Réincarnation

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Représentation de la réincarnation dans l'hindouisme

La réincarnation peut être assimilée à une doctrine ou croyance selon laquelle un certain principe immatériel ou énergie (« âme », « substance vitale », « conscience individuelle », voire « esprit » dans un contexte chrétien) accomplit des passages de vies successives dans différents corps (humains, animaux ou végétaux selon les croyances). Selon cette doctrine, à la mort du corps physique, l'« âme » quitte ce dernier pour habiter, après une nouvelle naissance, un autre corps.

La réincarnation est une forme de la transmigration des âmes, proche des concepts de métempsycose, palingénésie, et l'Éternel retour.

Sommaire

Origines

On retrouve la croyance en la réincarnation à différentes époques et en divers lieux (bien que le terme soit récent, traduisant une conception occidentale de type social apparaissant vers la fin du XIXe siècle, de sorte que la question de savoir si le terme "réincarnation" est réellement approprié pour désigner les concepts hindou et bouddhiste fait actuellement débat[réf. nécessaire], notamment dans la pensée grecque et en Extrême-Orient, où elle est au cœur de l'hindouisme, du jaïnisme et du bouddhisme, et du sikhisme. Même si certains veulent voir des allusions codées dans les textes sacrés, elle est généralement récusée par les trois religions monothéistes, qui lui préfèrent la doctrine du Jugement dernier et de la résurrection de la chair. Aujourd'hui, la réincarnation est une croyance religieuse partagée par plus d'un milliard d'hommes (les hindous, les bouddhistes, les jaïns, les sikhs, les adeptes des religions tribales africaines auxquels s'ajoutent différents groupes spiritualistes).

Origine en Inde

Les indos-aryens (métisses des tribus iraniennes et des autochtones indiens) ont emprunté la théorie des renaissances successives au contact des aborigènes de l'Inde, non originaires des tribus de l'actuel Iran, tribus iraniennes qui s'installèrent dans le sous-continent vers 2500 av. J.-C. (le jaïnisme est une religion aborigène de l'Inde, dravidienne, d'avant cette invasion ou installation de ces tribus nomades). Le bouddhisme fit aussi sienne cette doctrine également comme article de foi [1].

L'idée de la réincarnation n'est donc pas issue de la période védique (mais de la préhistoire indienne, selon la chronologie de l'hindouisme), et existait déjà auparavant, au sein de l'Inde aborigène, c'est-à-dire d'avant les invasions des tribus originaires de l'actuel Iran et à qui l'on doit le védisme, et où des dieux comme Shiva et Vishnou, ou la Déesse (Durga) (tous originaires de l'Inde aborigène), n'ont pas beaucoup d'importance dans le ritualisme des Véda, contrairement à Indra, Agni, Varuna, Vayu, etc.[2].

Mais avec le temps, les notions aborigènes pénètrent la société des conquérants d'origine iranienne, et les brahmanes cessèrent peu à peu de considérer comme supérieurs les dieux comme Indra, Varuna, etc., au profit de Shiva, Vishnou, etc. (seul Agni a conservé une place honorable) [2], et amplifièrent leur théorie sur la réincarnation, croyance déjà établie dans le monde dravidien [2]. Le jaïnisme et les premières Upanishads sont révélateurs de ces développements. Cette idée de la réincarnation dominait donc la vie spirituelle à l'époque dravidienne (c'est-à-dire de l'Inde aborigène, d'avant les invasions des tribus originaires de l'actuel Iran), puis se dissipa quelque temps au sein de l'aristocratie, pour réapparaître ensuite [3].

Un théoricien de la réincarnation, et maître très respecté en Inde, vivant au VIe siècle av. J.-C. est Yâjñavalkya, auteur de la Brihad-âranyaka-Upanishad et du Shatapatha-Brâhmana.

« Yajnavalkya, poursuivit Artabhaga, lorsque l'organe de la parole du mourant se fond dans le feu, son souffle dans l'air, sa vue dans la lumière solaire, son mental dans la lumière lunaire, son ouïe dans les directions de l'espace, son corps physique dans la terre, l'Akasha de son cœur dans l'Akasha de l'espace externe, les poils de son corps dans le tapis végétal de la terre et ses cheveux dans les arbres, son sang et sa semence dans l'eau, où donc se trouve alors cet homme ? » « Tends-moi la main, cher Artabhaga, répliqua Yajnavalkya, et nous irons décider de cela entre nous, ce qui est impossible au milieu d'une telle foule. » Ils se mirent à l'écart et débattirent longuement la question ; ce dont ils parlèrent fut essentiellement le karma, le domaine de l'action, et ce qu'ils déterminèrent comme louable fut aussi le karma. Car c'est par l'action juste que l'on devient bon, et par l'action erronée que l'on devient mauvais. Finalement, Artabhaga, de la lignée de Jaratkaru, demeura silencieux. »

— Brihad-âranyaka-Upanishad, III.2.13 [4]

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Cela laisse entendre plusieurs idées :

  1. Le karman joue dans la vie présente comme dans la vie future.
  2. La notion de karman comme "acte moral et résultat de l'acte" entre ici en jeu.
  3. Puis la notion de rétribution des âmes intervient. Selon le Shatapatha-Brâhmana, ceux qui n'accomplissent pas correctement les rites renaissent après la mort et deviennent "toujours à nouveau la nourriture de la mort" ; l'immortalité acquise par les rites est de durée limitée ; la crémation produit une nouvelle naissance.
  4. Puis arrive la notion de renaissance.

Ainsi, l'homme se dissout à la mort, mais son karman est cause d'une naissance nouvelle qui héritera des actes bons ou mauvais de l'existence antérieure[5].

En Occident

Pythagore.

Chez les Grecs

C'est principalement dans le monde grec que fleurit la doctrine de la réincarnation et de la métempsycose. En grec, métempsycose signifie « transmigration des âmes ». Dans cette doctrine, l'âme poursuit son évolution d'existence en existence humaine (réincarnation), et peut éventuellement s'incarner dans un animal ou un végétal (métempsycose).

C'est vers le VIe siècle av. J.‑C. que cette croyance apparaît dans le monde grec. Son origine n'est pas connue avec certitude. On n'en trouve pas trace chez Homère ou Hésiode, il est donc peu probable qu'elle provienne du passé mythique grec. Pour l'historien grec Hérodote, la croyance en la métempsycose serait d'origine égyptienne[6]. Mais Hérodote se trompe[7] : les Égyptiens parlent de transformations des morts (surtout en oiseaux) ou de pérégrination des âmes (qui voguent, avant le Jugement des morts), ils n'affirment pas la réincarnation, ni la transmigration des âmes. Il est possible que la croyance en la réincarnation ait été inspirée par l'hindouisme. Les contacts entre la Grèce et l'Inde ont cependant été longtemps compliqués par le fait que la Perse, ennemi héréditaire des Grecs, se trouvait entre les deux civilisations (c'est tard, avec les conquêtes d'Alexandre le Grand, en 326 av. J.-C., que le monde grec et le monde indien ont été en contact soutenu).

