Revolte du papier timbre

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Revolte du papier timbre

Révolte du papier timbré

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bonnet rouge.
Un exemple d'un des premiers actes produit sur papier timbré à Quimperlé (9 avril 1674, inventaire aprÚs décÚs rédigé par la juridiction de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé)

La RĂ©volte du papier timbrĂ© est une rĂ©volte antifiscale d’Ancien RĂ©gime, qui s’est produite dans l’ouest de la France, sous le rĂšgne de Louis XIV (d’avril Ă  septembre 1675). La rĂ©volte eut plus d’ampleur en Basse-Bretagne, notamment en prenant un tour antiseigneurial sous le nom spĂ©cifique de rĂ©volte des Bonnets rouges. Elle est dĂ©clenchĂ©e par une hausse des taxes, dont celle sur le papier timbrĂ©, nĂ©cessaire pour les actes authentiques.

Elle est appelĂ©e rĂ©volte des Bonnets rouges pour sa partie bretonne, car certains insurgĂ©s portaient des bonnets bleus ou rouges selon la rĂ©gion, et Ă©galement « rĂ©volte des Torreben Â» (« casse-lui la tĂȘte[1],[2],[3] Â»), un cri de guerre qui sert Ă©galement de signature dans un des codes paysans.

Sommaire

Contexte

La guerre de Hollande

Louis XIV dĂ©clare la guerre aux Provinces-Unies en 1672. Mais, contrairement Ă  la guerre de DĂ©volution, aprĂšs une progression rapide, l’armĂ©e française est stoppĂ©e par les inondations volontaires des Hollandais, et la guerre s’éternise.

La flotte hollandaise menace les cĂŽtes françaises, et notamment la Bretagne, en croisant sur ses cĂŽtes en avril-mai (aprĂšs une descente sur Belle-Île en 1673 et une autre sur Groix en 1674[4]), ce qui gĂȘne le commerce breton.

Pour financer la guerre, de nouveaux impĂŽts sont levĂ©s :

  • d’abord une taxe sur le papier timbrĂ©, en avril 1674, papier rendu obligatoire pour tous les actes susceptibles d’ĂȘtre utilisĂ©s en justice (dont les testaments, contrats de vente et accessoirement, les registres d’état-civil), ce qui augmente le prix des actes pour les particuliers, tout en risquant de diminuer le nombre d’affaires pour les professionnels, d’oĂč un mĂ©contentement gĂ©nĂ©ral ;
  • le 27 septembre 1674, la vente de tabac est rĂ©servĂ©e au roi, qui prĂ©lĂšve une taxe et en afferme la vente. Les personnes autorisĂ©es Ă  revendre le tabac (fermiers et commis) rachĂštent les stocks aux commerçants qui en vendaient auparavant. La rĂ©organisation des circuits de vente entraine une interruption temporaire de la distribution de tabac Ă  fumer et Ă  chiquer, d’oĂč une autre source de mĂ©contentement ;
  • Ă  la mĂȘme pĂ©riode, une nouvelle taxe frappe tous les objets en Ă©tain (mĂȘme achetĂ©s longtemps avant), ce qui mĂ©contente les paysans aisĂ©s, ainsi que les cabaretiers qui rĂ©percutent la taxe, d'oĂč une forte hausse sur les prix des consommations ;
  • enfin, une autre taxe, touchant moins de monde, oblige les roturiers possĂ©dant un fief noble Ă  verser une taxe tous les vingt ans.

Situation en Bretagne

Ces nouveaux impĂŽts et ces menaces s’ajoutent Ă  une situation Ă©conomique difficile en Bretagne.

La Bretagne est alors trĂšs peuplĂ©e (environ 10 % de la population du royaume), et Ă©pargnĂ©e par les disettes et les Ă©pidĂ©mies depuis les annĂ©es 1640[5]. Dans les annĂ©es 1660-1670, elle entre dans une phase de difficultĂ©s Ă©conomiques, largement liĂ©es aux premiers effets de la politique de guerre Ă©conomique de Louis XIV, de l'augmentation sensible et simultanĂ©e des impĂŽts, et de faiblesses structurelles [6] : par exemple, diminution des deux tiers du commerce du vin et des toiles d’aprĂšs le duc de Chaulnes (surnommĂ© an hoc'h lart : le gros cochon, en breton[7] ), gouverneur de Bretagne[8], les revenus issus de la terre (fermages) diminuent eux aussi d’un tiers, entrainant une dĂ©flation gĂ©nĂ©ralisĂ©e, exceptĂ©e des offices[9].

Le systĂšme du domaine congĂ©able, qui rĂ©git les rapports d'une partie des paysans cultivant la terre et possesseurs, est mis en cause par certains historiens : archaĂŻque, il conduit Ă  une absence d’investissement et d’amĂ©liorations des mĂ©thodes de culture, aussi bien de la part des paysans que des seigneurs[10]. Ceux-ci, par contre, devant la baisse de leurs revenus depuis 1670, exigent de façon plus pointilleuse leurs autres droits (voir rĂ©action seigneuriale). Ainsi, en 1668, le paiement des servis est refusĂ© dans la rĂ©gion de Carhaix, Ă  Penfrat-Saint-Hernin[11].

Le rĂŽle du systĂšme foncier et fiscal est contestĂ© par Jean Meyer[12] : la superposition de la carte de la rĂ©volte avec les rĂ©gions de domaine congĂ©able est « douteuse Â». On peut en effet remarquer que des paroisses hors domaine congĂ©able se soulĂšvent, alors que d'autres, qui en font partie, ne se soulĂšvent pas. La suppression du systĂšme n'est pas abordĂ©e dans les codes qui nous sont parvenus.

