Reuters

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Reuters
Reuters Data Centre, à Londres

Reuters est une Agence de presse mondiale et généraliste, fondée en 1851 à Londres.

Près de 2500 journalistes, rédacteurs, photographes et caméramans travaillent pour Reuters dans 150 pays à travers le monde. Mais c'est surtout à l'information économique et financière qu'elle doit son développement et sa notoriété dans les années 1970 à 1990.

L'entreprise s'introduit en bourse de Londres en 1984 et y lève 52 millions de livres qui financeront ses investissements et acquisitions dans le secteur de la technologie.

Reuters a été racheté par le canadien Thomson Financial en 2007 pour fonder un nouvel ensemble rebaptisé Thomson Reuters, dirigé par le président de Reuters.

Elle est aujourd'hui reconnue comme une référence par les plus gros médias mondiaux.

Sommaire

Histoire

Article d√©taill√© : Histoire de l'Agence Reuters.

Les débuts

Comme beaucoup d'allemands, Paul Julius Reuter, immigrant juif, fils de rabbin et √©diteur d'un journal, fuit Berlin[1] apr√®s la r√©volution de 1848. Certains partent en Am√©rique, lui s'installe √† Paris, o√Ļ il travaille pour Charles Havas, qui a cr√©√© l'agence Havas en 1835.

En 1849, il cr√©√© sa propre agence, traduisant des informations de la presse fran√ßaise en allemand pour les journaux r√©gionaux. Il fait faillite apr√®s un mois, ce qui l'am√®ne √† s'installer √† Aix la Chapelle pour diffuser plut√īt vers les centres d'affaires de Paris, Bruxelles et Berlin[1]. Reuters, en d√©veloppant l'information financi√®re, va jouer un r√īle-cl√© dans l'Histoire des bourses de valeurs.

De 1850 √† 1870, install√© √† Londres, il lance un service d'information t√©l√©graphique, utilisant notamment le c√Ęble sous-marin entre Douvres et Calais. Des bureaux de t√©l√©graphe ouvrent √† travers les pays europ√©ens suivant la maxime de Reuter : ¬ę Follow the cable ¬Ľ. Reuters Telegram Company, cr√©√© en 1865[2], entre en Bourse avec un statut de soci√©t√© par actions.

Le 23 novembre 1878, télégramme de Reuters annonçant la bataille d'Ali Masjid

Paul Julius Reuter continue l'expansion de ses bureaux en Extrême-Orient et en Amérique. Il passe des accords avec Charles-Louis Havas, fondateur en 1835 de l'Agence Havas et Bernhard Wolff, créateur de la Wolff’s Telegraphisches Bureau à Berlin, lui-même lointain ancêtre de la Deutsche Presse Agentur (DPA).

En 1915, à la mort d'Herbert de Reuter, le cours de bourse a perdu les deux tiers de sa valeur. La société est rachetée par Sir Roderick Jones, qui vient d'être nommé directeur général et Mark Napier, le président.

1925, le rachat par les journaux régionaux britanniques

En 1925, c'est l'Association de la presse britannique qui prend une participation majoritaire au capital[2], portée à la quasi-totalité du capital en 1930, seul un millier d'actions restant entre les mains de Sir Roderick Jones. Reuters développe l'usage de la radio pour transmettre ses nouvelles et un service de cotations de prix et des taux de change envoyés en code Morse par radio à l'Europe.

En 1941, Sir Roderick Jones, accusé d'avoir compromis l'agence dans des opérations avec le gouvernement britannique, est destitué. Le gouvernement lui-même participe à son éviction[1]. Le Reuters Trust est créé pour garantir l'indépendance de l'agence, codétenue par l'Association de la presse britannique et l'Association des propriétaires de journaux. Ce statut sera conservé jusqu'à l'entrée en Bourse de 1984.

