Rus' de Kiev

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Rus' de Kiev
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Rus' de Kiev
–ö–ł–Ķ–≤—Ā–ļ–į—Ź –†—É—Ā—Ć ru

860 ‚Äď 1139/1240

Accéder aux informations sur cette image nommée Kievan Rus en.jpg.
Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Novgorod, Kiev (après 882)
Religion Orthodoxie
Monnaie Grivna
Histoire et évènements
980-1015 Règne de Saint Vladimir
1019-1054 Règne de Iaroslav le Sage

Entit√©s pr√©c√©dentes :

Riourik et ses frères au lac Ladoga, Apollinary Vasnetsov (1856-1933).

La Rus' √©galement orthographi√©e Rous', traduite dans les sources historiques par Ruth√©nie ou Rouss√©nie (puis plus tard par Russie de Kiev par anachronisme en fran√ßais), est une principaut√© m√©di√©vale slave orientale qui exista entre environ 860 et le milieu du XIIIe si√®cle, p√©riode durant laquelle elle se d√©sagr√©gea en une multitude de principaut√©s avant de tomber formellement devant l'invasion mongole de 1240. Au XIe si√®cle, la Rus‚Äô de Kiev √©tait le plus grand √Čtat d‚ÄôEurope en superficie. Fond√©e √† l'origine par les Var√®gues et centr√©e sur Novgorod, la Rus', l√©gendairement fond√©e par Hr√∂rekr (Riourik), tire son nom du var√®gue rodslagen ("le pays du gouvernail")[1].

La Rus' s'√©tendit jusqu'√† la mer Noire, √† la Volga, et au Royaume de Pologne et √† ce qui deviendra le Grand-Duch√© de Lituanie. Au IXe si√®cle, la capitale de la Rus' √©tait Kiev, une cit√© slave qui, jusqu'au d√©but du IXe si√®cle, rendait hommage aux Khazars, mais qui fut prise par les Var√®gues en 864. La population de la Rus' √©tait culturellement et ethniquement diversifi√©e, comprenant des Slaves, des populations finno-ougriennes et des Baltes. La Rus' est la plus ancienne entit√© politique commune √† l'histoire des trois nations slaves orientales modernes : les Bi√©lorusses, les Russes et les Ukrainiens.

La Rus' fut dirig√©e par une dynastie d'origine scandinave : les Riourikides, rapidement slavis√©s. Les r√®gnes de Vladimir le Grand (980-1015) et de son fils Iaroslav le Sage (1019-1054) constitu√®rent l'√Ęge d'or de la Rus', qui s'√©tait convertie √† l'orthodoxie et avait vu appara√ģtre les premiers √©crits slaves avec notamment des codes juridiques, telle la Rousska√Įa Pravda (¬ę V√©rit√© Ruth√®ne ¬Ľ). Cet essor √©tait d√Ľ aux voies commerciales entre la Scandinavie, son bois, ses peaux et surtout son ambre, et Constantinople, sa cire d'abeille, son miel, ses soieries, son or. La Rus' contr√īlait deux routes commerciales :

Commerce et exp√©ditions guerri√®res altern√®rent entre la Rus' et l'Empire byzantin. Les premiers dirigeants de la Rus' faisaient tr√®s probablement partie de l'√©lite scandinave alors qu'ils gouvernaient une majorit√© de sujets slaves. Cette √©lite scandinave s'assimila rapidement √† la population slave et le petit-fils de Rurik, Sviatoslav Ier, avait d√©j√† un nom slave. Au XIIe si√®cle, la Rus' se divisa en multiples principaut√©s, effet du syst√®me de succession d'origine var√®gue, qui furent consid√©rablement affaiblies par l'invasion des Tatars et la soumission √† l'empire mongol.

Sommaire

Histoire

La création et l'expansion de la Rus’ de Kiev

Représentation de Rurik par Hermanus Willem Koekkoek

D'apr√®s la Chronique des temps pass√©s (Chronique de Nestor, par le moine Nestor)[2], le territoire du futur √Čtat de Kiev √©tait originairement r√©parti et contr√īl√© entre les Var√®gues au nord-ouest et les Khazars au sud-est. Cette source affirme que depuis 859 les Tchoudes, les Maris, et les Krivitches rendaient hommage aux Var√®gues, alors que les Polanes, les S√©v√©riens, et les Viatitches rendaient tribut aux Khazars. Puis trois fr√®res var√®gues nomm√©s Hr√∂rekr, Sinekr et Tr√∂vur s'√©tablirent respectivement √† Novgorod, Beloozero et Isborsk. Deux ans plus tard, les deux fr√®res de Hr√∂rekr (en slave Riourik) p√©rirent, le laissant seul ma√ģtre de la r√©gion. Certains historiens contestent n√©anmoins la validit√© de ce r√©cit ainsi que la Chronique des temps pass√©s[3].

La Rus 'de Kiev fut officiellement fond√©e par Oleg le Sage aux alentours de l‚Äôan 880. Le territoire de son √Čtat √©tait beaucoup plus petit que celui qu'a gouvern√© plus tard Iaroslav le Sage. Au cours de ses 35 ann√©es de r√®gne, Oleg soumit diff√©rentes tribus slaves et finnoises. En 882, il d√©posa Askold et Dir qui gouvernaient Kiev et choisit celle-ci comme capitale. En 883, Oleg battit les Drevliens et leur imposa un tribut de fourrures. En 884, il r√©ussit √† contr√īler les Polanes, les Drevlianes, les S√©v√©riens, les Viatitches, et les Radimitches tout en √©tant en guerre avec les Tivertses et les Oulitches.