La rĂ©volte est trĂšs souvent menĂ©e par des femmes. À cette Ă©poque, la lĂ©gislation royale est de plus en plus draconienne Ă  l'encontre des femmes, tous leurs droits sont diminuĂ©s, aussi bien leurs droits Ă©conomiques que civils (elle ne peuvent plus choisir leur Ă©poux par exemple)[13]. Ceci heurte dans un pays oĂč la femme occupe traditionnellement une place trĂšs importante, et on en trouve mention dans les codes paysans.

Enfin la Bretagne est un Pays d'États, oĂč l’impĂŽt sur le sel, la gabelle n'existe pas, et oĂč les nouveaux impĂŽts doivent ĂȘtre acceptĂ©s par les États depuis l’acte d'Union de la Bretagne Ă  la France. En 1673, les États avaient, outre un don gratuit de 2,6 millions de livres, achetĂ© la suppression de la Chambre des domaines (qui privaient certains nobles de droit de justice) pour la mĂȘme somme[14] et rachetĂ© les Ă©dits royaux instituant les nouveaux impĂŽts, plus diverses autres dĂ©penses en faveur du pouvoir royal pour un total Ă©norme de 6,3 millions de livres[15]. Un an aprĂšs, les mĂȘmes Ă©dits sont rĂ©tablis, sans consultation des États[16]. Et c'est par le Parlement de Bretagne que Louis XIV fait enregistrer la taxe sur le papier timbrĂ© en aoĂ»t 1673, et la taxe sur le tabac en novembre 1674 [17], au mĂ©pris des « libertĂ©s bretonnes Â» (c'est ainsi que les Bretons de l'Ă©poque appelaient leurs privilĂšges en vertu du traitĂ© d'union de la Bretagne Ă  la France[18]).

Les nouvelles taxes touchent plus les paysans et le petit peuple des villes que les privilĂ©giĂ©s[19], et font craindre une introduction de la gabelle. Tout cela crĂ©e un large front de mĂ©contentement contre la brutalitĂ© inĂ©dite de l'État royal[20].

DĂ©roulement

Émeutes urbaines

Le soulĂšvement dĂ©bute Ă  Bordeaux : du 26 au 30 mars, la ville est aux mains des Ă©meutiers. Les garnisons insuffisantes empĂȘchent CĂ©sar d’Albret, gouverneur de la ville, de rĂ©tablir l’ordre, les bourgeois refusent la levĂ©e des milices. À partir du 29, les paysans des environs arrivent Ă  Bordeaux pour prĂȘter main-forte aux Ă©meutiers. Le parlement de Bordeaux rend un arrĂȘt de suspension des nouvelles taxes sous la pression populaire. La nouvelle atteint rapidement Rennes et Nantes qui se soulĂšvent dĂ©but avril ; d’autres villes du sud-ouest se soulĂšvent Ă©galement pour les mĂȘmes raisons (Ă©meutes Ă  Bergerac les 3 et 4 mai[21], etc.). Le 6 avril, le roi fait une dĂ©claration d’amnistie pour les Ă©meutes de Bordeaux, son gouverneur n’ayant pas les moyens de reprendre la ville en main.

En Bretagne, les Ă©meutes urbaines rĂ©ellement spontanĂ©es se limitent aux deux grandes villes, Rennes et Nantes[22]. Partout le schĂ©ma est le mĂȘme : les bureaux de papier timbrĂ© ou de marquage de la vaisselle en Ă©tain sont pillĂ©s, des affrontements ont lieu au cri de « Vive le roi sans la gabelle ! Â». Un premier soulĂšvement a lieu Ă  Rennes le 3 avril, mais le calme est vite ramenĂ© par le procureur au Parlement. Une nouvelle Ă©meute a lieu le 18 avril (au moins dix morts), qui se propage le lendemain Ă  Saint-Malo, oĂč les troubles sont « lĂ©gers Â» d'aprĂšs Auguste Dupouy[23], ce qu'il explique par le fait que « les Terre-Neuvas Ă©taient partis ou en partance Â», puis le 23 Ă  Nantes, et Ă  nouveau le 3 mai Ă  Rennes et Nantes. D'autres villes sont touchĂ©es : Guingamp, FougĂšres, Dinan, Morlaix[24].

Les milices bourgeoises sont peu fiables, et passent quelquefois Ă  l’émeute. Le 8 juin, les troupes envoyĂ©es pour ramener le calme provoquent la colĂšre de Nantes (sous l’Ancien RĂ©gime, toute troupe est logĂ©e chez l’habitant, Ă  sa charge : or, Nantes comptait parmi ses privilĂšges l’exemption du logement des gens de guerre), durant trois jours (9 au 11 juin) : le duc de Chaulnes est assiĂ©gĂ© dans son manoir, mais donne l’ordre de ne pas tirer, puis fait Ă©vacuer les troupes. Il subit des humiliations si importantes (insultes, absence de possibilitĂ© de rĂ©action, l’évĂȘque est pris en otage et Ă©changĂ© contre une Ă©meutiĂšre prisonniĂšre le 3 mai) qu’il cache, Ă  partir de la fin juin, la rĂ©alitĂ© de l’agitation au roi dans ses rapports[25]. Une derniĂšre fois, le bureau du papier timbrĂ© est mis Ă  sac le 19 juillet Ă  Rennes.

