Richard Wagner

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Richard Wagner
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Richard Wagner
Portrait de Richard Wagner (Munich, 1871)  Photographe : Franz Hanfstaengl
Portrait de Richard Wagner (Munich, 1871)
Photographe : Franz Hanfstaengl

Naissance 22 mai 1813
Leipzig, Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
D√©c√®s 13 f√©vrier 1883 (√† 69 ans)
Venise, Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d'Italie
Activité principale Compositeur
Style Opéra
Activités annexes Critique musicale
Années d'activité 1833-1882
Collaborations Franz Liszt
Conjoint Minna Planer, Cosima Wagner
Descendants Siegfried Wagner
Ňíuvres principales

Wilhelm Richard Wagner (22 mai 1813, Leipzig - 13 f√©vrier 1883, Venise) est un compositeur allemand.

Wagner doit son importance dans l'histoire de la musique occidentale √† ses op√©ras, en particulier L'Anneau du Nibelung, festival sc√©nique en un prologue et trois journ√©es dont il a √©crit lui-m√™me les po√®mes et dont la conception bouscule d√©lib√©r√©ment les habitudes de l'√©poque pour aller, selon ses propres termes, vers un ¬ę art total ¬Ľ : spectacle complet, m√©lodie continue et emploi du leitmotiv.

¬ę La musique rejoint le vers pour former, depuis Wagner, la po√©sie. ¬Ľ

‚ÄĒ St√©phane Mallarm√©, Divagations


Sa vie boh√®me et fantasque lui fait endosser de multiples habits : r√©volutionnaire sans le sou, fugitif traqu√© par la police, homme √† femmes, confident intime du roi Louis II de Bavi√®re, critique et analyste musical, intellectuel en proie aux errements id√©ologiques de son √©poque qui sera r√©cup√©r√© par les nazis ; son comportement et ses Ňďuvres ne laissent personne indiff√©rent. Aussi dou√© pour nouer des amiti√©s dans les cercles artistiques et intellectuels que pour les transformer en inimiti√©s, sachant cr√©er le scandale comme l'enthousiasme, il suscite des avis partag√©s et souvent enflamm√©s de la part de ses contemporains. Ses conceptions artistiques avant-gardistes ont eu une influence d√©terminante dans l'√©volution de la musique d√®s le milieu de sa vie.

√Ä l'√©gal d'un Verdi n√© la m√™me ann√©e, mais au style radicalement diff√©rent, il est consid√©r√© comme l'un des plus grands compositeurs d'op√©ras du XIXe si√®cle.

Sommaire

Biographie

La jeunesse

Richard Wagner est n√© √† Leipzig le samedi 22 mai 1813. Son p√®re, petit fonctionnaire municipal, meurt six mois apr√®s sa naissance. Au mois d'ao√Ľt de l'ann√©e 1814, sa m√®re √©pouse l'acteur Ludwig Geyer qui pourrait bien √™tre le v√©ritable p√®re de Wagner. Geyer meurt quelques ann√©es plus tard, non sans avoir transmis au jeune Wagner sa passion pour le th√©√Ętre.

Wilhelmine ¬ę Minna ¬Ľ Planer, premi√®re √©pouse de Wagner, par Alexander von Otterstedt (1835).

C'est pourquoi Wagner nourrit d'abord l'ambition de devenir dramaturge. Puis, vers l'√Ęge de quinze ans, il d√©couvre la musique qu'il d√©cide d'√©tudier en s'inscrivant √† l'universit√© de Leipzig en 1831. Parmi les compositeurs qui exercent sur lui une influence notable, on peut citer Carl Maria von Weber, Ludwig van Beethoven[1] et Franz Liszt[2].

En 1833, Wagner ach√®ve l'un de ses premiers op√©ras, Les F√©es. Cette Ňďuvre, dans laquelle l'influence de Weber est importante[3], ne sera pas jou√©e avant plus d'un demi-si√®cle, en 1888. √Ä la m√™me √©poque, Wagner r√©ussit √† d√©crocher un poste de directeur musical √† l'op√©ra de Wurzbourg puis √† celui de Magdebourg, ce qui le sort de quelques ennuis p√©cuniaires. En 1836, il compose D√©fense d'aimer, ou la Novice de Palerme, un op√©ra inspir√© d'une pi√®ce de William Shakespeare, Mesure pour mesure. Mais l'Ňďuvre est accueillie avec peu d'enthousiasme.

La m√™me ann√©e, Wagner √©pouse l'actrice Minna Planer. Le couple emm√©nage alors √† Koenigsberg puis √† Rńęga, o√Ļ Wagner occupe le poste de directeur musical. Apr√®s quelques semaines, Minna le quitte pour un autre homme qui la laisse bient√īt sans le sou[r√©f. n√©cessaire]. Elle retourne alors aupr√®s de Wagner, mais cela marque le d√©but de la progressive d√©cadence de leur mariage, qui se termine dans la souffrance trente ans plus tard.

Avant m√™me 1839, le couple est cribl√© de dettes et doit fuir Riga pour √©chapper aux cr√©anciers (les ennuis d'argent tourmenteront Wagner le restant de ses jours). Pendant sa fuite √† Londres, le couple est pris dans une temp√™te, ce qui inspire √† Wagner Le Vaisseau fant√īme. Le couple vit ensuite quelques ann√©es √† Paris o√Ļ Wagner gagne sa vie en r√©orchestrant les op√©ras d'autres compositeurs[1].

Dresde

En 1840, Wagner ach√®ve l'op√©ra Rienzi, le dernier des Tribuns. Il retourne en Allemagne avec Minna deux ans plus tard pour le faire jouer √† Dresde, o√Ļ il rencontre un succ√®s consid√©rable. Pendant six ans, Wagner exerce avec brio le m√©tier de chef d'orchestre du grand th√©√Ętre de la ville et compose et met en sc√®ne Le Vaisseau fant√īme et Tannh√§user et le tournoi des chanteurs √† la Wartburg, ses premiers chefs-d'Ňďuvre.

Le s√©jour dresdois du couple prend fin en raison de l'engagement de Wagner dans les milieux anarchistes. Dans les √Čtats allemands ind√©pendants de l'√©poque, un mouvement nationaliste commence en effet √† faire entendre sa voix, r√©clamant davantage de libert√©s ainsi que l'unification de la nation allemande. Wagner, qui met beaucoup d'enthousiasme dans son engagement, re√ßoit fr√©quemment chez lui des anarchistes, tels le Russe Bakounine[1].

Le mécontentement populaire contre le gouvernement saxon, largement répandu, entre en ébullition en avril 1849, quand le roi Frédéric-Auguste II de Saxe décide de dissoudre le parlement et de rejeter la nouvelle constitution que le peuple lui présente. En mai, une insurrection éclate (Wagner y participe, se perchant sur les barricades[4]). La révolution naissante est toutefois rapidement écrasée par les troupes saxonnes et prussiennes et des mandats d'arrêt sont délivrés contre les révolutionnaires. Wagner est forcé de fuir, d'abord à Paris, puis à Zurich.

Exil et influences conjuguées de Schopenhauer et de Mathilde Wesendonck

C'est en exil que Wagner passe les douze ann√©es suivantes. Ayant achev√© Lohengrin avant l'insurrection de Dresde, il sollicite son ami Franz Liszt, le priant de veiller √† ce que cet op√©ra soit jou√© en son absence. Liszt, en bon ami, dirige lui-m√™me la premi√®re √† Weimar, en ao√Ľt 1850.

Wagner se trouve n√©anmoins dans une situation tr√®s pr√©caire, √† l'√©cart du monde musical allemand, sans revenu et avec peu d'espoir de pouvoir faire repr√©senter les Ňďuvres qu'il compose. Sa femme Minna, qui a peu appr√©ci√© ses derniers op√©ras, s'enfonce peu √† peu dans une profonde d√©pression. Par ailleurs, Wagner est atteint d'√©rysip√®le, ce qui accro√ģt encore la difficult√© de son travail[r√©f. n√©cessaire].

Pendant les premi√®res ann√©es qu'il passe √† Zurich, Wagner produit des essais (L'Ňíuvre d'art de l'avenir, Op√©ra et Drame) ainsi qu'un ouvrage antis√©mite, Le Juda√Įsme dans la musique. Avec L'Ňíuvre d'art de l'avenir, il pr√©sente une nouvelle conception de l'op√©ra, la Gesamtkunstwerk ou ¬ę Ňďuvre d'art totale ¬Ľ. Il s'agit de m√™ler de fa√ßon indissociable la musique, le chant, la danse, la po√©sie, le th√©√Ętre et les arts plastiques.

