Royaume de Jerusalem

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Royaume de Jerusalem

Royaume de Jérusalem

Royaume de Jérusalem

Regnum Hierosolimitanum (la)


1099 ‚ÄĒ 1291

Armoiries de Jérusalem.svg
Armoiries

Royaume de J√©rusalem et √Čtats vassaux en 1135
Royaume de J√©rusalem et √Čtats vassaux en 1135

Informations générales
 Statut Royaume
 Capitale J√©rusalem (1099-1187)
Tyr (1187-1191)
Acre (1191-1229)
Jérusalem (1229-1244)
Acre (1244-1291)
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Population
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Superficie
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Histoire et événements
 1095-1099 Premi√®re croisade
 4 juillet 1187 Bataille de Hattin
 18 f√©vrier 1229 Trait√© de Jaffa
 18 mai 1291 Chute de Saint-Jean-d'Acre
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Pouvoir exécutif
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Pouvoir législatif
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Entité précédente Entité suivante
Fatimides Fatimides
Mamelouks Mamelouks

Le royaume de Jérusalem était un royaume chrétien créé en Orient en 1099 lors de la première croisade.

Il s'agit de l‚Äô√Čtat latin d'Orient le plus m√©ridional. Le royaume, √† partir du r√®gne de Baudouin Ier, s‚Äô√©tend sur la Palestine, dominant le littoral de Gaza et Daron jusqu'√† Beyrouth. Vers l‚Äôint√©rieur, le royaume va jusqu‚Äô√† la vall√©e du Jourdain. Plus tard, l‚Äôautre rive du Jourdain sera occup√©e jusqu‚Äô√† la mer Rouge, formant la terre d‚ÄôOutre-Jourdain.

Sommaire

Composition féodale

Le royaume de Jérusalem se partageait en un domaine royal et quatre fiefs principaux. Ces fiefs principaux, ainsi que le domaine royal, avaient eux-mêmes des vassaux.

Les principaux fiefs du royaume de J√©rusalem √©taient :

Les seigneuries d√©pendantes du domaine royal √©taient :

Il y eut √©galement quelques seigneuries d√©tach√©es du domaine royal :

Armoiries

armoiries du royaume de Jérusalem

Blasonnement : d'argent, √† la croix potenc√©e d'or, cantonn√©e de quatre croisettes du m√™me.

Selon la tradition, ce blason est volontairement à l'enquerre (il contrevient aux règles héraldiques en disposant un métal directement sur un autre métal), pour mieux marquer le prestige tout particulier de ce royaume.

Histoire

Le royaume à Jérusalem

Le royaume de J√©rusalem est n√© de la Premi√®re croisade et de la prise de J√©rusalem (15 juillet 1099). Godefroy de Bouillon en fut le premier souverain, mais se contenta du titre d‚ÄôAvou√© du Saint-S√©pulcre. Il fallut d‚Äôabord combattre une premi√®re contre-attaque fatimide, qui fut battue √† Ascalon le 12 ao√Ľt 1099. Le royaume se limitait aux villes de J√©rusalem et Bethl√©em, du port de Jaffa et de la route reliant J√©rusalem et Jaffa.

Plusieurs chefs croisés quittèrent la ville sainte, soit pour se tailler des principautés, soit pour rentrer en Europe. Il ne restait plus que Godefroy, Tancrède de Hauteville et trois cents chevaliers. Tancrède conquit la plaine de Galilée et fonda la principauté de Galilée.

Les √Čtats crois√©s en 1102

Godefroy mourut le 18 juillet 1100. Se posa alors la question du statut juridique du nouvel état, liée à celle de la succession. Daimbert de Pise, patriarche de Jérusalem, souhaitait un état théocratique et appela son allié Bohémond, prince d'Antioche. Mais celui-ci venait d’être fait prisonnier par les Turcs et Baudouin, comte d'Edesse et frère de Godefroy, se présenta. Daimbert fut obligé de l’accepter, puis de le sacrer roi de Jérusalem.

Baudouin Ier passa son r√®gne √† conqu√©rir le littoral et √† repousser les contre attaques islamiques. Il r√©ussit √† faire reconna√ģtre la suzerainet√© de royaume de J√©rusalem sur les autres √Čtats latins d'Orient. Il mourut en 1118 et les seigneurs du royaume lui choisirent comme successeur Baudouin du Bourg, comte d‚Äô√Čdesse et cousin de Baudoin Ier.

