Saint-Esprit

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Saint-Esprit
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Le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe (Gian Lorenzo Bernini).

Le Saint-Esprit, ou Esprit Saint, est l'Esprit de Dieu, et la troisiÚme personne de la Trinité dans le christianisme. Il est aussi appelé l'Amour du PÚre et du Fils.

Dans la Bible, le Saint-Esprit se manifeste dĂšs l'Ancien Testament. Le Nouveau Testament[1] suggĂšre que l'Esprit Saint est une personne diffĂ©rente du PĂšre et du Fils, et formant avec eux un seul Dieu, mĂȘme si le dogme de la TrinitĂ© n'a Ă©tĂ© formulĂ© que progressivement, lors des conciles anciens, en particulier Ă  partir du premier concile de NicĂ©e.

Le mot Esprit traduit dans le Nouveau Testament le mot grec Pneuma (littéralement Souffle). C'est pourquoi l'étude du Saint-Esprit est appelée la pneumatologie.

Sommaire

DĂ©finitions

Une des trois personnes de la Trinité chrétienne

Article dĂ©taillĂ© : TrinitĂ© chrĂ©tienne.

Le Saint-Esprit est, pour les chrĂ©tiens, l'Esprit de Dieu, qui pousse Ă  l'action les prophĂštes, et d'une maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale non seulement les croyants mais aussi tous les ĂȘtres humains.

Depuis le premier concile de NicĂ©e, il est reconnu comme la troisiĂšme personne de la TrinitĂ©, distinct du PĂšre et du Fils (JĂ©sus-Christ), mais consubstantiel Ă  eux, c'est-Ă -dire partageant la mĂȘme essence (ÎżáœÏƒÎŻÎ± / ousĂ­a).

À cette conception de l'Église se sont opposĂ©es les conceptions modaliste (Dieu n'apparaĂźt trinitaire que dans les modalitĂ©s de son action), trithĂ©iste (trois dieux) et subordinatianiste (le Fils et l'Esprit procĂšdent du PĂšre, sont subordonnĂ©s Ă  lui et ne possĂšdent pas sa pleine nature divine).

L'Esprit Saint dans la transmission de la Révélation

L'Esprit Saint participe Ă  la transmission de la rĂ©vĂ©lation divine dans la tradition apostolique :

« Ainsi, la communication que le PĂšre a faite de Lui-mĂȘme par son Verbe dans l'Esprit Saint, demeure prĂ©sente et agissante dans l'Église : Dieu qui parla jadis ne cesse de converser avec l'Épouse de son Fils bien aimĂ©, et l'Esprit Saint, par qui la voix vivante de l'Évangile retentit dans l'Église et par elle dans le monde, introduit les croyants dans la vĂ©ritĂ© tout entiĂšre et fait que la Parole du Christ habite avec eux en abondance Â»[2].

L'introduction de l'encyclique Fides et ratio prĂ©cise :

« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent Ă  l'esprit humain de s'Ă©lever vers la contemplation de la vĂ©ritĂ©. C'est Dieu qui a mis au cƓur de l'homme le dĂ©sir de connaĂźtre la vĂ©ritĂ© et, au terme, de Le connaĂźtre lui-mĂȘme afin que, Le connaissant et L'aimant, il puisse atteindre la pleine vĂ©ritĂ© sur lui-mĂȘme. Â»

L'encyclique poursuit :

« Il a plu Ă  Dieu, dans sa bontĂ© et sa sagesse, de se rĂ©vĂ©ler lui-mĂȘme et de faire connaĂźtre le mystĂšre de sa volontĂ© (cf. Ep 1, 9), par lequel les hommes ont accĂšs auprĂšs du PĂšre par le Christ, Verbe fait chair, dans l'Esprit Saint, et sont rendus participants de la nature divine Â»[3].

L'Esprit Saint, interprùte de l'Écriture

Dans le catĂ©chisme de l'Église catholique, l'Esprit Saint est prĂ©sentĂ© comme l'interprĂšte de l'Écriture [4].

Le catĂ©chisme mentionne deux principes d'interprĂ©tation juste :

  1. Il faut tenir compte, pour dĂ©couvrir l'intention des auteurs sacrĂ©s, des conditions de leur temps et de leur culture, des genres littĂ©raires en usage Ă  l'Ă©poque, des maniĂšres de sentir, de parler et de raconter courantes en ce temps-lĂ . Car c'est de cette façon bien diffĂ©rente que la vĂ©ritĂ© se propose et s'exprime en des textes diversement historiques, en des textes, ou prophĂ©tiques, ou poĂ©tiques, ou mĂȘme en d'autres genres d'expression[5].
  2. Le second principe de l'interprĂ©tation juste qui fait que l'Écriture Sainte est inspirĂ©e, et sans lequel l'Écriture demeurerait lettre morte est que « la Sainte Écriture doit ĂȘtre lue et interprĂ©tĂ©e Ă  la lumiĂšre du mĂȘme Esprit qui l'a fait rĂ©diger Â»[6].

Le Concile Vatican II indique donc trois critĂšres pour une interprĂ©tation de l'Écriture conforme Ă  l'Esprit qui l'a inspirĂ©e :

  • porter une grande attention au contenu et Ă  l'unitĂ© de toute l'Écriture,
  • lire ensuite l'Écriture dans la tradition vivante de toute l'Église,
  • ĂȘtre attentif Ă  l'analogie de la foi, cohĂ©sion des vĂ©ritĂ©s de la foi entre elles et dans le projet total de la RĂ©vĂ©lation.

Les sens de l'Écriture

Article dĂ©taillĂ© : Quatre sens de l'Écriture.

Le catĂ©chisme rappelle les multiples sens de l'Écriture, le sens littĂ©ral et le sens spirituel, ce dernier Ă©tant subdivisĂ© en trois, ce qui fait parler de quatre sens de l'Écriture :

Plusieurs expressions et symboles dans les Écritures

Le mot qui dĂ©signe l'Esprit Saint dans la Bible hĂ©braĂŻque est le substantif fĂ©minin, rĂ»ah, qui signifie trĂšs concrĂštement le souffle ou le vent ; Il en est ainsi en grec ancien (Ï€ÎœÎ”áżŠÎŒÎ±, « pneĆ©ma Â») et en latin (spiritus).

Dans le Nouveau Testament, il est reprĂ©sentĂ© par des symboles : la colombe (Mc 1, 10), la tempĂȘte, les langues de feu (Ac 2, 2-3). Saint Jean le dĂ©signe comme Paraclet, ce qui veut dire « Consolateur Â» ou « avocat Â» (Jn 14, 15).

Références dans la Bible

Dans le Premier Testament, dÚs la GenÚse, on parle d'un souffle. Isaïe, à la suite du roi David, parle de l'esprit de Yahvé.

Dans le Nouveau Testament, pour les chrĂ©tiens, on reprend ces notions : l'Esprit vient du ciel, il est puissance de Dieu, force sanctifiante, mais son individualitĂ© est plus affirmĂ©e (Jn 15, 26 ; Ac 15, 28). Bien que le mot grec Ï€ÎœÎ”áżŠÎŒÎ± soit du genre neutre, le pronom ጐÎșÎ”áż–ÎœÎżÏ‚, « celui-lĂ  Â», est mis au masculin (Jn 16, 8).

L'Esprit-Saint est citĂ© dans plusieurs passages relatifs Ă  la Sainte TrinitĂ© (Mt 28, 19 ; 2 Co 13, 13).

Dans la Bible, on trouve un certain nombre de passages qui contiennent littĂ©ralement la notion d'Esprit Saint. On notera aussi que, dans le Nouveau Testament, l'Esprit Saint peut ĂȘtre appelĂ© de diffĂ©rentes maniĂšres (esprit de Dieu..., voir Appellations de l'Esprit Saint). Les quelques exemples donnĂ©s ci-dessous ne sont que les plus marquants de la tradition chrĂ©tienne.

Premier Testament et temps des promesses

L'Esprit est présent tout au long du Premier Testament[8]

Dans la CrĂ©ation :

Dans la GenÚse, apparaßt l'idée du souffle de Dieu (Gn 1,2).

