Rembrandt van Rijn

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Rembrandt van Rijn

Rembrandt

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Rembrandt
Autoportrait par Rembrandt (1661).
Autoportrait par Rembrandt (1661).

Nom de naissance Rembrandt Harmenszoon van Rijn
Activité(s) Peinture, Eau-forte, Dessin
Naissance 15 juillet 1606
Leyde, Provinces-Unies (Pays-Bas)
D√©c√®s 4 octobre 1669
Amsterdam
Mouvement(s) Peinture baroque
Ma√ģtres Jacob van Swanenburgh, Pieter Lastman, Jan Lievens
√Čl√®ves Ferdinand Bol, Gerard Dou, Willem Drost, Govaert Flinck, Carel Fabritius Samuel van Hoogstraten, Nicolas Maes, Eeckhout
Ňíuvres principales

Rembrandt Harmenszoon van Rijn, habituellement d√©sign√© sous son seul pr√©nom de Rembrandt (15 juillet 1606 - 4 octobre 1669) est g√©n√©ralement consid√©r√© comme l'un des plus grands peintres de l'histoire de l'art baroque europ√©en, et l'un des plus important peintre n√©erlandais du XVIIe si√®cle. Rembrandt a √©galement r√©alis√© des gravures et des dessins. Il a v√©cu pendant ce que les historiens appellent le si√®cle d'or n√©erlandais (approximativement le XVIIe si√®cle), durant laquelle culture, science, commerce et influence politique de la Hollande ont atteint leur apog√©e.

Rembrandt a réalisé près de 400 peintures[1], 300 eaux-fortes et 300 dessins. La centaine d'autoportraits qu'il a réalisé tout au long de sa carrière nous permet de suivre son parcours personnel, tant physique qu'émotionnel. Le peintre représente sans aucune complaisance, ses imperfections et ses rides.

Une des caract√©ristiques majeures de son Ňďuvre est l'utilisation de la lumi√®re et de l'obscurit√© (technique du clair-obscur), qui attire le regard par le jeu de contrastes appuy√©s. Les sc√®nes qu'il peint sont intenses et vivantes. Ce n'est pas un peintre de la beaut√© ou de la richesse, il montre la compassion et l'humanit√©, qui ressortent dans l'expression de ses personnages, qui sont parfois indigents ou us√©s par l'√Ęge. Ses th√®mes de pr√©dilection sont le portrait (et les autoportraits ainsi que les sc√®nes bibliques et historiques. Rembrandt repr√©sente aussi des sc√®nes de la vie quotidienne, et des sc√®nes populaires. Sa famille proche ‚Äď Saskia, sa premi√®re femme, son fils Titus et sa deuxi√®me femme Hendrickje apparaissent r√©guli√®rement dans ses peintures. Il a ex√©cut√© peu de paysages peints, (cela est moins vrai pour l'Ňďuvre grav√©) et de th√®mes mythologiques.

Sommaire

Biographie

Huiti√®me enfant (sur dix) d'un p√®re meunier sur le Rhin (Harmen Gerritszoon) et d'une m√®re fille de boulanger, Rembrandt est n√© le 15 juillet 1606[2] √† Leyde, aux Provinces-Unies (les actuels Pays-Bas). Il passe son enfance et le d√©but de sa vie de peintre dans sa ville natale, apr√®s avoir √©tudi√© le latin et effectu√© un bref passage √† l'Universit√© de Leyde, o√Ļ il fut inscrit mais o√Ļ il n'√©tudia probablement jamais.

