Roland Garros

ï»ż
Roland Garros
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'aviateur. Pour le tournoi de tennis, voir Internationaux de France de tennis.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Garros.
Roland Garros
Roland Garros devant un avion Demoiselle B.C., 1910.BibliothĂšque nationale de France.
Roland Garros devant un avion Demoiselle B.C., 1910.
BibliothĂšque nationale de France.

Naissance 6 octobre 1888
Saint-Denis de la RĂ©union
DĂ©cĂšs 5 octobre 1918 (Ă  29 ans)
Saint-Morel
NationalitĂ© Drapeau de France France
Profession Aviateur
Distinctions LĂ©gion d'honneur

Roland Adrien Georges Garros, nĂ© le 6 octobre 1888 Ă  Saint-Denis de La RĂ©union, est un aviateur français, lieutenant pilote lors de la PremiĂšre Guerre mondiale, mort dans un combat aĂ©rien le 5 octobre 1918 Ă  Saint-Morel, prĂšs de Vouziers, dans les Ardennes.

Sa célébrité est d'abord venue de ses exploits sportifs en aviation, et surtout de la toute premiÚre traversée aérienne de la Méditerranée, qu'il a effectuée le 23 septembre 1913. Il a mis au point une technique permettant le tir à travers l'hélice d'un avion de chasse[1]. Son nom reste associé au tournoi de Roland Garros car il se déroule dans le stade qui porte son nom depuis sa construction en 1928.

Sommaire

Une enfance au soleil

Roland Garros est nĂ© rue de l’Arsenal (rebaptisĂ©e depuis « rue Roland-Garros Â») Ă  Saint-Denis de La RĂ©union, de familles depuis longtemps Ă©tablies dans l’üle, originaires de Toulouse du cĂŽtĂ© paternel et de Lorient (via PondichĂ©ry
) du cĂŽtĂ© de sa mĂšre nĂ©e Clara Faure. Il n’a que quatre ans quand son pĂšre dĂ©cide d’émigrer avec sa famille en Cochinchine. Georges Garros ouvre Ă  SaĂŻgon un cabinet d’avocat pour s’occuper notamment des affaires commerciales de ses amis commerçants vietnamiens. Sa mĂšre Clara enseigne sans difficultĂ© au gamin le b a ba, mais lorsqu’il atteint en 1900 le cycle secondaire, ses parents sont contraints, en l’absence de lycĂ©e dans le pays, de l’expĂ©dier tout seul en France pour y entreprendre ses « humanitĂ©s Â». À cette Ă©poque, la traversĂ©e maritime dure prĂšs de deux mois entre SaĂŻgon et Marseille. DĂšs ce moment et jusqu’à la fin de sa vie, Roland Garros mĂšnera une vie pratiquement autonome, seul face Ă  ses responsabilitĂ©s.

Mais Ă  peine dĂ©barquĂ© Ă  Paris, au collĂšge Stanislas oĂč ses parents l’ont inscrit en 6e R1, le garçonnet de douze ans est foudroyĂ© par une grave pneumonie et, sans attendre l’avis des parents trop lointains, la direction du collĂšge dĂ©cide de l’envoyer Ă  la succursale cannoise de Stanislas.

Un sportif accompli

Il y retrouve le soleil et le sport lui fera recouvrer la santĂ©, notamment le cyclisme. Comme l’a Ă©crit son ami l’écrivain et journaliste Jacques Mortane, « la petite Reine a rĂ©ussi lĂ  oĂč la facultĂ© a Ă©chouĂ© Â». Il sera champion interscolaire de cyclisme en 1906, sous le pseudonyme de « Danlor Â», anagramme de son prĂ©nom, afin que son pĂšre n’en soit pas averti
 C’est lui aussi qui mĂšnera Ă  la victoire l’équipe de football du lycĂ©e de Nice. Sa scolaritĂ©, sans ĂȘtre brillante, sera nĂ©anmoins soutenue : il rattrapera sans trop de peine l’annĂ©e scolaire perdue par sa pneumonie. Au milieu de quelques prix obtenus par le collĂ©gien, on trouve un premier prix de piano, dĂ©notant une attirance certaine pour la musique.

Il « monte Â» Ă  Paris pour sa Philo, qu’il prĂ©pare au lycĂ©e Janson-de-Sailly, oĂč il se liera d’amitiĂ© avec Jean Bielovucic, un jeune PĂ©ruvien qui, comme lui, se fera un nom dans l’aviation. Puis il rĂ©ussit son entrĂ©e Ă  HEC Paris, dont il sortira dans la promotion 1908 qui porte dĂ©sormais son nom. Émile Lesieur, son ami et condisciple d’HEC Paris, international de rugby Ă  XV, le parrainera lors de son adhĂ©sion au Stade français, oĂč il est inscrit dans la section rugby. Et, s’il pratique un peu le tennis, ce n’est, rĂ©ellement, qu’en amateur.

