Reporters sans frontières

Reporters sans frontières
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Contexte général
Champs d’action Liberté de la presse
Zone d’influence Monde entier
Fiche d’identité
Fondateur Robert Ménard
Forme juridique ONG
Fondation 1985
Siège central Paris, France
Origine française
Président(e) Dominique Gerbaud
Secrétaire
général(e)
Jean-François Julliard
Méthode Non-violence, Plaidoyer, Recherche
Slogan «L’information est précieuse, protégeons-la »
Site web www.rsf.org

Reporters sans frontières (RSF) est une organisation non gouvernementale internationale se donnant pour objectif la défense de la liberté de la presse.

Fondée par le Français Robert Ménard en 1985, sa devise est : « Sans une presse libre, aucun combat ne peut être entendu »[1].

Dans ses communiqués de presse et publications, RSF se définit ainsi :

« Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde, c'est-à-dire le droit d'informer et d'être informé, conformément à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. »

En 2005, l'association a été lauréate du Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit décerné par le Parlement européen. Depuis octobre 2008, son secrétaire général est Jean-François Julliard[2]Il a succédé à Robert Ménard qui dirigeait l'organisation depuis sa création.

RSF a fait l'objet de diverses critiques visant un parti-pris pro-américain, ses campagnes contre Cuba et le Venezuela, son refus d'aborder la liberté de la presse en France, ses actions contre la tenue des Jeux olympiques à Pékin en 2008, un financement partiel par des fonds américains (National Endowment for Democracy), des groupes de presse, l'Open Society Institute, le Center for Free Cuba, et l'Union européenne.

La journaliste Marie-Christine Tabet indique que la campagne de Reporters sans frontières contre la tenue des Jeux olympiques d'été en Chine en 2008, a ravivé les « rumeurs qui circulent » sur son compte. La journaliste signale que la majorité des critiques proviennent des médias cubains. Ces critiques ont été reprises notamment par le journaliste Thierry Meyssan du Réseau Voltaire et l'écrivain Maxime Vivas[3].

L'ancien rédacteur en chef du journal La Croix, Dominique Gerbaud, est élu président le jeudi 1er octobre 2009. Il souhaite que l'association « incarne une autorité morale, au service moins des journalistes que de la liberté de la presse »[4].

Sommaire

Fonctionnement

La liberté de la presse dans le monde en 2009
(Selon les données du rapport RSF 2010)

RSF est une communauté d'organisations déclarant souhaiter agir conjointement avec de larges intérêts communs mais de façon globalement indépendante.

En 2005, Reporters sans frontières compte neuf sections nationales en Europe (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Suède et Suisse), des représentations en Asie (Bangkok, Istanbul, Tokyo), en Amérique (Montréal, New York, Washington), à Moscou et Abidjan, ainsi que plus de cent vingt correspondants dans le monde.

RSF est membre de l'International Freedom of Expression Exchange (IFEX), un réseau mondial virtuel d'ONG censées surveiller les violations de la liberté d'expression et qui organise, fédère ou relaie les campagnes conjointes ou organisées par ses membres, pour la défense des journalistes, écrivains et autres personnes persécutées alors qu'elles exercent leur droit à la liberté d'expression. Nombre de rapports de RSF contiennent ou sont fondés sur des éléments collectés via ce réseau.

RSF participe également à la plate-forme de l'Union Européenne de protection des défenseurs des droits de l'homme [5].

L'association estime conserver son indépendance grâce aux bureaux internationaux qui peuvent publiquement faire leur propre analyse indépendamment des pressions que pourraient subir les représentants de RSF ou d'autres organisations membres de l'IFEX dans un pays donné ; RSF bénéficie du support de représentants de la presse dans de nombreux pays du monde, non exposés aux mêmes pressions inévitables localement.

En 2006, plus de la moitié (58%) de son financement officiel vient de la vente de livres, de calendriers et autres enchères au profit de RSF. A cela s'ajoutent les dons et cotisations des membres (9%), le mécénat par des institutions privées (24%) comme la fondation de George Soros, le Center for a Free Cuba, le National Endowment for Democracy ou encore la Fondation de France et enfin d'institutions publiques françaises (9%) comme le bureau du premier ministre, le Ministère des Affaires étrangères ou encore l'Organisation internationale de la francophonie[6].

Actions

Le secrétaire-général de RSF, Jean-François Julliard (au centre), reçoit, au nom de RSF, la médaille Charlemagne pour les médias européens

Les actions de RSF pour la défense de la liberté de la presse sont :

  • dénoncer les atteintes à la liberté de la presse ;
  • aider les journalistes et leurs collaborateurs qui sont persécutés à cause de leur activité professionnelle(plus de 200 bourses d'assistance sont distribuées chaque année à des journalistes et médias en difficulté)[7] ;
  • aider les journalistes et blogueurs réfugiés[8]. ;
  • soutenir les familles des journalistes persécutés ;
  • aider à poursuivre devant la justice les personnes ou institutions coupables de persécutions à l'encontre des journalistes et de leurs collaborateurs ;
  • rassembler des pétitions nominatives de soutien à ses actions, les publier et les présenter auprès des autorités compétentes en termes d'action justicière ;
  • promouvoir son action auprès de la communauté publique internationale et publier les résultats de son action.

