est alors retir√© du conflit et demeure dans l'arm√©e comme r√©serviste. Du fait qu'il √©tait malade et de petite stature, il compose un syst√®me de combat, le ¬ę Samoz ¬Ľ, pour pouvoir faire face aux pires sc√©narios dans les conditions les plus extr√™mes et d√©favorables, en tenant compte des facteurs de stress, de peur et de d√©sespoir. En tant que v√©t√©ran, il se fonde √©videmment sur son exp√©rience personnelle du combat dans les tranch√©es.

Au moment de la R√©volution d'Octobre de 1917, il est r√©serviste. Favorable √† la R√©volution, il reprend du service. En 1919, il travaille √† la direction principale des blind√©s de l'Arm√©e rouge, puis devient instructeur d'autod√©fense et de sport pour le district de Moscou, dans le cadre du Vseobuch (Instruction Militaire G√©n√©rale) cr√©√© par Vladimir L√©nine. C'est √† ce moment, en 1921 que, pour la premi√®re fois, un syst√®me de combat pour les militaires est cr√©√©. En 1923, un club ¬ę sportif ¬Ľ est cr√©√© pour l'enseignement sp√©cifique aux militaires, gardes fronti√®res, police sp√©ciale: le Club Dynamo. Le Samoz est alors plac√© sous la protection de la s√©curit√© d'√©tat, par le NKVD, acronyme de Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del se traduisant par ¬ę Commissariat des Affaires Internes ¬Ľ. Le Dynamo devient le lieu de propagation d'un syst√®me d'autod√©fense gard√© secret. V.A. Spiridonov travaille activement √† la formation du personnel mais aussi d'une √©quipe d'instructeurs.

Il cr√©e √† cette √©poque, un syst√®me d'enseignement d'autod√©fense dans lequel l'influence des styles de combats √©trangers sont encore absents. Se r√©f√©rant sur son exp√©rience au combat, de la douleur, de la peur et du sang, il s√©lectionne les types d'exercices les plus appropri√©s et les plus adaptables √† toutes les situations. La notion de ¬ę technique ¬Ľ est absente de son syst√®me, ce dernier est plus fond√© sur la connaissance des fonctions biom√©caniques du corps humain et de la psychologie (conscience psychophysiologique[22]). Dans une situation o√Ļ la vie est menac√©e, la rapidit√© du temps de r√©ponse et d'ex√©cution est √©galement primordiale. Il suivra invariablement ces r√®gles pendant ses vingt ann√©es d'enseignement. Sous sa direction, plusieurs sections d'autod√©fense du Dynamo sont ouvertes √† Leningrad (St-Petersburg), √† Rostov-sur-le-Don, √† Sverdlovsk (Ekaterenburg), en Ukraine, en Sib√©rie, en Transcaucasie. On peut dire de V.A. Spiridonov qu'il a influenc√© la forme martiale du Sambo, d'abord r√©serv√©e aux troupes sp√©ciales tsaristes (Okhrana).

V.A. Spiridonov fait r√©f√©rence √† son syst√®me de combat en tant que ¬ę Sam ¬Ľ ou ¬ę Samoz ¬Ľ, diminutif de Samozashchita (qui veut simplement dire ¬ę Autod√©fense ¬Ľ) et parfois m√™me ¬ę Sambo ¬Ľ (qui est un acronyme de Samozashchita, Bez et Oruzhiya et se traduit par : ¬ę Autod√©fense sans armes ¬Ľ). L'efficacit√© est le crit√®re principal de son art martial. Le Samoz de V.A. Spiridonov est enseign√© dans le plus grand secret au Dynamo pour les troupes sp√©ciales de Joseph Staline, les Sokoli Stalina (Faucons de Staline), ses gardes du corps personnels.

C'est d'ailleurs un membre de ces fameux ¬ę Sokoli Stalina ¬Ľ qui aurait enseign√© √† Mikhail Ryabko, alors √Ęg√© de 14 ans, le Samoz de V.A. Spiridonov. Mikhail Ryabko se montre tr√®s discret sur l'origine du ¬ę Systema ¬Ľ, forme √©volu√©e du Samoz. Il n'en parle que tr√®s peu, ce qui est tr√®s compr√©hensible. Quand on conna√ģt l'implication qu'ont eue les Sokoli Stalina lors des grandes purges staliniennes, des exp√©ditions et des ex√©cutions sommaires au Goulag et du lien qui les unit au NKVD (KGB), il y a des souvenirs qu'il vaut mieux √©viter de se rem√©morer. Le Colonel Mikhail Ryabko (en) a √©t√© l'instructeur du Capitaine Vladimir Vasiliev (en). Mikhail Ryabko et Vladimir Vasiliev sont respectivement √† l'origine du Ryabko Systema. M. Ryabko et V. Vasiliev ne sont pas dans l'erreur lorsqu'ils affirment que leur Systema, qui veut dire ¬ę syst√®me ¬Ľ, ne d√©rive pas du Sambo proprement dit, la cr√©ation du Sambo √©tant post√©rieure √† celle du Samoz enseign√© aux Sokoli Stalina. Mais il est tout aussi essentiel de comprendre que le curriculum du Sambo Sportif (Borba Sambo) se retrouve dans celui du Sambo Militaire (Boevoe Sambo et Combat Sambo) et que le Samoz est un style de Sambo Militaire. La r√©ciproque, elle, est fausse. C'est pourquoi, en r√©alit√©, le Systema comprend en partie l'influence du Sambo (sportif), car le Sambo (sportif) √©tait d√©j√† partie int√©grante du Samoz (forme de Sambo Militaire) de cette √©poque. En effet, Viktor Spiridonov avait cr√©√© une forme sportive du Samoz pour l'entra√ģnement des membres du NKVD. Cette forme sportive sera reprise par Vasily Oshchepkov avec l'av√®nement du Sambo. Le Samoz eut une √©volution parall√®le au Sambo (militaire et sportif) et aboutira aux diff√©rents styles de Systema (Ryabko Systema, ROSS Systema, Kadochinkov Systema, Systema Spetsnaz, Svetailo Systema, Sidorov Systema, etc.). D'ailleurs, une autre appellation couramment employ√©e au sujet du Systema est le Combat Sambo Spetsnaz. Parmi tous ces styles de RMA (Russian Martial Art) il y a aussi : Vyzhivaniya (Survie), Rukopashni Boi et Rukopashnoi Boi (Combat corps √† corps), Kulachnoi Boi (Combat corps √† corps d'une autre forme), Shtikovoi Boi (Combat √† la ba√Įonnette), Golitsin Systema (style familial de la Russie pr√©-sovi√©tique du Prince Boris Golitsin), etc.

V.A. Spiridonov travailla activement sur des r√®gles de comp√©tition d'autod√©fense, une version sportive du Samoz. Il disait au sujet de la comp√©tition sportive : ¬ę La comp√©tition est malgr√© tout le degr√© maximum d'entra√ģnement et la derni√®re √©tape de perfectionnement d'un combattant √† l'√©tude du Samoz ¬Ľ. V.A. Spiridonov sillonna l'Europe et s√©lectionna les meilleures techniques de boxe anglaise, de boxe fran√ßaise, du Silat Deutsch, du combat corps √† corps de l'arm√©e, de l'escrime et du Jujutsu. Il supprima les attaques sur les points vitaux de ce dernier syst√®me, car l'habillement √©pais des Russes les rendait inop√©rantes. Il voyagea aussi en Mongolie, en Chine et en Inde pour √©tudier les traditions martiales Mongol-V√©dique. Au cours des ann√©es pr√©c√©dant la Seconde Guerre mondiale, il donna les cours de Samoz (en transition vers le Sambo) au Club Dynamo, qui √©tait g√©r√© par l'Arm√©e rouge, plus pr√©cis√©ment le KGB. Dans l'enseignement pratique, V.A. Spiridonov a introduit les techniques d'actions, formes d'encha√ģnements libres privil√©giant les combinaisons techniques, √©labor√©es √† partir des diverses formes d'autod√©fense et de combats singuliers sportifs. Il d√©c√©da peu avant la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1943.