  • L'orphisme, attesté dès 560 av. J.-C., soutient que "les âmes passent d'une vie en l'autre selon certaines révolutions et souvent entrent dans des corps humains"[8]. Poème : "Quand l'âme des bêtes et des oiseaux ailés a jailli hors du corps et que leur durée de vie les a quittés, cette âme... voltige... jusqu'à ce que un autre animal la ravisse, mêlée au souffle de l'air." Il s'agit donc de palingénésie, d'un retour diversifié à la vie, plus que de réincarnation ou de métempsycose (il y a dans ces derniers cas passage d'une âme dans un corps).
  • Phérécyde de Syros, qui était actif vers 540 av. J.-C., est le premier à soutenir que l'âme est immortelle et qu'elle retourne successivement s'incarner sur terre.
  • Pythagore (vers 530 av. J.-C.) se souvient de ses existences antérieures (Diogène Laërce, VIII, 4-5). Xénophane raconte qu'il arrêta le bras d'un homme en train de bastonner un chien en lui disant : "C'est l'âme d'un de mes amis. En entendant sa voix, j'ai reconnu cette âme." L'âme transmigre parce qu'elle est immortelle et qu'elle est mouvement ; d'autre part, tous les êtres vivants sont frères, congénères (ce qui entraîne aussi le végétarisme). N'importe quelle âme, semblable à la poussière en suspension dans l'air, peut entrer dans n'importe quel corps (Aristote, De l'âme, 404a, 407 b). Pythagore ne donne pas d'explication morale.
  • La doctrine de la réincarnation influencera ensuite le poète Pindare. "Et vous dont les âmes habitèrent successivement trois fois le séjour de la lumière et trois fois celui des Enfers sans jamais connaître l'injustice, bientôt vous aurez parcouru la route que traça Jupiter, bientôt vous parviendrez au royaume de Saturne, dans ces îles fortunées que les zéphyrs de l'océan rafraîchissent de leur douce haleine" (Olympiques, II).
  • Chez Platon, on trouve des discussions sur la réincarnation ou des allusions à celle-ci dans le Phédon (70c, 81b, 107d), le Phèdre (248d), le Gorgias (525c), et tout particulièrement dans le mythe d'Er de La République (X, 614 ss.). Pour Platon, 1000 ans s'écoulent entre une naissance et une re-naissance : existence de 100 ans suivie d'une purgation de 900 ans (Phèdre, 248-249 ; La République, X, 615). La punition n'a donc pas lieu sur Terre lors de l'incarnation mais sous terre (Phédon, 111e). Selon la loi qui veut que "chaque espèce d'âme verra son lieu de destination déterminé par similitude avec son occupation ordinaire", ceux chez qui domine les appétits grossiers du corps subissent la réincarnation ou plutôt la métempsycose en animaux libidineux, comme les ânes ; ceux chez qui domine la colère, la tyrannie, se réincarnent en bêtes de proie, loups, faucons, milans ; ceux chez qui domine la raison se réincarnent en animaux grégaires, abeilles, guêpes, fourmis (Phédon, 81-82). Platon lie donc transmigration des âmes et rétribution des âmes et immortalité.
  • Parmi les néoplatoniciens, la transmigration est acceptée par Plotin (il admet même la métempsycose, Ennéades, III.4.2), Porphyre, mais pas par Jamblique[9].

Chez les Romains

La religion romaine était multiforme et en constante évolution, influencée notamment par les croyances religieuses des territoires conquis (en particulier les divinités de l'Orient méditerranéen).

Cependant, des courants d'inspiration orphique et pythagoricienne ont toujours existé à Rome, en particulier parmi les classes aisées, les philosophes et les artistes - et donc la croyance en la métempsycose. On trouve par exemple des allusions à la transmigration des âmes dans l'Énéide de Virgile (VI, 713 et ss).

Dans le judaïsme

La doctrine de la réincarnation ne fait pas partie du judaïsme traditionnel, qui lui préfère la notion de résurrection de la chair, qui doit avoir lieu après l'arrivée du Messie venu libérer le peuple juif.

Cependant, l'idée de la réincarnation semble avoir été présente dans les croyances populaires juives. Il semble par exemple que beaucoup de juifs crussent l'âme d'Adam revenue en Seth, puis en Noé, Abraham et Moïse[10]. Néanmoins, beaucoup de ces personnages n'étant pas morts mais ayant été "enlevés au ciel", il convient ici de faire la distinction entre assomption et réincarnation (voir ci-dessous, Dans la Bible, à propos d'Élie). Le judaïsme fait également plusieurs références (par exemple : 2Rois 2:15) au fait pour un prophète d'être "inspiré" par l'esprit d'un autre prophète, ce qui se différencie là encore de la réincarnation.

Certains commentaires dans les travaux de l'historien juif romain Flavius Josèphe sont parfois interprétés comme une croyance à la réincarnation[11]. Par ailleurs, dans ses célèbres Antiquités judaïques, Flavius Josèphe explique que les Pharisiens, une des écoles de la philosophie juive, semblaient croire à la possibilité d'une nouvelle vie sur terre pour ceux qui auraient été vertueux - c'est-à-dire la réincarnation comme récompense. La communauté des Esséniens qui vivait sous protectorat juif semble également avoir eu des affinités avec l'idée de réincarnation[12].

C'est en fait dans la Kabbale, la tradition mystique et ésotérique juive, que la notion de réincarnation est la plus présente. L'ouvrage qui en traite le plus directement est le Sha'ar Ha'Gilgulim (La porte des réincarnations). Il est inspiré du Sefer Ha Zohar (section Mishpatim), le Livre de la Splendeur, l'un des ouvrages les plus importants de la Kabbale. Le concept utilisé en hébreu est celui de Gilgulei Ha Neshamot, ou plus simplement gilgul, signifiant "cycle", neshamot étant le pluriel d' "âmes". L'ouvrage décrit le "cycle" des âmes à travers différentes vies ou incarnations, les raisons de ce cycle, ainsi que les moyens permettant d'accélérer son évolution spirituelle.

La réincarnation est citée par de nombreux commentateurs importants, y compris le Ramban (Na’hmanide), Mena’hem Recanti et Rabbenou Ba’hya. Dans les nombreux livres de Rabbi Its’hak Louria (Ari), rédigés et transmis pour la plupart par son principal disciple, Rabbi Haïm Vital, des idées particulièrement profondes sont émises à propos de la réincarnation. En vérité, son ouvrage Chaar HaGilgoulim, “Les portes de la réincarnation”, est consacré exclusivement à ce sujet; des détails y sont donnés notamment sur l’origine des âmes de nombreux personnages bibliques et en qui se sont ils réincarnés depuis cette période jusqu’au Ari.

Les enseignements du Ari et sa vision du monde se répandirent après sa mort comme une traînée de poudre parmi les communautés juives d’Europe et du Proche-Orient. Auparavant, la réincarnation avait déjà été généralement une notion bien acceptée par les Juifs, aussi bien parmi le peuple que parmi l’intelligentsia. Après le Ari, elle est devenue partie intégrante de l’expression et du savoir juifs et a nourri la pensée et les écrits des grands érudits et des dirigeants, en commençant par les commentateurs classiques du Talmud (par exemple, le Maharsha, Rabbi Moshé Eidels), jusqu’au fondateur du mouvement hassidique, le Baal Chem Tov, ainsi que jusqu’au leader du monde non-hassidique, le Gaon de Vilna.

Cette tendance se poursuit de nos jours. Même les plus grands érudits qui ne sont pas connus pour leur prédisposition au mysticisme considèrent la réincarnation comme un principe acquis.

Un des textes que les adeptes du mysticisme aiment à rappeler est l’allusion au principe de la réincarnation dans le verset suivant tiré du livre de Job: « Voyez, tout cela, D.ieu le fait deux ou trois fois en faveur de l’homme, pour ramener son âme des bords de l’abîme et l’éclairer de la lumière des vivants ». (Job, 33, 29-30)

En d’autres termes, D.ieu autorise les humains à sortir de “l’abîme” (une des expressions bibliques désignant le Guehinnom ou “Purgatoire”) et à revenir dans le monde “des vivants” une deuxième fois et même une troisième si ce n’est une multitude de fois. D’une manière générale, les mystiques voient dans ce verset ainsi que dans d’autres versets une allusion tout à fait claire au concept de réincarnation. Sa source véritable se trouve donc enracinée profondément dans la tradition.