À peine son diplĂŽme empochĂ©, il se fait embaucher par la firme Automobiles GrĂ©goire. En mĂȘme temps qu’à la pratique du commerce, il s’initie rapidement Ă  la mĂ©canique et au sport automobile, qui ne sont pas enseignĂ©s Ă  HEC Paris. Il ne tarde pas Ă  vouloir voler de ses propres ailes. Son pĂšre, qui voulait faire de lui un avocat, lui a coupĂ© les vivres. Avec l’aide financiĂšre du pĂšre d’un autre condisciple d’HEC Paris, Jacques Quellennec, le voilĂ  Ă  vingt-et-un ans chef d’entreprise et agent de GrĂ©goire dans la boutique qu’il a ouverte au pied de l’Arc de Triomphe Ă  l’enseigne « Roland Garros automobiles – voiturettes de sport Â». Il peut quitter sa chambre de bonne du 10 rue des Acacias pour un appartement au 3e Ă©tage du 7 de la rue Lalo (Paris 16e).

La naissance d’une passion

En vacances en aoĂ»t 1909 Ă  Sapicourt prĂšs de Reims, chez l’oncle de son ami Quellennec, il va assister Ă  la « Grande Semaine d’Aviation de la Champagne Â». Une rĂ©vĂ©lation pour lui : il « sera aviateur Â»â€Š

Les bĂ©nĂ©fices de son commerce automobile lui permettent de commander aussitĂŽt au Salon de locomotion aĂ©rienne la moins chĂšre des machines volantes de l’époque, une Demoiselle Santos-Dumont (7 500 francs contre 30 000 Ă  40 000 pour un BlĂ©riot XI). Il n’y a pas encore d’école de pilotage : il apprendra tout seul, avec la complicitĂ© d’un autre Demoiselliste, le Suisse Edmond Audemars qu’il a rencontrĂ© sur le terrain d’Issy-les-Moulineaux que d’aucuns considĂšrent dĂ©jĂ  comme le «berceau de l’aviation».

Il n’a mĂȘme pas obtenu son brevet de Pilote aviateur qu’il est embauchĂ© pour les cĂ©rĂ©monies du 14 juillet 1910 par le ComitĂ© Permanent des FĂȘtes de Cholet, oĂč il dĂ©croche le 19 juillet son Brevet de l’AĂ©ro-Club de France, le no 147. Et il totalise Ă  peine plus de trois heures de vol lorsqu’il est engagĂ© par l’industriel amĂ©ricain Hart O. Berg pour le meeting du Belmont Park (en) Ă  New York. Sa frĂȘle Demoiselle et celle de son ami Audemars vont cĂŽtoyer les puissants BlĂ©riot XI, les Antoinette et autres Wright et Curtiss, sans bien sĂ»r tenter de rivaliser avec eux.

À l’hĂŽtel Astor oĂč il est descendu, il a retrouvĂ© son ami amĂ©ricain d’origine franco-canadienne John Moisant (en), rencontrĂ© sur le terrain d‘Issy. Celui-ci organise avec son frĂšre Alfred une tournĂ©e d’exhibitions aĂ©riennes Ă  travers les États-Unis. Le jeune homme n’a aucune hĂ©sitation quand John lui propose de venir voler au sein du Moisant Circus, oĂč le rejoindront Audemars, RenĂ© Simon et RenĂ© Barrier. Pour le garçon de 22 ans, c’est l’occasion inespĂ©rĂ©e de pouvoir voler tous les jours et d’ainsi affiner sa pratique de la boussole et du pilotage par tous les temps. Le train Cirque Moisant traversera une bonne partie des États-Unis, puis le Mexique, et enfin Cuba.

Homme de record et précurseur en Amérique du Sud

De retour en France en mai 1911, Garros participe aux trois grandes Ă©preuves de l’annĂ©e, la course d'aviation Paris-Madrid, le Paris-Rome et le Circuit EuropĂ©en. MalgrĂ© ses indĂ©niables qualitĂ©s de pilote, il se fera Ă  chaque fois coiffer au poteau et les journalistes, ironiquement mĂ©chants, le surnommeront « l’Éternel Second Â».

Il ne tardera pas Ă  prendre sa revanche. Il est ensuite engagĂ© pour un meeting Ă  Saint-Étienne, oĂč il retrouve entre autres vedettes de l’aviation l’ami « Bielo Â» devenu son « frĂšre d’arme Â». Mais surtout, il y fait la connaissance de Charles Voisin et de son amie, la baronne de Laroche. La sympathie passe tout de suite entre eux, et Voisin, qui s’occupe dĂ©jĂ  des affaires de Bielovucic, accepte de prendre en mains la carriĂšre aĂ©ronautique de son nouvel ami. C’est lui qui prĂ©pare leur participation au meeting du Mans et, tout de suite aprĂšs, il va organiser le 1er record d'altitude que Garros arrachera avec 3 950 m au capitaine FĂ©lix, le 4 septembre 1911, en dĂ©collant de la plage de Cancale. Garros professe alors que les records d’altitude sont les plus utiles pour le dĂ©veloppement de l’aviation car les appareils qu’on est obligĂ© de construire pour eux sont les plus « sĂ»rs Â», les « moins dangereux Â», les plus « capables de rendre des services Â».

Ce premier record le place dĂ©sormais parmi les meilleurs, il est sollicitĂ© de toutes parts. À Marseille notamment, oĂč il va renouer ses relations avec son pĂšre grĂące Ă  la mĂ©diation de leur ami commun Jean Ajalbert. Au parc BorĂ©ly, plus de 100 000 spectateurs enthousiastes assisteront Ă  ses Ă©volutions aĂ©riennes, aux cĂŽtĂ©s de Jules VĂ©drines, l’autre vedette du spectacle.