Du Boevoe Sambo au Borba Sambo

Le Sambo est un art martial typiquement Russe, bien que sa cr√©ation repose sur diff√©rents types de luttes Slaves, l'apport du Judo et du Jujutsu ont eu une influence non n√©gligeable sur la cr√©ation de celui-ci. Par contre, il ne faut pas confondre "Sambo" et "Judo Russe", bien que l'un et l'autre se soient mutuellement influenc√©s √† des √©poques bien diff√©rentes. Aujourd'hui se sont deux arts martiaux √† part enti√®re mais qui comportent certaines similitudes, un peu comme le Jujutsu et le Judo ou comme le Kenpo et le Karat√©. En fait, dire du Sambo que c'est du Judo Russe est aussi incoh√©rent que de dire de la Boxe que c'est comme du Karat√© Am√©ricain. La diff√©rence qui s√©pare ces deux arts martiaux est aussi diam√©tralement oppos√©e. L'histoire de la cr√©ation du Sambo est tr√®s complexe et controvers√©. Le Sambo a √©t√© cr√©√© par les services secrets de l'ex-URSS pour les besoins de l'Arm√©e rouge et de ses commandos sp√©ciaux, les "Sokoli Stalina" puis les "Spetsnaz". C'est en partie pour cette raison que les services secrets de l'ex-URSS (NKVD, MVD, KGB, GRU et autres...), ont conserv√©s d√©lib√©r√©ment n√©buleux, l'histoire de la cr√©ation de cet art martial ainsi que son contenu mais √©galement pour des raisons nationalistes d√Ľ √† la r√©volution Bolchevique. Le Sambo a √©t√© l'objet d'une volumineuse recherche clandestine, d'exp√©rimentations et de propagande. C'est pour ces raisons que les soviets ont tent√©es de supprimer les tendances patriotiques et ind√©pendantistes des arts martiaux indig√®nes Slave. Le Sambo √©tait l'espoir Sovi√©tique d'unifier l'√Čtat sous un seul et m√™me sport de combat national, au lieu des diff√©rentes formes de combats provinciales. Les arts martiaux traditionnels poss√®dent habituellement un seul fondateur historique. Le Sambo, sport et art martial de synth√®se, revendique au moins trois experts russes fondateurs. Il appara√ģt d'embl√©e comme le r√©sultat d'un travail collectif et cumulatif. Il faut souligner qu'aucun de ces trois hommes n'est jamais qualifi√© du titre de "Ma√ģtre" au sens oriental du terme et que les informations d√©couvertes √† leur sujet sont rares et parfois contradictoires. Il n'existe pas de biographies compl√®tes √† proprement parler mais plut√īt de courts r√©sum√©s de qualit√©s diverses figurant souvent dans les premi√®res pages des manuels d'entra√ģnement, parfois r√©sum√©s dans la presse et largement d√©form√©s sur Internet. De mani√®re g√©n√©rale, on peut affirmer que Viktor Afanasevich Spiridonov est le premier √† √©tablir les bases du Samoz, ce qui deviendra le Sambo par la suite. Vasily Sergeevich Oshchepkov est le v√©ritable investigateur du Sambo. C'est lui qui effectua tout le travail de fond et qui poussa le travail initi√© par V.A. Spiridonov sur une lanc√©e exponentielle. C'est Vasily Oshchepkov qui est l'ing√©nieur du Sambo. Anatoly Arkadevich Kharlampiev √©tait l'√©l√®ve de V.S. Oshchepkov. C'est Anatoly Kharlampiev qui compila et organisa tout le travail de V.S. Oshchepkov √† la mort de ce dernier. C'est aussi lui qui s'attribua la paternit√© de la cr√©ation du Sambo, se reposant uniquement sur l'apport des luttes Slaves et reniant tout apport Japonais quant √† sa cr√©ation. Il a agi ainsi soit par m√©galomanie, s'attribuant ainsi toute la gloire de la cr√©ation de cet art martial, soit par obligation, ayant re√ßu l'ordre sp√©cifique de d√©truire toutes traces d'influences ext√©rieures pour des raisons de nationalisme de cette √©poque. La v√©rit√© sur cette partie d‚Äôhistoire reste cependant n√©buleuse. La description et la philosophie du Sambo a √©t√© rendu possible gr√Ęce √† la collaboration et au d√©veloppement de connaissance de combat de Viktor Spiridonov, de Vasily Oshchepkov et d'Anatoly Kharlampiev et a √©ventuellement r√©sult√© en classifiant trois niveaux de Sambo:

  • Le premier niveau du Sambo : Il a √©t√© principalement devis√© par Spiridonov avec l'assistance d'Oshchepkov. Ce niveau a √©t√© cr√©√© pour le sabotage, l'assassinat, l'autod√©fense et l'interrogation par les Forces Sp√©ciales Sovi√©tiques. Il a √©t√© nomm√© successivement "Samoz", "Combat Sambo Spetsnaz" et "Systema". Le Sambo ou Samoz de Spiridonov a √©t√© class√© hautement secret par les autorit√©s et n'existe pas officiellement. En r√©alit√©, le style de Spiridonov √©tait populaire parmi les officiers du NKVD (KGB). C'est un style souple qui n√©cessite beaucoup de pratique avant d'√™tre ma√ģtris√©.
  • Le second niveau du Sambo : Il a √©t√© cr√©√© pour les besoins de ma√ģtrise, d'immobilisation et de contr√īle de foule par la Police Sovi√©tique. Si un soldat doit souvent tuer son adversaire, le policier lui, doit le maintenir, le contr√īler et l'immobiliser pour pouvoir l'arr√™ter. Avec l'accord du Gouvernement Sovi√©tique, ce syst√®me fut rendu public pour l'utilisation de la police et autres forces de l'ordre ainsi que pour les militaires. Ce syst√®me fut suppos√©ment cr√©√© par Kharlampiev, mais en fait, on sait maintenant que Kharlampiev h√©rita ce syst√®me d'Oshchepkov. En effet, Oshchepkov d√©buta l'entra√ģnement de la police bien avant que Kharlampiev prenne contr√īle de ce syst√®me. On parle ici du Sambo d'autod√©fense, une forme de Sambo souvent associ√© et assimil√© au Sambo Militaire, au Sambo de Combat ou "Boevoe Sambo", par ce qu'il utilise en plus des contr√īles articulaires et des projections, des techniques de frappes et des techniques d'armes.
Le Boevoe Sambo a été déclassifié en 1991 par le Gouvernement russe, afin de le rendre accessible au public dans une version sportive de combat libre. En 1994, Moscou accueil le 1er championnat de Russie de Boevoe Sambo ouvert au public.
  • Le troisi√®me niveau du Sambo : Il a √©t√© intentionnellement dilu√© pour les besoins de la comp√©tition sportive et comme m√©thode d'√©ducation physique pour les militaires ou de futurs militaires. Ce style a √©t√© √©labor√© pour √™tre √©ventuellement reconnu comme un sport Olympique. Si l'apport de Spiridonov a √©t√© pr√©dominant dans le premier niveau du Sambo, c'est la contribution qu'a apport√©e Oshchepkov qui pr√©domine au troisi√®me niveau du Sambo. Spiridonov a quand m√™me apport√© son assistance √† Oshchepkov pour l'√©laboration du Sambo Sportif ou "Borba Sambo".