Dans le christianisme

Argument d'une "censure de la réincarnation" pour des raisons politiques

Il existe une mouvance de groupes ésotériques et "spiritualistes" (par exemple le mouvement spirite ou la théosophie), souvent nés au XIXe siècle avec le regain d'intérêt pour l'occultisme, qui croient en la réincarnation, et la présentent comme une croyance partagée par de très nombreuses religions et spiritualités à travers les âges et les lieux. Ils incluent dans cette liste le christianisme des origines. Selon eux, les premiers chrétiens (ou au moins une partie d'entre eux) croyaient en la réincarnation, mais cette croyance aurait été censurée et déclarée hérétique au deuxième concile de Constantinople, pour des raisons politiques. Ces raisons politiques étaient d'intenses conflits de pouvoirs entre l'Empire romain d'Orient et l'Empire d'Occident (Rome et Byzance), entre les différentes églises et patriarcats de la chrétienté des premiers siècles, et surtout des conflits théologiques importants entre les différentes obédiences des premiers chrétiens, à une époque où la doctrine chrétienne faisait encore l'objet de vifs débats : origénisme, monophysisme, nestorianisme, orthodoxes, etc.

Les tenants de cette thèse s'appuient notamment sur certains passages des Évangiles, qui comporteraient selon eux des allusions voilées à la réincarnation (voir ci-dessous, Dans la Bible). Ils soulignent également que, si les Pères de l'Église ont condamné la doctrine de la métempsycose, on trouve plusieurs allusions ambiguës, qui montrent qu'elle était au minimum "dans l'air du temps". Ainsi par exemple chez saint Augustin, sans doute le plus influent de tous les Pères de l'Église, dans ses Confessions :

« Dis-moi, Seigneur... dis-moi, mon enfance a-t-elle succédé à un âge que j'aurais vécu, interrompue par une mort précédente ? Était-ce celui que j'ai passé dans le sein de ma mère ?... Et avant cette vie, Ô Dieu de ma joie, me trouvais-je quelque part, ou dans un autre corps ? Pour répondre, je ne trouve personne, ni père, ni mère, ni l'expérience d'autrui, ni ma propre mémoire. »

Ou encore, dans Contra Academicos :

« Le message de Platon, le plus pur et le plus lumineux de toute la philosophie, a finalement dispersé l'ombre de l'erreur et il brille maintenant surtout chez Plotin, le platonicien, qui ressemble tellement à son maître que l'on pourrait penser qu'ils vécurent en même temps, ou plutôt - puisqu'une si longue période les sépare - que Platon est né à nouveau en Plotin. »

Selon eux, il y a bien un faisceau d'éléments tendant à montrer que la croyance en la réincarnation - qu'ils attribuent aux premiers chrétiens - aurait été censurée pour des raisons politiques.

Réfutation

Saint Augustin

Cependant, cette approche est vigoureusement contestée par la plupart des théologiens, en particulier catholiques. C'est par exemple le cas du cardinal Schönborn, dans de nombreux articles publiés dans la Documentation Catholique.

Ces théologiens soulignent que cette vision est souvent issue d'un nouvel anti-cléricalisme (par exemple, en France, autour du philosophe Michel Onfray), qui évacuent le dogme de l’histoire de l’Église au profit du seul domaine politique.

Ils mettent en avant le fait que les premiers chrétiens étaient avant tout "croyants", et que la doctrine de la métempsycose, quand elle existait, était le fait de groupe hétérodoxes et minoritaires. Pour eux, le dogme de l'Église sur cette question a toujours été celui de la résurrection de la chair. Aucun des Pères de l'Église n'a enseigné la réincarnation, rappellent-ils. Dès Irénée de Lyon (vers 130-208), elle est réfutée sans ambiguïté. Ce sera aussi le cas de Tertullien, Hippolyte ou Jean Chrysostome. Quant à Augustin, si nous avons vu plus haut des commentaires pouvant sembler ambigus, il affirme clairement dans La Cité de Dieu :

« N'est-il pas beaucoup plus honorable, dis-je, de croire que les âmes retournent une fois pour toutes dans leur propre corps au moment de la résurrection plutôt que de revenir maintes fois dans différents corps ?  »

Lorsque les Père de l'Église mentionnent la réincarnation, c'est toujours en passant, et la plupart du temps pour la réfuter.

L'origénisme est parfois évoqué à l’appui de l'idée d'une croyance chrétienne antique en la réincarnation. En effet, lors du deuxième concile de Constantinople en 553, évoqué plus haut, l'origénisme et Origène lui-même (mort depuis trois siècles, mais ayant conservé une grande influence), furent déclarés anathèmes. Cependant, l'origénisme constitue une doctrine vaste, et son rapport avec la réincarnation n'est pas clair. Ce qui sous-tend l'origénisme, c'est la préexistence des âmes dans le sein de Dieu, mais les exégètes divergent sur le point de savoir si Origène a enseigné la métempsycose ou non. La phrase ambiguë : « Quant à savoir pourquoi l'âme humaine obéit tantôt au mal, tantôt au bien, il faut en chercher la cause dans une naissance antérieure à la naissance corporelle actuelle. » a été interprétée par certains comme une validation de la réincarnation, mais elle pourrait renvoyer à la préexistence des âmes. L'aboutissement de la théologie d'Origène est l'apocatastase, c'est-à-dire le pardon intégral de toutes les créatures morales - les êtres humains, les anges, mais aussi les démons - et leur réconciliation finale dans le Royaume de Dieu.

En fait, dès le premier concile de Constantinople en 380-381, qui a donné le résumé dogmatique des conciles précédents, le credo chrétien est défini. C'est le symbole de Nicée-Constantinople, qui se conclut par : "nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir".

La croyance en la réincarnation s'oppose, en effet, au dogme de la "résurrection des morts" à la fin des temps et à l'incarnation du Verbe divin en Jésus-Christ pour sauver le monde visible et invisible par une seule et unique incarnation. Dans l'Apocalypse, les âmes des saints gémissent sous l'autel de Dieu attendant que leur corps leur soit rendu. Car pour le christianisme, aussi bien l'âme que le corps sont uniques, et constituent la personne à part entière. Il y a une unité profonde des êtres vivants, qui fait que l'âme et le corps sont indissociables - argument que l'on retrouve également chez Aristote.

C'est la singularité de l'incarnation (une âme dans un corps) qui exclut la réincarnation dans le christianisme. Là est finalement le véritable divorce entre la réincarnation et la foi chrétienne "dogmatique" : alors que dans la réincarnation, le corps n'est qu'un "véhicule" ou un "vêtement" dont l'âme change à chaque nouvelle incarnation, dans le christianisme la chair est appelée elle aussi à ressusciter.

Au cours de son pontificat, le pape Jean-Paul II a réitéré l'hostilité de l'Église à la doctrine de la réincarnation.

Dans la Bible

Certains groupes « spiritualistes » font référence à des passages des Évangiles qui, selon eux, indiqueraient une croyance du christianisme originel dans la réincarnation. Cependant, une interprétation alternative « non réincarnationniste » peut souvent être donnée desdits passages.

Un exemple retenu dans l'Évangile selon Jean Ch.3 (Jésus et Nicodème) : « Jésus lui répondit : “ Oui, je te le déclare, c’est la vérité : personne ne peut voir le Royaume de Dieu s’il ne naît pas de nouveau. ” [...] Ne sois pas étonné parce que je t’ai dit : “ Il vous faut tous naître de nouveau. ” »

Ils citent également ce passage où les prêtres et les Lévites demandent à Jean-Baptiste « Es-tu Élie ? ». Il existe en effet un courant de la tradition juive qui pense que le jugement dernier sera précédé par un retour sur terre du prophète Élie[13]. Jean-Baptiste répond : « Je ne le suis pas » (Jean 1:21), mais la simple existence de la question est considérée par certains comme un signe de la croyance en la réincarnation.