Puis l’industriel amĂ©ricain Willis Mc Cormick, crĂ©ateur de la Queen’s Aviation Cy Lted, l’engage, avec RenĂ© Barrier, Edmond Audemars et Charles Voisin, pour une grande tournĂ©e en AmĂ©rique du Sud. Avec son BlĂ©riot XI, Garros sera le premier Ă  effectuer la traversĂ©e aĂ©rienne de la baie de Rio, Ă  survoler la forĂȘt tropicale, Ă  prendre des photos aĂ©riennes en relief Ă  l’aide de son VĂ©rascope Richard. Il est le premier Ă  voler de SĂŁo Paulo Ă  Santos en emportant symboliquement un petit sac postal, et c’est de concert avec son ami Eduardo Chaves, l’un des futurs crĂ©ateurs de l’aviation civile brĂ©silienne, qu’il fait triomphalement le vol de retour Santos/SĂŁo Paulo.

C’est aussi Ă  Rio, Ă  l’issue d’une dĂ©monstration publique, qu’il est abordĂ© par le major Paiva Meira, chef de la Commission militaire du BrĂ©sil, et le lieutenant Ricardo Kirk : avec eux, il va organiser une semaine d’aviation destinĂ©e aux militaires, donnant le baptĂȘme de l’air Ă  de nombreux jeunes officiers qui vont constituer le noyau de la future armĂ©e de l’air brĂ©silienne. Le lieutenant Kirk, considĂ©rĂ© au BrĂ©sil comme le pĂšre de l’aviation militaire, fait partie de ceux-ci et il commandera, dĂšs le mois de septembre, la dĂ©lĂ©gation des jeunes officiers brĂ©siliens venus Ă  Étampes passer leurs brevets de pilotes. Le sien portera le numĂ©ro 1089. À ce titre, Roland Garros peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme l’initiateur de l’aviation militaire brĂ©silienne.

En Argentine, l’aviateur laissera dans la mĂ©moire populaire un nom respectĂ© que beaucoup n’hĂ©siteront pas Ă  associer plus tard Ă  celui de cet autre grand aviateur français, « l’archange Â» Jean Mermoz.

Circuit d’Anjou, records de Houlgate et Tunis, raid Tunis-Rome

Mais c’est Ă  Angers que Garros va obtenir son premier trĂšs grand succĂšs. Le Grand Prix de l’AĂ©roclub de France doit couronner le vainqueur du circuit d’Anjou : il s’agit d’accomplir sept fois et en deux jours, le dimanche 16 et le lundi 17 juin 1912, le triangle Angers-Cholet-Saumur, soit un peu plus de 1 100 kilomĂštres. Garros, qui se prĂ©sente avec son BlĂ©riot 50 ch personnel (il a depuis longtemps mis un point d’honneur Ă  ne voler que sur ses propres machines), est opposĂ© aux trente-trois meilleurs pilotes du monde, soutenus par tous les moyens possibles des firmes industrielles les plus puissantes du monde. Si quelques courageux ont pris leur envol malgrĂ© le vent et la tempĂȘte, Garros restera bientĂŽt le seul en l’air avec le jeune Brindejonc des Moulinais qui malheureusement pour lui franchira la ligne d’arrivĂ©e en dehors du temps rĂ©glementaire. Roland Garros sera donc le seul Ă  terminer les Ă©preuves du premier et du deuxiĂšme jour. Les journalistes ne l’appellent plus dĂ©sormais que « le champion des champions Â».

Il le confirme au premier meeting de Vienne oĂč, tous prix cumulĂ©s, il recevra 21 000 couronnes, la somme la plus importante attribuĂ©e Ă  un Français, Audemars se contentant de 7 500 couronnes
 Il ne s’endort pas sur ses lauriers, et tout de suite aprĂšs ces brillantes victoires, il va de nouveau dĂ©crocher avec son BlĂ©riot le record d’altitude, Ă  Houlgate oĂč son ami l’industriel Émile Dubonnet (brevet de pilote no 47) lui a offert l’hospitalitĂ© de sa somptueuse villa. Avec un appareil du mĂȘme type que celui utilisĂ© l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente Ă  Cancale, c’est prĂšs d’un kilomĂštre qu’il gagnera en hauteur : le voilĂ  Ă  4 950 mĂštres


Mais aprĂšs ces brillants succĂšs, il connaĂźt le malheur de perdre son ami Charles Voisin qui se tue dans un accident de voiture. Surmontant une dure pĂ©riode de dĂ©sarroi, il a la chance qu’à ce moment-lĂ  Raymond Saulnier et LĂ©on Morane prennent langue avec lui, et il va devenir pilote d’essai de la toute jeune firme Morane-Saulnier.

Son record de Houlgate n’ayant pas tenu plus de quinze jours, il dĂ©cide de le reconquĂ©rir. Avec, cette fois-ci, le Morane-Saulnier type H (en) de Georges Legagneux, le nouveau recordman, Ă  qui il l’achĂšte sur ses propres deniers. AprĂšs quelques essais infructueux marquĂ©s de nombreux capotages sur le terrain des Milles, prĂšs d'Aix-en-Provence, il dĂ©cide de se rendre Ă  Tunis oĂč le climat lui paraĂźt plus favorable. C’est lĂ  qu’il dĂ©croche son troisiĂšme record, homologuĂ© par l’AĂ©roclub de France Ă  5 610 mĂštres.