L'enterrement d'Oleg par Viktor Vasnetsov

En 907, Oleg dirigea une attaque contre Constantinople avec, selon la l√©gende, 80 000 guerriers transport√©s par 2 000 navires. Il laissa pendant ce temps le gouvernement de Kiev √† Igor de Kiev. Oleg ne put prendre Constantinople, mais pilla les environs et re√ßut des Grecs de l'or pour un million de gryvna pour se retirer. En 912, il signa un trait√© de commerce avec l'Empire byzantin. Apr√®s la mort d'Oleg, cette m√™me ann√©e, les Drevlianes se rebell√®rent mais furent battus par Igor de Kiev. D√®s 907, Igor conclut une alliance avec les Petchen√®gues, afin d'attaquer √† nouveau l'Empire byzantin, dans le but d‚Äôobtenir un trait√© de commerce, qui sera conclu en 912, suivit d'une seconde campagne en 941 qui aboutit au trait√© de 944. Les textes conserv√©s dans la Chronique soulignent les conditions faites aux marchands russes pour √©couler √† Constantinople leurs marchandises, fourrures, cires, miel et esclaves, et, en retour, y acheter brocarts, bijoux et produits de luxe de l'artisanat byzantin.

Durant le r√®gne de Sviatoslav Ier (945-972), les dirigeants scandinaves de la Rus' adopt√®rent le polyth√©isme slave, avec le culte de P√©roun, et ils adopt√®rent aussi des noms slaves, alors que leur ¬ę droujina ¬Ľ, leur garde personnelle, se composait encore essentiellement de Scandinaves. Les conqu√™tes militaires de Sviatoslav Ier √©taient nombreuses : il porta des coups mortels √† deux de ses principaux rivaux, en 965, il d√©truit l'√Čtat Khazar et en 968, √† la demande de l'empereur Nic√©phore Phocas, il est charg√© de d√©truire le jeune √Čtat bulgare et sa capitale Preslav.
La formation d'un √Čtat puissant et fort au nord des steppes de la mer Noire int√©resse alors naturellement le pouvoir byzantin qui confie aux princes russes la lourde charge de garder ouverte la ¬ę route des Var√®gues aux Grecs ¬Ľ menac√©e depuis 915 par l'arriv√©e d'un redoutable peuple nomade turc, les Petch√©n√®gues. Garants du maintien de la paix dans les steppes situ√©es au nord du Pont-Euxin, les Russes, alli√©s principaux des Byzantins, voient leur statut confirm√© par la r√©ception solennelle que l'empereur Constantin VII Porphyrog√©n√®te offre en 957, dans le Grand Palais de Constantinople, √† la veuve du prince Igor, la princesse-r√©gente Olga[4]. Une fresque de la Cath√©drale Sainte-Sophie de Kiev nous rappelle encore cette r√©ception. C'est peut-√™tre √† l'occasion de ce s√©jour que la princesse fut touch√©e par la foi chr√©tienne √† laquelle elle se convertira plus tard, √† Kiev, √† titre personnel.
Au cours du premier si√®cle de son existence, le jeune √Čtat russe s'est donc impos√© comme un partenaire commercial et comme l'alli√© militaire privil√©gi√© de l'empire byzantin. C'est au prince russe d√©sormais qu'il appartient de maintenir le statu quo dans les r√©gions du nord de la mer Noire, pour garder ouverte l'art√®re √©conomique principale qui relie, par le cours du Dniepr, le monde scandinave au monde m√©diterran√©en.

Le règne de Vladimir le Grand et la christianisation

Le baptême de Vladimir par Viktor Vasnetsov

La deuxi√®me p√©riode de l'Histoire de la Rus' de Kiev (980-1054) est marqu√© par deux r√®gne prestigieux, ceux des princes Vladimir Ier, dit le Beau Soleil (980-1015), et de son fils Iaroslav le Sage (1019-1054). La difficult√© d'instaurer un ordre successoral coh√©rent √©vitant de transformer tout changement de r√®gne en guerre civile appara√ģt incontestablement comme l'un des traits dominants de cette phase de l'Histoire russe.

