Renaud

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Renaud
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le chanteur français. Pour les autres significations, voir Renaud (homonymie).
Renaud
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Surnom L'homme cool
Nom Renaud SĂ©chan
Naissance 11 mai 1952 (1952-05-11) (59 ans)
Paris, France
Activité principale Auteur-compositeur-interprÚte
PoĂšte
Acteur (occasionnel)
Genre musical Chanson française
Pop rock
Instruments Guitare, accordéon, harmonica
AnnĂ©es d'activitĂ© Depuis 1975
Labels Polydor (1975-1983)
Virgin
Site officiel www.renaud-lesite.fr

Entourage Olivier SĂ©chan
Thierry SĂ©chan
Lolita SĂ©chan
Alain Lanty
Jean-Pierre Bucolo
Romane Serda
Renan Luce

Renaud SĂ©chan, dit Renaud, est un auteur-compositeur-interprĂšte français nĂ© Ă  Paris le 11 mai 1952.

Avec 23 albums totalisant quasiment 20 millions d'exemplaires, Renaud est l'un des chanteurs les plus populaires en France et l'un des plus connus dans la francophonie[1],[2]. Il utilise ses chansons pour critiquer la société, rendre hommage ou faire sourire par un usage intensif d'argot dans ses paroles.

Il s'est lui-mĂȘme surnommĂ© « le chanteur Ă©nervant Â» en raison de ses multiples engagements pour des causes comme les droits de l'homme, l'Ă©cologisme ou l'antimilitarisme qui transparaissent frĂ©quemment dans ses chansons et qui ont suscitĂ© de nombreuses rĂ©actions tout au long de sa carriĂšre. Si elles ont souvent Ă©tĂ© contestĂ©es, il est devenu au fil des annĂ©es l'un des Français les plus populaires[3].

Il a également joué dans quelques films, notamment dans l'adaptation de Germinal par Claude Berri en 1993, et dans Wanted de Brad Mirman en 2003.

Sommaire

Biographie

L'enfance et l'adolescence (1952 - 1968)

Renaud Pierre Manuel SĂ©chan est nĂ© le 11 mai 1952 dans le 14e arrondissement de Paris. Il a un faux jumeau, David, ainsi que quatre autres frĂšres et sƓurs dont l'Ă©crivain Thierry SĂ©chan.

Son oncle, Edmond SĂ©chan, photographe et rĂ©alisateur reconnu (entre autres : Oscar du meilleur court-mĂ©trage Ă©tranger en 1975) et son pĂšre, Olivier, professeur d'allemand et de nĂ©erlandais, traducteur et auteur de romans policiers, sont originaires d'une famille protestante des CĂ©vennes[4]. Son pĂšre a reçu le prix des Deux Magots en 1942 pour Les Corps ont soif et a travaillĂ© pendant la Seconde Guerre mondiale Ă  Radio Paris comme traducteur[5]. Il lui a donnĂ© le goĂ»t de l'Ă©criture.

Sa mĂšre, Solange, originaire d'une famille de mineurs du Nord, Ă©tait ouvriĂšre avant de devenir femme au foyer.

Son grand-pÚre paternel, Louis Séchan était un helléniste français renommé, professeur à la Sorbonne[6], auteur de divers ouvrages et dont l'épouse, Isabelle Bost, était, par son pÚre, la petite-fille d'Ami Bost[7] et la niÚce de John Bost et, par sa mÚre, la niÚce de Louisa Siefert (arriÚre-grande-tante de Renaud), qui connut Arthur Rimbaud[8].

Son grand-pĂšre maternel, Oscar, ancien mineur aprĂšs avoir quittĂ© l’école Ă  l'Ăąge de 13 ans, fut d'abord membre du Parti communiste, puis le quitta en 1937, déçu aprĂšs un voyage en Union SoviĂ©tique en 1932. Il rejoignit ensuite le Parti populaire français, parti collaborationniste de Jacques Doriot[9].

À ce double hĂ©ritage culturel s'ajoutent Ă©galement deux tendances musicales : sa mĂšre Ă©coute de la chanson populaire allant de FrĂ©hel Ă  Maurice Chevalier ou Édith Piaf alors que son pĂšre est amateur de musique classique et de chanson française, notamment Georges Brassens[10].

Vers 10-12 ans, il dĂ©couvre la vague yĂ©yĂ© et les Beatles et vers 14-15 ans, il se met Ă  Ă©couter le chant de rĂ©volte de Hugues Aufray, qui devient sa premiĂšre idole[11], et Bob Dylan puis Joan Baez, Leonard Cohen, Donovan, Sullivan. En 1966, il dĂ©couvre Antoine dont les thĂšmes qu'il dĂ©fend le touchent, et commence la guitare. Son style vestimentaire s'inspire toutefois d'un autre chanteur : Ronnie Bird[12].

MalgrĂ© certaines aptitudes, notamment en français, Renaud manifeste trĂšs peu d'intĂ©rĂȘt pour les Ă©tudes, avec un dĂ©goĂ»t particulier pour les cours de gymnastique dont le cĂŽtĂ© militaire l'Ă©nerve dĂ©jĂ [12]. En 1963, Renaud et son frĂšre entrent en sixiĂšme au lycĂ©e Gabriel FaurĂ© dans le 13e arrondissement oĂč leur pĂšre enseigne l'allemand. À partir de lĂ , les rĂ©sultats de Renaud commencent Ă  baisser, notamment en mathĂ©matiques, celui-ci prĂ©fĂ©rant s'intĂ©resser aux boums, aux filles, et aux mobylettes[13]. Il commence Ă  sĂ©cher les cours, prĂ©fĂ©rant aller Ă©crire des poĂšmes devant les statues du jardin du Luxembourg[12]. En 1965, il Ă©choue au BEPC et doit redoubler sa troisiĂšme mais le lycĂ©e Gabriel FaurĂ© refuse de le garder malgrĂ© l'influence de son pĂšre. Il intĂšgre ainsi le lycĂ©e Montaigne Ă  la rentrĂ©e 1967 sans plus de succĂšs dans ses rĂ©sultats.

PlutĂŽt que les Ă©tudes, Renaud se sent bien plus attirĂ© par la politique. DĂšs 1962, il s'intĂ©resse aux rĂ©actions et manifestations pacifistes mĂ©tropolitaines durant la guerre d'AlgĂ©rie, auxquelles ses parents ont participĂ©, et est profondĂ©ment choquĂ© par les Ă©vĂšnements du mĂ©tro Charonne et par l'explosion de deux bombes de l'OAS prĂšs des appartements de la famille SĂ©chan[14]. En 1966, il fait ses premiers pas de militant en rejoignant le MCAA (Mouvement Contre l'Arme Atomique), animĂ© par Jean Rostand[15]. Dans son nouveau lycĂ©e, Ă  l'atmosphĂšre plus politisĂ©e, il rencontre d'autres camarades du mĂȘme bord politique que lui avec qui il part provoquer les Ă©tudiants de la facultĂ© de droit d'Assas et leurs militants d'extrĂȘme droite, toute proche[13]. Par l'intermĂ©diaire de ses copains, il s'approche des milieux maoĂŻstes et trotskystes[12]. Cette rĂ©bellion lui vaut quelques heurts avec son pĂšre. Il crĂ©e un ComitĂ© ViĂȘt Nam dans son lycĂ©e pour protester contre la guerre du ViĂȘt Nam en 1967 et frĂ©quente assidument les « AmitiĂ©s franco-chinoises Â».

En mai 1968, avec son frĂšre Thierry, Renaud vit pendant trois semaines dans la Sorbonne occupĂ©e, participant aux manifestations et barricades. Il fĂȘte ses seize ans le 11 mai sur les barricades du quartier latin.

Les débuts dans la musique (1968 - 1977)

Ses premiĂšres chansons furent Ă©crites pendant l'occupation de la Sorbonne en mai 68.

Pendant mai 1968, il participe Ă  la crĂ©ation du groupe Gavroche rĂ©volutionnaire qui ne fait guĂšre d'Ă©mules[13]. Il rĂ©cite aussi des sketches de Guy Bedos, ce sont ses premiers pas sur scĂšne[14]. C'est par ailleurs dans l'un des amphithĂ©Ăątres de la Sorbonne que Renaud croise Évariste, un Ă©tudiant qui commence Ă  chanter en s'accompagnant de sa guitare une chanson Ă©crite par lui-mĂȘme[16]. Il dĂ©couvre alors l'Ă©criture de chansons, et rĂ©dige sa premiĂšre : CrĂšve salope qui a eu un franc succĂšs auprĂšs des autres Ă©tudiants[17]. Deux autres chansons, C.A.L. en Bourse et Ravachol, suivent rapidement, toutes encore inĂ©dites Ă  ce jour.

En aoĂ»t 1968, comme cela se fait un peu partout en Europe, il fonde avec quelques amis une communautĂ© anarchiste sur le Mont LozĂšre, dans les CĂ©vennes mais ils sont rapidement dĂ©logĂ©s par la gendarmerie[18]. Ses parents l'inscrivent alors dans une classe de seconde artistique du lycĂ©e Claude Bernard, au milieu des quartiers de la porte d'Auteuil, dont l'environnement bourgeois l'exaspĂšre[19]. Il retrouve ses amis de Montaigne au « BrĂ©a Â», un bistrot prĂšs de son ancien lycĂ©e qu'il continua de frĂ©quenter par la suite.

En avril 1969, il arrĂȘte ses Ă©tudes, s'installe dans une chambre de bonne, et entre dans la vie active comme magasinier puis vendeur Ă  la Librairie 73 au boulevard Saint-Michel durant deux ans, il profite de ses temps libres pour lire autre chose que ce que lui a imposĂ© l'Ă©cole : Vian, PrĂ©vert, Maupassant, Zola, Bruant, CĂ©line
 À cette Ă©poque, il chante encore uniquement pour amuser ses amis ou draguer[12]. Les chansons sont de lui, mais aussi d'Hugues Aufray ou de Bob Dylan. Au bout de quelques mois il peut s'acheter une premiĂšre moto avec laquelle il rencontre ses premiers amis « loubards Â» et frĂ©quente les bandes d'Argenteuil, de RĂ©publique et de Bastille. Comme eux, il se met Ă  porter le cuir et reconnaĂźt avoir failli mal tourner. Avec eux il connait les bagarres, mĂȘme s'il prĂ©fĂšre les Ă©viter, et se laisse entraĂźner dans quelques petits casses mais, songeant Ă  ce que penserait sa mĂšre, il refuse d'aller plus loin[13].

En 1971, en vacances Ă  Belle-Île-en-Mer, il rencontre Patrick Dewaere dans une soirĂ©e[20] qui le fait entrer comme comĂ©dien au CafĂ© de la Gare (Ă  Paris) pour remplacer un acteur au physique similaire parti aux États-Unis. Pendant quelques mois, tout en restant libraire la journĂ©e, il joue avec Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille, Henri Guybet, Sotha et, bien sĂ»r, Patrick Dewaere, notamment dans Robin des quoi ? de Romain Bouteille[21]. Il rend finalement sa place Ă  l'acteur Ă  son retour (il fut plus tard remplacĂ© par GĂ©rard Depardieu). Renaud pense alors avoir trouvĂ© sa vocation : comĂ©dien[12].

Il est exempté du service militaire, ayant eu un demi-frÚre décédé lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale et ses trois frÚres précédents ayant été exemptés pour d'autres motifs[22]. En 1972, licencié de la librairie, suite à ses retards successifs, Renaud quitte Paris pour s'installer à Avignon. Il en revient au bout de cinq mois, face au peu d'avenir que lui offre la ville dans les carriÚres artistiques qu'il envisage, et aprÚs avoir effectué de multiples petits boulots de plongeur à représentant en livres pornos[13].

En 1973-1974, dans sa pĂ©riode dandy oĂč il frĂ©quente les hauts lieux de Montparnasse, il continue les petits boulots, prend des cours d'art dramatique, et joue quelques petits rĂŽles dans des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es, des petits films
 AprĂšs s'ĂȘtre fait rejeter lors d'une audition sur scĂšne pour jouer de la musique au Don Camilo, il commence Ă  chanter dans les rues et les cours d'immeuble du cĂŽtĂ© de la porte d'OrlĂ©ans, rejoignant un copain accordĂ©oniste, Michel Pons, le fils du patron de son bistrot favori le « BrĂ©a Â». Il y chante le Paris populaire qu'il affectionne grĂące aux chansons de Bruant principalement ou de simples bals musette, mais son rĂ©pertoire s'Ă©largit avec ce qu'il Ă©crit et compose lui-mĂȘme. L'idĂ©e Ă©tait de faire revivre la tradition des accordĂ©onistes qu'il avait vus faire la manche dans son enfance. La recette obtient un certain succĂšs[23].

Paul Lederman remarqua Renaud alors que celui-ci chantait devant le Café de la Gare.

En 1974 alors que Coluche donne son premier spectacle au nouveau CafĂ© de la Gare rue du Temple, Renaud, Michel et leur guitariste BĂ©nĂ©dicte Coutler dĂ©cident de jouer dans la cour pour les 500 personnes de la file d'attente, oĂč ils se font remarquer par Paul Lederman, le producteur de Coluche, qui leur propose de venir jouer au Caf'conc' de Paris, en premiĂšre partie du spectacle de Coluche[20]. Leur groupe est appelĂ© les P'tits Loulous. EngagĂ©s pour trois mois, le groupe ne dure que trois semaines car Michel doit partir effectuer son service militaire. EncouragĂ© par Ledermann, Renaud continue seul en chantant ses propres chansons (Hexagone, Camarade bourgeois
). C'est lĂ  qu'un soir de 1975, deux producteurs, Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim, l'entendent et lui proposent de faire un disque. Renaud, qui avait dĂ©jĂ  refusĂ© une proposition de Lederman - il entend toujours faire acteur -, est peu enthousiasmĂ© par la proposition mais accepte tout de mĂȘme[13]. Son premier 33 tours, Amoureux de Paname, sort en mars 1975. Jean-Louis Foulquier est le premier Ă  l'inviter Ă  son Ă©mission Studio de Nuit[24]. Lors de son premier passage tĂ©lĂ©visĂ©, Ă  Midi-PremiĂšre chez DaniĂšle Gilbert, il joue Camarade Bourgeois. Avec 2 200 exemplaires vendus, Amoureux de Paname lui vaut un succĂšs d'estime qui lui permet de chanter dans des MJC et de faire quelques dates, faiblement rĂ©munĂ©rĂ©es, en France et en Belgique[13]. La chanson Hexagone, qui brocarde la France d'alors (qu'il accuse de fascisme en le comparant Ă  la « gangrĂšne Â» qui sĂ©vit « Ă  Santiago comme Ă  Paris Â», allusion au rĂ©gime de Pinochet), est interdite d'antenne sur France Inter pendant la visite du pape en France[13].

En juin 1975, il partage l'affiche avec Yvan Dautin Ă  La Pizza du Marais devant un petit public comprenant les dĂ©jĂ  cĂ©lĂšbres Julien Clerc et Maxime Le Forestier[14]. Il y fait aussi la connaissance de Bernard Lavilliers qui essaye de percer comme lui. Mais Renaud ne croit toujours pas Ă  une quelconque carriĂšre et continue de faire le figurant dans des petits feuilletons ou le mĂ©canicien dans un magasin de moto[13]. DĂ©but 1977, il joue mĂȘme plusieurs soirs dans Le Secret de Zonga, une piĂšce de Martin Lamotte au cafĂ©-thĂ©Ăątre La Veuve Pichard. Il y rencontre Dominique Lanvin, sa future Ă©pouse[25].

La période du loubard (1977 - 1982)

Toujours avec ses mĂȘmes producteurs, Renaud sort son deuxiĂšme album Laisse bĂ©ton en 1977 oĂč il abandonne son image de titi parisien (qu'il trouve trop folklorique[13]) pour celle du gentil loubard au blouson de cuir[26], image qu'il durcit jusqu’à l'album Marche Ă  l'ombre. Renaud a plus de libertĂ© pour cet album. Il impose ses musiciens, la pochette et la chanson Les Charognards que ses producteurs refusaient pour « apologie du gangstĂ©risme Â» (il n'avait pas rĂ©ussi Ă  leur imposer une chanson contre Franco sur l'album prĂ©cĂ©dent)[13]. Nettement plus soignĂ©, Laisse bĂ©ton se vend modestement mais la chanson-titre devient vite un tube dans les premiers mois de 1978 et le grand public dĂ©couvre le chanteur Renaud.

Alain Meilland et Renaud dans la loge de la MCB avant le premier passage au Printemps de Bourges 1978

Fin 1977, au cours de l'émission Studio de Nuit de Jean-Louis Foulquier, sur France Inter[27] Jacques Erwan (journaliste) et Alain Meilland (co-fondateur avec Daniel Colling du Printemps de Bourges) vont lui proposer un premier passage à ce nouveau festival consacré à la chanson française[28]. Ce nouveau venu dans la chanson triomphe au Printemps de Bourges en avril 1978, accompagné par le groupe Oze. La chanson Hexagone fait partie du double album compilation et Renaud restera trÚs attaché à ce festival qui le programmera souvent.

Son image de loubard amĂšne aux concerts un public de voyous auquel il n'avait jusqu'alors pas Ă©tĂ© habituĂ©[13]. Le 30 juin, Renaud remporte le premier prix au Festival de Spa, en Belgique, avec Chanson pour Pierrot. La vente du single Laisse bĂ©ton atteint les 300 000 exemplaires et l'album se vend Ă  200 000 exemplaires. Cette soudaine cĂ©lĂ©britĂ© l'amĂšne Ă  se poser des questions sur l'influence qu'il peut avoir[29]. Les mĂ©dias commencent Ă  lui coller l'Ă©tiquette de loubard alors qu'il refuse de se limiter Ă  cet aspect. En effet Renaud n'attribue pas Ă  ses chansons de zonard un cĂŽtĂ© autobiographique mais une maniĂšre de faire connaĂźtre les problĂšmes de ces gens qu'il a connus[30]. Pour se « dĂ©mystifier Â» aux yeux du public, il termine tous ses spectacles par Peau Aime qui se retrouve sur son album suivant. La boĂźte de production ayant fait faillite, Polydor rachĂšte le contrat de Renaud, qui dispose d'un contrat moins lĂ©onin.

