Rwanda

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Rwanda
Repubulika yu Rwanda (rw)
Republic of Rwanda (en)
RĂ©publique du Rwanda (fr)
Drapeau du Rwanda Armoiries du Rwanda
(Drapeau du Rwanda) (Armoiries du Rwanda)
Devise nationale : Ubumwe, Umurimo, Gukunda Igihugu
(unité, travail, patriotisme)
carte
Langues officielles kinyarwanda[1], français, anglais
Capitale Kigali
1°58â€ČS 30°7â€ČE / -1.967, 30.117
Plus grande ville Kigali
Forme de l’État RĂ©publique
 - PrĂ©sident Paul Kagame
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 143e
26 338 km2
5,3
Population
 - Totale (juillet 2010)
 - DensitĂ©
Classé 74e
11 055 976 hab.
419,77 hab./km2
Indépendance
 - Date
de la Belgique
1er juillet 1962
Gentilé Rwandais(e)
Monnaie Franc rwandais (RWF)
Fuseau horaire UTC +2
Hymne national Rwanda Nziza
Code ISO 3166-1 RWA, RW
Domaine internet .rw
Indicatif
téléphonique
+250


Carte du Rwanda

Le Rwanda, en forme longue la RĂ©publique du Rwanda ou la RĂ©publique rwandaise, en kinyarwanda Repubulika yu Rwanda, autrefois Ruanda en français avant l'indĂ©pendance en 1962, surnommĂ© le « Pays des mille collines Â», est un pays d'Afrique centrale. Il partage des frontiĂšres avec, au nord, l'Ouganda, Ă  l'est, la Tanzanie, au sud, le Burundi, et Ă  l'ouest, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Sa capitale Kigali est situĂ©e au centre du pays.

Les Rwandais parlent le kinyarwanda, et vivent dans les collines qui constituent la localisation de référence des habitats.

Le Rwanda est membre de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l'Union africaine (UA), depuis juin 2007, de la CommunautĂ© d'Afrique de l'Est, de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), et depuis le 29 novembre 2009 du Commonwealth of Nations.

Sommaire

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire du Rwanda.

Époque prĂ©-coloniale et coloniale

Traditionnellement, la population rwandaise Ă©tait structurĂ©e en une vingtaine de clans composĂ©s d'Ă©leveurs, les Tutsi, d'agriculteurs, les Hutu, et d'artisans, les Twa. Le clan Ă©tait la rĂ©fĂ©rence identitaire de chaque Rwandais. Chaque clan avait un chef, le Mwami issu d'un lignage patriarcal, qui Ă©tait Hutu ou Tutsi. Un des clans, dirigĂ© par un lignage Tutsi, dominait le Rwanda et son Mwami Ă©tait considĂ©rĂ© comme le roi du Rwanda. Les populations parlaient la mĂȘme langue, le kinyarwanda, se mariaient entre elles, partageaient la mĂȘme religion et pouvaient passer d'un groupe socio-professionnel (Hutu ou Tutsi) Ă  l'autre[2]. On ne peut donc pas parler d'ethnies diffĂ©rentes au Rwanda selon la dĂ©finition acadĂ©mique de l'ethnie. Ce systĂšme fĂ©odal Ă©tait basĂ© sur la possession de troupeaux ou de terres. Cette structure Ă©tait concrĂ©tisĂ©e par un chef du bĂ©tail et un chef des terres. Elle comportait aussi un chef militaire[3].

À leur arrivĂ©e, les colonisateurs allemands, puis belges cherchĂšrent Ă  comprendre cette sociĂ©tĂ© mobile et complexe qui ne correspondait pas aux critĂšres europĂ©ens. Ils classĂšrent les populations en fonction de leurs activitĂ©s, de leur physique, etc. Ils furent trĂšs impressionnĂ©s par la monarchie rwandaise, et considĂ©rĂšrent cette catĂ©gorie, les Tutsi, comme une « race Â» supĂ©rieure, assimilant aussi tous les Tutsi Ă  ceux de la cour royale. Selon les colonisateurs, les Tutsi sont plus grands, plus clairs de peau, plus beaux, ce qui les rendrait plus aptes Ă  diriger[4].

Les colons vont donc s'appuyer sur les Tutsi pour mettre en place leur administration coloniale, ne respectant pas les Mwami des clans dirigĂ©s par des Hutu. Il se crĂ©a ainsi une diffĂ©renciation raciale artificielle issue du regard du colonisateur. Cette distinction, au dĂ©part socio-professionnelle et politique entre Hutu et Tutsi, devint raciale et politique dans l'organisation coloniale de la sociĂ©tĂ©. L'accĂšs aux avantages, Ă  l'enseignement, aux postes administratifs fut rĂ©servĂ© prioritairement aux Tutsi. Peu Ă  peu, les diffĂ©renciations basĂ©es sur de prĂ©tendues analyses raciales rationnelles furent intĂ©grĂ©es par les populations. Les termes de « Hutu Â» (roturier) et de « Tutsi Â» (noblesse) furent alors considĂ©rĂ©s comme rĂ©fĂ©rence identitaire essentielle par les Rwandais, et entraĂźnĂšrent une diffĂ©renciation antagonique de la sociĂ©tĂ© entre ces deux groupes. Le terme « ethnie Â» n'ayant pas d'Ă©quivalent dans la langue rwandaise, l'administration coloniale utilisa Ă  sa place le terme « ubwoko Â», qui dĂ©signe le clan[5].

Selon l'histoire enseignĂ©e durant la colonisation, les Hutu majoritaires Ă©taient des fermiers d'origine bantoue. Les Tutsi Ă©taient un peuple pastoral qui serait arrivĂ© dans la rĂ©gion au XVe siĂšcle depuis les hauts-plateaux Ă©thiopiens. Un troisiĂšme groupe, les Twa, seraient les reprĂ©sentants des premiers colons de la rĂ©gion et issus des PygmĂ©es.

Ces thĂ©ories sont dĂ©sormais fortement remises en cause et l'on tend aujourd'hui Ă  considĂ©rer que les colonisateurs belges des annĂ©es 1920, nĂ©gligeant les rĂ©fĂ©rences claniques, ont interprĂ©tĂ© de façon ethnique la structure socio-professionnelle de la population, sous l'influence aussi de l'organisation hĂ©ritĂ©e des colonisateurs prĂ©cĂ©dents, les Allemands, et ont ainsi appliquĂ© une politique formellement appuyĂ©e par la SociĂ©tĂ© des Nations qui avait confiĂ© Ă  la Belgique la tutelle du Rwanda-Urundi. Ainsi s'installa une lĂ©gende sans rĂ©el fondement nĂ©e lĂ  oĂč s'arrĂȘtait la mĂ©moire orale de la culture rwandaise et sans qu'aucune recherche archĂ©ologique ou linguistique soit venue l'Ă©tayer.