La r√©gion de Kiev fut le centre de l'√Čtat de la Rus' de Kiev durant deux si√®cles. Il s'agissait d'une f√©d√©ration f√©odale o√Ļ le "bolcho√Į kniaz" (–Ď–ĺ–Ľ—Ć—ą–ĺ–Ļ –ö–Ĺ—Ź–∑—Ć en russe) ou "Grand Prince" contr√īlait directement Kiev et les terres autour de la ville, tandis que sa parent√®le et ses vassaux, plac√©s dans les autres grandes villes de la Rus', lui payant tribut. L'apog√©e du pouvoir de l'√Čtat se situe pendant le r√®gne de Vladimir le Grand (980-1015) et de Iaroslav le Sage (1019-1054). Les deux dirigeants poursuivirent l'expansion de la Rus', qui avait commenc√© sous Oleg. Vladimir acc√©da au pouvoir apr√®s la mort de son p√®re Sviatoslav I en 972 et apr√®s avoir vaincu son demi-fr√®re Iaropolk Ier en 980. Le r√®gne du nouveau prince fait entrer la Rus' dans une phase de rassemblement autour du principe dynastique. En 981, il porte la guerre sur la fronti√®re occidentale, reprenant des villes aux Polonais, aux Prussiens et √† la tribu lituanienne des Iatvingiens. Ce fut sous Vladimir le Grand, que s‚Äôop√©ra la christianisation et l'entr√©e dans la communaut√© des √Čtats chr√©tiens, dans l'oikoum√©n√® byzantine, de la Rus' √† partir de 988 notamment part l'interm√©diaire du missionnaire grec Cyrille, qui adapta l'√©criture grecque √† la langue slave, d'o√Ļ l'alphabet cyrillique. Vladimir fit alors le voyage √† Constantinople en 988 saisissant et soumettant son intervention contre l'usurpateur Bardas Skl√®ros √† l'octroi de la main de la princesse Anne, sŇďur des l'empereurs byzantins Basile II et Constantin VIII. En 990, √† Chers√īn, arrive la princesse Anne ; Vladimir Ier re√ßoit alors le bapt√™me suivi de leur mariage, en la Cath√©drale Saint-Vladimir de Cherson√®se, aujourd'hui reconstruite sur le site ancien.
Vladimir consacre la fin de sa vie √† la mise en place d'une soci√©t√© nouvelle r√©gie par les principes du christianisme[5], et jette les bases d'un √Čtat puissant et centralis√©, uni autour de la nouvelle identit√© que lui donne le christianisme byzantin, il n'a pas √©tabli de r√®gles pr√©cises de succession, et s'est content√© de placer ses nombreux fils √† la t√™te des principales villes du pays : Novgorod, Polotsk, Turov, Rostov et Tmutorokan'. Une violente guerre civile √©clate donc √† sa mort, survenue en 1015, et ce sont deux de ses fils, Iaroslav[6], prince de Novgorod et Mstislav qui en sortent vainqueurs en 1019. N√©anmoins, la tradition populaire des bylines[7] s'est vite empar√©e de la personne d'un h√©ros dont la sagesse et la puissance lui ont permis de surmonter toutes les √©preuves.

Lors du schisme de 1054 la Rus' demeura fid√®le au rite byzantin, reflet de ses liens √©troits avec Constantinople, qui dominait la mer Noire et donc du commerce √† partir de la route commerciale du Dniepr. Rester dans le giron de l'√Čglise d'Orient eu pour la Rus' des cons√©quences politiques, culturelles et religieuses. L'√©glise avait d√©j√† une liturgie √©crite en cyrillique et un corpus de traductions du grec qui avait √©t√© produit pour les peuples slaves. L'existence de cette litt√©rature facilita la conversion au christianisme des Slaves orientaux et introduit la philosophie grecque ainsi que les sciences et l'historiographie grecques, sans la n√©cessit√© d'apprendre le grec.

Le règne de Iaroslav le Sage

La guerre civile qui dure de 1015 √† 1019 est marqu√©e par deux √©v√®nement importants : d'une part, l'assassinat en 1015 des deux fils de Vladimir, les princes Boris et Gleb[8] ; d'autre part, l'invasion polonaise conduite en 1018 par Boleslas le Vaillant, qui entend placer son gendre Sviatopolk sur le tr√īne de Kiev. Cette intervention souligne tout l'int√©r√™t que la Pologne porte √† ces r√©gions de la Russie du Sud. N√©anmoins, ce retour est √©ph√©m√®re et, d√®s 1019, Iaroslav retrouve son tr√īne Ki√©vien et r√®gne sur la rive droite du Dniepr et sur Novgorod, laissant √† son fr√®re, Mstislav, la rive gauche du fleuve. En 1036, la mort de ce dernier permet √† Iaroslav le Sage de r√©unir sous son autorit√© l'ensemble de la terre russe.

Iaroslav le Sage[9] eut √©galement √† lutter pour le pouvoir contre ses fr√®res. Bien qu'il ait d'abord √©tabli sa domination sur Kiev en 1019, il n'avait un contr√īle incontest√© de l'ensemble de la Rus' que depuis 1036, √† la mort de Mstislav de Tchernigov. Comme Vladimir, Iaroslav √©tait d√©sireux d'am√©liorer les relations avec le reste de l'Europe, en particulier l'Empire byzantin. Iaroslav entreprit de conduire une active politique matrimoniale qui unit la dynastie des Rurikides aux plus grandes familles royales d'Occident. La fille de son fils Vsevolod Ier, Eupraxie, fut mari√©e √† Henri III, empereur romain germanique.
Iaroslav, lui-m√™me avait √©pous√© Ingigerd, la fille du roi Olof de Su√®de. Son fils a√ģn√© Iziaslav Ier, √©pouse Gertrude, fille du roi de Pologne Mieszko II Lambert ; son second fils, Sviatoslav II, √©pouse Olga, fille du comte de Babenberg ; le troisi√®me, Vsevolod Ier de Kiev, √©pouse Marie, la fille de l'empereur byzantin Constantin IX[10]. Quant aux filles, elles connurent un destin semblable. Anastasia √©pouse le roi Andr√© Ier de Hongrie, √Člisabeth de Kiev, le roi Harald III de Norv√®ge, Anne de Kiev[11], le roi Henri Ier de France. La cour de Kiev est alors apparent√©e aux plus grandes familles princi√®res du temps, signe visible de l'importance partout reconnue de la puissance de la jeune dynastie russe.