1963-1984 : une croissance port√©e par la finance

Pendant des d√©cennies, les cours de bourse sont diffus√©s par radio puis par t√©lex. Gerald Long (1923-1998), le directeur g√©n√©ral de Reuters de 1963 √† 1981, a men√© une vigoureuse politique de diversification progressive vers les activit√©s d'information financi√®re Le 23 avril 1964, Reuters s'allie √† l'am√©ricain Ultronics Systems, une petite soci√©t√© qui diffuse les cours des actions cot√©es sur le New York Stock Exchange ou l'AMEX ; son syst√®me s'appuie sur un appareil, baptis√© Stockmaster, un modem, mis au point par ATT, et un ordinateur distant, lui-m√™me reli√© √† la bourse par modem, qui met √† jour, chaque fois qu'il re√ßoit une transaction, les cours le plus haut et le plus bas, et le volume n√©goci√© sur la journ√©e pour l'action concern√©e[3]. C'est la naissance des services Reuters Ultronics Report et Stockmaster, diffusant les cours de bourse, avec seulement trois chiffres √† l'√©cran[4]. Les concurrents Scantlin Electronics, avec son Quotron, et Bunker Ramo, avec le Telequote, cassent les prix: Reuters affiche une perte de 57000 sterling en 1964, qui deviendra un b√©n√©fice de 1,12 million de sterling en 1975[5]

En 1971, les √Čtats-Unis mettent fin aux accords de Bretton Woods et au r√©gime des parit√©s de change fixes. C'est l'√©mergence du march√© des changes. Reuters cr√©√© le service Money Monitor. A Paris, pourtant si√®ge de l'AFP, l'agence concurrente, ce service compte rapidement plus de 150 clients, dont les banques nationalis√©es[6]. Cette activit√© va transformer en profondeur la base de client√®le, vite constitu√©e √† 90% de banques et d'entreprises. De 1976 √† 1980, les recettes doublent, en seulement quatre ans.

En 1973, c'est le premier service d'information financi√®re sur √©cran, Reuters Monitor : une quinzaine de contributeurs publient les cours de change[7]. Lorsque le service est arr√™t√©, en 1996, 500 000 √©crans auront √©t√© install√©s dans le monde[8]. Dealing 2000, un service de n√©gociation √©lectronique, est la suite logique de Monitor et conforte la position de Reuters sur le march√© des changes. Il aura √©galement pour h√©ritier indirect Globex[9], premier syst√®me de n√©gociation √©lectronique d'options et futures aux √Čtats-Unis[10], que Reuters d√©veloppe en coop√©ration avec le Chicago Mercantile Exchange.

L'entrée en Bourse de 1984

En 1985, un an après son entrée en Bourse, Reuters investit dans la diffusion numérique en temps réel, en rachetant Rich Inc[11], qui a développé TRIARCH[12] 2000[13]. Mais lors du krach de 1987, l'action Reuters est la plus touchée de la Bourse de Londres: elle perd plus de la moitié de sa valeur[14].

Pratiquant une politique de syst√®mes ouverts, au contraire de la plupart de ses concurrents, Reuters publie une interface de programmation pour TRIARCH 2000 et invite les √©diteurs de logiciels √† d√©velopper des syst√®mes compatibles. Vingt-cinq ans plus tard, 284 applications d√©velopp√©es par 164 √©diteurs[15] acqui√®rent des donn√©es temps r√©el de cette plateforme, renomm√©e RMDS apr√®s sa fusion avec l'architecture concurrente acquise en 1994, le ¬ę TIB ¬Ľ de Tibco Finance.