Au cours des années qui suivent, Wagner utilise deux sources d'inspiration indépendantes pour mener à bien son opéra révéré entre tous, Tristan et Isolde.

Sa premi√®re source d'inspiration est la philosophie de Schopenhauer. Wagner pr√©tendra plus tard que cette exp√©rience a √©t√© le moment le plus important de sa vie[r√©f. n√©cessaire]. La philosophie de Schopenhauer, ax√©e sur une vision pessimiste de la condition humaine, est tr√®s vite adopt√©e par Wagner. Ses difficult√©s personnelles ne sont vraisemblablement pas √©trang√®res √† cette adh√©sion. Il restera toute sa vie un fervent partisan de Schopenhauer, m√™me quand sa situation personnelle sera moins critique.

Selon Schopenhauer, la musique joue un r√īle central parmi les arts car elle est le seul d'entre eux qui n'ait pas trait au monde mat√©riel[5]. Cette opinion trouve un √©cho en Wagner qui l'adopte tr√®s vite, malgr√© l'incompatibilit√© apparente avec ses propres id√©es selon lesquelles c'est la musique qui est au service du drame. Quoi qu'il en soit, de nombreux aspects de la doctrine de Schopenhauer transpara√ģtront dans ses livrets ult√©rieurs : Hans Sachs, le po√®te cordonnier des Ma√ģtres Chanteurs, est une cr√©ation typiquement schopenhauerienne[pr√©cision n√©cessaire].

Mathilde Wesendonck, par Karl Ferdinand Sohn (1850).

C'est sous l'influence de Schopenhauer (fortement influencé par la philosophie orientale[6]) que Richard Wagner devient végétarien et défenseur de la cause animale dont il développera une apologie dans Art et Religion[7]. Il transmettra plus tard, mais temporairement, ce point de vue à Nietzsche.

La seconde source d'inspiration de Wagner pour Tristan et Isolde est le po√®te et √©crivain Mathilde Wesendonck, femme du riche commer√ßant Otto von Wesendonck. Il rencontre le couple √† Zurich en 1852. Otto, grand admirateur de Wagner, met √† sa disposition une petite maison de sa propri√©t√©. Au bout de quelques ann√©es, Wagner s'√©prend de Mathilde mais, bien qu'elle partage ses sentiments, elle n'a pas l'intention de compromettre son mariage. Aussi tient-elle son mari inform√© de ses contacts avec Wagner[r√©f. n√©cessaire]. On ne sait pas n√©anmoins si cette liaison a √©t√© uniquement platonique. Wagner n'en laisse pas moins de c√īt√©, brusquement, la composition de la T√©tralogie ‚ÄĒ qu'il ne reprend que douze ans plus tard ‚ÄĒ pour commencer √† travailler sur Tristan et Isolde. Cette Ňďuvre, issue d'une crise psychosomatique d√©clench√©e par cet amour non r√©alisable, correspond √† la perfection au mod√®le romantique d'une cr√©ation inspir√©e par des sentiments contrari√©s. Du reste, deux des Wesendonck-Lieder, Tr√§ume et Im Treibhaus, compos√©s d'apr√®s les po√®mes de Mathilde, seront repris, √©toff√©s, dans l'op√©ra. Tr√§ume donnera ¬ę Descend sur nous nuit d'extase ¬Ľ et Im Treibhaus l'inqui√©tant pr√©lude du troisi√®me acte et ses sombres accords confi√©s aux violoncelles et contrebasses.

Plaque comm√©morative au 3, rue d‚ÄôAumale (9e arrondissement de Paris) o√Ļ Wagner s√©journe d‚Äôoctobre 1860 √† juillet 1861.

En 1858, Minna intercepte une lettre de Wagner √† Mathilde. Le couple d√©cide de se s√©parer et Wagner quitte Zurich pour Venise[r√©f. n√©cessaire] alors que Minna part pour Dresde. L'ann√©e suivante, il retourne √† Paris afin de superviser la mise en sc√®ne d‚Äôune adaptation de Tannh√§user et le tournoi des chanteurs √† la Wartburg dont la pr√©sentation, en 1861, provoque un scandale. Les repr√©sentations suivantes sont annul√©es et Wagner quitte la ville pr√©cipitamment[1].

Quand il peut enfin retourner en Allemagne, Wagner s‚Äôinstalle √† Biebrich, o√Ļ il commence √† travailler sur Les Ma√ģtres Chanteurs de Nuremberg. Cet op√©ra est de loin son Ňďuvre la plus joyeuse. Sa seconde femme, Cosima, √©crira plus tard : ¬ę Puissent les g√©n√©rations futures, en cherchant du rafra√ģchissement dans cette Ňďuvre unique, avoir une petite pens√©e pour les larmes qui ont men√© √† ces sourires ! [r√©f. n√©cessaire] ¬Ľ. En 1862, Wagner se s√©pare de Minna, mais il continue de la soutenir financi√®rement jusqu‚Äô√† sa mort, en 1866 (ou du moins ses cr√©anciers le feront-ils).

Sous le patronage du roi Louis II de Bavière

Cosima Wagner, deuxième épouse du compositeur (1877).

La carri√®re de Wagner prend un virage spectaculaire en 1864, lorsque le roi Louis II acc√©de au tr√īne de Bavi√®re, √† l'√Ęge de 18 ans. Le jeune roi, qui admire les op√©ras de Wagner depuis son enfance, d√©cide en effet de faire venir le compositeur √† Munich. Il r√®gle ses dettes consid√©rables et s'arrange pour que son nouvel op√©ra, Tristan et Isolde, puisse √™tre mont√©. Malgr√© les √©normes difficult√©s rencontr√©es lors des r√©p√©titions, la premi√®re a lieu le 10 juin 1865 et rencontre un succ√®s retentissant.

Wagner se trouve ensuite m√™l√© √† un scandale du fait de sa liaison avec Cosima von B√ľlow. Il s'agit de la femme de Hans von B√ľlow, un fervent partisan de Wagner, qui a Ňďuvr√© comme chef d'orchestre pour Tristan et Isolde. Cosima est la fille de Franz Liszt et de la comtesse Marie d'Agoult, et est de vingt-quatre ans la cadette de Wagner. En avril 1865, elle accouche d'une fille naturelle qui est pr√©nomm√©e Isolde. La nouvelle s'√©bruite rapidement et scandalise tout Munich. Pour ne rien arranger, Wagner tombe en disgr√Ęce aupr√®s des membres de la Cour qui le soup√ßonnent d'influencer le jeune roi. En d√©cembre 1865, Louis II est contraint de demander au compositeur de quitter Munich. En effet, la population munichoise pense que le roi d√©pense trop d'argent pour Wagner, se rappelant de la relation dispendieuse qu'avait le grand-p√®re du roi, Louis Ier de Bavi√®re, avec sa ma√ģtresse Lola Montez. Cela vaut √† Wagner d'√™tre surnomm√© ¬ę Lolus ¬Ľ par les Munichois. Louis II caresse un instant l'id√©e d'abdiquer pour suivre son h√©ros en exil, mais Wagner l'en aurait rapidement dissuad√©[r√©f. n√©cessaire].

Wagner part s'installer √† Tribschen, pr√®s de Lucerne, sur les bords du lac des Quatre-Cantons. Son op√©ra Les Ma√ģtres Chanteurs de Nuremberg est achev√© en 1867 et pr√©sent√© √† Munich le 21 juin de l'ann√©e suivante. En octobre, Cosima convainc finalement son mari de divorcer. Le 25 ao√Ľt 1870, elle √©pouse Wagner qui, quelques mois plus tard, compose l‚ÄôIdylle de Siegfried pour son anniversaire. Ce second mariage dure jusqu'√† la mort du compositeur. Ils auront une autre fille, Eva, et un fils pr√©nomm√© Siegfried qui doit son nom √† l'op√©ra Siegfried, auquel travaille Wagner au moment de sa naissance.

Bayreuth

Article d√©taill√© : Festival de Bayreuth.

Une fois install√© dans sa nouvelle vie de famille, Wagner met toute son √©nergie √† terminer la T√©tralogie. Devant l'insistance de Louis II, on donne √† Munich des repr√©sentations s√©par√©es (premi√®re de L'Or du Rhin le 22 septembre 1869 et premi√®re de La Walkyrie le 26 juin 1870). Mais Wagner tient √† ce que le cycle complet soit r√©uni dans un op√©ra sp√©cialement con√ßu √† cet effet.