Iaroslav promulgua le premier code juridique slave, la Rousska√Įa Pravda[12], et construisit la cath√©drale Sainte-Sophie[13] √† Kiev et celles des deux monast√®res de Saint-Georges et de Sainte-H√©l√®ne qui sont au cŇďur de ce que l'on appelle la ¬ę Ville de Iaroslav ¬Ľ. Sa d√©dicace est assur√©e en 1050 par le m√©tropolite Hilarion, fin lettr√©, son Sermon sur la loi et la Gr√Ęce[14], est un hymne √† la gloire du prince russe Vladimir. Et √©galement la construction de la cath√©drale Sainte-Sophie de Novgorod. Il encouragea le clerg√© local et les moines √† enseigner lecture et √©criture aux paroissiens. Ses fils d√©velopp√®rent notamment la Laure des Grottes de Kiev. Ainsi le droit, l'√©ducation, l'architecture ; dont des exp√©rimentations, comme l'utilisation des tambours perc√©s de fen√™tres et surmont√©s de bulles, l'art ruth√®ne conna√ģtront un renouveau impressionnant sous son r√®gne ; l'√©poque innove enfin sur le plan musical.

En effet, l'usage de la langue slovonne[15] pour la liturgie ne permet pas d'utiliser les mélodies des psaumes grecs, car le chant byzantin est asmatique, c'est-à-dire qu'à chaque syllabe correspond une note musicale, par conséquent les mélodies grecques ne sont pas transposables en slavon car les mots slavons n'ont pas le même nombre de syllabes que les mots grecs. C'est pour pallier cette difficulté que les chantres de la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev inventent le mélisma, ce signe de notation musicale qui permet de placer plusieurs syllabes sous une seule notation musicale. Ainsi naquit sur les bords du Dniepr le chant mélismatique.

Le prestige de l'√Čtat ki√©vien atteignit ainsi son apog√©e : il s'√©tendait du lac Ladoga pr√®s de la Baltique √† la mer Noire et du confluent de l'Oka avec la Volga jusqu'aux Carpates et au Dniestr. Mais √† la veille de sa mort survenue en 1054, Iaroslav le Sage tenta bien de r√©guler le syst√®me successoral, en √©tablissant ses fils dans une ville : Iziaslav Ier re√ßut Kiev, Sviatoslav II, Tchernihiv, le troisi√®me, Vsevolod Ier, Pere√Įaslav-Khmelnytsky√Į, le quatri√®me, Viatcheslav, Smolensk et le cinqui√®me, Igor, Vladimir de Volhynie, ce qui pr√©figurait la formation d'entit√©s patrimoniales princi√®res et conf√©rait au prince de Kiev un pouvoir plus nominal qu'effectif. Cette transformation de la Rus' en principaut√©s dynastiques sera officialis√©e en 1097 au Congr√®s de Lioubetch. La guerre civile reprend entre les princes imm√©diatement apr√®s le congr√®s.

Le déclin de Kiev et l'essor de centres régionaux

Le champ de la bataille entre Igor Sviatoslavitch et les Polovtses, par Viktor Vasnetsov, 1889

Mais au XIIe si√®cle, les conflits entre les diff√©rentes principaut√©s issues de la Rus' men√®rent au d√©clin. La Rus' de Kiev se divisa √† cause du syst√®me de succession : de plus en plus membres de la famille royale se taill√®rent des principaut√©s s√©par√©es et bient√īt antagonistes, passant parfois alliance avec des √©tats ext√©rieurs tels que le Coumans, les Polonais ou les Hongrois. Entre 1054 et 1224, pas moins de 64 principaut√©s plus ou moins √©ph√©m√®res √©volu√®rent et se succ√©d√®rent. En raison de son prestige, le tr√īne de Kiev devint l'enjeu permanent de guerres entre plusieurs dynasties, avant que celui de Novgorod ne devienne, de par sa prosp√©rit√©, tr√®s convoit√© √† son tour. La cit√© de Volkhov acquit une certaine ind√©pendance en √©lisant ses propres magistrats et en nommant son propre archev√™que. Les autres principaut√©s se d√©veloppent √©galement, notamment la Volhynie, la Galicie, Tourov-Pinsk, Polotsk, Smolensk, Tchernigov, Riazan et Mourom. La principaut√© de Vladimir-Souzdal fut l'une des principales rivales de Kiev au XIIe si√®cle. La principaut√© de Moscou naquit en 1276 de la partition de la principaut√© de Vladimir-Souzdal, suite √† la succession de Alexandre Nevski.

En 1204, les forces de la quatri√®me croisade prirent Constantinople. Les Croisades, en coupant les routes commerciales vers Byzance, acc√©l√©r√®rent le d√©clin de Kiev, qui fut par la suite saccag√©e par les Tchernigoviens, les Volhyniens, les Coumans et les Mongols au XIIe et au XIIIe si√®cle. Les principaut√©s ruth√®nes durent reconna√ģtre la souverainet√© des Tatars.

Crépuscule du centre politique Kiévien

Alexandre Nevski (1249)[16]. Fils de Iaroslav II Vladimirski, grand-prince de Vladimir, prince de Novgorod en 1236, vainqueur des Su√©dois sur la Neva en 1240, puis des chevaliers teutoniques et des Lituaniens sur la glace du Lac Pe√Įpous (ou Tchoudsko√Įe) en 1242, est investi comme grand-prince de Kiev par le khan Batou qui le re√ßoit √† la Horde d'Or en 1249 ; il en obtient aussi l'investiture pour Vladimir en 1252 et meurt en 1263.
Kiev est en fait administr√©e par un gouverneur mongol qui autorisera jusqu'en 1299 le s√©jour du m√©tropolite. Le pays de Kiev, qui a subi l'invasion mongol, est affaibli et d√©sol√©. Quand le franciscain Jean de Plan Carpin en route pour la cour mongole le traverse, il constate un pays en grande d√©solation[17]. D√©truite de nouveau par les Tatars de Crim√©e en 1482, Kiev demeurera cependant dans la m√©moire et l'√Ęme populaire des russes comme la m√®re des villes.