Les Tutsi, Ă©rigĂ©s par le colonisateur en « caste Â» dominante[rĂ©f. souhaitĂ©e], furent de plus en plus dĂ©noncĂ©s par la majoritĂ© hutu Ă  partir des annĂ©es cinquante. Dans un texte publiĂ© le 24 mars 1957, le Manifeste des Bahutu, neuf intellectuels Hutu cristallisĂšrent cet antagonisme. Puis, en 1959, la revendication d'indĂ©pendance des Tutsi incita les Belges Ă  renverser leur alliance au profit des Hutu, ce qui entraĂźna la chute de la royautĂ© tutsi et la prise du pouvoir par les Hutu au sein d'une rĂ©publique ethnique. Il s'ensuivit une vague d'Ă©meutes et de pogroms qui entraĂźna en exil des milliers de Tutsi[6].

AprÚs l'indépendance

La premiĂšre rĂ©publique se met alors en place et GrĂ©goire Kayibanda, un Hutu, accĂšde Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique en 1961. Le nouveau rĂ©gime affronte des attaques des exilĂ©s tutsi, qui sont le prĂ©texte de violentes rĂ©pressions sur les Tutsi de l'intĂ©rieur, notamment en dĂ©cembre 1963 oĂč plusieurs milliers de Tutsi sont massacrĂ©s[7].

Pour maintenir l'unitĂ© politique, GrĂ©goire Kayibanda instrumentalise les massacres de masse dont furent victimes les Hutu du Burundi en 1972, il justifie la crainte d'une menace des Tutsi rwandais. Les Tutsi, Ă©lĂšves et professeurs, sont systĂ©matiquement expulsĂ©s de l'enseignement, quelques-uns massacrĂ©s dans les Ă©tablissements scolaires. Ces Ă©vĂ©nements provoquent une nouvelle vague d'exode des Tutsi. Exploitant ces Ă©vĂ©nements, JuvĂ©nal Habyarimana renverse immĂ©diatement GrĂ©goire Kayibanda en juillet 1973, puis fonde un parti en 1975, le Mouvement rĂ©volutionnaire national pour le dĂ©veloppement (MRND). La mĂȘme annĂ©e, le prĂ©sident français Giscard d'Estaing signe un Accord particulier d'Assistance Militaire[8] avec le gouvernement rwandais. Entre 1987 et 1994, des livraisons rĂ©guliĂšres d’équipement militaire vers le Rwanda seront effectuĂ©es par la France[9]. En 1978, Habyarimana change la Constitution et fait adopter un rĂ©gime Ă  parti unique, le MRND, dont tous les Rwandais sont membres d'office.

Les exilĂ©s tutsi s'organisent en Ouganda et crĂ©ent le Front patriotique rwandais (FPR) en 1987. Le 1er octobre 1990, venant de l'Ouganda, le FPR entre en force au nord du Rwanda. La France dĂšs le 4 octobre 1990, le ZaĂŻre et la Belgique interviennent briĂšvement pour aider Ă  Ă©vacuer des occidentaux. Huit Ă  dix mille Tutsi sont emprisonnĂ©s en octobre 1990[10]. En dĂ©accord avec cette politique, la Belgique rapatriera alors ses troupes du Rwanda. Le soutien militaire français sera maintenu sous la dĂ©nomination opĂ©ration NoroĂźt jusqu'Ă  la mise en place des troupes de l'ONU (MINUAR commandĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Dallaire) en dĂ©cembre 1993[11]. Le ministre de la coopĂ©ration Robert Galley tĂ©moignera que l'armĂ©e française a bien Ă©tĂ© utilisĂ©e afin de stopper l'avancĂ©e du FPR[12]. Le nombre officiel de militaires français participant Ă  NoroĂźt atteindra 688 personnes[13]. Le 15 octobre 1990, l'ambassadeur de France au Rwanda, Georges Martres, adresse un tĂ©lĂ©gramme au chef d'Ă©tat-major particulier du prĂ©sident Mitterrand, dans lequel il mentionne le risque d'un gĂ©nocide contre les Tutsi[14]. MalgrĂ© cet avertissement, le gouvernement français va continuer d'aider le rĂ©gime d'Habyarimana. Divers groupes tutsi sont exĂ©cutĂ©s par des « extrĂ©mistes Â» hutu. L'armĂ©e rwandaise massacre 1000 Bahimas (apparentĂ©s aux Tutsi) Ă  Mutara, et environ un milliers de Bagogwe (apparentĂ©s aux Tutsi) au nord-ouest du Rwanda, dont 348 Tutsi dans la rĂ©gion de Kibilira[15]. Depuis ses bases arriĂšres Ă©tablies en Ouganda et avec l'appui en matĂ©riel dĂ©tournĂ© de l'armĂ©e ougandaise[16], le FPR Ă©tablira progressivement une tĂȘte de pont au nord du Rwanda oĂč des combats se poursuivront jusqu'en 1994. Ceux-ci sont la cause d'importants dĂ©placements vers la capitale de la population hutu qui fuit les combats et des exactions attribuĂ©es au FPR dans la zone toujours plus vaste qu'il occupe dans le nord du pays.

À la suite du discours de La Baule de François Mitterrand, JuvĂ©nal Habyarimana fait changer la Constitution en 1991 pour revenir au multipartisme. Sous la pression de la communautĂ© internationale, les accords successifs d'Arusha, nĂ©gociĂ©s en Tanzanie avec le FPR et clĂŽturĂ©s en aoĂ»t 1993, prĂ©voient, aprĂšs un cessez-le-feu[17], l'organisation du retour des exilĂ©s tutsi et l'intĂ©gration politique et militaire des diffĂ©rentes composantes internes et externes de la nation rwandaise. La MINUAR, mission de paix de l'ONU, sera mise en place en dĂ©cembre 1993 pour aider Ă  la concrĂ©tisation de ces accords. ParallĂšlement l'entourage de JuvĂ©nal Habyarimana et de son Ă©pouse Agathe, qui contrĂŽle aussi l'armĂ©e et l'Ă©conomie du pays, crĂ©ent en 1992 la Coalition pour la dĂ©fense de la RĂ©publique (CDR), les milices Interahamwe et la radio des Mille Collines (RTLM) qui seront les principaux organes du gĂ©nocide de 1994 et s'autoqualifieront de Hutu Power. Les mĂ©dias gouvernementaux rwandais joueront un rĂŽle significatif de propagande anti-Tutsi avant et durant le gĂ©nocide. Ainsi, la RTLM appelle au meurtre des Tutsi dĂšs 1992. L'ambassadeur belge Johan Swinnen a rapportĂ© Ă  Bruxelles que la RTLM diffuse ces appels Ă  l’extermination des Tutsi[18]. Le journal rwandais Kangura, un autre organe des « mĂ©dias de la haine Â», publie le 10 dĂ©cembre 1990 les « Dix commandements du Hutu Â», texte raciste qui appelle Ă  la haine anti-Tutsi[19]. Au cours de la pĂ©riode 1990-1993, des assassinats politiques[20], les massacres de certaines populations tutsi par les forces gouvernementales seront considĂ©rĂ©s par une commission d'enquĂȘte internationale conduite en 1993 comme des prĂ©mices d'un gĂ©nocide[21].