Soulùvement dans l’Ouest de la Bretagne

L’exemple des villes est suivi, Ă  partir du 9 juin, par les campagnes de Basse-Bretagne : la rĂ©volte connaĂźt plusieurs foyers, de la baie de Douarnenez Ă  Rosporden, Briec et ChĂąteaulin. Les 3-4 juillet, la rĂ©volte atteint les environs de Daoulas et Landerneau, le 6 elle est aux alentours de Carhaix, le 12 de Brasparts Ă  Callac et Langonnet[26], et une derniĂšre vague se manifeste les 27-28 aux alentours du FaouĂ«t, Ă  LanvĂ©nĂ©gen par exemple, Ă  l'occasion du pardon de Saint-Urlo. Les villes ne participent pas, mais sont attaquĂ©es : Pontivy est prise le 21 "par 2000 paysans qui absorbent ou rĂ©pandent le contenu de 400 muids de la ferme des devoirs", mais dĂ©livrĂ©e "par ses bourgeois" le 21 juin [27] ; le duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne, est obligĂ© de s’abriter Ă  Port-Louis.

Les paysans se rĂ©voltent lorsque se rĂ©pand le bruit que la gabelle va ĂȘtre introduite dans la province. La jacquerie Ă©clate au milieu de la zone du domaine congĂ©able, prĂ©cisĂ©ment lĂ  oĂč ce rĂ©gime est le plus dur[28]. Le duc de Chaulnes reconnaĂźt que « les seigneurs chargent beaucoup [les paysans] Â». Les chĂąteaux sont assiĂ©gĂ©s et pillĂ©s, ainsi que les bureaux du papier timbrĂ© ou des devoirs (taxe sur les boissons), les nobles attaquĂ©s et tuĂ©s (le bilan est difficile Ă  Ă©tablir).

Le maximum de violence est atteint fin juillet-dĂ©but aoĂ»t dans le Poher, oĂč Carhaix et Pontivy, villes non-fortifiĂ©es, sont attaquĂ©es et pillĂ©es. Les paysans sont commandĂ©s dans cette rĂ©gion par un notaire, SĂ©bastien Le Balp. DĂ©but septembre, il investit et pille, avec 600 Bonnets rouges, le chĂąteau du Tymeur et en brĂ»le tous les papiers et archives. Il est tuĂ© par surprise d'un coup d'Ă©pĂ©e par Charles Maurice de Percin, marquis de Montgaillard, son prisonnier, la nuit du 3 septembre, la veille du soulĂšvement gĂ©nĂ©ral prĂ©vu. Sa mort met fin Ă  l'insurrection.

Ces violences permettent de faire signer aux nobles l'abandon de certaines taxes ; l’abbaye de Langonnet est aussi contrainte de revoir Ă  la baisse ses redevances en nature et en numĂ©raire[29].

Les codes revendicatifs

Article dĂ©taillĂ© : Code paysan.

Les paysans rĂ©voltĂ©s Ă©tablissent des codes et rĂšglements, sous plusieurs noms (code paysan, pessovat – ce qui est bon –...). On en connaĂźt 8. Ils prĂ©figurent, par leur contenu, les cahiers de dolĂ©ances de la RĂ©volution française. Le RĂšglement des 14 paroisses, probablement Ă©tabli Ă  l'Ă©glise Notre-Dame de TrĂ©minou, est le plus connu. Il semble prendre la place de diffĂ©rents textes antĂ©rieurs[30]. RĂ©digĂ© en français, il engage les habitants de quatorze paroisses et doit ĂȘtre affichĂ© aux carrefours et lu lors des sermons du dimanche (comme les proclamations royales). Il ne remet pas en cause le rĂ©gime politique, mais demande que les paysans soient reprĂ©sentĂ©s aux États de Bretagne (article 1); appelle au retour au calme et Ă  la fin des violences (articles 2 et 3), mais la ville de Quimper et les paroisses environnantes sont menacĂ©es de blocus si elles ne ratifient pas le code (article 13) ; au nom de la libertĂ© armorique, il proclame l’abolition des droits de champart et corvĂ©e prĂ©tendus par les gentilhommes (article 4), mesures des plus audacieuses, le champart Ă©tant la principale ressource des seigneurs ; cet article reflĂšte aussi la dĂ©gradation rĂ©cente de la situation paysanne devant l’augmentation des exigences seigneuriales, allant au-delĂ  du droit et des coutumes[31]. Dans les articles suivants (6 Ă  9), les demandes sont surtout anti-fiscales, une exigence de justice et d’arrĂȘt des abus est faite, mais dans le cadre de la justice seigneuriale (article 10), donc sans remise en cause du systĂšme existant. L’article 5 demande mĂȘme des mariages mixtes entre nobles et paysans, avec le droit pour les femmes nobles de choisir leur mari (le droit des femmes Ă  choisir leur mari avait Ă©tĂ© aboli sous le rĂšgne de Louis XIV). L'article 11 est Ă©galement notable, avec une demande d'interdiction de la chasse entre le 1er mars et la mi-septembre.

Reprise en main et répression

Toutes les villes fortifiĂ©es forment autant d’ülots de rĂ©sistance (Concarneau, Pont-l'AbbĂ©, Quimper, Rosporden, Brest et Guingamp). Dans cette derniĂšre ville, trois Ă©meutiers, dont une femme, sont pendus[32]. La « punition Â» commence Ă  Nantes, oĂč les troupes sĂ©journent trois semaines, et oĂč le meneur Goulven SalaĂŒn, un valet de cabaret bas-breton, est pendu. Les missionnaires, notamment Julien Maunoir et les jĂ©suites sont aussi utilisĂ©s, et font hĂ©siter de nombreux paysans, ce qui permet d’attendre l’arrivĂ©e de troupes venues d'Allemagne, celles-lĂ  mĂȘme qui ont exercĂ©, l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente, sur ordre de Turenne, le premier ravage du Palatinat. Elles arrivent fin aoĂ»t, et opĂšrent Ă  partir d’Hennebont et QuimperlĂ©. À Combrit, 14 paysans sont pendus au mĂȘme chĂȘne [33]. Les chefs capturĂ©s sont exĂ©cutĂ©s aprĂšs avoir Ă©tĂ© torturĂ©s. La campagne dure tout le mois de septembre.