TroisiĂšme album de Renaud, Ma gonzesse sort en janvier 1979. Dans la lignĂ©e du prĂ©cĂ©dent, Renaud se dĂ©voile nĂ©anmoins plus sensible et adepte de l'autodĂ©rision. C'est mon dernier bal est interdite d'antenne. En mars, il affronte sa premiĂšre grande salle parisienne : le ThĂ©Ăątre de la Ville, salle de huit cents places oĂč il joue Ă  guichets fermĂ©s cinq soirs de suite. Avec le succĂšs croissant arrivent les premiĂšres controverses. Maintenant que le chanteur a gagnĂ© beaucoup d'argent et qu'il se met Ă  faire des chansons sentimentales, son image de loubard rebelle ne colle plus vraiment et certains, comme Rock & Folk, le voient dĂ©jĂ  rĂ©cupĂ©rĂ© par la sociĂ©tĂ© de consommation. De plus la famille d'intellectuels du cĂŽtĂ© de son pĂšre lui vaut d'ĂȘtre traitĂ© de bourgeois. Ces critiques Ă©nervent Renaud qui promet un prochain album « d'une violence noire[12] Â».

En 1980, Renaud publie chez l'Ă©diteur Ă  rĂ©putation rĂ©volutionnaire Champ libre, un recueil des paroles de ses chansons intitulĂ© Sans zikmu. La relation avec l'Ă©diteur tournera court suite Ă  un Ă©change de lettres oĂč GĂ©rard Lebovici reproche Ă  Renaud sa complaisance avec des medias staliniens et le fait qu'il n'ait pas Ă©crit de chanson sur Mesrine lorsqu'il Ă©tait encore en vie[31]. L'album suivant, Marche Ă  l'ombre, sorti en janvier 1980, est dĂ©diĂ©, entre autres, Ă  Paul Toul (pseudonyme de Jacques Mesrine), criminel français des annĂ©es 1970, tuĂ© par la police. Plus violent et plus sombre (Baston, La Teigne, Marche Ă  l'ombre, Mimi l'ennui
) sans ĂȘtre dĂ©nuĂ© d'humour, l'album obtient un fort succĂšs. Renaud a abandonnĂ© son groupe de scĂšne pour une Ă©quipe de musiciens professionnels comme Jean-Philippe Goude[32]. GĂ©rard Lambert, personnage central de la chanson Les aventures de GĂ©rard Lambert, devient un vrai phĂ©nomĂšne. Plus prĂ©judiciable OĂč c'est qu'j'ai mis mon flingue ? s'en prend violemment Ă  toutes les critiques qu'il a pu recevoir et lui attirent les foudres du Parti communiste français. La mĂȘme annĂ©e Renaud est applaudi par le public et par la presse Ă  Bobino dont Polydor met en vente un double album live Renaud Ă  Bobino. La premiĂšre partie du spectacle, qui Ă©tait elle aussi assurĂ©e par Renaud, sort en album sous le titre Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons rĂ©alistes. Renaud y chante de vieilles chansons du siĂšcle prĂ©cĂ©dent, accompagnĂ© par l'accordĂ©oniste Joss Baselli.

Avec Le Retour de Gérard Lambert, enregistré fin 1981, Renaud commence à délaisser son blouson noir, transition entre Marche à l'ombre et Morgane de toi. Devenu pÚre d'une petite Lolita depuis août 1980, Renaud préfÚre s'éloigner de la violence[12]. Cependant, les ventes n'égalent pas celles de Marche à l'ombre malgré la présence de deux titres phares, Manu et La Blanche (dédiée à Michel Roy), et d'une chanson signée Coluche, Soleil immonde. En novembre 1981, sort Les Aventures de Gérard Lambert, une BD scénarisée par Renaud et dessinée par Jacques Armand[33]. Fin 1982, Renaud fait sans le savoir ses adieux au loubard sur la scÚne de l'Olympia[12]. Un double album live intitulé Un Olympia pour moi tout seul est édité à l'occasion de ce concert.

Paternité et succÚs (1982-1990)

InspirĂ© par des amis et par la lecture des rĂ©cits des voyages d'Antoine[34], aspirant Ă  fuir un peu la surmĂ©diatisation, Renaud dĂ©couvre la mer et prend le large avec son bateau, la Makhnovchtchina. L'Ă©popĂ©e dure de septembre 1982 Ă  mars 1983 et il en tire un tube : DĂšs que le vent soufflera avec son fameux « Tatatin Â». Pour Morgane de toi, sorti en 1983, Renaud part pour Los Angeles et s'entoure de musiciens amĂ©ricains renommĂ©s, comme le guitariste Albert Lee. Cet investissement n'est pas vain car Morgane de toi se vend Ă  plus d'un million d'exemplaires en quelques mois. Deux chansons y sont dĂ©diĂ©es Ă  sa fille, inaugurant une longue tradition qui se poursuit sur tous les albums suivants. Serge Gainsbourg rĂ©alise le premier clip de Renaud sur Morgane de toi. Renaud a dĂ©finitivement cassĂ© son image : moins agressif, plus Ă©colo, un blouson en jean Ă  la place du blouson de cuir[12]. Il conserve cependant les santiags et le bandana rouge.

En 1981, Renaud reprĂ©sente 45% du chiffre d'affaires de Polydor[12]. Mais ne se sentant pas soutenu par sa maison de disques, il ne renouvelle pas son contrat aprĂšs Morgane de toi. Il signe chez Virgin pour 18 millions de francs, une somme record pour l'Ă©poque[35]. Il fonde alors son label, Ceci-Cela, ainsi qu'une maison d'Ă©ditions Mino Music et Encore merci qui s'occupe du merchandising. Il joue au ZĂ©nith de Paris, qui vient juste d'ĂȘtre inaugurĂ©, du 17 janvier au 5 fĂ©vrier 1984, puis effectue une tournĂ©e qui se termine au Printemps de Bourges. Entre le 10 et le 20 juillet, il part Ă  la rencontre de son public quĂ©bĂ©cois et rĂ©unit 40 000 personnes au cours de ses six concerts en AmĂ©rique du Nord. Le 8 septembre, malgrĂ© ses relations en froid avec le PCF, il chante en vedette Ă  la FĂȘte de l'HumanitĂ©, revenant ainsi sur ses prises de positions passĂ©es pas plus tard qu'au dĂ©but de l'annĂ©e, afin de bien montrer qu'il s'oppose Ă  la droite.

L'annĂ©e 1985 est une annĂ©e mouvementĂ©e pour Renaud. En fĂ©vrier, la chanteuse ValĂ©rie Lagrange lui propose d'Ă©crire une chanson pour l'Afrique[36]. À l'Ă©poque en effet, une sĂ©cheresse sans prĂ©cĂ©dent sĂ©vissait en Éthiopie depuis plusieurs annĂ©es, faisant des milliers de victimes. Des musiciens africains et des artistes d'AmĂ©rique du Nord comme Bob Geldof avaient dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© des disques de solidaritĂ© mais en France, rien n'avait Ă©tĂ© fait. ValĂ©rie Lagrange voit en Renaud le catalyseur idĂ©al pouvant faire bouger les artistes[12]. AprĂšs quelques hĂ©sitations, il accepte, Ă©crit une chanson sur une musique de Franck Langolff et rĂ©unit une trentaine d'artistes (parmi lesquels Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Jacques Higelin, Coluche, Julien Clerc, Alain Souchon
). Le disque dĂ©passe rapidement le million d'exemplaires (1 724 000 exactement, 8e single le plus vendu en France[37]) et rapporte plusieurs millions de francs Ă  MĂ©decins sans frontiĂšres, l'association bĂ©nĂ©ficiaire de l'opĂ©ration. Le concert des Chanteurs sans frontiĂšres organisĂ© par la suite Ă  La Courneuve est cependant bien moins rĂ©ussi.

En aoĂ»t, contactĂ© par le Festival mondial de la jeunesse et des Ă©tudiants, Renaud part donner une sĂ©rie de concerts Ă  Moscou, en URSS. SĂ©jour encadrĂ© mais globalement positif, Renaud se rĂ©jouissant d'affronter un public non francophone, jusqu’à l'incident du parc Gorki : devant dix mille personnes (triĂ©es sur le volet), Renaud entame sa chanson pacifiste DĂ©serteur. Des projecteurs Ă©clairent soudainement les gradins, trois mille spectateurs se lĂšvent en mĂȘme temps et quittent la salle[35]. Incident prĂ©mĂ©ditĂ©, probablement par une faction dirigeante peu encline Ă  cette ouverture vers l'Occident, dont Renaud, fils de communistes fervents, sort profondĂ©ment blessĂ©[12]. Ce sĂ©jour soviĂ©tique modifie sa vision du pays et lui inspire la chanson FatiguĂ© (paru ensuite dans le futur album Mistral gagnant) qu'il avait Ă©bauchĂ© le jour mĂȘme devant l'hotel Ukraine[15]. ÉpuisĂ© moralement et physiquement, il quitte l'URSS pour l'enregistrement de son album suivant Ă  Los Angeles.

ArrivĂ© dans les bacs en dĂ©cembre, Mistral gagnant sent la dĂ©sillusion (FatiguĂ©), la dĂ©sespĂ©rance (Morts les Enfants, P'tite Conne - chanson dĂ©diĂ©e Ă  Pascale Ogier, la fille de l'actrice Bulle Ogier), la nostalgie de l'enfance (Mistral gagnant), traduisant ainsi les derniers mois difficiles durant lesquels Renaud Ă©crivit les chansons de l'album. Le titre Miss Maggie, hymne fĂ©ministe - Ă©crit aprĂšs le drame du Heysel - et charge contre Margaret Thatcher, dĂ©clenche une polĂ©mique en Angleterre[12]. L'accueil enthousiaste du public (plus d'un million d'exemplaires vendus) et de la critique favorable Ă  ce disque « inquiet Â» redonne confiance Ă  Renaud pour sa prochaine prestation pendant un mois au ZĂ©nith dĂ©but 1986. 180.000 personnes y assistent. Le dĂ©cor, un bateau, le Karaboudjan[38], Le Crabe aux pinces d'or. Sa tournĂ©e Le Retour de la Chetron Sauvage est un franc succĂšs. Par ailleurs, un recueil de ses chansons et dessins, prĂ©facĂ© par FrĂ©dĂ©ric Dard[39], lui vaut d'ĂȘtre invitĂ© par Bernard Pivot dans l'Ă©mission Apostrophes, reconnaissance officielle de ses talents d'Ă©crivain[40].

Si sa vie d'artiste est comblĂ©e, ce n'est pas le cas de sa vie personnelle. Renaud s'enfonce doucement dans la dĂ©prime[12] : par la remise en question de ses engagements (qui a commencĂ© depuis Morgane de toi), par le temps qui passe
 et par les premiers deuils. Le 19 juin 1986, la mort brutale de son ami Coluche l'affecte gravement. En 1988, Renaud dĂ©die son nouvel album Putain de camion Ă  Marius et Ă  Romain, les fils de Michel et VĂ©ronique Colucci. La chanson-titre de l'album est d'ailleurs un hommage Ă  celui qui fut le parrain de sa fille Lolita. L'album sort sans promotion, dĂ©cision qui a un effet sensible sur les ventes : 750 000, soit deux fois moins que le prĂ©cĂ©dent. L'album obtient malgrĂ© tout en 1989 plusieurs prix[41].

En 1989, Renaud organise un grand concert gratuit place de la Bastille Ă  Paris, Ça suffat comme ci avec Johnny Clegg et la Mano Negra, initiĂ© par l'Ă©crivain Gilles Perrault et la LCR en rĂ©ponse au sommet du G7 Ă  Paris. La mĂȘme annĂ©e sort un double album live, Visage pĂąle rencontrer public, Renaud tour 89 tĂ©moignage d'une tournĂ©e avec, pour dĂ©cor, un arbre gĂ©ant.

En 1990, le chanteur Ă©crit 6 titres pour le second album de Vanessa Paradis, sur des musiques de Franck Langolff. Mais, entre temps, Vanessa Paradis rencontre Serge Gainsbourg qui tient absolument Ă  Ă©crire l'intĂ©gralitĂ© de Variations sur le mĂȘme t'aime. Il s'entretient avec Renaud pour le supplier de se retirer du projet. Le chanteur se voit contraint de "mettre Ă  la poubelle" les 6 maquettes dĂ©jĂ  enregistrĂ©es pour Vanessa Paradis[42].

De 1975 à 1985, il a enregistré sept albums. Jusqu'en 1995, il en enregistre trois (plus deux albums de reprises).

L'Irlande, le Nord, et la Belle de Mai (1991 - 1995)

En 1991 arrive l'album Marchand de cailloux, enregistrĂ© au Studio Sarm West Ă  Londres durant la premiĂšre guerre du Golfe contre laquelle Renaud a militĂ© (on peut lire au dos du disque « enregistrĂ© pendant leur sale guerre Â»). Avec des chansons pacifistes, de pĂȘche Ă  la ligne (Tant qu'il y aura des ombres) ainsi que sur les dirigeants socialistes qui l'ont tant déçu (Tonton, Le tango des Ă©lus), l'album se vend Ă  peine moins bien que Putain de camion (650 000 exemplaires) mais obtient un Grand Prix de l'AcadĂ©mie du disque Charles Cros. Le clip de P’tit voleur est tournĂ© avec Emmanuelle BĂ©art.

En mai 1992, il chante cinq semaines durant au Casino de Paris, cette fois sans dĂ©cor exorbitant. En juillet 1992, il fait partie de l'Ă©quipe qui relance Charlie Hebdo, et devient actionnaire du titre[43]. Il arrĂȘte sa chronique Renaud bille en tĂȘte en dĂ©cembre 1993 pour se consacrer Ă  l’enregistrement de À la Belle de Mai. Il recommence entre janvier 1995 et juillet 1996 avec EnvoyĂ© spĂ©cial chez moi. Il consacre le reste de l'annĂ©e 1992 au tournage de Germinal oĂč il joue le rĂŽle d'Étienne Lantier aux cĂŽtĂ©s de GĂ©rard Depardieu, Miou-Miou et Jean Carmet. En 1980, dans la loge de Bobino, le rĂ©alisateur Claude Berri lui avait en effet promis qu'un jour il lui trouverait un rĂŽle au cinĂ©ma[12]. Bien qu'il aurait prĂ©fĂ©rĂ© un petit rĂŽle, Renaud accepte en tant que petit-fils de mineur (Oscar, inspiration de la chanson homonyme)[12]. Comme en prĂ©lude Ă  la sortie du film, Renaud enregistre dĂ©but 1993 Renaud cante el' Nord, album de reprises de chansons ch'ti. Au cours des six mois de tournage de Germinal, Renaud a pu dĂ©couvrir le folklore des gens du Nord et, par amour de ces gens qu'il considĂšre d'une grande gĂ©nĂ©rositĂ©, a dĂ©cidĂ© de le chanter[44]. L'album lui vaut sa premiĂšre Victoire de la musique en 1994 dans la catĂ©gorie « Album de musique traditionnelle Â» et se vend Ă  300 000 exemplaires, alors que Renaud pensait qu'il n'intĂ©resserait que les gens du Nord. Toujours en 1994, il sort un conte pour enfants La Petite vague qui avait le mal de mer qui est ensuite traduit en castillan et en catalan.

Suit en novembre 1994, À la Belle de Mai (du nom d'un quartier marseillais), enregistrĂ© Ă  son domicile[45], entiĂšrement acoustique. Renaud privilĂ©gie plus les coups de cƓur que les coups de sang : il chante son admiration pour Che Guevara, Zapata ou Pancho Villa. Trois musiques sont signĂ©es par son ami Julien Clerc et les arrangements sont dirigĂ©s par l'accordĂ©oniste Jean-Louis Roques dont l'influence musicale a pris de plus en plus d'importance depuis 1978[13]. Mais les ventes de l'album ne dĂ©collent pas vraiment (300.000 exemplaires), malgrĂ© quelques succĂšs (C'est quand qu'on va oĂč ?, La mĂ©daille, Mon amoureux, À la Belle de Mai). Le concert ainsi que la tournĂ©e qui suivit sont enregistrĂ©s sur le double album live Paris-Provinces Aller/Retour et sur VHS. À partir du 1er mai 1995, peu avant l’élection prĂ©sidentielle en France, Renaud se produit Ă  la MutualitĂ©, symbole des grands meetings de la gauche. Durant l'hiver 1995, il avait effectuĂ© une tournĂ©e en Bosnie avec Charlie Hebdo et Philippe Val. Cette mĂȘme annĂ©e, Renaud enregistre un album reprenant vingt-trois chansons de Georges Brassens : Renaud chante Brassens.

Mais pour Renaud (et surtout pour ses maisons de disques), cette année 1995 est aussi l'année des compilations. Polydor et Virgin, ses deux maisons de disques, sortent coup sur coup The meilleur of Renaud 1975-1985, The meilleur of Renaud 1985-1995 et une double compilation The very meilleur of Renaud, l'ensemble se vend à 800 000 exemplaires. Puis en novembre sort L'intégrale Renaud contenant trois albums inédits (Renaud chante Brassens, Les Introuvables et Le Retour de la Chetron Sauvage).

Le passage du « Renard Â» (1995 - 2002)

VoilĂ  quelques annĂ©es dĂ©jĂ  que Renaud s'enfonçait dans la dĂ©pression. Nostalgie du temps qui passe, perte de ses idĂ©aux, une longue pĂ©riode de silence commence en 1995 et ne se termine qu'en 2002, avec d'innombrables rechutes[12]. Renaud a toujours Ă©tĂ© nostalgique de son enfance et fataliste quant Ă  l'avenir (J'ai la vie qui me pique les yeux, Mistral gagnant), et la perte de plusieurs amis proches comme Coluche, Desproges et Gainsbourg l'affecta beaucoup. Au fil des annĂ©es, et malgrĂ© un soutien constant de son Ă©pouse (qui, selon la famille SĂ©chan, « portait Renaud Ă  bout de bras Â»), Renaud cĂ©da Ă  sa mĂ©lancolie pour se rapprocher de son cĂŽtĂ© sombre - qu'il surnomme lui-mĂȘme « Renard Â» (par analogie avec Gainsbourg/Gainsbarre). Pris dans l'alcoolisme, la solitude et le cynisme, Renaud y perd son grand amour, Dominique, qui le quitte en 1999 en mĂȘme temps que l'inspiration. Il emmĂ©nage alors avec son frĂšre Thierry au-dessus de la brasserie la Closerie des Lilas, qui devient son quartier gĂ©nĂ©ral[12].

