Raymond Aron

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Raymond Aron
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Raymond Aron
Philosophe occidental
XXe si√®cle
Raymond Aron en 1966
Raymond Aron en 1966

Naissance 14 mars 1905 (Paris, France)
Décès 17 octobre 1983 (Paris, France)
√Čcole/tradition Lib√©ralisme
Principaux intérêts philosophie, sociologie, science politique
Ňíuvres principales L'Opium des intellectuels, Dix-huit le√ßons sur la soci√©t√© industrielle, D√©mocratie et totalitarisme
Influenc√© par Kant, Hegel, Tocqueville, Marx, Alain, L√©on Brunschvicg, √Člie Hal√©vy, Hannah Arendt
A influencé Henry Kissinger, Nicolas Baverez

Raymond Claude Ferdinand Aron, n√© le 14 mars 1905 √† Paris et mort le 17 octobre 1983 √† Paris, est un philosophe, sociologue, politologue et journaliste fran√ßais, d√©fenseur du lib√©ralisme.

D'abord ami et condisciple de Jean-Paul Sartre et Paul Nizan √† l'√Čcole normale sup√©rieure, il devient lors de la mont√©e des totalitarismes un promoteur ardent du lib√©ralisme, √† contre-courant d'un milieu intellectuel pacifiste et de gauche alors dominant.

Pendant trente ans, il est √©ditorialiste au quotidien Le Figaro. Durant ses derni√®res ann√©es, il travaille √† L'Express. Gr√Ęce √† des comp√©tences et des centres d'int√©r√™t multiples ‚Äď en √©conomie, sociologie, philosophie, g√©opolitique ‚Äď il se distingue et acquiert une grande r√©putation aupr√®s des intellectuels. Ses convictions lib√©rales et atlantistes lui attirent de nombreuses critiques, venant des partisans de la gauche, comme de ceux de la droite.

Raymond Aron dénonce dans son ouvrage le plus connu, L'Opium des intellectuels, l'aveuglement et la bienveillance des intellectuels à l'égard des régimes communistes. Il garde néanmoins tout au long de sa vie un ton modéré. Il est un commentateur reconnu de Karl Marx, Carl von Clausewitz, Kojève et Sartre.

Il est le père de Dominique Schnapper, sociologue nommée au Conseil constitutionnel en 2001.

Sommaire

Famille

Raymond Aron est issu d'une famille juive et d'un milieu plut√īt ais√© des deux c√īt√©s. Son grand-p√®re maternelle poss√©dait une usine de textile dans le nord du pays[1]. Sa famille paternelle venait de Lorraine o√Ļ elle √©tait √©tablie depuis la fin du XVIII¬į si√®cle[2]. Le grand-p√®re paternel, Ferdinand, √©tait grossiste en textile √† Rambervillers puis Nancy (Lorraine)[2], le fr√®re de ce dernier s'appelait Paul et √©tait le p√®re de Max Aron (c√©l√®bre biologiste de Strasbourg). Signe ext√©rieur de richesse : sa grand-m√®re paternelle avait une voiture avec chauffeur. Ferdinand, le grand-p√®re paternel, pr√©dit √† Raymond √† sa naissance une grande carri√®re[2]. Son p√®re refusa de prendre la suite de l'affaire familiale et fit de brillantes √©tudes de droit[1] ; il publia des travaux juridiques, mais n'√©tant re√ßu que deuxi√®me √† l'agr√©gation de droit √† une √©poque o√Ļ un seul poste √©tait attribu√©, il abandonna l'agr√©gation et revit √† la baisse ses ambitions en devenant professeur de droit √† l'√Čcole normale sup√©rieure d'enseignement technique[1]. Au d√©but du si√®cle il arr√™ta de travailler, vivant ais√©ment du legs familial[3]. La famille s'√©tait fait construire une maison √† Versailles en 1913-1915 avec court de tennis[2]. Apr√®s la guerre il investit en bourse ; la famille avait alors une cuisini√®re et une femme de chambre[3]. En 1922 les parents revinrent vivre √† Paris, puis retourn√®rent √† Versailles avant de vendre la maison[4]. Mais la fortune fut perdu pendant la crise de 1929[5] et le p√®re fut oblig√© de reprendre le travail[5]. Le p√®re mourut peu de temps apr√®s (1934) d'une crise cardiaque[5][6]. La m√®re mourut en juin 40 √† Vannes[7].