Le génocide des Tutsi

Article dĂ©taillĂ© : GĂ©nocide au Rwanda.

Le soir du 6 avril 1994, les prĂ©sidents rwandais et burundais, le chef d'Ă©tat-major rwandais et une dizaine d'autres personnalitĂ©s, meurent, avec l'Ă©quipage de trois français, dans un attentat visant l'avion prĂ©sidentiel rwandais. DĂšs le lendemain, le premier ministre, Madame Agathe Uwilingiyimana, et d'autres personnalitĂ©s politiques hutu dĂ©mocrates, dix militaires belges de la Mission des nations unies (Minuar) sont assassinĂ©s par la garde prĂ©sidentielle rwandaise. SimultanĂ©ment dĂ©bute le gĂ©nocide des Tutsi dans plusieurs provinces du pays. La mort du prĂ©sident Habyarimana est donc considĂ©rĂ©e comme le fait initial du gĂ©nocide rwandais. Le gouvernement intĂ©rimaire rwandais, constituĂ© quelques jours plus tard, conduit le gĂ©nocide Ă  l'intĂ©rieur du pays et la guerre contre l'armĂ©e du FPR, Front Patriotique rwandais constituĂ© essentiellement par des exilĂ©s Tutsi. Des Rwandais sont aussi victimes de cette guerre civile entre les FAR gouvernementales et l'APR. Enfin, des Hutus, exĂ©cutĂ©s sans jugement comme gĂ©nocidaires, et parfois leurs familles, sont victimes de reprĂ©sailles de soldats du FPR[22].

Le gouvernement intĂ©rimaire est dirigĂ© par l'ex-premier ministre Jean Kambanda, qui plaida coupable devant le Tribunal pĂ©nal international pour le Rwanda et fut condamnĂ© en 1998 Ă  la prison Ă  vie pour crime de gĂ©nocide, entente en vue de commettre le gĂ©nocide et crime contre l'humanitĂ©[23]. Le « cerveau Â» du gĂ©nocide, selon le procureur du TPIR et de nombreux observateurs, serait le colonel ThĂ©oneste Bagosora, condamnĂ© Ă  la prison Ă  vie en 2008, membre de l'Akazu, « petit-maison Â» en Kinyarwanda gravitant autour de la famille Habyrimana, dĂ©signant ainsi le noyau dur qui, selon de nombreux tĂ©moins Rwandais, ont inspirĂ© ce gĂ©nocide. Au moins 800 000 Tutsi et Hutu dĂ©mocrates ont Ă©tĂ© massacrĂ©s selon l'ONU, plus d'un million selon les autoritĂ©s rwandaises et plus encore selon certains auteurs, qui font remarquer que la dĂ©claration d'Ă©tat-civil Ă  la naissance n'Ă©tait pas obligatoire au Rwanda.

Ce gĂ©nocide fut l'un des quatre gĂ©nocides du XXe siĂšcle reconnus par les institutions internationales[24].

La négation du génocide des Tutsi

Article dĂ©taillĂ© : NĂ©gation du gĂ©nocide au Rwanda.

PolĂ©mique sur un « double gĂ©nocide Â» Comme les autres gĂ©nocides (Shoah,gĂ©nocide des ArmĂ©niens, etc.), le gĂ©nocide des Tutsi est l'objet d'un nĂ©gationnisme. Celui-ci conteste d'une part l'existence mĂȘme du gĂ©nocide et d'autre part celle de complicitĂ©s lors des Ă©vĂ©nements. En outre, certains acteurs de ce nĂ©gationnisme s'appuient sur la thĂ©orie du « double gĂ©nocide Â», qui tend Ă  mettre en balance les victimes Tutsi du gĂ©nocide et les victimes Hutu de la guerre et des reprĂ©sailles de l'aprĂšs gĂ©nocide[25].

L'ONU, l'OUA et les parlements rwandais, belge et français[26], sont sans Ă©quivoque dans leurs rapports sur les Ă©vĂ©nements du Rwanda de 1994 : il y a eu au Rwanda un et un seul gĂ©nocide, celui des Rwandais qui avaient une carte d'identitĂ© portant la mention « Tutsi Â». Les dĂ©cisions du Tribunal pĂ©nal international pour le Rwanda ont confirmĂ© le gĂ©nocide des Tutsi au plan juridique.

Une période de transition politique - 1994 à 2003

Le 4 juillet 1994, le FPR prend la capitale, Kigali.

Le 19 juillet, un gouvernement est constituĂ© sur la base des accords d'Arusha. Une pĂ©riode de transition politique est dĂ©crĂ©tĂ©e.

Pasteur Bizimungu devient président de la République. Mais l'homme fort du Rwanda est le général major Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense, cofondateur du FPR, ancien exilé tutsi en Ouganda.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda est constitué par l'ONU fin 1994. En Belgique, les tribunaux, se fondant sur la loi dite "de compétence universelle", ont également ouvert des dossiers contre des génocidaires.

En 1996, pour venir à bout des génocidaires repliés au Zaïre, le Rwanda, allié à l'Ouganda et aux rebelles de l'est du Zaïre, envahit le Zaïre et aide le front rebelle dirigé par Laurent Désiré Kabila, qui renverse en 1997 le président du Zaïre Mobutu Sese Seko.

Pasteur Bizimungu démissionne en 2000. Paul Kagame est élu président de la République par l'Assemblée nationale.

Le Rwanda doit faire face à un besoin de justice qui engorge les tribunaux et amÚne à la réhabilitation de la justice traditionnelle, Gacaca.

En 2002, l'ancien prĂ©sident de la RĂ©publique Pasteur Bizimungu, est arrĂȘtĂ© et mis en prison. Le Mouvement dĂ©mocratique rĂ©publicain est dissous par les dĂ©putĂ©s.