En France, dans l’Aquitaine et la Gascogne, l’arrivĂ©e des troupes et leur sĂ©jour de quelques semaines suffit gĂ©nĂ©ralement Ă  ramener le calme. À Bordeaux, le parlement revient sur son arrĂȘt de suspension des taxes le 18 novembre : la ville est punie par l’obligation d’accueillir dix-huit rĂ©giments durant l’hiver (les soldats et les officiers Ă©taient logĂ©s chez l’habitant, Ă  la charge complĂšte de la ville[34]), ce qui aurait coĂ»tĂ© prĂšs d’un million de livres Ă  la ville[35]. De plus, le chĂąteau Trompette est agrandi et sa garnison augmentĂ©e, ce qui augmente le pouvoir symbolique et militaire du roi sur la ville, qui voit par ailleurs la porte Sainte-Croix (au sud de la ville) dĂ©truite. Autre mesure symbolique : les cloches des Ă©glises Saint-Michel et Sainte-Eulalie sont confisquĂ©es

Exemple de clocher dĂ©capitĂ© : ici la chapelle de Languivoa.

En Bretagne, le bilan de la rĂ©pression est difficile Ă  chiffrer, en effet le roi ordonne la destruction de toutes les archives judiciaires concernant la rĂ©bellion et, de ce point de vue, cette rĂ©pression reste la moins connue de toutes les grandes rĂ©bellions du XVIIIe siĂšcle[36], et aucune Ă©tude de fond sur le sujet n'a Ă©tĂ© menĂ©e. Dans le pays Bigouden, une mesure de rĂ©pression est encore visible : six clochers d'Ă©glises et chapelles sont dĂ©capitĂ©s[37].

Pour Delumeau, la promesse d’amnistie est assez largement appliquĂ©e et la rĂ©pression reste mesurĂ©e et moins de 80 des chefs passĂšrent en justice[38], le duc de Chaulnes ne croyant pas Ă  l'efficacitĂ© d'une rĂ©pression fĂ©roce[39]. De nombreuses personnes recherchĂ©es s’enfuient Ă  Paris ou Ă  Jersey. La rĂ©pression est Ă©galement peut-ĂȘtre moins forte que souhaitĂ©e par crainte de l'isolement des soldats en pays de bocage[40]. D’autres auteurs, s’appuyant sur d'autres Ă©lĂ©ments [41], jugent que la rĂ©pression a Ă©tĂ© fĂ©roce. C’est le cas de J. Cornette[42], c'est Ă©galement le cas de Garlan et NiĂšres (1975), dans leur conclusion revue en 2004[43].

Les principaux responsables sont envoyés devant une commission extraordinaire du parlement, les présidiaux pouvant juger exceptionnellement en dernier ressort, ce qui aboutit à de rapides condamnations à mort. DÚs octobre 1676, des condamnations aux galÚres[44] et à la peine de mort[45] sont prononcées envers les responsables.

Les communautĂ©s villageoises sont sommĂ©es de livrer les meneurs sous peine de reprĂ©sailles collectives, les cloches ayant sonnĂ© le tocsin sont dĂ©posĂ©es et plusieurs Ă©glises sont dĂ©capitĂ©es avec interdiction de les remonter [46]. Le 12 octobre, le duc de Chaulnes entre Ă  Rennes, avec 6 000 hommes, logĂ©s chez l’habitant (voir dragonnades) : durant un mois, la ville subit les violences de la troupe, puis d’autres prennent leurs quartiers d’hiver. Les habitants de la rue Haute sont expulsĂ©s, un tiers de la rue est dĂ©molie. Le parlement est exilĂ© Ă  Vannes le 16 octobre (exil qui dure jusqu’en 1690 et ne peut retourner Ă  Rennes que contre un subside extraordinaire au roi de 500 000 livres[47], tout comme le parlement de Bordeaux, exilĂ© Ă  Condom le 22 novembre, puis Ă  Marmande et La RĂ©ole (lui aussi ne revient Ă  Bordeaux qu’en 1690)[48]. Toute rĂ©sistance politique Ă  l’absolutisme est annihilĂ©e. Les États de Bretagne acceptent l’annĂ©e suivante une augmentation du don gratuit de 15 %, et toutes les demandes financiĂšres ultĂ©rieures du gouvernement, sans oublier les gratifications aux ministres, en particulier Ă  Colbert et sa famille.

La Bretagne doit subvenir entiĂšrement aux besoins des troupes de rĂ©pression, puis d’une armĂ©e de 20 000 hommes (ce dernier point en reprĂ©sailles aux dolĂ©ances des États de novembre 1675)[49].

Le 5 février 1676 (enregistré le 2 mars par le Parlement), Louis XIV accorde son amnistie, avec plus de 150 exceptions réparties dans presque toute la Basse-Bretagne (voir le document:Liste des exceptés de l'amnistie de 1676 en Bretagne).