République de Novgorod

Ic√īne de la victoire de Novgorod sur Andr√© Ier Bogolioubski, XIIe si√®cle.
Article d√©taill√© : R√©publique de Novgorod.

Dans le nord, la R√©publique de Novgorod prosp√©ra dans le cadre de la Rus ', car elle contr√īlait les routes commerciales de la Volga √† la mer Baltique. Quand la Rus' affaiblissait, Novgorod devenait plus ind√©pendante. Une oligarchie locale s'√©tablit √† Novgorod. En 1136, les Novgorodiens profitent de l'√©tat d'anarchie dans lequel se trouve la Rus' pour se d√©barrasser de leur prince et imposer leur droit √† le choisir et √† lui dicter les conditions fix√©es par l'assembl√©e populaire de la ville, le veche ou vetche[18], qui parmi des boyards, √©lisait un premier ministre (le Posadnik) et des commandants militaires (les tys'atskys). Les territoires nordiques, riches de leurs fourrures, en animaux marins et en salines, ont √©t√© d'une grande importance √©conomique pour Novgorod, qui a men√© une s√©rie de guerre contre la principaut√© de Moscou pour le contr√īle de ces territoires. Depuis 1156, Novgorod acquit un archev√™ch√© propre, signe de l'importance accrue et d'ind√©pendance politique. L'archev√™que est √† la t√™te de l'ex√©cutif et le propri√©taire terrien le plus riche de Novgorod, poss√©dant l'essentiel des terres et des richesses transf√©r√©es par les princes de Kiev. Il est en charge du tr√©sor et des relations ext√©rieures. Les commer√ßants et les artisans participent √©galement aux affaires politiques de la ville et ont leurs guildes appel√©es konchans, oulichans ou sotnyas.

Principauté de Vladimir-Souzdal

Article d√©taill√© : Principaut√© de Vladimir-Souzdal.

Dans le nord, les Slaves colonisaient le territoire qui allait devenir la Moscovie en soumettant et en se m√©langeant avec les tribus finnoises qui occupaient d√©j√† la r√©gion. La ville de Rostov Veliki √©tait dans un premier temps le principal centre de la r√©gion, avant d'√™tre supplant√©e par Souzdal, puis par la ville de Vladimir, qui devient la capitale de la principaut√© de Vladimir-Souzdal. La r√©gion enregistra des vagues de migrations continues √† partir de la r√©gion de Kiev, pour √©chapper aux excursions des nomades de la steppe (Coumans, Mongols...). La Principaut√© combin√©e de Vladimir-Souzdal 's'affirma alors comme une puissance majeure dans la Rus'. Profitant des guerres intestines, une figure se d√©tache, celle du prince de Rostov-Souzdal, Iouri Dolgorouki (1125-1157)[19], qui m√®ne une active politique de renforcement de sa principaut√©, fond√© sur la construction d'un r√©seau de forteresses destin√©es √† se prot√©ger des Novgodoriens au nord, des Bulgares de la Volga √† l'est : ainsi furent construites les forteresses de Zvenigorod, Kidekcha, Iouriev-Polski, Dmitrov et peut-√™tre, en avril-novembre 1152, le premier Kremlin de Moscou. Toutes ces villes forment aujourd'hui le c√©l√®bre ¬ę Anneau d'or ¬Ľ. Cette politique fut poursuivie par son fils et successeur Andre√Į Bogolioubsky (1157-1174). En 1169, le prince Andr√© Ier Bogolioubski porta un coup s√©v√®re au pouvoir d√©clinant de la Rus' lorsque ses arm√©es saccag√®rent la ville de Kiev. Andr√© Ier installa son fr√®re cadet, qui r√©gna bri√®vement sur Kiev, alors qu'il continua de gouverner sur son royaume de Suzdal '. Ainsi, le pouvoir politique commen√ßa √† d√©river loin de Kiev dans la seconde moiti√© du XIIe si√®cle. En 1299, suite √† l'invasion mongole, le m√©tropolite d√©pla√ßa son si√®ge de Kiev √† la ville de Vladimir qui rempla√ßa ainsi Kiev comme un centre religieux majeur de la r√©gion.

Royaume de Galicie-Volhynie

Article d√©taill√© : Principaut√© de Galicie-Volhynie.

Au sud-ouest, la principaut√© de Galicie-Volhynie d√©veloppa des relations commerciales avec ses voisins polonais, hongrois et lituanien et √©mergeait comme le successeur local √† la Rus'. Au d√©but du 13e si√®cle, le prince Roman Mstislavich uni les deux principaut√©s de Galicie et de Volhynie, auparavant distinctes, conquis Kiev, et pris le titre de Grand-Duc de la Rus'. Son fils, Daniel de Galicie fut le premier souverain de la Rus' √† accepter une couronne de la papaut√© romaine, sans rompre pourtant avec Constantinople. Au d√©but du 14e si√®cle, le patriarche de l'√Čglise orthodoxe d'Orient, √† Constantinople accord√© les dirigeants de Galicie-Volhynie une r√©gion m√©tropolitaine afin de compenser le d√©m√©nagement du m√©tropolite de Kiev √† Vladimir. Cependant, une longue et infructueuse lutte contre les Mongols, combin√© avec l'opposition interne au prince et √† des interventions √©trang√®res affaiblirent Galicie-Volhynie. Avec la fin de la dynastie de Mstislavich dans le milieu du 14e si√®cle, la principaut√© de Galicie-Volhynie cessa d'exister. La Galicie fut conquise par le Royaume de Pologne, le Grand-duch√© de Lituanie, lui, prit la Volhynie, y compris Kiev, conquis par Gediminas en 1321.