La confusion ici est entre réincarnation et assomption. Outre la Vierge Marie (selon le dogme catholique), plusieurs personnages, historiques ou mythiques, ont connu l'assomption, donc, n'ont pas connu la mort : Enoch, Moïse, Élie. Ainsi, rien dans la Bible ne permet de dire que le prophète Elie est effectivement mort. Le texte évoque un « enlèvement » au ciel sur un char de feu (2 Rois 2:11). Les prêtres et les Lévites parlaient (peut-être) d'un retour d'Élie mais en tant qu'entité vivante et n'ayant jamais connu la mort.

Par ailleurs, 2Rois 2:15[14] et Luc 1:17[15] permettent de préciser cette question : il est possible que Jean-Baptiste soit accompagné par « l'esprit et la puissance » d'Élie, sans que cela signifie pour autant qu'il en soit la réincarnation (cf plus haut notion d'engendrement spirituel).

Sur le même sujet, dans la péricope de la Transfiguration, on peut lire :

« Et les disciples lui posèrent cette question : "Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ?"
Il répondit : "Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ;
or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux".
Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. »
(Matthieu 17:12,13)

Certains en ont là encore conclu que Jean-Baptiste était la réincarnation d’Élie. Mais la littérature juive antique refuse l’idée de réincarnation. Il faut donc plus probablement comprendre que Jean-Baptiste est un autre Élie : ce qu’Élie était pour son temps, Jean-Baptiste l’est pour le sien (et ce d'autant plus, comme nous l'avons vu plus haut, que l'esprit d'Élie a pu inspirer Jean-Baptiste).

Il y a également cette question ambiguë que posèrent les disciples, dans l'Évangile de Jean (9:2) à Jésus-Christ, à propos d'un aveugle de naissance : « Rabbi, qui a péché ? Cet homme ou ses parents, pour qu'il soit ainsi né aveugle ? ». Ce qui pourrait être interprété comme suggérant l'existence d'une autre vie (et donc de péchés) avant celle-ci. En fait, il s'agit ici vraisemblablement d'une question rhétorique. En effet, dans la tradition biblique, il est coutume de croire qu'une maladie peut être une malédiction provenant d'un péché commis par soi-même ou un membre de sa famille.

Inversement, dans l'Épître aux Hébreux, attribué à saint Paul, il est écrit : « Comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, de même Christ, qui s'est offert pour porter les fautes de plusieurs, apparaîtra sans pécher une seconde fois à ceux qui l'attendent pour leur salut. » (Hébreux 9:27-28) Il s'agit d'un démenti clair de la notion de réincarnation. Cependant, les tenants de la thèse « réincarnationniste » font valoir que le mot grec hapax, traduit par "une seule fois", peut également signifier « entièrement ». Par ailleurs, il mettent en doute l'attribution de l'Épître aux Hébreux à Paul, arguant que celui-ci, dans son Épître aux Galates (2:7-8), sa Deuxième épître aux Corinthiens (10:13-16) et surtout dans son Épître aux Romains (15:20) s'était toujours défendu de vouloir évangéliser les Juifs.

Au final, il apparaît donc que le dogme des Églises chrétiennes est bien celui de la résurrection de la chair. Cependant, il reste possible pour des groupes hétérodoxes, d'inspiration chrétienne ou non, de voir dans certaines passages de la Bible, et en particulier du Nouveau Testament, des allusions plus ou moins métaphoriques à la réincarnation, au prix d'une liberté d'interprétation des textes.

Les gnostiques

Dans la mouvance chrétienne, c'est sans doute chez les gnostiques que le thème de la réincarnation est le plus explicitement présent.

Le terme "gnostiques" désigne un ensemble de "sectes" (entendu ici comme groupes minoritaires) des premiers siècles après Jésus-Christ, d'inspiration chrétienne mais aussi largement syncrétique, incorporant dans leur doctrine des mythes orientaux ainsi que des éléments provenant de la philosophie grecque, en particulier du platonisme. On les retrouve du Jourdain à l'Asie Mineure, et en particulier en Égypte. Les doctrines gnostiques étaient variées, mais elles avaient en général pour point commun de considérer que l'incarnation dans la matière était un piège tendu par un esprit malfaisant, et que seule une connaissance initiatique (la gnose, du grec "gnôsis", connaissance) peut permettre à l'âme de se libérer de ce piège et de retrouver sa pureté. Dans ce contexte, la réincarnation a une signification négative : alors que les âmes les plus évoluées, s'étant libérées grâce à la gnose, peuvent rejoindre le divin, les autres sont rejetées vers le bas, tourmentées en enfer, avant d'être soumises à l'oubli de leur vie précédente et renvoyées dans un nouveau corps. Les gnostiques nomment les réincarnations des "transvasements" (métaggismoï), des sortes de transfert de prison en prison, de corps en corps.

Catharisme

Article détaillé : Catharisme.

Au Moyen Âge, les bogomiles et les cathares ont été influencés par le gnosticisme - et également considérés hérétiques et combattus par l'Église catholique par une croisade et l'Inquisition.

Les cathares croient en la réincarnation, à la métempsycose et cette croyance impliquera pour eux le végétarisme [16]. Le catharisme se distingue du reste des courants chrétiens par la valeur absolue qu'il donne à la prohibiton du meurtre, et donc par le fait qu'il l'étend aux animaux susceptibles d'avoir reçu une âme céleste [16].

On retrouve ainsi des indications explicites : Deux femmes de Montaillou (Ariège), vers 1300, discutent religion : « ma commère, ce serait un grand péché de tuer cette poule ! – Est-ce un si grand péché de tuer une poule qu'on le dit ? – Oui, car dans notre religion, les âmes humaines, quand elles sont sorties des corps des hommes et des femmes, se mettent ou s'introduisent dans des poules[16]. »

L'engendrement spirituel

Sans croire à la réincarnation, les chrétiens d'Orient sont attachés à la notion d’engendrement spirituel. Selon cette croyance, quelqu’un peut, à un moment de sa vie, intégrer en lui les qualités spirituelles d’une autre personne (généralement un saint), que cette dernière soit vivante ou morte.

Dans l'islam

La réincarnation ne figure pas non plus dans l'islam en tant que tel, qui lui préfère, comme les autres religions monothéistes, la doctrine de la résurrection.

Certains versets du Coran sont parfois interprétés comme allant dans le sens de la réincarnation. Par exemple au verset 28 de la deuxième sourate, "La Vache" (Al-Baqara), il est dit : « Comment pouvez-vous renier Allah alors qu'il vous a donné la vie, alors que vous en étiez privé, puis Il vous a fait mourir, puis Il vous a fait revivre et enfin vous retournerez à Lui ».

Cependant une traduction différente de ce verset contredit cette idée : " Comment pouvez-vous renier Dieu qui vous a donné la vie en vous tirant du néant, qui vous fera ensuite mourir, puis vous ressuscitera, pour vous ramener à Lui? " (Edition de monsieur Hamza Boubakeur, ancien recteur de l'Institut musulman de la mosquée de Paris, Maisonneuve et Larose, 1995)

Par ailleurs, on trouve une influence du gnosticisme (voir ci-dessus) chez les musulmans chiites, particulièrement dans la foi druze et alaouites. Les druzes et les alaouites croient, dit-on (leurs doctrines sont théoriquement secrètes), à la métempsycose.

