Royaume lombard-venitien

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Royaume lombard-venitien

Royaume lombard-vénitien

Royaume lombard-vénitien

Regno Lombardo-Veneto (it)


1815 ‚ÄĒ 1866

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Armoiries

Carte du Royaume de Lombardie-Vénitie
Carte du Royaume de Lombardie-Vénitie

Informations générales
 Statut Monarchie
 Capitale Milan et Venise
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Population
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Superficie
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Histoire et événements
 7 avril 1815 cr√©ation
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Pouvoir exécutif
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Pouvoir législatif
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Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Royaume d'Italie Royaume d'Italie

Le royaume de Lombardie-V√©n√©tie a √©t√© un √Čtat d√©pendant de l'Empire autrichien voulu par le chancelier Klemens Wenzel von Metternich au d√©but de la Restauration suite √† la d√©sagr√©gation de l'empire napol√©onien, et √©tabli par le congr√®s de Vienne. En 1859 le royaume Lombardo-V√©nitien est amput√© de presque toute la Lombardie (√† l'exception de la province de Mantoue) et cesse d'exister en 1866 avec l'annexion de la V√©n√©tie (avec la province de Mantoue et la province d'Udine) au Royaume d'Italie.

Sommaire

Histoire du royaume

La défaite napoléonienne en Italie

Article d√©taill√© : Royaume d'Italie (1805-1814).

Le 20 ao√Ľt 1813 l‚ÄôAutriche d√©clare la guerre √† Napol√©on de retour de la d√©sastreuse campagne de Russie et abandonn√© par la conf√©d√©ration du Rhin. Elle constitue une arm√©e pour envahir l'Italie qui est confi√©e au feld-mar√©chal Heinrich Johann de Bellegarde qui est battue par le royaume d'Italie du vice-roi Eug√®ne de Beauharnais lors de la bataille du Mincio le 8 f√©vrier 1814.

Dans les deux mois qui suivent, la position de Beauharnais se d√©grade sensiblement en raison :

  • de l'alliance, le 11 janvier, du royaume de Naples de Joachim Murat avec l'Autriche,
  • du succ√®s de l'offensive austro-prussienne sur la France qui conduit √† l'occupation de Paris le 31 mars et √† l'abdication de Napol√©on, le 6 avril,
  • d'une conjuration anti-fran√ßaise √† Milan qui, soutenue par la noblesse milanaise, saccage le S√©nat le 20 avril et lynche le ministre Giuseppe Prina.

C'est pour cette raison que le 23 avril le vice-roi doit signer √† Mantoue la capitulation, il laisse son arm√©e, 45 000 hommes en armes, victorieuse √† Mincio, aux ordres de Heinrich Johann de Bellegarde et part le 27 pour Munich. Le 26 avril le commissaire autrichien Annibal Sommariva prend possession de la Lombardie au nom du feld-mar√©chal Bellegarde, et le 28 avril Milan est occup√©e par 17 000 soldats autrichiens.

Le 25 mai Bellegarde dissout la régence du royaume d'Italie qui cesse d'exister et assume les pouvoirs comme Commissaire plénipotentiaire des provinces autrichienne en Italie au nom du nouveau souverain, l’empereur François Ier. Le 12 juin il prend la charge de gouverneur général après l'annexion de la Lombardie à l'empire, le même jour.

La genèse du royaume

Selon les plans des puissances victorieuses, la chute de Napol√©on aurait d√Ľ ramener √† la situation g√©o-politique de l'Europe d'avant 1789, sauf que l'ampleur des changements de la conqu√™te fran√ßaise n√©cessite l'ouverture √† Vienne d'un grand congr√®s pour le r√©am√©nagement de l'Europe.