Société

Lettre de Jisnomir √† Mikoula, XIe‚ÄČ‚ÄĎ‚ÄČXIIe si√®cle.

La Rus' de Kiev, bien que faiblement peupl√©es par rapport √† l'Europe occidentale eu pourtant une culture assez avanc√©. L'alphab√©tisation √† Kiev, √† Novgorod et d'autres grandes villes √©tait √©lev√©e par le biais notamment de documents sur √©corce de bouleau. Novgorod avait un syst√®me d'√©gout et √©tait pav√©e en bois. La Rousska√Įa Pravda n'utilisait pas g√©n√©ralement la peine capitale, et utilisait un syst√®me d'amendes. Certains droits inali√©nables furent accord√©s aux femmes, tels que la propri√©t√© et les droits de succession.

Autour de 1200, Kiev avait une population de 50 000 habitants, Novgorod et de Tchernigov avaient tous deux pr√®s de 30 000 habitants, alors que Constantinople avait une population d'environ 400 000 habitants autour de 1180. La Rus', √† la veille de l'invasion mongole, aurait eu environ 300 centres urbains.

Les soldats et fonctionnaires recevaient des revenus et des terres des princes, en contrepartie de leurs services politiques et militaires. La soci√©t√© ne disposait pas d'institutions fortes bas√©s sur les classes sociales ni de mouvement communal comme c'√©tait le cas √† l'√©poque en l'Europe occidentale. N√©anmoins, les commer√ßants en milieu urbain, les artisans et les ouvriers, exer√ßaient une influence politique √† travers une assembl√©e municipale, le veche ou vetche[18], qui englobait tous les hommes de la population. Dans certains cas, le veche conclut des accords avec leurs dirigeants ou les expulsa et en invita d'autres √† prendre leur place. √Ä la base de la soci√©t√© se trouvait un nombre important d'esclaves. Il existait aussi une classe de paysan tributaire de leur seigneur, proche des serfs, mais le caract√®re g√©n√©ralis√© du servage n'existait pas dans la Rus' √† la diff√©rence de l'Europe occidentale o√Ļ dans l'Empire russe. La plus grande classe sociale √©tait ainsi compos√©e de paysans libres.

Institutions

Dans les si√®cles qui suivirent la fondation de l'√Čtat, les descendants de Rurik se partageaient la Rus' de Kiev, selon une succession particuli√®rement, les pr√©tendants aux tr√īne changeait de fief √† chaque fois que leur place dans la hi√©rarchie f√©odale changeait de place. Les membres mineurs de la dynastie d√©butaient ainsi g√©n√©ralement leur carri√®re dans une r√©gion recul√©e et progressaient jusqu'√† recevoir des principaut√©s plus lucratives pour enfin pr√©tendre √† la principaut√© de Kiev. Les principales fonctions du souverain √©tait d'√™tre le principal directeur des arm√©es, tout en faisant appliquer la justice et tout en administrant la terre.

Les boyards n'avait aucun pouvoir légal pour s'opposer à la volonté du prince, mais il semble que dans la Rus' de Kiev, ceci avait pris une importance considérable, il était devenu les consultants et les conseillers du prince.

Le veche ou vetche[18] √©tait une assembl√©e des hommes libres, qui rassemblait ainsi l'ensemble des chefs de famille. Ces r√©unions qui se tenaient g√©n√©ralement sur le march√©. Ces r√©unions touchaient un large part de la population qui habitaient la Rus' m√™me avant l'arriv√©e des Var√®gues, et d'importantes frictions se sont ainsi produite entre les veches et le pouvoir princier. Un cas extr√™me de l'importance de la veche √©tait la principaut√© de Novgorod, o√Ļ la Veche √©tait tr√®s puissante, et √©tait m√™me parvenue en 1136, √† expulser du tr√īne du prince d√©sign√©.

√Čconomie

Bateaux construits dans le pays des Slaves, toile de Nicholas Roerich représentant en 1903 la construction de bateaux de style vikings dans la Rus '.

L'économie de la Rus' de Kiev était tournée vers le commerce entre la Scandinavie et Byzance, depuis le Dniepr. L'élite de la Rus' était essentiellement marchande, les marchands de Kiev allaient non seulement jusqu'à Byzance, mais pouvaient arriver jusqu'à Bagdad et la Perse. Les marchandises étaient exportées ont été, tel que des esclaves, des fourrures, de la cire, du miel, des produits agricoles tels que le lin, le chanvre et le houblon. La Rus' importait de l'Est des chevaux et des armes, de Byzance des équipements navals, et des métaux et la verrerie d'Europe centrale et d'Europe de l'Ouest. En raison du trafic important, de nombreuses marchandises pouvaient servir de monnaie d'échange comme les bovins dans la partie sud de la Rus' ou la fourrure dans le nord. Durant le règne de Vladimir Ier, des pièces commençaient à être frappé, mais de tout façon des pièces en provenance de Byzance et Bagdad se trouvait relativement facilement dans la Rus'.

L'agriculture jouait un r√īle important dans l'√©conomie de la Rus', car le commerce √©tait principalement d'enjeux des classes sociales les plus √©lev√©e, tandis que l'agriculture √©tait l'activit√© √©conomique pratiqu√©e par la plus grande partie de la population. Les activit√©s agricoles furent attest√©es, bien avant la naissance de la Rus', en particulier dans les terres du sud, chaud et occup√©e par du tchernozem. Dans les terres du nord de la Rus' (correspondant √† aujourd'hui aux oblast de Novgorod, de Moscou, de Vladimir, d'Ivanovo et de Tver ' ), couverte par des for√™ts de conif√®res et qui √©tait souvent mar√©cageuses et couverts par des sols podzoliques, avait une agriculture moins d√©velopp√© et sophistiqu√©, avec de plus longues jach√®res. Dans les r√©gions propices, des techniques de rotation culturale et d'assolement triennal furent pratiqu√© √† la fin de la Rus'.