En 1871, il choisit la petite ville de Bayreuth pour accueillir sa nouvelle salle d'op√©ra. Les Wagner s'y rendent l'ann√©e suivante et la premi√®re pierre du Festspielhaus (¬ę Palais des festivals ¬Ľ) est pos√©e. Louis II et la baronne Marie von Schleinitz, une des proches amies des Wagner, s'investissent pour aider √† financer le b√Ętiment. Afin de rassembler les fonds pour la construction, Wagner entreprend √©galement une tourn√©e de concerts √† travers l'Allemagne et diverses associations de soutien sont cr√©√©es dans plusieurs villes. Il faut cependant attendre une donation du roi Louis II en 1874 pour que l'argent n√©cessaire soit enfin rassembl√©. Un peu plus tard dans l'ann√©e, les Wagner emm√©nagent √† Bayreuth dans une villa que Richard surnomme Wahnfried (¬ę Paix des illusions ¬Ľ).

Le Palais des festivals ouvre ses portes le 13 ao√Ľt 1876, √† l'occasion de la repr√©sentation de L'Or du Rhin, d√©but d'ex√©cution de trois cycles complets de la T√©tralogie. D'illustres invit√©s sont convi√©s √† ce premier festival : l'empereur Guillaume Ier, l'empereur Pierre II du Br√©sil, le roi Louis II ‚Äď qui reste incognito ‚Äď, ainsi que les compositeurs Bruckner, Grieg, Augusta Holm√®s, Vincent d'Indy, Liszt, Saint-Sa√ęns, Tcha√Įkovski et Charles-Marie Widor.

D'un point de vue artistique, ce festival est un succ√®s remarquable. Tcha√Įkovski, qui y a assist√© en tant que correspondant russe, √©crit : ¬ę Ce qui s'est pass√© √† Bayreuth restera dans la m√©moire de nos petits-enfants et de leur descendance [r√©f. n√©cessaire] ¬Ľ. Financi√®rement, c'est toutefois un d√©sastre absolu. Wagner doit renoncer √† organiser un second festival l'ann√©e suivante et tente de r√©duire le d√©ficit en donnant une s√©rie de concerts √† Londres.

Les dernières années

En 1877, Wagner s'att√®le √† son dernier op√©ra, Parsifal, qu'il finit √† Palerme pendant l'hiver 1881-82. Il loge dans la villa des Whitaker, futur Grand H√ītel des Palmes. Pendant la composition, il √©crit √©galement une s√©rie d'essais r√©actionnaires sur la religion et l'art.

Il met la derni√®re main √† Parsifal en janvier 1882, et le pr√©sente lors du second Festival de Bayreuth. Pendant l'acte III de la seizi√®me et derni√®re repr√©sentation, le 29 ao√Ľt, le chef Hermann Levi est victime d'une indisposition. Wagner entre alors discr√®tement dans la fosse d'orchestre, prend la baguette et dirige l'Ňďuvre jusqu'√† son terme.

À cette époque, Wagner est gravement malade. Après le festival, il se rend à Venise avec sa famille pour l'hiver. Le mardi 13 février 1883, il est emporté par une crise cardiaque, au palais Vendramin Calergi. Son corps est rapatrié et inhumé dans le jardin de sa maison de Wahnfried, à Bayreuth.

L'éditeur exclusif de Wagner est la maison Schott à Mayence.

Nietzsche, d√©criant tout ce qu'il pressent de naus√©abond non tant chez Wagner en soi que chez les admirateurs de Wagner, √©crit cependant : ¬ę J'aime Wagner ¬Ľ (Ecce homo, ¬ę Pourquoi j'√©cris de si bons livres, Le Cas Wagner, I ¬Ľ).

Ňíuvres

Opéras

Les op√©ras de Wagner constituent son principal testament. On peut sch√©matiquement les s√©parer en deux groupes, les op√©ras de jeunesse et les op√©ras principaux :

Les opéras de jeunesse sont Les Fées (Die Feen), La Défense d'aimer (Das Liebesverbot) et Rienzi. Ils sont rarement joués.

Les opéras principaux sont ceux qui sont inscrits au répertoire du festival de Bayreuth.

Avec Le Vaisseau fant√īme (Der fliegende Holl√§nder), puis Tannh√§user et Lohengrin, Wagner √©crit ses premiers grands op√©ras romantiques.

La p√©riode de la maturit√© d√©bute avec la composition de Tristan et Isolde (Tristan und Isolde), souvent consid√©r√© comme son chef-d'Ňďuvre. Viennent ensuite Les Ma√ģtres Chanteurs de Nuremberg (Die Meistersinger von N√ľrnberg) et L'Anneau du Nibelung (Der Ring des Nibelungen). L'Anneau du Nibelung, √©galement appel√© T√©tralogie, est un ensemble de quatre op√©ras inspir√©s des mythologies allemandes et scandinaves. Le dernier op√©ra de Wagner, Parsifal, est une Ňďuvre contemplative tir√©e de la l√©gende chr√©tienne du saint Graal.

√Ä travers ses Ňďuvres et ses essais th√©oriques, Wagner exer√ßa une grande influence dans l'univers de la musique lyrique. Mariant le th√©√Ętre et la musique pour cr√©er le ¬ę drame musical ¬Ľ, il se fit le d√©fenseur d'une conception nouvelle de l'op√©ra, dans laquelle l'orchestre occupe une place au moins aussi importante que celle des chanteurs. L'expressivit√© de l'orchestre est accrue par l'emploi de leitmotivs (petits th√®mes musicaux d'une grande puissance dramatique qui √©voquent un personnage, un √©l√©ment de l'intrigue, un sentiment...), dont l'√©volution et l'enchev√™trement complexe √©clairent la progression du drame avec une richesse infinie.

Contrairement √† presque tous les autres compositeurs d'op√©ras, Wagner √©crivait lui-m√™me ses livrets, empruntant la plupart de ses arguments √† des l√©gendes et mythologies europ√©ennes, le plus souvent germaniques. Ses Ňďuvres acqui√®rent de ce fait une unit√© profonde.

Liste des opéras par ordre chronologique
WWV Titre original Titre français Création (date) Création (lieu)
Opéras
de
jeunesse
31 Die Hochzeit (inachevé) Les Noces Non représenté
32 Die Feen Les Fées 29 juin 1888 Munich[8]
38 Das Liebesverbot La Défense d'aimer 29 mars 1836 Magdebourg[9]
49 Rienzi id. 20 octobre 1842 Dresde[10]
Opéras
principaux
63 Der Fliegende Holl√§nder Le Vaisseau fant√īme 2 janvier 1843 Dresde[11]
70 Tannhäuser id. 19 octobre 1845 Dresde[12]
75 Lohengrin id. 28 ao√Ľt 1850 Weimar[13]
90 Tristan und Isolde Tristan et Isolde 10 juin 1865 Munich[14]
96 Die Meistersinger von N√ľrnberg Les Ma√ģtres Chanteurs de Nuremberg 21 juin 1868 Munich[15]

86A
86B
86C
86D

Der Ring des Nibelungen[16]
Das Rheingold
Die Walk√ľre
Siegfried
Götterdämmerung
L'Anneau du Nibelung
L'Or du Rhin
La Walkyrie
Siegfried
Le Crépuscule des dieux

22 septembre 1869
26 juin 1870
16 ao√Ľt 1876
17 ao√Ľt 1876


Munich[17]
Munich[18]
Bayreuth[19]
Bayreuth[20]

111 Parsifal id. 26 juillet 1882 Bayreuth[21]

Ňíuvres non sc√©niques

Article d√©taill√© : Liste des Ňďuvres de Richard Wagner.