L‚ÄôAutriche peut annexer de nouveau sous son autorit√© directe les territoires italiens qui lui appartenaient depuis longue date √† savoir Trente, Trieste et Gorizia, et indirectement, le duch√© de Milan (Milan, C√īme, Pavie, Lodi, Cr√©mone) et le duch√© de Mantoue - annexion par d√©cret imp√©rial du 7 juin et proclam√©e juridiquement le 12 par Bellegarde - la r√©publique de Venise, dont l'unique droit est le r√©sultat du trait√© de Campo-Formio (1797). L'annexion √† l'√©tat autrichien est accept√©e par les puissances victorieuses lors du congr√®s de Vienne seulement apr√®s la renonciation des droits dynastiques des Habsbourg sur les Pays-Bas catholique, l'actuelle Belgique. Pour comprendre l'utilit√© pour Vienne de l'√©change, il est suffisant de rappeler l'argument classique de Carlo Cattaneo, lequel a toujours soutenu que de la Lombardie-V√©n√©tie, Vienne tire un tiers de l'imp√īt de l'empire, bien qu'elle ne constitue qu'un huiti√®me de la population [1]. Giuseppe Martini[2] synth√©tise la situation : ¬ę Les n√©gociations s'ouvrent autour du probl√®me de l'Italie, et comme en fit publiquement la promesse le congr√®s viennois commen√ßant par un grand acte de justice, il statua que l'Autriche reprendrait en sa possession Milan et Mantoue, acquerrait les √Čtats v√©nitiens avec l'ajout de quelques territoires qui, par des antiques accords entre puissances italiennes, appartenaient un temps aux √©tats de Parme et Ferrare, acquerrait en plus, non seulement les terres de la Valtellina avec le comt√© de Bormio et de Chiavenna, sites tr√®s opportuns pour les choses de la Suisse  ¬Ľ.

Les territoires vénitiens sur la cote orientale de la mer Adriatique sont absorbés directement par l'Autriche alors que pour des raisons historiques d'autonomie, Milan et Venise bénéficient d'un gouvernement autonome. L'Autriche réorganise ces territoires en une entité administrative apparemment autonome, la solution choisie est de créer un unique royaume et deux gouvernements auquel est donné le nom de royaume lombard-vénitien.

Le nom est choisi après un long débat et non sans hésitation. Les Autrichiens et leurs alliés ne veulent pas conserver le nom choisi par Napoléon, le royaume d'Italie. Il est évident qu'est pris en considération la localisation Ost und West Italien (Italie orientale et occidentale) ainsi que l'österreichische Italien (Italie autrichienne). Les noms excessivement liés à une des deux capitales sont écartés notamment parce que Milan et Venise n'ont jamais été unis sous une unique couronne depuis la chute du royaume Lombard et qu'il n'existe aucun terme pour définir les deux territoires unifiés. On choisit donc un nom destiné à stimuler le rapprochement entre les populations lombardes et vénitiennes mais qui fait aussi la démonstration de tout l'artifice de la nouvelle création administrative.

La création du royaume

François Ier d'Autriche premier souverain de Lombardie-Vénétie jusqu'à sa mort en 1835

Le 7 avril 1815, la constitution des √Čtats autrichiens en Italie en un nouveau Royaume de Lombardie-V√©n√©tie est annonc√©e. Celui-ci est constitu√© sur les bases du trait√© de Vienne qui comprend les territoires du duch√© de Mantoue, Dogado, les Domini di Terraferma de la r√©publique de Venise avec Valtellina appartenant d√©j√† √† la r√©publique des trois ligues, et une partie de la r√©gion de Ferrare, alors que l'√Čtat da M√†r, appartenant √† la S√©renissime en est exclu car directement annex√© dans les territoires de l'Empire ainsi que le duch√© de Parme[3].

Le royaume est confié à François Ier, empereur d'Autriche et roi de la Lombardie-Vénétie. Le roi et l'empereur gouverne au travers d'un vice-roi en la personne de Rainier d'Autriche, archiduc d'Autriche, qui est autrichien et frère de l'empereur et dont la résidence est à Milan et à Venise.

La Lombardie et la Vénétie qui sont séparés par le Mincio ont chacun leur propre gouvernement appelé conseil du gouvernement (Consiglio di Governo) confié à un gouverneur et à des administrations distinctes dites congrégations (Congregazioni Centrali), dont dépendent les administrations locales parmi lesquelles les congrégations provinciales (Congregazioni Provinciali) et les congrégations municipales (Congregazioni Municipali).

Les comp√©tences du gouverneur, √† travers le conseil du gouvernement, sont assez importants et recouvrent la censure, l'administration g√©n√©rale du patrimoine et des imp√īts directs, la direction des √©coles, des travaux publics, la nomination et le contr√īle des congr√©gations provinciales. L'arm√©e imp√©riale assure, au cours de ces ann√©es, l'ordre public.