Toutefois, les actions de l'association ont lieu dans un cadre restreint, portant surtout sur des pays en développement. Selon Robert Ménard (dans son livre : Ces journalistes que l'on veut faire taire aux éditions Albin Michel) : « Nous avons décidé de dénoncer les atteintes à la liberté de la presse en Bosnie-Herzégovine ou au Gabon et les ambiguïtés des médias algériens ou tunisiens... mais de ne pas nous occuper des dérives françaises. »

Rapport annuel

Carte de la liberté de la presse en 2008 selon le rapport RSF

RSF publie chaque année un rapport sur l'état de la liberté de la presse dans le monde pour lequel elle a forgé la notion de prédateurs de la presse pour les chefs d'État, chefs de guerre et dictateurs, qui privent les journalistes de la liberté nécessaire à leur travail. Et qui, non seulement ne les protègent pas, mais les maltraitent, les persécutent, jusqu'à l'assassinat. Parmi ceux-ci, on peut citer :

Réseau Damoclès

En raison de l'impunité dont jouissent certaines responsables de crimes commis contre les journalistes, RSF a décidé de créer, en janvier 2002, le réseau Damoclès.

Son but est d'aider les victimes et d'intervenir auprès des différentes instances juridiques compétentes pour que les responsables soient jugés.

Le réseau aide également à financer les assistances juridiques, avocats et détectives, permettant la défense de journalistes emprisonnés ou condamnés, ou blessés ou tués pour lesquels les actions judiciaires tardent ou se refusent à en juger les auteurs.

Il a également négocié une « assurance mission » destinée aux photo-reporters, journalistes ou pigistes indépendants, leur assurant (ou à leur famille) une garantie d'assistance en cas de décès accidentel, de dommages physiques ou d'invalidité permanente survenue au cours de leur mission dans le monde entier.

Enfin, il prête gracieusement des gilets pare-balles aux journalistes et photoreporters indépendants indiquant clairement leur appartenance à la presse.

Internet

Carte des entraves à la circulation de l'information sur le réseau
     censuré      surveillé      partiellement censuré      aucune censure

RSF dénonce aussi le filtrage d'Internet, suit les évolutions inquiétantes des solutions techniques mises en œuvre dans différents pays du monde, et alerte le public sur le fait qu'Internet est de plus en plus contrôlé par les États et peut dans certains pays fausser la présentation objective des évènements, en empêchant toute vérification par le grand public, privé de l'accès normal aux sources d'information, contrevenant à leur pluralité, ou en s'immisçant dans la vie privée des résidents.

Publications et événements

Reporters sans frontières crée ou met à jour chaque année des publications, diffusées gratuitement sur Internet ainsi que des livres, brochures ou magazines, grâce au concours de personnalités du monde des arts et des médias. On trouvera ainsi :

  • Le Tour de France pour la liberté de la presse, album paru le 27 juin 2005, créé grâce aux images de Presse Sports, de l'Agence France-Presse et de Reuters, et vendu au profit de Reporters sans frontières.
  • Le Tour du monde de la liberté de la presse, aborde les principales atteintes à la liberté de la presse recensées en 2003 sur les cinq continents, et s'appuie sur de nombreux témoignages.
  • Guides pratiques :
    • Le Guide pratique à l'usage des victimes de crimes internationaux. Ce guide présente la Cour pénale internationale, ses domaines de compétence, son fonctionnement et la procédure à suivre pour s'adresser à elle en tant que victime. Il répertorie les défis que devra relever la Cour et les obstacles qu'elle aura à surmonter[9].
    • Le Guide pratique du bloggeur et du cyberdissident, paru le 22 septembre 2005. Contient des conseils pratiques et des astuces techniques pour aider les bloggeurs à préserver leur anonymat et contourner la censure[10].
    • Le Guide pratique du journaliste, détaillant les règles à suivre en zone de guerre, le secours aux blessés, les conseils en matière juridique dans un conflit armé, sur la façon d'enquêter sur les atteintes à la liberté de la presse et à rédiger des rapports, ainsi que des références juridiques[11].
    • La Charte sur les journalistes en zone de conflit, indispensable aux journalistes[12].
  • Série des livres noirs :
    • La Guerre en Irak, le livre noir, paru le 2 décembre 2004, dresse un état des lieux inquiétant sur les violations des droits de l'homme commises depuis le début de la guerre.
    • Chine, le livre noir, recueil de témoignages inédits sur la répression à l'encontre des dissidents, des minorités ethniques, des internautes, des malades du sida ou des journalistes, montre l'envers du décor du succès économique chinois.
    • Cuba, le livre noir, rassemble des rapports d'organisations de défense des droits de l'homme qui décrivent l'ampleur de la répression lancée par Fidel Castro au printemps 2003, avec 75 dissidents arrêtés et condamnés à de lourdes peines.
    • Algérie, le livre noir souligne la réalité des centaines de milliers de morts et disparus depuis 1992 et des milliers de personnes torturées lors d'arrestations ou de détentions au secret, au travers de rapports de différentes organisations de défense des droits de l'homme.
    • Israël / Palestine, le livre noir rassemble des enquêtes de huit organisations israéliennes, palestiniennes et internationales sur les violations des droits de l'homme commises depuis 2000 en Israël et en Palestine.
    • Tunisie, le livre noir, compilation de rapport sur la situation des droits de l'homme dans le pays.
  • Série biannuelle (mai et novembre), puis trois fois par an (mai, septembre et décembre) de magazines de photographies, destinée au grand public (en vente au profit des actions de RSF) :
    • Jean-Loup Sieff pour la liberté de la presse, etc.
    • 100 photos du festival de Cannes pour la liberté de la presse, etc.