√Ä c√īt√© de ses op√©ras, qui constituent l'essentiel de son Ňďuvre musicale, Wagner a √©crit un certain nombre d'Ňďuvres, qui occupent environ cent num√©ros du catalogue de ses Ňďuvres, le Wagner Werk-Verzeichnis (WWV). Citons notamment :

  • une symphonie en ut majeur, √©crite √† l'√Ęge de 19 ans ;
  • quelques ouvertures ;
  • des pi√®ces pour piano, parmi lesquelles on peut citer :
    • l'ouverture Rule Britannia, compos√©e en 1836 et consistant en la transcription de l'ode en l'honneur de la Grande-Bretagne de Thomas Arne ;
    • plusieurs sonates ;
    • une √Čl√©gie en la b√©mol majeur, longtemps appel√©e par erreur th√®me de Porazzi. √Čtroitement li√©e √† la composition de Tristan et Isolde, celle de l‚Äô√Čl√©gie a commenc√© en 1858, probablement comme esquisse pour Tristan finalement rejet√©e au bout de huit mesures. En 1882, il se pencha de nouveau sur cette √©bauche, la conclut par six mesures nouvelles, et l'offrit ainsi termin√©e √† Cosima. La veille de sa mort √† Venise, il la joua encore : ce fut sa derni√®re expression musicale[22] ;
  • la Marche imp√©riale, compos√©e en 1871 pour grand orchestre ;
  • Siegfried-Idyll (ou Idylle de Siegfried), une pi√®ce de musique de chambre √©crite pour l'anniversaire de sa seconde femme Cosima, souvent jou√©e aujourd'hui sous sa forme symphonique. L‚ÄôIdylle de Siegfried, sans faire partie de la T√©tralogie, r√©unit plusieurs motifs de Siegfried. Le compositeur Christophe Looten en a r√©alis√© une transcription pour quatuor √† cordes [1] ;
  • La C√®ne des ap√ītres. Cette pi√®ce pour chŇďurs d'hommes et orchestre date de d√©but 1843. Au d√©but de l'ann√©e, Wagner vient de faire jouer Rienzi √† Dresde ; c'est un grand succ√®s. En revanche, Le Vaisseau fant√īme a connu un √©chec cuisant. √Člu en d√©but d'ann√©e au comit√© d'une association culturelle de la ville de Dresde, Wagner re√ßoit une commande qui doit √©voquer le th√®me de la Pentec√īte. La premi√®re de cette Ňďuvre a lieu √† la Dresdner Frauenkirche le 6 juillet 1843, interpr√©t√©e par une centaine de musiciens et pr√®s de 1 200 choristes. Cette interpr√©tation re√ßoit un accueil chaleureux ;
  • Die Wesendonck Lieder. Ces chants furent compos√©s pour c√©l√©brer l'amour que Richard Wagner portait √† Mathilde Wesendonck.Le compositeur Christophe Looten en a r√©alis√© une transcription pour voix et quatuor √† cordes ;
  • Transcriptions pour piano d'airs d'op√©ras √† la mode, que Wagner composa lors de son premier s√©jour √† Paris ;
  • Quelques m√©lodies pour piano dont un inattendu Mignonne, allons voir si la rose d'apr√®s Ronsard.

Extraits orchestraux pour concerts symphoniques

Des extraits de ses op√©ras sont fr√©quemment jou√©s en concert comme des pi√®ces √† part enti√®re, dans des versions √©ventuellement l√©g√®rement modifi√©es. Par exemple :

La pi√®ce suivante n'est pas extraite d'un op√©ra, mais utilise plusieurs leitmotive de Siegfried. Originellement con√ßue pour treize instruments (voir section pr√©c√©dente), Wagner en √©crivit ensuite la version orchestrale :

  • Siegfried-Idyll (ou Idylle de Siegfried).

Ňíuvres non musicales

Wagner √©tait un √©crivain extr√™mement prolifique. On compte √† son actif des centaines de livres, po√®mes et articles, en plus de sa volumineuse correspondance. Ses √©crits couvrent un large √©ventail de sujets, comme la politique, la philosophie, ou encore l'analyse de ses propres op√©ras. Parmi les essais les plus significatifs, on peut citer Op√©ra et Drame (1851) et L'Ňíuvre d'art de l'avenir (1849). Il a √©galement √©crit une autobiographie, Ma vie (1880).

Wagner est √† l'origine de plusieurs innovations th√©√Ętrales, telles que la conception et la construction du Festspielhaus de Bayreuth, inaugur√© en 1876. Ce b√Ętiment √† l'acoustique l√©gendaire a √©t√© sp√©cialement construit pour y jouer ses propres Ňďuvres. Chaque √©t√©, des milliers d'amateurs d'op√©ra viennent du monde entier assister au c√©l√®bre Festival de Bayreuth. Pendant les repr√©sentations, le public est plong√© dans l'obscurit√© et l'orchestre joue dans une fosse, hors de la vue des spectateurs.

Pour lire les textes de Wagner en anglais, se reporter à la section Références et liens.

Style et apports de Wagner

Il est important de savoir que Wagner aurait voulu, dans sa jeunesse, être Shakespeare avant d'être Beethoven[23]. Wagner était l'auteur de ses livrets d'opéra, cas fort rare dans l'histoire de la musique de scène. Toutefois, Wagner ne souhaitait pas que sa poésie soit appréciée pour elle-même, mais qu'elle soit toujours considérée en relation avec la musique[24]

Richard Wagner a enti√®rement transform√© la conception de l'op√©ra √† partir de 1850, le concevant non plus comme un divertissement, mais comme une dramaturgie sacr√©e. Les quatre op√©ras de L'Anneau du Nibelung illustrent cette r√©forme wagn√©rienne √† la perfection. Dans la T√©tralogie, chaque personnage (l'Anneau y compris) est associ√© √† un th√®me musical autonome dont les variations indiquent dans quel climat psychologique ce personnage √©volue : c'est le fameux ¬ę leitmotiv ¬Ľ (en allemand : motif conducteur), proc√©d√© pr√©existant que Wagner a pouss√© aux limites ultimes de la dramaturgie sonore. Ainsi lorsque Wotan √©voque l'Anneau, les th√®mes musicaux associ√©s se m√™lent en une nouvelle variation. On peut y voir une manifestation de ¬ę l'art total ¬Ľ au travers d'une musique refl√©tant √† la fois les personnages et leurs sentiments, tout en soutenant le chant et soulignant l'action sc√©nique. Mais l'apport de Richard Wagner √† la musique sur le plan technique (harmonie et contrepoint) est tout aussi consid√©rable, sinon plus encore[25]. C'est principalement dans son Ňďuvre la plus d√©terminante √† cet √©gard, √† savoir Tristan et Isolde, que Wagner innove de mani√®re radicale. Con√ßu dans des circonstances psychologiques tr√®s particuli√®res, plus rapidement que les autres op√©ras, Tristan constitue une singularit√©, et aussi une charni√®re tant dans l'Ňďuvre de Wagner que dans l'histoire de l'harmonie et du contrepoint[26].

Certes, comme le dit Wilhelm Furtw√§ngler, il n'est pas dans Tristan un seul accord qui ne puisse √™tre analys√© tonalement, et cela a √©t√© d√©montr√© par le musicologue fran√ßais Jacques Chailley dans une tr√®s pr√©cise et tr√®s fouill√©e analyse du fameux ‚ÄúPr√©lude‚ÄĚ, o√Ļ tous les accords et modulations sont ramen√©s, une fois √©limin√©es les notes de passage, les appoggiatures, les √©chapp√©es et autres broderies, √† des encha√ģnements harmoniques parfaitement r√©pertori√©s. Il s'agissait il est vrai pour Chailley de faire un sort aux analyses qu'il trouvait tendancieuses de Arnold Sch√∂nberg et plus tard Boulez[r√©f. n√©cessaire].

Cela ne retire rien au g√©nie de Wagner, bien au contraire, puisqu'il a su justement faire du neuf avec du vieux : si presque tous ses accords peuvent se retrouver dans les chorals de Bach ou chez Mozart, leur emploi de mani√®re isol√©e et expressive est une nouveaut√© g√©niale. Ainsi, le c√©l√©brissime ¬ę accord de Tristan ¬Ľ, qui intervient d√®s les premi√®res mesures du ‚ÄúPr√©lude‚ÄĚ, peut √™tre interpr√©t√© de diverses fa√ßons, toutes finalement relativement traditionnelles : il s'apparente √† un accord de neuvi√®me sans fondamentale, mais on peut aussi l'analyser comme une septi√®me d'esp√®ce, ou encore, voulant √©chapper √† une tradition fran√ßaise ne consid√©rant que la verticalit√©, comme une sixte augment√©e ¬ę √† la fran√ßaise ¬Ľ avec appoggiature/note de passage du sol# conduisant au la, pr√©parant traditionnellement, depuis le ¬ę style classique ¬Ľ du XVIIIe si√®cle, l'accord de dominante. En effet, chez Wagner, le contrepoint influence l'harmonie et non le contraire, technique germanique qu'il importe de Carl Maria von Weber et surtout de l'abb√© Vogler[r√©f. n√©cessaire].