Le souffle est le signe et le principe de la vie : Adam, l'homme, devient vivant par insufflation (Gn 2, 7).

Le souffle est saint puisque Dieu est saint (Ps 51 (50), 13), comme son bras (Ps 98 (97), 1) ou ses paroles (Jr 23, 9). L'Esprit n'y est pas présenté comme une personne.

L'esprit de la promesse :

Dans les thĂ©ophanies et la Loi :

L'Esprit apparaĂźt dans les derniĂšres paroles du roi David, comme esprit de YahvĂ© :

« L'esprit de YahvĂ© s'est exprimĂ© par moi, sa parole est sur ma langue. Le Dieu d'IsraĂ«l a parlĂ©, le Rocher d'IsraĂ«l m'a dit : Celui qui gouverne les hommes avec justice gouverne avec la crainte de Dieu. Â» (2Sa 23, 2-3).

Dans le Royaume et l'Exil :

Pour les chrĂ©tiens, c'est Ă  l'Esprit Saint que fait rĂ©fĂ©rence le passage du livre d'IsaĂŻe (11, 1-2) (livre de l'Emmanuel, titre le descendant de David) :

« Un rejeton sortira de la souche de JessĂ©, un surgeon poussera de ses racines. Sur lui reposera l'Esprit de YahvĂ©, esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de YahvĂ©. Â»

Annonciation Ă  Marie et naissance de JĂ©sus

Dans l'évangile, l'archange Gabriel est envoyé par Dieu vers la vierge Marie, qui était fiancée à un homme de la maison de David, Joseph, et lui annonce qu'elle va concevoir un enfant.

Selon Luc (1, 34-35) :

« Mais Marie dit Ă  l'ange : “ Comment cela sera-t-il puisque je ne connais pas d'homme ? ” L'ange dit : “ l'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du TrĂšs-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'ĂȘtre qui naĂźtra sera appelĂ© Fils de Dieu.” Â»

Selon Matthieu (1, 18)

« Or la naissance de JĂ©sus-Christ arriva ainsi. Marie, sa mĂšre, ayant Ă©tĂ© fiancĂ©e Ă  Joseph, il se trouva, avant qu'ils eussent habitĂ© ensemble, qu'elle avait conçu par la vertu du Saint-Esprit. Â»

L'enfance et le ministĂšre de JĂ©sus

L'Esprit Saint est mentionné lors de la présentation de Jésus au Temple.

« Et voici qu'il y avait Ă  JĂ©rusalem un homme du nom de SymĂ©on. Cet homme Ă©tait juste et pieux. Il attendait la consolation d'IsraĂ«l et l'Esprit reposait sur lui. Et il avait Ă©tĂ© divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint donc au Temple, poussĂ© par l'Esprit, et quand les parents apportĂšrent le petit enfant JĂ©sus pour accomplir les prescriptions de la Loi Ă  son Ă©gard, il le reçut dans ses bras, bĂ©nit Dieu... Â» (Luc 2, 25-27)

Jean le Baptiste rendit tĂ©moignage que JĂ©sus Ă©tait l'Élu de Dieu.

« Et Jean rendit tĂ©moignage en disant : J'ai vu l'Esprit descendre telle une colombe venant du ciel, et demeurer sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyĂ© baptiser dans l'eau, celui-lĂ  m'avait dit : celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint. Et moi, j'ai vu et je tĂ©moigne que celui-ci est l'Élu de Dieu. Â» (Jn 1, 32-34)

Lors de son ministĂšre, JĂ©sus parla plusieurs fois de l'Esprit. Il enseigna en particulier que tous les pĂ©chĂ©s pouvaient ĂȘtre pardonnĂ©s sauf le blasphĂšme contre le Saint-Esprit.

« Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. Aussi je vous le dis, tout pĂ©chĂ© et blasphĂšme sera remis aux hommes, mais le blasphĂšme contre l'Esprit ne sera pas remis. Et quiconque aura dit une parole contre le fils de l'homme, cela lui sera remis ; mais quiconque aura parlĂ© contre l'Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde, ni dans l'autre. Â» [9] (Mt 12, 31–32)

La CĂšne, le jour de la PĂąque juive

Le jour de la Pùque juive (Pessah), Jésus prit un repas avec ses disciples. Ce repas est appelé CÚne dans le christianisme. Dans le Discours de la CÚne (évangile selon Jean), l'Esprit Saint est présenté comme un défenseur, il est appelé Paraclet.

Selon Jean (14, 15-17) :

« Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements ; et je prierai le PĂšre et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu'il soit avec vous Ă  jamais, l'Esprit de VĂ©ritĂ© que le monde ne peut pas recevoir, parce qu'il ne le voit pas ni ne le reconnaĂźt. Vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure auprĂšs de vous ; et en vous il sera. Â»

Selon Jean (16, 7) :

« Cependant je vous dis la vĂ©ritĂ©, c'est votre intĂ©rĂȘt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous. Â»

L'islam considÚre, pour sa part, que le paraclet annoncé par Jésus est Mahomet.

Le jour de la RĂ©surrection, apparitions aux disciples

Selon Jean (20, 21-22), le soir de PĂąques :

« JĂ©sus donc leur dit encore : Paix vous soit ! Comme le PĂšre m'a envoyĂ©, moi aussi je vous envoie. Et ayant dit cela, il souffla en eux, et leur dit : Recevez l'Esprit Saint. Â»

AprĂšs la RĂ©surrection

Selon les Actes des ApĂŽtres (2, 2-4), le « consolateur Â», en grec Paraclet (Ï€Î±ÏÎŹÎșÎ»Î·Ï„ÎżÏ‚ / paraklĂȘtos, « le dĂ©fenseur Â») est envoyĂ© aux apĂŽtres.

« Et il se fit tout Ă  coup du ciel un son, comme d'un souffle violent et impĂ©tueux, et il remplit toute la maison oĂč ils Ă©taient assis. Et il leur apparut des langues divisĂ©es, comme de feu ; et elles se posĂšrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis de l'Esprit Saint, et commencĂšrent Ă  parler d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'Ă©noncer. Â»

Dans le christianisme, cet Ă©vĂ©nement est fĂȘtĂ© le jour de la PentecĂŽte.

PremiĂšre Ă©pĂźtre aux Corinthiens

Trois chapitres de la premiĂšre Ă©pĂźtre de Paul aux Corinthiens dĂ©crivent les dons spirituels ou « charismes Â» (voir aussi : section Dons de l'Esprit Saint) :

  • Chapitre 12 : diversitĂ© et unitĂ© des charismes, comparaison du corps (sur le plan de l'unitĂ©).
  • Chapitre 13 : La hiĂ©rarchie des charismes, hymne Ă  la charitĂ©.
  • Chapitre 14 : HiĂ©rarchie des charismes en vue de l'utilitĂ© commune ; les charismes, rĂšgles pratiques.

ÉpĂźtre aux ÉphĂ©siens

Épütre aux Romains

Le chapitre 8 de l'épßtre aux Romains est consacré à la vie du croyant dans l'Esprit.

« Il n'y a donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ JĂ©sus. La loi de l'Esprit qui donne vie dans le Christ JĂ©sus t'a affranchi de la loi du pĂ©chĂ© et de la mort. Â» (1Ro 8, 1-2)
«  En effet, tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Aussi bien n'avez-vous pas reçu un esprit d'esclaves pour retomber dans la crainte ; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous Ă©crier : Abba ! PĂšre ! L'Esprit en personne se joint Ă  notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Â» (1Ro 14, 16)

Perspective historique

Avant l'Úre chrétienne

Dans le Premier Testament Ă©merge, l'idĂ©e d'un esprit qui guide son peuple, avec MoĂŻse, et qui met quelqu'un Ă  la tĂȘte de la communautĂ© pour le guider. Cette idĂ©e se prĂ©cise dans les Ă©crits du Premier Testament, tels qu'ils ont Ă©tĂ© rapportĂ©s par les scribes vers les VIIIe et VIIe siĂšcles AEC[10].