RSF parraine aussi des spectacles destinés à sensibiliser le public sur les atteintes aux libertés fondamentales, dont la liberté d'accès à l'information. Des spectacles de soutien sont aussi organisés régulièrement par nombre d'artistes qui souhaitent contribuer par leur action à soutenir financièrement RSF et à en assurer la promotion.

D'autre part, RSF mène de façon continue une dizaine de pétitions simultanées destinées à recueillir le soutien du public dans la défense de certains journalistes emprisonnés ou de familles de journalistes victimes d'actes criminels, et à demander l'intervention des autorités en leur faveur afin que justice leur soit rendue de façon équitable.

RSF participe également à divers salons et manifestations sur la profession de journaliste, et sur les atteintes aux droits de l'homme dans le monde. Elle mène des actions de promotion et campagnes de presse dans différents média avec le soutien d'agences de presse, de publicité de photographes ou de réalisateurs. En 2005, la campagne avait pour slogan Personne ne devrait pouvoir empêcher un journaliste de s'exprimer.

RSF diffuse sur Internet un bulletin d'actualités générales traduites en langue persane à partir de dépêches d'agences de presse internationales, destiné à un public qui ne dispose que d'une seule agence de presse officielle dans sa langue.

Enfin, RSF publie en France Qui-vive !, un journal d'information murale destiné au jeune public.

Critiques adressées à Reporters sans frontières

Accusations de parti-pris pro-américain

Selon le journaliste Thierry Meyssan dans un article du Réseau Voltaire en 2007, RSF met en œuvre des « campagnes politiques contre des cibles déterminées » auxquelles est consacrée la plus grande partie du budget. Non seulement elles corrompreraient la neutralité de RSF, mais engageraient même l'organisation dans des prises de positions résolument politiques . Il est reproché notamment que ces campagnes, et par conséquent la plus grande partie des dons et financements de RSF, soient ou aient été dirigés contre un ensemble de « régimes progressistes » (Cuba, Haïti, Venezuela, etc.) hostiles aux États-Unis[13].

Le journaliste Ignacio Ramonet et l'universitaire Salim Lamrani[14] dénoncent un acharnement de la part de RSF contre certaines cibles, montrant par là même un alignement de l'ONG sur les positions politiques du gouvernement américain. À l'inverse, ils accusent RSF d'être très silencieux lors d'atteintes à la liberté de la presse ou à l'intégrité des journalistes dans certains pays. Ainsi, le journaliste Pierre Rimbert souligne qu'en 1999 au Kosovo, RSF ne précisa pas dans son bilan annuel que l’OTAN avait tué 18 journalistes lors du bombardement de l'immeuble de la télévision serbe et de l'ambassade de Chine. Cette année-là, l'OTAN, à elle seule, était responsable de la mort de 25% des journalistes en exercice (71 morts en 1999), devenant ainsi le principal assassin de la profession selon Pierre Rimbert[15]. De même, après la mort de journalistes lors de l'attaque de l'hôtel Palestine à Bagdad par l'armée américaine en 2003, l'écrivain Maxime Vivas a reproché à RSF de s'être borné à interroger les militaires responsables de l'assaut[16] et de ne pas avoir mené une véritable enquête sur la responsabilité des États-Unis. Le lendemain de la mort des deux reporters espagnols en Irak, RSF a publié sur la page d'accueil de son site un communiqué sur la situation du journalisme à Cuba, plutôt que sur l'évènement.