Wagner va cependant, avec des audaces moins connues, bien plus loin : r√©solution d'une neuvi√®me mineure par sa forme majeure, appoggiature de neuvi√®me mineure formant dissonance avec la tierce (formule dont le jazz fait un fr√©quent usage), emploi simultan√© d'appoggiatures, broderies et autres notes √©trang√®res amenant aux limites de l'analyse de l'accord r√©el[r√©f. n√©cessaire], etc.

Par ailleurs, et contrairement √† une id√©e re√ßue, ce qui frappe nettement √† l'analyse de Tristan est l'influence √©vidente de Bach[r√©f. n√©cessaire], et particuli√®rement du Bach de L'Art de la fugue dont l'√©tude attentive se voit clairement dans les formules contrapuntiques et les encha√ģnements harmoniques du ‚ÄúPr√©lude du Ier Acte‚ÄĚ de Tristan. Bach attaque dans le ‚ÄúContrapunctus IV‚ÄĚ une neuvi√®me mineure sans pr√©paration (‚ÄúContrapunctus IV‚ÄĚ, mesure 79) cent ans avant Tristan, une audace de Bach parmi d'autres dont Wagner ne pouvait que se souvenir. Wagner a certes, apparemment, peu pratiqu√© la fugue, mais en r√©alit√© les entr√©es fugu√©es, camoufl√©es ou non, sont innombrables dans Tristan, et permettent de plus grandes audaces harmoniques encore que les agr√©gations harmoniques ¬ę in√©dites ¬Ľ.

Wagner est √©galement r√©put√© pour avoir innov√© de fa√ßon d√©cisive sur le plan de l'orchestration : certes, c'est d'abord son g√©nie proprement musical qui fait vibrer l'orchestre tel que Beethoven le laisse √† la fin de sa vie (IXe Symphonie et Missa Solemnis) d'une sonorit√© jamais entendue jusqu'alors. Wagner doit certaines formules √† Gluck, √† Beethoven et √† Weber, l'ensemble sonnant pourtant‚Ķ comme du Wagner. Wagner √©tire en effet des accords sur lesquels ses devanciers ne restent que deux notes, il utilise massivement des combinaisons que Beethoven n'a fait qu'employer une ou deux fois, son emploi des redoublements voire triplements de timbre qu'il reprend de Gluck[r√©f. n√©cessaire] et m√™me de Haydn[r√©f. n√©cessaire] devient syst√©matique, avec l'effet ¬ę magique ¬Ľ bien connu qui souvent se r√©v√®le, √† la lecture de la partition, obtenu avec une √©tonnante √©conomie de moyens. L'innovation s'observe √©galement dans son orchestration des m√©lodies, qui, doubl√©es extensivement, changent imperceptiblement d'un instrument √† l'autre, certainement √† l'origine de la Klangfarbenmelodie que Sch√∂nberg √©tendra[r√©f. n√©cessaire].

Wagner √©tait, il faut l'avoir constamment √† l'esprit, un autodidacte qui a toute sa vie acquis du m√©tier en innovant. Comme tous les autodidactes efficaces[pr√©cision n√©cessaire], il a su √™tre tr√®s conventionnel √† ses d√©buts afin d'apprendre les ficelles de son art et faire √©clore son g√©nie. On a √©t√© jusqu'√† affirmer que le g√©nie de Wagner venait de ses lacunes m√™mes. Et de fait, Wagner n'a jamais r√©ussi √† cr√©er de musique de chambre ou de musique instrumentale : ses essais dans ces domaines se sont sold√©s par de pi√®tres r√©sultats. Seul un motif sc√©nique l'inspirait. Et pourtant, paradoxalement, transcrites pour piano seul ou petit ensemble, ses pages symphoniques de sc√®nes conservent intacte leur magie : myst√®re insondable de tous les cr√©ateurs‚Ķ

On ne peut n√©gliger ce qui fait encore une sp√©cificit√© de Wagner, √† savoir l'influence consid√©rable qu'il a eue sur ses successeurs, et notamment le plus illustre, Arnold Sch√∂nberg. Sch√∂nberg, par son g√©nie m√™me, est sans doute le responsable d'un grand malentendu. Seul Sch√∂nberg a su √† ses d√©buts pasticher, ou plut√īt continuer Wagner, avec un niveau √©gal de qualit√©. La poignante Nuit transfigur√©e, les monumentaux Gurre-Lieder et le g√©nial po√®me symphonique (d√©valu√© de mani√®re contestable par Ren√© Leibowitz) Pelleas und Melisande sont les seuls v√©ritables exemples de continuation, non de Wagner, mais des techniques invent√©es par lui dans Tristan, avec un g√©nie √©quivalent √† celui du ma√ģtre. Sch√∂nberg en a d√©duit qu'une tendance √©volutive √©tait √† l'Ňďuvre dans l'harmonie moderne, et c'est bien Sch√∂nberg, mais aussi des compositeurs comme Anton Bruckner, Gustav Mahler, Richard Strauss ou Max Reger, qui ont cru pouvoir faire progresser une tradition musicale exclusivement germanique, de Wagner vers, en ce qui concerne des compositeurs comme Hauer ou Sch√∂nberg, l'atonalisme et la composition avec douze sons.

L'antisémitisme de Wagner et l'appropriation de sa musique par les nazis

Article d√©taill√© : Das Judenthum in der Musik.

Cet aspect de la personnalité de Wagner a donné lieu à une abondante littérature polémique, largement alimentée tant par la récupération de sa musique par le régime national-socialiste que par l'amitié de l'épouse de son fils Siegfried, Winifred Williams Klindworth (Winifred Wagner) avec Adolf Hitler.

L'antis√©mitisme de Wagner n'a rien d'exceptionnel √† son √©poque. Ces discours, comme les pr√©jug√©s raciaux en g√©n√©ral, √©taient courants. Mais ces th√®ses √©taient d√©j√† combattues : Nietzsche par exemple se brouillera avec Wagner en partie pour ses opinions antis√©mites [r√©f. souhait√©e]. L'antis√©mitisme √©tait un d√©bat central √† l'√©poque, y compris aux yeux m√™mes de nombreux intellectuels juifs. Entre pogrom et assimilation, les discussions entre penseurs juifs faisaient rage.

Tout au long de sa vie, dans ses conversations, dans ses écrits, Richard Wagner n'a cessé d'émettre des opinions violemment antisémites. Accusant fréquemment les Juifs, et en particulier les musiciens juifs, d'être des étrangers nuisibles à l'Allemagne, il préconisait leur assimilation à la culture germanique. L'assimilation était aussi sujet de débat entre les intellectuels juifs.

Wagner avait une grande influence sur l'√©crivain britannique Houston Stewart Chamberlain, auteur de "Fondements du XIXe si√®cle" (Die Grundlagen des neunzehnten Jahrhunderts),une Ňďuvre assurant la sup√©riorit√© de la race aryenne. En 1908, il √©pousa le deuxi√®me fille de Wagner,Eva. Chamberlain est aujourd'hui consid√©r√© comme un pr√©curseur de l'id√©ologie antis√©mite national-socialiste. A travers son Ňďuvre, il essaya d'impliquer Wagner plus largement dans l'id√©ologie national-socialiste[27].

Le premier essai de Wagner, Le Juda√Įsme dans la musique, est publi√© en 1850 dans la revue Neue Zeitschrift f√ľr Musik sous le pseudonyme de ¬ę K. Freigedank ¬Ľ (¬ę libre pens√©e ¬Ľ). Wagner s'√©tait donn√© pour but d'expliquer la pr√©tendue ¬ę aversion populaire ¬Ľ envers la musique des compositeurs juifs tels que Felix Mendelssohn Bartholdy ou Giacomo Meyerbeer. Il √©crivit notamment que le peuple allemand √©tait ¬ę repouss√© ¬Ľ par les Juifs en raison ¬ę de leur aspect et de leur comportement d'√©trangers ¬Ľ ; les Juifs ¬ę sont des anomalies de la nature ¬Ľ jasant ¬ę de leurs voix grin√ßantes, couinantes et bourdonnantes ¬Ľ.

Wagner all√©guait que les musiciens juifs, n'√©tant pas en relation avec l'esprit authentique du peuple allemand, ne pouvaient qu'√©crire une musique artificielle, sans aucune profondeur, et rab√Ęcher la vraie musique √† la mani√®re des perroquets.