Les principaux produits céréaliers étaient le blé dans le sud, et l'avoine et l'orge dans les régions plus froides et humides. La sylviculture, la chasse et l'apiculture étaient garder cependant une importance capitale dans les régions forestières ou périphériques. Une autre culture importante dans toute la Rus' était le lin, pour la fabrication de vêtements.

Religion

La foi traditionnelle des habitants de la Rus’ était basée sur un paganisme centré sur les forces de la nature et le culte des esprits. Ainsi les divinités importantes dans le panthéon de l'époque étaient Perun, le dieu du tonnerre et la foudre s'apparentant au dieu scandinave Thor, Volos, le dieu des troupeaux et du commerce, et Stribog, la divinité du vent et des tempêtes. Ce paganisme n'était pas encadré par un clergé et avait peu d'influence sur le plan institutionnel.

La conversion au christianisme survient √† partir de la fin du Xe si√®cle durant le r√®gne de Vladimir Ier, ce christianisme √©tait largement inspir√© des traditions byzantines avec relativement peu d'√©volution par rapport √† l'Empire byzantin dans les domaines th√©ologiques. Ce n'est que par l'√©volution de l'art religieux, de la canonisation des saints et de l'influence de la soci√©t√© sur la religion que l'orthodoxie russe gagna petit √† petit un caract√®re propre.

Au moment de la conversion au christianisme √† la fin du Xe si√®cle, l'√©glise russe √©tait compos√©e de huit dioc√®ses sous le contr√īle direct de Constantinople. L'√©glise russe devint rapidement propri√©taire de vastes domaines et avait de grandes influences dans les domaines de la m√©decine et de l'√©ducation, et sur les questions morales.

Le caract√®re pa√Įen de la Rus' subsista cependant longtemps apr√®s la conversion au christianisme. Dans les premiers si√®cles apr√®s la conversion, le caract√®re chr√©tien de la population restait assez superficiel et de nombreuses croyances anciennes furent incorpor√©es dans le christianisme par un ph√©nom√®ne de syncr√©tisme qui fut appel√© dvoeverie ou double foi.

Querelle historiographique

En occident, le terme de Rous' et de Russie fut longtemps distingu√©s, Rous' √©tait alors traduit par Ruth√©nie, avant que l'historiographie russe ne prenne le pas et face confondre son nom avec l'ancien √©tat m√©di√©val slave oriental. Ainsi il n'est pas rare de voir encore aujourd'hui √©crit abusivement Russie de Kiev au lieu de Rous' de Kiev. De son c√īt√©, √† l'instar de l'historiographie russe, l'historiographie ukrainienne, longtemps m√©connue, s'est r√©appropri√© cet h√©ritage √† titre parfois exclusif[20]. La Bi√©lorussie quant √† elle n'a jamais insist√© sur sa p√©riode ruth√®ne, ce qui lui vaut parfois d'√™tre omis de la querelle historiographique. Son r√īle √©troit historiquement au sein du Grand duch√© de Lituanie a contribu√© √† forger cette position, quoique ce dernier pr√©tendit, comme la Moscovie, √™tre la continuit√© de la Rous'.

Dans les faits cet état composé de tribus slaves orientales se disloqua en une multitude de principautés indépendantes avant même l'invasion mongole reprenant par ailleurs plus ou moins les anciennes divisions tribales slaves orientales pré-existantes. Kiev, la capitale, n'était alors plus un véritable enjeux. Ni l'Ukraine, ni la Biélorussie, ni la Russie ne peuvent se prévaloir héritières seules et légitimes de la Rous' puisque la notion même d'identité russe, biélorusse et ukrainienne lui était encore étrangère au moment de son effondrement.

Débat relatif à l'Empire médiéval de Kiev

Les Slaves ont fait, √† la fin de l'Antiquit√©, une entr√©e relativement tardive dans l'Histoire. Leur groupe oriental - les anc√™tres des Bi√©lorussiens, Ukrainiens et Russes - √©tait repr√©sent√©, au IXe si√®cle, par une s√©rie de tribus d√©j√† group√©es autour de centre protourbains, dont l'un fut √† l'origine de la ville de Kiev. Cette mosa√Įque, encore unie par la langue √©crite, la culture et la religion subit le choc des invasions mongoles de 1237-1240, dont on consid√®re qu'elles marquent la fin de la p√©riode ¬ę ki√©vienne ¬Ľ et le d√©but de l'Histoire diff√©renci√©e des peuples slaves orientaux modernes.

L'h√©ritage ki√©vien n'est pas all√© tout entier √† un h√©ritier unique : il a √©t√© partag√© et interpr√©t√© tr√®s diff√©remment √† l'ouest par les Ukrainiens et les Bi√©lorussiens dans le cadre de la grande principaut√© lituanienne puis de l'ensemble polono-lituanien des XVIe‚ÄČ‚ÄĎ‚ÄČXVIIIe si√®cle, √† l'est par le tsarat de Moscovie (qui prit le nom de Russie en 1721, une d√©nomination d√©riv√©e de Rous').