1994-2007 : pression technologique d'internet et pression de Bloomberg

D√©but 1994, Reuters rach√®te la petite soci√©t√© am√©ricaine Capital Market Decisions (CMD), qui d√©veloppait pour lui une base de donn√©es obligataire, "Decision 2000"[16], renomm√©e "Reuters Analytics". C'est la premi√®re √©tape d'une strat√©gie de d√©veloppement dans la gestion d'actifs. Les g√©rants de portefeuille attendent des donn√©es historiques et analytiques : il faut une architecture technique nouvelle, pour d√©livrer en instantan√© un gros volume de donn√©es, et des partenaires pour y contribuer. Reuters rach√®te donc plusieurs diffuseurs sp√©cialis√©s sur les OPCVM: Lipper, la Cote Alphab√©tique et FERI. Il acquiert deux sp√©cialistes des actions: Multex (recherche fondamentale) et EcoWin (historiques de cours). Pour avoir une base de donn√©es obligataire capable de rivaliser avec Bloomberg, il d√©veloppe en interne "Reuters Analytics".

La constitution de la plateforme technologique, ou "Projet Armstrong"[17], s'av√®re ardue : il faut b√Ętir un nouveau r√©seau, HPSN[18] mais aussi r√©unir Decision 2000, √† dominante obligataire, et RDB, √† dominante actions, dans une application frontale, sous Windows, capable de recevoir des donn√©es temps r√©el[19]. C√īt√© obligations, la vari√©t√© des produits financiers, des cr√©ances n√©gociables √† la titrisation, requiert une expertise financi√®re. Reuters 3000 Fixed-Income (R3FI) arrive sur le march√© avec deux ans de retard, sans menacer la position commerciale de Bloomberg.

La "Série 3000", qui rassemble les offres "action", monétaire et obligataire consomme de gros investissements, tandis que l'irruption de l'internet commercial menace le modèle économique de diffusion de l'information financière par réseau privé. En 2002, après l'éclatement de la bulle internet et les premières difficultés commerciales sérieuses de son histoire, Reuters lance son programme "Fast Forward" de réduction des effectifs et fermetures de sites, puis est racheté, en 2007, pour 17,2 milliards de dollars, par le canadien Thomson[20], qui possède 53% du nouvel ensemble, nommé Thomson Reuters. Tom Glocer, PDG de Reuters en devient le président et le nouveau siège social est à New York.

Acquisitions et co-entreprises

  • 1985 : Rachat de l'am√©ricain Rich Inc.
  • 1986 : Rachat de Hovland Business Systems, une petite soci√©t√© ayant d√©velopp√© un syst√®me de tenue de position de change, qui sera renomm√© en Reuters Position Keeping System (RPKS) ; Reuters entre ainsi pour la premi√®re fois dans l'informatique de gestion ;
  • 1987 : Rachat du courtier en actions am√©ricain Instinet et de l'exploitant de bases de donn√©es canadien IP Sharp ;
  • 1994 : Rachat de la soci√©t√© am√©ricaine Quotron, sp√©cialis√©e dans la diffusion du prix des actions nord-am√©ricaines, et de Teknekron, renomm√© en TIBCO, d'apr√®s le ¬ę TIB ¬Ľ (The Information Bus), principal concurrent de TRIARCH 2000 comme infrastructure de salle des march√©s ; Reuters scindera par la suite cette filiale en Tibco Finance, qu'il int√®gre √† sa politique produits, et Tibco Software, √† la client√®le non financi√®re, et qu'il remettra sur le march√© boursier en 1999 ;
  • 1998 : Prise de participation de 33,5% dans le capital de l'√©diteur fran√ßais GL Trade sp√©cialis√© dans le routage d'ordre boursier (qu'elle revendra en 2004), rachat de Liberty SA, sp√©cialis√©, lui, dans la n√©gociation √©lectronique d'actions sur le march√© de gr√© √† gr√©, et de Lipper Analytical Services, soci√©t√© am√©ricaine de diffusion de valeurs liquidatives et de classement d'OPCVM ;
  • 1999 : Cr√©ation de Factiva, une coentreprise avec Dow Jones, un rival de toujours. Factiva est un fournisseur d'information en √©conomie. En d√©cembre 2006, Reuters revendra √† Dow Jones sa part de 50% dans Factiva ;
  • 2003 : Reuters rach√®te Multex.com, un fournisseur d'information sp√©cialis√© dans la recherche sur actions ;
  • 2004 : Reuters acquiert son concurrent am√©ricain Moneyline Telerate[21].
  • 2005 : Reuters revend au NASDAQ les 62% qu'il d√©tient encore dans Instinet, apr√®s en avoir introduit 17% en bourse 4 ans plus t√īt[22] ; la m√™me ann√©e, il ach√®te EcoWin, une soci√©t√© su√©doise sp√©cialis√©e dans la diffusion d'historiques de cours ;
  • 2006 : Acquisition d'Application Networks, √©diteur d'un progiciel de risk-management, et de FERI Fund Market Information, un diffuseur allemand d'informations sur OPCVM[23] ;