L'Esprit Saint et les premiers chrétiens

Daniel Marguerat rapporte la situation de l'Église primitive :

« Le christianisme primitif a oscillĂ© entre ouvrir toutes grandes les vannes de l’Esprit (Corinthe) ou se mettre Ă  l’école des Ă©rudits de l’Écriture, tels qu’on les dĂ©couvre derriĂšre le premier Ă©vangile (les scribes chrĂ©tiens).
L’apparition des quatre Ă©vangiles, dans le court espace de 30 ans (entre 65 et 95), trouve une explication dans la volontĂ© de stabiliser la tradition de JĂ©sus face aux dĂ©bordements des prophĂštes chrĂ©tiens. (...) A la position corinthienne qui rĂ©serve l’Esprit Ă  une Ă©lite spirituelle, Paul rĂ©plique que tout croyant est charismatique. Tout croyant est habitĂ© par l’Esprit, traversĂ© par l’Esprit, par le fait mĂȘme qu’il Ă©nonce la confession de foi la plus Ă©lĂ©mentaire (1 Co 12,1-3)[11]. Â»

Concile de Nicée

Le symbole de NicĂ©e-Constantinople professe : « Nous croyons dans l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procĂšde du PĂšre. Avec le PĂšre et le Fils, il reçoit mĂȘme adoration et mĂȘme gloire. Â»

Il procÚde du PÚre, non par voie de génération comme le Fils, mais par voie dite de spiration.

C'est la foi de l'Église orthodoxe.

Querelle du Filioque

Article dĂ©taillĂ© : Querelle du Filioque.

Le Symbole de NicĂ©e-Constantinople, tel qu'il a Ă©tĂ© fixĂ© Ă  ces conciles, affirme Ă  propos du Saint-Esprit : « Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur, qui donne la vie, qui procĂšde du PĂšre, il est adorĂ© et glorifiĂ© conjointement au PĂšre et au Fils, Il a parlĂ© par les prophĂštes. Â»

Une modification y est apportĂ©e par Charlemagne, qui ajoute que le Saint-Esprit procĂšde du PĂšre « et du Fils Â» : « Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procĂšde du PĂšre et du Fils. Avec le PĂšre et le Fils, il reçoit mĂȘme adoration et mĂȘme gloire ; il a parlĂ© par les prophĂštes. Â»

Le Filioque Ă©tait dĂ©jĂ  adoptĂ© dans l'Église d'Espagne quand Charlemagne dĂ©cide de l'ajouter au Credo, contre l'avis du pape LĂ©on III. [rĂ©f. nĂ©cessaire] Les papes rĂ©sistĂšrent longtemps Ă  l'Église carolingienne, jusqu'Ă  Nicolas Ier, premier pape Ă  adopter le Credo de Charlemagne.

L'expression thĂ©ologique de la nature de l'Esprit-Saint a Ă©tĂ© l'une des causes du Grand Schisme d'Orient en 1054 Ă  la suite de la « querelle du Filioque Â».

L'Église latine a ajoutĂ© Ă  la phrase il procĂšde du PĂšre, du symbole de NicĂ©e-Constantinople, le mot filioque : et du fils.

Les chrĂ©tiens orthodoxes estiment cette innovation contraire Ă  l'enseignement des PĂšres de l'Église. L'Église catholique romaine, qui a adoptĂ© cette modification, dĂ©clare n'y voir que le dĂ©veloppement d'un Ă©lĂ©ment non explicite de la foi des PĂšres. Ce point est l'un des obstacles majeurs dans la rĂ©conciliation entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe.

PĂ©riodes moderne et contemporaine

Ces pĂ©riodes sont caractĂ©risĂ©es par un morcellement des Églises. La RĂ©forme remit en cause certains sacrements, dont la confirmation qui porte sur l'Esprit Saint.

Dans la pĂ©riode contemporaine, on vit apparaĂźtre, surtout aux États-Unis, plusieurs Églises ou dĂ©nominations qui insistĂšrent sur la place de l'Esprit Saint dans la vie personnelle du croyant, et sur les dons spirituels (charismes). C'est dans ce contexte que le pentecĂŽtisme est apparu au dĂ©but du XXe siĂšcle. Elles donnĂšrent Ă©galement lieu Ă  des mouvements de Renouveau charismatique au sein du catholicisme (l'Emmanuel, le Chemin Neuf, RĂ©jouis-toi, l'Épiphanie et la Croix, Famille de saint Joseph).

Certaines dĂ©nominations protestantes sont allĂ©es jusqu'Ă  ignorer la notion mĂȘme de sacrement (quakers).

Interprétation dans le christianisme

Appellations de l'Esprit Saint

L'Esprit Saint est appelĂ© par JĂ©sus Paraclet dans le discours de la CĂšne (Jn 14, 16.26 ; 15, 26 ; 16, 7), littĂ©ralement celui qui est appelĂ© auprĂšs, que l'on traduit par consolateur ou dĂ©fenseur. JĂ©sus appelle l'Esprit Saint-Esprit de vĂ©ritĂ© (Jn 16, 13).

Les autres appellations sont chez Saint Paul :

et chez Saint Pierre :

L'Esprit Saint dans la profession de foi chrétienne

Les manifestations de l'Esprit Saint décrites dans le Nouveau Testament sont l'accomplissement de l'annonce faite par Isaïe (chapitre 11,2 du livre d'Isaïe). Avec la CÚne, elle scelle une Nouvelle Alliance. Les dons de l'Esprit rappellent le Décalogue décrit dans la PremiÚre Alliance.

La foi chrĂ©tienne s'exprime Ă  travers les symboles de la foi, dont les deux plus reprĂ©sentatifs sont le symbole des ApĂŽtres (reconnu par les Églises ƓcumĂ©niques) et le Credo de NicĂ©e-Constantinople (plus ancien), qui contiennent tous les deux la formule : « Je crois en l'Esprit Saint Â»[12].

Paul de Tarse rappelait que «  nul ne connaĂźt ce qui concerne Dieu, sinon l'Esprit de Dieu Â» (premiĂšre Ă©pĂźtre aux Corinthiens, 2,11). L'Esprit qui rĂ©vĂšle Dieu nous fait connaĂźtre le Christ, son Verbe, sa Parole vivante, mais ne se dit pas Lui-mĂȘme. Celui qui « a parlĂ© par les prophĂštes Â» [13] nous fait entendre la Parole du PĂšre. Mais Lui, nous ne l'entendons pas. Nous ne le connaissons que dans le mouvement oĂč il nous rĂ©vĂšle le Verbe et nous dispose Ă  l'accueillir dans la foi[14].

L'Église, en tant que communion vivante dans la foi des apĂŽtres qu'elle transmet, est le lieu de notre connaissance de l'Esprit Saint :

Les catholiques et les Églises orthodoxes insistent sur l'institution des apĂŽtres et le fait que l'Église en tant qu'institution devient inspirĂ©e, fondant ainsi son autoritĂ© spirituelle. Les Églises protestantes mettent l'accent sur le fait que chacun, recevant l'Esprit saint (1 Co 6:19 « votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous Â»), peut annoncer le message du Christ, qui est le critĂšre de cette inspiration ; le mĂȘme Esprit donne Ă  l'Église les pasteurs et autres ministres dont c'est la fonction permanente.

Les chrĂ©tiens des « Ă‰glises du RĂ©veil Â» attachent une certaine importance au fait que l'Esprit permet d'ouvrir celui qui le reçoit Ă  une nouvelle naissance, celle dont JĂ©sus a parlĂ© dans l'Ă©vangile selon Jean (3,5) : « JĂ©sus rĂ©pondit : En vĂ©ritĂ©, en vĂ©ritĂ©, je te le dis, si un homme ne naĂźt d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu Â». Les mouvements charismatiques accordent une importance particuliĂšre Ă  certaines manifestations de l'Esprit (parler des langues, interprĂ©tation des langues, prophĂ©ties, guĂ©risons).