Attitude à l'égard du Venezuela, de Haïti et de Cuba

Venezuela

En 2002, le journaliste Maurice Lemoine du Monde diplomatique critiqua l’attitude de RSF à l’égard du gouvernement de Hugo Chavez, en particulier lors de la tentative de coup d’État[17].

En 2003 le Venezuela se retrouva 96e (sur 166 pays classés) dans le classement des pays respectueux des libertés de la presse, malgré le contrôle de la majorité des médias par l'opposition au gouvernement, l'absence de mesure de censure prise contre la presse (en 2002) après la tentative de coup d'État de Pedro Carmona en 2002, et les incitations par le gouvernement à la création de médias alternatifs et locaux. Cependant le classement de 2003 comprenait nettement plus de pays qu'en 2002 (année du premier rapport où seulement 139 pays étaient classés), même si la note de 2003 était plus défavorable qu'en 2002 (du fait des mesures prises en 2003 suite à la tentative de coup d'État). Depuis 2003, ces notes s'améliorent lentement, mais le Venezuela reste classé 90e (sur 167 pays classés) en 2005.

En 2007, RSF qualifia d'atteinte à la liberté d'expression le non-renouvellement, par le gouvernement vénézuélien, de la concession de Radio Caracas Television, une chaîne privée qui, selon le journaliste Hernando Calvo Ospina, « a[avait], à de multiples occasions, transgressé la loi et ouvertement participé au coup d'État du 11 avril 2002 »[18].

Haïti

En 2004, dans son rapport annuel sur Haïti, RSF affirma qu’un « climat de terreur » régnait à l’encontre de journalistes qui critiquaient le président Jean-Bertrand Ariside[19]. Selon la revue Counterpunch, après l’éviction d’Aristide, RSF affirma que la liberté de la presse s’était renforcée, mais ne dit rien dans ses rapports de 2005 et 2006 sur l’exécution extrajudiciaire du journaliste et reporter radio Jean Abdias, ni sur l’arrestation des journalistes Kevin Pina et Jean Ristil[20].

Cuba

En 2004, RSF a classé Cuba dans les dix pires pays en matière de liberté de la presse, devançant notamment la République populaire de Chine, l'Irak et d'autres pays (Brésil, Haïti, Mexique, Pérou) où des crimes, notamment des assassinats, auraient été commis contre des journalistes. Pourtant, aucun assassinat de journaliste n'aurait eu lieu à Cuba depuis la Révolution de 1959. La raison invoquée par RSF pour la position de Cuba à ce classement est la détention de vingt-et-un « professionnels des médias ». Or, selon le journaliste Salim Lamrani, d'une part une seule de ces personnes a une formation de journaliste, d'autre part elles ont été condamnées pour avoir accepté des émoluments financiers d'une puissance étrangère, un délit pénal dans tout pays[21].

Pour Salim Lamrani, la réalité de la situation de l'information sur l'île est très différente de la version défendue par RSF et d'autres organisitions non gouvernementales[22]. Il en va de même pour la liberté d'accès à Internet, Salim Lamrani accusant RSF de mentir et même de se contredire sur le sujet[23].

RSF a critiqué la participation d'Ignacio Ramonet à un salon du livre à Cuba, comme étant de nature à conforter le régime cubain que l'organisation dit hostile à la liberté de la presse.

Refus de se pencher sur la liberté de la presse en France (2001)

Dans son livre Ces journalistes que l'on veut faire taire, Robert Ménard explique qu'un différend d'importance l'opposa à ses prédécesseurs, dont Jean-Claude Guillebaud. Ce dernier, soutenu par une grande partie des militants de l'association, estimait que celle-ci devait dénoncer, en France même, les dérives déontologiques, financières et économiques qui caractérisent l'évolution du monde médiatique (les concentrations et la restriction du pluralisme, par exemple). Pas question, répondait Ménard  : « Parce que, ce faisant, nous risquons de mécontenter certains journalistes, de nous mettre à dos les grands patrons de presse et de braquer le pouvoir économique. Or, pour nous médiatiser, nous avons besoin de la complicité des journalistes, du soutien de patrons de presse et de l'argent du pouvoir économique »[24]. « Nous avons décidé de dénoncer les atteintes à la liberté de la presse en Bosnie ou au Gabon et les ambigüités des médias algériens ou tunisiens... mais de ne pas nous occuper des dérives françaises » (extrait du livre Ces journalistes que l'on veut taire, chez Albin Michel. Rapporté par l'hebdomadaire Marianne du 5 au 11 mars 2001, p. 9).