Activités et produits

Bien que connue du grand public comme agence de presse, Reuters ne tire de cette activit√© que 6 √† 7 % du chiffre d'affaires, et rien en termes de b√©n√©fices. Au contraire, l'activit√© a √©t√© le plus souvent d√©ficitaire.

Produits d'information

Plus de la moiti√© des revenus proviennent de la vente d'informations financi√®res :

  • abonnements aux cotations temps r√©el, distribu√©es par le r√©seau num√©rique propri√©taire, Integrated Data Network ou IDN ; cette offre s'adresse essentiellement aux banques d'investissement ;
  • abonnements aux donn√©es de r√©f√©rence et prix de cl√īture des entreprises de march√©, avec l'offre DataScope, qui cible les back office ;
  • syst√®mes d'affichage et d'aide √† la d√©cision install√©s sur les postes de traders ;
  • puis les abonnements √† la S√©rie 3000, une offre apparue en 1996 qui associe donn√©es temps r√©el et donn√©es historiques ; la politique commerciale distingue essentiellement Equities 3000 et Fixed Income 3000 pour cibler les g√©rants actions et obligataires respectivement, la client√®le naturelle √©tant les soci√©t√©s de gestion d'actifs et les investisseurs institutionnels ;
  • Reuters Business Briefing (RBB), puis Factiva, en co-entreprise avec Dow Jones, archive et distribue √©lectroniquement des articles de la presse √©conomique √† une √©poque o√Ļ l'internet n'existe pas encore commercialement ;
  • Reuters Financial Television (RFTV) est cr√©√©e en 1996, mais ferm√©e en 2002, faute de rentabilit√© suffisante.

Produits de transaction

Les produits transactionnels (transaction products), c'est-√†-dire les syst√®mes de n√©gociation √©lectroniques, se diff√©rencient selon leur segment de march√© :

  • Le Monitor Dealing Service, lanc√© en 1981, permet de converser avec une contrepartie par √©cran interpos√©, en mode vid√©otex ; dans sa version suivante, Dealing 2000, lanc√© en 1989, cette conversation est plus structur√©e, r√©duisant ainsi le risque de malentendu ; Dealing 2000-2, en 1992, permet de transmettre la transaction automatiquement vers les syst√®mes internes de la banque ; Dealing 3000, en 1995, porte le syst√®me sur environnement Windows, et permet de retirer du poste du trader le moniteur jusque-l√† d√©di√© √† ce seul service ;
  • RXT est un syst√®me de transmission d'ordre √† une bourse ; la plupart de ses clients sont des brokers de Paris ou de Toronto, deux bourses qui utilisent le m√™me syst√®me d'information NSC ;

D'autres offres assurent la négociation d'ordres entre la salle des marchés et la clientèle institutionnelle, notamment sur le change et les produits de trésorerie.