Le Rwanda depuis les Ă©lections de 2003

Le Rwanda dĂ©veloppe une politique extĂ©rieure audacieuse.[rĂ©f. nĂ©cessaire] Il envoie des casques bleus rwandais au Darfour. Un Rwandais occupe des responsabilitĂ©s au sein de l'Union africaine. En RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, le problĂšme des FDLR est pris au sĂ©rieux par la CommunautĂ© internationale. Le ministre de l'Ă©conomie du Rwanda devient PrĂ©sident de la Banque africaine de dĂ©veloppement en 2005. Le Rwanda fait partie des pays qui bĂ©nĂ©ficient d'une importante remise de dette en juillet 2005 par le G8. Le Rwanda bĂ©nĂ©ficie incontestablement d'un courant favorable au sein de la diplomatie internationale qui est sans doute dĂ» Ă  la pugnacitĂ© diplomatique convaincante de ses dirigeants.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Les Gacaca entrent dans leur phase opĂ©rationnelle en janvier 2005. Petit Ă  petit, des Rwandais se rendent compte qu'ils doivent craindre cette justice populaire rĂ©organisĂ©e et six mille d'entre eux s'enfuient au Burundi d'oĂč ils sont renvoyĂ©s au Rwanda, en ayant vainement tentĂ© d'apitoyer la communautĂ© internationale et les ONG sur leur sort.

Fin novembre 2006, le juge français anti-terroriste Jean-Louis BruguiĂšre lance des mandats d'arrĂȘt internationaux contre 9 proches du prĂ©sident Kagame qu'il soupçonne d'ĂȘtre impliquĂ© dans la destruction de l'avion prĂ©sidentiel en 1994. Ce juge Ă©tant chargĂ© du dossier concernant la mort de l'Ă©quipage français qui pilotait l'appareil. En riposte, le gouvernement rwandais rompt ses relations diplomatiques avec la France, expulse Dominique Decherf l'ambassadeur de France Ă  Kigali, ainsi que l'ensemble du personnel diplomatique et 25 000 personnes manifestent contre le gouvernement français dans la capitale africaine.

Le 6 avril 2007 l'ancien prĂ©sident de la RĂ©publique Pasteur Bizimungu est graciĂ© par Paul Kagame et sort de prison.

Le 29 novembre 2009, suite Ă  une rencontre Ă  Kigali entre le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la prĂ©sidence française, Claude GuĂ©ant, et le prĂ©sident de la RĂ©publique rwandaise, Paul Kagame, les deux pays dĂ©cident de renouer les relations diplomatiques rompues depuis trois ans[27]. Cet Ă©vĂšnement fait suite Ă  une amĂ©lioration progressive de la situation, avec une accĂ©lĂ©ration depuis la mi-novembre 2009, lorsque deux juges français s'Ă©taient rendus au Rwanda pour enquĂȘter sur le cas de personnes soupçonnĂ©es d'ĂȘtre responsables du gĂ©nocide rĂ©fugiĂ©s en France (il s'agit notamment des cas de Wenceslas Munyeshyaka et de Laurent Bucyibaruta, mais aussi du cas de la veuve de l'ancien prĂ©sident, Agathe Habyarimana)[28].

Hasard ou non, ce renouement des relations entre la France et le Rwanda intervient quelques heures seulement aprĂšs l'accession du Rwanda au sein du Commonwealth, alors que, depuis la tutelle belge, le Rwanda appartenait aux nations francophones.

GĂ©ographie

GĂ©ographie physique

ForĂȘt de Nyungwe, au sud-ouest du Rwanda
Article dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie du Rwanda.

Le Rwanda fait partie de l'Afrique des grands lacs.

AppelĂ© le Pays des mille collines, le Rwanda est bordĂ© au nord par une chaĂźne de volcans Ă©levĂ©s (3500 Ă  4 500 mĂštres), Ă  l'est par les marais de l'Akagera, au sud-est par les marais du Bugesera, au sud-ouest par le massif forestier de Nyungwe, Ă©crin de la source du Nil, et Ă  l'ouest par l'immense et magnifique lac Kivu. La capitale, Kigali, est Ă  1 400 mĂštres d'altitude et une grande partie du pays est au-dessus de ce niveau. Bien qu'Ă©tant situĂ© juste sous l'Ă©quateur, du fait de l'altitude, le Rwanda a un climat trĂšs agrĂ©able et des tempĂ©ratures moyennes de 18 Ă  20 degrĂ©s, parfois moins dans certaines rĂ©gions montagneuses. Le pays ne manque ni de pluies, ni d'eau. Les forĂȘts d'altitude (en diminution) maintiennent des rĂ©serves d'eau qui alimentent les riviĂšres dans les pĂ©riodes plus sĂšches (juin-aoĂ»t). Il arrive malgrĂ© tout qu'il y ait certaines annĂ©es des pĂ©riodes de sĂ©cheresse.

Les paysages sont trĂšs verdoyants, ondoyants, frĂ©quemment couverts de bananeraies et les riviĂšres abondantes. Dans les vallĂ©es et jusqu'au sommet des collines, les petites parcelles cultivĂ©es Ă  la houe, quadrillent la campagne. Parfois quelques vaches aux grandes cornes sont veillĂ©es de loin par un enfant. De grands nuages lambinent dans le ciel bleu. Peu de villages. L'habitat est dispersĂ© dans les collines. Les maisons sont en brique de terre ocre ou en brique cuite pour les plus cossues, toujours dans un jardin clĂŽturĂ©, sauf parfois en bordure de route. Les fenĂȘtres grillagĂ©es. Les toits sont en tĂŽle, parfois en tuiles.

Les mille collines du Rwanda (région de Gitarama)

Les grandes routes qui relient Kigali et les grandes villes de province sont en bon Ă©tat ou en cours de rĂ©fection, mais les autres routes, en terre rouge ravinĂ©e, sont souvent mauvaises. Quel que soit leur Ă©tat, elles ne sont jamais dĂ©sertes, et tĂ©moignent, selon les mouvements de la population, de la prĂ©sence des marchĂ©s. Les marchandises achetĂ©es ou vendues sont transportĂ©es dans des pick-up japonais, sur la tĂȘte ou sur des vĂ©los, parfois encore sur de massifs vĂ©los en bois (igicugutu en kinyarwanda) qui semblent n'avoir pas de limite de capacitĂ© de charge. De nombreux taxis de « 18 places Â» transportent les gens sur de plus longues distances. L'atmosphĂšre gĂ©nĂ©rale donne une impression particuliĂšrement paisible qui contraste avec l'histoire rĂ©cente. De temps en temps une pluie torrentielle dĂ©trempe ce paysage, puis le soleil rĂ©apparaĂźt.

Voir aussi : Villes du Rwanda

GĂ©ographie administrative

Article dĂ©taillĂ© : Provinces du Rwanda.