En 1621, il d√©cide de se consacrer enti√®rement √† la peinture et devient apprenti dans le syst√®me d'apprentissage normal chez un artiste local, Jacob van Swanenburgh[3]. Apr√®s six mois d'apprentissage √† Amsterdam chez le plus important ma√ģtre de l'√©poque, Pieter Lastman, il ouvre un atelier √† Leyde qu'il partage probablement avec son ami Jan Lievens de Leyde, lui aussi ancien apprenti de Lastman, qui l'initie probablement √† l'eau-forte. En 1627, Rembrandt enseigne d√©j√† √† des apprentis, dont le premier √©tait Gerard Dou qui entra dans son atelier en 1628, et probablement commen√ßa avec la pr√©paration des panneaux et toiles et des peintures, qui √©taient tous faits √† la main dans les ateliers des peintres.

En 1631, apr√®s avoir acquis une certaine notori√©t√©, il se voit proposer de multiples commandes de portraits issues d'Amsterdam, l'obligeant √† s'installer dans cette ville. Un important marchand d'art lui offre le g√ģte, Hendrick van Uylenburgh dont il √©pouse la ni√®ce Saskia van Uylenburgh le 22 juin 1634 . Ce dernier l'introduit dans le c√©nacle de la haute soci√©t√© et favorisera sa r√©putation, ce qui lui vaut de nombreuses commandes de portraits - plus de 50 - de patriciens dans les ann√©es 1631-1634. Rembrandt a aussi r√©alis√© plusieurs portraits de sa femme entre 1633 (National Gallery of Art, Washington D.C) et 1634 (mus√©e de l'Ermitage, Saint-P√©tersbourg).

Portrait de Saskia, femme de Rembrandt

En 1639, Rembrandt et Saskia, qui vivent d√©sormais dans l'opulence, vont habiter une maison cossue (qui deviendra le Mus√©e de Rembrandt) de Jodenbreestraat, dans le quartier juif. Trois de leurs enfants meurent peu apr√®s la naissance. Le quatri√®me, Titus, n√© en 1641 atteindra l'√Ęge adulte. Saskia meurt de la tuberculose en 1642 √† l'√Ęge de 30 ans. Le sommet artistique de cette p√©riode est La Ronde de nuit (¬ę De Nachtwacht ¬Ľ, Rijksmuseum, Amsterdam), fini en 1641, mesurant 440 x 500 cm (plus tard diminu√©e), en faisant le portrait de 18 membres d'une milice civile, d'une fa√ßon dynamique r√©volutionnaire pour son temps.

La maison de Rembrandt

Entre 1643 et 1649, Rembrandt partage ensuite sa vie avec sa servante Geertje Dircx, jeune veuve sans enfant, qui prend en charge le bébé Titus. Geertje entame et gagne un procès contre Rembrandt sur le sujet de promesse de mariage, mais Rembrandt la fait enfermer dans un asile d'aliénés. Il doit alors affronter un certain nombre de difficultés. Sa production de peintures continue, mais sa production d'eaux-fortes monte et connait un grand succès commercial et international.

En 1645, Hendrickje Stoffels, plus jeune que Geertje, devient une nouvelle servante de la maison, et remplace Geertje comme concubine. En 1654, ils ont une fille, Cornelia, ce qui leur vaut un bl√Ęme de l'√Čglise qui leur reproche de ¬ę vivre dans le p√©ch√© ¬Ľ.

Rembrandt vivant au-dessus de ses moyens, achetant des pi√®ces d'art, des costumes dont il se sert souvent dans ses peintures, n'arrive plus √† honorer ses dettes en 1656. Il est alors contraint vendre sa maison et de se contenter d'un logis plus modeste sur Rozengracht. Hendrickje et Titus y installent une boutique d'art pour faire vivre la famille, car l√†, malgr√© la renomm√©e de Rembrandt qui continue √† cro√ģtre, les commandes diminuent en nombre, mais pas en importance: par exemple le prince Antonio Ruffo de Sicilie commande trois grandes peintures √† partir de 1653-57, mais une grande toile en 1660 (La Conjuration de Claudius Civilis, la plus grande de son Ňďuvre) pour la nouvelle mairie d'Amsterdam, est refus√©e et retourn√©e (maintenant dans le mus√©e national de Stockholm). Il survit pourtant aux disparitions de Hendrickje (d√©c√©d√©e en 1663) et Titus, mort en 1668. Sa fille Cornelia, sa belle fille Marguerite et sa petite fille Titia sont √† ses c√īt√©s quand il meurt le 4 octobre 1669 √† Amsterdam. D√©sargent√©, il est inhum√© dans l'√©glise de Westerkerk, o√Ļ plus aucune trace de l'enterrement ne subsiste aujourd'hui.