Baudouin II renforça la présence franque en Terre Sainte et remporta plusieurs victoires, mais ne put s’emparer de la Syrie intérieure, les villes d’Alep et de Damas restant aux musulmans.

Les succès de la première croisade étaient principalement dues aux divisions des musulmans. Foulque d'Anjou, successeur de Baudoin II, parvint à maintenir cet équilibre, mais la Syrie musulmane commençait à s'unifier sous la férule de Nur ad-Din. La deuxième croisade n'eut aucun résultat positif, les croisés ayant attaqué Damas, le seul émirat allié au Francs.

Les r√®gnes de Baudouin III et d'Amaury Ier sont marqu√©s par la recherche d'alliances aupr√®s de Byzance et de l'√Čgypte fatimide, mais cette derni√®re action se solda par un √©chec qui contribua √† l'h√©g√©monie de Saladin sur la Syrie et l'√Čgypte r√©unies, prenant le royaume en tenaille.

Baudouin IV le L√©preux, puis Raymond III de Tripoli, r√©gent au nom de Baudouin V, r√©ussirent √† tenir Saladin en √©chec, mais le comportement de Renaud de Ch√Ętillon et l'av√®nement de Guy de Lusignan amen√®rent la catastrophe : l'arm√©e franque fut vaincue √† Hattin (4 juillet 1187), le roi fait prisonnier, et Saladin entreprit rapidement la conqu√™te des √Čtats latins d'Orient. Le royaume de J√©rusalem se r√©duisit bient√īt au port de Tyr, le comt√© de Tripoli se r√©duisit √† la ville de Tripoli, au ch√Ęteau de Tortose et au Krak des Chevaliers, et la principaut√© d'Antioche √† Antioche et √† Marqab.

C'est de Tyr que vint la contre-attaque. Conrad de Montferrat, un homme √©nergique et r√©solu, oncle de Baudouin V, y avait d√©barqu√© en juillet 1187, mit la ville en √©tat de d√©fense, et repoussa les attaques de Saladin. Pour contrebalancer cette r√©action, Saladin d√©livra Guy de Lusignan, mais Conrad refusa √† ce dernier l'entr√©e de Tyr. Tandis que Conrad √©pousait Isabelle de J√©rusalem pour faire valoir des droits au tr√īne, Guy de Lusignan se mit √† assi√©ger Acre. Ce si√®ge dura deux ans, les Francs de Lusignan se retrouvant √† leur tour assi√©g√©s par une arm√©e de secours de Saladin, et en proie √† la rivalit√© entre partisans de Guy et partisans de Conrad. Ce n'est qu'√† l'arriv√©e de la troisi√®me croisade, conduite par Philippe II Auguste et Richard CŇďur de Lion, que la ville put √™tre prise. Philippe Auguste rentra en France, mais Richard resta, fit la conqu√™te de la bande c√īti√®re et n√©gocia avec Saladin une paix garantissant aux p√®lerins chr√©tiens l'acc√®s √† J√©rusalem. Sous la pression des barons, il se r√©signa √† reconna√ģtre Conrad roi de J√©rusalem, installant Guy de Lusignan sur le tr√īne de Chypre qu'il venait de prendre aux Byzantins.

Le royaume à Saint-Jean-d'Acre

Les √Čtats crois√©s en 1196-1205

J√©rusalem √©tait perdue, mais le royaume garda le nom de royaume de J√©rusalem, et son si√®ge fut install√© √† Saint-Jean-d'Acre. Conrad de Montferrat, son nouveau roi, fut assassin√© peu apr√®s. Se succ√©d√®rent alors les deux maris suivant d'Isabelle, Henri II de Champagne, puis Amaury II de Lusignan, fr√®re de Guy de Lusignan et roi de Chypre. Il parvint √† reprendre plusieurs ports et √† reconstituer le royaume tout le long du littoral, de Jaffa √† Beyrouth. √Ä sa mort, ce fut Marie de Montferrat qui lui succ√©da, sous la r√©gence de Jean d'Ibelin, le ¬ę vieux seigneur de Beyrouth ¬Ľ.