Cette fortune a permis √† Raymond et ses 2 fr√®res de bien vivre et de faire de bonnes √©tudes. Le passe-temps de la famille √©tait le bridge et le tennis[2]. Le fr√®re a√ģn√©, Adrien (1902-1969), √©tait aussi dou√© que les autres √† l'√©cole (lyc√©e Hoche, hypotaupe, licence de droits)[5], mais il √©tait plus attir√© par une vie facile : il devint un grand joueur de tennis et un grand joueur de bridge, menant une vie de flambeur, √† l'oppos√© de Raymond et au grand dam de son p√®re[8]. Avant d'avoir Adrien, la m√®re a accouch√© d'un mort-n√©, ce qui la marqua fortement. Avant d'avoir Raymond, sa m√®re attendait une fille, c'est pourquoi Raymond a toujours √©t√© trait√© comme une fille dans sa famille[8]. Apr√®s Raymond vint le petit dernier Robert. Lui aussi fit de brillantes √©tudes, obtint une licence de droit et de philosophie, publia une √©tude philosophique sur Descartes et Pascal, fit son service militaire, puis entra dans l'administration de la Banque de Paris et des Pays-Bas (futur BNP-Paribas) gr√Ęce √† Raymond qui jouait r√©guli√®rement au tennis avec son directeur[7].

√Čtudes

Il √©tudie au Lyc√©e Hoche √† Versailles o√Ļ il obtient son baccalaur√©at en 1922. Puis il entre en Kh√Ęgne au Lyc√©e Condorcet √† Paris en octobre 1922 jusqu'en 1924[9]. En 1924 il entre √† la prestigieuse √Čcole normale sup√©rieure, rue d'Ulm, en classe de philosophie. Ses camarades sont alors Paul Nizan, Georges Canguilhem et Jean-Paul Sartre. Paul Nizan est plus qu'un camarade pour lui mais un v√©ritable ami, au moins pendant ses ann√©es √† l'ENS. Il admire aussi bien Paul Nizan que Jean-Paul Sartre pour leur intelligence ; il juge le premier meilleur √©crivain (il admire Aden Arabie mais aime moins Les chiens de garde[10]), le second meilleur philosophe[11]. Il est alors influenc√© par les id√©es pacifistes du philosophe Alain, influence dont il se d√©tachera √† partir des ann√©es 1930. Engag√© politiquement, il milite quelque temps √† la SFIO[12]. En 1927, il signe avec ses condisciples la p√©tition (parue le 15 avril dans la revue Europe) contre la loi sur l‚Äôorganisation g√©n√©rale de la nation pour le temps de guerre, qui abroge toute ind√©pendance intellectuelle et toute libert√© d‚Äôopinion. Son nom c√ītoie ceux de Alain, Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains, S√©verine‚Ķ

En 1928, il sort de l'ENS pour passer avec succ√®s l'Agr√©gation de philosophie, √©tant re√ßu 1er ; Sartre est recal√© d√®s l'√©crit la m√™me ann√©e, avant d'√™tre √† son tour re√ßu 1er l'ann√©e suivante, et avec un total de points sup√©rieur √† Aron l'ann√©e pr√©c√©dente[13]. Emmanuel Mounier est second. Aron se rend √† partir de 1930 en Allemagne o√Ļ il √©tudie un an √† l'universit√© de Cologne, puis de 1931 √† 1933 √† l'universit√© de Berlin. Il observe alors la mont√©e du totalitarisme nazi, ph√©nom√®ne qu'il relate dans ses M√©moires.

Carrière professionnelle

Il revient en France en 1933, tandis que Sartre prend sa place √† Berlin. Il enseigne un an la philosophie au lyc√©e du Havre (le lyc√©e Fran√ßois-Ier, o√Ļ Sartre lui succ√®dera √©galement) puis vit √† Paris jusqu'en 1940. Il est alors secr√©taire du centre de Documentation sociale de l'√Čcole normale sup√©rieure et professeur √† l'√Čcole normale sup√©rieure d'enseignement primaire √† Paris.

Il obtient en 1938 son doctorat √®s-Lettres et √©crit une Introduction √† la philosophie de l'histoire ainsi qu'un essai sur la th√©orie de l'histoire dans l'Allemagne contemporaine. En 1939, il est ma√ģtre de conf√©rences en philosophie sociale √† la Facult√© des Lettres de Toulouse, avant d'√™tre mobilis√© dans l'arm√©e fran√ßaise.

Le 24 juin 1940, il embarque sur un navire britannique transportant une division polonaise, le ¬ę H.M.S. Ettrick ¬Ľ, √† Saint-Jean-de-Luz et il rejoint Londres o√Ļ il reste jusqu'en 1945. Bri√®vement engag√© dans les Forces fran√ßaises libres, il devient r√©dacteur de La France Libre, une revue cr√©√©e par Andr√© Labarthe, ind√©pendante de la France libre et souvent critique vis-√†-vis du G√©n√©ral de Gaulle. En 1944 le doyen de l'universit√© de Bordeaux lui propose la chaire de sociologie, mais il refuse car il veut s'orienter vers le journalisme (il regrettera ce choix plus tard)[14].

Une fois la guerre achev√©e, il s'installe √† Paris et devient professeur √† l'√Čcole nationale d'administration de Paris entre 1945 et 1947. Puis, de 1948 √† 1954, il est professeur √† l'Institut d'√©tudes politiques de Paris. Il est charg√© d'enseignement d√®s 1955 puis, √† partir de 1958, professeur √† la Facult√© des lettres et sciences humaines de l'Universit√© de Paris ; directeur d'√©tudes √† l'√Čcole pratique des hautes √©tudes de 1960 √† 1983 ; professeur de sociologie de la culture moderne au Coll√®ge de France √† Paris de 1970 √† 1983.