√Čl√®ves

Rembrandt a eu plusieurs √©l√®ves qui ont connu le succ√®s :

Beaucoup d'Ňďuvres habituellement attribu√©es √† Rembrandt ont une paternit√© aujourd'hui contest√©e par les experts, notamment celles du Rembrandt Research Project, une coop√©ration de six professeurs universitaires n√©erlandais.

Périodes

David pr√©sentant √† Sa√ľl la t√™te de Goliath (1627), huile sur toile, 27,2 √ó 39,6 cm, (B√Ęle, Kunstmuseum). Cette Ňďuvre est typique, par son format comme par la richesse des d√©tails, de la "p√©riode de Leyde" du jeune Rembrandt.
Autoportrait : Rembrandt aux yeux hagards (1630), eau forte de 41x41mm (Collection du Mus√©e Alexis Forel, Morges)
  • Pendant la p√©riode de Leyde (1625-1631), l'influence de Lastman est la plus marquante. Les peintures sont de taille modeste mais tr√®s d√©taill√©es (costumes, bijoux). Les th√®mes trait√©s sont essentiellement religieux et all√©goriques.
  • √Ä son arriv√©e √† Amsterdam (1634-1636), Rembrandt utilise de larges toiles, des tons puissants et peint des sc√®nes plus spectaculaires, ainsi que de nombreux portraits.
  • Vers la fin des ann√©es 1630, il r√©alise beaucoup de paysages, aussi bien que des gravures inspir√©es par les th√®mes de la nature, qui est vue souvent de fa√ßon agressive (arbres arrach√©s par les temp√™tes, nu√©es mena√ßantes‚Ķ)
  • √Ä partir de 1640, son travail gagne en sobri√©t√© et refl√®te les trag√©dies familiales dont il souffre. L'exub√©rance est remplac√©e par une int√©riorisation des sentiments qui le tourmentent. Les sc√®nes bibliques sont plut√īt inspir√©es du Nouveau Testament que de l'Ancien Testament, ce qui √©tait le cas dans ses Ňďuvres pr√©c√©dentes. La taille des toiles diminue √©galement, √† l'exception notable de la Ronde de nuit. Les forces sombres de la nature laissent place √† de paisibles sc√®nes hollandaises rurales.
  • Dans les ann√©es 1650, le style de Rembrandt change √† nouveau. Il se remet √† peindre de grandes toiles et utilise des couleurs plus riches, les coups de pinceaux regagnent en force. On imagine qu'il prend de la distance par rapport √† son Ňďuvre pr√©c√©dente et qu'il s'√©loigne aussi de la mode du moment, qui favorise le d√©tail et la finesse de r√©alisation. Il continue √† s'inspirer de th√®mes bibliques, mais dans un style plus intimiste, pr√©f√©rant les personnages solitaires aux sc√®nes de groupe.
  • √Ä la fin de sa vie, il r√©alise de nombreux autoportraits, sur lesquels on voit son visage empreint de souffrance et marqu√© par les √©preuves qu'il a travers√©es.