Cependant, l'islam orthodoxe condamne fermement cette doctrine.

Dans l'hindouisme

La réincarnation est une des croyances centrales de l'hindouisme. Selon toute vraisemblance, c'est dans cette religion (ou culture composée de différents courants religieux : vaishnava, shivaïsme, shaktisme, etc., eux-mêmes subdivisés) que c'est établi un concensus théorique et philosophique sur la question (grâce notamment à la Bhagavad Gita (un livre du Mahabharata), qui n'est pas un ouvrage sectaire, mais une référence partagée pour tous les hindous, de même que le Ramayana [17]). Cependant selon l'anthropologue Robert Deliège, cette croyance est loin d'être solidement ancrée en Inde[18]. Pour certains hindous, la réincarnation est une certitude, pour d'autres, une possibilité, pour d'autres encore, une interrogation. Certains [Qui ?] même se moquent ouvertement de cette croyance. Et parfois, la croyance en la réincarnation coexiste aussi avec d'autres notions, qui la contredisent.

Pour les hindous, au moment de la mort, l'âme, le principe vital, se sépare du corps et de l'esprit (mental ou intellect, buddhi) qui se désagrègent en retournant aux éléments primordiaux» [17] : il ne faut pas confondre l'âme et l'esprit dans l'hindouisme (ou même dans le jaïnisme) : ce sont deux choses différentes [17] : l'âme est éternelle, sans début ni fin, c'est la vie illimitée, alors que l'esprit naît puis meurt, et est soumis à l'ego ou ahamkara, et aux destructions et créations cycliques [17]. D'ailleurs, buddhi (mental, intellect, esprit) peut être traduit par « corps subtil », tandis que le corps communément admis est appelé « corps grossier » : il n'y a donc pas de distinction de nature dans l'hindouisme entre corps et esprit, mais de degré : être maître de son corps signifiant être maître de la racine qui dirige le corps : l' esprit, ou corps subtil [17].

Selon le maître Yâgnyâvalkya (630-583 av. J.-C.), toutes les créatures, dont l'homme, subissent à leur mort une dissolution : le sang retourne à l'eau, le corps retourne à la terre, le souffle au vent, la vue au soleil et l'intellect (ou esprit) retourne à la lune ; mais les « actions non rémunérées » se réunissent pour s'incarner à nouveau dans un corps, sous une forme ou une autre (végétale, animale...)[19].

Selon la tradition hindoue, manquer sa libération (moksha) du cycle des réincarnations (samsara) en tant qu'être humain, induit que cette âme, autrefois habitant une forme humaine, devra se réincarner 8,400,000 fois sous une autre forme qu'une forme humaine (soit animale, végétale...) pour retrouver à nouveau naissance au sein d'un giron humain [20]; ce principe est ainsi illustré par le poète saint Toukaram, qui chantait [21]:

« Courte ma conscience, courte mon intelligence,/ courte la vie qui glisse entre mes doigts : / je suis pétri de péché ! Oh ! écoute-moi, Toi (Vitthal/Krishna) dont est pétri le Véda./ Comment extirperais-je mes fautes ?/ es fibres de mon être sont des fibres de fautes :/ je fus, je suis, je dois être,/ pas de fin dans le cycle de mes vies./ Leur pesanteur m'a fait renaître 8,400,000 fois :/ mon corps actuel, un tissu des trois jouissances./ La cage de mon destin, un grenier/ où s'entassant les naissances, les croissances et les morts./ Quand mon âme vivante (jivatman) quitte sa hutte transitoire,/ les éléments dont celle-ci est bâtie se dispersent :/ ils sont réunis, ils sont dispersés, ils sont rassemblés/ comme des graines creuses et vides./ Mon père, ma mère, mon frère,/ ma femme, mes enfants, toute ma famille :/ des bois flottants que la crue d'un fleuve rassemble,/ qu'elle roule un temps,/ et que les tourbillons dispersent bientôt./ Agis, ô Donneur de grâce,/ supprime mon ignorance :/ tu es, ô Janârdana, toute pitié :/ à tes pieds qu'il agrippe, Toukâ t'en supplie. »

— Toukaram [21].

La source des péchés est ainsi l'ignorance (agyân) de la vraie nature des distinctions illusoires, dont la vraie nature est de n'être pas [21]. Dans l'hindouisme, contrairement au jaïnisme et au bouddhisme, c'est Dieu (ou l'Absolu), qui accorde en dernier lieu la libération du cycle des réincarnations (l'âme n'arrive pas par ses seuls efforts au moksha), Grâce obtenue, par exemple, par l'identification de son Soi (principe vital, âme, atmân) avec le Brahman (Dieu, Absolu, âme universelle), et ce, avec différents moyens (Yoga classique de Patanjali, Bhakti yoga, etc.). La délivrance induit donc, dans l'hindouisme seulement (et quel que soit le courant, sauf la philosophie samkhya (qui est la base du Yoga Sutra), qui reste silencieux sur la question, sur Dieu), la grâce de Dieu, qui permet de « faire sortir l'homme » du cercle [21].

Selon le Bhagavad-Gîtâ, « L'âme incarnée rejette les vieux corps et en revêt de nouveaux, comme un homme échange un vêtement usé contre un neuf »[22]. L'âme transmigre donc de vie en vie : « Car certaine la mort pour celui qui est né, et certaine la naissance pour qui est mort »[23].

La réincarnation est également présente dans le jaïnisme, avec la même notion d'âme, autre grande religion traditionnelle de l'Inde.

La réincarnation est donc une croyance fondamentale des hindous et une base pour leurs six systèmes philosophiques classiques (darshan) ; les hindous estiment que ne pas croire en la réincarnation, c'est croire au néant, ce qui est un péché (tout existe, il n'y a jamais rien, la mort n'est pas néant puisque le propre du néant est de ne pas exister) [17]. Une telle course est donc sans commencement, voire même sans fin : le dvaita du philosophe Madhva considère qu'il y a des âmes qui jamais ne se libéreront du cycle des réincarnations (réincarnation sans fin, ou bien destination finale dans un enfer immortel) ; il y a aussi des âmes de mahatma qui préfèrent rester parmi les vivants terrestres, comme Karni Mata, sadhvi qui s'incarnerait ainsi en rat blanc au temple de Deshnok, Jambheshwar Bhagavan, maître du bishnoïsme, qui aurait choisi de se réincarner en antilope, ou le poète saint Kabir qui aurait choisi de mourir en un lieu où ceux qui y décèdent renaissent en âne selon la croyance populaire. Il n'y a donc pas consensus à propos de la réincarnation, sur les questions d'ordre culturel en tout cas.