Lorsque Marie eut dix-neuf ans, Jean d'Ibelin la maria √† Jean de Brienne. En 1218, celui-ci lan√ßa une exp√©dition en √Čgypte dans le but de n√©gocier la restitution de J√©rusalem. Le 5 novembre 1219, il prit Damiette, et le sultan d'√Čgypte √©tait dispos√© √† √©changer la ville contre J√©rusalem. Le l√©gat P√©lage Galvani s'y opposa et marcha sur Le Caire au moment de la crue du Nil. L'exp√©dition tourna ainsi √† la catastrophe et les succ√®s de l'op√©ration furent r√©duits √† n√©ant.

Les √Čtats crois√©s en 1240

Pour obtenir des secours de l'Occident, Jean de Brienne maria en 1225 sa fille Isabelle II √† l'empereur romain germanique Fr√©d√©ric II de Hohenstaufen, lequel l'√©carta du tr√īne. Fr√©d√©ric II, bien qu'ayant r√©ussi √† r√©cup√©rer J√©rusalem par trait√©, m√©contenta les barons et la ¬ę guerre des Lombards ¬Ľ √©clata entre les imp√©riaux et les barons. Ce n'est qu'en 1232 que les barons l'emport√®rent, ne laissant aux imp√©riaux que la ville de Tyr qui fut prise en 1243.

Tout en maintenant la fiction des rois Hohenstaufen, les barons organis√®rent un gouvernement coll√©gial, dirig√© par Jean d'Ibelin, puis par son fils Balian, mais l'anarchie s'installa. J√©rusalem fut reprise par les musulmans en 1244. Saint Louis vint √† la t√™te d'une croisade, mais fut fait prisonnier √† Damiette. Apr√®s sa lib√©ration, il gouverna le royaume de 1250 √† 1254 et le r√©organisa, mais l'anarchie revint apr√®s son d√©part, aggrav√©e par les rivalit√©s entre les G√™nois et les V√©nitiens (guerre de Saint-Sabas), la double pr√©tention au tr√īne de Hugues III de Chypre et de Charles d'Anjou. Pendant ce temps, le sultan mamelouk Baybars reprenait petit √† petit les diff√©rentes places fortes du royaume. La derni√®re place forte franque fut Saint-Jean-d'Acre, qui fut prise le 18 mai 1291.

Institutions

Les institutions du royaume, lois initialement non écrites, furent regroupés par Jean d'Ibelin dans les Assises de Jérusalem.

Le roi

Article d√©taill√© : liste des rois de J√©rusalem.

Le royaume de J√©rusalem fut tout d'abord une monarchie √©lective : Godefroi de Bouillon, Baudouin Ier et Baudouin II ont √©t√© d√©sign√©s de cette mani√®re. Mais les barons prirent rapidement l'habitude de choisir le roi dans la famille royale, au point qu'apr√®s le r√®gne de Fr√©d√©ric II, et malgr√© l'absence du souverain et le rejet des Hohenstaufen, la fiction des rois Hohenstaufen fut √©tablie.

Cette double nature de la succession, √©lective et h√©r√©ditaire, permit l'√©lection de Baudouin V, afin d'√©carter Guy de Lusignan du tr√īne, et le maintien sur le tr√īne de Jean de Brienne, veuf de Marie de Montferrat, alors que l'h√©riti√®re √©tait une fille √Ęg√©e de trois ans.

La noblesse et la Haute-Cour

Contrairement à de nombreux pays d'Europe, la puissance féodale s'est d'abord établie, chaque croisé noble cherchant à se tailler un fief en Terre Sainte, transposant ainsi le système féodal en Orient, et ce ne fut qu'ensuite que la nécessité de coordonner les opérations militaires établit l'institution monarchique. De ce fait, la véritable souveraineté ne réside pas dans le roi, mais dans le corps de la noblesse réunit en assemblée sous le nom de Cour des Liges ou Haute Cour. Composée au départ des vassaux direct de la Couronne, elle fut augmentée en 1162 des arrières vassaux. Elle dispose d'une autorité souveraine supérieure à celle du roi, qui n'a que le pouvoir militaire. Avant d'être reconnu et sacré, le roi devait prêter le serment de respecter les coutumes et les Assises du royaume.