Ňíuvres marquantes

  • 1626 La partie de musique (Rijksmuseum, Amsterdam)
  • 1629 Artiste dans son atelier (The Museum of Fine Arts, Boston)
  • 1630 La r√©surrection de Lazare (Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles)
  • 1630 J√©r√©mie Pleurant (Rijksmuseum, Amsterdam)
  • 1630-1635 Un Turc (The National Gallery of Art, Washington, DC)
  • 1631 Portrait of Nicolaes Ruts (Frick Collection, New York)
  • 1631 Le Christ en Croix (Coll√©giale Saint Vincent, Le Mas d'Agenais, France)
  • 1632 La le√ßon d'anatomie du Dr. Nicolaes Tulp (Mauritshuis, La Haye)
  • 1632 Portrait d'un noble oriental (The Metropolitan Museum of Art, New York)
  • 1633 Saskia (portrait de sa femme r√©alis√© pour leurs fian√ßailles)
  • 1635 Le festin de Balthazar (National Gallery, Londres)
  • 1635 Enfant insolent (dessin)
  • 1636 L'Aveuglement de Samson
  • 1636 Dana√© (Mus√©e de l'Ermitage, St. Petersbourg)
  • 1642 La Compagnie de milice de Frans Banning Cocq, connue sous le nom de Ronde de Nuit (Rijksmuseum, Amsterdam)
  • 1648 Les p√©lerins d'Emma√ľs (Mus√©e du Louvre, Paris)
  • 1650 Le Philosophe (Mus√©e du Louvre, Paris)
  • 1650 The Mill (The National Gallery of Art, Washington, DC)
  • 1651 A Girl with a Broom (The National Gallery of Art, Washington, DC)
  • 1653 Le sacrifice d'Isaac (State Hermitage Museum, St. Petersbourg)
  • 1653 Aristote contemplant le buste d‚ÄôHom√®re (Metropolitan Museum of Art, New York)
  • 1654 Bethsab√©e au bain tenant la lettre de David (Mus√©e du Louvre, Paris) (Hendrickje a sans doute √©t√© le mod√®le pour ce tableau)
  • 1655 Titus (Mus√©e Boymans-van Beuningen)
  • 1658 Autoportrait (Frick Collection, New York)
  • 1659 Autoportrait (Metropolitan Museum of Art, New York)
  • 1660 Autoportrait (Metropolitan Museum of Art, New York)
  • 1661 Saint Jacques le Majeur
  • 1662 Le syndic de la guilde des drapiers (De Staalmeesters, Rijksmuseum, Amsterdam)
  • 1664 Lucr√®ce (The National Gallery of Art, Washington, DC)
  • 1664 La fianc√©e juive (Rijksmuseum, Amsterdam)
  • 1666 Lucr√®ce (The Minneapolis Institute of Arts, Minneapolis)
  • 1668 Homme √† la loupe (Metropolitan Museum of Art, New York)
  • 1669 Le retour du fils prodigue (State Hermitage Museum, St. Petersburg)

Rembrandt et le dessin

Autoportrait

Près de 300 feuilles sont attribuées actuellement au peintre (contre plus de 1300 dans les années 50).

Il s'agit essentiellement d'exercices de style, la plupart n'ayant pas de rapport direct avec un tableau existant.

Les plus riches collections sont conservées à Londres, Amsterdam, Berlin et au Musée du Louvre.

Le peintre a utilis√© de nombreuses techniques dont la sanguine, l'encre, la pierre noire. Les th√®mes en sont divers mais diff√©rents de ceux de ses tableaux : peu de portraits et beaucoup de paysages.

Rembrandt et l'eau-forte

Les trois croix (1653)

Le peintre reste l'un des grands aquafortiste du XVIIe si√®cle et a laiss√© pr√®s de 290 planches qui pour la plupart ne correspondent pas aux originaux car Rembrandt aimait les retravailler. Il a probablement appris la technique aupr√®s de Jan Lievens qui probablement partageait son atelier √† Leyde.