Le Rwanda est divisĂ© en quatre provinces et la ville de Kigali :

Ces provinces sont subdivisées en 30 districts et ces derniers en 416 secteurs.


Population et société

DĂ©mographie

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©mographie du Rwanda.
Évolution de la dĂ©mographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants[29].

Selon le World Refugee Survey 2008[30] publiĂ© par le ComitĂ© amĂ©ricain pour les rĂ©fugiĂ©s et les immigrants (U.S. Committee for Refugees and Immigrants), le Rwanda abritait environ 54 200 rĂ©fugiĂ©s et demandeurs d'asile en 2007, dont 51 300 de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (Congo-Kinshasa), plus de 2 900 du Burundi, et quelques-uns d'autres pays[31]. En 2001, la population vivant sous le seuil de la pauvretĂ© est estimĂ©e Ă  60 %[32].

Santé

Entre 2005 et 2010, le nombre d'enfants par femme est de 5,4[33]. Les dĂ©penses publiques pour la santĂ© sont de 27,3 % du budget de l'État (en 2006)[33].

Bien qu'Ă©tant un des pays les plus pauvres du monde, 92 % de la population rwandaise dispose d'une assurance maladie publique, soit plus que dans la plupart des pays dĂ©veloppĂ©s[34].

La médecine rwandaise basée sur les plantes est toujours vivante, malgré l'intégration de la médecine occidentale.

Éducation

Centre de Jeunes, Gatenga. Un projet de l'organisation humanitaire allemande Aktion Tagwerk[35].

Entre 2000 et 2007, le gouvernement dĂ©pense 19 % de son budget pour l'Ă©ducation[33]. Le taux d'alphabĂ©tisation de la population de plus de 15 ans est de 65 % (en 2007). Entre 1997 et 2007, les femmes de plus de 15 ans sont alphabĂ©tisĂ©es Ă  60 % et les hommes Ă  71,4 %[33]. Depuis 2010, l'enseignement public est dispensĂ© exclusivement en anglais, ce qui a occasionnĂ© quelques critiques[36].

Langues

Le français, ainsi que le kinyarwanda, Ă©taient les langues officielles du Rwanda depuis la prĂ©sence belge au dĂ©but du XXe siĂšcle. Le prĂ©sident JuvĂ©nal Habyarimana avait d'abord supprimĂ© l'enseignement du français dans les Ă©coles primaires[37] mais fut rĂ©tabli aprĂšs le gĂ©nocide des Tutsi par le gouvernement d'union nationale[38]. NĂ©anmoins, les relations tendues entre le nouveau gouvernement et la France depuis le gĂ©nocide de 1994, le retour de nombreux Tutsi qui ont grandi en Ouganda (anglophone) ainsi que l'alignement du pays avec les États-Unis[39], amĂšnent le gouvernement Ă  vouloir remplacer le français par l'anglais[40],[41]. Il est devenu langue officielle en 2003 Ă  cĂŽtĂ© du kinyarwanda et du français qui l'Ă©taient dĂ©jĂ . En 2008, l'anglais est devenu seule langue d'enseignement public en remplacement du français[42],[43].

Culture

Articles dĂ©taillĂ©s : Culture du Rwanda et Musique rwandaise.

La culture traditionnelle rwandaise est liée à celle des populations de l'Afrique des grands lacs.

La croyance traditionnelle en un Dieu unique, Imana, sensible Ă  leur condition, les rĂ©cits oraux, la langue et les proverbes, les chants, les tambours et la danse tiennent une grande place dans cette culture fortement imprĂ©gnĂ©e des combats des guerriers et des activitĂ©s agricoles : l'Ă©levage et l'agriculture, et en moindre partie, la chasse et la pĂȘche.

Enfants rwandais dans le parc national des volcans

Depuis la colonisation, les vĂȘtements occidentaux se sont rĂ©pandus mais le pagne en coton reste un lien trĂšs important pour les femmes entre la tradition et la modernitĂ©.

La population est regroupĂ©e en clans familiaux et rĂ©partie, sur un autre plan, en 3 composantes : Hutu, Tutsi, et Twa. Un recensement de 1996 faisait Ă©galement Ă©tat de plusieurs minoritĂ©s: les Banyenkombo (environ 57 000 individus), les Bagogwe[44] (500 Ă  1500 personnes) et les Banyambo (environ 400 individus).

La culture traditionnelle rwandaise a Ă©tĂ© fortement marquĂ©e par la colonisation allemande puis belge (1894-1961), les Églises chrĂ©tiennes (90 % des Rwandais sont chrĂ©tiens) et par le gĂ©nocide de 1994.

Le christianisme, l'écrit, l'automobile, le football, la radio et la télévision, le cinéma, l'informatique, le téléphone, la référence à la citoyenneté commencent à bouleverser profondément les attitudes.

Religions

Selon les statistiques officielles rwandaises en 2006, 56,5 % de la population Ă©tait catholique, 37,1 % protestante, 4,6 % musulmane, 1,7 % sans religion et 0,1 % de « religion trationnelle[45] Â». Les 37,1 % de protestants incluent les adeptes de l'Église adventiste du septiĂšme jour et les TĂ©moins de JĂ©hovah.

Politique

Article dĂ©taillĂ© : Politique du Rwanda.

Le Rwanda est une rĂ©publique de type prĂ©sidentiel. Le PrĂ©sident est Ă©lu au suffrage universel ; le Parlement du Rwanda est constituĂ© de deux chambres : la Chambre des dĂ©putĂ©s et le SĂ©nat. Les partis politiques, indĂ©pendamment de leurs activitĂ©s habituelles, se rĂ©unissent dans un Forum de concertation, dont les dĂ©cisions sont prises par consensus.

Le pouvoir judiciaire est constituĂ© de la Cour SuprĂȘme, la Haute cour de la RĂ©publique, de Tribunaux de provinces, de Tribunaux de Districts et de Villes, et de juridictions spĂ©cialisĂ©es : Gacaca (justice traditionnelle villageoise), militaires, etc.

La politique du Rwanda est fortement imprégnée des conséquences du génocide des Tutsi de 1994, du contexte du mal-développement, et de l'instabilité de l'Afrique des grands lacs (Burundi, Ouganda, Est de la République démocratique du Congo).