Depuis, RSF a mis en place, au sein de son bureau Europe, un bureau France qui suit de près les atteintes à la liberté de la presse en France, et intervient le cas échéant. Ainsi, lorsque l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD) a voulu interdire en 2004 la diffusion du journal gratuit Économie matin sur le parvis de la Défense au prétexte qu'il y avait déjà deux quotidiens gratuits, l'intervention de RSF a permis la diffusion de celui-ci, aux mêmes conditions économiques.[réf. nécessaire]

Retrait du soutien de l'UNESCO pour la « journée de la liberté sur internet »

Le 12 mars 2008, RSF organisait une « Journée pour la liberté sur internet » destinée à dénoncer la cybercensure dans le monde[25]. La répression des blogueurs à travers le monde serait croissante et les fermetures de sites Internet toujours plus nombreuses, selon l'organisation. Initialement patronnée par l'UNESCO, cette organisation lui a retiré son soutien, invoquant que certains éléments avait été présentés par RSF sans qu'elle n'en ait eu connaissance et de façon à laisser croire que l'UNESCO soutenait ces informations[26]. Une dépêche de l'AFP du 30 mars 2008 explique que ce retrait a pour raisons « des fautes réitérées d’éthique commises dans le seul but de discréditer un certain nombre de pays » et parce que « les agissements de RSF montrent une fois de plus qu’il ne poursuit que le sensationnalisme en voulant s’ériger en grand inquisiteur des nations en voie de développement »[27].

Actions à l'occasion des JO de Pékin en 2008

Lors du passage de la flamme olympique le 7 avril 2008 à Paris avant les Jeux olympiques d'été de 2008, RSF a organisé des actions spectaculaires, affirmant que les Chinois n'avaient pas accès aux Jeux et dénonçant les violations des droits de l'Homme en Chine[28]. Pour le sinologue Jean-Luc Domenach, la population chinoise a vu les manifestations pro-tibétaines à Paris et elle en a été très remontée. Les forums internet chinois ont rapproché ces actions de l'invasion des Huit puissances ( 八国联军 ) en 1900[29]. En riposte, des T-shirts pour la Corse libre sont apparus à Pékin. Au final, pour les JO, le peuple s'est rapproché de son gouvernement[30].

Le 7 août 2008, à la veille de l'ouverture des Jeux olympiques, RSF a vu, pour la première fois depuis sa création 25 ans plus tôt, une de ses manifestations interdite en France, par la préfecture de Paris. Cette interdiction a été annulée le 8 août par le tribunal administratif de Paris et la manifestation, commencée devant le Fouquet's, avenue des Champs-Élysées, s'est ensuite déplacée vers l'ambassade de Chine[31],[32].

Financements et dépenses

Selon Thierry Meyssan (2005), d'après ses comptes, RSF ne consacrait que 7% de son budget à la poursuite de son but déclaré, la défense et le soutien des journalistes et de la liberté d'information, par le biais de soutien juridique, de soutien matériel à leurs familles et autres[33], le reste du budget ayant été généralement utilisé pour le lancement des controversées « campagnes politiques contre des cibles déterminées » (voir plus haut)[34].

Certains journalistes ou écrivains (Hernando Calvo Ospina, Maxime Vivas, Salim Lamrani, Thierry Meyssan) ont critiqué le financement de RSF par des fonds américains, des groupes de presse, l'Open Society Institute de Georges Soros, le Center for Free Cuba[35],[18] et l'Union européenne[36].

Le directeur de celui-ci, Franck Calzon, fut le premier président de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), lobby cubano-américain visant à renverser le gouvernement cubain et soupçonné d'employer le terrorisme[37]). Dans les années 1970, il fut également l'un des dirigeants du groupe Abdala, lié au Front de libération nationale de Cuba, responsable d'attentats terroristes dans plusieurs pays, dont la France, le Portugal et le Canada[38]. Cependant, les États-Unis reculent dans le classement annuel.

Des révélations faites en mai 2005 ont montré que RSF était aussi financé par le ministère américain des affaires étrangères par l'entremise du National Endowment for Democracy[39], association qui finance quasi totalement le Center for Free Cuba. RSF conteste l'importance de ce financement[40] et déclare : « En y renonçant nous donnerions du crédit à ces calomnies fondées sur un antiaméricanisme nauséabond et une sympathie incompréhensible pour le régime castriste. Ce pays arrive juste après la Chine par le nombre de journalistes incarcérés dans ses geôles »[3].

En 2005, selon Jean-Guy Allard, l'Union européenne a versé plus d'un million d'euros à RSF[41].

En 2007, François Pinault a permis à RSF d'acquérir 180 mètres carrés de bureaux rue Vivienne à Paris, une acquisition immobilière d'un montant de 2,5 millions d'euros[42].

Rony Brauman, membre fondateur de RSF et ex-président de Médecins sans frontières, a vivement critiqué « l'opacité financière » de l'organisation. Il dénonce le financement qu'elle a reçu de « gens de Miami » opposés au régime castriste et de la Commission européenne[36]. Craignant que RSF ne devienne « un bras exécutif de la diplomatie de l’Europe », il a quitté l'organisation[36].