L'histoire d√©bute √† la fin de la Guerre russo-japonaise de 1905, avec un russe nomm√© Vasily Sergeevich Oshchepkov (1892-1937)[23]. Apr√®s la d√©faite de la Russie, l'√éle de Sakhaline √©tait devenue un territoire Japonais. Vasily Oshchepkov est n√© √† la fin d√©cembre 1892 dans le village d'Alexandrovsky, sur l'√éle Sakhaline, dans un centre p√©nitencier pour femme. Maria Oshchepkova, sa m√®re, √©tait une paysanne veuve. D√®s ses premi√®res ann√©es, l'enfant est marqu√© √† vif: c'est un enfant de naissance ill√©gitime et est fils d'une prisonni√®re. Il semble que le jeune Vasaya Oshchepkov est destin√© √† un destin tragique. Vasily Oshchepkov perdit sa m√®re √† l'√Ęge de 11 ans, mais quelques ann√©es plus tard, son avenir devint plus prometteur lorsqu'il rencontra un homme noble et exceptionnel; l'Archev√™que Nicolai de l'√Čglise Chr√©tienne Orthodoxe Russe. Sans avoir tous les fonds n√©cessaires, l'Archev√™que Nicolai r√©ussit √† fonder quelques √©coles au Japon. Dans l'une d'elle, le S√©minaire spirituel de Kyoto, Vasily Oshchepkov a pu faire son entr√©e en 1907 √† l'√Ęge de 14 ans gr√Ęce √† un bienfaiteur inconnu, probablement l'Archev√™que Nicolai. Au S√©minaire, Vasily Oshchepkov re√ßu une tr√®s bonne √©ducation, lui permettant de renouer ainsi avec les anciennes traditions russes. Enfin la bonne fortune lui souriait; orphelin, de naissance ill√©gitime, fils d'une prisonni√®re, il avait la possibilit√© d'√™tre initi√© √† la pr√™trise... mais Vasily avait d'autres int√©r√™ts. Parce que l'archev√™que √©tait un homme large d'esprit, il donnait la possibilit√© aux jeunes d'√©tudier au s√©minaire le Judo: sorte de lutte Japonaise cr√©e 25 ans auparavant, par Jigoro Kano. Vasily y porta un int√©r√™t tr√®s marqu√©. √Čl√®ve habile et adroit, il √©tudia rapidement les techniques de cette forme de lutte japonaise. Son professeur qui l'appr√©ciait bien, lui rendit une importante faveur. Une fois par ann√©e avait lieu les s√©lections des meilleurs √©l√®ves pour pouvoir aller √©tudier le Judo au fameux Kodokan (√Čcole de Jigoro Kano, fondateur du Judo). Son professeur, sous le plus grand secret, lui r√©v√©la le principe peu usuel pour la r√©ussite de cette s√©lection. Le jour fatidique arriva. Plusieurs jeunes √©taient r√©unis, agenouill√©s sur les tatamis de pailles. Le cr√©ateur du Judo, Jigoro Kano, commen√ßa son discours devant l'assembl√©e. Le discours √† tendance moralisateur fut vraiment tr√®s long et franchement ennuyant. Avec tout le respect qui devait √™tre accord√© √† l'orateur, il √©tait vraiment difficile pour de jeunes gens de rester en place et de ne pas se retourner et regarder ailleurs. Mais Vasily Oshchepkov savait, les instructeurs du Kodokan les surveillaient de pr√®s √† l'arri√®re. Chaque mouvement d'inattention, chaque manque de concentration √©taient consid√©r√©s comme un manque de respect envers le Grand Ma√ģtre et son Judo. Vasily n'avait pas une grande exp√©rience dans le maintien de la position agenouill√©e japonaise, le seiza. Il avait des crampes, la sensation que des aiguilles lui transper√ßaient les jambes. Il aurait bien voulu les √©tirer un peu ou simplement les bouger, mais il resta en seiza sans bouger. Il savait qu'il devait rester immobile et concentr√© sur les propos de Jigoro Kano pour √™tre s√©lectionn√©. Quand finalement, une personne finie par venir le voir pour lui annoncer qu'il √©tait admis au Kodokan, il ne put m√™me pas se lever. Il roula simplement sur le c√īt√© pour pouvoir d√©tendre ses jambes. Dans les archives du Kodokan, on retrouve la trace de l'admission de Vasily Oshchepkov en date du 29 octobre 1911. Vasily √©tudia le Judo √† temps plein avec Jigoro Kano. M√™me les sp√©cialistes japonais pensait que l'entra√ģnement au Judo japonais √©tait au-del√† des forces d'un europ√©en. L'entra√ģnement ne se fit pas sans heurts. En ce temps l√†, le syst√®me √©tait sans piti√© et cruel. Il ne faut pas oublier qu'il y a quelques ann√©es auparavant, la Guerre russo-japonaise √©tait en cours. Aussi, Vasily √©tait choisi intentionnellement comme souffre douleur par ses partenaires japonais. Il n'√©tait pas un partenaire d'entra√ģnement pour eux mais bien un v√©ritable ennemi. Pas assez exp√©riment√©, Vasily Oshchepkov √©tait brutalement jet√© sur le tatami, √©trangl√© sans m√©nagement, il eut m√™me le bras bris√©. Malgr√© tout cela, comme le veut le respect, la courtoisie et la tradition du Judo, il remerciait ses partenaires pour cette le√ßon et les saluaient humblement sans broncher, et ce, parfois m√™me avec des c√ītes fractur√©es. Cet apprentissage √† la dure lui sera tr√®s utile plus tard en URSS. Et bient√īt, Vasily Oshchepkov devint un adversaire redoutable, m√™me pour les plus exp√©riment√©s. Vasily ne termina pas simplement le cours de l'institut, mais commen√ßa √† r√©clamer le degr√© de ma√ģtre, la ceinture noire. Six mois plus tard, le 15 juin 1913, il obtint de Jigoro Kano sa ceinture noire 1er Dan. √Ä cette √©poque, il √©tait tr√®s difficile d'obtenir des grades de la part des ma√ģtres japonais, sp√©cialement pour un √©tranger et encore plus pour un ancien ennemi d‚Äôorigine russe. Vasily Oshchepkov √©tait le premier russe et un des quatre premiers Europ√©ens √† obtenir un grade de ceinture noire de Judo. Gr√Ęce √† son obstination et √† sa pers√©v√©rance, le jeune russe fut tr√®s honor√© par de chauds √©loges de la part du Grand Ma√ģtre, Jigoro Kano, qui n'√©tait pas habituellement tr√®s g√©n√©reux dans ce genre de choses. Vasily Oshchepkov garda longtemps les mots de Kano en m√©moire: "L'ours russe a su suivre son propre chemin". Et quelque temps plus tard, il recevra son 2e Dan le 4 octobre 1917. En 1914, √† son premier retour en URSS √† Vladivostok, il ouvrit une √©cole comportant une cinquantaine de membres et y enseigna le Judo. Il fut le pionnier du Judo en Russie. En ce temps l√†, la lutte japonaise √©tait nouvelle m√™me pour les √©tats de l'ouest. Apr√®s avoir acquis les connaissances de bases relatives au Judo, les membres particip√®rent √† une premi√®re comp√©tition internationale Russie-Japon. Le 4 juillet 1917, les √©l√®ves de Vasily Oshchepkov ont affront√© l'√©quipe du Coll√®ge Commerciale Otaru dirig√© par Hidetoshi Tomabetsu. - Cet √©v√©nement co√Įncidait √† quelques mois pr√®s avec l'ouverture du premier club de Judo europ√©en en 1918: le Budokwai (en) de Londres, fond√© par Gunji Koizumi (en). - Ainsi, la premi√®re comp√©tition internationale de Judo n'a pas eu lieu √† Paris, √† Londres ou √† New York, mais bien √† Vladivostok en Russie. Par ce qu'il connaissait le japonais, l'anglais en plus du russe, Vasily Oshchepkov se trouva du travail comme traducteur dans l'arm√©e russe. Quelques rumeurs circulent d'ailleurs √† ce sujet: Vasily Oshchepkov √©tait, √† son insu, impliqu√© dans un plan √† long terme des Services Secrets de l'Empire Russe. Ce plan consistait √† construire un r√©seau d'agents capable d'intervenir dans le cas d'une crise politique de l'extr√™me orient. Les habilet√©s au combat de V.A. Oshchepkov ainsi que sa ma√ģtrise de la langue japonaise ont √©t√© utilis√©es par l'Arm√©e Rouge lors de son in√©vitable implication dans le service. En 1917, il supporte la Grande R√©volution d'Octobre. Il est envoy√© par les nouvelles autorit√©s du pays au Japon et en Chine o√Ļ il y resta pour un certain temps.

Vladimir Ilitch L√©nine cr√©a en 1918 le "Vseobuch" (Vceobshchee Voennoye Obucheni) et se traduit par "Instruction Militaire G√©n√©ral" dans le but d‚Äôentra√ģner la grande Arm√©e rouge, sous la direction de N. Podovoysky. Cette organisation pour la pr√©paration militaire de la grande Arm√©e Rouge, fut la premi√®re √©tape de d√©veloppement du Sambo sovi√©tique. Elle est le commencement d'une v√©ritable militarisation du sport en Union Sovi√©tique : des clubs sportifs sont cr√©√©s dans les usines, les d√©p√īts de chemin de fer et les mines du pays. Le Commandant K. Voroshilov sera charg√© du d√©veloppement du combat corps √† corps militaire et fondera le centre d'entra√ģnement du NKVD (futur KGB): le Club Dynamo. V.A. Spiridonov a √©t√© le premier instructeur √† y √™tre engag√©. Le r√īle du Komsomol (Organisation des Activit√©s de la Jeunesse) a aussi √©t√© tr√®s important. Cet organisme forma des cellules de jeunes au combat √† mains nues dans des centres paramilitaires. Depuis 1921, V.A. Oshchepkov √©tait commandeur dans l'Arm√©e Rouge et y effectuait un travail quelque peu √©trange. Il annon√ßait et vendait des filmes russe au Japon et en Chine. Cette occupation √† la facette civile et commerciale n'√©tait en fait qu'une couverture pour son travail au sein du Service de Renseignement. En ce temps-l√†, le Japon et la Chine √©taient des ennemis de L'URSS et une bonne connaissance de ces pays ainsi que du langage local aida grandement Oshchepkov √† faire son travail aux renseignements. En tant que ma√ģtre d'arts martiaux, il eut la possibilit√© d'√©tudier le Wushu en Chine. Quand il revint √† Vladivostok, il fit ce qu'il aimait le plus: il enseigna les arts martiaux √† une nouvelle g√©n√©ration d'√©tudiants. Mais bient√īt, V.A. Oshchepkov fut mut√© en 1925 √† Novossibirsk o√Ļ il est enr√īl√© dans l'Arm√©e Rouge √† titre de traducteur militaire et d√©tach√© au quartier g√©n√©ral du district de Sib√©rie. Vasily Oshchepkov √©tait pass√© ma√ģtre dans les difficiles langages d'orient, m√™me les plus grands sp√©cialistes le consultaient r√©guli√®rement pour lui demander conseil. Mais la lutte, le Judo et l'autod√©fense restait la partie principale de sa vie. Il d√©veloppa, enseigna et propagea sa science du combat, de la lutte et de l'autod√©fense dans les milieux militaires. Il fit plusieurs d√©monstrations d'arts martiaux, notamment √† la rencontre de la section d'Osoviahim (Rassemblement de tous les clubs militaires d'URSS pour la pr√©paration des civils) au quartier g√©n√©ral militaire du district de Sib√©rie. Vasily Oshchepkov fit un rapport sur l'autod√©fense et souligna comment le Judo √©tait utilis√© pour des besoins militaire. Imm√©diatement il d√©montra quelques techniques et le public fut tr√®s impressionn√© par son efficacit√© et par sa fa√ßon de d√©sarmer ses assaillants. Il accepta de faire une autre d√©monstration d'autod√©fense contre un groupe d'assaillants. Vasily Oshchepkov devint vite tr√®s populaire parmi les officiers du quartier g√©n√©ral et il fut invit√© √† enseigner √† la section du Dynamo de Novossibirsk. En 1929, Oshchepkov est invit√© √† Moscou pour diriger un "projet sp√©cial de Judo" pour l'Arm√©e Rouge, sous la supervision du directeur du D√©partement d'√Čducation Physique, le G√©n√©ral Boris Sergeevich Kalpus. Le G√©n√©ral Kalpus √©tait charg√© du d√©veloppement d'une m√©thode d'autod√©fense pour l'Arm√©e Rouge. Apr√®s avoir entendu parler des activit√©s d'Oshchepkov √† Novossibirsk, il comprit la valeur de cet homme et qu'il ne fallait pas faire l'erreur de ne pas l'inviter dans son groupe de recherche. En d√©cembre de la m√™me ann√©e, la section des sports de l'Arm√©e Rouge de Moscou ouvrit un cours de deux mois. Le programme d'√©tude se divisait en trois sections:

  • 1) Techniques de projections, Techniques articulaires, Techniques de frappes de mains et de pieds, Techniques d'√©tranglements.
  • 2) M√©thode d'autod√©fense pour un homme non arm√©e contre un homme, arm√©e d'une mitraillette, d'un revolver, d'un sabre, d'un couteau ou toutes autres armes de combats rapproch√©s.
  • 3) M√©thode de combat √† mains nues pour deux hommes, bas√©e sur le judo mais avec une approche plus √©labor√©e au niveau de l'autod√©fense.