Devenu l'ombre de lui-mĂȘme, ses quelques apparitions le montrent bouffi par l'alcool, les yeux cernĂ©s. Conscients de l'urgence, ses musiciens Alain Lanty et Jean-Pierre Bucolo, l'embarquent dans une tournĂ©e thĂ©rapeutique Une guitare, un piano et Renaud, marathon de 202 dates dans des petites salles de province entre octobre 1999 et mars 2001, qui lui fait rĂ©aliser l'amour que lui porte encore son public, malgrĂ© les performances vocales Ă©raillĂ©es et parfois totalement catastrophiques du chanteur[12]. La tournĂ©e introduit trois nouvelles chansons, Baltique, Boucan d'enfer et Elle a vu le loup mais Renaud n'arrive plus Ă  Ă©crire et ne sait mĂȘme pas s'il arriverait Ă  sortir un nouvel album[13]. Un premier dĂ©clic arrive grĂące Ă  son ami journaliste Pascal Fioretto. Alors en cure, Renaud craque et veut se resservir un verre. Fioretto lui accorde Ă  la condition qu'il lui Ă©crive une chanson. Une heure plus tard, Renaud termine Petit PĂ©dĂ©[46]. En 2001, il reçoit une Victoire de la musique pour l'ensemble de son Ɠuvre, qu'il dit avoir considĂ©rĂ©e Ă  l'Ă©poque comme un hommage posthume[12]. À cette occasion, il interprĂšte Mistral gagnant mais sa prestation est catastrophique : sa voix est complĂštement faussĂ©e et l'alcool le rend mĂ©connaissable. En regardant sa prestation, il se rend compte de l'urgence de se ressaisir[13]. Mais le vĂ©ritable dĂ©clic provient de sa rencontre en 2000 Ă  la Closerie des Lilas avec Romane Serda, une jeune chanteuse dont le groupe n'arrive pas Ă  percer et dont il tombe trĂšs vite amoureux[47]. Un soir oĂč il rentre ivre, Romane le prĂ©vient qu'elle le quittera s'il n'arrĂȘte pas de boire[47].

Renaud retourne en cure, réécrit des chansons et sort son onziÚme album un an plus tard.

La renaissance (2002-2007)

En mai 2002 un nouvel album, illustrĂ© par Titouan Lamazou, apparaĂźt donc dans les bacs, huit ans aprĂšs le dernier enregistrement de matĂ©riel original du chanteur Ă©nervant. Mis en musique par ses amis Lanty et Bucolo, l'album est Ă  l'image des derniĂšres annĂ©es passĂ©es : noir et sans concession, avec des titres comme Docteur Renaud, Mister Renard, CƓur perdu, Mal barrĂ©s qui reflĂštent le purgatoire passĂ©. Le single Manhattan-Kaboul en duo avec Axelle Red connaĂźt un vif succĂšs (523 000 exemplaires vendus) et l'album se vend Ă  plus de deux millions d'exemplaires, un record pour le chanteur.

AprĂšs tant d'annĂ©es, Renaud commence Ă  prendre le dessus sur Renard, le nom qu'il donne Ă  son cĂŽtĂ© sombre rongĂ© par l'alcool en rĂ©fĂ©rence au Gainsbarre de Gainsbourg. Pendant la TournĂ©e d'enfer qui s'ensuit, dans un dĂ©cor de fĂȘte de village, il connaĂźt quelques rechutes, fait un delirium tremens[48], et la voix n'est pas toujours au rendez vous[12], mais il remporte malgrĂ© tout un vif succĂšs. Plus de 170 concerts[49] sont donnĂ©s, la tournĂ©e s'arrĂȘtant notamment plusieurs fois au ZĂ©nith de Paris et au festival des Vieilles Charrues. Aux cĂŽtĂ©s de Johnny Hallyday, Renaud joue dans le film Wanted de Brad Mirman. L'annĂ©e est couronnĂ©e par trois Victoires de la Musique et 2 NRJ Music Awards. L'apparition de Renaud Ă  cette cĂ©rĂ©monie et dans d'autres Ă©missions de variĂ©tĂ©s, furent par la suite critiquĂ©es compte-tenu des reproches trĂšs durs qu'il avait pu faire Ă  ces mĂ©dias. Un article au vitriol du journal Tant pis pour vous lui est notamment consacrĂ© en mars 2004. Renaud attaque le journal en justice demandant de lourds dommages et intĂ©rĂȘts pour un journal Ă©conomiquement fragile, ce qui lui est reprochĂ© par la presse[50]. Cela ne l'empĂȘche pas de devenir trĂšs populaire auprĂšs de ses compatriotes et d'ĂȘtre rĂ©guliĂšrement placĂ© dans les dix personnes les plus apprĂ©ciĂ©es par les Français[51],[52].

En 2003, il emmĂ©nage avec la chanteuse Romane Serda Ă  la Closerie des Lilas, et ils se marient le 5 aoĂ»t 2005, Ă  la mairie de ChĂąteauneuf-de-Bordette (DrĂŽme). La liaison entre Renaud et Romane Serda a pourtant engendrĂ© des polĂ©miques du cĂŽtĂ© des fans[53]. Ayant retrouvĂ© l'amour et s'Ă©tant remariĂ©, il parvient enfin Ă  sortir de l'alcoolisme et Ă  sentir renaĂźtre son Ăąme de militant. Depuis 2005, il lutte activement pour la libĂ©ration d'Íngrid Betancourt et des autres otages des FARCS en Colombie pour lesquels il consacre une chanson, Dans la jungle, ensuite traduite en espagnol et interprĂ©tĂ©e par Melingo, un chanteur argentin.

À droite, Renaud aux cĂŽtĂ©s de Romane Serda lors de l'inauguration de l'Ă©cole Renaud SĂ©chan en 2006.

Il organise le 23 fĂ©vrier 2006, Ă  l'occasion des quatre ans de dĂ©tention de l'otage, un grand concert au ZĂ©nith de Rouen rĂ©unissant de nombreuses personnalitĂ©s. Cette mĂȘme annĂ©e, il relance son combat contre la corrida et pour la rĂ©introduction des ours dans les PyrĂ©nĂ©es. Son deuxiĂšme enfant, Malone, naĂźt le 14 juillet 2006[54]. Le 14 octobre 2006 est inaugurĂ©e l'Ă©cole Renaud SĂ©chan Ă  Mirabel-aux-Baronnies (proche du village natal de Romane Serda), pour la construction de laquelle le chanteur avait donnĂ© une importante somme d'argent[55].

C'est le 2 octobre 2006 que sortent simultanĂ©ment son douziĂšme album intitulĂ© Rouge Sang et une version collector de celui-ci. Les deux versions s'Ă©coulent Ă  plus de 170 000 exemplaires dĂšs la premiĂšre semaine (triple disque de platine, 510 000 exemplaires au total). Rouge Sang est vu par certains comme une sorte de renaissance, tant le Renaud de Boucan d'enfer Ă©tait l'Ɠuvre d'un autre personnage, cynique, dĂ©sabusĂ©, et plus consensuel. L'album est ainsi nettement plus engagĂ© que le prĂ©cĂ©dent opus (Leonard's Song dĂ©diĂ© Ă  Leonard Peltier, J'ai retrouvĂ© mon flingue, Elle est facho, Rouge Sang). La critique sur l'album est mitigĂ©e : bien que l'ensemble de la presse cĂ©lĂšbre le « retour Ă  la forme Â» du chanteur aprĂšs ces annĂ©es noires, de nombreux journaux (dont Le Monde et TĂ©lĂ©rama) considĂšrent que sa plume s'est Ă©moussĂ©e et dĂ©plorent les arrangements « trĂšs Ă©lectriques Â» et datĂ©s de Jean-Pierre Bucolo.

IllustrĂ© par Killofer, jamais aucun album de Renaud n'avait encore contenu autant de chansons : 24 sur l'Ă©dition collector (y compris un titre Ă©crit par un autre chanteur, Rien Ă  te mettre par BenoĂźt DorĂ©mus). Durant la tournĂ©e mĂ©diatique, Renaud enregistre une publicitĂ© oĂč, non sans humour, lui et Vincent Delerm (qu'il cite dans Les Bobos, premier single de l'album, vendu Ă  67 100 exemplaires en 16 semaines) vantent leurs albums respectifs. Renaud Ă©crit et produit AprĂšs la pluie, le deuxiĂšme album de Romane Serda qui sort le 26 fĂ©vrier 2007.

En février 2007, il annonce qu'il s'installe en Angleterre avec sa famille, tout en précisant qu'il paiera toujours ses impÎts en France[56].

Il effectue au printemps et Ă  l'Ă©tĂ© 2007 une tournĂ©e Rouge Sang tour. La voix y est souvent meilleure que pendant la tournĂ©e Boucan d'enfer[57], et le dĂ©cor reprĂ©sente les toits de Paris, en rĂ©fĂ©rence Ă  Robert Doisneau et au dernier concert des Beatles. Celle-ci s'arrĂȘte notamment quatre fois Ă  Bercy et au centre de dĂ©tention de Bapaume lors de la fĂȘte de la Musique. Il offre Ă©galement un concert Ă  l'Isle-sur-Sorgue, ville oĂč il possĂšde une rĂ©sidence secondaire. Une tournĂ©e des festivals (Festival des Terres Neuvas Festival d'Ă©tĂ© de QuĂ©bec, Francofolies, PalĂ©o, FĂȘte de l'HumanitĂ©, Musilac) a lieu durant l'Ă©tĂ© 2007. Il termine sa tournĂ©e par un concert gratuit offert Ă  ses fans le 29 septembre 2007 Ă  la Cigale. Sur scĂšne durant prĂšs de 6 heures, il revisite l'ensemble de son rĂ©pertoire[58]. En novembre sort TournĂ©e Rouge Sang tĂ©moignage sur CD et DVD des concerts de Bercy. En septembre sort Jeunesse se passe, le premier album de BenoĂźt DorĂ©mus que produit Renaud (impressionnĂ© par son premier auto-produit il avait fait signer DorĂ©mus sur son label Ceci-Cela en janvier 2006).

Molly Malone et la rechute

À partir de 2008, Renaud se fait plus discret sur la scĂšne mĂ©diatique. Son silence Ă  la libĂ©ration d'Ingrid BĂ©tancourt le 2 juillet 2008, une cause pour laquelle il s'Ă©tait pleinement investi, suscite des interrogations[59]. Pour faire taire la rumeur, il explique avoir prĂ©fĂ©rĂ© la rencontrer hors camĂ©ras[60].

Sa fille Lolita se marie avec le chanteur Renan Luce au cours de l'Ă©tĂ© 2009[61] et il quitte le XIVe arrondissement pour Meudon, en banlieue parisienne[62]. Le 23 novembre 2009 sort Molly Malone – Balade irlandaise, un album de reprises de chansons traditionnelles irlandaises, projet qu'il dit envisager depuis plus de 25 ans. Il comporte treize chansons qui sont toutes des adaptations du rĂ©pertoire traditionnel de la musique celtique irlandaise, comme The Water Is Wide devenue La Ballade Nord-Irlandaise. L'album reçoit un accueil mitigĂ©, beaucoup de critiques reprochant au chanteur d'avoir une voix de plus en plus fatiguĂ©e[63],[64].

Fin 2010 sort une intĂ©grale vinyle et un nouveau best of sur trois CD (Le Plein de Super). Il participe Ă©galement au projet collectif Dr. Tom - La libertĂ© en cavale, qui reprend des chansons de Franck Langolff, dĂ©cĂ©dĂ© quatre ans plus tĂŽt[65]. Renaud se lance ensuite dans la prĂ©paration d'un album[66]. Mais plusieurs interviews ont lieu oĂč il s'avoue en panne d'inspiration et dĂ©vorĂ© par la nostalgie[67],[68]. Il dĂ©clare ĂȘtre hantĂ© par ses vieux dĂ©mons depuis quatre ans et s'ĂȘtre remis Ă  boire[47].

Romane Serda et Renaud divorcent le 23 septembre 2011[69].

Le chanteur engagé

Tout au long de sa carriĂšre, Renaud n'a cessĂ© de militer pour de nombreuses causes, dont certaines tabous. La plupart de ses chansons, quand elles ne sont pas franchement engagĂ©es, Ă©voquent au moins au dĂ©tour d'un couplet un sujet sensible Ă  l'artiste. Cet engagement lui a valu de s'autoproclamer « chanteur Ă©nervĂ© Â», ce qui deviendra « chanteur Ă©nervant Â» suite Ă  l'interpellation d'une femme dans un magasin[rĂ©f. nĂ©cessaire] (« Je vous reconnais! Vous ĂȘtes le chanteur Ă©nervant ! Â») une expression largement reprise par les mĂ©dias[70].

Idéologie

Si ses positions et sa vision du monde ont pu Ă©voluer, il apparaĂźt clairement que Renaud a toujours eu des idĂ©aux de gauche. Il s'explique sur ce choix politique de deux maniĂšres : par les valeurs humanistes que dĂ©fend ce bord et par l'hĂ©ritage protestant et socialiste du cĂŽtĂ© paternel et l'hĂ©ritage communiste du cĂŽtĂ© maternel. Les engagements de son grand-pĂšre paternel semblent nĂ©anmoins n'avoir apportĂ© qu'un bagage culturel et non idĂ©ologique[8]. Non affiliĂ© Ă  un courant idĂ©ologique dĂ©fini, il se considĂšre avant tout comme membre d'une grande famille de gauche[71]. Renaud n'hĂ©sitera pourtant pas Ă  Ă©gratigner les partis de gauche dans ses chansons (Socialiste) ou dans ses concerts lorsqu'il le juge nĂ©cessaire.

Si plusieurs de ses chansons prĂ©sentent clairement un message anarchiste, Renaud, ancien soixante-huitard, n'est pas pour autant un anarchiste convaincu. En effet mĂȘme s'il trouve le principe magnifique, il ne pense pas les idĂ©es applicables dans la sociĂ©tĂ© actuelle[72]. Le cĂŽtĂ© anarchiste de Renaud se ressent notamment lorsque celui-ci raille les reprĂ©sentants de l'ordre dans ses chansons ; c'est notamment l'armĂ©e qui en fait le plus les frais, Renaud Ă©tant un ardent pacifiste (la Ballade Nord-Irlandaise, Manhattan-Kaboul) et antimilitariste (DĂ©serteur, La MĂ©daille contre laquelle l’Association de soutien Ă  l’armĂ©e française porte plainte). Il s'en prend de la mĂȘme maniĂšre Ă  la police[73] (Hexagone, OĂč c'est qu'j'ai mis mon flingue). Il privilĂ©gie la fraternitĂ© humaine et se dit opposĂ© Ă  l'idĂ©e de frontiĂšre. De la vient son engagement rĂ©gionaliste et son soutien des luttes identitaires[74], engagement qui se retrouve notamment dans les chansons Le Blues de la Porte d'OrlĂ©ans ou Corsic’armes.

À droite, Renaud suscite des sentiments contrastĂ©s. Louis Pauwels l'associe Ă  Coluche, dans son article dĂ©nonçant le « SIDA mental Â» dont serait atteinte la jeunesse manifestant contre la loi Devaquet[75]. Alors Premier Ministre, Édouard Balladur dĂ©clara que Renaud Ă©tait son chanteur prĂ©fĂ©rĂ©[76]. Plus rĂ©cemment Christine Albanel[77] ou Jean-Marie Le Pen[78] ont fait des dĂ©clarations similaires.

Cependant, l'extrĂȘme droite est clairement un ennemi pour Renaud. Antifasciste, il lutte contre l'antisĂ©mitisme mais cela ne l'empĂȘche pas de vivement s'en prendre Ă  la politique d'IsraĂ«l au sujet du conflit israĂ©lo-palestinien. Les paroles de la chanson Miss Maggie oĂč la rĂ©pression de l'Intifada est comparĂ©e au gĂ©nocide armĂ©nien et Ă  la Shoah[79], dĂ©clenchent une polĂ©mique et lui valent des accusations d'antisĂ©mitisme. Renaud avoue la tournure maladroite, mĂȘme si le but Ă©tait bien de provoquer, et remanie la phrase en « Palestiniens, Juifs, ArmĂ©niens[80] Â».

Une constante dans les engagements de Renaud est sa tendance Ă  toujours se placer du cĂŽtĂ© des minoritĂ©s et des personnes en position de faiblesse[81]. Il a longuement militĂ© pour des associations humanitaires ou organisations non gouvernementales, tels que Les Restos du CƓur, MĂ©decins sans frontiĂšres ou SOS Racisme[82], mais les problĂšmes de malversations auxquelles sont mĂȘlĂ©s les associations humanitaires, et le sentiment de leur inefficacitĂ©, ont fini par le rendre plus mĂ©fiant et distant vis-Ă -vis de ces groupes[83] ; une lassitude qu'il dĂ©crit dans Tout arrĂȘter.

Renaud reste un chanteur impliquĂ© et militant, d'ailleurs rĂ©guliĂšrement interrogĂ© sur l'actualitĂ© politique et sociale (notamment lors de son passage Ă  l'Ă©mission 7 sur 7). Mais il a, maintes fois, Ă©mis le souhait de se retirer des turbulences des engagements politiques, comme il l'exprime dans les chansons FatiguĂ© ou Je vis cachĂ©. Il dĂ©sire mener une vie simple, proche de la nature, Ă  l'Ă©cart de la violence, des drogues (La blanche, P’tite conne), exprimant parfois un univers parfois passĂ©iste (Rouge gorge) et nostalgique de l'enfance (Mistral gagnant, Le sirop de la rue).