Ses premi√®res eaux-forte datent de 1626 :Repos en Egypte (B 59) et La circoncision (s 398). Rembrandt n'a pas coutume de signer et dater les eaux-fortes. Une seule √©chappe √† cette r√®gle : Jeune homme au buste : autoportrait (B 338). Il s'est sp√©cialis√© dans la technique de l'eau-forte, utilisant une plaque de cuivre recouverte d'un vernis, ce qui permet de travailler sur cette derni√®re avec le m√™me geste que le dessinateur. De l'acide attaquait ensuite les zones d√©couvertes par le vernis (la morsure), formant un relief en creux qui pouvait retenir l'encre. Rembrandt utilisait plusieurs techniques compl√©mentaires : la double morsure o√Ļ il reprenait la plaque en la recouvrant une deuxi√®me fois d'un vernis transparent, l'emploi compl√©mentaire d'un burin pour accentuer certains traits, ou d'un ¬ęmordant ¬Ľ directement sur la plaque afin d'obtenir des effets de brume. Il a laiss√© √©galement des irr√©gularit√©s d'encrage permettant la constitution de voiles plus ou moins opaques.

L'ann√©e 1630 est extr√™mement prolifique : Rembrandt faisant la moue (B 10), Rembrandt √† la bouche ouverte (B 13), Rembrandt au bonnet fourr√© et habit blanc (B 24), Pr√©sentation au temple, avec l'ange (B51), J√©sus-christ au milieu des docteurs de la loi (B66), Gueux et gueuse (B 164), Gueux assis sur une motte de terre ; ressemblant √† Rembrandt (B 174), T√™te d'homme chauve (B 292), T√™te d'homme chauve, tourn√© √† droite (B 294), T√™te d'homme de face (B 304), Vieillard √† grande barbe (B 309), T√™te de face riante : autoportrait (B 316), T√™te d'homme au bonnet coup√© ; Rembrandt aux yeux hagards (B 320), Homme √† moustaches relev√©es et assis (B 325). Ce sont de petits formats[4].

Entre 1650 et 1655, Rembrandt a fait quelques rares planches directement en taille-douce.

Quelques tableaux

La Ronde de nuit

Rembrandt a peint La Compagnie de Frans Banning Cocq et Willem van Ruytenburch, entre 1640 et 1642. Quand la toile a √©t√© retrouv√©e au XVIIIe si√®cle, elle √©tait si sombre et abim√©e qu'on aurait cru √† une sc√®ne nocturne, elle fut donc surnomm√©e la Ronde de nuit. En la nettoyant, on s'aper√ßut qu'il s'agissait en fait d'un groupe de mousquetaires quittant l'ombre d'une cour et s'avan√ßant dans la lumi√®re du jour.

Le tableau a √©t√© command√© pour orner le nouveau hall du Kloveniersdoelen, les mousquetaires de la milice civile. Rembrandt s'√©loigna des conventions du genre, il choisit de montrer la milice alors qu'elle se pr√©pare √† partir en mission. On ne sait d'ailleurs pas laquelle, s'agit-il d'une simple patrouille ou d'un √©v√©nement particulier ? Quoi qu'il en soit, cette approche artistique contraria les commanditaires, et certains membres de la milice furent agac√©s de se voir rel√©gu√©s √† l'arri√®re-plan, presque invisibles. √Ä 1600 florins, le paiement √©tait un record dans l'Ňďuvre de Rembrandt, dans une soci√©t√© dans laquelle un ouvrier gagnait 200 florins par ann√©e.

Pour qu'elle puisse trouver sa place sur le mur, des parties de la toile furent d√©coup√©es. Ses dimensions actuelles (437 x 363 cm) sont encore impressionnantes, elle occupe tout un c√īt√© d'une des plus grandes salles d√©di√©es du Rijksmuseum, dont elle est consid√©r√©e comme l'Ňďuvre majeure.