Risk-management

Les syst√®mes de risk-management constituent une division √† part enti√®re √† partir de 1991, m√™me si leur chiffre d'affaires reste fondu √† celui des produits transactionnels dans les comptes publi√©s :

  • Global Credit Limits System (GLCS) est le premier syst√®me de contr√īle global et en temps r√©el des limites sur les produits interbancaires et de change ;
  • Reuters Position-Keeping System (RPKS), puis Kondor+ assurent la tenue de position et un calcul des risques au niveau du trader ou du desk ;
  • Sailfish assure le calcul de la Value at risk, qui tient compte des effets de corr√©lation dans les risques des diff√©rents desks ;
  • JRisk est une boite √† outils logicielle d√©di√©e aux produits d√©riv√©s et con√ßue par la soci√©t√© Application Networks, avant d'√™tre rachet√©e par Reuters en 2006. Le produit s'appelle aujourd'hui Top Office.

Infrastructures de salle des marchés

Les infrastructures de salle des march√©s comprennent les serveurs de flux, notamment celui d√©di√© √† IDN, et ceux d√©di√©s √† une bourse domestique, les serveurs de contribution, et RMDS[24], le syst√®me qui redistribue les donn√©es de ces flux jusqu'√† chaque trader et ses applications de pricing install√©es sur son poste. Radianz compl√®te l'offre √† partir de 2000 : cette co-entreprise avec Equant, un op√©rateur de t√©l√©communications, propose un r√©seau IP privatif √† travers lequel les professionnels peuvent faire passer leur diffusion de donn√©es ou leur trading √©lectronique avec une plus grande fiabilit√© d'acheminement et une plus grande protection de la confidentialit√© des donn√©es que sur l'internet public.

Autres activités

Parmi les activités périphériques, le Greenhouse Fund, lancé en 1995, et qui investit dans les startups, dégage quelques plus-values appréciables, notamment à la revente de la participation dans Yahoo, dans les années précédant l'éclatement de la bulle internet.

Enfin, Instinet est un broker électronique, un des premiers historiquement, qui opère sur les marchés d'actions et auquel Reuters laisse une large autonomie de fonctionnement, jusqu'à sa revente en 2006.

¬ę The Business of Information ¬Ľ

Ce slogan, "le m√©tier de l'information", en fran√ßais, que Reuters s'est choisi, t√©moigne d'une tr√®s forte identification de l'entreprise √† sa vocation d'agence de presse, quand bien m√™me les revenus tir√©s de cette activit√© stricto sensu n'ont jamais d√©pass√© les 10% de son chiffre d'affaires. Certes, les seules ventes d'abonnements aux prix de march√© en temps r√©el repr√©sentent un volume de revenus bien sup√©rieur √† celui de la vente de d√©p√™ches[25], et rel√®vent elles aussi du m√©tier de l'information ; il reste que les ventes de syst√®mes et de droits d'acc√®s √† ses r√©seaux, repr√©sentant entre 30 et 50% du chiffre d'affaires, et l'essentiel de sa croissance depuis les ann√©es 1970, d√©signent aussi l'entreprise clairement comme un acteur technologique.

Reuters ne s'est en effet jamais r√©ellement assum√© comme √©diteur de logiciel m√™me s'il l'est devenu au gr√© de ses choix tactiques ; le Dealing Service s'est impos√© comme une am√©lioration incr√©mentale du service de Reuter Monitor : l√† o√Ļ on sait contribuer et afficher des prix sur un march√© de gr√© √† gr√© comme celui des changes, il n'y a qu'un pas √† franchir pour aider deux contreparties √† engager une conversation en vue de conclure une op√©ration ; plus tard, le syst√®me de gestion du risque de change RPKS a √©t√© lanc√© pour conforter la vente des abonnements de cours de change ; Effix a √©t√© achet√© plus parce que son syst√®me d'affichage pour Unix constituait la derni√®re brique qui lui manquait dans la chaine de distribution de l'information, qu'√† cause de Kondor+, qui l'introduisait sur le march√© du risk-management.

Quand l'internet s'impose commercialement à la fin des années 1990, Reuters y voit tout à la fois une menace et une opportunité, mais dans son métier d'information. L'entreprise monte son site web dès 1997 et crée l'entité New Media, qui saura avec succès générer un chiffre d'affaires nouveau dans la vente d'informations par internet[26].