Contestation par le Cameroun de son classement pour 2010

Réagissant au classement 2010, le ministre de la Communication du Cameroun s’est « insurgé » contre le passage de son pays de la 109e à la 129e position, en comparant avec la situation en Irak. Le ministre a évoqué le décès du journaliste Bibi Ngota, incarcéré à Yaoundé. Selon le ministre, ce journaliste a été emprisonné pour faux et usage de faux, donc son décès ne devrait pas avoir de conséquence sur le classement. Par ailleurs le ministre s'est engagé à améliorer les conditions d'accès à l'information pour les journalistes[43].

Actions de Reporters sans frontières face aux critiques

Reporters sans frontières est une ONG française qui emploie 25 salariés à Paris. Elle a ouvert 5 bureaux et une dizaine de sections à travers le monde.

En 2006, l'organisation Reporters sans frontières est intervenue aux États-Unis pour défendre des journalistes américains et demander la fermeture du camp de Guantánamo. En 2010, RSF qualifie l'embargo des États-Unis contre Cuba d'« absurde » et en demande la levée. La France est classée en 2010 au 44e rang compte tenu d'un « climat lourd de défiance » selon RSF.

Défenses de journalistes américains

Reporters sans frontières a pris position contre l'emprisonnement par le gouvernement américain du blogueur et journaliste Josh Wolf en 2006, après une manifestation anti-G8 à San Francisco. En effet Wolf refusait de fournir à la justice un film des manifestations. RSF a également évoqué le cas des journalistes Lance Williams et Mark Fainaru-Wada, du quotidien San Francisco Chronicle, à qui la justice fédérale a ordonné, le 15 août 2006, de livrer leurs sources d'information dans une affaire de dopage. RSF déclare :

« L'affaire Josh Wolf comme l'affaire du San Francisco Chronicle ne relèvent en aucun cas de la sécurité nationale. Cet argument est utilisé abusivement dans les autres cas de litiges entre la justice fédérale et des journalistes qui refusent de livrer leurs sources ou leurs archives  » et considère l'emprisonnement de Wolf comme une « persécution judiciaire ».

RSF a demandé une loi pour protéger le secret des sources aux États-Unis[44]. À la libération de Josh Wolf, après 7 mois de détention, RSF a exprimé « son soulagement »[45]. Le secret professionnel est reconnu aux journalistes dans 33 États de l’Union. Le 16 février 2007, les élus de l’état de Washington ont voté une loi afin de protéger les sources des journalistes. RSF conclut cette affaire en indiquant :

« Les atteintes au secret des sources se sont multipliées ces dernières années, mettant en danger le droit des Américains à être pleinement informés. Trop de journalistes ont passé du temps en prison[46] ou ont été menacés d’y être envoyés. Le Congrès se doit d’adopter au plus vite une “loi bouclier” fédérale reconnaissant aux journalistes le secret des sources »[47].

Condamnation de Guantánamo et défense du journaliste Sami al-Haj

L'organisation RSF réclame la fermeture du camp de Guantánamo sur l'île de Cuba et déclare :

« Le scandale juridique et humanitaire incarné par Guantanamo dure depuis maintenant six ans... Le vainqueur du scrutin présidentiel du 7 novembre prochain, qui prendra ses fonctions en janvier 2009, devra mettre fin à une situation humainement intolérable et juridiquement intenable. Nous appelons tous les candidats en lice pour les primaires à s’engager à fermer Guantanamo »[48].

RSF est intervenu pour la libération du journaliste soudanais Sami al-Haj, de la chaîne d'Al-Jazira, emprisonné au camp de Guantánamo. Considérant qu'aucune preuve n'a été fournie concernant la culpabilité du journaliste, RSF précise que celui-ci a été :

« forcé d'avouer des connexions supposées entre la chaîne qatarie (Al-Jazira) et Al-Qaïda, le cameraman avait été soumis à plus de 150 interrogatoires et régulièrement torturé. »[49].

Levée de l'embargo sur Cuba

RSF mentionne que sur les 27 journalistes cubains arrétés en mars 2003, il restait 19 journalistes emprisonnés lors de l'arrivée au pouvoir de Raul Castro en 2008 et enfin 6 journalistes incarcérés en septembre 2010 (auxquels il faut rajouter 4 journalistes emprisonnés après 2003). RSF s'est félicité de ces libérations, même si ces journaliste doivent quitter Cuba. Enfin RSF est intervenu en 2010 sur l'embargo des États-Unis contre Cuba et demande que « soit levé l'embargo absurde imposé à l'île depuis 1962 par les États-Unis »[50].

Défense de la presse en France

L'organisation RSF intervient à propos de la liberté de la presse en France. Ainsi en 2010, celle-ci est classée au 44e rang (elle était au 43e en 2009) loin derrière les bons élèves que sont selon RSF « la Finlande, l'Islande, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse ». RSF précise que « L'année 2010 a été marquée par plusieurs agressions contre des journalistes, des mises en examen, des violations ou tentatives de violations du secret des sources.  »[51].