En 1978, il fonde avec Alain Ravennes le CIEL (Comit√© des intellectuels pour l'Europe des libert√©s) et avec l'aide de Jean-Claude Casanova, il cr√©e la revue Commentaire. Un Centre d'√©tudes de philosophie politique porte le nom de Centre Raymond-Aron √† l'√Čcole des hautes √©tudes en sciences sociales, boulevard Raspail √† Paris (EHESS).

Journalisme

Suite à son expérience de rédaction dans la revue La France libre et Combat, il se lance après guerre dans le journalisme, qu'il ne quittera pas jusqu'en 1983. Cette même année 1945, il fonde avec Sartre la revue Les Temps modernes. De 1946 à 1947, il collabore à Combat, avec Albert Camus.

En 1947, en désaccord avec Sartre, Raymond Aron quitte la rédaction des Temps Modernes et rejoint Le Figaro comme éditorialiste, poste qu'il occupe jusqu'en 1977. De 1965 à 1966, il est président de la société des rédacteurs. De 1975 à 1976, il est membre du Directoire de la société. De 1976 à 1977, il est directeur politique du journal.

Il quitte le journal en 1977 et rejoint le journal L'Express comme président du comité directeur, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1983. Parallèlement, il est chroniqueur à la radio Europe numéro 1 de 1968 à 1972.

Le 17 octobre 1983, il meurt d'une crise cardiaque en quittant le Palais de Justice de Paris après avoir témoigné en faveur de Bertrand de Jouvenel lors du procès qui oppose ce dernier à Zeev Sternhell[15].

L'engagement politique

√Čl√®ve √† Normale sup√©rieure, Raymond Aron s'inscrit au Parti socialiste SFIO[16]. S√©journant √† Berlin, Aron assiste aux autodaf√©s organis√©s par le r√©gime nazi en mai 1933. Cette catastrophe politique lui inspire une profonde aversion pour les r√©gimes totalitaires, qu'il ne cessera de d√©noncer dans ses √©crits. Ses convictions de gauche, pacifistes et socialistes, √©voluent. En 1938, il participe au colloque Walter Lippmann, qui r√©unit des intellectuels et √©conomistes lib√©raux venus d√©battre √† Paris de l'avenir de la d√©mocratie face au totalitarisme.

Mobilis√© en septembre 1939 dans un poste m√©t√©orologique des Ardennes, il rejoint Bordeaux pendant la d√©b√Ęcle. S√©par√© de son d√©tachement d√©but juin pour aller voir sa m√®re mourante √† Vannes, il le retrouve bri√®vement √† Toulouse o√Ļ il d√©cide de gagner l'Angleterre pour s'engager aupr√®s du g√©n√©ral de Gaulle. Il part √† Bayonne et embarque √† Saint-Jean-de-Luz pour l'Angleterre, le 23 juin 1940. Sur le bateau, L'Ettrick, un transatlantique britannique transportant une division polonaise, il fait la rencontre de Ren√© Cassin[17]. √Ä Londres, il s'engage dans les Forces fran√ßaises libres et retrouve Robert Marjolin, qui travaille pour Jean Monnet. Il adopte une opinion paradoxale √† propos de P√©tain : bien que le choix de celui-ci mise de fait sur la victoire de l'Allemagne nazie, il indique √©galement que la d√©cision a le m√©rite d'avoir √©pargn√© le sang et les camps de travail √† des millions de Fran√ßais ; de plus il n'accorde pas un soutien sans faille √† de Gaulle, dont il redoute le c√©sarisme. Au Reform Club, il fait la connaissance de Lionel Robbins et de Friedrich Hayek[18]. Envoy√© √† Aldershot, il est bri√®vement engag√© dans la 1re compagnie des chars de combat, au sein des Forces fran√ßaises libres, o√Ļ il est affect√© aux √©critures. Le 22 juillet, il rencontre √† Carlton Gardens Andr√© Labarthe, qui le convainc d'abandonner son unit√©, en ao√Ľt, quelques jours avant l'embarquement pour l'op√©ration Menace, pour devenir r√©dacteur en chef de la revue La France Libre (Londres), qu'il est en train de cr√©er. Il √©crit sous le nom de Ren√© AVORD. Son premier article s'intitule ¬ę Le machiav√©lisme, doctrine des tyrannies modernes[19] ¬Ľ. En 1943, l'article ¬ę L'ombre des Bonaparte ¬Ľ, paru dans La France libre, est consid√©r√© comme une attaque contre le chef de la France combattante[20], qui ne se voit pas sans agacement compar√© √† Badinguet[21].