L'article attira peu l'attention. Cependant, apr√®s que Wagner l'eut publi√© de nouveau en 1869 sous la forme d'un pamphlet sign√© de son v√©ritable nom, de vives protestations s'√©lev√®rent dans le public d'une repr√©sentation des Ma√ģtres Chanteurs.

Wagner a √©galement attaqu√© les Juifs dans d'autres essais. Dans Qu'est-ce qui est allemand ? (1879), il √©crivit par exemple : ¬ę Les Juifs [tiennent] le travail intellectuel allemand entre leurs mains. Nous pouvons ainsi constater un odieux travestissement de l'esprit allemand, pr√©sent√© aujourd'hui √† ce peuple comme √©tant sa pr√©tendue ressemblance. Il est √† craindre qu'avant longtemps la nation prenne ce simulacre pour le reflet de son image. Alors, quelques-unes des plus belles dispositions de la race humaine s'√©teindraient, peut-√™tre √† tout jamais.{^ ¬Ľ

En d√©pit de ses √©crits antis√©mites, Wagner eut plusieurs amis juifs. Le plus repr√©sentatif d'entre eux est sans doute le chef d'orchestre Hermann Levi, un Juif pratiquant que Wagner d√©signa pour diriger la premi√®re repr√©sentation de Parsifal. Le compositeur souhaita d'abord que Levi se f√ģt baptiser (sans doute en raison du contenu religieux de cet op√©ra), mais renon√ßa finalement √† cette exigence. Cependant,lorsqu'il analyse le d√©tail des p√©rip√©ties de cette valse-h√©sitation telles que les rapporte Carl Glasenapp (Das Leben Richard Wagners, 1911, VI, p. 500-502) Theodor W. Adorno, dans son Essai sur Wagner (1966, p. 18) r√©sume en ces termes ce que cet √©pisode r√©v√®le, selon lui, du c√īt√© "d√©moniaque" de Wagner : "Une envie sadique d'humilier [Levi], une humeur conciliante et sentimentale et surtout la volont√© de s'attacher affectivement le maltrait√© se r√©unissent dans la casuistique du comportement de Wagner." Levi maintint toutefois des relations amicales avec Wagner et fut sollicit√©, √† ses fun√©railles, pour porter son cercueil. Un autre de ces amis fut Joseph Rubinstein.

Notons enfin que l'antis√©mitisme de Wagner n'est quasiment pas √©voqu√©, dans ses abondants √©crits, par son plus fervent admirateur, le viennois Arnold Schoenberg (1874 - 1951), fils de commer√ßants juifs convertis. Schoenberg r√©embrassa la foi juda√Įque dans les ann√©es 1930.

Apr√®s la mort de Wagner √† Venise en 1883, Bayreuth devint le lieu de rassemblement d'un groupe soutenu par Cosima et form√© d'admirateurs z√©l√©s du compositeur. √Ä la mort de Cosima et de Siegfried en 1930, la responsabilit√© du festival √©chut √† la veuve de ce dernier, Winifred Wagner, une amie personnelle d'Adolf Hitler. Hitler √©tait lui-m√™me un z√©lateur de Wagner, donnant une lecture national-socialiste √† un antis√©mitisme retir√© de son contexte et aux th√®mes germaniques qui jalonnent son Ňďuvre, cens√©e inscrire le ma√ģtre de Bayreuth dans l'id√©ologie nazie. Il d√©clara un jour que le national-socialisme n'avait qu'un seul pr√©d√©cesseur l√©gitime : Richard Wagner. Woody Allen en a fait un trait d'humour c√©l√®bre dans Meurtre myst√©rieux √† Manhattan: ¬ę Quand j'√©coute trop Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne. ¬Ľ Les nazis faisaient un usage courant de cette musique et la jouaient lors de leurs grands rassemblements. Ce n'√©tait pas le seul compositeur appr√©ci√© des nazis : on oublie que Beethoven ou Bruckner furent aussi r√©cup√©r√©s par le r√©gime.

Eu √©gard √† cette ambigu√Įt√©, les Ňďuvres de Wagner ne sont pas repr√©sent√©es en public en Isra√ęl, pays pourtant de tr√®s haute culture musicale (largement fond√©e √† l'origine par des Juifs d'Europe centrale impr√©gn√©s de civilisation germanique), o√Ļ d'ailleurs Wagner est couramment diffus√© sur des stations de radio ou sur des cha√ģnes de t√©l√©vision d'√Čtat sans cr√©er plus de scandale qu'√† New York, Paris ou Berlin. Jusqu'√† pr√©sent, toutes les tentatives de repr√©sentation publique (notamment par le pianiste et chef d'orchestre Daniel Barenbo√Įm) ont d√©clench√© les plus vives protestations, certains auditeurs ayant m√™me quitt√© la salle.

Citations

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¬ę Vous, mes fr√®res souffrants de toutes les classes de la soci√©t√© humaine qui sentez une sourde col√®re couver en vous, quand vous aspirez √† vous d√©livrer de l‚Äôesclavage de l‚Äôargent pour devenir des hommes libres, comprenez bien notre t√Ęche, et aidez-nous √† √©lever l‚ÄôArt √† sa dignit√©, afin que nous puissions vous montrer comment vous √©l√®verez le m√©tier √† la hauteur de l‚ÄôArt, le serf de l‚Äôindustrie au rang de l‚Äôhomme beau, conscient de lui-m√™me, qui, avec le sourire de l‚Äôiniti√©, peut dire √† la nature, au soleil et aux √©toiles, √† la mort et √† l‚Äô√©ternit√© : vous aussi vous √™tes miens ; et je suis votre ma√ģtre. ¬Ľ

‚ÄĒ Richard Wagner, l‚ÄôArt et la R√©volution

¬ę Si l'Ňďuvre d'art grecque contenait l'esprit d'une belle nation, l'Ňďuvre d'art de l'avenir doit contenir l'esprit de l'humanit√© libre en dehors de toutes les limites de nationalit√©s : le caract√®re national ne peut √™tre en elle qu'un ornement, un attrait fourni par les diversit√©s individuelles, non pas un obstacle. ¬Ľ

‚ÄĒ Richard Wagner, l'Art et la R√©volution

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Films inspirés par Richard Wagner

En raison sans doute de son c√īt√© th√©√Ętral mais aussi de son romantisme, la musique de Wagner a √©t√© tr√®s utilis√©e par l'industrie cin√©matographique, telle l'attaque des h√©licopt√®res rythm√©e par la Chevauch√©e des Walkyries dans Apocalypse Now de Francis Ford Coppola (1979), ou le pr√©lude de Lohengrin au son duquel Charlie Chaplin, d√©guis√© en Hitler, joue avec un globe dans Le Dictateur (1940). La Chevauch√©e des Walkyries accompagne √©galement Marcello Mastroianni dans ses fantasmes lorsqu'il s'imagine coursant et fouettant des femmes dans une ronde infernale, dans Huit et demi de Federico Fellini (1963). On en retrouve √©galement les notes dans La Horde sauvage, th√®me musical d'Ennio Morricone illustrant la charge de 150 cavaliers sans foi ni loi dans Mon nom est Personne (1973).

En 1965, Yukio Mishima accomplit le rituel du seppuku aux sons du Liebestod de Tristan et Isolde dans Yukoku (Patriotisme), film de trente minutes, longtemps interdit √† la projection par la veuve de l'√©crivain. Ce Liebestod avait d√©j√† √©t√© utilis√© en 1929 par Luis Bu√Īuel et Salvador Dal√≠ dans Un chien andalou. C'est aussi la musique de Tristan qui accompagne le traquenard qui conclut La Monstrueuse Parade (Freaks) de Tod Browning (1932) ; elle appara√ģt aussi dans les arrangements de Bernard Herrmann pour Sueurs froides (1958) et dans The Milkman collector, un sketch des Monty Python !

Excalibur de John Boorman est rythmé par la musique du Ring, tandis que Le Nouveau Monde de Terrence Malick (2005) s'ouvre avec le Prélude de L'Or du Rhin que l'on peut entendre aussi dans une scène du Nosferatu de Werner Herzog (1979).

Entre autres sources d'inspiration (revendiqu√©e) pour Star Wars de George Lucas figure la T√©tralogie : Luke Skywalker et Leia partagent avec Siegmund et Sieglinde la g√©mellit√© amoureuse. Leur p√®re, Darth Vader, est proche de Wotan dans sa volont√© de pouvoir contrari√©e par ses propres enfants. Le leitmotiv de Dark Vador √©voque celui des G√©ants et, symboliquement, il est immol√© sur un b√Ľcher pour clore le cycle.