Les transactions

La rĂ©solution de la rĂ©volte est aussi judiciaire. En juillet 1675, les insurgĂ©s de vingt paroisses de ScaĂ«r Ă  Berrien, avaient assiĂ©gĂ© et pillĂ© le chĂąteau du KergoĂ«t, en Saint-Hernin, prĂšs de Carhaix. Le propriĂ©taire, Le Moyne de TrĂ©vigny, seigneur du KergoĂ«t, Ă©tait rĂ©putĂ© liĂ© Ă  ceux qui avaient amenĂ© en Bretagne les impĂŽts du timbre et du tabac. Une transaction entre les paroisses et Le Moyne de TrĂ©vigny est approuvĂ©e par les États de Bretagne en octobre 1679.

En août 1675, sept habitants de Plomeur sont mandatés pour traiter avec Monsieur du Haffont pour le dédommager du pillage de son manoir situé à Plonéour-Lanvern. La transaction aboutit à un accord devant notaire. Un accord semblable est passé avec les habitants de Treffiagat. En juin 1676, les sommes dues sont réduites de moitié. Le mois suivant, des habitants de Plonéour-Lanvern et de Plobannalec sont mis en demeure de fournir 8 tonneaux de grains pour remplacer le blé pillé. En 1692, le fils de Monsieur du Haffont, décédé entre-temps, se plaint de n'avoir toujours pas reçu un sou de dédommagement. D'autres contentieux de ce type traßneront devant les tribunaux jusqu'en 1710 au moins[50].

Bilans historiques

L’ampleur de la rĂ©volte est exceptionnelle pour le rĂšgne de Louis XIV :

« Ce qui se passe (
) est tout bonnement inouĂŻ dans le contexte de l'Ă©poque. Concevables Ă  l'Ă©poque de Louis XIII, les Ă©vĂ©nements ne le sont plus depuis l'arrivĂ©e au pouvoir de Louis XIV, et restent d'ailleurs absolument uniques, Ă  l'Ă©chelle du royaume, entre la Fronde et 1789, si l'on excepte bien entendu le cas trĂšs particulier des camisards cĂ©venols. Â»

— Alain Croix[51]

Durant le rĂšgne de Louis XIV, c’est la rĂ©volte oĂč les autoritĂ©s locales ont le plus laissĂ© faire les Ă©meutiers[52], les particularismes locaux rapprochant Ă©lites et peuple en Bretagne[53]. Ceux-ci sont certes spontanĂ©s, mais s’organisent rapidement, et rallient des groupes de plus en plus larges au sein de la sociĂ©tĂ©. À cĂŽtĂ© du pillage, on observe, ce qui est singulier, des prises d’otages et la rĂ©daction de revendications[52].

Arthur Le Moyne de La Borderie voit dans la rĂ©volte du papier timbrĂ© une rĂ©volte anti-fiscale contre les nouveaux impĂŽts. Il rĂ©cuse par contre les explications et les propos du duc de Chaulnes qui rapporte les « mauvais traitements Â» des gentilshommes bretons envers les paysans. Il explique que la colĂšre des paysans rĂ©voltĂ©s se tournent contre les nobles pour deux raisons : ils constituent pendant longtemps la seule force de maintien de l'ordre disponible dans les campagnes, et leurs chĂąteaux servent de cibles, faute d'agents du fisc[54].

Enfin, il rapproche certaines observations faites en 1675 (« les passions mauvaises, les idĂ©es extrĂȘmes et subversives qui fermentent nĂ©cessairement dans toutes les masses rĂ©voltĂ©es Â» qui en arrivent « au communisme et aux violences contre les prĂȘtres Â») des Ă©vĂ©nements survenus durant la Commune de Paris : « Tant il est vrai que rien n'est nouveau sous le soleil et que les passions populaires, une fois affranchies du frein social, se prĂ©cipitent d'un seul bond au gouffre de la barbarie Â», en citant le curĂ© de Plestin (« Les paysans se croyaient tout permis, rĂ©putaient tous biens communs, et ne respectaient mĂȘme plus leurs prĂȘtres: en certains lieux, ils voulaient les Ă©gorger, en d'autres, les expulser de leurs paroisses Â») : pour lui, la rĂ©volte de 1675 est aussi un Ă©pisode de la lutte des classes.

L’historien soviĂ©tique Boris Porchnev a travaillĂ© essentiellement sur le riche fonds SĂ©guier, qu’il avait Ă  sa disposition Ă  LĂ©ningrad. Il dĂ©crit lui aussi cette rĂ©volte comme anti-fiscale, temps fort de la lutte des classes, mais il en Ă©largit les causes Ă  une rĂ©volte contre les prĂ©lĂšvements des seigneurs fonciers (nobles et ordres religieux). Il propose Ă©galement une analyse patriotique bretonne de ce soulĂšvement en citant un article de N. Ia. Marr[55] qui fait un parallĂšle entre la situation des Bretons en France et les « allogĂšnes Â» caucasiens en Russie tsariste. Boris Porchnev Ă©crit :« Le rattachement dĂ©finitif de la Bretagne Ă  la France, confirmĂ© par les États de Bretagne, avait eu lieu en 1532. Peut-on parler d'asservissement national et de lutte de libĂ©ration nationale des Bretons, Ă©tant donnĂ© que la noblesse bretonne s'Ă©tait dĂ©jĂ  entiĂšrement francisĂ©e et que, au fond, seuls demeuraient Bretons les paysans ? La rĂ©ponse est contenue dans l'Ă©tat actuel du problĂšme breton en France. En dĂ©pit d'une dĂ©nationalisation continue d'une partie des Bretons, ce problĂšme demeure typique des « minoritĂ©s nationales Â» et ne saurait ĂȘtre rĂ©solu dans les conditions d'un rĂ©gime bourgeois Â»[56]. Boris Porchnev conclut : « Nous trouvons justement dans le XVIIe siĂšcle les racines historiques lointaines de cette lutte Â»[57]. Enfin, pour lui, la rĂ©volte de 1675 annonce 1789.