Les cours judiciaires

La Haute Cour est aussi charg√© de r√©gler les litiges int√©ressant les nobles. D'autres cours jugeaient des affaires concernant le reste de la population :

  • la Cour des Bourgeois, pour juger les hommes libres de naissance roturi√®re et de langue latine. Elle est compos√©e de douze jur√©s ou notables, et pr√©sid√©e par le vicomte de J√©rusalem.
  • la Cour du Ra√Įs, pour juger les indig√®nes syriaques, compos√© de jur√©s indig√®nes et pr√©sid√© par le ra√Įs, un fonctionnaire indig√®ne.

Les officiers du royaume

√Čconomie

  • Les rois de J√©rusalem poss√®dent, au XIIe si√®cle, quatre baronnies (J√©rusalem, Naplouse, Acre et Tyr) et de nombreux villages dans ces seigneuries. Ils tirent la plupart de leurs ressources d‚Äôimp√īts sur le commerce : des droits de vente (les ¬ę droitures de la fonde ¬Ľ sur les march√©s ‚ÄĒfondouk‚ÄĒ) et de transit (la taxe ad valorem d‚Äôun vingt-quatri√®me exig√©e des caravanes allant d‚Äô√Čgypte ou d‚ÄôArabie en Syrie par les territoires d‚Äôoutre-Jourdain), des droits d‚Äôimportation et d‚Äôexportation (la ¬ę cha√ģne ¬Ľ qui barre le port donne son nom √† la douane d‚ÄôAcre). Ils poss√®dent aussi le produit de monopoles industriels (teinturerie, savonnerie, tannerie‚Ķ), le droit de monnayage, r√©serv√© au roi √† la diff√©rence de l‚ÄôOccident, qui frappe des pi√®ces d‚Äôor √† l√©gende arabe (¬ę besants sarrac√©nats ¬Ľ) et des deniers d‚Äôargent de type occidental. Ces ressources permettent au roi d‚Äôaccorder des fiefs en besants ou fiefs de soud√©e (500 besants par an pour un chevalier), parfois plus nombreux dans une seigneurie que les fiefs en terre. Les crois√©s ont trouv√© en Orient une √©conomie mon√©taire beaucoup plus d√©velopp√©e qu‚Äôen Occident, ce qui explique l‚Äôimportance des taxes indirectes, des fiefs-rentes et la frappe de monnaies d‚Äôor. Les crois√©s, s‚Äôils ont import√© d‚ÄôEurope l‚Äôorganisation rudimentaire qu‚Äôils connaissaient (administration des grands officiers de la couronne), empruntent aussi aux byzantins (√† Antioche, un duc administre la ville, un pr√™teur la police) et aux musulmans : la Secr√®te (du grec s√©kr√®ton, bureau financier) correspond au diwan ; elle sert √† la fois de tr√©sor, de chambre des comptes et d‚Äôarchives o√Ļ l‚Äôon conserve les chartes de donation, le cadastre et la liste des fiefs avec leurs obligations. Certaines institutions judiciaires respectent les usages locaux : la cour du ra√Įs (chef de village) peut juger des causes mineures concernant les indig√®nes et la cour de la Fonde est un tribunal mixte jugeant les causes commerciales ou celles qui concernent les Syriens. En revanche, la cour de la Cha√ģne qui juge les proc√®s maritimes, la cour des Bourgeois ou la Haute Cour, qui juge les nobles, sont compos√©es uniquement de Francs[1].

Annexes

Bibliographie

  • (en) Alan V. Murray, The crusader Kingdom of J√©rusalem: A Dynastic History, 1099-1125, 2000 [d√©tail des √©ditions] 
  • Ren√© Grousset, L'Empire du Levant : Histoire de la Question d'Orient, Payot, coll. ¬ę Biblioth√®que historique ¬Ľ, Paris, 1949 (r√©impr. 1979), 648 p. (ISBN 2-228-12530-X) 
  • Joshua Prawer, Histoire du Royaume latin de J√©rusalem [traduit de l'h√©breu par G. Nahon, revu et compl√©t√© par l'auteur], r√©√©d. Paris, CNRS, 2007

Articles connexes

Notes et références

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  • Portail des croisades Portail des croisades

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