Dans ses M√©moires[22], il √©crit : ¬ę Dans mon milieu, impr√©gn√© de h√©g√©lianisme et de marxisme, l‚Äôadh√©sion au communisme ne faisait pas scandale, l‚Äôadh√©sion au fascisme ou au PPF √©tait simplement inconcevable. De tous, dans ce groupe, j‚Äô√©tais le plus r√©solu dans l‚Äôanticommunisme, dans le lib√©ralisme, mais ce n‚Äôest qu‚Äôapr√®s 1945 que je me lib√©rai une fois pour toutes des pr√©jug√©s de la gauche. ¬Ľ Il con√ßoit n√©anmoins pour le philosophe Karl Marx une admiration qui n'a d'√©gale que son m√©pris pour le courant ¬ę marxiste-l√©niniste ¬Ľ.

Le paradoxe est bien le ma√ģtre-mot de cet intellectuel controvers√©, qui d√©veloppe un sens critique toujours en √©veil face au politique. √Ä la Lib√©ration, il accepte un poste de conseiller au Minist√®re de l'Information, dirig√© par Andr√© Malraux. Il s'engage au sein du RPF d√®s 1947[23] et anime la revue intellectuelle du Rassemblement, La Libert√© de l'esprit.

D√©non√ßant dans les ann√©es 1950-60 le ¬ę conformisme marxisant ¬Ľ de l'intelligentsia fran√ßaise, il devient l'intellectuel de droite de l'√©poque, face √† Sartre qui symbolise l'intellectuel de gauche. Ils se rejoindront bien plus tard, en 1979, pour d√©plorer le sort r√©serv√© aux boat people fuyant le r√©gime communiste vietnamien sur la mer de Chine, dans des embarcations de fortune. Dans l'Opium des intellectuels paru en 1955, il traite des ¬ę mythes ¬Ľ que constituent √† ses yeux la r√©volution ou le prol√©tariat, √©crivant notamment : ¬ę La fin sublime excuse les moyens horribles. Moraliste contre le pr√©sent, le r√©volutionnaire est cynique dans l‚Äôaction, il s'indigne contre les brutalit√©s polici√®res, les cadences inhumaines de la production, la s√©v√©rit√© des tribunaux bourgeois, l'ex√©cution de pr√©venus dont la culpabilit√© n'est pas d√©montr√©e au point d'√©liminer tous les doutes. Rien, en dehors d'une "humanisation" totale, n'apaisera sa faim de justice. Mais qu'il se d√©cide √† adh√©rer √† un parti aussi intransigeant que lui contre le d√©sordre √©tabli, et le voici qui pardonnera, au nom de la R√©volution, tout ce qu'il d√©non√ßait infatigablement. Le mythe r√©volutionnaire jette un pont entre l'intransigeance morale et le terrorisme. (...) Rien n'est plus banal que ce double-jeu de la rigueur et de l'indulgence. ¬Ľ

Esprit ind√©pendant, il n'h√©site pas √† prendre le contre-pied d'une partie de la droite : ainsi, il pr√©conise de renoncer √† une Alg√©rie fran√ßaise d√®s avril 1957 (La Trag√©die alg√©rienne [24]) et se rallie √† l'ind√©pendance de l'Alg√©rie avant 1962; il s'oppose √† la politique anti-atlantiste du G√©n√©ral de Gaulle apr√®s 1966. Il soutient Georges Pompidou, puis Val√©ry Giscard d'Estaing, et combat Fran√ßois Mitterrand apr√®s 1981.

Aron et la CIA

En juin 1950, √† Berlin, est fond√© le Congr√®s pour la libert√© de la culture. Jusqu'en 1967, ann√©e de la r√©v√©lation du financement de cette organisation par la CIA, Aron, co-fondateur, est membre suppl√©ant de son comit√© ex√©cutif. La revue Preuves, elle aussi secr√®tement financ√©e par la C.I.A, est une tribune pour Aron[25]. Dans ses M√©moires, il affirme avoir ignor√© le financement par la CIA, et souligne qu'il ne l'aurait probablement pas tol√©r√© s'il l'avait su; toutefois, il ne veut pas renier sa participation, et oppose la libert√© dont il profitait √† l'ob√©issance servile des membres des organisations communistes[26]. Dit-il toute la v√©rit√© dans ses M√©moires ? Le g√©n√©ral De Gaulle le tenait pour un agent am√©ricain ; Aron √©tait invit√© √† l'universit√© Harvard pour donner un cours, et √©tait pay√© en retour 10.000$[27]. En 1966 De Gaulle s'oppose √† sa nomination au "Comit√© des 12 sages"[27].

La pensée philosophique

Raymond Aron, ¬ę spectateur engag√© ¬Ľ, a tent√© de concilier l'√©tude et l'action tout au long de sa vie.