Pour Alain Croix, la rĂ©volte est un affrontement entre la bourgeoisie et ses alliĂ©s d'une part, l'Ancien RĂ©gime d'autre part, comme lors de la RĂ©volution française, « Ă  une Ă©chelle diffĂ©rente. La pression en faveur du changement est modeste en Bretagne, et l'originalitĂ© de la situation de la province l'isole de toute maniĂšre dans le vaste royaume de France : il n'y a d'ailleurs pas ailleurs l'Ă©quivalent des rĂ©voltes de 1675 Â»[58]. Il lie Ă©galement la rĂ©volte aux diffĂ©rences de l’économie bretonne, maritime et ouverte au commerce, et de l’économie française, aux intĂ©rĂȘts continentaux[59].

Roland Mousnier met Ă©galement en avant l’archaĂŻsme du systĂšme seigneurial breton comme cause de la rĂ©volte, qu’il juge essentiellement anti-fiscale[60].

Jean Nicolas note la durée de la révolte, le rapprochement entre élites et peuple en Basse-Bretagne, la formulation de revendications précises[53].

Conséquences à moyen et long terme

Outre la rĂ©duction au silence des États et du parlement, la reprise en main permet Ă©galement l’établissement d’une Intendance de Bretagne (la Bretagne Ă©tait la derniĂšre province Ă  ne pas connaĂźtre cette institution reprĂ©sentante du pouvoir central) que les États de Bretagne avaient jusqu'alors toujours rĂ©ussi Ă  Ă©viter[61].

La Bretagne entiĂšre est ruinĂ©e en 1679 par l'occupation militaire selon les États[62].

En Basse-Bretagne, les zones rĂ©voltĂ©es sont aussi celles qui furent favorables aux Bleus lors de la RĂ©volution française, et qui virent la crise la plus importante des vocations religieuses au XIXe siĂšcle. Elles correspondent Ă©galement aux zones du « communisme rural breton Â», ainsi qu'aux zones oĂč la langue bretonne est la plus vivante[63].

Un pardon, célébré le quatriÚme dimanche de septembre en l'église Notre-Dame de Tréminou, commémore cet épisode de l'histoire bretonne.

L’image des Bonnets rouges de nos jours

Dans les annĂ©es 1970, la rĂ©volte des Bonnets rouges a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e comme une Ă©tape de la lutte du peuple breton pour son Ă©mancipation[64]. C’est dans cette optique « rĂ©gionaliste Â» que se situe la piĂšce de thĂ©Ăątre de Paol Keineg, Le Printemps des Bonnets rouges (1975). Le Parti communiste organise une fĂȘte Ă  Carhaix afin de cĂ©lĂ©brer le tricentenaire de la rĂ©volte.

En dĂ©cembre 2005, le prĂ©fet du FinistĂšre refuse l'installation d'un panneau touristique[65], prĂ©sentant la ville de Carhaix, sur le bord de la route nationale, au motif qu’il s’y trouve la reprĂ©sentation d'un insurgĂ© de la RĂ©volte des Bonnets rouges.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Jean BĂ©renger. La rĂ©volte des Bonnets rouges et l’opinion internationale, article paru dans Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, tome LXXXII, n°4, 1975, p 443-458
  • LĂ©on de la BriĂšre, Madame de SĂ©vignĂ© en Bretagne, Éditions Hachette, Paris, 1882;
  • Serge Duigou, La RĂ©volte des Bonnets rouges en pays bigouden, Éditions Ressac, Quimper, 1989;
  • Serge Duigou, Les Coiffes de la rĂ©volte, Éditions Ressac, Quimper, 1997.
  • Serge Duigou, La RĂ©volte des pĂȘcheurs bigoudens sous Louis XIV, Éditions Ressac, Quimper, 2006.
  • Yves Garlan et Claude NiĂšres, Les RĂ©voltes bretonnes de 1675, Éditions Sociales, Paris, 1975;
  • (br) Loeiz Herrieu et autres, IstoĂ©r Breih pe Hanes ar Vretoned, Dihunamb, Lorient, 1910, 377 p. (pages 247 Ă  250).
  • Charles Le Goffic, Les Bonnets rouges, La DĂ©couvrance, 2001;
  • Emmanuel Le Roy Ladurie, « RĂ©voltes et contestations dans la France rurale de 1675 Ă  1789 Â», Annales ESC, 1974-1
  • Jean Lemoine, La RĂ©volte du Papier timbrĂ© ou des Bonnets rouges, Plihon, Rennes, H. Champion, Paris, 1898;
  • Jean Meyer et Roger Dupuy, « Bonnets rouges et blancs bonnets Â», Annales de Bretagne et de s Pays de l'Ouest, 1975-4
  • (br) Ober, Istor Breizh betek 1790 ;
  • Armand Puillandre, SĂ©bastien Le Balp - Bonnets rouges et papier timbrĂ©, Éditions Keltia Graphic- Kan an Douar, Landelo-Speied, 1996.
  • Pour resituer un cadre plus gĂ©nĂ©ral, voir Roland Mousnier, Fureurs paysannes, Paris : 1967, ou Jean Nicolas, La RĂ©bellion française. Mouvements populaires et conscience sociale (1661-1789), Paris : Seuil, 2002.