Ce programme s'adressait √† ceux (militaires) qui d√©sirait am√©liorer leurs habilit√©es au combat par la cr√©ation d'un groupe sportif sp√©cial, lequel serait pr√©par√© pour la comp√©tition. L'instructeur √©tait √©videmment, le camarade Vasily Oshchepkov. √Ä chaque fois que Vasily Oshchepkov d√©butait son travail pour effectuer une d√©monstration de son art, il le faisait √† sa mani√®re. "L'ourse russe a su suivre son propre chemin" disait de lui Jigoro Kano, et son apprentissage √† la dure au Kodokan lui servit bien. Il entra donc sur la sc√®ne centrale du lieu d'entra√ģnement de l'Arm√©e Rouge lors d'un √©v√©nement sportif sp√©cial. Les spectateurs regard√®rent avec grands int√©r√™ts cet homme grand et robuste habill√© en partie de mani√®re militaire. Apr√®s un court moment, tous comprirent qu'il √©tait "LE" grand ma√ģtre. Il fut attaqu√© par plusieurs "ennemis" √† mains nues, arm√©s de vrais armes: sabres, mitraillettes, couteaux, revolvers. Ils ne jouaient pas, les ba√Įonnettes, les couteaux, les sabres √©taient bien aiguis√©s, m√™me les armes √©taient charg√©es. Les balles avaient cependant √©t√© retir√©es des cartouches. Les attaques √©taient bien r√©elles. Les spectateurs plac√©s derri√®re Oshchepkov √©taient capable de dire s'il avait bien r√©ussi √† d√©sarmer l'agresseur avant qu'il n'ait eu le temps de tirer. On pouvait tr√®s bien voir le feu sortir du canon des armes et savoir si Oshchepkov avait eu le temps d'√©viter une balle potentiel. La d√©monstration √©tait vraie, il d√©sarma les assaillants arm√©s de lames, les mitraillettes et les revolvers se retrouvaient dans ses mains avant que "l'ennemi" n'ait pu tirer ou ils criaient de douleur √† cause de l'application de techniques articulaires douloureuses de la part d'Oshchepkov. Il y eu plusieurs photos de prises relatant sa performance. Il va sans dire, qu'apr√®s cette d√©monstration, Vasily Sergeevich Oshchepkov se retrouva charg√© des cours de pr√©paration militaire au combat corps √† corps. Il prit part √† la cr√©ation d'un manuel o√Ļ il est possible de voir des photos et des descriptions de la m√©thode d'Oshchepkov. Vasily Oshchepkov n'√©tait pas seulement un th√©oricien, il participa √† de nombreuses comp√©titions de combats corps √† corps et remporta la premi√®re place. Lors de son s√©jour au Japon, Vasily Oshchepkov avait observ√© une dilution des techniques du Tenjin Shinyo Ryu (en) Jujutsu et du Kito Ryu (en) Jujutsu de la part de Jigoro Kano dans la cr√©ation de son Judo au Kodokan. Oshchepkov comprenait que le but de Kano √©tait de cr√©er une m√©thode √©ducative et de la rendre accessible √† tous. C'est pourquoi Kano avait agi ainsi. Mais Oshchepkov, lui, avait pour mission de cr√©er un syst√®me de combat efficace. C'est ainsi, dans le but d'√©valuer et d'int√©grer ces techniques de combat d√©laiss√©es par le Judo de Jigoro Kano, que Vasily Oshchepkov fut mis en contact avec un expert de Jujutsu et de lutte gr√©co-romaine, Viktor Afanasevich Spiridonov. Ce dernier √©tait √©galement un v√©t√©ran et un officier de la Premi√®re Guerre mondiale en plus d'√™tre un des premiers instructeurs de lutte et d'autod√©fense du Dynamo. Cette collaboration de Vasily Oshchepkov et de Viktor Spiridonov, assur√© par le gouvernement russe, avait pour but de cr√©er un nouveau style de combat "corps √† corps" adapt√© pour les besoins de l'Arm√©e Rouge. Ce d√©veloppement devait se faire sur deux facettes. La premi√®re, cr√©er un syst√®me mettant l'emphase sur des applications pratiques. La deuxi√®me, cr√©er un sport pour la population civile pouvant √™tre ais√©ment convertit en technique de combat r√©elle pour les militaires avec quelques ajouts mineurs. La vision d'Oshchepkov √©tait claire, plus son "nouveau Judo" serait d√©velopper et promu comme un sport √† l'√©chelle nationale, plus il serait facile de cr√©er avec un r√©pertoire technique ad√©quat, un art martial, pouvant dans un instant, √™tre transform√© pour les besoins militaires. C'est ce qui donnera plus tard les deux tendances du Sambo, soit le "Sambo Militaire", "Combat Sambo" ou "Boevoe Sambo" et le "Sambo Sportif" ou "Borba Sambo". Tout ceci se d√©roula √† une p√©riode dangereuse pour l'Union Sovi√©tique, √† cause de la menace d'invasion ext√©rieure que posaient l'Allemagne Nazi et la Finlande. Les Russes √©taient plut√īt parano√Įaques envers leurs voisins incluant les √Čtats Baltiques et la Roumanie. Ainsi donc, en 1932, on comptait d√©j√† plus de 165 000 Judoka en URSS, alors qu'en France on en compterait que 7 500 en 1950. Pour Vasily Oshchepkov, l'usage des coups de pieds avait une place importante dans le combat corps √† corps. Son principe √©tait simple: frapper-projeter-frapper. Il avait √©galement compris que pour pouvoir obtenir une bonne exp√©rience pour donner des coups de pieds et se d√©fendre contre ceux-ci, l'apprentissage devait s'effectuer que par du combat libre. Mais l'apprentissage au combat libre avec l'utilisation de m√©thodes dangereuses √©tait impossible. Il cr√©a donc une sorte d'armure, un peu comme le BŇćgu de Kendo ou de Nihon Kenpo, ainsi que des gants et des prot√®ges pieds rembourr√©s, comme ceux utilis√©s en Kick boxing.