Symboles de l'Esprit Saint

Les symboles de l'Esprit Saint sont :

  • L'eau : l'Esprit Saint agit Ă  travers le baptĂȘme.
  • L'onction : l'Esprit Saint agit Ă  travers l'onction lors des sacrements du BaptĂȘme, de la Confirmation et de l'onction des malades (dans l'Église catholique, les Églises orthodoxes et anglicane).
  • Le Feu
  • La nuĂ©e et la lumiĂšre : ces deux symboles sont insĂ©parables dans les manifestations de l'Esprit Saint. Ils sont apparus lors de la Transfiguration («  Celui-ci est mon Fils, mon Elu, Ă©coutez-le Â», Lc 9, 4-35).
  • Le sceau,
  • La main,
  • Le doigt,
  • La colombe.

L'Esprit comme don de Dieu

L'Esprit Saint est avant tout le don de Dieu. « Dieu est Amour Â» (1Jn 4, 8-16) et l'Amour est le premier don, il contient tous les autres. Cet Amour, « Dieu l'a rĂ©pandu dans nos cƓurs par l'Esprit-Saint qui nous fut donnĂ© Â» (Rm 5, 5).

Cet amour (la charité de 1Co 13) est le principe de la vie nouvelle dans le Christ, rendue possible puisque nous avons reçu une force, celle de l'Esprit Saint. (Ac 1, 8).

C'est par cette puissance de l'Esprit que les enfants de Dieu peuvent porter du fruit[16]. On doit distinguer les dons de l'esprit et les fruits de l'esprit. Saint Thomas d'Aquin fait cette distinction dans la Somme théologique[17].

Dons de l'Esprit Saint

Voir aussi : dons du Saint Esprit

Rappel des sept dons de l'Esprit Saint dans la Vulgate

Par rapport aux six dons citĂ©s par IsaĂŻe (11,2), la traduction latine de la Vulgate dĂ©double la « crainte de l'Éternel Â» (spiritus timoris Domini), ajoutant la piĂ©tĂ© (spiritus pietatis). Ce sont les « sept dons de l'Esprit Saint Â», qui « rendent les fidĂšles dociles Ă  obĂ©ir avec promptitude aux aspirations divines Â») [18]

Dons de l'Esprit dans la Bible

On trouve trois listes de dons de l’Esprit Saint :

1 Corinthiens 12:8-13

« En effet, Ă  l'un est donnĂ©e par l'Esprit une parole de sagesse, Ă  l'autre une parole de connaissance, selon le mĂȘme Esprit ; Ă  un autre, la foi, par le mĂȘme Esprit; Ă  un autre, le don des guĂ©risons, par ce seul et mĂȘme Esprit ; Ă  un autre, la puissance d'opĂ©rer des miracles ; Ă  un autre la prophĂ©tie ; Ă  un autre, le discernement des esprits ; Ă  un autre la diversitĂ© des langues ; Ă  un autre le don de les interprĂ©ter.
Mais c'est le seul et mĂȘme Esprit qui produit tous ces dons, les distribuant Ă  chacun en particulier, comme il lui plaĂźt. Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgrĂ© leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ. Tous, en effet, nous avons Ă©tĂ© baptisĂ©s dans un seul esprit pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous Ă©tĂ© abreuvĂ©s d'un seul Esprit. Â»

ÉphĂ©siens 4:11-12

« C'est lui aussi qui a fait les uns apĂŽtres, d'autres prophĂštes, d'autres Ă©vangĂ©listes, d'autres pasteurs et docteurs, en vue du perfectionnement des saints, pour l'oeuvre du ministĂšre, pour l'Ă©dification du corps du Christ. Â»

Romains 12:6-8

« et nous avons des dons diffĂ©rents selon la grĂące qui nous a Ă©tĂ© donnĂ©e: soit de prophĂ©tie, selon la mesure de notre foi, soit de ministĂšre, pour nous contenir dans le ministĂšre ; celui-ci a reçu le don d'enseigner : qu'il enseigne ; celui-lĂ , le don d'exhorter: qu'il exhorte ; un autre distribue : qu'il s'en acquitte avec simplicitĂ© ; un autre prĂ©side : qu'il le fasse avec zĂšle ; un autre exerce les oeuvres de misĂ©ricorde : qu'il s'y livre avec joie. Â»

Dans chacune de ces rĂ©fĂ©rences il est clairement dit que ces dons sont pour l’édification de l’Église. Treize dons sont mentionnĂ©s dans ces trois listes (les paroles de sagesse, les paroles de connaissance, le pastorat, le ministĂšre d’évangĂ©liste, le don de commandement, l’apostolat, la foi, le don des guĂ©risons, le don des miracles, la prophĂ©tie, le discernement des esprits, la diversitĂ© des langues, l’interprĂ©tation des langues).

Il n’y a pas de "standard" uniformĂ©ment acceptĂ© clĂŽturant cette liste. Saint Paul fut au courant de la puissance de l’Esprit se manifestant de ces maniĂšres et enseigna l’Église de l’existence de ces dons, leur rĂŽle et leur importance. Cela doit se diffĂ©rencier des talents qui sont accordĂ©s Ă  tout enfant de Dieu et qui sont pour tous ceux qui croient en JĂ©sus Christ – Les dons de l’Esprit Saint pour la puissance et les talents nĂ©cessaires pour faire le travail de Christ dans le monde.

Dons de l'Esprit dans l'Église

Les dons de l'Esprit ou dons spirituels sont encore appelĂ©s « charismes Â» [19].

Dans le catĂ©chisme de l'Église catholique (n° 1830 Ă  1845, pp. 387 et 388), les dons de l'Esprit sont reformulĂ©s en sept dons (six sont mentionnĂ©s dans IsaĂŻe 11, 2) :

Saint Bonaventure identifiait Ă©galement sept dons[20].

Par ailleurs, le parler en langues, et l'interprétation des langues sont pratiqués par les églises pentecÎtistes et protestantes charismatiques. Ils ne figurent pas en tant que tels dans les dons tels qu'exprimés dans le catéchisme catholique, mais sont reconnus dans les mouvements catholiques du Renouveau charismatique. Le parler en langues est appelé glossolalie.

Article dĂ©taillĂ© : Glossolalie.

Selon Saint Paul, l' interprĂ©tation des langues est nĂ©cessaire :

« Je dĂ©sire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophĂ©tisiez. Celui qui prophĂ©tise est plus grand que celui qui parle en langues, Ă  moins que ce dernier n'interprĂšte, pour que l'Église en reçoive de l'Ă©dification (1Co 14. 5). Â»
« C'est pourquoi, que celui qui parle en langue prie pour avoir le don d'interprĂ©ter (1Co 14. 13). Â»

Les douze "qualités" du Fruit de l'Esprit-Saint

Le Fruit de l'Esprit (et non pas "les fruits de l'Esprit") regroupe neuf perfections (ou qualités) que forme en nous le Saint-Esprit comme des prémices de la gloire éternelle[21].

Selon l'Ă©pĂźtre aux Galates (et selon les traductions):

« Mais le fruit de l'Esprit est charitĂ© (ou amour), joie, paix, longanimitĂ© (ou patience), serviabilitĂ© (ou bienveillance), bontĂ©, douceur, maĂźtrise de soi, fidĂ©litĂ© (ou foi) : contre de telles choses, il n'y a pas de loi. Â»[22] (nota : en fonction des traductions bibliques, les mots : charitĂ© sont remplacĂ©s par amour, longanimitĂ© par patience, serviabilitĂ© ou bĂ©nignitĂ© par bienveillance, fidĂ©litĂ© par foi)

Le nombre des qualitĂ©s du Fruit de l'Esprit Saint est, comme pour les sept dons, symbolique de perfection et de plĂ©nitude, puisqu'il y en a neuf :

  1. L' amour
  2. La joie
  3. La paix
  4. La patience
  5. La bienveillance
  6. La bonté
  7. La douceur
  8. La maĂźtrise de soi
  9. La fidélité (ou la foi)

Nota : La modestie, la continence, la chastetĂ© ne sont pas des qualitĂ©s contenues dans Galates 5:22-23.