D’aprĂšs le contrat qui le lie dĂ©sormais Ă  la maison Morane-Saulnier, il reste « un exploit Â» sur les deux qu’il devait. Il opte pour un raid Tunis-Rome, qui lui permet, par son vol Tunis-Trapani, d’ĂȘtre en dĂ©cembre 1912 le premier Ă  relier par les airs deux continents, l’Afrique et l’Europe. Il se rĂ©jouit aussi d’ĂȘtre « le premier Ă  survoler le VĂ©suve Â», et l’accueil chaleureux que lui rĂ©servent Ă  Rome les autoritĂ©s, ses amis de l’AĂ©roclub d’Italie et la foule enthousiaste compensera la dĂ©ception de sa deuxiĂšme place l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente lors du Paris-Rome qui a vu la victoire d’AndrĂ© Beaumont.

PremiÚre traversée aérienne de la Méditerranée

Tombe de Roland Garros Ă  Vouziers.

ParallĂšlement, Garros est devenu en quelque sorte le conseiller technique de Raymond Saulnier, dont le traitĂ© Équilibre, centrage et classification des aĂ©roplanes continue depuis trois ans Ă  faire autoritĂ© chez les avionneurs. Celui-ci signe, dans Le Figaro, conjointement avec LĂ©on Morane, un article dans lequel tous deux exposent et dĂ©fendent ardemment les thĂ©ories de Garros sur « l’excĂ©dent de puissance Â» et la « qualitĂ© du vol Â».

Printemps 1913, Garros part en vacances sur la cĂŽte d'Azur retrouver, avec sa compagne Marcelle Gorge, les dĂ©cors de son adolescence. Mais il ne peut s’empĂȘcher de participer Ă  la coupe que son ami Jacques Schneider (voir Coupe Schneider), le commissaire de son premier record d’altitude, vient de crĂ©er pour les hydravions. Il n’en tirera que la satisfaction d’avoir pu tenir tĂȘte avec un modeste moteur de 60 ch Ă  des appareils beaucoup plus puissants.

Garros a entre temps reçu son Prix de l’AcadĂ©mie des sports pour l'annĂ©e 1912 (Prix Henri Deutsch de la Meurthe). Le 15 juin, il participe pour la deuxiĂšme fois avec succĂšs au deuxiĂšme meeting de Vienne. Le 2 juillet, il va, avec Audemars, LĂ©on Morane et EugĂšne Gilbert, accueillir Ă  CompiĂšgne Brindejonc des Moulinais rentrant de son « circuit des capitales Â», et les cinq Morane feront route de concert vers la capitale, formant ainsi, selon l’historien Edmond Petit, « ce qui doit ĂȘtre le premier vol de groupe Ă  cinq de l’histoire Â».

Garros a aussi fait, Ă  Molsheim, la connaissance du prestigieux constructeur d’automobiles Ettore Bugatti. Les deux hommes se sont trĂšs vite entendus. Garros a tout de suite commandĂ© une Bugatti 5 litres type 18, la seule voiture pouvant moralement porter le nom de « Roland-Garros Â» puisque c’est Bugatti lui-mĂȘme qui l’a ainsi baptisĂ©e (il n’en sera fabriquĂ© que sept exemplaires, celle de Garros, numĂ©ro de chĂąssis 474, survit en Grande-Bretagne sous le nom de « Black Bess Â»). Elle lui sera livrĂ©e le 18 septembre 1913


Et le 23 septembre 1913, Roland Garros passe Ă  la postĂ©ritĂ© pour avoir rĂ©ussi la premiĂšre traversĂ©e aĂ©rienne de la MĂ©diterranĂ©e en 7 heures et 53 minutes. Son amie Marcelle est la seule femme et la seule civile prĂ©sente sur le terrain du Centre d’aviation de la marine de FrĂ©jus d’oĂč il prend l’air. Jean Cocteau, qui Ă©crira plus tard sur Roland Garros le long poĂšme intitulĂ© « Le Cap de Bonne EspĂ©rance Â» y Ă©voque la « jeune femme au manteau de skungs Â». Le Morane dĂ©colle Ă  h 47, alourdi de 200 litres d’essence et de 60 L d’huile de ricin. Garros part Ă  la boussole, avec un moteur qui subit deux pannes, au large de la Corse et au-dessus de la Sardaigne. Il lui restera 5 litres d'essence quand il se posera Ă  Bizerte.

À Marseille, puis Ă  Paris, l’aviateur est accueilli en triomphe. Il faut dire qu’aprĂšs cet exploit, le vainqueur de la MĂ©diterranĂ©e deviendra la coqueluche de la France et du tout-Paris. Cocteau qui, comme l’a dit Jean-Jacques Kihm, l’un des meilleurs connaisseurs du poĂšte, « avait une vĂ©ritable passion d’ĂȘtre l’ami des gens les plus cĂ©lĂšbres de son temps Â», a rĂ©ussi Ă  se faire prĂ©senter au hĂ©ros de la MĂ©diterranĂ©e, qui l’emmĂšnera plusieurs fois en avion.