Vasily Oshchepkov √©tait un ma√ģtre de Judo et il en connaissait tous les bons c√īt√©s. Mais contrairement √† plusieurs autres Judoka, il √©tait aussi capable d'en reconna√ģtre les mauvais c√īt√©s. Il n'√©tait pas le genre d'√©tudiant timide qui suivait aveugl√©ment les ma√ģtres japonais, copiant leurs moindres mouvements sans jamais avoir m√™me l'id√©e de remettre en question les concepts du Judo √©tablis par Jigoro Kano. Il ne se limita donc pas qu'aux choses provenant exclusivement du Japon. Il essaya de cr√©er un syst√®me nouveau et efficient de lutte et d'autod√©fense, un syst√®me plus efficace que tous les autres. Le d√©veloppement de ce syst√®me de combat s'effectua de mani√®re totalement ind√©pendante, sans contact avec les autres √©coles de Judo. Il n'√©tait limit√© en rien, il √©tait absolument libre dans l'√©volution de son travail. Son approche √©tait scientifique, il r√©visait et modifiait les principes d√©suets. Ses √©valuations pratiques se basaient sur des connaissances modernes. Vasily Oshchepkov repensa tout le Judo du Kodokan pour les besoins de la r√©alit√© Russe, un peu comme Mikinosuke Kawaishi (pionnier du Judo Fran√ßais) le fera en France quelque temps plus tard. Vasily Oshchepkov apporta de nouvelles m√©thodes d'entra√ģnement, des strat√©gies de combats diff√©rentes, se basant sur d'autres syst√®mes de luttes: Russe (Slave), Europ√©enne, Am√©ricaine. Il int√©gra un exercice physique appel√© "mouvement libre" du syst√®me Muller, Buk et Suren, originaire de la Su√®de. Cet exercice tr√®s important dans le Samoz, au Sambo et au Systema est souvent confondu avec le randori Japonais. Il a aussi introduit qu'un suivit m√©dical serr√©, sur la sant√© des lutteurs, soit r√©guli√®rement effectu√©. Bien que cela semble √©trange, Vasily Oshchepkov disait que m√™me les japonais n‚Äôavaient pas une bonne m√©thode pour enseigner le Judo. Chaque professeur n'enseignait que sur les bases de sa propre exp√©rience et sur ses habilet√©s personnelles. Les professeurs japonais niaient la n√©cessit√© d'avoir recours √† des exercices sp√©cifiques et les ignoraient. Avec l'aide de Viktor Spiridonov, il apportera une approche bien diff√©rente de l'approche japonaise √† ce nouveau syst√®me et sera l'ing√©nieur d'un syst√®me de combat non orthodoxe. V.A. Spiridonov avait √©t√© un investigateur pour le Dynamo (NKVD) sur diff√©rents syst√®mes de combat. Il avait voyag√© en Mongolie, en Chine et en Inde pour observer les diff√©rents styles locaux d'arts martiaux. Alors que chez les japonais on perfectionnait le concept d'arts martiaux, o√Ļ le raffinement techniques peut mener au d√©veloppement personnel et √† l'illumination spirituelle, les russes eux perfectionnaient le concept de combat de survie. Ils ne s'entra√ģnaient pas pour parfaire leurs techniques mais bien pour devenir comp√©tents avec leurs techniques dans toutes les situations possibles. Cette attitude fut cruciale pour l'√©volution et √† la cr√©ation de ce qui allait devenir le Sambo. Par exemple, une technique ex√©cut√©e debout √©tait examin√© pour voir si elle pouvait s'ex√©cuter au sol et vice versa, si une technique de balayage √©tait ex√©cut√©e avec un pied pouvait-elle avoir une variation ex√©cut√©e avec un genou ou une main, dans quelles situation ces variations s'appliquent-elles, etc. V.A. Oshchepkov reprit les traditions vestimentaires et techniques des styles traditionnels d‚ÄôURSS, et dota ses lutteurs d'une solide veste tr√®s pr√®s du corps, dans laquelle passait une ceinture qui la maintenait fermement contre le corps. C'est lui qui a abandonn√© le Keikogi traditionnel de Judo au profit de vestes sp√©ciales de Sambo (Kurtka (en)), de shorts sportifs (Trusi) et qui a introduit l'usage des chaussures de Sambo en cuir √† semelle souple (Sambofki). Il changea le tatami traditionnel comme recouvrement de plancher pour un tapis de lutte plus souple. Ces changements permirent des projections plus s√©curitaires, ce qui r√©duisit les blessures. Cela permis aussi de d√©velopper plus profond√©ment les techniques de combat au sol. - Les japonais diront eux-m√™mes plus tard que les techniques au sol du Sambo sont plus d√©velopp√©es que celles du Judo, et qu'√©tudier le Sambo rendrait leur m√©thode de combat (le Judo) plus riche. C'est d'ailleurs au Japon que sera cr√©e la premi√®re f√©d√©ration de Sambo hors URSS. - Le syst√®me d'entra√ģnement innovateur cr√©e par Vasily Oshchepkov fut adopt√© par Viktor Spiridonov pour les besoins de la cr√©ation d'un art martial mortel, d√©di√© au sabotage. Vasily Oshchepkov a toujours ouvertement admit l'influence du Judo dans ce nouveau syst√®me, ce qui d√©plaisait aux autorit√©s qui aurait voulu un syst√®me de combat aux origines uniquement russes. √Ä cause de son attitude controvers√©e, Oshchepkov √©tait consid√©r√© comme un personnage politiquement dangereux.

√Ä cette √©quipe de d√©veloppement s'√©tait rajout√© Anatoly Kharlampiev et Ivan Vasilievich Vasiliev, qui avait √©galement voyag√© autour du globe pour y √©tudier les diff√©rents styles d'arts martiaux. Anatoly Kharlampiev, alors √Ęg√© d'environ 20 ans, fut le premier √©tudiant √† qui Vasily Oshchepkov enseigna son nouveau syst√®me de combat. Avec ce groupe de sp√©cialistes de luttes d'URSS, Vasily Oshchepkov compl√®te la "Lutte libre" qui pr√©figure au Sambo sportif actuel. Vasily Oshchepkov diffuse largement le nouveau style, qui se popularise dans les instituts sportifs des grandes villes telles que Moscou et Leningrad. Apr√®s une dizaine ann√©es de recherche, de d√©veloppement, d'essais, le "Sambo" prit officiellement vie le 16 novembre 1938. Depuis 1930, le Gouvernement Sovi√©tique √©tait devenu plut√īt r√©ticent face aux influences ext√©rieures du pays et d√©sirait que toutes les "grandes r√©alisations" du pays n'aient qu'une origine russe ou soviet, incluant les arts martiaux. Il n'y avait donc aucune place pour un Sambo avec des techniques attribu√©es √† des ma√ģtres japonais. Pour ces raisons plut√īt obscures, Vasily Oshchepkov ne survivra pas aux purges Stalinienne et dispara√ģtra en 1937 et ne verra jamais l'aboutissement de son travail. En 1937, le pays entier √©tait sous la pression d'arrestations nocturnes arbitraires de la part des services secrets du NKVD et de sa police secr√®te[24]. Le slogan de l'√©poque √©tait: -"Mieux vaut arr√™ter dix innocents plut√īt que de laisser un espion s'√©chapper". C'√©tait ce qui constituait la base de la s√©curit√© interne de cette ann√©e-l√†. Le crit√®re pour soup√ßonner une activit√© criminelle √©tait en fait tr√®s simple: toutes personnes pouvaient √™tre arr√™t√©es si elle voyageait ou si elle avait des relations ou des amis dans un pays autre que l'URSS. Par ce qu'Oshchepkov n'avait jamais voulu renier ses racines martiales relatives au Judo, ni l'emploi et l'utilisation du mot Judo ainsi que ses relations avec ses ma√ģtre japonais, un d√©cret de conspiration fut d√©pos√© contre lui le 29 septembre 1937. Bien qu'il avait √©t√© mandat√© par le pass√©, pour servir d'agent pour les services de renseignements et pour entretenir des relations avec le Japon et la Chine, c'est paradoxalement pour ces m√™mes raisons qu'il f√Ľt mis au arr√™ts dans la nuit du 1er octobre 1937. Il fut arr√™t√© par la police secr√®te[25] et faussement accus√© d'√™tre un espion √† la solde des Japonais. Dix jours plus tard, il fut victime d‚Äôune ex√©cution sommaire lors de son incarc√©ration dans un Goulag de Sib√©rie, avec d'une balle dans la t√™te tir√©e √† bout portant. C'est dans ces circonstances obscures que Vasily Sergeevich Oshchepkov d√©c√©da √† l'√Ęge de 44 ans. Anatoly Kharlampiev se distan√ßa lui-m√™me de son all√©geance envers son ancien professeur. Anatoly Kharlampiev s'autoproclama l'unique cr√©ateur et inventeur de ce syst√®me de combat bas√© uniquement sur les anciennes formes de luttes Slaves. C'est dans le but de se rattacher √† un syst√®me typiquement d'origine russe, propagande oblige, et de supprim√© toutes traces d'influences ext√©rieures que ce syst√®me de combat prit officiellement le nom de "Sambo" le 16 novembre 1938.