Le 8 juin 2007, l'AssemblĂ©e Nationale du Rwanda abolit la peine de mort, pour tout type de condamnĂ©s. Cette mesure est entrĂ©e en vigueur le 25 juillet 2007, et aura pour effet direct de voir 600 condamnĂ©s Ă  mort voir leur sentence transformĂ©e en prison Ă  vie. L'abolition de la peine de mort Ă©tait l'une des exigences de la communautĂ© internationale pour que les procĂ©dures judiciaires Ă  l'encontre des gĂ©nocidaires dont le dossier est traitĂ© par le TPIR soient transfĂ©rĂ©es Ă  la juridiction nationale rwandaise en prĂ©vision de la dissolution du tribunal international pour le Rwanda en 2008. La prĂ©sidence portugaise de l'Union europĂ©enne a saluĂ© l'abolition de la peine de mort comme « une Ă©tape fondamentale vers la promotion des droits de l'homme et traduit la dĂ©termination inĂ©branlable d'assurer la justice et la rĂ©conciliation au Rwanda 13 ans aprĂšs le gĂ©nocide[46] Â».

Le Parlement du Rwanda est devenu, en 2008, le premier du monde Ă  afficher une majoritĂ© de femmes (aujourd'hui, 56 % des dĂ©putĂ©s)[47].

Économie

Article dĂ©taillĂ© : Économie du Rwanda.

L'Ă©conomie du Rwanda est principalement marquĂ©e par sa forte dĂ©pendance de l'agriculture (40 % du PIB, 87 % de l'activitĂ© nationale), une croissance annuelle de plus de 6 %, un dĂ©veloppement des services, une faible industrialisation et une trĂšs forte densitĂ© dĂ©mographique (>300 hab./kmÂČ). L'inflation est d'environ 4 %, et, si le PIB par habitant est d'environ 200 â‚Ź par an, le PIB PPA annuel (pondĂ©rĂ© par le pouvoir d'achat) moyen par habitant est de 945 dollars. Son indice de dĂ©veloppement humain est de l'ordre de 0,40 en 2002, c’est-Ă -dire dans la moyenne des pays voisins.

En dĂ©cembre 2004, un euro valait 740 francs rwandais. Il n'y a plus de change « au noir Â», le gouvernement a structurĂ© la profession, aprĂšs avoir emprisonnĂ© quelques rĂ©calcitrants. Un Ă©conomiste dans une administration peut toucher 100 000 francs par mois, soit 135 euros. Un maĂźtre-assistant Ă  l'universitĂ© peut toucher environ 175 000 francs par mois, soit 235 euros. Les salaires de l'administration sont effectivement payĂ©s. À Kigali, un chauffeur pour une journĂ©e demande 5000 francs, soit 6,76 euros. Une course en taxi individuel pour environ 5 km Ă  Kigali revient Ă  2000 francs, soit 2,70 euros, une coupe homme chez le coiffeur environ 700 francs, une heure d'Internet dans un cyber-centre 500 francs, une brique d'un demi-litre de lait UHT 450 francs, une bouteille de 33 cl d'eau de source 250 francs, une brochette de chĂšvre-frites environ 600 francs (variable), une heure de parking au centre de Kigali 100 francs.

Le Rwanda dispose de quelques ressources minĂ©rales, telles qu'Ă©tain, columbo-tantalite (minerai de niobium et tantale, souvent dit coltan), or, tungstĂšne et bĂ©ryl. Hormis la question de l'eau courante qui manque Ă  beaucoup, l'un des problĂšmes majeurs du Rwanda est celui de l'Ă©nergie. En 2005 moins de 4 % des Rwandais sont branchĂ©s au rĂ©seau d'Ă©lectricitĂ©, et ce rĂ©seau est loin de couvrir les besoins de ses abonnĂ©s qui subissent de frĂ©quentes et longues coupures. Les possibilitĂ©s de dĂ©veloppement local de la production d'Ă©nergie sont subordonnĂ©es Ă  des accords avec les pays voisins, dans une rĂ©gion marquĂ©e par une grande instabilitĂ© politique qui plombe les projets possibles.

Le secteur du bùtiment se porte bien. Kigali est passé en vingt ans de quelques dizaines de milliers d'habitants à prÚs d'un million.

Le gouvernement a une perspective globale qualifiĂ©e sous le nom de « Vision 2020 Â». Ce projet directeur table sur une croissance de 7 %, un dĂ©veloppement du secteur privĂ©, une modernisation de l'agriculture et veut faire du Rwanda un centre rĂ©gional de services pour l'Afrique des grands lacs.

Le gouvernement rwandais s'est rapproché des initiateurs du projet du NEPAD et partage leur vision.

Depuis 2001, le Rwanda a rĂ©formĂ© de maniĂšre constante ses lois commerciales et ses institutions. En 2008, le Rwanda a introduit une nouvelle loi sur les sociĂ©tĂ©s qui simplifie la crĂ©ation des entreprises et renforce les protections des actionnaires minoritaires. Les entrepreneurs peuvent maintenant crĂ©er une entreprise en 2 procĂ©dures et 3 jours. Les transactions entre parties font l’objet d’exigences d’approbation et de divulgation plus strictes. Les dispositions juridiques rĂ©gissant la responsabilitĂ© des dirigeants d’entreprise dans le cas de transactions prĂ©judiciables entre les parties intĂ©ressĂ©es ont Ă©galement Ă©tĂ© renforcĂ©es. Le Rwanda a amĂ©liorĂ© ses rĂ©glementations pour faciliter l’accĂšs au crĂ©dit par l’adoption de deux nouvelles lois. La nouvelle loi relative aux sĂ»retĂ©s mobiliĂšres facilite les prĂȘts garantis en permettant Ă  une gamme plus large d’actifs d’ĂȘtre utilisĂ©s comme garantie bancaire. La loi permet Ă©galement une entente extra-judiciaire de sĂ»retĂ©s mobiliĂšres aux crĂ©anciers nantis et leur donne une prioritĂ© absolue dans le cadre de la faillite. L’adoption de la nouvelle loi sur l’insolvabilitĂ© au Rwanda a simplifiĂ© les procĂ©dures de rĂ©organisation. Les rĂ©formes ont Ă©galement inclus des mesures visant Ă  accĂ©lĂ©rer le commerce transfrontalier et l’enregistrement des propriĂ©tĂ©s fonciĂšres. Les retards aux frontiĂšres ont Ă©tĂ© rĂ©duits grĂące Ă  des heures d’ouverture plus longues, et des exigences en matiĂšre de documentation plus simples. Les rĂ©formes ont retirĂ© les goulots d’étranglement qui existaient au niveau du registre des propriĂ©tĂ©s et de l’Administration des recettes fiscales, en rĂ©duisant le temps exigĂ© pour enregistrer une propriĂ©tĂ© de 255 jours[48].