Reuters se voit d'abord comme un acteur des médias, se choisit systématiquement un journaliste pour patron jusqu'en 2001, mais désigne comme son concurrent le plus sérieux Bloomberg, une entreprise dont les origines et la culture sont aux antipodes des siennes, et qui se voit d'abord comme un acteur de la finance[27].

Les restructurations conduites √† partir de 2002 √©pargnent pour l'essentiel l'activit√© d'agence de presse. Au moment de la reprise par Thomson, le groupe compte encore 2500 journalistes sur 13000 employ√©s, r√©partis dans quelque 200 bureaux dans une centaine de pays, et son r√©seau de diffusion, en 23 langues, est unique au monde. Ce dispositif est co√Ľteux et son effet d'entrainement sur les autres activit√©s difficile √† mesurer, alors que la presse, notamment √©crite, qui est la cliente directe de l'agence, entre dans des difficult√©s √©conomiques croissantes.

La question de l'impartialité

L'agence b√Ętit sa notori√©t√© sur la vitesse, en annon√ßant la premi√®re en Europe l'assassinat du Pr√©sident Lincoln en 1865, puis la fin de la Seconde Guerre des Boers, en 1902, couverte par son futur directeur g√©n√©ral Sir Roderick Jones, mais aussi sur l'impartialit√©, ayant, lors de cette m√™me guerre des Boers, d√©p√©ch√© des reporters des deux c√īt√©s bellig√©rants. Cependant, cette r√©putation d'impartialit√© sera √©corn√©e lors de la Premi√®re Guerre mondiale, l'agence √©tant alors critiqu√©e pour collusion avec le gouvernement britannique. C'est sans doute pour √©viter une nouvelle controverse qu'elle √©dicte, en 1941, les Reuters Trust Principles, charte professant une volont√© d'ind√©pendance, d'impartialit√© et d'exactitude des faits rapport√©s, et de laquelle l'entreprise d'aujourd'hui se r√©clame encore[28].

Ce souci de l'impartialit√© va jusqu'au refus d'employer tout terme √† caract√®re ¬ę √©motionnel ¬Ľ, notamment celui de terroriste. En r√©ponse √† des critiques sur le non-emploi de ce mot pour qualifier les attentats du 11 septembre 2001, un journaliste de l'agence affirme en effet que "le terroriste des uns est le combattant de la libert√© des autres", dans un communiqu√© maladroit, que la direction tente ensuite de corriger[29].

Reuters interdit en 2009 à ses journalistes de se sourcer auprès de Wikipedia[30].

