Saint

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Saint
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Les saints sont des hommes, des femmes ou des anges distingués dans les diverses traditions religieuses par leur relation particuliÚre avec le divin et leur élévation spirituelle.

L'impact d'un saint dĂ©passe souvent l'espace de sa religion propre, quand son rayonnement moral apparaĂźt comme universel : c'est le cas, par exemple, de Gandhi guide spirituel de l'Inde ou François d'Assise grand saint catholique, ainsi que, jusqu'Ă  un certain point, de tous les fondateurs de grandes religions.

La plupart des religions de l'Inde ont volontiers des tendances syncrétistes.

Ce n'est pas le cas des trois monothĂ©ismes « occidentaux Â» au sens large (judaĂŻsme, christianisme, islam), oĂč la saintetĂ© se conçoit dans le cadre d'une appartenance communautaire ou sacramentelle.

Le sunnisme et le protestantisme refusent la notion de saint c'est-Ă -dire de culte ou de dulie portĂ©s Ă  des personnes humaines. Cela n'empĂȘche cependant pas des branches soufies hĂ©tĂ©rodoxes et chiites d'avoir dĂ©veloppĂ©, en marge de l'islam officiel et savant, un culte fervent autour des tombeaux des saints.

Sommaire

JudaĂŻsme

JudaĂŻsme antique

L'Ancien Testament utilise le terme hĂ©breu « qodesh Â» qui signifie initialement « sĂ©parĂ© Â» et par extension « pur Â» (exempt de fautes, de taches). Le mot grec hagios reprend ce sens dans les Ă©crits du Nouveau Testament[1].

« La saintetĂ© appartient Ă  Dieu Â», tel Ă©tait le message inscrit sur la plaque d'or que portait le grand prĂȘtre qui officiait dans le temple de Jerusalem. Toutes notions primaires de saintetĂ© se rattache Ă  Dieu, qui par son action peut rendre saint (en sĂ©parant, purifiant) l'homme, le peuple ou le lieu.

JudaĂŻsme talmudique

Domaine de définition du judaisme talmudique

Christianisme

L'usage de qualifier de "saintes" certaines personnalitĂ©s exemplaires n'a pas cours dans toutes les Églises chrĂ©tiennes. Le protestantisme n'admet pas cette coutume. Les saints chrĂ©tiens se rĂ©partissent en quatre catĂ©gories selon les modalitĂ©s, locales ou papales, de leur canonisation et selon les Églises qui les reconnaissent comme saints et leur consacrent un office liturgique :

  • CatĂ©gorie : Saint catholique et orthodoxe, canonisation par l'Ă©vĂȘque du lieu ou par la vox populi.
  • CatĂ©gorie : Saint catholique, canonisation par le pape de Rome.
  • CatĂ©gorie : Saint orthodoxe, canonisation par la vox populi confirmĂ© par le synode de l'Église locale.
  • CatĂ©gorie : Saint non chalcĂ©donien, canonisation par la vox populi et par les autoritĂ©s de l'Église locale.

Dans le christianisme catholique

Article dĂ©taillĂ© : Saint catholique.

De maniĂšre concise, la « saintetĂ© Â» s'exprime comme le dĂ©sir et la vocation de tout homme Ă  rejoindre le Christ dans un Ă©tat que l'on nomme « communion Â». C'est, selon l'Évangile, une action impossible Ă  l'ĂȘtre humain mais pas Ă  Dieu et qui se fait par la collaboration de l'ĂȘtre humain Ă  l'action divine dans le monde. Le « saint Â» est donc la personne qui parvient Ă  cette proximitĂ©.

GenĂšse dans le catholicisme

Tout au long de l’Ancien Testament, on retrouve, comme dans le judaĂŻsme, l’affirmation que seul Dieu est Saint. Cependant, par le baptĂȘme et l'adoption filiale qui s'ensuit, les chrĂ©tiens sont associĂ©s et appelĂ©s Ă  cette saintetĂ©, qui est une vocation universelle. L'apĂŽtre Paul parle des saints pour dĂ©signer les chrĂ©tiens vivant dans telle ou telle ville[2]. En ce sens, la saintetĂ© exprime l'Ă©tat de communion avec Dieu, dans l'Église, par le baptĂȘme.