Le Syndic des drapiers

Le Syndic des drapiers

Cette toile repr√©sente six personnages en costume noir, qui portent chapeau et col en lin, et qui v√©rifient les comptes de la corporation des drapiers. Elle illustre bien le talent de Rembrandt pour la disposition de ses personnages. Son ex√©cution est sobre et efficace.Un article publi√© en 2004 [64], par Margaret S. Livingstone, professeur de neurobiologie √† l'Universit√© de Harvard Medical School, sugg√®re que Rembrandt, dont les yeux n'√©taient pas align√©s correctement, souffrait de c√©cit√© st√©r√©o. Cette conclusion a √©t√© faite apr√®s l'√©tude de trent-six autoportraits du peintre. Parce qu'il ne pouvait pas former une vision binoculaire normale, son cerveau automatiquement √† un Ňďil, pour de nombreuses t√Ęches visuelles. Cette incapacit√© pourrait avoir aid√© √† aplatir les images qu'il a vu, et puis le mettre sur la toile en deux dimensions.

Expertises

La distinction entre l'Ňďuvre originale du peintre et celle faite par son atelier est difficile et les attributions ont √©t√© variables dans le temps.

En 1836 est publi√© le premier recensement de son Ňďuvre peinte, fait par John Smith, qui compte pr√®s de 600 tableaux. Pr√®s de 400 peintures suppl√©mentaires lui sont attribu√©es par la suite. Abraham Bredius ram√®ne ce nombre √† 600 dans un catalogue publi√© en 1935.

En 1968, le Rembrandt Research Project (RRP) a √©t√© initialis√© sous l'√©gide de l'Organisation n√©erlandaise pour l'avancement de la recherche scientifique (Nederlandse Organisatie voor Wetenschappelijk Onderzoek). Des historiens d'art et des experts de plusieurs disciplines se sont associ√©s pour valider l'authenticit√© des travaux attribu√©s √† Rembrandt et √©tablir une liste compl√®te de ses peintures. Certaines Ňďuvres ont √©t√© retir√©es de la liste apr√®s expertise, dont le Cavalier polonais, conserv√© par la Frick Collection de New York. La plupart des experts, parmi lesquels le Dr. Josua Bruyn du RRP, attribuent maintenant ce tableau √† l'un des plus talentueux √©l√®ves de Rembrandt, Willem Drost. En 2003, le comit√© poursuit ses travaux d'investigation. Les enjeux sont de taille : un Rembrandt peut actuellement se vendre plus de 28 millions de dollars am√©ricains. L'expertise de L'homme au casque d'or, expos√© √† la Gem√§ldegalerie de Berlin, a √©galement abouti √† la conclusion que son "attribution √† Rembrandt est √† pr√©sent pratiquement exclue"[5].

Signatures

"Rembrandt" est une modification de l'orthographe du pr√©nom de l'artiste qu'il a pr√©sent√©e en 1633. En gros, ses premi√®res signatures (ca. 1625) se composaient d'un premier "R", ou le monogramme "RH" (pour Rembrant Harmenszoon, c'est-√†-dire ¬ęfils de Harmen"), et √† partir de 1629, "RHL" ( "L "√©tait, vraisemblablement, de Leiden). En 1632, il a utilis√© ce monogramme au d√©but de l'ann√©e, puis a ajout√© √† son patronyme, "RHL-van Rijn", mais a remplac√© cette forme dans la m√™me ann√©e et a commenc√© √† utiliser son pr√©nom seul avec son orthographe d'origine, "Rembrant". En 1633, il a ajout√© un "d", et a toujours maintenu cette forme √† partir de l√†, ce qui prouve que cette petite modification avait un sens pour lui. Ce changement est purement visuel, il ne change pas la fa√ßon dont son nom est prononc√©. Curieusement, malgr√© le grand nombre de peintures et de gravures sign√©es avec ce changement de pr√©nom, la plupart de ses documents qui sont mentionn√©s au cours de sa vie ont conserv√© l'orthographe originelle "Rembrant". (Note: la chronologie approximative de la signature des formes ci-dessus s'applique aux peintures et, dans une moindre mesure, √† la gravure, de 1632, vraisemblablement, il n'y a qu'une seule gravure sign√©e "RHL-v. Rijn", le grand format "L'augmentation de Lazarus, "B 73). Sa pratique de signer son travail de son pr√©nom, suivie plus tard par Vincent van Gogh, a probablement √©t√© inspir√©e par Rapha√ęl, L√©onard de Vinci et Michel-Ange, qui, hier comme aujourd'hui, ont √©t√© appel√©s par leur pr√©nom seul.