Principaux concurrents

Les dirigeants successifs

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a, b et c [ Histoire de Reuters sur le site officiel du groupe]
  2. ‚ÜĎ a et b http://www.fundinguniverse.com/company-histories/Reuters-Group-PLC-Company-History.html
  3. ‚ÜĎ (en)Robert S. Sinn, ¬ę Reminiscences of a Stock Quotation System: The Real Story of Ultronic Systems Corporation ¬Ľ sur le site d'Inductive.com, F√©vrier 2009. Consult√© le 4 avril 2010
  4. ‚ÜĎ http://www.nytimes.com/1998/11/13/business/gerald-long-75-who-turned-reuters-into-a-profitable-service.html
  5. ‚ÜĎ http://www.waterstechnology.com/waters/feature/1610097/waters-hall-of-fame
  6. ‚ÜĎ "AFP, une histoire de l'Agence France-Presse, 1944-1990, par Jean Huteau et Bernard Ullmann, page 426
  7. ‚ÜĎ Brian Mooney, Barry Simpson, Breaking News - How the wheels came off at Reuters, Capstone, 2003, p.11
  8. ‚ÜĎ (en)End Of Reuters' Monitor Network: Dec. 31, 1996 Is Official Cutoff Date sur Dealing with Technology. Consult√© le 5 avril 2010
  9. ‚ÜĎ (en)Reuters, CME Sign Globex Agreement; Leaves Room For Other Vendors, Exchanges sur Dealing With Technology, 5 juillet 1988. Consult√© le 11 mai 2010
  10. ‚ÜĎ (en)Trading Moves Out Of The Pits sur Google, The Milwaukee Journal, 27 janvier 1989. Consult√© le 11 mai 2010
  11. ‚ÜĎ (en)Reuters Holdings agreed to acquire Rich Inc., Los Angeles Times, 27 f√©vrier 1985. Consult√© le 14 April 2010
  12. ‚ÜĎ Trading Room Information ARCHitecture
  13. ‚ÜĎ (en)Reuters/Rich Launches Triarch 2000, Prism: Enhances Workstation Connectivity sur Incisive Media, 25 avril 1988. Consult√© le 18 April 2010
  14. ‚ÜĎ "Media moguls", par Jeremy Tunstall et Michael Palmer, page
  15. ‚ÜĎ r√©pertoire des applications RMDS sur le site de Thomson-Reuters. Consult√© le 9 mai 2010
  16. ‚ÜĎ (en)Reuters To Buy CMD; Levkoff To Quit Firm, Withdrawing Suit sur Inside Market Data, 20 d√©cembre 1993. Consult√© le 20 avril 2010
  17. ‚ÜĎ (en)Reuters Armstrong Project To Serve As Springboard For Analytical Services sur Dealing With Technology, 3 juillet 1995. Consult√© le 8 mai 2010
  18. ‚ÜĎ High-Performance Session Network
  19. ‚ÜĎ Apr√®s un premier frontal d√©velopp√©, appel√© la "Tablet", qui s'av√®re un √©chec, Reuters d√©cide de s'appuyer sur Kobra, l'outil d'affichage d√©velopp√© par sa filiale fran√ßaise Effix
  20. ‚ÜĎ (en)Down to the Wire, The Economist, 10 mai 2007. Consult√© le 13 mai 2007
  21. ‚ÜĎ Reuters acquiert Moneyline Telerate pour environ 175 millions de dollars sur Les Echos, 21 d√©cembre 2004. Consult√© le 9 mai 2010
  22. ‚ÜĎ (en)Reuters to receive approximately $1 billion for stake in Instinet Group sur The Motley Fool, 22 avril 2005
  23. ‚ÜĎ (en)Reuters to Acquire European Fund Research Specialist sur le site de news.taume.com, 29 juin 2007. Consult√© le 4 avril 2010
  24. ‚ÜĎ Reuters Market Data System
  25. ‚ÜĎ Bien que Reuters n'ait jamais publi√© de ventilation d√©taill√©e de ses revenus
  26. ‚ÜĎ Elle r√©alise moins vite qu'internet attaque les ventes de ses logiciels et hypoth√®que la rentabilisation de l'√©norme investissement engag√© sur des technologies qui lui sont ant√©rieures
  27. ‚ÜĎ (en)Screen test - Is Reuters terminally ill?, The Economist, 20 f√©vrier 2003. Consult√© le 17 mai 2010
  28. ‚ÜĎ (en)The Trust Principles sur le site officiel de Thomson Reuters. Consult√© le 28 mai 2010
  29. ‚ÜĎ (en)lettre envoy√©e √† certains journaux am√©ricains, 2 octobre 2001. Consult√© le 28 mai 2010
  30. ‚ÜĎ Reuters interdit Wikip√©dia √† ses journalistes sur Arr√™t sur Images, 13 juillet 2009. Consult√© le 30 mai 2010
  31. ‚ÜĎ a et b Source : Inside Market Data Reference

Voir aussi

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Bibliographie

  • (en) Donald Read, The power of news : the history of Reuters, Oxford University Press, Oxford, 1999 (2e √©dition), 540 p. (ISBN 0-19-820768-9)
  • (en) Graham Storey, Reuters‚Äô Century, 1851-1951, Max Parrish, Londres, 1951, 276 p.
  • (en) Mooney, Brian ; Simpson, Barry (2003). Breaking News. How the wheels came off at Reuters. Capstone. ISBN 1-84112-545-8