Borba Sambo

Anatoly Arkadevich Kharlampiev (1907-1979) est n√© dans la famille d'un pionnier de la boxe russe. D√®s 16 ans, d√©j√† instructeur de culture physique, il commence √† √©tudier les diverse formes de luttes nationales et internationales. De nombreuses ann√©es d'assimilation des techniques d'autod√©fenses, une pratique personnelle de ces diverses techniques dans des heurts occasionnels le persuadent de la n√©cessit√© d'influer sur un syst√®me de combat moderne. Apr√®s la Seconde Guerre mondiale, √† laquelle il a particip√©, il travaille pendant de longues ann√©es au Club Dynamo de Moscou, o√Ļ il organise un large r√©seau d'enseignement des techniques d'autod√©fenses pour les troupes des Affaires Int√©rieures et il met au point la progression technique de sections sportives importantes. Il enrichit les recherches de Spiridonov et d'Oshchepkov et r√©alise la synth√®se de leurs travaux. Le mot Sambo est un acronyme qui provient de la contraction "Samozashchita", "Bez" et "Oruzhiya" et se traduit par: "autod√©fense sans armes". Anatoly Kharlampiev est souvent r√©f√©r√© comme √©tant le p√®re du Sambo, mais en fait, c'est Viktor Spiridonov qui associa le premier cette appellation √† ce nouveau syst√®me de combat, tout d'abord sous le nom de :"Sam", puis de "Samoz", de "Samba" et finalement de "Sambo". Viktor Spiridonov est √©galement le p√®re fondateur d'un syst√®me de combat parall√®le qu'il d√©veloppa. Ce syst√®me est plus doux, c'est une sorte "d'Aikido Russe" qu'il nomma "Samoz". L'id√©e derri√®re le Samoz de Spiridonov √©tait de pouvoir √™tre utilis√© par une personne plus petite, plus faible voire un soldat bless√©. √Ä la diff√©rence du Sambo, le Samoz est un syst√®me avec armes. Une version plus raffin√©e du Samoz est employ√© aujourd'hui pour les besoins des commandos Russes, les Spetsnaz. Il est int√©gr√© au Sambo militaire comme √©tant une sous sp√©cialisation de ce dernier. Parmi les grands sp√©cialistes actuels de ce type de syst√®me, nous pouvons nommer le Colonel Mikhail Ryabko et le Capitaine Vladimir Vasiliev des Forces Sp√©ciales Russe (Spetsnaz). Vladimir Vasiliev enseigne sa propre interpr√©tation du Samoz de Spiridonov et a nomme son style le "Systema" ou tout simplement "Russian Martial Arts". En 1938 √† lieu la premi√®re rencontre des professeurs et enseignants de Sambo de toute l'Union Sovi√©tique. Le 16 novembre de la m√™me ann√©e, le Comit√© du Sport et de la Culture physique officialise par un rapport l'existence du Sambo, synth√®se des diverses formes de luttes populaires. √Ä cette √©poque, le Sambo se diffuse dans les grandes villes comme Moscou, Leningrad, Kharkov, Bakou et Saratov. Un an plus tard se tient le premier championnat national r√©unissant 56 athl√®tes √† Leningrad. Parmi les huit vainqueurs retenus se trouve E.M. Chumakov, figure marquante du Sambo √† cette √©poque. La Seconde Guerre mondiale √©clate. Des d√©tachements sp√©ciaux de sportifs sont cr√©es en URSS. Les Sambo√Įstes pr√©sents dans les rangs de l'Arm√©e Rouge assurent la pr√©paration des √©claireurs et de l'infanterie. L'Institut Lesgaft envoie 316 "√©tudiants" entra√ģn√©s au combat sans armes (Sambo) derri√®re les lignes allemandes pour effectuer des missions de sabotage. Se sont les Spetsnaz (le SMERSH[26] est un exemple de ces unit√©s d'intervention sp√©ciales). Le succ√®s est tel que l'Institut est d√©cor√© en 1944 de l'Ordre du Drapeau rouge. Devant l'importance prise par la guerre de gu√©rilla en attendant que l'Arm√©e rouge, d'abord en d√©route, se reconstitue, on forme au Sambo dans l'urgence, 31 000 instructeurs au combat corps √† corps dans les bases arri√®res du Kazakhstan entre 1941 et 1942. La Deuxi√®me Guerre achev√©e, de nombreux Sambo√Įstes sont envoy√©s dans les autres pays de l'Est pour diffuser le Sambo. C'est en Bulgarie que se constituera la plus brillante √©cole. La tension internationale s'accentuant par le fait du rideau de fer et de la Guerre froide, les informations sur le Sambo des ann√©es 1950 sont tr√®s rares car restreintes par les Services Secrets. √Ä partir de 1947 en URSS, les comp√©titions de Sambo ont r√©guli√®rement lieu en individuel, et par √©quipes en 1949. Les autorit√©s sovi√©tiques sont alors partag√©es entre le d√©sir de d√©velopper le Sambo sur le plan mondial et l'imp√©ratif de discr√©tion absolue concernant le Sambo d'autod√©fense et militaire. Ce paradoxe explique les h√©sitations et la diffusion tr√®s faible du Sambo dans le monde occidental. Peu apr√®s les ann√©es 1950, d√©bute une p√©riode d‚Äôinfluence du Sambo au niveau mondiale. Les Sambo√Įstes ont emprunt√© quelques aspects des m√©thodes d'entra√ģnement des Judoka, comme la r√©p√©tition technique (Uchi Komi) et le combat souple libre (Randori). D√®s le d√©but des ann√©es 1960, les Japonais sont parmi les premiers √† cr√©er une F√©d√©ration de Sambo dans leur pays, qui organise des championnats nationaux et participe aux rencontres internationales. √Ä la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Anatoly Arkadevich Kharlampiev se retrouve comme √©tant l'unique "chef de file" du Sambo Russe. Apr√®s s'√™tre autoproclam√©, seul cr√©ateur et inventeur du Sambo, par souci de survie, m√™me si une partie non n√©gligeable du m√©rite de la cr√©ation du Sambo lui revient, il ne r√©v√©la jamais la v√©rit√© sur Vasily Oshchepkov. Malgr√© tout son m√©rite, la dignit√© humaine de Kharlampiev n'√©tait pas aussi √©lev√©e que sa qualit√© de professionnel. Il se d√©marqua par son manque de conscience et d'humilit√©, m√™me apr√®s que le nom de Vasily Oshchepkov fut blanchit, Kharlampiev ne r√©v√©la jamais les v√©ritables origines du Sambo. Il ne donna jamais la reconnaissance due √† son professeur, Vasily Oshchepkov. Au contraire, il contribua au d√©veloppement de son propre mythe en disant et en √©crivant qu'il avait re√ßu l'ordre explicite de cr√©er le Sambo par N.I. Podvoiski, un h√©ros de la r√©volution en 1922. Mais en 1922, Anatoly Arkadevich Kharlampiev n'avait que... 15 ans. C'est un bien un jeune √Ęge pour porter une telle responsabilit√©. Et comment expliquer toutes les similarit√©s existantes entre le Judo et Sambo alors que Kharlampiev ni cat√©goriquement l'implication du Judo dans la cr√©ation du Sambo. Malgr√© ses petits travers m√©galomane, Anatoly Kharlampiev fit un excellent travail de synth√®se en compilant et en organisant le travail de Viktor Spiridonov et de Vasily Oshchepkov pour parfaire le Sambo. Il fut un auteur de livre tr√®s prolifique, c'est d'ailleurs √† lui que l'on doit les premiers ouvrages sur le Sambo. Il a √©crit des ouvrages sur le Sambo Sportif (Borba Sambo) ainsi que sur le Sambo Militaire (Combat Sambo Spetsnaz ou Systema). Ainsi donc, aujourd'hui on classifie le Sambo en trois cat√©gories (√† ne pas confondre avec les trois niveaux d‚Äôenseignement du Sambo cit√© plus haut):

  • 1) Samoz, Combat Sambo Spetsnaz, Systema (Sambo Militaire - Commando Sp√©cial)
  • 2) Boevoe Sambo, Combat Sambo, Samoz (Sambo Militaire - Autod√©fense)
  • 3) Borba Sambo (Sambo Sportif - Sport de Combat)

Du Samoz au Systema

Le "Systema" (ou Syst√®me) est aussi connu sous l'appellation de "Combat Sambo Spetsnaz". Cet art martial russe est la forme √©volutive du "Samoz" de Spiridonov. Le Systema entre dans la cat√©gorie du Sambo Militaire. L'√©volution du Samoz de Spiridonov et du Sambo d'Oshchepkov a √©t√© maintenu en parall√®le par le NKVD qui lui-m√™me est devenu le KGB. C'est hors du sentier officiel de l'√©volution du Sambo Militaire et Sportif que le Systema fut cr√©√©, m√™me si ce dernier se repose sur des bases similaires au Sambo. Le design du Systema a √©t√© con√ßu pour √™tre hautement adaptable et pratique. On y utilise des exercices de respiration, des "drills" et des exercices de "sparring" en remplacement des kata traditionnels. Par ce qu'il est de nature ouverte et √©volutive, le Systema est tr√®s efficient dans plusieurs situation et contre plusieurs style de combats. C'est d'ailleurs pourquoi les unit√©s sp√©ciales, les "Spetsnaz", sont entra√ģn√©s au Systema. Il existe deux courant majeur de Systema; l'un plus "souple", l'autre plus "dur".

  • Kadochnikov Systema : Fond√© par Aleksey Alekseyevich Kadochnikov (p√®re) en 1962, et d√©velopp√© par le G√©n√©ral Arkady Alekseyevich Kadochnikov (fils) et Valentina Aleksandrovna Kadochnikov (petite fille). Le Kadochnikov Systema est bas√© en partie sur le Samoz-Sambo de Spiridonov ainsi que plusieurs formes russes de combat au corps √† corps, datant de la seconde guerre mondiale. Aleksey Alekseyevich Kadochnikov est ing√©nieur en g√©nie m√©canique. C'est pour cette raison que ce syst√®me repose dans son enseignement sur les lois de la physique appliqu√©es au combat.
  • Retuinskih Systema ou ROSS : Fond√© par le G√©n√©ral Alexander Retuinskih (en) en 1995. ROSS est un acronyme qui provient de "Rossiyskaya Otechestvennaya Systema Samozashchity" et se traduit par Syst√®me d'Autod√©fense d'Origine Russe. Ce syst√®me est con√ßu plus comme une m√©thodologie pour augmenter les performances au combat, applicable √† n'importe quel art martial, plut√īt qu'un syst√®me ferm√©. L'exp√©rience d'Alexander Retuinskih se base sur la Boxe, le Boevoe et le Combat Sambo, le Judo et le Kadochnikov Systema. Il comprend le Sambo (Samoz) de Spiridonov, le Sambo d'Oshchepkov et de Kharlampiev, et diff√©rents d√©riv√©s de styles de combat tel que le Tverian Buza et le Pskovan Skobar ainsi que la syst√©matisation des arts martiaux indig√®ne slave et de leurs m√©thodes d‚Äôentrainement.
  • Ryabko Systema ou Poznai Sebia : Fond√© par le Colonel[27] Mikhail Ryabko (en). Ancien officier de l'Arm√©e Rouge, Mikhail Ryabko √† √©volu√© √† titre de commando dans les forces sp√©ciales, les "Spetsnaz". L'influence principale de son syst√®me de combat provient de l'enseignement de l'un des membres des "Sokoli Stalina", Les Faucons de Staline, qui √©taient les gardes du corps personnel de Joseph Staline. Comme tous les arts martiaux russes, le Systema n'est pas seulement qu'une simple m√©thode de combat mais comprend aussi une m√©thode d'exercices physiques ayant pour but d'am√©liorer la sant√©. Cette pratique s'effectue par des exercices dans l'eau froide, des massages, des frappes curatives sp√©ciales ainsi que plusieurs autres exercices qui ont pour but d'augmenter drastiquement la force et le tonus au moyen d'un √©ventail de mouvements naturels du corps. Poznai Sebia se traduit du langage Russe en fran√ßais par : "Connais-toi toi-m√™me". Mikhail Vasilievich Ryabko est Colonel chez les Spetnaz, Chef Instructeur de l'entra√ģnement tactique pour l'√©quipe de r√©ponse d'urgence et conseill√© pour le Ministre de la Justice de la F√©d√©ration Russe.