En 2006, pour soutenir les projets autour de la protection des enfants, il crée la fondation Malone, reconnu d'utilité publique en 2008[84].

Engagements politiques

Renaud a toujours assumĂ© son affection et sa fascination pour François Mitterrand auquel il envoyait des copies de chacun de ses disques Ă  leur sortie. Pourtant aprĂšs l'Ă©lection prĂ©sidentielle française de 1981 oĂč il avait votĂ© au second tour pour Mitterrand[85], bien que se rĂ©jouissant de l'abolition de la peine de mort et l'autorisation des radios libres, Renaud s'opposa rapidement aux positions Ă©conomiques et gĂ©opolitiques des socialistes notamment aprĂšs le tournant de la rigueur opĂ©rĂ© par le gouvernement Mauroy en 1983[86]. La mĂȘme annĂ©e, il s'engage activement pour la Marche des beurs, comme il le fait plus tard pour la campagne Touche pas Ă  mon pote de SOS Racisme[8]. En 1985, il se rend Ă  l'ÉlysĂ©e pour exiger des explications suite Ă  l'assassinat politique de Éloi Machoro, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du FLNKS[87].

Le 7 dĂ©cembre 1987, Renaud signe une tribune « Tonton laisse pas bĂ©ton Â» au travers d'une pleine page publiĂ©e dans le quotidien Le Matin de Paris pour convaincre un Mitterrand qui montrait de l'hĂ©sitation Ă  se reprĂ©senter Ă  l'occasion des Ă©lections de 1988[88]. Cela n'empĂȘche pas Renaud de voter Pierre Juquin au premier tour[8] et de poursuivre ses critiques sur le parti socialiste durant le second septennat de Mitterrand. En 1988, il signe une tribune dans RĂ©volution pour exiger la libĂ©ration d'Otelo Saraiva de Carvalho[89] Ă  l'occasion de la visite officielle en France du prĂ©sident portugais. La mĂȘme annĂ©e il organise un concert Ă  l'Olympia afin de rĂ©unir des fonds pour financer un hĂŽpital palestinien[90]. Renaud se montre Ă©galement actif Ă  l'occasion des cĂ©lĂ©brations du bicentenaire de la RĂ©volution française en 1989. Il critiquait le fait d'inviter les « maĂźtres du monde Â» pour le sommet du G7 Ă  Paris alors que la pĂ©riode Ă©tait censĂ©e rendre hommage Ă  la RĂ©volution et aux sans-culotte[91]. Organisateur d’un concert protestataire sur le thĂšme « Dette, colonies, apartheid, ça suffat comme ci Â», rĂ©unissant plus de 100 000 personnes Place de la Bastille, Renaud força le Parti socialiste Ă  prendre position sur l'abolition de la dette. En 1991 Renaud dĂ©sapprouva fortement le choix de François Mitterrand de s'impliquer dans la guerre du Golfe aux cĂŽtĂ©s des AmĂ©ricains, celle-ci se rĂ©sumant pour lui Ă  une histoire de sous que les Irakiens allaient devoir payer au prix fort. Il Ă©crit diverses chroniques dans L'Idiot international de Jean-Edern Hallier[92]. MalgrĂ© ces divergences avec Mitterrand, Renaud entretient toujours un grand respect pour celui qu'il identifiait sous certains aspects Ă  un pĂšre[93]. Une chanson lui est d'ailleurs consacrĂ©e sur l'album Marchand de Cailloux (Tonton) et Baltique, du nom de son chien, sera un ultime hommage sur l'album Boucan d'enfer.

Aux Ă©lections europĂ©ennes de 1994, Renaud est avant-dernier sur la liste RĂ©gions et peuples solidaires, derriĂšre Gilles Perrault, Jacques Higelin et Christian Laborde[94], marquant ainsi son engagement rĂ©gionaliste (il soutient ainsi Jean-Philippe Casabonne et Peio Serbielle, fait des concerts de soutien, et un drapeau basque figure sur le dĂ©cor de sa tournĂ©e Boucan d'enfer). Depuis le dĂ©part de Mitterrand, il s'avoue peu convaincu par Lionel Jospin et les autres dirigeants socialistes[95], mis Ă  part Bertrand DelanoĂ« et l'aile gauche du parti[96]. Renaud s'est orientĂ© vers un Ă©cologisme de gauche, reprĂ©sentĂ© par JosĂ© BovĂ©[97] ou les Verts[98], qu'il a soutenu lors des Ă©lections prĂ©sidentielles de 1995, de 2002 et de 2007. En 1995, il vote pour Lionel Jospin au deuxiĂšme tour, afin d'Ă©viter le retour des bandits[99]. En 1999, il signe un texte demandant l'arrĂȘt des bombardements au Kosovo.

Il vote pour NoĂ«l MamĂšre au premier tour de l'Ă©lection de 2002[100]. Renaud a aussi fait partie du ComitĂ© de soutien socialiste au oui Ă  la constitution europĂ©enne crĂ©Ă© Ă  l'initiative de Jack Lang lors du rĂ©fĂ©rendum de 2005. En 2007, aprĂšs avoir soutenu Dominique Voynet, prĂ©sente au premier concert de sa tournĂ©e, il apporte son soutien Ă  SĂ©golĂšne Royal en Ă©tant prĂ©sent au meeting de CharlĂ©ty pour s'opposer Ă  Nicolas Sarkozy. Il dĂ©clare cependant qu'il a votĂ© socialiste au deuxiĂšme tour des prĂ©sidentielles 2007 mais qu'il aurait prĂ©fĂ©rĂ© voter Ă  gauche[101]. Il a aussi soutenu Yves Cochet lors des lĂ©gislatives de la mĂȘme annĂ©e dans le 14earrondissement de Paris oĂč il rĂ©side. À l'automne 2007 il s'engage contre la loi Hortefeux et les test ADN[102], participant au meeting au ZĂ©nith et annonçant l'Ă©criture d'une chanson sur le sujet[103]. En dĂ©cembre 2007, il offre un de ses tableaux pour une vente aux enchĂšres en faveur du journaliste Denis Robert[104]. Il devient membre du comitĂ© de soutien Ă  Denis Baupin lors des municipales de 2008 Ă  Paris[105]. Il prend Ă©galement position en faveur de diffĂ©rents candidats de gauche (Razzy Hammadi Ă  Orly, Dominique Voynet Ă  Montreuil ou Martine LigniĂšres-Cassou Ă  Pau).

En 2004, il prend la dĂ©fense de Peio Serbielle condamnĂ©, selon ses termes, pour « dĂ©lit d'hospitalitĂ© Â». En effet, le chanteur basque est emprisonnĂ© durant 16 mois pour avoir hĂ©bergĂ© des indĂ©pendantistes[106].

DĂ©but 2005, son engagement dans une campagne contre le tĂ©lĂ©chargement illĂ©gal lui vaut quelques rĂ©actions de la part de ses fans. Sa position sera contradictoire sur le sujet. À la fin de l'annĂ©e, le chanteur revient sur sa dĂ©cision, s'explique avoir Ă©tĂ© mal informĂ© sur le peer to peer et « embobinĂ© Â» par Virgin, et distribue gratuitement sa chanson militante Dans la jungle sur un forum Internet d'un site de fans sans la permission de sa maison de disques[107]. Il met d'ailleurs par la suite Ă  disposition des enregistrements rares ou inĂ©dits sur ce mĂȘme site[108]. Cependant, en juin 2008 il s'engage, aux cĂŽtĂ©s de 51 autres artistes, pour la loi Hadopi rĂ©primant le tĂ©lĂ©chargement illĂ©gal[109].

À partir de 2005, il lutte activement pour la libĂ©ration d'Íngrid Betancourt et des autres otages en Colombie dĂ©tenus par les FARCS[110] pour lesquels il compose une chanson Dans la jungle (traduite dans plusieurs langues[111]). Le 23 fĂ©vrier 2006, Ă  l'occasion des quatre ans de dĂ©tention de l'otage, il organise entre autres un grand concert au ZĂ©nith de Rouen rĂ©unissant de nombreuses personnalitĂ©s. Dix jours plus tĂŽt, un concert similaire, Les Voix de l'Engagement, s'Ă©tait tenu en Belgique, Ă  Louvain-la-Neuve, en soutien Ă©galement Ă  Aung San Suu Kyi (Prix Nobel de la paix, qui fut assignĂ©e Ă  rĂ©sidence en Birmanie). Renaud y chante notamment en duo avec Hugues Aufray. Un autre meeting de soutien Ă  Íngrid Betancourt est organisĂ© au ZĂ©nith de Paris le 18 novembre 2007 dans l'espoir, déçu, d'une libĂ©ration proche d'Íngrid Betancourt[112]. Lorsque cette derniĂšre est libĂ©rĂ©e le 2 juillet 2008, le PrĂ©sident de la RĂ©publique Nicolas Sarkozy salue son engagement lors de son intervention en direct. Il n'apparaĂźt pas cependant aux diverses cĂ©lĂ©brations suivant sa libĂ©ration, ne souhaitant pas s'exprimer publiquement[113].

En décembre 2010, il revend sa mobylette pour 105.000 euros au profit de l'Unicef France[114].

Écologisme et dĂ©fense des animaux

L'Ă©cologisme est un autre grand combat de Renaud. Auparavant plus intĂ©ressĂ© par les droits de l'Homme et la politique, le dĂ©clic Ă©cologique est venu avec la naissance de sa fille en 1980 qui lui a fait prendre conscience que les gĂ©nĂ©rations futures « devaient continuer Ă  profiter de ce que la nature a donnĂ© Ă  l'homme[115]. Â» Et dĂšs 1984, il s'engage Ă  Greenpeace pour qui il organise un concert, et participe Ă  quelques manifestations, notamment le 30 janvier 1985 en occupant les locaux de la Japan Airlines, pour protester contre la chasse Ă  la baleine permise par le gouvernement japonais (cela lui vaut quatre heures de garde Ă  vue). Mais, fatiguĂ© par les luttes de pouvoir Ă  l'intĂ©rieur de l'organisation, et suite Ă  l'affaire du Rainbow Warrior, il quitte Greenpeace avec d'autres amis partis fonder l'association Robin des Bois en 1985[116].

Il a luttĂ© contre la construction du tunnel du Somport dans la VallĂ©e d'Aspe[117] (finalement construit) et participe encore aujourd'hui Ă  la rĂ©introduction des ours dans les PyrĂ©nĂ©es[118],[4]. Pour les 20 ans de Tchernobyl il offre une chanson (26 avril) Ă  Greenpeace. Il milite activement pour l'abolition du Rallye Dakar (500 connards sur la ligne de dĂ©part). Il est attachĂ© Ă  une vie et un environnement simple et sain. Il est d'ailleurs un fervent pĂȘcheur Ă  la mouche, Ă  l'instar de RenĂ© Fallet dont il a hĂ©ritĂ© des cannes Ă  pĂȘche.

Attaché à la cause animale, Renaud est un militant anticorrida. Il a composé deux chansons contre la corrida (Olé[119] et Rouge Sang) et il est membre du Comité radicalement anti-corrida (CRAC) et de l'Alliance anticorrida. En juillet 2007 il assure la voix off d'un spot publicitaire de la Société protectrice des animaux (SPA) contre la corrida[120] qui est censuré par le Bureau de vérification de la publicité (BVP). Renaud s'insurge contre cette décision et adresse une lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy le 13 août aux cÎtés d'autres personnalités[121].

Le 4 fĂ©vrier 2008, il adresse une lettre ouverte au prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration des conseils de parents d'Ă©lĂšves (FCPE) demandant le soutien dans la demande d'interdiction de l'accĂšs aux arĂšnes pour les mineurs de moins de 16 ans[122]. En septembre 2009, il apporte son soutien au livre promotionnel de la SPA, SOS SPA Tome 2 - Tauromachie, l'enfer du dĂ©cor, bande dessinĂ©e de Geoffroy et Chardot dans laquelle il apparait sur quelques planches[123].

En 2006, il lui a été reproché d'avoir offert un 4x4 à son épouse. Il assume cette position en contradiction avec ses opinions écologistes[124].

Rapports avec les médias

Renaud et la presse n'ont pas toujours Ă©tĂ© en bons termes, notamment la presse de gauche de l'aveu de Renaud lui-mĂȘme[125]. Le conflit le plus Ă©vident est celui qui oppose le chanteur avec LibĂ©ration, notamment les pages culturelles qui ont Ă©mis de nombreuses critiques dĂ©favorables Ă  son sujet[126] depuis le dĂ©but de sa carriĂšre[127] et Ă  qui Renaud n'a cessĂ© de lancer de petites « piques Â» Ă  travers les paroles de plusieurs de ses chansons ou sur scĂšne[128]. En 1989 un article en pleine page de LibĂ©ration, au sujet de la maison achetĂ©e par Renaud Ă  Outremont (MontrĂ©al), titre « Renaud passe du HLM Ă  la cabane au Canada Â» et critique le fait que sa maison se situe dans un quartier aisĂ©[129].

Renaud a Ă©galement eu quelques dĂ©mĂȘlĂ©s avec l'ÉvĂ©nement du jeudi notamment lorsque celui-ci rĂ©vĂšle en 1993 que le chanteur a touchĂ© les Assedic pendant huit mois en 1980[130].

Pour son album Putain de camion, dĂ©diĂ© Ă  Coluche et sorti en 1988, Renaud dĂ©cide de n'en faire absolument aucune publicitĂ© par le biais des mĂ©dias traditionnels (presse, radio, tĂ©lĂ©vision)[131]. Mistral gagnant l'album prĂ©cĂ©dent avait en effet eu droit Ă  une forte promotion et s'Ă©tait vendu Ă  plus d'un million d'exemplaires ; Renaud Ă©tait dĂ©sireux de couper les ponts avec les mĂ©dias, fatiguĂ© des critiques sur ses origines ou son compte en banque. Mais la dĂ©cision d'Ă©viter toute promotion fait chuter les ventes de moitiĂ© par rapport Ă  ses deux prĂ©cĂ©dents albums (soit 750 000 exemplaires malgrĂ© tout). Finalement Renaud se rĂ©signe et continue de passer par le systĂšme mĂ©diatique pour promouvoir ses albums, partagĂ© entre le besoin de s'attirer un public plus large et le risque de s'exposer aux critiques en s'affichant dans ces mĂ©dias qu'il dĂ©crie tant. Par exemple son apparition aux NRJ Music Awards lors de son retour en 2002 lui a attirĂ© plusieurs critiques.

En 2002, pour la sortie de Boucan d'enfer les critiques redeviennent Ă©logieuses, cĂ©lĂ©brant le retour et la sortie de la pĂ©riode noire et jaune de Renaud. La rĂ©ception est plus mitigĂ©e pour l'album Rouge Sang. Renaud s'en prend vivement Ă  la presse parisienne[132] qui ne le soutiendrait pas contrairement Ă  la presse de province[133] et il juge les procĂšs d'intentions qui lui sont faits pour les chansons Les Bobos et Elle est facho (qui finit par 
 et elle vote Sarko) sans fondement. En 2007, dans un numĂ©ro spĂ©cial du mensuel d'extrĂȘme-droite Le Choc du Mois consacrĂ© Ă  la chanson française dont il figure d'ailleurs seul en couverture, Renaud accorde une interview assez dĂ©complexĂ©e dans laquelle il s'affirme prĂȘt Ă  soutenir une demande de mise en libertĂ© au profit des dĂ©tenus politiques quelle que soit leur appartenance [rĂ©f. souhaitĂ©e].

Laïcité, religion et mort

Issu d'une famille protestante, portant la croix huguenote, il revendique son appartenance Ă  cette communautĂ© mĂȘme s'il ne croit pas en Dieu[134].

En effet Renaud est agnostique et ne le cache pas. Au contraire il sermonne vertement les fanatiques religieux, les curés et les papes dans ses chansons. La religion, notamment le catholicisme, est toujours considérée dans les textes de Renaud comme un frein au développement intellectuel et à la liberté[135],[136].

Partisan d'un socialisme laïque, il déplore par exemple que François Mitterrand n'ait pas émis le désir de se faire enterrer civilement pour aller jusqu'au bout de son agnosticisme[137].

Renaud entretient un rapport particulier avec la mort, comme l'Ă©voque sa chanson Mon bistrot prĂ©fĂ©rĂ©. En effet nombre de ses amis ont disparu prĂ©maturĂ©ment, c'est le cas pour Patrick Dewaere, Coluche (qui Ă©tait le parrain de sa fille), Pierre Desproges, Serge Gainsbourg, Michel Roy (compositeur de la chanson Baston), Franck Langolff, François Ovide (guitariste de Renaud et compositeur de la chanson Mon Amoureux). Les disparitions de Georges Brassens, François Mitterrand et FrĂ©dĂ©ric Dard le marqueront Ă©galement beaucoup, tout comme le dĂ©cĂšs du jeune Lucas Ă  qui est dĂ©diĂ©e la chanson Elsa, prĂ©nom de sa jeune sƓur.

Alcool et drogue

Durant ses années noires, Renaud a sombré une dizaine d'années dans l'alcoolisme qu'il décrit dans Boucan d'Enfer. Renaud en a gardé une image d'alcoolique dont se servent certains de ses détracteurs[138].

Si ses textes ont toujours condamnĂ© les drogues « dures[139] Â», sa position sur les drogues « douces Â» est plus ambiguĂ«. AprĂšs avoir chantĂ© qu'il aimait « fumer une bonne vieille Goldo, en Ă©coutant chanter Bruant[140] Â», Renaud se lance dans la lutte anti-tabac avec sa chanson ArrĂȘter la clope en 2006, soutient l'interdiction de fumer dans les lieux publics et l'Organisation mondiale de la santĂ© lui remet un certificat honorifique. Dans plusieurs de ses textes, il Ă©voque la consommation de cannabis[141] et a Ă©galement admis en avoir consommĂ©[142] mais, plus rĂ©cemment, il affirme s'opposer Ă  toute forme de lĂ©galisation[143].