Financements

RSF publie sur son site les financements de l'association[52].

En 2008, la journaliste du Figaro Marie-Christine Tabet, indique que RSF présente un budget de 4 millions d'euros. Prés de 2,4 millions d'euros de son budget annuel provient de la vente de calendriers et de livres de photographies. À ces revenus s'ajoutent la vente de produits dérivés. Les financements qui ont fait l'objet de critiques sont de 64 000 € pour le Center for a free Cuba et de 35 000 € pour la National Endowement for Democracy, cette dernière somme étant allouée pour la défense de journalistes africains. Ces deux subventions représentent moins de 2,5 % du budget de RSF[3].

Les dons d'entreprises privées représentent plus de 20 % des ressources de l'ONG. Elle a bénéficié du mécénat des entreprises Sanofi Aventis, Benetton et CFAO[53]. Elle reçoit aussi le soutien de la Fondation de France, de l'Open Institute de Georges Soros, du Sigrid Rausing Trust...

L'association a pris position en faveur de la levée de l'embargo américain contre Cuba[54], ce qui a mis fin à ses anciennes relations avec le Center For a Free Cuba (en 2009).

Évolution

Selon l'Observatoire de l'action humanitaire, « Depuis que Jean-François Julliard a remplacé Robert Ménard en septembre 2008, [...] RSF ne s’occupe plus seulement des violations des droits de la presse dans les dictatures du tiers-monde et couvre aussi des pays développés comme la France. Un pareil élargissement géographique permet notamment à l’association de réagir aux critiques qui l’accusaient de trop se focaliser sur les régimes de gauche hostiles aux États-Unis »[55].

En octobre 2011, RSF a ouvert son premier bureau en Tunisie pour surveiller un éventuel retour de la censure et soutenir les journalistes et les blogueurs tunisiens[56].