Aspects théologiques

Dans la thĂ©ologie chrĂ©tienne, l'Ă©tude et la cĂ©lĂ©bration de l'Esprit Saint s'appellent la pneumatologie (du grec « pneuma Â», esprit).

L'Esprit Saint dans la Trinité

« au nom du PĂšre, du Fils, et du Saint-Esprit Â» [23]

Le baptĂȘme chrĂ©tien se fait au nom du PĂšre, du Fils, et du Saint-Esprit, et non pas aux noms, ce qui rĂ©vĂšle le caractĂšre d'unicitĂ© du Dieu trinitaire. Le signe de croix symbolise les trois Personnes de la TrinitĂ©.

Le PÚre et le Fils sont révélés par l'Esprit [24]

Avant sa Pùque, Jésus annonce l'envoi d'un autre Paraclet (Défenseur), l'Esprit Saint. A l'oeuvre depuis la création[25], ayant jadis parlé par les prophÚtes, Il sera maintenant auprÚs des disciples et en eux[26], pour les enseigner et les conduire vers la vérité tout entiÚre[27]. L'Esprit Saint est ainsi révélé comme une autre personne divine par rapport à Jésus[28].

La confession de foi apostolique concernant l'Esprit a été formulée lors du deuxiÚme concile de Constantinople en 381[29].

La Sainte Trinité dans la doctrine de la foi

Le mystĂšre de la Sainte TrinitĂ©, tel qu'il est compris par l'Église catholique romaine, est bien formulĂ© par cette citation du thĂ©ologien catholique RenĂ© Laurentin :

« De toute Ă©ternitĂ©, le PĂšre, Principe Ă©ternel de toute unitĂ©, donne naissance Ă  un Fils qui est son expression parfaite. Le PĂšre lui donne tout ce qu’il est. Le Fils, en retour, lui rend tout ce qu’il est dans une Ă©ternelle reconnaissance. L’Amour mutuel du PĂšre et du Fils qui fait leur unitĂ© est une troisiĂšme Personne, l’Esprit Saint. (
) L’Esprit Saint est l’Amour du PĂšre et du Fils. L’unitĂ© absolue des trois Personnes s’achĂšve dans l’Amour suprĂȘme : l’Esprit Saint, en qui s’accomplit la totale rĂ©ciprocitĂ©. (
) La vie divine des trois Personnes est non seulement communion et communication, mais unitĂ© d’ĂȘtre et d’action. Leur distinction n’est pas diffĂ©rence, mais relation, corrĂ©lation, selon un ordre interne que reflĂšte la CrĂ©ation. Â» [30]

L'Esprit Saint révélateur et relais du Christ

« L’Esprit Saint n’est pas seulement « l’exĂ©gĂšte Â» du Christ (comme le dit le cardinal Urs Von Balthasar) : l’interprĂšte qui le rĂ©vĂšle. Il est en quelque maniĂšre sa revanche sur le monde oĂč Dieu fait homme n’a pas fait brillante carriĂšre. Sa vie a Ă©tĂ© humainement un Ă©chec. Il est mort ignominieusement, condamnĂ©, brocardĂ©, abandonnĂ©. Mais il le savait, il l’avait annoncĂ© selon les Écritures (Is 53 ; Ps 22, 1, 7-9, 12, 19, 20-22). Il l’assumait. Sa part Ă©tait de partage le malheur des hommes et de donner ainsi la preuve du « plus grand amour Â» (Jn 15, 13).

C’est de ces racines profondes qu’a surgi l’Église. Mais c’est l’Esprit Saint qui l’a fait naĂźtre, Ă  la PentecĂŽte. Le Verbe IncarnĂ© a Ă©tĂ© jugĂ© et condamnĂ© par le monde. L’Esprit Saint, envoyĂ©, a dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  juger et condamner le monde, de l’intĂ©rieur, par la vie mĂȘme qu’il y suscite (Jn 16, 7-12). Â» RenĂ© Laurentin, L’Esprit Saint cet Inconnu, Ă©d. Fayard, 1998.

L'Esprit Saint et l'homme

« L'Esprit est en nous le signe certain de la crĂ©ation nouvelle qui, tout inachevĂ©e qu'elle soit, a dĂ©jĂ  commencĂ© (cf. Ga 6, 15). ActualitĂ© du Christ crucifiĂ©, il est aussi en mĂȘme temps actualitĂ© du Christ ressuscitĂ©. Non pas rĂ©alitĂ© de notre propre rĂ©surrection, mais garantie qu'elle aura lieu. Plus encore, possibilitĂ© de considĂ©rer que nous sommes morts avec le Christ, et vivants pour Dieu en lui (Rm 6,11) ; possibilitĂ© et permission de vivre, aujourd'hui, avec une entiĂšre assurance (Rm 8,18 ss). Â» B. Gillieron, Le Saint-Esprit, ActualitĂ© du Christ, GenĂšve, Ă©d. Labor et Fides, 1978.

L'Esprit Saint dans la vie chrétienne

Dans la priÚre chrétienne

JĂ©sus rappelle le rĂŽle de l'Esprit Saint pour l'efficacitĂ© de la priĂšre :

« Si donc vous, qui ĂȘtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses Ă  vos enfants, combien plus le PĂšre du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint Ă  ceux qui l'en prient ! Â» (Lc 11, 13)

Saint Paul rappelle la nĂ©cessitĂ© de la priĂšre :

« C'est pourquoi celui qui parle en langues doit prier pour pouvoir interprĂ©ter. Car si je prie en langue, mon esprit est en priĂšre, mais mon intelligence n'en retire aucun fruit. Que faire donc ? Je prierai avec l'esprit, mais je prierai aussi avec l'intelligence. Je dirai un hymne avec l'esprit, mais je le dirai aussi avec l'intelligence. Â» (1Co 14, 13-15)
« Pareillement l'Esprit vient au secours de notre faiblesse ; car nous ne savons que demander pour prier comme il faut ; mais l'Esprit lui-mĂȘme intercĂšde pour nous en des gĂ©missements ineffables, et Celui qui sonde les cƓurs sait quel est le dĂ©sir de l'Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu. Â» (1Ro 8, 26)

Le catĂ©chisme de l'Église catholique prĂ©cise :

« L'Esprit Saint, dont l'onction imprĂšgne tout notre ĂȘtre, est le MaĂźtre intĂ©rieur de la priĂšre chrĂ©tienne et l'artisan de la tradition vivante de la priĂšre[31].

Les priĂšres orthodoxes commencent toujours par une priĂšre initiale Ă  l'Esprit Saint, afin que conformĂ©ment Ă  la parole de Saint Paul citĂ©e ci-dessus, ce soit l'Esprit Saint lui-mĂȘme qui vienne nous communiquer l'Ă©tat de la priĂšre et prier en nous, Ă  travers nous :

"Roi Céleste, Consolateur, Esprit de vérité,
Toi qui es partout présent et remplissant tout,
Trésor de grùce et donateur de vie,
Viens et fais ta demeure en nous,
Purifie-nous de toute souillure
Et sauve nos Ăąmes, Toi qui es BontĂ© !"

Dans les sacrements

Le BaptĂȘme

L'Esprit Saint est prĂ©sent dans le BaptĂȘme. DĂšs la PentecĂŽte, Pierre dĂ©clare Ă  la foule :

« Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de JĂ©sus-Christ pour obtenir le pardon de ses pĂ©chĂ©s. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. Â» (Ac 2, 38)

Par l'Esprit Saint, le BaptĂȘme est un bain qui purifie, sanctifie et justifie (1 Co 6, 11 ; 12, 13)[32].

Depuis le jour de la PentecĂŽte, « les apĂŽtres, pour accomplir la volontĂ© du Christ, communiquĂšrent aux nĂ©ophytes, par l'imposition des mains, le don de l'Esprit qui porte Ă  son achĂšvement la grĂące du BaptĂȘme[33]. C'est pourquoi dans l'ÉpĂźtre aux HĂ©breux prend place, parmi les Ă©lĂ©ments de la premiĂšre instruction chrĂ©tienne, la doctrine sur les BaptĂȘmes et aussi sur l'imposition des mains[34].