Tous ses pairs les plus prestigieux fĂ©licitent l’aviateur de son exploit, et dĂ©jĂ , la presse Ă©voque les premiĂšres lignes aĂ©riennes, qui ne verront rĂ©ellement jour qu’aprĂšs la guerre. Les 39 km de la traversĂ©e de la Manche ne datent que de quatre ans. Il faudra attendre six ans
 et une guerre, pour la premiĂšre traversĂ©e aĂ©rienne de l’Atlantique, le 15 juin 1919, par les Britanniques Alcock et Brown (bien avant celle de Lindbergh).

Garros est Ă  l’origine, avec Jacques Mortane qui en assurera le secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral, de l’association qu’ils appelleront tout simplement « Le Groupe Â», rĂ©unissant une quinzaine de vedettes de l’aviation. Ce Groupe a entre autres vocations de venir en aide aux veuves et orphelins de leurs camarades aviateurs ayant trouvĂ© la mort, et ils sont dĂ©jĂ  nombreux Ă  avoir payĂ© leur tribut Ă  leur passion. Pour rĂ©colter des fonds, il leur suffit d’organiser meetings et exhibitions. Ainsi, ils sont quatorze le 14 juin 1914, Ă  prĂ©senter, en dehors des patronages officiels, leur premiĂšre rĂ©alisation, la « JournĂ©e des Aviateurs Â» Ă  Juvisy.

Le dernier meeting de Vienne


Statue de Roland Garros par Étienne Forestier au Barachois, Ă  Saint-Denis de La RĂ©union

C’est en octobre 1913, Ă  CĂŽme, au cours du Circuit des Lacs italiens, que Garros a rencontrĂ© l’Allemand Hellmuth Hirth (en), pilote Ă©mĂ©rite et alors directeur technique des Albatroswerke Ă  Johannisthal. Ils vont se revoir peu aprĂšs Ă  Èze, dans la villa de la Grande-Duchesse Anastasie de Mecklembourg-Schwerin, la plus ardente admiratrice de Garros qui n’est autre que la belle-mĂšre du
 Kronprinz Guillaume lui-mĂȘme.

Les deux hommes se retrouveront en juin 1914 Ă  Aspern (en) pour le troisiĂšme et dernier meeting de Vienne qui sera marquĂ© par deux Ă©vĂ©nements tragiques. C’est d’abord la premiĂšre des grandes catastrophes aĂ©riennes du monde : un dirigeable militaire autrichien de type M III en mission photographique est heurtĂ© en vol par un Farman. Les deux appareils sont prĂ©cipitĂ©s au sol face au champ d’Aspern, causant la mort des 9 officiers. Les aviateurs français organiseront un cortĂšge aĂ©rien pour saluer ces « frĂšres d’armes Â», tous leurs appareils crĂȘpĂ©s de noir, dont le Morane N que Garros prĂ©sente pour la premiĂšre fois en public, passeront l’un derriĂšre l’autre Ă  la verticale du lieu de la catastrophe, faisant aux victimes de magnifiques funĂ©railles aĂ©riennes.

Puis intervient l’autre drame, l’historique assassinat Ă  Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand, mais personne n’imagine encore la guerre si proche. Garros propose Ă  Hirth de venir visiter les usines Morane-Saulnier. En retour, Hirth l’invitera, ainsi que Raymond Saulnier, pour une visite tournante des usines aĂ©ronautiques allemandes. C’est Ă  Berlin que les bruits de guerre vont le surprendre. Au volant de sa Bugatti, en compagnie de son mĂ©cano Jules Hue, Garros parviendra juste avant sa fermeture Ă  franchir la frontiĂšre allemande.

Inventeur de l’avion de chasse monoplace

Morane-Saulnier type N équipé du dispostif de tir à travers le champ de l'hélice, mis au point par Roland Garros

La PremiĂšre Guerre mondiale le fait naturellement pilote de guerre. Alors que, nĂ© dans une colonie, il ne doit aucun service militaire, il s’engage dĂšs le 2 aoĂ»t 1914 pour la durĂ©e de la guerre. D’abord affectĂ© Ă  l’escadrille Morane-Saulnier MS23, il participe Ă  de nombreuses missions d’observation, de reconnaissance, de lĂąchages d’obus empennĂ©s en guise de bombes, de combats avec un observateur armĂ© d’une carabine ou d’un mousqueton. L'armement des avions est Ă  l'Ă©poque inexistant, une mitrailleuse serait trop lourde pour la frĂȘle structure faite de bois et d'acier lĂ©ger.

Son ami Raymond Saulnier parvient Ă  le faire affecter au CRP (le camp retranchĂ© de Paris) dans le but de mettre au point le tir Ă  travers le champ de l’hĂ©lice (systĂšme que l’ingĂ©nieur a imaginĂ© pour remplacer le tir synchronisĂ© pour lequel il a dĂ©posĂ© un brevet en avril). Il s’agit simplement de blinder les pales de l’hĂ©lice Ă  l’aide de dĂ©flecteurs dĂ©viant les balles susceptibles d’endommager l’hĂ©lice. Mais une telle mise au point nĂ©cessite un pilote exceptionnel particuliĂšrement douĂ© pour la mĂ©canique. DĂšs novembre 1914, Garros sera le premier spĂ©cialiste Ă  dĂ©finir dans un rapport au GQG l'avion de chasse monoplace tel qu'il sera utilisĂ© dans tous les pays du monde au cours des dĂ©cennies Ă  venir et il achĂšve en janvier 1915 la mise au point du tout premier chasseur monoplace de l'histoire, armĂ© d’une mitrailleuse tirant dans l’axe de l’avion Ă  travers le champ de rotation de l'hĂ©lice.