L’apport des Luttes Slaves au Sambo

Outre le Judo (Kodokan) et le Jujutsu (Tenjin Shinyo Ryu et Kito Ryu Jujutsu), le Sambo tire ses racines des diff√©rentes luttes ¬ęslaves¬Ľ de l'ex-URSS dont voici les 5 principales (notez qu'aucun de ces peuples n'est slaves):

  • Kurash : d'Ouzb√©kistan
  • Chidaoba : de G√©orgie
  • Kures : du Kazakhstan
  • Gulesch : d'Azerba√Įdjan
  • Kurijash : du Tatarstan et du Bashkotarstan

Il y a aussi d'autres types de luttes Slaves qui sont moins connus et qui sont:

  • Kuresh : de Tuvinskaja (Touva)
  • Khapsagay : du Yakuts (Yakoute)
  • Akatuy : de Cuvaskaja (Tchouvachie)
  • Trinte : de Moldavie
  • Kokh : d'Arm√©nie
  • Goretch : Turkm√©nistan


Ce type de lutte russe traditionnelle poss√®de plusieurs similarit√©s avec son homologue japonais, le Judo. Il existe deux types de pointage en Kuresh semblable √† l‚ÄôIppon (point complet) et Waza Ari (demi-point) de Judo. Les projections doivent √™tre ex√©cut√©es avec un soul√®vement tangible de l'adversaire. Le point est accord√© que sur une projection et une chute dynamique. D√®s qu'une partie autre que les pieds touche le sol, le match est arr√™t√© (ie. le genou, la hanche, le bras, le coude, etc.). Les techniques de projections sacrifices (Sutemi) sont possibles mais l'attaquant doit s'assurer que son adversaire touche le sol avant lui pour marquer le point. Cet √©l√©ment de r√®glement donne lieu √† des projections tr√®s dynamiques et extr√™mement spectaculaires. Certaines versions de Kurash requi√®rent un type de saisie pr√©-arrang√©e d'autres non. Dans le cas des saisies pr√©-arrang√©es, le combat d√©bute avec une saisie √† une main √† la ceinture dans le dos. C'est la saisie primaire et elle ne peut √™tre rel√Ęch√©e. L'autre main demeure active et prend diff√©rentes saisies secondaires. Il n'y a donc pas de combat de Kumikata (saisies) comme en Judo. Les combats se font sur une p√©riode de 4 minutes. Il n'y a pas de combat au sol (Ne Waza) en Kurash. Une des techniques repr√©sentative du Kurash est une forme de Sukui Nage.

Le Chidaoba de Géorgie

Ce type de lutte est considéré par les russes même, comme étant le plus non-orthodoxe de tous les styles de luttes Slaves. Le combat débute avec les deux adversaires face à face et ils doivent s'affronter pour pouvoir prendre leurs saisies. La tenue de combat est composée d'un short et d'une veste ample sans manches. Des trous sont faits dans la veste, comme le Kurtka de Sambo, de manière à pouvoir passer une ceinture similaire à celle qu'utilisent les Judoka. Par ce qu'il n'y a pas de manche, le type saisi est plus limité. Les saisie au corps et à la ceinture son omniprésente en Chidaoba. Parmi le répertoire technique typique, on retrouve des techniques comme: Khabarelli, O Uchi Gari, Harai Goshi, Uchi Mata, Koshi Guruma, Harai Makikomi, Uchi Makikomi, évidemment avec une saveur "à la russe".

Le Kures du Kazakhstan

Très similaire au Kurash, le Kures se distingue de ce dernier par ses techniques de jambes, de crochetage, de fauchage, d'accrochage, etc. Le combat débute comme en Kurash avec une saisie à la ceinture mais contrairement au Kurash, le Kures autorise la saisie des jambes ce qui favorise les positions accroupies. La saisie maintenue en tout temps à la ceinture provient de leur héritage équestre. Il est possible de changer la saisie en la remplaçant par celle de l'autre main. Les combattants utilisent le vêtement national qui est similaire au Judogi mais avec une veste légèrement plus longue. Les combattant Kazakh sont spécialement renommé pour leur sens de l'équilibre phénoménal, leur endurance et leur esprit combatif, à tel point qu'il était considéré comme un signe de mal chance d'en affronter un dans les combats préliminaires d'un tournoi de lutte. La signature technique distinctive du Kures sont les différentes formes de Kata Guruma.

Le Gulesch d'Azerba√Įdjan

Le Gulesch se pratique avec un pantalon long, une ceinture mais le torse nu. C'est aussi le seul style de lutte Soviet qui permet de poursuivre le combat au sol. Les combattants peuvent saisir les pantalons de l'adversaire sans aucune restriction, ce qui est très différent du Judo. Par ce que les saisies au corps sont rendues plus difficiles à cause du torse nu, les combattants de Gulesch sont très habiles et très rapides à la saisie des jambes, à entrelacer les bras et le corps et à lever l'adversaire dans les airs. Ils sont vraiment très forts avec les techniques de "Pick-Up". Par ce que les combattants sont autorisés à poursuivre le combat au sol ou de se lever du sol en toute liberté pour poursuivre le combat debout (très différent du Judo), ils ont développé de nombreuses versions et variations techniques de projection à genoux. Leur "marque de fabrique" est de saisir spécifiquement la jambe de l'adversaire et de la lever avec un spectaculaire "Pick-Up" pour pouvoir le projeter par la suite. Les formes de Te Guruma et de Kuchiki Daoshi sont également très représentatives.

Le Kurijash du Tatarstan et du Bashkotarstan

Le Kurijash se pratique un peu comme le Gulesch avec, un pantalon long, une ceinture et le torse nu. Il n'y a pas de combat au sol par contre. Les combattants se distinguent par leurs attaques très explosives au corps à corps. Les compétition de Kurijash s’effectuent avec le gagnant qui fait face à tous les autres participants et les affrontent jusqu'à ce qu'il n'en reste plus ou qu'il perde. Dans ce cas, le nouveau gagnant fait de même. Le combat débute avec une saisie double à la ceinture, un peu comme en Kurash, mais avec des saisies avant. Leur répertoire technique se concentre surtout sur de formes similaires à Tani Otoshi, Ura Nage, Ko Soto Gake ainsi qu'une version unique de saisie de jambes très particulière. Les techniques de projections sacrifices (Sutemi) sont utilisées sans restriction. Une des techniques favorite du Kurijash consiste en un mélange de Tani Otoshi et d’Ura Nage renforcé avec une levée de la jambe appliquée avec une saisie à la ceinture dans le dos. non-orthodoxe et très spectaculaire. Plusieurs Judoka (pour ne pas dire tous) ayant déjà affrontés un combattant de Kurijash et subit se type de technique, n'ont jamais compris ce qui se préparait et se sont retrouvés au sol d'une manière très expéditive.

Les composantes du Sambo

C'est donc sur cette trame de fond que s'est b√Ęti le Sambo russe[28] : le Judo du Kodokan, les luttes Slaves (Kourach, Chidaoba, Kures, Gulesch, Kurijash, etc), les clefs de jambes du Jujutsu (Tenjin Shinyo Ryu (en) et Kito Ryu (en)), la Lutte gr√©co-romaine, la Lutte libre, la Boxe, la Savate, le Muay tha√Į, le Wushu, le Pencak-Silat, etc. Les innovations importantes ont √©t√© apport√©es au Sambo, ce qui le distingue du Judo. Dans le Sambo Sportif, il n'y a pas de technique d'√©tranglement (Shime Waza). Ceci vient du fait que l'Union Sovi√©tique est un pays nordique. Avec l'utilisation de gants, de mitaines, de manteaux √©pais avec de gros collets, l'utilisation de techniques d'√©tranglement √©tait difficile dans ce contexte. Par contre, certaines de ces techniques subsistent dans sa version militaire. Les techniques de clefs de jambes (Ashi Kansetsu) sont omnipr√©sentes. D'abord par ce que le Kures, le Gulesch et autre types de luttes Slaves comportait d√©j√† un grand nombre de techniques avec l'utilisation des jambes. Ensuite, dans un contexte de frappes, de coups de pieds, les clefs de jambes sont essentielles pour se d√©fendre. Sur le champ de bataille, il est souvent pr√©f√©rable d'emp√™cher l'ennemi de se d√©placer que de l'√©liminer. En agissant de la sorte, deux autres soldats devront √©vacuer le bless√© ce qui √©liminera du terrain trois combattants plut√īt qu‚Äôun seul et en lui bisant un genou ou une jambe, l'adversaire ne peut plus nous poursuivre son avanc√©e. Les pratiquants de Sambo Militaire compl√©mentaient leur apprentissage technique et tactique avec un conditionnement psychologique, de l'a√©robie et de la musculation. Dans un sport, il peut √™tre suffisant d'√™tre un combattant technique, mais dans un vrai combat, il vaut mieux √™tre un combattant et un technicien tr√®s endurant (mentalement et physiquement). L'escrime a √©t√© aussi incluse au Sambo. En effet, comme les Samurai du Japon ancien avaient parfois √† se d√©fendre √† mains nues avec leur Jujutsu contre des adversaires arm√©s, les occasions de se retrouver d√©sarm√© contre un adversaire arm√© √©taient √©galement applicables aujourd'hui.