Style artistique

Univers musical et littéraire

Renaud, dans la tradition de la chanson française, accorde avant tout une importance au texte. Il a d'ailleurs Ă©crit la quasi-totalitĂ© de ceux-lĂ  (La chanson du loubard, Soleil immonde et Rien Ă  te mettre figurent parmi les rares exceptions). Il subit les influences de Bruant, de François BĂ©ranger et d'autres chanteurs rĂ©alistes, du folk song d'Hugues Aufray (sa premiĂšre idole et celui qui lui a donnĂ© l'envie de chanter[11]) et d'Antoine, et du protest song de Bob Dylan. Une bonne partie de ses textes utilisent l'argot[144], un langage populaire que Renaud a appris enfant puis en frĂ©quentant la rue alors qu'il vivait de petits boulots[145], et comprennent de nombreux calembours. Outre les chansons engagĂ©es, Renaud Ă©crit Ă©galement sur des sujets plus personnels, souvent biographiques, comme la famille, le divorce ou l'enfance. À partir de Morgane de toi par exemple, dans chacun de ses albums studios, au moins une chanson sera dĂ©diĂ©e Ă  sa fille[146]. Renaud glisse frĂ©quemment quelques touches humoristiques dans ces chansons en se servant du jeu de mot, de la parodie ou de la satire pour mieux faire passer ses messages ou simplement faire rire. Renaud est connu pour recourir frĂ©quemment au portrait dans ses textes[147]. Certains de ses personnages sont biographiques (Miss Maggie, L'EntartĂ©, Tonton), d'autres sont des caricatures de groupes sociaux (DeuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, Dans mon HLM, Petit pĂ©dĂ©), d'autres enfin reprĂ©sentent une partie de sa propre personnalitĂ© (Manu, La teigne, Cent ans). Certains reviennent sur deux chansons (GĂ©rard Lambert, La PĂ©pette, Germaine).

L'aspect musical passe plutĂŽt au deuxiĂšme plan[148]. Il a nĂ©anmoins composĂ© de nombreuses mĂ©lodies, dont celles de Mistral gagnant et d’Hexagone, mais n'en a fait que cinq sur Rouge Sang et qu'une sur Boucan d'enfer. Son son a souvent variĂ© au grĂ© des arrangeurs : assez Ă©purĂ© au dĂ©parĂ©, java et accordĂ©on dans la pĂ©riode titi parisien, parfois FM avec synthĂ©tiseur comme pour Marchand de cailloux, acoustique avec À la Belle de Mai ou avec une utilisation importante de guitare Ă©lectrique dans Rouge Sang. Renaud n'ayant jamais pris de cours de chant[12], sa voix Ă©raillĂ©e ne fait pas non plus l'unanimitĂ©, d'autant plus que l'alcool et la cigarette ont accentuĂ© son cĂŽtĂ© rauque[149] ; elle est en tout cas un signe distinctif du chanteur[150]. Il est Ă  noter que le chanteur a beaucoup travaillĂ© avec des musiciens et collaborateurs du groupe Magma : Muriel Huster (photographe), Klaus Blasquiz (choeurs), GĂ©rald Bikialo, Randy Brecker, Bernard Paganotti (basse), Dominique Bertram (basse), Jean-Michel Kajdan (guitares), Teddy Lasry et Claude SalmiĂ©ri (batterie) ont tous Ă  un moment ou un autre travaillĂ© pour Magma et Renaud.

Encore plus que LĂ©o FerrĂ©, Jacques Brel, Boby Lapointe ou Boris Vian, les deux artistes qu'il admire le plus sont Charles Trenet et surtout Georges Brassens qui lui a donnĂ© l'envie d'Ă©crire des chansons et dont il revendique la filiation[151]. Il ne l'a rencontrĂ© que deux fois : une fois enfant, une autre fois sur un plateau de tĂ©lĂ©vision. Brassens lui avait alors indiquĂ© qu'il trouvait ses chansons « merveilleusement bien construites Â». Dix ans aprĂšs sa mort, Renaud avoua qu'aprĂšs un tel compliment venant d'une telle personne, tous les hommages lui paraĂźtraient bien fades[152]. En 1996 sort l'album-hommage Renaud chante Brassens oĂč Renaud reprend 23 chansons du rĂ©pertoire de son idole, encouragĂ©s par deux proches de Brassens, Pierre OntĂ©niente et AndrĂ© Tillieu, qui l'accompagnent dans sa promotion[8].

Son chanteur vivant prĂ©fĂ©rĂ© est Bruce Springsteen auquel il a offert une guitare Telecaster 59 rouge et qu'il a rencontrĂ© lors d'un concert au ZĂ©nith de Paris. Il a Ă©galement interprĂ©tĂ© sa chanson No surrender sur scĂšne au ZĂ©nith en 1986 et Ă  traduit les chansons Factory, My hometown et Working on the Highway en 1984. Cette version restera dans les tiroirs[15]. Il avoue Ă©galement Ă©couter Vivaldi, Mozart, Chopin, les Beatles et Bob Dylan. Son chanteur français prĂ©fĂ©rĂ© est Alain Souchon[153] Ă  qui il adresse un hommage appuyĂ© dans une chanson de l'album Ma gonzesse ("j'ai la vie qui m'pique les yeux") et dans l'albumRouge sang (Sentimentale mon cul). Il est Ă©galement amateur de la nouvelle scĂšne française, Ă©coutant Renan Luce, Benjamin Biolay, Vincent Delerm, Clarika, Aldebert ou BenoĂźt DorĂ©mus qu'il produit. Il se dit Ă©cƓurĂ© par les Ă©missions de tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ© musicales qu'il accuse de produire des chanteurs sans intĂ©rĂȘt et inexpĂ©rimentĂ©s[154]. Il admet nĂ©anmoins apprĂ©cier Élodie FrĂ©gĂ© qu'il cite dans les artistes qu'il affectionne[155]. Il apprĂ©cie Ă©galement les chanteurs QuĂ©bĂ©cois comme Robert Charlebois ou les Cowboys Fringants qui ont d'ailleurs dĂ©clarĂ© ĂȘtre influencĂ© par Renaud (En berne des Cowboys Fringants est fortement inspirĂ© d’Hexagone[156]) mais son chanteur quĂ©bĂ©cois prĂ©fĂ©rĂ© reste Richard Desjardins, qu'il compare Ă  LĂ©o FerrĂ©. Parmi les chanteurs suisses Sarclo, qui fera la premiĂšre partie des concerts de sa tournĂ©e en 1996, qui est pour lui « la plus belle invention suisse romande depuis l'invention du trou de gruyĂšre[157] Â» ainsi que Le bel Hubert et Michel BĂŒhler. Il apprĂ©cie aussi le chanteur catalan LluĂ­s Llach. Dans le cadre de l'Ă©mission Les Enfants du rock, il s'est rendu en Afrique du Sud pour interviewer le chanteur Johnny Clegg pour qui il avait eu un coup de cƓur. Ému par son combat contre l'Apartheid, il lui a dĂ©diĂ© la chanson Jonathan et entretient toujours de trĂšs bons termes avec lui. En 2006, Renaud produit d'ailleurs son album One Life.

Parmi les auteurs littĂ©raires il cite Maupassant, Boris Vian, PrĂ©vert, Jack Kerouac, RenĂ© Fallet ; les polars (Le Masque), Le Feu follet de Pierre Drieu La Rochelle, La Mort Ă  Venise de Thomas Mann et Au bonheur des mots de Claude GagniĂšre sont ses livres de chevet[11].

Une influence

Les trente annĂ©es de carriĂšre de Renaud ont eu une certaine influence sur la chanson française. De nombreux groupes et artistes disent avoir Ă©tĂ© inspirĂ©s par Renaud comme Mano Solo, Tryo, Zebda, Mickey 3D, les TĂȘtes Raides (qui ont repris Hexagone lors de leur tournĂ©e 2004) ou BĂ©nabar[158]. BenoĂźt DorĂ©mus se dit Ă©galement fortement influencĂ© par Renaud qui l'a d'ailleurs produit. Cette influence s'Ă©tend mĂȘme Ă  l'ensemble du monde Francophone avec des groupes comme les QuĂ©bĂ©cois des Cowboys Fringants.

Plus Ă©loignĂ© de son univers musical, les paroles contestataires du chanteur ont trouvĂ© Ă©cho auprĂšs de la scĂšne rap (notamment les chansons sur la banlieue, un thĂšme que Renaud s'Ă©tait appropriĂ© et qui fut plus tard repris par les rappeurs). Un album hommage lui est mĂȘme consacrĂ© auquel ont participĂ© des rappeurs comme Doc GynĂ©co, MC Jean Gab'1 et Disiz la Peste. Certains voient d'ailleurs en MC Jean Gab'1 l'une des influences les plus visibles, le rappeur appartenant Ă  l'une des premiĂšres gĂ©nĂ©rations de rappeurs qui ont fait le lien entre les banlieusards comme ceux dĂ©crits par Renaud et ceux de l'Ă©poque contemporaine[159]. En 2010, le chanteur Raphael enregistre "Le Patriote" sur son album "Pacific 231" oĂč il chante "Mon pote Renaud tu nous manques tant, putain rĂ©veille-toi car la France c'est devenu salement dĂ©primant depuis qu't'es parti en vacances", une chanson inspirĂ©e d'"Hexagone".

Discographie

Au total, Renaud a vendu plus de quinze millions d'albums (dont trois millions de compilations diverses) et trois millions de 45 tours[160].

ParallÚlement, Renaud a participé à différents projets tels que Chanteurs sans frontiÚres ou Les Enfoirés tout au long de sa carriÚre. Il a également composé quelques musiques de films (par exemple Marche à l'ombre) et produit les albums de quelques artistes, notamment Romane Serda et Benoßt Dorémus. Il lui est aussi arrivé d'écrire des chansons pour d'autres artistes (Régine, Patricia Kaas
).

Albums studios

Année Titre Albums vendus[160] Singles
1975 Amoureux de Paname 300 000 Hexagone
1977 Place de ma Mob 550 000 Laisse bĂ©ton, Je suis une bande de jeunes, Adieu minette, La chanson du loubard, La boum, Le blues de la Porte d'OrlĂ©ans
1979 Ma gonzesse 550 000 Ma gonzesse, Sans dĂ©c', C'est mon dernier bal, Chanson pour Pierrot
1980 Marche Ă  l'ombre 700 000 Marche Ă  l'ombre, Dans mon HLM, It is not because you are, Les aventures de GĂ©rard Lambert
1981 Le Retour de GĂ©rard Lambert 650 000 Mon beauf', Manu
1983 Morgane de toi 1 500 000 Morgane de toi, DĂšs que le vent soufflera, DĂ©serteur, En cloque, Ma chanson leur a pas plu
, Doudou s'en fout, PrĂšs des autos tamponneuses
1985 Mistral gagnant 2 000 000 Baby-sitting blues, Miss Maggie, Mistral gagnant, Morts les enfants, La pĂȘche Ă  la ligne, Le retour de la PĂ©pette, Trois matelots
1988 Putain de camion 750 000 AllongĂ©s sous les vagues, Il pleut, Jonathan, La mĂšre Ă  Titi, Me jette pas, Rouge-gorge, Socialiste, Triviale Poursuite
1991 Marchand de cailloux 650 000 500 connards sur la ligne de dĂ©part, L'aquarium, Dans ton sac, La ballade Nord-irlandaise, Les dimanches Ă  la con, Marchand de cailloux, P'tit Voleur, Tonton
1993 Renaud cante el' Nord 300 000 Tout in haut de ch’terri, Eun’goutt’ed’jus, El pinsonnĂ©e, M’lampiste - chansons traditionnelles du Nord chantĂ©es en ch'ti
1994 À la Belle de Mai 600 000 Adios Zapata, Devant les lavabos, Son bleu, Le petit chat est mort, Le sirop de la rue, La mĂ©daille, C'est quand qu'on va oĂč ?, À la Belle de Mai
1995 Les Introuvables Welcome Gorby, Touche pas Ă  ma sƓur - morceaux rares, qui furent tout d'abord uniquement disponible dans l'IntĂ©grale
1996 Renaud chante Brassens 300 000 Celui qui a mal tournĂ© (qui n'est pas dans l'album mais sur un CD avec deux chansons reprises par Philippe LĂ©otard. Le CD a pour nom : Chantons Brassens), Les illusions perdues, Je suis un voyou, La marine, Oiseaux de passage (pas dans l'album mais sur un CD sĂ©parĂ©), L'Orage - reprises de chansons de Georges Brassens qui ne fut au dĂ©part que disponible dans l'« IntĂ©grale Â».
2002 Boucan d'enfer 2 200 000 Baltique, CƓur perdu, Docteur Renaud Mister Renard, Elle a vu le loup, Manhattan-Kaboul, Petit pĂ©dĂ©, Mon bistrot prĂ©fĂ©rĂ©, Tout arrĂȘter

2006 Rouge Sang 700 000 À la tĂ©loche, ArrĂȘter la clope, Les Bobos, Les cinq sens, Dans la jungle, Elle est facho, Elsa
2009 Molly Malone – Balade irlandaise 200 000[161] Vagabond, Incendie

Albums live

Année Titre Nombre d'albums vendus[160]
1980 Renaud Ă  Bobino 550 000
1981 Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons rĂ©alistes 350 000
1982 Un Olympia pour moi tout seul 500 000
1989 Visage pĂąle rencontrer public 270 000
1995 Le Retour de la Chetron Sauvage Album uniquement disponible dans l'Intégrale
1996 Paris-Provinces Aller/Retour 150 000
2003 TournĂ©e d'enfer 130 000
2007 Tournée Rouge Sang

En concert

En concert, Renaud a l'habitude de beaucoup parler avec son public entre deux chansons, voire de le provoquer avec des gags et des jeux de scĂšne ; il en profite aussi parfois pour donner son avis sur des sujets d'actualitĂ©[162].

Les concerts de Renaud sont aussi connus pour leurs dĂ©cors. Le premier grand concert de Renaud se dĂ©roule devant 6 000 personnes au ZĂ©nith qu'il inaugure pendant plus de trois semaines en 1984 et recevra en tout 75 000 spectateurs. En 1986, il rĂ©occupe le ZĂ©nith pendant un mois, la campagne publicitaire de cette tournĂ©e, intitulĂ©e Le Retour de la Chetron Sauvage, le montre avec un bandana rouge en train de sucer son pouce aprĂšs avoir Ă©tĂ© mordu par un hameçon. En pleine Ă©lections lĂ©gislatives, Renaud pose comme thĂšme de campagne Les mĂ©chants c’est pas nous !. Le dĂ©cor de ce concert reprĂ©sente un port avec un immense cargo du nom de Karaboudjan en rĂ©fĂ©rence Ă  Tintin. Renaud revient au ZĂ©nith en 1988, avec en premiĂšre partie le groupe Soldat Louis, l'unique dĂ©cor est un arbre gigantesque oĂč sont perchĂ©s les trois choristes. Pour la TournĂ©e d'enfer, le dĂ©cor reprĂ©sente une place de village un jour de 14 juillet. Pour la TournĂ©e Rouge Sang, ce sont les toits de Paris qui sont reconstituĂ©s en hommage Ă  Robert Doisneau et au dernier concert des Beatles sur les toits de Londres.

Plusieurs de ces concerts sont sortis en VHS et DVD, d'autres ont été enregistrés mais jamais commercialisés.

Distinctions

RĂ©compenses

Précédé par Renaud Suivi par
GĂ©rald de Palmas
Victoire de la musique de l'artiste interprĂšte masculin
2003
Calogero

Hommages et reprises

Autres activités

Acteur

Renaud ne fut pas le premier de sa famille Ă  travailler dans le cinĂ©ma. Edmond SĂ©chan, frĂšre d'Olivier et oncle de Renaud, officiait dĂ©jĂ  comme chef-opĂ©rateur et aurait beaucoup aidĂ© Albert Lamorisse pour ses films[166]. Le nom de cet oncle est ainsi inscrit dans un certain nombre de films français comme Les Aventures d'ArsĂšne Lupin, Mort en fraude, Les Dragueurs, La Grande Frousse, Les Tribulations d'un Chinois en Chine, La Boum


Renaud dĂ©bute sa carriĂšre d'acteur trĂšs tĂŽt. À 3 ans, lui et son frĂšre jumeau sont amenĂ©s par leur oncle sur le tournage du film Le Ballon rouge d'Albert Lamorisse pour servir de figurants. Le film obtiendra la Palme d'or du court-mĂ©trage au Festival de Cannes 1956 et l'Oscar du meilleur scĂ©nario original Ă  Hollywood. Renaud dĂ©finit cette expĂ©rience comme Ă©tant son premier souvenir[167].

Avant la chanson, la premiĂšre vocation de Renaud est de devenir acteur. Dans les annĂ©es 1970, il joue quelque temps au cafĂ© de la Gare, oĂč il devient trĂšs amis avec Miou-Miou et surtout avec Coluche, puis Ă  La Veuve Pichard dans la piĂšce Le Secret de Zonga de Martin Lamotte. Il rĂ©ussit Ă©galement Ă  dĂ©crocher quelques petits rĂŽles dans des tĂ©lĂ©films ou des sĂ©ries. Par la suite, le succĂšs aidant, il se dĂ©tourne de cette voie pour se consacrer entiĂšrement Ă  la musique. Par la suite, il recevra plusieurs propositions pour tourner dans des films mais aucune ne l'intĂ©ressera jusqu'en 1993.

En 1977 il compose la chanson du film Viens chez moi, j'habite chez une copine de Patrice Leconte et en 1984 celle de Marche Ă  l'ombre de Michel Blanc (que Michel Blanc interprĂšte dans le film). En 1995, sur une musique de Khalil Chahine, il Ă©crit les paroles de la bande originale de Fallait pas !... de GĂ©rard Jugnot qui est une chanson critique sur les sectes et les religions.