Évolution et transformation du concept

Les saints au sens strict sont ceux qui, comme le « Bon Larron Â» Ă  qui le Christ dit : « Aujourd'hui, tu seras avec moi au Paradis Â», sont parvenus Ă  la bĂ©atitude Ă©ternelle, contemplent Dieu au Ciel et intercĂšdent pour les ĂȘtres humains ici-bas.

Parmi les dĂ©funts, Ă©taient rĂ©putĂ©s saints et vĂ©nĂ©rĂ©s comme tels les martyrs (mot grec signifiant « tĂ©moin Â») (leur « baptĂȘme sanglant Â» effaçait tout pĂ©chĂ©) et les apĂŽtres (choisis par le Christ). D'autres saints, comme certains ascĂštes, seront vĂ©nĂ©rĂ©s plus tard. Ainsi, dĂšs les premiers temps du christianisme, tous les fidĂšles sont appelĂ©s Ă  la saintetĂ© et peuvent ĂȘtre dignes de vĂ©nĂ©ration posthume, aussi bien hommes que femmes, les philosophes comme les simples d’esprit, quelle que soit leur condition sociale, esclave ou aristocrate (voir saint Druon, saint Gerlac ou encore BenoĂźt Joseph Labre au XVIIIe), ce qui est une nouveautĂ© radicale[3]. De plus, ce n’est pas, jusqu’à l’invention de la procĂ©dure de canonisation au XIIIe siĂšcle, la hiĂ©rarchie qui dĂ©cide de la saintetĂ©, mais la vox populi . Celle-ci se base sur la puretĂ© du saint, et la recherche d’un absolu Ă  travers la foi. Cette recherche d’absolu peut conduire jusqu’au martyre, jusqu’à mourir ou endurer des tortures pour ne pas abandonner sa foi ; le martyre est, jusqu’à notre Ă©poque, un moyen privilĂ©giĂ© d’accĂ©der Ă  la saintetĂ©.

Petit Ă  petit, la notion de saint s'est Ă©largie, et de nombreuses personnalitĂ©s locales dans l'Église primitive et parmi les populations nouvellement christianisĂ©es ont acquis la rĂ©putation de saintetĂ©. Aujourd'hui, la reconnaissance officielle du statut de saint passe par l'inscription dans le calendrier de l'Église appelĂ© « martyrologe Â».

RĂŽle des saints dans la foi catholique

Pour les catholiques, les saints forment « l'Église triomphante Â» et intercĂšdent auprĂšs de Dieu pour les hommes d'ici-bas (l'Église militante) et pour les dĂ©funts au Purgatoire (l'Église souffrante) : c'est la communion des saints. Tous ces saints, qui n'ont pas forcĂ©ment Ă©tĂ© officiellement reconnus ici-bas comme tels, sont fĂȘtĂ©s ensemble le jour de la Toussaint.

La fĂȘte de la Toussaint, cĂ©lĂ©brĂ©e le 1er novembre, signifie, chez les catholiques que, au-delĂ  du nombre restreint de personnes canonisĂ©es, c'est-Ă -dire dont on affirme sans ambigĂŒitĂ© la saintetĂ© et auxquels un culte peut ĂȘtre adressĂ©, de nombreux chrĂ©tiens, voire stricto sensu non chrĂ©tiens (par exemple Abraham, MoĂŻse, David, Job), ont atteint l'idĂ©al chrĂ©tien : la communion avec Dieu.

Les saints inscrits au martyrologe romain sont ceux pour lesquels l'Église catholique romaine dĂ©clare ĂȘtre sĂ»re qu'ils sont au Paradis. Ils font donc l'objet d'un culte public (Ă  l'instar de l'Église orthodoxe) dit culte de dulie (du grec ÎŽÎżáżŠÎ»ÎżÏ‚, le serviteur) lequel s'oppose au culte de lĂątrie (du grec Î»Î±Ï„ÏÎ”ÎŻÎ±, service dĂ» Ă  Dieu) qui n'est dĂ» qu'Ă  Dieu. Dans le cas de Marie, mĂšre de JĂ©sus, une exception est admise, qui se nomme hyperdulie et qui se manifeste dans les sites d'apparition.

Le culte de dulie revĂȘte deux formes, la vĂ©nĂ©ration et l'invocation. Cette derniĂšre est matĂ©rialisĂ©e par l'intercession.