La Confirmation

L'imposition des mains est Ă  bon droit reconnue par la tradition catholique comme l'origine du sacrement de Confirmation qui perpĂ©tue, en quelque sorte, dans l'Église, la grĂące de la PentecĂŽte Â»[35].

TrĂšs tĂŽt, pour mieux signifier le don du Saint-Esprit, s'est ajoutĂ©e Ă  l'imposition des mains une onction d'huile parfumĂ©e (chrĂȘme).

Article dĂ©taillĂ© : Onction.

Cette onction illustre le nom de « chrĂ©tien Â» qui signifie « oint Â» et qui tire son origine de celui du Christ Lui-mĂȘme, Lui que Dieu a oint de l'Esprit Saint (Ac 10, 38). Ce rite d'onction existe jusqu'Ă  nos jours, tant en Orient qu'en Occident.

En Orient, on appelle ce sacrement chrismation, onction de chrĂȘme, ou myron, ce qui signifie chrĂȘme. En Occident le nom de Confirmation suggĂšre Ă  la fois la ratification du BaptĂȘme, qui complĂšte l'initiation chrĂ©tienne, et l'affermissement de la grĂące baptismale, tous fruits du Saint-Esprit[36].

Chez les catholiques, la Confirmation est nĂ©cessaire Ă  l'accomplissement de la grĂące baptismale : par le Sacrement de Confirmation, le lien des baptisĂ©s avec l'Église est rendu plus parfait, ils sont enrichis d'une force spĂ©ciale de l'Esprit Saint et obligĂ©s ainsi plus strictement Ă  rĂ©pandre et Ă  dĂ©fendre la foi par la parole et par l'action en vrais tĂ©moins du Christ[37].

L'Eucharistie

Pendant la CĂšne, JĂ©sus institue l'Eucharistie. Selon la tradition catholique, Il annonce plusieurs fois la venue du Paraclet (Jn 14, 15-17 ; 16, 7). Le Christ est prĂ©sent dans l'eucharistie par la puissance de sa Parole et de l'Esprit Saint[38]. Il est prĂ©sent de multiples maniĂšres « LĂ  oĂč deux ou trois sont assemblĂ©s en mon nom Â» (Mt 18, 20), dans les pauvres, les malades, les prisonniers (Mt 25, 31-46), dans les sacrements.

Le Christ est prĂ©sent au plus haut point sous les espĂšces eucharistiques. C'est par la conversion du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ que le Christ devient prĂ©sent en ce sacrement. Les PĂšres de l'Église ont fermement affirmĂ© la foi de l'Église en l'efficacitĂ© de la Parole du Christ et de l'action de l'Esprit Saint pour opĂ©rer cette conversion.

L'appel de l'Esprit Saint se fait par deux Ă©piclĂšses :

« Que ce mĂȘme Esprit, nous t'en prions, Seigneur, sanctifie ces offrandes : qu'elles deviennent ainsi le corps et le sang de ton Fils dans la cĂ©lĂ©bration de ce grand mystĂšre. Â» (PE IV.)
  • La seconde Ă©piclĂšse appelle l'Esprit Saint sur le peuple :
« Humblement, nous te demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblĂ©s par l’Esprit Saint en un seul corps. Â» (PE II.)
Article dĂ©taillĂ© : ÉpiclĂšse (liturgie).

Le sacrement de pénitence et de réconciliation

La rĂ©conciliation est explicitement un sacrement dans le catholicisme, dans les Églises orthodoxes, et dans l'Église anglicane. C'est un prĂȘtre qui est habilitĂ© Ă  administrer ce sacrement.

L'Esprit Saint est mentionnĂ© par JĂ©sus dans la rĂ©mission des pĂ©chĂ©s :

« Recevez le Saint-Esprit. Ceux Ă  qui vous remettrez les pĂ©chĂ©s, ils leur seront remis ; ceux Ă  qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Â» (Évangile selon Jean 20, 22-23).

Dans la formule d'absolution, le prĂȘtre pardonne les pĂ©chĂ©s au nom du PĂšre, et du Fils, et du Saint-Esprit

Le prĂȘtre qui accorde le sacrement doit ĂȘtre ordonnĂ©.

L'onction des malades

Ce sacrement produit un don particulier de l'Esprit Saint : la grĂące premiĂšre est une grĂące de rĂ©confort, de paix et de courage pour vaincre les difficultĂ©s propres Ă  l'Ă©tat de maladie grave ou Ă  la fragilitĂ© de la vieillesse[40].

Le sacrement de mariage

L'Esprit Saint est Ă©galement prĂ©sent dans le sacrement de mariage : il en est l'acteur premier[41].

L'Esprit Saint dans l'art

En peinture

L'Esprit Saint est souvent représenté comme une colombe, du fait que l'Esprit Saint est descendu sur Jésus sous la forme d'une colombe quand il a été baptisé dans le Jourdain.

Dans beaucoup de peintures de l'Annonciation, l'Esprit Saint est représenté sous la forme d'une colombe, qui représente l'annonce de la conception de Jésus à la Vierge Marie par l'ange Gabriel.

La colombe est aussi à mettre en rapport avec celle qui apporta une branche d'olivier à Noé aprÚs le Déluge, et les traditions rabbiniques selon lesquelles les colombes au-dessus de l'eau signifient la présence de Dieu.

Les Actes des ApĂŽtres dĂ©crivent l'Esprit Saint descendant sur les ApĂŽtres Ă  la PentecĂŽte sous la forme d'un souffle et d'une langue de feu qui se pose sur les tĂȘtes des ApĂŽtres. En fonction de ce rĂ©cit, l'Esprit Saint est quelquefois symbolisĂ© par une langue de feu.

En musique

Premier couplet du Veni Creator Spiritus

L'hymne Veni Creator Spiritus est chanté à la PentecÎte. Il comporte sept strophes qui symbolisent les sept dons traditionnels de l'Esprit Saint (sagesse, discernement, conseil, savoir, force d'ùme, piété et crainte (respect) du Seigneur.

Il est attribuĂ© Ă  Rabanus Maurus (776-856). Cet hymne est chantĂ© aux VĂȘpres, Ă  la PentecĂŽte, Ă  la dĂ©dicace d'une Ă©glise, Ă  la Confirmation, et Ă  l'ordination sacerdotale, et Ă  chaque fois que l'Esprit Saint est solennellement invoquĂ©. Une indulgence partielle est accordĂ©e au fidĂšle qui le rĂ©cite. Une indulgence plĂ©niĂšre est accordĂ©e s'il est rĂ©citĂ© le 1er janvier ou Ă  la fĂȘte de la PentecĂŽte.

L'Esprit Saint et les autres religions ou spiritualités

Le Paraclet et l'islam

Dans l'islam le Saint Esprit n'est autre que l'ange Gabriel comme le montre le verset suivant :

RĂ©ponds-leur : «C’est le Saint-Esprit JibrĂźl qui l’a transmis de la part de ton Seigneur en toute vĂ©ritĂ©, pour conforter la foi de ceux qui croient, et comme guide et bonne nouvelle pour les musulmans.» (Sourate 16, verset 102)

L'Esprit Saint et le bouddhisme

Selon certains auteurs, comme Soho Machida de Princeton University ou Thich Nhat Hanh, des similaritĂ©s peuvent ĂȘtre trouvĂ©es entre le Saint-Esprit et le Dharma des bouddhistes[42],[43],[44].