Mais son expĂ©rience la plus notable au cinĂ©ma se fera en 1993, dans l'adaptation de Germinal de Claude Berri oĂč il joue Étienne Lantier, l'un des rĂŽles principaux, aux cĂŽtĂ©s de GĂ©rard Depardieu et Miou-Miou. L'histoire dĂ©marre en 1980, dans une loge aprĂšs un concert Ă  Bobino, Claude Berri avait promis Ă  Renaud qu'un jour il lui trouverait un rĂŽle au cinĂ©ma. AprĂšs deux ans de rĂ©flexion Renaud, qui aurait pourtant prĂ©fĂ©rĂ© un petit rĂŽle, accepte en tant que petit-fils de mineur. Au cours des six mois de tournage de mi-aoĂ»t 1992 Ă  fin fĂ©vrier 1993, Renaud a pu dĂ©couvrir le folklore des gens du Nord qui lui donneront envie de composer un album de chants traditionnels du Nord (Renaud cante el' Nord).

Il revient Ă  l'Ă©cran en 2003 dans Wanted de Brad Mirman avec Johnny Hallyday, GĂ©rard Depardieu et Richard Bohringer oĂč il interprĂšte un tueur Ă  gages silencieux et taciturne qui parle de lui Ă  la troisiĂšme personne. En pleine pĂ©riode noire, Renaud avait acceptĂ© de tourner dans le film de son ami Ă  condition d'interprĂ©ter un petit rĂŽle avec peu de texte[168]. En 2006, il intervient dans le film Le Deal de Jean-Pierre Mocky, chantant la Chanson de Radius[169].

Filmographie

Publicité

En 1986, Renaud a rĂ©alisĂ© une publicitĂ© pour KanterbrĂ€u[170], oĂč il apparaĂźt avec Jean-Louis Roques, publicitĂ© inspirĂ©e des paroles de la chanson Germaine. Il regretta ensuite cette publicitĂ© vantant un alcool[171] et donna les 900 000 francs gagnĂ©s au MusĂ©um national d'histoire naturelle.

Écrivain

À deux reprises, Renaud a Ă©crit des chroniques Ă  Charlie Hebdo : en 1992-1993 et en 1995-1996. Il a Ă©galement Ă©crit quelques chroniques Ă  l'Idiot international, avant de couper les ponts suite Ă  un Ă©ditorial antisĂ©mite de Jean-Edern Hallier.

Renaud a écrit divers ouvrages. La plupart ont trait à sa vie et à ses textes. Il a également entrepris l'écriture d'un récit de ses années d'alcoolique, intitulé le Le Jaune et le noir, mais ne l'a toujours pas terminé.

Il signe Ă©galement deux contes pour enfants : La petite vague qui avait le mal de mer (1993) et Le Petit oiseau qui chantait faux (2005).

Recueils de chansons

Recueils de chroniques

Contes pour enfants

Collaboration

Correspondance

Produits dérivés

Livres sur Renaud

De nombreux ouvrages sur Renaud sont disponibles[172].

  • DiffĂ©rentes thĂšses et travaux universitaires sur Renaud existent Ă©galement[174].

Bandes dessinées

Renaud est un grand passionné de bandes dessinées dont il possÚde une collection de plus de trois mille piÚces (dont plus de deux mille cinq cents ouvrages originaux), notamment de Franquin[175]. Il a scénarisé une BD sur les aventures de Gérard Lambert en 1981, ses chansons ont été à plusieurs reprises illustrées. Killofer a réalisé le livret de Rouge Sang en en faisant une mini BD. Différentes BD traitent de son univers.

Jeu vidéo

Documentaire

En 2002, Renaud a fait l'objet d'un documentaire de deux heures intitulĂ© Renaud, le Rouge et le Noir, Ă©crit par Didier Varrod et rĂ©alisĂ© par Éric GuĂ©ret. DiffusĂ© sur France 3 le 16 dĂ©cembre 2002, le documentaire a rĂ©uni 5,35 millions de tĂ©lĂ©spectateurs.