Dans l'Église orthodoxe

Lors de chaque liturgie eucharistique, aussitĂŽt aprĂšs la consĂ©cration, le prĂȘtre Ă©lĂšve les saints dons consacrĂ©s vers l'assistance des fidĂšles et proclame ; « les saints dons sont pour les saints ! Â», et les fidĂšles ou les chantres protestent ; « Un seul est saint, un seul est Seigneur, JĂ©sus-Christ, Ă  la gloire de Dieu le PĂšre Â». La saintetĂ©, selon les orthodoxes, est une participation Ă  la vie du Christ et les saints sont appelĂ©s ainsi dans la seule mesure oĂč ils sont christophores, c’est-Ă -dire suffisamment humbles et obĂ©issants en la personne du Christ pour reprĂ©senter fidĂšlement son image et en ĂȘtre une icĂŽne.

L'Église orthodoxe ignore la notion de « bienheureux Â», le mot est Ă©quivalent de saint. Elle ignore aussi les procĂšs en canonisation ou le nombre minimum de miracles requis pour ĂȘtre proclamĂ© saint. Lorsque la vĂ©nĂ©ration de la mĂ©moire d'un dĂ©funt se rĂ©pand parmi les fidĂšles, le synode de l'Église concernĂ©e se rĂ©unit autour du primat (patriarche ou archevĂȘque) et Ă©tudie la question de la saintetĂ© de cette personne. Il arrive souvent que quelques icĂŽnes aient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© peintes Ă  sa mĂ©moire. La saintetĂ© de la personne en question est ensuite proclamĂ©e en mĂȘme temps qu'est dĂ©terminĂ© un (ou plusieurs) jour(s) de fĂȘte liturgique, et qu'est composĂ© un tropaire (hymne en l'honneur du nouveau saint) et un office complet. Le canon iconographique du saint s'Ă©labore ensuite petit Ă  petit.

Dans le calendrier orthodoxe, le jour consacré à la mémoire de tous les saints est le premier dimanche aprÚs la PentecÎte.

Dans le Protestantisme

Le se distingue du reste du christianisme notamment par son refus du culte des saints (et de leurs reliques). La Bible dĂ©clare sainte toute personne ayant acceptĂ© le sang de JĂ©sus versĂ© Ă  la croix comme nĂ©cessaire et suffisant pour effacer ses pĂ©chĂ©s, car tous sont pĂ©cheurs devant Dieu (cf. HĂ©breux 10.29 et Romains 3.10-18). Ce sens du mot saint comme synonyme de chrĂ©tien est le plus courant dans le protestantisme. Cette confession insiste sur l'affirmation du salut Ă  l'initiative de Dieu seul (sola gratia, sola fide, « seule la grĂące, seule la foi... Â»), ce qui implique que « Dieu seul connaĂźt ceux qui lui appartiennent Â». De ce fait, les protestants s'abstiennent de dĂ©clarer quiconque particuliĂšrement saint, d'autant que la conception de l'aprĂšs-vie est trĂšs variable non seulement selon les dĂ©nominations mais aussi selon les individus. Dans le protestantisme classique (luthĂ©rien ou rĂ©formĂ©e), on appelle couramment saints les personnages du Nouveau Testament, sans que cela donne lieu au moindre culte, car pour l'ensemble des protestants, le culte n'est dĂ» qu'Ă  Dieu seul (Soli Deo gloria, « Ă  Dieu seul la gloire Â»). Par tradition, plusieurs pays protestants ont conservĂ© comme patron le saint qui est rĂ©putĂ© avoir jouĂ© le plus grand rĂŽle dans leur Ă©vangĂ©lisation : sainte Brigitte en SuĂšde, saint Olav en NorvĂšge, etc.

Mormonisme

Selon la doctrine de l'Église de JĂ©sus-Christ des saints des derniers jours, ĂȘtre saint, dans l'Église primitive, signifiait avoir acceptĂ© de vivre l'Évangile enseignĂ© par JĂ©sus-Christ, de suivre son exemple et, par le baptĂȘme, ĂȘtre devenu membre de l'Église qu'il avait Ă©tablie.

Ses membres, surnommĂ©s mormons, sont appelĂ©s saints pour cette mĂȘme raison. Pour les distinguer des membres de l'Église originelle, ils sont appelĂ©s saints des derniers jours.

Aucun culte de saints, de reliques et de prophĂštes n'est pratiquĂ©. Être saint n'est pas synonyme de perfection ou ayant valeur de jugement venant de Dieu.