Collections

Expositions récentes

  • Rembrandt - Caravaggio, Mus√©e Van Gogh d'Amsterdam, du 28 f√©vrier 2006 au 18 juin 2006
  • Rembrandt : La lumi√®re de l‚Äôombre, Biblioth√®que nationale de France, du 11 octobre 2006 au 7 janvier 2007
  • Portraits hollandais au si√®cle de Rembrandt et Frans Hals, Mus√©e Mauritshuis Korte Vijverberg 8 - La Haye, du 13 octobre 2007 au 13 janvier 2007.

Voir aussi

Bibliographie

  • Svetlana Alpers, L'atelier de Rembrandt. La libert√©, la peinture et l'argent,(Rembrandt‚Äôs Entreprise. The Studio and the Market, trad. de l‚Äôanglais par Jean-Fran√ßois Sen√©), Gallimard, ¬ę NRF Essais ¬Ľ, 1991, sl. (1e √©d. 1988, Chicago).
  • Jan Blanc, Dans l'atelier de Rembrandt. Le ma√ģtre et ses √©l√®ves, Paris, Editions de la Martini√®re, 2008.
  • Marcel Brion, Rembrandt, Albin Michel, 1969.
  • Christel Br√ľckner, Rembrandts Braunschweiger Familienbild, Seine thematische Figuren und Farbkomposition und die Kunst Italiens, Hildesheim, 1997.
  • Max Milner, Rembrandt √† Emma√ľs, Paris, J. Corti, 2006.
  • Bruno Streiff,Le Peintre et le philosophe ou Rembrandt et Spinoza √† Amsterdam, √Čditions Complicit√©s, 2004.
  • Christian T√ľmpel, Rembrandt, Anvers/Paris, 1986.
  • Christian T√ľmpel, Rembrandt. √Čtudes iconographiques. Signification et interpr√©tation du contenu des images, Saint Pierre de Salerne, 2004.
  • Christian T√ľmpel, Rembrandt. Pictures and Metaphors, Londres 2006.
  • Emile Verhaeren, Rembrandt, biographie critique, Paris, H. Laurens, 1904.

Filmographie

Plusieurs fictions, au cin√©ma ou √† la t√©l√©vision, ont retrac√© la vie de Rembrandt :

Liens internes

Liens externes

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Expositions

Notes et références

  1. ‚ÜĎ L'Ňďuvre de Rembrandt suscite de s√©rieux probl√®mes d'attribution. Svetlana Alpers dans son ouvrage de 1988 L‚ÄôAtelier de Rembrandt. La libert√©, la peinture et l‚Äôargent avance le nombre de 420 Ňďuvres peintes, mais au moment de la parution de son livre, le Rembrandt Research Project n'a pas encore livr√© ses conclusions d√©finitives et Alpers pr√©voit que ce nombre sera probablement amen√© √† √™tre d√©valu√© encore
  2. ‚ÜĎ Malgr√© l'existence d'une controverse autour de cette date, la majorit√© des sources tendrait aujourd'hui √† la confirmer plut√īt que celle, autrefois avanc√©e, de 1606.
  3. ‚ÜĎ peintre de Leiden, sp√©cialis√© dans les sc√®nes infernales
  4. ‚ÜĎ Rembrandt : L'Ňďuvre grav√© complet, Office du Livre-Fribourg, 1978L
  5. ‚ÜĎ Mus√©es de Berlin - Beaux Arts - Gem√§ldegalerie am Kulturforum - Collections hollandaises - Berlin en ligne
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