L’administration financière et de la police est soustraite au conseil du gouvernement pour dépendre directement du gouvernement impérial de Vienne qui agit au travers d'un magistrat de chambre (Magistrato camerale) (mont de Lombardie, monnaie, loto, intendance des finances, caisse centrale, fabrication des tabacs et des explosifs, offices des taxes et des timbres, imprimerie royale, inspections des forêts et agence du sel), un office de la comptabilité et une direction générale de la police.

En notant l'importante centralisation du pouvoir entre les mains du gouverneur nomm√© par Vienne et du gouvernement imp√©rial, on comprend le r√īle marginal du vice-roi r√©duit √† de la repr√©sentation, celui-ci maintient de splendides palais o√Ļ se tient sa cour.

La marginalisation de la noblesse locale

Toutes les autres charges du royaume sont le r√©sultat d'une nomination royale et jamais √©lective. Elles sont en grandes parties confi√©es √† des austro-allemands ce qui est la cas des gouverneurs, le plus souvent issus des officiers bas√©s en Italie bien que l'arm√©e autrichienne respecte la composition h√©t√©rog√®ne de la population de l'empire et du vice-roi: des non-italiens b√©n√©ficient du contr√īle presque absolu sur la vie du royaume. Les propos lors d'une r√©union de 1832 entre Paolo de' Capitani, un noble lombard et Metternich sont devenus c√©l√®bres : ¬ę Quelle n√©cessit√© y a-t-il √† faire occuper tous les postes importants par des Tyroliens ou des sujets d'autres provinces ? ¬Ľ[4].

Aux "patriciens" locaux, italiens, il ne reste que l'administration des congrégations provinciales et municipales, donc des postes secondaires. Les congrégations municipales, par exemple, prennent en charge les édifices communaux, les églises paroissiales, les routes internes, les salaires des employés communaux et la police municipale.

Pour compl√©ter le tout, les codes civils et p√©naux entrent en vigueur le 1er janvier 1816 interdisant toute intervention italienne m√™me au travers du conseil du gouvernement.

La faiblesse intrinsèque du Royaume

Pour les sujets lombards et vénitiens, ce nouveau royaume apparait comme une "comédie", ceux-ci se rendant compte que le pouvoir est confié à un gouvernement viennois sous l'autorité austro-allemande. Les "Allemands" sont omniprésents et soustraient aux "patriciens" et aux intellectuels italiens les postes qui dans un royaume réellement autonome leur serait revenu de droit.

Non seulement il s'agit d'une aggravation de la situation respectivement au royaume d'Italie lequel était dirigé par un roi (Napoléon) et un vice-roi (Eugène de Beauharnais) français qui en avait fait un protectorat de Paris mais bénéficiait d'une autonomie administrative presque totalement nationale, avec une armée nationale composée de nombreux officiers italiens.

En définitive, il apparait au plus nombreux que le gouvernement autrichien ne respecte pas les droits traditionnels de la Lombardie et de la Vénétie et donc qu'il ne bénéficie d'aucune légitimité. Ces considérations sont à la base de l'instabilité permanente au moins jusqu'en 1820 et de la grande adhésion de l'élite et de la population lors de la guerre de libération.

Réduction et fin du royaume

Le 18 mars-22 mars 1848 au terme des cinq jours de Milan, les Autrichiens sont chass√©s de Milan et de Venise. Les deux conseils du gouvernement sont remplac√©s par un gouvernement provisoire de Lombardie auto-proclam√© et par l'instauration de la r√©publique de Saint-Marc.

le 9 ao√Ľt 1848 avec l'armistice de Salasco suite √† la victoire autrichienne des 24-25 juillet √† Custoza sur les troupes sardes, se termine la premi√®re phase de la premi√®re guerre d'ind√©pendance: Milan est r√©occup√©e et le gouvernement provisoire de Lombardie est dissout. Les 22-23 Charles-Albert de Sardaigne est de nouveau battu lors de la bataille de Novare et il abdique en faveur de Victor-Emmanuel II. Le 24 ao√Ľt suivant, apr√®s le un long si√®ge, Venise se rend aux Autrichiens.