L'Esprit Saint et les Zoroastriens

Ahura Mazda (Seigneur Sage), dieu suprĂȘme et unique, crĂ©e l'univers comme une zone d'assainissement pour sa progĂ©niture malĂ©fique : Angra Mainyu (Esprit Mauvais) qui agit Ă  travers la matiĂšre et les tĂ©nĂšbres qu'elle permet. GrĂące Ă  l'enseignement qu'il dĂ©livre au prophĂšte Zoroastre et Ă  ses trois successeurs, Ahura Mazda donne la possibilitĂ© aux ĂȘtres humains de lui rĂ©sister par la bonne parole, la bonne pensĂ©e et la bonne action qui sont les trois armes de sa progĂ©niture bienveillante : Spenta Mainyu (Esprit Saint). Spenta Mainyu et Angra Mainyu sont de forces Ă©gales au moment de la crĂ©ation, Ahura Mazda n'intervient pas dans leur combat, il pourrait Ă©liminer l'Esprit Mauvais mais il souhaite l'Ă©duquer en lui opposant les qualitĂ©s de son "jumeau". Le temps de l'univers est divisĂ© en trois pĂ©riodes Ă©gales, l'Esprit Saint rĂšgne sur la premiĂšre, l'Esprit Mauvais sur la deuxiĂšme, ces deux pĂ©riodes leur permettant de se fortifier l'un et l'autre sans ĂȘtre perturbĂ© par l'adversaire en vue d'un combat Ă©quitable pendant toute la troisiĂšme pĂ©riode. Spenta Mainyu est assimilĂ© Ă  Ahura Mazda car il procĂšde totalement de lui, il est dĂ©crit comme l' "esprit obĂ©issant" alors qu' Angra Mainyu est l' "esprit dĂ©sobĂ©issant", c'est pourquoi des ambiguĂŻtĂ©s ont pris forme dans le zoroastrisme sur la nature de cet esprit qui affronte le Mal. Zoroastre annonce qu'une partie de l'Esprit Saint prendra corps dans le troisiĂšme successeur qu'une vierge enfantera afin que celui-ci apporte la victoire du Bien et sauve le monde corporel en montrant comment vaincre l'Esprit Mauvais (appelĂ© la "Druje des hommes").

Chez les TĂ©moins de JĂ©hovah

Pour les TĂ©moins de JĂ©hovah, l'esprit saint dĂ©signe la force agissante ou force active de Dieu. Ils soutiennent que la personnification de l'esprit saint dans quelques passages de la Bible ne signifie pas qu'il s'agisse d'une personne (ils rejettent la doctrine de la TrinitĂ©). Ils font remarquer que cela se produit Ă©galement en rapport avec des termes tels que la sagesse (Proverbes 1:20-33 ; 8:1-36 ; Matthieu 11:19 ; Luc 7:35), le pĂ©chĂ© (Romains 5:14, 17, 21 ; 6:12 ; 7:8-11) et la mort, l'eau et le sang, de maniĂšre allĂ©gorique[45]. De plus, ils dĂ©clarent que l’esprit saint n’est pas identifiĂ© comme le serait une personne, car dans un grand nombre de cas, l’expression esprit saint est dĂ©pourvue d’article dans l’original grec (par exemple en Actes 6:3, 5 ; 7:55 ; 8:15, 17, 19 ; 9:17). Le fait que l'esprit saint soit mentionnĂ© de façon impersonnelle Ă  de nombreuses reprises est selon eux employĂ© pour affirmer qu'il ne peut pas s'agir d'une personne.

Ils considĂšrent que les mots « dans le ciel : le PĂšre, le Verbe et l’Esprit ; et ces trois sont un Â» qu’on trouve dans certaines versions anciennes en 1 Jean 5:7 constituent une addition apocryphe au texte original[46], et ce passage ne figure pas dans leur version de la Bible, la Traduction du Monde Nouveau des Saintes Écritures. Les TĂ©moins de JĂ©hovah estiment que le fait d'ĂȘtre baptisĂ©s au nom de l'esprit saint selon Matthieu 28:19 signifie reconnaĂźtre que cet esprit provient de Dieu et qu’il joue son rĂŽle selon la volontĂ© divine[47]. Sur ce point, ils adhĂšrent Ă  l'enseignement d'A. Robertson[48] selon qui l'« emploi du terme 'nom' (onoma) [en Matthieu 28:19], courant dans la Septante et dans les papyrus, dĂ©signe la force ou l’autoritĂ© Â».

Selon le mouvement religieux, l'esprit saint de Dieu a eu ou a diffĂ©rents rĂŽles[49] :

  • Il a Ă©tĂ© utilisĂ© dans la crĂ©ation et est Ă  l’origine de la vie animĂ©e et des facultĂ©s procrĂ©atrices ;
  • Aux temps bibliques, il a Ă©tĂ© employĂ© par JĂ©hovah en faveur des humains qui font sa volontĂ© : il a Ă©clairĂ© et fait comprendre les prophĂ©ties bibliques, a fait inspirer les Saintes Écritures, a donnĂ© du courage pour accomplir la volontĂ© divine, a dotĂ© les humains de certaines qualitĂ©s, a permis de prophĂ©tiser et de faire des miracles ;
  • Il juge et exĂ©cute les jugements de Dieu ;
  • Il est un 'assistant' pour la congrĂ©gation chrĂ©tienne, donnant la bonne comprĂ©hension biblique, accordant des 'dons de l’esprit' miraculeux permettant au Ier siĂšcle de parler en langues Ă©trangĂšres, de prophĂ©tiser, de guĂ©rir et d’accomplir d’autres Ɠuvres. Il produit Ă©galement des fruits ou qualitĂ©s chez ceux qui laissent l'esprit saint guider leur vie.
  • Il engendre l'espĂ©rance cĂ©leste pour les fidĂšles qui en reçoivent le tĂ©moignage, attestant que Dieu les a ‘engendrĂ©s’ pour ĂȘtre ses fils spirituels (2 Corinthiens 1:21,22 ; 5:1,5 ; ÉphĂ©siens 1:13,14 ; Jean 3:5-8 ; Romains 8:14-17,23 ; HĂ©breux 6:4, 5).

Les TĂ©moins de JĂ©hovah considĂšrent l’esprit saint comme « le don gratuit Â» de Dieu qu’il accorde volontiers Ă  qui le recherche et le demande sincĂšrement. Toutefois, il ne faut pas « attrister Â» selon ÉphĂ©siens 4:30 cet esprit en le repoussant[50], par exemple en rejetant et en n’appliquant pas la Bible telle que le mouvement religieux la comprend. L’opposition dĂ©libĂ©rĂ©e et la rĂ©bellion (en particulier l'apostasie) Ă©quivalent Ă  un blasphĂšme contre l’esprit, qui constitue un « pĂ©chĂ© impardonnable Â» (HĂ©breux 10:26-31).

Dans l'Église de JĂ©sus-Christ des saints des derniers jours

Pour les saints des derniers jours, le Saint-Esprit est le troisiĂšme membre de la DivinitĂ© (1 Jean 5:7 ; Doctrine et Alliances 20:28). C'est un personnage d'esprit, il n'a pas de corps de chair et d'os (D&A 130:22). Le Saint-Esprit est souvent appelĂ© aussi Esprit ou Esprit de Dieu. Le Saint-Esprit accomplit plusieurs rĂŽles d'importance capitale dans le plan de salut.

(1) Il tĂ©moigne du PĂšre et du Fils (1 Co 12:3 ; 3 NĂ©phi 28:11 ; Éther 12:41).

(2) Il rĂ©vĂšle la vĂ©ritĂ© de toutes choses (Jean 14:26 ; 16:13 ; Moroni 10:5 ; D&A 39:6).

(3) Il sanctifie ceux qui se sont repentis et se font baptiser (Jean 3:5 ; 3 NĂ©phi 27:20 ; MoĂŻse 6:64–68).

(4) Il est le Saint-Esprit de promesse (D&A 76:50–53 ; 132:7, 18–19, 26).

Le don du Saint-Esprit

Tout membre de l'Église, baptisĂ© et digne, a le droit d'avoir l'influence constante du Saint-Esprit. AprĂšs son baptĂȘme, il reçoit le don du Saint-Esprit par l'imposition des mains de quelqu'un qui dĂ©tient la prĂȘtrise, autoritĂ© appropriĂ©e (Actes 8:12–25). Le fait de recevoir le don du Saint-Esprit est souvent qualifiĂ© de baptĂȘme de feu (Matthieu 3:11). Il est commandĂ© aux hommes de se repentir, d'ĂȘtre baptisĂ©s et de recevoir le don du Saint-Esprit (Ac 2:38). Le Saint-Esprit se donne par l'imposition des mains (Ac 19:2–6).