Articles connexes

Liens externes


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Regardez d'autres dictionnaires:

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  • Reuters ‚ÄĒ news service begun in London 1851 by Baron Paul Julius von Reuter (1816 1899), founder of a telegraph office and pigeon post bureau in Aachen in 1849 ‚Ķ   Etymology dictionary

  • Reuters ‚ÄĒ This article is primarily about Reuters prior to its 2008 merger with Thomson. For it s new parent company, see Thomson Reuters. Infobox Company company name = Reuters Group Limited company company type = Subsidiary foundation = October 1851… ‚Ķ   Wikipedia

  • Reuters ‚ÄĒ (–†–Ķ–Ļ—ā–Ķ—Ä—Ā) Reuters —ć—ā–ĺ –ĺ–ī–Ĺ–ĺ –ł–∑ —Ā–į–ľ—č—Ö –Ī–ĺ–Ľ—Ć—ą–ł—Ö –ł–Ĺ—Ą–ĺ—Ä–ľ–į—Ü–ł–ĺ–Ĺ–Ĺ—č—Ö –į–≥–Ķ–Ĺ—ā—Ā—ā–≤ –ľ–ł—Ä–į –ė–Ĺ—Ą–ĺ—Ä–ľ–į—Ü–ł–ĺ–Ĺ–Ĺ–ĺ–Ķ –į–≥–Ķ–Ĺ—Ā—ā–≤–ĺ Reuters: –ł—Ā—ā–ĺ—Ä–ł—Ź –į–≥–Ķ–Ĺ—Ā—ā–≤–į, –ī–Ķ—Ź—ā–Ķ–Ľ—Ć–Ĺ–ĺ—Ā—ā—Ć –į–≥–Ķ–Ĺ—Ā—ā–≤–į, —Ā–į–Ļ—ā Reuters –≤ –ł–Ĺ—ā–Ķ—Ä–Ĺ–Ķ—ā–Ķ –°–ĺ–ī–Ķ—Ä–∂–į–Ĺ–ł–Ķ >>>>>>>>>>>> ‚Ķ   –≠–Ĺ—Ü–ł–ļ–Ľ–ĺ–Ņ–Ķ–ī–ł—Ź –ł–Ĺ–≤–Ķ—Ā—ā–ĺ—Ä–į

  • Reuters ‚ÄĒ /roy teuhrz/, n. a publicly owned international news and information company established in London, 1851. * * * British cooperative news agency. Founded in 1851 by Paul Julius Reuter, it was initially concerned with commercial news but began to… ‚Ķ   Universalium

  • Reuters ‚ÄĒ ¬†¬†¬†The biggest news agency in the world, Reuters had a turnover of ¬£2,914m in 1995. The largest part of Reuters‚Äô earnings comes from the sale of financial information, which reflects the entrepreneurial genius of its founder Paul Julius Reuter… ‚Ķ   Encyclopedia of contemporary British culture

  • Reuters ‚ÄĒ Agencia de noticias cooperativa inglesa. Fundada en 1851 por Paul Julius Reuter, se dedico en un principio a las noticias comerciales, pero comenz√≥ a tener como clientes a un n√ļmero creciente de peri√≥dicos, luego de que el Morning Advertiser de… ‚Ķ   Enciclopedia Universal

  • Reuters ‚ÄĒ /roy teuhrz/, n. a publicly owned international news and information company established in London, 1851. * * * Reuters [Reuters] a British company which employs journalists all over the world and sells news to newspapers, television and radio.… ‚Ķ   Useful english dictionary

  • Reuters ‚ÄĒ A global information provider headquartered in London, England, and serving professionals in the financial services, media and corporate markets. The news agency provides text, graphics, video and pictures to subscribers around the world,… ‚Ķ   Investment dictionary


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