Il retourne alors au front, affectĂ© Ă  la MS26, et son dispositif de tir adaptĂ© sur un Morane-Saulnier type L « Parasol » lui permet d'obtenir, dĂ©but avril 1915, trois victoires consĂ©cutives en quinze jours : pour l’ensemble des forces alliĂ©es, ce sont les 4e, 5e et 6e victoires aĂ©riennes, et en outre, les premiĂšres remportĂ©es par un homme seul aux commandes d’un monoplace. Curieusement, pour les autoritĂ©s militaires françaises, ces rĂ©sultats ne seront pas suffisants pour apprĂ©cier l’efficacitĂ© du systĂšme.

Prisonnier de guerre

Une panne contraint bientĂŽt le sous-lieutenant Garros d’atterrir en territoire occupĂ© et il est fait prisonnier avant d'avoir pu mettre le feu Ă  son avion : son systĂšme est aussitĂŽt Ă©tudiĂ© et amĂ©liorĂ© par Anthony Fokker qui en Ă©quipera son Fokker E III avec lequel l’aviation allemande va dominer les airs jusqu’à la fin de 1915.

Comme toutes les fortes tĂȘtes, Garros sera soumis Ă  une surveillance privilĂ©giĂ©e et bringuebalĂ© d’un camp Ă  un autre (KĂŒstrin, TrĂšves, Gnadenfrei, Magdeburg, Burg et de nouveau Magdeburg), car il faut l’empĂȘcher d’avoir le temps de rĂ©unir les conditions d’une Ă©vasion. AprĂšs de nombreuses et infructueuses tentatives, par tunnel, par mer ou mĂȘme par avion (mission pour laquelle Jules VĂ©drines lui-mĂȘme s’est portĂ© volontaire), Garros ne parviendra Ă  s'Ă©vader qu’au bout de trois ans, le 15 fĂ©vrier 1918 en compagnie du Lieutenant Anselme Marchal, les deux fugitifs dĂ©guisĂ©s en officiers allemands.

À ce sujet, on peut souligner que, s’il a bĂ©nĂ©ficiĂ© du tĂ©moignage du futur gĂ©nĂ©ral Armand Pinsard, ancien compagnon de Garros Ă  la MS23 fait prisonnier puis Ă©vadĂ© tout comme lui, le cinĂ©aste Jean Renoir s’est nĂ©cessairement inspirĂ© du rĂ©cit de la captivitĂ© de Garros donnĂ© par Jean Ajalbert dans La Passion de Roland Garros ou Jean des ValliĂšres dans Kavalier Scharnhorst pour camper dans La Grande Illusion le personnage de Boeldieu. Car ce n’est certainement pas pure coĂŻncidence si son compagnon dans le film porte le nom de
 « MarĂ©chal Â».

Les derniers moments d’une trùs courte vie

Ces trois ans de captivitĂ© ont sĂ©rieusement dĂ©gradĂ© sa santĂ©, particuliĂšrement sa vue : sa myopie latente devenue trĂšs gĂȘnante l’oblige Ă  aller clandestinement se faire faire des lunettes pour pouvoir continuer Ă  piloter.

Clemenceau a vainement tentĂ© de garder Garros comme conseiller auprĂšs de l’État-Major, mais « le Tigre Â» doit s’incliner devant la volontĂ© obstinĂ©e de l’aviateur : celui-ci veut retourner au combat, un peu comme s’il considĂ©rait sa captivitĂ© comme une faute coupable. L’évadĂ© a entre temps Ă©tĂ© Ă©levĂ© au grade d’officier de la LĂ©gion d'honneur, sans difficultĂ© cette fois-ci, car pour le ruban de chevalier, le prĂ©sident PoincarĂ© lui-mĂȘme avait dĂ» intervenir contre de fortes oppositions pour qu’il soit attribuĂ© au vainqueur de la MĂ©diterranĂ©e.

AprĂšs une convalescence et un circuit complet de remise Ă  niveau (les appareils et les mĂ©thodes de combat aĂ©rien ont complĂštement changĂ© en trois ans), il est affectĂ© Ă  son ancienne MS26 devenue la SPA26 puisque dĂ©sormais Ă©quipĂ©e de SPAD XIII. Elle fait partie, avec les trois autres escadrilles de Cigognes, du Groupe de Combat no 12 (GC12). À force de tĂ©nacitĂ©, Garros parvient Ă  retrouver l’aisance de son pilotage. L’escadrille quitte Nancy pour le terrain de La-Noblette-en-Champagne.

Bien que n’aimant pas l’atmosphĂšre de « l’arriĂšre Â» qu’il a cĂŽtoyĂ©e Ă  contrecƓur en 1914 alors qu’il travaillait Ă  la mise au point du « tir Ă  travers l’hĂ©lice Â», il vient rĂ©guliĂšrement en permission de La-Noblette Ă  Paris. Marcelle n’y est pas, elle suit une longue convalescence Ă  BillĂšres, dans les PyrĂ©nĂ©es. Hormis Audemars, qui, de nationalitĂ© suisse, ne peut participer aux combats et doit se contenter d’assurer la livraison des appareils neufs et qui occupe toujours le 4e Ă©tage du 7 rue Lalo, tous ses amis ont disparu Ă  la guerre ou bien sont toujours au front.