Les systèmes de grades du Sambo russe

Le Sambo russe ne comprend pas de système de ceinture ou de grade comme le Judo en comporte. Il existe cependant trois titres distinctifs attribué lors de compétition d'envergure:

  • Ma√ģtre de sport 1re classe : champion d'une comp√©tition nationale.
  • Ma√ģtre de sport 2e classe: champion de l'Union Sovi√©tique ou d'un tournoi majeur Europ√©en et/ou international.
  • Ma√ģtre de sport 3e classe : champion du monde ou Champion Olympique.

Pendant un certain temps, dans le but de suivre le modèle japonais du Judo, l'ancien système soviétique reconnaissait un système de 11 degrés (Dan) de ceinture noire.

  • Champion d'une comp√©tition nationale : ceinture noire 6e Dan orn√©e d'un symbole repr√©sentant l'h√īte du tournoi.
  • Champion d'une comp√©tition de la PanAm : ceinture noire 7e Dan
  • Un m√©daill√© de bronze au championnat du monde : ceinture bronze 8e Dan
  • Un m√©daill√© d'argent au championnat du monde : ceinture argent 9e Dan
  • Un m√©daill√© d'or au championnat du monde : ceinture or 10e Dan
  • Un tr√®s grand champion, m√©daill√© √† plusieurs reprises : ceinture or 11e Dan orn√©e d'un insigne.

Ces distinctions et ces grades ne représentent en rien, du moins de manière claire et précise, une progression technique au Sambo. En effet, il n'existe aucun syllabus technique concernant l'enseignement de cet art martial. Les ceintures et titres ne sont en fait qu'une sorte de trophée. Elles sont le témoin de l'habileté du combattant à appliquer ses techniques en compétition. La Fédération Internationale Amateur de Sambo (FIAS) a aboli le système de ceintures en 1987.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ (ru) –Ď–ĺ—Ä—Ć–Ī–į –°–į–ľ–Ī–ĺ (Sambo sportif)
  2. ‚ÜĎ (ru) –Ď–ĺ–Ķ–≤–ĺ–Ķ –°–į–ľ–Ī–ĺ (Sambo de combat "sportif")
  3. ‚ÜĎ (ru) –Ď–ĺ–Ķ–≤–ĺ–Ķ –°–į–ľ–Ī–ĺ
  4. ‚ÜĎ (ru) Vadim Starov –Ď–ĺ–Ķ–≤–ĺ–Ķ –°–į–ľ–Ī–ĺ (Sambo de combat "militaire")
  5. ‚ÜĎ (ru) Russian Army Sambo training
  6. ‚ÜĎ (en) History of the Cheka - OGPU - NKVD - MGB - KGB - FSB
  7. ‚ÜĎ (en) The story of Sambo started...
  8. ‚ÜĎ (en) The Russian History
  9. ‚ÜĎ (en) Born in tsar's prison to die in Stalin's one by Mikha√Įl Lukashev
  10. ‚ÜĎ (en) The Russian Military History
  11. ‚ÜĎ (en) The KGB : Organization of the Committee for State Security
  12. ‚ÜĎ (en) The NKVD - History
  13. ‚ÜĎ (en) Cutting edge, history of the Stalin's Falcons (Sokoli Stalina)
  14. ‚ÜĎ (fr) Tenue de campagne des ¬ę faucons de Staline ¬Ľ
  15. ‚ÜĎ (en) Russian Spetsnaz
  16. ‚ÜĎ (en) The GRU - Operations of the Main Intelligence Administration
  17. ‚ÜĎ (fr) Les Spetsnaz : "L'arme secr√®te de Moscou"
  18. ‚ÜĎ (en) Special Operations Russian Units : Federal Protective Service (FSO)
  19. ‚ÜĎ (fr) Pr√©sentation, histoire et caract√©ristiques du "Spetsnaz"
  20. ‚ÜĎ (en) Cutting edge, history of the Spetsnaz
  21. ‚ÜĎ (en) Russian Sambo - Combat Sambo
  22. ‚ÜĎ (en) Systema Spetsnaz Psychology
  23. ‚ÜĎ (ru) –ě—Ā–Ĺ–ĺ–≤–į—ā–Ķ–Ľ—Ć —Ā–į–ľ–Ī–ĺ –ě—Č–Ķ–Ņ–ļ–ĺ–≤ (Document historique sur le Sambo avec Vasily Sergeevich Oshchepkov)
  24. ‚ÜĎ (fr) La Tch√©ka est dissoute en f√©vrier 1922 et laisse place √† la Gu√©p√©ou (GPU). Le NKVD est cr√©√© en 1934 et remplace la Gu√©p√©ou, avant d‚Äô√™tre lui-m√™me remplac√©e par le MVD en 1946, puis par le KGB en 1954.
  25. ‚ÜĎ (en) The Soviet Union Internal Security
  26. ‚ÜĎ (en) The Soviet Army - SMERSH
  27. ‚ÜĎ (fr) Dans l'Arm√©e Russe, le rang (grade) ainsi que le niveau d'acc√®s autoris√© sont directement reli√©s. Mikhail Ryabko agit officiellement comme Colonel dans l'arm√©e russe mais √©galement comme conseill√© sp√©cial pour le Gouvernement Russe. On lui a donc d√©cern√© le grade de G√©n√©ral pour des raisons de s√©curit√©.
  28. ‚ÜĎ (fr) Le Sambo Militaire poss√®de plusieurs similarit√©s avec le Taijutsu employ√© par le Ninja d'autres fois, tandis que le Samoz se rapproche plus techniquement d'une forme d'Aikijutsu. Pour ce qui est du Systema, il se situe √† mi-chemin entre l'Aikijutsu et le Kenpo. Le Sambo Sportif quant √† lui, pourrait √™tre consid√©r√© comme un style de Judo-Jujutsu et le Sambo de Combat une forme de MMA.

Bibliographie

Sources de r√©f√©rences :

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  • (ru) –†–ě–Ē–ě–°–õ–ě–í–Ě–ź–Į –°–ź–ú–Ď–ě - G√©n√©alogie de la lutte Sambo (1986) - par Michail Nikolaevich Lukashev.
  • (ru) –°–ł—Ā—ā—Ē–ľ–į –°–į–ľ–Ī–ĺ - Systema Sambo (1933-1944) - par Anatoly Arkadevich Kharlampiev - (ISBN 5-94775-003-1)
  • (ru) –Ď–ĺ—Ä—Ć–Ī–į –°–ź–ú–Ď–ě - Sambo sportif (1949) - par Anatoly Arkadevich Kharlampiev - (ISBN 5-8183-1016-7)
  • (ru) –Ę–ź–ö–Ę–ė–ö–ź –Ď–ě–†–¨–Ď–ę –°–ź–ú–Ď–ě - Tactiques de Sambo de combat (1958) - par Anatoly Arkadevich Kharlampiev.
  • (ru) –°–ł—Ā—ā—Ē–ľ–į –°–į–ľ–Ī–ĺ –Ď–ĺ—Ē–≤–ĺ—Ē –ė—Ā–ļ—É—Ā—Ā—ā–≤–ĺ - Systema Sambo Art martial (1995) - par Anatoly Arkadevich Kharlampiev.
  • (ru) –°–ł—Ā—ā—Ē–ľ–į –°–į–ľ–Ī–ĺ - Systema Sambo (2002) - par Anatoly Arkadevich Kharlampiev - (ISBN 5-8183-0465-5)
  • (ru) –°–į–ľ–ĺ–∑. –°—ā–ł–Ľ—Ć –í. –ź. –°–Ņ–ł—Ä–ł–ī–ĺ–Ĺ–ĺ–≤–į - Samoz de V.A. Spiridonov - (ISBN 966-8472-06-3)
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  • (ru) –†—É—Ā—Ā–ļ–ł–Ļ —Ä—É–ļ–ĺ–Ņ–į—ą–Ĺ—č–Ļ –Ī–ĺ–Ļ. –°–ź–ú–ě–ó. –°—ā–ł–Ľ—Ć –í.–ź. –°–Ņ–ł—Ä–ł–ī–ĺ–Ĺ–ĺ–≤–į.
  • (ru) –†—É—Ā—Ā–ļ–ł–Ļ —Ä—É–ļ–ĺ–Ņ–į—ą–Ĺ—č–Ļ –Ī–ĺ–Ļ. –°—ā–ł–Ľ—Ć –í. –°–Ņ–ł—Ä–ł–ī–ĺ–Ĺ–ĺ–≤–į, –ź. –ö–į–ī–ĺ—á–Ĺ–ł–ļ–ĺ–≤–į.
  • (en) Judo : From a Russian Perspective par Andrew Moshanov - (ISBN 3-933486-55-6)
  • (en) Russian Judo par Alexander Iatskevich - (ISBN 1-8745724-6-1)
  • (en) Armlock par Neil Adams - (ISBN 0-9518455-2-7)
  • (en) Pick-Ups par Robert Van De Wall - (ISBN 1-87457-210-0)

Voir aussi

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  • sambo ‚ÄĒ (1) person of mixed blood in America and Asia, 1748, perhaps from Sp. zambo bandy legged, probably from L. scambus bow legged, from Gk. skambos. Used variously in different regions to indicate some mixture of African, European, and Indian blood;… ‚Ķ   Etymology dictionary


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