Le mécanisme de la réincarnation dans l'hindouisme

Pour les hindous, le corps et l'esprit (mental, intellect, buddhi) ne sont que des enveloppes temporaires. Lorsque survient le moment de quitter l'incarnation physique temporaire, l'âme incarnée ou jivātman, s'attribue une nouvelle naissance ou peut enfin atteindre la libération ou mokshā (existence vraie, éternelle,) si elle dénoue les liens qui l'attachent à l'existence temporelle, transitoire. Si le karman accumulé apporte le fruit de trop d'actes négatifs (les mauvaises actions), l'ātman s'incarne dans un nouveau corps sur une planète comme la Terre (ou inférieure qui compose l'enfer), afin d'y subir le poids et la rétribution de ses mauvaises actions. Si son karman est positif, il ira vivre comme un dieu ou deva, sur l'une des planètes célestes (supérieures à la terre, ou paradis). Une fois épuisé son karman, l'âme retournera sur terre dans un autre corps au sein de les êtres vivants de la Terre (cette conception des choses est à l'origine de la caste). Ce cycle est appelé samsâra. Pour briser ce cycle perpétuel, l'hindou doit vivre de manière à ce que son karman ne soit ni négatif, ni positif, mais désintéressé, selon ce verset de la Bhagavad-Gîtâ :

« (7) Celui qui, voué au yoga, est pur, maître de soi, tient ses sens soumis, pour qui son âme se confond avec l'âme de tous les êtres, même s'il agit, il n'est point souillé. (8) L'adepte du yoga est fondé, en vérité, à estimer qu'il n'agit pas. Qu'il voie, qu'il entende, qu'il touche, qu'il sente, qu'il mange, qu'il marche, qu'il dorme, qu'il respire, (9) qu'il parle, qu'il lâche ou qu'il appréhende, qu'il ouvre ou ferme les yeux : tout cela, ce sont pour lui les sens réagissant au contact des objets sensibles. (10) Celui qui, fondant en Brahman tous les actes, agit en plein détachement, le péché ne s'attache pas à lui pas plus que l'eau à la feuille du lotus. (11) Le corps, le manas (organe central de perception qui se superpose au cinq sens), l'esprit, les sens mêmes ainsi parfaitement dégagés, les yogins, agissant en dehors de tout attachement, travaillent à la purification intérieure. (12) Celui qui pratique le yoga s'affranchit du fruit des actes et atteint la paix immuable ; celui qui ne la pratique pas, attaché au fruit sous la poussée du désir, demeure lié. »

— Bahgavad Gita, chapitre 5[24].

Le yoga, ou d'autres courants hindous, lui enseigne le moyen de parvenir à ce résultat, l'hindou ayant le loisir de choisir la méthode qui lui convient le mieux en fonction des écoles de philosophie indienne. Aujourd'hui, l'hindou, puisqu'il vit au kaliyuga, époque où le dharma est le plus corrompu, choisit la voie du Bhakti yoga ou de la dévotion (ce qui ne signifie pas forcément qu'il exclut d'autres moyens religieux ou philosophiques [17]).

Selon d'autres sources

Selon Alain Daniélou (dans le destin du monde d'après la tradition shivaïque) cette théorie ne fait partie ni de l'ancien shivaïsme, ni du védisme. Elle aurait été incorporée à l'hindouisme tardif [Quand ?] et proviendrait du jaïnisme qui l'a transmis au bouddhisme puis à l'hindouisme moderne, qui commence en 500 après J.-C. environ (les hindous ne croient pas en ces distinctions chronologiques et historiques).

Selon l'hindouisme, toutes les créatures sont composées de l' atmân (le Soi, l'âme, le principe vital) dans l'absolu, du jivatman (le Soi, l'âme incarnée) dans l'existence, et de l' ahamkara (l'ego, le « moi qui dit je pour s'opposer aux autres »)[17]. De ces deux parties (atmân et ahamkara) l'une est permanente, non-née, universelle : le Soi ; l'autre est impermanente, créée et individuelle : le moi. Pour l'hindouisme, il n'y a pas réincarnation de l'individu (du moi : le corps et l'esprit sont dissous) mais demeure la transmigration (ou réincarnation) du Soi, de l'âme, du principe vital.

Cette théorie des deux "soi" se retrouve dans beaucoup d'autres traditions (Platon, la chrétienté, l'islam...) et cette distinction contredit la théorie de la réincarnation qui pose l'élément individuel comme permanent.[réf. nécessaire]

Quelques textes sur l'universalité du Soi :

"Il n'est qu'un Soi pour tous les êtres" Katha Upanishad

"Ce Soi en vérité est l'univers entier" Chândogya Upanishad

"Il n'est pas né et ne meurt point" Katha Upanishad

Selon Ananda Coomaraswamy (dans La signification de la mort), la réincarnation vient d'une incompréhension populaire de la doctrine de la transmigration et ne fais pas partie des doctrines hindoues [citation nécessaire]. René Guénon affirme [Où ?] de son côté que la réincarnation n'est pas une doctrine traditionnelle [citation nécessaire]; il la considère comme hétérodoxe (l'erreur spirite). Arthur Schopenhauer, dans le Monde comme volonté et représentation, voyait en elle une métaphore pour expliquer l'identification nécessaire de l'individu avec toute créature, avec tout ce qui vit, car doté du même « vouloir vivre ».

Dans le bouddhisme

Xe et XIe Panchen Lama, gouache du peintre Claude-Max Lochu, Gendhun Choekyi Nyima, est considéré par des bouddhistes tibétains comme la réincarnation du Xe Panchen Lama.

La réincarnation (punarbhava, renaissance) est une des caractéristiques les plus connues des thèmes du bouddhisme. Il faut cependant remarquer que le bouddhisme ne croit pas en l'existence d'une "âme" ni d'un esprit[25],[26], car ce qu'il appelle citta ("mental-cœur") n'est pas une âme immortelle ; plus précisément c'est au concept hindouiste d'atman, le Soi, que le bouddhisme oppose l'idée d'anatta, le non-soi, l'impersonnalité dont il fait une caractéristique de toute chose : il n'y a pas de soi qui se réincarne mais « chaque chose est sans soi ».

La pensée du plus grand nombre - qu'il s'agisse d'Occidentaux ou d'Orientaux - consiste à croire que la personnalité, le moi et ses agrégats se réincarnent. Ainsi, il est possible de dire ou de croire qu'on était dans une vie passée, un pharaon ou une prostituée, etc. Ainsi on explique certaines impressions de "déjà vu", certaines épreuves de la vie ou... le coup de foudre !

Mais le bouddhisme propose, à la place d'une âme et d'un corps, la distinction de cinq agrégats d'attachement, skandha. Agrégat décrit l'individu comme un ensemble de phénomènes différents ; attachement insiste sur le fait que ces constituants sont pris pour un être, pour un moi, et conduisent à s'attacher à cette idée d'égo, là où il n'y a que phénomènes éphémères, impersonnels et insatisfaisants : ce sont les trois caractéristiques de tout phénomène conditionné.

Bien que l'expression « réincarnation » puisse figurer dans quelques traductions, le terme le plus employé est celui de « renaissance ». Il y a bien, en effet, une continuité - la mort ne signifie pas que le conditionnement cesse. Le samsâra forme ainsi un cycle de vies qui s'enchaînent les unes après les autres selon la loi de causalité. La souffrance ainsi se perpétue de vie en vie ; mais selon Buddhaghosa, chaque vie ne dure, en réalité, qu'un seul instant.

S'il y a donc continuité, cette dernière est interprétée différemment par les différentes écoles bouddhiques. S'il n'y a pas d'âme, où est la continuité ? Cette question de l'interprétation se manifeste clairement dans l'étude qui est faite de la coproduction conditionnée. Cet enseignement propose de détailler les différents phénomènes qui sont dépendants les uns des autres et qui font que la souffrance se perpétue de vie en vie. Le karma est responsable de cette perpétuation. Selon Ajahn Brahm[27], l'analogie qui permet le mieux d'expliquer qu'il puisse y avoir renaissance sans qu'il y ait pour autant une âme qui perdure est celle, classique, de la mangue : un noyau de mangue donnera naissance à un nouveau manguier qui manifestera de nouveau les caractères de la mangue d'origine, sans que pour autant un seul atome de cette mangue ait été transmis. Le karma est donc comparable au code génétique : c'est une information qui est transmise, ce n'est pas une entité durable qui transmigre de corps en corps.

Selon certaines écoles, la renaissance est immédiate : au moment du décès correspond la conscience de mourir et succède alors une conscience de renaître. Pour le bouddhisme tibétain, la mort implique des stades intermédiaires, les bardo.