Il √©crit ainsi, au sujet de Max Weber, sociologue et journaliste allemand dont il s'inspira : ¬ę On ne peut √™tre en m√™me temps homme d‚Äôaction et homme d‚Äô√©tudes, sans porter atteinte √† la dignit√© de l‚Äôun et de l‚Äôautre m√©tier, sans manquer √† la vocation de l‚Äôun et de l‚Äôautre. Mais on peut prendre des positions politiques en dehors de l‚Äôuniversit√©, et la possession du savoir objectif, si elle n‚Äôest peut-√™tre pas indispensable, est √† coup s√Ľr favorable √† une action raisonnable[28]". Plus loin, on trouve cette d√©claration, tout aussi ambigu√ę : ¬ę Max Weber interdisait au professeur de prendre parti dans les querelles du Forum, √† l‚Äôint√©rieur de l‚Äôuniversit√©, mais il ne pouvait pas ne pas consid√©rer l‚Äôaction, au moins par la parole ou par la plume, comme l‚Äôaboutissement de son travail[29]. ¬Ľ

Aron et Marx

Aron a longtemps √©tudi√© et enseign√©, notamment √† la Sorbonne, Karl Marx. Il l'estime, mais r√©fute ce qu‚Äôil consid√®re √™tre ¬ę ses proph√©ties ¬Ľ. Marxologue reconnu, il se qualifiait volontiers, non sans ironie, de "marxien".

¬ę Je suis arriv√© √† Tocqueville √† partir du marxisme, de la philosophie allemande et de l'observation du monde pr√©sent (...). Je pense presque malgr√© moi prendre plus d'int√©r√™t aux myst√®res du Capital qu'√† la prose limpide et triste de la D√©mocratie en Am√©rique. Mes conclusions appartiennent √† l'√©cole anglaise, ma formation vient de l'√©cole allemande ¬Ľ, a-t-il √©crit. Tout cela parce que ¬ę j'ai lu et relu les livres de Marx depuis 35 ans[30]".

Le marxisme est présenté par Aron succinctement dans Dix-huit leçons sur la société industrielle, de manière un peu plus développée dans Les étapes de la pensée sociologique, et dans un ouvrage publié à titre posthume, Le Marxisme de Marx.

Aron et le totalitarisme

Rejoignant la th√©orie d'Hannah Arendt sur le totalitarisme, il en propose la d√©finition op√©ratoire suivante :

¬ę Il me semble que les cinq √©l√©ments principaux sont les suivants :

  1. Le phénomène totalitaire intervient dans un régime qui accorde à un parti le monopole de l'activité politique.
  2. Le parti monopolistique est anim√© ou arm√© d'une id√©ologie √† laquelle il conf√®re une autorit√© absolue et qui, par suite, devient la v√©rit√© officielle de l'√Čtat.
  3. Pour r√©pandre cette v√©rit√© officielle, l'√Čtat se r√©serve √† son tour un double monopole, le monopole des moyens de force et celui des moyens de persuasion. L'ensemble des moyens de communication, radio, t√©l√©vision, presse, est dirig√©, command√© par l'√Čtat et ceux qui le repr√©sentent.
  4. La plupart des activit√©s √©conomiques et professionnelles sont soumises √† l'√Čtat et deviennent, d'une certaine fa√ßon, partie de l'√Čtat lui-m√™me. Comme l'√Čtat est ins√©parable de son id√©ologie, la plupart des activit√©s √©conomiques et professionnelles sont color√©es par la v√©rit√© officielle.
  5. Tout √©tant d√©sormais activit√© d'√Čtat et toute activit√© √©tant soumise √† l'id√©ologie, une faute commise dans une activit√© √©conomique ou professionnelle est simultan√©ment une faute id√©ologique. D'o√Ļ, au point d'arriv√©e, une politisation, une transfiguration id√©ologique de toutes les fautes possibles des individus et, en conclusion, une terreur √† la fois polici√®re et id√©ologique. (‚Ķ) Le ph√©nom√®ne est parfait lorsque tous ces √©l√©ments sont r√©unis et pleinement accomplis[31].

Aron et les relations internationales

Aron est un théoricien des relations internationales. Il est fortement influencé par Clausewitz et Max Weber.

Pour Aron, les relations internationales sont sp√©cifiques et distinctes de la politique interne aux √Čtats. Dans les relations internationales, il y a ¬ę l√©gitimit√© et l√©galit√© du recours √† la force arm√©e de la part des acteurs ¬Ľ : ¬ę Max Weber d√©finissait l'√Čtat par le monopole de la violence l√©gitime. Disons que la soci√©t√© internationale est caract√©ris√©e par l'absence d'une instance qui d√©tienne le monopole de la violence l√©gitime. ¬Ľ (Qu'est-ce qu'une th√©orie des relations Internationales ? RFSP 1967)

Il consid√®re qu'il ne peut y avoir de th√©orie g√©n√©rale des relations internationales, et refuse la conception causale (explicative) pour choisir une conception compr√©hensive √† travers l'analyse sociologique des buts que peuvent poursuivre les √Čtats. C'est cette ¬ę prax√©ologie ¬Ľ des relations internationales qu'Aron tentera d'√©laborer dans Paix et guerre entre les nations (1962).

Chaque √Čtat peut recourir √† la guerre pour trois raisons :

  • la puissance ;
  • la s√©curit√© ;
  • la gloire.

Aron d√©finit les syst√®mes internationaux comme des ¬ę ensembles d'unit√©s en interactions r√©guli√®res susceptibles d'√™tre impliqu√©es dans une guerre g√©n√©rale ¬Ľ. ¬ę La caract√©ristique d'un syst√®me international est la configuration des rapports de force ¬Ľ.