Si bien qu’il se retrouve souvent chez son amie la pianiste d’origine polonaise Misia Edwards (Misia nĂ©e Godebska, la future Misia Sert), avec qui il partage l’amour de Chopin. L’ancienne Ă©lĂšve de Gabriel FaurĂ© jouera pour lui des soirĂ©es entiĂšres quand ce n’est pas Garros, dont le talent musical s’est affirmĂ© depuis Nice, qui est lui-mĂȘme l’interprĂšte de leur compositeur favori. Un soir de septembre, Isadora Duncan qui fait partie des nombreux invitĂ©s du salon de Misia, demande Ă  Garros de se mettre au piano et de jouer du Chopin. Garros s’exĂ©cute et Isadora se met Ă  danser. Comme elle le racontera elle-mĂȘme dans son autobiographie My Life, alors qu’il la raccompagne Ă  son hĂŽtel, elle dansera encore pour lui place de la Concorde au cours d’une alerte aĂ©rienne, lui, Ă©crit-elle, assis sur la margelle d’une fontaine, m’applaudissait, ses yeux noirs mĂ©lancoliques brillant du feu des fusĂ©es qui tombaient et explosaient non loin de nous. (
) Peu aprĂšs, l’Ange des HĂ©ros l’a saisi et l’a transportĂ© ailleurs.

Le 2 octobre 1918, Roland Garros remportait sa quatriĂšme et derniĂšre victoire. La veille de ses 30 ans, le 5 octobre, Ă  l’issue d’un combat contre des Fokker D.VII, son SPAD explosait en l’air avant de s’écraser sur le territoire de la commune de Saint-Morel, dans les Ardennes, non loin de Vouziers oĂč il est enterrĂ©.

Le souvenir de Roland Garros

Un nom lié au tennis

Le nom de Roland Garros est gĂ©nĂ©ralement associĂ© au tennis. En effet, Roland Garros avait adhĂ©rĂ© au Stade français en 1906 avec le parrainage de son condisciple d'HEC Émile Lesieur (athlĂšte et joueurs de Rugby), et c’est ce dernier qui en 1927, devenu prĂ©sident de la prestigieuse association, exigea fermement que l’on donnĂąt le nom de son ami Garros au stade de tennis parisien qu’il fallait construire pour accueillir les Ă©preuves de la coupe Davis ramenĂ©e en France par les « Mousquetaires Â». Dixit le compte-rendu : « je ne sortirai pas un sou de mes caisses si on ne donne pas Ă  ce stade le nom de mon ami Garros. Â»

Autres hommages

Toutefois, plusieurs associations et institutions s’efforcent de sauvegarder la mĂ©moire du vainqueur de la MĂ©diterranĂ©e et de l’inventeur de l’avion de chasse monoplace.

  • À Vouziers, oĂč repose sa dĂ©pouille, l’ARGAT (Association Roland Garros de l’Aviation au Tennis) fondĂ©e en 1986 par Yvon Carles s’est donnĂ© pour but de maintenir le souvenir de l’aviateur mort pour la France sur le territoire de la commune. Outre l’entretien de sa tombe, l’ARGAT organise tous les ans une cĂ©rĂ©monie Ă  Saint-Morel oĂč son SPAD s’est Ă©crasĂ©, le 5 octobre 1918, ainsi qu’au cimetiĂšre de Vouziers.
  • À Cholet, l’AĂ©rienne du Choletais, fondĂ©e par Philippe Renaudet, est parvenue Ă  convaincre la municipalitĂ© de donner Ă  son aĂ©rodrome le nom de « Roland-Garros Â», puisque c’est sur ce terrain que Garros a obtenu, le 19 juillet 1910, le Brevet de Pilote de l’AĂ©ro-Club de France no 147.
  • À FrĂ©jus, d’oĂč il s’est envolĂ© le 23 septembre 1913 pour la Tunisie, un colloque et une exposition ont Ă©tĂ© organisĂ©s en 2003 pour le 90e anniversaire de la traversĂ©e de la MĂ©diterranĂ©e. Un monument surmontĂ© d’un buste de Garros
.
  • L’AĂ©ro-Club et la ville de Cagliari en Sardaigne
  • À Tunis, le monument de FrĂ©jus - accueil du vol 1989 – accueil du vol 2003
  • Le collĂšge de Nice
  • À Paris :
    • En 1988, sous l’impulsion du ministre dĂ©lĂ©guĂ© chargĂ© des Transports Jacques Douffiagues et sous la direction d’un ComitĂ© du Centenaire prĂ©sidĂ© par Joseph Blond, PrĂ©sident honoraire de l’AĂ©ro-Club de France, l’anniversaire de sa naissance avait Ă©tĂ© largement commĂ©morĂ© (voir la piĂšce de dix francs Roland Garros), avec de nombreuses manifestations, au palais de Chaillot, Ă  la Mairie de Neuilly, avec une course aĂ©rienne Le-Bourget/La-RĂ©union baptisĂ©e « Route de la Vanille Â», ainsi qu’une fĂȘte aĂ©rienne sur l’ancienne base de SĂ©chault prĂšs de Vouziers. À cette occasion, Philippe Chatrier, prĂ©sident de la FIT et de la FFT, inaugura dans l’enceinte du stade qui porte son nom un marbre commĂ©morant la mĂ©moire de Roland Garros. Depuis, le « Tenniseum Â», construit sur le mĂȘme site et quelquefois appelĂ© Ă  tort « musĂ©e de Roland Garros Â», rend bien hommage Ă  un grand aviateur dont il a plaquĂ© l’effigie sur toute la hauteur d’un panneau. Il ne s’agit pourtant pas de Garros, mais de Charles Lindbergh. Sur l’ensemble du trĂšs long texte dĂ©roulĂ© sur les murs, huit lignes sont tout de mĂȘme consacrĂ©es Ă  l’aviateur français, dont quatre pour minutieusement expliquer que le prĂ©nom de « Roland Â» s’écrit avec un, mais pas avec 2 « L Â».
    • En 2008, quelques anciens de HEC, en collaboration avec des anciens de SUPAERO, ont dĂ©cidĂ© de cĂ©lĂ©brer le centenaire de la sortie de leur Ă©cole de Roland Garros, au sein de la promotion 1908.
  • À La RĂ©union :
    • La statue d’Étienne Forestier le reprĂ©sentant appuyĂ© sur une hĂ©lice s’élĂšve sur la place du Barachois Ă  Saint-Denis, et la rue de l’Arsenal oĂč il est nĂ© a Ă©tĂ© rebaptisĂ©e « rue Roland-Garros Â».
    • L'aĂ©roport principal Ă  Gillot Sainte-Marie porte son nom,
    • ainsi que l'aĂ©ro-club Roland-Garros (il y a mĂȘme un avion qui porte ses initiales F-OPRG).
    • Sur la base aĂ©rienne 181 Lieutenant Roland Garros Ă  Sainte-Marie, une statue de Roland Garros, Ɠuvre du sculpteur rĂ©unionnais Marco Ah Kiem d’aprĂšs une photo prise lors du Paris-Rome en 1911 a Ă©tĂ© inaugurĂ©e le 16 juin 2008 au cours d'une semaine aĂ©ronautique en hommage au premier crĂ©ole volant.
    • Le lycĂ©e du Tampon porte le nom de Roland Garros.