La solution la plus satisfaisante linguistiquement et historiquement serait de traduire Rus' par ¬ę Ruth√©nie ¬Ľ, forme latine bien attest√©e depuis le Moyen √āge. Au XIXe si√®cle, les Rusyny de Galicie √©taient encore qualifi√©s de Rithenen par le gouvernement austro-hongrois. Parler de Ruth√©nie Ki√©vienne aurait donc le m√©rite de la clart√© et de la neutralit√©[21].

Princes de la Ruthénie Kiévienne

Riourik et ses frères au Lac Ladoga, Apollinary Vasnetsov (1856-1933).
Les souverains de Novgorod et de Kiev :
Iaroslav Ier le Sage (gravure du XVIIe si√®cle).
Portrait d'Alexandre Nevski à la Cathédrale Alexandre-Nevski de Sofia.

De 1169 à 1171, la principauté de Kiev est gouvernée de fait par le grand-prince de Vladimir

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Chronique de Nestor, naissance des mondes russes, √©d. : Anacharsis, 2008 ; R√©gis Boyer : Vikings et var√®gues: histoire, mythes, dictionnaire, √©d. : R. Laffont, 2008
  2. ‚ÜĎ Jean-Pierre Arrignon, Chronique de Nestor, Naissance des mondes russes, ed. Anacharsis, 2008 (ISBN 2-914777-19-1)
  3. ‚ÜĎ Iaroslav Lebedynsky, L'Empire m√©di√©val de Kiev, d√©bat historique d'hier et d'aujourd'hui
  4. ‚ÜĎ Sophia Senyk, A history of the Church in Ukraine, in Orientalia Christiana Analecta, Rome, Pontificio Istituto Orientale, vol. 1 (sur 5 pr√©vus), 1993 (pour la partie Olga dans les Chroniques)
  5. ‚ÜĎ Bernard Dupuis, L'√Čglise orthodoxe (¬ß Destin de l'√Čglise russe) in Encyclop√©die des religions, Universalis, Paris, 2002, p. 113
  6. ‚ÜĎ Francis Dvornik, Les Slaves histoire, civilisation de l'Antiquit√© aux d√©buts de l'√Čpoque contemporaine. La Russie de Kiev, pages 171 √† 228. √Čditions du Seuil, Paris (1970).
  7. ‚ÜĎ Viktoriya et Patrice Lajoye,Ilya Mouromets et autres h√©ros de la Russie ancienne, Toulouse, Anacharsis, 2009.
  8. ‚ÜĎ Nominis : Saints Boris et Gleb
  9. ‚ÜĎ Francis Dvornik, Les Slaves histoire, civilisation de l'Antiquit√© aux d√©buts de l'√Čpoque contemporaine. La Russie de Kiev, pages 171 √† 228. √Čditions du Seuil, Paris (1970).
  10. ‚ÜĎ Christian Settipani, Continuit√© des √©lites √† Byzance durant les si√®cles obscurs. Les princes caucasiens et l'Empire du vie au IXe si√®cle, de Boccard, Paris, 2006, 634 p. (ISBN 978-2-7018-0226-8), p. 245.
  11. ‚ÜĎ R√©gine Desforges, Sous le ciel de Novgorod, vision romanc√©e de la vie d'Anne, Fayard. (ISBN 2213021058)
  12. ‚ÜĎ Premi√®re chronique de Novgorod, Istoria russko√Į literaturi, Publication de l'Acad√©mie des Sciences d'URSS, livre II, partie 1, Moscou,, 1946, p 115.
  13. ‚ÜĎ Sainte-Sophie prolonge Constantinople vers le nord comme Constantinople prolongeait Rome en Orient. √Ä ce titre, elle fait des Russes les h√©ritiers l√©gitimes de la tradition byzantine.
  14. ‚ÜĎ Georges Florovsky, Les voies de la th√©ologie russe, Paris, 1937 ; trad. et notes de J. C. Roberti, Paris, Descl√©e de Brouwer, 1991, p 17.
  15. ‚ÜĎ (en) Sara G. Thomason, ¬ę What Else Happens to Opaque Rules? ¬Ľ, dans Language, vol. 52, 1976, p. 370-381.
  16. ‚ÜĎ Catherine Durand-Cheynet, Alexandre Nevski ou le soleil de la Russie, Editeur : Perrin (1983)(ISBN 2262002975)
  17. ‚ÜĎ Extrait de Jean de Plan Carpin, ¬ę en passant par cette terre, nous y avons trouv√© r√©pandus dans la campagne d'innombrables cr√Ęnes et d'os d'hommes morts ; car la cit√© avait √©t√© grande et peupl√©e et elle est maintenant r√©duite √† presque rien ; on y trouve √† peine deux cents maisons aujourd'hui et les gens y sont tenus en grande servitude ¬Ľ.
  18. ‚ÜĎ a, b et c Le vetche d√©signe l'assembl√©e de la ville qui d√©cidait de la politique de celle-ci, de la paix ou de la guerre. Cette assembl√©e √©tait r√©unie au son de la cloche, en russe kolokol', symbole de libert√©. c'est pour cette raison que le film d'Andre√Į Tarkovsky, Andre√Į Roublev, les Russes ont perdu l'art de fondre les cloches, sous-entendu la libert√©.
  19. ‚ÜĎ Pierre Lorrain, Moscou et la naissance d'une nation, Paris: Bartillat, 2010.(ISBN 2841004503)
  20. ‚ÜĎ Par exemple Arkady Joukovsky soutient cette th√®se dans Histoire de l'Ukraine, Paris, Dauphin, 1993
  21. ‚ÜĎ Iaroslav Lebedynsky, (Texte de), charg√© de cours √† l'Institut national des langues et civilisations orientales

Bibliographie

Sources

Voir aussi

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