Pour le bouddhisme chinois, tel que décrit dans le roman ésotérique, légendaire et historique "Le Voyage en Occident" (Pérégrinations vers l'Ouest) de Wu Cheng'en, l'ici-bas comme l'au-delà constituent deux formes d'illusion, d'irréalité, et même si cette vision de la réalité reste irréelle, elle aussi, c'est la seule base d'expérience que nous avons.
Cette question de deux réalités est exemplaire des différentes approches philosophiques dans le bouddhisme ; si toutes ses branches distinguent une réalité purement conventionnelle et une réalité ultime, paramartha, l'analyse qui en est faite varie singulièrement.

Serge-Christophe Kolm dans son livre Le Bonheur-liberté (PUF, 1982) distingue le niveau de croyance populaire dans lequel la réincarnation est tenue pour une réalité du monde physique, alors que les niveaux plus élevés du bouddhisme, le bouddhisme profond (pour autant qu'il n'y ait qu'un seul et unique véhicule profond commun à tous les bouddhistes), donne à ce concept seulement un sens de parabole, une façon imagée et simplifiée de définir un concept trop complexe pour être délivré aux fidèles inaptes à le comprendre. La réincarnation ne doit donc plus être considérée comme une réalité objective mais comme une transcendance spirituelle.

Quant à celui qui ne croit pas en la réincarnation, le kālāma sutta lui enseigne quatre consolations, dont voici la seconde : «Supposons qu'il n'y ait aucun au-delà et qu'il n'y ait aucun fruit, résultat, des actions faites, bonnes ou mauvaises. Pourtant, en ce monde, ici et maintenant, libre de haine, libre de méchanceté, sain et sauf, et heureux, je me maintiens».

Quelle que soit l'interprétation de la « renaissance », le bouddhisme ne l'enseigne que dans un but, et l'enseignement n'a de sens que dans l'objectif de mettre un terme à la souffrance. Gautama Bouddha n'analysa pas seulement l'insatisfaction, mais enseigna les quatre nobles vérités, présentant l'origine de l'insatisfaction, sa cessation et la voie y menant.

La renaissance en tant qu'être humain (« précieuse » selon les textes, car à la fois peu probable et seule capable de mener à l'Inconditionné) se présente alors comme une belle occasion de sortir du cycle des existences, là où les basses existences ne le permettent pas et où les dieux ne sont pas conscients de la souffrance.

Ces dernières remarques ne doivent pas masquer la divergence de points de vue entre écoles bouddhistes : si mettre un terme à la souffrance est opinion consensuelle, quelle voie faut-il privilégier ? Le courant du Bouddhisme hīnayāna privilégie l'éveil personnel, l'être devenant ainsi un Arhat et quitte le samsara pour atteindre le Nirvana, alors que les écoles Mahayana favorisent l'éveil altruiste de Bodhisattva, ce dernier restant volontairement dans le Samsara pour aider les autres à s'éveiller. Le disciple renonce donc de lui-même à l'état de Bouddha, car il sait qu'en pénétrant dans le Nirvana il quitte le cycle des renaissances dans le Samsara pour jouir de la juste rétribution que lui vaut son ascèse et ses actes[28].

La renaissance n'est pas un « article de foi » du bouddhisme (même si une méthode est indiquée dans les textes pour voir ses existences passées, par projection de l'esprit dans le quatrième dhyāna). A la différence des concepts essentiels d'Absolu (nirvāna) et d'anātman, qui sont caractéristiques du bouddhisme, le thème de la renaissance ou de la vie future peut être ignoré (ce que fait le Zen par exemple, qui se préoccupe avant tout de l'« ici et maintenant »), même s'il ne fait pas de doute pour les méditants avancés.

À l'époque contemporaine

Origines

C'est vers la fin du XIXe siècle que la réincarnation fait un grand retour en Occident, sous la double influence d'un regain d'intérêt pour l'occultisme et de l'étude plus systématique des religions venues d'Inde (hindouisme et bouddhisme) par les anthropologues et philosophes occidentaux (notamment Schopenhauer).

Plusieurs groupes "ésotériques" placent la réincarnation (ou en tout cas une version occidentale de la réincarnation) au cœur de leurs enseignements. Parmi ceux-ci, on peut citer la Théosophie, fondée par Helena Blavatsky en 1875.

Par ailleurs, la doctrine spirite, codifiée Allan Kardec dans Le livre des Esprits en 1857, est en partie fondée sur la croyance en la réincarnation[29].

Aujourd'hui, la continuation de cette tradition se retrouve dans le mouvement dit New Age.

Considérations générales

La conception occidentale de la réincarnation est une évolution de l’idée antique et orientale. Mais, alors que l’hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme considèrent la réincarnation comme une catastrophe – le but de la vie étant de se libérer du cycle des existences dans les deux cas – beaucoup d’Occidentaux croient que la réincarnation est désirable. En effet, si nous apprenons lors de chaque incarnation, nos personnages ne peuvent que devenir plus élaborés et complexes. Les lois de la destinée et du karma gouvernent le processus de la réincarnation. "Karma" est un terme sanskrit qui signifie "action-réaction" et a son équivalent dans le terme grec de Némésis, "la déesse aux yeux bandés" représente le côté tant impersonnel qu'universel d'un principe qui régit tous les domaines d'existence, et pas seulement celui de la réincarnation. Cette loi de nécessité dirige tout le créé et c'est pourquoi elle est à proprement parler, impitoyable. Pour certaines personnes, la réincarnation vise à expliquer la raison des inégalités entre les êtres humains, le pourquoi de certaines épreuves rencontrées, et justifie également l'existence de la mort. La mort n'est plus la cessation de vie, mais le prélude à un temps-bilan (dans un "lieu" que certains appellent en Orient le kamaloka) qui conduit à choisir le contexte d'une nouvelle naissance d'une durée plus ou moins longue.

Pour ce qui est d'une "justification" de la misère, il faut bien préciser que si, par exemple, quelqu'un vient à décéder lors d'une catastrophe naturelle, c'est bien "en raison" de ses actions passées que cette personne se trouvait là à cet instant, sans que l'on doive nécessairement qualifier ceci de bien ou de mal. On objecte alors parfois que certaines personnes souffrent "de par leur naissance". Et c'est entre autres un argument qui vient étayer la croyance en la réincarnation : telle naissance est, elle aussi, l'effet d'actes passés, accomplis dans une existence antérieure.

Par conséquent, s'intéresser à la réincarnation, c'est aussi tenter de pénétrer les mystères de l'après-vie et des éventuelles vies successives, y compris des vies passées sur cette Terre, voire sur d'autres planètes habitées.

Augmentation radicale de l'espérance de vie et réincarnation artificielle

Il a été suggéré qu'une forme de réincarnation artificielle (sans mort réelle) pourrait être créée. C'est l'une des idées visant à nuancer celle qui dit qu'une espérance de vie grandement augmentée (ou même l'immortalité) serait synonyme d'ennui. Cette idée s'inscrit dans le courant transhumaniste.

Les souvenirs d'un être vivant pourraient être totalement ou en partie effacés. Il pourrait alors découvrir à nouveau ce qu'il a oublié volontairement, peut-être même depuis le stade de la naissance. Il pourrait alors vivre une nouvelle "vie".

Des scientifiques s'intéressent déjà à des traitements permettant d'oublier des expériences spécifiques (des évènements traumatisants), et les recherches actuelles sur l'amnésie révèlent progressivement les mécanismes de l'oubli.

Dans le contexte plus futuriste du transfert de l'esprit sur ordinateur, l'effacement de souvenirs sélectionnés serait vraisemblablement une simple formalité. Tout cela relève bien sûr, pour l'instant, du domaine de la science-fiction et de la pure spéculation.