Sources

  • Boris Porchnev, Les buts et les revendications des paysans lors de la rĂ©volte bretonne de 1675, paru dans Les Bonnets rouges, Union GĂ©nĂ©rale d'Éditions (collection 10/18), Paris, 1975 ;
  • Arthur Le Moyne de La Borderie, La RĂ©volte du Papier TimbrĂ© advenue en Bretagne en 1675, rĂ©Ă©ditĂ© dans Les Bonnets Rouges, Union GĂ©nĂ©rale d'Éditions (collection 10/18), Paris, 1975 ;
  • JoĂ«l Cornette. Histoire de la Bretagne et des Bretons, tome 1, Paris : Seuil, 2005.
  • James B. Collins, La Bretagne dans l'État royal, Presses universitaires de Rennes, 2006.

Notes

  1. ↑ Garland (Yvon) et NyĂšres (Claude), Les RĂ©voltes bretonnes. RĂ©bellions urbaines et rurales au XVIIe siĂšcle, p. 75 : « le mot breton torr e benn signifie « casse-lui la tĂȘte Â» ; on se servait pour cela du bĂąton Ă  grosse tĂȘte appelĂ© penn bazh Â»
  2. ↑ JoĂ«l Cornette, dans son Histoire de la Bretagne et des Bretons, tome 1, Paris : Seuil, 2005, traduit par « Casse-tĂȘte Â» ; mais p 615, il donne une autre traduction avec « c'est-Ă -dire sous peine d'avoir la tĂȘte cassĂ©e Â»
  3. ↑ Traduction reprise Ă©galement par Jean Nicolas, dans La rĂ©bellion française : mouvements populaires et conscience sociale, 1661-1789, Paris : Gallimard, 2008, collection Folio Histoire. 1re Ă©dition 2002. ISBN 978-2-07-035971-4. p 254
  4. ↑ Jean Delumeau. Histoire de la Bretagne. Toulouse : Éditions Privat, 1969, rĂ©Ă©ditĂ© en 2000. p 292
  5. ↑ Alain Croix. La Bretagne aux XVIe et XVIIe siĂšcles, p. 283-350
  6. ↑ Croix (Alain), article « Bonnets rouges Â» in Dictionnaire du patrimoine breton (sous la direction d'Alain Croix et Jean-Yves Veillard), Éditions ApogĂ©e, 2000, p.152
  7. ↑ (br)IstoĂ©r Breih pe hanes ar Vretoned (p. 248)
  8. ↑ Depping. Correspondance administrative sous le rùgne de Louis XIV. Paris, 180, tome 1 p 498
  9. ↑ Yves Garlan et Claude NiĂšres, Les RĂ©voltes bretonnes de 1675, Éditions Sociales, Paris, 1975, p 26-27
  10. ↑ JoĂ«l Cornette, op. cit., p. 229
  11. ↑ Jean Nicolas, La rĂ©bellion française..., p 254
  12. ↑ Jean Meyer et R. Dupuy, « Bonnets rouges et blancs bonnets Â», Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, Tome 82, 1975, pp. 405-426
  13. ↑ J.B. Collins, p. 308
  14. ↑ Cornette, p 606
  15. ↑ James B. Collins, p. 242.
  16. ↑ Histoire de la Bretagne et des pays celtiques, Skol Vreizh, tome 3, p. 104.
  17. ↑ Croix (Alain), L'Âge d'or de la Bretagne, Ouest-France UniversitĂ©, 1993, p. 521
  18. ↑ Voir James B. Collins, p. 180, et textes des codes paysans.
  19. ↑ Collectif, Histoire de la Bretagne et des pays celtiques, Skol Vreizh, tome 3, p. 104.
  20. ↑ J. Cornette, op. cit., p. 607
  21. ↑ Charles Durand. La rĂ©volte du papier timbrĂ© advenue Ă  Bergerac en 1675, paru dans Bulletin de la sociĂ©tĂ© historique et archĂ©ologique du PĂ©rigord, tome XXI (1894), p 389-404
  22. ↑ Jean Delumeau. Histoire de la Bretagne, p 291
  23. ↑ Auguste Dupouy, Histoire de Bretagne, p. 262, Éditions Boivin, 1932, rĂ©Ă©ditĂ© par Éditions Calligrammes, Quimper, et Éditions Ar Morenn, Le Guilvinec, 1983
  24. ↑ (br)IstoĂ©r Breih pe hanes ar Vretoned (p. 249)
  25. ↑ Olivier Chaline. op. cit., p 323-324
  26. ↑ Le 14 juillet, le tambour rassembla les paroissiens de Langonnet qui marchĂšrent sur l'abbaye Ă  la suite de quelques exaltĂ©s, bien dĂ©cidĂ©s Ă  exiger du seigneur abbĂ© levĂ©e de tous ses droits sur la population. Les moines jugĂšrent prudent de signer une transaction avec leurs vassaux, et l'orage fut apaysĂ©, Henri Guiriec, La RĂ©gion de l'EllĂ© -Bas et Haut EllĂ©, p.75
  27. ↑ Auguste Dupouy, Histoire de Bretagne, p. 265, Éditions Boivin, 1932, rĂ©Ă©ditĂ© par Éditions Calligrammes, Quimper, et Édtions Ar Morenn, Le Guilvinec, 1983
  28. ↑ JoĂ«l Cornette, Histoire de la Bretagne et des Bretons, tome 1, p 612
  29. ↑ Jean Nicolas, La RĂ©bellion française..., p 256
  30. ↑ Garlan & NiĂšres, Les rĂ©voltes bretonnes p. 70-78
  31. ↑ JoĂ«l Cornette, Histoire de la Bretagne et des Bretons, tome 1, p 618
  32. ↑ La rĂ©volte du papier timbrĂ© advenue en Bretagne en 1675