Notes et références

  1. « Présentation de RSF », Reporters sans frontières, 22 avril 2009
  2. Robert Ménard est remplacé par Jean-François Julliard.
  3. a, b et c Marie-Christine Tabet, Révélations sur le financement de RSF, Le Figaro, 21 avril 2008.
  4. Bruno Bouvet, « Dominique Gerbaud élu président de Reporters sans frontières », La Croix. Mis en ligne le 01/10/2009, consulté le 11/03/2011
  5. Union Européenne de protection des défenseurs des droits de l'homme, Commission Européenne
  6. Structure des charges et des produits, Reporters sans frontières, 31 décembre 2006. Mis en ligne le 31 décembre 2006, consulté le 16 avril 2008
  7. Bilan de l'aide financière, Reporters sans frontières, 22 décembre 2010
  8. Soutien aux journalistes et blogueurs réfugiés, IFEX, 24 juin 2010
  9. Guide pratique à l'usage des victimes de crimes internationaux.
  10. (fr) Le Guide pratique du lloggeur et du cyberdissident, aussi disponible en (en), (zh), (ar), (fa).
  11. (fr) (en) Réseau Damoclès.
  12. (fr) (en) Réseau Damoclès.
  13. Quand Reporters Sans Frontières couvre la CIA, Réseau Voltaire.
  14. Salim Lamrani, Reporters sans frontières contre la démocratie vénézuélienne, Le Grand Soir, 4 juillet 2009.
  15. Pierre Rimbert, Camouflage (6). Assassins sans frontières, ACRIMED, août 2000.
  16. Maxime Vivas, Journalistes en Irak, OFM, décembre 2004.
  17. Maurice Lemoine, Coups d’Etat sans frontières, Le Monde diplomatique, août 2002 : « En oubliant, malgré quelques déclarations de principe, la défense du droit « à être informé (2) », RSF cautionne au Venezuela un plan médiatique digne de celui d’El Mercurio, quotidien chilien largement impliqué dans le golpe qui déboucha sur le renversement et la mort de Salvador Allende en 1973. »
  18. a et b Hernando Calvo Ospina, Financements sans frontières, le Monde diplomatique, juillet 2007.
  19. (en) Reporters Without Borders Annual Report 2004 – Haiti, Reporters Without Borders, 2004. Consulté le 25 January 2010.
  20. (en) CounterPunch, Reporters Without Borders and Washington's Coups : «  »
  21. Salim Lamrami, Les mensonges de Reporters sans frontières sur Cuba, Le Grand Soir, 2 juin 2009.
  22. Salim Lamrani, Les Mensonges de Reporters sans frontières, Réseau Voltaire, 2005.
  23. Salim Lamrani, Les Mensonges de Reporters sans frontières sur Cuba, Le Grand Soir, juin 2009.
  24. « Entretien avec Robert Ménard », dans Marianne, 5 mars 2001, p. 9 
  25. La cybercensure dans le monde.
  26. Lire le communiqué de l'UNESCO en ligne.
  27. L’UNESCO retire son co-patronage à Reporters sans frontières, sur le site geostrategie.com, 13 mars 2008.
  28. Chine - Rapport annuel 2008, RSF, 2008.
  29. Exemple de fil de discussion, avec images, 8 et 9 avril 2008.
  30. Jean-Luc Domenach, sinologue: « À Pékin, on trouve des T-shirts pour la Corse libre, propos recueillis par Clémence Dibout, VSD.fr, 18 avril 2008.
  31. La justice annule l'interdiction de manifester près de l'ambassade de Chine, lemonde.fr et AFP, 8 août 2008.
  32. A Paris, une manif sous tension devant l'ambassade de Chine, liberation.fr, 8 août 2008.
  33. Comptes publiés sur le site de RSF.
  34. Thierry Meyssan, Quand Reporters Sans Frontières couvre la CIA, Réseau Voltaire, 25 avril 2005.
  35. Hernando Calvo Ospina, Quand une respectable fondation prend le relais de la CIA, Le Monde diplomatique, juillet 2007.
  36. a, b et c Beaucoup de journalistes connaissent la réalité de RSF, Interview de Rony Brauman par Hernando Calvo Ospina, 2007.
  37. Jean-Guy Allard, L’industrie millionnaire de la contre-révolution. La Fondation liquide ses «joyaux», Granma International, 16 juin 2003.
  38. (es) Enrique Encinosa, Cuba en guerra, Historia de la oposicion anti-castrista. 1959-1993, The Endowment for Cuban American Studies of the Cuban American National Foundation, Miami, 1994.
  39. L’UNESCO retire son co-patronage à Reporters sans frontières, op. cit. : « Le journaliste canadien Jean-Guy Allard a plus d’une fois dénoncé, dans plusieurs articles et dans un livre, le fait que RSF reçoit une partie de ses financements de la National Endowment for Democracy (NED) des Etats-Unis ».
  40. Pourquoi s’intéresser autant à Cuba ? La réponse de Reporters sans frontières aux accusations des défenseurs du gouvernement cubain.
  41. L’UNESCO retire son co-patronage à Reporters sans frontières, op. cit. : « Il [Jean-Guy Allard] a aussi accusé l’association d’entretenir des relations suivies avec des agents reconnus de la CIA et de bénéficier du soutien financier de l’Union européenne. En 2005, l’UE a versé plus d’un million d’euros à RSF. »
  42. Marie-Christine Tabet, Révélations sur le financement de RSF, LE FIGARO.fr, 21/04/2008.
  43. Issa Tchiroma s'insurge contre le classement du Cameroun par Reporters Sans Frontières, Cameroon-info.net.
  44. RSF réclame la libération d'un blogger américain, Le Nouvel Observateur, 1er septembre 2006.
  45. [1], 20 minutes, 4 avril 2007
  46. ont passé du temps en prison = ont fait de la prison
  47. Blogueur américain libéré, Info Sud, Tribune des Droits Humains, 6 avril 2007.
  48. RSF : réclamer la fermeture de Guantanamo et la libération de Sami Al-Haj Oujda City du 19 janvier 2008.
  49. Un cameraman d'Al-Jazira libéré de Guantanamo, France 24 du 3 mai 2008.
  50. Sept ans après le Printemps noir, les journalistes libérés parlent, Échange international de la liberté d'expression du 8 septembre 2010.
  51. RSF épingle la France dans son dernier rapport sur la liberté de la presseFrance 24 du 20 octobre 2010
  52. Les comptes 2009, RSF du 24 juin 20010.
  53. Les comptes 2008, RSF du 7 septembre 2009.
  54. Il n’y a plus de tabou quand sévit la répression : Reporters sans frontières en appelle au président brésilien Lula.
  55. Observatoire de l'action humanitaire : « Depuis que Jean-François Julliard a remplacé Robert Ménard en septembre 2008, l’association développe par ailleurs une approche plus constructive en s’affranchissant du registre de la dénonciation pour promouvoir et défendre la presse tout à la fois. D’une certaine manière, RSF a ainsi renoué avec les expériences de ses débuts, lorsqu’il s’agissait de produire un journalisme alternatif. L’association a par exemple entrepris d’aider les médias haïtiens et pakistanais à se reconstruire après le tremblement de terre et les inondations de janvier et juillet 2010, respectivement. Autre inflexion notable, RSF ne s’occupe plus seulement des violations des droits de la presse dans les dictatures du tiers-monde et couvre aussi des pays développés comme la France. Un pareil élargissement géographique permet notamment à l’association de réagir aux critiques qui l’accusaient de trop se focaliser sur les régimes de gauche hostiles aux États-Unis. »
  56. RSF promet une aide technique, financière et politique en faveur des journalistes tunisiens, Tunis Afrique Presse, 10 octobre 2011.

Voir aussi

Bibliographie

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