Notes et références

  1. ↑ Lescharts.com, Place de Renaud dans les charts, (page consultĂ©e le 22 dĂ©cembre 2007).
  2. ↑ Julie Hubert, La rĂ©ception de la chanson française au QuĂ©bec : le cas Renaud, UniversitĂ© Laval (thĂšse de maĂźtre des arts), 1993, (ISBN 978-0-315-91563-3).
  3. ↑ classĂ© 15Ăšme en aoĂ»t 2011 d'aprĂšs le Journal du Dimanche
  4. ↑ a et b Extrait de la prĂ©face de Renaud, Xan de l'Ours, la lĂ©gende de l'homme sauvage, prĂ©face de Renaud, Ed.Cairn
  5. ↑ Pendant deux ans, il n'Ă©tait qu'un obscur traducteur d'allemand Ă  Radio Paris au cinquiĂšme sous-sol, oĂč il ne traitait que des nouvelles d'informations gĂ©nĂ©rales et rien qui eĂ»t trait Ă  la guerre. Tout ça m'a valu de me faire traiter de petit-fils et fils de SS., entretien de Didier Varrod, Serge, 22 novembre 2010 [lire en ligne]
  6. ↑ Et qui aurait enseignĂ© Ă  Georges Pompidou et LĂ©opold SĂ©dar Senghor. Voir RĂ©gis Chevandier, Renaud - Foulard rouge, blouson de cuir, etc. - Construction d'un personnage - 1975-1996 [lire en ligne], L'Harmattan, 2007, p. 22., (ISBN 978-2-296-02481-6)
  7. ↑ Les pasteurs de l'Ă©glise rĂ©formĂ©e de France, Base de donnĂ©es gĂ©nĂ©alogique, (page consultĂ©e le 31 janvier 2008).
  8. ↑ a, b, c, d et e RĂ©gis Chevandier, Renaud - Foulard rouge, blouson de cuir, etc. - Construction d'un personnage - 1975-1996 [lire en ligne], L'Harmattan, 2007, (ISBN 978-2-296-02481-6).
    a : p.22, c : p.117, d : p.11, e : p.116
  9. ↑ Cette histoire aurait longtemps Ă©tĂ© mĂ©connue par Renaud. Voir RĂ©gis Chevandier, Renaud - Foulard rouge, blouson de cuir, etc. - Construction d'un personnage - 1975-1996 [lire en ligne], L'Harmattan, 2007, p. 22., (ISBN 978-2-296-02481-6)
  10. ↑ Arnold, Renaud : Chanteur Ă©nervĂ© et Ă©nervant, Bside-rock, (page consultĂ©e le 31 janvier 2008).
  11. ↑ a, b, c et d Max, Liste exhaustive des contributions de Renaud, forum du HLM des fans de Renaud, (page consultĂ©e le 31 janvier 2008).
  12. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v et w Thierry SĂ©chan, Renaud bouquin d'enfer, Éditions du Rocher, 2003 [prĂ©sentation en ligne] (ISBN 978-2-268-03871-1).
  13. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o L'IntĂ©grale de Renaud, Sa vie de A Ă  Z, (derniĂšre mise Ă  jour le 1er dĂ©cembre 2000).
  14. ↑ a, b et c Éric GuĂ©ret, Didier Varrod, Renaud, le Rouge et le Noir, documentaire diffusĂ© sur France 3 le 16 dĂ©cembre 2002 [prĂ©sentation en ligne].
  15. ↑ a, b et c Jacques Erwan, Renaud SĂ©chan, Les Manuscrits de Renaud, Éditions Textuel, 2006, 336 p. (ISBN 978-2-84597-204-9)
    a : p.39, b : p.182, c : p.173
  16. ↑ James Cannon, Le zonard dĂ©chaĂźnĂ©" : la figure du dĂ©linquant dans les chansons de Renaud - 1968 - 1980, dĂ©partement d'Histoire de l'UniversitĂ© de Melbourne (thĂšse de Master's Degree), octobre 1999.
  17. ↑ Aujourd'hui l'artiste la regrette car elle dĂ©plut Ă  son pĂšre.
  18. ↑ Renaud SĂ©chan, Des araignĂ©es et des filles, Charlie Hebdo, 5 mai 1993 [lire en ligne].
  19. ↑ Un sentiment qui l'inspirera plus tard pour les chansons Camarade bourgeois et Adieu minette.
  20. ↑ a et b Fiche de Renaud, TV5 Monde.
  21. ↑ « J'avais Ă  l'Ă©poque une ressemblance physique avec GĂ©gĂ© (GĂ©rard LefĂšvre), un des membres de la troupe qui partait aux États-Unis. Ils m'ont proposĂ© de le remplacer au pied levĂ©, comme ça. À cette Ă©poque-lĂ , au CafĂ© de la Gare, c'Ă©tait la tradition, on n'engageait pas de comĂ©diens, on engageait le type qui Ă©tait lĂ  et qui avait envie de travailler. Comme je les avais fait marrer avec mes premiĂšres chansonnettes, ils ont trouvĂ© que j'avais quand mĂȘme une capacitĂ© d'interprĂšte. J'ai jouĂ© deux mois avec eux. Â», Georges-Marc Benamou, François Jonquet, Kristina Larsen, Globe Hebdo n°33, 22 septembre 1993 [lire en ligne].
  22. ↑ Site Maah
  23. ↑ « Jusqu'au jour oĂč, en 1973-1974, j'ai franchi le pas j'ai rencontrĂ© un copain qui jouait de l'accordĂ©on. Je le considĂ©rais a priori comme un ringard, avec son instrument, et le voilĂ  qui commence Ă  jouer devant moi et qui entame quelques notes derriĂšre mes mĂ©lodies, Ă  chanter, Ă  grattouiller sur ma guitare. J'ai eu envie de faire la manche avec lui. J'ai trouvĂ© sa dĂ©marche originale, diffĂ©rente de celle des gratteux qui jouaient les « Dylan Â» aux terrasses des cafĂ©s. Je lui ai proposĂ© de chanter dans les cours d'immeubles de la pĂ©riphĂ©rie, du cĂŽtĂ© de la porte d'OrlĂ©ans, oĂč, enfant, j'avais vu des gitans, des montreurs d'ours, des violonistes, des accordĂ©onistes qui venaient faire la manche. J'ai voulu faire revivre cette tradition. Â», Georges-Marc Benamou, François Jonquet, Kristina Larsen, Globe Hebdo n°33, 22 septembre 1993 [lire en ligne].
  24. ↑ Qu'il fait alors en direct de chez « La MĂšre Catherine Â», un bistrot de la Butte-Montmartre, entre 3 et 5 heures du matin. En surprise Ă  Renaud, Marcel Azzola l'accompagne Ă  l'accordĂ©on.
  25. ↑ À l'Ă©poque Dominique Ă©tait mariĂ©e depuis huit ans avec l'un des membres de la troupe, GĂ©rard Lanvin, qui a inspirĂ© Renaud pour GĂ©rard Lambert en 1980, moment oĂč le divorce avec Lanvin fut prononcĂ©.
  26. ↑ La Chanson du Loubard, paroles de Muriel Huster, lui collera à la peau un certain temps
  27. ↑ , consacrĂ©e Ă  une rĂ©trospective du Premier Printemps de Bourges (qui s'Ă©tait dĂ©roulĂ© quelques mois auparavant, en avril 1977), Jean Louis Foulquier, avait proposĂ© Ă  Renaud de venir au studio un soir, Ă  l'issue de sa prestation quotidienne Ă  la Pizza du Marais.
  28. ↑ pour la seconde Ă©dition du Printemps de Bourges et 1978. Renaud chantera au grand thĂ©Ăątre de la Maison de la culture entre Michel Sohier (humoriste local) et Ricet Barrier qui en sera la vedette
  29. ↑ « Je ne sais pas comment ça s'est passĂ©. Laisse bĂ©ton qui est au hit-parade, je l'ai Ă©crite en une demi-heure sur une table de restau. On l'a enregistrĂ©e trĂšs vite et trĂšs mal et la productrice n'y croyait pas. Ce n'est pas un boulot trop chiant ni trop tuant, le succĂšs m'a incitĂ© Ă  continuer. En me disant que si j'en ai marre, j'arrĂȘte et si ça marche trĂšs trĂšs bien, je ferais ce qu'a fait Dutronc. Entrer par la grande porte au cinoche. C'est ça ma vocation, le cinĂ©, le cafĂ©-thĂ©Ăątre, la tĂ©lĂ© Â», entretien avec Viviane Mahler, [[Actuel (magazine)|]], 1977 [lire en ligne].
  30. ↑ « D'abord, parce que je chantais la zone, j'ai Ă©tĂ© cataloguĂ© comme un zonard, un loubard avec son blouson de cuir. Lorsque j'ai dit : « Halte-lĂ , j'ai la prĂ©tention de chanter la zone non pas de façon autobiographique mais parce que je la connais, parce que les problĂšmes de ces gens me touchent Â», Georges-Marc Benamou, François Jonquet, Kristina Larsen, Globe Hebdo n°33, 22 septembre 1993 [lire en ligne].
  31. ↑ Éditions Champ Libre, Correspondance vol. 2, Champ Libre, Paris, 1981, page 83 et suivantes.
  32. ↑ L'Ă©quipe comprenait, entre autres, GĂ©rard PrĂ©vost (basse), Amaury Blanchard (batterie) Jean-Philippe Goude (claviers), Alain Ranval (guitare), Klaus Blasquiz et Shitty (chƓurs)
  33. ↑ Jacques Armand Ă©tait professeur de dessin et illustrateur dans un hebdomadaire de l'Eure qui lui avait envoyĂ© quelques planches. Voir Biographie de Renaud, Le Hlm des fans de Renaud, (page consultĂ©e le 1er fĂ©vrier 2008).
  34. ↑ Antoine, Rouge sang, de Renaud, dans SĂ©bastien Bataille, Chroniques de luxe [prĂ©sentation en ligne], Ă©d. Le Bord De l'eau, 2007 (ISBN 978-2-915651-75-1).
  35. ↑ a et b Entretien d'Alain Remond, Renaud sincĂšrement, TĂ©lĂ©rama, n°2023, 19 octobre 1988, pp. 30-34 [lire en ligne].
  36. ↑ Chanson Ethiopie [lire en ligne], Stars.
  37. ↑ Les Meilleures Ventes Tout Temps de 45 T. / Singles, Infodisc, (page consultĂ©e le 2 fĂ©vrier 2008).
  38. ↑ Le nom Karaboudjan vient du cargo de l'album des Aventures de Tintin
  39. ↑ PrĂ©face par FrĂ©dĂ©ric Dard du livre de Renaud SĂ©chan
  40. ↑ Apostrophes sur le site de l'INA, Ă©mission du 14 fĂ©vrier 1986.
  41. ↑ Grand prix national du disque du ministĂšre de la Culture, grand prix du disque de la ville de Paris, grand prix de la SACEM rĂ©compensant ses talents d'auteur-compositeur.
  42. ↑ Interview de Renaud dans le magazine « Platine Â» (janvier 2005)
  43. ↑ Il revendra ses parts Ă  son dĂ©part du journal. De la bande de copains Ă  l'entreprise prospĂšre, Yves-Marie LabĂ© et Dorian Saigre, Le Monde, 30/07/2008
  44. ↑ Renaud chante ch'ti [lire en ligne], L'HumanitĂ©, 9 septembre 1993.
  45. ↑ L'enregistrement des voix se fait mĂȘme dans les toilettes, comme le signale le livret de l'album
  46. ↑ Pascal Fioretto, art. Paparazzi mais presque dans Fluide glacial, 2006.
  47. ↑ a, b et c Romane, la deuxiĂšme chance de Renaud, Prise directe, diffusĂ© sur France 2 le 15 mars 2011.
  48. ↑ « Quand mon disque est sorti en mai dernier, j'ai dit que j'Ă©tais un homme nouveau, redevenu un triste buveur d'eau. Un mois et demi aprĂšs, je faisais une crise de delirium tremens. J'avais replongĂ©. Â», entretien de Didier Varrod, Paris Match, 1er dĂ©cembre 2002 [lire en ligne].
  49. ↑ Boucan d'enfer tour, Le HLM des Fans de Renaud, (page consultĂ©e le 2 fĂ©vrier 2008).
  50. ↑ La plainte est dĂ©clarĂ©e irrecevable, Renaud ayant attaquĂ© le journaliste et non pas le directeur de publication. Voir GrĂ©gory Protche, Quelques pavĂ©s dans la gueule de Renaud, Tant pis pour vous, n°1, mars-avril 2004, pp. 16-17 [lire en ligne].
  51. ↑ Etude de l'Ifop [PDF]
  52. ↑ 11ùme au top 50 du Journal du Dimanche, lejdd.fr, le janvier 2010
  53. ↑ Une polĂ©mique parmi d'autres sur un forum Il fut reprochĂ© Ă  Romane de devoir sa carriĂšre plus au nom de son Ă©poux qu'Ă  son propre talent. Romane a sorti deux albums, dont le premier vendu Ă  plus de 50 000 exemplaires.
  54. ↑ Ses deuxiĂšme et troisiĂšme prĂ©noms sont Olivier, en hommage Ă  son pĂšre, et Oscar, en hommage Ă  son grand-pĂšre
  55. ↑ La Tribune Portes de Provence, numĂ©ro du 19 au 25 octobre 2006.
  56. ↑ Renaud en Angleterre, ses impĂŽts en France, L'Express, 15 fĂ©vrier 2007, (page consultĂ©e le 20 mars 2011).
  57. ↑ « J'ai retrouvĂ© ma voix un petit peu mĂȘme si elle reste toujours aussi pourrie. Â», Pierre Derensy, interview de Renaud, Rock'n'France, 8 septembre 2006.
  58. ↑ Renaud a chantĂ© ce soir lĂ  68 chansons. Voir Pierre, Critique du concert, Concertandco.com, 20 octobre 2007.
  59. ↑ Renaud a parlĂ© Ă  Ingrid Betancourt, 24 juillet 2008, (page consultĂ©e le 20 mars 2011).
  60. ↑ Renaud explique son silence depuis la libĂ©ration d'Ingrid Betancourt, Voila People, 12 novembre 2009, (page consultĂ©e le 20 mars 2011).
  61. ↑ Lolita et Renan Luce se sont mariĂ©s, purepeople, 1er aout 2009
  62. ↑ Entretien de Didier Varrod, Serge, 22 novembre 2010 [lire en ligne]
  63. ↑ A. D., Renaud n'aurait plus de voix ? Son nouvel album divise les critiques, Pure People, 23 novembre 2009, (page consultĂ©e le 21 mars 2011).
  64. ↑ Laurent Decotte, La voix fatiguĂ©e, Renaud chante l’Irlande, ses ouvriers, la libertĂ©, La Voix du Nord, 28 novembre 2009.
  65. ↑ Vanessa Paradis, RaphaĂ«l et Yannick Noah en cavale pour le docteur Tom, Musique Mag, 1er octobre 2010
  66. ↑ Sous les Ă©toiles exactement, France Inter, 4/12/09
  67. ↑ Je ne sais plus faire, j'ai perdu la sĂšve. MĂȘme mon fils de quatre ans qui devrait m'inspirer de belles chansons, pour parler de son avenir, de la sociĂ©tĂ© dans laquelle il va Ă©voluer, et bien, non, ça ne m'inspire pas., entretien de Didier Varrod, Serge, 22 novembre 2010 [lire en ligne]
  68. ↑ C'est Ă©puisant de passer ses jours et ses nuits Ă  repenser Ă  son enfance et a son adolescence. Chaque annĂ©e qui passe, la nostalgie se rapproche., entretien de Didier Varrod, Serge, 22 novembre 2010 [lire en ligne]
  69. ↑ Ludmilla INTRAVAIA, « Romane Serda sur Renaud : "Nous venons de divorcer mais je l'aime" IciTF1 Â», 2011. ConsultĂ© le 15 octobre 2011
  70. ↑ Éric Bulliard, Retour du chanteur Ă©nervant, La GruyĂšre.ch, 5 octobre 2006 (page consultĂ©e le 2 fĂ©vrier 2008).
  71. ↑ « J'ai toujours eu le sentiment d'appartenir Ă  une famille de gauche dans laquelle se retrouvent des anars, des trotskistes, des communistes, des socialistes. Je me suis engueulĂ© avec des membres de cette famille, mais comme on s'engueule avec son pĂšre, sans jamais se fĂącher dĂ©finitivement. Â», entretien de ZoĂ© Lin, Renaud : honte Ă  celui qui n'a d'avis sur rien, sa vie doit ĂȘtre triste, L'HumanitĂ©, 14 dĂ©cembre 1996 [lire en ligne].
  72. ↑ « Est-ce que ça tient la route de dĂ©fendre une thĂ©orie magnifique, mais par essence inapplicable dans nos sociĂ©tĂ©s ? L'anar qui paye son loyer, qui bosse pour un patron, ou mĂȘme simplement qui consomme, n'est finalement pas beaucoup plus cohĂ©rent que celui qui va voter. Â», Renaud SĂ©chan, Adieu la plage
, Charlie Hebdo, 12 mai 1993 [lire en ligne].
  73. ↑ « Je suis anti-flic Ă  la maniĂšre Brassens. À part quelques faits divers oĂč je trouve qu'ils ont une attitude un peu trop rĂ©pressive, un peu trop haineuse, ils sont confrontĂ©s aussi parfois Ă  des horreurs. Je suis anti-clĂ©rical de la mĂȘme maniĂšre. Les flics, c'est le symbole de l'uniforme, de la rĂ©pression mais je traverse toujours dans les clous pour ne pas avoir Ă  parler avec un flic comme disait Brassens. C'est le meilleur moyen de vivre avec eux, vivre dans une espĂšce de semblant d'Ă©galitĂ©. Â», entretien de Marc Thirion, Renaud de A Ă  Z, OK, 24 fĂ©vrier 1986 [lire en ligne].
  74. ↑ « Je suis parisien mais aussi basque, corse, breton, occitan, catalan, ch'timi... citoyen d'une Europe des peuples pas des banquiers, des bĂ©tonneurs et des marchands, sympathisant de la premiĂšre heure de toutes les luttes des peuples sans État, des peuples que l'on opprime, des langues, des cultures et des traditions que l'on nie, des paysages qu'on massacre, des folklores qu'on ridiculise et des militants qu'on criminalise. Â», entretien de Pascal Fioretto, Sept annĂ©es d'absence, Marianne, 20 mai 2002 [lire en ligne].
  75. ↑ « Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock dĂ©bile, les Ă©coliers de la vulgaritĂ© pĂ©dagogique, les bĂ©ats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idĂ©ologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de "touche pas Ă  mon pote", et, somme toute, les produits de la culture Lang
 C'est une jeunesse atteinte d'un sida mental. Â», Louis Pauwels, Le monĂŽme des Zombies, Le Figaro Magazine, 6 dĂ©cembre 1986.
  76. ↑ InterrogĂ© sur un concert de Johnny Hallyday, il commenta : « Moi, je n'aime pas trop, commente-t-il, je prĂ©fĂšre Renaud. Â», Erik Izraelewicz, La nomination d'Édouard Balladur comme premier ministre - Le fils politique de Georges Pompidou, Le Monde, 31 mars 1993.
  77. ↑ Interview, Le Parisien, 21 juin 2007.
  78. ↑ « J'aime bien Renaud, bien que nous n'avons pas des opinions parallĂšles Â», Ă©mission les Grandes gueules, RMC, 30 aoĂ»t 2006.
  79. ↑ « Palestiniens et ArmĂ©niens tĂ©moignent du fond de leur tombeau qu'un gĂ©nocide c'est masculin comme un SS un torero Â», Renaud SĂ©chan, chanson Miss Maggie, 1985.
  80. ↑ David Reinharc, DĂ©bat avec Renaud sur Israel-Palestine, les juifs, l'islamisme et l'Occident, IsraĂ«l Magazine, 19 juillet 2007.
  81. ↑ Laurent Berthet, Renaud ou l'humanitĂ© meurtrie, in Le Banquet, janvier 2004, n°19/20, p. 417-434 [lire en ligne].
  82. ↑ Yves FrĂ©mion, Renaud-Renard, Fluide glacial n° 318, dĂ©cembre 2002 [lire en ligne].
  83. ↑ « C’est pas trĂšs gentil pour les Restos que je trouve indispensables et trĂšs efficaces. Mais j’en ai un peu ras-le-bol des combats humanitaires et des associations qui ont dĂ©frayĂ© la chronique par des dĂ©tournements, des malversations financiĂšres, etc. MĂȘme ça, on finit par en revenir. Les circonstances ont fait que je ne participe plus aux Restos depuis deux ans, mais s’ils me redemandent, je serai toujours prĂ©sent. Avec cependant un certain recul, le sentiment que c’est un peu dĂ©risoire, comme toute forme d’engagement des artistes Â», entretien de Dominique Simonnet, Le roman de Renaud, La Libre Belgique, 20 mai 1952 [lire en ligne].
  84. ↑ DĂ©cret du 5 fĂ©vrier 2008 portant reconnaissance d'une fondation comme Ă©tablissement d'utilitĂ© publique sur Legifrance.gouv.fr, JORF n°0032 du 7 fĂ©vrier 2008 page 2317 texte n° 10.
  85. ↑ Il avait auparavant fortement soutenu la candidature de Coluche. Voir Georges-Marc Benamou, François Jonquet, Kristina Larsen, Globe Hebdo n°33, 22 septembre 1993 [lire en ligne].
  86. ↑ Renaud SĂ©chan, Renaud Bille en tĂȘte, Paris, Ă©d. Le Seuil, « Point Virgule Â», 1994, p. 62, 24 fĂ©vrier 1993 (ISBN 978-2-02-022208-2).
  87. ↑ « Au fait, c'est vrai que vous ĂȘtes allĂ© demander des explications Ă  l'ÉlysĂ©e, le lendemain de la mort d'Eloi Machoro ? - Absolument. L'assassinat politique, c'est pas vraiment l'idĂ©e que je me fais d'un rĂ©gime de gauche. Moi, j'ai militĂ© dans mes chansons, mes propos, pour qu'elle arrive, la gauche. Et j'estime que j'avais droit Ă  des explications. Â» Entretien d'Alain Remond, Renaud sincĂšrement, TĂ©lĂ©rama, n°2023, 19 octobre 1988, pp. 30-34 [lire en ligne]. Eloi Machoro sera citĂ© dans les chansons Jonathan et Triviale poursuite de l'album Putain de Camion
  88. ↑ Cette tribune Ă©tait revendiquĂ©e par le « Mouvement individuel, Ă©nervant et indĂ©pendant pour la rĂ©Ă©lection de François Mitterrand Â». Le « Tonton laisse pas bĂ©ton Â» a largement occultĂ© l'autre slogan « Mitterrand ou jamais Â» lancĂ© par GĂ©rard Depardieu le 22 dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e.
  89. ↑ Otelo de Saraiva de Carvalho est Ă©galement citĂ© dans la chanson Triviale Poursuite de l'album Marchand de Cailloux : « Vingt ans pour Otelo / Autant pour Mandela Â»
  90. ↑ « Je fais un truc important, politique, artistique Ă  l’Olympia avec des artistes qui soutiennent la rĂ©volution des pierres et les enfants palestiniens qui s’font
 qui s’font dĂ©gober tous les jours, lĂ  personne n’en parle. Et pour rĂ©unir un plateau sur cet Olympia qui Ă©tait bourrĂ© Ă  craquer, on a trouvĂ© deux artistes : Bernie, le chanteur de Trust et Graeme Allwright, artiste français, francophone, car paraĂźt qu’il est NĂ©o-zĂ©landais, je crois, et tous les autres c’était, y'avait 25 artistes arabes de premiĂšre gĂ©nĂ©ration, deuxiĂšme, Sapho, y'avait Cheb Kader et ça Ă©tĂ© fabuleux concert. Â», Renaud SĂ©chan, disque L'interview, 1988.
  91. ↑ Il qualifia ces cĂ©lĂ©brations de « derniĂšre insulte qu’un gouvernement de gauche pouvait faire aux opprimĂ©s Â».
  92. ↑ Il s'en Ă©loigne « aprĂšs un article particuliĂšrement nausĂ©abond de Jean-Edern sur les juifs de Deauville ou/et du Sentier Â»
  93. ↑ « Oui, j'aime ce bonhomme, je le revendique, je l'assume malgrĂ© les critiques de Bedos qui considĂšre que c'est de l'ƒdipe mal digĂ©rĂ©. Et je dois reconnaĂźtre qu'il n'a pas tout Ă  fait tort. Mitterrand a quelque chose de mon papa, dans la physionomie. Â», Georges-Marc Benamou, François Jonquet, Kristina Larsen, Globe Hebdo n°33, 22 septembre 1993 [lire en ligne].
  94. ↑ Liste RĂ©gions et peuples solidaires, EuropĂ©ennes du 12 juin 1994, PSinfo.net, (page consultĂ©e le 3 fĂ©vrier 2008).
  95. ↑ « Le Parti socialiste est Ă  la dĂ©rive et n'a plus beaucoup d'idĂ©es Ă  proposer, mĂȘme Ă  ses propres Ă©lecteurs. Â», entretien de Didier Varrod, Paris Match, 1er dĂ©cembre 2002 [lire en ligne].
  96. ↑ Le Parti socialiste est Ă  la dĂ©rive et n'a plus beaucoup d'idĂ©es Ă  proposer, mĂȘme Ă  ses propres Ă©lecteurs. J'aime bien un homme comme Bertrand DelanoĂ«, et peut-ĂȘtre les quelques pistes que propose l'aile gauche du PS, entretien de Didier Varrod, Paris Match, 1er dĂ©cembre 2002 [lire en ligne].