Les dons de l'Esprit

Bénédictions spirituelles particuliÚres accordées par Dieu à des personnes dignes pour leur profit et pour qu'elles en usent pour le bien des autres. Les saints des derniers jours croient au don des langues, de prophétie, de révélation, de vision, de guérison, d'interprétation des langues, etc. (articles de foi)


Dans le Rastafarisme

Comme mouvement qui s'est dĂ©veloppĂ© hors du christianisme, le mouvement rastafari a sa propre interprĂ©tation unique de la Sainte TrinitĂ© et de l'Esprit Saint. Bien qu'il y ait plusieurs lĂ©gĂšres variations, ils dĂ©clarent gĂ©nĂ©ralement que c'est Haile Selassie Ier qui incarne Dieu le PĂšre et Dieu le Fils, tandis que l'Esprit Saint doit ĂȘtre trouvĂ© chez des croyants rastafariens et dans chaque ĂȘtre humain. Rastas indiquent Ă©galement que l'Église vraie est le corps humain, et que c'est cette Église (ou "structure") qui contient l'Esprit Saint.

Dans le spiritisme

DĂšs le dĂ©but de son existence, le mouvement spirite prĂ©tend s'appuyer sur un enseignement transmis par divers Esprits, dont l'Esprit de VĂ©ritĂ© mentionnĂ© dans les Évangiles. Allan Kardec et ses successeurs ont prĂ©sentĂ© leur doctrine comme Ă©tant l'accomplissement de la promesse du Christ d'envoyer un consolateur : l'Esprit de VĂ©ritĂ© appelĂ© aussi l'Esprit Saint[51].

Citations

« Le CatĂ©chisme de l'Église catholique, que j'ai approuvĂ© le 25 juin dernier et dont aujourd'hui j'approuve la publication en vertu de l'autoritĂ© apostolique, est un exposĂ© de la foi de l'Église et de la doctrine catholique, attestĂ©es ou Ă©clairĂ©es par l'Écriture Sainte, la Tradition apostolique, et le MagistĂšre ecclĂ©siastique. Je le reconnais comme un instrument valable et autorisĂ© au service de la communion ecclĂ©siale et comme une norme sĂ»re pour l'enseignement de la foi. Puisse-t-il servir au renouveau auquel l'Esprit Saint appelle sans cesse l'Église de Dieu, Corps du Christ, en pĂšlerinage vers la lumiĂšre sans ombre du Royaume ! Â»

Jean-Paul II, le 11 octobre 1992, trentiĂšme anniversaire du deuxiĂšme concile du Vatican.

« Le but de la vie chrĂ©tienne est l'accueil de l'Esprit Saint en nous. Â»

Saint SĂ©raphin de Sarov

« Je suis devenu vĂ©ritablement moine le jour oĂč j’ai dĂ©couvert que ce n’est pas moi qui prie, mais Dieu qui prie en moi. Prier, c’est entrer dans la priĂšre que Dieu fait continuellement en moi. L’Esprit Saint vient en moi adresser la priĂšre du Christ Ă  son PĂšre. Or l’Esprit, c’est le souffle de Dieu. La priĂšre, c’est donc Dieu qui vient respirer, afin que je respire de sa propre respiration. Prier c’est respirer Dieu. Â»

Dom Denis Huerre, Ordre de saint BenoĂźt

Notes et références

  1. ↑ Voir par exemple 2Co 13, 13
  2. ↑ Dei Verbum 8
  3. ↑ Fides et ratio, numĂ©ro 7, JĂ©sus rĂ©vĂšle le PĂšre
  4. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, pages 36 Ă  38, numĂ©ros 109 Ă  119.
  5. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique n° 110, et Dei Verbum 12, §1
  6. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, n° 111, et Dei Verbum 12, §2
  7. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ros 115 Ă  119.
  8. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ros 702 Ă  716, pages 156 Ă  159.
  9. ↑ Autres passages du Nouveau Testament en rapport : Mc 3:28–29 ; Luc 12:10 ; HĂ© 6:4–8.
  10. ↑ On consultera notamment cette page Paroisse Saint Germain l'Auxerrois.
  11. ↑ Daniel Marguerat, Le Dieu des premiers chrĂ©tiens, GenĂšve, Ă©d. Labor et Fides, 1990, p.195-211.
  12. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, pages 50-51.
  13. ↑ Symbole de NicĂ©e-Constantinople
  14. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, page 152, n° 687).
  15. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, pages 152-153, n° 688.
  16. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique', n° 733, 735, 736.
  17. ↑ Somme thĂ©ologique, Prima Secundae, question 68 (dons) et 70 (fruits)
  18. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique numĂ©ro 1831
  19. ↑ La Bible de JĂ©rusalem, 1Co, titre du chapitre 12.
  20. ↑ Les sept dons du Saint-Esprit, Bonaventure
  21. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, § 1832, page 387
  22. ↑ Ga (5, 22-23)
  23. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ros 232 Ă  237.
  24. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ros 243 Ă  248.
  25. ↑ Gn 1,2
  26. ↑ Jn 14, 17
  27. ↑ Jn 16, 13
  28. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ro 243
  29. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ros 245 Ă  248, pour plus de dĂ©tails.
  30. ↑ RenĂ© Laurentin, L’Esprit Saint cet Inconnu, Ă©d. Fayard, 1998.[rĂ©f. incomplĂšte]
  31. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ro 2672.
  32. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ros 1226 et 1227
  33. ↑ Ac 8, 15-17
  34. ↑ He 6, 2
  35. ↑ Paul VI, constitution apostolique Diviné consortium naturé
  36. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ros 1288 et 1289
  37. ↑ Lumen Gentium 11
  38. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ros 1373 Ă  1381
  39. ↑ Esprit & Vie. Philippe Rouillard. L'Ă©piclĂšse dans la PriĂšre eucharistique
  40. ↑ CatĂ©chisme de l'Église catholique, numĂ©ro 1520
  41. ↑ L'Esprit saint est l'acteur premier du sacrement du mariage, sur le site de l'Eucharistie MisĂ©ricordieuse
  42. ↑ (en) Experiments in interreligious hermeneutics
  43. ↑ Living Buddha, Living, Christ, Thich Nhat Hanh, Riverhead Trade, 1997
  44. ↑ Bouddhisme et Christianisme, par Thich Nhat Hanh [1]
  45. ↑ Comment raisonner à partir des Écritures, 1985, p. 136
  46. ↑ La Bible de JĂ©rusalem prĂ©cise dans une note que ces mots sont absents « des mss [manuscrits] grecs anciens, des vieilles versions et des meilleurs mss de la Vulg[ate] Â»
  47. ↑ Adorez le seul vrai Dieu, 2002, pp. 114-5
  48. ↑ Word Pictures in the New Testament, 1930, vol. I, p. 245
  49. ↑ Étude perspicace des Écritures vol. 1, pp. 804-7
  50. ↑ "Questions des lecteurs", La Tour de garde, 15 mai 2004, pp. 29-30
  51. ↑ "Le spiritisme vient au temps marquĂ© accomplir la promesse du Christ : l'Esprit de VĂ©ritĂ© prĂ©side Ă  son Ă©tablissement ; il rappelle les hommes Ă  l'observance de la loi ; il enseigne toutes choses en faisant comprendre ce que le Christ n'a dit qu'en paraboles". Allan Kardec, L'Évangile selon le spiritisme, chapitre 6, paragraphe 4.


Les citations de la Bible proviennent de la traduction du chanoine Augustin Crampon (édition numérique bible.catholique.org de Richard Bourret), de la Bible de Jérusalem ou de celle de Louis Segond.

Annexes

Bibliographie

Pour aller plus loin : Ă©ditions du Cerf

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