Le royaume lombard-v√©nitien survit √† la perte de la Lombardie (sauf Mantoue) apr√®s la seconde guerre d'ind√©pendance de 1859 puis dispara√ģt en 1866 √† l'issue de la troisi√®me guerre d'ind√©pendance.

Rois, vice-rois et gouverneurs

Vice-rois:

Les vice-rois ont dirigé le royaume par l'intermédiaire des gouverneurs ou des lieutenants suivants:

Administration locale

Les deux gouvernements de la Lombardie et de la V√©n√©tie sont divis√©s en dix-sept provinces. Chaque province est administr√©e par une d√©l√©gation provinciale cr√©√©e pour la premi√®re fois le 1er f√©vrier 1816.

Provinces lombardes

Provinces vénitiennes

Le découpage du royaume en provinces

Chaque province est divisée en districts, 127 en Lombardie et 91 en Vénétie. Chaque district est divisé en communes, cellule de base de l'administration publique. Selon la population, les communes appartiennent à trois classes;

  • les communes de premi√®re classe, dont le chef-lieu est contr√īl√© directement par la d√©l√©gation provinciale, ont un conseil communal d'un maximum de 60 membres,
  • les communes de seconde classe, dot√© d'un conseil communal d'au moins 30 membres et administr√© par un chancelier du patrimoine,
  • les communes de troisi√®me classe, les plus petites qui sont dirig√©es par une assembl√©e de propri√©taire qui se r√©unit une fois l'an en pr√©sence du chancelier du patrimoine pour nommer les fonctionnaires et approuver le bilan. Pendant le reste de l'ann√©e, trois propri√©taires sont d√©l√©gu√©s aux affaires courantes.

Organisation judiciaire

Chaque chef-lieu provinciale est le siège d'un tribunal de premier grade alors que dans les deux centres régionaux Milan et Venise sont présents deux cours d'appel. Au sommet du système se trouve le Sénat, la cour de cassation du royaume qui est située à Vérone.

Langue du royaume

La langue officielle du royaume est l'Italien, langue qui est enseignée dés l'école élémentaire qui est obligatoire et gratuite pour tous les enfants du royaume. La population parlait habituellement des langues locales: lombard, vénitien, frioulan et ladin. Il y avait une population composée de 2% de minorité de langue allemande dans les provinces de Vicenze, de Belluno et de langue slovène dans la province d'Udine.

Notes

  1. ‚ÜĎ Carlo Cattaneo : dell'insurrezione di Milano nel 1848 e della successiva guerra, Lugano, Tipografia della Svizzera Italiana, f√©vrier 1849
  2. ‚ÜĎ Storia d'Italia continuata da quella del Botta dall'anno 1814 al 1834 : premi√®re partie 1814-22
  3. ‚ÜĎ Le duch√© de Parme est confi√© √† Marie-Louise d'Autriche, seconde √©pouse de Napol√©on Ier et fille de l'empereur Fran√ßois Ier d'Autriche
  4. ‚ÜĎ Francesco Arese, La Lombardia e la politica dell'Austria, Archive historique lombarde, LXXVIII
  5. ‚ÜĎ Comprend les circonscriptions de Saronno, Busto Arsizio et Gallarate entr√©es dans la province de Var√®se en 1927.
  6. ‚ÜĎ Comprend la Valcamonica entr√©e dans la province de Brescia en 1861.
  7. ‚ÜĎ Comprend la circonscription de Varese qui a donn√©e la province de Var√®se en 1927 et une grande partie de l'actuelle province de Lecco cr√©√©e en 1992.
  8. ‚ÜĎ Comprend la circonscription de Crema devenue la province de Cr√©mone en 1861.
  9. ‚ÜĎ Comprend la circonscription de Abbiategrasso entr√©e dans la province de Milan en 1861 √† l'exclusion de Lomellina et l'Oltrep√≤ √† l'√©poque appartenant au Royaume de Sardaigne.
  10. ‚ÜĎ Comprend le delta gauche du P√ī, province de Rovigo depuis 1866.
  11. ‚ÜĎ √† l'exclusion des vall√©es ladines √† l'√©poque tyrolienne.
  12. ‚ÜĎ Comprend l'actuelle province de Pordenone cr√©√©e en 1968 mais en excluant les vall√©es de Tarvisio √† l'√©poque √† la Carniole.

Bibliographie

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

Sources

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