Il faut distinguer les systèmes multipolaire et bipolaire.

Il faut distinguer les syst√®mes homog√®nes (ceux dans lesquels les √Čtats appartiennent au m√™me type, ob√©issent √† la m√™me conception du politique), et les syst√®mes h√©t√©rog√®nes (ceux dans lesquels les √Čtats sont organis√©s selon des principes autres et se r√©clament de valeurs contradictoires).

En effet, la conduite d'un √Čtat n'est pas command√©e par le seul rapport de force. Les int√©r√™ts nationaux ne peuvent pas √™tre d√©finis sans tenir compte du r√©gime int√©rieur d'un √Čtat, de son id√©al politique. Le syst√®me international est d√©termin√© par des valeurs qui existent au sein des √Čtats, et ces valeurs influencent la stabilit√© du syst√®me. Aron s'inscrit ici dans la tradition du r√©alisme "classique" en relations internationales, celui de Carr, Hans Morgenthau ou Kissinger. Cette orientation sera remise en cause lors de l'av√®nement des th√©ories syst√©miques comme le n√©o-r√©alisme de Kenneth Waltz (Theory of international politics, 1979).

La contribution de Raymond Aron √† la th√©orie des relations internationales est originale. Si une interpr√©tation conventionnelle de Paix et guerre entre les nations place Aron dans la cat√©gorie des auteurs r√©alistes, avec Edward Hallett Carr, Hans Morgenthau, ou encore Henry Kissinger qui revendique l'influence de Aron[32], il faut remarquer que sa conception des relations internationales est assez diff√©rente de celles de ces auteurs. En effet Aron s'inscrit dans une tradition lib√©rale, et non dans la Realpolitik : il insiste sur l'importance des consid√©rations morales dans les relations internationales. De plus, il n'adh√®re pas au mat√©rialisme de l'√©cole r√©aliste, puisqu'il souligne le r√īle essentiel des valeurs et des normes, de l'id√©ologie (pour le r√©alisme classique, les relations internationales se caract√©risent par l'anarchie, l'√©tat de nature tel que d√©crit par Thomas Hobbes : un √©tat pr√©-social o√Ļ il ne peut exister de valeurs ou de normes en l'absence d'arbitre souverain). Mais Aron n'est pas plus un lib√©ral id√©aliste qu'un r√©aliste classique : il critique en effet tout autant Morgenthau que l'id√©alisme de l'entre-deux-guerres.

Il est donc difficile de classer Aron dans une √©cole particuli√®re, puisque sa pens√©e m√™me est hostile √† une telle cat√©gorisation. Des similitudes remarquables existent cependant entre la pens√©e d'Aron et l'√Čcole anglaise (repr√©sent√©e principalement par Hedley Bull) : dans les deux cas, les institutions communes, les valeurs et les normes sont reconnues comme la marque de l'existence d'une ¬ę soci√©t√© internationale ¬Ľ qui bien qu'anarchique poss√®de un certain degr√© de r√©gulation dans les relations entre ses membres.

L'influence d'Aron

De nombreuses figures ont suivi son enseignement : Jean Baechler, Alain Besan√ßon, Raymond Boudon, Pierre Bourdieu, Jean-Claude Casanova, Julien Freund, Andr√© Glucksmann, Pierre Hassner, Stanley Hoffmann, Henry Kissinger, Pierre Manent, Jean-Claude Michaud, Albert Palle, Kostas Papaioannou, Jean-Jacques Salomon.

D'autres figures ont √©t√© marqu√©es par la pens√©e d'Aron : Raymond Barre, Nicolas Baverez, Yves Cannac, Luc Ferry, Marc Fumaroli, Fran√ßois Furet, Claude Imbert, Marcel Gauchet, Annie Kriegel, Claude Lefort, Henri Mendras, Jean-Fran√ßois Revel, Guy Sorman.

La plupart de ces figures participent ou ont participé à la revue Commentaire, qui peut être qualifiée de revue aronienne. À travers elle, existe ainsi une école de pensée aronienne, d'un libéralisme tempéré, teinté de conservatisme, tourné vers le monde anglo-saxon.

Il a √©galement √©t√©, avec Fran√ßois Furet, l'un de ceux qui ont contribu√© √† faire red√©couvrir Alexis de Tocqueville, auquel il consacre un chapitre dans Les √Čtapes de la pens√©e sociologique (1967).

Ňíuvres

Envoi de R. Aron à Maurice Halbwachs sur La Sociologie allemande contemporaine, Paris, Alcan, 1935.
Ouvrage conservé à la Bibliothèque de sciences humaines et sociales Paris Descartes-CNRS.

Les Ňďuvres compl√®tes de Raymond Aron ont √©t√© √©tablies par Perrine Simon et Elisabeth Dutartre, aux Editions Julliard/Soci√©t√© des Amis de R. Aron en 1989.