Ian Stevenson

Une réflexion « scientifique » sur la réincarnation fut animée aux États-Unis jusqu'en 2002 (année de ses 82 ans) par le Canadien Ian Stevenson dont on a dit qu'il était soit un grand mystificateur, soit le Galilée du XXe siècle. Les conclusions officielles de Ian Stevenson sont extrêmement prudentes. Stevenson a recensé 2 600 cas, mais en a publié 64 de façon complète, en six gros volumes qui ont été publiés en anglais par les Presses de l'Université de Charlottesville. Dans tous les cas, les allégations des enfants prétendant se souvenir de leurs incarnations antérieures ont été vérifiées. Et dans le dernier livre qu'il a publié, il y a ajouté 6 observations recueillies en milieu occidental, car les 64 observations primitives ont été uniquement recueillies dans des civilisations qui acceptent l'idée de la réincarnation (Ian Stevenson, Vingt cas suggérant le phénomène de réincarnation. L'enquête la plus sérieuse au monde, 1re éd. 1966, trad. 1985). Des maîtres bouddhistes de formation scientifique comme Ajahn Brahm considèrent les travaux de Stevenson comme tout à fait fiables et constituant une preuve scientifique de la réincarnation, en regrettant que la communauté scientifique les ignore[27].

Culture

Bibliographie

  • Helena Blavatsky, The voice of silence, 1889, La Voix du Silence, Éditions Adyar.
  • Paul Carus, L'Évangile du Bouddha raconté d'après les anciens document, 1894, traduction Milloué, 1902, Éditions Aquarius.
  • Jean-Marie Détré, La Réincarnation et l'Occident, tome 1 et 2, éditions Triades.
  • Bahram Elahi, "La voie de la perfection", éditions Albin Michel*Narada Thera, La doctrine bouddhique de la Re-naissance, 1979, Librairie d'Amérique et d'Orient-Adrien Maisonneuve.
  • Sogyal Rinpoché, Le Livre tibétain de la vie et de la mort - Éditions Table Ronde (livre tiré du Bardo Thödol).
  • Jan van Rijckenborgh, Le Mystère de la Vie et de la Mort - Éditions du Septénaire. Rose-Croix.
  • Rudolf Steiner, La Science de l'Occulte (1911), éditions Triades, 1993. Anthroposophie.
  • Ian Stevenson, Vingt cas suggérant la réincarnation (1966, 1973), trad., J'ai lu, 2007, 667 p. Enquête scientifique sans conclusion tranchée.
  • Didier Treutenaere, Bouddhisme et re-naissances dans la tradition Theravāda, Asia, Librairie d'Amérique et d'Orient-Adrien Maisonneuve, Paris, mai 2009, ISBN:9782953405606. Un ouvrage de référence sur la question des renaissances du point de vue du bouddhisme le plus ancien : 600 pages, 1000 citations retraduites du canon pāli, un glossaire et une bibliographie commentée.
  • G. Wachsmuth, Réincarnation, processus de métamorphose, éditions Triades.
  • Michel Tramontane, pseud. Michel Teston, De la psychanalyse à la réincarnation, 1985, éd. Teston, 07530 Antraigues (France).
  • Maupassant, "le docteur Heraclius Gloss" 1876

Filmographie

  • The Eye 2 (par Danny Pang et Oxide Pang, 2003)

Notes et Références

  1. A comparative study of religions par Y. Masih, page 37 éditions Motilal Banarsidass
  2. a, b et c Le yoga, immortalité et liberté, Mircea Eliade, éditions Payot.
  3. A History of Yoga By Vivian Worthington, page 35, 1982 Routledge
  4. [1]
  5. Louis Renou et Jean Filliozat, L'Inde classique, t. I, p. 342, 334.
  6. « Ce sont encore les Égyptiens qui, les premiers, ont dit que l'âme humaine est immortelle et qu'au moment où le corps périt, elle vient se loger dans un autre être vivant qui naît alors ; que, lorsqu'elle a habité tour à tour toutes les espèces terrestres, aquatiques et aériennes, alors elle pénètre de nouveau dans le corps d'un homme à l'instant où il naît, après une migration de trois mille ans.» - Hérodote, Enquête, II, 123.
  7. H. Bonnet, in Reallexikon der ägyptischen Religionsgeschichte, Berlin, 1952, p. 76 ss.
  8. Orphée, poèmes magiques et cosmologiques, Les Belles Lettres, 1993, p. 145.
  9. Richard Sorabji (dir.), Animals Minds and Human Morals, Ithaca, 1993, p. 188-194.
  10. Rabbin Moïse Gaster, Encyclopaedia of Religion and Ethics, article "Transmigration".
  11. Par exemple dans La guerre des Juifs, dans l'exhortation faite aux soldats juifs à ne pas se suicider (pour éviter d'être capturés par les Romains) : « Les corps, bien sûr, sont mortels chez tous les vivants et constitués d’une matière corruptible, mais l’âme est à jamais immortelle et habite dans les corps comme une parcelle de Dieu… Ne savez-vous pas que ceux qui quittent la vie selon la loi de la nature… y gagnent une gloire éternelle ; que leurs maisons et leurs famille sont affermies ; que leurs âmes restent pures et secourables, qu’elles obtiennent la place la plus sainte dans le ciel d’où, grâce au cycle des âges, elles retournent habiter de nouveau dans des corps saints ? Mais ceux qui ont la folie de porter les mains sur eux-mêmes, un Hadès plus sombre reçoit leurs âmes...»
  12. voir les livres de Anne Givaudan et Daniel Meurois
  13. "Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, avant que le jour de l'Éternel arrive." - Malachie (IV:5)
  14. « Les frères prophètes le virent à distance et dirent : 'l'esprit d'Élie s'est reposé sur Élisée!' ; ils vinrent à sa rencontre et se prosternèrent à terre devant lui. » - 2Rois 2:15
  15. (A propos de Jean) « Il marchera devant lui avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à la prudence des justes, préparant au Seigneur un peuple bien disposé. » - Luc 1:17
  16. a, b et c René Nelli, La vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle, ISBN 978-2-253-03163-5
  17. a, b, c, d, e, f, g et h L'hindouisme, anthropologie d'une civilisation, Madeleine Biardeau, éditions Flammarion
  18. Les hindous croient-ils en la réincarnation ?, Science Humaine
  19. Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, éditions le livre de poche.
  20. Trésor de la poésie universelle, Gallimard.
  21. a, b, c et d Psaumes du pèlerin, Toukaram, préface de Guy Déleury, folio.
  22. Bhagavad-Gîtâ 11, 22
  23. Bhagavad-Gîtâ 11, 27
  24. la bhagavad-gîta, texte établi par Emile Sénart, éditions les belles lettres, ISBN9782251799780
  25. Les bouddhistes croient-ils en la réincarnation ?
  26. Brève présentation du bouddhisme
  27. a et b Reincarnation - Here We Go Again
  28. Cf La Voix du Silence - Traité mystique tibétain, éditions Adhyar.
  29. "C'est à la moitié du XIXe siècle que cette doctrine connut un grand succès dès la parution du premier des cinq ouvrages qui en constituait le corpus sacré. Fondée sur la croyance en la réincarnation d'un même esprit dans des corps différents au long des siècles, elle s'insère dans un mouvement de pensée à la fois scientifique et philosophique qui s'est développé en France avant la Révolution ..." Marion Aubrée, La nouvelle dynamique du spiritisme kardéciste, Institut de l'information scientifique et technique, CNRS, 2000.

Annexes

Articles connexes

Liens externes


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