De nombreux musiciens hollywoodiens ont √©t√© influenc√©s par Wagner : Erich Wolfgang Korngold, Max Steiner, etc.

Références et liens

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Liens externes

Généalogie

L'homme et l'Ňďuvre

Iconographie

  • Sur gallica.bnf.fr, tr√®s riche iconographie de Richard Wagner et de sa famille, ainsi que d'autres documents relatifs √† Wagner.

Partitions gratuites

Pour écouter

Bibliographie

Ňíuvres non musicales de Richard Wagner

Voir la Liste des Ňďuvres en prose de Richard Wagner. On distingue particuli√®rement :

  • Op√©ra et Drame, Delagrave, Paris, 1910. Expos√© des id√©es de Wagner sur le drame musical.
  • Ma vie, Buchet-Castel, Paris, 1978. Autobiographie, couvrant la p√©riode 1813-1864.

Correspondance de Richard Wagner

  • Avec Judith Gautier : Lettres √† J.G. , coll. Connaissance de soi, NRF, 1964.
  • Avec Joseph Arthur de Gobineau : Correspondance (1880-1882), librairie Nizet, 2001.
  • Avec √Čmile Heckel : Lettres √† E.H. , coll. ¬ę Biblioth√®que-Charpentier ¬Ľ, Eug√®ne Fasquelle, 1929.
  • Avec Franz Liszt : Correspondance R.W. - F.L., coll. les Classiques allemands, trad. de L.M. Schmidt et J. Lacant, Gallimard, Paris, 1975.
  • Avec Louis II de Bavi√®re : R.W. et Louis II, Lettres 1864-1883, intod. et choix de Blandine Ollivier, Plon, 1960 ; L'Enchanteur et le Roi des Ombres, choix de lettres traduites et pr√©sent√©es par Blandine Ollivier, Librairie Acad√©mique Perrin, 1976, (ISBN 2-262-00046-8).
  • Avec Minna Wagner : Lettres de R.W. √† M.W. , coll. les Classiques allemands, trad. de Maurice Remon, NRF, Gallimard, 1943.
  • Avec Mathilde Wesendonck : R.W. √† M.W., Journal et lettres (1853-1871), Parution, Paris, 1986.
  • Avec Otto Wesendonk (1852-1870) : Lettres √† O.W. , P., Calmann-L√©vy, 1924.
  • Avec Charles Nuitter : Correspondance, r√©unie et annot√©e par Peter Jost, Romain Feist et Philippe Reynal, Mardaga, avril 2002, (ISBN 9782870097854).
  • Lettres fran√ßaises de Richard Wagner, Bernard Grasset, 1935.
  • Wagner et Liszt (d'apr√®s leur correspondance), William Cart, Stalker Editeur, 2008.
  • Avec Friedrich Nietzsche : voir (en) Elizabeth Foerster-Nietzsche (ed. by), The Nietzsche-Wagner Correspondance, with an introduction by H.L. Mencken, London, Duckworth & Co, 1922 ; texte sur IA
  • Avec Hans von B√ľlow : Lettres √† Hans de B√ľlow, traduites par Georges Khnopff, les √©ditions G. Cr√®s et Cie, 1928

Analyses

  • Fr√©d√©ric Gagneux, Andr√© Suar√®s et le wagn√©risme, Paris, Classiques Garnier,2009.
  • Bruno Lussato, L'Encyclop√©die du Ring,
  • Franz Liszt, Lohengrin et Tannh√§user de Richard Wagner, 1851 ; √©dition Adef-Albatros, 1980.
  • Friedrich Nietzsche, Le Cas Wagner, 1888. traduction par Henri Albert disponible sur Wikisource.
  • Albert Lavignac, Le Voyage artistique √† Bayreuth, Delagrave, 1896. Texte √©dition 7 - 1902-03 ? - sur IA
  • Houston Stewart-Chamberlain, Richard Wagner, sa vie et ses oeuvres, Perrin et Cie, 1900 ; texte sur IA
  • George Bernard Shaw, Le Parfait Wagn√©rien, 1898. Traduction en fran√ßais, Laffont, Bouquins, Paris, 1994
  • Andr√© CŇďuroy, Wagner et l'esprit romantique, Gallimard, Id√©es, Paris, 1965.
  • Thomas Mann, Wagner et notre temps, Hachette, Pluriel, Paris, 1978.
  • Francis Pagnon, En √©voquant Wagner : la musique comme mensonge et comme v√©rit√©, √©ditions Champ libre, 1981. (ISBN 2-85184-130-0)
  • Marcel Schneider, Wagner, Solf√®ges, Seuil, 1983.
  • Jean-Fran√ßois Marquet, Wagner, le cr√©puscule de la chevalerie, dans Miroirs de l'identit√©, Hermann, 1996.
  • Timoth√©e Picard, L'Art total : Grandeur et mis√®re d'une utopie (autour de Wagner), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006, 464 p. (ISBN 2-7535-0294-3)
  • Timoth√©e Picard, Wagner, une question europ√©enne : Contribution √† une √©tude du wagn√©risme,1860-2004, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Collection Interf√©rences, 2006, 550 p. (ISBN 2-7535-0302-8)
  • Christophe Looten :
    • L'important, ce sont les petites notes, Paris, Editions Musica-nova, 2008, 223 p. (ISBN 978-2-9532-6450-0)
    • Dans la t√™te de Richard Wagner, arch√©ologie d'un g√©nie, Fayard, √† para√ģtre 2011 ; aborde une centaine de sujets (de ¬ę atome ¬Ľ √† ¬ę Wotan ¬Ľ en passant par ¬ę musique et gymnastique ¬Ľ ou ¬ę Gobineau ¬Ľ) en se fondant sur les Ňíuvres en prose (retraduites) et le Journal de Cosima.

Dictionnaire encyclopédique

  • Timoth√©e Picard (dir.) et al., Dictionnaire encyclop√©dique Wagner, Arles, Actes Sud, collection Musique, Cit√© de la musique (co-√©dit.), 2010, 2496 p. (ISBN 978-2742778430)

Témoignages directs

Témoignages sur la famille Wagner et Bayreuth

  • Friedlind Wagner[30] et Page Cooper, H√©ritage de feu, souvenirs de Bayreuth, Plon, 1947.
  • Wolf Siegfried Wagner[31], La Famille Wagner et Bayreuth 1876-1976, Ch√™ne, 1976.
  • Andr√© Tubeuf, Bayreuth et Wagner, cent ans d'images 1876-1976, Jean-Claude Latt√®s, 1981.
  • Gottfried Wagner[32], L'H√©ritage Wagner, une autobiographie, NiL √©ditions, 1998. Traduction du livre Wer nicht mit dem Wolf heult, √©ditions Kiepenheuer & Witsch, K√∂ln, 1997.