Ceci a permis, pour la premiĂšre fois un pays d’Afrique subsaharienne, le Rwanda, d'arriver en tĂȘte dans les rĂ©formes d'aprĂšs le rapport de la banque mondiale "Doing Business 2010" et de faire un bond de gĂ©ant (76 places) au classement gĂ©nĂ©ral en se hissant Ă  la 67e place sur 183 pays Ă©valuĂ©s; il Ă©tait classĂ© 143e l'annĂ©e d'avant[48].

Le PIB par secteurs[49] : Agriculture : 42,6 % Industries : 22,2 % Services : 35,2 %

Principaux partenaires d'exportations[49] : la Chine : 9,1 % ; la ThaĂŻlande : 8,6 % ; l’Allemagne : 7,3 % ; les États-Unis : 4,5 % ; la Belgique : 4,1 %

Notes et références

  1. ↑ 95 % de la population parle le kinyarwanda
  2. ↑ HILBOLD Albert, Puissiez-vous dormir avec des puces. Journal de l'aprĂšs-gĂ©nocide au Rwanda, HomnisphĂšres, 2003, 93 p
    « Ces ascensions sociales peuvent encore se produire par anoblissement royal : le Mwami "ne s'interdit pas de choisir dans la classe laborieuse des officiers, qui par lĂ  mĂȘme se considĂšrent comme batutsi et veulent ĂȘtre traitĂ©s comme tel" Â» - Paul Dresse, Le Rwanda d'aujourd'hui, Ă©dition Charles Dessart, Bruxelles, 1940
  3. ↑ Rwanda prĂ©colonial sur Rwanda Development Gateway
  4. ↑ « Les Batutsi trĂšs grands, douĂ©s de sens politique qui, pendant des siĂšcles, ont exercĂ© sur les autres une sorte de domination fĂ©odale. Â» [
]« Sa stature Ă©tait trĂšs haute,son teint brun-clair, ses traits fins et rĂ©guliers Â» - Paul Dresse, Le Rwanda d'aujourd'hui, Ă©dition Charles Dessart, Bruxelles, 1940
  5. ↑ Traduction d'ubwoco - L'usage du terme ubwko pour dĂ©signer « l'ethnie Â» se perpĂ©tua sous les premiĂšres RĂ©publiques jusqu'en 1994
  6. ↑ Lettre pastorale de Monseigneur Perraudin du 11 fĂ©vrier 1959 -
    Tout en attirant l'attention sur les risques de dĂ©rapage de cette analyse raciale et en prĂȘchant l'amour entre « races Â», le vicaire apostolique du Rwanda justifie les bases de la stigmatisation implicite de la « race Â» des Tutsi : « Constatons tout d'abord qu'il y a rĂ©ellement au Ruanda plusieurs races assez nettement caractĂ©risĂ©es bien que des alliances entre elles aient eu lieu et ne permettent pas de dire toujours Ă  quelle race tel individu appartient. Â»[...] « Dans notre Ruanda les diffĂ©rences et les inĂ©galitĂ©s sociales sont pour une grande part liĂ©es aux diffĂ©rences de race, en ce sens que les richesses d'une part et le pouvoir politique et mĂȘme judiciaire d'autre part, sont en rĂ©alitĂ© en proportion considĂ©rable entre les mains des gens d'une mĂȘme race. Â»
  7. ↑ Cf. article du journal Le Monde du 4 fĂ©vrier 1964 : « L'extermination des Tutsi, les massacres du Ruanda sont la manifestation d'une haine raciale soigneusement entretenue Â» (30 ans avant le gĂ©nocide de 1994).
  8. ↑ Annexe du rapport du parlement français- Accord particulier d'Assistance Militaire - article premier « [...] pour l'organisation et l'instruction de la gendarmerie rwandaise Â» et dont l'article VII stipule que des fournitures d'armes sont possibles Ă  la demande des autoritĂ©s rwandaises.
  9. ↑ pour une valeur de 591 millions de francs (ce qui correspond aux accords militaires que la France entretient avec toutes ses anciennes colonies)Rapport d’Information de la Mission parlementaire prĂ©sidĂ©e par Paul QuilĂšs Ă  l’AssemblĂ©e Nationale, dĂ©cembre 1998, tableau pp 179
  10. ↑ 8.000 et 10.000 personnes qui furent arrĂȘtĂ©es et dĂ©tenues sans charges, quelques-unes pour des jours ou des semaines et beaucoup d'autres pour des mois. Beaucoup parmi eux furent battus ou mĂȘme torturĂ©s de façon systĂ©matique. Les conditions de dĂ©tention Ă©taient dĂ©plorables, surtout pendant les premiĂšres semaines qui ont suivi les arrestations.Rapport Commission internatioonale d'enquĂȘte de mars 1993 page 14
  11. ↑ La lĂ©galitĂ© de l'opĂ©ration NoroĂźt est contestable, comme le reconnaĂźtra le gĂ©nĂ©ral Quesnot dans une note du 26 juin 1994 adressĂ©e au prĂ©sident Mitterrand note accessible sur le site de la Commission d’EnquĂȘte Citoyenne, http://www.enquete-citoyenne-rwanda.org/
  12. ↑ audition par la Mission d’Information Parlementaire sur le Rwanda, journĂ©e du 13 mai 1998, Robert Galley « Ă€ ce sujet, il convient de distinguer deux phases. La premiĂšre, qui s’étend jusqu’en 1990, a Ă©tĂ© notamment marquĂ©e par les premiĂšres attaques du FPR. Les raids dĂ©vastateurs et meurtriers de ce dernier dans le nord du pays furent stoppĂ©s par les parachutistes français, certes peu nombreux -ils n’étaient que 125-, mais reprĂ©sentant une force suffisante.  Â»
    Jean HervĂ© Bradol dira aussi aux dĂ©putĂ©s « De 1990 Ă  1994, quand il a fallu arrĂȘter le FPR, l’armĂ©e française a su le faire Â»
  13. ↑ Rapport de la Mission d'Information Parlementaire sur le Rwanda, page 167
  14. ↑ « la population rwandaise d’origine tutsi pense que le coup de main militaire a Ă©chouĂ© dans ses prolongements psychologiques... Elle compte encore sur une victoire militaire, grĂące Ă  l’appui en hommes et en moyens venus de la diaspora. Cette victoire militaire, mĂȘme partielle, lui permettrait d’échapper au gĂ©nocide. Â», Rapport de la Mission d'Information Parlementaire sur le Rwanda, page 141
  15. ↑ BIDERI DiogĂšne, Le massacre des Bagogwe, un prĂ©lude au gĂ©nocide des Tutsi. Rwanda (1990-1993), L'Harmattan, 2009
    Cf. Rapport prĂ©sentĂ© par B. W. Ndiaye, rapporteur spĂ©cial de l'ONU, sur la mission qu’il a effectuĂ©e au Rwanda du 8 au 17 avril 1993, page 10 § 28 - chiffres repris dans '"Accounting for Horror", par Nigel Eltringham, pages 41-42
  16. ↑ Avec ou sans le consentement du prĂ©sident ougandais, les dirigeants du FPR avaient en effet de hautes responsabilitĂ©s dans l'armĂ©e ougandaise, aprĂšs avoir aidĂ© Museveni Ă  faire tomber Idi Amin Dada, puis son remplaçant Milton Obote
  17. ↑ « Le chiffon de papier Â», du premier accord d’Arusha Ă  la rĂ©bellion des autoritĂ©s de la France au Rwanda - Emmanuel Cattier CEC
  18. ↑ A lire dans l'ouvrage en langue anglaise « Conspiracy to murder : the Rwandan genocide Â», Linda Melvern, p. 104
  19. ↑ dans le mĂȘme numĂ©ro de ce journal, on trouve une photo du prĂ©sident Mitterrand avec la lĂ©gende : « Les grands amis, on les rencontre dans les difficultĂ©s Â»
  20. ↑ Par le rĂ©seau zĂ©ro de l'Akazu selon les uns et/ou par des commandos du FPR.
  21. ↑ Rapport final de la commission internationale d'enquĂȘte, dit « rapport FIDH de 1993 Â»
  22. ↑ L'enquĂȘte d'Alison des Forges pour la FIDH et HRW les Ă©valuent Ă  30 000 environ[rĂ©f. nĂ©cessaire] - Aucun tĂ©moin ne doit survivre - Karthala
  23. ↑ Jean Kambanda sur Trial Watch
    DĂ©cisions du TPIR
  24. ↑ France24 Quatre ex-responsables militaires dĂ©clarĂ©s coupables de gĂ©nocide 17 mai 2011
  25. ↑ L'enquĂȘte dirigĂ©e par d'Alison Des Forges pour la FIDH et HRW les Ă©value Ă  30 000 environ : Aucun tĂ©moin ne doit survivre - Karthala
  26. ↑ Page d'accùs à un grand nombre de rapport internationaux
  27. ↑ http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/11/29/la-france-et-le-rwanda-retablissent-leurs-relations-diplomatiques_1273749_3212.html
  28. ↑ http://www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20091123T115430Z/-France-enquete-diplomatie-Rwanda-Genociderwandais-ParisenvoiedeuxjugescoopereravecKigali.html
  29. ↑ Les donnĂ©es par annĂ©es sur le site de la FAO (choisir le pays et l'annĂ©e.)
  30. ↑ World Refugee Survey 2008, USCRI.
  31. ↑ U.S. Committee for Refugees and Immigrants. 2008. World Refugee Survey 2008
  32. ↑ (en) CIA World Factbook.
  33. ↑ a, b, c et d (en) Human Development Report 2009, Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement.
  34. ↑ (en) A Dirt-Poor Nation, With a Health Plan - The New York Times
  35. ↑ campagne "Ta journĂ©e pour l'Afrique" dans les Ă©coles allemandes
  36. ↑ http://www.echosdafrique.com/20110607-rwanda-fiasco-dun-enseignement-au-bord-de-leffondrement
  37. ↑ Colette Braeckman, Rwanda. Histoire d'un gĂ©nocide, Fayard, 1994, p. 277.
  38. ↑ http://www.rnanews.com Faustin Kagame : « La visite de Sarkozy vue de kigali (Analyse) Â» 22/02/2010.
  39. ↑ http://www.rfi.fr/actufr/articles/039/article_21980.asp
  40. ↑ La Croix, 10/08/2010. A la rentrĂ©e, le Rwanda passe du français Ă  l'anglais.
  41. ↑ France 24, 05/01/2010. God save the Rwanda !
  42. ↑ http://www.jeuneafrique.com/Article_ARTJA20081214125101_-diplomatie-francophonie-Charles-Murigande--Le-Rwanda-va-devenir-bilingue-.html
  43. ↑ http://www.cyberpresse.ca/international/afrique/200810/16/01-29842-le-rwanda-remplace-le-francais-par-langlais.php
  44. ↑ Les Bagogwe ont Ă©tĂ© partiellement massacrĂ©s par les Hutus extrĂ©mistes entre 1990 et 1993. Cf. DiogĂšne Bideri, Le massacre des Bagogwe : un prĂ©lude au gĂ©nocide des Tutsi : Rwanda (1990-1993), L'Harmattan, 2009
  45. ↑ DĂ©partement d'Etat amĂ©ricain, « International Religious Freedom Report 2007 Rwanda Â» sur www.state.gov, 2007. ConsultĂ© le 29 dĂ©cembre 2012
  46. ↑ « Rwanda Abolishes Death Penalty Â», dĂ©pĂȘche AFP, Kigali, 26 juillet 2007.
  47. ↑ (en) « Women to rule Rwanda parliament Â», dans BBC, 17 septembre 2008 [texte intĂ©gral] 
  48. ↑ a et b RĂ©sumĂ© Doing Business 2010 "RĂ©former en pĂ©riode difficile" page 8.
  49. ↑ a et b (en) DonnĂ©es pour le Rwanda sur le site de la CIA.