  • La Sociologie allemande contemporaine, Paris, Alcan, 1935.
  • Introduction √† la philosophie de l'histoire. Essai sur les limites de l'objectivit√© historique, Paris, Gallimard, 1938.
  • Essai sur la th√©orie de l'histoire dans l'Allemagne contemporaine. La philosophie critique de l'histoire, Paris, Vrin, 1938.
  • L'Homme contre les tyrans, New York, √Čditions de la Maison fran√ßaise, 1944.
  • De l'armistice √† l'insurrection nationale, Paris, Gallimard, 1945.
  • L'√āge des empires et l'Avenir de la France, Paris, D√©fense de la France, 1945.
  • Chroniques de guerre. "La France Libre", 1940-1945, Gallimard.
  • Le Grand Schisme, Paris, Gallimard, 1948.
  • Les Guerres en cha√ģne, Paris, Gallimard, 1951.
  • La Coexistence pacifique. Essai d'analyse, Paris, √Čditions Monde nouveau, 1953, sous le pseudonyme Fran√ßois Houtisse, avec Boris Souvarine[r√©f. n√©cessaire].
  • L'Opium des intellectuels, Paris, Calmann-L√©vy, 1955.
  • Pol√©miques, Paris, Gallimard, 1955.
  • La Trag√©die alg√©rienne, Paris, Plon, 1957.
  • Espoir et peur du si√®cle. Essais non partisans, Paris, Calmann-L√©vy, 1957.
  • L'Alg√©rie et la R√©publique, Paris, Plon, 1958.
  • La Soci√©t√© industrielle et la Guerre, suivi d'un Tableau de la diplomatie mondiale en 1958, Paris, Plon, 1959.
  • Immuable et changeante. De la IVe √† la Ve R√©publique, Paris, Calmann-L√©vy, 1959.
  • Dimensions de la conscience historique, Paris, Plon, 1961.
  • Paix et guerre entre les nations, Paris, Calmann-L√©vy, 1962.
  • Le Grand D√©bat. Initiation √† la strat√©gie atomique, Paris, Calmann-L√©vy, 1963.
  • Dix-huit le√ßons sur la soci√©t√© industrielle, Paris, Gallimard, 1963
  • La Lutte des classes, Paris, Gallimard, 1964
  • Essai sur les libert√©s, Paris, Calmann-L√©vy, 1965.
  • D√©mocratie et totalitarisme, Paris, Gallimard, 1965.
  • Trois essais sur l'√Ęge industriel, Paris, Plon, 1966.
  • Les √Čtapes de la pens√©e sociologique, Paris, Gallimard, (1967).
  • De Gaulle, Isra√ęl et les Juifs, Paris, Plon, 1968.
  • La R√©volution introuvable. R√©flexions sur les √©v√©nements de mai, Paris, Fayard, 1968.
  • Les D√©sillusions du progr√®s, Paris, Calmann-L√©vy, 1969.
  • D'une sainte famille √† l'autre. Essai sur le marxisme imaginaire, Paris, Gallimard, 1969.
  • De la condition historique du sociologue, Paris, 1971.
  • √Čtudes politiques, Paris, Gallimard, 1972.
  • R√©publique imp√©riale. Les √Čtats-unis dans le monde (1945‚Äď1972), Paris, Calmann-L√©vy, 1973.
  • Histoire et dialectique de la violence, Paris, Gallimard, 1973. Ce livre, qui est un commentaire de la Critique de la raison dialectique de Sartre, fait lui-m√™me l'objet d'une analyse r√©cemment publi√©e par son ancien √©diteur Pierre Verstraeten, professeur √† l'ULB : L'Anti-Aron, La diff√©rence, 2008.
  • Penser la guerre, Clausewitz, 2 vol., Paris, Gallimard, (1976).
  • Plaidoyer pour l'Europe d√©cadente, Paris, Laffont, 1977.
  • Le Spectateur engag√© (entretiens), Paris, Julliard, 1981.
  • M√©moires. 50 ans de r√©flexion politique, 2 volumes, Paris, Julliard, 1983, 1082 p.
  • Les derni√®res ann√©es du si√®cle, Paris, Julliard, 1984.
  • Le Marxisme de Marx, Paris, Fallois, 2002 (ISBN 2-87706-423-9) et en livre de poche, Paris, 2004 (ISBN 2-253-10800-6).
  • Raymond Aron, spectateur engag√©. Entretiens avec Raymond Aron. Dur√©e : 2H30 - DVD - √Čditions Montparnasse, (2005).
  • De Giscard √† Mitterrand : 1977-1983 (√©ditoriaux parus dans L'Express), pr√©face de Jean-Claude Casanova. √Čditions de Fallois, Paris, octobre 2005. 895 pages. (ISBN 2-87706-570-7).