Islam

Sunnisme

Le sunnisme rĂ©prouve tout culte autre que celui adressĂ© Ă  Dieu. On parle d'associateurs pour dĂ©signer ceux qui lui associent des idoles, matĂ©rielles ou humaines, pour un pĂ©chĂ© nommĂ© shirk. Ainsi, le culte des « saints Â» est interdit dans le sunnisme. Pourtant, cela ne signifie pas ne pas reconnaĂźtre la saintetĂ© de certaines personnes, on emploie dans certains cas le titre honorifique d'hazrat, notamment pour dĂ©signer les prophĂštes. Le sunnisme ne connaĂźt pas de hiĂ©rarchie. Il n'y a donc pas de titre de saintetĂ©, Ă  proprement parler, dĂ©clarĂ© par une autoritĂ© du culte, mais plutĂŽt une reconnaissance par les croyants de la saintetĂ© d'un homme[4],[5].

Soufisme et chiisme

Cependant, certains pays d'Afrique, notamment au Maghreb, pratiquent parfois un « certain Â» culte des saints, nommĂ©s localement marabouts. Des formes de soufisme assez hĂ©tĂ©rodoxe, dont les tariqa sont rĂ©pandues dans l'ensemble des communautĂ©s musulmanes, connaĂźt aussi des « wali Â», terme toujours traduit par « saint Â» dans la littĂ©rature d'expression française, bien que le sens de « wali Â» soit souvent synonyme de « guide vers Dieu Â» ou de « maĂźtre Â». Le chiisme reconnaĂźt Ă©galement les saints et leur tombeau donne lieu Ă  des pĂšlerinages.

Hindouisme

Bouddhisme

Le terme de « saint Â» n'existe pas en bouddhisme. Ainsi, la dĂ©signation (relativement rĂ©cente) dans le bouddhisme tibĂ©tain du DalaĂŻ-lama comme « Sa SaintetĂ© Â», n'est qu'une accommodation au vocabulaire occidental (ce terme apparaissant sans doute plus sĂ©rieux pour un chef temporel que celui de « moine Â», « bhikshu du Bouddha Â», qu'adopte gĂ©nĂ©ralement Tenzin Gyatso dans ses Ă©crits).

Le terme adĂ©quat est « Ärya Â» (sanskrit) que l'on traduit souvent par « noble Â», qui dĂ©signe tout bouddhiste entrĂ© dans la voie. Ceux qui ont obtenu par leurs efforts une « rĂ©alisation Â» mĂ©taphysique appartiennent Ă  un des quatre types d'ĂȘtres nobles, selon le niveau qu'ils ont atteint et le nombre de liens qu'ils ont brisĂ© : sotapanna, sakadagamin, anagamin et arhat, ce dernier Ă©tant le seul qui ait « atteint Â» le nirvāna, l'Absolu. Dans ce cadre de rĂ©fĂ©rence, le bodhisattva n'est pas Ă  proprement parler un « ĂȘtre noble Â», car il n'a pas brisĂ© (volontairement) les liens, mais la qualitĂ© de son Ă©veil peut cependant le faire ranger parmi les āryas, selon le Mahāyāna.

Notes et références

  1. ↑ Vigouroux, Dictionnaire de la Bible[rĂ©f. incomplĂšte]
  2. ↑ Paul de Tarse. PremiĂšre et secondes Ă©pĂźtre aux Corinthiens
  3. ↑ RĂ©gine Pernoud, Les Saints au Moyen Âge - La saintetĂ© d’hier est-elle pour aujourd’hui ?, Paris, Plon, 1984, 367 p. (ISBN 2-258-01186-1) , p 23-30
  4. ↑ Sur les saints en islam : Femmes et religions en Islam, un couple maudit ? par Sossie ANDEZIAN, dans CLIO, revue francophone d'histoire des femmes. Au cours d'une Ă©tude du mysticisme fĂ©minin, elle prĂ©sente le concept de saint et son fonctionnement dans la spiritualitĂ© musulmane fĂ©minine.
  5. ↑ Se reporter aussi Ă  l'ouvrage d'Émile Dermenghem (1892-1971), Vies des saints musulmans. 2e Ă©dition. Arles : Sinbad-Actes Sud, coll. « La bibliothĂšque de l'Islam Â», 2005. 329 p., 23 cm (ISBN 2-7427-5717-1)

Voir aussi

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