Voir aussi

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Le Rwanda a pour codes :

Bibliographie

  • (en) Philip Briggs et Janice Booth, The Bradt Travel Guide Rwanda, Bradt Travel Guides, 2010 (4e Ă©d.), 288 p. (ISBN 978-1841623061)
  • (en) Aimable Twagilimana, Historical dictionary of Rwanda, Scarecrow Press, Lanham, Md., 2007 (nouvelle Ă©dition rĂ©visĂ©e), LII-229 p. (ISBN 978-0-8108-5313-3)
  • (fr) Jean-Claude Klotchkoff (et al.), Le Rwanda aujourd'hui, Éditions du Jaguar, Paris, 2008 (2e Ă©d.), 205 p. (ISBN 978-2-86950-422-6)
  • (fr) Thierry Mesas (dir.), Faustin Kagame (textes) et Gilles Tordjeman (photographies), Rwanda Nziza, SĂ©pia, Saint-Maur-des-FossĂ©s ; Urukundo, Kigali, 2005, 303 p. (ISBN 2-8428-0094-X)

Liens externes


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  • Rwanda — noun a landlocked republic in central Africa; formerly a German colony ‱ Syn: ↑Rwandese Republic, ↑Ruanda ‱ Members of this Region: ↑Army for the Liberation of Rwanda, ↑ALIR, ↑Former Armed Forces, ↑FAR, ↑ 
   Useful english dictionary

  • Rwanda — noun a) A country in Eastern Africa. b) A Bantu language of Rwanda; also known as Kinyarwanda 
   Wiktionary


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