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a, b et c M√©moires p.13
  2. ‚ÜĎ a, b, c, d et e M√©moires p.12
  3. ‚ÜĎ a et b M√©moires p.14
  4. ‚ÜĎ M√©moires p.15
  5. ‚ÜĎ a, b, c et d R. Aron, M√©moires p.11
  6. ‚ÜĎ M√©moires p.25
  7. ‚ÜĎ a et b M√©moires p.24
  8. ‚ÜĎ a et b R. Aron, M√©moires p.10
  9. ‚ÜĎ M√©moires p.27
  10. ‚ÜĎ M√©moires p.34
  11. ‚ÜĎ M√©moires p.32-33
  12. ‚ÜĎ 2000 ans d'histoire consacr√© √† Raymond Aron, France Inter, 22 mars 2005.
  13. ‚ÜĎ M√©moires p.37
  14. ‚ÜĎ M√©moires p.16
  15. ‚ÜĎ Un intellectuel atypique : Bertrand de Jouvenel, √©mission de canal acad√©mie, fiche de pr√©sentation
  16. ‚ÜĎ Entretiens avec J.-L. Missika et D. Wolton, titre 3, chapitre 2
  17. ‚ÜĎ M√©moires, √©dition 1983, p. 222-229.
  18. ‚ÜĎ M√©moires, √©dition 1983, p. 227sv. Sur l'armistice et De Gaulle, voir aussi p.243 - 250
  19. ‚ÜĎ Texte repris dans L‚ÄôHomme contre les tyrans (1944), Chroniques de guerre(1990), ¬ę Raymond Aron, Machiavel et les tyrannies modernes ¬Ľ (1993)
  20. ‚ÜĎ Raymond Aron, M√©moires, √©dition 1983 p. 162-169 et 184.
  21. ‚ÜĎ Selon Alain Peyrefitte, le g√©n√©ral de Gaulle aurait affirm√©: ¬ę Raymond Aron me traitait de Badinguet. Il a contribu√© √† r√©pandre aux Etats-Unis l'id√©e que je n'√©tais qu'un g√©n√©ral de pronunciamiento de type latino-am√©ricain. ¬Ľ Voir Nicolas Baverez, ¬ę Aron et de Gaulle ¬Ľ
  22. ‚ÜĎ Aron, 1983, p. 212.
  23. ‚ÜĎ Raymond Aron sur les raisons de son engagement au RPF
  24. ‚ÜĎ Voir premier entretien vid√©o avec l'historien Benjamin Stora in Guerre d'Alg√©rie : Benjamin Stora revisite le choix de De Gaulle, par David Servenay, Rue 89, 12 septembre 2009
  25. ‚ÜĎ ARTE "Quand la CIA finan√ßait la culture" du 29/11/06
  26. ‚ÜĎ Voir sur ce sujet Intelligence de l'anticommunisme: le congr√®s pour la libert√© de la culture √† Paris 1950-1975 de Pierre Gr√©mion (Fayard)
  27. ‚ÜĎ a et b A. Peyrefitte, De Gaulle, tome 3, p.117
  28. ‚ÜĎ Pr√©face de R. Aron √† Max Weber, Le savant et le politique, Paris, Plon, 1959 (p.10)
  29. ‚ÜĎ ibid., p.13
  30. ‚ÜĎ (Les √Čtapes de la pens√©e sociologique, Introduction)
  31. ‚ÜĎ Raymond Aron, D√©mocratie et Totalitarisme, Gallimard, Folio Essais, 1965
  32. ‚ÜĎ biographie de Raymond Aron sur l'Encyclop√©die de l'Agora, Kissinger : ¬ę Personne n'a eu sur moi une plus grande influence intellectuelle [...]. Il fut un critique bienveillant lorsque j'occupais des fonctions officielles. Son approbation m'encourageait, les critiques qu'il m'adressait parfois me freinaient. ¬Ľ

Annexes

Bibliographie

  • Nicolas Baverez, Raymond Aron, un moraliste au temps des id√©ologies, Flammarion, 1993
  • Giulio De Ligio, La tristezza del pensatore politico. Raymond Aron e il primato del politico, Bononia University Press, Bologna 2007
  • Stephen Launay, La Pens√©e politique de Raymond Aron, pr√©face de Philippe Raynaud, PUF, 1995.
  • Stephen Launay, La guerre sans la guerre. Essai sur une querelle occidentale", Paris, Descartes et Cie, 2003.
  • Matthias Oppermann, Raymond Aron und Deutschland. Die Verteidigung der Freiheit und das Problem des Totalitarismus, Ostfildern: Thorbecke Verlag 2008.
  • Matthias Oppermann (Ed.), Im Kampf gegen die modernen Tyranneien. Ein Raymond-Aron-Brevier, Zurich: NZZ Libro 2011.
  • Emile Perreau-Saussine, Raymond Aron et Carl Schmitt lecteurs de Clausewitz, Commentaire, 103, 2003, p. 617-622. [PDF]
  • Joachim Stark, Das unvollendete Abenteuer. Geschichte, Gesellschaft und Politik im Werk Raymond Arons, W√ľrzburg: K√∂nigshausen & Neumann, 1986
  • Olivier de Lapparent, "Raymond Aron et l'Europe, itin√©raire d'un europ√©en dans le si√®cle", Peter Lang, 2010.

Articles connexes

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