  97. ↑ « J'aurais votĂ© pour le reprĂ©sentant de la gauche altermondialiste, Ă©colo, JosĂ© BovĂ©. En l'Ă©tat, je voterai sans doute Dominique Voynet, mĂȘme si je prĂ©fĂšre Yves Cochet. Â», entretien avec VĂ©ronique Mortaigne, Renaud : Je n'ai jamais Ă©crit Sarko Ă©gale facho, Le Monde, 1er octobre 2006 [lire en ligne].
  98. ↑ (Au sujet des Ă©lections prĂ©sidentielles françaises de 2002) « Hormis les Verts, ils Ă©taient tous pour le productivisme Ă  tout crin, la mondialisation douce, voire, pour certaine, le retour de la dictature du prolĂ©tariat. Bref, comme disait l'autre, toutes des salopes sauf MamĂšre. Â», entretien de Pascal Fioretto, Sept annĂ©es d'absence, Marianne, 20 mai 2002 [lire en ligne].
  99. ↑ « Oh, moi, je vais voter Jospin, bien sĂ»r, sans grand enthousiasme, surtout pour faire barrage au retour des bandits Â», Renaud SĂ©chan, propos tenus sur le plateau du journal tĂ©lĂ©visĂ© de Bruno Masure, France 2. Voir Renaud SĂ©chan, Los Bandidos, Qui prennent aux pauvres pour donner aux riches, Charlie Hebdo, 10 mai 1994 [lire en ligne].
  100. ↑ MalgrĂ© cela, il admet qu'il aurait votĂ© pour ce dernier aux Ă©lections de 2002 s'il avait su que le Front national se serait retrouvĂ© au second tour : « Je suis effondrĂ© et je me sens responsable, car si on m'avait dit que Jospin arriverait derriĂšre Le Pen, j'aurais votĂ© pour lui. MĂȘme si je trouve que Jospin manque de charisme et qu'il a menĂ© une politique sans ambition. Â», Ouest-France, 27 avril 2002.
  101. ↑ Renaud au stade CharlĂ©ty, Dailymotion, vidĂ©o postĂ©e le 1er mai 2007.
  102. ↑ « Quand la gĂ©nĂ©tique entre en cause dans une loi sur l'immigration, c'est dĂ©gueulasse. On n'est pas loin de l'eugĂ©nisme et du fascisme Â», entretien de Karine Vouillamoz, Le Matin, 8 dĂ©cembre 2007.
  103. ↑ Émission Le Grand Journal, Canal+, 19 novembre 2007.
  104. ↑ Catalogue de la Vente aux enchĂšres publiques du dimanche 2 dĂ©cembre 2007, Peinepartagee (blog), (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008).
  105. ↑ ComitĂ© de soutien de Denis Baupin, Baupin2008.fr, (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008).
  106. ↑ « Peio Serbielle n’est pas un terroriste, n’appartient Ă  aucun mouvement clandestin et n’a commis aucun acte criminel hormis celui consistant Ă  ouvrir sa porte Ă  des rĂ©fugiĂ©s politiques menacĂ©s d’expulsion.» Blog de NoĂ«l MamĂšre
  107. ↑ Freddes, Renaud offre sa musique en tĂ©lĂ©chargement !, Sospc-en-ligne.com, 30 octobre 2005.
  108. ↑ DiscothĂšque, Le HLM des fans de Renaud, (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008).
  109. ↑ article du jdd, liste des 52 signataires.
  110. ↑ « Le dĂ©clic a Ă©tĂ© le passage Ă  la tĂ©lĂ©, il y a un an, de la fille d'Ingrid, MĂ©lanie Betancourt, 20 ans : Je l'ai vue si digne, si belle ; physiquement, elle me faisait penser Ă  ma fille, et j'ai fait un transfert affectif, j'ai imaginĂ© Lolita, qui a l'Ăąge de MĂ©lanie, privĂ©e de sa maman depuis plus de trois ans. VoilĂ , ce sont des raisons irrationnelles, affectives qui m'ont poussĂ© Ă  m'engager. Â», entretien de Dominique Simonnet, Un Renaud sachant renauder, La Libre Belgique, 15 dĂ©cembre 2005 [lire en ligne].
  111. ↑ . Elle a Ă©tĂ© chantĂ©e en espagnol par Melingo, puis par Renaud dans l'Ă©dition limitĂ©e de Rouge Sang. Une version bretonne a Ă©tĂ© faite par Alan Stivell comme l'indique le site du HLM des fans de Renaud. Joan Baez a Ă©galement chantĂ©e la chanson lors de ses concerts en France.
  112. ↑ Site sur le concert des comitĂ©s Betancourt, FĂ©dĂ©ration Internationale des ComitĂ©s Ingrid Betancourt, (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008)
  113. ↑ Renaud a parlĂ© Ă  Ingrid BĂ©tancourt...
  114. ↑ Site de l'Unicef et Ebay
  115. ↑ « Le dĂ©clic est venu avec la naissance de ma fille qui m'a fait ouvrir les yeux sur des problĂšmes fondamentaux. Avant, je ne vivais pas que pour moi, mais disons que je m'attachais plus aux Droits de l'Homme ou Ă  des thĂšmes purement politiques ou sociaux. Â», entretien de HervĂ© Kempf et Nelly PĂ©geault, Reporterre, n°7, juillet-aoĂ»t 1989 [lire en ligne].
  116. ↑ « Puis tous les potes que j'avais Ă  Greenpeace France se sont fait virer par d'autres membres pour d'obscures raisons de pouvoir, de luttes intestines. J'ai trouvĂ© ça tellement nul, je me suis dit, allez hop, je milite dans mon coin, tout seul, Quelques semaines aprĂšs, il y a eu l'affaire du bateau de Greenpeace, le Rainbow Warrior, coulĂ© en 1985. [...] Et le plus Ă©tonnant, c'est qu'au bout du compte, ça s'est retournĂ© contre le mouvement Greenpeace, avec la fermeture du bureau français. Quand mes copains ont Ă©tĂ© « dĂ©missionnĂ©s Â», ils ont montĂ© une association qui s'appelle Robin des Bois et je les ai suivis. Â», entretien de HervĂ© Kempf et Nelly PĂ©geault, Reporterre, n°7, juillet-aoĂ»t 1989 [lire en ligne].
  117. ↑ (Au sujet de l'affaire du tunnel de Somport) « Des annĂ©es Ă  protester dans diffĂ©rents mĂ©dias contre ce bĂ©tonnage prĂ©vu dans un des plus beau paysage du monde, concerts de soutien aux opposants, manifestations judiciaires (notamment pour soutenir Éric PĂ©tetin incarcĂ©rĂ© une quinzaine de fois pour son activisme anti-tunnel), et, au final, une vallĂ©e splendide dĂ©figurĂ©e par une voie express, mille camions par jour, les bĂ©tonneurs et le lobby des transports et de la vitesse ont gagnĂ©. Â», Marc Large, Interview de Renaud, Paysdelours.com, (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008).
  118. ↑ Il a par exemple parrainĂ© l'ourse slovĂšne Palouma. Voir Marc Large, Interview de Renaud, Paysdelours.com, (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008).
  119. ↑ Cette chanson fait explicitement rĂ©fĂ©rence Ă  la chanson Les ÉtrangĂšres de Jean Ferrat
  120. ↑ Le spot anti-corrida avec Renaud, Dailymotion, vidĂ©o postĂ©e le 13 juillet 2007par SPA75.
  121. ↑ Parmi lesquelles GeneviĂšve de Fontenay, Surya Bonaly, Jean-Claude Van Damme et Alexandra Paul. Voir Renaud, Bonaly et Van Damme contre la corrida, Le Nouvel Observateur, 18 aoĂ»t 2007 [lire en ligne].
  122. ↑ TĂ©lĂ©charger le courrier
  123. ↑ SOS SPA Tome 2 - Tauromachie, l'enfer du dĂ©cor, HLM des fans de Renaud, (page consultĂ©e le 6 aoĂ»t 2010).
  124. ↑ « Le plus grand des paradoxes, de la part de mes adversaires actuellement en ce qui me concerne, c'est d'ĂȘtre soi-disant Ă©colo et de rouler en 4x4. Je peux leur citer mille exemples de contradictions chez les Ă©colos ! Alors oui, je roule en 4x4 non pas parce que j'aime les grosses voitures mais parce que j'ai un gros chien, un bĂ©bĂ©, une poussette avec des roulettes d'un cĂŽtĂ© et des nacelles de l'autre, plus une poussette canne, plus deux guitares et trois bagages. Â», Pierre Derensy, Entretien avec Renaud, Ramdam.com, 19 octobre 2006.
  125. ↑ « J'ai des problĂšmes avec la presse de gauche, en gĂ©nĂ©ral ! Avec vous, avec l'ÉvĂ©nement du jeudi, avec LibĂ©. Â», Georges-Marc Benamou, François Jonquet, Kristina Larsen, Globe Hebdo n°33, 22 septembre 1993 [lire en ligne].
  126. ↑ « Si Renaud SĂ©chan est si dĂ©plorable, ce n’est pas parce qu’il joue au rouge, ni parce qu’il est esthĂ©tiquement trois fois nul et non avenu (auteur compositeur interprĂšte), c’est parce qu’il est faux comme les blĂ©s (qu’il ramasse) : de la pointe des cheveux Ă  celle des santiags, en passant par l’accent. Â», SĂ©chan sĂ©chĂ©, Bayon et Serge Loupien, LibĂ©ration, 1er et 2 mars 1986 [lire en ligne].
  127. ↑ « Avec LibĂ©, ce sont des rapports conflictuels depuis toujours. Du jour oĂč j'ai commencĂ© Ă  vendre des disques et avoir une certaine popularitĂ©, ils m'ont traitĂ© par le mĂ©pris ou le silence, avant de m'allumer. C'est un peu trop systĂ©matique pour que je puisse ne pas y ĂȘtre sensible. Â», Georges-Marc Benamou, François Jonquet, Kristina Larsen, Globe Hebdo n°33, 22 septembre 1993 [lire en ligne].
  128. ↑ Voir notamment la chanson l’Aquarium de l'album Marchand de cailloux « EnervĂ© par ces gauchos - Dev’nus des patrons bien gros - J’ai balancĂ© mon journal par la f’nĂȘtre - Comme j’suis un garçon rĂ©glo - J'ai visĂ© le caniveau - Sur d'y r’trouvĂ© l’rĂ©dacteur en chef Â», le mot journal Ă©tant substituĂ© par LibĂ©ration sur l'enregistrement live Paris-Provinces Aller/Retour. Dans le programme de Visage pĂąle attaquer ZĂ©nith, Renaud dĂ©finit LibĂ© comme un « quotidien centre-mou dont les pages culturelles servent Ă  emballer le poisson Â»
  129. ↑ À ce sujet Renaud raconte l'anecdote : « Je leur envoie un fax un petit peu saignant parce que je n'ai pas Ă  me coucher devant un patron de presse aussi puissant soit-il. Je lui dis que ce sont des maniĂšres dignes de Minute, et effectivement, trois jours aprĂšs, cet article est repris quasiment mot pour mot par Minute. Je l'ai faxĂ© Ă  LibĂ© en signant : La preuve ! Â», Georges-Marc Benamou, François Jonquet, Kristina Larsen, Globe Hebdo n°33, 22 septembre 1993 [lire en ligne].
  130. ↑ « Dans L'ÉvĂ©nement, je me suis d'abord fait allumer par Patrice Delbourg, puis par un fouille-merde qui est allĂ© dans les archives des Assedic du spectacle pour trouver qu'en 1980, j'avais touchĂ© des Assedic pendant huit mois. Ça m'a valu une page entiĂšre, il y a quelques mois. Â», Georges-Marc Benamou, François Jonquet, Kristina Larsen, Globe Hebdo n°33, 22 septembre 1993 [lire en ligne].
  131. ↑ Pour l'annoncer Ă  sa maison de disques, Renaud aurait Ă©crit au gros feutre rouge sur un tableau blanc de Virgin : « Pour son prochain LP (avril 88) Renaud ne fera AUCUNE promo. Ni presse pourrie, ni radios nulles, ni tĂ©lĂ© craignos. SignĂ© : Renaud Â». Voir CĂ©dric Adam, Renaud, ami de Charly, ennemi de LibĂ©, Institut pĂ©dagogique et social de Marcinelle (Graduat en communication), juin 2001, 89 p.
  132. ↑ « De TĂ©lĂ©rama au Monde, en passant par les Inrockuptibles, LibĂ©ration, le Point et le Nouvel Obs, ils ont Ă©tĂ© dans le meilleur des cas mĂ©prisants, au pire diffamatoires, insultants. Les mĂȘmes qui m'avaient tressĂ© des louanges un peu excessives sur mon album prĂ©cĂ©dent Boucan d'enfer, qui Ă©tait un disque triste, peu engagĂ© - et qui n'est pas mon meilleur album mĂȘme si paradoxalement c'est le plus gros succĂšs discographique de ma carriĂšre - m'ont assassinĂ© avec le mĂȘme excĂšs sur l'album Rouge sang. À croire que ces gens-lĂ  me prĂ©fĂšrent malheureux. Â», entretien de Victor Hache, Renaud : « Je rĂȘve d'une gauche plus forte, plus unie, plus combative Â», L'HumanitĂ©, 16 septembre 2007 [lire en ligne].
  133. ↑ « Toute la presse populaire m'encense et la presse de gauche bourgeoise bohĂšme, ou plutĂŽt bourgeoise-bourgeoise, dite de gauche parisienne qui ne va pas en province, qui ne touche pas le cƓur des gens dans les banlieues ou les citĂ©s, me reproche Ă  moi d'avoir perdu toute lĂ©gitimitĂ© populaire. Â», Pierre Derensy, Entretien avec Renaud, Ramdam.com, 19 octobre 2006.
  134. ↑ « Je suis l'arriĂšre-petit-fils d'un pasteur dont le pĂšre et le grand-pĂšre Ă©taient pasteurs Ă©galement. Bien que non-croyant, je revendique mon appartenance Ă  cette communautĂ© de cƓur et d'esprit dont le nom « Protestants Â» sonne comme une identitĂ©. Â» Pour aller Ă  gauche c'est par oĂč ?, Renaud SĂ©chan, Charlie Hebdo n°47, 19 mai 1993 [lire en ligne].
  135. ↑ « Ce sont les hommes pas les curĂ©s/Qui font pousser les orangers Â», Renaud SĂ©chan, chanson La Ballade nord-irlandaise, Marchand de cailloux, 1991 ; « Moins nombreux malgrĂ© leur poids/Lolito-Lolita/Viennent curĂ©s et prĂ©lats/Ils prieront pour toi/Ils te diront : Ferme-lĂ ,/Travaille, consomme et tais toi,/Et le ciel t'appartiendras Â», Renaud SĂ©chan, chanson Lolito-Lolita, À la Belle de Mai, 1994.
  136. ↑ « L'essentiel Ă  nous apprendre (
) C'est l’amour de ton prochain Â», Renaud SĂ©chan, chanson C'est quand qu'on va oĂč ?, À la Belle de Mai, 1994
  137. ↑ Merde Ă  Dieu !, Renaud SĂ©chan, Charlie Hebdo n°188, 24 janvier 1996 [lire en ligne].
  138. ↑ Pierre Derensy, Entretien avec Renaud, Ramdam.com, 19 octobre 2006, (page consultĂ©e le 19 mai 2008).
  139. ↑ Renaud SĂ©chan, chanson La blanche, Le Retour de GĂ©rard Lambert, 1981 ; Renaud SĂ©chan, chanson P'tite conne, Mistral gagnant, 1985.
  140. ↑ Renaud SĂ©chan, chanson Pourquoi d'abord ?, album Marche Ă  l'ombre, 1980.
  141. ↑ «On a une plantation/pas Ă©norme, trois hectares/d'une herbe qui rend moins con/non c'est pas du Ricard», puis Ă  la fin: «Monsieur le prĂ©sident/Pour finir ma bafouille/J'voulais t'dire simplement/Ce soir on fait des nouilles/À la ferme c'est l'panard/Si tu veux, viens bouffer/On fumera un pĂ©tard/Et on pourra causer». Renaud SĂ©chan, chanson DĂ©serteur, Morgane de toi, 1983.
  142. ↑ Renaud SĂ©chan, chanson Docteur Renaud Mister Renard, Boucan d'enfer, 2002.
  143. ↑ « Je suis assez rĂ©actionnaire dans ce domaine, et opposĂ© Ă  toute sorte de lĂ©galisation prĂŽnĂ©e par des politiciens dĂ©magogues. Je sais trop les ravages que provoqua le cannabis sur ma conscience pour ne pas considĂ©rer ça comme une "drogue douce" ! Â». Le Journal du Dimanche, 26 mai 2002
  144. ↑ Ania Hawro, L'argot dans les chansons de Renaud, universitĂ© de Gdansk (mĂ©moire de linguistique), 2003, 65 p.
  145. ↑ Renaud et l'argot, INA, entretien de 1min47s, TF1, 9 fĂ©vrier 1981.
  146. ↑ En cloque, Morgane de toi, Mistral gagnant, Baby-sitting blues, Il pleut, C'est pas du pipeau, Mon amoureux, C'est quand qu'on va oĂč ?, Elle a vu le loup et Adieu l'enfance
  147. ↑ Intervention d'Olivier BĂ©guin, L'art du portrait chez Renaud, UniversitĂ© catholique de Milan (ConfĂ©rence sur la musique populaire française Ă  Manchester), 2003.
  148. ↑ « J’ai toujours dit que la musique Ă©tait le vĂ©hicule pour mettre en valeur le texte et les mots. J’essaye de faire ça le mieux possible. Alors des fois c’est un peu rock, des fois c’est un peu folk, des fois c’est un peu country, mais dans l’absolu, peu importe
 Â», dialogue avec BĂ©nabar, Renaud et BĂ©nabar, acolytes anonymes, Thomas Vandenberghe, septembre 2002 [lire en ligne].
  149. ↑ « Pour ce qui est de la voix, je l’ai un peu retrouvĂ©e par rapport Ă  2002 et Ă  mon album Boucan d’enfer. De toute façon, je n’ai jamais bien chantĂ© et les gens ne sont pas lĂ  pour ma voix, que j’avais effectivement perdue en me malmenant avec le tabac- que je continue - mais aussi avec l’alcool - que j’ai arrĂȘtĂ© Â», entretien de Victor Hache, L'HumanitĂ©, 27 juillet 2007 [lire en ligne].
  150. ↑ Par exemple, dans le conte qu'Ă  Ă©crit Renaud, Le petit oiseau qui chantait faux, l'oiseau est une mĂ©taphore du chanteur comme il est stipulĂ© dans le mot de l'Ă©diteur [lire en ligne].
  151. ↑ « Je me sens un peu comme un fils de Brassens, et je revendique cette filiation. C’est quand mĂȘme grĂące Ă  lui que j’ai voulu chanter, Ă©crire des chansons. Â», entretien d'AndrĂ© Navarro, L'IndĂ©pendant n°42, 20 octobre 1996 [lire en ligne].
  152. ↑ Renaud SĂ©chan, Renaud parle de Brassens, Charlie Hebdo, [lire en ligne]
  153. ↑ (À la question quel est le chanteur français que tu admire le plus ?) « Vivant ? Alain Souchon. Disparu : Brassens Disparu, mais toujours vivant ! Â», Renaud SĂ©chan, le chat RTL2, 20 juin 2002 [lire en ligne].
  154. ↑ « Ă‡a m'a choquĂ©, Ă©cƓurĂ©. Autrefois, un chanteur mettait dix ans Ă  s'imposer : dix ans de scĂšnes, de galas, de galĂšres... Maintenant, on prend une poignĂ©e d'ados branchĂ©s qu'on fout dans un loft, trois pas de danse, un micro, ils sont stars ! Ils n'ont rien Ă  vendre, rien Ă  dire, rien Ă  faire. Hallucinant ! Â», Renaud Ă  propos des Ă©missions comme Popstars et Star Academy, entretien de Catherine Schwaab, Paris Match, 24 mai 1952 [lire en ligne].
  155. ↑ Entretien de Claire Damon, Renaud : On livre son Ăąme sur scĂšne, comme une strip-teaseuse..., La RĂ©publique du Centre, 21 mai 2007 [lire en ligne].
  156. ↑ Citation de Karl Tremblay des Cowboys Fringants (lors du spectacle Renaud et les Cowboys fringants Ă  QuĂ©bec, 5 juillet 2007)
  157. ↑ Renaud SĂ©chan, A quoi sert la presse musicale ?, Paroles & Musique n°28, avril 1990 [lire en ligne]. On peut aussi noter que, contrairement Ă  ce que Renaud pense, il n'y a pas de trous dans le gruyĂšre mais dans l'emmental.
  158. ↑ BĂ©nabar : « C’est devenu dur aujourd’hui de penser ses textes en français sans penser Ă  Renaud. C’est quelqu’un dont a priori tu ne peux pas dire qu’il ne t’a pas influencĂ©. Tout comme Higelin. Â», dialogue avec BĂ©nabar, Renaud et BĂ©nabar, acolytes anonymes, Thomas Vandenberghe, septembre 2002 [lire en ligne].
  159. ↑ Xavier de Larminat, Renaud rappeur avant l'heure ?, ABCDR du son, octobre 2003 [lire en ligne].
  160. ↑ a, b et c Section Bio, Rougesang.fr, (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008).
    Site officiel de Renaud.
  161. ↑ Certifications des disques 2009
  162. ↑ Salle de concert, Le HLM des fans de Renaud, (page consultĂ©e le 5 fĂ©vrier 2008).
  163. ↑ Hammadi Yazid, Intervention sur un forum, Flucutat.net, 9 octobre 2006, (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008).
  164. ↑ Mon pote Renaud tu nous manque tant, putain rĂ©veille toi car la France c'est devenu salement dĂ©primant depuis que tu es parti en vacances.
  165. ↑ Disponible sur le site Internet de Trublion
  166. ↑ Jean Tulard, Le Dictionnaire du CinĂ©ma, Ă©d. Robert Laffont, 2007, 1040 p. (ISBN 978-2-221-10832-1).
  167. ↑ « Je n'oublierais jamais cette matinĂ©e de printemps oĂč nous avons passĂ© trois heures sur le trottoir avec notre petit ballon accrochĂ© Ă  un fil de nylon, qu'un type avec une perche nous arrachait des mains et qu'aprĂšs on ne voulait plus lĂącher. Il avait donc fallu refaire la prise une dizaine de fois. J'avais trois ans et je me revois encore, ce doit ĂȘtre mon plus vieux souvenir, que j'ai revu vingt-cinq ans aprĂšs en vidĂ©o avec un grand bonheur ! Â», Biographie de Renaud, Le HLM des fans de Renaud, (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008).
  168. ↑ SpĂ©ciale Renaud sur France 2, TV Magazine, entretien de Elisabeth Perrin, 24 mars 2003 [lire en ligne].
  169. ↑ Renaud dans Le Deal, HLM des fans de Renaud
  170. ↑ PublicitĂ© Kanterbrau, sur Dailymotion, (vidĂ©o postĂ©e le 9 dĂ©cembre 2006 par alber57).
  171. ↑ « J'Ă©vite tout ce qui accĂ©lĂšre la vie. Sauf le tabac, lĂ , j'ai du mal. D'oĂč ma grande honte quand j'ai fait ma pub pour KanterbraĂŒ et que le professeur Got m'a reprochĂ© de pousser les jeunes Ă  boire, Ă  se tuer au volant et Ă  tuer des gens. Ça m'a foutu une grande claque, parce que je n'y avais pas pensĂ©. Pour me donner bonne conscience, je me disais que je les faisais juste boire de la KanterbraĂŒ plutĂŽt que de la Heineken. J'ai Ă©tĂ© nul ! Tout ça parce que je voulais tĂąter d'autres mĂ©tiers, voir si j'Ă©tais capable d'Ă©crire un spot de pub. Si jamais je refais une pub, ce sera contre l'alcool. De toute façon, je ne bois plus. Â», entretien d'Alain Remond, Renaud sincĂšrement, TĂ©lĂ©rama, n°2023, 19 octobre 1988, pp. 30-34 [lire en ligne].
  172. ↑ Section Bibliographie, Le HLM des fans de Renaud, (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008).
  173. ↑ Renaud des Gavroches, le film et le livre
  174. ↑ Liste assez complĂšte des travaux universitaires consacrĂ©s Ă  Renaud, Le HLM des fans de Renaud, (page consultĂ©e le 4 fĂ©vrier 2008).
  175. ↑ Entretien de Thierry Coljon, Renaud nous parle de son "Boucan d'enfer", Le Soir, 22 mai 2002 [lire en ligne].
  176. ↑ Seuls trois chansons illustrĂ©es sont inĂ©dites par rapport aux BD prĂ©cĂ©dentes : celles de Simon LĂ©turgie, RabatĂ© et Chauvel & Lereculey

Bibliographie

Annexes

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