Wagner et la France

Sources

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalit√© issu de l‚Äôarticle de Wikip√©dia en anglais intitul√© ¬ę Richard Wagner ¬Ľ (voir la liste des auteurs)
  • Beckett, Lucy, Richard Wagner: Parsifal, Cambridge University Press, 1981
  • Borchmeyer, Dieter, Drama and the World of Richard Wagner, Princeton University Press, 2003 (ISBN 978-0-691-11497-2)
  • Burbidge, Peter and Sutton, Richard(eds.), The Wagner Companion, Cambridge University Press, 1979 (ISBN 978-0-521-29657-1)
  • Carr, Jonathan, The Wagner Clan: The Saga of Germany's Most Illustrious and Infamous Family, Atlantic Monthly Press, 2007 (ISBN 0-87113-975-8)
  • Dahlhaus, Carl (trad. Mary Whittall), Richard Wagner's Music Dramas, Cambridge University Press, 1979 (ISBN 978-0-521-22397-3)
  • Dallas, Ian, The New Wagnerian, Freiburg Books, 1990 (ISBN 978-84-404-7475-9)
  • Deathridge, John, Wagner Beyond Good and Evil, Berkeley, 2008 (ISBN 978-0-520-25453-4)
  • De Decker, Jacques, Wagner, Gallimard, coll. ¬ę Folio Biographie ¬Ľ, 2010 (ISBN 2070346994)
  • Gregor-Dellin, Martin, Richard Wagner ‚ÄĒ His Life, His Work, His Century, Harcourt, 1983 (ISBN 978-0-15-177151-6)
  • Grey, Thomas S., The Cambridge Companion to Wagner, Cambridge University Press, 2008 (ISBN 978-0-521-64439-6)
  • Gutman, Robert W., Wagner ‚ÄĒ The Man, His Mind and His Music, Harvest Books, 1990 (ISBN 978-0-15-677615-8)
  • Katz, Jacob, The Darker Side of Genius: Richard Wagner's Anti-Semitism, Hanover and London, 1986 (ISBN 0-87451-368-5)
  • Kershaw, Ian, Hitler 1889-1936: Hubris, Penguin, 1999 (ISBN 0-14-028898-8)
  • Lee, M. Owen, Wagner: The Terrible Man and His Truthful Art, University of Toronto Press, 1998 (ISBN 978-0-8020-4721-2)
  • Magee, Bryan, The Tristan Chord: Wagner and Philosophy, Metropolitan Books, 2001 (ISBN 978-0-8050-7189-4)
  • Magee, Bryan, Aspects of Wagner, Oxford University Press, 1988(ISBN 978-0-19-284012-7)
  • May, Thomas, Decoding Wagner, Amadeus Press, 2004 (ISBN 978-1-57467-097-4)
  • Millington, Barry (ed.), The Wagner Compendium: A Guide to Wagner's Life and Music, Thames and Hudson Ltd., London, 1992 (ISBN 0-02-871359-1)
  • Newman, Ernest, The Life of Richard Wagner, 1933, 4 vol. (ISBN 978-0-685-14824-2) (the classic biography, superseded by newer research but still full of many valuable insights)
  • Nicholson, Christopher, Richard and Adolf: Did Richard Wagner incite Adolf Hitler to commit the Holocaust?, Gefen Publishing House, 2007 (ISBN 978-965-229-360-2)
  • Rose, Paul Lawrence, Wagner:Race and Revolution, London 1996 (ISBN 0-571-17888-X)
  • Runciman, J.F., Wagner, 1913 [lire en ligne (page consult√©e le 14 f√©vrier 2011)]
  • Salmi, Hannu, Wagner and Wagnerism in Nineteenth-Century Sweden, Finland, and the Baltic Provinces: Reception, Enthusiasm, Cult, Eastman Studies in Music, University of Rochester Press, 2005 (ISBN 978-1-58046-207-5)
  • Salmi, Hannu, Imagined Germany. Richard Wagner's National Utopia, Peter Lang Publishing, 2000 (ISBN 978-0-8204-4416-1)
  • Scruton, Roger, Death-Devoted Heart: Sex and the Sacred in Wagner's 'Tristan and Isolde', Oxford University Press, 2003 (ISBN 978-0-19-516691-0)
  • Shaw, George Bernard, The Perfect Wagnerite, 1898
  • Spencer, Stewart, Wagner Remembered, Faber and Faber, 2000 (ISBN 978-0-571-19653-1)
  • Stone, M., The Ring Disc: An Interactive Guide to Wagner's Ring Cycle, Media Cafe, 1997 (ISBN 978-0-9657357-0-4)
  • Tanner, M., Wagner, Princeton University Press, 1995 (ISBN 978-0-691-10290-0)
  • Wagner, Cosima (trad. Geoffrey Skelton), Diaries, 2 vol. (ISBN 978-0-15-122635-1)
  • Wagner, Richard (ed. et trad. Stewart Spencer et Barry Millington), Selected Letters of Richard Wagner, Dent, 1987 (ISBN 0-460-04643-8); W. W. Norton and Company, 1987. (ISBN 978-0-393-02500-2)
  • Wagner, Richard (trad. Andrew Gray),My Life, Da Capo Press, 1992 ISBN 978-0-306-80481-6 (Wagner's often unreliable autobiography, covering his life to 1864, written between 1865 and 1880 and first published privately in German in a small edition between 1870 and 1880. The first (edited) public edition appeared in 1911. Gray's translation is the most comprehensive available.)
  • Wagner's Ring Motifs, An Audio Guide, traduit par Stewart Spencer, Auricula (ISBN 978-3-936196-05-4)

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a, b, c et d Richard Wagner √©mission Deux mille ans d'Histoire sur France Inter, le 17 janvier 2011
  2. ‚ÜĎ Revue Musicale de Suisse Romande - N¬į54/3 (septembre 2001)
  3. ‚ÜĎ Wikisource, Richard Wagner, sa vie et ses Ňďuvres, par Houston Stewart Chamberlain, 1900.
  4. ‚ÜĎ Manfred Kelkel, Jean-Jacques Velly, Le dessous des notes : voies vers l'√©sosth√©tique , √©d. Presses Paris Sorbonne, 2001, p.60
  5. ‚ÜĎ Le monde comme volont√© et comme repr√©sentation, Livre III
  6. ‚ÜĎ Le monde comme volont√© et comme repr√©sentation
  7. ‚ÜĎ Qui sera reprise au 17 e Congr√®s Mondial du V√©g√©tarisme en 1957 IVU
  8. ‚ÜĎ K√∂nigliches Hof- und Nationaltheater
  9. ‚ÜĎ Nationaltheater
  10. ‚ÜĎ K√∂nigliches S√§chsisches Hoftheater
  11. ‚ÜĎ K√∂nigliches S√§chsisches Hoftheater
  12. ‚ÜĎ K√∂nigliches S√§chsisches Hoftheater
  13. ‚ÜĎ Gro√üherzogliches Hoftheater
  14. ‚ÜĎ K√∂nigliches Hof- und Nationaltheater
  15. ‚ÜĎ K√∂nigliches Hof- und Nationaltheater
  16. ‚ÜĎ L'ordre des diff√©rentes parties de la T√©tralogie est ici celui de leur composition, tandis que l'√©criture de leur livret a eu lieu dans l'ordre parfaitement inverse.
  17. ‚ÜĎ K√∂nigliches Hof- und Nationaltheater
  18. ‚ÜĎ K√∂nigliches Hof- und Nationaltheater
  19. ‚ÜĎ Palais des festivals
  20. ‚ÜĎ Palais des festivals
  21. ‚ÜĎ Palais des festivals
  22. ‚ÜĎ Source : jaquette du CD vol. II (R√©f. : 313 062 H1) de l'int√©grale des Ňďuvres pour piano de Richard Wagner, piano et pr√©sentation de Stephan M√∂ller.
  23. ‚ÜĎ ¬ę Sans doute lui [Adolf Wagner] parla-t-il de Shakespeare d'une mani√®re fort vivante, car Richard (Wagner) vit son idole en r√™ve. Avec le temps, Beethoven s'ajouta √† Shakespeare. ¬Ľ Richard Wagner, page 60, Martin Gregor -Dellin, Fayard.
  24. ‚ÜĎ A ce propos, on peut lire ¬ę Wagner librettiste ¬Ľ dans Wagner guide raisonn√©, Barry Millington, √©ditions Fayard.
  25. ‚ÜĎ Sur la question des apports dus √† Wagner sur le plan technique, on peut lire dans Histoire de la musique II vol.1 follio essais l'article de M. Beaufils, notamment pages 608 √† 618.
  26. ‚ÜĎ Lire √† ce propos dans Guide de la th√©orie de la musique fayard. Henry Lemoine, page 310-311 ¬ę Le choc de Tristan ¬Ľ.
  27. ‚ÜĎ
  28. ‚ÜĎ Textes r√©unis par Gustave Samazeuilh : I.- Naissance de ma foi wagn√©rienne, extrait de Richard Wagner et son Ňďuvre po√©tique, Charavay, 1882 ; II.-S√©jour √† Lucerne et √† M√ľnich (1869), texte de Le Troisi√®me Rang du Collier ; III. - Lucerne (1870) - Bayreuth (1876-1881), extraits de Richard Wagner et son Ňďuvre po√©tique, Charavay, 1882 ; IV. - Histoire d'une collaboration, texte de l'article Les Grandes et Petites Querelles de Richard Wagner.
  29. ‚ÜĎ R√©√©dition des Souvenirs aux √Čditions Le Castor Astral avec une pr√©sentation et des notes de Christophe Looten, 1992 (ISBN 978-2-8592-0203-3).
  30. ‚ÜĎ Friedlind Wagner, n√©e en 1918, est sŇďur de Wieland et Wolfgang Wagner.
  31. ‚ÜĎ Wolf Siegfried Wagner, n√© en 1943, est le deuxi√®me enfant de Wieland Wagner.
  32. ‚ÜĎ Gottfried Wagner, n√© en 1947, est le deuxi√®me enfant de Wolfgang Wagner.


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