  33. ↑ Collectif, Histoire de la Bretagne et des pays celtiques, Skol Vreizh, tome 3, p. 110.
  34. ↑ Dix-huit rĂ©giments, dont dix de cavalerie, font leur entrĂ©e le 17 novembre Ă  Bordeaux :
    • dĂ©part le 29 novembre : Roure (cavalerie) et Navarre (infanterie) ;
    • dĂ©part le 1er dĂ©cembre : Fiumarcon (dragons), Rivarol et Villeneuve (cavalerie) et Schomberg-Cavalerie, Castres (infanterie) et Schomberg-Infanterie
    • dĂ©part le 11 dĂ©cembre : rĂ©giment de Champagne (infanterie)
    • dĂ©part le 12 dĂ©cembre : La RabiliĂšre (cavalerie)
    • dĂ©part le 31 dĂ©cembre : TessĂ© (dragons), Le Bret, Lahas et Lachau (cavalerie)
    • dĂ©part le 10 janvier : Normandie et La Marine (infanterie)
    • dĂ©part le 29 mars : Navaille (infanterie)
    • dĂ©part le 30 mars : Sault (infanterie).
    Liste dans Archives historiques de la Gironde, tome 41. 1906. p 256
  35. ↑ Olivier Chaline, op. cit., p 323-324
  36. ↑ Collins (James B.), La Bretagne dans l'État royal, Presses universitaires de Rennes, 2006, p. 249-250.
  37. ↑ Serge Duigou, Jean Michel Le Boulanger, Histoire du Pays bigouden, Ă©ditions Palantines, Plomelin, 2002 
  38. ↑ Delumeau, Histoire de la Bretagne, p 292
  39. ↑ Olivier Chaline. op. cit., p 325
  40. ↑ Jean Croix, article '"Bonnets rouges" dans Dictionnaire du patrimoine breton, Éditions ApogĂ©e, 2000, p 153.
  41. ↑ Chaulnes Ă©crit au roi « Les arbres commencent Ă  se pencher sur les grands chemins du poids qu'on leur donne Â», une lettre de Mme de SĂ©vignĂ©
  42. ↑ JoĂ«l Cornette, Histoire de la Bretagne et des Bretons, Seuil, 2005, tome 1, p 624, note 37.
  43. ↑ « Le pouvoir (
) punit certes (
) les Ă©lites (
) mais se montra beaucoup plus sĂ©vĂšre Ă  l'Ă©gard des paysans rĂ©voltĂ©s. Notre publication d'un jugement du siĂšge prĂ©sidial d'Hennebont montre bien que, quand le duc de Chaulnes Ă©crivait: « Les arbres commencent Ă  se pencher sur les grands chemins du poids qu'on leur donne Â», ce n'Ă©tait pas une simple « amplification rhĂ©torique Â», mĂȘme si c'Ă©tait une « phrase malheureuse Â» (Mousnier)
  44. ↑ Armand Puillandre, SĂ©bastien Le Balp - Bonnets Rouges et papier timbrĂ©, p. 87
  45. ↑ Armand Puillandre, SĂ©bastien Le Balp - Bonnets rouges et papier timbrĂ©, pp. 88 et 89
  46. ↑ Croix (Jean), article « Bonnets rouges Â» dans Dictionnaire du patrimoine breton, Éditions ApogĂ©e, 2000, p. 153.
  47. ↑ La Borderie dans Les Bonnets rouges, 10/18, p. 155 et 161.
  48. ↑ Olivier Chaline. op. cit., p 321
  49. ↑ «Le roi dĂ©cide de remplacer les troupes envoyĂ©es pour mater la rĂ©volte par une armĂ©e de 20 000 hommes, Ă  la charge de la province pour la durĂ©e de l'hivernage» QuĂ©niart (Jean), La Bretagne au XVIIIe siĂšcle, Ouest-France UniversitĂ©, 2004, p. 19
  50. ↑ Serge Duigou, La RĂ©volte des Bonnets rouges en pays bigouden, Éditions Ressac, Quimper, 1989
  51. ↑ Alain Croix dans L'Ăąge d'or de la Bretagne 1532-1675 Ouest-France UniversitĂ©, 1993, p.522
  52. ↑ a  et b  Olivier Chaline. op. cit., p 326
  53. ↑ a  et b  Jean Nicolas, La RĂ©bellion française..., p 257
  54. ↑ La rĂ©volte du papier timbrĂ© advenue en Bretagne en 1675
  55. ↑ Le parler de la minoritĂ© nationale bretonne, dans ƒuvres choisies, vol. IV, p. 211 (en russe)
  56. ↑ Boris Porchnev, Les buts et les revendications des paysans lors de la rĂ©volte bretonne de 1675
  57. ↑ Boris Porchnev, Les buts et les revendications des paysans lors de la rĂ©volte bretonne de 1675
  58. ↑ Alain Croix, op. cit. p. 536
  59. ↑ Alain Croix, op. cit. p.533
  60. ↑ Mousnier, Fureurs paysannes, 1967
  61. ↑ QuĂ©niart (Jean), La Bretagne au XVIIIe siĂšcle Ouest-France UniversitĂ©, 2004, p.19 et sq.
  62. ↑ J.B. Collins, p. 240 (4e remontrance) les mouvements de troupes ont ruinĂ© la province entiĂšres. Ils sont particuliĂšrement prĂ©occupĂ©s par les dĂ©gĂąts causĂ©s dans les grandes "bourgades" et les villages.
  63. ↑ Le Coadic (Ronan), Campagnes rouges de Bretagne, Skol Vreizh, 1991, p. 4 et sq.
  64. ↑ JoĂ«l Cornette, op. cit., p. 604
  65. ↑ Voir le panneau interdit.
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