Notes et références

  1. ↑ /Tirer Ă  travers l'hĂ©lice - Les As oubliĂ©s de 14-18

Bibliographie

  • Jacques Mortane, Roland Garros virtuose de l'aviation, l'Édition française illustrĂ©e, 1919
  • Jean-Pierre LefĂšvre-Garros, Roland Garros, pionnier de l'aviation, Ananke/Lefrancq Bruxelles, 2001
  • Georges Fleury, Roland Garros : un inconnu si cĂ©lĂšbre, Bourin, 2009
  • Roland Garros, MĂ©moires, prĂ©sentĂ©s par Jacques Quellenec, Hachette, 1966

Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Liens externes



Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Roland Garros de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Roland Garros — auf einer Morane Saulnier G 160HP. Roland Garros ([ʀoˈlɑ̃ː ÉĄaˈʀoːs], * 6. Oktober 1888 in Saint Denis auf RĂ©union im Indischen Ozean; † 25. Oktober 1918 bei Saint Morel nahe Vouzier 
   Deutsch Wikipedia

  • Roland Garros — Saltar a navegaciĂłn, bĂșsqueda Para otros usos de este tĂ©rmino, vĂ©ase Roland Garros (desambiguaciĂłn). Roland Garros 
   Wikipedia Español

  • Roland Garros — may refer to: *Roland Garros (aviator), French aviator during World War I *Roland Garros (tennis), Grand Slam tennis tournament in Paris, France *Roland Garros Airport, the airport in the aviator s hometown, Saint Denis *Stade Roland Garros, the… 
   Wikipedia

  • Roland Garros — Roland Garros, (Saint Denis de La ReuniĂłn, 6 de octubre de 1888 – Ardenas, 5 de octubre de 1918) pionero de la aviaciĂłn francĂ©s. PasĂł a la posteridad por haber conseguido, el 23 de septiembre de 1913, efectuar la primera travesĂ­a a travĂ©s del… 
   Enciclopedia Universal

  • Roland-Garros — (stade) stade de tennis parisien (bois de Boulogne) oĂč se dĂ©roulent chaque annĂ©e les Internationaux de France (sur terre battue) 
   EncyclopĂ©die Universelle

  • Roland-Garros — Internationaux de France de Roland Garros Internationaux de France de Roland Garros logo des Internationaux de France de Roland Garros CrĂ©ation 
   WikipĂ©dia en Français

  • Roland-Garros — Tennis Grand Slam Turniere Turnier Ort Entstehung Termin Belag Australian Open Melbourne 1905 Januar Hartplatz French Open Paris 1891 Mai/Juni Sand Wimbledon 
   Deutsch Wikipedia

  • Roland Garros — 
   ВоĐșĐžĐżĐ”ĐŽĐžŃ

  • Roland Garros — noun The , one of the 4 events in the Grand Slam 
   Wiktionary

  • Roland Garros (desambiguaciĂłn) — Saltar a navegaciĂłn, bĂșsqueda Roland Garros puede referirse a: Roland Garros, aviador francĂ©s; Stade Roland Garros, estadio de tenis ubicado en ParĂ­s; Torneo de Roland Garros, abierto de tenis realizado anualmente en ParĂ­s, Francia. Obtenido de… 
   Wikipedia Español


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.